Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 La réadaptation sera longue

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MessageSujet: La réadaptation sera longue   Sam 9 Aoû 2014 - 22:52

L'hôtel était très calme, pour autant qu'il le devine. Mais il était plus que perturbant de ne plus entendre quoi que ce soit, ou très peu. De ne plus voir les moindres détails, de ne plus capter tout ce qu'il aurait pu avant, d'être si... Si humain. Si faible. Si fragile. Il n'en revenait toujours pas, n'ayant toujours pas digéré le choc de cette nouvelle transformation. N'arrivant pas à y croire, à l'accepter, à le comprendre, à le digérer, somme toute. Allongé dans son lit, à l'hôtel, en pyjama, il se retourna doucement, posant la tête sur l'oreiller. Les sons et les sensations étaient si différents. Le toucher, les odeurs quasiment inaccessibles, tout était nouveau. C'était comme s'il était un nouveau-né, une fois de plus, redécouvrant tout.

Il entendit Sulpicia marcher dans la pièce d'à côté, mais ne comprit pas ce qu'elle disait au téléphone. C'était très perturbant, cela aussi. Il regarda le plafond, touchant doucement ses yeux. C'était peut-être cela qui l'avait le plus choqué, au final. Avoir de nouveau les yeux très bleus. Bleus comme un ciel d'été, bleus comme ils ne l'avaient plus jamais été depuis trois cent ans de vie. Bleus. Une couleur si normale, mais qui l'avait bouleversé. Reprendre ainsi le cours d'une vie perdue a de quoi faire pleurer. Il ne savait plus du tout où il en était. Une trace chaude coula sur ses joues, et il porta la main. Une larme. Il pleurait. Il pouvait vraiment pleurer. D'autres suivirent, et il renifla, en tâchant de ne pas réveiller Jane qui s'était enfin endormie. Elle paraissait encore plus jeune et vulnérable, ainsi, et il ne voulait pas la troubler, ou lui faire encore peur.

Elle devait dormir, même s'il mourrait d'envie d'aller se réfugier avec elle, dans son lit, comme lorsqu'ils étaient tous petits et que l'un faisait un cauchemar où avait peur. Sulpicia entra tout à coup dans la chambre et se jeta sur lui, le prenant dans ses bras en lui frottant le dos. Il s'accrocha timidement à elle, épuisé et affaibli.

Sulpicia - Ça va aller... Je sais, ce sont pas mal de changements d'un coup. Mais vous ne serez pas seuls, jamais. Nous vous aiderons autant que possible.

Il soupira et se laissa aller contre elle, ayant du mal à tenir droit. Il devrait cesser de pleurer, mais cela faisait tellement de bien ! C'était une source pour déstresser et décompresser. Cela calmait, apaisait. Intriguant, étrange, mais si bénéfique.

- Je vais bien, j'avais juste oublié... Je commençais à oublier ce qu'on nous avait pris.

A oublier ce que cela faisait de dormir et d'observer une personne aimée le faire. Oublier qu'on pouvait manger, mâcher des aliments, même s'il avait encore beaucoup de mal pour le moment. Oublier qu'on pouvait être las ou fatigué. Oublier la véritable couleur d'un regard, oublier qu'on pouvait y lire autre chose que de la colère et de la lassitude. Oublier que le temps ne faisait pas que traîner en longueur, qu'une journée pouvait paraître infiniment plus courte lorsqu'on n'avait plus l'éternité devant soi. Oublier que les yeux de sa sœur étaient si bleus, si pleins de joie et d'une innocence enfantine. Oublier qu'elle avait été si humaine, si fragile, et pourtant si forte, oublier qu'ils n'avaient été que des enfants.

Sulpicia - Si je pouvais changer quelque chose, je le ferais... Vous n'auriez pas dû vivre tout cela. Je suis désolée, à la place de ceux qui vous ont infligé tous ces malheurs.

Donc l'inquisition et son propre mari, ainsi que Caïus. Voilà un détail qu'elle avait dû occulter, mais il ne relança pas là-dessus, trop groggy pour le moment, et n'ayant pas envie de se disputer avec qui que ce soit, il n'était pas en état. Au bout d'un moment, Sulpicia finit par se relever, alors qu'il avait encore pâlit, sans dire un seul mot de plus.

Sulpicia - Je suis dans la pièce voisine si tu as besoin de quoi que ce soit.

