Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Rendez-vous du soir

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MessageSujet: Rendez-vous du soir   Mer 13 Mai 2015 - 22:41

Lorsque Lust avait été créée, lorsque la luxure s'était incarnée en femme, elle avait su automatiquement comment se rendre la plus désirable possible afin d'attirer ceux qu'elle voulait dans son piège. Debout devant la grand miroir, elle releva ses cheveux en un chignon léger, son corps moulé dans une longue robe près du corps qui mettait en valeur ses formes. Son nouveau "petit ami" était tombé si facilement dans ses filets ! Le pauvre garçon devait être en manque d'affection, il n'avait pas résisté une seconde à son numéro de charme. Elle l'avait prise comme une mouche attirée par le miel. Si elle avait été humaine, il aurait pu lui plaire, il était beau garçon. Las, pour lui, Lust, ou Solaris telle qu'elle s'était présentée à lui, n'avait pas d'autre but que d'espionner le Colonel Mustang et tous ses subordonnés. Père le lui avait ordonné. Elle secoua ses mèches folles avec un sourire, étirant les bras pour juger de l'effet. Gluttony mangeait un bout d'humain derrière elle, un cadavre trouvé dans un bidonville.

– Il est bon, ton ami, il est bon ? Je pourrais le manger ?

– Pas pour le moment, lui sourit-elle. Je reviendrais tard, ne m'attend pas. Et Père t'a confié une autre mission, n'est-ce pas ?

Elle lui caressa le sommet du crâne avant de sortir. Son charmant petit ami l'attendait déjà au pied de l'immeuble, avec un large sourire. Elle prit le bras qu'il lui tendait, souriant à son tour en suivant la conversation. Elle n'avait jamais eu grand mal, depuis des dizaines d'années qu'elle vivait, à séduire les hommes qui lui étaient désignés. La beauté rendait les hommes plus sensibles et elle pouvait se montrer très douce. Ils marchèrent sur un court trajet avant d'arriver au bar où il voulait lui faire rencontrer toute son équipe. Il y avait peu de monde, ce soir-là, mais elle repéra très vite ceux que Jean lui désigna comme étant ses coéquipiers. Tous là, en civil, à leur jeter des regards curieux lorsqu'ils entrèrent. Elle marchait avec grâce, accrochée au bras d'Havoc. Braves petits humains, ils étaient si faciles à avoir.

Elle les salua en souriant, tandis que Jean la présentait avec un grand air amoureux. Comme c'était mignon, il était vraiment mordu. Elle dit bonsoir à chacun de ses collègues, comme la parfaite jeune femme qui rencontre les amis de son amant pour la première fois. Elle était entrée facilement dans la place, grâce à ce jeune soldat célibataire et en quête d'amour. C'était une façon plus subtile de poser ses cartes dans la partie et chacun ses atouts. Pride pouvait se balader où bon lui semblait, il était protégé. Quand à Wrath, il avait lui aussi beaucoup de ressources. A eux tous, ils pouvaient traquer et encercler les proies qu'ils voulaient, comme Père le désirait. Jean lui tira galamment une chaise pour qu'elle s’assoit à son tour puis s'installa à côté d'elle. Il était vraiment très attentionné, lui servant un verre avant de prendre le sien. Petit humain si fragile, qu'elle pourrait achever d'un coup en plein cœur juste d'un geste de la main.

– Merci, dit-elle à son amant lorsqu'il lui donna son verre. Désolée, je suis un peu timide avec les personnes que je ne connais pas.

Elle sourit lorsqu'il l'embrassa sur les lèvres avec un air béat et complètement abruti. Pas de doute, elle le tenait au creux de sa main. Elle le laissa engager la discussion avec le reste de l'équipe, se contentant d'écouter pendant un moment. Ils parlaient d'un peu de tout, aussi bien des manœuvres en cours que de leurs collègues, les événements dans le pays, les dernières actualités, etc. Quelle belle équipe soudée et naïve, si peu méfiante, si porté à accepter n'importe qui du moment que cette personne venait au bras de l'un d'entre eux. Elle but du bout des lèvres, n'ayant pas besoin de boire ou de manger. N'étant pas humaine, les besoins si basiques de cette espèce ne la concernait pas. Havoc était tout joyeux, comme s'il vivait là la plus belle soirée de toute sa vie. Pauvre chou, s'il savait qui il avait à son bras, il rirait beaucoup moins.

– Ne me sers pas trop, rit-elle en arrêtant son geste, je ne tiens pas l'alcool. dis-moi, comment es-tu entré dans l'armée ? Tu es le premier militaire avec qui je parle vraiment, je me demandais ce qui t'avais poussé à t'engager.

Elle le regardait droit dans les yeux tout en parlant, alors qu'il avait eu tout du long de la conversation une vue plongeante sur son décolleté. Plus il sera pris par elle, plus il lui sera facile d'obtenir ce qu'elle voulait de lui.

– Et ne fume pas, le réprimanda-t-elle doucement, c'est mauvais pour ta santé.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Jeu 14 Mai 2015 - 15:52

Il jeta le reste de sa cigarette à la poubelle en regardant les chars être garés un peu plus loin pour la nuit. C'était quand même de sacrés engin, ces trucs-là ! Il adorait les armes lourdes et avait été servi, aujourd'hui, les mecs du Nord avaient fait des démonstrations de leurs nouvelles armes. Principalement des choses à longue portée et d'un potentiel de destruction formidable. Vraiment sympa ! Il se gratta la barbe en regardant le reste du camp, près de Breda qui était occupé à remplir un rapport qu'il n'avait pas eu le temps de terminer. Bon, tout ça était très bien, mais il fallait penser un peu à leur soirée ! Jean avait invité toute l'équipe dans un bar-restaurant ce soir pour leur présenter sa petite amie. Une femme si... Comment la qualifier ? Si merveilleuse ! Elle avait été si douce avec lui, si aimante, si charmante. Il la connaissait depuis peu de temps mais ne pouvait déjà plus se passer d'elle. C'était le genre de femme qu'on ne rencontrait qu'une seule fois dans sa vie, une femme qui l'émerveillait à chaque fois qu'il posait le regard sur elle. Il avait envie d'être avec elle, elle était son air, son oxygène, son soleil.

Il se prépara avec un très grand soin avant d'aller la chercher à son appartement. Chemise blanche parfaitement bien repassé, cravate noire, pantalon noir en lin doux, chaussures cirées, dents éclatantes, bien peigné. Il était parfait ! La petite boîte noire reposait au fond de sa poche, discrète. Il avait acheté une jolie bague chez un bijoutier de Central, la dernière fois qu'il s'y était rendu. Il attendait un court instant au pied de l'immeuble lorsqu'elle descendit le rejoindre. Il fut aussitôt attiré par son superbe décolleté très plongeant. Il lui présenta son bras après l'avoir salué avec un très large sourire amoureux. Il était si chanceux d'avoir rencontré cette femme ! Elle était comme une belle lumière qui était venu dans sa vie. Ils se mirent en route, marchant tranquillement pendant qu'il lui faisait la conversation. Le bar n'était pas très loin, et lorsqu'ils entrèrent, Jean fit un grand signe de la main pour saluer l'équipe.

– Hey ! Je vous présente Solaris, ma petite amie.

Il vit nettement Breda et Valto loucher sur le décolleté de la jeune femme, soudain un peu plus rouges. Fuery, qui était un peu moins sensible à ça, la salua avec chaleur. Il détailla à sa belle les noms, prénoms, grades de chacun, avec quelques mots à chaque fois,a lors qu'elle leur rendait leur salut, tout en la faisant asseoir et en commandant à boire pour eux deux, tout comme les autres. Il était sûr que la soirée allait être excellente ! Et surtout, que tous ses collègues allaient très vite l'apprécier. Solaris était très douce et adorable, une véritable crème, elle ressemblait beaucoup à Gracia, la femme du lieutenant-colonel Hughes. Il acheva le tour de la table en peu de temps, tout heureux qu'ils la rencontrent enfin. Il fit circuler la bouteille qu'ils avaient commandé, prenant un verre pour sa belle, assise juste à côté de lui.

– Merci, dit-elle à son amant lorsqu'il lui donna son verre. Désolée, je suis un peu timide avec les personnes que je ne connais pas.

Mais elle allait se détendre très vite, il fera tout pour ça ! Il se pencha pour l'embrasser sur les lèvres, en lui murmurant qu'elle pouvait être à l'aise, que personne ici ne pensait à mal. Ils engagèrent la conversation, discutant d'abord des manœuvres. C'est vrai que ça avançait bien ! Même un peu trop vite, parfois. Grumman était plutôt du genre cool et sympa, le bon grand-père gâteau assez paternaliste. S'il avait été seul à commander, autant dire que les manœuvres auraient très détendues et peu rythmées. Mais justement, il n'était pas seule, il y avait la générale Armstrong, et elle imposait un rythme trois fois plus soutenu. Ses hommes étaient peut-être habitués mais l'armée de l'Est était morte, en fin de journée. Avec ça, il faisait chaud, dans cette région, ils étaient à côté du désert ! Pas besoin de courir autant qu'au Nord pour se réchauffer. Pire encore, ceux du Nord gardaient leurs uniformes fourrés...

– Comment ils font pour ne pas s'écrouler sous la chaleur ? demanda-t-il d'un ton incrédule.

– Ils sont habitués à vivre à ce rythme sans se plaindre, sourit Riza, tout est une question de mental.

Il ne savait pas s'il supporterait la pression, lui. La conversation dériva ensuite sur les dernières nouvelles du pays, les informations qui leur venaient des frontières et quelques ragots. Il se resservit un verre de rhum avec Breda, alors que le lieutenant se cantonnait au thé. Le bar s'était un peu rempli, au fur et à mesure que la soirée avançait. Le serveur était venu leur apporter des petites choses à grignoter, quelqu'un dans la salle s'était même mis à jouer un peu de musique. Il prit la bouteille pour remplir le verre de Solaris, qui restait discrète près de lui. Elle devait être un peu perdue, au milieu de leur équipe mais qu'elle n'hésite pas à parler ! Ils n'allaient pas la rejeter ni la mordre, elle était la bienvenue ici.

– Ne me sers pas trop, rit-elle en arrêtant son geste, je ne tiens pas l'alcool. Dis-moi, comment es-tu entré dans l'armée ? Tu es le premier militaire avec qui je parle vraiment, je me demandais ce qui t'avais poussé à t'engager.

Elle n'avait jamais fréquenté de militaires avant ? Il était le premier ? Il se sentit encore plus flatté qu'entre tous les hommes de l'armée, c'était lui qu'elle avait choisi. Il était donc assez bien pour intéresser une aussi belle femme ! Ô joie, ô bonheur, ô purs instants qu'il goûtait comme du bon vin. Chaque moment qu'il passait avec elle depuis des mois était précieux pour lui. Elle l'écoutait, le réconfortait, riait avec lui. Ils pouvaient parler ensemble durant des heures, imaginant à quoi allait ressembler l'avenir.

– Et ne fume pas, le réprimanda-t-elle doucement, c'est mauvais pour ta santé.

– Désolé, dit-il en écrasant sa cigarette dans le cendrier. Je suis entré dans l'armée car l'école m'ennuyait, j'avais besoin d'action ! Mon truc, c'est les armes, surtout les armes lourdes. C'est comme ces chars que Briggs a emmené, ça, c'est la classe !

Il but une longue gorgée avec un petit rire, tout en prenant la main de Solaris dans la sienne. Il voulait lui faire sa demande, s'installer avec elle, dans un appartement, juste tous les deux. Il tourna ensuite la tête vers Riza, qu'il avait trouvé très bizarre et sur les nerfs toute la journée. Même chose pour le Colonel, d'ailleurs.

– T'es malade, Riza ? Toi et le Colonel, vous avez été super bizarre toute la journée ! Tu viens d'apprendre que t'étais enceinte de lui ?
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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Ven 15 Mai 2015 - 20:02

L’aimait-elle ? Était-ce de l’amour ? La mère du Colonel avait-elle raison ? En quoi leur relation était-elle si différente d’une relation basée sur la loyauté et rien d’autre ? Ils étaient proches, oui, mais Riza avait toujours mis cela sur le compte de l’amitié. Ils se connaissaient depuis des années ! Il était donc normal qu’elle soit proche de lui et qu’elle tienne à lui, non ? Après tout, il l’avait soutenue lors de la mort de son père, était resté toute la nuit pour ne pas la laisser seule et c’était lui qui lui avait donné envie de s’engager dans l’armée. Pour lui que… Elle ne savait plus. Riza n’avait cessé d’y penser lorsque le Colonel l’avait ramenée chez elle après le dîner, et même toute la nuit.

Le lieutenant n’avait jamais aimé quelqu’un ou éprouvé un sentiment de ce style-là. A vrai dire, elle ne s’était même jamais posé la question et n’avait pas cherché plus loin, son dévouement au Colonel lui semblant tout à fait logique. Cependant, depuis la réaction et les paroles de madame Mustang, Riza n’arrêtait pas de se poser des questions. Elle s’était réellement sentie bien dans les bras du Colonel, se sentait toujours rassurée à côté de lui et avait une confiance aveugle en lui. Cela lui semblait si naturel ! Comment savoir si c’était de l’amour et non pas de la loyauté ? Il fallait qu’elle vérifie. Absolument. Mais comment…

Toute la journée, il y avait eu une certaine gêne entre eux même s’ils avaient travaillé normalement. Riza hésitait beaucoup plus avant de faire un geste, des blancs s’étaient installés, des silences gênés, des gestes maladroits. Par chance, ils avaient passé beaucoup de temps ensemble, sans les autres membres de l’équipe, mais le lieutenant était convaincue qu’ils avaient vu le changement. Ils les connaissaient et pouvaient comparer leur comportement habituel avec celui qu’ils avaient eu aujourd’hui. Alors, lorsque Havoc leur avait proposé d’aller au bar ce soir pour leur présenter sa petite amie… Riza avait bien cherché une excuse pendant des heures, toute la journée à vrai dire, mais il n’y en avait aucune et elle s’était préparée, enfilant une jupe et un t-shirt à cause de la température extérieure, sans oublier un léger gilet qu’elle mit sur ses épaules pour le retour où il ferait plus froid.

