Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Un enterrement un peu spécial

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Roy Mustang

Colonel

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MessageSujet: Un enterrement un peu spécial   Dim 10 Mai 2015 - 17:59

Il savait que l'accueil allait être glacial mais il ne pouvait pas non plus refuser. Il avait reçu un coup de fil de son maître ce matin, il voulait le voir dans l'après-midi, après avoir appris que Roy s'était engagé dans l'armée. Son maître était très malade, depuis plusieurs jours, le jeune homme aurait voulu attendre un peu avant de venir le déranger avec ça. Il frappa à la porte de la maison, avec un regard peiné pour le jardin en friche et la maison qui avait connu des jours meilleurs. Il attendit qu'on vienne lui ouvrir, rajustant le manteau noir assez long qu'il portait par-dessus son uniforme. Sa propre mère avait assez bien pris la nouvelle, quand elle l'avait vu rentrer avec son engagement, même si elle n'appréciait pas l'armée. Ce fut Riza qui vint lui ouvrir, l'air triste et essayant de lui sourire, mais elle n'était pas très bien. Il entra en refermant la porte.

Roy – Je suis venu voir votre père, dit-il en essayant de lui sourire à son tour. Il est dans son bureau ?

Elle hocha la tête et il s'avança, frappant à la porte du bureau, au fond de la maison, avant de rentrer. Son maître était assis à une table, écrivant sur des papiers, au milieu de beaucoup de livres. Il s'arrêta à quelques pas, le saluant poliment. Il avait fermé son manteau, ce qui cachait un peu son uniforme, mais tout de même. Pour lui, l'armée devait protéger le peuple, il ne comprenait pas qu'elle puisse engendrer du même temps une telle haine. L'armée était la garante de la protection de ce pays, un état militaire. Il avait réfléchi avant de prendre sa décision, cela ne s'était pas fait sur un coup de tête. La plupart de ses amis avaient un peu toqués en apprenant la nouvelle mais la plupart avaient compris.

Roy – Vous vouliez me voir, maître ?

Il ne répondit pas tout de suite, continuant à écrire. Roy commençait à se sentir un peu mal à l'aise. Il savait bien sûr que la situation n'allait pas lui plaire, pas après les heures qu'il avait déjà passé à critiquer l'armée et leurs "chiens". Il releva enfin la tête en lui jetant un regard noir.

Maître – J'ai appris que tu t'étais engagé dans l'armée. Pourquoi ?

Roy – Je souhaite que mon alchimie soit mise aux services du peuple, l'armée doit protéger ce pays.

C'était pour cela qu'il avait décidé d'endosser cet uniforme, pour que ce qu'il avait appris soit utilisé de façon à protéger les habitants de ce pays, préserver les plus faibles. Peut-être était-il idéaliste, mais pour lui, le seul moyen de garder cet état en paix et à l'écart des menaces ennemies était de renforcer sa force. Les menaces des autres pas n'étaient pas à négliger ! Ne serait-ce que par Drachma ou Aerugo... Ce n'était pas un choix si inconcevable que ça ? Il ne le pensait pas. Son rêve était de parvenir à protéger les plus faibles. L'armée devait servir à cela.

Maître – Donc, tu veux devenir Alchimiste d'Etat, si ce n'est pas déjà le cas comme tu ne m'as rien dit à propos de ton engagement. N'ai-je pas été assez clair sur ce qu'étaient l'armée et les Alchimistes d'Etat durant toutes ces années ? Tu veux donc devenir un de ces chiens sans honneur ?

Roy baissa légèrement la tête, lèvres pincées. Si, il lui avait bien assez répété, durant des années, tout le bien qu'il pensait des alchimistes d'état et de l'armée en général. Mais les alchimiste d'état n'étaient pas que cela ! Il releva la tête, toujours sans bouger, ne sachant pas si on maître était juste en colère ou bien déçu.

Roy – Je ne le suis pas encore. Mais l'alchimie doit servir au bien de ce peuple, je veux pouvoir protéger les autres grâce à elle, c'est ce que vous m'avez appris.

En tout cas, c'est ce qu'il avait compris et ne pensait pas s'être trompé. Il voudrait que son maître comprenne à son tour que Roy ne s'était pas engagé juste sur un coup de tête, par provocation ou il ne savait quoi encore. Il voulait vraiment être utile aux autres. Bien sûr, cela apparaissait comme méprisable, mais c'était son choix... Il savait ce qu'il avait à faire, il savait ce qu'il devait faire.

Maître – Je ne t'ai pas entraîné dans ce but-là ! Si j'ai commencé à t'apprendre l'alchimie de flamme, ce n'est pas pour que tu deviennes un petit chien seulement capable d'écouter ce qu'on lui dit sans réfléchir aux conséquences. Tu es capable de bien plus que cela ! As-tu donc tout oublié ? Tu ne veux plus penser par toi-même, tu trouves cela trop épuisant ?

Roy – Ce n'est pas une question de ça ! s'exclama-t-il en pâlissant. Je ne vais pas arrêter de réfléchir, bien au contraire... Maître, vous savez que ce pays est attaqué de toutes parts, l'armée doit agrandir ses rangs. Je sais très bien ce que je fais... Ce n'est pas une décision prise sur un coup de tête.

Son maître tapa tout à coup du poing sur la table, le faisant sursauter. Il avait l'air bien plus furieux, d'un seul coup, sans que Roy ne comprenne ce qu'il avait bien pu dire pour le mettre dans cet état. La situation du pays était tout de même critique, ils le savaient, Roy devait prendre ses propres décisions, lui aussi.

Maître – Cela signifie que tu pensais à t'engager pendant que je t'entraînais ?!

Roy – Je...

