Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !

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Sullivan Castle
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MessageSujet: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Dim 19 Jan 2014 - 15:35

C'était à Glasgow que Sullivan avait jeté son dévolu. La ville en elle-même était assez vaste pour être une cible potentielle, et également pour se trouver un hôtel avec une chambre libre au dernier moment. Il n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait être Zoé. Aaron lui avait parlé de Glasgow justement, mais il y croyait à peine. Il était tard, et il avait besoin de dormir. Après son départ de Londres, il n'avait pas dormi du tout, si bien qu'il était véritablement éreinté. Il se savait tellement près du but qu'il hésita à commencer tout de suite ses recherches, mais sentait également qu'il n'arriverait à rien dans cet état. Le premier hôtel qu'il trouva se révéla salutaire et il s'installa immédiatement dans sa chambre après avoir vaguement fait la conversation avec le réceptionnaire de l'hôtel.

I y avait une soirée spéciale gastronomie italienne, organisée par celui-ci, mais il préféra largement s'isoler, sachant pertinemment que s'il devait se mêler à d'autres clients, il aurait à faire la conversation. C'était une épreuve bien trop pénible ces derniers temps. Il s'enferma donc dans sa chambre, spartiate et banale, typique des hôtels milieu de gamme et s'installa sur le lit. En soupirant, il tira de sous la table de nuit une grande bouteille de vodka. Il l'avait achetée l'après-midi même, tout en sachant qu'elle ne durerait pas. C'était meilleur frais, mais le goût n'avait pas d'importance en fin de compte, seul le résultat en avait. Il récupéra le gobelet en plastique laissé à la salle de bain et versa son premier verre. Il se remémora la discussion qu'il avait eu avec son père, la veille et le chagrin le submergea. Il lui fallait boire, pour oublier. Il était convaincu qu'ainsi, il pourrait respirer.

La bouteille était bien entamée quand l'estomac du jeune homme gronda. Se souvenant vaguement d'un distributeur de friandises et snacks au rez-de-chaussée de l'hôtel, il attrapa son portefeuille et quittait sa chambre d'un pas chancelant. Le plus ironique, c'était que Sullivan détestait les alcooliques. Leur odeur, leur façon de parler, d'être idiots, mous, désagréables, agressifs voire même dangereux, tout cela le rendait malade. Qu'il en soit arrivé là le remplissait de honte, mais il était conscient d'être malade. Il paraît que c'est un pas vers la guérison. Sull ne voyait son salut qu'en Zoé. Une fois qu'il l'aurait retrouvé, tout irait mieux. Il irait mieux.

C'est à peu près sur ce trajet, de l’ascenseur au distributeur qu'il perdit notion de ce qu'il se passait autour de lui. Il se souvint d'avoir perdu l'équilibre à plusieurs reprises, être finalement sortit de l'hôtel, et être véritablement tombé une fois à l'extérieur, sur le trottoir. La douleur qu'il ressentit à la tête à ce moment-là ne l’alarma pas, même s'il perdit connaissance peu de temps après.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était encore au sommet de sa cuite, rien de ce qu'il fixait ne semblait vouloir rester en place. Le monde entier tournait tandis qu'il restait fixé sur place. Le vertige lui donna la nausée. Il n'était pas tout seul, quand il tenta d’analyser la situation, son cerveau noyé d'alcool avait disparu. Il arriva cependant à détecter une femme, près de lui. Là où il se trouvait, il faisait très lumineux. On lui tapota le front et il tenta de fixer le regard de la femme debout en face de lui.


« Sullivan Castle ? Vous savez ce qu'il vous est arrivé ? »
« Je... je crois que je suis tombé. »
« D'accord. Personne ne vous a frappé ? »
« Nan. »
« Fixez mon doigt. »

L’exercice devint compliqué quand la femme bougea le doigt plus rapidement que ce que le cerveau de Sull était capable de suivre.

« Très bien. Voulez-vous bien souffler là-dedans s'il vous plaît ? »

Elle lui tendit un embout en plastique dans lequel il souffla le plus fort qu'il put et une partie de son cortex se réveilla. Il était dans une ambulance, et la femme était en train de lui faire un test d'alcoolémie.

« Ah oui, quand même ! Vous avez bu ce soir monsieur Castle ? »
« Oui, »
répondit-il en mettant sa main devant ses yeux, tant la lumière lui faisait mal.
« Combien de verres ? »
« Beaucoup. »
« Entendu. Vous avez une méchante blessure à la tête, suite à votre chute. Nous allons vous emmener aux urgences, ils s'assureront que vous n'avez aucune commotion. Vous finirez de cuver là-bas ! »

Grandiose. Sull s'allongea sur le brancard et la douleur au front le lança légèrement. Encore trop sous l'influence de l'alcool, il ne ressentirait la vraie douleur que plus tard. Il sombra sur le trajet.

Il refit surface a l'hôpital, il avait été installé seul, dans une salle glaciale et il frissonna plusieurs fois. Il commençait à avoir la nausée. La cuite ou la douleur ? Il n'aurait pu le déterminer. Le monde tournait encore pas mal, si bien que la salle des urgences n'était d'un mélange confus de couleurs et d'instruments électroniques inquiétants. La rumeur des voix à l'extérieur donnait une assez bonne idée de la foule présente à l'hôpital ce soir-là. Sulli n'essaya pas de se redresser, essayant d'abord de calmer ses nausées. Bon sang, que ne donnerait-il pas pour boire encore et s'enfoncer de nouveau dans l'inconscience ! Il plaça son bras sur yeux, sentant ceux-ci se remplir de larmes. Le revers de la cuite. Il tâcha de se distraire en écoutant les voix qu'il percevait à travers la vitre opaque de sa chambre.



