Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Madame la générale

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MessageSujet: Madame la générale   Mar 19 Mai 2015 - 23:39

Que c'était agaçant... Ces humains étaient vraiment agaçants... Pourquoi ne ressemblaient-ils pas autant aux autres idiots des divisions Est, Ouest et ainsi de suite ? Selim fronça les sourcils en les regardant, dissimulé derrière une tente. Il en avait assez, plus le temps passait, et plus ils perdaient des opportunités ! Il fallait une personne gagnée à leur cause à la forteresse de Briggs, un pion qui obéira à leurs ordres, qui contribuera à monter leur grand projet. Ils ne pouvaient pas écarter cette femme comme ça, pas avec le lien qu'elle avait tissé avec ses hommes. Ils ne pouvaient pas la tuer, ni la faire partir au loin pour la remplacer par un de leurs généraux. Ils ne pouvaient pas la corrompre non plus si facilement que les autres abrutis de Central. Alors comment faire... Comment se débrouiller. Il l'observa de loin, détaillant le moindre ses gestes, son comportement. Il fallait la menacer, lui faire du chantage, lui mettre la pression, la manipuler. Facile à dire, mais il devrait pouvoir y arriver... Il pouvait tenter la manipulation en se servant de ses subordonnés, se servir de son envie de servir son pays.

– Très bien, marmonna-t-il en baissant la tête, fermant les yeux, alors que ses ombres glissaient et se mouvaient au sol autour de ses pieds.

Il comptait agir cette nuit. Il savait où elle sera, à quelle heure, à quel endroit. Il ne lui restera plus qu'à la coincer et jouer son va-tout. Si ça ne fonctionnait pas, tant pis, ils testeront autre chose. Il fallait trouver un moyen de la neutraliser, d'une façon ou d'une autre, avant qu'elle ne devienne un handicap encore plus lourd. Il recula puis disparut dans les ombres, les yeux luisants dans l'obscurité, ressemblant encore moins à un enfant que jamais. On allait jouer, à présent, madame la générale. Il savait qu'elle n'aura pas peur de lui mais rien ne l'empêchait de tout donner. Il n'avait plus qu'à attendre une heure propice, tard le soir, où la lune saura lui donner la lumière dont il avait besoin pour faire naître ses ombres, ses ombres immenses aux yeux brillants et aux dents tranchantes. Une lumière pâle et froide comme celle des étoiles sera parfaite, il avait hâte d'être à ce soir. En attendant, il ne sera qu'un enfant, le charmant petit garçon très souriant adopté par le chef de ce pays. Patience.

Le soir venu, il rentra au QG Est, où dormait les officiers de l'armée du Nord. Tout était redevenu très calme, à cette heure. Plus personne ne traînait dans les couloirs, à part quelques retardataires qui couraient rejoindre leurs dortoirs pour profiter d'un peu de temps libre, pour lire ou s'amuser. Selim ou plutôt Pride, s'arrêta au détour d'un couloir, entouré par des ombres noires qui se mouvaient lentement. Il se remit en marche, petit monstre se baladant au milieu de dizaines d'humains qui ignoraient tout de sa présence. Il croisa Wrath, qui regagnait ses propres quartiers. Ils n'échangèrent qu'un regard avant qu'il ne poursuivre sa route. Il arriva vers les salles d'archives, où la femme du Nord travaillait. Il se glissa à l'intérieur, la voyant ranger. La lune était la seule source de lumière, la lampe de la salle venant d'être éteinte. Il se cacha entre les rayonnages, ses ombres semblant glisser de son corps, tendant leurs mains vers la générale.

– Vous travaillez bien tard, dit-il de sa voix d'homonculus, sa voix naturelle. Comment espérer être en pleine forme demain ?

Il sourit en faisant remonter les ombres et les mains noires autour de ses chevilles, ses jambes, sa taille, sa poitrine, ses bras puis son cou. Il accentua la pression pour l'enserrer et l'empêcher de faire le moindre geste, l'empêcher de se dégager, puis fit serrer sèchement trois liens noirs autour de son cou avant de serrer. Il n'en fit pas assez pour l'étrangler pour de bon mais assez fort pour lui couper le souffle et l'empêcher de crier. Il se méfiait d'elle, l'ayant déjà vu se battre. Il la força à écarter légèrement ses bras pour ne pas qu'elle essaye de saisir son épée ou son arme. Bien. Il resta dissimulé, elle ne devait pas le voir. Il la força à s'agenouiller au sol, lentement, l'enserrant un peu plus pour la contraindre à ne pas bouger. Elle ne serait sans doute pas impressionnée mais elle devait comprendre qu'il était en position de force. Il serra encore plus son cou, la regardant de loin.

