Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Déménagement qui ne passe pas

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MessageSujet: Déménagement qui ne passe pas   Dim 3 Aoû 2014 - 11:47

La fillette tourna la tête en refusant de boire, levant sa peluche devant son visage pour se protéger, sous le soupir de sa mère. Non, non, non, et non ! Elle ne voulait pas boire, elle voulait revenir chez elle, dans sa chambre, avec son papa et sa maman. Elle ne voulait pas qu'on la laisse en vacances chez sa cousine, comme disait maman. Elle ne voulait pas passer du temps chez quelqu'un qui prendra soin d'elle pendant que ses parents réglaient des affaires, comme disait papa. Elle ne voulait rien du tout. Elle bouda de bon cœur pendant que maman la remettait dans sa poussette et attachait les sangles pour qu'elle ne tombe pas, n'écoutant pas ce qu'elle disait. Elle renifla de colère en regardant la ville, avec des grandes maisons très hautes qui lui faisaient peur. Papa et maman marchait vers une tour toute noire et très grande, et elle se recroquevilla lorsqu'ils entrèrent à l'intérieur. Il faisait plus chaud, il y avait de la lumière, mais elle avait peur. La tour allait les dévorer ! Elle serra sa peluche plus fort contre elle, terrifiée.

- C'est à quel étage ? demanda papa.

- Au deuxième.

Ils avaient pleins d'affaires dans des sacs, plus un grand truc que papa traînait. Il disait que c'était son lit. Un berceau pliable en fer et toile, comme maman avait rajouté. Elle eut encore plus peur quand ils montèrent dans une cabine de douche qui bougeait toute seule et qui faisait mal à l'estomac en s'arrêtant. Elle ferma les yeux jusqu'au moment où elle entendit d'autres voix. Sa cousine ? Elle protégea son visage de son bras, pas du tout d'accord.

- Veux pas...
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Mar 5 Aoû 2014 - 15:39

Vanessa tournait en rond dans son appartement, repensant encore et encore à la conversation téléphonique qu’elle avait eue quelques jours auparavant avec des membres de sa famille. Des gens qu’elle avait plus ou moins oubliés, faute de contact régulier – surtout avec eux. Mais ils l’avaient appelée en réclamant, implorant son aide, un simple service qu’ils lui rendraient et qui ne changerait rien à sa vie. Garder leur fille, Elvira, âgée de tout juste un an. Bien sûr, Vanessa avait refusé catégoriquement. Entre ses cours, son stage, la maladie qu’elle avait contractée, et son manque de revenus pour subvenir aux besoins d’un bébé, il était impossible pour elle de garder sa cousine.

Mais à cela, ils avaient déjà trouvé une réponse : ils avaient soi-disant confiance en elle, ils lui enverraient de l’argent régulièrement et avaient déjà acheté tout ce qu’il fallait pour s’occuper d’un enfant. Quant à la maladie, ils étaient sûrs que Vanessa réussirait à tout supporter et, de toute manière, ils avaient vraiment besoin d’elle. Personne, dans la famille, ne pouvait accepter… Intérieurement, l’Espagnole savait qu’ils avaient tous refusé parce qu’ils pensaient que le placement d’Elvira dans un orphelinat serait une bonne leçon pour ses parents qui passaient leur temps à boire. Mais pour la petite, c’était injuste… Et c’était uniquement pour cette raison que Vanessa avait accepté.

Ils avaient donc décidé qu’ils viendraient eux-mêmes à Seattle, malgré les recommandations de la jeune femme pour qu’ils s’éloignent du centre de la pandémie – à quelques kilomètres près –, lui amenant leur fille. Entre-temps, Vanessa avait essayé de reprendre des forces, de se soigner du mieux qu’elle pouvait pour assurer la relève lorsque sa cousine arriverait, aménageant très lentement son appartement de façon à ce qu’elle ne se blesse avec rien. Ils ne lui avaient rien dit du tout, sinon, bien sûr, qu’elle était adorable et qu’elles allaient sans doute s’aimer très vite. Mouais… Pour ça, Vanessa attendait de voir sur le moment. Un bébé restait un bébé, quoi qu’ils disent. Aussi mignonne soit-elle, Elvira allait imposer des changements dans son quotidien, l’empêchant de sortir aussi souvent qu’elle le voulait, par exemple.

En plus, comment s’occupait-on d’un bébé ? Vanessa ne savait même pas changer une couche ! En règle générale, les mères s’y préparent durant les neuf mois précédant l’accouchement. En règle générale, elles étaient aidées, guidées par des sages-femmes ou tout autre personnel médical. En règle générale, elles ne laissaient pas leur enfant à un an à une cousine qu’elles n’avaient plus vue depuis des années… Appeler ses grands-parents ? Sa famille proche ? Non, non, non. Vanessa savait qu’ils désapprouveraient son acte et qu’elle aurait droit à un sermon. En plus, ils s’inquiéteraient, convaincus qu’elle n’avait pas accepté une telle chose mais que c’était elle qui était tombée enceinte. On sonna alors à l’interphone.

Vanessa – Oui ?

Marta – C’est nous.

Mpfh. Appuyant sur le bouton qui permettait aux visiteurs d’ouvrir la porte et d’entrer, Vanessa leur dit qu’elle habitait au deuxième. Deux minutes plus tard, ils arrivèrent à son étage, chargés de bagages et de sa cousine. Un vague sentiment de panique s’empara de Vanessa, de plus en plus persuadée qu’elle avait fait une énorme connerie en acceptant de prendre la petite Elvira. Oui, elle était mignonne avec ses cheveux blonds, ses couettes, son regard innocent… Mais c’était un bébé !

Elvira – Veux pas...

Marta – Qu’elle est mignonne, elle semble si heureuse d’être là !

Vanessa ne put s’empêcher de faire des yeux ronds en regardant sa tante. Heureuse d’être là, vraiment ? D’après ce qu’elle vit, le père d’Elvira eut la même réaction. Ils étaient des parents irresponsables, pas besoin de faire semblant. Ils avaient un enfant et étaient toujours souls, incapables de se tenir, incapable de protéger leur propre sang. Marta se pencha alors sur sa fille après l’avoir mise dans les bras de Vanessa qui n’avait rien vu venir, la tenant maladroitement sans savoir comment elle devait faire.

Marta – Nous reviendrons bientôt, ma puce, je te le promets. Ta cousine ne te fera aucun mal, elle adore les enfants et tu es sa petite cousine, on ne peut pas te résister ! Sois bien sage.

Là encore, même réaction de stupeur de la part de Vanessa. Qu’en savait-elle, si elle adorait les enfants ou non ? Et puis, « on ne peut pas te résister »… C’est pour ça qu’ils continuaient à boire ? S’ils avaient vraiment cédé à leur fille, ils n’en seraient pas réduits à demander de l’aide à une étudiante de vingt-quatre ans ! Mais Vanessa n’avait encore rien vu. Elle leur proposa de rentrer, pour ne pas rester dans le couloir à bloquer le passage… Seulement, vu leur réaction gênée et le regard qu’ils s’étaient échangés, il était clair qu’ils ne comptaient pas s’attarder. Excédée, elle leur lâcha sur un ton de reproche :

Vanessa – Vous ne comptez même pas rester un jour ou deux ? C’est votre fille ! Vous pouvez la rassurer, non ? Attendre qu’elle s’endorme, au moins !

Marta – Je… Nous ne pouvons pas, je suis désolée Vanessa. Nous… C’est que nous…

Mais Vanessa n’écoutait plus. Elle était dégoûtée. Dégoûtée par leurs agissements, leur comportement. Elle les laissa dire au revoir à Elvira après avoir déposé toutes ses affaires dans l’appartement et referma la porte derrière eux sans même un regard, sans leur adresser un seul signe d’au revoir. Une fois qu’elles furent seules, cependant, l’Espagnole essaya de sourire et d’adopter une voix douce pour rassurer sa cousine en faisant un tour dans l’appartement.

Vanessa – Là, tu as le salon… La cuisine… Le bureau… Je n’arrive pas à croire qu’ils te fassent ça. Tu es une enfant, on est supposés les aimer, non ? Je sais que tu ne m’aimes pas, moi non plus, je n’aimerais pas quelqu’un d’autre que mes parents à un an. Mais tu ne dois rien comprendre à ce que je te raconte…

Lança un regard dépité à sa cousine, Vanessa regarda autour d’elle comme si elle découvrait son propre appartement. Elle ignorait ce qu’elle devait faire. Lui faire à manger ? La faire se coucher ? Lui proposer quelque chose à regarder à la télé ? Il fallait bien qu’elle s’occupe le temps, pour Vanessa, de monter son lit et tout ranger. La déposant à terre en s’agenouillant pour être à sa hauteur, la tenant dans ses bras, la jeune étudiante reprit avec un sourire doux :

Vanessa – Tu as faim ? Ou heu… Tu veux jouer ? Ou… Que veux-tu faire ? Si tu veux, tu peux m’aider à ranger tes affaires. Ce sera comme chez toi, mais en plus petit.
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Mar 5 Aoû 2014 - 23:03

Sa maman souriait, comme si elle ne voyait pas que sa fille était tout sauf heureuse. Elle en connaissait pas cette maison, ni cette ville avec de grandes tours noirs trop grandes, puis des gens avec de grands manteaux noirs noirs aussi et des visages tous pâles comme des fantômes ! Elle n'aimait pas les fantômes, il y en avait dans le placard de sa chambre à la maison, il grinçait la nuit, mais papa ne voulait pas la croire, il disait que c'était le plancher. Mais non, non, il y avait un fantôme, un vrai ! En plus, il attendait qu'elle s'endorme pour venir lui voler son corps. Alors elle pleurait, mais personne ne venait, la nuit. Elle avait peur. Maman la souleva, mais sans prendre aussi sa peluche dans la poussette. Elvira tendit désespérément le bras pour l'attraper, pas d'accord du tout, alors que maman la laissait dans les bras de sa cousine. Maiiis, pourquoi elle ne la gardait pas dans es bras à elle ? Elvira voulait sentir son odeur, c'était sa maman.

