Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Une fille dans le sable

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Scar

Moine guerrier

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MessageSujet: Une fille dans le sable   Dim 3 Mai 2015 - 20:48

Un vent venu de l'Est souffla d'un coup violemment, charriant avec lui du sable et de la poussière. Scar rabattit la capuche de son manteau sur sa tête, habitué à ces tempêtes soudaines qui arrivaient dans le désert. Tout pouvait être très calme, puis d'un seul coup, une immense tempête de sable pouvait vous tomber dessus sans que rien puisse vous prévenir. La chaleur de l'Est et du Sud pouvaient tuer tout aussi bien que la glace du Nord, c'était ainsi. Il baissa la tête, fermant les yeux tout en marchant. Ce désert, depuis trois ans, avait le goût et l'odeur du sang. Il marchait comme s'il était encore vêtue de sandales en paille et de sa tunique de moine guerrier, avec l'écharpe traditionnelle en travers de son torse et accrochée à la taille, volant dans le vent féroce. Il avait quitté Central la nuit dernière pour rejoindre le désert, en quête d'un instant de repos pour honorer la mémoire des siens. Il les vengeait. Leurs assassins allaient périr à leur tour, ils allaient connaître eux aussi la souffrance et le prix du sang. Tel était le serment qu'avait fait Scar face aux Dieux.

Il contourna une plus grosse butte, portant son regard sur la ligne de l'horizon, s'arrêtant un instant, cerné par le vent et le sable, la bouche recouverte par une écharpe. Là-bas était le puissant royaume de Xing, par-delà le désert. Puis la frontière avec Amestris venait. La région Ishbal était dans le désert, à la limite de cette frontière. Il porta une main en visière pour voir s'il y avait des marchands ou des convois qui passaient dans le désert. Il en croisait parfois et on le prenait pour un voyageur égaré. Mais Scar connaissait bien le désert, ses mystères, ses dangers, ses besoins, ses cachettes. Telle était sa patrie, il avait grandi dans une région aride et perdue, la vie avait toujours été dure, mais elle avait été bonne. Même si on lui avait tout pris, comment se permettre d'abandonner , Ce serait salir la mémoire des siens. Continuant à marcher, il aperçut tout à coup au loin une petit forme, couchée dans le sable. Un animal mort au milieu du désert ? Les charognes en auraient déjà fait leur affaire.

Il arriva à la silhouette et haussa les sourcils en voyant une fillette couchée dans le sable, de dix ans à peine, avec près d'elle une sorte de chat noir et blanc. Il s'agenouilla dans le sable pour la retourner sur le dos, posant deux doigts sur son cou pour sentir son pouls. Elle était toujours vivante... Ses vêtements laissaient supposer qu'elle arrivait de Xing. Une fillette aurait traversé le désert toute seule pour venir à Amestris ? Il la souleva dans ses bras, prenant aussi le petit animal bizarre avec elle, puis reprit sa route. Elle respirait faiblement dans ses bras et il s'interrogea sur son âge précis. Elle ne semblait vraiment pas bien vieille. Il marcha encore longtemps avec elle avant d'arriver à un premier village. Il trouva une cabane laissée à l'abandon près d'une gare et y allongea la fillette, récupérant de l'eau pour la faire boire.

– Fillette, appela-t-il en lui secouant doucement l'épaule. Oh, réveille-toi.

Sa bestiole reprit conscience la première puis s'accrocha aux vêtements de l'enfant en couinant. Il al considéra un moment puis versa de l'eau au creux de sa main puis lui donner à boire elle aussi. L'espèce de chat renifla ses doigts puis vint laper l'eau. Scar reporta son regard sur la petite qui reprenait peu à peu ses esprits. Il passa la main sous sa tête pour la faire boire de nouveau, impassible.

– Qui es-tu ? Je t'ai trouvé dans le désert.


