Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Une venue au monde

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MessageSujet: Une venue au monde   Jeu 20 Nov 2014 - 22:36

Les regards étaient explicites... Carlisle se sentait profondément mal à l'aise, comme il l'avait très rarement été. Et était ravi de ne plus entendre les murmures comme lorsqu'il était vampire. Charlie avait beau avoir tout rétabli, enlevé les doutes, et ainsi de suite, il avait tout de même disparu pendant presque deux ans, la maison vidée, la famille envolée, comme s'ils n'avaient jamais existé. Cela, en plus de l'histoire maintenant très connue, comme quoi son fils et Bella s'étaient fait passer pour morts afin de vivre ensemble, n'aidait pas à faire descendre un tantinet la tension. Et il ne fallait pas non plus oublier le coup de la pandémie, le vaccin, et la merveilleuse invention d'Aro pour justifier le tout ! Jamais Carlisle n'aura eu autant envie de frapper quelqu'un. Il se concentra sur le chef de l'hôpital qui achevait son discours, les bras croisés. Aro Volturi... Il l'insulta mentalement de tous les noms, encore plus énervé quand il l'imaginait jubiler tout seul en ayant cette idée. Bravo, félicitations, il n'avait besoin que de ça ! Il ne devait pas savoir la difficulté qu'on pouvait avoir à semer des journalistes. Personne au monde ne pouvait y parvenir, à part peut-être Démétri.

Directeur - Je vous remercie de votre attention.

Il applaudit par automatisme, n'ayant quasiment rien écouté. Cette réunion clôturait une très longue journée de travail. Longue à cause des rumeurs, des ragots, et tout ce qui s'ensuit. Il quitta l'hôpital sans chercher à s'attarder, voulant juste rentrer chez lui et oublier tout ce qui se disait. La vie avait prit une tournure étrange depuis quelques temps, et il ne parvenait pas à s'y faire. Déjà, à la maison. Bella avait accouché depuis un mois, maintenant, et les cris d'enfants marquaient leurs nuits, en plus des habituels soucis quand un bébé arrive et qu'on semble réapprendre à chaque fois ce que veut dire être parent. C'était d'autant plus vrai que le petit Gabriel était parfaitement humain, avec une croissance ordinaire, une intelligence normale, des préoccupations qui se limitaient à dormir, manger, avoir chaud. Une vie que tous avaient eu, du moins au début. Il rentra dans sa voiture, posant sa sacoche sur le siège à côté de lui, et soupira longuement, les yeux fermés. Il ne mit pas le contact tout de suite, une main posée sur le volant, les dents serrées.

Il n'y avait que dans ces moments de parfaite solitude qu'il s'autorisait à être inquiet. Le monde était profondément bouleversé, mais, pire que tout, l'ignorance avait été percée. Une nouvelle époque de démons et de sorcières refaisait son apparition. Ce n'était pas la première fois, et il savait que les Volturi ne jetteront pas d'huile sur le feu tant que ça ne deviendra pas véritablement sérieux. Mais la situation avait le don de l'angoisser férocement. Son passé lui sautait à la gorge... Et il n'était certainement pas le seul. Quand la nouvelle était tombée, aux informations, que l'Inquisition était revenue de ses cendres, il y avait un silence glacial et de mort dans la maison. Carlisle en était resté choqué et pétrifié. Mais, même s'ils n'étaient, en apparence, que des enfants, il n'avait pas pu soutenir le regard des jumeaux. On ne pouvait y lire qu'une promesse de mort, terrifiante, et bouleversante.

Carlisle ignorait si sa famille pouvait comprendre, car ils n'avaient rien vu de la première époque. Quand à savoir ce que ressentaient ou pensaient les jumeaux, c'était encore autre chose. Peur ou désir de vengeance ? Il serait incapable de le dire, car le retour de l'organisation devait mêler en eux des souvenirs de mort, de peine, de leur transformation, leur enfance en Italie, et avant en Angleterre. Si lui-même ne pouvait s'empêcher de replonger dans toute l'horreur qui s'était déroulée alors, il n'osait pas imaginer ce que ce devait être pour eux. Il avait voulu leur parler, dire un mot après le journal d'informations, mais n'avait pas su. Dire quoi ? Et comment ? La donne était différente, aujourd'hui. Ils étaient plus vieux, plus entraînés, les deux jeunes enfants étaient morts depuis bien longtemps. Comme le jeune homme idéaliste et naïf qu'il avait été était lui aussi mort dans les égouts de Londres.