- Nous reviendrons bientôt, ma puce, je te le promets. Ta cousine ne te fera aucun mal, elle adore les enfants et tu es sa petite cousine, on ne peut pas te résister ! Sois bien sage.

Mais, maman restait pas ici aussi ? Elle devait, Elvira croyait qu'elle allait venir ici, mais que maman allait rester ! C'était maman, elle devait rester près d'elle. Mais elle voulait plus être là. La petite crut qu'elle allait pleurer. Maman ne voulait plus qu'elles soient ensemble ? Et papa non plus ? Mais pourquoi ? Elle avait fait quoi de mal ? Elle avait fait une très grosse bêtise et sa maman ne voulait plus d'elle ? Elle tendit de nouveau les bras, indifférente à ce que les adultes disaient. Papa ! Maman ! Lorsqu'ils se penchèrent en lui souriant, elle pensa avoir réussi, qu'ils allaient la prendre et la ramener. Mais ils l'embrassèrent sur la joue, puis partirent. Elle s'agita de plus belle, au bord des larmes, alors que la porte se refermait. Papa, maman ! Ne partez pas ! Ne me laissez pas. Essa souriait bien, mais c'était pas sa maman ! Sa maman devait revenir, parce que c'était sa maman, elle ne pouvait pas l'abandonner.

- Là, tu as le salon… La cuisine… Le bureau… Je n’arrive pas à croire qu’ils te fassent ça. Tu es une enfant, on est supposés les aimer, non ? Je sais que tu ne m’aimes pas, moi non plus, je n’aimerais pas quelqu’un d’autre que mes parents à un an. Mais tu ne dois rien comprendre à ce que je te raconte…

Maman ? Papa ? Essa était triste comme eux le soir. Tous les adultes qu'elle voyait était tristes. Et ça voulait dire quoi "supposés" ? C'était une maladie ? Et elle aimait bien Essa, mais ce n'était pas sa maman. Ce devait être une blague, son papa et sa maman allaient revenir en riant et la ramener à la maison. Essa la reposa par terre, puis s'accroupit. Pourquoi elle était chez elle ? Elle avait fait quelque chose de très mal ?

- Tu as faim ? Ou heu… Tu veux jouer ? Ou… Que veux-tu faire ? Si tu veux, tu peux m’aider à ranger tes affaires. Ce sera comme chez toi, mais en plus petit.

Mais elle allait vraiment rester ici alors ? S'échappant, elle courut sur ses petites jambes vers sa poussette, pour récupérer Fabrice, son doudou, un ours blanc très doux que sa mamie lui avait offert pour son baptême. C'était son doudou préféré. Elle revint voir Essa et lui montra la peluche, la lui collant quasiment sous le nez en tendant les bras.

- C'est Fabrice, mon doudou, dit-elle d'une voix très convaincue. Je dors avec lui, parce que à la maison, d'abord, il y a un fantôme dans le placard. Papa dit que non, mais moi je sais. Et c'est un méchant fantôme car il grince. Fabrice, il veut pas que le fantôme m'approche, mais moi, j'ai peur ! Et, et après, je pleure, mais papa et maman ne viennent pas. Papa dit qu'ils dorment parce, avec leurs problèmes, ils dorment beaucoup. Et maman dit que je dois pas pleurer la nuit, parce que, elle dit que je suis grande maintenant.

Après sa tirade, elle sera la peluche contre son cœur, de toute ses forces, en y fourrant son nez. Il était chaud, son doudou. Elle se blottit contre Essa tout d'un coup, en regardant autour d'elle. Elle avait peur qu'il y ait des fantômes. Tirant sur la chemise de Essa, elle leva le nez vers elle.

- Fabrice, il me défend la nuit, chuchota-t-elle comme s'il s'agissait là d'un secret incroyable. Il peut te défendre aussi, il est fort.

Ressortant de sa cachette, à savoir les bras de sa cousine, elle alla vers un grand sac et essaya de le tirer vers la chambre pour aider Essa à ranger ses affaires. Un sac soit-dit au passage deux fois plus grand qu'elle, et sans doute trois fois plus lourd. Voyant qu'elle n'y arrivait pas, elle posa soigneusement sa peluche dessus, puis tira à deux mains, si fort qu'elle en tomba sur les fesses. Elle se releva aussitôt, puis se tourna vers Essa, oubliant le sac, retournant contre elle s'accrocher à sa chemise.

- Tu peux pas ranger le sac par magie, comme dans les contes de fées ?
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Jeu 7 Aoû 2014 - 22:22

A peine Vanessa eut-elle posé sa question que sa cousine s’échappa de ses bras pour foncer vers sa poussette sous son regard alarmé. Eh, mais non ! Elle ne voulait pas la faire fuir, loin de là ! Si Elvira commençait à avoir peur d’elle, les journées risquaient d’être très longues… Très, très longues… Mais non, elle ne fuyait pas, vu qu’elle revint vers Vanessa après avoir tiré quelque chose de sa poussette. Une peluche blanche, un ours, qu’elle lui colla littéralement sous le nez en tendant les bras. Attendrie, l’étudiante sourit à sa petite cousine en se disant que, finalement, elles allaient peut-être s’entendre.

Elvira – C'est Fabrice, mon doudou, dit-elle d'une voix très convaincue. Je dors avec lui, parce que à la maison, d'abord, il y a un fantôme dans le placard. Papa dit que non, mais moi je sais. Et c'est un méchant fantôme car il grince. Fabrice, il veut pas que le fantôme m'approche, mais moi, j'ai peur ! Et, et après, je pleure, mais papa et maman ne viennent pas. Papa dit qu'ils dorment parce, avec leurs problèmes, ils dorment beaucoup. Et maman dit que je dois pas pleurer la nuit, parce que, elle dit que je suis grande maintenant.



… Quoi ?! Ses parents l’empêchaient de pleurer, ils dormaient et imposaient à leur fille de ne pas pleurer parce qu’ils devaient dormir ? Dormir ?! Mais elle avait UN an ! A un an, il est tout à fait normal de pleurer, d’avoir peur, de paniquer, de… de s’exprimer, quoi ! Si elle les avait encore à disposition, s’ils n’avaient pas déjà filé comme des voleurs pour prendre le premier avion, Vanessa ne se serait pas privée pour leur hurler dessus. Pas devant leur fille, bien sûr, mais elle leur aurait dit deux mots sans la moindre gêne.

Hallucinant complètement, Vanessa sursauta légèrement lorsqu’elle sentit Elvira se blottir dans ses bras, ses pensées voguant à des kilomètres de cette scène si douce, naïve, attendrissante. Dans ses bras, sa cousine avait l’air effrayé en regardant tout autour d’elle. Eh bien ? Elle n’avait rien dit tout haut, au moins ? Si ? Mais non, Vanessa l’aurait remarqué, si elle avait parlé tout haut et si elle avait insulté les parents de sa petite cousine à voix haute… Non ? L’Espagnole sentit alors des petites mains tirer sur son chemisier et vit la tête d’Elvira levée vers la sienne.

Elvira – Fabrice, il me défend la nuit, chuchota-t-elle comme s'il s'agissait là d'un secret incroyable. Il peut te défendre aussi, il est fort.

Ouf. Vanessa n’avait rien dit tout haut. Elle fit un sourire doux à sa cousine, regrettant l’époque où elle-même était aussi naïve et insouciante. Cette petite fille allait peut-être l’aider, au final ? Oui, elle débarquait dans sa vie au moment où elle s’y attendait le moins. Oui, elle était arrivée au plus mauvais moment imaginable étant donné la pandémie qui faisait rage dehors, tuant un peu plus de personnes tous les jours. Elle-même se sentait faible, fiévreuse et ne rêvait que d’une chose : son lit. Mais non, elle ne céderait pas. Vanessa voulait rattraper ce que les « parents » d’Elvira avaient fait, ou plutôt, ce qu’ils avaient omis de faire. A savoir : se comporter en parents. Comment peut-on rejeter un bébé, une petite bouille aussi mignonne que la sienne ? Ils n’avaient pas de cœur.

Reportant son regard sur Elvira, Vanessa ne put s’empêcher de rire en la voyant essayer, en vain, de tirer le sac vers sa chambre. Ce n’était certainement pas avec ses petites mains et sa force de bébé qu’elle y arriverait. Cependant, elle ne dit rien, attendant tout en restant sur le qui-vive au cas où la petite tombait ou risquait de se faire mal. Si bien que, lorsqu’elle retomba à terre, Vanessa avait instinctivement esquissé un mouvement pour la prendre dans ses bras… Avant de la voir se tourner vers elle, sans la moindre trace de larme dans les yeux. Elle accourait vers elle, s’accrochant à nouveau à son chemisier. Réprimant son envie de lâcher un « Oooooh » avec de gros efforts, Vanessa regarda sa cousine, attendant qu’elle dise quelque chose – ce qu’elle allait faire, vu sa tête.

Elvira – Tu peux pas ranger le sac par magie, comme dans les contes de fées ?

