Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 [Février 2008] Moi aussi, je veux me battre

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MessageSujet: [Février 2008] Moi aussi, je veux me battre   Sam 29 Nov 2014 - 0:18

Des vampires. Non mais des vampires ! Vanessa était dans un vrai cauchemar ! Des vampires… Et puis quoi, des zombies et des fées lutines lucioles qui envoyaient des éclairs pour leur bon plaisir ? Non, mais vraiment, il y a un moment où il faut arrêter les conneries. On lui jouait un mauvais tour, n’est-ce pas ? Elle avait trop abusé de l’alcool, comme lors d’une de ses nombreuses soirées, avait laissé Elvira toute seule chez Sue et le bon Dieu la punissait. Ou ses amis, la trouvant incroyablement irresponsable de sortir alors qu’elle veille sur une enfant d’à peine deux ans. C’était possible, ça aussi.

Vanessa – Aïe !

Oui… Bon, non, elle devait bien avouer qu’elle ne rêvait pas. Vanessa venait de se pincer le bras et une marque rouge était en train d’apparaître à l’endroit où ses ongles avaient été enfoncés. Bon. Eh bien, tout ça était vrai. Et maintenant ? Petit récapitulatif. Les vampires existaient. Depuis des siècles, apparemment, mais ils existaient. Sous les yeux des humains qui venaient de s’en rendre compte pour une raison obscure, une gaffe, une bavure, un débordement… Allez savoir, mais leur existence était vérifiée, approuvée, sûre.

Dès les premiers doutes, Charlie, le beau-père de Leah, avait décidé de créer une organiser, d’en être à sa tête pour lutter contre les vampires bien trop nombreux pour un seul homme. L’Inquisition. Pour toutes les personnes ayant suivi un minimum leurs cours d’histoire, pour tous ceux ayant étudié cette partie et s’en rappelant au moins par bribes, ce mot était synonyme d’horreurs et d’injustices. De terreur, aussi. Rétablir l’équilibre… Oui. Mais à quel prix ? Pour elle, il était évident qu’elle refuserait de se mêler à la foule. De se mêler à cette foule enragée, de s’attaquer à un ennemi qu’ils ne connaissaient pas. Enfin, si, des vampires, mais après ?

Peut-être Vanessa était-elle trop terre à terre. Peut-être ne faisait-elle pas assez confiance à ce qu’elle entendait. Mais ici, quelque chose clochait… Il y avait anguille sous roche, comme s’ils oubliaient un détail fondamental. Lequel ? Aucune idée. Le fait est que les gens se manifestaient un peu partout pour rejoindre Charlie, l’Inquisition. Et aujourd’hui, l’Espagnole hésitait à la rejoindre aussi. Pour Elvira. Elle était penchée sur son ordinateur, regardant des photos, lisant des légendes et mythes sur les vampires – sites actualisés ces derniers jours, étonnamment. Des photos, des rumeurs, des morsures… Jetant un regard à sa cousine paisiblement endormie, elle frissonna.

Vanessa – Je ne les laisserai pas te toucher…

Partagée entre son désir de protéger Elvira et la peur de tomber dans l’excès de l’Inquisition, Vanessa resta là un long moment sans rien faire. Elle tira une photo de ses parents, qu’elle gardait toujours dans la poche intérieure de son blouson ces derniers temps, dans l’espoir d’y trouver une réponse. Elle voulait faire quelque chose, agir. Et, dans le pire des cas, peut-être pourrait-elle freiner Charlie pour l’empêcher de prendre des mesures trop radicales ? Oui. Protéger Elvira et empêcher l’irréparable. Décidée, Vanessa descendit l’escalier menant à l’étage inférieur et trouva le beau-père de Leah le nez dans des dossiers. Frappant de brefs coups à la porte pour signaler sa présence, elle entra et dit :

Vanessa – Je ne veux pas déranger, désolée. Mais voilà un bon moment que je réfléchis. Avec tout ça… Les vampires, leur menace, l’Inquisition… Je ne veux pas rester les bras croisés à regarder des innocents mourir à cause de ces monstres. Je veux aider, faire partie de tout ça. Même à petite échelle, je me doute que vous êtes assez nombreux, qu’il y a des personnes plus expérimentées que moi, mais je ne veux pas laisser…