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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Mer 22 Jan 2014 - 13:13

Rosale attendait près du médecin, alors qu'il examinait la fillette. En sa qualité d'infirmière de l'orphelinat, elle avait pu rester, alors qu'il examinait Ashley et lui prodiguait les premiers soins. Rosalie attendait, adossée au mur près de la fenêtre, bras croisés. Combien aurait-elle aimé que Carlisle soit là... Grâce à ses facultés vampiriques, il détectait plus de choses qu'un humain normal. Elle soupira légèrement, à moitié morte d'inquiétude. Plus le temps filait, plus Ashley se trouvait mal. Elle n'arrivait pas à manger suffisamment, elle dormait mal, s'affaiblissait constamment. Le personnel de l'Orphelinat se relayait autour d'elle, Rosalie bien plus que les autres, mais tous ici sentaient la fin venir.

Depuis qu'elle avait commencé à s'occuper d'elle, Rosalie s'était intéressée au domaine médical. Elle avait passé des nuits entières à lire les livres et ouvrages que gardait Carlisle dans son bureau. Elle s'était informée, avait mené ses recherches, apprenant vite et bien, bénissant pour la première sa condition d'immortelle qui lui permettait de progresser très vite et facilement. Assez curieusement, elle s'était vite rendu compte qu'elle aimait bien ça, s'occuper des gens et les soigner. Penser à d'autres lui évitait d'être rongée par le regret et l'amertume. elle aimait avoir quelqu'un à s'occuper, à protéger, à aimer. L'instinct maternel ? En tout cas, cette voie lui plaisait, et elle voulait continuer de l'explorer.

Docteur - Il faut l'emmener à l'hôpital. Qui peut l'accompagner, ici ?

- Moi. Je suis sa tutrice.

Ce n'était pas entièrement vrai... Légalement, Ashley était Pupille de la Nation, et sous la tutelle de la directrice de l'établissement. Mais il était tout simplement hors de question que rosalie laisse sa jeune protégée disparaître ainsi, à Glasgow, une fois de plus, toute seule, ou avec une personne qui ne prendrait pas assez soin d'elle. Elle s'était jurée de protéger cette enfant, de lui fournir le meilleur possible. Et si elle devait mourir... Mais ne pas songer à cela pour le moment. Elle aura le temps d'aviser plus tard.

Elle grimpa dans l'ambulance qui emporta Ashley. Elle lui tenait la main, lui murmurant des paroles réconfortantes, même si elle ne pouvait pas l'entendre. A l'hôpital, elle tomba dans un tourbillon humain. Malades, blessés circulaient entre les docteurs et infirmiers. Ashley fut emportée sur un brancard, derrière deux portes battantes. Restée seule dans la salle d'attente des urgences, Rosalie communiqua ses coordonnées, puis patienta.

Elle fit quelques pas dans le couloir, puis s'assit finalement sur un fauteuil inconfortable en plastique. Depuis une semaine, elle réfléchissait à la possibilité d'un... D'un avenir. Qu'Ashley ne meure pas... Rosalie osait à peine imaginer cette solution, et n'avait pas non plus osé s'en ouvrir à sa famille, ni même à Emmett. Que diraient-ils ? Qu'ils étaient déjà trop nombreux ? Qu'Ashley était trop jeune ? Elle avait douze ans, l'âge minimum pour être mordue. Oui, c'était terriblement jeune, mais ce sera différent d'avec les jumeaux. Elle aura des parents, une véritable famille. Rosalie était terrifiée rien qu'à s'imaginer lui prendre la main en la regardant mourir du cancer au fond d'un lit d'hôpital.

Elle se releva, les idées en feu. Que devait-elle faire ? En parler d'abord à Carlisle et aux autres ? Elle ne pouvait pas les mettre devant le fait accompli, mais elle ne voulait pas prendre le risque qu'ils la rejettent. S'ils ne voulaient pas de cette enfant, elle partira, avec Emmett s'il le veut bien. et elle veillera à ce que cette petite, vampire, puisse avoir tout le bonheur auquel elle n'avait pas eu droit en tant qu'humaine. Tous à ses pensées, elle crut tout à coup entendre des sanglots, et un cœur battant trop vite. Croyant qu'un des patients était en danger sans pouvoir appeler du secours, elle ouvrit sans réfléchir la porte de la chambre d'où venait le bruit.

Elle fut aussitôt prise par la forte odeur d'alcool qui se dégageait de cette homme. Il était allongé sur un brancard, livide et secoué de tremblements discrets. Depuis toujours, Rosalie n'avait jamais su faire preuve de la même fermeté que d'autres face aux gens qui se mettaient dans cet état. Que n'aurait-elle pas donné elle-même, depuis sa transformation, pour avoir un quelconque produit qui la mettrait par terre en lui permettant de tout oublier. Mais la donne avait changé. Elle s'empara d'une couverture dans un placard et en couvrit l'humain, lui dédiant un sourire rassurant.

- Cette chambre est vraiment gelée, ils auraient dû vous donner une couverture plus vite.