Comme… dans les contes de fées ? Réfléchissant, Vanessa jeta un rapide coup d’œil au sac et à l’appartement pour calculer le temps que cela prendrait. Bon, a priori, une vingtaine de minutes suffisaient. Peut-être une demi-heure, donc ça irait. Son regard se posa ensuite sur une cuillère en bois, faisant germer une idée dans son esprit. Au moins, cela amuserait sa cousine et rendrait ce déménagement moins cruel. Ou apaiserait la tristesse, peut-être. Tournant la tête vers Elvira, Vanessa lui confia, comme si c’était un secret de la plus haute importance :

Vanessa – Tu m’as démasquée… Et tu n’es pas ici depuis une heure ! Bravo, tu es très intelligente. Oui, j’ai une baguette… Mais il faut que tu le gardes pour toi, d’accord ? Ce sera notre petit secret. A toutes les deux.

Vanessa esquissa un sourire en se relevant, attrapant la cuillère en bois à l’envers en jetant un regard d’excuse à sa cousine :

Vanessa – Il fallait bien que je la cache… Et ils n’avaient plus d’autres baguettes aussi jolies que dans les contes. Tu sais quoi ? Tiens. Tu dois tenir la baguette bien droite, comme je l’ai tenue. Regarde, comme ça.

L’Espagnole tendit sa « baguette » à Elvira avec un grand sourire, la lui plaçant dans les mains. Elle positionna ses doigts correctement sur le bout de bois, la cuillère à l’envers, et lui expliqua à voix basse :

Vanessa – Alors, écoute-moi bien. Pour savoir l’utiliser, tu dois penser très, très fort à ce que tu veux faire et à ce que tu veux toucher. Ici, comme c’est la première fois, je vais t’aider et me mettre à côté du sac pour que ce soit moins lourd pour toi. Pour bouger les objets, tu diras simplement « Abracadabra ! » et ça fonctionnera. Si, si, je t’assure ! Et tu diriges la baguette vers l’endroit où les objets doivent être rangés. On va essayer !

Vanessa se redressa et vint se placer derrière les sacs, prête à prendre l’objet que désignerait Elvira à l’aide de la cuillère. Bien sûr, elle ne tricherait pas et comptait bien exécuter les gestes qu’elle imposerait, même si les objets devaient se retrouver à une place… bizarre. Elle lui dirait gentiment, mais seulement après coup. La priorité de Vanessa, pour l’instant, était de distraire sa petite cousine et de la faire rire, sourire, s’amuser. De s’occuper d’elle comme ses parents n’ont jamais semblé le faire. Vanessa ajouta avec un sourire complice :

Vanessa – N’aie pas peur, je ne vais pas te gronder, alors amuse-toi.


[HJ : Même chose, ici, si tu as besoin de réacs, dis-le :p]
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Ven 15 Aoû 2014 - 11:58

- Tu m’as démasquée… Et tu n’es pas ici depuis une heure ! Bravo, tu es très intelligente. Oui, j’ai une baguette… Mais il faut que tu le gardes pour toi, d’accord ? Ce sera notre petit secret. A toutes les deux.

Les yeux de la petite brillèrent aussitôt d'étoiles. Alors elle avait une baguette ? C'était une fée ? une vraie ? Sa cousine était une fééée ! Elvira pencha la tête mais elle n'avait pas d'ailes dans le dos, de grandes ailes fines et blanches, pour voler. Oh, dommage. Mais si elle pouvait faire de la magie, c'était génial alors ! Les fées, elles étaient toujours belles et gentilles, avec plein  pouvoir, elles volaient, elles faisaient plein de truc avec des étincelles et des jolies couleurs. Elle attrapa une cuillère en bois et la lui présenta. La petite fit une moue déçue. C'était pas une baguette, ça, c'était une cuillère ! pourquoi ça ressemblait pas à une baguette ? Un grand morceau de bois tout long avec une étoile dorée au bout qui crache des étincelles, comme dans Cendrillon ou dans la Belle au bois dormant ! Mais elle ne dit rien en observant sa cousine.

- Il fallait bien que je la cache… Et ils n’avaient plus d’autres baguettes aussi jolies que dans les contes. Tu sais quoi ? Tiens. Tu dois tenir la baguette bien droite, comme je l’ai tenue. Regarde, comme ça.

Elle l'aida à tenir la baguette, et l'excitation revint. Alors on pouvait acheter des baguettes, c'était ça ? Comment on apprenait la magie ? C'était long ? Essa avait eu un bon professeur ? Sa marraine était une fée aussi, elle lui avait tout appris ? Alors, Essa pouvait se transformer en fée ? Avec des ailes de libellule, une robe brillante à paillettes, une couronne, et les pieds nus en volant, avec plein de lumière et de couleurs autour d'elle ! Les fées étaient toujours dans les dessins animés, qu'elle regardait le soir après son biberon, avant de dormir. Elles volaient dans les arbres, et des méchants insectes voulaient les attaquer. Mais les fées, elles lui envoyaient de la magie, et les insectes partaient. Puis il y avait une fête, et la reine des fées lançait un sort pour mettre une pluie de fleurs, c'était beau, et il y avait de la musique en plus.

- Alors, écoute-moi bien. Pour savoir l’utiliser, tu dois penser très, très fort à ce que tu veux faire et à ce que tu veux toucher. Ici, comme c’est la première fois, je vais t’aider et me mettre à côté du sac pour que ce soit moins lourd pour toi. Pour bouger les objets, tu diras simplement « Abracadabra ! » et ça fonctionnera. Si, si, je t’assure ! Et tu diriges la baguette vers l’endroit où les objets doivent être rangés. On va essayer !

Ouii, elle allait faire de la magie aussi ! De la vraie ! Comme Essa elle faisait ! Toute excitée, elle trépigna sur place en pointant sa baguette sur le sac. Essa souriait, et lui disait de s'amuser, de ne pas avoir peur. Toute frétillante, Elvira ferma les yeux pour imaginer le sac voler vers la chambre, là où on avait déposé le grand paquet bleue où était son lit. Puis elle lança la formule magique d'un ton convaincu, levant la baguette. Elle le dirigea vers la chambre, excitée au plus haut point, et très contente. Le sac il volait ! Essa était juste derrière à le guider, mais il volait ! Elle baissa la baguette pour qu'il reste par terre puis courut contre lui, récupérant Fabrice qui était tombée.

- Regarde Fabrice ! Le sac il a volé, c'est de la magie ! Et Essa, c'est une fée, à la télé il y en a plein, et il y en aussi en vrai, tu vois ?

Pas du tout perturbée par le fait d'adresser la parole à une peluche, elle continua de "ranger" les affaires en les faisant d'abord voler un peu partout, les yeux fermés, et tout sourire. Quand tout eut bougé, elle baissa le bras, l'autre tenant sa peluche contre son cœur. Tout n'était pas à la bonne place, mais c'était bien. Ses yeux papillonnent, elle était fatiguée par le voyage, encore. Posant la baguette, elle alla vers sa cousine, et tira sur sa chemise jusqu'à ce qu'elle la prenne dans ses bras. Une fois contre elle, elle nicha son nez dans son cou, une main serrant Fabrice, l'autre crispée sur la chemise de Essa, puis ferma les yeux, son ventre gargouillant légèrement.

- Faim, couina-t-elle.

Elle ferma les yeux, s'endormant à moitié.
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Sam 23 Aoû 2014 - 17:20

Le sourire d’Elvira suffisait à dissiper la colère et l’amertume que ressentait Vanessa. Attention, elle ne comprenait toujours pas qu’on puisse abandonner une fillette de cet âge, si mignonne, adorable, si intelligente. Peut-être était-elle comme tout enfant de son âge, mais l’Espagnole s’en fichait éperdument. Elle était adorable, à faire fondre un cœur de pierre, alors il était hors de question qu’elle la laisse comme ses parents irresponsables l’avaient fait. Ils n’en voulaient pas « le temps de tout arranger » ? Très bien. Parfait. Vanessa s’en occuperait, ne laisserait sûrement pas sa cousine toute seule et l’éduquerait… Du moins, elle essaierait, parce qu’elle n’y connaissait strictement rien. Mais peut-être Leah en savait-elle plus ? Après tout, elle vivait avec pas mal de gens à la Push, donc elle pourrait peut-être lui demander un coup de main, non ?

Enfouissant les détails dans un recoin de sa mémoire, Vanessa reporta sa concentration sur Elvira qui venait de saisir la « baguette » d’un air extrêmement concentré. Bon, au boulot ! Ignorant la maladie qui l’épuisait, l’étudiante faisait attention aux indications de sa petite cousine en conduisant le sac là où elle le voulait. Bien sûr, elle faisait semblant de le lâcher ou d’avoir plus de mal à le faire bouger de temps en temps, histoire de renforcer l’idée de magie, de « j’ai la baguette, c’est moi qui fais tout ça ». Une fois le sac déposé, alors qu’il restait plein de choses à ranger, Elvira se précipita derrière Vanessa. Eh bah ? Ah… Sa peluche.

Elvira – Regarde Fabrice ! Le sac il a volé, c'est de la magie ! Et Essa, c'est une fée, à la télé il y en a plein, et il y en aussi en vrai, tu vois ?

Vanessa fit un sourire attendri en entendant ces paroles, fondant un peu plus en entendant sa cousine l’appeler « Essa ». C’était bizarre, personne ne l’avait jamais appelée comme cela, mais elle s’y ferait. Elle resta un moment sans rien dire, à regarder Elvira avec un sourire doux aux lèvres. Oui, elle s’en occuperait et empêcherait que quelque chose lui arrive. Elle en faisait le serment. A peine eut-elle formulé cette promesse silencieuse que la principale concernée leva à nouveau la baguette improvisée tout en tenant sa peluche dans ses bras. Elle les rangeait un peu n’importe où, mais c’était amusant, mignon. Et puis, Vanessa rangerait tous les objets mal rangés lorsqu’Elvira dormirait, l’objectif premier étant de lui changer les idées et de l’amuser, rien d’autre.

