Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Premier jour de stage

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MessageSujet: Premier jour de stage   Mar 4 Mar 2014 - 20:34

La France. Ce pays que Vanessa connaissait à peine, ayant débarqué ici depuis seulement quelques mois. Elle avait passé le test prouvant qu’elle était capable de parler français malgré ses origines espagnoles, et l’avait réussi avec succès. A présent, elle essayait de s’acclimater à la météo… Ce qui n’était pas facile. Ce pays était horriblement froid ! Et la chaleur, et le soleil ? Il ne venait donc jamais ? Il se cachait ? Elle comprenait bien mieux pourquoi les Français, à Paris, étaient de si mauvaise humeur. Sincèrement ! La jeune femme le serait aussi si elle ne voyait jamais le Soleil… Les pauvres. Enfin ! Elle n’allait pas revenir sur sa décision, elle était à Paris et y resterait. Les gens la regardaient bizarrement, parfois, vu qu’elle mangeait encore à des heures décalées par rapport à eux, mais autrement, ce n’était pas si difficile que cela.

Vanessa découvrait le rythme parisien, râlait contre les transports en commun, s’extasiait devant la propreté des rues… Mais s’exaspérait franchement devant la solidarité de cette ville. Elle avait vu bon nombre de personnes demandant de l’aide, réclamant un petit coup de pouce dans les métros, et pas un individu ne s’était retourné ou arrêté. Egoïsme, quand tu nous tiens ! Enfin, c’était sa ville, désormais. Mais ce n’était pas pour autant que la jeune femme allait oublier ses origines et devenir égoïste à son tour. Si elle pouvait amener un peu de courtoisie et de solidarité à Paris, elle n’allait pas s’en priver.

Un mois qu’elle était ici, un mois que Vanessa avait commencé les cours, un mois que la jeune Espagnole baignait littéralement dans la culture française. Elle découvrait leurs habitudes, leurs coutumes, tout était si étrange mais… en même temps, fascinant. Ce voyage, elle en avait rêvé. Quitter l’Espagne, continuer ses études, rendre justice à ses parents. Même si les apparences supposaient un laisser-aller évident, la jeune femme était sûre d’elle et ne perdait pas son objectif de vue. Elle voulait réussir ses études, être assistante du procureur et rendre justice. Peut-être, oui, c’était dur et Vanessa aurait encore des années avant d’être reconnue, mais peu importe. Elle y arriverait.

S’habillant correctement, avec un tailleur qu’elle détestait par-dessus tout mais qui lui allait « comme un gant », selon les gens qu’elle venait de croiser dans le bâtiment, Vanessa descendit les escaliers. Direction : son rendez-vous avec le juge pour son premier jour de stage. La nervosité la gagnait peu à peu, elle avait d’ailleurs peur de voir son espagnol revenir au galop face à cet homme, mais elle ne perdait pas confiance en elle pour autant. Vanessa avait maîtrisé son stress à merveille jusqu’ici, pourquoi cela changerait-il la donne ici ? Ce n’était qu’un juge, un homme comme les autres. Il avait juste un poste élevé, un savoir qu’elle ne possédait pas, il était Français et habitué aux coutumes du pays, il… gloups. Pour la première fois de sa vie, elle devait bien l’avouer : le stress la gagnait.

Prenant le métro, Vanessa se répéta en boucle les paroles d’une berceuse que sa mère lui chantait pour se calmer, qu’elle chantait elle-même à son frère et sa sœur pour les endormir. Malgré les apparences de débraillée qu’avait la jeune femme, une part d’enfant fragile persistait en elle. C’était à cette partie qu’elle faisait appel en cet instant précis pour rester calme et confiante. Elle avait les connaissances. Elle savait ce qu’il fallait faire. C’était un homme. Un homme, et rien d’autre.

Arrivant à destination, la jeune femme grimpa les escaliers, sortant des souterrains. Elle marcha quelques minutes et parvint au Palais de Justice de Paris, bordé par le quai de l’Horloge et le quai des Orfèvres d’après les panneaux. Panneaux étranges, d’ailleurs, mais passons. Cet endroit était majestueux, grand, intimidant. Regardant autour d’elle, Vanessa ne cessait de s’émerveiller devant ce lieu, le stress étant parti bien loin derrière elle. De hautes colonnes comme dans la Grèce antique soutenaient cet imposant bâtiment, mais c’était déjà moins impressionnant car on retrouve la même chose en Espagne. Seule l’architecture était plus moderne, moins « espagnole » si l’on peut dire cela. Mais soit. Le juge. Passant les grandes portes du Palais de Justice, Vanessa regarda à droite, à gauche. Aucune indication. Eh bien ?! Et comment allait-elle trouver le bureau si rien ne l’indiquait ?

Vanessa – Pard…

L’homme qu’elle avait apostrophé ne s’était même pas retourné ! Ouvrant de grands yeux, Vanessa resta choquée un moment et remarqua que, en effet, personne ne semblait faire attention à elle. Bon. Très bien. Chacun pour soi, donc ? Poussant un juron en espagnol, la jeune femme ne se laissa pas démonter pour autant. Rajustant son tailleur, elle grimpa quelques marches, passa divers couloirs plus longs les uns que les autres, faisant claquer ses talons sur le carrelage du Palais de Justice. Elle n’était pas discrète ? Peu importe. Si elle devait faire tout les étages, pousser chaque porte, remonter et redescendre dix fois les escaliers dans le seul but de trouver le bureau du Juge Lemoine, elle le ferait. Il fallait que Vanessa trouve son greffier. Un nom. Un simple nom, ce n’était pas compliqué, tout de même !

