Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Il va être temps de tout révéler

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MessageSujet: Il va être temps de tout révéler   Dim 10 Mai 2015 - 22:27

On avait entendu le bruit des canons toute la journée. Ces manœuvres étaient fatigantes et s'étendaient sur un territoire bien trop grand ! Elle avait entendu dire par des clients que les soldats du Nord avaient amené beaucoup de nouveaux joujoux, qu'ils construisaient dans leur forteresse glaciale. Elle était passée non loin par curiosité, pour voir à quoi ressemblait un char. Et bien c'était moche, ça faisait trop de bruit et c'était gros, en plus. Tss, ces nouvelles armes étaient peut-être plus puissantes mais n'avaient que peu de classe. Elle était ensuite allé faire ses courses, après avoir reçu la confirmation de son fils, il allait bien venir ce soir pour dîner et parler un peu, avec la fillette blonde. Pauvre gamine, dire qu'elle avait dû grandir avec le vieux rat ! Quelle tristesse, vraiment ! Elle avait eu longtemps pitié pour la petite, franchement, que des années gâchées à vivre sous le même toit que ce sale type répugnant aux cheveux blonds sales, emmêlés et trop longs.

Enfin, c'était du passé. Lorsque Roy avait débuté son apprentissage, elle n'avait pas voulu le freiner, ni lui mettre la tête à l'envers. Il n'avait pas besoin de ça à l'époque, ce pauvre gosse, il devait juste faire de son mieux et progresser ! Ce sera la seule bonne action qu'il aura fait de toute sa misérable existence, ce vieux croûton, accepter Roy comme élève. Elle avait très surpris en apprenant qu'il avait fait ça... Un reste de remord, peut-être ? Ou de culpabilité ? Elle aurait aimé savoir la raison avant qu'il ne crève comme le rat qu'il était ! Elle aurait pu aller pisser sur sa tombe en dansant, tant elle avait été heureuse de voir qu'il avait enfin rejoint ses ancêtres. Sale poubelle dégoûtante et odieuse sans manières ! Elle rageait rien que de penser à lui. Ce déchet avait eu la vie qu'il méritait, aimant plus son alchimie que qui que ce soit d'autre au monde. Il ressemblait à un mort-vivant frénétique lorsqu'il était plongé dans ses recherches, en faisant même peur à son entourage.

Chris – Merci, dit-il au boulanger en prenant son pain. A demain !

Elle rentra chez elle pour préparer le repas du soir. Elle était sûre et certaine que la gamine avait été sous-alimentée durant son enfance, avec un crétin pareil, il était trop plongé dans ses recherches pour songer à la nourrir comme il faut. Cette sous-crotte ne valait rien, tout le long de sa vie il n'avait été qu'un bon à rien impuissant ! Elle alluma sa pipe tout en préparant le repas du soir, attendant ses invités. Un repas simple, elle ne comptait pas faire de gros chichis non plus. Le soir commençait déjà à tomber lorsqu'on frappa à la porte. Elle s'essuya les mains, reposant sa pipe, puis alla ouvrir. Elle trouva sur le palier son fils adoptif, en tenue civile, avec la fillette blonde, elle aussi en civile. Elle leur dit bonsoir et les fit rentrer, prenant leur manteau pour les déposer sur le parterre, refermant la porte.

Chris – Tu es vraiment pâle, mon petit Roy, ne reste pas planté là.

Elle retourna dans la cuisine, alors que Riza observait son fils et que lui-même détournait le regard. Elle leur lança de s'installer dans le salon, revenait avec un plateau chargé, puis serra la main de la petite avant qu'elle ne s'assoit, un sourire franc aux lèvres.

Chris – Bonsoir, Riza, je m'appelle Chris Mustang.

Du coin de l'œil, elle vit son fils commencer à jouer avec ses mains, assis tête baissée sur le canapé. Quoi, il était malade ? Riza lui fit de très gros yeux, puis jeta un regard au jeune homme. Mmh, vu de plus près, elle n'était pas aussi maigre, ça va. Oh mon dieu, elle avait en revanche les mêmes yeux et cheveux que la poubelle qui lui avait servi de père, quelle horreur. Enfin, elle se lavait, elle.

Riza – Vous êtes... Il ne m'avait pas prévenue.

Chris – Je suis sa mère adoptive, dit-elle en s'asseyant à son tour, l'invitant à faire de même. Je t'ai connu moins timide, Roy.

Elle leur servit à boire, rallumant sa pipe après avoir craqué ne allumette. Voilà qui était mieux ! Une légère odeur de menthe envahie l'air, elle fourrait toujours des feuilles de menthe dans ce qu'elle fumait, elle aimait bien l'odeur. Son fils avait redressé la tête, les joues un peu plus rouges. Ah, il devait avoir de la fièvre, voilà ce que c'était de traîner.

Chris – Bon, il  a des choses que je dois vous dire à tous les deux. Je t'en aurai bien parlé avant, Roy, mais tu étais trop jeune, alors qu'aujourd'hui, tu vas avoir besoin de le savoir. Surtout si vous décidez enfin à vous marier, tous les deux.

Ils recrachèrent tous les deux leur verre au même moment, s'étouffant à moitié. Très mignon, ils avaient les mêmes réactions, en plus d'être toujours collés l'un à l'autre. Elle sourit en le voyant s'essuyer en toussant puis tendre une serviette à Riza en lui tapotant le dos. Il prenait vraiment soin d'elle. Elle attendit qu'ils reprennent leurs souffles, tirant sur sa pipe durant ce temps. C'est bon, ça va mieux ? Maintenant, ils pouvaient peut-être l'écouter. Elle fit tomber un peu de cendre de sa pipe, son verre en main, légèrement souriante.

Riza – Merci, Colonel.

Chris – Roy, avant de t'adopter, j'ai été marié, savais-tu ? A un homme exécrable, qui aimait plus l'alchimie que qui que ce soit. Je l'ai quitté car il refusait d'adopter un enfant.

Roy – Je le sais, mais quel rapport ?

Elle rembourra sa pipe, tranquillement, puis le fixa droit dans les yeux.

Chris – Ce type, c'était ton maître en alchimie, Hawkeye.

Il en lâcha son verre avec un léger sursaut, le verre allant s'écraser sur le parquet de bois. Non mais, elle venait de nettoyer en plus ! Mais il était temps qu'il sache la vérité sur cette crevure infâme. Son fils respirait un peu plus vite, d'un seul coup, soudain très pâle. Elle but une gorgée puis soupira, reposant le verre, sa pipe en main.

Chris – Je ne sais pas pourquoi il t'a pris ensuite comme élève, des années après. Peut-être par culpabilité, comme il m'avait déjà trompé avec l'autre, là. Mais il t'aura au moins enseigné l'alchimie, je ne lui enlève pas ça.

Elle croisa le regard de son fils, qui avait maintenant le même air perdu que lorsqu'il était arrivé à l'orphelinat, violemment privé de ses parents et désormais seul en ce monde. Cette histoire n'avait bien sûr rien de grave, cela faisait parti des hasards de la vie, mais elle ne pouvait pas lui cacher jusqu'à sa mort. Elle jeta aussi un œil à la fillette, qui regardait son verre. Son fils soupira tout à coup, fourrant un instant sa tête entre ses mains, puis se redressa.

Roy – Pourquoi vous n'avez rien dit avant ? Et pourquoi lui-même n'a rien dit ? A nous deux ?

Chris – Moi, je ne voulais pas te retourner la tête. Tu étais trop jeune, de toute façon, je voulais d'abord que tu progresses. Lui, je n'en sais rien et je m'en moque, il devait avoir ses raisons.

Elle se leva puis déposa sa pipe dans le cendrier, puis retourna à la cuisine, en leur disant de venir, qu'il était l'heure de manger. Elle regarda avec tendresse une photo d'elle, bien plus jeune, et de son petit garçon, sur ses genoux, à neuf ans et très souriant. Elle poussa la photo plus loin sur la table pour mettre des assiettes, leur disant de s'asseoir alors qu'elle prenait des couverts. C'était la vie, oui. Elle avait adopté cet enfant et ne le regrettait pas. Elle avait fait cuire un poulet, fait une petite entrée, puis cuit des légumes, le tout accompagné d'un vin pris au bar avant la fermeture. Maintenant, ils savaient tout ! Elle se sentait soulagée d'avoir enfin vidé son sac, surtout qu'ils étaient assez grand pour savoir, même s'ils n'avaient pas l'air très bien.

Chris – Ne tire pas cette tête, mon petit Roy, il refusait l'adoption mais il se sera quand même un peu occupé de toi. Et toi, Riza, tu as l'air en forme, je t'imaginais sous-alimentée.

Elle mit l'entrée sur la table, puis remplis les assiettes de ses invités, débouchant le vin en même temps, près de la carafe d'eau. Elle savait que son fils tenait très mal l'alcool alors autant ne pas le rendre malade ce soir. Deux ou trois verres et il était fini, elle l'avait vu bien des fois. Dont une lors de son anniversaire, à ses 20 ans, il avait vraiment été malade. La fillette le regarda de biais, comme très mal à l'aise.

Riza – Je... Non, il... Ma mère s'occupait de moi et je... Je ne le voyais pas très souvent.

Son fils eut un drôle de soupir puis remit sa main sous la table, prenant la fourchette de l'autre. La fillette rougit presque aussitôt puis sourit à son fils, avec un air triste. Elle reprit la conversation, racontant à Riza comment elle avait adopté son petit garçon, il y a des années. Ce fut au tour de Roy de rougir, alors qu'il mangeait du bout des lèvres. Sa main n'avait toujours pas réapparu, tout comme celle de la petite. Mignon. Elle les regarda un moment, tout en leur coupant ensuite un bout de poulet. Elle devait faire des morceaux ou ils allaient reprendre leurs mains pour se servir de leurs couteaux ? Elle eut un sourire en s'imaginant leur poser la question. Bon, soyons sérieux. Elle fit innocemment des morceaux faciles à manger comme ça dans les deux assiettes en mélangeant avec les légumes pour que ce soit naturel.

Chris – Mangez pendant que c'est chaud, je n'ai pas cuisiné pour rien, dit-elle d'un ton plus joyeux. Dis-moi, Riza, pourquoi es-tu entrée dans l'armée, toi aussi ?

La tenancière du bar avait déjà une idée très solide, à ce propos, mais l'entendre de la bouche de la jeune femme pourrait être intéressant. Comment allait-elle lui répondre, cette fois ? Ils étaient si naïfs, tous les deux, le privilège de la jeunesse.

Riza – Pour protéger votre fils comme il a des projets trop ambitieux et qu'il a tendance à s'attirer des problèmes.

Son fils rougit un peu plus, tout à coup. Chris sourit de plus belle, alors que la fillette regardait sous la table puis bougeait un peu. Presque aussitôt, le jeune homme lui jeta un regard un peu peiné. Ah là là, les émois du premier vrai amour... Son fils était maladroit, dans ce domaine-là ! Il aurait pu la lâcher avec un peu plus de douceur. La pauvre petite était toute rouge, maintenant, elle devait être triste ou vexée. Elle lui flanqua un coup de pied sous la table pour lui apprendre les bonnes manières avec les femmes, vraiment ! Il grimaça en se mordant la lèvre, alors qu'elle soupirait. Riza lui jeta un regard interrogateur, alors que la barman buvait une grande gorgée.