En attendant que les médecins s'occupent d'Ashley, autant se rendre utile à quelque chose. Elle commençait enfin à véritablement comprendre son père d'adoption. Il fallait faire quelque chose de leur vie, et aider les autres faisait oublier ses propres soucis. Elle incita l'homme à dégager son visage, baissant un peu la lumière pour ne pas lui blesser les yeux, puis lui serra la main, tâchant de ne pas trop lui en faire sentir la froideur.

- Je m'appelle Rosalie Cullen. Dites-moi, avez-vous besoin de quelque chose ? Être à l'hôpital n'est pas agréable, mais on peut essayer de simplifier les choses.
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Sullivan Castle
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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Mer 22 Jan 2014 - 21:23

Allongé dans son lit froid, il grelottait légèrement, mais il n'y prenait pas garde. Il était encore alcoolisé, et la fatigue émotionnelle et physique accumulées, il n'était guère surprenant qu'il puisse avoir froid. De nouveau, l'inquiétude de son père lui revint en mémoire. Sa façon qu'il avait eu d'insister, subtilement, pour qu'il reste dormir chez lui. Sans doute croyait-il que Sullivan était suicidaire. Même s'il ne se regardait plus vraiment dans le miroir, il avait une vague idée de l'allure qu'il avait. Zoé ne lui avait décidément pas rendu service. Avait-elle envisagé que cela se passerait ainsi pour lui ?

Comme à chaque fois qu'il pensait à la jeune femme, Sull sentit son estomac se retourner et son cœur se serra douloureusement. Les larmes qui avaient menacé de couler glissèrent finalement sur ses joues et il tâcha de calmer sa respiration qui s'accéléra soudain. Ses pensées échappèrent à son contrôle et tout ce qu'il avait tenté d'oublier en buvant ce soir le rattrapait finalement. Le visage de Zoé surplombait le reste. Sa vie avec elle, les moments passés, sa fuite, le manque, la douleur cuisante, lancinante, au fond de son cœur. Ce vide qu'il avait essayé de combler, sans savoir d'où il provenait, tandis qu'il n'avait plus sa mémoire. Puis cette impression de vol de vie, de perte, si atroce qu'il s'interrogeait, parfois, s'il ne ferait pas mieux de lâcher prise, tant il luttait pour rester debout.

Les sanglots qui le secouait avaient fini par devenir incontrôlables et Sullivan, épuisé, ne put lutter et il se laissa submerger par le chagrin. Comme elle lui manquait ! Comme il aimerait tant la revoir, juste un instant, savourer les traits parfait de son visage d'ange, entendre sa voix, si douce, si mélodieuse ! Qu'importait qu'elle ne veuille plus de lui, il avait besoin de la voir, d'être certain qu'elle existe. Tout son passé avec elle semblait parfois si irréel et intangible. Comment un tel être avait pu partager la vie d'un simple mortel comme lui ? Et si elle le rejetait? S'il n'avait plus sa place dans sa vie ?

Sullivan avait déjà réfléchit à cette éventualité. Il avait aussi déjà pris sa décision. Qu'elle soit heureuse ou non, il ne pouvait concevoir de vivre sans elle. Il ne l'aimait sans doute pas suffisamment pour rêver à son bonheur, en fin de compte. Il était sans doute bien plus égoïste qu'il ne l'aurait cru.

Ses sanglots s’apaisèrent enfin, et il entendit vaguement la porte de la chambre s'ouvrir doucement. Il n'enleva pas son bras de son visage pour autant, pensant qu'il s'agissait d'une infirmière, il ne fit pas attention à elle. Il n'y eu pas de bruits de pas, cependant, pas plus qu'un mouvement d'air. Sans doute avait-il rêvé, mais au moment où cette pensée le traversa, il sentit qu'une épaisse couverture était ajoutée sur celle, plus fine, déjà en place.


« Cette chambre est vraiment gelée, ils auraient dû vous donner une couverture plus vite. »

C'était donc une infirmière. Il ne bougea pas, refusant qu'on puisse lire la douleur sur ses traits et respira un bon coup, pour retrouver un visage serein. La femme avait une teinte de voix très agréable. Sa voix était si douce, on y décelait tant de compassion, qu'elle semblait adaptée à sa fonction. C'est avec autant de délicatesse qu'elle le poussa à rabattre son bras sur son flan et il dégageait son visage, tandis qu'elle diminuait l'intensité de la lumière de la pièce. Sull n'ouvrit pas les yeux pour autant, gêné qu'elle ait pu entendre ses sanglots.

« Je m'appelle Rosalie Cullen. Dites-moi, avez-vous besoin de quelque chose ? Être à l'hôpital n'est pas agréable, mais on peut essayer de simplifier les choses. »

Sa voix avait quelque chose de familier et c'est pour cela qu'il ouvrit enfin les yeux. D'abord, il constata qu'en réalité, ce n'était pas une infirmière. Elle n'en avait pas la tenue. Pas plus qu'elle n'en avait l'apparence. Puis, il posa la vit dans son ensemble. Rosalie était particulièrement belle, si belle que Sulli avait l'impression qu'il hallucinait encore. La taille mannequin, de long cheveux blonds à en faire pâlir d'envie la moitié de la planète, elle étai digne de figurer sur la première page d'un magasine. Elle avait plus sa place dans un défilé que dans une chambre d'hôpital. Elle était là, debout, près de son lit, un sourire rassurant sur les lèvres et Sullivan se demanda soudain s'il n'était pas déjà mort. Il déglutit.