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May Chang

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MessageSujet: Re: Une fille dans le sable   Mar 5 Mai 2015 - 11:17

Le vent était plus fort, charriant des milliers de grains de sable qui l’étouffaient, elle et Shao May. La petite avait pris son petit animal dans ses bras, car le petit panda était exténué, marchant avec trop de peine dans ce désert déchirant. La jeune femelle avait tenu avec vaillance et vigueur, mais il était venu un moment où ses pattes ne l’avaient plus porté, la fatigue et la soif devenant bien trop lourdes. May l’avait prise contre elle, lui parlant doucement, tête baissée et yeux à demi-fermés pour supporter le vent, le sable qui venait vous brûler et piquer la peau, s’infiltrant partout. Voilà des jours et des jours qu’elle avait quitté Xing pour s’engager dans cet enfer brûlant, en route pour Amestris, le pays de l’Alchimie. Son sac pesait déjà si lourd… Elle n’avait presque plus d’eau. Shao May couina dans ses bras, s’accrochant à sa tunique pour venir léger son coude sa langue minuscule. Des jours et des jours qu’elles luttaient ensemble dans ce désert… Il fallait tenir, avancer, ne pas abandonner ici, pas si près du but.

Son panda sauta sur son épaule pour s’y accrocher, alors qu’elle buvait quelques gouttes d’eau restantes, les partageants avec Shao May. Tenir… Mais elle n’en pouvait plus. Elle se concentra sur son clan, sur toute sa famille qui espérait la réussite, qui espérait rentrer dans les faveurs de l’empereur et ainsi sortir de la méfiance, du déni, de la misère. Le clan Chang était si peu influent, à Xing, trop peu pour influencer la moindre décision, trop peu pour espérer un quelconque avenir. Sauf si May parvenait à s’attirer les grâces de l’Empereur et devenir ainsi son héritière. Elle sauvera son peuple grâce à cela. Elle devait juste trouver la pierre… La trouver et la ramener à Xing. Son clan comptait sur elle, elle ne pouvait pas mourir ici. Elle plissa les yeux mais ne vit que du sable et du soleil. Son panda retomba contre elle, dans ses bras, brisé par la soif. Elle aurait voulu pleurer mais n’avait plus assez d’eau en elle pour cela. Le désert n’en finissait plus… Ses jambes tremblaient, sa vision était trouble… Elle se sentit tomber…

Elle avait dû s’évanouir. Elle ne pouvait ouvrir les yeux, troublée, mais put sentir deux bras l’entourer et la porter. Elle était dans les bras de quelqu’un. En temps normal, elle se serait débattue, se serait battu pour sa vie, mais elle ne pouvait pas effectuer le moindre geste, bien trop épuisée. Où était Shao May ? Elle espérait qu’elle était encore avec elle… Elle ne supporterait pas de le savoir abandonnée dans le désert. On l’allongea et un liquide tiède coula tout à coup sur ses lèvres puis dans sa gorge. De l’eau. C’était de l’eau ! On lui donnait de l’eau ! Une profonde vague de reconnaissance l’envahit, à mesure que le liquide vital coulait dans sa gorge puis dans son corps. L’eau, la vie, tout revenait. Qui était son sauveur ? Car oui, cette personne l’avait tiré des griffes du désert et lui avait donné de l’eau, c’était forcément quelqu’un de très bon et très gentil. Elle avait une très grande dette envers lui.

– Fillette, appela-t-il en lui secouant doucement l'épaule. Oh, réveille-toi.

C’tait une voix d’homme. May entendit tout à coup le couinement de Shao May, ce qui la raviva autant que l’eau. Elles s’en étaient sorties, elles s’en étaient sorties toutes les deux ! Elles étaient arrivées à Amestris ! Elle fit un effort pour ouvrir les yeux, tombant sur un homme à la peau brune, aux cheveux gris, avec des yeux très curieux, couleur rubis. Il l’avait sauvé. Il passa une main sous sa tête pour la surélever et la faire boire de nouveau. Elle but plus fort, cette fois, reconnaissante. Il était son sauveur ! Grâce à lui, elles avaient quitté ce désert affreux, tout allait bien, elles étaient sauvées. Shao May était là, bien portante, vivante.

– Qui es-tu ? Je t'ai trouvé dans le désert.

– Je m’appelle May Shang, et voilà Shao May. Merci, merci infiniment, vous nous avez sauvées !

Une brusque quinte de toux la força à s’interrompre. Elle peina à reprendre son souffle, crachant un peu de sable, puis but à nouveau à la gourde d’eau. Mais le pire était derrière elle, à présent ! Le désert n’avait pas triomphé, elle pouvait toujours aider son peuple. Elle s’assit en tailleur, joignant les mains en s’inclinant pour remercier son sauveur.