Chris – T'es vraiment pas délicat, mon petit Roy, tu aurais put être plus doux.

Roy – Mais je n'ai rien f... Enfin, bon, voilà, je ne suis pas délicat, oui.

Riza – Ne dites pas ça, Colonel, ce n'est pas vous, c'est moi.

Chris leur servit deux verres de vin, très amusée maintenant, surtout face à leurs têtes bien gênées et rouges. Ah, donc, c'était elle, pas lui ? Mea culpa, elle l'avait accusé à tord, désolée pour le coup de pied. Alors, qu'en pensait la gamine ? Elle avait déjà un petit ami, un fiancé, quelqu'un en vue ? Quoi que, elle l'avait défendu elle aussi, c'était très mignon.

Chris – Vous pouvez vous reprendre la main, ne vous gênez pas pour moi. J'ai déjà découpé vos parts pour que vous n'ayez pas besoin de vos couteaux.

Son fils devint tellement cramoisi qu'elle crut sur le moment qu'il allait faire une attaque. Il leva très vite les mains, le regard brillant, puis bafouilla qu'elle ne devrait pas dire ça, que c'était gênant, et qu'enfin, ça ne se faisait pas, voilà tout, elle était sa mère ! Elle haussa les sourcils en lui répondant que justement, elle était sa mère, elle avait le droit de jeter un œil sur ce terrain. La jeune femme se ratatina sur-place, bien rouge elle aussi.

Roy – Mère, quand même, parler de ça est... Enfin, le lieutenant est ma subordonnée, nous ne pensons pas à...

Chris – Tu tiens la main à tous tes subordonnés ? Je trouvais déjà l'armée curieuse mais je ne pensais pas que c'était à ce point.

Roy – J'ai, je, nous...

Chris – Quelle défense brillante...

Roy – Mère, enfin !

Elle haussa les épaules et but une gorgée de vin, en leur rappelant qu'ils devaient manger au lieu de ne pas toucher à leurs assiettes. Il y eut un instant de silence, alors qu'elle buvait tranquillement en regardant des photos de son fils, sur les murs. Elle reprit ensuite un peu de légumes, tranquillement. Ces jeunes, vraiment... Ce n'était pourtant pas le genre de son fils, d'hésiter comme ça.

Chris – Roy, franchement, tu comptes rester célibataire toute ta vie ?

Roy – Non...

Chris – Alors qu'attends-tu ? Vraiment... Vu comment tu parlais de Riza étant enfant, en plus...

Il eut un petit hoquet, alors qu'elle se retourna vers Riza.

Chris – Quand vous étiez enfants, il te trouvait déjà mignonne. Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'a vraiment poussé à prendre l'uniforme ? Ton père haïssait l'armée et les Alchimistes d'Etat.
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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Il va être temps de tout révéler   Mar 12 Mai 2015 - 0:09

Roy soupira, debout devant la commode où il avait posé un miroir et des affaires de toilettes, occupé à boutonner sa chemise et mettre son col. Il réfléchissait depuis ce matin mais ne comprenait toujours pas pourquoi sa mère tenait absolument à voir le lieutenant ce soir aussi. Elle ne l'avait jamais vu face à face, même si elle avait dû prendre ses renseignements sur elle, alors pourquoi ? Pourquoi ? Il laissa retomba ses bras, mettant sa veste, pas du tout rassuré. Il sentait assez mal cette petite soirée, d'un seul coup. Non pas qu'il craignait sa mère, mais ne pas savoir ce qu'elle voulait au lieutenant avait le don de le rendre nerveux. Il sortit de son appartement puis alla prendre sa voiture, prête à aller chercher le lieutenant avant de partir chez sa mère. Non, il ne lui avait pas vraiment dit encore pour ce soir... Il la trouva néanmoins dans la rue, s'arrêtant à sa hauteur.

Roy – Lieutenant ? Vous pouvez monter ?

Elle se retourna, des affaires plein les bras, alors qu'il ouvrait la porte côté passager.

Lieutenant – Maintenant ?

Oui, maintenant... Il redémarra une fois qu'elle fut assise, nerveux, puis lui expliqua qu'une personne les avait invité tous les deux à manger ce soir, quelqu'un qu'il connaissait bien et qui voudrait la connaître aussi, étant donné qu'ils travaillaient ensemble. Il essaya, mais vraiment, de rajouter "ma mère adoptive" mais en fut incapable. C'était ridicule, oui, mais il ne pouvait s'en empêcher ! Il ne comprenait pas pourquoi elle voulait la voir... Vraiment, c'était sa mère, enfin, elle ne pouvait rien avoir à dire au lieutenant ! Et s'il disait cela à sa subordonnée, elle allait lui dire la même chose, qu'elle n'allait pas s'immiscer dans une conversation entre une mère et son fils, et allait donc vouloir descendre de la voiture pour rentrer chez elle. Il échafauda toutes les hypothèses possibles sur le trajet, jusqu'aux plus improbables, même s'il était sans doute loin du compte. La route fut bien trop courte à son goût et il se gara à contrecœur au pied d'un immeuble. Bon, quand il fallait y aller... Il allait enfin savoir ce que sa mère pouvait bien vouloir au lieutenant.

Il guida sa subordonnée jusqu'au troisième étage, frappant ensuite à la porte. Ne pas paniquer, après tout, peut-être sa mère voulait-elle simplement rencontrer les personnes avec qui il travaillait depuis des années ! Oui, c'était sûrement ça. Elle s'inquiétait et voulait être rassurée, voilà tout, elle l'avait toujours plus couvé que nécessaire, même si c'était lui qui aurait bien plus de raisons de s'inquiéter pour elle. Avec toutes les histoires dans lesquelles elle trempait, il pourrait lui arriver n'importe quoi à n'importe quel moment. Situation très ironique, finalement, quand on savait que son fils s'était engagé dans l'armée. Sa mère vint leur ouvrir et il essaya de sourire, ne comprenant définitivement pas pourquoi elle voulait voir sa subordonnée. Elle les salua et les fit entrer, prenant leurs manteaux.

Mère – Tu es vraiment pâle, mon petit Roy, ne reste pas planté là.

Ne pas croiser le regard du lieutenant. Ne surtout pas croiser le regard du lieutenant. Il alla plutôt s'asseoir, très mal à l'aise, s'en voulant de ne pas avoir réussi à la prévenir avant d'entrer ici. Qui, dans ce monde, pourrait l'appeler "mon petit Roy" ? Il s'assit sur le canapé, grimaçant en voyant toutes les photos de lui avec sa mère et des amis. Là, si ce n'était pas assez clair qu'il avait grandit ici... Il vit la photo qui avait été prise le jour où son adoption avait été officialisé. Il ne se souvenait plus avoir eu un tel regard, en tout cas, ce petit garçon était rendu très loin, s'il n'avait pas complètement disparu. Il le sentait mal, très mal, vraiment très mal.

Mère – Bonsoir, Riza, je m'appelle Chris Mustang.

Et il avait bien eu raison, d'ailleurs. Il commença à jouer avec ses mains pour passer ses nerfs, gardant les yeux résolument fixés dessus. Et voilà... Il n'osait même pas imaginer la tête que devait tirer sa subordonnée en cet instant précis. Mais s'il l'avait prévenu avant, elle aurait refusé de venir ! Enfin, ils étaient chez sa mère, cela aurait été une raison suffisante. Il retint un long soupir, voulant savoir ce qu'elle voulait au lieutenant, une bonne fois pour toute, arrêter le suspens. Il ne releva pas la tête tout de suite, pensif, silencieux. Bon, on pouvait en finir vite ? Ou au moins l'achever tout de suite. Se faire appeler "mon petit Roy" devant sa subordonnée, franchement ! C'était mignon quand il avait dix ans, mais il en avait vingt-neuf, aujourd'hui, il était devenu un peu trop vieux pour qu'elle continue de l'appeler comme ça.

Lieutenant – Vous êtes... Il ne m'avait pas prévenue.

Mère – Je suis sa mère adoptive, dit-elle en s'asseyant à son tour, l'invitant à faire de même. Je t'ai connu moins timide, Roy.

Il rougit un peu, serrant les dents. C'est sûr, il était juste chez sa mère avec sa subordonnée, tandis qu'il se faisait appeler "mon petit Roy" comme s'il avait encore neuf ans, pas de quoi être gêné, en effet ! Il releva la tête alors qu'elle allumait sa pipe, qu'elle devait bien traîner avec elle depuis trente bonnes années. En tout cas, il l'avait toujours vu fumer avec ça, d'aussi loin qu'il se souvienne. Il attendait de savoir pourquoi elle les avait invité tous les deux, ce qu'elle pouvait bien avoir derrière la tête. Il porta son verre à ses lèvres, patient, bien que la nervosité ne l'ait toujours pas quitté. L'odeur de menthe était aussi familière que le petit salon, les photos, le piano dans un coin. Apaisant malgré tout.

Mère – Bon, il  a des choses que je dois vous dire à tous les deux. Je t'en aurai bien parlé avant, Roy, mais tu étais trop jeune, alors qu'aujourd'hui, tu vas avoir besoin de le savoir. Surtout si vous décidez enfin à vous marier, tous les deux.

Il recracha la gorgée qu'il venait de prendre en s'étouffant et en toussant, le souffle coupé tant il avait été surpris, remarquant en hoquetant que le lieutenant avait eu exactement la même réaction. Non mais ils travaillaient ensemble, ils n'avaient jamais parlé de mariage ! D'où sortait-elle cette idée ? Il s'essuya, toussant encore, puis tapota le dos de sa subordonnée pour l'aider à reprendre son souffle, lui donnant une serviette. Bon, du calme, hein. Jamais ils n'avaient prononcé le mot mariage ! Ils étaient amis, pas amants, ils se contentaient de travailler et de se protéger mutuellement, voilà tout. Il veillait à ce qu'elle aille bien, oui, mais c'est parce qu'il l'appréciait, parce qu'il la connaissait depuis longtemps, il lui faisait confiance. C'était de la loyauté, voilà ! Franchement... Si c'était pour leur dire ça, en plus... Enfin, de quelles choses voulait-elle leur parler ? Que n'aurait-il pas pu entendre avant ? Il savait déjà qu'il était un enfant adopté, que ses deux parents biologiques étaient morts, etc. Il n'y avait pas de secret là-dessus.

Mère – Roy, avant de t'adopter, j'ai été marié, savais-tu ? A un homme exécrable, qui aimait plus l'alchimie que qui que ce soit. Je l'ai quitté car il refusait d'adopter un enfant.

Roy – Je le sais, mais quel rapport ?

Mère – Ce type, c'était ton maître en alchimie, Hawkeye.