Il ne dit rien ensuite, baissant la tête. Il était furieux, à présent. Il serra les dents puis redressa la tête, assez pâle. Il assumait son choix, tant pis s'il devait passer le restant de ses jours à se faire insulter de petit chien ou d'arme humaine.

Roy – Je ne crois pas qu'un tel mépris est mérité, car les Alchimistes d'Etat travaillent eux aussi pour le bien du peuple.

Il avait à peine terminé sa phrase que son maître se leva puis se rapprocha. Roy soutint son regard, franchement mal à l'aise, alors qu'il le dévisageait. Il aurait voulu se trouver à des centaines de kilomètres de là, quelque part où il n'aurait pas à suivre cette conversation. Il se mordit les lèvres, sans rien rajouter de plus pour le moment.

Maître – Très bien. Et si l'armée donne un ordre contraire au bien du peuple, que font-ils, dis-moi ?

Roy – Ils... Je...

Maître – C'est bien ce que je pensais. Tu es trop jeune et naïf, ce n'est pas une décision aussi mûrement réfléchie que tu le prétends. Tu es trop idéaliste, tu ne sais pas de quoi tu parles et ce ne sont ici que de belles paroles vides de sens.

Roy baissa un peu plus la tête, très pâle, les poings serrés. Il avait réfléchi, il savait que l'armée n'était pas parfaite, mais l'armée aussi pouvait changer. Il mit un moment avant de réussir à relever la tête, en esquivant toutefois le regard de son maître. Bien sûr qu'il était idéaliste, mais c'était grâce à cela qu'il espérait évoluer et faire quelque chose de sa vie.

Roy – Même l'armée peut changer, je peux aussi y travailler. Non, je ne sais sans doute rien, mais ça ne m'empêche pas de vouloir agir. Je ne peux pas rester éternellement votre élève, il faut bien que j'agisse, même si je suis jeune. Ou même si je suis encore un enfant, à vos yeux.

Maître – Tu imagines changer des siècles d'existence en quelques années ? Je ne t'imaginais pas aussi prétentieux...

Roy – Vous êtes déçu ?

Il ne répondit pas tout de suite et Roy retint un soupir. Donc oui, il allait lui répondre qu'il était déçu, en effet. Il s'en voulait que ce soit arrivé là, même s'il ne pouvait pas revenir en arrière. C'était trop tard, à présent. Si tel était le souhait de son maître, il ne reviendra plus dans son champ de vision. Il soupira tout à coup, le regardant dans les yeux.

Maître – J'ai peur pour toi.

Roy ouvrit à moitié la bouche, pris de court, choqué. Il avait... Il... Quoi ? Il voulut répondre mais ne parvint pas à prononcer la moindre syllabe. Il avait peur pour lui, vraiment ? Il... Roy ne l'avait absolument jamais entendu dire ce genre de chose, son maître ne l'avait même jamais laissé sous-entendre. Roy essaya de reprendre ses esprits, clignant des yeux, essayant de trouver quelque chose à répondre, mais son maître s'approcha encore puis le serra tout à coup dans ses bras, un bref instant. Le jeune soldat faillit bien s'étrangler, manquant de tomber au sol lorsque son maître le relâcha. Il fit un effort pour refermer la bouche, choqué, se demandant ce qui allait encore lui tomber dessus.

Roy – Vous... Vous allez... bien ?

C'était sans doute une question particulièrement stupide, mais il n'avait pas pu s'empêcher de la poser. Et puis, là, pour le coup, il avait le droit d'être choqué !

Maître – En dehors du fait que mon seul élève se soit engagé dans l'armée après toutes ces années, oui, je vais bien.

Roy passait du pâle au rouge en deux secondes, comme si on venait de le remplir d'eau bouillante. Il aurait voulu le rassurer mais ne trouvait plus ses mots. Il prit une petite inspiration puis dit à son maître qu'il devrait tout de même se rasseoir. Il ne savait s'il pouvait partir, ne savait plus quoi faire. Il avait l'impression de redevenir un enfant qu'on grondait. Il resta près du bureau, indécis, tête baissée. Son maître n'allait sans doute plus le considérer comme son élève, maintenant qu'il s'était engagé dans l'armée.

Roy – Je vous remercie pour toutes ces années.

Maître – Parce que tu ne me veux plus comme maître ?! s'écria-t-il d'un ton très choqué.

Roy – Qu... Mais bien sûr que si ! Je croyais que... Comme je... Enfin, j'ai cru que vous ne voudriez plus...

Maître – Pauvre imbécile...

Roy joua avec ses mains, assis sur une chaise près du bureau, tête baissée. Il devrait arrêter de parler, il ne faisait que s'enfoncer plus qu'autre chose. Il réalisa à ce moment-là que la fille de son maître avait dû entendre toute la conversation, ce qui le fit rougir un peu plus.

Roy – Je ferai attention, vous ne devez pas vous inquiéter...

Il releva la tête, alors que son maître semblait vouloir lui dire autre chose, s'énerver, mais il se mit à à tousser. Roy se leva, inquiet, regardant autour de lui pour trouver un verre d'eau. Lorsqu'il se mit à cracher du sang, Roy cria son nom et se précipita sur lui, le prenant par les épaules, l'appelant. Il fallait appeler une ambulance !

Maître – Veille sur Riza... Elle te montrera mes recherches, j'espère que tu feras les bons choix.

Il l'allongea au sol, essayant de l'aider à respirer, le ranimer, mais le vieil homme ferma les yeux. Roy l'appela encore, désespéré, les larmes aux yeux, sursautant à moitié quand Riza entra à son tour. Il était à genoux sur le parquet de bois, penché sur le corps de son maître, la toute jeune fille à côté de lui, les yeux remplis de larmes. Maître... Il était parti. Il était mort. Riza s'était jetée sur le corps de son père, l'appelant. Il prit une petite inspiration, crispé, puis récupéra Riza et la serra contre lui, posant une main derrière sa tête et la tenant dans le dos. Il ne pouvait s'empêcher de pleurer, restant là, à juste essayer de la bercer. Deux adultes à genoux par terre dans une vieille maison, près du corps d'un alchimiste de talent, dans les bras l'un de l'autre. Il fit de son mieux pour contrôler ses tremblements, les yeux fermés.