– Je vous dois une gratitude éternelle, en mon nom et en celui de mon clan, car vous me permettez de poursuivre mon but et ainsi chercher le moyen de sauver mon peuple. Je viens de Xing, je suis ici, au pays de l’alchimie, pour trouver ce qui pourra attirer la gratitude de l’Empereur sur les miens. Ainsi, mon clan ne sera pas voué à la mort.

Elle se redressa, ravivée par son envie de réussir et de sauver les siens.

– Et vous, quel est votre nom ? Comment puis-je vous remercier ?


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Scar

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MessageSujet: Re: Une fille dans le sable   Mar 12 Mai 2015 - 17:07

– Je m’appelle May Shang, et voilà Shao May. Merci, merci infiniment, vous nous avez sauvées !

Il regard ses vêtements, assis à terre, les bras croisés, puis la bestiole qui l’accompagnait. Elle avait un certain accent, qui acheva de la convaincre qu’elle venait bel et bien de Xing, cet immense pays qui s’étendait au-là du désert. Cela voulait dire qu’elle avait traversé ce désert… toute seule ? Il haussa les sourcils, pris de court, en la dévisageant, tandis qu’elle toussait et crachait un peu de sable. Cette gamine avait marché toute seule dans le désert durant des jours à son âge ? Mais pourquoi ? Pourquoi bon sang ?! C’était de la folie pure ! Elle aurait pu y laisser la peau plusieurs centaines de fois et y serait passée pour de bon s’il ne l’avait pas ramassé au milieu des dunes. Il n’y avait pas que la chaleur de mortelle… Ce désert était aussi un repère foisonnant de scorpions, de serpents et autres bestioles dangereuses qui tueraient en un rien une fillette de cette taille. Elle aurait pu avoir une grosse insolation et en devenir folle, mourir de soif, de fatigue, même détruite par la solitude. Quoi que, elle avait son chat bicolore avec elle…

Elle s’assit tout à coup puis joignit les mains avant de s’incliner. Sans doute pour le remercier. Il hocha la tête à son tour, toujours ahuri qu’une gamine de cet âge ait franchi le désert pour arriver ici. Elle avait fait preuve d’une très grande endurance, cela forçait l’admiration. Cette gamine lui rappelait certains enfants de son peuple qu’il avait connu, ceux qui venaient courir dans leurs jambes pendant qu’ils s’entraînaient. Des enfants plein d’énergie… Ils auraient pu mener une vie longue et heureuse si l’armée n’avait pas jugé bon de la leur prendre. Restait à savoir pourquoi cette petite était venue à Amestris. Elle allait sûrement s’expliquer sur ça. Elle n’avait plus de parents ou de famille qui auraient pu venir avec elle ? Ou les avait-elle volontairement laissés derrière elle ? Il voulait savoir, cette fillette l’intriguait beaucoup.

– Je vous dois une gratitude éternelle, en mon nom et en celui de mon clan, car vous me permettez de poursuivre mon but et ainsi chercher le moyen de sauver mon peuple. Je viens de Xing, je suis ici, au pays de l’alchimie, pour trouver ce qui pourra attirer la gratitude de l’Empereur sur les miens. Ainsi, mon clan ne sera pas voué à la mort.

Il plissa les yeux alors qu’elle se redressait. Trouver le moyen de sauver son peuple… L’empêcher de courir à la mort… Il entendit de nouveau, malgré lui, son frère et ses parents hurler sous les balles et les bombes. Il revit les siens tomber un à un, en maudissant Amestris, incapable de les aider, incapable de les sauver. Il fixa la fillette, lèvres entrouvertes. Avec quel moyen de ce pays pourrait-elle sauver son clan ? S’il était menacé d’extinction… Elle était si jeune et devait déjà porter ce genre de fardeau sur ses épaules. Une fillette de cet âge. Il comprenait à présent pourquoi elle s’était engagée dans ce désert. Vouloir aider et sauver les siens était la plus Noble des raisons, la plus grande force qui vous poussait à vous dépasser, à faire du mieux possible, à tout donner, quitte à y laisser votre vie. Pour éviter la douleur de tout perdre… Pour ne pas être seul, un jour, car vous aurez échoué à sauver ceux qui vous sont chers… Cette petite était sur la corde raide, un pas de travers et elle tombera. Il retint une grimace, répugnant de voir une gamine se battre seule ainsi.

– Et vous, quel est votre nom ? Comment puis-je vous remercier ?