Roy ne comprit qu'il avait lâché son verre que lorsque le bruit sourd du verre volant en éclat retentit à ses oreilles. Il sentit sa respiration s'accélérer, alors qu'il fixait sa mère. Une minute, non, ce n'était pas... Hawkeye ? Il réalisa qu'il ne lui avait jamais demandé son nom de femme mariée, étant donné qu'elle avait repris son nom de jeune fille, nom qu'elle lui avait légué. Elle avait été mariée au père du lieutenant ?! C'était lui "le vieux fou sénile et mauvais" qui lui avait rendu la vie infernale car il avait refusé d'adopter un enfant ? Il ne cessait de la fixer, la bouche sèche. Elle devait plaisanter ! C'était une énorme blague. Mais elle avait cet air sérieux, qu'elle prenait pour les sujets plus graves. Son maître en alchimie aurait dû être son père adoptif, si sa mère ne l'avait pas jeté ? Elle lui avait dit avoir divorcé un an avant son adoption... Mais... Riza était un peu plus jeune que lui, ça voulait dire qu'elle était née alors que sa mère était toujours en couple avec Hawkeye.

Mère – Je ne sais pas pourquoi il t'a pris ensuite comme élève, des années après. Peut-être par culpabilité, comme il m'avait déjà trompé avec l'autre, là. Mais il t'aura au moins enseigné l'alchimie, je ne lui enlève pas ça.

Roy fourra un bref instant la tête entre ses mains, le souffle coupé, s'attendant à tout sauf à ça. Il lâcha un long soupir, les dents serrées, avant de se redresser. Son maître savait forcément qui il était, en le prenant avec un apprentissage ! Il connaissait ce nom de famille et Roy lui avait bien évidemment dit qu'il avait été adopté par Chris Mustang, qu'on appelait aussi madame Christmas. Il avait su que c'était lui, le gamin qu'il ne voulait pas voir chez lui, et pourtant il l'avait pris comme élève ? Mais pourquoi ?! Pourquoi, aussi, ni sa mère ni son maître n'avaient jamais cru bon de dévoiler ce "détail" ? Ni à lui ni au lieutenant ?! Le père de Riza aurait dû tout lui révéler, il y a déjà longtemps, et la mère de Roy aussi.

Roy – Pourquoi vous n'avez rien dit avant ? Et pourquoi lui-même n'a rien dit ? A nous deux ?

Mère – Moi, je ne voulais pas te retourner la tête. Tu étais trop jeune, de toute façon, je voulais d'abord que tu progresses. Lui, je n'en sais rien et je m'en moque, il devait avoir ses raisons.

Il émit un petit son, entre le rire désespéré et le grognement. Il suivit sa mère sans réfléchir avec le lieutenant, bouleversé par ce qu'il devait d'apprendre. Peu importe que ce soit idiot d'être troublé par ça à son âge ! Même si cela n'avait plus d'importance aujourd'hui, même si c'était du passé, il n'arrivait pas à faire comme si de rien n'était. Il eut un regard pour sa subordonnée, sachant qu'elle en devait pas être très en forme, elle aussi. Il aurait voulu la réconforter, lui glisser un mot. Ce n'était pas de sa faute, pas plus que ce n'était celle de Roy. Leurs parents avaient fait leurs vies, voilà tout, le père de Riza avait mené ses propres choix, jusqu'au bout. Et au final, il avait élevé et aimé Riza. Il l'avait aussi pris comme élève, tout enseigné.

Mère – Ne tire pas cette tête, mon petit Roy, il refusait l'adoption mais il se sera quand même un peu occupé de toi. Et toi, Riza, tu as l'air en forme, je t'imaginais sous-alimentée.

Lieutenant – Je... Non, il... Ma mère s'occupait de moi et je... Je ne le voyais pas très souvent.

Il glissa la main sous la table pour attraper la sienne et la serrer doucement, cherchant à la réconforter. Il ne réussit à manger que du bout des lèvres, serrant la main du lieutenant dans l'espoir qu'elle comprenne qu'ils n'y étaient pour rien, dans toute cette histoire, et qu'à présent, cela appartenait au passé. Son père était mort, depuis déjà plusieurs années, il ne pouvait plus revenir pour s'expliquer. C'était du passé et il fallait composer avec, à présent. Cette histoire lui serrait encore la gorge mais il aura de quoi l'oublier, dans les jours à venir, d'autres considérations bien plus importantes allaient venir ou étaient déjà sur eux. Il garda la main du lieutenant dans la sienne tout en mangeant, par peur de la relâcha. Ce contact avait le don prodigieux de l'apaiser, et dans le même temps, il ne voulait pas la laisser comme ça. Il ne lui avait jamais tenu la main ainsi, mais c'était très... agréable.

Mère – Mangez pendant que c'est chaud, je n'ai pas cuisiné pour rien, dit-elle d'un ton plus joyeux. Dis-moi, Riza, pourquoi es-tu entrée dans l'armée, toi aussi ?

Lieutenant – Pour protéger votre fils comme il a des projets trop ambitieux et qu'il a tendance à s'attirer des problèmes.

Il rougit tout en lui serrant un peu plus fort la main, ayant peur, d'un coup, qu'elle ne disparaisse loin de lui. S'il était sûr d'une chose, c'est qu'il ne voulait pas la perdre ou la voir s'éloigner. Mais elle ôta d'un seul coup sa main, les joues rouges, et il écarquilla les yeux. Mais... Il la remit sur la table, sans cacher son regard un peu peiné. Donc elle n'avait pas réalisé qu'il le tenait et cela l'embarrassait... D'accord, donc elle ne voulait pas qu'il s'approche d'elle ni qu'il la touche, d'accord, message reçu. Après tout, il était son supérieur hiérarchique... Il oubliait la formalité de leur place, même s'il voudrait bien envoyer ladite place au diable, de temps en temps. Il grimaça tout à coup en recevant un coup dans le tibia, tout en lançant un regard noir à sa mère. Non mais, qu'est-ce qu'il avait fait ?! Il mangeait proprement et n'avait rien dit, non ? De quoi elle l'accusait ?

Mère – T'es vraiment pas délicat, mon petit Roy, tu aurais put être plus doux.

Roy – Mais je n'ai rien f... Enfin, bon, voilà, je ne suis pas délicat, oui.

Il avait saisit à la dernière seconde qu'elle avait tout compris de leur petit manège et lui reprochait de mettre le lieutenant mal à l'aise. Ah, très bien, oui, mais qu'elle n'accuse pas sa subordonnée, alors, il préférait encore qu'elle le prenne pour un rustre. Elle allait la mettre mal à l'aise, sinon !

Lieutenant – Ne dites pas ça, Colonel, ce n'est pas vous, c'est moi.

Il retint une grimace. Il fera attention, la prochaine fois, il trouvera une autre façon de lui remonter le moral et de ne plus la toucher ni l'approcher de trop près, s'en tenant à de pures et strictes relations professionnelles, teintées d'amitié. Il ne voulait pas qu'elle s'en aille juste parce qu'il était trop proche d'elle ou qu'il se comportait mal. Il lui présentera toutes ses excuses après le repas pour lui avoir pris la main sans son accord, c'était promis. Pas question de la perdre pour ça, il respectera son souhait.

Mère – Vous pouvez vous reprendre la main, ne vous gênez pas pour moi. J'ai déjà découpé vos parts pour que vous n'ayez pas besoin de vos couteaux.

Il rougit encore plus fort, lèvres pincées, comme il ne l'avait jamais fait. Non mais c'était un complot ! Un véritable complot ! De plus, c'était bon, autant arrêter de parler de ça, cela gênant sa subordonnée ! Elle lui avait bien fait comprendre que de toute façon, c'était comme ça, ils étaient amis, en relation professionnelle, mais rien de plus, il n'avait pas à aller plus loin avec elle, il avait avait compris.

Roy – Mère, quand même, parler de ça est... Enfin, le lieutenant est ma subordonnée, nous ne pensons pas à...

Mère – Tu tiens la main à tous tes subordonnés ? Je trouvais déjà l'armée curieuse mais je ne pensais pas que c'était à ce point.

Il bafouilla une réponse incohérente, toujours rouge vif. Mais ça n'avait rien à voir ! Le lieutenant était aussi une amie d'enfance, en plus d'être son adjointe, il était normal qu'il fasse plus attention à elle qu'il en le faisait pour ses autres équipiers. Défense qui ne parut pas convaincre sa mère adoptive, qui ne se gêna pas pour le lui faire remarquer. Mais ils pouvaient changer de sujet, aussi ! Parler de n'importe quoi, même de la météo, ce serait parfait. Le lieutenant en avait subit pour ce soir, il n'avait pas envie de la raccompagner chez elle à moitié assommée. Lui-même n'était plus sur de se sentir bien, là.

Mère – Roy, franchement, tu comptes rester célibataire toute ta vie ?

Roy – Non...

Mère – Alors qu'attends-tu ? Vraiment... Vu comment tu parlais de Riza étant enfant, en plus...

Ah non, elle n'avait pas le droit de raconter ça ! Il eut un petit hoquet, tout prêt à s'étouffer. Non, non, on pouvait changer de sujet. Jamais il n'avait été aussi gêné de toute sa vie, les joues si rouges et fumantes qu'on aurait pu faire cuire un œuf dessus. En tout cas, il faudra qu'il parle avec elle, après ce charmant dîner, afin de lui assurer qu'il ne fera rien qui pourrait la gêner ou le mettre mal à l'aise.

Mère – Quand vous étiez enfants, il te trouvait déjà mignonne. Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'a vraiment poussé à prendre l'uniforme ? Ton père haïssait l'armée et les Alchimistes d'Etat.

Roy – Mère, on ne va pas parler de ça, la coupa-t-il. C'est du passé et vous allez la gêner ou la mettre mal à l'aise, je n'ai pas envie de ça.

Elle devait déjà se sentir assez mal. Il allait tâcher de la raccompagner chez elle dès que possible afin qu'elle puisse se reposer et reprendre ses esprits. Elle était très rouge, en plus, elle avait sûrement un peu de fièvre. Elle posa brièvement la main sur son bras puis la ramena vers elle.

Lieutenant – Ne vous en faites pas, c'est normal que votre mère s'intéresse à ça, je fais partie de votre équipe...

Mère – Oui, c'est bien connu, tous les membres de ton équipe agissent comme ça aussi... Vous êtes vraiment désespérants, tous les deux ! C'est comme ça que je t'ai élevé, Roy ?! Pour que tu sois incapable de dire à une femme "je te tenais la main parce que j'en avais envie, tout simplement, ce n'était pas pour te gêner" ?

Il ne put s'empêcher de baisser la tête, cramoisi. Il, mais, non, mais, enfin ! Il rit une petite inspiration relevant à peine la tête, croisant le regard de la tenancière du bar qui les fixait tous les deux. Gêne. Totale. Il reprit son souffle puis se tourna vers le lieutenant.

Roy – Je suis désolé de vous avoir embarrassé, je ferais attention, à présent.


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Riza Mustang

Lieutenant

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MessageSujet: Re: Il va être temps de tout révéler   Mar 12 Mai 2015 - 0:46

Riza rangea des dossiers, étouffant un bâillement après cette longue journée. Elle tenait, aucun souci là-dessus, savait jusqu’où elle pouvait aller sans mettre en péril son travail. Les heures supplémentaires ne l’effrayaient pas, elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Pour le Colonel, elle devait faire ses recherches. Il ne semblait pas s’inquiéter de ce tueur ? Très bien, Riza s’en chargerait à sa place. Il lui faisait confiance, c’était à elle d’assurer ses arrières et d’en savoir un maximum sur ce tueur, sur les menaces qu’il courait. Il n’avait pas à se soucier de cela en plus, alors quelques heures de boulot supplémentaires ne la tuerait pas. Ce Colonel… Il allait l’épuiser, un jour, mais elle ne pouvait s’en empêcher.