Riza sortit assez tôt de chez elle, ayant un certain chemin à parcourir avant d’arriver au bar choisi pour le rendez-vous. Il lui fallut une petite heure pour y arriver, ce qui lui permit de réfléchir encore un peu et de se préparer mentalement à croiser tous ses collègues en dehors du boulot. Pendant la journée, ils n’avaient rien dit, mais le lieutenant était sûre qu’ils n’allaient pas se gêner maintenant… Elle vit, de loin, que Fuery et Falman étaient déjà là et attendaient, riant ensemble. Riza leur fit un signe de la main pour les saluer et vint s’installer à côté d’eux, suivie, peu de temps après, par le Colonel et Breda. Elle lui sourit lorsqu’il s’installa à côté d’elle, lui ayant gardé une place, un peu avant qu’Havoc n’arrive avec sa petite amie… Qui dégageait un certain charme, Riza devait bien l’avouer.

Havoc – Hey ! Je vous présente Solaris, ma petite amie.

Riza fit un signe de la main à Solaris et eut un regard attendri pour Havoc qui était littéralement mordu de cette jeune femme. Depuis combien de temps se connaissaient-ils ? Il la regardait comme s’il avait le plus beau trésor du monde sous les yeux, comme s’il ne pouvait se passer d’elle, et c’était… C’était étrange, mais mignon à la fois. Elle-même ne regardait pas le Colonel de cette manière, n’est-ce pas ? Tous les couples ne fonctionnaient sûrement pas de la même manière, n’avaient pas le même comportement.

Du coin de l’œil, le lieutenant vit Breda et Fulman loucher sur le décolleté de Solaris et leur lança un regard noir. Non mais, un peu de retenue ! Elle était une femme, pas un objet sexuel ! Au moins, le Colonel se tenait correctement et n’agissait pas comme eux. Oui, il l’avait fait lorsqu’elle était arrivée, elle l’avait vu, mais les yeux ronds qu’il avait faits ensuite montraient son étonnement. D’accord, Riza n’avait pas une poitrine particulièrement énorme, mais elle ne s’en plaignait pas, c’était plus pratique pour tirer et s’allonger. Avec une poitrine plus conséquente, elle aurait été gênée dans ses mouvements.

Rapidement, on leur apporta leurs commandes, Riza ayant pris un thé pour se calmer un peu. Pas besoin de café, non merci, pas après l’agitation de ces deux derniers jours. Entre les manœuvres, Sarah, la dispute avec l’Ishbal nommé Miles, l’inspection, le dîner chez la mère du Colonel et ça… Non, non, stop, pas de café. Et pas d’alcool non plus, le lieutenant n’était pas très résistante et voulait rester maître de ses mouvements pour pouvoir réfléchir. Il fallait qu’elle sache pour le Colonel, même si elle ignorait comment faire. En même temps qu’elle but une gorgée de thé, elle tourna sa tête vers lui en lui souriant, perdue dans ses pensées un bref instant. Comment…

Heureusement, les discussions allaient bon train, ils abordaient tout et n’importe quoi, discutant comme un simple groupe d’amis et ne faisaient pas attention au Colonel et elle. C’était cela aussi qu’elle aimait, dans l’armée. A force de vivre des choses aussi fortes, des liens se créent, plus ou moins forts selon la personne. Et des groupes d’amis entiers se forment, des amis sincères sur lesquels on peut compter à tout moment. A présent, l’armée était sa famille, sa seule famille, surtout que son grand-père y était et qu’elle n’avait personne d’autre. Ce côté de l’armée se faisait encore plus sentir dans les troupes du Nord, Briggs en particulier, qui étaient vraiment toutes très proches et solidaires. Riza l’avait ressenti lorsqu’elle les avait brièvement côtoyé et en avait été choquée mais admirative.

Havoc – Comment ils font pour ne pas s'écrouler sous la chaleur ? demanda-t-il d'un ton incrédule.

Riza – Ils sont habitués à vivre à ce rythme sans se plaindre, dit-elle en souriant, tout est une question de mental.

Et de la discipline, ils en avaient. Beaucoup. Trop, parfois, peut-être, ce qui avait sérieusement refroidi le lieutenant quand elle l’avait remarqué. Ils étaient soudés, aucun problème, mais l’effet qu’ils dégageaient était… Elle n’aimait pas, simplement. Oui, de la rigueur, c’est bien, mais là, c’était beaucoup trop et ils appliquaient vraiment la loi du « le plus fort survit » et Riza, bien qu’elle comprenne cela, ne pourrait la suivre à la lettre. Surtout avec certaines personnes. Tout était une question de mental, chez eux, elle le savait, mais elle savait aussi qu’elle ne l’avait pas. Elle s’était doucement remise de la guerre contre Ishbal mais y restait sensible à chaque fois qu’on l’évoquait ou l’attaquait elle, directement. Riza savait qu’elle était coupable et n’avait aucun argument justifiant son comportement, il n’y en avait pas. Dès lors, comment se « pardonner » ? Il fallait vivre avec, voilà tout.

Solaris – Ne me sers pas trop, rit-elle en arrêtant son geste, je ne tiens pas l'alcool. Dis-moi, comment es-tu entré dans l'armée ? Tu es le premier militaire avec qui je parle vraiment, je me demandais ce qui t'avais poussé à t'engager.

Riza prit un truc à grignoter et but une autre gorgée de thé, écoutant la discussion. Comment il était entré dans l’armée… A chaque fois qu’ils discutaient avec des civils, ils avaient droit à cette question. Comment ? Pourquoi ? Cette vocation intriguait toujours les autres qui ne comprenaient jamais pourquoi ils voulaient y entrer. C’est vrai que devoir respecter les règles, avoir une discipline très stricte et dure, être carré, droit, exécuter les ordres sans discuter et sans regarder en arrière… Bon, dit comme cela, on pouvait en être effrayé et ne pas éprouver la moindre envie d’en faire partie. Riza, elle, avait rejoint l’armée pour suivre le Colonel et voir s’il allait arriver à son but ou pas. C’était une question à laquelle ils se préparaient tous, dès le moment où ils annonçaient leur engagement dans l’armée.

Solaris – Et ne fume pas, le réprimanda-t-elle doucement, c'est mauvais pour ta santé.

Havoc – Désolé, dit-il en écrasant sa cigarette dans le cendrier. Je suis entré dans l'armée car l'école m'ennuyait, j'avais besoin d'action ! Mon truc, c'est les armes, surtout les armes lourdes. C'est comme ces chars que Briggs a emmené, ça, c'est la classe !

… Du Havoc tout craché. Eux essayaient toujours de rendre leurs raisons un minimum plus… Enfin, soit, il disait ce qu’il voulait comment il le voulait, le reste de l’équipe n’avait pas à interférer là-dedans. Riza ne put s’empêcher de rire également en grignotant et buvant, approuvant totalement ce que le sous-lieutenant venait de dire. En effet, les chars de Briggs faisaient impression, tout le monde était d’accord sur cela. Mais le lieutenant, elle, préférait être plus propre et ne pas « tout exploser » comme ces chars. Ses tirs étaient précis, discrets, rapides, et ne détruisaient pas tout aux alentours.

Havoc – T'es malade, Riza ? Toi et le Colonel, vous avez été super bizarre toute la journée ! Tu viens d'apprendre que t'étais enceinte de lui ?



Riza cracha la gorgée qu’elle venait de prendre en bouche, une fois encore, et s’étouffa en toussant comme jamais, de plus en plus rouge. Elle traita le sous-lieutenant de gros imbécile qui ne pensait qu’à cela entre deux hoquets, essayant de reprendre sa respiration. Elle n’était pas enceinte ! Et qu’avaient-ils tous à leur demander des choses comme ça ? D’abord la mère du Colonel la veille, ensuite Havoc… C’est bon, là, tout le monde est passé, tout le monde a participé ? Riza avait beau chercher ce qui n’allait pas, ce qu’ils avaient pu faire de différent depuis quelques jours qui justifie un tel déchaînement de leur entourage, elle ne voyait rien. Elle était rouge et avait incroyablement chaud, évitant le regard du Colonel et lançant des regards plus que noirs à Havoc.

Colonel – On a des raisons d'être bizarres, on a un tueur en liberté, sans oublier qu'on a dû bosser avec Briggs pour la petite affaire, hier... Et ils sont un peu stressants.

Riza – Tout à fait, dit-elle d’une voix rauque. Mais nous devons être les seuls à nous en soucier, apparemment… Nous ne pensons pas qu’à l’amour, contrairement à vous, il y a d’autres priorités !

Oui, Riza était furieuse. Ils n’avaient pas à se mêler de leur vie comme cela ! C’était bon, ils avaient compris, elle admettait qu’il y avait peut-être plus que de la loyauté et de l’amitié, mais elle ne supportait pas de voir que d’autres en étaient persuadés alors qu’elle-même doutait. Et puis, de toute manière, il s’agissait de leurs affaires et pas de celles de l’équipe !

Colonel – On ne devrait pas se soucier du travail, ce soir, dit-il en souriant. Vous voulez danser ?

Dan… Danser ? Pourquoi ? Maintenant, là ? Le Colonel s’était tourné vers elle et lui tendait actuellement la main, mais elle lui fit de gros yeux, étonnée cette fois. Il voulait danser ? Maintenant ? Elle ne pensait pas trop au travail, en plus ! Riza le regardait et lançait des regards aux autres également, les joues toujours d’un rouge soutenu.

Riza – Mais pou… Maintenant ?

Colonel – Pourquoi ? C'est personnel. Mais vous n'êtes pas forcée d'accepter.

Personnel… Le lieutenant faillit rétorquer quelque chose et évita franchement les regards du reste de l’équipe. Lui aussi, il doutait… Elle hocha la tête avec un petit sourire, prenant la main du Colonel, et déposa son gilet sur son siège, laissant son sac à côté des autres. Riza suivit son supérieur un peu plus loin, assez loin pour ne pas être vu par les autres – ce qui n’était pas difficile avec le monde qui commençait à arriver – puis… n’osa pas bouger ou le toucher, entendant un slow qui commençait. Comme par hasard. Ce fut le Colonel qui plaça ses mains sur son épaule et dans son dos, la rapprochant de lui en même temps, alors qu’elle-même restait gênée et n’osait rien faire. La veille, oui, ils étaient dans les bras l’un de l’autre, mais il faisait noir ! Et ils étaient seuls… Ici…

Riza – Je suis désolée si je vous marche sur les pieds, je n’ai… pas l’habitude de ce genre de danse.

Colonel – Vous allez vous excuser à chaque fois que je vous approche à moins d'un mètre ? Je vais finir par vous ordonner de ne plus le faire.

Riza – Par… Je veux dire… Je ne m’excuse pas à chaque fois que vous m’approchez à moins d’un mètre, je suis juste plus…

C’était impossible. Tout bonnement impossible. Elle ne pouvait pas parler ou s’expliquer, et puis il venait de lui couper l’herbe sous le pied ! Pourquoi elle ne pouvait pas s’excuser, en plus ? Elle ne s’excusait pas à chaque fois, il exagérait, elle l’avait peut-être fait hier et aujourd’hui, mais elle avait d’excellentes raisons. Ils commencèrent à danser, Riza dans des gestes plutôt maladroits et se sentant de plus en plus idiote. Comme si le Colonel avait deviné ce qu’elle pensait, il se pencha à son oreille.

Colonel – Détendez-vous, pour commencer...

Elle n’était pas tendue ! Pas trop. Même si elle bafouillait et ne trouvait pas ses mots, n’était pas sûre d’elle et se posait de nombreuses questions. En fait, si, elle était incroyablement tendue, nerveuse, ce qui était parfaitement stupide. Riza le connaissait depuis son enfance ! Pourquoi paniquer comme cela ? Pourquoi ne pas agir normalement, tout simplement ? Pourquoi être nerveuse alors qu’elle était à côté du Colonel, personne en qui elle avait confiance et qu’elle connaissait plus que quiconque ? Le lieutenant hocha la tête, réprimant une énième excuse. Ca non plus, ce n’était pas son genre. Il fallait qu’elle se détende impérativement.

Après un moment, oubliant le reste et ne pensant qu’au Colonel, à personne d’autre, Riza parvint à oublier sa nervosité grâce à ses bras et sa proximité, rappelant la veille quand ils étaient à deux. Uniquement à deux. Le stress était loin, même si la situation était… étrange. Cependant, même si elle était plus calme, même si c’était agréable, il fallait qu’elle sache. Qu’elle soit fixée, aujourd’hui, ce soir.

Riza – Colonel…, commença-t-elle en levant la tête. J’ai beaucoup réfléchi à ce que votre mère a dit mais je… Je n’ai aucun point de repère, je ne sais pas si…

Allez, un peu de courage ! Il doutait, lui aussi, alors pourquoi hésiter ? De toute manière, Riza ne pouvait rien lui cacher et il devait sentir qu’elle n’avait pas dormi énormément cette nuit, ce qui était plutôt grave. Si elle commençait à manquer de sommeil, elle ne pourrait plus le protéger, et cela ne devait pas arriver. Prenant une profonde inspiration, elle baissa la tête pour regarder son torse, toujours collée à lui pour le slow.