Mettant le contact, il démarra enfin et prit la route de sa maison. Il parvint à se recomposer son air habituel sur le chemin, tâchant de se focaliser sur les côtés positifs de la vie. Ils étaient tous humains, avec une vie normale, Esmée était enceinte... Penser à cela lui fit apparaître dans le même temps le profond gouffre entre les deux mondes. Il se gara devant chez lui et rentra, laissant sa sacoche dans le hall d'entrée. Passant dans le salon, il trouva les jumeaux endormis dans les bras l'un de l'autre dans le canapé, un magazine ouvert sur les genoux. Il eut un faible sourire, frappé par le clivage énorme entre ce qu'il voyait ici et la représentation qu'il avait d'eux. Il posa le magazine sur la table, et dit bonsoir à Bella en la voyant passer.

- Tu me prêtes ton portable une seconde ? Je vais prendre une photo.

Oui, bien sûr, c'était parfaitement déloyal, et ensuite ? Ils ne se laissaient jamais prendre autrement, alors autant en profiter. En plus, la scène était très mignonne. Il recula d'un mètre avec le portable de Bella, qu'il avait récupéré après qu'elle lui ait jeté un regard plein d'incompréhension, et prit la photo sans le flash, pour ne pas se faire surprendre, avant de la montrer.

- Merci, lui dit-il en lui rendant l'appareil. Désolé, c'était trop tentant.

Elle sourit, reprenant son portable comme s'il était en verre précieux.

Bella - De rien. Je vais les transférer tout de suite pour être sûre de ne pas la perdre.

Il quitta le salon pour retourner dans sa chambre, où Esmée devait sûrement se reposer. il la retrouva allongée, tranquillement, et vint s'asseoir près d'elle, posant une main sur son ventre gonflée par la grossesse. Malgré tout ce qui se passait actuellement, il était toujours profondément ému de la voir ainsi. Elle portait leur enfant. Leur bébé. Une petite fille. C'était un expérience de la paternité qu'il n'avait absolument jamais connu, pas sous cette forme. Il avait adopté des enfants, mordus, mais aucun n'était de son sang.

- Tu pourras choisir le prénom, comme il s'agit de notre premier enfant, dit-il en lui serrant la main. Je peux te promettre que tout se passera bien, j'ai si souvent rêvé de te voir mettre notre enfant au monde.
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MessageSujet: Re: Une venue au monde   Ven 19 Déc 2014 - 0:18

A partir du moment où leur nuits étaient plus calmes leur permettant ainsi de s’adapter au rythme et de s’habituer rapidement au train de vie humain. Et parce que chaque chose se fait au fur et à mesure, le moment d’avoir enfin une famille à eux, bien qu’ils en avaient déjà une, mais... Esmée voulait être mère et pas seulement une mère par adoption. Enfin, bref. Esmée était enceinte depuis maintenant neuf mois et plus le temps passait, plus elle ne pouvait s’empêcher de ressentir de la fatigue, mais rien que le fait de sentir une vie en elle, de sentir des mouvements en elle et de savoir qu’elle était enceinte la comblait de bonheur.

Elle savait qu’elle devait se ménager, et... Il fallait bien prendre en compte les remarques de son mari qui ne voulait pas qu’elle mange trop gras, par exemple. Ou trop salé. Bon... Il était aussi compréhensible qu’elle doive se ménager et se reposer au vue de la grossesse. Mais... Esmée n’était pas non plus en sucre, et savait parfaitement les limites qu’elle pouvait ou non atteindre. Elle ne voulait pas que l’enfant prenne ou ait le moindre problème à cause d’elle.

Elle savait tout ça, mais le fait que son époux, bien qu’il soit médecin, soit aussi insistant sur ces points-là avait de quoi l’irriter, parce qu’elle n’était pas aussi fragile que ça, et le fait qu’elle soit enceinte ne devait pas changer quoi que ce soit. Quand son époux lui a dit de lui dire si jamais quelque chose n’allait pas, elle avait froncé les sourcils et accusait le coup de ses autres « ordres ». Elle n’allait quand même pas mourir sur place ! Elle était simplement enceinte. Et le fait qu’il insiste sur autant de choses l’irritait d’autant plus que ses hormones lui jouaient des tours, la rendant très émotive, comme toute femme enceinte.