Le lieutenant se changea, enfilant ses vêtements de civile pour abandonner sa tenue militaire jusqu’au lendemain. Elle se sentait nue, sans son arme, mais en gardait toujours une au cas où. Après tout, elle ne pouvait pas sortir sans se protéger, même si elle ne portait qu’une petite arme en dehors du travail. Enfilant sa jupe, elle camoufla son arme, referma son chemisier blanc et lâcha ses cheveux, adoptant une tenue beaucoup plus décontractée. Veste sur le bras, dossiers contenant les informations recueillies sur le tueur, Riza sortit de la tente et du campement. Direction, son appartement. Une voiture s’arrêta alors à sa hauteur et elle reconnut le Colonel qui ralentissait, se mettant à sa vitesse. Elle le salua d’un signe de la main, prête à lui dire « A demain, passez une bonne soirée. ».

Colonel – Lieutenant ? Vous pouvez monter ?

Riza – Maintenant ?

Monter… ? Pour aller où ? Riza lança un regard à ses dossiers, n’ayant pas vraiment prévu cela. Tant pis, elle dormirait un peu plus tard. Ce n’était pas le genre du Colonel de l’avertir comme cela, alors qu’avait-il ? Elle le trouvait un peu nerveux, qui plus est… Soit. Elle acquiesça d’un signe de tête avec un sourire et grimpa dans la voiture, n’ajoutant rien. Que se passait-il ? Où allaient-ils ? Elle lui lançait des regards pour essayer de comprendre, de percer le mystère, de voir ce qui n’allait pas. Il l’inquiétait sérieusement, là ! Que se passait-il ? Pourquoi avoir attendu qu’elle soit en civile pour l’emmener ? Pourquoi… Mais le Colonel répondit à ses questions, plus ou moins, dès qu’elle fut assise. Il redémarra et lui expliqua qu’une personne les avait invités tous les deux, ce soir, une personne qu’il connaissait bien et qui voulait la connaître comme ils travaillaient ensemble. Mais alors, dans ce cas, pourquoi semblait-il si nerveux ?! Ce n’était qu’un repas entre amis, non ?

Ils arrivèrent enfin, après un moment, et se retrouvèrent devant un immeuble, des appartements en hauteur. Riza lança encore un regard au Colonel avant de le suivre, nerveuse elle aussi à présent. Pourquoi ne lui expliquait-il pas la vraie raison de cette sortie ? Parce que non, désolée, ce n’était pas vrai. Il y avait quelque chose qui clochait et il ne lui disait pas tout, elle le connaissait suffisamment bien pour le deviner. Après avoir monté les trois étages, le Colonel frappa à une porte et ils n’eurent à attendre que quelques minutes, très longues pour le lieutenant, avant qu’on ne vienne leur ouvrir. Devant eux, une femme d’une cinquantaine d’années, l’air joyeux, qui les salua et les fit entrer en leur prenant leurs manteaux. C’était elle, la personne qu’il connaissait ?

Femme – Tu es vraiment pâle, mon petit Roy, ne reste pas planté là.

Mon… Mon petit Roy ? Cette femme venait bien d’appeler le Colonel « mon petit Roy »… ? Riza lança un regard à son supérieur, essayant de comprendre et d’avoir des réponses, mais il détourna le sien. Mais enfin ! Que se passait-il, ici ? Qui était cette femme ? Pourquoi appelait-elle le Colonel « mon petit Roy » ? C’est vrai qu’il était pâle, en plus, mais cela ne l’aidait pas à comprendre qui était leur hôte. Ils se connaissaient depuis longtemps ? Qui était-elle, pour lui ? Sa femme ? Non, non, elle était trop vieille. Riza connaissait les goûts du Colonel, à force de l’avoir vu sortir de nombreuses fois, et elle n’y correspondait pas du tout. Il restait bien une hypothèse, mais… Non, c’était impossible.

Le lieutenant alla s’installer dans le canapé du salon, à côté de son supérieur, lorsque leur hôte le leur lança depuis une pièce plus éloignée, sûrement la cuisine. Seulement, avant qu’elle ne se soit assise, la vieille dame revint vers eux avec un plateau chargé et lui serra la main avec un franc sourire alors qu’elle n’avait même pas serré celle du Colonel. De plus en plus, cette hypothèse s’insinua dans son esprit… Mais non. Non, c’était illogique, pourquoi aurait-elle… Non, non, non.

Mme Mustang – Bonsoir, Riza, je m'appelle Chris Mustang.

… Ou pas. Cette femme était la mère du Colonel ?! Choquée, bien qu’elle ait pensé à cette hypothèse, Riza fit des yeux ronds à madame Mustang avant de lancer un regard à son supérieur. Sa mère ! Il aurait pu la prévenir ! Non, c’était impossible ? Au lieu de cela, il l’avait embarquée, l’avait fait stresser pendant tout le trajet sans lui dire que cette « personne qui voulait dîner avec eux » était sa mère ! Mais du calme, ne pas s’emporter. Il avait sûrement une bonne raison. Une très bonne raison. Il avait intérêt à avoir une bonne raison !

Riza – Vous êtes... Il ne m'avait pas prévenue.

Mme Mustang – Je suis sa mère adoptive, dit-elle en s'asseyant à son tour, l'invitant à faire de même. Je t'ai connu moins timide, Roy.

Riza s’installa, sans cesser de regarder alternativement madame Mustang et son fils. Son fils… Lui-même semblait gêné, ou mal en tout cas, ses joues devenues beaucoup plus rouges d’un coup. Tant mieux, s’il avait un peu trop chaud, cela lui servira de leçon ! Quand elle pensait que… Il… Mais enfin, quoi, il aurait pu la prévenir ! Le lui dire, au moins ! Là, on appelait cela un enlèvement pur et simple, elle pourrait le détester et vouloir démissionner dès le lendemain, si elle le voulait ! Enfin, voilà, elle ne le voulait pas, mais c’était une question de principe. La mère du Colonel leur avait servi à boire et fumait sa pipe, emplissant l’air d’une odeur mentholée alors que le lieutenant hésitait sérieusement à frapper son supérieur d’un bon coup de coude, ou de cross de pistolet. Mais non, il y avait sa mère, un peu de retenue.

Mme Mustang – Bon, il a des choses que je dois vous dire à tous les deux. Je t'en aurai bien parlé avant, Roy, mais tu étais trop jeune, alors qu'aujourd'hui, tu vas avoir besoin de le savoir. Surtout si vous décidez enfin à vous marier, tous les deux.

QUOI ?! Riza recracha le contenu de son verre, s’étouffant, toussant, pleurant à force de tousser et de s’étouffer. Il lui fallut un bon moment avant de pouvoir se reprendre, le Colonel ayant réagi exactement de la même manière. Il lui tendit une serviette, alors qu’elle toussait toujours, et lui frappa le dos pour la faire se ressaisir. Ca va, elle allait bien, tout va bien. Ils n’allaient pas se marier, enfin ! Il était son supérieur ! Il était colonel, et elle simple lieutenant ! Et puis, ils ne s’aimaient pas, ils travaillaient seulement ensemble et étaient amis, elle restait loyale envers lui, mais ce n’était pas de l’amour. Où voyait-elle cela ? Ils s’entendaient bien, se respectaient, se protégeaient. C’était normal d’agir comme ça ! Du caaalme, tout va bien, on respire, on se reprend. Voiiilà, ça va mieux. Riza lança un regard au Colonel, les joues rouges, lui souriant.

Riza – Merci, Colonel.

Mme Mustang – Roy, avant de t'adopter, j'ai été marié, savais-tu ? A un homme exécrable, qui aimait plus l'alchimie que qui que ce soit. Je l'ai quitté car il refusait d'adopter un enfant.

Colonel – Je le sais, mais quel rapport ?

Mme Mustang – Ce type, c'était ton maître en alchimie, Hawkeye.





C’était… Mais il… Riza ne remarqua qu’à peine le bruit de verre brisé, que le Colonel venait de lâcher sous le coup de la surprise. Son… Il était son… Mais c’était… Elle dévisagea madame Mustang, cherchant à déceler dans son regard la moindre trace de plaisanterie, une blague, quoi que ce soit. Mais n’y trouva rien. Elle disait la vérité. L’horrible vérité. Son père… Ils auraient pu être… Et il l’avait traitée comme… Une profonde envie de vomir l’envahit, mais Riza se contint. Son dos lui brûlait comme si son père lui avait fait ce tatouage la veille, comme s’il venait de le lui demander et qu’il était récent. Plus encore, la brûlure que lui avait fait le Colonel la démangeait, même si ce n’était que mental, purement psychologique. Son père avait abandonné son supérieur parce qu’il ne voulait pas d’enfant avec cette femme, et elle l’avait… Une… Si… Prise d’une vague de honte et de culpabilité, Riza regarda son verre, n’osant rien regarder d’autre, serrant ses mains dessus, ses jointures devenant blanches. Il l’avait…

Mme Mustang – Je ne sais pas pourquoi il t'a pris ensuite comme élève, des années après. Peut-être par culpabilité, comme il m'avait déjà trompé avec l'autre, là. Mais il t'aura au moins enseigné l'alchimie, je ne lui enlève pas ça.

Plus que jamais, le lieutenant se sentit salie, aurait voulu ne jamais porter ce tatouage. Expert en alchimie ou pas, cela n’excusait rien. Il n’avait pas à faire cela. Il s’était moqué de deux femmes, de cette famille, de ses deux familles. Il avait trompé sa mère, la mère du Colonel, et sans sembler en éprouver le moindre remords. Comment avait-il pu… Riza sentit ses yeux la brûler, les larmes ne coulant pas, l’envie de vomir étant de plus en plus présente. Elle ne comprenait pas. Oui, d’accord, il était absent, souvent enfermé dans son bureau. Elle-même en avait eu peur et ne le considérait pas vraiment comme un « bon » père. Elle n’avait accepté qu’il lui tatoue toutes ses recherches sur son dos que parce qu’elle avait eu peur de lui, et parce qu’elle voulait rassurer sa mère, parce qu’elle voulait être courageuse et qu’elle espérait qu’il changerait, à présent. Mais non… Cela n’avait rien changé. Il n’avait pas terminé lorsque sa mère mourut, et resta toujours aussi absent. Riza ne lui avait pas résisté.

Mme Mustang – Ne tire pas cette tête, mon petit Roy, il refusait l'adoption mais il se sera quand même un peu occupé de toi. Et toi, Riza, tu as l'air en forme, je t'imaginais sous-alimentée.

