Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Armée irégulière

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MessageSujet: Armée irégulière   Ven 22 Mai 2015 - 14:31

[Personnage, Colonel Fabrice Gavin, 34 ans]


Il sentait comme un léger souffle de vent sur son visage… Et percevait la lumière du soleil sous ses paupières closes… Que se passait-il… Il essaya d’ouvrir les yeux mais n’y parvint pas, se sentant si épuisé qu’il n’arrivait même plus à bouger le moindre orteil. La panique monta peu à peu alors qu’il luttait pour reprendre conscience, rassembler ses souvenirs. Il était dans le même état que le jour où l’armée les avait enlevés, lui et la générale, pour leur fichu test, le jour où ils avaient osé blesser sa subordonnée ! Il fit un effort monumental pour se concentrer, entendant alors vaguement des voix autour de lui. Il était allongé par terre, apparemment, dans de l’herbe assez grasse, les bras légèrement écartés du corps, comme s’il avait atterrit violemment après une chute de plusieurs mètres. Sa veste d’uniforme devait être ouverte, un des coins touchait sa main. Il ne comprenait toujours pas ce qui s’était passé, il était en train de rentrer à la caserne puis… Plus rien. Comme s’il s’était évanoui en cours de route ou quelque chose du genre.

Une main se posa tout à coup sur son front, tandis qu’il luttait pour revenir à lui. Les voix se précisaient également, il y avait plusieurs hommes. Une femme, aussi. La main tira tout à coup un peu surs a veste et il comprit qu’on venait de lui prendre ses papiers. Eh, bas les pattes ! C’était quoi ces manières, de dépouiller comme ça les gens ? Ça ne se faisait pas, s’ils voulaient lui voler quelque chose, ils pourraient au moins attendre qu’il soit conscient ! Non mais. En plus, il y tenait, à ce petit portefeuille, il y avait ses papiers militaires mais aussi quelques photos. Une de lui avec son meilleur ami, le jour où il avait été promue Colonel, une où il était au bar avec toute son équipe, et une de sa mère décédée. Il n’avait pas envie que d’autres voient ça, c’était personnel, alors virez vos mains de là, voleurs. Il n’allait pas fouiller les gens alors qu’ils étaient évanouis, lui.

Voix d’homme n°1 – Alors ?

Voix d’homme n°2 – Il est Colonel, tiens. Fabrice Gavin, 34 ans, affecté à la caserne de… Gray… Bizarre, comme nom.

Voix d’homme n°1 – Qu’est-ce qu’il fous là ?

Excellente question, lui aussi aimerait avoir une réponse, d’ailleurs. Il batailla encore puis réussit à ouvrir les yeux, complètement groggy, avec beaucoup de peine. Il ne vit d’abord que des visages flous puis la scène se précisa. Il y avait effectivement quelques hommes et une femme, debout autour de lui. Ils portaient tous un uniforme qui ressemblait un peu au sien. Des militaires ? De quel pays ? Il reçut tout à coup des regards appuyés lorsqu’il remua légèrement, avec l’impression d’avoir la gueule de bois alors qu’il n’avait pas avalé une seule goutte d’alcool. Un homme avec un certain embonpoint s’accroupit à côté de lui en le fixant. Quoi ? Il avait le droit d’être encore dans les vapes, il venait d’émerger !

Homme n°1 – Comment vous êtes arrivé là ? lui demanda-t-il.

Fabrice – Je ne sais pas, marmonna-t-il faiblement. Mais je voudrais que ce genre de truc n’arrive plus, ça devient lourd.

Il se redressa avec peine, la tête lui tournant, s’appuyant sur les bras pour se mettre assis. Il devrait être habitué aux trucs bizarres, pas net, dangereux, fous, etc., mais rien à faire, il s‘étonnait encore de ce genre de trucs. Entre ça, les simulations de l’armée, le village en feu, les orages apocalyptiques et ainsi de suite, la vie était franchement mouvementée, dans un département qui était pourtant relativement tranquille à la base. Il se frotta le visage avant de jeter un coup d’œil autour de lui, voyant une ville au loin, en contrebas. Que s’était-il encore passé… ? En plus, cela allait encore être sa fête, s’il ne se présentait pas à l’heure prévue à l’hôpital de Gray, pour les simulations. Il n’avait pas le droit à ce genre d’erreur, la vie de ses subordonnés était en jeu !

Fabrice – Pardon, dit-il en se redressant, prenant une longue inspiration pour s’éclaircir les idées et rester debout. Je dois y aller, je ne peux arriver en retard, même pour faire rager Bradley.

Homme n°1 – Quoi ? Comment vous pouvez le connaître si vous n’êtes pas de ce pays ?

Mais c’était son… Une minute. Il leur jeta un regard, tout en remettant sa veste correctement. Ils connaissaient un Bradley aussi, alors ? Et bien, il espérait pour eux que ce n’était pas le même genre qui sur son dos à lui. Mais il devait partir… Hum… Par là ou… Mais bon sang… Où était-il ? Eh, oh oh, qu’est-ce que c’était que ce bordel ?! La panique l’envahit à nouveau alors qu’il blêmissait, imaginant déjà son équipe se faire exécuter. Du calme… Du calme, tout va bien, il devait juste se reprendre. Il fit jaillir une gerbe de flammes entre ses mains pour se réchauffer le corps, se mordant les lèvres pour se reprendre quand les deux hommes de toute à l‘heure firent un bond en arrière alors que les trois autres affichaient un air choqué. Heu… Il avait fait quoi ?

Homme n°2 – Comment pouvez-vous utiliser cette alchimie ?

Fabrice – Quelle alchimie ? souffla-t-il, agacé.

Homme n°2 – Votre feu, là !

Fabrice – Ah, ça, non, ce n’est pas de l’alchimie. Juste une merde que j’ai eue à la naissance. On ne peut pas se débarrasser de ce genre de trucs.

Il se réchauffa vite fait en utilisant son don puis le fit disparaître, retenant un soupir. Une belle merde, oui ! A cause de ça, il avait détruit tout un village et mis son équipe en danger de mort. Si seulement il n’avait jamais reçu ce don, il aurait une enfance normale, son père ne l’aurait jamais battu, il n’aurait jamais intégré l’armée, il n’aurait jamais causé autant de problème à son entourage et à ses proches. Il réfléchit rapidement, cherchant un moyen de rentrer chez lui. Ces gens-là étaient très bizarres, il ne savait pas s’il pouvait vraiment leur demander de l’aide. Personne ne pouvait être choqué en voyant un peu de feu entre les mains d’une personne ? Ce n’était pas le don le plus rare, même s’il était celui qui avait la plus mauvaise réputation. Enfin bref. Trouver où il était et rentrer en vitesse. Et comprendre comment il avait pu atterrir là, aussi, petit détail intéressant. Il remit son col en regardant la ville qui se détachait plus loin. Ce style d’architecture lui rappelait vaguement les régions Allemandes et Autrichiennes. La fille fronça tout à coup les sourcils en le regardant.

Femme – Bien sûr que si, on peut s'en débarrasser. Ce que je ne comprends pas, c'est que vous connaissiez cela alors qu'il n'y a qu'une personne au monde capable de faire jaillir du feu comme vous.

Fabrice – Dans ce pays, peut-être, soupira-t-il en lui rendant son regard. Je n’en sais rien, je ne suis pas de là, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Mais d’où je viens, il y en a beaucoup à pouvoir manipuler l’eau, le feu, la foudre, etc. Et si je pouvais vraiment m’en déba…

Il s’interrompit en entendant un bruit non loin, quelqu’un qui toussai. Il alla aussitôt voir ce qui se passait et eut un gros soupir de soulagement en voyant le commandant Alric par terre, qui se frottait le crâne. Il courut aussitôt près de lui, content de voir qu’il n’était pas seul ici. Les autres militaires les avaient suivi, semblant très méfiant devant le nouvel arrivé. Le Colonel expliqua tant bien que mal ce qui se passait à son coéquipier, tandis qu’il se relevait, et fronça les sourcils en le voyant prendre un air catastrophé.

Fabrice – On va rentrer, ce n’est pas si grave…

Commandant – Ce n’est pas ça le problème, Colonel ! J’avais promis à mon fils de passer le chercher après l’école ! Il va être tout seul ! Mon bébé !



Bon, ne pas être étonné. C’était normal, tout à fait normal, il ne devait pas relever. Il se retourna plutôt vers les autres, perturbé mais ne voulant pas rester bloqué pendant trois heures.

Fabrice – Dans quel pays est-on, pour commencer ?
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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mer 3 Juin 2015 - 17:19

Jean – C’est pas un uniforme d’Aerugo non plus, commenta Jean en se penchant pour regarder le type évanoui. Ni de Drachma, les leurs ressemblent à ceux de l’armée du Nord. J’ai aucune idée du pays d’où il vient.

Breda s’agenouilla à côté et posa une main sur le front du gars. Ils venaient de le trouver non loin de la route, couché dans l’herbe et évanoui, surgi de nulle part. C’était forcément un militaire, au vu de sa tenue et de son arme, dans la ceinture, mais de quel pays ? Comment il avait bien pu atterrir là et pourquoi était-il évanoui ? Qui était-ce ? Jean sourcilla puis cala une cigarette entre ses dents, faisant claquer son briquet pour en faire jaillir une petite flamme. Falman finit par trouver ses papiers en fouillant un peu. Alors ? A qui on avait à faire ? Pas un espion, en tout cas, selon lui, sinon il se baladerait pas comme ça, dans cette tenue et avec ses papiers ! Et surtout, personne enverrait un espion malade, ça n’avait pas de sens.

Breda – Alors ?

Falman – Il est Colonel, tiens. Fabrice Gavin, 34 ans, affecté à la caserne de… Gray… Bizarre, comme nom.

Breda – Qu’est-ce qu’il fous là ?

Jean regarda le type d’un peu plus près, curieux. Il était pas beaucoup plus vieux que leur propre colonel, mais il avait l’air d’avoir passé quelques sales journées, dernièrement, vu sa tête de déterré. C’est fou ce qu’il était pâle ! Il faisait plus jeune que son âge, aussi, on lui donnait plus vingt-sept ou vingt-huit ans plutôt que trente-quatre. Il remua tout à coup, se réveillant enfin, ouvrant des yeux glauques. Ah, ça y est, c’est l’heure d’émerger ? Allez, courage ! Ils le regardaient tous, comme s’attendant à un mauvais coup, bien qu’il n’avait pas l’air en état de faire grand-chose. C’était peut-être un prisonnier de Creta ou Aerugo qui avait réussi à s’enfuir et qui avait atterri ici ? Ça arrivait, parfois, il en avait vu deux ou trois depuis le début de sa carrière. Breda s’agenouilla à côté de lui, alors que Jean tirait une taffe de sa cigarette, soufflant la fumée vers le ciel, comme s’il ne se sentait que très peu concerné.

Breda – Comment vous êtes arrivé là ? lui demanda-t-il.

Gavin – Je ne sais pas, marmonna-t-il faiblement. Mais je voudrais que ce genre de truc n’arrive plus, ça devient lourd.

Ah, parce qu’il avait l’habitude des histoires comme ça ? Du genre « je m’évanouis sans raison valable et je me retrouve dans un endroit totalement inconnu et potentiellement très dangereux » ? En plus, il avait vraiment l’air malade… Visez-moi cette tête, on jurerait qu’il n’a plus dormi depuis des jours ! Il fit tomber quelques cendres, convaincu que ce type allait s’effondrer aussitôt redressé. Faudrait peut-être mieux l’emmener à l’hôpital, non ? Il n’était pas frais, ce mec, il ne pourra pas résister si on l’emportait et qu’on le traînait chez un médecin. Il eut un petit rire silencieux, tirant sur sa cigarette.

Gavin – Pardon, dit-il en se redressant, prenant une longue inspiration pour s’éclaircir les idées et rester debout. Je dois y aller, je ne peux arriver en retard, même pour faire rager Bradley.

Bradley… Hein ? Havoc perdit son sourire, le fixant, stupéfait. Une minute, s’il était étranger, comment pouvait-il connaître le Président ? C’était un des leurs, alors, un soldat d’Amestris ? Mais il n’avait pas le même uniforme ! Et avec grade, ils auraient forcément entendu parler de lui à un moment ! A moins que ce ne soit un soldat d’un pays allié ? Et si oui, lequel ? Quoi que, non. Amestris n’avait pas de pays alliés, il avait oublié. Ou alors, c’était tout nouveau et récent.

Breda – Quoi ? Comment vous pouvez le connaître si vous n’êtes pas de ce pays ?

Gavin ne répondit même pas, se contentant de leur jeter un coup d’œil en se levant. Qu’est-ce que… Bon, d’accord, on oublie les premières impressions, ce type était louche, affreusement louche ! Et probablement le pire espion qui soit dans ce monde. Il fit tout à coup jaillir une gerbe de flammes entre ses mains et Havoc sursauta violemment. Eh, ça, c’était impossible ! Riza leur avait déjà dit qu’il n’y avait que le colonel qui savait faire ça ! Le seul qui maîtrisait cette alchimie ! Alors comment ce type pouvait faire ça ? Il n’avait même pas faire cercle de transmutation, ni même frappé d’abord dans ses mains, comme faisait Edward ! Il le regarda bêtement, bouche bée, complètement pris de court et estomaqué, sa cigarette coincée entre dans un coin de ses lèvres. C’était juste impossible… Personne d’autre que Mustang ne savait faire ça, dans ce pays.

Falman – Comment pouvez-vous utiliser cette alchimie ?

Gavin – Quelle alchimie ? souffla-t-il, agacé.

Falman – Votre feu, là !

Gavin – Ah, ça, non, ce n’est pas de l’alchimie. Juste une merde que j’ai eue à la naissance. On ne peut pas se débarrasser de ce genre de trucs.

Une « merde reçue à la naissance », pardon ? Il avait bien entendu ? L’alchimie n’était pas héréditaire, c’est un savoir que l’on pouvait acquérir en y travaillant très dur ! Et malgré ce qu’il affirmait, non, ça, ce ne pouvait être que de l’alchimie, rien d’autre ne pouvait permettre de produire du feu juste en claquant des doigts. Ils n’étaient pas des magiciens, il y a certains trucs qu’on ne peut pas faire comme ça, ce sont les lois de la nature ! Il se rendit compte qu’il avait tiré son arme par réflexe, tout comme Breda et Fuery, eux aussi très méfiants.

Hawkeye – Bien sûr que si, on peut s'en débarrasser. Ce que je ne comprends pas, c'est que vous connaissiez cela alors qu'il n'y a qu'une personne au monde capable de faire jaillir du feu comme vous.

Gavin – Dans ce pays, peut-être, soupira-t-il en lui rendant son regard. Je n’en sais rien, je ne suis pas de là, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Mais d’où je viens, il y en a beaucoup à pouvoir manipuler l’eau, le feu, la foudre, etc. Et si je pouvais vraiment m’en déba…

Qu’est-ce qu’il racontait… L’eau, le feu, la foudre ? Qui espérait-il embobiner avec ça ? Ils entendirent tout à coup tousser et le colonel louche s’élança aussitôt. Ils suivirent, armes au point pour la plupart d’entre eux, tombant sur un second type, avec le même uniforme et une carrure bien plus impressionnante. Le colonel semblait le connaître, l’aidant à se redresser. D’où ils sortaient, tous ceux-là ? Il se rapprocha avec prudence, vérifiant autour d’eux, mais il ne semblait pas y avoir d’autres étrangers dans le coin.

Gavin – On va rentrer, ce n’est pas si grave…

Grand type – Ce n’est pas ça le problème, Colonel ! J’avais promis à mon fils de passer le chercher après l’école ! Il va être tout seul ! Mon bébé !

Jean haussa un sourcil, échangea un regard avec ses coéquipiers. Bref, ne pas relever. Il avait besoin d’explications, là, très vite ! Qui étaient-ils vraiment et d’où venaient-ils ? Que fichaient-ils ici ?! Ils feraient mieux de les mettre en prison le temps d’y voir plus clair, ces types pouvaient être dangereux ! Et le colonel brun malade avec son feu était très bizarre. Il se retourna vers eux, alors qu’Havoc hésitait à les braquer tout de suite.

Gavin – Dans quel pays est-on, pour commencer ?

Jean – A Amestris, dit-il d’un ton prudent. Vous ignorez même ça ?

Il baissa la voix et dit tout à bas au Colonel, à Riza et Falman qu’on ferait mieux de les arrêter dès maintenant, qu’il ne fallait pas prendre de risque. Au moins le temps d’en découvrir un peu plus ! Le Colonel hocha la tête, puis ils pointèrent tous leurs hommes sur les deux types en leur disant de garder les mains levées. C’était sûrement des ennemis, ou des espions, ou il ne savait quoi encore ! Il y en avait peut-être d’autres qui s’étaient cachés dans l’Est, ils devaient lancer des battues pour les retrouver. En attendant, s’occuper de ces deux-là. Ils les ramenèrent au poste de garde puis monter dans un fourgon pour les emmener au QG, dans les quartiers disciplinaires, pour qu’ils soient interrogés. En suivant le fourgon en voiture, il tourna la tête vers Riza, assise à côté de lui à l’arrière.