Passant les portes les unes après les autres, regardant successivement chaque nom inscrit, Vanessa ne perdait pas en motivation pour autant. Et elle avait eu raison ! Après avoir passé une demi-heure dans ce bâtiment, la jeune femme failli pousser un cri de joie en voyant le nom inscrit sur la porte. ENFIN ! Entrant après avoir frappé à la porte et entendu la permission d’entrer, la jeune Espagnole tomba nez à nez avec le greffier du juge. Heureusement, elle n’était pas en retard.

Vanessa – Bonjour, je suis Vanessa Olivarez et j’ai rendez-vous avec Monsieur le Juge Lemoine.

Le greffier lui répondit qu’il allait prévenir le juge, voir s’il était disponible ou non. Vanessa patienta quelques minutes avant d’être rejointe par le greffier qui vint la prévenir que le juge pouvait, en effet, la recevoir. Il ne manquerait plus que ça, tiens ! Elle ne s’était pas déplacée, n’avait pas passé plus d’une heure en trajet pour ce rendez-vous, pour voir son rendez-vous annulé. Suivant le greffier, passant par la porte ouverte, Vanessa entra et se présenta :

Vanessa – Bonjour votre Honneur, je suis Vanessa Olivarez. Je viens pour le rendez-vous dont nous avions convenu, pour le premier jour de stage.
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Victor Lemoine
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MessageSujet: Re: Premier jour de stage   Mar 4 Mar 2014 - 21:57

Premier dossier. Une plainte pour une affaire de viol sordide. Une lycéenne de dix-sept, agressée à quelques rues de chez elle par trois hommes à peine plus âgés, à moitié ivres morts lors des faits, qui l'avaient violé, battue, poignardé, puis laissé ainsi, abandonné, avant qu'un joggeur ne la retrouve presque morte une heure plus tard. On avait interpellé les trois suspects, la mise en examen était à signer dès ce matin. Deuxième dossier. Un braquage à mains armées dans un bureau de tabac. Le voleur s'était emparé de la caisse puis avait tiré sur les policiers au-dehors. Bilan, un mort et trois blessés. Troisième dossier. Incendie criminel dans le 18ème arrondissement. Un pyromane avait fait brûler un petit immeuble abritant des familles d'origines Africaines, par racisme et par haine.

Voilà le tas de bout dans lequel Victor était plongé depuis ce matin. Son tas de boue habituel. C'était son travail. Recevoir les affaires du procureur, les étudier, organiser lm'enquête, trouver des preuves, signer des perquisitions... Voilà des années qu'il faisait ça. Il passait ses journées au milieu d'affaires diverses, allant du cambriolage au crime de sang, du simple délit au viol. Toutes les atrocités que pouvaient perpétuer les humains, tout ce que l'esprit d'un homme pouvait imaginer de plus pervers et de plus affreux. Il signa un nouvel avis de perquisition, destiné à deux policiers souhaitant fouiller le domicile d'un dealer présumé.

Il eut un rictus de dégoût sur une photo du type, agrafée à la couverture du dossier. Seule sa sale tronche prouvait qu'il se droguait. Pathétique. Victor n'avait aucune compassion pour ceux qui se fichaient ainsi à terre, par quelque moyen que ce soit, cigarette, drogue ou alcool. Il était plongé dans son travail lorsque le jeune greffier vint l'avertir que son rendez-vous était arrivé.

Il se leva, rajustant machinalement sa cravate. Il ne prenait pas souvent des stagiaires, même si transmettre la passion de la justice était d'une importance vitale à ses yeux. Mais il voulait des jeunes gens motivés, prêts à se battre bec et ongles, comme des forcenés. Des jeunes gens capables de bosser jusqu'à des heures impossibles sur une affaire. Sa nouvelle stagiaire entra. Habillée dans un... tailleur. Il faillit lever les yeux au ciel. Ridicule ! Comment pensait-elle pouvoir travailler à l'aise avec ça ? Et mieux, courir dans les couloirs pour un dossier urgent, récupérer un témoin à la sortie ?

– Bonjour votre Honneur, je suis Vanessa Olivarez. Je viens pour le rendez-vous dont avions convenu, pour le premier jour de stage.

Merci, il n'était pas non plus idiot. Il savait encore pourquoi il prenait des rendez-vous et avec qui. Lui qui ne voulait pas s'encombrer de nunuche... C'était mal parti. Il espéra fortement qu'elle en avait plus dans la tête qu'elle ne le laissait croire, ou elle n'allait pas faire long feu.

– Premièrement, si vous songez que j'oublie avec qui je prends rendez-vous et pourquoi, vous vous trompez, mademoiselle, répondit-il d'un ton froid. Deuxièmement, le "Votre Honneur" s'applique aux juges des cours Américaines. Ici, nous sommes en France, je suis juge d'instruction, vous serez donc priée de vous contenter d'un "monsieur le Juge", ou monsieur tout court. Troisièmement, évitez des tenues aussi étroites et mal fichues lorsque vous venez travailler. Jamais vous ne réussirez à courir avec ça. Asseyez-vous.

Elle obtempéra aussitôt, s'asseyant très droite sur le siège. Victor attrapa un autre dossier que lui tendait le greffier puis s'installa à son tour à son bureau. Premier objectif, déterminer si cette fille avait été dotée d'un cerveau en état de marche à la naissance. Si c'était le cas, ils allaient pouvoir travailler dans des conditions saines. Il avait la réputation d'être dur avec les jeunes qu'il prenait, mais aussi de les mener au meilleur niveau possible. Voyons voir si elle savait réfléchir. D'ordinaire, il utilisait un cas bien particulier. Et même si cela faisait grincer des dents un certains Italien lorsqu'il était de mauvaise humeur, c'était aussi l'idéal pour se faire creuser la tête à des jeunes gens.

