Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Le rythme de la vie

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MessageSujet: Le rythme de la vie   Mer 8 Avr 2015 - 22:22

Qui avait laissé cela ici ? Qui, dans ce château, avait donc oublié cela sur le rebord de ce lavabo que peu utilisaient encore ? Marcus était fasciné par ce petit bout d'éponge posé sur l'émail blanc, abandonné ici, prêt à chuter sur le sol, touché par un léger rayon de soleil. C'était une toute petite éponge, qui avait connu bien des jours meilleurs, et qui gisait là, écueil laissé à la vue de tous et pourtant si solitaire. Qui se souciait de cette éponge ? Qui se souciait de son utilité sur cette terre, malgré le fait qu'elle ait déjà tant servi ? pour tous, ce n'était qu'un objet. Un simple objet sans valeur, alors qu'il reflétait toute la difficulté de leur monde. Travailler et souffrir, se réduire peu à peu en lambeaux d'impuissance. Cette petite éponge illustrait tout cela. Marcus pencha légèrement la tête pour mieux observer cet objet laissé là. Personne ne se souciait du sort de cette éponge, comme personne ne se souciait jamais des objets trop vieux ou devenus inutiles. Et pourtant, savaient-ils, savaient-ils tous, cette jeunesse débordante, que la destinée de cette éponge était semblable à la destinée de ce monde ? Se réduire peu à peu, jusqu'à n'être qu'un souffle de tristesse sur cette terre, puis disparaître. Voilà l'existence, auquel tant s'accrochaient désespérément.

Tout comme la chaise où il était assis, par ailleurs. Qu'était-ce aux yeux du monde, sinon une simple chaise de bois ? Lui la trouvait élégante... Taillée dans un bois puissant, elle supportait le temps avec une force insoupçonnée, moulée et gravée dans une véritable œuvre d'art. Un art qui ne se retrouvait pas que dans les tableaux mais dans la création complète de l'univers. Au départ, ce n'était qu'un bourgeon dans une terre fertile, qui était devenu un arbre, dont le bois avait ensuite été découpé et taillé pour former cette chaise. Cette chaise où il était assis, cette chaise encore solide, faite pour traverser les âges de ce monde. Même si les personnes ici présentes disparaissaient dans l'instant, cette chaise restera là, fière dans le temps, aussi longtemps que le ciel le voudra. Un caprice du destin pouvait bien sûr la détruire mais la trace de l'artiste ayant conçu cette chaise aura su se graver sur le voile incertain du temps. Qui oserait aller contre cette grande règle universelle ?

– Maître, vous allez bien ?! Maître !

A qui appartenait cette voix inquiète ? Il rouvrit les yeux, maussade, tombant sur un des gardes. Ah oui, c'était un nouveau, évidemment, il ne savait pas encore qu'il y avait des moments où s'inquiéter était inutile. Il hocha la tête avec lenteur, les mains jointes et posées sur ses genoux. Va donc l'esprit en paix, jeune enfant. Il repartait dans un sommeil presque éternel lorsqu'il vit son jeune frère rentrer dans la salle d'entraînement avec Démétri. Ni l'un ni l'autre ne semblèrent surpris de voir le grand vampire s'endormir près du mur de la salle, Marcus avait l'habitude se poser n'importe où pour s'enfoncer dans une lassitude profonde. Il referma un instant les yeux, comme figé par le temps, comme si tout son corps était pris dans la nasse de la mort. Il était comme un élément de la décoration, dans ce château, inutile de faire attention. Il rouvrit les yeux lorsque Caïus et son jeune protégé commencèrent à se battre devant lui.

– A quoi bon ? murmura-t-il de sa voix très grave et lourde. L'humanité ne peut guère plus mener de féroces combats comme il en était autrefois. Le temps des grands champs de bataille est révolu, les guerres ne se mènent plus ainsi. Qui osera désormais rassembler et défier ses adversaires dans de grands duels de courage et d'honneur ?

Sa voix s'éteignit dans un souffle alors que son frère et le traqueur frappaient et esquivaient, dans un combat rapide. Pourquoi s'entraîner, encore et encore ? Qui se risquera à combattre ainsi un vampire en ignorant son âge et sa force ? Qui serait assez fou pour forcer à ce point le destin et risquer de tout perdre, pour une simple question de fierté ?

– Tu es trop préoccupé, mon frère, qui voudra se battre ainsi contre toi à l'exception d'un autre vampire ? Et même ainsi, cet entraînement est vide de sens, tu as pour toi le poids si lourd des âges, qui donnent à la fois plus de force mais aussi plus de morosité et de regret. Le temps passe et nous restons là, à regarder les années s'égrener lentement.

Il leva un peu la tête pour contempler le plafond gris et froid avant de revenir sur les deux silhouettes qui filaient à toute vitesse.

– Qu'en dis-tu, Démétri ? demanda-t-il d'un ton paisible au traqueur en le regardant se battre. Que penses-tu de la vacuité de l'existence ?
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