Enfin, tout était rangé. Ou presque. Vanessa contempla un moment l’appartement « rangé » alors que sa cousine se rapprochait d’elle en ayant laissé la baguette derrière elle. Ohoh. La moue qu’elle faisait montrait clairement qu’elle était fatiguée, vidée, épuisée. Sentant ses mains tirer sur son chemisier, Vanessa s’abaissa pour la prendre dans ses bras, surprise par son poids léger. Elle n’avait jamais tenu d’enfant, avant, alors c’est un peu surprenant, comprenez-là. Seulement, la réaction de sa petite cousine qui venait d’enfouir son visage dans son cou étonna davantage que son poids. Vanessa n’était pas habituée à de tels gestes et ignorait ce qu’elle devait faire… La mettre au lit ? Et heu, il fallait la changer avant ? Ses yeux se fermaient tout seuls, alors que devait faire l’Espagnole pour changer sa cousine sans la réveiller ou provoquer ses pleurs ? Un léger gargouillement se fit entendre du petit estomac d’Elvira, interrompant les réflexions de Vanessa.

Elvira – Faim, couina-t-elle.

Vanessa – Faim ? Tu as faim ? Heu…

Question inutile, bien sûr, mais Vanessa s’était plutôt attendue à un « Dodo » ou « Fatiguée » ou quelque chose du genre. Gardant sa cousine dans ses bras, elle chercha des yeux le sac qui contenait les biberons et tout ce qu’il fallait pour nourrir Elvira. Heureusement, ses parents avaient au moins pensé à ça… Mais ils n’avaient pas pensé à donner des instructions ! Comment on faisait, déjà ? Regardant successivement les biberons et le lait qu’ils avaient donné, lisant les instructions en espagnol, Vanessa se sentait de plus en plus idiote à chaque ligne. C’était du chinois, elle n’y comprenait rien ! Jetant un regard désespéré à sa cousine qui ne devait pas comprendre grand-chose, la jeune femme décida de suivre simplement ce qu’ils disaient en improvisant à moitié. Ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas paniquer. Au pire, que pouvait faire Elvira ? Elle n’allait pas pleurer, si ? Faisant une grimace en émettant cette hypothèse, Vanessa continua de préparer le biberon, réchauffa comme indiqué et… Hein ?

Vanessa – En verser sur son poignet ? Mais c’est toi qui dois boire, pas mon poignet…

Après cette remarque très intelligente, plus pour elle-même que pour sa cousine, Vanessa lança un regard plein d’incompréhension à Elvira mais s’exécuta sans savoir ce que signifiait vraiment le « trop chaud ». Bon, elle avait une vague idée, mais de là à savoir si c’était bon ou pas… En tout cas, pour son poignet, ce n’était pas chaud. Le donnant avec une certaine appréhension à la petite, Vanessa ajouta :

Vanessa – Désolée si ce n’est pas très… Si ce n’est pas aussi bon que le biberon de ta maman. J’apprends comme toi… Attends.

Vanessa déplia la chaise haute que les parents d’Elvira lui avaient donnée et y déposa sa cousine, la tournant vers l’endroit où elle-même se placerait dans quelques minutes, le temps de tout préparer pour la nuit. L’occuper pour rattraper son retard et pouvoir la coucher après, en somme.

Vanessa – Tu veux bien rester ici le temps que j’installe ton lit ? Il doit y avoir des draps propres, là-dedans… Mais je dois chercher. Et heu… Si le biberon est trop chaud, dis-le-moi, je suis juste là, à côté de toi.
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Maître du Hasard

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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Dim 7 Sep 2014 - 15:09

Intervention du Maître du Hasard

Alors que la petite boit et que Vanessa se met à ranger, une très grand bruit se fait d'un coup entendre. Puis des hurlements résonnent, avec des imprécations. Puis des voisins crient qu'il faut sortir de vitesse, le feu a pris et se propage dans tous les appartements.


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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Mar 9 Sep 2014 - 20:01

- Faim ? Tu as faim ? Heu…

Ouiii ! Faim ! Elle avait faim, elle voulait manger, et comme tout bébé qui se respecte, la crise n'était jamais loin lorsque les grandes personnes ne leur donnait pas assez vite à manger. Elvira pleurait beaucoup pour ça, chez papa et maman, car ils criaient beaucoup et ne lui donnaient pas son biberon. Aussi la petit fut-elle tout à fait contrariée lorsque Essa se pencha vers les sacs, en la gardant dans ses bras. Elle voulait son biberon, pas ranger encore ! Faim, estomac qui fait mal, pleurs pas très loin, besoin du biberon, besoin de lait, besoin de manger. Elle se mit à renifler, d'abord doucement, puis de plus en plus fort, une main accrochée à Essa, l'autre sur Fabrice. Faiiim ! Puis elle vit la boîte toute blanche où il y avait de la poudre que maman mettait dans l'eau et ça faisait du lait, ce qui avait persuadé ainsi Elvira que le lait, c'était d'abord de la poudre. Elle s'agita dans les bras de Essa, impatiente, jetant des regards désespérés vers le biberon. Faim ! Faim, veux biberon, soif, sommeil... Elle essuya ses yeux, battant des pieds dans le vide. Veux biberon...

- En verser sur son poignet ? Mais c’est toi qui dois boire, pas mon poignet…

Elle allait pleurer. Dans une minute. Pleurer ou crier. Ou les deux à la fois. A la maison, chez papa et maman, elle devait toujours pleurer très fort avant qu'on lui donne à manger. Mais Essa lui tendit enfin le biberon tant convoité, et elle l'attrapa aussitôt, portant la tétine à ses lèvres sans plus attendre un seul instant.

- Désolée si ce n’est pas très… Si ce n’est pas aussi bon que le biberon de ta maman. J’apprends comme toi… Attends.

Lait. Biberon, chaud. Elle ferma les yeux de satisfaction, toute envie de pleurer ou hurler disparue en un seul instant, comme par magie. Elle ne réagit pas non plus quand Essa l'installa dans une chaise haute, toute contente de sucer la tétine, pour faire couleur le lait dans sa bouche. C'était bon, et ça calmait la faim. Elle téta comme un petit chat, les jambes un peu ramenées vers elle, comme si elle se blottissait dans les bras de maman.  C'était un geste de "protection", même si elle n'en avait pas conscience. Sa maman ne la prenait plus jamais dans ses bras, bien au chaud contre elle, quand Elvira buvait son biberon, et cela lui manquait cruellement. Elle cherchait par instinct le cocon maternel, la chaleur d'un autre corps contre le sien, qui la protégerait.

- Tu veux bien rester ici le temps que j’installe ton lit ? Il doit y avoir des draps propres, là-dedans… Mais je dois chercher. Et heu… Si le biberon est trop chaud, dis-le-moi, je suis juste là, à côté de toi.

La petite ne répondit pas à Essa, bien trop occupée à téter son biberon. Ses yeux se fermaient déjà tous seuls, elle était en parfait contentement, blotti dans l'univers tout rose et chaud des tous-petits, avec des besoins si simples. Dormir, rêver, boire du lait, se blottir contre quelqu'un. Il y eut tout à coup plein de bruit, mais Elvira continua de boire. Elle ne craignait rien, ici, car sa cousine, c'était une vraie fée d'abord ! Alors il ne pouvait pas y avoir de mal ! Mais il y eut d'un coup pleins de voix de pleins de gens, qui hurlaient comme papa et maman. Soudain effrayée, car cela lui rappelait ses cauchemars, elle voulut se boucher les oreilles, lâchant son biberon, puis ne comprit plus rien lorsque Essa la souleva d'un coup en vitesse. Elle cria en ne pouvant attraper Fabrice au passage, pleurant aussitôt, mais Essa lui redonna très vite.

- 'a'bice.

Elle serra sa peluche, alors que sa cousine l'emportait en courant, avec plein d'autres gens qui criaient et couraient partout. Effrayée, elle cria à son tour, puis éclata en longs sanglots alors qu'ils allaient tous dehors. Ça y est, les grandes personnes hurlaient encore, donc elle allait être toute seule ! Elle pleura de plus en plus fort dans les bras d'Essa, alors que la nuit tombait aussi, elle avait peur.
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Jeu 18 Sep 2014 - 19:02

Vanessa resta un moment le regard fixé sur sa cousine, joignant les mains en priant pour qu’elle ne se mette pas à crier parce que c’était trop chaud, immonde, ou trop froid. Mais les gorgées se succédèrent les unes aux autres dans le plus grand silence. Parfait. Pour une première fois, c’était pas trop mal ! S’essuyant le front avec une vague de fatigue menaçant de l’engloutir toute entière, l’Espagnole se dirigea vers les sacs pour ranger ce qui restait. Après, une bonne nuit de sommeil bien mérité l’accueillerait à bras ouverts. Enfin… C’était sans compter le bruit d’explosion qui suivit. Et les hurlements. Et les « au feu ». Et les pas pressés dans les couloirs, dans le plafond, les cris de plus en plus forts, les pleurs et la panique se répandant à travers tous les étages.

Ni une ni deux, Vanessa attrapa son sac et tout ce qu’elle pouvait attraper d’utile pour le fourrer dans son sac à dos devant le regard momentanément rêveur de sa cousine. Elle n’avait pas compris… Mais tant pis pour le ménagement, tant pis pour la fatigue, la jeune étudiante n’avait plus le choix. Allant plus vite sous le coup de la peur, de l’adrénaline, de la surprise, l’Espagnole saisit sa cousine pour la porter comme elle le pouvait sans oublier la peluche. Ne pas céder à la panique. Elle avait déjà connu une situation similaire. Elle avait déjà tout perdu, avec ses parents. Par la force des choses, elle avait appris immédiatement à sélectionner ce qu’elle devait emporter lors d’un incendie, gardant le plus important à portée de mains.