– Durant ce stage, j'attends de vous une implication totale, mademoiselle. Je ne veux pas dans mes pattes des larves qui regardent leur montre pour partir très exactement à l'heure. Les affaires que nous devons traiter sont souvent longues, complexes, difficiles. Il n'y a pas de place pour le hasard ou la rêverie. J'ajoute que tout ce qui entre et sort de ce bureau est strictement confidentiel. Je peux vous assurer que si vous brisez le secret professionnel, je signe moi-même le mandat qui vous enverra au tribunal. Est-ce clair ?

– Très clair, Monsieur le Juge.

Parfait. Le greffier frappa tout à coup et ouvrit, commençant à parler d'un procès, mais Victor lui fit signe de remballer. Le procès ne débutait pas avant plusieurs jours, et il était occupé. Il ouvrit le dossier, frappé sur la couverture du mot "Bethel". L'affaire dont le monde humain attendait encore le dénouement. Affaire survenue deux ans plus tôt. Une vidéo où un homme martyrisait une petite fille, dans une grande remplie de cadavres, à laquelle il mettait ensuite le feu, et s'y jetait en riant. Un autre homme emmenait la fillette, visiblement inconsciente. Il leva le regard vers l'étudiante.

– Si je dis Bethel, Alaska, 2005, que me répondez-vous ?

– Un massacre qui a secoué le Monde, avec un homme qui a fini par se tuer après avoir torturé une jeune adolescente. Elle est portée disparue depuis 2005 et n'a jamais été résolue.

Bien, elle connaissait l'affaire. Affaire qui n'en était pas vraiment une, d'ailleurs... Cette "fillette", Victor l'avait vu une fois ou deux, mais elle et son frère avaient leur petite réputation. Le monde la cherchait alors qu'elle était tranquillement près de ses maîtres à torturer il ne savait qui. Mais soit, c'était un bon cas pratique pour ses étudiants. Il poussa le dossier un peu plus vers Vanessa, en tirant quelques instantanés de la vidéo. Le visage de dingue du fou, de l'assassin. Celui, Angélique, de la fillette, qui faisait encore plus jeune sur les photos. Le juge n'avait jamais su ce qui l'avait mise dans cet état, à cette époque. Et quand on la voyait ainsi, cela paraissait encore plus difficile à croire. Il tapota la photo montrant l'assassin.

– Aucune information sur le tueur. Juste quelques notions sur son profil : fort physiquement, insensible, pas de peur, juste de la haine. Rien non plus sur la fillette. On lui donne douze ou treize ans. Elle est typée Européenne, plutôt du Nord. Quand au second homme, pas d'informations non plus.

Un tel black-out n'était guère étonnant pour qui connaissait les Volturi... Ils avaient l'art de verrouiller les informations sensibles, et avaient des appuis dans le monde entier. Une chaîne immense d'humains et vampires, qu'ils manipulaient et dirigeaient. Victor faisait parti de cette chaîne. Il était l'un des maillon qui enserrait étroitement le monde des humains, afin de garder tout contrôle. Et il voyait les Italiens plus souvent que de coutume, ces derniers mois. D'ordinaire, il ne croisait Aro qu'une ou deux fois par an, plus quelques coups de téléphones ou du courrier. Mais depuis le début de la guerre, il ne se passait pas une semaine sans qu'il ait des nouvelles, des indications, de nouveaux ordres, de petites choses à effectuer, des faits à couvrir ou à faire disparaître. Vanessa regardait le dossier, semblant réfléchir.

– Donc, vous voulez que j'en trouve et que j'essaie d'avoir plus d'informations sur eux... Et sur cette histoire ?

– Bien sûr que non, maugréa-t-il.

Les jeunes... Toujours impatients ! Elle lui jeta un regard alors qu'il retenait un très long soupir.

– Dans une affaire, on se jette pas ainsi dans le tas sans réfléchir, mademoiselle. Vous voulez des informations ? Et comment comptez-vous vous y prendre ? Vous allez regarder sur Internet ? Dans les journaux ? Ce n'est pas un exposé de collège, que je vous demande ! Comment pensez-vous trouver quoi que soit si vous ne savez même pas pour où commencer et quoi chercher ?

Il referma le dossier, et tira une petite boîte de son bureau. Elle contenait l'enregistrement de la terrible vidéo, une copie effectuée pour les besoins de l'enquête. Il la posa sur la chemise rouge, tapotant des doigts sur le bureau.

– Avant tout chose, servez-vous de votre tête. Toujours comprendre la psychologie d'un suspect, c'est le principe de base. Pourquoi un tel raffinement dans le meurtre ? Pourquoi une telle mise en scène ? A quoi pensait cet homme ? Quel était son but ?

Il parlait avec le ton froid d'un homme d'affaires. Il ne fallait jamais laisser les sentiments interférer avec une affaire criminelle, cela n'amenait qu'au désastre.

– Pourquoi s'en être pris à cette fillette ? Pourquoi l'avoir torturé, et ne pas l'avoir tué avant de se suicider ? Pourquoi tant de morts avant d'elle ? Réfléchissez d'abord. Analyser. – Il lui désigna le bureau à un mètre du sien, pourvu d'un téléphone, d'un ordinateur, et de matériel de bureau – Prenez le dossier, visualisez la vidéo, vingt, trente, quarante fois si nécessaire. Notez tout puis hiérarchisez. Et n'hésitez pas à me déranger s'il le faut.