Riza – Je me demande si votre mère n’a pas raison, pour… pour nous. J’y ai pensé toute la nuit, à dire vrai, et cela ne m’avait jamais frappé avant, parce que… Je veux dire, vous êtes un ami, pour moi, vous avez toujours été là, depuis des années, et votre présence est rassurante, je tiens à vous et vous le savez. Mais je ne sais pas si c’est vraiment… ce qu’elle pense, ou non. Je suis perdue…


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Dim 17 Mai 2015 - 1:15

Un long soupir résonna dans la tente vide, alors que Roy se penchait sur la table, se demandant pour la énième fois de la journée s'il devait vraiment aller au bar ce soir avec les autres. Même si Havoc leur présentait enfin sa petite-amie-mystère, il n'avait pas trop envie de sortir. Il aurait préféré s'enfermer chez lui afin de réfléchir toute à son aise, sans être dérangé par qui que ce soit, sans avoir à régler des problèmes ou à penser à quoi que ce soit d'autre. Tout seul dans la tente, alors que le soir tombait, il entendait les bruits des hommes qui passaient, le grondement des voitures, les conversations, et ainsi de suite. Il s'était passé tant de choses, en l'espace de trois jours, s'en était assez effrayant. Et il y avait l'information qui venait de tomber, la mort de Basque Gran, l'alchimiste au sang d'acier. Nouvelle qui l'avait secoué, autant l'admettre. Le général Gran était un alchimiste au talent incroyable, mais il avait été tué par ce mystérieux assassin. Roy se leva puis s'habilla pour la soirée, le regard dans le vague. Il se demandait comment le général avait pu se faire avoir, cela donnait en tout cas une sérieuse idée de la menace.

"Si jamais il s'approche du lieutenant et qu'elle..."

Rah, mais stop ! Il se donna des gifles mentales, exaspéré. Stop, stop, stop, on se reprend ! Pourquoi il ne cessait pas de penser à elle ?! Sa mère pouvait se vanter d'avoir réussi à le déstabiliser complètement, vraiment bravo ! Elle était sa subordonnée, rien de plus, même s'il avait beaucoup aimé la tenir dans ses bras, qu'il aurait voulu que ce moment dure bien plus longtemps et que... Bref. Il devait arrêter, ce n'était pas possible d'être aussi idiot. Mais... Non, stop, il avait dit qu'il arrêtait. Il se frappa le front d'un air déterminé, même si au fond de lui, il n'arrivait pas à chasser l'image de sa subordonnée de ses pensées. Il se mit en route, jetant sa veste sur son épaule, l'autre main dans sa poche. Il devait y réfléchir sereinement, voilà tout, avec sa tête et pas avec ses émotions. Qu'avait-il ressenti, exactement, en prenant sa subordonnée dans ses bras ? Il avait peur de la relâcher ou qu'elle veuille s'éloigner. Peur d'être repoussé. Il avait voulu qu'elle se sente protégée, comme si rien ne pouvait jamais lui arriver. Il avait voulu qu'elle ait confiance, qu'elle se sente en sécurité. Qu'elle veuille rester près de lui.

Il poussa la porte du bar, retrouvant son équipe. Sa mère l'accusait d'être accro au boulot mais il ne pensait pas qu'à cela non plus ! Oui, il avait des ambitions mais il savait aussi gérer sa vie privée. Il était déjà sorti avec plusieurs femmes, mais ça ne durait jamais très longtemps. Non pas qu'il soit très volage, mais il n'avait pas encore réussi à se sentir suffisamment bien avec une femme pour rester longtemps avec elle. Il avait peur, à chaque fois, de trop se dévoiler, de trop en dire, et qu'elles n'acceptent de plus de le voir ou de lui parler. Peur qu'elles le voient comme celui qu'il était vraiment, juste une vulgaire arme humaine à la botte de l'armée. Enfin... Il but à peine une gorgée, ne se réveillant que lorsqu'Havoc arriva avec sa petite amie. Elle avait une... Hum, des arguments conséquents, on allait dire cela. Il piqua aussitôt le nez dans son verre, sans plus rien regarder. Il répondit au salut de la demoiselle, hochant la tête pour lui dire bonsoir. Il avait l'impression d'entendre encore sa mère lui reprocher d'être toujours célibataire à son âge, qu'il faisait passer le travail avant tout le reste, etc.

Havoc – Comment ils font pour ne pas s'écrouler sous la chaleur ? demanda-t-il d'un ton incrédule.

Lieutenant – Ils sont habitués à vivre à ce rythme sans se plaindre, dit-elle en souriant, tout est une question de mental.

Hum, qui devait s'écrouler sous la chaleur ? Il avait manqué toute une partie de la conversation, perdu dans ses pensées. Enfin, peu importe. Il devait absolument se remettre les idées en place et se décider, une bonne fois pour toute. Le lieutenant était à côté de lui, en ce moment même, que ferait-il s'ils étaient seuls ? Que lui dirait-il ? Il ne s'était jamais posé la question, agissant avec elle sans douter de quoi que ce soit. Et maintenant, on se mettait sur leur dos. Pourquoi maintenant, qu'avaient-ils faits ? Sa mère gardait sans doute cela pour elle depuis un moment pour qu'elle se soit lâchée ainsi. Elle le traitait encore comme un petit garçon... D'ailleurs, beaucoup les traitaient tous les deux comme deux gamins. Grumman, évidemment, mais même la générale Armstrong. Quoi que, pour elle, elle n'avait pas attendu de le voir avec Riza pour le traiter de mioche bon à rien et naïf, leurs disputes ne dataient pas d'hier.

Il baissa la tête sur son verre alors qu'Havoc racontait à sa chérie comment lui était venu l'idée de s'engager. Ils avaient tous droits à la question, plusieurs fois par an, dès qu'ils rencontraient des civils. Qu'est-ce qu'il devait faire... Il releva le regard vers le petit orchestre qui s'était monté et les couples qui se formaient pour aller danser sur la piste, de l'autre côté du bar. Il regarda le visage des hommes, alors qu'ils tenaient leurs épouses contre eux. Il avait vraiment eu cette tête-là, lorsqu'il avait tenu sa subordonnée dans ses bras ? C'était... Mais bon. S'il voulait un moyen d'être fixé, il pouvait aussi se servir de ça ! Le lieutenant s'étouffa d'un seul coup à côté de lui en toussant, tout en traitant Havoc d'imbécile. Hein ? Il retourna la tête vers elle, pris de court, sans comprendre. Qu'est-ce que... Il avait juste entendu Havoc dire qu'ils étaient bizarres, mais... Ah. Ah oui, pour ça.

Roy – On a des raisons d'être bizarres, on a un tueur en liberté, sans oublier qu'on a dû bosser avec Briggs pour la petite affaire, hier... Et ils sont un peu stressants.

Lieutenant – Tout à fait, dit-elle d’une voix rauque. Mais nous devons être les seuls à nous en soucier, apparemment… Nous ne pensons pas qu’à l’amour, contrairement à vous, il y a d’autres priorités !

Oui, mais bon, à l'amour, il y pensait vraiment, au moins ce soir. En journée, il y avait bien d'autres choses à penser ! Entre ses responsabilités, l'affaire Sarah, Bradley qui était venu les surveiller et milles autres détails encore, il ne savait plus où donner de la tête. Mais ce soir, il pouvait s'occuper de sa vie privée. Il y avait encore de nombreuses danses de prévue, il pouvait en faire une avec le lieutenant... Si elle le voulait bien. Il se retourna donc vers elle avec un petit sourire, lui tendant la main.

Roy – On ne devrait pas se soucier du travail, ce soir, dit-il en souriant. Vous voulez danser ?

Lieutenant – Mais pou… Maintenant ?

Pourquoi... Pourquoi il l'invitait, pourquoi il pensait à ça, pourquoi avec elle, pourquoi... Ou elle n'avait pas envie et il allait se prendre un vent magnifique et une belle humiliation en même temps. Si ça arrivait, il serait bien capable de se mettre à pleurer, la gifle sera trop costaude. Mais il ne voulait pas non plus qu'elle accepte uniquement pour lui faire plaisir, ce serait encore pire.

Roy – Pourquoi ? C'est personnel. Mais vous n'êtes pas forcée d'accepter.

Elle hocha la tête puis accepta, le suivant. Il sentit le stress tomber d'un seul coup, l'emmenant à l'autre bout de la salle, sur la piste de danse, pour un slow. Il la prit par la taille pour la rapprocher de lui, l'entourant de ses bras pour une danse. La musique avait repris, ils étaient au milieu ces autres couples, un peu cachés des regards des autres. Il remarqua alors un des adjoints de Bradley, en civil, qui était assis à une table près de la piste. Tiens, il n'aurait pas cru qu'ils étaient capables de sortir et de s'amuser, ceux-là, tant ils avaient l'air rigides. Il l'oublia, se concentrant sur sa propre subordonnée.

Lieutenant – Je suis désolée si je vous marche sur les pieds, je n’ai… pas l’habitude de ce genre de danse.

Elle allait passer toute sa vie à s'excuser pour tout et n'importe quoi ou il rêvait ? Il se retint de lever les yeux au ciel, avec un soupir. Elle devrait arrêter ça ! Franchement, elle n'avait aucune raison de lui donner toutes ces excuses...

Roy – Vous allez vous excuser à chaque fois que je vous approche à moins d'un mètre ? Je vais finir par vous ordonner de ne plus le faire.

Lieutenant – Par… Je veux dire… Je ne m’excuse pas à chaque fois que vous m’approchez à moins d’un mètre, je suis juste plus…

Nerveuse ? Plus nerveuse ? Elle était plus nerveuse parce qu'il la tenait dans ses bras ?

Roy – Détendez-vous, pour commencer...

Il dansa un instant avec elle sans plus rien dire, suivant les pas et la musique. Relevant la tête, il vit tout à coup trois militaires entrer dans le bar, en tenue cette fois, qui faisaient aussi parti des subordonnés de Bradley. Il allèrent rejoindre celui qui était en civil et s'assirent. Charmante réunion, ils auraient pu laisser leur uniforme. Il continuait à danser lorsqu'il se sentit observé. Tournant à moitié la tête, il croisa le regard des quatre hommes, qui les fixait sans même se gêner. Ou qui le fixaient lui. Il tourna la tête de l'autre côté et vit l'adjoint du général Raven, appuyé contre le mur, les bras croisés, qui regardait également. Qu'est-ce que c'était que cette réunion ?! Brusquement mal à l'aise, il se crispa, l'esprit tournant à plein régime.

Étaient-ils là à cause du mystérieux tueur ? Ce serait étrange, ils l'auraient interpellé pour lui dire de faire attention, ou qu'il devait rentrer chez lui et y rester, quelque chose du genre. A moins qu'ils ne soient venu l'arrêter et attendaient simplement pour bien lui faire comprendre qu'il était dans la merde. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ?! Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire comme connerie pour attirer comme ça cinq personnes à le surveiller ? Car oui, vu comment ils le fixaient... Qu'avait-il fait ou dit ? Il n'avait déclencher aucune polémique durant la journée et n'avait rien commis de compromettant non plus... Ou alors, ils savaient qu'il avait voulu cacher Sarah. Mais dans ce cas-là, ils l'auraient arrêté directement, ils ne resteraient pas là à attendre. Il baissa le regard sur sa subordonnée, qui leva le sien.

Lieutenant – Colonel…, commença-t-elle en levant la tête. J’ai beaucoup réfléchi à ce que votre mère a dit mais je… Je n’ai aucun point de repère, je ne sais pas si…

Il fit un effort pour se concentrer sur leur conversation. Il ne devait pas lui mettre un vent non plus, pas à elle, et vu la situation, le fait qu'il y ait actuellement cinq cerbères aux huiles de Central dans le bar avait dû lui échapper. Mais elle devait côtoyer les généraux moins que lui, il n'était pas sûr qu'elle les reconnaisse, de toute façon. Hum, cela devenait très tendu.

Lieutenant – Je me demande si votre mère n’a pas raison, pour… pour nous. J’y ai pensé toute la nuit, à dire vrai, et cela ne m’avait jamais frappé avant, parce que… Je veux dire, vous êtes un ami, pour moi, vous avez toujours été là, depuis des années, et votre présence est rassurante, je tiens à vous et vous le savez. Mais je ne sais pas si c’est vraiment… ce qu’elle pense, ou non. Je suis perdue…

Roy – Je... dit-il d'un ton hésitant. Oui, je sais, je... Attendez un instant.

Il l'entoura un peu plus de ses bras, arrêtant de danser, soudain sur ses gardes. Il avait l'impression d'un danger imminent, d'un seul coup. Il poussa tout à coup sa subordonnée sur le bord de la piste, à l'écart des autres couples, puis se plaça à moitié devant elle pour regarder la salle. Il aimerait bien savoir ce qu'il avait fait. Où étaient-ils ? Ils s'étaient écartés les uns des autres mais étaient toujours là. Ils comptaient l'arrêter ou voulaient-ils juste jouer avec ses nerfs ? S'ils savaient vraiment pour Sarah... Bon sang. Il chercha l'adjoint de Raven du regard, alors que le lieutenant regardait la salle à son tour.

Lieutenant – Colonel, que se passe-t-il ? Qu'avez-vous vu ?

Roy – Je suis... murmura-t-il. Ne vous inquiétez pas, mais il y a cinq hommes ici qui me surveillaient lors de notre danse. Quatre sont des subordonnés de Bradley.