Fort heureusement, les deux Espagnoles purent sortir du bâtiment avec un gros baluchon, son sac et deux ou trois trucs pour Elvira que Vanessa avait pu saisir au passage en sortant. Bon, elles allaient bien, elles étaient vivantes, tout était bon. La jeune étudiante rejoignit les autres locataires, regardant le bâtiment brûler et se consumer petit à petit. Inconsciemment, elle berçait du mieux qu’elle pouvait sa cousine pour la rassurer, la calmer, lui répétant inlassablement que c’était fini et qu’elle ne l’abandonnerait pas, qu’elles restaient toutes les deux. Un incendie. Tout était dévasté. Tous ses vêtements brûlés. Ses sacs représentant une masse assez lourde à cause de la fatigue et des choses prises à la hâte, Vanessa s’arracha à la vision d’horreur de l’appartement pour se diriger vers sa voiture. Poser Elvira, la rassurer, la faire dormir.

Ouvrant la portière de la voiture tant bien que mal, Vanessa installa sa cousine avec une migraine lancinante puis alla s’installer à la place du conducteur après avoir déposé ses sacs. A présent que le choc de l’incendie et la peur étaient passés, tout redevenait clair et la situation se révélait alarmante. Elle ne possédait plus que ce qu’elle avait pu emporter, même si ce n’était pas rien, avait sa cousine à charge et n’avait plus d’endroit où dormir. Elle était touchée par cette fichue maladie et ne savait plus quoi faire. Sans oublier les pleurs d’Elvira qui ne faisaient rien pour l’apaiser… Une seule solution. Mais d’abord, sa cousine. Se tournant vers elle, Vanessa essaya d’afficher un sourire pour lui dire d’une voix douce :

Vanessa – Je suis là, c’est fini. Ma puce, nous allons dormir chez une de mes amies. Je ne vais pas t’abandonner, je te le promets. Je resterai près de toi, comme Fabrice. Essaie de dormir, d’accord ? Je vais monter la garde pour éloigner les monstres, si tu as peur, ne t’inquiètes pas !

Ce ne fut que lorsque sa cousine sembla calmée – ou trop fatiguée ? – que Vanessa attrapa son téléphone pour écrire un message à la hâte en veillant à ne pas parler espagnol par mégarde. Le destinataire ? Leah. La garde forestière était la seule véritable amie que la jeune étudiante connaissait, dans les environs. Et elle ne voyait nulle part où aller… Il lui fallait un endroit où dormir, un endroit correct pour héberger sa cousine. Si cela ne tenait qu’à elle, dormir dans sa voiture ne la gênerait même pas. Cependant, ici, elle avait une petite fille de un an avec elle. Vanessa ne s’inquiétait pas du coût de toutes les affaires de sa cousine, comptant bien demander de l’argent aux parents de la petite, mais c’était à elle de lui fournir un nouveau logement.

S’arrêtant très régulièrement pour faire des pauses, des siestes, ou encore répondre à Leah, Vanessa arriva bien plus tard que prévu à la Push. La maladie ayant beaucoup ralenti sa course, la fatigue et les crises de panique ou de larmes également, la jeune Espagnole était épuisée, vidée, lorsqu’elle atteignit enfin la ville encore endormie. Le chemin avait semblé durer une éternité. La route était calme, monotone, rien ne venait entraver la conduite régulière mais cela n’aidait pas. C’était trop d’un coup, et Vanessa savait que la fatigue menaçait de reprendre le dessus bien assez vite. Aussi, un immense soulagement s’empara d’elle à la vue de la maison de Leah. Lui envoyant un message pour lui signaler sa présence afin d’éviter de réveiller les personnes présentes, la jeune étudiante patienta dans la voiture jusqu’à l’apparition de son amie. Lançant un regard à sa cousine, elle ouvrit sa portière sans la quitter des yeux et alla saluer Leah.

Vanessa – Je suis désolée, je… Je ne savais plus quoi faire. J’aurais peut-être dû t’appeler, ou attendre plus de réponses, ou te prévenir avant de me décider mais… S’il faut, je vais dans un hôtel. C’est juste pour ma cousine, elle n’a qu’un an et je…

Mais Vanessa n’eut pas le temps de terminer sa phrase, des pleurs provenant soudainement de la voiture. Ah non ! Du caaaalme. Juste quelques minutes, pas plus. Un peu de repos. Pitié, juste un peu. En plus, Elvira risquait de réveiller toute la Push, tout le voisinage. Pour l’arrivée discrète, c’était loupé… Donc, elle arrivait presque à l’aube, plus ou moins sans prévenir, avec un bébé de un an qui pleurait, elle-même était malade, et elle venait demander asile sans savoir si c’était possible. Ca faisait un peu beaucoup, là. Par réflexe, la jeune Espagnole avait accouru vers sa voiture et prit Elvira dans ses bras en la consolant du mieux qu’elle pouvait, sans savoir comment s’y prendre. Heeeelp ! Elle ne savait plus quoi faire, là ! Lançant un regard mêlant excuse, désespoir, fatigue et supplication Vanessa rajouta :

Vanessa – Désolée ! Lo siento, pardon, je ne sais pas quoi faire ! Tu sais comment la calmer ou… Tu as déjà dû le faire ? Je ne sais pas comment m’y prendre, elle va réveiller tout le monde…

Vanessa tourna la tête vers Elvira, la berçant, lui murmurant des paroles douces sans savoir ce qu'elle voulait faire, lui demandant ce qu'elle voulait sans être convaincue que sa cousine comprenait ou entendait ce qu'elle disait. Pitiéééé ! De l'aide ! Elle lança un regard désespéré à Leah, lui montrant la petite qu'elle tenait toujours dans ses bras.
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Leah Clearwater
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Mer 24 Sep 2014 - 10:39

Ambiance, ambiance... Leah savait qu'elle aurait dû se contenter de grignoter un truc rapidement dans sa chambre, comme elle le faisait depuis des jours, pour ne pas imposer sa présence à sa famille. Ils n'avaient pas besoin de souffrir avec elle, après tout. Elle se jura de ne plus jamais céder, à l'avenir, à sa mère et à son nouveau beau-père. Elle adorait bien sûr Charlie, mais manger en famille, comme ça, le soir... Non, elle ne pouvait plus. Elle serait d'ailleurs repartie dès maintenant si elle n'avait pas peur de blesser Seth. Ils se parlaient bien moins, depuis que toute cette histoire avait commencé... Depuis le début de sa dépression, elle s'était isolée, n'adressant la personne aux autres que par force, évitant même son propre frère qu'elle n'arrivait plus à comprendre, car lui était heureux de pouvoir se transformer. Et savoir de qui elle s'était imprégnée n'arrangeait pas les choses... Elle en voulait pas que Sam, la meute, ou Seth s'en mêlent. Ils n'avaient pas besoin de se mettre en danger avec elle ! Tout serait tellement plus simple s'ils la chassaient de la meute...

Maman – Leah, tout le contenu de ton assiette va finir par être gelé si tu ne manges pas plus vite.

La Quileute ne releva même pas. Elle tenait également s amère à l'écart, pour son propre bien. Elle était enceinte de Charlie, et il était inutile de lui donner des soucis supplémentaires, comme il était inutile de lui dire que sa fille s'était imprégnée d'un vampire. Et pas n'importe lequel... Elle regarda alternativement sa mère qui touillait la salade, en bavardant avec un Charlie qui avait lui repris des couleurs récemment, puis son petit frère, qui suivait les informations à la télé. On y parlait de la pandémie, qui se répandait dans le monde. La Push était encore relativement épargnée, grâce à l'air sain et au mode de vie des habitants, mais ça n'allait pas durer. Ses pensées s'égarèrent de nouveau vers Arthur, et elle se demanda où il était, ce qu'il faisait, s'il pensait à elle.

La meute ne devait plus se mêler de ça, c'était décidé. Si jamais cela déclenchait une guerre, elle sera seule à mourir, point final, il était hors de question que tout le monde soit impliqué dans une histoire qui ne concernait qu'elle ! Peu importe le temps que ça prendra, elle pouvait tenir, et se débrouiller. Si elle parvenait à contacter les Volturi, ou si eux la contactait, elle n'en parlera à personne, et s'en arrangera. Ainsi, si cela se déroulait mal, elle ne donnera aucune raison à ce clan de s'en prendre à sa famille ou à ses amis. Se levant de table, à la fin du repas, elle rangea avec son frère lorsque son portable vibra, lui arrachant un soupir. Ça, c'était encore Sam qui voulait lui demander si elle avait mangé et si elle était sûre de ne pas vouloir retourner un peu avec eux tous pour "se changer les idées". Sauf que ce n'était pas lui. Pas du tout.

Leah – Dites... Il y a eu un petit problème...

Dix minutes plus tard, elle était dans sa chambre à préparer l'arrivée de sa nouvelle amie et de sa cousine. Voilà qui commençait bien. Mais quel âge avait la gamine, au fait ? Leah n'avait pas pensé à demander, mais bon. Il y avait des tas de gamins à la Push, une enfant ou une adolescente trouvera de quoi s'amuser ici, ce n'était pas un problème. Leah s'allongea à son tour, regardant le plafond. Elle aurait déjà dû emménager chez elle, mais avec tout ce qui s'était passé, elle n'avait toujours pas terminé son dossier, ni louer son appartement. Elle finit par s'endormir, plongeant dans un sommeil agité, peuplé de rêves où elle voyait un homme très pâle aux yeux rouges, tendre une main qu'elle ne pouvait saisir.