Quand elle fut partie, il se leva avec difficulté, peu à l'aise et tremblant, puis fila se réfugier dans le lit de Jane, sans la réveiller. Sa proximité, sa chaleur le calma instantanément. Il ferma les yeux en se blottissant contre elle, les larmes aux yeux. Ici, dans le cocon de couvertures, tout près d'elle, il se sentait en parfaite sécurité. Sa tête reposait à un ou deux centimètres de celle de sa sœur, et il entrelaça ses doigts aux siens. Elle le calmait, comme un baume mis sur de graves blessures. Il écouta sa respiration régulière, après lui avoir donné un bisou sur la joue. Jane... Peut-être était-ce malsain d'être aussi proche de sa jumelle, mais quelle importance ? Même s'ils allaient chez les Cullen, et qu'ils désapprouvaient ce genre de conduite, lui comme sa sœur comptaient bien, du moins au début, dormir dans un seul lit, blotti l'un avec l'autre, peu importe ce qu'on en dira.

Ne pouvant se rendormir, il se contenta d'observer sa sœur jumelle. Il voudrait la voir aussi apaisée chaque jour de sa vie. Il voulait la voir heureuse, pleine de joie de vivre. Ce sera peut-être enfin possible, loin de Volterra et de Caïus, loin d'Aro. Lorsqu'elle se réveilla, il lui offrit un autre bisou, tout en lui serrant les mains, lui souriant de toutes ses dents.

- Tu avais l'air si bien, en dormant, ça fait très longtemps que je n'avais plus vu une telle expression sur ton visage... Je voudrais tellement que tu sois ainsi tous les jours.

Il chuchotait, même si Sulpicia devait tout entendre. Tant pis, il ne voulait plus penser aux Volturi pour le moment. Il voulait juste penser à sa sœur et aux moyens de lui rendre le sourire. Lui était heureux de ne pas rentrer à Volterra, même s'il fallait rester chez les Cullen. Tout valait mieux que le château d'Italie.

- On peut espérer que ça aille mieux, Jany, chuchota-t-il. On va pouvoir grandir. Tout ce que l'Inquisition et les Volturi nous ont pris, notre vie en pause, on peut avoir une seconde chance. Je ne sais pas comment ça pourra bien se passer chez les Cullen, mais cette fois, on sera tous les deux. On restera tous les deux, je te l'avais promis.

Il referma les yeux, posant son front contre celui de sa sœur, dans un doux contact, très intime. Ils étaient dans leur bulle, qui pourrait les atteindre ici ? Personne ne pourrait leur dire quoi que ce soit. Ils étaient juste frère et sœur, s'aimant et se protégeant l'un l'autre, quoi qu'il arrive.

- Qu'en dis-tu ? penses-tu qu'une seconde chance soit permise ?
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MessageSujet: Re: La réadaptation sera longue   Dim 10 Aoû 2014 - 11:22

Jane avait eu énormément de mal à s'endormir, à la fois parce qu'elle avait oublié comment on faisait et qu'elle était encore malade, et à la fois car elle avait trop de choses en tête pour pouvoir se laisser aller ainsi. Dormir signifiait baisser ses défenses, accepter d'être plus vulnérable, plonger dans l'inconscience en oubliant ce qui se passe autour de soi. C'était terrible, lorsqu'on venait de passer plus de trois siècles à être constamment sur ses gardes, à entendre tout à tout observer, afin de ne pas se faire surprendre, à guetter le plus petit signe, toujours sur le qui-vive. Trop difficile alors qu'on ne l'avait plus fait depuis des dizaines et des dizaines d'années, alors qu'on ne savait plus la façon de se mettre, qu'on ignorait, à présent, comment se détendre pour que le sommeil vienne à nous, qu'on avait peur de fermer les yeux car n'importe quoi pourrait arriver. Dormir revenait à accepter d'être sans défense, et Jane avait horreur de ça. Elle détestait se sentir vulnérable, mais l'épuisement, et la longue maladie avaient fini par avoir raison d'elle.

Pourtant, elle avait eu de quoi réfléchir. Voir Alec hurler de douleur dans les bras d'Aro avait bien failli achever de la traumatiser. Elle aurait voulu l'aider, le prendre dans ses bras, et avait cru mourir d'angoisse lorsqu'il s'était évanoui. Puis il y avait le choc final, sa seconde transformation. Il était redevenu humain. Il respirait, son cœur battait, il était humain ! Elle n'avait pas eu le temps de se remettre qu'elle l'avait suivi dans cette "guérison", qu'elle l'avait suivi dans la douleur pour le rejoindre. Elle ne se rappelait qu'avec confusion ce qui s'était passé ensuite. La souffrance était l'une de ses compagnes les plus proches, et elle avait connu bien pire lorsqu'elle avait cru son frère mort. Ce passage, bien que choquant, n'était donc rien au niveau de la souffrance, en comparaison de ce qu'elle avait ressenti alors que son frère était si loin d'elle, durant des mois. La souffrance, une amie qu'elle connaissait si bien, et dont elle se servait à la fois comme défense et comme attaque. La douleur qui avait là à chaque fois que son don ou elle-même avait changé et évolué.