Vanessa s’interrompit, incapable de parler l’espace de quelques secondes. Elle n’avait pas agi la dernière fois, n’avait jamais compris ce qui s’était passé lors de cet incendie, la police n’avait jamais travaillé à fond là-dessus. Et, aujourd’hui, elle avait l’occasion d’aider les personnes victimes d’injustices telles que celle-ci. Parce que les crimes commis par les vampires étaient, souvent ou toujours, restés non-élucidés. Elle voulait aider, protéger sa cousine, se protéger, protéger les autres…

Vanessa – Pardon, fit-elle en se reprenant. Je ne veux pas laisser de côté ceux qui n’ont pas la possibilité de se battre, de tenir leur vengeance. Si les vampires sont réellement partout… Comme tout le monde semble le penser… Je veux faire quelque chose.
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MessageSujet: Re: [Février 2008] Moi aussi, je veux me battre   Mar 2 Déc 2014 - 16:55

Charlie n'était d'ordinaire pas homme à croire aux légendes et autres affabulations que pouvait inventer l'esprit humain. Il n'était pas homme à se laisser piéger par ses propres cauchemars, ni à se laisser bercer par des illusions. Et pourtant, aujourd'hui, il endossait un rôle qu'il n'aurait jamais cru devoir prendre. Celui d'Inquisiteur. Mais ce n'était pas la foi qui le guidait. Bien sûr que l'Eglise se mettait sur le terrain, envoyant ses propres chasseurs de démons avec tout l'équipement du parfait petit chasseur de vampire. Ails, crois, eau bénite... Mais était-ce vraiment efficace ? Ces armes étaient peut-être les seules connues et utilisées contre les vampires, mais n'y en avait-il pas d'autres ? Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir d'autres ? Pourquoi pas ? Assis à son bureau, il feuilletait un énorme livre, recensant toutes les légendes et les mythes du monde sur les buveurs de sang. La plupart étaient très anciens, remontant au temps de l'Antiquité... Le mythe du vampire ténébreux et séducteur était l'une des variantes les plus récentes de la légende.

Force. Rapidité. Capable de se transformer en fumée, en loup, en rat. Un être pouvant commander aux tempêtes. Il commandait aux chauves-souris et pouvait en devenir une. Un être damné, dont l'âme a été aspiré en enfer, laissant le corps là, glacial, inerte, condamné à errer sans fin dans le monde jusqu'au jour du jugement dernier. Il tournait les pages, observant les gravures préhistoriques, les messages, les peintures, les sculptures, les témoignages, les photos. Le vampire était décrit de deux façons. Il y avait le buveur de sang, et le buveur d'âmes. Mais il s'agissait toujours d'un être froid, sanguinaire, rejeté de Dieu, rejeté de tout, l'image même d'un terrible démon pourrissant le monde de sa seule présence.

Charlie – Des personnes tristement célèbres ont contribué au mythe tel qu'il est connu aujourd'hui, lut-il à mi-voix, en tournant une autre page. Nous ne citerons que deux d'entre elles, les plus remarquables. La comtesse Elisabeth Bathory et le Prince Vlad Dracul de Valachie...

Il lut l'histoire de la comtesse, ses sourcils se fronçant ligne après ligne tant il était écœuré. Cette femme, obsédée par sa beauté et sa jeunesse, avait découvert un "moyen" de rester éternellement fraîche et jeune. Grâce au sang de jeunes filles belles et vierges, qu'elle attirait dans son château. Elle se baignait dans leur sang, le buvait, et avait ainsi tué des centaines de jeunes femmes avant d'être condamnée à être emmurée vive dans son propre château. Cette histoire horrible était néanmoins connue que celle de Vlad l'Empaleur, qui avait contribué à façonner la légende du plus célèbre de tous les vampires, le comte Dracula. Le prince de Valachie était un serviteur de Dieu, mais aussi un homme sadique, cruel, qui adorait empaler ses ennemis et les regarder mourir, lentement. Une technique atroce... Un homme terrible, qui avait arrêté l'armée Turque, pourtant bien plus nombreuse et surarmée, en l'exposant aux frontières à la "forêt des milles pals". Milles personnes empalées, gisant là, une telle vision d'horreur que l'armée Turque avait rebroussé chemin, considérant qu'il était impossible de vaincre un souverain aussi cruel.