Il lui fourra le gros dossier et la vidéo dans les mains, et lui fit signe d'aller s'installer.
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MessageSujet: Re: Premier jour de stage   Ven 7 Mar 2014 - 20:02

Juge – Premièrement, si vous songez que j'oublie avec qui je prends rendez-vous et pourquoi, vous vous trompez, mademoiselle. Deuxièmement, le "Votre Honneur" s'applique aux juges des cours Américaines. Ici, nous sommes en France, je suis juge d'instruction, vous serez donc priée de vous contenter d'un "monsieur le Juge", ou monsieur tout court. Troisièmement, évitez des tenues aussi étroites et mal fichues lorsque vous venez travailler. Jamais vous ne réussirez à courir avec ça. Asseyez-vous.

Gloups. Ce premier jour commençait bien. Cette réponse refroidit instantanément Vanessa, mais elle ne se laissa pas démonter pour autant et se contenta de s’asseoir lorsqu’il le lui ordonna. Mieux vaut faire profil bas aujourd’hui. Essayant de rajuster son tailleur discrètement, la jeune femme se tint droite comme un i sur sa chaise en attendant le Juge qui prenait d’autres dossiers. Elle ne réussirait jamais à courir… Mais si ! Bon, d’accord, les talons étaient une mauvaise idée. Mais jamais elle n’aurait imaginé qu’il fallait courir pour apporter des dossiers. Enfin, des dossiers, quoi ! Mais mieux valait ne rien dire. Se taire, et écouter. Le regardant s’installer, Vanessa ne dit rien, patientant toujours.

Juge – Durant ce stage, j'attends de vous une implication totale, mademoiselle. Je ne veux pas dans mes pattes des larves qui regardent leur montre pour partir très exactement à l'heure. Les affaires que nous devons traiter sont souvent longues, complexes, difficiles. Il n'y a pas de place pour le hasard ou la rêverie. J'ajoute que tout ce qui entre et sort de ce bureau est strictement confidentiel. Je peux vous assurer que si vous brisez le secret professionnel, je signe moi-même le mandat qui vous enverra au tribunal. Est-ce clair ?

Vanessa – Très clair, Monsieur le Juge.

Ce stage promettait… Où était la chaleur de l’Espagne, la cordialité des gens, la sympathie envers les étudiants ? Bon, ne pas désespérer, ce n’était peut-être qu’un test pour voir le niveau que possédait Vanessa. Après tout, c’était normal, elle-même aurait réagi de cette manière. Quoi qu’un peu moins dure et froide… Mais soit. Le greffier frappa à la porte mais se fit remballer directement après quelques mots, la jeune étudiante lui envoyant un regard désolé par-dessus son épaule. C’était à cause d’elle, pour le coup, ce qui la faisait un peu culpabiliser. Le juge, quant à lui, n’avait pas l’air préoccupé par cela. Il était le nez dans un dossier, comme si Vanessa n’existait plus. Ce qu’elle croyait, du moins.

Juge – Si je dis Bethel, Alaska, 2005, que me répondez-vous ?

Vanessa – Un massacre qui a secoué le Monde, avec un homme qui a fini par se tuer après avoir torturé une jeune adolescente. Elle est portée disparue depuis 2005 et n'a jamais été résolue.

Vanessa ne dut pas réfléchir longtemps avant de donner sa réponse. Cette affaire comptait parmi celles qui avaient poussé la jeune femme à continuer ses études, à ne pas s’arrêter après l’Université pour avoir un métier dans la justice. Elle voulait faire plus, et elle avait suivi ce massacre de chez elle, comme la plupart des personnes d’ailleurs. Cette vidéo l’avait rendue malade durant plusieurs jours, elle avait commencé à faire des recherches mais en surface à cause de ses études. Seulement, encore aujourd’hui, l’Espagnole ne comprenait pas comment une personne aussi abominable avait pu exister.

Juge – Aucune information sur le tueur. Juste quelques notions sur son profil : fort physiquement, insensible, pas de peur, juste de la haine. Rien non plus sur la fillette. On lui donne douze ou treize ans. Elle est typée Européenne, plutôt du Nord. Quant au second homme, pas d'informations non plus.

Vanessa jeta un œil au dossier que lui tendait le juge. Elle avait regardé la photo désignée, représentant le malade qui s’était tué dans les flammes. Toutes les informations y étaient, mais elles étaient peu nombreuses. Il n’y avait que des photos de ce qui avait été retrouvé dans le hangar, des descriptions, de rares témoignages des habitants de Bethel. Pas grand-chose pour une si grande affaire. Bien sûr, la jeune femme pourrait trouver des informations mais… Était-ce vraiment ce que voulait le Juge ?

Vanessa – Donc, vous voulez que j'en trouve et que j'essaie d'avoir plus d'informations sur eux... Et sur cette histoire ?

Juge – Bien sûr que non.

Vanessa fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu’il voulait d’elle, dans ce cas. Vérifier qu’elle connaissait cette histoire ? Mais c’était évident ! Tout le monde la connaissait, des malades avaient même tenté de refaire cette scène, en Espagne. Avec des corps volés à la morgue, naturellement. Cependant, ils n’avaient jamais réussi parce que l’odeur était abominable.

Juge – Dans une affaire, on se jette pas ainsi dans le tas sans réfléchir, mademoiselle. Vous voulez des informations ? Et comment comptez-vous vous y prendre ? Vous allez regarder sur Internet ? Dans les journaux ? Ce n'est pas un exposé de collège, que je vous demande ! Comment pensez-vous trouver quoi que soit si vous ne savez même pas pour où commencer et quoi chercher ?

Vanessa ferma la bouche, ne trouvant rien à répondre. Bien sûr, elle ignorait par où commencer, mais elle se serait débrouillée. Elle était sûre qu’il y avait des informations à glaner ci et là, que tout n’avait pas été étouffé comme le sous-entendait le Juge. Une instance plus importante avait effectué un blocage, comme dans tous les pays, mais il devait rester des traces quelque part. Cependant, Vanessa ne dit rien, regardant le Juge tirer quelque chose d’un tiroir et déposer une boîte sur le dossier qu’il venait de refermer.