Jean – Tu n’avais pas dit que plus personne ne pouvait apprendre cette Alchimie ? Ou c’est moi qui ait mal compris ?
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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Lun 8 Juin 2015 - 10:54

Havoc – C’est pas un uniforme d’Aerugo non plus, commenta Jean en se penchant pour regarder le type évanoui. Ni de Drachma, les leurs ressemblent à ceux de l’armée du Nord. J’ai aucune idée du pays d’où il vient.

Riza regardait l’homme allongé dans l’herbe, habillé d’un uniforme militaire qu’ils ne connaissaient pas. C’était étrange, comment était-il arrivé ici ? Et surtout, d’où venait-il avec un tel uniforme ? S’il y avait eu d’autres militaires dans le coin, ils l’auraient su… Breda « examinait » cet homme, penché sur lui, mais ne semblait pas avoir plus de réponses que cela. Le lieutenant ne le quittait pas du regard, prête à intervenir, plus méfiante que jamais. Que faisait un militaire évanoui dans le désert avec des vêtements pareils ? Falman finit par trouver des papiers, différents eux aussi, indiquant sans doute son identité. Ils allaient enfin en savoir un peu plus ?

Breda – Alors ?

Falman – Il est Colonel, tiens. Fabrice Gavin, 34 ans, affecté à la caserne de… Gray… Bizarre, comme nom.

Breda – Qu’est-ce qu’il fous là ?

Bonne question… Il faisait beaucoup plus jeune que son âge et semblait fatigué, pâle, comme s’il avait été enfermé pendant un moment ou comme s’il avait effectué un long voyage. En tout cas, il n’était pas bien et venait d’un endroit inconnu. Et s’il s’agissait d’un prisonnier ? Ce serait possible, un prisonnier qui aurait pris un uniforme militaire… Ou alors, en aurait fait un lui-même avec les moyens du bord. Mais non, ce n’était pas cela. Il y avait sûrement une explication logique à la présence de cet homme ici, même si Riza ne le voyait pas pour l’instant. Qu’avait-il donc fait ou subi pour avoir une mine pareille ?! Vraiment, elle ne comprenait pas.

Il remua enfin, émergeant avec peine, pendant qu’eux le dévisageaient et se préparaient à intervenir en cas d’urgence, juste au cas où il se révélait dangereux. Bon, pour l’instant, il ne risquait pas de leur faire grand-chose vu son état. Il ne devait même pas savoir où il était ni pourquoi il s’était évanoui comme cela, sans raison apparente, en plein désert. Enfin, concernant cet évanouissement, Riza commençait à penser que l’état de ce Colonel y était pour beaucoup. Lorsque l’on est malade, on ne va pas se balader dans le désert sans gourde, sans vêtements pour se protéger de la chaleur, surtout si l’on n’est pas habitué.

Breda – Comment vous êtes arrivé là ? lui demanda-t-il.

Gavin – Je ne sais pas, marmonna-t-il faiblement. Mais je voudrais que ce genre de truc n’arrive plus, ça devient lourd.

… Ce genre de truc n’arrive plus ? Parce que cela lui était déjà arrivé ? Riza lui lança un regard suspicieux, la main sur son arme pour intervenir au moindre geste suspect et fronça les sourcils, toujours près du Colonel. Cet homme ne lui inspirait rien de bon, il était louche, avait l’air malade, portait un uniforme inconnu et se réveillait en disant que « ce genre de truc » devenait lourd. Donc, il avait l’habitude de tomber dans les pommes en plein désert ? Et d’être retrouvé par des militaires qui devaient regarder ses papiers pour connaître son identité ? Tous se méfiaient de cet homme, sauf Havoc qui… faisait son Havoc. Il restait égal à lui-même comme s’ils venaient de tomber sur un rocher un peu spécial en plein désert. Enfin, c’était Havoc, ils ne pouvaient pas le lui reprocher.

Gavin – Pardon, dit-il en se redressant, prenant une longue inspiration pour s’éclaircir les idées et rester debout. Je dois y aller, je ne peux arriver en retard, même pour faire rager Bradley.

… Pardon ? Il connaissait Bradley ? Mais il n’était pas d’ici ! Et il devait partir… Il espérait vraiment pouvoir s’en aller comme cela alors qu’il venait de débarquer en plein milieu du désert, avec son uniforme et ses papiers pour tout « bagage » ? Non, non, hors de question. Surtout s’il connaissait le Président alors qu’il ne portait pas leur uniforme ! Il y avait eu une nouvelle alliance ? Mais dans ce cas, ils auraient envoyé un général et pas un colonel… Cette histoire sentait mauvais, quelque chose n’allait pas, il y avait un détail qu’ils ne connaissaient pas et Riza n’aimait pas cela. Choquée, elle échangea un regard avec les autres, cherchant à savoir si elle avait bien entendu – admettant que la fatigue lui jouait peut-être des tours, après tout. Mais non…

Breda – Quoi ? Comment vous pouvez le connaître si vous n’êtes pas de ce pays ?

Le fameux Colonel-louche ne répondit pas et leur jeta un coup d’œil en se levant. Il était étrange. Trop étrange. Il ne répondait pas aux questions, connaissait le Président, portait un uniforme inconnu et provenait d’une ville – ou d’un pays – qu’ils ne connaissaient pas… Riza allait lui ordonner de répondre, de décliner sa véritable identité, lorsqu’il… fit jaillir des flammes de nulle part, sans utiliser de cercle d’alchimie. C’était impossible ! Elle devint plus blême que jamais et lança un regard au Colonel, effrayée, espérant que c’était lui qui avait fait cela et non pas cet homme, ne levant même pas son arme tant elle était choquée. Mais non, le Colonel n’avait rien fait. C’était bien cet inconnu… Et c’était impossible ! Il ne pouvait pas connaître cette alchimie, c’était son père qui en avait fait la découverte, et ses recherches étaient gravées dans sa peau ! Personne ne pouvait connaître cela !

Falman – Comment pouvez-vous utiliser cette alchimie ?

Gavin – Quelle alchimie ? souffla-t-il, agacé.

Falman – Votre feu, là !

Gavin – Ah, ça, non, ce n’est pas de l’alchimie. Juste une merde que j’ai eue à la naissance. On ne peut pas se débarrasser de ce genre de trucs.

« Une merde eue à la naissance », bien sûr. Cette phrase fit bondir Riza qui ne put rester silencieuse plus longtemps, visant l’inconnu-bizarre de son arme. S’il avait acquis cette alchimie d’une manière ou d’une autre, qu’il le dise ! Le Colonel était le seul à manier le feu, à connaître le contenu des recherches de son père, que quelqu’un d’autre soit capable de le faire était impossible. Et il n’avait pas utilisé de cercle !

Riza – Bien sûr que si, on peut s'en débarrasser. Ce que je ne comprends pas, c'est que vous connaissiez cela alors qu'il n'y a qu'une personne au monde capable de faire jaillir du feu comme vous.

Gavin – Dans ce pays, peut-être, soupira-t-il en lui rendant son regard. Je n’en sais rien, je ne suis pas de là, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Mais d’où je viens, il y en a beaucoup à pouvoir manipuler l’eau, le feu, la foudre, etc. Et si je pouvais vraiment m’en déba…

Il s’interrompit soudain, après avoir entendu des bruits de toux un peu plus loin. Gavin s’avança immédiatement vers les bruits, toute l’équipe suivant d’un même pas en pointant leurs armes sur lui. Il était louche et étranger, utilisait du feu sans cercle et maintenait que c’était « de naissance ». En plus, il avait ajouté que beaucoup de personnes, chez lui, pouvaient manipuler les éléments. Bien sûr, il était surtout tombé sur la tête et s’enfonçait dans ses mensonges, voilà tout. Seulement, ils n’étaient pas au bout de leurs surprises car le colonel-bizarre les conduisit jusqu’à un autre homme affublé du même uniforme, à la carrure beaucoup plus impressionnante que le premier homme. Il l’aida à se relever pendant que Riza le regardait avec méfiance. Ils étaient encore beaucoup, comme cela ? D’où venaient-ils, bon sang ?! Il y avait eu quelque chose, un épisode qu’ils avaient loupé, un déchargement massif de prisonniers… ?

Gavin – On va rentrer, ce n’est pas si grave…

Inconnu – Ce n’est pas ça le problème, Colonel ! J’avais promis à mon fils de passer le chercher après l’école ! Il va être tout seul ! Mon bébé !

… Ne rien dire. Ne rien dire. Ne rien dire. Riza se retint de lever les yeux au ciel, ayant franchement besoin d’explication. Ils n’étaient pas évadés, l’homme costaud n’aurait pas parlé comme cela et n’aurait surtout pas dit qu’il devait chercher son fils après l’école. Il y avait quelque chose qui leur échappait définitivement et ils devaient comprendre, éclaircir tout cela, mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes. Ce n’était pas normal ! Le colonel-bizarre se tourna vers eux, Riza se faisant violence pour ne pas lever à nouveau son arme. Le Colonel devait sans doute se tenir prêt, lui aussi, maintenant qu’il savait que leurs inconnus maniaient le feu.

Gavin – Dans quel pays est-on, pour commencer ?

Havoc – A Amestris, dit-il d’un ton prudent. Vous ignorez même ça ?

De mieux en mieux… Riza n’avait pas confiance. Cet homme connaissait Bradley, il l’avait dit, l’autre avait des enfants, ou au moins un garçon, et ils ignoraient dans quel pays ils étaient. L’hypothèse précédente du lieutenant tombait à l’eau et elle se méfiait plus que jamais. Comme les autres, d’ailleurs, car Havoc se tourna vers eux pour leur dire tout bas qu’ils feraient mieux de les arrêter et qu’il ne fallait pas prendre de risque. Les arrêter… ? Oui, peut-être, c’était sans doute la meilleure solution en attendant d’avoir plus d’informations. Le Colonel hocha la tête et ils pointèrent tous immédiatement leurs armes sur les deux inconnus-louches. Ils les ramenèrent au poste de garde avant de monter dans un fourgon : direction le QG.

Riza, elle, restait silencieuse et pensive. Elle ne comprenait pas comment cet homme pouvait manier le feu… C’était bizarre. Son père n’avait parlé de cela à personne, pourtant ! Il lui avait même tatoué ses recherches dans le dos pour les cacher, les préserver des gens qui avaient de mauvaises intentions ! Et si c’était… Mais non. Non, cet homme n’avait pas pu avoir connaissance de cela… Ou si ? Il avait plus de trente ans, c’était possible. Mais Riza l’aurait su ! Ou alors son père avait-il été volé, une nuit, et c’était pour cela qu’il avait tenu à ce que ses recherches soient cachées à ce point ? Non, non, elle divaguait, ce n’était pas possible. Havoc tourna la tête vers elle à l’instant même où elle secouait la tête pour chasser cette idée de ses pensées.

Havoc – Tu n’avais pas dit que plus personne ne pouvait apprendre cette Alchimie ? Ou c’est moi qui ait mal compris ?

Riza – Non, tu as bien compris. Je ne vois pas comment cet homme peut connaître cette alchimie… Les seuls restes de ces recherches sont bien cachés et je ne pense pas que quelqu’un aie pu avoir accès à tout cela. Je l’aurais su…

Ils roulèrent ainsi jusqu’au QG, Riza réfléchissant en lançant un regard vers leurs prisonniers puis le Colonel. Elle devait savoir. Si quelqu’un avait volé les recherches de son père, ou si elle-même avait mal joué son rôle, il fallait qu’elle le sache. Au moins pour elle. Dès qu’ils arrivèrent, ils escortèrent leurs prisonniers jusqu’aux quartiers disciplinaires, tous les deux dans une cellule, avant d’emmener le colonel Gavin pour l’interroger, lui attachant les poignets par devant avec des menottes. Riza suivit le Colonel jusqu’à une salle, tenant leur prisonnier bizarre, en passant à travers les différents couloirs. Les militaires dévisageaient cet homme qui portait un uniforme différent mais ne disaient rien et les laissaient passer en s’acartant jusqu’à une salle d’interrogatoire où ils l’installèrent sur une chaise. Bon… Maintenant, ils allaient peut-être savoir, en apprendre un peu plus. Riza resta un peu plus en retrait, patientant. Elle voulait savoir, mais c’était au Colonel de parler d’abord.

Colonel – Comment pouvez-vous manier le feu, pour commencer ?

Riza – Et ne dites pas que vous l’avez eu de naissance, c’est impossible. Nous sommes les seuls à connaître la personne qui a tout découvert à propos de cette alchimie. Et cette personne est morte depuis des années.

Gavin – De un, ce n'est pas de l'alchimie, de deux, je suis vraiment né avec, de trois, je ne vois pas ce que ça peut bien vous foutre, de quatre, je n'ai rien à vous prouver et encore moins à me justifier, de cinq, de quel droit vous demandez ça ?

… Ca commençait bien. De quel droit ils demandaient ça ?! Elle était la fille de la personne qui avait mené ces recherches, la fille de cette personne qui avait gravé ses recherches dans son dos avec précision durant des heures, des jours, des semaines ! Alors, OUI, elle avait le droit de savoir, de poser la question, de connaître la vérité. Si cet homme avait volé les recherches, il devait le leur dire. Elle ignorait ce qu’elle ferait, à ce moment-là, mais elle avait le droit de savoir. Le droit de savoir pourquoi elle avait tant souffert, pourquoi son père avait insisté à ce point pour qu’elle garde tout cela secret, aussi bien caché. Riza se retint d’ajouter quoi que ce soit, restant droite, préférant ne pas s’emporter et tout faire rater. De quel droit ils demandaient ça…

Colonel – Nous sommes dans notre pays, c'est notre devoir de veiller à sa sécurité. Et vous êtes bizarre... Vous venez de quelle armée ?

Gavin – Une armée tout à fait normale, dit-il en soupirant avec un sourire cynique. En ce moment, notre grand travail, c'est de manipuler et torturer la population pour préparer un futur génocide. Très banal, somme toute, le travail de tout soldat, d'exterminer les civils.



Le Colonel blêmit en même temps que Riza qui dévisageait leur prisonnier, cherchant à déceler une once de plaisanterie, prête à le frapper s’il se moquait d’un sujet tel que celui-ci. On ne plaisante pas là-dessus, pas après ce qui s’était passé à Ishbal. Elle revoyait encore les enfants exterminés, les visages des gens qu’elle devait tuer en obéissant sans poser de questions. Obéir, encore, toujours. Ne pas se rebeller et s’exécuter. Riza avait été une des militaires qui avaient tué le plus de personnes et elle le savait. Mais le regard de cet homme montrait que non, il ne plaisantait pas…

Gavin – Ça rassure, je ne suis visiblement pas le seul à vivre ça... Enfin, peu importe. Vous nous voulez quoi, au juste ?

Colonel – Savoir d'où vous venez, qui vous êtes, pourquoi vous étiez là, pourquoi vous avez une tête de malade échappé d'un hôpital.

Tout à fait. Le Colonel lui avait ôté les mots de la bouche. Peut-être était-il sincère sur cette histoire d’alchimie-qui-n’en-était-pas-une, mais il restait encore de nombreuses zones de flou qu’il fallait éclaircir. Ils ne savaient rien de cet homme, de ces deux hommes, et c’était bizarre. On ne pouvait pas être si différents et arriver ici comme une fleur sans connaître le nom du pays… Le colonel-bizarre poussa un soupir et répondit d’un ton exaspéré, comme si cet interrogatoire l’ennuyait et l’irritait plus qu’autre chose.

Gavin – Je suis le Colonel Fabrice Gavin, j'ai 34 ans, je viens d'un pays totalitaire avec une armée de dangereux psychopathes et un chef qui représente le mal incarné. Et ma tête ne regarde que moi, merci bien.

Riza – Le nom de ce pays ? Et comment êtes-vous arrivé jusqu'ici, pourquoi vous a-t-on retrouvé évanoui et complètement perdu ?

Désolée, mais là, il tournait en rond et ne leur répondait pas assez précisément. Il leur fallait des informations concrètes, qu’ils pouvaient vérifier afin de ne plus classer ces hommes comme potentiellement dangereux. Une histoire à un inventer sans noms, c’était facile à faire. On le leur apprenait aussi, à eux, au cas où ils se faisaient prendre alors qu’ils étaient en mission. Donc c’est bien beau, mais non, baser une histoire sans citer de nom était trop facile. Gavin lui lança un regard auquel Riza resta parfaitement impassible, le soutenant, attendant une réponse. Il pouvait bien la détester ou ne rien comprendre, elle n’en avait que faire. Alors, sa réponse ?