– Les véritables dangers qui menacent ce pays ne sont pas extérieurs, murmura-t-il. Vous, comme les autres généraux, vous êtes des gênes..

Il relâcha un tantinet la pression avant qu'elle ne s'évanouisse sous le manque d'air, redressant la tête. Bien... Il y allait à tâtons, ignorant ce qui la fera vraiment fléchir. Ils devaient faire quelque chose, de toute façon, essayer tous les moyens possibles. Les liens noirs se déplacèrent en se resserrant encore un peu plus, sur tout son corps, laissant des marques rouges sur les poignets, le cou. Il la laissa respirer plus librement, sentant qu'elle était au bord de l’asphyxie.

– Vous feriez mieux de quitter Briggs, lâcha-t-il avec un petit sourire et un regard en biais. Je dis ça pour vous. Vous ne faites pas le poids, contre nous, tout le pays sera un jour sous notre coupe. Comment espérez-vous défendre le Nord et Briggs seule ? C'est peine perdue.

Elle reprit son souffle en toussant, tandis qu'il l'observait, sourcils froncés. Alors ? Il était curieux de voir sa réaction, se demandant si elle allait enfin montrer quelques signes de peur. Ou au moins un signe prouvant qu'elle était prête à écouter la voie de la raison.

– Je ne suis pas seule, mes hommes sont avec moi, sale monstre...

...

Elle venait de l'insulter alors qu'il était en position de force, qu'il la tenait au sol, ligotée comme jamais, qu'elle pouvait mourir étouffée à n'importe quel moment et que personne ne pouvait l'aider ? Il y avait vraiment des humains complètement... Non, là, il ne trouvait même plus le mot ! Il serra les poings, agacé, resserrant violemment les liens sur elle en l'écrasant allongée par terre tout du long, serrant son cou. Il se retint de la tuer, profondément agacé. Ce n'était quand même pas possible ! Bon, ne pas s'exaspérer, il devait juste continuer. Il enleva une partie des liens qui l'étouffaient, la plaquant au sol. Avoir confiance en ses hommes au point de braver la mort sans hésiter, c'était comme cela que les officiers de Briggs fonctionnaient ? Ils étaient tous tarés.

– Vous pensez faire le poids contre des monstres ? siffla-t-il.

– Et vous, vous ne pensez pas pouvoir faire le poids contre une femme ? Venez vous battre en face !

Il ouvrit de très grands yeux, prit de court, la bouche entrouverte. Elle était... Non mais cette femme était une vraie psychopathe, encore pire que Lust et Envy réunis ! Pas étonnant que Bradley veuille la recruter, ça ne l'étonnait plus d'un seul coup. Il s'approcha de quelques pas, toujours caché dans la nuit et les ombres. En fait, elle était comme Bradley, avant qu'on ne lui injecte la pierre philosophale. Il faudra parler de son cas avec Père... Il s'appuya contre un rayonnage, les bras croisés, en secouant la tête. Hallucinant. Il n'avait vraiment pas le droit de la tuer ... ? Tss. Une main noire vint flotter sous son nez puis traça lentement une entaille sur son cou, faisant couler le sang.

– Je ne comprendrais jamais les humains, dit-il d'une voix blasée.

Il fit un signe pour que la main noire aille ensuite se glisser sur son visage, traçant une estafilade sur sa joue, comme faite avec la lame d'un couteau. Il faisait cela machinalement, sans même y penser, aimant juste voir le sang couler. Il avait toujours adoré cela, d'aussi loin qu'il se souvienne. Il enroula les ombres noires autour de son bras pour le lui tordre, essayant de lui arracher un cri, lorsque la porte s'ouvrit à la volée, laissant passer un autre type de Briggs avec des lunettes noires. Il retira aussitôt ses ombres, relâchant la jeune femme, dégoûté.

– Pff, soupira-t-il en le voyant se jeter sur elle.

Il lança une plus grosse ombre frapper violemment le type au ventre pour l'envoyer bouler à l'autre bout de la pièce, renversant une table et plusieurs chaises au passage, lui arracha un grognement. Il ramena ensuite l'ombre sur la générale, un sourire aux lèvres.