Juge – Avant tout chose, servez-vous de votre tête. Toujours comprendre la psychologie d'un suspect, c'est le principe de base. Pourquoi un tel raffinement dans le meurtre ? Pourquoi une telle mise en scène ? A quoi pensait cet homme ? Quel était son but ?

Pour Vanessa, c’était clair : attirer le regard sur lui, faire son intéressant, être célèbre. Elle ne voyait vraiment pas en quoi elle pouvait apporter d’autres réponses… Par contre, la mise en scène, elle ignorait totalement. Faire craquer ? Dégoûter ? Choquer ? Les possibilités étaient nombreuses. Incalculables, à vrai dire.

Juge – Pourquoi s'en être pris à cette fillette ? Pourquoi l'avoir torturé, et ne pas l'avoir tué avant de se suicider ? Pourquoi tant de morts avant elle ? Réfléchissez d'abord. Analysez. Prenez le dossier, visualisez la vidéo, vingt, trente, quarante fois si nécessaire. Notez tout puis hiérarchisez. Et n'hésitez pas à me déranger s'il le faut.

Vanessa hocha de la tête, prit le dossier, la vidéo, et alla s’installer au bureau désigné par le juge. Bon, eh bien… Il n’y avait plus qu’à éplucher tout cela. Elle ignorait ce qu’elle devait chercher, exactement. Comprendre ce psychopathe ? Elle avait déjà essayé, chez elle. Cette affaire l’avait occupée un moment lorsqu’elle avait vu la vidéo, mais celle-ci avait vite été retirée d’Internet. Pourtant, les images, aussi choquantes étaient-elles, étaient restées gravées dans la mémoire de Vanessa. Même si, depuis, elle avait vu d’autres choses horribles.

Avant de commencer, la jeune femme écrivit les questions posées par le Juge sur une feuille annexe, histoire de les garder à côté d’elle à tout moment, juste sous son nez.  Comme ce n’était que son « brouillon » et qu’elle réfléchissait mieux dans sa langue d’origine, les questions étaient écrites en espagnol. De toute manière, personne n’avait à fourrer son nez dans ses affaires, alors elle pouvait bien se le permettre. Elle pouvait déjà répondre à certaines questions, émettre des hypothèses du moins. Mais d’autres… Le mystère restait total. Vanessa mit la vidéo, décidée à l’éplucher bien que cette idée la dégoûte au plus haut point. Elle ne l’avait visionnée qu’une fois et n’avait, par conséquent, pas pu retenir grand-chose.

Vanessa ne cessait de mettre sur « Pause », notant des détails. D’abord, le psychopathe. Ensuite, la fillette. La première scène montrait deux individus : un homme d’une trentaine d’années maximum, et la fillette d’une douzaine d’années à vue d’œil. L’homme était penché sur elle, comme s’il voulait la protéger. Mais pas de trace du fou furieux. Non, lui, il n’arriva que quelques secondes plus tard, se plaçant tout près de l’homme agenouillé près de la fillette.

Fou – Nous avons assez vécu et vous aussi ! Après tout, deux mille ans d'histoire c'est déjà trop long. La vie devient vite lassante. Alors, adieu ! Saluez de notre part, ce vieux fou d'Aro ! Notre allégeance aura été quelque chose de bien utile. Le temps des vampires est maintenant révolu !

Vampire… Deux mille ans… Aro. Restant objective, Vanessa inscrivit des mots-clefs sur la première feuille, en-dessous des trois questions. Elle écrivit également « lassitude » mais quelque chose la gênait, dans cette scène. Le regard de ce malade. Il n’était pas celui d’un homme lassé par la vie, mais plutôt d’un illuminé qui croit dur comme fer qu’il va révolutionner le monde. Vanessa fit alors un zoom sur la vidéo, juste pour en avoir le cœur net, et vit clairement les traits de cet homme. Il était fier. Allumé, certes, mais fier. Il voulait marquer les esprits et l’usage du « Nous » pouvait renvoyer à deux choses : la schizophrénie, la solennité, la mise en scène, ou une ancienne époque. Elle avait du mal à croire qu’elle écrivait tout cela, mais l’objectivité l’y poussait.

Vanessa remis la vidéo sur « Play », continuant la lecture bien qu’elle connaissait la suite sur le bout des doigts. Sans surprise, à présent, elle vit l’homme se mettre le feu, et mettre le feu au hangar dans un rire de psychopathe qui fit, néanmoins, sursauter la jeune femme.

Fou – Oh notre douce mort, vous voilà enfin ! Oh notre douce fin vous voilà enfin. Nous étions en grande attente de cette fin. Nous n'espérions plus le moment où nous allions nous retrouver dans vos bras si froid et ténébreux ! Oh douce mère la mort ! Vous qui m'avez donné vie ! Nous sommes heureux d'enfin vous retrouver !

… Incompréhensible. Cela allait à l’encontre de ce que Vanessa avait marqué plus haut. Elle allait barrer ce qu’elle avait inscrit, lorsqu’elle se ravisa. Ne pas s’arrêter seulement à ce que l’on voit. Comprendre cet homme. Mais comment pouvait-elle comprendre un type comme lui ?! Il était fou, il avait voulu se rendre intéressant, que l’on connaisse son… Ah mais non. Son nom était inconnu. Bon. Mauvaise piste. Ici, il avait fait cette vidéo en faisant quoi, exactement ? Il avait parlé de deux millénaires, il avait parlé de vampires, il avait parlé d’un certain « Aro »… Ce nom lui rappelait quelque chose. Vanessa ne savait plus où elle l’avait vu, mais elle était sûre que ce nom lui évoquait une histoire.