Il les repéra à nouveau, sentant leurs regards très lourds. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Était-ce pour Sarah ou autre chose ? Le lieutenant le prit tout à coup par le bras, le faisant écarquiller les yeux, puis le fit sortir. Mais... Ils finirent dehors, au beau milieu de la nuit, sous un vent assez frais maintenant que la chaleur de la journée était tombée. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Il se retourna vers le lieutenant, prêt à lui dire qu'il ne servait à rien de sortir, qu'ils avaient laissé toutes leurs affaires à l'intérieur, mais elle le devança.

Lieutenant – Allons chez moi, il faut qu'on comprenne ce qui s'est passé et pourquoi vous êtes surveillé.

Roy – C'était l'armée... S'ils avaient voulu m'arrêter, ils n'auraient pas attendu, je ne risque rien. Je ferais mieux d'aller leur demander à quoi rime ce petit jeu.

Ils s'étaient contenté de le fixer sans même se cacher, de quoi mettre la pression, soit, mais ils n'avaient pas fait un mouvement pour venir l'interroger ou l'arrêter, ils n'étaient pas ici pour cela. Elle se mit aussitôt devant lui en secouant la tête pour dire non. Mais ils devaient biens avoir, pourtant !

Lieutenant – Je dois vous protéger et vous empêcher de faire des conneries. Il faut qu'on comprenne ce qui s'est passé.

Roy – C'est simple, soupira-t-il en marchant un peu sur le trottoir, j'ai le président sur le dos, même si je ne sais pas pourquoi...

Il marcha vers sa voiture en faisant signe à sa subordonnée de le suivre puis se glissa à l'intérieur, sans démarrer tout de suite. Pourquoi... Pourquoi étaient-ils venu comme ça ? Pourquoi ? Pour Sarah ? Autre chose ? Mais quoi ? Qu'avait-il fait ? De quoi l'accusait-on ? Pour que les propres subordonnés de Bradley se déplacent juste pour cela... Soit on le soupçonnait d'un crime de haute trahison, soit de très graves ennuis se profilaient.

Lieutenant – Démarrez, nous réfléchirons chez moi, je ne suis pas rassurée ici. S'il vous plaît, Colonel, écoutez-moi.

Il secoua la tête puis mit le contact, quittant le bar puis la rue. Il roula ainsi un moment sans rien dire, perdu dans ses pensées. Le lieutenant habitait assez loin, dans un de ces nouveaux immeubles. Il se gara puis monta avec elle dans son appartement, regardant s'ils étaient suivis. Il crut voir une ombre, à un moment, mais trop fugace pour s'assurer que cela avait bien quelque chose à voir avec eux. Il ferma la porte de l'appartement comme il faut derrière eux puis soupira, appuya son front contre le chambranle en bois.

Roy – Qu'est-ce que j'ai fait... grinça-t-il en fermant les yeux.

Il se redressa puis se passa les deux mains sur le visage, avant de se tourner à nouveau vers le lieutenant. Il la reprit dans ses bras, avec une extrême douceur, pour la serrer contre lui, naturellement, sans plus se poser de questions. Il resta ainsi un moment sans plus bouger, puis se pencha sur elle, l'embrassant sur le front, avec lenteur, puis descendit sur sa joue puis sur ses lèvres, les yeux fermés, la tenant contre lui comme si elle risquait de disparaître. Le baiser, d'abord doux, se fit un peu plus vif ensuite, il en perdait le souffle. Il ne se rendit compte qu'au bout de quelques minutes de ce qu'il faisait et la relâcha avec un léger sursaut, rougissant. Il, il... Hum... Il n'avait pas réfléchi ! Il avait jute, il... Il n'avait pas du tout réfléchi. Il espérait qu'elle ne lui en voulait pas.

Roy – Désolé, murmura-t-il.

Il était encore plus rouge, les joues brûlantes, ayant peur qu'elle ne le jette dehors manu militari. Il n'avait pas réfléchi ! Il le jurait, il avait juste suivi bêtement son instinct, il ne voulait pas la brusquer, ni lui faire de la peine, ni la blesser, ni rien du tout de ce genre. Elle était rouge elle aussi, une main sur ses lèvres, mais lui sourit.

Lieutenant – Ne le soyez pas.

Elle revint contre lui, dans ses bras, puis l'embrassa à son tour. Il referma les bras sur elle, refermant les yeux, pour goûter à ses lèvres. Il en oubliait les poursuites et l'espionnage, juste concentré par le fait qu'elle était contre lui. Il l'embrassa avec plus de ferveur, la serrant contre lui, passant timidement une main sous son chemisier pour caresser son dos, sentant les traces de la brûlure qu'il lui avait faite. Une cicatrice qu'elle gardera à vie. Il reprit son souffle deux secondes, recommençant aussitôt, caressant son dos. Il n'avait pas la moindre envie de la lâcher, peu importe que Bradley le faisait suivre et surveiller, peu importe qu'elle soit sa subordonnée, qu'il n'était pas censé la toucher et encore moins  l'embrasser. Au diable les convenances. Ils étaient adultes, majeurs et consentants, personne n'avait à leur dire comment se comporter l'un envers l'autre.

Elle le guida ensuite vers sa chambre, dans l'appartement assez sombre car ils n'avaient pas allumé la lumière. Ils continuaient à s'embrasser, alors qu'elle enlevait peu à peu les boutons de sa chemise. Il n'arrivait plus à s'arrêter, ni à se détacher d'elle. Il n'en avait pas envie. Il caressait la peau de son dos et elle le poussa sur le lit. Il la rattrapa par les bras pour la rapprocher de lui et reprendre ses lèvres, passant une main dans ses cheveux blonds détachés. Elle était si belle ainsi, à la lueur de la lune. Il lui fit enlever son chemiser, la serrant contre lui. Il la retourna sur le lit pour la mettre sur le dos, lui ôtant son soutien-gorge pour le laisser tomber à terre.

Roy – Je vous aime, murmura-t-il.

Elle le tira vers elle, sans qu'il oppose la moindre résistance, entrouvrant les lèvres lorsqu'elle l'embrassa. Il avait oublié tout le reste du monde, tous les problèmes, tout ce qui n'avait aucun rapport avec elle.

Lieutenant – Je vous aime aussi.

Elle fit glisser sa chemise au sol, alors qu'il l'embrassait dans le cou, puis sur la poitrine. Il descendit ainsi tout doucement, glissant ses doigts sous sa jupe pour caresser ses cuisses avant de revenir vers son visage. Il gardait les yeux fermés, tout occupé à la combler et la câliner. Il ne réfléchissait plus, ne parlant plus, la gardant contre lui en la touchant doucement. Elle avait une peau très douce, comme de la soie, qu'il ne se lassait pas de toucher. Il enleva son pantalon puis lui ôta sa jupe, le visage niché dans son cou. Depuis des années qu'elle était à ses côtés, des années qu'elle le suivait, des années qu'il aurait dû se rendre compte qu'il l'aimait. Il la voulait toute entière, pris par le désir et la passion. Il fit glisser sa culotte le long de ses jambes, enlevant ses propres sous-vêtements. Très rouge à présent, il tremblait un peu, blotti contre elle, lui caressant le visage.

Roy – Je ne veux pas vous faire mal...

Il ignorait si elle était déjà sortie avec d'autres hommes avant lui, si elle était vierge, il avait peur de la blesser, de lui faire mal, de la mettre mal à l'aise. Si c'était sa première expérience, c'était d'autant plus important pour elle, il n'était pas question qu'il lui fasse le moindre mal. Il pourrait aussi la tutoyer, mais par force de l'habitude ou autre chose, il ne le fit pas tout de suite. Elle leva la main pour lui caresser le visage puis l'embrassa sur les lèvres.

Lieutenant – Je vous fais confiance... Vous ne me ferez pas mal. Pas vous.

Il l'embrassa un peu partout sur le corps, laissant monter le désir, aussi bien pour elle que pour lui. Il alla très doucement pour ne pas la blesser trahir sa confiance, même s'il savait qu'elle avait dû souffrir lorsqu'il lui prit sa virginité. Il fut bouleversé en voyant le sang couler sur les draps blancs, s'excusant dans un murmure, avant de l'embrasser passionnément pour lui faire oublier la douleur. Il voulait qu'elle passe un moment parfait, qu'elle ne soit pas traumatisée, qu'elle n'ait pas trop mal, qu'elle ne veuille pas le repousser. Il lui fit l'amour avec un mélange de passion et de douceur, dans un long souffle, sous la lueur des étoiles, seules spectatrices. Il ignora combien de temps ils passèrent ainsi mais ils finirent par s'endormir, blotti l'un contre l'autre sous les draps.

Ce fut un rayon du soleil, à l'aube, qui réveilla Roy. Il ouvrit un œil avec beaucoup de peine, complètement perdu et confus. Il ne reconnut pas tout de suite la chambre, mais la mémoire lui revint très vite, d'un bloc, et il sursauta, se rendant comte qu'il tenait toujours sa subordonnée contre lui et qu'il avait dû la réveiller. Il rougit encore plus, sans la lâcher toutefois, très confus, un sourire gêné aux lèvres.

Roy – Je, vous, je...

Il avait l'impression d'avoir trop bu, le corps étrangement détendu mais l'esprit en ébullition. Il était épuisé, de larges cernes sous les yeux, une bonne partie de la nuit n'ayant pas été tout à faite reposante. Personne ne risquait de les louper, au camp... Au camp... Il se souvint alors pourquoi il était arrivé chez sa subordonnée et se redressa d'un bond. La soirée. Le bal. Les subordonnés de Bradley. Bon sang. Il se frotta le visage, reprenant son souffle, assis dans le lit. Quelle heure était-il ? Ils devaient retourner au champ de manœuvre mais... Bon, une chose à la fois. Il passa une main dans ses cheveux déjà bien ébouriffés, le cœur battant. Il revint vers le lieutenant, dégageant une mèche blonde de son visage.

Roy – Comment vous sentez-vous ?

Lieutenant – Très bien. Quelle heure est-il ?

Roy – Heu...

Il jeta un coup d'œil vers le réveil, mais il n'avait dû être remonté. Il se pencha pour fouiller son pantalon et en tirer sa montre en argent. Il eut un hoquet en voyant qu'il était huit heures passés. Bon sang ! Tout le monde allait deviner que... Bravo pour le sens des responsabilités. Il se leva, cherchant ses affaires, donnant les siennes au lieutenant.

Roy – Il faut se dépêcher, souffla-t-il. La générale Armstrong va nous allumer.

Il se dépêcha d'enfiler chemise et pantalon, puis stoppa tout geste en se réalisant un autre détail. Leurs uniformes étaient au camp. Au champ des manœuvres. Ils étaient déjà très en retard. Le lieutenant échangea un regard avec lui, tout aussi paniquée. Bon. Hum, bon, voilà. Il se dépêcha tout de même, quittant l'appartement avec le lieutenant pour rejoindre sa voiture. Ils avaient des têtes à faire peur, habillés à la hâte, en civils, à peine coiffés, avec un retard monstrueux. Son stress ne s'arrangea pas lorsqu'il vit la générale Armstrong et le général Grumman les attendre à l'entrée. Là, il ne savait pas ce qui l'effrayait le plus. Les remarques du vieil homme ou l'engueulade d'Armstrong. Ils arrivèrent devant eux, alors qu'il se retenait pour ne pas baisser la tête, rouge de honte.

Roy – Désolé, nous, heu, bafouilla-t-il. Je... Désolé pour le retard. Nous n'avons pas fait attention à l'heure ce matin, car hier soir, nous nous sommes, hum... Très rapprochés et c'était un peu confus, ce matin.

Il s'était mis plus droit, enfin, afin de ne pas en rajouter une ouche par un manque de respect.

Roy – Je vous garanti que ça ne se reproduira plus.




Dernière édition par Roy Mustang le Dim 17 Mai 2015 - 13:16, édité 1 fois
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Maître du Hasard

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Dim 17 Mai 2015 - 12:17

Intervention du Maître Hasard

"Riza Hawkeye est tombée enceinte."


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King Bradley

Fhürer

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Mar 19 Mai 2015 - 21:01

– Que fais-tu, Pride ? demanda-t-il en buvant une tasse de thé, assis dans un large fauteuil.

– Je me demandais si Envy et Gluttony allaient bien faire leur travail.

– Il n'y a pas de raisons qu'ils échouent.

Il but une longue gorgée de thé, avec un sourire pour le "jeune enfant" qui était assis sur le rebord de la fenêtre à regarder le ciel nocturne. Pride était toujours inquiet dès que leurs frères partaient pour ce genre de missions. Cependant, il n'y avait effectivement aucune raison, dans ce cas-ci, pour qu'ils ne réalisent pas ce qu'on leur avait confié. Le camp était redevenu calme, après cette seconde journée de manœuvres. Il venait de recevoir le rapport des hommes qu'il avait envoyé. Mustang et sa bien-aimée étaient rentrés chez cette dernière et étaient actuellement au lit. Hum, les humains copulaient beaucoup, tout cela pour engendrer d'autres gamins qui deviendront de la matière première pour eux et Père. Humph. Il reposa sa tasse sur la petite table près de lui, tranquillement. Pride regardait les étoiles, ayant pour une fois vraiment l'air d'un enfant inoffensif. Personne ne saurait deviner qu'il était bien plus que cela, qu'il était un véritable monstre, comme eux tous.

– Mustang a compris qu'il devait éviter de se faire remarquer, au moins ?

– Je pense, j'avais ordonné à mes hommes de lui faire comprendre qu'il était sous surveillance. Mais s'il ne parvient pas à comprendre seul qu'il doit rester tranquille, je me chargerai de lui ouvrir les yeux. Ce serait bien plus simple s'il se tenait à carreaux, afin de ne pas attirer les déchets comme Scar.