Hein ? Riza manqua de sursauter, réalisant qu’ils étaient à table. Elle avait marché comme une automate, sentant que tous ses repères étaient chamboulés. Elle ne savait plus. Il l’aimait, pourtant ! Elle le savait, elle en restait convaincue. Et puis, il avait demandé au Colonel de veiller sur elle… Il l’aimait forcément. Il faisait confiance au Colonel, assez pour lui confier la vie de sa fille, et il l’aimait. Elle ne savait plus quoi penser, quoi dire… Elle était perdue.

Riza – Je... Non, il... Ma mère s'occupait de moi et je... Je ne le voyais pas très souvent.

Ils s’étaient tous fait avoir. Et les choses avaient fini par se savoir, au bout d’une vingtaine d’années. Maintenant, elle comprenait pourquoi la mère du Colonel avait voulu les voir. Tout s’éclaircissait, tout était horriblement clair, même si le lieutenant était, actuellement, incapable de dire si elle aurait préféré rester dans l’ignorance ou non.

Elle sentit soudain la main du Colonel, qui lui prenait la sienne, et ne put s’empêcher de rougir en lui souriant, gardant malgré tout un air triste. Ce contact lui faisait du bien, la réconfortait. Ils étaient tous les deux dans la même situation, pour le coup, et elle-même était incapable de le soutenir alors qu’elle lui avait volé son père, en quelques sortes. A cause d’elle, il s’était retrouvé orphelin de père, il n’avait jamais pu le connaître, alors qu’elle avait eu les deux… Riza serra la main du Colonel sous la table, souhaitant le remercier, s’excuser, lui faire comprendre qu’elle lui était reconnaissante de la soutenir alors que tout était de sa faute. Elle voulait le regarder, lui lancer un regard sans pour autant parler, mal à l’aise, n’osant rien faire. Sa mère avait aussi souffert à cause de son propre père… Juste parce qu’elle était née.

Mme Mustang – Mangez pendant que c'est chaud, je n'ai pas cuisiné pour rien, dit-elle d'un ton plus joyeux. Dis-moi, Riza, pourquoi es-tu entrée dans l'armée, toi aussi ?

Riza – Pour protéger votre fils comme il a des projets trop ambitieux et qu'il a tendance à s'attirer des problèmes.

Sa réponse était sortie spontanément, sans qu’elle n’ait besoin de réfléchir davantage. Elle avait réfléchi à cela durant des années, par peur de trahir son père et ses convictions, puis le Colonel lui avait parlé le jour de l’enterrement, il avait parlé avec son père le jour de sa mort. Tout ce qu’il avait dit, toutes ces pensées, toutes les valeurs qu’il défendait… Riza voulait le voir. Elle voulait voir son supérieur y arriver, elle était curieuse de voir comment il allait s’y prendre. Et, à côté de cela, elle s’inquiétait également parce qu’il était imprudent. Il lui fallait quelqu’un pour veiller sur lui, pour surveiller ses arrières. Tel était son rôle.

Le Colonel serra alors sa main sous la table et ce n’est qu’à ce moment que le lieutenant réalisa qu’elle lui tenait toujours la main. Rouge, honteuse, elle le relâcha. Elle ne voulait pas ! Elle n’avait pas remarqué qu’elle ne l’avait pas relâché, elle ne voulait pas le mettre mal à l’aise ! N’osant plus le regarder, horriblement gênée, Riza fixa son assiette. Qu’allait-il lui dire, en sortant d’ici ? Elle ne voulait pas l’embarrasser, ce n’était pas son but ! Elle avait laissé sa main… Sans réfléchir, sans réaliser ce qui se passait. Si cela se trouvait, il avait été mal à l’aise à cause d’elle et voudrait peut-être qu’elle ne reste pas avec eux. Mais elle n’avait pas réfléchi ! Elle ne voulait pas qu’il la congédie à cause d’une erreur de sa part, uniquement parce qu’elle était moins bien et qu’elle se laissait aller. Que devait-il penser, maintenant… ?

Le Colonel fit alors une grimace, d’un coup, se mordant la lèvre, pendant que sa mère soupirait. Heu… ? Elle avait loupé un épisode, là ? Il fallait absolument qu’elle garde la tête levée, Riza avait l’impression de ne plus suivre ce qui se passait avec tout ça ! Peut-être était-elle trop fatiguée, il fallait qu’elle se repose, sinon elle ne serait plus en mesure de protéger le Colonel. S’il voulait bien d’elle, après ce qui venait de se passer… Rester sans savoir la rendait nerveuse, mais elle attendrait la fin du repas, ou qu’ils ne soient plus que tous les deux.

Mme Mustang – T'es vraiment pas délicat, mon petit Roy, tu aurais pu être plus doux.

Colonel – Mais je n'ai rien f... Enfin, bon, voilà, je ne suis pas délicat, oui.

Ah, donc il… Il n’était pas… C’était volontaire et ce n’était pas de sa faute à elle ? Riza ne put s’empêcher de rougir en lui souriant, touchée à présent. Il n’avait pas à se faire réprimander par sa mère alors que c’était elle qui avait tout mal interprété. C’était de sa faute, uniquement de la sienne, pour le coup. Il l’avait défendue, oui, mais elle en assumait l’entière responsabilité. Et… Une minute. Cela signifiait que sa mère avait tout vu ?! Elle avait tout compris, dès le début ? Maintenant qu’elle y repensait… Riza lança un regard à son assiette, constatant qu’elle n’avait pas utilisé son couteau une seule fois depuis le début. Elle avait… Mais non, il n’avait pas à la défendre, c’était de sa faute !

Riza – Ne dites pas ça, Colonel, ce n'est pas vous, c'est moi.

Mme Mustang – Vous pouvez vous reprendre la main, ne vous gênez pas pour moi. J'ai déjà découpé vos parts pour que vous n'ayez pas besoin de vos couteaux.

Merci bien, elle l’avait remarqué. Riza rougit de plus belle, alors que la mère du Colonel venait de leur servir du vin. Non, pas besoin, elle avait déjà assez chaud comme cela. Ils ne s’aimaient pas ! Ce n’était que de l’amitié, de la loyauté, rien d’autre. La réaction de son supérieur hiérarchique confirma ce qu’elle pensait lorsqu’il leva les mains, le regard brillant, bafouillant que c’était gênant et que cela ne se faisait pas, entre autres. Riza se ratatina sur place, voulant disparaître lorsque madame Mustang rétorqua que, justement, elle était sa mère, et qu’elle avait le droit de jeter un œil sur ce terrain. Ce terrain… Le lieutenant commençait sérieusement à avoir chaud, là.

Colonel – Mère, quand même, parler de ça est... Enfin, le lieutenant est ma subordonnée, nous ne pensons pas à...

Mme Mustang – Tu tiens la main à tous tes subordonnés ? Je trouvais déjà l'armée curieuse mais je ne pensais pas que c'était à ce point.

… Vu comme ça… Mais ils étaient… Ils étaient seulement collègues, rien de plus ! Et des amis d’enfance… enfin… Non ? Peut-être était-ce plus que de la simple amitié ? Et si le Colonel… Mais non, il n’était pas de ce genre-là. Il aimait aller à droite et à gauche, il n’avait jamais pensé à elle de cette manière. Si ? Riza rougit encore plus, ne sachant que dire, n’osant plus intervenir.

Colonel – J'ai, je, nous...

Mme Mustang – Quelle défense brillante...

Colonel – Mère, enfin !

La mère du Colonel haussa les épaules et but du vin, leur disant qu’ils devaient manger, laissant ensuite planer un silence bien trop long à son goût. Le Colonel… Riza lui lança un regard gêné, comme si elle trouverait les réponses à ses questions grâce à cela. Mais c’était stupide ! Il fallait qu’ils parlent, qu’ils… Il y avait sûrement quelque chose qui clochait, ils avaient dû mal interpréter certains gestes et ne se comprenaient plus, alors qu’un simple regard suffisait habituellement. C’était gênant. Horriblement gênant. Si on lui avait dit ce qui allait se passer alors qu’elle sortait seulement du camp militaire…

Mme Mustang – Roy, franchement, tu comptes rester célibataire toute ta vie ?

Colonel – Non…

Mme Mustang – Alors qu'attends-tu ? Vraiment... Vu comment tu parlais de Riza étant enfant, en plus...

Riza rougit encore plus, regardant à nouveau son assiette. Il avait… Il avait parlé d’elle à sa mère ? Mais… Alors qu’ils étaient amis ? Ou lorsqu’elle s’était retrouvée seule et qu’il avait dû veiller sur elle ? C’était peut-être normal, à ce moment, puisqu’il passait ses journées chez elle pour étudier l’alchimie qui était tatouée sur son dos. Et il l’avait vue… Plus Riza rassemblait les éléments, plus elle avait l’impression que non, ce n’était pas simplement de l’amitié… Madame Mustang se tourna alors vers elle, qui s’attendait au pire, entre parenthèses.

Mme Mustang – Quand vous étiez enfants, il te trouvait déjà mignonne. Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'a vraiment poussé à prendre l'uniforme ? Ton père haïssait l'armée et les Alchimistes d'Etat.

Colonel – Mère, on ne va pas parler de ça, la coupa-t-il. C'est du passé et vous allez la gêner ou la mettre mal à l'aise, je n'ai pas envie de ça.

Mais non ! Elle avait le droit de savoir, après tout, ils faisaient partie de la même équipe, il lui confiait sa vie depuis qu’elle était entrée dans l’armée, il avait fait ses études d’alchimiste chez son père, père qui était la personne qui l’avait rejetée, et elle le soutenait tous les jours, quels que soient ses choix. Alors, si, sa mère avait le droit de savoir et de lui poser la question. Riza posa sa main sur le bras du Colonel, souhaitant le rassurer, avant de la ramener vers elle. Il n’avait pas à s’inquiéter, même si elle était très rouge, elle pouvait répondre.

Riza – Ne vous en faites pas, c'est normal que votre mère s'intéresse à ça, je fais partie de votre équipe...

Mme Mustang – Oui, c'est bien connu, tous les membres de ton équipe agissent comme ça aussi... Vous êtes vraiment désespérants, tous les deux ! C'est comme ça que je t'ai élevé, Roy ?! Pour que tu sois incapable de dire à une femme "je te tenais la main parce que j'en avais envie, tout simplement, ce n'était pas pour te gêner" ?

Il… Mais… Riza tourna la tête vers son supérieur, moitié choquée, moitié gênée. Alors, son geste était vraiment volontaire… ? Il… Le lieutenant aurait pu devenir plus rouge encore, mais elle avait déjà l’impression de porter des couches inutiles par trente degrés dehors. Le colonel avait baissé la tête, cramoisi, alors que sa mère les fixait tous les deux. Et… Et maintenant ? Elle n’avait pas voulu le blesser ! Riza pensait vraiment qu’il avait été embarrassé par son geste, et non pas qu’il avait voulu le faire volontairement ! Si elle avait su… Elle se sentait horriblement gênée, honteuse, digne d’une grande imbécile. Elle l’avait blessé alors qu’elle pensait que lui-même avait été embarrassé, ce qui expliquait le regard peiné qu’il avait eu juste après. Idiote ! Le Colonel se tourna soudain vers elle, alors qu’elle osait à peine le regarder. Elle ne voulait pas le blesser !

Colonel – Je suis désolé de vous avoir embarrassé, je ferais attention, à présent.

Riza – Embarrassée… ?