Humaine. Ou plutôt vivante. Elle n'avait pas encore réussi à prendre encore la pleine mesure, toutes les conséquences, tout ce que cela signifiait. Voilà trop longtemps qu'elle n'avait plus eu besoin de boire de l'eau, manger, dormir, ni aucun de ces actes pourtant si naturels aux humains. Des actes qu'elle avait encore énormément de mal à faire. Mais tout allait bien se passer. Elle avait peur, mais Alec était là. Tant qu'ils restaient tous les deux, elle savait que tout se passera bien Elle s retourna un peu dans son sommeil, les yeux clos, l'esprit partant loin, si loin, dans les tréfonds de sa mémoire.

Elle devait sûrement rêver... Elle marchait dans White Swan, dans une rue remplie de personne,s d'enfants, lors du marché. Personne ne faisait attention à elle, on l'évitait même. Elle cherchait son frère, ne voulant pas rester seule. Mais avant Alec, elle tomba tout à coup sur leur grand-père. Il était assis sur une barrière, et observait la petite foule sur la place du marché, avec l'un de ses sourires sarcastiques, comme s'il se moquait en permanence du monde. Elle courut le voir et agrippa la barrière, levant la tête vers lui. Il brandit sa pipe vers la foule, avec un petit rire moqueur.

Papy - Regarde-les. Si insouciants. Et si bêtes, surtout. Ils ignorent tout du monde et croient aux fables que racontent la religion. A des chimères que les prêtres agitent, alors que les vrais démons sont en chair et en os et arpentent cette terre dans l'ombre.

Jane avait beau savoir qu'elle rêvait, elle ne pouvait se sortir de ce songe. Trop hébétée, trop prise par cette sensation si différente, si... Elle se hissa sur la barrière à son tour, pour être à côté de son grand-père. Il bourra de nouveau sa pipe, puis tira dessus lentement.

- Tu as vu les démons, les vrais ?

Papy - Ils sont partout. Je les ai vu, en voyageant, je les ai combattu. Mais va, maintenant. Va retrouver ton frère.

- Papy, demanda-t-elle aussitôt, prise d'une brusque inspiration. Comment es-tu mort ?

Il sourit, il sourit très doucement, en la regardant. Elle avait sauté de la barrière, le visage levé vers lui. Elle devait savoir. Cette question la hantait depuis le tout début, même si elle se doutait déjà fortement de la réponse.

Papy - En combattant, répondit-il simplement. Quitte à mourir, autant mourir fièrement.

Les couleurs et le paysage s'estompèrent tout d'un coup. Jane ne voyait plus rien. Tout disparaissait, s'effaçait lentement. sa conscience lui fut rendue, peu à peu, de même que le contrôle de ses sens. Elle ouvrit lentement les yeux, découvrant sans surprise son frère tout près d'elle, leurs doigts entrelacés. Il fit un bisou sur la joue et elle lui sourit. Le voir près d'elle suffit à la rassurer, alors que les dernières brumes du songe s'évaporaient de son esprit. Comment pourrait-elle avoir peur ou paniquer, alors qu'il était là, à la regarder ainsi ? Il était le dernier membre de sa famille encore en vie, sauf Jade mais ils n'avaient plus de lien avec elle. Il était sa seconde moitié, son jumeau, bref, il était tout à ses yeux.

Alec - Tu avais l'air si bien, en dormant, ça fait très longtemps que je n'avais plus vu une telle expression sur ton visage... Je voudrais tellement que tu sois ainsi tous les jours.

Il était mignon quand il agissait ainsi, si protecteur. Peu importe qu'elle ne sache plus trop où elle se trouvait actuellement, ça n'avait aucune importance puisque son frère était près d'elle. Elle regarda ses yeux maintenant très bleus, identiques aux siens. Cette couleur, plus que tout le reste, était étrange. Elle voyait de nouveau le garçon, le petit garçon qu'il avait été alors qu'ils avaient encore des parents. Celui qu'il était avec elle, alors qu'ils attendaient la mort, après avoir assisté à celle de papa et maman.