Le gamin alchimiste ne leur causait pas autant de soucis, du moins, pas pour le moment. Il restait également le problème Armstrong. Cette femme posait un gros problème... Il leur fallait quelqu'un d'assez influent et puissant à Briggs, mais ces hommes étaient si attachés à cette femme qu'on en pouvait pas la mettre à l'écart comme cela, la situation deviendrait beaucoup trop tendue. Il leur fallait donc la rallier à leur camp, comme tout l'état-major de Central. Mais comment ? Il ignorait ce qu'elle penserait d'une idée telle de l'immortalité. Il devait trouver un moyen de la tester, de comprendre comment elle fonctionnait, ce qui la fera plier. Comment manipuler une femme aussi méfiante et glaciale ? C'était assez agaçant... Il reprit la tasse en main, sentant la chaleur contre ses paumes. Pride avait dû suivre le même cheminement car il soupira.

– Je ne sais pas comment l'approcher, afin de tester le terrain... Elle aime les enfants ?

– Je ne pense pas.

– Humph.

Il ne savait pas comment faire. Peut-être placer une personne près d'elle pour l'épier ? Elle se méfiera aussitôt, il faudra des mois, voire des années pour qu'elle se détende un minimum. Il n'y avait plus beaucoup de choix, il faudra trouver une solution un peu plus costaude. Pride finit par en avoir assez et sortit avec ses ombres, filant au loin. Le reste de la nuit passa ainsi, sans aucun événement notable. Au matin, cependant, une très mauvaise surprise se révéla. Le Colonel n'était pas là lors de l'inspection matinale. Bradley plissa les yeux, exaspéré. Où cet imbécile avait pu passer ? Il ne devait pas mourir, il était un élément précieux pour le sacrifice et le tueur n'était pas loin. Le général Hakuro commença aussitôt à s'échauffer, pestant contre ce "jeune gamin" qui n'était même pas fichu d'être à l'heure, qui manquait de respect à tous ses supérieurs, etc. Hum... Il resta en retrait, jetant un regard à la générale Armstrong. Cette femme lui causait autant de problèmes que Mustang, voire plus. Lui au moins, il savait comment le mater en cas de besoin et était certain de l'emporter dans un combat à l'épée ou au corps-à-corps.

Il vit Pride un peu plus loin, appuyé contre un arbre avec un air enfantin, qui lui aussi observait la générale. Bradley se demandait si les ombres de ce "cher enfant" parviendraient à mettre la pression à cette femme, ou si cela ne ferait que la rendre plus dangereuse. Ils ne pouvaient choisir ce moyen là tant qu'ils n'étaient pas acculés et contraints de recourir à la force brute. Ces humains pouvaient se révéler très agaçant, avec de tels caractères. Il retint un soupir puis s'éloigna en attendant que le Colonel et sa précieuse subordonnée daigne se présenter au camp, comme l'exigeait leur devoir. Pride vint le rejoindre en sautillant, glissant sa main dans la sienne, parfaite image du petit garçon fier de son papa. Dès qu'ils furent éloignés, il se retourna à nouveau pour observer la générale de Briggs, avec un air à la fois agacé et mauvais.

– On ne peut pas l'écarter, tout simplement ?

– Non.

Ce ne fut que deux heures plus tard qu'on vint l'avertir que les deux jeunes idiots étaient enfin arrivés. Il se rendit à l'entrée du camps avec quelques uns de ses subordonnés, voyant le colonel et le lieutenant à l'entrée, en civils, face à Grumman et Armstrong. Il s'approcha à son tour, l'air impassible, interrompant les deux généraux qui étaient en train de leur passer un savon. Il observa les deux militaires indisciplinés, les deux mains dans le dos, très droit dans son uniforme. Pathétique... La faute était d'autant plus importante qu'ils étaient tous les deux officiers.

– Deux heures de retard. Une tenue civile. Un profond manque de respect envers vos supérieurs hiérarchiques par ce genre de comportement. Abandon de votre poste ce matin. Qu'avez-vous à répondre ?

Il les regarda tous les deux, attendant de voir s'ils allaient ouvrir la bouche. Mais ni l'un ni l'autre ne daigna ouvrir la bouche. Et bien ? Il retint un soupir puis ordonna qu'on les fasse arrêter tous les deux et les mettre en cellule. Il allait les voir un par un, afin de s'expliquer sur cette affaire. Il ordonna à ses hommes de placer le Colonel dans les quartiers disciplinaires, alors qu'il fit conduire le lieutenant dans son bureau. Autant commencer par elle, ce sera plus vite réglé. Elle fut laissée assise sur une chaise face à son bureau, alors qu'il entrait à son tour. Il s'arrêta près de la fenêtre, jetant un long regard sur le camp avant de se tourner vers elle.

– Selon vous, comment doit-on punir ce genre de comportement, lieutenant ?

Cette fille pourra leur être très utile si le Colonel ne se décidait pas à se calmer et rester tranquille. Il suffira de la menacer pour qu'il redevienne aussitôt un bon petit soldat, comme un chien qu'on renverrait d'un coup de pied à la niche. Elle pourrait même être utile pour décider Mustang à accomplir une transmutation humaine. Si cette blondinette mourrait, il tentera certainement de la faire revivre. Elle écarquilla les yeux, alors qu'il attendait sa réponse. Cette brave petite n'aurait pas dû s'enticher d'un Alchimiste d'Etat, ou du moins, de cet alchimiste. Quelle tristesse, elle aurait pu rester en-dehors de tout cela et ne pas avoir d'ennuis.

– Je l'ignore, Votre Excellence, c'est à vous de décider de la sanction qui convient à ce genre de comportement.

– Vous donner du temps pour réfléchir à votre comportement ne sera pas négligeable, dit-il en se tournant à nouveau vers la fenêtre. Cette armée ne saurait pas tolérer des éléments subversifs en son sein.

Il s'interrompit en voyant la silhouette de la générale Armstrong au loin. Et celle de Pride, qui la suivait à distance. Allait-il vraiment tenter ses ombres ? Ils devaient faire quelque chose, de toute façon. S'il devait essayer, ce sera cette nuit. Si on menaçait ses hommes, elle n'en parlera pas, elle gardera tout pour elle. Ses subordonnés pouvaient aussi être son point faible, elle voudra les protéger... Au moins un peu. Il en parlera avec Pride toute à l'heure, il devait d'abord lui laisser le temps de l'observer. Pride pouvait être un maître dans la manipulation et le chantage, s'il avait une idée, à lui de jouer. On ne pouvait confier ce genre de chose à Envy ou Gluttony. Lust était déjà occupée, de son côté, elle ne pouvait pas travailler sur cela. Mais Pride s'en sortira parfaitement, il était le premier d'entre eux, il était celui qui avait passé le plus de temps avec Père. Il leur fallait un pion à Briggs, comme ils en avaient ailleurs, et frapper les chefs était la priorité absolue. Il se redressa, sans se retourner, un léger sourire aux lèvres. Même si elle n'aura sûrement pas peur des ombres de Pride, ils pouvaient au moins la faire douter et tenter de la manipuler.

– Vous continuerez à effectuer votre service de façon ordinaire, mais votre temps libre sera occupé par diverses corvées. Vous passerez la nuit en cellule.

On enfermait les chiens trop bruyants pour avoir un peu de paix. Il tourna la tête, tandis que la gamine blonde hochait la sienne.

– Bien, Votre Excellence.

– Pourquoi ce comportement étrange, hier soir ? Aviez-vous donc peur que mes subordonnés n'agressent votre bien-aimé ?


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Ven 22 Mai 2015 - 18:29

Colonel – Je... dit-il d'un ton hésitant. Oui, je sais, je... Attendez un instant.

… ? Riza aurait pu mal le prendre, comprendre que ce n’était pas réciproque, si le Colonel n’avait pas resserré ses bras autour d’elle comme cela. Il se passait quelque chose. Il avait arrêté de danser et s’était placé devant elle, comme s’il avait voulu la protéger. D’accord, , elle s’inquiétait ! Pourquoi réagissait-il comme cela ? Que se passait-il ? Qu’avait-il vu ? Le lieutenant regarda tout autour d’eux, inquiète elle aussi, balayant la salle du regard. Mais elle ne voyait rien de particulier. Des couples dansaient, des gens discutaient un peu plus loin, tranquillement, riaient… Non, vraiment, elle ne voyait rien. Il y avait quelques militaires, oui, mais ce n’était pas surprenant puisqu’ils n’étaient pas très loin du camp et qu’il y avait les manœuvres. Alors où était le problème ?

Riza – Colonel, que se passe-t-il ? Qu'avez-vous vu ?

Colonel – Je suis... murmura-t-il. Ne vous inquiétez pas, mais il y a cinq hommes ici qui me surveillaient lors de notre danse. Quatre sont des subordonnés de Bradley.

Bradley ?! Le… Le Président ? Il le surveillait ? Mais pourquoi ? Riza suivit le regard du Colonel et vit, en effet, quelques personnes le regarder de manière insistante. Ils le surveillaient effectivement, il n’avait pas halluciné. Bon, heu, dehors hein. Pas question qu’ils restent ici ! Tant pis pour leurs affaires, ils devaient d’abord voir ce qui s’était passé, ce que le Colonel avait fait, où était la bourde et ce qu’il risquait. Histoire de ne pas être pris par surprise le moment venu. Sans attendre une seconde de plus, Riza saisit le bras de son supérieur et l’entraîna dehors avec elle, lui faisant écarquiller les yeux. Alleeez, plus vite ! Qu’il ne traîne pas ! Elle avait peur, peur de le voir se faire arrêter, peur qu’il ne lui arrive quelque chose parce qu’elle aura été incapable de le protéger.

Riza – Allons chez moi, il faut qu'on comprenne ce qui s'est passé et pourquoi vous êtes surveillé.

Colonel – C'était l'armée... S'ils avaient voulu m'arrêter, ils n'auraient pas attendu, je ne risque rien. Je ferais mieux d'aller leur demander à quoi rime ce petit jeu.

QUOI ?! Mais il était fou ! Oui, il restait son supérieur, oui, elle devait rester polie et respectueuse avec lui, mais là, désolée, il avait trop bu ou était tombé sur la tête ! Aller leur demander… Bien sûr, et leur proposer un verre, tant qu’il y était ? Non ? Riza secoua fermement la tête en se plaçant devant lui pour l’empêcher de passer. Hors de question qu’il y retourne ! Ils devaient comprendre ce qui se passait et pourquoi il était surveillé comme cela ! Foncer tête baissée n’était pas une bonne idée, loin de là, alors qu’il accepte de l’écouter. Elle voulait seulement le protéger, alors s’il pouvait y mettre un peu du sien…

Riza – Je dois vous protéger et vous empêcher de faire des conneries. Il faut qu'on comprenne ce qui s'est passé.

Colonel – C'est simple, soupira-t-il en marchant un peu sur le trottoir, j'ai le président sur le dos, même si je ne sais pas pourquoi...

Simple. Oui, simple, très simple… En attendant, ils devaient trouver. Il y avait bien une explication possible, à savoir Sarah, mais Riza ne voulait même pas y penser. Si on découvrait qu’ils l’avaient cachée et qu’ils avaient demandé aux soldats de Briggs de la dissimuler au Président, ils seraient tués, destitués ou… Non, ne pas y penser, elle ne pouvait pas. Imaginer le Colonel subir quoi que ce soit à cause de cela n’était pas envisageable.

Le lieutenant le suivit vers sa voiture, jetant de fréquents coups d’œil derrière eux pour être sûre de ne pas être suivie, la main sur son arme, prête à réagir au cas où. Oui, elle avait peur, elle était terrorisée, même si elle savait qu’elle ne tirerait pas sur le moment. Il leur fallait juste un peu de temps. Rien de plus. Du temps pour comprendre et y voir plus clair, pour ne pas être pris au dépourvu lorsqu’ils retourneraient au champ de manœuvres le lendemain. Enfin, ils arrivèrent à sa voiture et montèrent, sans que le Colonel ne démarre directement pour autant. Mais alleeez, qu’attendait-il ?!

Riza – Démarrez, nous réfléchirons chez moi, je ne suis pas rassurée ici. S'il vous plaît, Colonel, écoutez-moi.

Le Colonel démarra enfin, après avoir secoué la tête comme s’il souhaitait avoir les idées plus claires. Riza n’habitait pas tout près, elle avait marché longtemps avant d’arriver au bar et elle profita du trajet pour réfléchir et penser à toutes les options possibles. Qu’avait-il fait ? Qu’avait-il dit pour énerver ainsi Bradley et s’attirer des surveillants en plein bar, alors qu’ils étaient seulement en train de danser ? Elle ne voyait pas. Il y avait bien Sarah, mais ils lui seraient tombés dessus immédiatement ! Non ? Peut-être… Non, non, ils ne les auraient pas laissés filer. Ils auraient réagi. Ce n’était pas cela, il y avait autre chose.

Lorsqu’ils arrivèrent et qu’elle vit son appartement, Riza marcha devant et ouvrit la porte, lançant un regard au Colonel qui n’avait toujours rien dit. Dès qu’elle fut entrée, il referma la porte derrière eux et… se plaqua le front contre le chambranle. Elle l’avait rarement vu comme cela et voulait l’aider, réfléchissait, cherchait quelque chose à dire pour le rassurer. Mais elle ne voyait pas…

Colonel – Qu'est-ce que j'ai fait... grinça-t-il en fermant les yeux.

Le Colonel se redressa avant de passer ses mains sur son visage, ce qui accentua l’inquiétude du lieutenant. Elle voulait l’aider, vraiment, mais il fallait qu’il se reprenne, qu’il respire et qu’il réfléchisse sans paniquer. Elle allait l’aider, elle ne le lâcherait pas, mais il fallait qu’il lui dise tout et qu’il ne cache rien. Il y avait forcément quelque chose… Un détail auquel ils n’avaient pas pensé, un petit truc qu’ils avaient oublié et que Bradley avait découvert.