Riza dévisagea son supérieur, choquée, n’y comprenant plus rien. Ce n’était pas à lui de s’excuser, mais à elle ! C’était elle qui avait tout mal interprété, elle qui lui avait pris son père, elle qui avait fait du mal à sa mère alors qu’elle ignorait tout, elle qui avait réclamé de voir davantage son père et qui avait vu son vœu être exaucé peu de temps après. S’il y en avait bien un des deux qui devait s’excuser, ici, c’était elle…

Riza – Ce n’est pas à vous de vous excuser, souffla-t-elle en baissant la tête. Tout est de ma faute, et je ne pensais pas que… Vous… Je pensais que cela vous dérangeait, que je n’avais pas… Je suis désolée. J’ai mal interprété certains gestes et je ne voulais pas vous perdre à cause de ça.

Colonel – Ah... Donc ça ne vous dérangeait pas que je... Hum.

Riza – Qu… Mais non ! Enfin, si, enfin… Je… Je voulais dire que ça ne m’embarrassait pas et que je pensais que c’était moi qui… qui… Que je vous avais tenu la main sans faire attention et… Enfin…

Riza se tut, rougissant de plus belle et baissant la tête à nouveau. Ce n’était pas ce qu’elle voulait dire ! Elle voulait seulement dire qu’elle n’avait pas fait attention, que son geste était automatique, qu’elle n’avait pas réalisé qu’elle le tenait et qu’elle ne voulait pas le mettre mal à l’aise à son tour. Elle n’avait pas compris que c’était lui qui avait pris sa main et qu’il l’avait gardée consciemment.

Colonel – Ah... Heum… Mère, pardon.

« pardon » ? Riza lança un regard plein d’incompréhension au Colonel tandis qu’il se levait. Elle l’avait blessé… ? Mais non, il la poussa à se lever à son tour, l’emmenant dans une autre pièce, une ancienne chambre d’enfant apparemment. Des objets, des jeux, une chambre digne d’un enfant qui avait été désiré. Elle ne savait pas où se mettre, ayant l’impression d’avoir mis les deux pieds dans le plat sans savoir comment, ignorant ce qui s’était passé exactement entre le moment où ils étaient entrés dans cet appartement et le moment où ils étaient entrés dans cette chambre. Ils étaient seuls, à présent, Riza incroyablement mal à l’aise, se tenant droite par habitude. Le Colonel soupira, ce qui n’augurait rien de bon pour elle. Cela sentait la discussion…

Colonel – Bon, on reprend depuis le début... Pourquoi vous êtes désolée, au juste ?

Riza ouvrit la bouche sans rien dire dans un premier temps. Elle ne s’attendait pas à cette question et ne comprenait pas qu’il ne comprenne pas pourquoi elle s’excusait. C’était logique ! Elle lui avait tout pris, elle lui avait volé son père, elle avait rendu sa mère malheureuse et furieuse, assez dure, son père l’avait trompée et l’avait eue alors qu’il refusait du Colonel comme fils. Que ne comprenait-il pas dans tout cela ?!

Riza – Je vous ai embarrassé. Je vous ai pris votre père, il ne voulait pas de… Il m’a eue comme fille biologique alors qu’il vous refusait vous, vous n’avez donc pas eu de père et il a trompée votre mère. A cause de cela, elle a sûrement dû être détruite, ou mal en point pendant un moment, et peut-être aurait-elle été plus douce autrement. Je… Je l’ai réclamé, lorsqu’il s’absentait, je me suis soumise lorsqu’il a voulu me faire ce tatouage, et je… Je n’en ressens que de la honte, à présent. Je suis désolée…

Riza s’adossa contre le mur, baissant la tête, le froid semblant apaiser la brûlure qui ne la quittait plus dans son dos. C’était mental, uniquement mental et elle le savait. Mais… Savoir tout cela…


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MessageSujet: Re: Il va être temps de tout révéler   Mar 12 Mai 2015 - 13:51

Lieutenant – Embarrassée… ?

Oui, il avait été assez maladroit, donc il s’excusait, même si vraiment, sa mère n’avait pas hésité à appuyer bien fort sur le sujet, même en les mettant plus que mal à l’aise. C’était bien elle, ça… Elle ne mâchait jamais ses mots et ne se retenait pas non plus pour dire platement le fond de sa pensée. Lui-même n’avait pas beaucoup de tact, mais Chris était bien pire. En un sens, c’était bien, car elle était franche et rejetait l’hypocrisie, vous saviez tout de suite si vous alliez vous entendre bien avec elle ou non. Mais d’un autre côté, il aimerait parfois qu’elle fasse preuve d’un peu plus de délicatesse. Enfin, peu importe à présent, maintenant qu’elle avait mis dans cette situation, ils devaient bien parler. Cette journée s’était pourtant bien déroulée, d’une façon tout à fait normale, ordinaire, sans heurts ! Enfin, ils avaient quelques soucis, en ce moment, mais il n’aurait jamais imaginé se retrouver dans cette situation. Merci, mère, sincèrement. D’autant plus qu’ils n’avaient plus le choix, maintenant ! Ils devaient s’expliquer ou ils allaient beau, demain, à ne pas pouvoir s’adresser la parole sans rougir. Havoc ne les lâcherait pas.

Lieutenant – Ce n’est pas à vous de vous excuser, souffla-t-elle en baissant la tête. Tout est de ma faute, et je ne pensais pas que… Vous… Je pensais que cela vous dérangeait, que je n’avais pas… Je suis désolée. J’ai mal interprété certains gestes et je ne voulais pas vous perdre à cause de ça.

C’était cela qui l’avait gênée, la peur que lui soit embarrassé ? Mais enfin, il… Bon, du calme… Un sérieux mal de tête commençait à pointer le bout de son nez, il ne comprenait plus rien. Ils devaient vraiment mettre les choses au point, ce soir, clairement, assez vite. Ensuite, tout ira mieux, ils pourront continuer leur vie comme avant, et voilà ? Enfin, il l’espérait, car il avait du mal à imaginer ce qu’allait être la journée du lendemain.

Roy – Ah... Donc ça ne vous dérangeait pas que je... Hum.

Lieutenant – Qu… Mais non ! Enfin, si, enfin… Je… Je voulais dire que ça ne m’embarrassait pas et que je pensais que c’était moi qui… qui… Que je vous avais tenu la main sans faire attention et… Enfin…

Bon, d’accord, maintenant, il était définitivement largué. Ils pouvaient s’exiler dix minutes pour parler juste entre eux ? Ils ne pouvaient quand même pas aller dans le couloir ou sur le palier, tout le monde pourrait les entendre. Dans le salon, non plus, sa mère était là, donc ... Pourquoi pas dans son ancienne chambre d’enfant, sinon ? Elle était un peu à l’écart, ils pourront fermer la porte et avoir un peu de tranquillité. Il fallait absolument qu’ils s’expliquent, il ne l’avait jamais vu comme ça, avec cet air… Comment le qualifier ? Perdu, triste, presque vulnérable. Enfin, si, il l’avait déjà vu ainsi. Le dernier jour à Ishbal, ce jour où elle lui avait demandé de lui brûler le dos, afin que les recherches de son père disparaissent, qu’elle puisse enfin s’émanciper de lui et de l’alchimie. Il ne voulait plus revoir cette expression sur son visage, la voir en train de pleurer ou être affaiblie. Il tenait à elle, éprouvait l’envie de la protéger, détestant quand elle n’était pas bien. Il ne voulait pas la voir détruire comme elle l’avait été durant la guerre.

Roy – Ah... Heum… Mère, pardon.

Il fit lever sa subordonnée puis la guida jusqu’à son ancienne chambre, refermant la porte derrière eux. Seule la lumière de la lune les éclairait, il distinguait plus mal le visage du lieutenant dans cette obscurité. Cette chambre avait elle aussi un effet plus apaisant, comme le salon. Tout était resté en l’état, depuis qu’il était parti, adolescent, pour l’école militaire. Sa mère n’avait rien jeté, avait tout laissé en place, comme si Roy allait revenir un jour ici. Il se tourna vers son adjointe, reprenant ses esprits et se remettant les idées en place. Elle avait dit être désolée, mais pourquoi ? Après tout, c’était lui qui l’avait emmenée ici ce soir, sans même l’avertir, juste parce que sa mère voulait la voir. Il n’avait pas non plus été gêné à cause d’elle, bien au contraire. Enfin, peu importe ce qui s’était passé autrefois, ce n’était plus de leur fait. Ces histoires appartenaient au passé, ils allaient laisser cela derrière eux, tout comme Ishbal, comme tout.

Roy – Bon, on reprend depuis le début... Pourquoi vous êtes désolée, au juste ?

Elle ouvrit la bouche mais ne répondit pas tout de suite. Réfléchissait-elle à ce qu’elle allait dire pour ne pas être vexante ni cassante ou ignorait-elle par quoi commencer ? Il attendait, alors qu’elle lui faisait de plus en plus de peine. Il avait véritablement l’impression de la revoir, si jeune et vulnérable, à la fin de la guerre. Elle n’avait même pas terminé l’école militaire lorsqu’on l’avait envoyé au front. Elle avait juste été mobilisée parce que sa technique était excellente, une étudiante jetée en pleine guerre.

Lieutenant – Je vous ai embarrassé. Je vous ai pris votre père, il ne voulait pas de… Il m’a eue comme fille biologique alors qu’il vous refusait vous, vous n’avez donc pas eu de père et il a trompée votre mère. A cause de cela, elle a sûrement dû être détruite, ou mal en point pendant un moment, et peut-être aurait-elle été plus douce autrement. Je… Je l’ai réclamé, lorsqu’il s’absentait, je me suis soumise lorsqu’il a voulu me faire ce tatouage, et je… Je n’en ressens que de la honte, à présent. Je suis désolée…

Quoi ? Mais ce n’était pas de sa faute ! Il s’approcha d’un pas, posant les deux mains sur ses épaules. Elle en devait pas culpabiliser pour ça… S’en vouloir pour les fautes d’un autre ? C’était idiot et malsain. Elle devait vraiment être bouleversée, car ce n’était pas son genre d’avoir de tels remords, surtout pour ce genre de sujets. Elle avait toujours été très mature, consciente de ses actes, mais aujourd’hui, elle s’en voulait pour ça…

Roy – Comment auriez-vous pu me prendre un père ? dit-il doucement. Mon père est mort, tout comme ma mère, et ma mère adoptive était seule depuis presque un an quand je suis arrivé chez elle. Leur couple battait de l’aile depuis déjà des années, avant même votre naissance. Peu importe ce qui s’est passé entre eux, ce sont leurs histoires, pas les nôtres ! Vous en vouloir pour ça est ridicule, vous ne pouvez pas être responsable des choix de votre père, vous n’êtes responsable que des vôtres. Tout comme moi.

Il s’interrompit, espérant qu’elle comprenne au moins cela, qu’elle ne pouvait tout simplement pas s’en vouloir pour ce qu’avait fait un autre. C’était ridicule ! Et incohérent. Un parent peut être tenu pour responsable des fautes commises par son enfant tant que cet enfant n’a pas atteint l’âge de raison. Mais en aucune façon un enfant, surtout très jeune, ne peut porter le poids d’erreurs commises avant même sa naissance. Il appuya un peu plus sur ses épaules pour lui faire relever la tête, lui souriant doucement.