Roy – Je suis désolé... murmura-t-il. Je vais m'occuper de tout pour les funérailles.

Il resta avec elle la nuit, afin de veiller sur elle, puis organisa l'enterrement le lendemain. Les Hawkeye n'avaient plus d'autre famille, seuls des amis de Riza vinrent à l'enterrement. Après la cérémonie, il resta avec elle dans le cimetière, devant la tombe de son maître. Riza le remercia, sans qu'il ne dise rien sur le moment. Ils étaient en plein hiver et il faisait assez froid, les fleurs semblaient déjà se cristalliser. Il déposa le bouquet qu'il tenait puis se redressa, les mains devant lui. Il sortit un calepin de sa poche et un crayon, puis griffonna son adresse, son nom, son numéro de téléphone, avant de lui donner.

Roy – Voilà, appelez-moi à la caserne si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Il fallait avancer, à présent, il n'avait plus le choix. Il avancera coûte que coûte. Elle prit le papier mais avait un air halluciné, comme si elle n'y croyait pas. Elle pourra l'appeler à toute heure du jour ou de la nuit, il restera probablement là-bas jusqu'à sa mort.

Riza – Vous... Vous allez quand même rester ? Et... Vous voulez m'aider ?

Roy – Pourquoi je ne le ferai pas ? dit-il avec un faible sourire. Votre père n'avait pas tord... Mais même si je ne sais presque rien aujourd'hui, je ne peux plus reculer, pas maintenant. Oui, c'est idéaliste et arrogant... Mais je ne peux pas renoncer.

Il reporta le regard sur la tombe, les yeux à présents secs, même s'il en avait gros sur le cœur. Toutes ces années avaient été très riches, il avait vraiment beaucoup appris.

Roy – Je suis très reconnaissant à votre père, vous savez, et si je peux vous aider, je le ferai. Même si je deviens un chien de l'armée, je peux quand même protéger ceux qui me sont proches.

Un petit silence s'installa, puis Riza eut un petit sourire. Ah, elle devait sans doute le prendre pour un gamin très naïf, elle aussi, ce qu'il était sans aucun doute. Cela faisait parti de son caractère, il ne savait pas s'il pourra changer cela. Peut-être avec le temps.

Riza – Je dois vous montrer quelque chose... Pouvez-vous me raccompagner chez moi ?

Il lui jeta un coup d'œil, un peu étonné, mais s'exécuta tout de même, silencieux. Ils rentrèrent chez elle, passant directement dans le salon. La maison était anormalement silencieuse, les rideaux tirés rendaient la pièce assez sombre,même si les rayons du soleil couchant venaient apporter une lumière rouge assez lourde. Il s'arrêta derrière elle, alors qu'elle lui tournait le dos, puis ôta sa veste. Que... Elle était blessée et voulait qu'il la soigne ? Il ne connaissait pas grand-chose en médecine, il ferait mieux de l'emmener à l'hôpital. Mais lorsqu'elle déboutonna son chemiser et le laissa tomber, il vit, choqué, des inscriptions et des marques sur dos, des symboles, écritures, traits... Elle enleva son soutien-gorge alors qu'il fixait son dos, choqué qu'elle ait ainsi été marquée. Qui avait... Qui avait bien pu lui faire ça...

Riza – Ce sont les recherches de mon père... L'alchimie de flamme qu'il a inventée, et commencé à vous enseigner. Il a tatoué toutes ses recherches sur mon dos pour les cacher.

Roy serra les poings, une légère goutte de sueur coulant sur sa tempe. Avait-il craint assez ces recherches pour les dissimuler de cette façon ? Sur le dos de sa propre fille... Il s'approcha de deux pas, derrière elle, voyant qu'il s'agissait bel et bien de recherches alchimiques. Son père avait tout inscrit sur son dos... Il effleura du bout des doigts les inscriptions, le souffle coupé.

Roy – Pourquoi avoir fait ça ? souffla-t-il. Vous avez dû...

Il ferma un instant les yeux, dents serrées. Ce n'était pas possible... Comment vouloir cacher des recherches à ce point ? Cette alchimie était-elle donc si dangereuse ?

Roy – Pourquoi accepter de me montrer cela ?


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Un enterrement un peu spécial   Mar 12 Mai 2015 - 19:06

Riza – Père, vous devriez vous reposer.

Père – Pas la peine, je vais très bien. Il faut que je lui parle.

Riza – Mais…

Père – Maintenant.

Riza ne répondit rien, pourtant prête à rétorquer quelque chose à la base. Elle se contenta de hocher la tête et s’éloigna, laissant son père appeler Roy. Il venait d’apprendre que son élève, son seul élève, venait de rejoindre l’armée malgré tout ce qu’il lui disait depuis des années maintenant. En toute honnêteté, elle non plus ne le comprenait pas. Elle avait terminé ses études et grandi selon l’idée que l’armée était mauvaise, « pourrie jusqu’à la moelle » et qu’elle ne valait rien. Et aujourd’hui, Riza venait d’apprendre qu’un de ses amis d’enfance s’y était engagé… Il aurait dû leur dire ! Les prévenir ! Son père était malade, il allait de moins en moins bien et ce n’était pas un secret. Aujourd’hui en particulier depuis qu’il avait appris ce qu’avait fait son élève. Il avait toussé pendant une heure, sa respiration n’avait été que râles durant de longues minutes, et il avait fini par déclarer qu’il devait parler à son élève.