– Laissez tomber, souffla-t-il en la griffant brutalement à son épaule valide, faisant gicler le sang. Vos hommes ne valent rien. Vous y laisserez la vie.

Il se retira caché par ses ombres, s'enfuyant aussitôt.
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Lust

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MessageSujet: Re: Madame la générale   Mer 20 Mai 2015 - 11:50

Elle avait quasiment terminé pour ce soi, mais ce genre de paperasse était toujours aussi lassante à s’occuper. Miles venait de partir régler d’autres détails pour demain, avec Heinsel. Elle rangea les dossiers, éteignant la lumière, pressée d’en finir. La journée avait été assez longue mais il n’y avait pas eu de gros incident depuis le début des manœuvres, heureusement. Elle bouclait un autre dossier d’archives lorsqu’elle se sentit soudain observée, ayant un mauvais pressentiment. Elle sursauta en voyant soudain des ombres glisser au sol, vers elle, qui sortaient des rayonnages derrière elle.

– Vous travaillez bien tard, dit-il de sa voix d'homonculus, sa voix naturelle. Comment espérer être en pleine forme demain ?

Elle voulut sauter en arrière mais les mains montèrent d’un seul coup sur elle, enserrant d’abord les jambes, puis la taille, remontant jusqu’à son cou. Elle se débattit, perdant le souffle lorsque ces trucs serrèrent son cou. Espèce de… Elle se tendit, tirant pour essayer de libérer, le souffle court, essayant d’attraper son arme à sa ceinture. Ces trucs noirs exerçaient une pression forte, elle ne parvenait pas à attraper de quoi se défendre. D’où sortait ce sale monstre ?! Qu’il vienne se battre en face au lieu de rester caché dans la nuit ! Elle rata la poignée de son épée, folle de rage, luttant pour se libérer. Il la força à se mettre à genoux au sol, tandis qu’elle essayait de se débarrasser de ces mains noires et de se libérer. Quelle technique de sale lâche ! Il n’avait même pas le courage de se battre face à face, ni même de se montrer ?! Il serra encore son cou et elle ouvrit la bouche pour chercher de l’air, révulsée en voyant ces ombres pourvues de main la serrer de toute part. Qu’est-ce que c’était ? Une nouvelle arme ? Et qui la contrôlait ? Il devait y avoir des terroristes cachés dans cette ville, l’armée de l’Est devrait être en garde. Elle avait du mal à respirer, commençant à voir flotter des points noirs devant ses yeux.

– Les véritables dangers qui menacent ce pays ne sont pas extérieurs, murmura-t-il. Vous, comme les autres généraux, vous êtes des gênes…

La pression sur son cou se relâcha un tantinet mais se fit plus forte sur le reste du corps. Elle n’arrivait plus à bouger ni se débattre, rageant de ne pas pouvoir saisir son arme. Donc c’était pour cela que cette ordure l’attaquait ?! Parce qu’il voulait intimider les généraux de ce pays pour les empêcher de se battre ? Il était complètement idiot ou juste incroyablement naïf ?! Il pouvait aller au diable, il était hors de question qu’elle pense seulement à quitter Briggs ! Elle n’oserait plus jamais se regarder en face dans un miroir après ça. Abandonner serait beaucoup trop lâche, elle ne supportera pas ça, jamais. Elle continuera à se battre avec ses hommes jusqu’au bout, jusqu’au moment où son corps la laissera tomber ou jusqu’au moment de sa mort, dans une énième guerre contre Drachma. Ce sale rat rêvait s’il pensait pouvoir la pousser à partir de Briggs. Il crèvera bien avant qu’elle n’abandonne ses hommes !

– Vous feriez mieux de quitter Briggs, lâcha-t-il avec un petit sourire et un regard en biais. Je dis ça pour vous. Vous ne faites pas le poids, contre nous, tout le pays sera un jour sous notre coupe. Comment espérez-vous défendre le Nord et Briggs seule ? C'est peine perdue.

Elle reprit son souffle en toussant lorsqu’il relâcha un peu de la pression sur son cou. Espèce de… Comment pouvait-il vraiment croire aux insanités qu’il racontait ?! Il ne connaissait absolument rien d’eux ! Elle était très loin d’être seule, contrairement à ce qu’il pensait, tous les soldats du Nord étaient derrière elle, tous ceux qu’elle commandait étaient prêts à donner leur vie pour défendre ce pays quoi qu’il arrive. Quel abruti pouvait penser ainsi ?! Ils formaient un tout, une unité indivisible, chacun était essentiel pour le bon fonctionnement de la forteresse et pour la défense de Briggs ! Ils ne faisaient aucune distinction entre l’âge, le grade ou le sexe. Seule comptait la volonté de chacun et ce qu’il faisait pour survivre et se battre. Ce monstre était idiot. Si elle mourrait ici, ses hommes continueront à défendre le fort sans sourciller, ça ne changera rien.