Gavin – Je viens de France. Et comment je suis arrivé ici, je ne sais pas, mais ce n'est pas anormal, ce genre de trucs arrive souvent.

Colonel – Ah tiens, ça vous arrive souvent de vous évanouir comme ça, sans raison, et de vous réveiller dans un endroit inconnu ?

Gavin – Oui, une fois, l'armée nous a enlevé, notre nouvelle générale, ma subordonnée et moi, pour nous conduire dans un endroit un peu glauque où on nous a testé. En nous droguant avant, le temps du trajet. Donc non, me réveiller en plein désert sans savoir comment, ça ne me choque pas plus que ça.

Riza ne réagit pas, choquée, se demandant réellement où cet homme avait vécu, d’où il venait et quel gouvernement pouvait faire une chose pareille. Ce n’était pas normal, tout simplement. Qui s’amusait à droguer et à tester de nouvelles recrues de cette manière ?! C’était totalement inhumain et incroyable… En plus, non, ils n’étaient pas nouveaux dans l’armée. On ne teste pas un général et un colonel ! Ils ne connaissaient pas le grade de sa subordonnée, mais elle devait être assez bien placée.

Le Colonel et elles restèrent choqués un moment, le fixant sans savoir que dire, avant que son supérieur se décide à parler et ordonne à leur prisonnier d’aller à l’infirmerie. Il était bizarre et ils devaient en savoir plus. S’il avait été drogué, ils devaient faire quelque chose. Visiblement, oui, il était perdu et venait de « France », mais cela ne les éclairait pas… Il était malade, avait une sale tête, mais Riza ne comprenait pas cet entêtement à vouloir le soigner ou prendre soin d’un parfait inconnu… Enfin, soit, elle suivait, elle ne voulait pas qu’il arrive quelque chose au Colonel.

Riza – Vous devez comprendre qu’on réagisse comme cela. Si vous êtes colonel, vous aussi, et que vous voyez quelqu’un arriver, complètement perdu avec un pouvoir, don, ou je ne sais quoi, qu’il n’est pas censé maîtriser, vous vous poseriez des questions comme nous.

A nouveau, les militaires se retournèrent vers eux en les interrogeant du regard mais le lieutenant ne répondit rien et suivit en surveillant le colonel-louche au cas où il tenterait quelque chose. Ils arrivèrent rapidement à l’infirmerie, après être passés par plusieurs couloirs sobres mais pas déprimants pour autant. C’était l’armée, ce décor était habituel. Au moins, à l’intérieur, il faisait plus frais que dehors à l’heure actuelle et ils évitaient à leurs prisonniers de tomber une nouvelle fois évanouis « sans raison ». L’infirmier fit s’asseoir le colonel Gavin sur une table et ouvrit la chemise de son uniforme pour l’ausculter... avant de lui lancer un regard horrifié.

Infirmier – Que vous est-il arrivé ?!

Riza fronça les sourcils et se rapprocha pour voir ce qui se passait. Sur le corps de leur inconnu, il y avait des traces, des blessures plus ou moins vieilles ou récentes, elle ne s’y connaissait pas assez. Mais des traces, partout… C’était à cause de son chef ? Ils maltraitaient les militaires, chez lui ? Le lieutenant lui lança un regard mi-inquiet, mi-choqué.

Riza – C’est votre chef qui a fait cela ? Et vous voulez retourner là-bas… ?


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Lun 8 Juin 2015 - 14:47

Pourquoi les avait-il arrêtés… ? Fabrice retint un très long soupir alors qu’on les emmenait, échangeant un regard avec le commandant, profondément agacé. Ils n’avaient rien faits de mal, à moins qu’il n’ait loupé un épisode ? C’était interdit, dans ce pays, de se balader sans laissez-passer ?! Il n’avait pas le droit de traîner comme ça, au moindre faux pas, Isabelle et tous ses autres équipiers risquaient d’y passer ! S’il disparaissait comme ça, sans crier gare… Comment pouvait-il garantir la sécurité de son équipe dans des moments pareils ? Il était hors de question qu’ils aient du mal à cause de lui, ce n’était même pas envisageable ! Il faillit le crier mais il se retint en voyant le commandant. Il n’avait pas le droit d’avouer ça… Pas le droit de leur faire comprendre. Pas le droit d’avouer ce qu’il devait faire en ce moment. Il serra les poings, tendus, sa haine envers le Maréchal augmentant encore un peu plus. Si seulement cette ordure pouvait crever, avec le plus de souffrance possible ! A qui pourrait-il manquer ? Qui pourra le pleurer, à part sa femme ?

Peut-être était-ce encore lui qui l’avait jeté dans ce pays, pour un nouveau « test » ? Il en serait bien capable… Il se laissa menotter sans rien dire puis emmener, ne sachant plus quoi penser. On l’emmena dans une salle avec juste une table et quelques chaises, où il dû s’asseoir face à ses « collègues ». Quelle veine, tomber sur des militaires d’un autre pays encore plus méfiants que des bouledogues atteints d’une rage de dent ! Le fait qu’ils utilisent de l’alchimie n’était pas si choquant, au final. Après tout, en Europe, il y avait bien les dons, alors pourquoi pas l’alchimie ? Il était habitué aux trucs bizarres, aux trucs louches… Peut-être était-ce vraiment un nouveau test. Et si ce n’était pas le cas, si ce n’était pas un test, cela voulait dire qu’il mettait actuellement toute son équipe en danger de mort. Cette idée lui retourna l’estomac, augmentant du même temps la colère et l’agacement de se retrouver bloqué ici alors qu’il devait trouver le moyen de rentrer le plus rapidement possible.

– Comment pouvez-vous manier le feu, pour commencer ?

– Et ne dites pas que vous l’avez eu de naissance, c’est impossible. Nous sommes les seuls à connaître la personne qui a tout découvert à propos de cette alchimie. Et cette personne est morte depuis des années.

Il allait devoir leur dire combien de fois que ce n’était pas de l’alchimie ?! Avec ça, il se foutait complètement de qui leur avait appris à manier le feu et comment ! Savoir qu’il mettait ses coéquipiers en danger de mort le stressait bien plus que de voir deux soldats se poser des questions, même s‘il était légitime qu’ils le fassent. Il espérait que ce ne soit qu’un test de plus, une façon pour le maréchal de s’amuser ou de prouver il ne savait quoi. Après tout, tout était possible, dans cette armée, depuis quelques années !

– De un, ce n'est pas de l'alchimie, de deux, je suis vraiment né avec, de trois, je ne vois pas ce que ça peut bien vous foutre, de quatre, je n'ai rien à vous prouver et encore moins à me justifier, de cinq, de quel droit vous demandez ça ?

Qu’est-ce que ça pouvait bien changer à leur existence qu’il sache manier le feu, on pouvait savoir ? Ce n’était pas une chose de merveilleuse mais un cadeau empoisonné dont il se serait bien passé ! Le pire était qu’il ne pouvait pas s’en débarrasser et qu’il ignorait même s’il en était capable. Il aimait et haïssait ce don, mais il faisait partie intégrante de lui. Essayer de le jeter serait comme essayer de couper sa propre jambe. Il couva les deux soldats du regard, priant pour qu’ils se décident à accélérer un peu. Il n’avait pas le temps de jouer ! Ses subordonnés ne pouvaient pas mourir à cause de lui. Comment devra-t-il réagir, au moment où il réussira enfin à revenir et qu’il les découvrait mort ? Il n’aura plus qu’à se tirer une balle en pleine tête à son tour. Il serra les dents, exaspéré.

– Nous sommes dans notre pays, c'est notre devoir de veiller à sa sécurité. Et vous êtes bizarre... Vous venez de quelle armée ?

– Une armée tout à fait normale, dit-il en soupirant avec un sourire cynique. En ce moment, notre grand travail, c'est de manipuler et torturer la population pour préparer un futur génocide. Très banal, somme toute, le travail de tout soldat, d'exterminer les civils.

Leur réaction lui fit comprendre que cette fois, ils pouvaient comprendre ce qu’il disait sans problème. Tiens donc, chez eux aussi, tuer des civils était devenu un sport national ? Comme quoi, l’armée Française n’était pas la seule à jouer à ça. Les autres pays le faisaient aussi, comme l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne, et ici aussi, visiblement.

– Ça rassure, je ne suis visiblement pas le seul à vivre ça... Enfin, peu importe. Vous nous voulez quoi, au juste ?

– Savoir d'où vous venez, qui vous êtes, pourquoi vous étiez là, pourquoi vous avez une tête de malade échappé d'un hôpital.

Fabrice soupira longuement, encore plus exaspéré. Cela allait durer longtemps, ce petit jeu, encore ? Il tira légèrement sur les menottes, dessous la table, en préparant ses mains, prêt à faire brûler le métal. Il y avait trop de militaires qui passaient dans le couloir et aux alentours, mais une fois qu’ils le mettront en cellule, s’évader sera plus facile. Juste à récupérer le commandant et au revoir la compagnie.

– Je suis le Colonel Fabrice Gavin, j'ai 34 ans, je viens d'un pays totalitaire avec une armée de dangereux psychopathes et un chef qui représente le mal incarné. Et ma tête ne regarde que moi, merci bien.

– Le nom de ce pays ? Et comment êtes-vous arrivé jusqu'ici, pourquoi vous a-t-on retrouvé évanoui et complètement perdu ?

Complètement perdu, hein ? Pas plus que d’habitude ! Se réveiller dans le désert avec des mecs méfiants n’était plus étrange que de se réveiller enfermé dans une pièce souterraine fermée à clé avec la directrice du pensionnat évanouie à côté ! Pas plus que de se faire interroger par une autre armée était plus bizarre que de lutter contre des criminels dans un immeuble en portant sa subordonnée blessée dans ses bras. Ah, et se retrouver dans un endroit inconnu sans savoir comment n’était pas plus terrifiant que de passer une nuit entière sous un orage d’apocalypse qui aurait pu tous les liquider un seul instant. Donc non, il n’était pas « complètement perdu », plutôt blasé et fatigué de ce genre de conneries, surtout en ce moment.

– Je viens de France. Et comment je suis arrivé ici, je ne sais pas, mais ce n'est pas anormal, ce genre de trucs arrive souvent.

Un peu trop souvent, d’ailleurs, mais en vivant à proximité du Pensionnat, surtout en étant colonel d’une telle armée, il fallait accepter que des phénomènes un peu étranges investissent votre quotidien.

– Ah tiens, ça vous arrive souvent de vous évanouir comme ça, sans raison, et de vous réveiller dans un endroit inconnu ?

– Oui, une fois, l'armée nous a enlevé, notre nouvelle générale, ma subordonnée et moi, pour nous conduire dans un endroit un peu glauque où on nous a testé. En nous droguant avant, le temps du trajet. Donc non, me réveiller en plein désert sans savoir comment, ça ne me choque pas plus que ça.

Ils se contentèrent de le fixer sans répondre. Voilà, c’était enfin fini ? Ce n’était pas trop tôt ! Sauf que non, ce n’était pas terminé. Pas du tout. Ils annoncèrent qu’ils le conduisaient à l’infirmerie, maintenant. A l’inf… Mais il allait parfaitement BIEN ! De quoi je me mêle ?! Qu’est-ce que ça pouvait bien leur foutre, s’il était malade, pour commencer ?!

– Vous devez comprendre qu’on réagisse comme cela. Si vous êtes colonel, vous aussi, et que vous voyez quelqu’un arriver, complètement perdu avec un pouvoir, don, ou je ne sais quoi, qu’il n’est pas censé maîtriser, vous vous poseriez des questions comme nous.

Peut-être, mais sans doute pas de là à être aussi lourd. Il serra les dents, jetant des regards noirs dans le couloir à tous ceux qui le regardèrent avec un peu trop d’insistance. Ce devait être un cauchemar et il allait se réveiller. Il se tendit encore plus en voyant l’infirmerie, ne pouvant s’empêcher de voir à la place les salles d’opération de l’hôpital de Gray, les laboratoires, tout cela. Il y avait passé tellement de temps, ces derniers jours… A servir lui-même de cobaye, le plus souvent. Voir ces instruments, des brancards, le rendait malade. Il se rendit à peine compte que l’infirmier avait ouvert sa veste et sa chemise, le réalisant lorsqu’il eut un hoquet horrifié. Quoi, encore ? Il aimerait encore mieux se morfondre en prison, ça devenait lassant.

– Que vous est-il arrivé ?!

Rien. Rien du tout. Il se sentait parfaitement bien. Le colonel renvoya un regard agacé au docteur en rabattant comme il le pouvait les pans de sa chemise sur lui. La femme lui jeta un regard à la fois inquiet et choqué. Les gens avaient souvent ce genre de réactions mais il n’y avait pas lieu de s’en faire ! Il arrivait bien pire à Gray, parfois sur des enfants. Et des personnes en mourraient.

– C’est votre chef qui a fait cela ? Et vous voulez retourner là-bas… ?

– Oui, soupira-t-il. Je veux dire non, enfin, ce n’est pas lui, pas directement. Et même si j’étais blessé à mort, je ne vois pas en quoi ça pourrait vous concerner. Vous ne trouvez pas qu’on a assez perdu de temps, non ? Et vous, bas les pattes !

Il repoussa l’infirmier d’un coup de coude, détestant particulièrement, depuis quelques jours, tout ce qui portait une blouse blanche et qui avait une seringue dans la main. Il soupira, essayant de reprendre son calme, chassant de sa tête la vision de toute son équipe au sol, couverts de sang, inertes, le corps glacé et sans vie. Il devait se reprendre, arrêter de songer au pire.

– Je comprends que vous soyez méfiants, dit-il d’un ton plus calme en repoussant encore l’infirmier. Mais vous, essayez de comprendre que je ne peux pas me permettre de perdre du temps à faire joujou. Notre armée… Comment expliquer ça…

Il ferma les yeux un bref instant, serrant les poings, alors que les menottes cliquetaient un peu. Oui, comment peut-on expliquer ça ?

– Je dois y retourner parce que je n’ai pas le choix, voilà tout.

– Vos supérieurs ont des otages ?

Fabrice entrouvrit la bouche en fixant l’autre colonel, stupéfait qu’il ait deviné comme ça, blêmissant de façon vertigineuse. Comment avait-il… L’image de ses coéquipiers vint flotter à nouveau devant ses yeux, alors qu’il se faisait violence pour ne rien dévoiler de plus. Il se mordit les lèvres, sans plus bouger ni parler, entendant encore le Maréchal le menacer.

– Nous pouvons peut-être vous aider, si tel est le cas. Vous êtes de l'armée. Et colonel.

Il y eut un moment de flottement dans la pièce, même l’infirmier restait en retrait, visiblement sans plus savoir quoi dire ni faire. Fabrice ne disait toujours rien, les poings serrés, puis il finit par prendre une petite inspiration, le cœur au bord des lèvres.

– Ne le dites pas au commandant… L’homme qui était avec moi. Ils ne savent rien et je ne veux pas qu’ils se mettent en danger à cause de moi.

Il croisa le regard du Colonel qui semblait à son tour complètement perdu. Il était capable de comprendre ça, non ? Fabrice se fichait de pas mal de choses mais pas du danger que couraient ses subordonnés.

– Je pense qu'ils sont justement en droit de le savoir pour faire attention et ne pas se mettre en danger inutilement. Vous êtes une équipe... Vous devez rester unis, ils le sentiront si vous êtes inquiet.

– Peut-être, mais je n’ai pas le droit de leur en parler, reprit-il d’une voix plus rauque. Ils en ont déjà assez fait et je veux pas les impliquer dans certains problèmes.

– Qu’avez-vous fait pour qu’on ait besoin de prendre des otages pour vous faire obéir ?

Fabrice ne répondit pas tout de suite, ramenant sa veste contre lui, puis les regardant tous les deux. Qu’est-ce ça changeait, qu’ils le sachent ou non ? Ils n’étaient pas de leur armée, ils ne seront plus jamais mêlés à ça une fois terminé. Plus vite ils auront les explications qu’ils voulaient, plus vite il pourra chercher le moyen le plus rapide possible pour quitter cet endroit et rejoindre la France. Et il y avait aussi le lieutenant, qui était sûrement à moitié morte d’inquiétude. Il n’avait aucun moyen de la rassurer, lui dire que tout allait bien et qu’elle n’avait aucune raison de s’en faire.

– Il y a dans notre pays des personnes capables de faire certaines choses… Avec le feu ou autre. Je l’ai dissimulé des années mais à cause d’un accident, mes supérieurs l’ont su. Maintenant, comme d’autres, je dois… Disons que l’armée est en train de former des armes humaines pour la prochaine guerre. Soit j’acceptais, soit ils liquidaient mes subordonnés.