Riza réfléchissait, entendant son père appeler Roy. Pourquoi s’était-il engagé ? Comment avait-il pu faire cela, avec tout ce qu’il avait entendu lorsqu’il était venu s’entraîner à l’alchimie ici ? Il voulait étudier l’alchimie de flamme, il voulait la maîtriser, la connaître… Mais s’il s’engageait, cela signifiait qu’il abandonnait ? Qu’il ne souhaitait plus venir, qu’ils ne se verraient même plus ? Malgré elle, Riza lui en voulait. Il ne pouvait pas tout décider comme ça, il aurait au moins dû la prévenir. N’avait-il pas confiance en elle, après toutes ces années ? Pensait-il vraiment qu’elle allait tout révéler à son père ? Elle ne l’aurait pas fait s’il ne l’avait pas voulu. Le temps sembla s’éterniser, les minutes s’allonger pour se transformer en heures, lorsqu’enfin, elle entendit des coups frappés à la porte. Se levant, Riza alla ouvrir et tomba sur Roy. Elle essaya de lui sourire, mais… Autant dire que le résultat ne devait pas être très concluant. Entre la maladie de son père et l’engagement de Roy, elle se sentait abandonnée.

Roy – Je suis venu voir votre père, dit-il en essayant de lui sourire à son tour. Il est dans son bureau ?

Riza hocha la tête, s’écartant pour le laisser passer. Il se dirigea vers le bureau de son père tandis qu’elle-même alla s’installer dans le salon, mains jointes sur ses genoux. Elle ne voulait pas faire de bruit pour ne pas les déranger et voulait connaître les raisons, savoir pourquoi Roy abandonnait comme cela tout ce que son maître lui avait dit, le contredisait par ses actions. En soi, Riza comprenait qu’on n’ait pas le même avis que quelqu’un d’autres, que nos valeurs soient différentes, mais alors… Pourquoi avoir joué double-jeu comme cela ? Pourquoi ne rien avoir dit directement ? Son père n’aurait pas refusé de lui enseigner l’alchimie pour autant. Enfin… Peut-être.

Père – J'ai appris que tu t'étais engagé dans l'armée. Pourquoi ?

Il commençait fort… Sa voix montrait à quel point il était furieux, même si cela passerait peut-être inaperçu pour un étranger. A force de l’entendre tous les jours, de le voir, de le connaître, Riza l’imaginait sans problème, dans son bureau, sur ses recherches, à avoir redressé la tête pour son élève uniquement lorsqu’il était entré. Il avait une manière de vous mettre mal à l’aise, de vous montrer qu’il n’est pas satisfait, de mettre la pression… qui vous poussait à culpabiliser et à devoir vous justifier, même lorsque vous n’aviez pas tort.

Roy – Je souhaite que mon alchimie soit mise aux services du peuple, l'armée doit protéger ce pays.

Parce qu’en plus, il voulait apprendre l’alchimie pour l’armée ?! Mais il était… Il y croyait vraiment, là ?! Riza tendit l’oreille, écoutant tous les arguments de Roy, les réponses de son père, réfléchissant en essayant de penser d’elle-même sans être influencée. Pour elle, il était logique de détester l’armée, elle ne s’était jamais posé la question et n’avait pas cherché plus loin, ayant entamé des études. Mais… Plus elle écoutait son ami d’enfance, plus elle avait envie d’y croire. Plus elle avait envie de le croire. Il y croyait. Il y croyait sincèrement, il avait réponse à tout ce que lui disait son père, il avait apparemment envisagé sérieusement cette possibilité, il y pensait depuis un long moment. Et ne lui avait rien dit… Absolument rien. Son père y allait fort, était dur avec son élève, et Riza sentait qu’il lui en voulait. Il ne lui épargnait absolument rien, le cuisinait vraiment et utilisait des arguments horribles, des paroles extrêmement dures. Il s’agissait de Roy !

Père – C'est bien ce que je pensais. Tu es trop jeune et naïf, ce n'est pas une décision aussi mûrement réfléchie que tu le prétends. Tu es trop idéaliste, tu ne sais pas de quoi tu parles et ce ne sont ici que de belles paroles vides de sens.

Riza ferma les yeux, serrant les poings. Et si son père avait raison ? Si… Si tout ce qu’espérait Roy se retournait contre lui ? S’il se faisait avoir et manipuler malgré lui ? Elle avait envie d’y croire. Mais un seul homme pouvait-il réellement changer les choses, un seul homme avait-il la moindre chance de ne pas être noyé dans la masse ? Il parvenait à répondre à son maître sans trop de difficulté, même si Riza n’avait pas entendu de réponse immédiate après les dernières paroles de son père. Elle ne comprenait pas tout, doutait très sérieusement, mais la jeune femme avait envie qu’il lui tienne tête, qu’il continue à parler, à se défendre. Qu’il ait vraiment réfléchi à tout cela et pas qu’il se soit engagé sans prendre pleinement conscience des conséquences. Elle ne voulait pas qu’il change à cause de l’armée, qu’il oublie tout ce qu’il était…

Roy – Même l'armée peut changer, je peux aussi y travailler. Non, je ne sais sans doute rien, mais ça ne m'empêche pas de vouloir agir. Je ne peux pas rester éternellement votre élève, il faut bien que j'agisse, même si je suis jeune. Ou même si je suis encore un enfant, à vos yeux.

Père – Tu imagines changer des siècles d'existence en quelques années ? Je ne t'imaginais pas aussi prétentieux...

Roy – Vous êtes déçu ?