Ce fut son portable qui la réveilla. Elle se réveilla avec difficulté, encore toute habillée et chaussée. Vanessa avait dû arriver. Leah se leva, se frottant les yeux, jetant un œil à son réveil. Il était plus près de l'aube que du début de la nuit. Il ne fallait pas que trois heures, pour venir de Seattle jusqu'ici ? Elle sortit de sa chambre en veillant à ne pas faire de bruit, et sortit en enfilant un pull bien chaud, bénissant le fait qu'il ne neigeait pas. Vanessa sortit de sa voiture en la voyant, visiblement épuisée et inquiète.

Vanessa – Je suis désolée, je… Je ne savais plus quoi faire. J’aurais peut-être dû t’appeler, ou attendre plus de réponses, ou te prévenir avant de me décider mais… S’il faut, je vais dans un hôtel. C’est juste pour ma cousine, elle n’a qu’un an et je…

Un an ?! Quoi, c'est tout ? Des pleurs montèrent tout à coup de la voiture, et Vanessa s'y précipita pour sortir le bébé et essayer de la calmer. Bon, Leah avait prévu un petit lit normal, pas un berceau, il faudra corriger ce détail... Un an. Bon, d'accord, ce n'était pas grave, ça ira, elle ne pouvait pas laisser son amie à la rue avec une petite fille aussi jeune ! C'était juste un bébé, enfin ! Une fillette, aussi blonde que Vanessa, qui serrait une peluche contre elle. Comment son amie avait-elle pu en arriver à garder une aussi jeune enfant ? Elle avait quoi, déjà... Vingt-quatre, ou vingt-cinq ans ? Et en pleines études, autrement dit, pas encore prête à accueillir et à s'occuper d'une fillette de cette âge. Une jeune ado aurait encore passé, mais un bébé... Non, là non. Et la petite pleurait, ayant sans doute déjà réveillée toute la Push.

Vanessa – Désolée ! Lo siento, pardon, je ne sais pas quoi faire ! Tu sais comment la calmer ou… Tu as déjà dû le faire ? Je ne sais pas comment m’y prendre, elle va réveiller tout le monde…

Pas "elle va" mais "elle a". Des lumières s'étaient déjà allumées dans les maisons aux alentours. Leah ignorait comment s'occuper d'un bébé, et elle agit donc par pur instinct. Réflexes de louve, sans aucun doute... Elle prit à son tour la petite dans ses bras et la cala contre elle, l'entourant avant de la bercer doucement. Elle avait sans doute juste peur, avait faim, était fatiguée, un mélange de toute cela. Elle était si petite... Un corps minuscule et chaud contre elle. Cela rappela cruellement à Leah qu'elle-même n'avait plus droit à ça, en aimant un vampire. Elle fit signe à Vanessa de rentrer, refermant la porte derrière elles. Elle tenait toujours la petite, comme elle aurait tenu un petit paquet précieux.

Leah – Ma mère et mon beau-père dorment dans la chambre du bas, au bout du couloir, là-bas, indiqua-t-elle dans un murmure. Et mon petiot frère dort là-haut, à côté de ma chambre.

Redressant la petite, elle posa une main dans son dos, l'autre dans sa nuque pour la masser, comme elle avait vu Rachel et Paul le faire avec leur fils. Son propre corps devait être assez chaud pour créer un petit cocon pour le bébé, telle qu'elle la tenait dans le creux de ses bras. Elle demanda son nom à Vanessa, puis lui sourit, dissimulant sa fatigue. Avoir deux personnes bien normales en face d'elle était apaisant, malgré tout. Il n'y avait plus de loups ni de vampires, juste une femme et sa protégée, des amies, rien de plus.

Leah – Tu peux rester ici le temps que tu veux, ma famille ne fera pas de problèmes là-dessus. En journée, il y a peu de monde, Charlie travaille, et mon frère est souvent dehors. Viens, on va aller dormir.

Elle lui montra le chemin, tout en prenant garde à ne pas faire trop de bruit. Elle prêta un pyjama à son amie, même s'il devait être un peu grand pour elle, puis refit un lit plus accueillant pour Elvira, afin d'éviter qu'elle ne s'étouffe avec une couverture. Tout en préparant la chambre, elle songea rêveusement que si les règles étaient différentes, que si elle pouvait rejoindre Arthur dans son monde, la meute pourrait l'oublier, et elle pourrait vivre avec lui. Si elle pouvait être vampire plutôt que louve, pour vivre avec lui. Ni Sam ni personne ne se sentirait alors obligé de la protéger ou de l'aider. Ils ne se mettraient plus en danger pour elle si elle était une ennemie. Elle se recoucha, pensive, silencieuse durant un temps, puis tourna la tête vers son amie.

Leah – Comment ça se fait que c'est toi qui garde la petite ? chuchota-t-elle.
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Sam 11 Oct 2014 - 22:20

Les lumières s’étaient allumées un peu partout. Vanessa, paniquée, continuait à regarder désespérément Leah. Elle se sentait coupable mais ignorait ce qu’elle devait faire, alors il était logique qu’elle ait d’abord pensé à son amie… Non ? Par chance, Leah ne semblait pas lui en vouloir. Du moins, dans l’immédiat, elle agissait en tant que mère, avec des gestes doux, comme si elle savait ce qu’il fallait faire depuis toujours. Trop épuisée pour lui demander davantage d’explications, Vanessa se contenta de la suivre avec un sourire attendri. Elvira, lovée comme cela dans les bras de Leah… Peut-être était-ce dû à la fatigue, mais l’Espagnole aurait pu fondre sur place sans aucun souci.

Leah – Ma mère et mon beau-père dorment dans la chambre du bas, au bout du couloir, là-bas, indiqua-t-elle dans un murmure. Et mon petit frère dort là-haut, à côté de ma chambre.

Vanessa jeta un coup d’œil à l’intérieur, trouvant l’endroit très accueillant et bien plus grand que son modeste appartement à Seattle. Ou encore celui de Paris. Vivre dans une maison, dans une famille, était étrange après avoir passé des mois à vivre seule, loin de sa propre famille… Oh, Vanessa ne regrettait pas d’être partie, mais ses parents lui manquaient. Rien que pour certains gestes, comme ceux qu’effectuait actuellement Leah avec Elvira. Elle ne croyait pas trop à « l’instinct maternel », convaincue que l’on apprend en regardant mais n’ayant jamais pu réellement apprendre elle-même. Elvira s’était calmée, apaisée par les bras de Leah apparemment, et rien que cela suffisait à calmer Vanessa qui réclamait du silence. Juste un peu. Ayant totalement oublié de présenter sa cousine par son prénom, elle le communiqua à son amie lorsque cette dernière le lui demanda. Oui, bon, oups, la fatigue jouait beaucoup et comptait, elle avait une excuse !

Leah – Tu peux rester ici le temps que tu veux, ma famille ne fera pas de problèmes là-dessus. En journée, il y a peu de monde, Charlie travaille, et mon frère est souvent dehors. Viens, on va aller dormir.

Montant les escaliers derrière son amie, Vanessa fit attention à ne pas renverser quelque chose, buter contre un objet, jetant de fréquents coups d’œil par terre juste au cas où. Elle arrivait déjà trop tard, ou tôt selon les points de vue, inutile de réveiller toute la maison alors qu’elle demandait de l’aide… Pour l’instant, son seul souhait, son désir le plus cher était de se laisser tomber dans un lit ou sur un matelas pour dormir. Même dormir à même le sol lui conviendrait… Elle voulait seulement se reposer et oublier cette journée ô combien désastreuse. Comment ferait-elle pour s’occuper d’Elvira, pour suivre ses cours, pour travailler ? Elle avait tout perdu, se retrouvait à trois heures de route de chez elle, et ce, sur un coup de tête à cause d’un maudit incendie. Encore un incendie qui détruisait tout…

Enfilant le pyjama prêté par Leah, Vanessa resta silencieuse en regardant sa « sauveuse » s’occuper d’Elvira et préparer la chambre. Heum… Peut-être aurait-elle dû lui dire quel âge elle avait plus tôt. Mais sur le coup, elle n’y avait pas pensé. Sa principale préoccupation avait été de sortir, d’emporter tout ce qu’elle pouvait au passage, et de se sauver. Tout avait brûlé, à présent… Fini. Cela faisait deux fois de suite que les flammes réduisaient tout en cendres, l’obligeant à changer de vie, à tout abandonner. Sur l’instant, la jeune femme avait été plus préoccupée par la survie de sa cousine et ne s’était pas laissée submergée, mais à présent… Tout revenait en bloc. Respirant profondément, Vanessa se glissa dans le lit que lui avait préparé Leah et resta silencieuse, essayant de trouver le sommeil. Mais dès qu’elle fermait les yeux, des cris fantômes se faisaient entendre.

Leah – Comment ça se fait que c'est toi qui garde la petite ? chuchota-t-elle.