– Je ne suis pas seule, mes hommes sont avec moi, sale monstre...

Elle dû bien l’énerver car il l’écrasa tout à coup par terre en resserrant violemment les liens qui la tenaient. Elle lâcha une expiration, se cognant la tête au sol. Tête qui commença à lui tourner un peu à cause du manque d’air. Elle serra les poings, refusant de lui donner le plaisir de lui montrer qu’il avait fait mal. Ne jamais donner le moindre os à ronger à un ennemi, règle numéro un, car cela ne faisait que les rendre plus dangereux. Elle se tendit encore pour faire sauter ces foutues ombres, se libérer, se débattant comme elle pouvait. S’il croyait qu’elle allait abandonner ou se mettre à pleurer, il en sera pour ses frais, elle serait la honte de tout Briggs si elle se laissait aller ainsi face à un ennemi. La seule façon de réagir face à ce genre de monstre était de trouver un moyen de l’écraser, point final. Elle fit tout pour atteindre son arme mais elle restait hors de portée. La voix était toute proche mais son propriétaire restait obstinément caché. Il avait donc tant peur d’être vu, ce sale type ? Ou était-il juste trop couard pour oser se battre à la loyale ?

– Vous pensez faire le poids contre des monstres ? siffla-t-il.

– Et vous, vous ne pensez pas pouvoir faire le poids contre une femme ? Venez vous battre en face !

Alors, il allait se décider ?! Qu’il ait au moins le courage de montrer son visage ! Une des mains de ces ombres infectes vint tout à glisser devant son visage puis Olivier sentit la griffure sur son cou, puis le sang couler. Le liquide vital et chaud vint tâcher le haut de son uniforme alors que la douleur l’informait sur la taille de l’entaille. Il avait donc décidé de la tuer, après avoir bien joué avec ses nerfs.

– Je ne comprendrais jamais les humains, dit-il d'une voix blasée.

Il lui fit une autre entaille au visage, sur la joue, alors qu’elle avait presque réussi à tendre la main pour saisir son arme. Les ombres vinrent tout à coup s’enrouler sèchement autour de son bras, qui fut tordu. Elle eut un bref hoquet sur le moment, fermant les yeux, juste au moment où la porte de la salle s’ouvrit tout à coup à la volée. Elle rouvrit les yeux, prête à voir surgir un second monstre venu aider le premier, mais ce fut Miles qui entra. Elle allait lui crier de ne pas approcher mais trop tard, il fut violemment frappé au ventre et projeté sur le côté dans des chaises et la table, dans un fracas incroyable, faisant tomber les documents. Merde, Miles ! L’ombre revint tout à coup sur elle, alors qu’elle essayait de voir si son équipier allait bien.

– Laissez tomber, souffla-t-il en la griffant brutalement à son épaule valide, faisant gicler le sang. Vos hommes ne valent rien. Vous y laisserez la vie.

Elle retomba au sol, grognant sous la douleur. Merde. Une sorte de masse noire s’enfuit tout à coup par la porte, avant qu’elle ne puisse tirer. Saleté de monstre ! Elle remit son bras tordu contre elle, l’autre bougeant peu à cause de son épaule entaillée. Tss. Miles s’était relevé et avait couru près d’elle en lui disant de ne pas bouger. Mais c’est bon, elle pouvait se redresser et s’asseoir, ses jambes n’étaient pas brisées. Elle reprit son souffle, jetant un regard vers la porte.

– Il faut retrouver ce truc, dit-elle d’une voix rauque en tenant son bras blessé. Mais qu’est-ce que tu fais ?

Il venait de déchirer du tissu pour faire un bandage rapide à son épaule, serrant pour faire stopper l’écoulement du sang. Mais il n’y avait pas le temps, l’autre monstre fuyait, pendant qu’ils restaient là ! Et elle allait bien, elle avait juste une ou deux entailles et un bras tordu, rien de grave, elle allait s’en tirer vivante. Il lui fallait juste cinq minutes pour se remettre debout, cette ordure ayant exercé une pression assez forte, puis cela ira. Miles serra le bandage, avec un air concentré, puis l’aida à se relever. Elle passa son bras valide autour de son épaule, la sienne recommençant à saigner sous le tissu, puis il mit son autre bras autour de sa taille pour la soutenir. Un tournis la prit mais ils n’allèrent pas très vite et elle pouvait s’appuyer sur lui.