Sans doute, oui. Riza baissa la tête, regardant ses mains toujours jointes sur sa jupe. Roy avait tant d’ambition, il croyait vraiment ce qu’il disait et ne se démontait pas face aux paroles, pourtant dures, de son maître. De la personne qui l’avait formé, qui lui avait enseigné les bases en alchimie, qui lui avait donné du temps en sacrifiant le peu qu’il lui restait avec sa fille. Elle n’avait jamais compris pourquoi, d’ailleurs, et s’en était accommodé. Mais aujourd’hui… Aujourd’hui, ce coup que lui infligeait son élève risquait de l’achever. De l’anéantir, après tout ce qu’il avait fait.

Père – J’ai peur pour toi.

Par… Pardon ? Riza ouvrit grand les yeux, choquée, croyant avoir mal entendu. Elle lança un regard au mur, comme si son père allait voir sa réaction. Il avait… Il avait peur pour Roy ? Parce qu’il pensait vraiment que… qu’il n’arriverait pas à le faire changer d’avis, parce que lui aussi ressentait cette détermination, cette ambition dans sa voix ? Il avait peur pour lui… Peur ! Jamais Riza n’avait entendu son père avouer une telle chose, le dire comme cela, sans la moindre retenue. Il se passa un long moment avant que la jeune femme n’entende quoi que ce soit d’autre, ni l’un, ni l’autre ne parlait, ne réagissait. Ce n’est que lorsque Roy demanda si son père allait bien que Riza tourna la tête vers l’endroit où se trouvait le bureau de son père, inquiète. Il recommençait à se sentir mal ? Se redressant, elle resta debout, guettant les bruits, n’entendant pas de quinte de toux ou autre signe de malaise. Si son père avait vraiment été mal, Roy l’aurait appelée, il ne serait pas resté seul comme cela avec son maître. La seconde suivante suffit à rassurer Riza qui l’entendit distinctement dire que son seul élève s’engageait dans l’armée, malgré toutes les années d’enseignement. Oui, bon, il allait très bien, aucun souci là-dessus. Elle approuva d’un signe de tête, même si cela ne servait à rien, lorsque Roy dit à son père de se rasseoir, se rasseyant elle aussi par la même occasion. Du calme… Il allait bien, il n’y avait pas de problème. Le plus dur était passé.

Roy – Je vous remercie pour toutes ces années.

Père – Parce que tu ne me veux plus comme maître ?! s'écria-t-il d'un ton très choqué.

Roy – Qu... Mais bien sûr que si ! Je croyais que... Comme je... Enfin, j'ai cru que vous ne voudriez plus...

… Ou pas. Sans surprise, son père le traita d’imbécile sans qu’il n’y ait de réaction directement de la part de son élève. Riza, elle, retenait un élément important pour elle : Roy n’abandonnait pas l’alchimie, il voulait continuer à apprendre, il ne quittait pas tout comme cela, sans crier gare, et ne partait pas pour de bon. Elle sentit qu’un poids immense se détacha de son corps, comme si cette nouvelle compensait son engagement dans l’armée. Idée qui ne la dérangeait plus, d’ailleurs… Il était déterminé, il y croyait vraiment, il donnait envie d’y croire.

Roy – Je ferai attention, vous ne devez pas vous inquiéter...

Riza eut un sourire faible, étrangement rassurée. Elle avait confiance. Elle savait qu’il y arriverait. Se relevant, la jeune femme attendit que son père réponde et congédie Roy… et entendit, à la place, ce dernier hurler le nom de son père. Elle se sentit défaillir, son souffle se coupa et elle se précipita au bureau de son père, le trouvant allongé, par terre, dans les bras de son élève qui avait les larmes aux yeux. Il était… Il… Non ! Non, c’était impossible, il ne pouvait pas, il ne… Pas maintenant ! Pas… Non… Non, Père… Son père… Il était… Non ! Non, il ne pouvait pas ! Elle hurla, l’appela, criant, pleurant, s’étant jetée sur son corps. Elle le secouait faiblement, sentant ses forces la quitter, voulant les donner à son père pour qu’il vive. Il ne pouvait pas… Il ne…

Riza s’accrochait à lui, ne voulant pas le lâcher, s’en sentant incapable. Elle avait l’impression que, si elle le lâchait, il allait s’évanouir là, devant ses yeux, qu’il allait disparaître sans jamais revenir, sans un au revoir. Elle n’avait même pas pu lui dire au revoir… Elle n’avait rien pu faire, rien pu dire, s’était seulement précipitée sur lui, sans savoir s’il était toujours vivant. Il ne pouvait pas être parti, c’était un mauvais rêve, elle allait se réveiller, réaliser qu’elle dormait toujours, courir vers la chambre de son père et le voir là, bien vivant, en pleine forme. Elle pleurait toujours lorsqu’elle sentit deux bras la saisir, résistant un moment puis cédant sans plus avoir de force. Riza s’accrocha à Roy sans réaliser que c’était lui, ses mains se crispant sur ses vêtements alors qu’il la tenait et avait posé une main sur sa tête. Il était parti… Parti…

Roy – Je suis désolé... murmura-t-il. Je vais m'occuper de tout pour les funérailles.

Riza ne réagit pas et fut incapable de le lâcher avant un moment, mais elle dut s’endormir près de son père parce qu’elle ne se souvenait plus de rien. Le lendemain, elle se prépara, la mort dans l’âme, espérant toujours que ce n’était qu’un mauvais rêve, un cauchemar. Mais non… Roy était là, avec le même air qu’elle. Il était là. En temps normal, Riza lui aurait dit de rentrer, qu’il n’était pas obligé de rester, mais elle ne s’en sentait pas capable. Elle avait besoin de lui, besoin d’un ami, besoin d’un soutien. Un soutien réel et vrai, et non pas un soutien « par pitié ». Parce que non, personne n’aimait son père, ou alors ces personnes se comptaient sur les doigts d’une main. Et elle le savait. Ses amis vinrent pour la soutenir, lui lançant des regards tristes et plein d’empathie.