Un « accident », oui… Un accident de boisson. Un accident horrible. Un sinistre, un désastre, tout était de sa faute et il avait mis la vie du lieutenant en danger à cause de ça ! L’armée en couvrait le meurtre, durant l’incendie, que le temps qu’il obéira. Car oui, sinon cela, il serait facile de se tourner vers le seul sniper susceptible de s’être trouvé là, pour tirer sur cet homme, à une telle distance. Il vit la femme échanger un regard avec son supérieur, muette. Il ne disait plus rien non plus, repensant à l’incendie. Ne pas vomir, pas maintenant du moins, ce serait contre-productif. Ne pas s’évanouir non plus, ce serait idiot. Les dernières « expériences » l’avaient épuisé, il n’en pouvait plus.

– On a le même système, ici, mais c’est installé depuis longtemps et on ne force personne.

– Vous ne forcez personne ? grinça-t-il en redressant la tête. Vous voulez dire qu’il existe des personnes qui acceptent de leur plein gré de devenir des petits chiens de l’armée, sans lavage de cerveau au préalable ?

Le militaire ne répondit pas, semblant soudain gêné. Et bien quoi ? Désolé, mais Fabrice ne pensait que c’était possible, personne ne pouvait accepter ça comme ça, juste pour le plaisir ! Qui voudrait être traité comme une vulgaire arme, rien de plus ? C’était ridicule ! Surtout lorsqu’on savait ce que cela impliquait ! Personne de censé ne pouvait accepter ça, il y avait forcément de la manipulation à la base. On faisait croire de fausses idées aux gens pour qu’ils s’engagent là-dedans. Il avait envie de vomir lorsqu’il voyait cela, de telles méthodes étaient abjectes. La femme lui lança tout un regard noir en se mettant très droite. Hum ? Elle n’était pas d’accord ? Pour elle, on pouvait s’engager sans être manipulé ?

– Chaque personne a ses motivations, vous ne pouvez pas juger ce système, vous utilisez des enfants alors qu'ici, ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'un enfant qui fait partie de ce système et il a des raisons personnelles qui l'y ont poussé, personne ne l'a obligé, contrairement à ce que vous faites chez vous. Ce sont vos paroles, ou alors j'ai mal compris ce que vous avez dit.

– Ravi de le savoir, soupira-t-il. Navré de vous avoir choqué, madame, mais pour moi, ça me semble logique que personne ne puisse vouloir de ça, surtout pas des enfants, sans avoir une arme pointée dans le dos. Si ça marche sans chez vous, j’en suis très heureux, ça prouve que le peuple de ce pays n’a pas besoin d’être trop poussé pour accepter d’être à la botte de l’armée. Vous pouvez bien croire que je suis ravi de voir des mômes là où ils n’ont rien à foutre.

Cette conversation l’épuisait de plus en plus, c’était comme si on lui aspirait lentement toute son énergie vitale. Il en avait aussi assez d’avoir les mains menottées, cela lui portait sur les nerfs. Il remit les derniers boutons de sa chemise en place, alors que l’infirmier lui jetait un regard dépité, comme triste qu’on l’empêche de faire son travail. Qu’il aille poser ses sales pattes ailleurs car Fabrice n’était pas d’humeur à laisser un autre médecin s’approcher trop près de lui pour le moment.

– Et maintenant ?

– Nous allons interroger votre collègue… En attendant, vous allez devoir rester ici, on dirait que vous allez vous évanouir si vous vous mettez debout.

Espèce de… Fabrice lui jeta un regard noir, outré, alors qu’il faisait appeler trois autres gardes pour le surveiller. Il eut un sifflement agacé, le regard sombre. Qu’ils se dépêchent, il n’avait pas envie de perdre encore plus de temps.
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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mar 9 Juin 2015 - 0:14

Infirmier – Que vous est-il arrivé ?!

Roy entrouvrit la bouche, prêt à dire quelque chose, mais se ravisa. De telles marques... Alors récapitulons. Une armée de "psychopathes" qui enlevaient leurs officiers pour des tests, massacraient des civils, faisaient des expériences... C'était eux qui lui avait fait ça ? Certaines blessures semblaient très récentes, c'était visible... Il referma la bouche, pris de court, essayant d'imaginer quelle armée irait frapper ses propres soldats et surtout dans quel but ! Que lui était-il arrivé exactement ? Il avait aussi des marques de... brûlure. L'infirmier était tout aussi choqué, le regardant comme si on venait de lui apporter une blessé de guerre. Qu'est-ce qui... Que fichait ces soldats ?

Lieutenant – C’est votre chef qui a fait cela ? Et vous voulez retourner là-bas… ?

Gavin – Oui, soupira-t-il. Je veux dire non, enfin, ce n’est pas lui, pas directement. Et même si j’étais blessé à mort, je ne vois pas en quoi ça pourrait vous concerner. Vous ne trouvez pas qu’on a assez perdu de temps, non ? Et vous, bas les pattes !

Oui, je veux dire non ? Autant dire oui tout de suite, il s'enfonçait ! Donc c'était bien ses chefs qui lui avaient fait subir ça... Pour des expériences ? Leur prisonnier repoussa tout à coup le docteur d'un coup de coude avec un regard furieux. Eh, du calme ! Cet homme ne lui avait rien fait ! Il avait quelque chose contre les médecins ? Roy avança d'un pas, prêt à le maîtriser en cas de besoin. Qu'il se calme, ils n'étaient pas là pour le torturer aussi, seulement pour avoir des explications ! Pas étonnant qu'il ait une aussi sale mine, en tout cas, s'il passait ses journées dans des laboratoires... Mais pourquoi restait-il dans l'armée ?! A quoi bon ? Il échangea un regard avec Riza, déboussolé. Une armée qui était capable de faire ça à ses propres troupes... Pays de sauvages. Ou d'une dictature bien plus dure que la leur.

Gavin – Je comprends que vous soyez méfiants, dit-il d’un ton plus calme en repoussant encore l’infirmier. Mais vous, essayez de comprendre que je ne peux pas me permettre de perdre du temps à faire joujou. Notre armée… Comment expliquer ça…

Il serra tout à coup les poings en fermant les yeux. Roy plissa légèrement les yeux, comprenant d'un seul coup le véritable problème, la seule raison valable qui pourrait pousser un homme à se conduire ainsi, alors qu'il venait d'être fait prisonnier, alors qu'il risquait d'être enfermé un très long moment, voir pire. C'était évident, maintenant qu'il y songeait bien !

Gavin – Je dois y retourner parce que je n’ai pas le choix, voilà tout.

Roy – Vos supérieurs ont des otages ?

Il blêmit d'un seul coup, se mordant les lèvres, ce qui arracha un léger soupir à Roy. Donc c'était bien ça, une prise d'otage... Pour quelle raison des généraux d'armée pouvaient prendre des otages pour contraindre un colonel à rester tranquille ou faire ils ne savaient quoi ?! Il ne comprenait pas cette armée, plus le temps passait, et plus il s'imaginait une sorte de masse noire, cruelle, mouvante, prête à tout et envahissant le monde grâce aux ténèbres. Image qui lui arracha un léger frisson. Et dire qu'il croyait l'armée d'Amestris cruelle ! A côté d'eux, cette autre armée semblait faite de monstres. Il n'arrivait toujours pas y croire, à accepter l'idée que tout cela était réel. Ce type était... Non mais sérieusement ! Il avait été frappé, torturé même, et soumis à ses supérieurs grâce à une prise d'otage.

Lieutenant – Nous pouvons peut-être vous aider, si tel est le cas. Vous êtes de l'armée. Et colonel.

Gavin – Ne le dites pas au commandant… L’homme qui était avec moi. Ils ne savent rien et je ne veux pas qu’ils se mettent en danger à cause de moi.

Il croisa son regard puis le détourna, perdu. Donc c'était son équipe qui avait été prise en otage... Ses subordonnés, ses hommes, les personnes avec qui il devait travailler tous les jours. Lui-même serait pire que perdu si on menaçait son équipe, donc cela, il pouvait comprendre.

Lieutenant – Je pense qu'ils sont justement en droit de le savoir pour faire attention et ne pas se mettre en danger inutilement. Vous êtes une équipe... Vous devez rester unis, ils le sentiront si vous êtes inquiet.

Gavin – Peut-être, mais je n’ai pas le droit de leur en parler, reprit-il d’une voix plus rauque. Ils en ont déjà assez fait et je veux pas les impliquer dans certains problèmes.

Roy – Qu’avez-vous fait pour qu’on ait besoin de prendre des otages pour vous faire obéir ?

Il le regarda remettre tant bien que mal sa chemise, cachant à moitié les blessures dont il était recouvert. Il avait raison de ne rien dire à son équipe, finalement, malgré ce que pensait Riza. Effectivement, ce n'était pas une bonne idée de mettre son équipe en danger alors qu'on les menaçait déjà à cause de vous. A sa place, il ne dirait rien non plus, il ne voudrait pas impliquer là-dedans. Il ne dit plus rien, attendant simplement qu'il réponde. L'infirmier restait lui aussi à l'écart, comme perdu par la discussion, mais Roy lui fit signe de laisser couler. Il l'examinera plus tard, autant laisser faire pour le moment.

Gavin – Il y a dans notre pays des personnes capables de faire certaines choses… Avec le feu ou autre. Je l’ai dissimulé des années mais à cause d’un accident, mes supérieurs l’ont su. Maintenant, comme d’autres, je dois… Disons que l’armée est en train de former des armes humaines pour la prochaine guerre. Soit j’acceptais, soit ils liquidaient mes subordonnés.

Il eut l'air encore plus malade, alors que Roy se mordait les lèvres. Former des armes humaines pour la guerre, il avait la curieuse impression que le pays de ce type était en train de devenir comme le leur, une dictature militaire totale. Mais en plus dure. Plus violente. Personne ne forçait quelqu'un à être Alchimiste d'Etat, personne n'allait emmener des gamins, et la population civile n'était pas une sorte de matière première pour les expériences de l'armée. Elle ne l'était plus.

Roy – On a le même système, ici, mais c’est installé depuis longtemps et on ne force personne.

Gavin – Vous ne forcez personne ? grinça-t-il en redressant la tête. Vous voulez dire qu’il existe des personnes qui acceptent de leur plein gré de devenir des petits chiens de l’armée, sans lavage de cerveau au préalable ?

Le cœur de Roy rata brusquement un battement et il se sentit pâlir, alors que la honte venait à nouveau lui grignoter l'esprit. Oui, il y avait vraiment des personnes qui acceptaient cela... Il avait accepté. Il avait signé de son plein gré pour devenir le toutou de l'armée. Il ne sut quoi répondre sur le moment, gêné, ne sachant plus quoi dire.

Lieutenant – Chaque personne a ses motivations, vous ne pouvez pas juger ce système, vous utilisez des enfants alors qu'ici, ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'un enfant qui fait partie de ce système et il a des raisons personnelles qui l'y ont poussé, personne ne l'a obligé, contrairement à ce que vous faites chez vous. Ce sont vos paroles, ou alors j'ai mal compris ce que vous avez dit.

Gavin – Ravi de le savoir, soupira-t-il. Navré de vous avoir choqué, madame, mais pour moi, ça me semble logique que personne ne puisse vouloir de ça, surtout pas des enfants, sans avoir une arme pointée dans le dos. Si ça marche sans chez vous, j’en suis très heureux, ça prouve que le peuple de ce pays n’a pas besoin d’être trop poussé pour accepter d’être à la botte de l’armée. Vous pouvez bien croire que je suis ravi de voir des mômes là où ils n’ont rien à foutre.

Il retint un long soupir, les bras toujours croisé. D'accord, d'accord, mieux valait changer de terrain ! Il n'avait pas la moindre envie de se lancer dans le débat de savoir s'il était honorable ou non d'être à la botte de l'armée, peu importe les raisons. Tout cela était déjà assez perturbant pour ne pas en rajouter une couche. Il redressa la tête, se frottant un bref instant la tempe, puis fit appeler trois autres soldats dans l'infirmerie, alors que le type demandait ce qui allait se passer maintenant.

Roy – Nous allons interroger votre collègue… En attendant, vous allez devoir rester ici, on dirait que vous allez vous évanouir si vous vous mettez debout.

Il reçut en retour un regard tout à fait indigné mais n'y prit pas garde, quittant l'infirmerie avec le lieutenant. Il était encore plus perdu, peinant à comprendre et surtout à accepter ce qu'il avait entendu. Et pourtant, il avait vu les marques, lu dans les yeux de cet homme qu'il ne plaisantait pas. C'était pourtant si absurde ! Il s'arrêta dans le couloir près d'une fenêtre ouverte, silencieux et pensif. Une armée pouvant enlever et torturer ses propres officiers, massacrer sans honte... Il laissa passer un moment avant de soupirer, s'appuyant contre le rebord de la fenêtre.

Roy – Ne dites rien à son collègue, concernant la prise d'otage.

Il jeta un regard vers l'infirmerie, à l'autre bout du couloir. Une telle armée... Cela lui rappelait Ishbal, avec ses expériences sur les prisonniers et les cadavres. Comme si tout recommençait mais avec une autre armée, un autre pays. Le lieutenant lui jeta un regard choqué, alors qu'il revenait vers elle. Oui ? Elle aussi devait être troublée par tout ce qu'ils avaient entendu, c'était compréhensible. Ils devaient digérer, cela faisait beaucoup d'un seul coup, sans compter que l'univers qu'ils effleuraient ici était visiblement très sombre et dangereux. Roy doutait même de vouloir s'en approcher encore plus, tant cet univers sentait la mort.

Lieutenant – Sauf votre respect, je pense qu'il a le droit de savoir ce qui se passe. Le colonel Gavin ne peut pas prendre la décision seul, son équipe pourrait l'aider, j'en suis sûre.

Roy – On lui a ordonné de ne pas le faire, lieutenant, il les mettrait effectivement en danger de mort...

Il eut un faible sourire lorsqu'elle jeta un regard vers l'infirmerie à son tour.

Lieutenant – Un ordre... ? dit-elle en rougissant. Je n'avais pas compris que c'était un ordre, je pensais que... Oubliez ce que j'ai dit. Vous vouliez interroger son collègue, il doit sûrement nous attendre.

Ils reprirent leur chemin vers les salles d'interrogatoire, en silence durant un moment. Il réfléchissait, se demandant toujours quel était le danger qui pouvait bien menacer ce pays, au point d'en arriver à ce genre de mesure extrême. Torture, chantage, manipulation, haine, expériences... Et il ne savait toujours pas quoi faire de ces deux hommes. Il poussa la porte de la porte de la salle d'interrogatoire, puis s'arrêta tout net en voyant le commandant avachi sur la table en train de ronfler comme un bienheureux, même menotté. Mais il... Et bah bravo, pas du tout stressé, lui, au contraire ! Il admirait très sincèrement le contraste avec son supérieur hiérarchique. Roy soupira puis le réveilla d'une voix forte. Leur prisonnier battit des paupières puis se redressa avec lenteur, bâillant à s'en décrocher la mâchoire.

Roy – Vous n'êtes pas du genre stressé, vous, commenta-t-il d'un ton pincé en s'asseyant en face avec sa subordonnée.

Commandant – Non, jamais, dit-il en se frottant les yeux.

Roy prit une seconde, choqué, pour se reprendre. Il dormait ! Il était seul, séparé de son coéquipier, dans une droit inconnu, menotté, prisonnier, et il dormait ?! Sa subordonnée était tout aussi choquée que lui, alors que le grand militaire ne semblait pas plus perturbé que cela. Enfin bref... Le Colonel prit une petite inspiration après avoir secoué la tête et lui lança un long regard, reprenant un air sérieux.

Roy – Bon, nous venons d'interroger votre supérieur hiérarchique et nous avons discuté avec lui.

Commandant – Ah bon, il vous a même pas renvoyé balader ? se mit-il à rire en se redressant. C'est bizarre, d'habitude, il déteste que d'autres que nous viennent se mêler de ses affaires.

Il échangea un long regard avec sa subordonnée, stupéfait, choqué, complètement pris au dépourvu. Elle était ahurie, elle aussi, amis comment réagir autrement ! D'abord il dormait, maintenant il riait, pas stressé pour un sou. D'accord, bon, ce n'était pas grave. Revenir à l'essentiel.

Roy – Donc, vous êtes commandant... Quel âge avez-vous ?

Commandant – 39 ans ! Et j'ai un fils de sept ans, adorable, mignon comme un cœur ! Vous voulez voir mes photos ?

Roy ne put s'empêcher de songer à Hughes, sur le moment, refusant d'un geste. Ils n'étaient pas là pour ça, mais pour l'interroger ! Et cela commençait déjà à lui porter sur les nerfs, il était perturbé par ce type qui ne montrait pas en seule once de stress ou de peur, alors que sa situation était tout sauf enviable. Mais le commandant était déjà en train des e démener avec ses menottes et posa beaucoup de clichés sur la table, en brandissant un avec une très grande fierté, où on pouvait le voir avec un petit garçon blond dans les bras.