Vanessa rouvrit les yeux, bénissant l’intervention de Leah au plus haut point, l’envie de dormir surplombée par le contrecoup de l’incendie. Bon, le sujet n’était pas réjouissant, loin de là, mais c’était un sujet comme un autre. Et il valait mieux que Leah soit au courant de toute l’histoire vu qu’elle allait sans doute l’héberger un moment… Le lendemain, il faudrait aussi qu’elle se présente au reste de la famille, au moins par politesse. Elle s’en voulait de les avoir réveillés et de s’incruster comme cela… Poussant un soupir, la jeune Espagnole dit tout bas en levant les bras dans un geste désespéré avant de les laisser retomber sur le lit :

Vanessa – Ses parents ne savaient plus s’occuper d’elle. Ils sont tous les deux alcooliques. Et irresponsables. Ils m’ont dit que, si ça continuait, on allait la leur enlever et Elvira se serait retrouvée en orphelinat alors qu’elle n’y est pour rien. A cause de…

Vanessa s’interrompit, serrant les poings. Lorsqu’elle repensait à la manière dont ses parents l’avaient laissée, la déposant purement et simplement dans les bras de sa cousine sans lui expliquer quoi que ce soit, elle avait envie de vomir. Imaginer Elvira dans un orphelinat à un an, par sa faute, uniquement parce qu’elle n’avait pas envie de s’occuper d’elle… Non, Vanessa n’aurait pas pu. Elle avait été capable de s’occuper de son frère et sa sœur, alors pourquoi pas elle ? Qui plus est, ils avaient de l’argent et comptaient lui en envoyer très régulièrement. A ce propos, l’Espagnole ne manquerait pas de leur signaler l’incendie en leur demandant de l’argent pour racheter ce qu’il fallait, cela serait toujours moins d’argent pour boire.

Vanessa – Ils sont venus la déposer chez moi ce m… hier matin. Et sont repartis presque aussitôt, à peine dix minutes après à vrai dire. Ils ne sont même pas entrés dans mon appartement ! Ils vont m’envoyer de l’argent pour que je puisse m’occuper d’elle, donc je joue simplement le rôle de baby-sitter.

Elle tourna la tête vers Leah, détachant son regard du plafond qu’elle n’avait pas quitté des yeux depuis qu’elle s’était installée. Plus encore que le soir de leur rencontre, la garde forestière devait la trouver cinglée. Accepter une telle charge alors qu’elle était étudiante était fou… Et Vanessa le savait. Mais avait-elle vraiment eu le choix ? Elle reprit en chuchotant :

Vanessa – Je sais, tu dois me trouver complètement cinglée. Mais je ne pouvais pas la laisser… Si tu avais vu ses parents. Tu l’as tenue dans tes bras. Tu l’imagines dans un orphelinat, seule, perdue, avec la conviction que ses parents ne l’aiment pas suffisamment pour arrêter de boire et s’occuper d’elle ? Je ne pouvais pas… Je me suis occupée de mon frère et ma sœur, je peux m’occuper d’Elvira.

La seule différence était, qu’aujourd’hui, Vanessa s’occupait seule d’Elvira. Il n’y avait pas ses grands-parents pour l’aider, ou pour s’occuper tout court de la petite. Qui plus est, son frère et sa sœur étaient plus grands lorsque l’incendie a tout dévasté, la première fois. Sa cousine n’avait qu’un an… Refusant de se laisser démonter, en tout cas face à Leah, Vanessa rajouta avec un mince sourire fatigué :

Vanessa – Cet incendie change seulement un tout petit peu mes plans… Il faudra que je rachète tout le plus vite possible, j’ai tout perdu dans l’incendie. On a eu de la chance, Elvira n’a pas réalisé qu’elle n’a pas toutes ses affaires, mais je n’ose pas imaginer la crise quand elle se réveillera… D’ailleurs… Traite-moi de folle si tu veux, mais je ne sais pas m'occuper des bébés. Tu m’apprendras ce que tu sais ?
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Leah Clearwater
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Ven 7 Nov 2014 - 13:39

Son amie leva les bars vers le ciel, comme si désespérée qu'elle en pouvait plus qu'en appeler à l'aide de Dieu. Si elle pensait vraiment cela, elle pouvait s'en épargner la peine... Dieu avait abandonné cette terre depuis que les vampires, les loups-garous et les enfants de la lune s'y étaient installés. Il était parti en se laissant se débrouiller avec des natures qui les dépassait, des pouvoirs qu'ils ne pouvaient pas comprendre, des créatures si différentes qu'elles ne pouvaient pas vivre en paix, ensemble, sans s'entre-déchirer. Le diable gouvernait ce monde, et Leah, dans sa situation, était toute prête à vendre ce qui restait de son âme pour devenir une autre des ces créatures qui hantaient les cauchemars des enfants. Si Vanessa savait ce qu'elle était, qu'elle ressemblait aux monstres qui terrorisaient toujours le monde, elle la fuirait en emportant la petite avec elle sans plus tarder. Pire encore, si elle savait qu'être louve ne suffisait pas à Leah, qu'elle regrettait de ne pouvoir devenir une buveuse de sang... Le reste de la meute ignorait encore ce léger détail, elle ne s'était plus transformée depuis si longtemps.

Vanessa – Ses parents ne savaient plus s’occuper d’elle. Ils sont tous les deux alcooliques. Et irresponsables. Ils m’ont dit que, si ça continuait, on allait la leur enlever et Elvira se serait retrouvée en orphelinat alors qu’elle n’y est pour rien. A cause de…

Certaines personnes n'étaient vraiment pas faites pour avoir des enfants... Leah était toujours dégoûtée d'entendre ça, alors que d'autres n'arrivaient pas en avoir, malgré tous leurs efforts. Était-ce pourtant si compliqué ? Un enfant a des besoin très simples à combler, ne pense pas encore à l'amour, au pouvoir, à l'argent, ou à toutes les responsabilités que l'on pourrait lui confier. Chaleur, faim, sommeil, affection... C'était pourtant si simple. Leah referma les yeux, ramenant ses jambes contre elle sous la couverture, une main posée sur son ventre. Si elle avait un jour un enfant, elle voulait qu'il soit aussi celui d'Arthur. Elle désirait plus que tout le retrouver et se blottir dans ses bras, vivre avec lui, à n'importe quel prix. Sam serait sûrement effrayé ou effaré, en sachant ce qu'elle pensait, mais peu importe. La jeunesse éternelle ne l'inspirait pas, elle l'avait déjà, avec sa nature de louve, tant qu'elle ne se contrôlait pas. Mais l'idée de l'éternité passer près de celui qu'elle aimait ? De vivre en sachant que la mort ne les séparera pas, qu'elle n'aura pas à souffrir, un jour, devant une tombe, pleurant en attendant que son propre tour arrive. Elle s'imaginait, seule avec lui, à goûter enfin au bonheur qu'on lui avait refusé depuis que Sam l'avait quitté.

Vanessa – Ils sont venus la déposer chez moi ce m… hier matin. Et sont repartis presque aussitôt, à peine dix minutes après à vrai dire. Ils ne sont même pas entrés dans mon appartement ! Ils vont m’envoyer de l’argent pour que je puisse m’occuper d’elle, donc je joue simplement le rôle de baby-sitter.

Mais elle était humaine. Humaine, avec un enfant à protéger dans le creux des bras. A sa place, Leah n'aurait pas refusé non plus. Si elle avait eu le même genre d'existence que son amie, elle aurait accepté de prendre la petite, sans soucis ni difficulté. Mais il s'agissait là du privilège des humains, qui pouvaient vivre et s'aimer sans qu'une loi aussi vieille que le monde ne vienne les contraindre à se séparer, à causes d'espèces différentes. Jamais Leah ne s'était sentie aussi peu humaine qu'en cet instant. Elle brûlait toute entière d'un désir interdit, de bouleverser sa vie, sa nature, tout ce qu'elle avait connu. Travail, vie de famille, tranquillité dans un maison de la Push ou ailleurs, tant de désirs humains qui lui semblaient aussi inaccessibles qu'inutiles. Elle voulait courir des heures près d'Arthur, lui faire l'amour, partager sa vie, voir ce qu'il voyait, rêver près de lui. Elle ne voulait pas se contenter d'une vie humaine sans problème à la Push, à peine mouvementée par sa nature de louve. C'était un autre monde qui l'appelait à grands cris, un monde où elle voulait se jeter corps et âme, sans prendre le temps de réfléchir ou de regarder ce qu'avait été sa vie.

Vanessa – Je sais, tu dois me trouver complètement cinglée. Mais je ne pouvais pas la laisser… Si tu avais vu ses parents. Tu l’as tenue dans tes bras. Tu l’imagines dans un orphelinat, seule, perdue, avec la conviction que ses parents ne l’aiment pas suffisamment pour arrêter de boire et s’occuper d’elle ? Je ne pouvais pas… Je me suis occupée de mon frère et ma sœur, je peux m’occuper d’Elvira.

Leah rouvrit les yeux, souriant dans le noir, portant sa main à son cou. Elle comprenait Vanessa. Elle aussi suivait ses idées, ses principes, ses convictions. Humains, vampires et loups répondaient à des instincts contre lesquels on ne peut pas combattre. Mais la ressemblance s'arrêtait là. Vanessa était humaine, Elvira également, et Leah appartenait au surnaturel. Même si on lui offrait la chance d'être humaine, elle ne la saisirait pas, car elle avait peur qu'Arthur ne la laisse, ne l'abandonne sur le creux du chemin, la laissant être rattrapée par la vieillesse et la mort. Elle tourna la tête vers Vanessa, pensive et silencieuse. Elles ne pourront plus se revoir, à partir d'un certain temps. Chacune sa vie, et surtout chacune son monde. Son amie n'y survivrait pas, et de toute manière, avec sa cousine, elle avait déjà bien à faire. Elle avait le droit de s'endormir en paix, le soir, sans se préoccuper de toutes les créatures de cette terre.

Vanessa – Cet incendie change seulement un tout petit peu mes plans… Il faudra que je rachète tout le plus vite possible, j’ai tout perdu dans l’incendie. On a eu de la chance, Elvira n’a pas réalisé qu’elle n’a pas toutes ses affaires, mais je n’ose pas imaginer la crise quand elle se réveillera… D’ailleurs… Traite-moi de folle si tu veux, mais je ne sais pas m'occuper des bébés. Tu m’apprendras ce que tu sais ?