Charlie repoussa le libre, pour prendre un dossier où il avait rassemblé des témoignages, envoyés depuis le monde entier. Il y avait sur cette planète deux pays où les histoires de vampires regorgeaient. La Roumanie et l'Italie. Pour la Roumanie, facile de deviner la raison. Ce pays était celui de Vlad Tepes, "le fils du dragon", puis de la comtesse Bathory. En Italie, les légendes portaient plus sur de "bons" vampires, plus organisés, et qui imposeraient leurs lois. Dans les deux nations, on rapportait des légendes sur de très grands clans de vampires, puissants et respectés. Le comte Dracula avait-il réellement existé ou était-il le seul vampire fictif de toute cette histoire ? sans doute le personnage de Dracula avait-il été inspiré par un véritable vampire Roumain. Donc mythe ou réalité ? Dracula appartenait à l'imagination populaire, enflammé par de si nombreux films et livres. Et en ces temps plus encore, le Fils du Dragon n'avait pas terminé de faire parler de lui.

Il lisait un autre témoignage quand on frappa à son bureau. Vanessa entra, alors qu'il hochait la tête pour la saluer. Il la trouvait un peu nerveuse, en ce moment, mais peut-être était-ce simplement de l'inquiétude pour Leah. Sa belle-fille avait traversé une grosse phase de dépression, mais cela avait l'air de s'arranger. Sam Uley leur avait raconté qu'il lui avait fait rencontrer un de ses amis, pour lui changer les idées, et que les deux s'étaient plus. Ils avaient décidés de partir pour un grand voyage, en amoureux, pour échapper aux problèmes. Sue avait très heureuse que sa fille reprenne enfin des couleurs. Ce voyage lui fera sûrement beaucoup de bien.

Vanessa – Je ne veux pas déranger, désolée. Mais voilà un bon moment que je réfléchis. Avec tout ça… Les vampires, leur menace, l’Inquisition… Je ne veux pas rester les bras croisés à regarder des innocents mourir à cause de ces monstres. Je veux aider, faire partie de tout ça. Même à petite échelle, je me doute que vous êtes assez nombreux, qu’il y a des personnes plus expérimentées que moi, mais je ne veux pas laisser…

Il la jaugea un moment, ses mains jointes devant lui, les yeux plissés. Il ne doutait pas qu'elle soit pleine de bonne volonté, ça non, et toute aide était la bienvenue. Mais il était un peu surpris qu'elle lui dise cela maintenant, sans aucun signe préalable. Charlie la connaissait peu, mais il avait confiance en Leah, et si elle était amie avec cette jeune fille, cela voulait dire que c'était une personne bien. Au moins, elle avait un fort sens des responsabilités, puisqu'elle s'occupait de sa jeune cousine de deux ans.

Vanessa – Pardon, fit-elle en se reprenant. Je ne veux pas laisser de côté ceux qui n’ont pas la possibilité de se battre, de tenir leur vengeance. Si les vampires sont réellement partout… Comme tout le monde semble le penser… Je veux faire quelque chose.

Charlie – Quelle vengeance ? dit-il en refermant son dossier. Il n'est pas question ici de vengeance ou de quoi que ce soit d'autre, mais simplement de défendre notre espèce et de ne plus nous laisser tuer sans réagir. Assis-toi donc.

Il dégagea un peu son bureau bien encombré, à la fois de livres sur des légendes, des mythes, mais aussi par des dossiers sur l'organisation de son camps, sur ses alliances, ses armes, son champs d'action, des autorisations, des témoignages, des lettres de personnes voulant rejoindre le mouvement... Il rangea un peu le tout puis reporta son attention sur la jeune femme, l'air à la fois dur et serein.