Commandant – Il s'appelle Louis ! Il a sept ans, il est si mignon, c'est mon bébé ! J'ai pris plein de photos de lui. Celle-là, c'est avec le lieutenant, une coéquipière. J'ai toujours dit au Colonel qu'il bavait sur elle mais il n'a jamais ouvert les yeux, c'est désespérant.

Non mais... Ils n'étaient pas là pour çaaa ! Il eut un regard halluciné pour le commandant, tombant des nus devant son comportement. Et lui abhorrait un immense sourire béat, comme si leur montrer des photos des ses amis et coéquipiers était la plus grande joie du monde.

Commandant – Elle est sniper mais très gentille, elle a un cœur en or ! Oh, et là, regardez, c'est la caserne, et là, c'est ma femme, et là...

Il continua ainsi à débiter tout son laïus, leur présentant tous les membres de son équipe un par un le plus naturellement du monde, comme si c'était une réunion avec de vieux amis qu'on venait de retrouver après de trop longues années d'absence. Roy ne savait plus quoi dire ni quoi faire, se contentant de le regarder, à la fois amusé et choqué. Il ne se rendait même pas compte que la situation était tout à fait irréelle ? Il... Mais enfin ! Il faillit se prendre la tête entre les mains, se demandant pourquoi une journée aussi normale avait bien pu tourner comme cela. Tout avait pourtant si bien commencé ! Mais la folie les avait tous gagné, et peut-être pour de bon, cette fois. Le lieutenant posa tout à coup les mains sur les photos alors que Roy était au bord de la crise de nerfs. Il pouvait craquer, là, juste un peu ?

Lieutenant – Ecoutez, nous ne sommes pas là pour parler de vos amis, votre famille ou votre entourage, nous sommes là pour comprendre qui vous êtes, d'où vous venez... Mais pas tout ça.

Roy – Bien dit, marmonna-t-il entre ses dents, se tassant sur sa chaise.

Il se frotta les yeux et les tempes, désespéré. C'est bon, là, on pouvait revenir à la normale ?! Il se redressa, reprenant son souffle et ses idées. Le commandant souriait toujours en regardant son fils, sans aucun signe de tension.

Commandant – Qui je suis, bah, un soldat ! Je suis entré très jeune dans l'armée, j'avais envie de faire quelque chose pour mon pays ! Puis il y a eu la Grande Guerre, 9 millions de militaires tués, presque 21 millions de civils.

Roy – Pardon ? balbutia Roy.

Il le fixa, bouche bée, pétrifié, alors que les chiffres entraient dans son esprit. Qu'est-ce... mais le type resta complètement imperméable à leur choc, comme s'il n'évoquait là qu'une histoire passée, sans plus de conséquences aujourd'hui. Roy mit les mains sur sa bouche, coudes sur la table. En millions... 21 millions de civils... C'était pire qu'un carnage.

Commandant – Et une autre guerre plus meurtrière se prépare. C'est pour ça que l'armée essaye d'augmenter ses forces... Les méthodes sont dégueulasses, ouais, mais sur le fond, ça se défend.

Il y eut un instant de silence, durant lequel le commandant regardait ses photos, avec un air tendre, montrant bien qu'il appréciait chacune des personnes qui étaient dessus. Le Colonel comprenait plus de choses, d'un seul coup, il comprenait ce qui se passait, maintenant. Autant de morts en une seule guerre... Le commandant fouilla tout à coup dans les clichés et en sortit un autre, montrant une femme blonde, avec un air glacial, qui regardait le photographe comme si elle en avait assez qu'on vienne la voir.

Commandant – C'est la générale... Elle défend d'autres méthodes, contre le chef de l'armée. Elle n'est pas dans l'armée depuis très longtemps, deux ou trois mois, je dirais. Mais elle est puissante ! Chef de guerre dans l'âme et dans le sang, cette femme, la moitié de l'armée préfère la suivre et lutter avec elle. Le Colonel aussi.

Elle était générale... Depuis... Trois mois ... ? Il avait bien entendu, là ?! Depuis trois mois ?! C'était complètement impossible ! Qu'est-ce que c'était que cette armée ?! Il fixa la photo, la bouche entrouverte. C'était une femme et elle était à ce grade depuis trois mois... Trois mois ! Il secoua la tête, hallucinant, déboussolé. Il voulait bien croire qu'elle avait ça dans le sang, en effet ! Depuis trois mois... Il était si choqué que toute réaction restait coincée dans la gorge. Une femme, arrivée à un tel grade en trois mois à peine, cela relevait du miracle, surtout au sien d'une telle armée. Il releva la tête, avec un léger tournis. Général depuis trois mois, à peine entrée dans l'armée, et c'était une femme.

Lieutenant – Elle est dans l'armée depuis trois mois et est générale ? Mais comment... Comment a-t-elle fait ? Vous n'avez pas de problème avec les femmes dans l'armée, chez vous ?

Commandant – Elle n'a rien fait, c'est le Maréchal qui l'a nommé directement, lorsqu'il l'a obligée à rentrer dans l'armée. De toute façon, la moitié du pays était déjà derrière elle et une bonne partie de l'armée. Elle est un peu... Dangereuse.

Lieutenant – Dangereuse et il la nomme générale... ?

Commandant – Je crois que ça l'amuse, il a enfin trouvé quelqu'un pour lui résister... C'est une ordure, mais il est loyal et préfère se battre à armes égales. Au moins, s'il meurt, elle pourra diriger l'armée à sa place lorsque la guerre reviendra.

D'accord... Il retint un long soupir, une main sur le front pour soutenir sa tête. Il comprenait cette histoire beaucoup mieux, maintenant, mais savoir ça... Il n'avait pas spécialement envie de rencontrer cette femme, à présent, vu le portrait qu'on venait de leur dessiner.

Roy – Charmante, autrement dit... Pour diriger ce genre d'armée... D'autres questions à poser, lieutenant ? Après, on fera une pause, ma tête va exploser.


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Jeu 11 Juin 2015 - 0:21

Gavin – Oui, soupira-t-il. Je veux dire non, enfin, ce n’est pas lui, pas directement. Et même si j’étais blessé à mort, je ne vois pas en quoi ça pourrait vous concerner. Vous ne trouvez pas qu’on a assez perdu de temps, non ? Et vous, bas les pattes !

« Oui, je veux dire non » ? Riza fronça les sourcils et se retint de s’emparer de son arme à la dernière seconde lorsque le colonel Gavin remballa l’infirmier. C’était instinctif ! Mais soit, doucement. Cet homme lui faisait presque de la peine, à être dans cet état. Il était épuisé, avait vraiment une sale mine, et se faisait frapper par son supérieur. Dans quelle armée avait-il été engagé ?! Et dire que son père reprochait au Colonel de s’être engagé dans une armée trop violente, qui ne respectait pas tout un tas de choses… Il devait se retourner dans sa tombe en entendant cette discussion. Comment pouvait-on torturer ainsi des soldats ? Ils étaient avec eux, pas contre eux ! Elle échangea un regard avec le Colonel qui avait l’air aussi perdu qu’elle. Cette armée était bizarre…

Gavin – Je comprends que vous soyez méfiants, dit-il d’un ton plus calme en repoussant encore l’infirmier. Mais vous, essayez de comprendre que je ne peux pas me permettre de perdre du temps à faire joujou. Notre armée… Comment expliquer ça…

Il avait vraiment l’air torturé, piégé, comme s’il était pieds et poings liés mais obligé de continuer. D’une certaine façon, il lui rappelait le Colonel lors de la guerre contre Ishbal, dans ses moments de doutes. Il avait cet air complètement perdu, mais semblait en plus pressé et terrorisé. Que lui avait-on dit pour qu’il réagisse comme cela ? Pour qu’il se sente oppressé à ce point et qu’il se presse à aller voir son propre supérieur, ce « Bradley » qui n’était pas le même que le leur ?

Gavin – Je dois y retourner parce que je n’ai pas le choix, voilà tout.

Colonel – Vos supérieurs ont des otages ?

Riza lança un regard interrogateur à son supérieur, se demandant d’où il tirait cette théorie extravagante. Mais, en voyant la réaction de leur prisonnier, elle dut reconnaître qu’il avait vu juste. Comment avait-il… Une minute. Pause. Lui aussi réagirait de la même manière si, effectivement, Bradley avait des otages à qui il tenait… Elle en était persuadée. Surtout si ces otages en question étaient son équipe. Mais qu’avait-il bien pu faire pour être menacé de la sorte ? S’il était Colonel, il devait bien avoir mérité son grade ! Alors pourquoi ? Ils devaient l’aider, faire quelque chose. Il était militaire comme eux, était de leur côté. Ils devaient se soutenir les uns les autres.

Riza – Nous pouvons peut-être vous aider, si tel est le cas. Vous êtes de l'armée. Et colonel.

Gavin – Ne le dites pas au commandant… L’homme qui était avec moi. Ils ne savent rien et je ne veux pas qu’ils se mettent en danger à cause de moi.

Pardon ? Mais ils avaient le droit de savoir ! Une équipe est unie et soudée et doit l’être. Surtout dans des moments comme celui-ci, il était question de leur vie ! Riza, elle, voudrait que le Colonel le lui dise si on le menaçait de la sorte. Quel qu’en soit le prix, peu importe s’il ne voulait pas qu’elle s’inquiète, elle voulait elle-même décider et savoir à quoi s’en tenir. Lorsqu’elle s’était engagée dans l’armée, elle savait qu’elle risquait sa vie et qu’elle en dépendait. Cet homme devait comprendre que c’était aussi le cas de ses coéquipiers. En plus, l’unité d’une équipe repose sur la confiance ! Comment pouvaient-ils rester unis si le colonel Gavin leur cachait des choses d’une aussi grande importance ?

Riza – Je pense qu'ils sont justement en droit de le savoir pour faire attention et ne pas se mettre en danger inutilement. Vous êtes une équipe... Vous devez rester unis, ils le sentiront si vous êtes inquiet.

Gavin – Peut-être, mais je n’ai pas le droit de leur en parler, reprit-il d’une voix plus rauque. Ils en ont déjà assez fait et je veux pas les impliquer dans certains problèmes.

Colonel – Qu’avez-vous fait pour qu’on ait besoin de prendre des otages pour vous faire obéir ?

Elle n’approuvait pas l’idée de ne rien dire à son équipe mais n’ajouta rien. Il fallait qu’il leur en parle, qu’il les prévienne… C’était leur vie ! Cependant, la question du Colonel était pertinente. Elle ne comprenait pas ce qu’il avait fait et n’avait pas l’air fautif ou coupable d’une quelconque trahison. Et puis, vu le tableau qu’il venait de peindre de l’armée qu’il connaissait, Riza doutait fortement de la culpabilité du colonel Gavin là-dedans… Il avait plutôt l’air d’être le bouc émissaire, dans l’histoire. Et pas que lui. Il referma sa chemise sous leurs yeux, la jeune femme baissa la tête par respect, attendant sa réponse.

Gavin – Il y a dans notre pays des personnes capables de faire certaines choses… Avec le feu ou autre. Je l’ai dissimulé des années mais à cause d’un accident, mes supérieurs l’ont su. Maintenant, comme d’autres, je dois… Disons que l’armée est en train de former des armes humaines pour la prochaine guerre. Soit j’acceptais, soit ils liquidaient mes subordonnés.

Colonel – On a le même système, ici, mais c’est installé depuis longtemps et on ne force personne.

Gavin – Vous ne forcez personne ? grinça-t-il en redressant la tête. Vous voulez dire qu’il existe des personnes qui acceptent de leur plein gré de devenir des petits chiens de l’armée, sans lavage de cerveau au préalable ?

Hélà ! Certaines personnes acceptent, oui, même toutes ! D’accord, les privilèges accordés aux Alchimistes d’Etat pouvaient faire réfléchir, mais eux n’allaient pas obliger quelqu’un à le devenir, n’allaient pas le menacer pour l’être ! Autre différence, encore : eux ne demandaient pas à des enfants de faire partie de tout cela. Le seul enfant, actuellement, était Edward Elric qui avait choisi de devenir Alchimiste d’Etat pour des raisons personnelles. Et encore, il n’était pas très porté sur la question de la discipline, loin de là. Riza vit nettement son supérieur pâlir et lança un regard noir à leur prisonnier, se redressant pour se mettre bien droite. Il n’avait pas le droit de parler comme cela de choses qu’ils ne connaissaient pas, de juger des principes qui étaient différents d’un pays à l’autre !

Riza – Chaque personne a ses motivations, vous ne pouvez pas juger ce système, vous utilisez des enfants alors qu'ici, ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'un enfant qui fait partie de ce système et il a des raisons personnelles qui l'y ont poussé, personne ne l'a obligé, contrairement à ce que vous faites chez vous. Ce sont vos paroles, ou alors j'ai mal compris ce que vous avez dit.

Gavin – Ravi de le savoir, soupira-t-il. Navré de vous avoir choqué, madame, mais pour moi, ça me semble logique que personne ne puisse vouloir de ça, surtout pas des enfants, sans avoir une arme pointée dans le dos. Si ça marche sans chez vous, j’en suis très heureux, ça prouve que le peuple de ce pays n’a pas besoin d’être trop poussé pour accepter d’être à la botte de l’armée. Vous pouvez bien croire que je suis ravi de voir des mômes là où ils n’ont rien à foutre.

Riza ne répondit rien, préférant se taire pour ne pas aggraver la situation. Ce n’était pas nécessaire, le colonel Gavin avait l’air épuisé et devait se reposer, voilà tout. L’infirmier, lui, semblait déçu de ne pas pouvoir l’examiner comme on le lui avait demandé mais se résigna tout de même – ce n’était pas comme s’il avait vraiment le choix… Ils n’étaient pas comme ça, le peuple n’était pas « à leur botte », comme il disait, loin de là. Elle pouvait comprendre qu’il pense cela, peut-être qu’en France, les choses sont différentes… Non, pas peut-être, sûrement, vu ce qu’il leur avait décrit. A choisir entre Amestris et la France, Riza choisissait Amestris sans hésiter. Cette armée était très bien, très calme, pas de problème là-dessus.

Gavin – Et maintenant ?

Colonel – Nous allons interroger votre collègue… En attendant, vous allez devoir rester ici, on dirait que vous allez vous évanouir si vous vous mettez debout.

Très bonne idée. Trois militaires les rejoignirent immédiatement, leur prisonnier lançant un regard outré au Colonel. Il voyait bien qu’ils ne voulaient que l’aider ! De toute manière, pour l’instant, ils étaient bloqués. Cette armée de France était effrayante, déroutante, Riza ne comprenait pas comment elle pouvait exister. Maîtriser à ce point les personnes qui montraient une envie de sortir du système, mater les personnes différentes avec des menaces… Un frisson lui parcourut le dos tandis qu’ils sortaient de l’infirmerie et marchaient dans le couloir.

Le Colonel s’arrêta soudain à une fenêtre, Riza en fit de même en attendant qu’il se remette à marcher. Elle devinait sans mal ses pensées, cette discussion avait été longue et éprouvante et avait ramené d’anciens souvenirs à la surface. Il finit par soupirer et s’appuya sur le rebord de la fenêtre. Ils devaient peut-être remettre l’interrogatoire de l’autre homme à plus tard, s’il était fatigué. Avec tout ce qu’ils apprenaient en l’espace de quelques minutes, une pause n’était pas de refus.

Colonel – Ne dites rien à son collègue, concernant la prise d'otage.

Pardon ? Il s’y mettait, lui aussi ? Mais ils devaient le prévenir ! Cet homme était mal en point, malade, inquiet, et il faisait la plus grosse bêtise de sa vie en refusant d’en parler à ses coéquipiers ! Si le Colonel s’apprêtait à lui dire qu’il aurait réagi de la même manière, Riza comptait bien lui expliquer son point de vue. En le respectant, bien sûr, mais cacher cela à son équipe… Il regarda à nouveau vers l’infirmerie et le lieutenant le soupçonnait fortement de penser la même chose que le colonel Gavin. Il ne pouvait pas réellement être de son côté… ?

Riza – Sauf votre respect, je pense qu'il a le droit de savoir ce qui se passe. Le colonel Gavin ne peut pas prendre la décision seul, son équipe pourrait l'aider, j'en suis sûre.

Colonel – On lui a ordonné de ne pas le faire, lieutenant, il les mettrait effectivement en danger de mort...

… Il… Mais c’était… Mais il avait dit « droit » ! Ah… « droit » dans ce sens-là. Riza se sentit horriblement mal à l’aise, d’un seul coup, et lança un regard vers l’infirmerie en ayant envie de partir d’ici le plus vite possible. Et le Colonel qui souriait… Il aurait pu lui dire directement que c’était un ordre plutôt que de la laisser insister de la sorte !

Riza – Un ordre... ? dit-elle en rougissant. Je n'avais pas compris que c'était un ordre, je pensais que... Oubliez ce que j'ai dit. Vous vouliez interroger son collègue, il doit sûrement nous attendre.