– Je n’ai plus de nom, je l’ai laissé derrière moi, dit-il d’un ton indifférent. Tu peux m’appeler Scar, si ça te fait plaisir. Et ne te soucie pas de me remercier, je n’allais pas te laisser agoniser dans le sable et passer mon chemin.

Il se leva avec souplesse, pour aller vérifier si tout était toujours calme, au-dehors, si l’armée ne traînait pas trop près d’ici. Il était sur ses gardes, près à réagir à la moindre éventualité. Il devait être l’un des criminels les plus recherchés de tout le pays, en ce moment-même. L’armée tenait à ses braves petits chiens, après tout, comment ferait-elle si elle ne pouvait plus les lâcher sur des civils pour qu’ils commettent des massacres ? S’en était tellement pitoyable ! Des hommes et des femmes capables d’abandonner toute fierté et tout honneur pour se soumettre à l’armée, il trouvait cela risible et pathétique. La gamine se leva tout à coup et vint s’agripper à sa manche avec ses grands yeux noirs, suivie par son chat qui sauta sur son épaule.

– Je veux quand même vous remercier, monsieur Scar ! C’est quoi votre but, à vous ?

– La vengeance, fillette… Venger mon peuple qui a été massacré.

Elle le regarda avec des yeux ronds, puis eut un air très triste. Il allait lui dire d’oublier ça quand elle pâlit d’un coup puis défaillit. Il la rattrapa avant qu’elle ne tombe au sol puis la souleva dans ses bras. Hum, elle était encore loin d‘avoir récupéré. Elle devait mourir de faim et de fatigue, après une telle traversée. Mais que faire ? Il réfléchit un instant, puis finit par soupirer, reprenant sa route en l’emmenant avec lui. Le chat bicolore vint sur son épaule, alors que la petite balbutiait des excuses. Il la rehaussa contre lui en lui jetant un long regard. Elle murmura qu’elle était venue dans ce pays pour y chercher la pierre philosophale. Grâce à elle, elle obtiendra la considération de l’Empereur et son clan ne disparaîtra pas. Une petite princesse de Xing qui cherchait à sauver les siens en se lançant dans ce genre de quête, voilà qui n’était pas banal.

– Tu as faim ? demanda-t-il en entrant avec elle à Resembool.

Elle acquiesça doucement dans ses bras. Il s’arrêta dans un petit restaurant et commanda ce qu’il fallait pour elle, ses lunettes noires sur le nez. Elle était effectivement plus qu’affamée. Depuis combien de temps n’avait-elle plus fait un vrai repas ? Lui-même ne mangea qu’un peu, n’ayant pas faim.

– Comment veux-tu trouver la pierre de légende ? Tu as quelques connaissances en alchimie ?


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May Chang

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MessageSujet: Re: Une fille dans le sable   Mar 19 Mai 2015 - 15:48

– Je n’ai plus de nom, je l’ai laissé derrière moi, dit-il d’un ton indifférent. Tu peux m’appeler Scar, si ça te fait plaisir. Et ne te soucie pas de me remercier, je n’allais pas te laisser agoniser dans le sable et passer mon chemin.

Elle ouvrit la bouche en o avec de grands yeux étonnés. Il avait laissé son nom ? Mais pourquoi ? Un nom, c’était précieux ! Un nom dévoilait une partie de votre âme et avait toujours une signification. Alors pourquoi le laisser ? Elle se doutait que « Scar » lui venait de la cicatrice sur son visage. Elle se demandait comment il l’avait eu… Il avait un regard étrange, brûlant, comme s’il avait déjà trop vécu ou qu’il avait beaucoup de peine. May avait déjà vu ce regard, chez des personnes à qui n avait tout arraché et qu’elles se retrouvaient sans ressource, à lutter pour survivre. Ces personnes étaient dévastées par la colère et le chagrin, mais aussi une certaine impuissance. Lui aussi devait avoir vécu des choses horribles pour avoir un regard comme ça, elle se demandait quoi. Peut-être sa famille avait-elle eu des problèmes, elle aussi ? Dans tous les cas, il ne devait pas perdre espoir ! Elle était sûre qu’il trouvera le moyen de les aider, comme elle-même pouvait aider les siens.