– Trivia est au dortoir, dit Miles en l’aidant à avancer dans le couloir. Qu’est-ce que c’étaient que ces ombres, Générale ?

– Je ne sais pas.

Leurs hommes dormaient dans un des dortoirs du QG le temps des manœuvres. La moitié était encore debout, à lire, travailler ou jouer aux cartes. Leur entrée, très peu discrète, provoqua une vague de panique, puis de colère, lorsque Miles expliqua en quelques mots ce qui s’était passé. Olivier enleva sa veste avec l’aide de Trivia, la laissant examiner ses blessures. C’est en remontant les manches de chemise qu’elle s’aperçut qu’elle avait des estafilades rouges partout, dont certaines saignaient. D’autres avaient produit des hématomes à cause de la pression. Les soldats de Briggs se mirent presque aussitôt en tenue, armés, prêts à partir à la chasse au monstre. Monstre qui devait déjà être loin, à l’heure actuelle. Elle tourna la tête vers Miles, réfléchissant à un plan d’action.

– Sépare tout le monde en plusieurs groupes de recherches, dit-elle d’un ton plus dur. Que quelqu’un aille avertir les officiers du QG, maintenant. Fouillez cet endroit, la ville et les alentours. Restez toujours en groupe et armés, on ne sait pas ce qu’est cette chose.

Elle resta droite le temps que Trivia la soigne au visage puis soupira, agacée de se retrouver dans cet état.

– Tu vas vu ces ombres, miles, veille à bien briefer tout le monde là-dessus. Il faut aussi alerter ceux qui sont de garde au camp cette nuit.


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MessageSujet: Re: Madame la générale   Jeu 21 Mai 2015 - 12:50

Miles s’étira puis donna les dossiers à Buccaneer avant de regarder ce qu’il restait à régler pour le lendemain. Les manœuvres étaient un peu molles, cette année, c’était la chaleur qui assommait les troupes ? Qu’ils se secouent un peu, pourtant, ce n’était pas le moment de s’endormir ! Ils n’étaient pas dans la période la plus sereine de l’année, ces manœuvres ne tombaient pas très bien, mais il fallait faire avec et ne pas se ramollir. La journée avait déjà été très bien remplie, le terrain souffrait un peu mais c’était prévu pour cela. Les hommes se rassemblaient pour se détendre un peu avant de dormir, alors que d’autres étaient déjà couchés, fourrés sous la couette avec l’oreiller par-dessus. Miles jeta un coup d’œil à l’horloge en sortant de la salle. La Générale prenait beaucoup de temps aux archives, c’était curieux, elle n’était pourtant pas du genre à traîner. Peut-être ne trouvait-elle pas ce qu’elle cherchait ? Il fit un détour pour aller lui demander si elle avait besoin d’aide, passant dans les longs couloirs silencieux du QG.

Il arrivait aux archives lorsqu’il sentit tout à coup une présence oppressante, mauvaise, comme si un mal horrible s’était glissé dans le QG à l’insu de tous. Un bruit sourd se fit presque aussitôt entendre. Il sortit son arme en vitesse et courut, ouvrant la porte à la volée. La scène sous ses yeux lui arracha un hoquet de stupeur, sa supérieure hiérarchique était au sol, le visage en sang, ligoté par des sortes d’ombres noires. Générale ! Il courut vers elle, arme chargée, prêt à charger tout ennemi et arracher ces ombres, lorsqu’elles bougèrent d’un seul coup à une vitesse fulgurante. Il fut frappé de plein fouet et alla s’écraser violemment contre des étagères pleines de documents, renversant table et chaises au passage. Il en lâcha son arme, qui tomba hors d’atteinte, alors qu’il était sonné. Merde… Merde, bon sang ! Une voix glaciale et désincarnée s’éleva tout à coup, surgie de nulle part, alors qu’il repoussait ce qui lui était tombé dessus pour se redresser.

– Laissez tomber, souffla-t-il en la griffant brutalement à son épaule valide, faisant gicler le sang. Vos hommes ne valent rien. Vous y laisserez la vie.