« Sullivan, » répondit-il alors d'une voix rauque.

Avait-il besoin de quelque chose ? D'un miracle.

« Merci, pour la couverture et il n'y a rien que vous puissiez faire. »

Il tâcha de lui rendre son sourire, mais n'y parvint pas. Il ne saisissait déjà pas vraiment ce qu'il se passait autours de lui, mais la présence de cette beauté fatale dans sa chambre était déroutant. Aussi, il avait parfaitement conscience qu'il allait se montrer discourtois.

« Pardonnez-moi, mais... on se connaît ? »

Si ce n'était pas un ange de la mort venu le chercher alors, qui était-elle ?
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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Mer 22 Jan 2014 - 22:04

Le patient humain sembla halluciner en la voyant. Elle avait une tâche sur le nez ? Bon, d'accord, ce n'était pas exactement habituel qu'une fille qui n'était même pas infirmière débarque dans une chambre d'hôpital pour couvrir d'une couverture. Et malgré ses efforts pour paraître normale et humaine, elle ne l'était pas . Du moins, elle en le paraissait pas. Ne serait-ce que par son allure ou son physique. Et pourtant, elle prenait soin de porter des lentilles bleus, pour cacher ses yeux dorés qui ne feraient qu'attirer l'attention. Lorsqu'il déglutit, elle faillit grimacer. Pitié, qu'il ne lui fasse pas le coup du "Vous êtes un ange tombé du ciel ?" ou le classique "Ça y est, je suis au Paradis !" Certains hommes devenaient vraiment cinglés, et elle maudissait souvent son physique à cause de ça.

Humain - Sullivan.

Elle ne se départit pas de son sourire. Il avait l'air un peu choqué. Hum, oups ? Bon, d'accord, elle frappera avant d'entrer, la prochaine fois, même si le type de l'autre côté était en train d'agoniser. Au moins, personne ne pourra lui faire le coup de l'ange descendue sur son nuage pour repêcher les âmes égarés et les ramener au ciel. On le lui avait déjà sorti, sans rire. Et Emmett, qui n'appréciait pas qu'on fasse du gringue à sa femme, avait failli arracher la tête de l'imprudent. Au final, c'était assez drôle qu'on la prenne pour un ange alors qu'elle était exactement l'inverse. Une buveuse de sang, une damnée immortelle, condamnée à errer sur cette terre jusqu'au jour du Jugement Dernier. S'ils savaient, les pauvres. Ils s'enfuiraient en hurlant.

Sullivan - Merci, pour la couverture et il n'y a rien que vous puissiez faire.

Cela, elle s'en doutait un peu. Ne serait-ce qu'à sentir l'odeur d'alcool qui l'imprégnait. Et au vu de sa blessure, il s'était sûrement blessé à cause de cela. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de cuver son vin et de patienter. Ensuite, après quelques cachets contre le mal de tête, ça ira tout seul. Jusqu'à la prochaine cuite. Elle se demandait pourquoi il se mettait dans des états pareils. A cause de son travail ? De sa famille ? D'un ami ? Tout était possible, après tout.

Sullivan - Pardonnez-moi, mais... on se connaît ?

Elle eut un sourire un plus vicieux, teinté d'une envie de s'amuser. Ce n'était ni sympa, ni réglo, ni tout ce qu'on veut, mais parfois, elle avait bien envie de jouer. Elle se pencha soudainement, son sourire s'agrandit, un sourire bien noir, puis elle lui murmura :

- Je suis la Grande Faucheuse, petit... Prêt à me suivre dans les Limbes de ce monde ?

L'humain haussa un sourcil, alors qu'elle se redressait, sans le moindre sourire. Il restait calme, malgré tout, c'était amusant.

Sullivan - J'ai le droit à un appel à un ami ?

Rosalie ne put s'empêcher d'éclater de rire et recula d'un pas. Elle mit quelques minutes à se calmer, puis prit une longue inspiration. Elle sourit à nouveau à Sullivan, mais un sourire normal, seulement teinté de gentillesse, et eut un petit soupir.

- Désolée, c'était d'un terrible mauvais goût. Navrée, vraiment. Mais je vous rassure, je ne suis pas la Grande Faucheuse.

Elle eut un rictus un peu gênée, puis s'assit sur un haut siège, près du brancard où il se reposait.

- Et pour vous répondre, non, je ne pense pas que nous nous connaissions... A moins que vous ne veniez souvent ici. Je passe du temps à traîner dans les couloirs en attendant qu'une petite dont j'ai la charge soit soignée.

Sa petite Ashley... Aux mains des docteurs à présent. Elle retint un long soupir, posée et détendue, du moins en apparence. Elle avait depuis longtemps à ne rien dévoiler de ses véritables émotions par son corps, sa gestuelle, ou son regard. Avec les hommes, c'était même plus facile puisqu'ils étaient éblouis par son physique.

- Vous devez rester ici longtemps ? Si vous êtes seul, je peux vous tenir compagnie en attendant votre sortie. A condition que ça ne vous gêne pas, bien entendu.

Elle eut un petit rire, qui sonna comme un carillon.

- Et je ne vous emmènerais pas dans l'au-delà, aucun soucis.
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Sullivan Castle
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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Jeu 23 Jan 2014 - 18:43

Sans cesser de sourire, Rosalie s’était approchée de Sullivan, penchée en avant, un sourire carnassier sur le visage. Ses yeux bleus, vrillés sur ses prunelles, avait un air malicieux qui ne lui disait rien qui vaille.