Faisant fi de sa fatigue, elle se leva puis courut le rejoindre près de la fenêtre, s’agrippant à sa manche par les deux mains. Il l’avait aidé donc elle aussi pouvait le faire pour payer sa dette ! Elle pouvait sûrement faire quelque chose pour lui à son tour. Elle n’était pas juste une fillette inutile et incapable. Elle savait se battre et elle pouvait utiliser l’exilorogie pour le soigner, s’il était blessé pendant sa quête ! Elle leva le regard vers lui, voulant vraiment se montrer utile et le remercier. Il lui avait sauvé la vie, ainsi qu’à Xiao Mei. S’il n’avait pas pris la peine de les aider, elles seraient mortes dans ce désert et le clan Chang n’aurait pas survécu très longtemps, privé à jamais de son seul moyen de s’attirer la grâce de l’Empereur.

– Je veux quand même vous remercier, monsieur Scar ! C’est quoi votre but, à vous ?

– La vengeance, fillette… Venger mon peuple qui a été massacré.

Elle le fixa, les yeux écarquillés, puis sentit les larmes lui monter aux yeux… Alors… C’était pour ça qu’il avait ce regard… C’était pour cela… Elle fut envahie par une très grande tristesse et une vive compassion, sachant très bien ce que cela faisait de regarder les siens mourir sans pouvoir rien faire, imaginant très bien la douleur qui devait être subie en perdant ainsi sa famille. Un voile noir tomba tout à coup devant ses yeux et elle se sentit tomber, ses jambes ne la portait plus. Monsieur Scar la rattrapa cependant avant qu’elle ne s’écroule au sol, la soulevant dans ses bras. C’était horrible… Il avait perdu tous les siens… Comment faisait-il pour continuer à vivre ? Elle reprit son souffle, les yeux fermés, avec une douleur à l’estomac. Vivre sans son peuple, ce n’était pas supportable ni acceptable. Elle ne pourra pas continuer à fouler cette terre alors que tous les siens avaient rejoint leurs ancêtres. Comment faisait monsieur Scar ?

Voyant qu’il avait repris sa route, avec elle dans les bras, elle balbutia des excuses. Il devait encore la porter comme un poids mort, il se souciait encore de sa vie, alors qu’il aurait pu l’abandonner dans la cabane là-bas. Il était… Très gentil… Elle lui fut encore plus reconnaissante, vraiment touchée d’être tombée sur lui, émue d’être tombée sur une personne avec un cœur aussi grand alors qu’il avait subi un profond malheur. Après tout, rien ne l’obligeait à se préoccuper du sort d’une petite Xinoise, il ne lui devait rien. Mais il le faisait tout de même, ce qui prouvait qu’il était quelqu’un de très bon. Bercée par sa marche, elle expliqua dans un murmure pourquoi elle était ici, ce qu’elle était venue chercher à Amestris. Elle devait sauver les siens… Si elle ne parvenait pas à atteindre son but, son clan allait continuer à dépérir, jusqu’à disparaître, faute de soutien, de ressources, d’alliés. Elle devait empêcher cela, c’était son rôle en tant que 17ème princesse héritière du royaume de Xing, membre du clan Chang. Elle le devait… Elle rouvrit les yeux, voyant qu’ils étaient arrivés à un petit village. Elle en savait pas du tout où ils se trouvaient dans le pays, mis à part la région. Mais monsieur Scar semblait sûr de son chemin.

– Tu as faim ?

Elle hocha doucement la tête, toujours blotti contre lui. Ils s’arrêtèrent pour manger et elle se rendit compte qu’elle était vraiment affamée. Elle partagea avec Xiao Mei, mangeant avec appétit, ses baguettes en main. Voilà qui faisait du bien ! Elle n’avait plus fait un vrai repas depuis longtemps, plus depuis qu’elle avait commencé à traverser le désert. Elle but une longue gorgée d’eau, fermant les yeux lorsque le liquide vital coula dans sa gorge. Elle se sentait beaucoup mieux, d’un seul coup. Elle sourit à monsieur Scar, ses tresses voletant autour d’elle. Xiao Mei mangeait aussi avec beaucoup de vigueur son bol de riz, très contente.

– Comment veux-tu trouver la pierre de légende ? Tu as quelques connaissances en alchimie ?

– Non, mon peuple utilise l’exilorogie, surtout pour la médecine, dit-elle d’un ton déjà plus vif et enthousiaste. On se sert du pouvoir de la terre qui circule dans les sols, le pouls du dragon. Vous en avez déjà entendu parler ?

– Mon frère l’avait étudié.