Charlie – Il faut garder la tête froide, commença-t-il en la fixant droit dans les yeux. Ces monstres existent depuis des siècles, des millénaires, même. L'Eglise pourra bien dire ce qu'elle voudra, mais je doute que l'eau bénite et une croix en bois soient suffisantes pour les combattre. Une rame à feu serait déjà plus efficace et rassurante. Nous ignorons tout de leurs véritables pouvoirs, hormis ce qu'on raconte dans les livres. Avec ça, s'ils ont vécu dans l'ombre jusqu'ici, ils doivent donc s'appuyer sur un réseau formidable, qui doit les couvrir.

Il avait étalé une petite mappemonde sur son bureau, la caressant presque délicatement du bout des doigts, avant de se fixer sur l'Europe, valser sur divers pays. Il tapota la Roumanie, puis L'Italie, effectuant avec deux doigts un pont entre les deux nations.

Charlie – Il est quasiment certain que de très grands clans de vampires existent ou ont existé dans ces deux pays. Les légendes sont plus anciennes, en Roumanie, mais ce pays est la proie de tant de superstitions et d'histoires horribles qu'il est difficile d'assurer qu'il y a eu des vampires là-bas avant qu'il n'y en ait eu en Italie.

Il fit une légère pause, entourant de rouges les contrées, puis pointa le doigt sur la Transylvanie en particulier.

Charlie – Le nom de Vlad Tepes, Vlad Dracul, cela doit te dire quelque chose, n'est-ce pas ? Cet homme charmant, prince de Valachie... C'est lui que les gens s'imaginent lorsqu'on parle de vampires. Mais c'est à peu près tout.

Il repoussa la carte d'un geste vif, joignant les mains sur son bureau, souriant presque.

Charlie – Sais-tu des choses sur les vampires, mais Italiens, cette fois ?
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MessageSujet: Re: [Février 2008] Moi aussi, je veux me battre   Sam 6 Déc 2014 - 13:06

Charlie – Quelle vengeance ? dit-il en refermant son dossier. Il n'est pas question ici de vengeance ou de quoi que ce soit d'autre, mais simplement de défendre notre espèce et de ne plus nous laisser tuer sans réagir. Assis-toi donc.

Vanessa s’exécuta, restant silencieuse en regardant le shérif ranger ses affaires. Son bureau était encombré de dossiers, de feuilles, de photographies… Tant d’éléments témoignant d’une grande activité, d’une certaine organisation, comme si Charlie avait pensé à tout. Le connaissant depuis quelques temps maintenant, elle savait qu’il avait ses habitudes mais était étonnée qu’il soit si… Si… méthodique ? Oui, c’était le mot. Méthodique. Elle ignorait ce qui le poussait à agir ainsi, quel était son moteur, mais elle devait bien avouer qu’il s’en sortait plutôt bien jusqu’ici.

« Défendre notre espèce »… Ce n’était que cela ? A moins que sa connaissance de l’anglais ne lui joue des tours et qu’elle ait mal compris, mais c’était peu probable. Il n’y avait que la volonté de protéger les gens qui le poussait à s’afficher autant, à se mettre en danger, à risquer sa vie tous les jours ? Après tout… Il était shérif. Oui, c’était possible. Vanessa elle-même voulait défendre ceux qui n’en avaient pas l’occasion, quitte à risquer sa vie, alors elle pouvait comprendre ce point de vue.

Charlie – Il faut garder la tête froide, commença-t-il en la fixant droit dans les yeux. Ces monstres existent depuis des siècles, des millénaires, même. L'Eglise pourra bien dire ce qu'elle voudra, mais je doute que l'eau bénite et une croix en bois soient suffisantes pour les combattre. Une arme à feu serait déjà plus efficace et rassurante. Nous ignorons tout de leurs véritables pouvoirs, hormis ce qu'on raconte dans les livres. Avec ça, s'ils ont vécu dans l'ombre jusqu'ici, ils doivent donc s'appuyer sur un réseau formidable, qui doit les couvrir.

Vanessa regardait distraitement la mappe monde que Charlie avait étalée sur son bureau. Un réseau qui devait les couvrir… Oui, sûrement. Même dans leur « monde », les réseaux existaient, les personnes avec plus de relations s’en tiraient bien mieux que les personnes isolées et en mauvaise posture. Avant de partir en Erasmus, ici, elle avait étudié bien des dossiers dans lesquels elle était tombée sur des cas similaires. Tout cela n’était qu’une question d’argent, d’influence, de naissance. Et c’était précisément pour cette raison que l’Espagnole n’avait pas été découragée par son stage, que du contraire.