Changer de sujet pour faire oublier cette petite gaffe était le meilleur des remèdes. Le lieutenant suivit son supérieur en silence, repensant à tout ce qu’avait dit le colonel Gavin concernant l’armée, les armes humaines, les mesures qui étaient prises, les menaces… Pour qu’un pays en vienne à faire de telles choses, dans quel état était-il ? Pourquoi une telle vague de sévérité, pourquoi instaurer une dictature et manipuler des enfants ? Riza ne comprenait pas et n’était pas sûre de le vouloir. Son père détestait l’armée d’Amestris, mais s’il avait connu l’existence de cette armée-là, il aurait sûrement changé d’avis…

Ils arrivèrent aux salles d’interrogatoire, toujours silencieux, et trouvèrent le second prisonnier… endormi. Il était… endormi ?! Il était prisonnier, dans un pays qu’il ne connaissait pas, séparé de son supérieur, et il dormait ?! Riza se retint d’ouvrir la bouche tant elle était choquée tandis que le Colonel le réveillait après avoir poussé un gros soupir. Il avait des airs de Havoc, celui-là… Elle hésitait entre halluciner complètement et désespérer. Il était séparé de l’unique personne qu’il connaissait, enfin ! Dans une caserne complètement inconnue, sans arme, menotté ! Et il dormait… Il ronflait, même. C’était…

Colonel – Vous n'êtes pas du genre stressé, vous, commenta-t-il d'un ton pincé en s'asseyant en face avec sa subordonnée.

Commandant – Non, jamais, dit-il en se frottant les yeux.

… Ne pas relever. Ne pas relever. Ne pas relever. Oh et puis si : comment pouvait-il être aussi détendu ?! C’était incroyable ! Il ne stressait vraiment pas, comme s’il était dans une situation tout à fait normale ! Riza lança un regard au Colonel, essayant de voir si elle avait bien entendu. Mais la tête qu’il faisait montrait que oui, elle avait encore une bonne ouïe. Elle n’avait, malheureusement, pas rêvé. Le contraste était énorme entre le colonel Gavin et son subordonné… L’un était stressé, sur les nerfs, pressé, et l’autre… Tout le contraire. Riza ne dit rien, toujours sous le choc, et laissa le Colonel gérer la discussion. Il prit une inspiration et secoua la tête, ce qui la rassura étrangement. Elle était normale, lui aussi aurait réagi comme elle et pas comme cet homme.

Colonel – Bon, nous venons d'interroger votre supérieur hiérarchique et nous avons discuté avec lui.

Commandant – Ah bon, il vous a même pas renvoyé balader ? se mit-il à rire en se redressant. C'est bizarre, d'habitude, il déteste que d'autres que nous viennent se mêler de ses affaires.

Le lieutenant échangea un regard avec le Colonel, toute aussi perdue que lui. Cet homme faisait vraiment partie de l’armée ? Il se moquait d’eux ou bien… ? Non, non, ne pas juger, il devait avoir une mentalité… particulière. Il prenait les choses du bon côté, c’était un point fort. Même si dormir dans la salle d’interrogatoire d’une caserne inconnue restait incompréhensible et complètement ahurissant… Il se réveillait dans un pays étranger, en plein désert, et pensait à son fils. Il était emmené dans une salle d’interrogatoire et dormait. Et maintenant, il riait. Non, définitivement, Riza ne pouvait pas comprendre une telle désinvolture.

Colonel – Donc, vous êtes commandant... Quel âge avez-vous ?

Commandant – 39 ans ! Et j'ai un fils de sept ans, adorable, mignon comme un cœur ! Vous voulez voir mes photos ?

Autre preuve… Comment faisait-il ? Non, mais vraiment, comment faisait-il pour être aussi détendu ? Riza voulait bien la recette, sincèrement, elle en aurait bien besoin parfois. Non pas qu’elle soit particulièrement stressée ou nerveuse, mais à force de veiller sur certaines personnes, elle était moins détendue à long terme. Surtout pendant certaines périodes. Le Colonel refusa d’un geste mais le commandant se battait déjà avec ses menottes et finit par sortir divers clichés sur lesquels posait un petit garçon blond. Plusieurs, plein, beaucoup. Trop. Ils n’étaient pas là pour ça mais pour l’interroger ! Quand allait-il enfin ouvrir les yeux ?!

Commandant – Il s'appelle Louis ! Il a sept ans, il est si mignon, c'est mon bébé ! J'ai pris plein de photos de lui. Celle-là, c'est avec le lieutenant, une coéquipière. J'ai toujours dit au Colonel qu'il bavait sur elle mais il n'a jamais ouvert les yeux, c'est désespérant.

Riza se retint de justesse de porter une main à son visage, désespérée. Le Colonel était dans le même état qu’elle, semblant ignorer que faire pour canaliser cet homme et pouvoir lui parler, avoir des informations concrètes et non pas regarder des photos de personnes qu’ils ne connaissaient pas. Et maintenant, il passait à ses amis, ses coéquipiers, des visages encore et toujours, des scènes représentées sur des vingtaines, trentaines de clichés. Il y en avait tant que Riza se demandait sincèrement il pouvait bien mettre tout cela. D’accord, peut-être pas des trentaines, mais il y en avait trop. Et il continuait, encore, et encore…

Commandant – Elle est sniper mais très gentille, elle a un cœur en or ! Oh, et là, regardez, c'est la caserne, et là, c'est ma femme, et là...

Cette fois, c’était la photo d’une jeune femme blonde, guère plus vieille que Riza. Si le contexte avait été différent, la ressemblance entre leur équipe et celle de cet homme l’aurait frappée et choquée. Mais là, le lieutenant était tellement exaspérée et au bord de la crise de nerfs que ce constat ne la choqua pas plus que cela. Il continuait encore et encore, toujours… Quand allait-il s’arrêter ?! Asseeeez ! Elle céda au bout d’un moment qui lui parut interminable et posa ses mains sur les photos pour interrompre les gestes du commandant. Stop, c’est bon, il leur avait présenté toute sa famille, tous ses amis, toute son équipe, c’était bieeen assez ! Ils pouvaient revenir au sujet principal ? Oui ? Bon, ne pas hurler, prendre un ton normal, être patiente. Reeeespirer.

Riza – Ecoutez, nous ne sommes pas là pour parler de vos amis, votre famille ou votre entourage, nous sommes là pour comprendre qui vous êtes, d'où vous venez... Mais pas tout ça.

Colonel – Bien dit, marmonna-t-il entre ses dents, se tassant sur sa chaise.

Le lieutenant remarqua, du coin de l’œil, que le Colonel se frotta les yeux et les tempes, mais ne dit rien. Elle reprenait le flambeau, pas de problème, elle pouvait y arriver. Elle continuait de fixer le commandant qui souriait toujours, se retenant de soupirer et de désespérer pour de bon. Il avait fini avec les photos, ils pouvaient parler, c’était bon.

Commandant – Qui je suis, bah, un soldat ! Je suis entré très jeune dans l'armée, j'avais envie de faire quelque chose pour mon pays ! Puis il y a eu la Grande Guerre, 9 millions de militaires tués, presque 21 millions de civils.

Il… Il avait dit « millions » ? Millions ? Riza ne put camoufler son choc, cette fois-ci, pendant que le Colonel l’exprimait clairement. Millions… Des millions de personnes avaient été tuées dans une guerre… Eux-mêmes avaient très mal digéré la guerre contre Ishbal qui ne comptait « que » des milliers de morts. Mais cette guerre-là… Le Colonel mit les mains sur sa bouche tandis que Riza restait pétrifiée, choquée, plus pâle que jamais. Millions… Il avait dit « millions »…

Commandant – Et une autre guerre plus meurtrière se prépare. C'est pour ça que l'armée essaye d'augmenter ses forces... Les méthodes sont dégueulasses, ouais, mais sur le fond, ça se défend.

Riza ne trouva plus rien à dire, choquée, comme si un gros coup de massue venait de s’abattre sur elle. Millions… Des millions de personnes avaient été tuées par la guerre, chez eux. En considérant cela, l’objectif de leur armée était compréhensible. Comment leur reprocher de vouloir éviter un nouveau carnage comme celui-là ? Une « guerre plus meurtrière » se préparait, selon lui, et le lieutenant ne pouvait s’empêcher de frissonner en y pensant.

Des millions d’enfants s’étaient retrouvés orphelins, des adultes avaient perdus des amis, de la famille… Des centaines de familles avaient été décimées. Par une guerre. Une seule guerre. Le commandant leur montra une autre photo à laquelle Riza ne jeta qu’un vague coup d’œil, perturbée. Elle avait tué des gens, oui, des centaines de personnes, des milliers. Mais pas des millions. Et elle espérait ne jamais devoir le faire.

Commandant – C'est la générale... Elle défend d'autres méthodes, contre le chef de l'armée. Elle n'est pas dans l'armée depuis très longtemps, deux ou trois mois, je dirais. Mais elle est puissante ! Chef de guerre dans l'âme et dans le sang, cette femme, la moitié de l'armée préfère la suivre et lutter avec elle. Le Colonel aussi.

… Générale et tout juste entrée dans l’armée ? Riza fit des yeux ronds en jetant un regard beaucoup plus intéressé à la photo. Cette femme était générale ?! Mais qu’est-ce que c’était, comme armée ? Elle tuait, torturait, menaçait, et nommait des femmes générales au bout de trois mois ? Là, c’est bon, elle était perdue. Complètement perdue. Le Colonel réagissait comme elle, ce qui était loin d’être étonnant. Son parcours était exceptionnel, il était jeune et déjà colonel. Elle-même avait vite progressé, compte tenu de son statut. Mais là, cette femme battait tous les records…

Riza – Elle est dans l'armée depuis trois mois et est générale ? Mais comment... Comment a-t-elle fait ? Vous n'avez pas de problème avec les femmes dans l'armée, chez vous ?

Commandant – Elle n'a rien fait, c'est le Maréchal qui l'a nommé directement, lorsqu'il l'a obligée à rentrer dans l'armée. De toute façon, la moitié du pays était déjà derrière elle et une bonne partie de l'armée. Elle est un peu... Dangereuse.

Stoooop ! Pause. Riza fronça les sourcils avant de dévisager un long moment le commandant. Cette femme était « dangereuse »… Dangereuse, mais pourtant, elle faisait partie de l’armée et était générale ? Ca en faisait trop, là, elle avait besoin d’une pause. C’était impossible. Entre les millions de morts, la guerre qui se prépare, les tortures, les menaces, l’alchimie qui n’en est pas… Elle avait sérieusement besoin d’air, là.

Riza – Dangereuse et il la nomme générale... ?

Commandant – Je crois que ça l'amuse, il a enfin trouvé quelqu'un pour lui résister... C'est une ordure, mais il est loyal et préfère se battre à armes égales. Au moins, s'il meurt, elle pourra diriger l'armée à sa place lorsque la guerre reviendra.

Colonel – Charmante, autrement dit... Pour diriger ce genre d'armée... D'autres questions à poser, lieutenant ? Après, on fera une pause, ma tête va exploser.

Le Colonel n’avait pas l’air en meilleur état que Riza. Et elle, pour être honnête, voulait surtout sortir, faire une pause, respirer. Repenser à tout cela en dehors d’une salle d’interrogatoire, prendre le temps, simplement. Cela faisait trop d’informations d’un coup, il fallait qu’elle digère absolument, sentant la migraine arriver. Le lieutenant fit non de la tête, préférant vraiment sortir. De toute manière, le commandant avait l’air en forme, ils ne devaient pas s’inquiéter pour lui.

Riza – Non, j’ai besoin de prendre l’air, moi aussi. Nous avons assez d’informations pour commencer, je pense.

Ils sortirent tous les deux de la salle d’interrogatoire, laissant le commandant avec ses photos et son air béat. Qu’il soit comme cela était rassurant, d’un côté, cela montrait qu’ils vivaient quand même malgré tout ce qui s’était passé. Dans un pays pareil, avec une telle histoire, la vie ne devait pas être facile tous les jours. Riza souffla dès qu’ils furent sortis mais, à peine eurent-ils fait quelques mètres qu’un soldat arriva jusqu’à eux.

Soldat – Le prisonnier que vous avez ramené s’est évanoui, Colonel, on m’a demandé de venir vous prévenir.

Encore ?! Pitié, ils ne pouvaient pas respirer DEUX minutes ? Juste deux minutes de repos, c’était impossible ? Le Colonel leva les yeux au ciel avant de soupirer. D’accord, ce n’était pas étonnant, mais que cela arrive maintenant… Sincèrement, elle s’en serait bien passé.

Colonel – Sans blague.... Vu sa tête... Emmenez-le à l'hôpital mais ne le laissez pas sans surveillance.

Le soldat hocha la tête avant de repartir dans la direction de laquelle il venait d’arriver. Le colonel Gavin n’allait sûrement pas aimer, vu la réaction qu’il avait eue lorsque l’infirmier avait voulu l’examiner, mais tant pis. Il devait comprendre qu’ils ne leur voulaient aucun mal ! Ils voulaient simplement l’aider et là, il avait besoin de repos, de souffler, de ne plus penser à son équipe pendant quelques heures. Il devait absolument dormir, sinon il ne pourrait clairement pas tenir longtemps et exécuter les ordres de son supérieur. Riza sursauta soudain en voyant un soldat tomber à leurs pieds, juste derrière eux, et… la… La femme de la photo, la générale après trois mois… Elle était là. Là, devant eux, en chaire et en os. Le Colonel s’était retourné en même temps que Riza et avait fait un bond en arrière, la reconnaissant lui aussi.

Générale – Vous parlez bien du Colonel Gavin ? Permettez que je le récupère, je suis pressée.

Colonel – Le... Comment vous avez fait pour entrer ici ?!

Générale – Vous tenez vraiment à ce que je vous montre ... ? Vos hommes sont mal entraînés. En attendant, pourquoi vous avez arrêté le colonel ?

Colonel – Parce qu'il avait un comportement louche et que... Peu importe, on a éclairci tout ça. C'est bien vous, la générale bizarre ?

… Colonel ! Riza lui lança un regard d’avertissement, se retenant de lui donner un coup de coude. Le commandant avait dit qu’elle était dangereuse ! Et, au cas où il ne l’avait pas remarqué, elle était entrée ici entière et seule ! Alors qu’ils étaient dans une caserne qu’elle ne connaissait pas, qu’elle n’avait jamais vue, et était aussi perdue que ses coéquipiers – s’ils étaient bien ses coéquipiers. Le lieutenant eut confirmation en voyant la générale lancer un regard noir à son supérieur pendant que des… des… Des étincelles émanaient de ses mains ?! Elle… C’était cela qu’il voulait dire. Et le Colonel lui avait dit « générale bizarre »… Bravo ! Il devait vraiment apprendre à mesurer ses paroles, son humour n’était pas apprécié de tout le monde…

Générale – La « générale bizarre » ? Qu'est-ce que l'autre imbécile vous a dit ?!

Colonel – Et si on discutait de tout cela autour d'une tasse de thé très tranquillement sans tuer personne ?


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Jeu 11 Juin 2015 - 12:44

Le commandant battit des paupières en rouvrant les yeux, réveillé par une voix inconnue. Hum ? Il n’avait pas le droit de dormir ? Il avait pourtant bien le droit d’être un peu fatigué, après ce genre de voyage ! Il se redressa alors qu’un jeune et une fillette blonde s’asseyaient face à lui. Ah oui, c’était eux, le colonel et le lieutenant de l’autre armée qu’ils avaient croisé ! Et qui les avait arrêtés, en plus, quelle méfiance incroyable envers les étrangers, d’autant plus que pour une fois, ils n’avaient absolument rien à se reprocher ! S’ils voulaient les mettre en prison, ils devraient prendre une autre raison, il y en avait bien assez en ce moment. Ou alors, ils étaient en guerre ici, dans ce pays ? Ce serait dommage, d’après ce qu’Alex avait pu voir par la fenêtre, cette région avait l’air plutôt paisible. Pas trop boisée, certes, mais calme. Il avait toujours aimé les forêts.

Colonel – Vous n'êtes pas du genre stressé, vous, commenta-t-il d'un ton pincé en s'asseyant en face avec sa subordonnée.

Commandant – Non, jamais, dit-il en se frottant les yeux.

A quoi bon stresser ? Tout allait bien ! Ni lui ni le Colonel n’étaient coupables de rien donc il ne voyait pas où était le problème. Il suffisait de discuter tranquillement, de s’expliquer et voilà, histoire terminée. Ensuite, ils pourront rentrer chez eux ! Il avait hâte d’être à dimanche, il pourra aller se balader en vélo avec sa femme et leur petite bouille d’ange, puis pique-niquer au bord du lac. Douce joie de l’été, qui permettait tant de belles sorties ! C’était plus pénible en hiver, quand ils ne pouvaient pas filer dans les chemins de campagne ou lorsqu’il y avait trop de vent. Il rêva un moment à sa jolie femme. Peut-être acceptera-t-elle d’agrandir leur foyer avec un second enfant ? Il aimerait tant avoir une petite fille à câliner et aimer, une petite sœur pour Louis, un nouvel ange dans leur foyer.