Roy – Si j’ai gardé votre main, c’est parce que je trouvais ça agréable, avoua-t-il en étant bien heureux que la relative obscurité camoufle un peu la rougeur de ses joues. Mais ce n’est certainement pas vous qui m’avez gêné. Ma mère ne mâche pas ses mots… Je n’ai juste pas envie de vous voir vous éloigner, peu importe la raison.

Il eut un temps d’hésitation, puis la prit doucement contre lui pour la serrer dans ses bras. Il ne voulait pas la voir triste ou fâchée, la voir démoralisée ou perdue. Il voulait qu’elle sourie, soit heureuse, détendue. Sourire lui allait tellement mieux.

Roy – Laissez tomber le passé, ça n’a aucune importance. Nous sommes adultes, maintenant, tout ça est derrière nous. Je n’ai pas envie de vous pleurer ou vous voir triste, ce serait du gâchis…. Vous n’avez pas aimé que je vous tienne la main ?


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MessageSujet: Re: Il va être temps de tout révéler   Mar 12 Mai 2015 - 23:58

Riza n’osait lever la tête pour regarder le Colonel, même si elle ne verrait pas grand-chose. Elle avait beau avoir une très bonne vue, elle était actuellement perdue et désorientée, se répétant que toute sa vie, une bonne partie en tout cas, avait été basée sur un mensonge. Avant de venir ici, avant de passer la porte de cet appartement, elle était convaincue que son père était un grand alchimiste, intègre, un peu dur mais droit dans ses bottes. Et au final, il n’avait rien été de tout cela… Oui, un grand alchimiste, mais cela s’arrêtait là. Le reste n’avait été que du vent, il les avait manipulés, tous autant qu’ils étaient, et était mort avec son mensonge. Il n’aimait pas sa mère. Il s’était servi de Riza comme… Cachette humaine parce qu’il était trop égoïste, voilà tout. Et elle s’était laissé faire…

Le lieutenant vit alors le Colonel se rapprocher et sentit deux mains se poser sur ses épaules. Elle ferma les yeux, ne bougeant pas, toujours contre le mur. Il lui en voulait, et il allait le lui dire, c’était clair. Il se rapprochait toujours d’elle comme cela lorsqu’il avait quelque chose d’important à dire, comme lorsqu’il l’avait récupérée après Ishbal, presque anéantie. Riza maintint sa tête baissée, ne se sentant pas encore capable de soutenir le regard de son supérieur et ami d’enfance. Elle l’avait déçu et trahi, elle en était consciente. Comme son père venait de la décevoir et de la trahir. Il réussissait à la faire souffrir, même mort depuis des années…

Colonel – Comment auriez-vous pu me prendre un père ? dit-il doucement. Mon père est mort, tout comme ma mère, et ma mère adoptive était seule depuis presque un an quand je suis arrivé chez elle. Leur couple battait de l’aile depuis déjà des années, avant même votre naissance. Peu importe ce qui s’est passé entre eux, ce sont leurs histoires, pas les nôtres ! Vous en vouloir pour ça est ridicule, vous ne pouvez pas être responsable des choix de votre père, vous n’êtes responsable que des vôtres. Tout comme moi.

Riza rouvrit les yeux en entendant les paroles du Colonel. Il ne… lui en voulait pas ? Mais pour… Enfin, dit comme il venait de le dire, c’était sûr que son raisonnement lui semblait… beaucoup moins logique. Il lui semblait même franchement illogique, à tel point qu’elle peinait à comprendre comment elle avait pu penser une telle chose. Mais c’était si clair dans sa tête ! Le lieutenant sentit, au moment-même où les liens se faisaient petit à petit, expliquant comment elle avait pu penser tout cela, les deux mains du Colonel exercer une pression un peu plus forte sur ses épaules. Elle redressa la tête, les joues légèrement rouges tant elle se sentait idiote. Il avait raison. Entièrement raison.

Elle pensait qu’il lui en voulait uniquement parce qu’elle en voulait à son père et qu’elle n’était pas dans son état normal. Et voilà qu’il s’inquiétait pour elle parce qu’elle s’était laissé surpasser par ses émotions… Elle devait se reprendre ! Comment Riza pouvait-elle prétendre protéger et assurer les arrières du Colonel si elle se laissait miner pour si peu ? Se giflant mentalement, elle soutint plus ou moins le regard de son supérieur hiérarchique, plus heureuse que jamais de l’obscurité qui régnait dans la pièce.

Colonel – Si j’ai gardé votre main, c’est parce que je trouvais ça agréable. Mais ce n’est certainement pas vous qui m’avez gêné. Ma mère ne mâche pas ses mots… Je n’ai juste pas envie de vous voir vous éloigner, peu importe la raison.

Il avait… Il avait trouvé cela agréable ? Riza sourit faiblement, attendrie, touchée, tandis que ses joues s’empourpraient en entendant ce que le Colonel lui disait. Cependant, à peine eut-elle le temps de prendre conscience des paroles qu’il venait de prononcer qu’il la serra dans ses bras alors qu’elle était toujours adossée au mur. Etrangement, ce contact ne la dérangea même pas, il l’apaisait, même, et Riza avait bien besoin de ce geste de réconfort pour se calmer, retrouver ses esprits, se reprendre. D’instinct, elle posa sa tête contre son torse, ne pouvant pas atteindre l’épaule étant donné sa petite taille.

Comme lorsque son père était mort et qu’il l’avait prise dans ses bras, qu’elle ne l’avait pas lâché avant un moment et s’était peut-être même endormie comme cela. Ce jour-là était toujours un peu flou, pour elle, mais Riza en avait retenu une chose : le Colonel la rassurait. Il était là quand elle avait besoin de lui, ils comptaient l’un sur l’autre et c’était grâce à cela qu’ils étaient aussi efficaces. Dans ses bras, elle avait ce sentiment de sécurité, que rien ne pouvait lui arriver, leur arriver, et parvenait, petit à petit, à se calmer et à respirer plus calmement. A y voir plus clair.

Colonel – Laissez tomber le passé, ça n’a aucune importance. Nous sommes adultes, maintenant, tout ça est derrière nous. Je n’ai pas envie de vous pleurer ou vous voir triste, ce serait du gâchis…. Vous n’avez pas aimé que je vous tienne la main ?

… Pardon ? Mais si ! Enfin, elle n’avait pas détesté, ça ne l’avait pas dérangé non plus. Surprise par la question, Riza leva la tête vers le Colonel, ses joues rouges comme jamais, essayant de voir s’il se moquait d’elle ou si sa question était sérieuse. Elle réalisa, en même temps, la situation dans laquelle ils étaient. Dans le noir. Dans une chambre. Contre un mur. Elle dans les bras du Colonel. Stop, stop, stop, penser à cela n’aidait pas à réfléchir et à trouver une réponse cohérente. Le lieutenant ouvrit la bouche sans rien dire, prise de court, et esquiva le regard de son supérieur sans savoir quoi répondre. Allez, un peu de courage ! Elle était un sniper, tuait des gens à des mètres et des mètres de distance était incapable de répondre à une question ?

Riza – Si ! Enfin, je veux dire… Vous m’avez calmée, et vous avez toujours été là pour me soutenir, je… Vous savoir à côté de moi me rassure et m’apaise, et…

Elle. Était. Ridicule. Complètement ridicule. Pourquoi Riza était-elle incapable de répondre de manière cohérente à cette simple question ? Oui, ce contact lui avait fait du bien, l’avait aidée à ne pas perdre pieds devant la mère du Colonel, l’avait aidée à rester un tantinet lucide. Bon, au final, pas tant que cela, mais elle ne s’était pas enfoncée devant madame Mustang et c’était tout ce qui comptait. Où était la honte à trouver du réconfort et un appui auprès d’un ami d’enfance qui avait toujours répondu présent, en toutes circonstances ? Il n’y en avait aucun, il était parfaitement normal de réagir comme cela et d’avoir besoin d’aide dans certaines situations, comme celle-ci. Le Colonel la serra plus fort dans ses bras, comme s’il avait deviné ses pensées, alors qu’elle-même sentait qu’elle était toujours aussi rouge et avait l’impression d’être stupide.

Colonel – Je ne dois pas vous relâcher alors ?

Riza – Pas tout de suite…, dit-elle en se rappelant qu’il ne verrait pas son signe de tête. Si… Si ça ne vous dérange pas.

En réponse, le Colonel lui frotta le dos un moment pour la consoler sans qu’elle ne bouge, restant dans la même position, se détendant petit à petit. Lorsqu’il l’embrassa sur le sommet de la tête, Riza ferma les yeux un instant, sentant la pression retomber grâce à l’ambiance, aux bras du Colonel et à son soutien permanent. Elle resta silencieuse, ne brisant pas le silence pendant un long moment, ne voulant pas quitter tout de suite cette bulle protectrice. Et pourtant, ils devaient bien retourner de l’autre côté, madame Mustang les attendant sûrement vu la sortie qu’ils avaient faite. Riza leva la tête vers son supérieur pour le regarder dans les yeux, cherchant ses mots.

Riza – Colonel, je sais que nous devons retourner avec votre mère mais je… Je voulais vous remercier… Vous êtes là depuis le début, vous ne m’avez jamais laissée tomber et je sais que je n’ai pas été à la hauteur, ce soir, mais cela ne se reproduira plus, je resterai forte… Pour que vous puissiez compter sur moi.

Colonel – Pas à la hauteur..., dit-il après un soupir. Comment accumuler les phrases idiotes...

Riza – Vous aussi, vous avez appris une nouvelle importante qui a changé pas mal de choses, j’aurais dû vous épauler et ne pas défaillir comme je l’ai dit. Alors qu’ici, j’ai… Je me suis laissé aller. Si vous n’aviez pas été là…

Riza était sûre de ce qu’elle avançait. Il pouvait la blâmer pour ses paroles précédentes, elle admettait qu’elle n’avait pensé que des bêtises, mais pas ici. Ici, elle avait laissé ses émotions l’envahir alors qu’on lui apprenait, depuis des années, à ne pas le faire. Elle devait rester impassible et ne pas se laisser guider par ce qu’elle ressentait, sinon elle ne s’en sortait plus. Cependant, le Colonel ne semblait pas du même avis… Il soupira à nouveau, plus fort que ce qu’avant, ce qui poussa Riza à penser qu’il ne partageait pas du tout son point de vue.

Colonel – Mais qu'est-ce que ça peut bien changer, aujourd'hui ? Vous me donnez encore moins envie de vous lâcher, vous pourriez tomber.

Riza – Non, je vous assure que je vais bien... Mieux. Vous n’avez pas à vous inquiéter pour cela.

Colonel – J'ai le droit de ne pas vous lâcher quand même ?

Riza s’était préparée à rétorquer qu’elle tenait debout et qu’elle allait vraiment bien, mais le Colonel venait de lui couper l’herbe sous le pied en répondant comme cela. Elle rougit de nouveau, malgré elle, et lui sourit en le regardant toujours dans les yeux – du moins, ce qu’elle devinait être ses yeux. Il pouvait, oui… Mais ils devaient penser à retourner voir sa mère. S’absenter aussi longtemps ne se faisait pas, ils devaient rester raisonnables.