Charlie passait le bout des doigts sur divers pays, continents, avant de s’arrêter sur l’Europe. L’Europe… Et l’Italie, après la Roumanie. Fronçant les sourcils, l’étudiante cherchait relier ces deux pays. La Roumanie… N’était-ce pas le berceau de ces toutes légendes, tous ces mythes à propos des vampires ? Mais pourquoi l’Italie ? Que cherchait-il ? Le réseau prendrait son origine là-bas ? Pour le reste, Vanessa était d’accord. Elle ne croyait pas en l’eau bénite, les croix en bois, et tout ce genre de choses. De nature lucide et ne croyant plus à toutes ces sornettes, elle avait besoin de concret, de preuves tangibles avant de s’avancer et de prendre un problème à bras-le-corps. Comme pour Elvira, comme pour ses parents, comme pour l’existence des vampires.

Charlie – Il est quasiment certain que de très grands clans de vampires existent ou ont existé dans ces deux pays. Les légendes sont plus anciennes, en Roumanie, mais ce pays est la proie de tant de superstitions et d'histoires horribles qu'il est difficile d'assurer qu'il y a eu des vampires là-bas avant qu'il n'y en ait eu en Italie.

Vanessa savait que certaines légendes parlaient également de l’Italie, habitant tout près de ce pays avant de partir étudier à l’étranger. Mais elle ignorait que ces légendes étaient connues de tous, qu’il s’agissait d’une culture internationale. Pour elle, c’étaient plutôt des potins locaux et rien de plus, la mémoire du pays. C’est pour cette raison qu’elle n’avait pas été plus étonnée que cela, lors de son voyage en Italie avec son maître de stage, de voir des boutiques spécialisées ou même une fête dédiée à l’expulsion des vampires de la ville, à Volterra. Vanessa suivit du regard le marqueur rouge qu’utilisait Charlie pour entourer les deux pays cités, plus précisément la Transylvanie qui était le lieu de prédilection pour les plus grandes légendes. Légendes horribles, à vous en donner des cauchemars durant la nuit. L’Espagnole, elle, avait fait des nuits blanches pendant un sacré bout de temps lorsqu’elle était tombée sur ces histoires en dépit de l’interdiction de ses parents pour les lire. Elle était grande ! Alors, pourquoi l’en priver ? Eh bien, elle avait eu la réponse très vite. Sang. Meurtres. Disparitions. Vampires.

Charlie – Le nom de Vlad Tepes, Vlad Dracul, cela doit te dire quelque chose, n'est-ce pas ? Cet homme charmant, prince de Valachie... C'est lui que les gens s'imaginent lorsqu'on parle de vampires. Mais c'est à peu près tout.

Vanessa hocha la tête en essayant de dissimuler le dégoût qu’elle éprouvait à propos de cette histoire tandis que Charlie repoussait la carte d’un geste vif. Légende ou non, ce récit l’avait traumatisée un bon moment et avait contribué à lui faire réaliser que, non, le monde n’était pas tout gentil, tout mignon. Un homme qui se plait à tuer des gens et à les empaler pour montrer son pouvoir… Cette histoire était ignoble, même si le film poussait toute personne à prendre pitié de cet homme. Oui, c’était beau, triste, cela l’avait un peu réconciliée avec ce mythe et avait ôté ses cauchemars incessants. Mais tout de même. Oui, elle se l’imaginait lorsqu’elle entendait le mot « vampire », avec des yeux rouges, un teint blafard, de longs ongles et des mains fines…

Charlie – Sais-tu des choses sur les vampires, mais Italiens, cette fois ?

Vanessa – L’Italie ?