S’approchant de l’ordinateur, ouvrant une page Internet, la jeune femme tapa simplement ces trois lettres sur un moteur de recherche et tomba sur une ribambelle de photos. Une famille italienne, très connue. Et un communiqué de ce Aro, justement, Aro Volturi. Voilà d’où elle connaissait ce nom ! Cliquant d’abord sur une des photos, l’agrandissant au passage, Vanessa fit presque un bond en voyant le visage d’un des enfants de ce clan. La fillette ! Doucement, pas de conclusions hâtives. Repassant à la vidéo, juste pour être sûre, elle s’arrêta au moment où l’on voyait le mieux la fillette, le moment où on disposait du meilleur plan. Faisant des aller-retour entre la vidéo et la photo, Vanessa devint de plus en plus sûre : cette fillette était la fille d’Aro Volturi. Imprimant la photo et le passage de la vidéo, la jeune femme les rassembla. Ca, c’était fait.

Maintenant, Aro Volturi. Quel était le lien entre ce fou psychopathe et le chef italien ? D’accord, il était important, puissant, et tout le blabla. Mais Vanessa ne voyait pas pourquoi ce type s’en était pris à cette fillette. Elle n’avait rien fait ! Se levant, prenant ses papiers, l’étudiante se rapprocha du bureau et ne s’installa que lorsqu’elle en eut la permission. Elle étala les recherches effectuées, tout le cheminement de son raisonnement, tout était inscrit sur des bouts de papier – y compris les répliques de l’homme qui s’était tué. Il lui fallait des réponses.

Vanessa – Monsieur, voilà tout ce que j’ai jusqu’ici. La fillette est la fille d’Aro Volturi, mentionné ici par l’homme qui s’est tué. Regardez, j’ai trouvé une photo, il est indéniable que c’est elle. Seulement, je ne vois pas le lien entre Aro Volturi et cet homme… A-t-il des antécédents, dans d’autres affaires ? Des personnes ont-elles porté plainte contre lui ? Ou… Je ne sais pas, quelque chose qui aurait poussé cet homme à torturer cette fille ?

Inutile de parler des vampires, ou de ses doutes à ce sujet. Vanessa n’avait pas envie de passer pour une allumée, elle avait encore trop peu d’informations pour l’instant et n’avait fait qu’écrire trois mots sur ses feuilles. Ce n’était pas ça qui allait attirer l’attention du juge.
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Victor Lemoine
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MessageSujet: Re: Premier jour de stage   Dim 9 Mar 2014 - 12:16

Sa stagiaire fila s'installer et se mettre au travail. Très bien. Il l'observa quelques secondes, puis replongea dans ses propres dossiers. Meurtres, viols, suicides, accidents, crimes... Il lisait les rapports avec une indifférence blasée, désormais, habitué à tout ce marasme. Alors qu'il planchait sur une future mise en examen, il reçut un message d'un de ses "collègues" du réseau. Autrement dit, du réseau humain qui soutenait les vampires. Il ouvrit le mail, bref et concis, qui semblerait banal à n'importe qui d'autres mais qui était une nouvelle clé pour Victor. Il fronça légèrement les sourcils en parcourant les nouvelles. Humph. La situation empirait sérieusement... Les loups semblaient abandonner leur tactique de discrétion pour redevenir sanguinaires et sanglants. Que se passait-il ?

"Et nous avons une nouvelle collègue," disait également le message. "Une certaine Elena Gilbert. Une jeunette de Volterra, une infirmière. Elle va sans doute bosser avec Agenore sur le traitement."

Victor ne put s'empêcher d'éprouver une immense vague de compassion pour cette fille. Travailler avec Agenore... La pauvre... Elle n'était franchement pas gâtée, si on la collait dans un laboratoire avec l'autre cinglé ! L'Italien était totalement siphonné. Il était sans doute le seul humain du monde aussi enthousiaste à l'idée d'approcher Caïus Volturi de près et à parler aussi familièrement au clan Italien. Fou. Quand on voyait les autres humains qui formaient le Réseau, Agenore apparaissait vraiment décalé. Il n'était pas sérieux, sautait partout, riait sans cesse, et se moquait éperdument de la mort. Une fois, on les avait prévenu qu'il y avait une possibilité que certains d'entre eux soient "conservés", autrement dit transformés, pour continuer leur travail. Quasiment tout le monde avait grimacé à cette idée, Victor y compris. Agenore, lui, n'avait même pas accordé plus d'importance à la chose que si on lui avait demandé de choisir entre le thé ou le café le matin.

– Nous avons assez vécu et vous aussi ! Après tout, deux mille ans d'histoire c'est déjà trop long. La vie devient vite lassante. Alors, adieu ! Saluez de notre part, ce vieux fou d'Aro ! Notre allégeance aura été quelque chose de bien utile. Le temps des vampires est maintenant révolu !

Agenore leva les yeux une seconde vers sa stagiaire, concentrée sur la vidéo. Pauvre Ludwig, il était très loin d'imaginer, à cette époque, que la puissance du vieux fou ne serait que renforcée, au lieu d'être diminuée. Le temps des vampires était encore loin d'être révolu. Il eut un maigre sourire. La transformation ? Non, il n'y songeait pas, et s'y refusait. Il préférait mourir plutôt que de passer son éternité sur cette terre infâme. Il ne se voyait pas traverser les siècles, figé dans son corps, à regarder les époques s'écouler. Être humain avait ses avantages, et la vie, si elle était courte, était plus riche de sensations. La question de l'ennui ne se posait guère pour leur espèce.