« Je suis la Grande Faucheuse, petit... Prêt à me suivre dans les Limbes de ce monde ? »

*N’importe quoi !* pensa-t-il alors, se retenant de lever les yeux au ciel. Même si cette femme était ce qu’elle prétendait être - après tout, pourquoi pas ? Les vampires existaient bien, eux ! – elle ne lui aurait sans doute jamais révélé ! Sulli ne se laissa pas impressionner. La jeune femme essayait vraisemblablement de faire de l’humour, mais il n’était pas d’humeur à cela. Si bien qu’il haussa un sourcil, et répondit, sans un sourire :

« J'ai le droit à un appel à un ami ? »

Ce qui eut le mérite de provoquer son hilarité, ce qui mit Sullivan mal à l’aise, sans qu’il en comprenne la raison. La musicalité de son rire était agréable, comme le tintement de clochettes, doux, mélodieux, qui aurait pu lui arracher un sourire, s’il n’avait pas été aussi dérangeant. Sans raisons, son cœur s’emballa.

Malgré tout, cette jeune femme était de toute évidence une personne des plus singulières. Magnifique, mais singulière. Sa beauté, un peu inhumaine, lui rappelait vaguement quelque chose, mais il n’arrivait pas à remettre le doigt dessus. Il suivit son regard et se remémora son choc sur la tête. Il porta sa main sur son front et palpa le bandage en essayant de se remémorer comment il s’était fait cette blessure. Il avait chuté, il lui semblait. Les souvenirs étaient un peu flous. En parlant de souvenirs… Il étouffa le chagrin qui menaçait de remonter et poussa un soupir. Il avait assez pleuré pour la journée.

Pour se distraire de ses soucis, il se focalisa sur cette chose familière que Rose possédait. Il la détailla de nouveau. Elle lui souriait de nouveau, mais de façon plus authentique, moins effrayante, pour le coup. Il se demanda comment elle pouvait être d’une aussi bonne humeur dans un lieu pareil.


« Désolée, c'était d'un terrible mauvais goût. Navrée, vraiment. Mais je vous rassure, je ne suis pas la Grande Faucheuse. »

*Je m’en étais vaguement douté*, pensa Sullivan en plissant les lèvres. Rosalie s’installa près de lui, sur un siège au haut dossier, mais semblait toujours aussi gaie.

« Et pour vous répondre, non, je ne pense pas que nous nous connaissions... A moins que vous ne veniez souvent ici. Je passe du temps à traîner dans les couloirs en attendant qu'une petite dont j'ai la charge soit soignée. »

« C'est mon premier séjour ici, en vérité. » répondit Sulli d'un ton aimable.

Ce qui le changeait de d'habitude. Il hésita un instant avant de poursuivre. Ce n'était pas son genre de faire la conversation avec des inconnus, mais cette femme l'intriguait et la fatigue - et sans doute également les restes d'alcool - le rendait incroyablement plus docile et disert.


« Je suis arrivé de Londres hier soir. C'est ma première nuit à Glasgow. Ça aurait pu être pire ! »

Il ricana bêtement avant de se mordre la lèvre. Son esprit, toujours un peu ailleurs, lui rappela la raison de cette hospitalisation. Son visage s'affaissa et il ne développa pas.

« Vous devez rester ici longtemps ? Si vous êtes seul, je peux vous tenir compagnie en attendant votre sortie. A condition que ça ne vous gêne pas, bien entendu, » lança Rosalie avant de rire à nouveau. « Et je ne vous emmènerais pas dans l'au-delà, aucun soucis. »

Nonchalant, il hocha la tête, un geste assez vague, pouvant être interprété de toute les manières. Oui, il était seul. Il n'avait pas eu envie d'imposer sa compagnie à son père. Ce dernier était d'un naturel enjoué, enthousiaste, toujours prêt à plaisanter et souriant. Son fils avait hérité de ces traits là, en théorie. Il faisait bien pâle figure à côté et Sulli en avait parfaitement conscience. D'ailleurs, personne n'avait à subir sa compagnie et sa morosité. C'était une des raisons qui le faisait s'isoler du monde extérieur.

Évacuant ces pensées, Sullivan fit face à la jolie blonde, esquivant les questions sur sa personne.


« Vous vous occupez d'enfants alors ? Celle que vous accompagnez, qu'a-t-elle ? Rien de grave, j'espère ? »

Il se remémora ce qu'elle avait dit plus tôt : elle venait souvent.

« Si vous passez du temps ici, est-ce pour la même petite ? »

Il ne voulait pas se montrer trop indiscret, mais s'il voulait l'empêcher de l'interroger sur les raisons de sa présence dans un lit d'hôpital, il fallait la jouer serrer et ne pas la laisser se préoccuper de lui. En inspectant le visage de son interlocutrice, il repéra quelques signes d’inquiétude, malgré le flegme apparent. Il se garda pourtant bien de le faire remarquer.
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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Sam 25 Jan 2014 - 10:17

Les rumeurs de l'hôpital lui parvenait, malgré la porte épaisse et fermée. Elle entendait parfaitement les murmures d'un père inquiet dans un coin de la salle d'attente, les cris d'un petit garçon qui sautillait de joie car il avait une petite sœur, la voix forte d'un médecin qui expliquait à son patient qu'il allait devoir rester ici quelques jours, les pas pressés d'une infirmière, le soupir d'un autre infirmier, le rire léger d'un docteur avec un de ses collègues... Elle entendait absolument tout, avec une acuité parfaite, et parmi tous ces bruits, elle tentait de repérer ceux qui étaient le plus cher à son cœur. Les battements du cœur d'Ashley. Ils étaient faibles, souvent désordonnés, mais ils résonnaient encore. Pour le moment.