Alec - On peut espérer que ça aille mieux, Jany. On va pouvoir grandir. Tout ce que l'Inquisition et les Volturi nous ont pris, notre vie en pause, on peut avoir une seconde chance. Je ne sais pas comment ça pourra bien se passer chez les Cullen, mais cette fois, on sera tous les deux. On restera tous les deux, je te l'avais promis.

C'était bien cela qui la réconfortait, pas le fait d'aller chez les Cullen... Oui, ne plus habiter à Volterra était génial, mais comment cela allait-il bien pouvoir se passer à Forks ? Elle n'avait pas oublié la façon dont Bella les avait repoussés dans les bras des Volturi. Et si tout recommençait ? Humains ou non, comment allaient-ils arriver à s'intégrer dans cette famille ? Pouvaient-ils vraiment avoir une seconde chance, comme disait son frère ? Elle ne voulait pas encore y croire, pas avant d'avoir vu de ses propres yeux ce que cela pouvait donner. C'était encore trop soudain, trop choquant.

Alec - Qu'en dis-tu ? Penses-tu qu'une seconde chance soit permise ?

- Je ne sais pas, souffla-t-elle.

Elle se blottit tout contre lui, s'accrochant à lui, fermant les yeux. Une seconde chance ? Si elle voulait être honnête avec elle-même, elle devait admettre que cela lui semblait bien trop beau pour être vrai. Comme s'il s'agissait d'un nouvel appât qu'on agiterait sous leur nez pour les attirer de nouveau dans un piège et les étouffer. Peut-être était-elle paranoïaque, mais en tout cas trop méfiante pour ne voir aucun mal dans ce qui leur arrivait. Elle se redressa comme elle le put, attirant Alec dans ses bras à son tour. Elle passa une main dans ses cheveux puis lui frotta le dos.

- Je viendrais avec toi, de toute façon, petit frère, sourit-elle, avec une ou deux larmes, sous l'effet de la fatigue et de l'émotion.

Elle savait qu'il n'allait pas la laisser avant qu'elle ne lui dise ce qu'elle en pensait vraiment vraiment, de toute manière. Ils restèrent silencieux un moment, avant qu'elle ne finisse par lui parler, doucement, lui confier ses véritables craintes. Qui n'aurait pas peur, après de telles changements ? Elle s'en ouvrit à son frère, lui disant tout, lui révélant tout. Ils étaient un cœur ouvert l'un pour l'autre.

- J'ai peur que ça finisse comme la dernière fois, conclut-elle en le relâchant pour le regarder dans les yeux. Mais c'est peut-être une peur idiote...

Elle se redressa, repoussant un peu la couverture, en position assise. Sa tête lui tournait encore un peu, elle était épuisée, mais la présence de son frère l'aidait. Cela faisait déjà une semaine. une semaine qu'ils étaient au lit. Ils avaient encore beaucoup de mal à manger, à s'endormir, mais elle en avait assez de rester au lit. Elle en sortit doucement, s'appuyant contre le mur, puis tira doucement le rideau de la fenêtre. Il y avait une cour derrière l'hôtel, et un jardin. Il faisait très froid, sans aucun doute, et une fine couche de neige recouvrait le sol.

- Tu ne veux pas aller un peu dehors ?


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MessageSujet: Re: La réadaptation sera longue   Ven 15 Aoû 2014 - 20:58

Jane - Je ne sais pas, souffla-t-elle.

Elle était blottie contre lui, serrés à deux dans un lit prévu pour une personne. Il attendit patiemment qu'elle lui parle, il savait qu'elle allait finir par se confier de toute façon. Ils se disaient toujours tout, frère et sœur pour l'éternité, et ils s'échangeaient joies et peines à chaque instant, car il s'aimaient et tenaient l'un à l'autre. Qu'est-ce qui lui faisait le plus peur ? Une seconde transformation, la douleur ? De ne pas pouvoir s'adapter ? De ne plus savoir vivre en tant qu'humaine ? D'être une nouvelle fois repoussée par les Cullen, comme la dernière fois ? Peur de ne plus pouvoir vivre, de trop changer d'un seul coup ? De ne pas être à l'aise avec Carlisle et Esmée ? Peut-être un mélange de tout cela... Il était logique qu'elle soit bouleversée, qu'elle ait besoin d'être rassurée. Mais il était là. Il était là pour elle, il sera toujours là.