Les ombres s’enfuirent avec une silhouette très sombre par la porte, alors que Miles courait vers sa supérieur. Il l’examina rapidement du regard pour évaluer son état général, tout en lui disant de ne pas bouger. Elle avait un bras blessé, une épaule en sang, des estafilades nombreuses et une entaille au cou, sans compter toutes ces marques de lien qui ressortaient sur sa peau très pâle, plus une entaille à la joue. Il déchira du tissu pour faire un bandage de fortune, la priorité étant d’abord de stopper l’écoulement du sang à son épaule. La blessure au cou était déjà moins profonde, ce qui le rassura. Ces marques… Ce monstre avait dû l’enserrer très fort, bien trop fort, il lui falloir quelques jours avant de se remettre complètement. Il retint un juron, s’en voulant de ne pas être arrivé plus tôt, il aurait pu la tirer de là avant qu’elle ne soit autant blessée. Qu’est-ce que c’était que ce monstre ? D’où sortait-il ?!

– Il faut retrouver ce truc, dit-elle d’une voix rauque en tenant son bras blessé. Mais qu’est-ce que tu fais ?

Il fit le bandage sans répondre pour le moment, l’ajustant et le serrant, avec des gestes rendus mécaniques par l’habitude. La guerre vous donnait certains réflexes utiles. Cela tiendra le temps qu’il l’emmène voir Trivia, qui pourra la soigner plus efficacement. Une fois fait, il mit un bras autour de sa taille et lui fit passer le bras autour de ses épaules pour qu’elle s’y accroche. Doucement. Il sentait l’odeur du sang, elle avait recommencé à saigner, malgré le bandage. Il rajusta sa prise pour qu’elle puisse s’appuyer sur lui puis la soutint durant le trajet. Ils ne pouvaient pas aller très vite, pas avec ces blessures. Il ne cessait de se demander ce qu’était cet agresseur, qui il était, où plutôt « quoi ». Ce n’était pas un humain, aucune arme sur cette terre ne pouvait produire ce genre d’ombres ! Et pourquoi avait-il attaqué la générale Armstrong ? Il jeta un regard sur les marques de son cou. Il avait vraiment voulu la tuer ! Quelques minutes de plus et il n’aurait retrouvé que son cadavre. Il n’osait pas imaginer la réaction de leurs troupes après ça. Si elle tombait au champ de bataille, ils lui rendraient hommage dans une belle cérémonie, conscients que c’était la dure loi de la vie. Mais si elle était lâchement assassinée par un monstre d’ombres, ce ne sera que colère et envie de vengeance. Personne ne pouvait s’en prendre ainsi impunément à l’un des leurs d’une façon aussi lâche.

– Trivia est au dortoir. Qu’est-ce que c’étaient que ces ombres, Générale ?

– Je ne sais pas.

Il poussa la porte du dortoir du pied, y faisant entrer sa supérieure hiérarchique avec précaution. Ceux qui dormaient furent très vite réveillés lorsque la panique puis la colère flambèrent dans la salle. Il appela Trivia pour qu’elle soigne la générale, tout en expliquant aux autres ce qu’il avait vu, ce qui s’était passé. Une fois la jeune femme assise sur un lit avec leur médecin, il put donner plus de détails aux hommes, qui étaient tous entrain de s’habiller et de s’armer, prêts à sortir pour traquer le monstre. Des dizaines de suppositions étaient faites sur sa nature et son identité. Une arme biologique, une chimère créée par alchimie ? Tout était encore possible, à ce stade. Miles penchait cependant pour la chimère, ou un autre monstre du même genre, fruit d’un alchimiste pervers et assassin. Ces ombres ne pouvaient être produites par aucune arme humaine, c’était impossible. Il croisa le regard de la générale, fronçant les sourcils en voyant les estafilades sanglantes sur ses bras, qui prouvaient qu’elle s’était débattue et avait tout fait pour se libérer. Elle avait fait honneur à la force de Briggs en refusant d’abandonner, honneur à eux tous. Il était fier d’être sous son commandement.

– Sépare tout le monde en plusieurs groupes de recherches, dit-elle d’un ton plus dur. Que quelqu’un aille avertir les officiers du QG, maintenant. Fouillez cet endroit, la ville et les alentours. Restez toujours en groupe et armés, on ne sait pas ce qu’est cette chose.