Riza allait le lui dire pour le calmer lorsqu’il se retourna vers elle… et la prit dans ses bras. Doucement, sans prévenir, la serrant dans ses bras sans rien dire. D’abord surprise, elle n’osa pas bouger et était même un peu tendue. Mais, peu à peu, Riza se détendit, beaucoup plus vite que dans le bar, beaucoup plus vite que lorsqu’ils étaient dans la chambre du Colonel. Elle profitait simplement, souhaitant qu’il se calme, qu’il respire, voulant le soutenir comme lui l’avait soutenue à maintes reprises, le soir du dîner chez sa mère, le jour de la mort de son père… Elle était là et n’allait pas l’abandonner, il pouvait compter sur elle.

Ne bougeant toujours pas, Riza ferma les yeux lorsqu’il se pencha soudain vers elle et l’embrassa sur le front. Il descendit ensuite sur sa joue alors qu’elle sentait les battements de son cœur s’accélérer, toujours dans les bras du Colonel, frissonnant en sentant ses lèvres sur sa joue… puis ses lèvres. Riza ferma instinctivement les yeux, arrêtant de réfléchir, oubliant ce qui se passait autour d’eux, toute sa concentration orientée vers le Colonel et ce baiser. Ce baiser long, surprenant, mais doux et empli d’une passion qui lui ôtait tous les doutes qu’elle avait pu ressentir jusqu’ici. A nouveau, elle avait cette impression que rien ne pouvait les atteindre, elle se sentait protégée et en sécurité. Cependant, au bout d’un moment, son supérieur la relâcha avec un sursaut, les joues rouges. Mais… Pourquoi ? Qu’avait-elle fait ? Il ne… voulait pas ? Riza porta une main à ses lèvres, croyant rêver, alors qu’elle avait chaud, plus particulièrement au visage.

Colonel – Désolé, murmura-t-il.

Riza – Ne le soyez pas.

Il n’avait pas à l’être. Surtout pas. Riza se rapprocha de lui pour se blottir dans ses bras et l’embrassa à son tour, pour la première fois, hésitante mais souhaitant lui montrer qu’il ne l’avait pas choquée et qu’il n’allait pas la perdre. Bien sûr, il y avait le risque que lui la rejette parce qu’ils ne pouvaient pas, parce qu’il était son supérieur, mais cette peur fut vite anéantie lorsque le lieutenant sentit des bras se refermer sur elle, le baiser se faire plus passionné et une main passer sous son chemisier. La peau du Colonel était douce, ce qui surprit Riza malgré elle étant donné qu’il jouait souvent avec le feu. Elle s’était attendue à des mains rugueuses, n’avait jamais envisagé le contraire… Mais ce contact était agréable. Depuis le jour où il avait frôlé son tatouage, le jour où elle le lui avait montré, il ne lui avait plus touché le dos. Et certainement pas comme ici.

Riza guida le Colonel jusqu’à sa chambre, ne souhaitant pas rester dans le couloir. Ils s’embrassaient, avançant à tâtons dans l’appartement grâce à son sens de l’orientation – et aussi parce que ce n’était pas très grand et bien rangé – pendant qu’elle déboutonnait la chemise de son supérieur, évitant de penser aux grades différents. Arrivés dans sa chambre, elle le poussa sur le lit et il la rapprocha à nouveau de lui, comme s’il ne voulait pas la lâcher ou se détacher d’elle, l’embrassant. Elle frissonnait mais ne réfléchissait pas, se laissant guider, découvrant quelque chose qu’elle ne connaissait pas, une situation qu’elle n’avait jamais osé imaginer.

Jusqu’à ce soir, Riza était encore au stade du questionnement, se demandant si elle aimait le Colonel et si lui l’aimait. Et maintenant, avec cette histoire, tout avait évolué. Ils ne faisaient que suivre leur désir, ce qu’ils pensaient, ce qu’ils souhaitaient. Du moins, c’est ce qu’elle faisait, sans plus se poser de question, sans chercher plus loin. Elle avait confiance au Colonel et ne s’imaginait plus vivre sans lui, s’était déjà demandé ce qu’elle ferait s’il venait à mourir. Cette situation ne faisait que confirmer ce qu’elle ressentait. Il lui fit ôter son chemisier, toujours serré contre elle, alors qu’elle se mettait sur le dos, sur le lit.

Colonel – Je vous aime, murmura-t-il.

Lorsqu’il lui avait retiré son soutien-gorge, Riza n’avait pu s’empêcher de porter ses mains à sa poitrine, par réflexe et ressentant une légère gêne. Mais ici, avec ces mots, elle se sentit fondre et le rapprocha d’elle pour l’embrasser à son tour, sentant le rouge lui monter aux joues.

Riza – Je vous aime aussi.

A présent, elle en était convaincue. Riza fit glisser sa chemise au sol, tremblant un peu plus, ayant de plus en plus chaud, suivant simplement son instinct en s’empêchant de réfléchir. Elle suivait ce qu’elle ressentait, simplement, laissait le Colonel guider parce qu’elle était novice dans ce domaine. Elle l’aimait et pouvait l’affirmer, ce qui l’empêchait d’avoir peur de la douleur qu’elle allait ressentir. Tout cela était si nouveau… Depuis l’enterrement de son père, Riza n’avait jamais pensé que cet ami qu’elle côtoyait depuis l’enfance serait celui qu’elle aimerait à ce point, si fort, et qu’ils partageraient de telles choses. Mais elle lui faisait confiance. Ses mains étaient douces, ses gestes prudents. Elle avait confiance en lui. Ils se retrouvèrent assez rapidement nus, tous les deux, mais Riza ne ressentait plus aucune gêne, à présent. Elle était seule avec le Colonel, seule dans cette bulle, tous les soucis étaient envolés. Rien d’autre ne comptait.

Colonel – Je ne veux pas vous faire mal...

Riza leva la main, un sourire aux lèvres, lui caressant le visage. Il n’avait pas à avoir peur. Elle n’avait pas peur et lui faisait confiance. Elle l’embrassa sur les lèvres, désireuse de le lui faire comprendre, de lui montrer, de lui prouver qu’elle n’avait pas peur. Oui, bien sûr, une certaine anxiété commençait à naître en elle mais le Colonel était là. Elle n’aurait pas mal. Pas avec lui.

Riza – Je vous fais confiance... Vous ne me ferez pas mal. Pas vous.

Le Colonel l’embrassa un peu partout sur le corps pendant que ses propres mains se baladaient sur le sien, le caressaient, souhaitant lui rendre le plaisir qu’il lui donnait. Naturellement, elle eut mal lorsqu’il lui prit sa virginité mais Riza essaya d’étouffer le cri, le Colonel l’y aidant en l’embrassant. Elle essaya de le rassurer en voyant le sang. Ce n’était rien, ce n’était que du sang. Elle en avait fait couler tellement… Lui aussi… Ce n’était pas pour un peu de sang. Elle allait bien. Très bien. Cette nuit était magnifique, parfaite, alors il n’avait pas à s’excuser. Elle était aux anges et n’aurait souhaité perdre sa virginité avec personne d’autre. Intérieurement, Riza savait que personne n’aurait pu la rendre aussi heureuse que le Colonel, lui qui la côtoyait et la connaissait depuis des années, lui qui l’avait soutenue et épaulée tout ce temps.

Le lieutenant perdit la notion du temps, profitant seulement, prenant du plaisir, en donnant au Colonel, prenant le temps de l’aimer comme elle ne l’avait jamais fait auparavant. Toutes ces années passées sans rien voir, sans s’en rendre compte… Elle s’endormit dans ses bras, lovée contre lui, se sentant protégée, en sécurité, à l’abri. Malgré leur quotidien et la peur qui l’habitait depuis un moment, ses rêves furent paisibles, la nuit reposante, bien que très courte. Ce fut un sursaut du Colonel qui la réveilla brusquement, après quelques heures, alors que le Soleil les réchauffait de ses rayons. Mmh… ?

Colonel – Je, vous, je...

Là, Riza ne comprenait plus rien. Il lui fallut un moment avant de tout se remémorer. Comment… Pourquoi était-elle… Ah. Oui. La soirée, le bar, le départ en trombe du bar sans même prévenir les autres. Et la nuit… magnifique. Les caresses. La douceur. Les baisers. Elle rougit en repensant aux sensations, toujours un peu dans le gaz, reprenant tout doucement ses esprits. Doucement, tout doucement. Ils devaient éviter de passer des nuits aussi courtes, des larges cernes étaient clairement visibles sous leurs yeux. Dès qu’ils arriveraient au camp, personne n’allait les louper… Toujours dans les bras du Colonel, elle lui fit un mince sourire lorsqu'il dégagea une mèche blonde qui allait devant ses yeux. Non, elle n’avait pas rêvé, tout cela s’était vraiment passé. Ils avaient vraiment… Mais quelle heure était-il ? Le réveil n’avait même pas sonné ?

Colonel – Comment vous sentez-vous ?

Riza – Très bien. Quelle heure est-il ?

Colonel – Heu...

Le Colonel jeta un œil au réveil qui était arrêté. Oups. Ils avaient oublié de le remonter avec toute cette histoire… Une minute. S’ils avaient oublié… Riza sentit sa gorge se serrer tandis que son supérieur cherchait sa montre dans son pantalon, espérant ne pas y lire d’angoisse mais une simple heure. Ou pas. Deux heures. Ils avaient deux heures de retard ! Eux ! Le lieutenant se redressa immédiatement, attrapant les vêtements que le Colonel lui tendait, pressée, s’habillant à la hâte. Ils allaient se faire tuer. Elle ne répondit rien lorsqu’il lui dit de se dépêcher, que la générale Armstrong allait les allumer. Pas de doute là-dessus, ils étaient fichus… Mal coiffés, habillés en… en…

Riza échangea un regard avec le Colonel qui avait dû parvenir au même raisonnement qu’elle. Ils étaient en civil. Leurs uniformes étaient au campement, ils avaient deux heures de retard, lui était Colonel et elle lieutenant, et ils avaient enfreint au moins trois ou quatre règles importantes en se comportant ainsi. Ils étaient morts. Complètement morts. Et leur équipe ! Dès qu’elle fut prête, Riza suivit son supérieur et grimpa dans la voiture avec lui, anxieuse, silencieuse, une boule au ventre. Ils n’allaient pas les louper… Deux officiers arrivant aussi tard, mal habillés et mal coiffés. Non, ils étaient fichus.

Prédiction qui se révéla de plus en plus juste lorsqu’ils arrivèrent au camp. La générale Armstrong et… son… Bon, ne pas perdre ses moyens, pas maintenant. Heureusement, pendant le trajet, Riza avait attaché ses cheveux, ce qui atténuait l’effet « mal coiffée ». Pour le Colonel, en revanche… Comment avaient-ils pu ne pas penser au réveil ?! Ils étaient officiers ! Officiers ! Arrivant devant les deux généraux qui les attendaient à l’entrée du camp, le lieutenant resta droite, à côté du Colonel, le laissant parler. Inutile d’en rajouter une couche en parlant à sa place.

Colonel – Désolé, nous, heu, bafouilla-t-il. Je... Désolé pour le retard. Nous n'avons pas fait attention à l'heure ce matin, car hier soir, nous nous sommes, hum... Très rapprochés et c'était un peu confus, ce matin.

Très rapprochés… Riza eut le plus grand mal à ne pas détourner le regard, le baisser pour ne pas soutenir celui de son grand-père. Elle savait qu’elle était rouge, autant à cause de ce que venait de dire le Colonel qu’à cause de la situation.

Colonel – Je vous garantis que ça ne se reproduira plus.

Ce qui devait arriver arriva… La générale Armstrong commença à les engueuler, de même que le général Grumman qui ajouta, en plus, qu’elle lui faisait honte. Riza sentit un poids lui tomber dans l’estomac, ouvrant la bouche pour dire quelque chose mais se ravisant lorsqu’elle vit le… Le… Non. Non, non, non. Mais ils étaient seulement en retard ! Pourquoi venait-il ? Pourquoi pour ça ? Que voulait-il au Colonel, à la fin ?! Le lieutenant lança un bref regard à son supérieur, de plus en plus inquiète parce qu’ils n’avaient pas cherché ce qu’il avait fait et pourquoi Bradley l’avait fait surveiller.

Président – Deux heures de retard. Une tenue civile. Un profond manque de respect envers vos supérieurs hiérarchiques par ce genre de comportement. Abandon de votre poste ce matin. Qu'avez-vous à répondre ?

Rien… Ils ne pouvaient rien répondre. Riza resta au garde à vous, ne prit même pas le risque d’échanger un regard avec le Colonel de peur de manquer de respect une nouvelle fois. Ils n’avaient pas fait exprès ! Tout s’était passé très vite, ils avaient agi selon leur instinct, selon leurs sentiments, selon… Mais non. Ne rien dire. Ils étaient en faute et ils le savaient, tous les deux, alors mieux vaut faire profil bas et ne pas se faire remarquer plus que nécessaire. Honteuse, Riza resta silencieuse et attendit la suite, le verdict, terrorisée. Qu’allait-il faire au Colonel ?

Comme pour confirmer ses peurs, Bradley ordonna à ses hommes d’envoyer son supérieur dans les quartiers disciplinaires et de la conduire dans son bureau. Son bureau… Mais non ! Le Colonel ! Pourquoi commençaient-ils par elle ? Et lui ? Qu’allaient-ils lui faire ? Pourquoi les séparer ? Ils étaient autant coupables l’un que l’autre ! Riza lança un regard inquiet au Colonel, inquiète pour lui, pas pour elle. Elle voulut également le rassurer en lui faisant comprendre qu’il n’avait pas à s’inquiéter pour elle, que tout irait bien. Le plus important, là, c’était lui !