Le jeune humain avait hoché la tête, lui confirmant qu'il était bien seul. Rosalie avait du mal à lui donner un âge. Trente ans ? Un peu plus ? Elle n'avait jamais été douée, pour ça, et sa vision du temps était de toute façon faussée. Elle était très proche des cents ans, et le temps, l'écoulement des années n'avait plus une grande valeur pour elle. Ce n'est que depuis qu'elle avait commencé à travailler qu'elle reprenait conscience des années qui s'écoulaient, que chaque minute qui passait rapprochait les humains de la mort. Et de façon plus rapide pour certains d'entre eux.

Sullivan - Vous vous occupez d'enfants alors ? Celle que vous accompagnez, qu'a-t-elle ? Rien de grave, j'espère ?

Le sourire de Rose se fana lentement, coulant comme de l'eau sur son visage, et ses yeux brillèrent d'une lueur de tristesse. Elle avait espéré. Durant plus d'un mois, elle avait espéré que la petite s'en sorte, qu'on allait pouvoir la guérir, qu'elle allait vivre, que ce n'était qu'une mauvaise passe, qu'elle ira mieux, même après un si lourd traitement. Qu'elle retrouvera le soleil et le goût de vivre, qu'elle se refera une santé, qu'elle pourra bientôt courir et jouer comme toute gamine de son âge, qu'elle retournera sans peine au collège, qu'elle respirera sans appareil ni médicaments, qu'elle vivra, tout simplement.

Puis les médecins avaient posé leur diagnostic. Ashley ne vivra pas... Plus les jours fileront, plus son état s'aggravera, selon eux. Les traitements étaient inutiles. Malade depuis la naissance, elle ne passera pas ses treize ans. Et Rosalie s'en torturait, encore incapable de se décider. La laisser partir ? La transformer ? Que devait-elle faire ? Elle hésitait, changeant d'avis à chaque instant, n'osant pas s'en ouvrir  qui que ce soit.

Sullivan - Si vous passez du temps ici, est-ce pour la même petite ?

Elle hocha la tête. Mouvement sec, bref, précis. Elle qui ne craignait plus la mort depuis bien longtemps, elle était à présent terrifiée qu'elle s'abatte sur une autre personne. Elle ne voyait comment continuer à vivre alors que sa jeune protégée partirait, si loin d'elle.

- Elle s'appelle Ashley, dit-elle en tentant de contenir sa peur et sa tristesse. Elle... Elle a un cancer du sang. Les médecins font en sorte qu'elle ne souffre pas en attendant...

Les derniers mots moururent avant qu'elle ne puisse les prononcer. La seule chose que Rosalie souhaitait, c'était de mourir elle-même à la place de cette enfant. Elle voulait prendre sa place, partir à sa place, afin que la petite puisse vivre et grandir. Était-ce vraiment trop demandé ? Elle s'était attaché à elle, bien plus que de raison, alors qu'on l'avait mise en garde. On l'avait prévenu, oui, qu'il n'était pas bon qu'elle s'implique trop, surtout avec Ashley pour qui la fin était proche. Mais Rose n'avait pu lui tourner le dos, ignorer sa souffrance. Elle l'avait veillé, couvée, rassurée. Et attendait maintenant ici, qu'un médecin vienne lui dire ce qu'elle savait déjà. C'était sans espoir.

- Je travaille dans un orphelinat, et Ashley y vit.

Elle avait failli dire "qui y vivait", mais s'était retenue juste à temps. Elle grimaça légèrement, puis serra ses bras autour d'elle, comme dans une tentative inepte de retenir la mort, l'empêcher de lui prendre la petite. Dans un désir égoïste de tout faire pour que la petite vive. Elle reprit son souffle, puis chassa ses idées noires. Ashley n'était pas encore morte. Elle était toujours là, quelque part dans cet hôpital glacial, et son cœur battait. Elle respirait, elle parlait, elle vivait.

- Que faites-vous, dans la vie ?

Sa voix tremblait quelque peu, mais elle n'avait pas envie de s'effondrer. Elle préférait parler de n'importe quoi plutôt que de la mort qui rôdait.
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Sullivan Castle
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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Mar 28 Jan 2014 - 19:52

« Vous vous occupez d'enfants alors ? Celle que vous accompagnez, qu'a-t-elle ? Rien de grave, j'espère ? Si vous passez du temps ici, est-ce pour la même petite ? »

Alors que Sullivan essayait de détourner la conversation, il lui sembla que le sujet qu’ils abordaient mettait Rosalie tout aussi mal à l’aise que l’idée de parler de lui. Il aurait dû s’en douter. A partir du moment où l’on touchait à un enfant, il était évident que cela nous touchait plus qu’un adulte. Sulli pu voir sur le visage de la jeune femme qu’elle était affectée par ce qu’il se passait. Elle perdit son sourire et elle eut l’air soudain un peu plus alerte, tendue, un air alarmé sur le visage. Sullivan regrette soudain d’avoir posé la question.