Colonel – Bon, nous venons d'interroger votre supérieur hiérarchique et nous avons discuté avec lui.

Commandant – Ah bon, il vous a même pas renvoyé balader ? se mit-il à rire en se redressant. C'est bizarre, d'habitude, il déteste que d'autres que nous viennent se mêler de ses affaires.

Ou alors, il devait être tellement crevé qu’il n’avait pas réussi à s’énerver ! Ah là là, pauvre garçon, voilà ce qui arrivait quand on ne prenait pas soin de soit ! John en ferait une maladie, s’il était là, il prenait un soin maniaque de ses amis et détestait quand ils ne prenaient pas soin d’eux. Pauvre colonel, le sous-lieutenant allait le tuer s’il le voyait revenir malade et apprenait qu’il n’avait même pas pris la peine de se soigner ! Sans oublier Isabelle, elle n’allait pas le rater non plus.

Colonel – Donc, vous êtes commandant... Quel âge avez-vous ?

Commandant – 39 ans ! Et j'ai un fils de sept ans, adorable, mignon comme un cœur ! Vous voulez voir mes photos ?

Il tira le paquet de photo de l’intérieur de sa veste avec un peu de peine, étant toujours menotté, mais absolument ravi de pouvoir faire découvrir à de nouvelles personnes à quel point son fils était mignon et adorable ! Et il fallait absolument qu’il leur présente ses coéquipiers aussi ! Il parvint à tirer les clichés puis les posa sur la table, brandissant une photo de son petit garçon avec un air victorieux. C’était son petit bout de chou à lui ! Son enfant, son bébé ! Le petit soleil de son existence ! Dans quelques années, il deviendra un très bel homme, grand et fort comme son papa ! Alex se retint d’embrasser la photo, complètement gaga devant ce chérubin adorable qui avait illuminé sa vie.

Commandant – Il s'appelle Louis ! Il a sept ans, il est si mignon, c'est mon bébé ! J'ai pris plein de photos de lui. Celle-là, c'est avec le lieutenant, une coéquipière. J'ai toujours dit au Colonel qu'il bavait sur elle mais il n'a jamais ouvert les yeux, c'est désespérant.

Il leur montra des photos, représentant tour à tour sa femme, son fils, des amis, ses coéquipiers, le lieutenant avec le colonel, lui-même avec John et ainsi de suite.

Commandant – Elle est sniper mais très gentille, elle a un cœur en or ! Oh, et là, regardez, c'est la caserne, et là, c'est ma femme, et là...

Il se lança dans une description de tout le monde, avec un air béat, ravi de les présenter. Dommage qu’ils n’étaient pas ici, ils auraient pu les rencontrer en chair et en os ! Le lieutenant posa tout à coup une main sur les photos, alors qu’il leur expliquait à quel point il était exaspérant de voir le colonel et le lieutenant se tourner autour sans qu’il y en ait un qui se décide à déclarer sa flamme à l’autre. Ils étaient faits l’un pour l’autre, même un aveugle le verrait ! Mais ici, non, c’était horrible d’attendre alors qu’ils refusaient d’ouvrir les yeux ! Il leur avait dit combien de fois, avec ça ? C’était exaspérant. Ils n’étaient pas d’accord, ces deux-là ? Oh ? Ils devaient forcément l’être car la situation était flagrante ! Mais tout n’était pas perdu, il se promettait de ne pas lâcher l’affaire tant qu’ils ne se seront pas parlés sérieusement !

Lieutenant – Ecoutez, nous ne sommes pas là pour parler de vos amis, votre famille ou votre entourage, nous sommes là pour comprendre qui vous êtes, d'où vous venez... Mais pas tout ça.

Colonel – Bien dit, marmonna-t-il entre ses dents, se tassant sur sa chaise.

Commandant – Qui je suis, bah, un soldat ! Je suis entré très jeune dans l'armée, j'avais envie de faire quelque chose pour mon pays ! Puis il y a eu la Grande Guerre, 9 millions de militaires tués, presque 21 millions de civils.

Ouais, des millions de mort, en seulement quatre ans… IL continua de fixer la photo de sa douce épouse avec amour et tendresse. C’était grâce à elle qu’il avait tenu dans cette horreur. Elle lui avait toujours redonné la foi et le courage, grâce à elle, il pouvait rêver à chaque lendemain. Beaucoup avaient avec eux, dans les tranchées, des photos de leurs épouses et époux, de leurs enfants, des êtres qui leur étaient les plus proches. Des photos dissimulées, bien à l’abri dans les revers de leurs vêtements, que l’on sortait le soir, en cherchant un peu de réconfort dans cet enfer. La guerre était terrible mais lorsqu’on savait qu’il y avait une personne qui vous attendait, qui allait venir vous chercher à la gare lors de votre retour, tout de suite, votre cœur en était réchauffé. Sa belle avait peur qu’une autre guerre n’arrive et elle avait raison… Une autre guerre allait arriver, les tensions en Europe étaient trop lourdes, les tensions entre les pays trop fortes. Oui, il y allait sûrement avoir une autre guerre. Mais sils seront prêts. Les méthodes pour se préparer étaient odieuses, oui, mais il était vital, pourtant, de se préparer assez longtemps à l’avance.

Commandant – Et une autre guerre plus meurtrière se prépare. C'est pour ça que l'armée essaye d'augmenter ses forces... Les méthodes sont dégueulasses, ouais, mais sur le fond, ça se défend.

La générale allait sûrement réussir à renverser la vapeur et entraîner l’armée sur un autre chemin ! Le Maréchal avait ses idées, elle avait les siennes, gagnera celui qui saura diriger comme il l’entendait. Il avait foi, malgré tout ce qui se passait. Et puis, cette femme avait vraiment une âme de dirigeante ! Elle donnait envie de la suivre, même si elle ne s’en rendait même pas compte. C’était bien ça le plus terrible ! Elle n’avait absolument aucune idée de l’effet réel qu’elle avait sur les gens, que ce soit sur les militaires ou les civils ! Elle avait un caractère colérique et méfiant, elle était froide, glaciale même, ne souriait jamais, n’était pas du tout maternelle, ne savait pas se reposer, s’emportait trop vite, mais elle avait une âme de leader et entraînait les gens avec elle. Il tira une photo d’elle, prise à la volée, qu’il montra aux deux militaires. Elle faisait peur mais elle représentait un espoir pour beaucoup. Et elle ne le voyait même pas… Désespérant, ça aussi.

Commandant – C'est la générale... Elle défend d'autres méthodes, contre le chef de l'armée. Elle n'est pas dans l'armée depuis très longtemps, deux ou trois mois, je dirais. Mais elle est puissante ! Chef de guerre dans l'âme et dans le sang, cette femme, la moitié de l'armée préfère la suivre et lutter avec elle. Le Colonel aussi.

Lieutenant – Elle est dans l'armée depuis trois mois et est générale ? Mais comment... Comment a-t-elle fait ? Vous n'avez pas de problème avec les femmes dans l'armée, chez vous ?

Commandant – [color=#FE9A2E]Elle n'a rien fait, c'est le Maréchal qui l'a nommé directement, lorsqu'il l'a obligée à rentrer dans l'armée. De toute façon, la moitié du pays était déjà derrière elle et une bonne partie de l'armée. Elle est un peu... Dangereuse.

Mais puissante ! Entraînante, aussi. Elle inspirait un profond respect, même à lui qui était souvent peu disposé à suivre les joies de la hiérarchie. Il avait à moitié compris pourquoi Bradley l’avait nommé comme ça, après des mois passé à la combattre. Elle lui avait toujours tenu tête et ça lui plaisait, il savait que le pays ne restera pas sans défenses si lui-même disparaissait… Ok, ce type était immonde, froid, sans cœur, violent et cynique, mais il fallait reconnaître qu’il était aussi patriote et loyal, il pensait à l’avenir du pays. Le genre d’homme prêt à sacrifier une centaine de personnes si cela pouvait en sauver un million.

Lieutenant – Dangereuse et il la nomme générale... ?

Commandant – Je crois que ça l'amuse, il a enfin trouvé quelqu'un pour lui résister... C'est une ordure, mais il est loyal et préfère se battre à armes égales. Au moins, s'il meurt, elle pourra diriger l'armée à sa place lorsque la guerre reviendra.

Et elle le fera, si elle se retrouvait au pied du mur, même si elle était très loin d’être emballée par la perspective de se retrouver à la tête de l’armée un jour.

Colonel – Charmante, autrement dit... Pour diriger ce genre d'armée... D'autres questions à poser, lieutenant ? Après, on fera une pause, ma tête va exploser.

Lieutenant – Non, j’ai besoin de prendre l’air, moi aussi. Nous avons assez d’informations pour commencer, je pense.

Ils sortirent de la pièce, tandis que le commandant rangeait ses photos avec précaution. Bon, voilà, maintenant qu’ils en savaient un peu plus, ils allaient sûrement se détendre ! Il se leva pour fourrer les clichés à l’intérieur de sa veste, entendant soudain quelqu’un s’écrier au-dehors que le colonel s’était évanoui. Rooh… Fallait l’emmener à l’hosto ! Il était crevé, de toute façon, ça se voyait. Alex soupira longuement en secouant la tête, étonné qu’il ne sache pas encore prendre soin de lui à son âge. C’était dingue, ça, comme faisait-il ?!

Colonel – Sans blague.... Vu sa tête... Emmenez-le à l'hôpital mais ne le laissez pas sans surveillance.

Il entendit tout à coup un bruit sourd, comme si un corps venait de s’effondrer au sol. Oh ? Qu’est-ce qui se passait, ils étaient attaqués ? Il colla son oreille à la porte pour en savoir un peu plus, curieux. Puis reconnut tout à coup la voix de la générale. Roh, elle était là aussi ?! Ils n’étaient pas tous seuls ! Elle allait peut-être en savoir plus, au moins. Il entrouvrit la porte, que les deux militaires n’avaient même pas verrouillée derrière eux, et jeta un coup d’œil dans le couloir. Oui, c’était bien elle ! En uniforme aussi, mais elle avait l’air… Un petit peu énervée. Comment elle était arrivée jusqu’ici ? Il jeta un œil au soldat qui gisait à ses pieds. Assommé ou mort ? Dans tous les cas, il espérait pour les deux jeunes qu’ils n’allaient pas l’énerver encore plus, elle semblait déjà bien sur les nerfs.

Colonel – Le... Comment vous avez fait pour entrer ici ?!

Générale – Vous tenez vraiment à ce que je vous montre ... ? Vos hommes sont mal entraînés. En attendant, pourquoi vous avez arrêté le colonel ?

Colonel – Parce qu'il avait un comportement louche et que... Peu importe, on a éclairci tout ça. C'est bien vous, la générale bizarre ?



Mauvaise…

Idée…

Il ferma les yeux lorsqu’il vit ses mains flamboyer d’étincelles, persuadé que la vie du jeune colonel allait se terminer ici prématurément. Il ne fallait jamais lui balancer un truc pareil ! Elle supportait déjà mal d’être générale dans cette armée, alors si en plus, on venait l’agacer sur ce terrain, ce n’était pas la meilleure des choses à faire.

Générale – La « générale bizarre » ? Qu'est-ce que l'autre imbécile vous a dit ?!

Colonel – Et si on discutait de tout cela autour d'une tasse de thé très tranquillement sans tuer personne ?

Commandant – Bonjour Générale ! lança-t-il avec un très grand sourire en se glissant à moitié dans le couloir. Détendez-vous, ces deux-là ne sont pas bien méchants et ils sont jeunes, en plus, on a pas le droit de taper dessus.

Il eut un mouvement de recul lorsqu’elle se tourna d’un coup vers lui puis leva ses mains menottées, toujours souriant, priant pour qu’elle se détende un minimum. Tout cela n’était pas si grave ! Cela partait d’un malentendu, personne ne voulait de mal à personne ici, ce n’était pas la guerre, le docteur Rochard était loin, donc on respire et on se détend.

Commandant – Vous êtes venue seule ? demanda-t-il en jetant un œil derrière elle.

Générale – Non, avec votre coéquipière.

Commandant – Ah, Isabelle ?

Elle hocha la tête, se retournant ensuite vers les deux autres militaires. Heu, non, non, ne pas les tuer, quand même ! Il ouvrait la bouche pour lui dire qu’ils n’avaient pas été de gros sadiques mais le Colonel s’approcha tout à coup pour lui enlever ses menottes, avant de leur dire que le colonel Gavin était à l’hôpital, maintenant. Il se frotta les poignets, alors que la générale levait les yeux au ciel. C’était pas aujourd’hui qu’elle allait se détendre… Il fit un sourire d’excuse aux deux petits puis ils sortirent tous. Tiens, c’était rigolo, tous ceux qu’ils croisèrent s’écartèrent brusquement de la jeune femme en la voyant, braquant leurs fusils sur elle. Ce qui dû l’agacer un peu plus car elle leva le bras et tout le monde se mit aussitôt à l’abri, s’arrêtant en voyant l’autre colonel les accompagner.

Commandant – Elle les a traumatisés ou quoi ? marmonna-t-il pour la jeune blonde.

Lieutenant – Je crois, dit-elle avec un air mal à l’aise, je ne les ai jamais vus comme cela. Mais c'est votre générale, vous devriez le savoir.

Ils avaient à peine fait quelques mètres au-dehors qu’une silhouette familière vint les rejoindre. Ah, Isa ! Il la salua avec un large sourire, alors qu’elle n’avait pas l’air de très belle humeur, son fusil de précision accroché sur son dos. Il était le seul à être détendu et de bonne humeur, ici ? On aurait dit que le lieutenant avait avalé un citron entier. Il fourra les mains dans ses poches, se laissant guider. Il aimerait trouver un truc pour détendre un peu l’atmosphère… En lançant une blague ou quelque chose comme ça ? Il faillit le faire mais se ravisa en voyant l’air de leur supérieure. C’était peut-être pas le bon moment, il allait attendre un peu. Mais lorsqu’Isabelle vit qu’ils entraient dans un hôpital, elle prit un air si furieux qu’il dû se planter devant elle pour l’arrêter.

Commandant – Ce ne sont pas les mêmes hôpitaux que chez nous ! s’écria-t-il. Respire, tout va bien !

Pfiouh, on se calme, hein ! Ils durent attendre dans le hall, près de plusieurs rangées de fauteuil. Bizarre, il sentait que les deux militaires de ce pays n’étaient pas super à l’aise. Il regarda tout le monde à tour de rôle, cherchant toujours un truc pour alléger un tantinet l’humeur globale. Hum, voyons… Un truc, heu…

Commandant – Isabelle, franchement, respire… Le Colonel n’a rien, enfin, il est un petit peu dans les vapes mais il va se réveiller ! On a déjà connu pire, non ? Tu l’as déjà récupéré dans un pire état.

Lieutenant – Justement ! s’écria-t-elle. Entre la guerre, les révoltes civiles, l’incendie, les soupçons du maréchal, les généraux qui s’amusent à nous jeter dans des situations impossibles et tout ce qui se passe à Gray, j’ai le droit d’être un peu énervée ! Je n’arrive même plus à le protéger ! J’aimerai que ça s’arrête, ne plus avoir peur de le retrouver en petits morceaux !

Commandant – Tu le protèges quand même… L’homme qui est mort, dans l’incendie, le médecin légiste nous avait dit qu’on l’avait retrouvé avec une balle en plein cœur, tirée à un peu moins de deux kilomètres de distance.

Elle lui rendit un regard aigu, serrant la main sur la bandoulière retenant son fusil. Donc c’était bien elle, il en était convaincu. Il ne dit plus rien, se contentant de s’asseoir, mais elle sourit d’un seul coup, doucement, avec un air triste.

Lieutenant – C’est mon travail.

Il eut un faible sourire, n’insistant pas, puis jeta un coup d’œil aux deux militaires d’Amestris.

Commandant – Pourquoi il y a autant de soldats, chez vous ? Vous n’êtes pas en démocratie, vous non plus ?
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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mar 23 Juin 2015 - 17:20

Commandant – Bonjour Générale ! lança-t-il avec un très grand sourire en se glissant à moitié dans le couloir. Détendez-vous, ces deux-là ne sont pas bien méchants et ils sont jeunes, en plus, on a pas le droit de taper dessus.