Suivant sagement le chemin, Riza fut emmenée dans le bureau du Président, regardant droit devant elle. Qu’allait-il faire au Colonel ? Pourquoi ne pas les voir tous les deux en même temps ? Comme s’ils pouvaient se couvrir sans même se parler ! Nerveuse, le lieutenant patienta sur la chaise du bureau, droite, sans bouger, mais guère longtemps car Bradley arriva relativement vite. Quelques secondes, en fait, le temps d’entrer lui-même dans le bureau, mais tout semblait tirer en longueur. Qu’allait-il faire ? Il regarda par la fenêtre, sans avoir rien dit dans un premier temps, puis se tourna vers elle. Ne pas baisser le regard, ne pas manquer de respect, répondre immédiatement.

Président – Selon vous, comment doit-on punir ce genre de comportement, lieutenant ?

Il… Il lui demandait de choisir ? Mais c’était… Malgré elle, Riza ne put s’empêcher d’écarquiller brièvement les yeux, sous le coup de la surprise. Ne pas répondre mal, ne pas poser de question. Il était évident que c’était à lui de choisir, mais le dire d’une mauvaise manière risquait d’attiser sa colère. Les mains sur les genoux, la tête droite, Riza regardait le Président et se reprit assez vite pour lui répondre.

Riza – Je l'ignore, Votre Excellence, c'est à vous de décider de la sanction qui convient à ce genre de comportement.

Président – Vous donner du temps pour réfléchir à votre comportement ne sera pas négligeable, dit-il en se tournant à nouveau vers la fenêtre. Cette armée ne saurait pas tolérer des éléments subversifs en son sein.

Eléments subversifs… Il n’allait pas… Qu’entendait-il par là ? Il ne pouvait pas la renvoyer définitivement pour cela, n’est-ce pas ? Qui veillerait sur le Colonel, et elle, que ferait-elle ? Riza avait consacré toute sa vie à l’armée, elle avait combattu dans la guerre contre Ishbal, elle avait tout fait correctement, n’avait jamais fait d’erreurs vis-à-vis de l’armée. Il ne pouvait pas tout lui retirer comme cela, pour un retard de deux heures. Elle savait qu’elle serait incapable de reprendre une vie normale. Et le Colonel… Non. Non, du calme, il n’avait rien dit, rien confirmé, rien expliqué clairement. Le Président regardait toujours par la fenêtre et n’ajoutait rien, ce qui ne l’aidait pas à se calmer et à garder son sang-froid. Du calme. Ne pas se trahir et rester droite.

Président – Vous continuerez à effectuer votre service de façon ordinaire, mais votre temps libre sera occupé par diverses corvées. Vous passerez la nuit en cellule.

Riza – Bien, Votre Excellence, dit-elle après avoir hoché la tête.

Cette « sentence » l’avait rassurée à un tel point qu’elle avait répondu assez rapidement, sans être grossière pour autant. Elle restait dans l’armée et n’allait pas être enfermée ni être mise à l’isolement, elle continuerait à travailler et pourrait continuer ses recherches sur ce tueur d’alchimistes. Etant donné la situation, Riza s’estimait heureuse d’avoir cette sanction, et non une mesure plus importante. Elle avait l’impression de respirer un peu mieux, même si elle n’était pas encore sortie du bureau. Le pire était passé, tout allait bien, ou mieux que prévu en tout cas. Elle ne savait pas combien de temps allait durer cette sanction, mais peu importe, elle supporterait. Un peu de fatigue n’allait pas la tuer.

Président – Pourquoi ce comportement étrange, hier soir ? Aviez-vous donc peur que mes subordonnés n'agressent votre bien-aimé ?

… Ou pas. Comment pouvait-il être au courant ?! Personne ne les avait vus ! D’accord, ils avaient quitté le bar un peu précipitamment, mais… Pourquoi « bien-aimé » ? Il avait entendu ce que le Colonel avait dit ? Mais non. Non, il n’aurait pas pu, il n’était pas là, Riza en était sûre. Mais ses subordonnés étaient au bar… Ils les avaient vus danser et lui avaient sans doute tout raconté. Se sentir ainsi espionnée par le Président n’avait rien de rassurant, loin de là. Au moins, ils ne les avaient pas suivis et n’avaient rien vu. Normalement. Non, ils n’avaient rien vu, seulement ce qui s’était passé au bar, rien d’autre.

Riza essaya de se reprendre, de ne pas montrer son état de choc, mais autant dire que c’était impossible. Se retrouver à parler de cela avec lui… Bon, du calme. Après tout, lui dire clairement ce qu’ils avaient craint ne pouvait pas les enfoncer. Ni elle, ni lui. N’est-ce pas ? Il fallait qu’elle insiste sur le fait que c’était elle qui avait poussé le Colonel à sortir et que lui voulait simplement demander ce qui se passait. Sans cela, la soirée se serait peut-être déroulée normalement sans… tout le reste. Rassemblant ses idées, formulant sa phrase mentalement après un moment, Riza se reprit pour répondre normalement et poliment.

Riza – Nous pensions qu’il avait fait quelque chose de grave et nous voulions savoir ce que c’était avant de revenir au camp pour ne pas être pris au dépourvu.

Jusque-là, elle ne manquait pas de respect. C’était une réponse neutre, Riza ne disait que la vérité et rien d’autre. C’était effectivement leur but, ils voulaient en savoir plus et ne pas revenir aux manœuvres, le lendemain, pour être arrêtés sans savoir ce qui s’était passé et la raison de cette arrestation.

Riza – C’est moi qui ai poussé le Colonel à sortir, lui voulait demander à vos subordonnés pourquoi ils le surveillaient mais j’ai jugé plus prudent de rentrer pour réfléchir à tout cela à tête reposée. Seulement, nous n’avons pas pu… Nous n’avons pas pris le temps de le faire et nous sommes toujours dans le flou à ce sujet.


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King Bradley

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Sam 30 Mai 2015 - 14:02

Il se tourna à nouveau vers la fenêtre, les mains dans le dos, observant la cour en silence et les manœuvres qui s'y déroulaient. Les humains avaient souvent des réactions étranges qu'il avait du mal à comprendre... Oh, bien sûr, il avait été humain, autrefois. Lui aussi avait dû souffrir de tous ces sentiments contraires, éprouver de la joie et de la peur, de l'impatience, du désir. Aujourd'hui, seule la colère lui restait. Il était cela, il était la Colère personnifiée. Les autres sentiments n'avaient guère plus de valeur à ses yeux, il ne savait plus ce qu'ils étaient. Plus de compassion, plus de peur, plus de désespoir. Les centaines d'âmes qui hurlaient en lui avaient toutes leurs voix propres, lui rappelant parfois qu'il ne pouvait plus comprendre la nature humaine. Il était fier d'être un homonculus, mais satisfait tout de même de côtoyer des humains et ainsi se souvenir, un peu, de tout cela. Il comprenait l'amour. Son épouse était la seule humaine à qui il ne voulait pas de mal. Si elle mourrait, il ne pleurera pas, mais il ne cherchera pas à la faire souffrir malgré tout. C'était ainsi que ce monde fonctionnait. Ce pays avait une fonction propre. La vie, la mort, l'humanité, voilà des notions superflues et inutiles en cette contrée. Ce pays n'avait qu'un seul but et les agitations de ses habitants n'avaient aucun sens.

– Nous pensions qu’il avait fait quelque chose de grave et nous voulions savoir ce que c’était avant de revenir au camp pour ne pas être pris au dépourvu.

Il retint un sourire, les yeux fermés. Cette femme serait effectivement un moyen de pression très utile. S'en prendre aux proches est le meilleur moyen de calmer une personne trop agitée. La prise d'otage est une façon simple, rapide et efficace de faire comprendre à sa proie qu'elle ne peut que la fermer et obéir. Enfin, cela dépendait des personnes... Avec certaines, il fallait trouver encore autre chose. Comme les soldats du Nord, Bradley savait très bien qu'ils accepteront sans hésiter d'abandonner leur chef pour accomplir leur mission si elle le leur ordonnait. Ils obéiront sans hésiter si elle leur imposait de la laisser derrière et de continuer, quoi qu'il puisse arriver. Voilà bien un autre trait de caractère très humain qui agaçait ses frères, leur capacité à toujours évoluer. Mais ils étaient si prévisibles. Manipuler cette race était si facile, si aisé, à un point qui l'avait toujours beaucoup étonné.

– C’est moi qui ai poussé le Colonel à sortir, lui voulait demander à vos subordonnés pourquoi ils le surveillaient mais j’ai jugé plus prudent de rentrer pour réfléchir à tout cela à tête reposée. Seulement, nous n’avons pas pu… Nous n’avons pas pris le temps de le faire et nous sommes toujours dans le flou à ce sujet.

– Vous auriez dû l'écouter, dit-il d'une voix très posée. Vous auriez dû suivre ce qu'il disait. Au lieu de cela, vous vous êtes juste attiré des ennuis, tous les deux, et de la façon la plus ridicule qui soit en ce monde. Avez-vous donc intégré l'armée sans avoir la moindre notion de discipline ? Je trouve cela ridicule et risible.

Il soupira légèrement, toujours dos à elle. Idiote ou non, elle restait un outil utile, il ne pouvait pas se débarrasser d'elle. Du moins, pas tout de suite. Elle allait encore servir un moment, selon leurs plans, jusqu'au jour où ils pourront la jeter pour de bon et l'oublier. En un sens, les candidats désignés pour le sacrifice avaient une certaine "chance". Père allait s'assurer qu'ils vivent jusqu'au moment voulu, ils étaient précieux pour eux. Le reste de la population, en revanche, n'avait aucun intérêt à leurs yeux. Ils étaient de la chair à canon malléable et inutile.

– Un officier ne peut se permettre ce genre d'erreur grossière, lieutenant Hawkeye, dit-il d'un ton plus dur. Vous venez de montrer une fois de plus que les femmes sont incapables d'assumer de grandes responsabilités, à quelques exceptions près. Vous vous laissez trop guider par vos émotions au lieu de réfléchir calmement, la tête froide. Comment espérer mener une armée à la victoire en faisant cela ? Comment pouvez-vous espérer accomplir votre devoir en ne sachant pas réfléchir ?

Une femme trop émotive, oui, doublée d'une idiote. Quelle tristesse d'avoir cela au sein de l'armée. Si elle n'avait pas autant servi durant la guerre contre Ishbal, il la ferait radier de leurs rangs dès la fin de journée. Elle marchait sur un fil tendu, le moindre faux pas pourrait la faire basculer.

– En sortant d'ici, vous vous rendrez chez le docteur du camp, lieutenant. Afin de savoir si vous êtes enceinte.

Il se tourna vers elle, le regard parfaitement impassible.

– Dehors, à présent. Vous devrez avoir passé un examen médical avant ce midi.

Il attendit qu'elle sorte puis que ses subordonnés lui amènent ensuite Mustang, qu'ils firent asseoir à la même place. Ce jeune imbécile ignorait totalement dans quel pétrin il venait de se fourrer. Pourquoi ne parvenait-il pas à comprendre ? Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas rester tranquille ? Il le dévisagea un moment, se demandant comment l'amener à effectuer de son plein gré une transmutation humaine ?

– Les Alchimistes d'Etat doivent suivre trois règles, Colonel Mustang, dit-il en s'approchant de lui. L'une d'elle est "Obéir à l'armée", cela vous dit-il quelque chose ? En tant qu'officier, vous avez d'autant plus des devoirs et des responsabilités. En ce moment, nous avons dans le pays un tueur en liberté et je me souviens avoir fait circuler l'ordre, à tous les Alchimistes d'Etat, de rester dans les casernes ou camps de leurs affectations, le temps qu'on en sache un peu plus. Un ordre que vous vous amusez à fouler au pied, en ce moment, alors même que vous êtes une des cibles privilégiées. On sait qui vous êtes, depuis Ishbal.

Devoir protéger quelqu'un qui n'avait aucune notion du danger était lassant. Il devait comprendre que le tueur lui tombera dessus très vite, tout comme il avait déjà attaqué Gran, Comanche et d'autres alchimistes reconnus qui avaient faits leurs preuves à Ishbal.

– Comment dois-je m'y prendre pour vous faire comprendre que vous devez rester tranquille ? Dois-je vous coller encore plus de surveillants sur le dos ? Ou dois-je vous faire enfermer pour de bon ? S'il faut vous mettre un collier et une laisse pour que vous obéissiez, cela peut se faire, vous mériterez encore plus votre titre de petit chien de l'armée.

Ce jeune lance-flammes était un pur imbécile. Tout comme le gamin alchimiste qui se mettait toujours en danger allègrement, en fonçant tête baissée dans tous les pièges qui se présentaient à lui sans prendre la peine de réfléchir ne serait-ce qu'une demie-seconde par jour. Bradley était bel et bien à deux doigts de l'enfermer une bonne fois pour toute, voire de le jeter au plus profond d'un cachot pieds et poings liés, avec un bandeau sur les yeux et un autre sur la bouche. S'il finissait comme ça pendant un jour ou deux, cela lui servirait peut-être de leçon.

– Vous ne prenez pas ce tueur au sérieux, je suppose ? Tout comme le Général Gran, et nous savons comment il a terminé. Vous êtes l'un des derniers Alchimistes d'Etat à être aussi imprudent, alors ne vous étonnez pas d'être gardé à l'œil. Maintenant, si cela ne suffit pas, nous pouvons toujours prendre des mesures un peu plus radicales. A moins que vous ne soyez enfin décidé à vous calmer ?