Très bien. Il donna aussitôt ces ordres pour que les hommes s’organisent, envoyant l’adjudant Gary courir prévenir le Président Bradley et quelques autres hauts officiers. L’envie de dormir et de se détendre était très loin pour tout le monde. Chacun était à présent sur le pied de guerre, uniformes enfilés et serrés, armes au poing. Il se demandait ce que pouvait bien foutre l’armée de l’Est à laisser ce genre de monstre en liberté ! A moins que ce ne soit la première fois qu’il se manifeste, auquel cas il fallait régler le problème encore plus vite, avant qu’il n’y ait d’autres incidents.

– Tu vas vu ces ombres, Miles, veille à bien briefer tout le monde là-dessus. Il faut aussi alerter ceux qui sont de garde au camp cette nuit.

– C’est fait, Générale, deux personnes sont aussi parties au camp pour alerter, vous pouvez vous reposer sans crainte.

Il s’écarta lorsque Trivia revint pour lui mettre le bras en écharpe, après l’avoir soigné. Ce genre d’attaque était si lâche qu’il pourrait en vomir. Le dortoir s’était pratiquement vidé, tout le monde filant à son poste. La Générale Armstrong pouvait être fière de ses troupes, comme eux étaient fiers d’être sous ses ordres. Il la laissa se reposer pour le reste de la nuit, plaçant tout de même des soldats près d’elle. On ne savait jamais, le tueur pouvait revenir et s’en prendre de nouveau à elle ! Au matin, il attendit que Trivia l’aide à remettre un informe convenable puis l’escorta au camp. Il était on ne peut plus méfiant et sur les nerfs, surveillant tout, partout. Leurs hommes s’étaient déployés dans toute la ville, traquant l’assassin. Qu’on ait voulu assassiné lâchement leur chef les mettait sur les nerfs. Tous saluaient leur générale, bien droits, au passage. Son uniforme cachait une bonne partie de ses blessures, mais pas celles qu’elle portait aux mains, au cou et au visage, pas plus que son bras en écharpe. Ils allaient vers le terrain où se passaient les examens du matin lorsqu’il vit tout à coup un blondinet minuscule s’agiter en criant.

– Eh ! Madame la générale !

Que leur voulait-il, ce gosse ? Il haussa un sourcil, alors que sa supérieure hiérarchique s’était arrêtée. L’agacer maintenant n’était pas une très bonne idée, surtout après une telle nuit !

– Qu'est-ce qu'il me veut, le nain rouge ? lui lança-t-elle d'un ton, glacial. Tu veux que j'arrache ta mèche ?

Le gosse eut comme un temps d’arrêt puis demanda ensuite des explications sur la situation. Humph… Si les officiers de l’Est n’avaient pas expliqués ce qui s’était passé cette nuit, ce n’était pas le problème de ceux du Nord, c’était déjà bien assez tendu comme ça, alors les explications atteindront un peu. Il haussa un sourcil en voyant le gosse sortir une montre en argent. Il était Alchimiste d’Etat à son âge ?! C’était… Ah. Ah oui. Il avait en avait entendu parler, du gamin qui avait passé son diplôme il y a quelques temps. Edward quelque chose, un gamin de la région Est, le plus jeune des petits chiens de l’armée. Miles n’avait pas compris pourquoi il acceptait de subir cela à son âge, très honnêtement. Il pourrait encore être chez lui, à étudier et s’entraîner. Au lieu de ça, il avait intégré l’armée, était encore moins bien considéré qu’un chien, et risquait à tout moment d’être utilisé comme arme humaine. Miles ne pouvait comprendre ceux qui s’engageaient dans cela.

– Je n'ai pas de temps à perdre avec une demi-portion.

Il jeta un regard vers le petit garçon, par-dessus son épaule, tout en s’éloignant. Hum… Incroyable que Bradley n’ait encore rien dit aux troupes de L’est, ce n’était pas à la Générale Armstrong de le faire ! Enfin, puisqu’il le fallait, autant s’en charger. Il put quitter sa supérieure dès qu’elle eut rejoint d’autres officiers afin de commencer l’examen puis revint en arrière. Le gosse et le lieutenant Hawkeye étaient toujours à la même place, rejoints par Mustang.

– Vos officiers ne vous ont rien dit, n’est-ce pas ? demanda-t-il en s’arrêtant près d’eux, les mains dans les poches de son manteau noir. Il y a eu un peu de grabuge cette nuit, une sorte de monstre, sans doute créé par alchimie, a essayé de tuer la Générale Armstrong.