Plus le temps avançait et avec la faim venait le dos douloureux et la fatigue qui, pour être honnête n’arrangeait rien mais qui ne supprimait pas non plus le bonheur qu’elle avait de sentir une vie en elle. Un enfant. Leur enfant à Carlisle et à elle. Une vie, un être vivant qu’elle aimait déjà de toute son âme et pour qui elle était prête à tout, sentant déjà un lien très puissant avec ce petit être, un lien maternel puissant, vivant.

Esmée en était à son dernier mois de grossesse et elle avait besoin de se reposer de plus en plus longtemps et devait parfois même rester couchée toute la journée, mais ça en valait la peine, le bébé en valait la peine. Le fait de le sentir tous les jours grandir en elle était le plus beau cadeau du monde. Le fait de sentir par moment son bébé lui donner des coups ? Bon, ça, elle aurait pu s’en passer, parce qu’au début c’était la preuve plus que flagrante d’une vie se développant en elle et s’imposant de plus en plus, mais maintenant, comme le bébé grandissait de plus en plus, ça en devenait un tantinet plus douloureux, mais ça restait un moment inoubliable, qui la faisait toujours sourire. Et tout ça lui rappelait que chaque jour une vie se développait en elle, grandissait et se nourrissait avec elle.

Aujourd’hui, étant restée la quasi-totalité de la journée couchée, sur leur lit en train de réfléchir. Le fait que l’Inquisition avait fait son apparition à leur époque la tracassait légèrement, mais toute cette histoire devait encore plus troubler son époux qui lui devait voir resurgir les démons de son passé. Mais tout ça, elle ne tenait pas à le dire à Carlisle et veillait à ne jamais y penser. Après tout, elle avait toujours de quoi s’occuper avant aujourd’hui vu qu’elle avait pris un congé de maternité des suites de sa grossesse, enfin... Plutôt parce que son époux l’avait voulu. Il avait insisté pour qu’elle en prenne un après le 6e mois de sa grossesse, ce qu’elle avait fini par faire au vu de sa fatigue plus qu’autre chose.

Après tout, avoir repris le travail lui permettait de s’occuper. Mais Esmée avait été loin d’être la seule à tomber enceinte, Bella avait d’ailleurs accouché avant elle. Cela faisait déjà un mois que le petit Gabriel était né, avait pointé le bout de son nez dans le monde des vivants, amenant ainsi un peu de vie dans la maison. Des cris perçant brisant ainsi le silence de la nuit, les réveillant pratiquement tous... Enfin, bref.

Esmée ne cessait de penser à tout ce qui se passait ses derniers temps et il fallait avouer que tout ça avait de quoi la perturber. Mais elle s’inquiétait plus pour son époux qui devait lui essuyer tout de plein fouet, entre l’Inquisition qu’il avait connu de son vivant et l’Inquisition actuelle, si on ajoutait en plus les journalistes et la déclaration d’Aro... Esmée avait fini par s’endormir légèrement tout en pensant à ça.

Elle s’était allongée sur le dos afin de se reposer pour le mieux quand elle fut sortie de son mini-sommeil par l’entrée silencieuse de son mari dans leur chambre et le bruit, bien que difficilement audible, de la porte. Mais elle n’était pas assez endormie pour ne pas l’entendre. Elle sourit quand il vint s’allonger près d’elle sur le lit et qu’il posa la main sur son ventre. Geste qui eut le mérite de la faire sourire deux fois plus qu’à son entrée. Esmée avait appris à ne pas penser à tout ce qui se passait ces derniers temps, pour leur fille. Et parce que s’inquiéter ne servirait qu’à mettre en danger leur enfant. Oui, Carlisle avait tenu à ce qu’elle lui dise tout ce qui la tracassait, et alors ? Elle ne comptait pas non plus le faire. Elle n’était plus vampire, donc elle pourrait parfaitement gérer ses sentiments et ses petits traquas seule, bien qu’ils soient décuplés par la grossesse !