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Sam 30 Mai 2015 - 22:33

Ne rien dire, juste suivre... Il se laissa mettre les bras dans le dos sans opposer la moindre résistance, marchant à travers le camp pour rejoindre les quartiers d'isolement. Le Président allait parler à sa subordonnée puis à lui... L'anxiété lui tordait le ventre, d'autant plus qu'il ignorait pourquoi le führer lui avait ainsi collé des surveillants sur le dos. Il n'avait rien fait de mal ! Et le lieutenant allait s'attirer des ennuis à cause de cela, parce qu'elle avait voulu le protéger, parce qu'il l'avait gardé avec lui hier soir, qu'il n'avait même pas songé à mettre un réveil... Il avait juste suivi son instinct sans même se poser de questions, grossière erreur qui allait leur coûter très cher. Il entra dans la petite pièce, s'asseyant sur le lit. Plus qu'à attendre, à présent... Il joignit les mains, perturbé, fermant les yeux pour retrouver ses esprits. La nuit qu'ils avaient passé apparaissait comme un rêve, à la lueur du jour, il ne parvenait pas à réaliser que tout était réel. Et pourtant.

Il n'avait jamais regardé comme une "femme", elle avait d'abord été une amie, puis une collègue de souffrance au sein de la guerre, avant de devenir son assistante personnelle. Jamais il ne s'était vraiment demandé pourquoi il tenait à travailler avec elle et être près d'elle, pourquoi il était heureux lorsqu'il pouvait passer du temps avec elle, pourquoi sa plus grande crainte avait toujours été de la retrouver blessée ou pire. Il redressa la tête en soupirant, serrant les dents. Il devra discuter de toute cela à tête reposée avec elle, plus tard. Prendre le temps d'en parler, juste tous les deux, sans personne aux alentours. En attendant, il avait un souci un tantinet plus urgent que ses sentiments pour sa subordonnée. La discipline était très stricte dans l'armée, et en tant qu'officiers, il se devaient d'avoir un comportement irréprochable. Plus la personne était gradée, plus les conséquences étaient lourdes. Il savait que les prochaines heures allaient être rudes.

Il attendit un bon moment avant qu'on ne revienne le chercher, pour le conduire jusqu'au bureau du président. Il s'assit sur la chaise qu'on lui désigna, silencieux, après avoir salué. Bradley ne dit rien sur le moment, se contentant de le dévisager, ce qui avait le don de vous mettre mal à l'aise. Le fait était que Roy était toujours en civil, décoiffé, ce qui aggravait le manque de respect. On ne se présentait pas à son supérieur ainsi, mais il n'aurait pas pu aller se changer avant d'être arrêté. Il se contenta donc de la boucler et de rester droit, attendant de savoir pourquoi il était ainsi surveillé. Il avait beau réfléchir, la raison lui échappait. Il n'avait commis aucun acte grave ! Et s'ils savaient pour Sarah, Roy n'aurait pas passé la nuit dans les bras du lieutenant mais dans une prison militaire, en attendant son jugement pour trahison.

– Les Alchimistes d'Etat doivent suivre trois règles, Colonel Mustang, dit-il en s'approchant de lui. L'une d'elle est "Obéir à l'armée", cela vous dit-il quelque chose ? En tant qu'officier, vous avez d'autant plus des devoirs et des responsabilités. En ce moment, nous avons dans le pays un tueur en liberté et je me souviens avoir fait circuler l'ordre, à tous les Alchimistes d'Etat, de rester dans les casernes ou camps de leurs affectations, le temps qu'on en sache un peu plus. Un ordre que vous vous amusez à fouler au pied, en ce moment, alors même que vous êtes une des cibles privilégiées. On sait qui vous êtes, depuis Ishbal.

Mais il ne... Il l'avait fait surveiller ainsi à cause du tueur qui courait toujours ? Il n'avait pas voulu désobéir ni quoi que ce soit ! Personne ne lui avait interdit de sortir le soir, après tout, d'autant plus qu'il était resté à East City. Il n'avait jamais voulu se montrer... Il se redressa, pris de court, s'en voulant de ne même pas avoir songé à cette possibilité. Il savait ce qu'il risquait ! Cet homme, ou cette femme, avait tout de même assassiné le général Gran... Rien que cela prouvait le danger. Il savait aussi qu'il était l'n des alchimistes d'état les plus connus depuis la guerre contre Ishbal. Il n'avait jamais voulu se révolter contre les ordres... Ça non, il respectait l'ordre militaire de ce pays, il savait que la menace était réelle. Le président lui avait mis tant de personnes sur le dos pour que dissuader le tueur mystérieux d'attaquer ? Roy ne s'était tout de même pas fait remarquer en allant dans un bar ! Il n'avait rien fait, il n'avait provoqué personne, il n'avait même pas utilisé l'alchimie.

– Comment dois-je m'y prendre pour vous faire comprendre que vous devez rester tranquille ? Dois-je vous coller encore plus de surveillants sur le dos ? Ou dois-je vous faire enfermer pour de bon ? S'il faut vous mettre un collier et une laisse pour que vous obéissiez, cela peut se faire, vous mériterez encore plus votre titre de petit chien de l'armée.

Roy rougit, serrant les poings sur ses genoux, tête baissée. Un petit chien de l'armée en laisse... Merci, il n'avait pas besoin qu'on vienne lui rappeler ce que signifiait être Alchimiste d'Etat, il le savait très bien. Ni besoin de l'humilier comme ça. Il avait fait une erreur, soit, mais ce n'était pas une raison pour l'enfoncer plus bas que terre en étant aussi méprisant. Mais la fermer, surtout, la fermer. Il n'avait pas besoin d'en rajouter une couche dans ce genre de situations, il avait déjà bien assez d'ennuis. Il détestait l'idée d'avoir des hommes sur lui pour le surveiller, l'espionner même, mais il n'était pas en position de protester.

– Vous ne prenez pas ce tueur au sérieux, je suppose ? Tout comme le Général Gran, et nous savons comment il a terminé. Vous êtes l'un des derniers Alchimistes d'Etat à être aussi imprudent, alors ne vous étonnez pas d'être gardé à l'œil. Maintenant, si cela ne suffit pas, nous pouvons toujours prendre des mesures un peu plus radicales. A moins que vous ne soyez enfin décidé à vous calmer ?

– Je prend ce tueur au sérieux, votre Excellence, même si je ne parais pas. Je n'ai rien fait pour me faire remarquer, je n'essaye pas de l'attirer ni d'être imprudent.

Il en donnait peut-être l'air mais ce n'était pas le cas. Il savait être prudent lorsque la situation l'exigeait, il savait faire attention et veiller à ce qu'il n'arrive rien de grave. Et il s'était rien passé de grave hier soir ! Ils n'avaient pas traîné dans les rues ni ne s'étaient baladés dehors en pleine nuit. Il aurait mieux fait de ne pas céder au lieutenant et d'aller tout de même demander ce qu'on lui voulait, finalement.

– Mon but n'est pas de vous donner des raisons de vous méfier, Président. Je n'ai aucune intention de me rebeller contre l'armée.

– Heureux de vous l'entendre dire, j'étais justement en train de chercher un moyen pour vous renvoyer à la niche.

Il allait... Bon. Ne pas s'énerver. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer, il avait déjà entendu toutes ces façons de vous rabaisser et de vous insulter, après tout. Il ne répondit pas, tressaillant juste lorsque le Président s'arrêta juste à côté de lui. Il ne releva pas la tête, continuant à regarder droit devant lui sans bouger. Mieux valait qu'il se taise, même s'il pressentait que la suite n'allait pas lui plaire.

– Pourquoi un tel retard ce matin ?

Il devait le savoir... S'il les avait fait espionner, il savait tout, il n'avait pas besoin de lui poser la question ! Il voulait juste l'humilier un peu plus... Ce qui était certain, c'est que Roy ne refera plus jamais ce genre d'erreur.

– Nous avions oublié de mettre le réveil avant de nous endormir,votre Excellence. La nuit ayant été courte, nous ne nous sommes pas réveillé à temps. Mais cela ne se reproduira plus jamais, vous avez notre parole.

– Je me doute que la nuit ait été courte, mais vous devriez savoir aujourd'hui si votre bien-aimée est enceinte ou non, je l'ai envoyé faire un test médical.

Il l'avait env... Roy se figea un peu plus, le cœur au bord des lèvres. Mais il n'avait pas le droit de faire ça, ils 'agissait de leur vie privée ! Il redressa la tête pour regarder le Président droit dans les yeux, les poings serrés, furieux.

– Sauf votre respect, Votre Excellence, cela concerne uniquement notre vie privée, vous n'avez pas à imposer ce genre de chose au lieutenant Hawkeye ! Pour qui vous prenez-vous ?!


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King Bradley

Fhürer

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MessageSujet: Re: Rendez-vous du soir   Mar 9 Juin 2015 - 12:23

– Je prends ce tueur au sérieux, votre Excellence, même si je ne parais pas. Je n'ai rien fait pour me faire remarquer, je n'essaye pas de l'attirer ni d'être imprudent.

C’est bien ce que voulait Bradley, qu’il es fourre dans le crâne qu’il devait rester prudent ! Ils avaient déjà bien assez de mal à trouver des candidats pour le sacrifice, alors si ces derniers se comportaient bêtement et se mettaient sans cesse en danger… Bien entendu, ce gamin n’était pas encore un candidat officiel, mais il accomplir une transmutation humaine, de gré ou de force, tôt ou tard. Il en avait les capacités, il pouvait s’en sortir vivant et c’était tout ce qui leur fallait. Il était déjà très heureux que le gamin avec son automail soit déjà un candidat déclaré, et mieux, qu’il soit sous la coupe de l’armée. Restait à savoir si son petit frère avait vu lui aussi la vérité ou non… Il utilisait toujours des cercles alchimiques, ce qui laissait croire que non. C’était pourtant très étrange, il avait perdu son corps entier donc il devrait avoir ouvert la porte. Père ne comprenait pas non plus pourquoi le jeune Alphonse n’avait pas pu ouvrir la porte. Avec lui, cela ferait deux candidats certains, ce serait une très grosse avancée. Trois candidats, en comptant le Colonel. Plus que deux autres à trouver.

– Mon but n'est pas de vous donner des raisons de vous méfier, Président. Je n'ai aucune intention de me rebeller contre l'armée.

– Heureux de vous l'entendre dire, j'étais justement en train de chercher un moyen pour vous renvoyer à la niche.

Bradley se retourna puis s’avança vers lui, s’arrêtant près de la chaise en le regardant. Son équipe était son plus gros point faible… Sa précieuse assistante, surtout. Il tenait à elle depuis longtemps et le fait qu’ils aient enfin ouvert les yeux sur cet état de fait allait beaucoup aider Père et ses enfants. Cette femme aurait dû s’attacher à une autre personne, c’était vraiment dommage pour elle. Aimer un Alchimiste d’Etat vous exposait à bien des choses désagréables mais on pouvait la féliciter, elle avait choisi le gros lot en aimant un homme non seulement à la botte de l’armée mais qui était un plus un futur sacrifié. Il savait bien les ambitions de ce jeune homme, il ne quittera pas l’armée. Dommage pour lui, il s’était fait remarquer lors de la guerre dans l’Est.

– Pourquoi un tel retard ce matin ?

– Nous avions oublié de mettre le réveil avant de nous endormir, votre Excellence. La nuit ayant été courte, nous ne nous sommes pas réveillés à temps. Mais cela ne se reproduira plus jamais, vous avez notre parole.

Les humains perdaient facilement leur concentration, un trait de caractère qui avait toujours beaucoup amusé Envy. Bradley pinça les lèvres, bien droit dans son uniforme. Il était celui qui côtoyait le plus cette race, de tous ses frères et sœur. Peut-être celui qui les comprenait le mieux. Peut-être car il avait lui-même été humain ? C’était possible, même s’il doutait que cette part de lui soit encore en vie aujourd’hui. Il n’était né que dans un seul but, il n’avait vécu que dans un seul but. Et eux, membres de cette race fragile, ignoraient tout de ce qui les attendait. Ils aimaient et haïssaient sans regarder au loin, sans comprendre ni savoir.

– Je me doute que la nuit ait été courte, mais vous devriez savoir aujourd'hui si votre bien-aimée est enceinte ou non, je l'ai envoyé faire un test médical.

Il releva aussitôt la tête en serrant les poings, visiblement furieux. Cela confirma à Bradley qu’il tenait réellement à cette femme, sans doute assez pour tenter de la ramener à la vie s’il lui arrivait un malheur. Si elle était enceinte, ce sera bon également, cela leur fournira un otage de plus pour obliger cet homme à plier. Quoi de mieux qu’une femme et un enfant ?

– Sauf votre respect, Votre Excellence, cela concerne uniquement notre vie privée, vous n'avez pas à imposer ce genre de chose au lieutenant Hawkeye ! Pour qui vous prenez-vous ?!

– Changez de ton si vous ne voulez pas finir au trou, répliqua-t-il d’un ton dur. Manquer de respect à un supérieur n’est pas la meilleure chose à faire, dans votre situation, ai-je vraiment besoin de vous le rappeler ?

Il lui jeta un long regard puis se détourna à nouveau, retournant regarder le camp agité à la fenêtre, les manœuvres qui se déroulaient en bon ordre. Parfois, la discipline militaire était dure à suivre mais il réagissait bien, le lieutenant sera un élément utile. Il sourit en regardant les manœuvres, très satisfait de voir comment les choses se développaient de ce côté.

– Avant et après votre service normal, durant une semaine, vous serez tenu en prison, en isolement. Cela vous laissera le temps de réfléchir à votre comportement et surtout à votre manque de respect envers votre hiérarchie. Vous pouvez sortir, à présent.


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