Il se souvenait encore de l’impression qu’il avait eue lorsqu’il s’était retrouvé à côté. Ce truc dégageait une aura particulièrement mauvaise et violente, comme aucun humain ne le pouvait. On pouvait ressentir très clairement le danger. Un monstre qui semblait haïr les humains et qui œuvrait à la destruction de ce pays. Viser les généraux n’était pas idiot, loin de là, mais il se trompait s’il espérait voir leur chef quitter Briggs. Si quelqu’un devait abandonner, ce ne sera pas elle. Il retint un sourire, heureux de faire parti d’un tel groupe, car aucun d’entre eux ne pensera à trahir les autres. L’unité était un don rare et précieux, qu’il fallait savoir apprécier. La vie n’était pas facile, dans leurs montages, mais au moins, chacun avait sa chance, personne n’était dénigré ou laissé de côté à cause d’un rang moins élevé. Il jeta un regard au gamin puis à Mustang, se demandant pourquoi des alchimistes s’amusaient à créer ce genre de monstres, pourquoi perdre son temps et son énergie à créer des chimères. Qu’est-ce que cela leur apportait ?

– Un monstre créé par Alchimie ? A quoi ressemblait-il ? Nous ne sommes au courant de rien, seulement des rumeurs qui courent depuis que l'on a vu votre supérieure.

– J’ignore si c’est une chimère ou autre chose, dit-il. Il parlait, était caché et peut manier des très grandes ombres noires, dont il s’est servi pour étrangler la générale. Il peut aussi s’en servir pour frapper les gens. Ce truc en avait visiblement après les généraux de l’armée, pour leur faire quitter leurs postes.

Il retint un long soupir, regardant le premier Alchimiste d’Etat être appelé sur le terrain pour son examen. Une chimère, c’était peu probable… Quels autres horreurs l’alchimie pouvait créer ainsi ? Un revenant, non, toutes les transmutations humaines entreprises à ce jour avaient échoué, ce n’était pas un grand secret. Ceux qui essayaient en revenaient mutilés ou fous, quand ils en revenaient. Que restait-il, sinon cela et les chimères ? Il y avait bien une autre légende, mais elle était très improbable. On racontait, dans les contes destinés à faire peur, que l’alchimie pouvait aussi créer des humains de toutes pièces, des poupées réalistes qui ne vivaient que grâce à l’alchimie. Il ne souvenait plus de tous les détails, il devait revoir cette légende plus longuement.

– Comment vous en êtes-vous sortis ? Je trouve étrange que le Président ne nous ait rien dit, ils sont tous en danger d'après ce que vous nous dites...

Elle avait pâli, semblant à présent très inquiète. Il lui rendit son regard, toujours impassible, malgré une légère tension.

– J’ignore comment la générale s’en est sortie, je ne suis arrivé qu’à la fin, mais il aurait pu la tuer bien avant au vu de sa force. Je pense qu’il ne voulait que l’intimider.

– L'intimider ?! Mais pourquoi ? Vous êtes au Nord et isolés, vous ne dépendez de personne... On cherchera et on vous tiendra au courant si nous trouvons quelque chose, ce monstre est dangereux s'il aurait pu la tuer.

Isolés… Tout le monde les croyait « isolés » du reste du monde, c’était lassant. Ensuite, pourquoi, qu’en savait-il ? Au vu de son grade, elle faisait parti des cibles habituelles de ce genre d’agression, c’était normal. Il se souvint d’un coup du nom des chimères de forme humaine, des homonculus. Mais ça n’existait pas… Il pensait que ça ne pouvait pas exister.

– L’intimidation ne sera pas aussi simple, sourit-il. Ce truc aura juste réussi à nous énerver. Ce peut être une chimère ou un homonculus. Ce monde serait plus simple si les alchimistes ne jouaient pas comme ça avec la vie.

Un grand pouvoir amène de grandes responsabilités, mais tous ne sont pas en mesure de l’assumer. Miles avait toujours trouvé dangereux qu’on laisse n’importe qui étudier l’alchimie à loisir et ils en avaient l’exemple parfait ici !

– Il ne devait pas bien connaître la Générale, d'où cette erreur. En tout cas, nous relaierons l'information pour retrouver ce monstre et vous aider, vous pouvez compter sur nous.

Hum… Il ne répondit pas, les laissant à leurs propres occupations, filant retrouver ses hommes et la Générale. Homonculus… Il devait absolument trouver des renseignements sur eux, le plus vite possible. S’ils voulaient la guerre, ils l’auront.
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Madame la générale
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