Comment ça, ce n’est pas crédible ? Mais ! Bien sûr que si ! Esmée n’était PAS en sucre, point final. Et elle saurait faire abstraction et ne pas penser à ça. Tout simplement en pensant à leur petite fille et aux bons côtés de la vie. Elle était enceinte, et ça, rien ne pourrait le lui retirer. Ça lui donnait une plus grosse joie que nul ne pourrait détruire. En plus, son époux était là, près d’elle. Il avait repris lui aussi le travail et ils avaient un petit-fils ! Que demander de plus ? Esmée était heureuse et le resterait. En plus, elle arrivait en fin de grossesse, et elle pourrait chouchouter sa fille. Peut-être à l’excessif, mais bon.

-Carlisle-« Tu pourras choisir le prénom, comme il s'agit de notre premier enfant, dit-il en lui serrant la main. Je peux te promettre que tout se passera bien, j'ai si souvent rêvé de te voir mettre notre enfant au monde. »

Esmée lui sourit tout en le regardant dans les yeux, heureuse. Elle aussi avait souvent rêvé de ce moment, mais jusqu’à maintenant, jusqu’à leur re-transformation, ce rêve lui avait semblé impossible, et il l’était.

-« J’ai confiance en toi, dit-elle avec un sourire, je sais que ça se passera bien, je n’ai aucun doute là-dessus. »

Elle posa sa main libre sur celle de son époux. Elle n’avait pas peur, elle avait confiance en lui, et savait que tout irait bien et qu’il n’y avait pas lieu d’avoir peur, après tout, pourquoi devrait-elle avoir peur ? Elle savait son mari médecin, il s’occupait tous les jours de patients et il connaissait son métier. Quelque part, elle savait aussi que s’il était si attentif à ce qu’elle mangeait, ce dont elle avait peur ou de ce qui l’inquiétait, c’était pour son bien. Mais ça avait le don de l’agacer, par moment... Elle sentit à ce moment-là une contraction et grimaça tout en respirant doucement.

-« C’est rien, dit-elle afin qu’il ne s’inquiète pas. Juste une petite contraction, c’est passé. Je crois qu’elle était contente de te sentir.»

Elle sourit à Carlisle avant de ressentir à nouveau cette douleur due à une nouvelle contraction, qui lui coupa le souffle pendant quelques secondes, comme les contractions se firent de plus rapprochées, elle sentait que leur fille voulait sortir. Et elle ne le voulait pas dans deux jours, non, ni dans deux heures. Elle voulait visiblement sortir de son cocon, et maintenant. Esmée posa son regard sur son mari avant de grimacer de douleur à nouveau en ressentant une nouvelle contraction.

-« Carlisle, fit-elle une fois celle-ci passée. Le bébé arrive...»

Et, comme pour accompagner les gestes à la parole une nouvelle contraction suivie d'une autre se firent ressentir.
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MessageSujet: Re: Une venue au monde   Mer 31 Déc 2014 - 15:08

- J’ai confiance en toi, dit-elle avec un sourire, je sais que ça se passera bien, je n’ai aucun doute là-dessus.

Il lui sourit doucement, attrapant sa main. En voyant Esmée, il parvenait à se dire qu'il y avait une chance que tout se passe bien, que rien ne vienne briser leur petite bulle, mais il savait très bien que c'était impossible. L'Inquisition était peut-être encore balbutiante et frémissante, mais cela n'allait pas durer. Il n'en parlait à jamais pour n'inquiéter personne, mais ils n'étaient pas si naïfs. Enfin... Peut-être. Il ignorait ce que tous pensait de cette histoire en vérité. Sauf les jumeaux, où là, il soupçonnait plutôt bien ce qu'ils devaient penser. Il trouvait d'ailleurs assez étrange qu'ils ne soient pas redevenus vampires dès maintenant. Aro voulait-il les laisser à l'écart de toute cela, cette fois-ci ? Il retint un frémissement, très peu rassuré quand à la suite des évènements. Rester à l'écart serait en effet beaucoup plus sage. Il regarda sa femme, son ventre bien gonflé par les neuf mois de grossesse. Tout était déjà prêt pour la faire accoucher à la maison. Il avait pensé à la faire accoucher à la maternité, puis s'était ravisé. Elle sera toujours mieux chez elle, dans sa propre maison, et il pouvait veiller sur elle. Elle grimaça tout à coup et il se redressa, inquiet.

- C’est rien. Juste une petite contraction, c’est passé. Je crois qu’elle était contente de te sentir.