Où aller, à présent ? Elle ne pouvait pas rester dans cette maison, pas tout de suite. Et elle n’avait plus aucune famille. Elle ne pouvait pas rester chez des amis, ne voulant pas être un poids pour eux. Elle pouvait bien prendre son envol un peu plus tôt que prévu, maintenant que son père n’avait plus… Riza resserra ses bras sur elle, laissant les larmes couler le long de ses joues, ne réalisant pas encore que son père était mort. Cette tombe était celle de son père. Dans cette tombe reposait son père, l’air paisible et tranquille, calme. Et elle avait pourtant l’impression de ne pas l’avoir connu véritablement. Elle était incapable de dire pourquoi, mais à part l’alchimie et son tempérament dur, elle était incapable de dire qui était son père. Elle ne connaissait rien d’autre…

A la fin de l’enterrement, Riza reçut les condoléances et les gestes de réconfort à côté de Roy qui restait avec elle, qui ne l’abandonnait pas. Dès que tout le monde fut parti, elle resta un moment silencieuse, sans rien dire, regardant la tombe de son père. Elle remercia son ami qui ne l’avait pas quittée depuis la veille, qui la soutenait et attendait encore alors qu’il avait sûrement autre chose à faire. Il venait de s’engager, d’entrer dans l’armée, et voulait devenir Alchimiste d’Etat. Il allait rentrer. Elle devait avancer. Continuer. Vivre sa vie sans se retourner. Son père n’était plus là, elle était jeune. Elle avait pu se débrouiller jusqu’à présent. Alors, qu’est-ce qui l’en empêchait ?

Roy – Voilà, appelez-moi à la caserne si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Riza tourna la tête vers Roy qui lui tendait un bout de papier qui contenait son adresse, son nom et son numéro de téléphone. Elle le regarda un moment, choquée, n’y croyant pas. Il allait rester… ? Il n’allait pas s’en aller ? Il voulait continuer à l’aider ? Mais son père l’avait rabaissé plus bas que terre ! Il l’avait enfoncé, descendu tout du long juste avant sa mort, l’avait traité d’imbécile, lui avait dit des paroles très dures. Et pourtant, Roy voulait l’aider et restait présent pour elle… Riza contempla le papier, toujours choquée, puis reporta son regard sur son ami d’enfance, cherchant à déceler de la pitié ou tout autre sentiment similaire dans son regard. S’il faisait cela parce qu’il avait pitié, il ne devait pas se sentir obligé… Vraiment pas, elle pouvait se débrouiller, se reconstruire.

Riza – Vous... Vous allez quand même rester ? Et... Vous voulez m'aider ?

Roy – Pourquoi je ne le ferai pas ? dit-il avec un faible sourire. Votre père n'avait pas tord... Mais même si je ne sais presque rien aujourd'hui, je ne peux plus reculer, pas maintenant. Oui, c'est idéaliste et arrogant... Mais je ne peux pas renoncer.

Riza lui lança un regard brillant d’admiration et de reconnaissance. Il allait continuer et, pourtant, acceptait de l’aider, restait disponible pour elle alors que rien ne l’y obligeait. Son projet était idéaliste et arrogant, oui, mais il l’avait convaincue. Elle y avait plus ou moins pensé durant la nuit et commençait à comprendre pourquoi il voulait essayer, était curieuse de voir s’il allait vraiment y arriver ou s’il allait se planter.

Roy – Je suis très reconnaissant à votre père, vous savez, et si je peux vous aider, je le ferai. Même si je deviens un chien de l'armée, je peux quand même protéger ceux qui me sont proches.

Il voulait la protéger… ? Riza ne répondit rien mais ne put s’empêcher de sourire faiblement à Roy. Il voulait protéger ses proches, changer l’armée, et elle avait envie de le croire. Elle avait envie de voir ce qu’il était capable de faire, s’il allait y arriver ou non. Son père lui faisait confiance. Il avait eu peur pour lui, en partie parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas veiller sur lui et qu’il ne poursuivrait pas la fin de son enseignement. A présent, Riza en était convaincue, elle avait réfléchi et savait que c’est ce qu’il aurait voulu. Sur son dos, tatoué dans sa chaire grâce à l’alchimie, ce qui représentait des heures de souffrance, se trouvaient toutes les recherches de son père à propos de l’alchimie de flamme. Tout ce qu’il voulait enseigner à son élève, sans en avoir eu le temps. Riza tourna la tête vers Roy, décidée. Il devait savoir, devait tout voir de lui-même. Mais pas ici.

Riza – Je dois vous montrer quelque chose... Pouvez-vous me raccompagner chez moi ?

Elle savait que sa requête allait l’étonner, mais peu importe. Il comprendrait en voyant toutes ces inscriptions, toutes ces données, tous ces traits qu’il serait le seul à découvrir, à voir de ses propres yeux. Riza ne se méfiait pas et lui faisait confiance, son père aussi, et cette journée avait achevé de la convaincre. Il voulait œuvrer pour le bien et changer l’armée, changer la tête de ce pays, et elle voulait y croire, voulait participer à sa manière et l’aider comme elle le pouvait. Ils rentrèrent donc, sans que Riza n’ajoute quoi que ce soit. Elle resta silencieuse durant tout le trajet, confiance, apaisée d’avoir tant pleuré.