Elle se redressa, puis l'attira à son tour dans ses bras. Il lui rendit son étreinte, avec un sourire lorsqu'elle lui frotta le dos. Ainsi, dans ses bras, il se sentait incroyablement protégé et en sécurité. Dans les bras de sa grande sœur, il était comme coupé du monde extérieur, plus rien ne pouvait l'atteindre, les atteindre eux deux. Il était étrange de sentir son corps souple et chaud, d'entendre son cœur frémir. Ils étaient de nouveau enfants, blottis l'un contre l'autre dans un geste instinctif de protection. Ensemble. Ils se revoyaient lors des derniers jours de leur vie humaine, dans leur cachot, à attendre la mort. Serrés dans les bras l'un de l'autre, sans rien dire, en un geste ultime de réconfort, une  dernière étreinte avant la fin.

Jane - Je viendrais avec toi, de toute façon, petit frère.

Il lui rendit son sourire, la serrant plus fort contre lui. Tout avait tellement changé... Des siècles étaient passés, et on pouvait dire qu'ils avaient beaucoup vécu. Ils avaient appris à lire et écrire en Italien. Ils s'étaient entraînés, de corps et d'esprit. Ils avaient évolués, appris à contrôler leurs dons. Ils s'étaient faits des amis, Félix et Démétri. Alec tenait tout de même à eux, quoi qu'on en dise, et malgré ce qu'il disait parfois. Après des années passées à les côtoyer... Et aujourd'hui, de nouveau humain, une autre vie, temporaire, s'ouvrait devant lui. Bien sûr qu'ils redeviendront vampire. Mais ils pourront grandir tout d'abord. Grandir, vieillir, changer. Jane finit par parler, et il l'écouta en silence. Il la laissa déverser ce qu'elle avait dans le cœur, enregistrant ce qui la gênait le plus pour pouvoir la rassurer.

Jane - J'ai peur que ça finisse comme la dernière fois, conclut-elle en le relâchant pour le regarder dans les yeux. Mais c'est peut-être une peur idiote...

Non. Non, ça n'avait strictement rien d'idiot ! Il lui fit un bisou sur la joue, juste avant qu'elle ne se redresse. Il suivit le mouvement, encore à moitié dans le lit alors que sa jumelle en sortait. Il voudrait bien lui changer les idées... Elle avait toujours été plus fragile que lui, et ce que lui avait subir Caïus n'avait rien arrangé.

Jane - Tu ne veux pas aller un peu dehors ?

Dehors... ? Il se leva à son tour pour aller la rejoindre et regarder par la fenêtre. Il se sentait très faible, comme pris par une mauvaise grippe. Il neigeait un peu... Sortir était tentant, même s'ils étaient tous les deux encore très faibles. Mais prendre l'air leur ferait du bien, non ? Il hocha donc la tête, puis se souvint de justesse que maintenant, ils feraient mieux de s'habiller chaudement. Il se vêtit avec sa sœur, puis alla vérifier que Sulpicia était bien occupée au téléphone avant de sortir avec Jane par la porte de service. Ils descendirent l'escalier avec lenteur, se tenant la main pour ne pas s'écrouler. Puis sortirent par derrière.

Alec eut un violent frisson. Le froid. Voilà si longtemps qu'il ne l'avait plus ressenti ! Il leva le nez vers le ciel, et sourit, sourit vraiment. Il neigeait de plus en plus fort. Tous les sons étaient étouffés, c'était étrange, très perturbant. Il redécouvrait ce qu'était de voir et entendre comme un humain. Sa main nue était déjà glacée, celle de Jane aussi. Il la serra pour la réchauffer, marchant un peu avec elle dans la cour. Sulpicia risquait sûrement de hurler en les voyant dehors dans leur état, mais tant pis. Un peu de liberté, au moins une fois tous les trois siècles, c'était vraiment trop demandé ? Il marcha jusqu'à la rue, regardant la ville de Forks. C'était petit, ici. Pourraient-ils vraiment y vivre ? Il tourna la tête vers sa sœur, un petit sourire aux lèvres.

- Pour une fois, on pourrait en profiter un peu, non ? souffla-t-il. Ça fait si longtemps qu'on n'a pas été seuls, juste nous deux. On est toujours surveillés... On a enfin une occasion de se retrouver et s'amuser un peu.