Riza – Mais votre mère ? Cela ne me dérange pas, mais s’absenter aussi longtemps est impoli.

Colonel – Vous la connaissez mal... Si on sort maintenant, elle va trouver le moyen de nous dire que nous n'avons pas eu le temps de faire un enfant.

Riza – Mais non ! Enfin, je veux dire que je… Nous… Que fait-on ?

Comment mettre les pieds dans le plat en l’espace de deux mots par Riza Hawkeye… Elle ne l’avait pas fait exprès ! La perspective d’avoir encore droit à cette discussion avec la mère du Colonel la mettait mal à l’aise, et elle savait que c’était aussi le cas de son supérieur. Seulement, ils n’allaient pas rester comme cela durant des heures, ils devaient bien faire quelque chose. Non pas qu’elle était mal mise, mal à l’aise comme cela, ou quoi que ce soit du genre, mais elle ne voulait pas embarrasser le Colonel. En plus, si sa mère venait les trouver maintenant…

Colonel – Je ne sais pas, moi, je suis en civile, là, je ne suis pas censé prendre toutes les décisions. Que voulez-vous faire ?

Ce qu’elle… voulait faire ? Alors qu’ils étaient coincés dans une chambre parce qu’ils avaient peur de retrouver la mère du Colonel, sachant qu’elle était dans les bras de son supérieur, dans le noir, sans y voir très clair ? Pour être honnête, elle n’en savait rien… Il n’y avait vraiment aucun moyen de s’éclipser, au pire ? Non, non, ce n’était pas sérieux, ils ne pouvaient pas fuir comme cela.

Riza – Compte tenu de la situation…, dit-elle en faisant un signe de tête pour les désigner, je vous avoue que je l’ignore. Colonel, il vaudrait mieux retourner… Nous devrons quand même la voir à un moment ou à un autre, nous ne pouvons pas sortir par la fenêtre.

Pendant un instant, Riza crut qu’elle avait dit une énorme connerie. Pendant un instant, elle crut que le Colonel allait vraiment vouloir sortir par la fenêtre. Mais non, fort heureusement, il n’en fit rien. Il lui sourit puis la relâcha enfin, ce qui lui fit un drôle d’effet sur le moment. Elle s’était habituée à ce cocon protecteur, l’air de rien, et se sentait légèrement plus fragile en dehors même si ce n’était que temporaire. Après une bonne nuit de sommeil, tout irait mieux et rentrerait dans l’ordre.

Colonel – D'accord, allons-y.

Riza lui rendit son sourire et hocha la tête, laissant le Colonel passer devant. Il connaissait l’endroit, elle-même était incapable de se repérer étant donné qu’elle avait suivi automatiquement, sans réfléchir, lui faisant confiance. Ils retrouvèrent la pièce qu’ils venaient de quitter assez vite, toujours avec cette odeur de nourriture, tandis que Riza fut légèrement éblouie par la lumière vu qu’ils venaient d’une pièce très sombre. Elle se réinstalla à sa place, à côté du Colonel, et regarda madame Mustang en cherchant ses mots, préférant lancer elle-même le sujet pour ne pas lui en laisser l’occasion.

Riza – Je suis désolée pour mon comportement de tout à l’heure, Madame Mustang. Je n’étais pas très… bien. Apprendre tout cela d’un coup, pour mon père, m’a un peu secouée et il me fallait seulement un peu de temps pour le digérer.


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MessageSujet: Re: Il va être temps de tout révéler   Dim 5 Juil 2015 - 15:05

– Quand vous étiez enfants, il te trouvait déjà mignonne. Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'a vraiment poussé à prendre l'uniforme ? Ton père haïssait l'armée et les Alchimistes d'Etat.

– Mère, on ne va pas parler de ça, la coupa-t-il. C'est du passé et vous allez la gêner ou la mettre mal à l'aise, je n'ai pas envie de ça.

C’était peut-être du passé, mais Chris préférait être certaine que cette fille ne ressemblait pas à son père ! Cette vieille poubelle ne lui avait visiblement pas pourri l’esprit, c’est vrai, mais mieux valait être sûr ! Après tout, elle avait passé des années sous le même toit que cette sous-merde incompétente qui n’avait jamais rien fait de sa vie à par passer des heures plongé dans ses traités d’alchimie, jusqu’à en perdre le peu d’esprit qui lui restait. Dieu que c’était lamentable, quand on y pensait bien, il n’avait vraiment aimé que ça, ses maudites formules et ses recherches de fou. Elle se souvenait bien des ces soirées, qu’il passait enfermé dans son bureau avec un air halluciné, écrivant des kilomètres de notes. C’était un abruti avec une petite bite, voilà !

– Ne vous en faites pas, c'est normal que votre mère s'intéresse à ça, je fais partie de votre équipe...

– Oui, c'est bien connu, tous les membres de ton équipe agissent comme ça aussi... Vous êtes vraiment désespérants, tous les deux ! C'est comme ça que je t'ai élevé, Roy ?! Pour que tu sois incapable de dire à une femme "je te tenais la main parce que j'en avais envie, tout simplement, ce n'était pas pour te gêner" ?

Il était désespérant ! C’était l’armée qui l’avait rendu comme ça ? Elle espérait que non car il n’était pas prêt d’en sortir et elle ne voulait pas le voir dans un état trop grave par la suite ! Elle voulait des petits-enfants, elle, elle voulait le voir marié ! Mais il en était rendu au point de ne même pas pouvoir parler à Riza alors qu’ils s’aimaient, c’était parfaitement visible. C’était terrible, tout de même… Elle n’aurait pas cru qu’il était aussi timide, ce n’était pourtant pas son genre. Elle le fixa avec un mélange de lassitude et d’exaspération. Allez, mon garçon, respire un grand coup et lance-toi ! Il en était capable, elle le savait très bien, mais qu’il ait autant de mal ici était une preuve de plus que c’était elle, celle qu’il aimait vraiment ! Et puis ça crevait les yeux, enfin, même un aveugle s’en apercevrait ! Bon, le crevard avait finalement bien fait de mettre sa guenon enceinte, cette petite n’était pas un déchet comme lui ! Elle se lavait, elle, au moins. Bon, allaient-ils enfin se décider à parler, au lieu de rester comme ça à rougir sans bouger d'un pouce ?

– Je suis désolé de vous avoir embarrassé, je ferais attention, à présent.

– Embarrassée… ?

Ne pas soupirer... Au moins, il daignait avancer ! Et lui parler. C'était un progrès incontestable, puisque l'un comme l'autre se contentaient de rougir et bafouiller, depuis toute à l'heure. Elle découpa le reste de son poulet avant de le porter à sa bouche, prenant un peu de pain. Elle avait faim, cette histoire ne lui ayant pas coupé l'appétit, loin de là. Au moins, son gamin savait tout, maintenant ! Plus de secrets, plus rien, il savait à quoi il avait échappé. L'autre rat-poubelle pouvait dormir en paix dans sa merde, sa fille savait tout aussi ! Pourquoi cette ordure n'avait-il jamais rien avoué à sa fille ? Il avait eu honte ? Il avait culpabilisé ? Ou il s'en fichait, tout simplement ? Cette dernière option était sans aucun doute la plus probable de toutes ! Quel rat, quelle ordure, quel moins-que-rien ! Quel... Rah, il n'existait même pas d'insultes assez forte ! Elle avait bien fait de le larguer, il ne valait pas mieux qu'un déchet, ce sale type horrible, imbu de lui-même, colérique, arrogant et sale.

– Ce n’est pas à vous de vous excuser, souffla-t-elle en baissant la tête. Tout est de ma faute, et je ne pensais pas que… Vous… Je pensais que cela vous dérangeait, que je n’avais pas… Je suis désolée. J’ai mal interprété certains gestes et je ne voulais pas vous perdre à cause de ça.

– Ah... Donc ça ne vous dérangeait pas que je... Hum.

– Qu… Mais non ! Enfin, si, enfin… Je… Je voulais dire que ça ne m’embarrassait pas et que je pensais que c’était moi qui… qui… Que je vous avais tenu la main sans faire attention et… Enfin…

Chris versa un verre de vin, qu'elle porta ensuite à ses lèvres en se réinstallant plus confortablement. Pas mauvais, celui-là ! Bon, ces deux-là, allaient-ils se décider à aller parler un peu en privé ? Allez, ouste ! Roy connaissait la maison, il pouvait y aller, il avait grandi ici après tout.

– Ah... Heum… Mère, pardon.

Ah, tout de même ! Elle hocha doucement la tête lorsqu'ils filèrent enfin pour aller mettre les choses au clair, tous les deux. Ah, ces gamins, qu'es-ce qu'il ne fallait pas faire pour les guider sur le droit chemin. Il verra, lorsqu'il aura lui-même des enfants, ce qu'il devra faire pour veilleur sur eux... Elle se lava puis débarrassa les assiettes, chantonnant doucement. Elle se mit ensuite au dessert, terminant de préparer ce qu'elle avait commencé toute à l'heure. Elle trouvait la fillette blonde bien trop maigre à son goût, il fallait qu'elle se nourrisse mieux que ça ! Se muscler pour l'armée, c'est bien, mais pour enfanter, il fallait avoir de bonnes hanches et un tour de poitrine solide, afin d'allaiter. Elle prépara le gâteau, avec une musique de la radio en fond, imaginant l'avenir. C'était le devoir de toute mère de veiller sur son fils, Roy le comprendra plus tard. Voilà des années qu'elle attendait qu'il trouve la femme qu'il allait épouser et il se trouvait que c'était la fille du déchet. Soit, elle s'en accommodera. Il y avait bien pire dans cette vie.

Elle avait eu le temps de terminer la préparation du dessert et nettoyer un peu la table, lorsque le jeune couple revint. C'est bon, ils avaient pu discuter ? Elle prit des assiettes à dessert dans le placard pendant qu'ils se rasseyaient, recalant sa pipe fourrée de tabac à la menthe entre les dents. Elle déposa les assiettes et les cuillères sur la table, apportant aussi le gâteau, avant de s'asseoir elle-même sur sa chaise.

– Je suis désolée pour mon comportement de tout à l’heure, Madame Mustang. Je n’étais pas très… bien. Apprendre tout cela d’un coup, pour mon père, m’a un peu secouée et il me fallait seulement un peu de temps pour le digérer.

– Oh, peu importe, du moment que vous avez enfin commencé à discuter.C'est dingue d'être aveugle à ce point...

Elle soupira puis leur servit des parts de gâteau. Elle voulait juste le bonheur de son fils, était-ce vraiment trop demandé ? Ils parlèrent ensuite des manœuvres, sans qu'elle revienne sur le sujet précédent, et elle émit son agacement avec le bruit produits par tous les jouets de l'armée, c'était insupportable. A la fin de la soirée, elle serra brièvement son fils dans ses bras puis fit la baise à Riza. Alors, dehors, les gamins. Ils devaient sérieusement se poser des questions, ça ne pouvait plus continuer comme ça.
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