Elle crut l’avoir blessé, en voyant s abouche pincé, mais il retrouva assez vite un air impassible. Ils terminèrent de manger, buvant beaucoup d’eau, ce qui permit à May de retrouver une bonne partie de sa forme. Voilà qui était mieux ! Elle s’essuya la bouche, rassasiée et soulagée. Ils payèrent puis repartirent, alors qu’elle sautillait à côté de lui, en lui assurant qu’elle allait rembourser sa dette. Cela, plus la peine qu’il lui inspirait, après ce qu’il avait vécu… Il était très courageux de vivre encore après ce genre de drame. Mais comment était-ce arrivé ? Comment avait-il pu perdre ainsi tous les siens ? Il y avait eu une guerre ? S’ils avaient été massacrés… Elle n’osa pas lui poser la question, ne voulant pas raviver des souvenirs douloureux. A la place, elle lui demanda où ils allaient, si c’était loin, ce qu’il voulait faire maintenant. Il lui indiqua la direction de L’est, après avoir rabattu sur sa tête la capuche de son manteau et remit correctement ses lunettes noires.

– Il y a quoi, là-bas ?

– L’armée y fait des manœuvres, je vais y jeter un œil, mais ne te sens pas obligée de m’accompagner.

Elle hocha la tête en le suivant, marchant d’un bon pas à présent. Sur le chemin, elle en profita pour parler un peu plus de son clan à monsieur Scar, afin qu’il comprenne ce qui l’avait poussé à traverser tout le désert pour trouver la pierre philosophale. Xing était composé par d’innombrables clans, tous sous l’autorité de l’Empereur. Le sien était l’un des moins influents, ils n’avaient aucune force de parole. Ils vivaient du travail des champs et du commerce avec d’autres petits clans. Mais leur famille se mourrait, régulièrement attaquée par des familles plus puissantes que la leur.

– Avec la pierre, l’empereur fera de moi son héritière, expliqua-t-elle en laissant Xiao Mei sauter dans ses bras. Ainsi, je pourrai préserver les miens ! C’est très important, plus important que tout. Je n’ai pas de frère ou sœur, et ma mère n’est pas très en forme. Mais ma famille a confiance, elle sait que je vais réussir. Je le dois, pour eux tous.

Elle frotta la tête à son panda avec un petit rire, se sentant en confiance. Oui, elle réussira ! Sa famille sera sauvée. Elle marchait près de monsieur Scar, levant la tête vers lui.

– Et vous, vous connaissez l’alchimie ?


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Scar

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MessageSujet: Re: Une fille dans le sable   Dim 5 Juil 2015 - 18:20

– Non, mon peuple utilise l’exilorogie, surtout pour la médecine, dit-elle d’un ton déjà plus vif et enthousiaste. On se sert du pouvoir de la terre qui circule dans les sols, le pouls du dragon. Vous en avez déjà entendu parler ?

– Mon frère l’avait étudié.

Exilorogie... Scar se souvenait de ce qu'il avait lu sur cela, assez vite, dans les notes que son frère avait laissé. C'était une des spécialités de Xing, un art qu'on utilisant pour la médecin, principalement. Il reprit son air impassible habituel en grignotant la galette qu'il venait de prendre, observant la petite manger avec un bon appétit. Si jeune et déjà soumise aux même problèmes qui avaient hanté le peuple d'Ishbal il y a quelques années. Il comprenait sans aucune peine la volonté qui la poussait, personne ne devrait avoir à subir cela, personne, peu importa sa race, sa religion ou sa couleur de peau. Ou même la couleur de ses yeux. Mais le peuple d'Amestris, perpétuellement en guerre contre ses voisins, ne connaissait que la haine. Ils avaient exterminé, de façon si cruelle et sauvage, un peuple qui jusqu'ici vivait en paix. Une guerre déclenchée par la mort d'une petite fille de quatre ans, qui avait eu le malheur de trop s'approcher d'un des occupants d'Amestris. Une petite fille, inconsciente encore des maux de ce monde, qui avait sourit à ce soldat présent sur son chemin. Il lui avait rendu son sourire et l'avait tué, d'une balle en pleine tête.