Une occasion de se comporter comme les enfants qu'ils n'ont jamais été, somme toute. Une occasion de voler une bride d'une enfance perdue à jamais, car, humains ou non, ils ne peuvent plus être de simples enfants. Tenant toujours la main de sa sœur, il partit avec elle à pied, dans les rues de Forks. Il y avait quelques personnes qui marchaient aussi, et certains leur jetèrent des regards curieux, trouvant sans doute étrange de voir des enfants de leur âge seuls dans la rue. Ils n'allaient pas vite, encore bien malades, mais cela en valait la peine. Ils s'arrêtèrent près de la forêt, à l'entrée d'un long chemin de randonnée. Alec s'assit à l'abri d'un sapin avec Jane, dans la neige et la terre, les brindilles vertes du sapin. Puis il toussa un peu, frissonnant, la main de sa jumelle serrée dans la sienne.

- Je ne pense pas que ça va mal finir, murmura-t-il. Je n'espère pas. Mais on a un peu de temps devant nous. Le choc n'est pas encore passé, mais ça va finir par aller mieux, tu verras.

Il toussa encore, ayant brusquement chaud. Sans doute un peu de fièvre. Il appuya son dos contre le tronc du sapin, gardant le silence un long moment.

- Comment est-ce que tu te sens ?
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MessageSujet: Re: La réadaptation sera longue   Ven 29 Aoû 2014 - 23:44

Décidément, on pouvait faire confiance aux humains quand il s'agissait de faire paniquer toute une population en l'espace de quelques secondes. Il avait suffit qu'un abruti déclare que ce vaccin était sûrement dangereux et mortel, étant donné qu'il avait été conçu en Amérique, pour que toute la planète s'emballe. Très joli, Aro était presque admiratif de la capacité de toutes ces petites proies à s'emballer pour presque rien. Pourquoi diable perdre ainsi son temps à s'agiter sans aucune raison ? Enfin, ce n'était pas le plus important pour le moment. La peur de mourir était assez forte pour qu'une grande partie de la population prenne tout de même le vaccin. Et il y avait un autre petit détail que Carlisle risquait de moyennement apprécier. N'ayant pas le temps de mettre au point une histoire pouvant résister à toute investigation, Aro avait purement et simplement déclaré Carlisle comme l'auteur du vaccin, sans cacher son nom ni qui il était.

Le médecin allait devenir célèbre, après ça. Son nom et sa photo commençaient déjà à circuler dans toute la planète, et non, Aro n'était pas gêné le moins du monde de l'avoir donné en pâture à toute une bande de journalistes affamés, sans compter les autres médias et différents gouvernements qui voudront remercier leur sauveur. Le jeune médecin allait ainsi détourner l'attention de tout le monde le temps de régler d'autres affaires. La diffusion du vaccin se poursuivait sans accrocs, parmi les humains, mais l'opération était un peu plus délicate chez les vampires. Il fallait informer, donner le choix, expliquer les conséquences, tout ce qu'engendrait le choix de redevenir humain, ainsi que les règles à suivre. La loi du silence concernant leur nature tenait toujours, pour eux tous. Dommage, certains ne l'avaient pas compris, et avait connus une fin plus rapide que prévue à cause de cela. Cependant, le nombre de candidats à cette autre transformation était impressionnant.

- Ça avance ? demanda-t-il au téléphone, tout en rentrant dans la voiture qui l'attendait, après être sorti du consulat.

- Tout à fait, bredouilla une voix faible et épuisée à l'autre bout du fil, la voix d'Agenore.

Il entendit un bruit de verre, puis de l'eau. Le scientifique devait prendre un cachet contre le mal de tête. Il but, puis raconta les dernières nouvelles concernant le vaccin en Europe et ce que les médias en disaient. Aro n'avait pas eu le temps de tout lire, ni même de vérifier ce qui se passait en Italie. Il avait hâte de rentrer, à présent. Forks n'avait rien d'une ville agréable, pas plus que l'état tout entier. Il avait beaucoup de choses à faire, il faudra un certain temps avant que le calme ne revienne dans le monde.

- Beaucoup de vampires sont passés à l'autre camp ?

- On peut dire ça, oui. Plus que ce que je n'aurais cru. Les clans se détruisent eux-mêmes, notre monde va être secoué.

- Bah, je leur ferais un bon steak-frites et ça ira mieux après !