Lorsqu’ils arrivèrent chez eux – elle, maintenant –, Riza alla dans le salon. La pièce était sombre et calfeutrée, une ambiance lourde, aucun son ne se faisait entendre. La maison était horriblement silencieuse, calme, ce qui contribuait à la faire changer d’avis. Elle ne pouvait pas rester ici, c’était impossible. Tout lui rappelait son père, tout était douloureux. Et elle n’avait pas besoin de rester ici pour penser à lui. Elle se plaça dos à Roy, dans le salon, face aux rideaux. La jeune femme commença par ôter sa veste noire, la laissant tomber au sol. Elle savait que son ami ne comprendrait rien et l’interrogerait sur ses actes, sur son intention, s’attendant à l’entendre parler assez vite. Néanmoins, il ne dit rien, restant silencieux pendant qu’elle déboutonnait son chemisier blanc qui glissa lentement de son dos. A présent, le tatouage était visible. Elle termina par son soutien-gorge, ramenant ses bras sur sa poitrine, toujours dos à Roy.

Riza – Ce sont les recherches de mon père... L'alchimie de flamme qu'il a inventée, et commencé à vous enseigner. Il a tatoué toutes ses recherches sur mon dos pour les cacher.

Riza se tut, attendant anxieusement des paroles de son ami, un verdict, une réaction, quelque chose. Elle l’entendit se rapprocher et fut surprise en sentant ses doigts effleurer son dos, sursautant très légèrement par manque d’habitude d’un contact si doux par rapport à ses souvenirs et à ce qu’elle avait ressenti à cet endroit. Elle devinait sans peine la surprise de Roy, son état de choc également, mais préférait ne pas le regarder. Pas tout de suite. Elle voulait savoir ce qu’il pensait, comment il prenait les choses, s’il allait bien, s’il s’en remettait.

Roy – Pourquoi avoir fait ça ? souffla-t-il. Vous avez dû...

Souffrir ? Oui. Elle en avait pleuré, avait d’abord refusé mais s’était ravisée en voyant la tête de son père. Elle n’avait pas osé, priant pour que cela le ramène à sa mère et qu’il ne soit plus aussi absent. Elle voulait agir, les réunir, faire… quelque chose. Et avait donc enduré tout cela durant des heures, sans oublier les heures où il avait dû repasser et corriger certains détails, les peaufiner, les adapter à sa peau, et le graver à jamais avec l’alchimie. Oui, elle avait souffert. Quant à sa question… Elle n’en savait rien. Elle n’en avait aucune idée, sachant seulement qu’il tenait à ses recherches, qu’il y travaillait jour et nuit, ne les voyant presque jamais.

Roy – Pourquoi accepter de me montrer cela ?

Riza – Parce que mon père vous faisait confiance, dit-elle sans se retourner après avoir soupiré. Et moi aussi.

Riza garda ses mains contre sa poitrine, la tête baissée, repensant à ces heures durant lesquelles elle avait attendu, souffert, pour qu’il marque sa peau à jamais. Elle ignorait à quoi ressemblait l’entièreté de son tatouage, n’en avait vu que des bouts grâce à son miroir mais n’avait pas cherché à le voir en entier. Elle ne voulait pas le voir, en avait souffert durant des jours et des semaines, alors non, elle ne pouvait plus. Mais si ce tatouage pouvait aider Roy et lui rendre service, l’aider à accomplir ses projets, alors il devait les voir et les étudier.

Riza – J’ignore ce qui l’a poussé à faire cela… Mais il en parlait tous les jours. Il a passé des heures sur ce tatouage, l’a gravé à jamais dans ma peau. Mais je ne sais pas pourquoi il… Pourquoi il tenait à ce que cela reste caché à ce point-là.

Elle se tut, sans bouger, gardant la tête baissée en parlant, n’osant se tourner pour regarder son ami d’enfance, n’osant se rhabiller sans qu’il ne le lui permette. Alors, elle ne bougea pas et reprit, les bras toujours collés contre sa poitrine.

Riza – Vous vous en doutez mais… J’ai entendu votre discussion avec mon père hier. Je sais ce que vous voulez faire et, aussi fou cela puisse-t-il paraître, j’ai envie de vous croire, de vous voir réaliser votre projet. Je veux que vous y arriviez et je sais que vous avez encore de nombreuses choses à apprendre. Seulement, vous êtes doué… Et mon père aurait voulu vous enseigner tout cela. Le temps lui a manqué, mais je le soupçonne d’avoir gravé ces traits sur ma peau pour que je puisse le transmettre à mon tour.

Riza fit une nouvelle pause, les liens se faisant dans sa tête à mesure qu’elle parlait. Elle savait, à présent, ce qu’elle voulait faire. Et cela commençait par aider Roy à réaliser ses projets, lui donner toutes les cartes pour qu’il puisse apprendre ce qui lui restait à apprendre. Pour maîtriser l’alchimie de flamme.

Riza – Je veux vous aider à ma manière, à mon échelle. Vous avez été là pour moi, vous l’êtes encore aujourd’hui, et je veux vous aider à mon tour. Je ne pourrai pas lire ces symboles, les comprendre et je… Je ne le souhaite pas. Mais je sais que vous en êtes capable, peu importe le temps que cela prendra.


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MessageSujet: Re: Un enterrement un peu spécial   Ven 15 Mai 2015 - 18:32

Riza – Parce que mon père vous faisait confiance, dit-elle sans se retourner après avoir soupiré. Et moi aussi.

Roy ne comprenait pas malgré tout comment son père avait pu avoir peur à ce point de ses recherches qu'il les avait caché ainsi. Cette alchimie était-elle donc si dangereuse que cela ? Pourquoi, dans ce cas, y avait-il concentré toute son énergie, pourquoi y avait-il dédié son existence toute entière ? Pourquoi, c'était la question qui le hantait à présent. Il avait eu l'impression de connaître cet homme mais il ne savait absolument rien de lui, absolument rien, et doutait même que Riza sache tout. Peut-être avait-il été réellement déçu que Roy s'engage dans l'armée, même s'il ne pouvait pas regretter son choix, jeter ses idéaux de jeunesse en l'air comme si ce n'était rien. Il aurait voulu savoir ce qu'il pensait vraiment, au-delà de ce qu'il lui avait dit. Pourquoi il haïssait tant les militaires et surtout les Alchimistes d'Etat. Il ne le saura jamais. Il regarda le dos de Riza avec peine, imaginant à quel point elle avait dû souffrir lorsqu'il avait gravé cela sur elle. Même avec l'alchimie, elle avait dû souffrir.