Un nouveau mail arriva. Il l'ouvrit et écarquilla très légèrement les yeux. Aro comptait réunir à Volterra, non seulement son clan entier, mais aussi tous les vampires nomades ou en clan qui les soutenaient, ainsi que les humains du Réseau. Victor resta figé devant le message plusieurs minutes, à moitié choqué. Jamais, jusqu'ici, il n'avait vu une réunion de cette ampleur. Jamais humains et vampires n'avaient été conviés en même temps. que mijotait Aro ? Victor n'aimait pas ça. Si le chef des Volturi pensait déployer la puissance complète du clan, c'était mauvais signe. Il doutait que ce ne soit déjà arrivé.

Refermant le message, il consulta son agenda. Voilà qui allait être très juste pour s'organiser... Il réfléchit rapidement, notant les rendez-vous qu'il devra décaler et deux ou trois choses qu'il pouvait se permettre de reporter. Tout en faisant cela, il pianota à toute vitesse sur son ordinateur pour réserver un billet d'avion pour Rome. Il consultait les horreurs lorsqu'il se souvint d'un seul coup d'une chose. Sa stagiaire. zut. Il ne pouvait pas l'emmener ! Et qu'en faire, durant ce temps ? Elle se leva tout à coup, alors qu'il cherchait un endroit où la coller le temps de son absence. Il lui fit signe de s'asseoir, alors qu'il se repassait mentalement toutes les possibilités.

– Monsieur, voilà tout ce que j’ai jusqu’ici. La fillette est la fille d’Aro Volturi, mentionné ici par l’homme qui s’est tué. Regardez, j’ai trouvé une photo, il est indéniable que c’est elle. Seulement, je ne vois pas le lien entre Aro Volturi et cet homme… A-t-il des antécédents, dans d’autres affaires ? Des personnes ont-elles porté plainte contre lui ? Ou… Je ne sais pas, quelque chose qui aurait poussé cet homme à torturer cette fille ?

Qu'allait-il en faire ? Il ignorait combien de temps allait durer son absence exactement... Et il ne pouvait pas l'emmener au beau milieu d'une réunion de guerre, car il s'agissait bel et bien de ça, où elle se retrouvera coincée entre des humains et des dizaines de vampires. Supposons qu'il l'emmène en Italie et qu'il la laisse faire des recherches à Rome ou Volterra pendant que lui sera à la réunion ? Cela pourrait être une solution. tant qu'elle sera à l'intérieur de ces murs, elle ne risquera rien. Aucun vampire ne sera assez débile pour attaquer une humaine de la ville juste sous le nez des Volturi. Bien.

– On ne lui trouve pas d'antécédents judiciaires. Mais c'est un homme d'affaires, puissant avec ça, et il a bien évidemment des ennemis. Les psychopathes s'en prennent très souvent aux familles de ceux qu'ils visent... Mais c'est bien, vous avez trouvé les informations de base.

Il tapota la photo du bout des doigts, toujours amusé de voir quelles photos on pouvait trouver sur Internet. Jane avait l'air parfaitement innocente, là-dessus. Une simple enfant Italienne, comme tant d'autres, sur un cliché ne montrant rien sinon une famille soudée, typique de l'Italie Catholique.

– Aro Volturi a eu deux enfants, cette fillette, et son frère jumeau. La clé de cette affaire tient en partie dans cette question : pourquoi cette famille et pas une autre ? Vous allez avoir l'occasion de faire des recherches plus approfondies... Je dois me rendre à Volterra, là où vit cette famille, justement, pour une réunion urgente. Vous allez m'accompagner, et vous pourrez continuer vos recherches sur-place le temps de mon absence.

Il tira une carte de l'Italie d'un autre tiroir, plus une de la ville. Tout en réservant un second billet d'avion pour sa stagiaire. Fouiller dans les archives de la ville l'occupera un bon moment, et lui pourra se consacrer au reste, bien plus important, à savoir la guerre en cours. Jane sera sûrement à cette réunion, d'ailleurs... Au château, toujours puissante, alors qu'au même moment, une humaine cherchera à savoir comment elle a été enlevée et ce qui lui est arrivée depuis.

– La petite s'appelle Jane Volturi, pour information. Elle est née en Mai 1993, de Aro et Sulpicia Volturi, en Italie, à Rome. Son frère jumeau est toujours chez leurs parents. Vous vous ferez une idée une fois sur-place. Nous partons demain. Des questions ?
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MessageSujet: Re: Premier jour de stage   Dim 9 Mar 2014 - 18:54

Juge – On ne lui trouve pas d'antécédents judiciaires. Mais c'est un homme d'affaires, puissant avec ça, et il a bien évidemment des ennemis. Les psychopathes s'en prennent très souvent aux familles de ceux qu'ils visent... Mais c'est bien, vous avez trouvé les informations de base.

Donc, il était content ? Satisfait de ce début ? Avec un peu de chance, Vanessa allait finir sa première journée entière et la mauvaise impression qu’avait eue le juge lorsqu’elle était entrée allait disparaître. Enfin, elle espérait. Parce que là, franchement, après avoir regardé encore et encore cette vidéo immonde, il allait lui falloir quelques verres pour se remettre ! Non, l’Espagnole n’était pas sensible, mais commencer par un truc aussi dégueulasse dès le premier jour était peut-être un peu dur, non ? Juste un peu. Enfin… Au moins, elle savait comment agir et comment se comporter avec lui. Rien ne lui serait épargné sous prétexte qu’elle était une femme, et étrangère qui plus est. Ce que Vanessa avait toujours cherché.

Juge – Aro Volturi a eu deux enfants, cette fillette, et son frère jumeau. La clé de cette affaire tient en partie dans cette question : pourquoi cette famille et pas une autre ? Vous allez avoir l'occasion de faire des recherches plus approfondies... Je dois me rendre à Volterra, là où vit cette famille, justement, pour une réunion urgente. Vous allez m'accompagner, et vous pourrez continuer vos recherches sur-place le temps de mon absence.