La pandémie ne l'avait pas changé, celui-là. Aro échangea encore quelques mots avec lui puis raccrocha, restant silencieux le reste du voyage. Il revenait vers Forks lorsqu'il reçut un sms paniqué de Sulpicia pour lui dire que les jumeaux avaient disparu, qu'ils n'étaient plus dans leur chambre à l'hôtel. Il ne put s'empêcher d'hausser un sourcil blasé avec un long, très long soupir. Déjà ? On peut appeler ça du service rapide. Ces deux-là, vraiment... Il dit à son chauffeur de s'arrêter avant d'arriver à l'hôtel et continua à pied. Où avaient-ils pu aller courir, ces deux petits monstres, surtout dans leur état ? Ils ne devaient pas être frais, cela faisait trop peu de temps qu'ils étaient redevenus humains. Même malades, ils trouvaient le moyen de faire des conneries, ces deux-là, c'était sûrement pathologique.

Il marcha, effleurant très vite au passage les mains des humains pour explorer leurs esprits. Plusieurs d'entre eux avaient vu les deux enfants, et il pu connaître bientôt la direction qu'ils avaient prise. S'engageant dans un chemin, il entendit tout à coup Alec tousser, puis parler à sa sœur. Il s'approcha dans un parfait silence, derrière eux, les regardant. Assis dans la neige, alors qu'ils étaient malades... D'ailleurs, Alec recommença à tousser. Bon. Les attacher dans leurs lits suffira ? S'il fallait en arriver là, il n'aura aucun scrupule à le faire. Il n'était pas question que leur état s'aggrave au point de mettre leurs vies en danger. Mais alors qu'il songeait cela, il fut d'un coup un peu nostalgique tout de même. Si jeunes, et pourtant si dangereux. Il était arrivé juste derrière eux et s'était accroupi.

- Comment est-ce que tu te sens ?

- Sûrement mieux que toi, Alec, déclara-t-il doucement en posant une main ferme sur le front de son fils, découvrant du même coup qu'il avait de la fièvre.

Il s'agenouilla près d'eux, la main toujours posée sur le front du petit. Il était brûlant, et pourtant, il s'amusait à sortir. Idée très brillante, et qui venait de Jane, avec ça. Enlevant son manteau, il le posa sur les épaules d'Alec pour le couvrir, avec un soupir dépité en voyant que tous les deux s'étaient si peu couverts malgré le temps.

- Vous êtes déjà affaiblis, tous les deux, et pourtant vous en rajouter une couche ? siffla-t-il, exaspéré. En tout cas, vous ne perdez pas de temps ! Trois jours. Vous avez tenu trois jours tranquilles avant de recommencer vos conneries... Je dois considérer ça comme une amélioration ?!

Il les fit se lever, se retenant de lever les yeux au ciel, puis se pencha sur Jane, rajustant son manteau et le fermant jusqu'au col, avant de lui remettre comme il fallait son écharpe. Ils étaient impossibles, ces deux-là ! Ils accumulaient les conneries, à la chaîne, c'était incroyable.

- Au prochain coup de ce genre, je vous attache tous les deux à votre lit. On rentre maintenant.

Il leur prit les mains à tous les deux puis les entraîna avec lui. Dès qu'ils seront revenus à l'hôtel, il les forcera à se recoucher, et appellera un médecin pour Alec. Il baissa le regard vers lui, au bout d'un court moment, lèvres pincées, puis vers Jane, avant de se redresser. Un autre détail lui était venu à l'esprit, tout en marchant.

- Vous savez que vous parlez en dormant, d'ailleurs ?
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MessageSujet: Re: La réadaptation sera longue   Lun 16 Fév 2015 - 13:19

Aro – Sûrement mieux que toi, Alec.

Alec sursauta presque violemment lorsqu'il sentit sa main se poser sur son front, réalisant qu'il était juste derrière lui, sans qu'il ait pu l'entendre approcher ou même simplement deviner sa présence. Son cœur avait fait un bond incroyable, sensation dont il avait tellement perdu l'habitude qu'il en fut un peu plus perturbé. Il était obligé d'apparaître comme ça, si soudainement ?! Alec reprit son souffle, alors qu'il s'agenouillait près d'eux, sans le lâcher. Qu'est-ce qu'il vérifiait ? Alec était peut-être un petit peu malade, amis ce n'était rien du tout. Il avait déjà connu bien pire, alors inutile d'en faire un drame. Après tout, ils venaient de redevenir humains, ils étaient forcément plus fragiles à ce niveau-là. Et d'abord, comment les avait-il retrouvé, alors que Démétri n'était même pas là ?! Ils ne pouvaient même pas souffler cinq minutes tranquilles, seul à seule, sans qu'on leur tombe dessus ? Il se renfrogna, sans rien dire cependant.