Rosalie - « Elle s'appelle Ashley, dit-elle d’un ton légèrement rauque. Elle... Elle a un cancer du sang. Les médecins font en sorte qu'elle ne souffre pas en attendant... »

Rosalie s'interrompit, mais Sullivan n'eut aucun mal à terminer sa phrase. En attendant qu’elle meure, donc.

*Merde* pensa Sullivan. Il crispa les poings, abattu à l’idée qu’une enfant soit si proche de la mort, alors qu’il pensait sérieusement à mettre fin à sa vie. Quelle était cette vie où il y avait des enfants qui mourraient, d’autres qui vivaient avec de lourds traitements, alors que des adultes, mauvais, perfides vivaient jusqu’au plus tard… Les enfants étaient purs, innocents, eux. C’était injuste. Tout à coup, il se fit horreur.

Rosalie - « Je travaille dans un orphelinat, et Ashley y vit. »

On pouvait donc dire que cette petite n’était pas gâtée. Sullivan observa la jeune femme, à son chevet. Évidemment, elle se faisait un sang d’encre pour Ashley. Il ne sut pas quoi dire, pas quoi répondre. Aussi, il tendit sa main et la posa sur celle de Rosalie. Le contact froid de sa peau lui fit l’effet d’une décharge et son cœur s’emballa de nouveau. Il récupéra sa main aussitôt, apeuré. Les souvenirs se remirent en place et il retint son souffle. Il avait déjà sentit une peau aussi fraîche, il avait déjà vu une beauté aussi improbable, il avait déjà vu quelqu’un se déplacer d’une manière aussi fluide, aussi gracieusement que Rosalie. Il avait connu une femme comme elle : Zoé. Son cerveau lui hurla le nom, mais il refusa de cautionner. C’était impossible.

Sullivan se focalisa sur les yeux de la jeune femme, la cillant d’une façon bien moins courtoise que précédemment. Ses yeux bleus étaient crédibles, mais il chercha le cercle des lentilles de contact. Il ne le vit pas, cependant, mais il détourna le regard, de peur qu’elle ne comprenne ce qu’il faisait. Il tâcha de reprendre son souffle et se redressa dans son lit.


Rosalie - « Que faites-vous, dans la vie ? »

Sullivan déglutit, ne sachant pas ce qu’il pouvait répondre. A elle, a cette femme dont il avait compris la vraie nature. Qu’allait-elle lui faire ? Que devait-il faire ? Appeler au secours ? Était-elle vraiment ici pour la petite fille ? Sullivan prit le temps de la réflexion. La tristesse de Rosalie n’était pas feinte, il devait en convenir. Elle était vraiment inquiète, vraiment attachée à l’enfant. Se pouvait-il qu’il puisse exister des vampires capables de compassion ? La réponse fusa : Zoé. N’avait-elle pas été une amie, une amoureuse et une amante formidable ? Jamais elle ne lui avait voulu du mal. D’ailleurs, c’était cette pensée, cette idée encrée en lui qui le poussait à la retrouver. Si elle avait voulu lui faire du mal, elle aurait joué avec lui et l’aurait tué avant de partir. Elle ne lui aurait pas simplement effacé la mémoire.

Il réalisa qu’il réfléchissait depuis bien trop longtemps. Rosalie devait attendre sa réponse, surprise qu’il soit aussi hésitant.

« J’étais journaliste, répondit-il enfin, tendu. Mais je ne travaille plus depuis quelques temps. »

Devait-il se confier à elle ? Il ne savait pas ce qu’elle lui voulait, aussi, il était incertain.

« Je suis à la recherche de quelqu’un. »

De quelqu’un comme vous. Mais il ne prononça pas ces mots, vaguement inquiet à l'idée qu'elle puisse lui faire du mal. Car elle le pouvait, c'était indéniable. Une brusque pensée le crispa : et si elle était venue se fournir en nourriture ici ? En plus d'accompagner l'enfant ? Il hésita un instant, avant de poursuivre d'une voix qu'il essaya de rendre le plus neutre et calme possible.

« Zoé. On s'est connus en France. Elle a... disparu depuis quelques mois. Je ne suis au courant de sa disparition que depuis quelques semaines. »

Allait-elle lui demander qui elle était, pour lui ? Peut-être. Que devrait-il répondre ? Sa petite amie ? Son ex petite amie ? Son âme-sœur ? De nouveau et malgré la présence de la vampire à son chevet, penser à Zoé de cette façon lui serra le cœur.

Il se demanda soudain s'il n'allait pas demander à Rosalie de partir, finalement. Il n'était certes pas très enthousiaste à l'idée d'embêter les gens, il était réellement mal à l'aise de la présence de la vampire, ici, près de lui. Malgré le fait qu'il en ait connu une, et même un deuxième, brièvement, il n'avait pas confiance en eux. C'était légitime, en fin de compte. La réaction de peur n'était pas disproportionné. Il ne pouvait s'empêcher de se demander la réelle raison de sa présence dans cet hôpital. Il la fixa de nouveau, indécis. Elle était bien ce qu'il pensait, il ne pouvait y avoir de doutes. Personne n'était aussi beau. Personne d'humain, en tout cas. Il retint son souffle, mais ses paroles dépassèrent soudain ses pensées.