… Pardon ?! Il avait bien dit « vous allez m’accompagner » ?! Non, non, oh, du calme là ! Vanessa n’avait pas signé pour quitter tout comme ça du jour au lendemain ! Elle était en France depuis UN mois ! Un mois à peine ! Eh oh, même pas un mois, il réalisait ça ? Ou il s’en fichait complètement ? Il ne pouvait pas l’obliger à tout quitter comme ça, pas du jour au lendemain ! Ou si ? Il pouvait ? Il avait vraiment le droit ? Mais et si elle n’avait pas les vêtements nécessaires, hein ? Et si son visa expirait demain ? Il s’en fichait aussi, de ça ? En plus, elle n’avait pas l’argent pour réserver un billet, c’était… Bon, du calme. Il n’avait pas dit quand il devait partir, c’était peut-être dans un mois. Et il la prévenait suffisamment à l’avance pour qu’elle se prépare. Tout était possible, ne pas paniquer.

Juge – La petite s'appelle Jane Volturi, pour information. Elle est née en Mai 1993, d’Aro et Sulpicia Volturi, en Italie, à Rome. Son frère jumeau est toujours chez leurs parents. Vous vous ferez une idée une fois sur place. Nous partons demain. Des questions ?

… Demain ? Il était vraiment sérieux ? Plus Vanessa essayait de garder son calme, de relativiser, moins elle y arrivait. D’accord, enquêter sur le terrain était intéressant, d’accord, elle trouverait bien plus d’informations là-bas. Mais tout de même, il y avait un délai à respecter, c’était carrément de l’impolitesse là ! Ils partaient demain. Et il lui demandait si elle avait des questions… Mais évidemment, qu’elle en avait ! Comment faisait-elle pour ses affaires ? Ils y restaient combien de temps ? Où logeraient-ils ? Combien devait-elle prendre avec elle ?

Ils parlaient tous italien, là, en plus. A l’endroit où elle était censée trouver ses informations, parlaient-ils seulement anglais ? Non parce que, espagnol, sans problème, mais l’italien était un peu différent. Stop. Pause. Elle avait besoin d’un verre. Non, deux. Ou peut-être trois. Et un steak, aussi. Ou non, mieux, un hamburger, un truc bien gras et mauvais pour la santé pour faire passer tout cela. Du calme. Respirer. Ne pas paniquer. Vanessa resta un moment sans rien dire alors que le juge déballait ses cartes, organisant sans doute son voyage comme si la jeune femme n’était pas là, comme s’il venait de lui demander si elle pouvait lui servir du café. Se raclant la gorge, Vanessa en profita pour prendre une profonde inspiration très discrètement. Elle répondit alors :

Vanessa – Je… Oui, j’en ai quelques-unes. Je n’ai pas l’argent pour réserver un billet d’avion, comme ça. Quand partons-nous exactement ? Et combien de temps ? Que dois-je prendre, vu que je suis Espagnole ? Et que… Enfin, dès demain, c’est un peu… Pardonnez-moi, mais c’est très précipité, je vais dire.

Juge – Votre billet d'avion, je le réserve. Nous partons pour quelques jours. Vous prenez votre carte d'identité, il n'y a plus de frontière, en Europe. Et vous vous fringuez comme bon vous semble.

Comme bon il lui semblait ? Pas de problème, il ne fallait pas le lui dire deux fois ! Ce serait une belle compensation, vu qu’il ne la prévenait que maintenant. La veille, quoi ! C’était dans la nature des gens, en France, d’être toujours aussi pressé ? Prenez le teeeemps ! Vanessa cherchait d’autres questions, juste pour être sûre de ne rien oublier. D’accord, elle avait l’habitude d’improviser des sorties, mais… Ici, c’était quand même un voyage dans le cadre de son stage, et avec un homme assez coincé d’après ce qu’elle avait remarqué en l’espace de quelques heures. Seulement, pouvait-elle aller tout préparer ou avait-il encore besoin d’elle ? Vanessa n’osait même pas demander, à vrai dire. En plus, elle avait franchement besoin d’un verre. Pas de souci, elle mettrait son réveil pour ne pas louper le départ. D’ailleurs, à quelle heure devait-elle être ici ? Où devait-elle le retrouver ?

Vanessa – Bien, heu… Et à quelle heure dois-je vous retrouver ?

Juge – Demain matin, comme d'habitude, dans ce bureau. Nous partirons à quinze heures.

Très bien. Vanessa hocha la tête, notant l’heure. Mais qu’était-elle censée faire, en attendant ? Il la libérait ? Elle pouvait rentrer ? C’était assez gros, comme nouvelle, il pouvait la libérer pour qu’elle le digère, non ? La jeune Espagnole allait demander si elle pouvait retourner travailler lorsqu’un énorme gargouillement sorti tout droit de son estomac retentit dans la pièce. Se tenant l’estomac comme si cela allait le faire taire, Vanessa l’insulta mentalement de tous les noms avant de s’excuser en disant :

Vanessa – Pardon, je… Avez-vous encore besoin de moi ?

Juge – Non, filez. A demain matin.

Vanessa lui répondit en se levant, récupéra ses affaires et fila dans le bar le plus proche, commandant un verre de ce qu’ils avaient de plus costaud ici. Un verre, juste un verre. Il fallait qu’elle digère tout cela, et vite. Regardant le barmaid, elle lâcha sur un ton qui contrastait énormément avec sa tenue :

Vanessa – Je pars en Italie. Demain. Et j’ai été prévenue qu’aujourd’hui… Eh ouais ! A la vôtre !
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