Les vampires italiens ? Vanessa fit la moue, replongeant dans ses souvenirs. Les Italiens… Elle n’était allée qu’une seule fois en Italie, voyage durant lequel elle s’était plongée dans le patrimoine de façon à en apprendre un maximum sur ce pays si éloigné aujourd’hui. Elle avait découvert des articles, rencontré des personnes, interrogé les gens sur cette fillette disparue et la famille « Volturi ». C’est à partir de là que tout s’était corsé. Personne ne les critiquait, personne ne leur trouvait d’ennemis. Cette famille semblait être élevée sur un podium, inaccessible, protégeant la ville depuis des siècles et des siècles. Des coupures de presse les montraient, parlaient d’eux, mais toujours en termes élogieux. Prise par les événements, le retour en France, son maître de stage qui la pressait toujours davantage, elle avait laissé cette histoire de côté sans oublier les choses pour autant.

Vanessa – Je ne sais pas si ce sont des vampires… Mais je suis allée en Italie dans le cadre de mon stage, en France. Je devais enquêter sur la disparition de Jane Volturi avant qu’elle ne soit retrouvée à Paris. Et… Cette famille, les Volturi. Peut-être est-ce idiot, mais les gens, là-bas, ne parlent d’eux qu’en termes élogieux. Ils ont l’air d’être présents depuis toujours, depuis des siècles.

Vanessa fit une pause, parlant de ses doutes à quelqu’un pour la première fois depuis des mois. Elle avait osé, dans un café, et les choses s’étaient envenimées. Depuis, ce sujet n’avait plus été remis sur le tapis. Cependant, l’Espagnole n’avait pas envie de précipiter les choses, de s’avancer, de foncer droit dans un mur ou de donner de faux espoirs à Charlie qui semblait s’impliquer réellement dans l’Inquisition.

Vanessa – Je n’avance rien, bien entendu, mais je trouvais ça bizarre. Qui peut se vanter de n’avoir aucun ennemi ? Il faut avoir de sacrées relations pour effacer toutes nos bavures. Même nous, citoyens lambda, nous avons des ennemis et toutes nos bêtises sont sûrement répertoriées quelque part. Et puis…

Vanessa avait même discuté avec aussi rencontré une personne, une certaine photographe du nom d’Angela Weber. C’en était suivi une histoire étrange. Cet homme, qui les avait interpellées Angela et elle. Les coupures de presse. A bien y réfléchir, cette rencontre avec les trois hommes avait été étrange, comme en dehors de tout espace temps et les deux jeunes femmes avaient tout abandonné par la suite. Et… Mais oui ! Les hommes qu’elles avaient rencontrés étaient les parents de la fameuse Jane Volturi. Ils étaient ces Volturi. Lorsqu’elle-même avait mentionné ses doutes, l’homme blond n’avait pas l’air très content et tout s’était déroulé de manière très bizarre, tout s’était embrouillé et… Elle avait pensé qu’ils étaient étonnamment beaux. Tous les éléments mis bout à bout formaient un tout, c’était logique ! Se redressant, comme prise d’une lueur de lucidité, Vanessa reprit la parole d’une voix plus précipitée :

Vanessa – J’ai rencontré une certaine Angela Weber, à Paris. Une photographe américaine, on a parlé de toute cette histoire. Je lui ai dit que je doutais de la famille Volturi, que je trouvais étrange qu’ils n’aient aucun ennemi. Elle était du même avis que moi et, pendant notre discussion, un de ces Volturi nous a abordées.

Vanessa s’interrompit, rassemblant les éléments pendant qu’elle parlait. Tout semblait logique, tellement logique qu’il était étrange que personne n’en ait parlé avant, ne l’ait remarqué. Seulement, peut-être était-ce comme cela qu’ils procédaient ? Si Charlie n’en avait pas parlé, Vanessa aurait oublié cette histoire à jamais et les Volturi n’auraient jamais été remis en cause.

Vanessa – Je sais que c’en était un parce que nous sommes allées les voir, avec ce Aro Volturi, le père de Jane, nous l’avons vu à la télévision par la suite. Il n’était pas content. Il a entendu notre discussion, je l’ignore comment mais il nous écoutait et il n’appréciait pas qu’on les critique je crois. Tout s’emboîte ! Sur le coup, je n’ai pas fait attention parce que j’étais comme… hypnotisée. Tout s’est embrouillé et je n’y ai plus repensé. Mais là, maintenant, je suis sûre que ce « réseau » a un lien avec eux.
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[Février 2008] Moi aussi, je veux me battre
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