Une contraction... Il lui prenait les deux mains pour la faire s'allonger lorsqu'elle se tendit à nouveau, se crispant dans une grimace de douleur. Il la prit aussitôt par les aisselles pour la remonter contre les oreillers, inquiet, mais se préparant aussi mentalement. Le comportement "professionnel" prit automatiquement la place du comportement d'un mari, alors qu'il tirait à lui tout ce dont il avait besoin et qu'il avait déjà préparé depuis des jours, comme la date approchait, et qu'il ne voulait pas faire souffrir Esmée ou la rendre malade.

- Carlisle. Le bébé arrive...

Lui enlevant ses chaussures et ses collants, il souleva sa jupe et lui fit plier les jambes, tout en la faisant se rehausser sur le lit, positionnant lui-même ses coudes pour qu'elle soutienne son dos. Tirant le sac de sous le lit, il mit une large serviette de bain sous Esmée, tout en lui disant comment respirer et faire rouler son ventre pour mieux supporter les contractions. Il pourrait presque en oublier que cet enfant qui allait naître était le sien, tant il s'enfonçait dans les gestes si familiers et habituels, qu'il avait répété sur des centaines de femmes avant la sienne. Il plaça un oreiller dans le creux de son dos pour la surélever, et un sous na nuque. Il fila très vite dans la salle de bain attenante à leur chambre et remplie une bassine d'eau chaude qu'il déposa sur la petite table.

- Respire doucement, dit-il en lui faisant écarter plus les jambes. Tu peux planter les talons comme ça pour te tenir, comme tes coudes.

S'assurant qu'elle était bien au milieu du grand lit, il se mit à genoux dessus à son tour, posant les deux mains sur son ventre pour la masser, calmer les contractions, mais aussi voir la position du bébé, s'il arrivait bien la tête d'abord, et pas par le siège, car si c'était le cas, il faudra le faire retourner dans le bon sens. Rassuré, il la fit pousser, tout en lui enjoignant de respirer, surveillant l'arrivée du bébé. Toute la maison avait dû comprendre qu'Esmée était en train de mettre leur fille au monde. Carlisle avait une trousse médicale près de lui, une autre serviette, et des outils pour les soins d'urgence, notamment pour une césarienne.

- Pousse fort, reprend ton souffle, puis recommence.

Il se passa encore un moment avant que la tête du bébé ne commence enfin à sortir. Il lui écarta un peu plus les jambes, la serviette sous elle commençant à se tâcher de sang et de liquide intra-utérin. A partir de là, c'était un peu plus facile. Il soutint la tête couverte de sang de la petite, puis ses épaules, et la tira doucement pour la faire sortir complètement du ventre sa mère. Elle cria aussitôt, sans qu'il ait besoin d'agir, et il la déposa sur la serviette, attrapant le cordon ombilical. Il le pinça puis le coupa avec le ciseau, avant d'envelopper la petite dans la serviette tiède qu'il avait préparé. Tirant une languette de bois très fine, il la glissa dans la bouche de la petite dix secondes pour vérifier que rien n'obstruait sa gorge, ni sang ni liquide.

- Tout va bien...

Il déposa la fillette sur une table à langer près de l'eau chaude, puis retourna très vite sur Esmée, massant son ventre jusqu'à ce que le placenta soit évacué à son tour. Sitôt fait, il reprit la petite, et la donna à sa femme. Doucement, avec un sourire. Elle était née... Elle était enfin née... Il s'assit sur le lit près d'Esmée, regardant la petite bouille de leur fille, tremblant, à présent. Il caressa la joue du bébé du bout des doigts, puis embrassa sa femme sur le front.

- Comment veux-tu l'appeler ?
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MessageSujet: Re: Une venue au monde   Dim 18 Jan 2015 - 11:12

Pour la première fois, ce fut la peur, sentiment nouveau, inconnu et terrible,d ont elle ignorait encore le nom, qui vint la saisir violemment, brisant son monde de douceur et de chaleur où elle vivait jusqu'alors. Peur terrible, qui fit battre très vite son cœur, alors qu'elle avait l'impression de tomber, pendant qu'elle était arrachée à son cocon s doux,si chaux, si lumineux, où bien souvent, de douces voix venaient l'entourer, deux voix, plus précisément. Une voix très douce, qui résonnait souvent, une voix qui l'enveloppait aussi bien que son cocon, qui semblait arriver tout près d'elle, si près, si paisiblement. Puis une autre voix, plus grave, qui venait de l'extérieur de son cocon, une voix rassurante, qui la calmait lorsqu'elle s'agitait. Elle voulait rester là avec des deux voix, elle ne voulait pas q'on l'enlève d'ici, elle ne voulait pas ! Mais le cocon se déchira, la lumière disparut durant un instant, et elle se sentit partir loin de la douce chaleur, de son cocon où elle s'était tant sentie en sécurité.