Leah se redressa à moitié, pour se retourner dans son lit et être face à son amie. Elle non plus ne savait pas comment s'occuper d'un enfant de cet âge. Elle avait juste suivit son instinct, ainsi que des gestes de sa mère sur son petit frère. Le noir, en cet instant, cachait ses traits creusés par la fatigue et la peine, et l'aidait à paraître plus humaine.

Leah – Je ne sais que deux ou trois trucs, tu devrais plutôt demander à ma mère. Elle en sait plus que moi, et elle attend un autre enfant, de mon beau-père. Je suis sûre qu'elle sera ravie de t'aider.

Sa voix avait légèrement tremblé à la faim, alors que son corps la brûlait de plus en plus intensément. Devoir rester ici était une torture permanente, pour elle. Elle voudrait se jeter au-dehors, courir, filer vers l'océan, s'envoler pour l'Italie. Disparaître pour toute la Push, que tout le monde l'oublie, qu'elle parte vivre comme elle le voulait depuis si longtemps. Elle n'était d'aucune utilité ici. Ils se passeront bien d'elle, l'effaceront de leur mémoire. C'était son seul et unique désir, partir au loin, en abandonnant tout le reste. Adieu, une bonne fois pour toute.

Leah – Et je comprend que tu la gardes, rajouta-t-elle en se rallongeant. Je ferais la même chose, si j'étais à ta place. Il arrive des moments où on doit agir, sans s'occuper de ce pensent les autres... Tu pourras faire une bonne mère... Avoir une vie... normale... Tu verras...

Les larmes recommençaient à couler sur ses joues, des larmes de tristesse, d'impatience, de douleur et de désir. Désir de partir, s'enfuir, changer de nature et de vie. Curieusement, aujourd'hui, elle comprenait Bella, qui avait tout abandonné pour suivre le Cullen, même si, elle, n'avait pas été poussée par l'imprégnation. Elle sourit, refermant les yeux.

Leah – Quand tu te seras reposée, tu pourras rencontrer quelques personnes d'ici... Ils ne sont pas si mal installés... Que comptes-tu faire ? Pour retrouver un logement, pour tes études ?
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MessageSujet: Re: Déménagement qui ne passe pas   Dim 16 Nov 2014 - 15:14

Leah – Je ne sais que deux ou trois trucs, tu devrais plutôt demander à ma mère. Elle en sait plus que moi, et elle attend un autre enfant, de mon beau-père. Je suis sûre qu'elle sera ravie de t'aider.

Peut-être était-ce son imagination, mais Vanessa était persuadée d’avoir entendu la voix de Leah trembler. Elle ne l’avait pas appelée depuis un moment et les deux amies avaient convenu, d’un accord tacite, de ne pas parler de leurs soucis, de tout oublier lorsqu’elles se voyaient. Mais ici, l’Espagnole ne pouvait ignorer cette voix tremblante. Ou alors avait-elle rêvé ? Vanessa savait que Leah ne s’entendait pas très bien avec sa famille, qu’ils étaient en froid ou quelque chose du genre vu qu’elle l’avait croisée au bout d’une énième dispute. Une garde forestière qui s’exile à trois heures de route pour éviter sa famille, ça en dit long…

Leah – Et je comprends que tu la gardes, rajouta-t-elle en se rallongeant. Je ferais la même chose, si j'étais à ta place. Il arrive des moments où on doit agir, sans s'occuper de ce que pensent les autres... Tu pourras faire une bonne mère... Avoir une vie... normale... Tu verras...

Vanessa sourit dans le noir. Leah avait raison, et elle le savait depuis longtemps. Dès son adolescence, elle avait agi en son âme et conscience, sans plus s’occuper de ce que pensaient les autres. Elle avait tout « plaqué », en quelques sortes, pour suivre ce qu’elle pensait être juste. Elle se battait pour ce qui lui tenait à cœur, toujours à la recherche de la vérité, sans délaisser les personnes qui n’avaient pas spécialement les événements de leur côté.

Etre une bonne mère… Oui. Peut-être. Mettant ses mains derrière sa tête, Vanessa fixa le plafond, pensive. Oui, elle savait qu’elle en serait capable, mais elle aurait sincèrement préféré que les choses aillent un peu moins vite. Pour l’instant, l’étudiante était perdue et ne savait pas ce qu’elle ferait. Déjà, trouver un petit boulot pour pouvoir rassembler de l’argent, demander aux parents d’Elvira de lui envoyer de l’argent pour racheter ce qu’elle avait perdu, et… Ce serait déjà un bon début. Pour Elvira, il existait sûrement un endroit dans cette ville où elle pourrait rester pour jouer avec d’autres enfants. Non ?

Leah – Quand tu te seras reposée, tu pourras rencontrer quelques personnes d'ici... Ils ne sont pas si mal installés... Que comptes-tu faire ? Pour retrouver un logement, pour tes études ?

Ici encore, la voix de Leah avait des intonations étranges, ce qui frappa Vanessa avant toute autre chose. Que lui arrivait-il ? Si elle n’était pas bien, si quelque chose lui manquait, si elle avait besoin d’aide, elle ne devait pas hésiter ! Elles étaient amies, non ? Quoi que très différentes, Vanessa l’appréciait et ne la jugerait pas. Elle savait ce que cela faisait et était, elle-même, complètement isolée. Sans Leah, l’Espagnole ignorait ce qu’elle aurait fait cette nuit… Peut-être aurait-elle dormi dehors. Ou loué une chambre avec l’argent qu’elle avait encore sur son compte. Mais après ? Sans Leah, elle aurait été dans un sacré pétrin.

Oh, elle aurait sûrement réussi à s’en tirer… Elle avait toujours réussi à se dépêtrer, mais c’était sans Elvira. Seule, elle aurait dormi dans sa voiture durant des semaines s’il l’avait fallu. Mais avec sa cousine, si mignonne et innocente, qui n’avait pas eu de chance, elle ne le pouvait pas.

Vanessa – Prendre un petit boulot dans le coin, pour commencer, dit-elle dans un soupir. Je ne veux pas m’imposer chez toi, tu m’as déjà sauvé la mise cette nuit… Ensuite, je pourrai prendre une chambre, ou un appartement. N’importe quoi conviendra, du moment qu’Elvira a un endroit pour dormir. Mais je devrai trouver quelqu’un pour la garder, quelqu’un qui a des enfants assez jeunes pour qu’elle ne soit pas toute seule. Je ne veux pas qu’elle soit encore isolée, et faire de nouvelles connaissances lui sera bénéfique.

Vanessa s’interrompit, résistant à l’envie de plaquer une main sur sa bouche. Elle venait de parler comme une mère surprotectrice, là, non ? Faire de nouvelles connaissances lui sera bénéfique… Mais enfin, elle n’avait la garde d’Elvira que depuis quelques heures ! Elle changeait un peu, elle le savait, mais à ce point-là ? Bon, pas de panique, l’Espagnole n’allait pas changer du tout au tout non plus. Elle espérait simplement tenir assez longtemps dans cette ville sans ressentir l’envie de voyager, sortir, partir… Si ce que Leah avait dit était juste, elle le craignait. Et pour Elvira… La seule solution serait de garder les cours à Seattle, ça la poussera à sortir de la ville. Mais trois heures de route à chaque fois serait invivable.

Vanessa – Pour les cours, j’en sais rien. Je pensais suivre les cours par correspondance, mais d’après ce que tu m’as dit, cette ville est ennuyeuse. Et, je me connais, j’ai besoin de sortir, de bouger, même avec Elvira. Donc peut-être faire moitié-moitié, si je peux, je vais devoir me renseigner. Mais ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus maintenant…

Sur ces mots, Vanessa se redressa pour regarder la masse d’ombre formée par son amie. Elle ne savait pas comment lui dire, lui parler, lui prouver qu’elle resterait son amie malgré la distance et leurs différences. Elles s’entendaient bien, leur rencontre en elle-même était dû à un hasard incroyable, et elles se parlaient toujours. Leah l’avait aidée, l’aidait en cet instant précis, et Vanessa voulait qu’elle sache qu’elle n’était pas toute seule.

Vanessa – Ecoute, Leah… Je sais que ta famille t’aura sûrement harcelée à propos de tout ça, donc je ne vais pas le faire. Mais je suis pas aveugle, tu sais, ni sourde. Je sais que ça ne va pas… Et je ne veux pas que tu penses être toute seule. Que tu ne veuilles pas parler, je l’accepte, mais tu sais que je suis là ?

Vanessa fit une pause, ayant peur de parler ou de trop s’avancer. Elle ne voulait pas forcer Leah à parler, mais elle voulait l’aider, au moins à sa manière. Si la méthode n°1 ne marche pas, place à la méthode n°2 !

Vanessa – Je sais, on a dit qu’on oubliait tout lorsqu’on se voyait… Mais regarde-nous ! lâcha-t-elle en levant les bras. Tu n’es pas bien, moi je suis à la rue avec un enfant à charge, et je viens te réveiller à l’aube pour trouver refuge chez toi. Alors, maintenant que je t’ai réveillée, je peux au moins te prêter une oreille ou mon épaule.

Nouvelle pause, plus courte, durant laquelle Vanessa lança un bref regard circulaire dans la pénombre, comme si elle cherchait quelque chose.

Vanessa – Par contre, désolée, je crois que tous mes mouchoirs ont brûlé. Mais ! J’ai les couches d’Elvira qui les remplaceront si tu veux, on peut pleurer dessus et avoir de gros cernes demain, comme le lendemain de la première sortie qu’on a faite ensemble. Ce qu’Elvira ignore ne peut pas lui causer de tort, termina-t-elle avec un sourire.
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