Riza – J’ignore ce qui l’a poussé à faire cela… Mais il en parlait tous les jours. Il a passé des heures sur ce tatouage, l’a gravé à jamais dans ma peau. Mais je ne sais pas pourquoi il… Pourquoi il tenait à ce que cela reste caché à ce point-là.

Les signes, les lettres, les symboles, tout était d'une précision étonnante. Le résultat de toute une vie passé à rechercher et maîtriser une nouvelle facette de l'alchimie. Ce qu'il avait lui-même commencé à apprendre. Il avala douloureusement sa salive, les poings serrés. Lui-même ne s'imaginait faire cela sur son propre enfant, peu importe le degré de dangerosité de ses recherches. Tous les alchimistes cryptaient leurs travaux, les codaient, mais aucun ne s'était encore amusé à les graver sur le dos d'une autre personne, à venir jusqu'ici. Sans compter que cela la mettait en danger ! Une personne mal intentionnée, en apprenant qu'elle portait cela, aurait pu s'en prendre à elle pour accéder à ces recherches, lui faire du mal, la contraindre à tout dévoiler. Son père n'avait-il pas songé à cela ? Il tenait à sa fille, en plus, Roy l'avait bien vu, dès le départ. Et pourtant, elle était là, avec tout cela marqué à jamais sur sa peau. Ces traces ne disparaîtront jamais, il s'en doutait bien. Elle n'avait aucun moyen d'effacer ce tatouage, de s'en débarrasser.

Riza – Vous vous en doutez mais… J’ai entendu votre discussion avec mon père hier. Je sais ce que vous voulez faire et, aussi fou cela puisse-t-il paraître, j’ai envie de vous croire, de vous voir réaliser votre projet. Je veux que vous y arriviez et je sais que vous avez encore de nombreuses choses à apprendre. Seulement, vous êtes doué… Et mon père aurait voulu vous enseigner tout cela. Le temps lui a manqué, mais je le soupçonne d’avoir gravé ces traits sur ma peau pour que je puisse le transmettre à mon tour.

Il la regarda un moment, touché, bien que très surpris. Elle voulait vraiment le suivre, contribuer à cet idéal ? Il n'avait pas dit tout cela pour la pousser à s'engager, il n'avait jamais songé qu'elle pourrait devenir soldat à son tour ! Si elle lui faisait confiance pour tenter de réaliser tout cela... Lui-même ignorait encore s'il était capable d'y arriver, s'il pouvait vraiment faire quelque chose de constructif. Mais il se devait de tout tenter. Même si de là-haut, son maître devait sûrement continuer à le traiter d'imbécile ou de crétin en s'agitant sur son nuage parce que Roy était trop jeune et idéaliste. Oui, il était très jeune, mais il savait ce qu'il avait à faire. Il se retint de lever le regard vers le ciel, avec un demi-sourire. C'était à eux d'avancer, aujourd'hui, à lui et Riza, c'était à leur génération de reprendre le flambeau de leurs aînées et de tout donner.

Riza – Je veux vous aider à ma manière, à mon échelle. Vous avez été là pour moi, vous l’êtes encore aujourd’hui, et je veux vous aider à mon tour. Je ne pourrai pas lire ces symboles, les comprendre et je… Je ne le souhaite pas. Mais je sais que vous en êtes capable, peu importe le temps que cela prendra.

Roy – Je vous remercie, dit-il en se penchant pour prendre la veste qu'elle avait laissé tomber pour la lui remettre sur ses épaules.

Il enleva aussi son manteau pour l'en entourer, passant ses bras autour d'elle pour refermer quelques boutons devant et la couvrir. Une fois qu'elle fut décente, il se remit devant elle, avec un sourire faible. Son uniforme n'était plus du tout caché, maintenant, il se dévoilait comme militaire au grand jour. Soldat de rang, jeune engagé, mais dévoré d'ambition et prêt à tout par parvenir à ses fins. La nuit était presque tombée, dans la pièce, à présent. La journée avait été très longue, ils étaient fatigués et sur les nerfs tous les deux. Roy devrait retourner à la caserne mais il ne voulait pas la laisser toute seule ici, dans ce lieu trop chargé de souvenirs pour elle.

Roy – Je dois aller voir le général Grumman, dit-il en la regardant, mais je ne veux pas vous laisser toute seule ici... Voulez-vous aller dormir dans un hôtel de l'armée, ce soir ?

Elle y sera sans doute mieux que rester ici, isolée, dans une maison trop vide et silencieuse. Elle ne serait pas bien, ici, il en était persuadé. Elle lui sourit tout à coup, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Qu'avait-il dit de drôle ? Il tenait vraiment à ce qu'elle ne soit pas seule ! Elle venait de perdre son père, après tout.

Riza – Si vous ne voulez pas me laisser seule, je peux vous accompagner... Le général Grumman est mon grand-père, je pense que cela ne le dérangera pas de m'héberger cette nuit.

Roy – Votre... Ah, très bien.

Il sortit de la pièce le temps qu'elle se rhabille correctement puis prenne quelques affaires. Une fois qu'elle fut prête, il marcha avec elle dans les rues d'Est City, alors qu'il l'aidait à porter ses affaires. A présent, leur vie à tous mes deux dépendait de l'armée.


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