Un grand froid la saisit, en même temps qu'une immense douleur à la poitrine, comme si quelque chose venait brusquement de se gonfler. Sa bouche s'ouvrit comme jamais, et un son en sortit, qui la surprit elle-même, et elle en comprit pas tout de suite que ce cri venait d'elle-même. Elle ouvrit les yeux, éblouie par une toute nouvelle lumière, frémit en sentant un contact sur son corps, elle qui n'avait été touchée que par le doux et chaud liquide qui l'avait enveloppée tout ce temps. Elle fut déposée sur un truc tout doux, alors qu'elle voyait son corps nettement, sans aucun liquide, ni lumière chaude, ni rien. Une autre main, plus grande que la sienne, apparut dans son champs de vision et mit un machin dans sa bouche, qu'elle voulut téter par réflexe. Le tissu blanc se referma autour d'elle, la protégeant du froid. Elle ouvrait et refermait la bouche, surprise par cet air qu'elle sentait passer. Elle ignorait où elle était, ce qui se passait, et pourquoi elle n'était plus dans le cocon tout chaud et toux doux.

Du mouvement, à nouveau. Elle rouvrit les yeux, allongée contre... Dans... Elle reconnut les deux voix qui l'avaient bercé et écarquilla les yeux, regardant les deux visages au-dessus d'elle. C'était eux, les voix ? Un doigt vint glisser sur sa joue, et elle voulut le retenir, voulant qu'il reste, car c'était doux, rassurant, et elle était curieusement très contente de sentir ce geste sur sa joue. Elle tourna la tête vers la personne qui la tenait, avec des yeux très grands, sentant son odeur. Une odeur qui l'avait aussi bercé, apaisé, et qui la réjouit, car elle avait cru qu'elle ne la sentirait plus jamais. Elle n'avait plus froid, et la peur s'évanouissait, la sécurité revenait, elle était bien.

Voyant un autre doigt venir sur son visage, elle l'attrapa avec les deux mains, étonnée de voir qu'il était si grand. Pourquoi les siens étaient si petits ? Elle le porta à s abouche et se mit à téter, fermant les yeux, commençant à avoir faim.
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MessageSujet: Re: Une venue au monde   Dim 1 Fév 2015 - 14:01

Esmée n’avait pas montré le moindre signe de panique en disant ses mots, mais la panique commença à venir, à se montrer de plus en présente au fur et à mesure tout en s’accompagnant d’une douleur de plus en plus vive et forte. C’était comme si on vous déchirait de l’intérieur, bon, dans un sens, c’était plus ou moins ça. Esmée sentait tout deux fois plus fort que dans ses souvenirs et même si elle ne pensait pas cela possible, c’était le cas. Elle sentit son époux réagir très vite et méthodiquement. Elle en aurait peut-être ri, si ce n’était pas elle qui accouchait.

Carlisle lui retira ses collants et ses chaussures. Elle sentit qu’il la manipulait avec une facilité déconcertante tout en lui positionnant correctement ses coudes et ses jambes. Elle criait de douleur et si par miracle quelqu’un dans la maison ne le savait pas encore, toute trace de doute devait s’être dissipée, parce que... après tout, il fallait être sourd pour ne pas savoir qu’Esmée accouchait. Respirant de son mieux et suivant de son mieux les instructions de son époux, elle sentit ce dernier lui mettre quelque chose de mou derrière son dos et derrière sa nuque, chose qu’elle devina être des coussins, préfèrant fermer les yeux par moment pour ne pas voir son époux s’agiter tandis que sa fille ne demandait qu’à sortir, mais aussi parce qu’elle s’efforçait de respirer correctement, comme il le lui intimait.

-Carlisle- « Respire doucement, dit-il en lui faisant écarter plus les jambes. Tu peux planter les talons comme ça pour te tenir, comme tes coudes. »

Elle s’exécuta docilement tout en gardant les yeux ouverts tandis que Carlisle s’installa près d’elle, à genou puis posa ses mains sur son –imposant- ventre afin de le lui masser. Après quelques secondes, Carlisle lui dit de pousser tout en respirant correctement. Elle ne se fit pas prier, mais dès qu’elle se mit à pousser une douleur deux fois plus forte se fit sentir et, bien qu’elle ait déjà vécu une grossesse auparavant et qu’elle s’attendait à cette douleur, elle criait tout en poussant.