Aro enleva tout à coup son manteau, avant de le couvrir avec. Mais, eh... Il allait très bien, pas besoin de le couver ! Mais ne rien dire, ne rien dire... D'accord, ils n'auraient peut-être pas dû sortir, mais ils avaient fait attention, ils s'étaient couverts, et n'avaient même pas été très loin, de toute façon ! Ils ne s'étaient pas non plus blessés, ils s'étaient juste assis dans un coin, en paix, pour discuter. Cela non plus, ils n'avaient plus le droit de le faire ? Avec tout ce qui s'était passé en si peu de temps, la fin de la maladie, le remède, leur re-tranfsormation en humains... Un peu de calme et de solitude, ce ne serait pas de refus. Il avait servi de cobaye pour le remède, et Jane aussi, et ils n'avaient même pas le droit d'être un peu seuls ? Ils ne risquaient rien ! Strictement rien, tout allait très bien. Leur chef de clan, soupira d'un coup, et le jeune humain retint un grognement. Il ne leur fera pas croire qu'il s'était vraiment inquiété, de toute façon.

Aro – Vous êtes déjà affaiblis, tous les deux, et pourtant vous en rajouter une couche ? siffla-t-il, exaspéré. En tout cas, vous ne perdez pas de temps ! Trois jours. Vous avez tenu trois jours tranquilles avant de recommencer vos conneries... Je dois considérer ça comme une amélioration ?!

Ils se levèrent, et Alec siffla entre ses dents, secouant la tête. C'était donc une connerie, de vouloir respirer un peu ? De vouloir être un peu seuls ?! Non mais vraiment... Qui aurait pu les attaquer ici ? Vampires ou non, Aro passait toujours son temps à s'assurer qu'ils ne s'éloignent pas, qu'ils restent bien dans son giron. Il détestait être surveillé à ce point, savait qu'il n'avait pas le choix, et n'en rageait que plus fort encore. Il soupira longuement, regrettant ce court moment où il n'y avait que Jane et lui. A l'hôtel, Sulpicia ne les lâchera plus, et ils n'auront plus un seul moment de répit. Elle allait les couver comme jamais, et Aro sera bien capable de les faire surveiller "le temps qu'il se remettent". Il se sentit épuisé, d'un seul coup, rien qu'à imaginer les jours suivants, étant encore très confus.

Aro – Au prochain coup de ce genre, je vous attache tous les deux à votre lit. On rentre maintenant.

Humph. Aro leur prit la main puis les entraîna avec lui. Encore plus rageant que de se faire rattraper par votre chef de clan ? Savoir que ce même chef de clan peut tout savoir de ce qui se trame dans votre esprit juste en vous touchant et être du coup complètement coincé. Oui, il devrait être habitué depuis longtemps, mais il ne pouvait s'empêcher de s'en agacer encore. Il baissa la tête vers le trottoir couvert de neige, pensant que de toute façon, il ne pouvait y échapper, et que ça ne cessera jamais.

Aro – Vous savez que vous parlez en dormant, d'ailleurs ?

– Ah oui, et qu'est-ce qu'on raconte ? marmonna-t-il d'un ton morne. Qu'on ne veut qu'un peu de calme et de solitude, sans que personne ne nous suive à la trace ? Ah, mais non, j'oubliais, c'est juste impossible.

Il se tut quand ils arrivèrent à l'hôtel, et que Sulpicia s'écria qu'ils s'étaient enfuis, qu'il aurait arriver n'importe quoi, et ainsi de suite. Rah, pitié, plus de cris, il avait mal à la tête ! Il grimaça lorsqu'elle continua à s'agiter pour rien, de plus en plus exaspérés. Personne n'avait besoin de les couver comme ça, ils allaient très bien ! Humains ou pas humains, ça ne changeait rien du tout. Sulpicia était vraiment... Il s'interrompit juste le mot, réalisant qu'Aro lui tenait toujours la main. Tss... Ce don était quand même pénible. Il referma les yeux, ayant encore plus chaud ici, et espérant qu'on allait enfin les lâcher.

– Pourquoi vous vous sentez toujours obligé de nous surveiller ? grinça-t-il alors que sa sœur était aux prises avec une Sulpicia paniquée. Même si on était morts, ça ne changerait rien, pour votre clan. Vous n'auriez jamais dû vous donner la peine de venir nous récupérer dans ce fichu village, ni même, à la base, de nous sauver en Angleterre. Nos dons ne valent pas ça.
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La réadaptation sera longue
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