« Que diable faites-vous donc ici ? »

Ça n'avait été d'un murmure, plus une question posée à lui-même, mais il s'en mordit les doigts. Il sentit son visage se décomposer tandis qu'il prenait conscience de ce qu'il avait dit. Tétanisé, il s'enfonça un peu plus dans son dossier, attendant la réaction de la blonde.
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MessageSujet: Re: Tiens, une cuite, ça faisait longtemps !    Mar 28 Jan 2014 - 21:07

Sullivan ne répondit pas tout de suite. Il avait déglutit, et son teint était devenu bien plus livide qu'il ne l'était déjà... Elle fronça légèrement les sourcils. Elle avait dit ou fait quelque chose de mal ? Elle se repassa rapidement les dix dernières minutes, cherchant la gaffe. Elle ne lui avait rien dit de mal, pourtant... A moins qu'une de ses paroles ne l'ait blessé involontairement ? Ce serait possible, et elle s'en mordit les doigts. Elle avait encore du mal à comprendre, à se souvenir plutôt, comment fonctionnaient les humains, quelles étaient leurs peurs, leurs joies, leurs peines. Ce qu'ils pensaient et désiraient. Et ici, elle pouvait sentir l'adrénaline qui commençait à courir en le jeune humain.

Sullivan - J’étais journaliste, répondit-il enfin, tendu. Mais je ne travaille plus depuis quelques temps.

Oh, pourquoi ? Elle redressa la tête, croisant son regard. Et y lut un certain malaise... A cause d'elle ? Qu'avait-elle fait ? Le doute s'insinua très lentement dans son esprit, à la façon d'un serpent un peu sournois. Mais ça ne pouvait pas être ça. Comment aurait-il pu ? Sur la base de seulement quelques phrases ? Il n'était pas devin, du moins, elle ne le croyait pas, il n'y avait qu'une seule Alice Cullen dans ce monde. Or, sa sœur était elle ne savait où actuellement, occupée à tuer des loups mutants.

Sullivan - Je suis à la recherche de quelqu’un.

Il semblait sur ses gardes, comme effrayé. Et elle-même commençait à comprendre. Ce type savait. Elle ignorait comment, mais il savait. Il lui rappelait un autre homme, nettement plus illuminé et dingue. Un Irlandais complètement fanatique qui avait reçu une "visite" des Volturi, lesquels avaient faits vite d'étouffer l'affaire. Sullivan lui rappelait cet homme, sûrement tué par les Italiens, bien qu'il soit normal et beaucoup plus calme. Elle n'avait jamais su ce qui était véritablement arrivé à l'Irlandais, presque deux ans plus tôt, mais ça n'avait pas dû être beau. Elle se redressa sur son siège, lentement. Quelle image devait-elle donner ? Humaine, elle était très belle. Vampire, elle l'était trop. Et certains paraissaient comprendre que ce n'était pas une beauté ordinaire, qu'il y avait quelque chose de plus.

Sullivan - Zoé. On s'est connus en France. Elle a... disparu depuis quelques mois. Je ne suis au courant de sa disparition que depuis quelques semaines.

La seule façon dont il avait prononcé son prénom prouvait à quel point il était attaché à cette femme, qui quelle soit. Elle avait été son épouse ? Sa petite amie ? Ou plus encore. Rosalie se doutait que c'était par son biais qu'il avait fini par découvrir une certaine vérité... Et cela le mettait en danger. Un danger qui ne viendra pas d'elle, elle ne s'amusait pas à tuer. Mais s'il avait un jour le malheur de croiser les Volturi ou un de leurs espions... Ils en avaient même parmi des humains. Ce type ne sera plus nulle part en sécurité. Était-il au moins conscient de cela ? Qu'il parle, et il mourra. Qu'il laisse simplement entrevoir ce qu'il savait, et ce sera la fin.

Sullivan - Que diable faites-vous donc ici ?

Elle ne réagit pas tout de suite, alors que lui subissait une brusque poussée de terreur, et se renfonçait dans son siège. Donc oui, il savait. Qu'est-ce qu'il l'avait trahi ? Ses regards ? Ses gestes ? Sa façon de se déplacer ? Sa voix ? Son odeur ? Ou tout simplement son physique ? UN mélange de tout cela ? Elle finit par soupirer, très légèrement. Elle voudrait bien le mettre en garde, mais il y avait peu de chance qu'il prenne ses avertissements au sérieux. Elle fit un geste évasif de la main, puis sourit à nouveau, plus faiblement, mais un sourire qui dévoilait toute sa peine.

- Vous pouvez choisir de ne pas me croire, répondit-elle enfin, d'un ton calme, quoi que teinté d'amertume. Mais Ashley est véritablement la seule raison pour laquelle je me trouve ici. Pas pour tout autre affaire, ni pour combler des besoins plus... "vitaux", disons.

Une démonstration vaudrait mieux qu'un long discours. Elle baissa la tête, puis ôta ses lentilles, dévoilant ses yeux couleur d'or. Le contraste devait être légèrement effrayant, mais paradoxalement, elle était encore plus belle ainsi, et encore moins humaine. Elle cligna les yeux, glissant les lentilles à moitié détruites dans sa poche. C'était tout de même ainsi. Le venin détruisait les lentilles de contact, et il fallait en changer très régulièrement.

- Au fait, faites juste attention à une chose. Il y a certains informations qui ne doivent pas être dites, ou même pensées, devant certaines personnes... Mais peu importe avec moi. Vous savez, je ne suis pas une femme bien dangereuse, même si je parais assez particulière.

Elle lui rendit son regard, le fixant de ses yeux d'or.

- Vous préférez que je parte ?
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