Il ne comprenait toujours pas pourquoi son frère avait tenu à mener ses recherches jusqu'au bout, alors que la guerre était déjà sur eux. Ni pourquoi il avait voulu que lui, son petit frère, protège ce carnet incompréhensible. Qu'avait-il trouvé de si dangereux ou de si important ? Il l'ignorait toujours. Mais Amestris allait payer. Pour ses parents, pour son grand frère, pour tout son peuple. Il était un moine guerrier d'Ishbal, il avait les capacités et les moyens de se battre. Il ne pouvait laisser son peuple tomber dans l'oubli et dans l'ombre, après un tel massacre, c'était impossible. Il termina son verre d'eau, qui avait un goût amer, puis paya, repartant avec la petite May. Il connaissait très bien cette région, l'ayant parcouru longuement après la guerre. Rabattant sa capuche sur sa tête, il glissa ses lunettes noires sur son nez, dissimulant ses yeux rouges comme le sang. Rouge comme la haine qui ne cessait de brûler en lui. Il n'y avait aucun pardon possible, trop de sang avait coulé, il ne pouvait oublier les hurlements de son peuple, les corps sans vie des femmes et des enfants, dans le sable et la poussière.

La petite May sautillait plus qu'elle ne marchait, à côté de lui, son drôle de chat accroché à elle. Elle lui demanda où ils allaient et il lui indiqua la direction de l'Est. Mettant ses mains dans ses poches, il ralentit un peu l'allure pour qu'elle puisse suivre le rythme. Elle avait l'air d'aller bien mieux, un bon repas était devenu urgent. Il ne doutait pas de son endurance, cependant, elle avait tout de même traversé le désert seule. C'était un exploit, d'autant plus à son jeune âge. Le soleil tapait assez fort mais il était habitué à la chaleur terrible du désert, pour y avoir vécu des années. Où était le temps où il portait l'habit traditionnel des moines, ou il pouvait marcher en son pays, sans se soucier de guerre, sans la douleur d'avoir perdu tous les siens ? Il ne lui restait plus que les larmes et la colère. Il n'abandonnera rien, jusqu'à sa propre mort.

– Il y a quoi, là-bas ?

– L’armée y fait des manœuvres, je vais y jeter un œil, mais ne te sens pas obligée de m’accompagner.

Elle hocha la tête puis se mit à lui décrire un peu plus en détails le système de Xing, avec ses clans, plus ou moins puissants, et les relations de pouvoir. Il imaginait sans peine la vie qu'elle avait dû mener, venant lui-même d'une contrée assez pauvre, aride et dure.  Mais elle gardait une joie de vivre étonnante, poussée par un fort optimisme. Cette petite était très courageuse. Il eut un léger sourire en la regardant marcher près de lui, son petit chat noir et blanc près d'elle. Il avait envie de l'aider, pour qu'elle ne subisse pas la même douleur. Il ne savait que très peu de choses à propos de la pierre de légende, cependant , ne s'étant jamais intéressé à la question.

– Avec la pierre, l’empereur fera de moi son héritière, expliqua-t-elle en laissant Xiao Mei sauter dans ses bras. Ainsi, je pourrai préserver les miens ! C’est très important, plus important que tout. Je n’ai pas de frère ou sœur, et ma mère n’est pas très en forme. Mais ma famille a confiance, elle sait que je vais réussir. Je le dois, pour eux tous.

Pas de fratrie, une mère malade, un clan entier qui comptait sur elle ? Partir seule ainsi... Il eut un regard un peu triste, en continuant de marcher vers son but. C'était une innocence qu'elle risquait de perdre très vite, dans ce pays.

– Et vous, vous connaissez l’alchimie ?

Il baissa le regard, croisant le sien, puis remonta la manche de son manteau, tout en poursuivant sa marche. Il lui montra le tatouage noir, dessiné avec soin. Le bras de son frère, qu'il lui avait légué pour l'empêcher de mourir. Le seul héritage qui avait pu être sauvé. Il laissa la petite regarder avec curiosité avant de baisser sa manche, remettant les mains dans ses poches.

– Ce sont des recherches que mon grand frère avait mené sur l'alchimie, expliqua-t-il. Il m'a tout légué. J'utilise ce bras pour détruire, mais je ne fais pas d'alchimie, à proprement parler. C'est un pouvoir qui me dégoûte et qui offense les lois de Dieu.

Il ne dit plus rien par la suite, se contentant de marcher. Il allait repérer ses proies, puis se lancer à l'attaque, une fois de plus. Rien en l'arrêtera sinon la mort.


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