-Carlisle- « Pousse fort, reprend ton souffle, puis recommence. »

Elle serra le drap tout en veillant à ne pas changer de position, reprenant son souffle, elle poussa du plus fort qu’elle le put tout en veillant à reprendre son souffle à chaque fois, suivant de son mieux les instructions de Carlisle. Au bout d’un très long moment où elle poussa encore, elle sentit Carlisle lui écarter encore plus les jambes qu’avant alors qu’elle reprenait son souffle afin de pousser. Cette fois-ci, elle poussait le plus fort possible tout en sentant du liquide sortir avant. Respirer, pousser, respirer encore. Au bout de quelques minutes, un cri de bébé se fit entendre, lui arrachant un sourire tandis que Carlisle se pressait de son côté une fois qu’il eut coupé le cordon. Elle était née. Sa fille, leur fille... Esmée respirait difficilement tout en se laissant tomber sur les coussins. Elle posa son regard sur Carlisle et sur le bébé tandis qu’il annonça, laissant le peu d’inquiétude s’évaporer :

-Carlisle- « Tout va bien... »

Son sourire s’élargit tandis que Carlisle se redirigea vers elle, une fois leur fille déposée sur une table à langer, afin de lui masser le ventre pendant un moment. Au bout d’un laps de temps qui lui sembla long, Carlisle alla reprendre la petite et vint la lui donner le sourire aux lèvres. Esmée fixa leur fille avec un regard très maternelle tandis que son époux s’installa près d’elle alors qu’elle était littéralement attendrie par leur fille et sa petite bouille. Elle fixa son mari, heureuse tandis qu’il caressa du bout des doigts le visage du petit être fragile qu’elle tenait dans ses bras. Elle sentit ensuite son époux lui embrasser le front et elle sourit de plus belle, aux anges.

-Carlisle- « Comment veux-tu l'appeler ? »

Elle posa son regard sur Carlisle, réfléchissant avant de regarder leur fille. Esmée fronça légèrement les sourcils. Emma ? Non... Elle ne la voyait pas avec ce prénom-là. En plus... Emma Cullen ? Non... Euh... Camille ? Non plus... Euh... Elle réfléchissait tellement qu’elle n’aurait pas été étonnée si de la fumée lui était sortie des oreilles ! Elle fixa Carlisle, le maudissant de ne le lui en avoir parlé que maintenant... Elle aurait pu y réfléchir, mais pour elle ça lui semblait normal de choisir le prénom avec le père de l’enfant. Après, elle aurait préféré que ce soit le cas. Mais elle l’aimait, elle aimait Carlisle et savait qu’il avait besoin de ce réconfort, d’un enfant à choyer, de son enfant. Par conséquent, elle choisirait. Le nom de son enfant. Leur enfant.

-« Lindsay, dit-elle au bout d’un moment en posant son regard sur le petit être qu’elle tenait dans ses bras, tel un trésor. C’est joli, Lindsay, non ? »

Elle caressa la joue de leur fille, qui pour toute réponse lui prit le doigt avant de le mettre en bouche, comme pour faire comprendre qu’elle avait faim. Elle avait l’air si fragile, si délicate qu’Esmée avait peur de la briser entre ses mains si elle faisait un geste brusque. Le voilà, son bébé. Le bébé dont elle avait rêvé durant toutes ces années, avec l’homme qu’elle aimait le plus au monde. Elle jurait de protéger Lindsay jusqu’à la fin de ses jours, et même après, d’empêcher tous les dangers du monde de l’atteindre, d’empêcher quelqu’un de la faire pleurer ou souffrir. Des larmes de bonheur coulèrent sur ses joues et elle sourit tout en regardant son époux dans les yeux. Elle se redressa et défit son haut, libérant sa poitrine et rapprochant Lindsay de son sein pour qu’elle boive.

-« Notre fille... Elle est parfaite. Je t’aime, souffla-t-elle à Carlisle. Je vous aime... »

Elle embrassa Carlisle, plus heureuse que jamais. Ils étaient dans leur petite bulle et rien ne pouvait les déranger.
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