Roy le fixa une seconde, un peu hébété, puis regarda de nouveau l’homme évanoui au sol puis cette femme, le cœur battant. Elle était entrée ici, dans une caserne qu’elle ne connaissait pas, en écrasant sur son passage tous les militaires qu’elle avait croisé et ce, sans arme ?! Car il ne rêvait pas, elle n’avait pas d’arme sur elle ! Aucune, même pas un simple pistolet ! Comment avait-elle fait… Comment ?! Elle… Mais enfin, c’était impossible ! Même lui n’aurait jamais pu percer ainsi les défenses d’une caserne remplie de soldats aguerris et formés seul avec simplement son alchimie, sans une seule égratignure ! Et elle… Il hallucinait, ayant trop de peine à y croire, à accepter qu’elle ait pu faire ça. Il al regardait de haut en bas sans pouvoir s’en empêcher, cherchant son truc, cherchant comment elle avait bien pu faire. Maintenant, il comprenait mieux pourquoi leur chef l’avait nommé générale directement… Dans une telle armée de fous, mieux valait que les responsables aient certaines capacités qui les dépassaient.

Commandant – Vous êtes venue seule ? demanda-t-il en jetant un œil derrière elle.

Générale dangereuse – Non, avec votre coéquipière.

Commandant – Ah, Isabelle ?

Leur sniper… Bon, d’accord, on se calme, il était très grand temps de se poser, reprendre les choses dans l’ordre, calmer les tensions ! Il alla ôter les menottes du commandant puis annonça que leur collègue était à l’hôpital et qu’il allait les y conduire. Il les invita à le suivre, marchant près du lieutenant. Du calme ! Mais lorsqu’ils arrivèrent près de l’entrée, tous les soldats braquèrent aussitôt leurs fusils sur la générale blonde avec un air halluciné, puis coururent à l’abri dès qu’elle leva le bras avec un air agacé. Ouh là ! Il fit signe à tout le monde de laisser couler, encore plus choqué. Mais qu’avait-elle fait ?! Comment était-elle entrée ici ? Comment les avait-elle vaincus seule et désarmée ? Il repensa alors à ce qu’avait dit le commandant, que l’armée entraînait de nouvelles « armes humaines »… Oh. Elle était peut-être une des leurs. Il eut un frisson, se demandant une fois de plus à quoi pouvait bien ressembler cette armée.

Commandant – Elle les a traumatisés ou quoi ? marmonna-t-il pour la jeune blonde.

Lieutenant – Je crois, dit-elle avec un air mal à l’aise, je ne les ai jamais vus comme cela. Mais c'est votre générale, vous devriez le savoir.

Roy ne fit pas de commentaire, ne voulant pas alourdir un peu plus l’ambiance. C’est en sortant que leur fameuse coéquipière vint les rejoindre à son tour, son fusil accroché au dos. L’arme était différente de celle du lieutenant… Le canon était plus long et fin et la lunette semblait de meilleure qualité. Un peu comme ces snipers qu’on avait amélioré encore et encore. De la très bonne qualité, en tout cas, d’après ce qu’il pouvait en juger. Il guida le petit groupe jusqu’à l’hôpital, arrivant un peu à se détendre, mais posa la main sur son arme par pur réflexe en voyant l’air à la fois dégoûté et furieux que pris la femme sniper en entrant à l’hôpital. Qu’est-ce qui se passait ?! Son coéquipier vint aussitôt devant elle, comme s’il avait senti le danger, alors que Roy ne comprenait plus rien à ce qui se passait.

Commandant – Ce ne sont pas les mêmes hôpitaux que chez nous ! s’écria-t-il. Respire, tout va bien !

Pas les mêmes… Quoi ? Il échangea un regard perdu avec sa propre subordonnée, entrant dans le hall de l’hôpital. Un médecin les informa très vite mais ils devaient attendre. Les trois soldats étrangers étaient tendus à un point incroyable, comme s’ils marchaient sur un champ de mine, jetant parfois des regards lourds de haine ou de dégoût aux médecins qui passaient. Bon, qu’est-ce qui se passait, au juste, dans leurs pays ?! Et dire que le vieux Hawkeye avait osé l’accuser de vouloir intégrer une armée dure et cruelle… On trouvait toujours plus cruel ailleurs, la preuve ici.

Commandant – Isabelle, franchement, respire… Le Colonel n’a rien, enfin, il est un petit peu dans les vapes mais il va se réveiller ! On a déjà connu pire, non ? Tu l’as déjà récupéré dans un pire état.

Sniper – Justement ! s’écria-t-elle. Entre la guerre, les révoltes civiles, l’incendie, les soupçons du maréchal, les généraux qui s’amusent à nous jeter dans des situations impossibles et tout ce qui se passe à Gray, j’ai le droit d’être un peu énervée ! Je n’arrive même plus à le protéger ! J’aimerai que ça s’arrête, ne plus avoir peur de le retrouver en petits morceaux !

Roy se mordit légèrement les lèvres, échangeant un regard avec Riza. Là, par contre, il pouvait comprendre… Même s’il comprenait encore moins ce qui se passait chez eux. Ils étaient en pleine guerre civile, en plus d’être prêt à rentrer dans un nouveau conflit avec leurs voisins ? Tout portait à el croire et cette situation était parfaitement invivable.

Commandant – Tu le protèges quand même… L’homme qui est mort, dans l’incendie, le médecin légiste nous avait dit qu’on l’avait retrouvé avec une balle en plein cœur, tirée à un peu moins de deux kilomètres de distance.

Il redressa la tête, son regard passant sur le fusil puis sur la femme qui le tenait. Très belle distance, ceux qui savaient tirer aussi loin et de façon juste étaient rares. Elle répondit doucement que c’était son travail, alors qu’il croisait les bras en retenant un soupir.

Commandant – Pourquoi il y a autant de soldats, chez vous ? Vous n’êtes pas en démocratie, vous non plus ?

Roy – Non, c’est un état militaire depuis sa création, nous n’avons jamais été en démocratie, répondit-il d’un ton prudent.

Peu après, un médecin vint leur annoncer qu’ils pouvaient voir le Colonel Gavin s’ils le voulaient. Il laissa ses deux subordonnés filer mais appela la générale pour la retenir, avant qu’elle ne les suive. Prudence, à présent, surtout tant qu’ils ignoraient comment elle était arrivée aussi loin seule et sans armes. Elle semblait plus âgée que lui, quelques années de plus, à peu près. Avec un regard glacial qui vous donnerait aussi froid que si vous vous baladiez en petite tenue dans les montagnes de Briggs en plein hiver.

Roy – Repartons sur de bonnes bases, d’accord ? Nous ne sommes pas ennemis, notre pays n’a rien contre le vôtre.

Il marchait sur des œufs, essayant de rester courtois sans insinuer quoi que ce soit qui puisse être mal interprété. Il essaya de sourire mais échoua lamentablement donc se contenta d’afficher un air à peu près aimable. Ils allèrent à leur tour dans la chambre de l’autre colonel et il profita du court trajet pour remettre les choses à plat, se présenter tranquillement, présenter sa subordonnée, puis dire comment ils avaient trouvé ses collègues. Il ouvrait la porte de la chambre lorsqu’il entendit un cri d’alerte et un grand flash de lumière les envahit tout à coup. Il recula d’un bond en essayant de pousser le lieutenant pour qu’elle ne soit pas touchée mais ils furent tous aspirés d’un coup dans un grand trou noir et un puits sans fond…

L’atterrissage fut brutal et un peu douloureux. Il gémit, pris d’un gros vertige, puis rouvrit péniblement les yeux. Il faisait… Nuit. Nuit ! Il n’était que quinze heures ! Il se redressa d’un bond, bouche bée et paniqué, regardant partout autour de lui. Ils étaient dans un village à moitié détruit, avec des dizaines d’échafaudages et de chantiers de construction. D’accord. Alors, pas de panique. Surtout, paaas de panique ! Il vit le lieutenant un peu plus loin, qui se redressait aussi, et courut la rejoindre, passant un bras autour de ses épaules pour l’aider à se remettre debout. Tout était très calme, autour d’eux, il devait être tard. Où étaient passés les militaires bizarres ? La générale ? La sniper ? Ils étaient peut-être chez… Oh non. Non. Non ! Pitié, faites que ce ne soit pas ça, c’était le dernier pays au monde qu’il avait envie de visiter.

Roy – Vous allez bien, lieutenant ?

Lieutenant – Et vous ? Que s'est-il passé ? Nous étions dans l'hôpital et j'ai eu l'impression d'être aspirée...

Roy – Je n’ai rien… Mais on est peut-être arrivés dans leur pays, comme ils étaient arrivés dans le nôtre…

Ils ne pouvaient pas rester là éternellement… Il fallait bouger et surtout apprendre le plus vite possible la façon dont fonctionnait cet univers afin d’être capable de jouer avec. Et ne pas paniquer, ils étaient des soldats et donc capables d’affronter des situations de ce genre sans devenir fous, ils avaient été entraînés pour cela. Cependant, après tout ce qu’ils avaient entendu, il ne pouvait éloigner ce profond sentiment d’insécurité qui flottait après d’eux.

Roy – Essayons de retrouver les autres… Ils ne doivent pas être très loin et on ne peut pas rester ici. Venez.

Il partit avec elle, l’encourageant à mi-voix. Ils devaient comprendre très vite ce qui se passait, surtout s’il était bien dans ce fameux pays, avec cette armée cruelle et sauvage…


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Dim 28 Juin 2015 - 10:31

[Personnage : Rosalie Mercier, 11 ans, don de la foudre, élève au pensionnat. Avec les réactions fournies par le Maréchal de l'armée.:p]

Rose n'arrivait pas à s'endormir, il faisait trop chaud et elle était inquiète... Elle se redressa, regardant le lit vide de Lily à côté d'elle. Elle n'était plus là depuis plusieurs jours, déjà... C'était une amie très proche, aussi blonde qu'elle et très douée avec le vent, elle était beaucoup en avance par rapport aux autres. Mais pendant quelques jours, elle avait été fatiguée, malade, puis à un moment, elle avait quitté al classe et n'était pas revenue. Ses parents avaient dû la ramener à la maison et la conduire à l'hôpital ! Elle voudrait avoir des nouvelles. Ne pouvant fermer l'œil, elle se leva et s'habilla en silence, quittant le dortoir avec son sac. On ne lui dira rien si elle allait lire dans le foyer en attendant la lever du jour, non ? Elle n'allait rien faire de mal, juste lire un peu. Refermant avec douceur la porte derrière elle, elle alla d'abord se passer un peu d'eau sur le visage pour s'éclaircir les idées. Elle voudrait revoir sa grand-mère, se blottir dans ses bras et ne plus penser à rien. Ne plus avoir peur.

En descendant les escaliers, elle vit aussitôt que quelque chose clochait... Il n'y avait aucun garde dans les couloirs ni dans le hall ! Pourtant, Flavien lui avait dit qu'il serait de garde cette nuit, donc il était où ? Elle le chercha un moment, posant son sac avec son livre dans un coin en attendant, cherchant son ami. Ce n'était pas normal qu'il n'y ait plus personne pour surveiller l'école ! Ils étaient toujours là, pourtant, toutes les nuits, il y avait toujours une ou deux personnes, mais cette nuit... Elle commençait à avoir peur. Elle se hissa sur un banc pour mieux regarder par la fenêtre, l'ouvrant en grand. Le ciel était étrange, lui aussi. Zébré de sortes d'éclairs un peu confus, elle avait l'impression qu'il y avait eu une grosse déchirure qui était en train de cicatriser. Elle ferma les yeux pour se concentrer, répétant les exercices qu'on lui avait appris, puis parvint peu à peu à sentir l'essence de l'élément foudre. Il avait été utilisé récemment, avec beaucoup de force, sauf qu'ils auraient dû tous l'entendre ! La foudre faisait toujours un bruit incroyable.

Il n'y avait aucun militaire dans le parc non plus. Rose prit une grande inspiration puis se glissa au-dehors, dans le parc, avec souplesse, avant de courir dans l'herbe, voulant comprendre ce qui se passait. Le ciel grondait, au-dessus d'elle, strié d'éclairs blancs. Elle atteignit les grilles du parc, ouvertes, comme si personne n'avait pu prendre le temps de les refermer. Elle courut à son tour vers Gray, dont les ombres des chantiers se dressaient comme des monstres dans la nuit. Elle atteignait le village lorsqu'elle s'arrêta tout net en se cachant très vite derrière un mur démoli. C'était le chef de l'armée qui était là ! Avec d'autres soldats, leurs voitures et tout. Elle le reconnaissait, elle l'avait déjà vu à l'école... Ils parlaient de retrouver plusieurs personnes qui se cachaient au village... Elle se mit à quatre pattes pour s'éloigner assez vite, pendant qu'ils allumaient leurs phares, des projecteurs et des torches. Dieu ne voulait pas la rendre invisible, là, tout de suite ?

Elle s'éloigna le plus vite possible en rampant et en se cachant derrière les décombres et les travaux, avant de rejoindre une autre rue et de courir. Elle tournait au coin d'une autre rue lorsqu'elle heurta violemment quelqu'un et s'écroula au sol avec. Elle bafouilla des excuses puis sursauta en voyant un uniforme, mais ce n'était pas celui de l'armée. Relevant la tête, elle s'écarta, s'excusant auprès de la femme blonde sur qui elle était tombée. Mais il ne fallait pas rester là ! Elle tira les mains de la dame pour qu'elle se relève, remarquant au même moment qu'un homme, assez jeune et brun, était avec elle, habillé pareil, avec cet uniforme bizarre.

– Il faut vous cacher aussi ! dit-elle d'un ton très empressé et inquiet. L'armée est là, leur chef est aussi avec eux, je l'ai reconnu ! Ils cherchent quelqu'un, au village, s'ils nous trouvent, on peut mourir, Flavien me l'a toujours dit.

Elle tira la dame et son mari par la main pour les pousser à se cacher aussi. Maintenant, elle avait peur, Flavien lui avait toujours répété de ne pas s'approcher du Maréchal, que c'était dangereux, qu'il lui ferait du mal même si elle était une petite fille. Peu de temps après, ils entendirent le bruit des voitures et des voix se rapprocher. Il y eut un cri et elle se pencha avec les deux adultes pour regarder, par une brèche. Il y avait des projecteurs braqués sur la petite place et les militaires venaient de traîner un homme qui portait les mêmes vêtements bleus que la femme blonde. Un homme qui répétait d'une voix forte et paniquée qu'il ne savait pas où il était, qu'il ne comprenait pas, qu'il n'avait aucune idée de comment il était arrivé là. Rosalie encercla la dame blonde de ses bras en se blottissant contre elle, effrayée. L'armée fit mettre son prisonnier à genoux, mains derrière la tête, en lui ordonnant de se taire. Le Maréchal arriva à son tour, passant tout près de leur cachette. Elle étouffa un gémissement, serrant encore plus la dame blonde.

– Vous en avez trouvé d'autres ?

– Non, juste celui-ci, pour le moment. Où devons-nous le conduire ?

– A la caserne. S'il refuse de parler, emmenez-le à l'hôpital, il y a d'autres façons d'en tirer des informations.

Rosalie écarquilla les yeux, blême, puis fourra son visage contre la dame pour étouffer son hoquet. Elle se pétrifia un peu plus en voyant le Maréchal revenir vers eux, le visage dur. Il était encore plus effrayant comme ça, en pleine nuit avec cette juste cette lumière horrible des phares. Elle regarda la dame blonde puis son mari, refusant de la relâcher pour le moment, elle avait bien trop peur.

– Il semble que le colonel Gavin ait disparu, également... Nous avons envoyé des hommes à sa recherche. Vus pensez qu'il aurait pu déserter ?

– Lui ? se mit à rire le Maréchal horrible alors qu'elle restait bien blottie contre la dame blonde. Il ne le fera jamais. Dès que vous l'avez retrouvé, amenez-le moi. Je n'ai sans doute pas été assez clair, la dernière fois...

Rose avala sa salive avec difficulté. Il y eut du mouvement avant que les militaires ne repartent, avant que cette partie du village ne redevienne calme. Elle relâcha son souffle avec difficulté, puis se détacha doucement de la dame avec un regard d'excuse. Elle espérait qu'elle ne lui avait pas fait mal. Elle jeta un coup d'œil dans la brèche pour savoir s'ils étaient sauvés puis se tourna vers le couple, tremblante.

– Vous travaillez avec monsieur le colonel, c'est pour ça que l'armée vous recherche ? Ou avec la directrice ? Il y a déjà des gens qui l'aidaient et qui sont morts... Et le Colonel Gavin aussi, il m'a aidé, une fois ! J'avais vu un homme mort avec le visage écorché et...

Elle eut un violent frisson puis revint sans crier gare se fourrer dans les bras de la dame blonde en fondant en larmes, encore profondément choquée par cet épisode. Elle pleura un moment en essayant de reprendre son souffle puis réussit à se calmer, tremblant comme si elle mourait de froid.

– Ils vont lui faire du mal... Une fois, Flavien m'a dit qu'ils l'avaient mis aux arrêts parce qu'il s'était opposé à un général qui frappait un enfant. Puis après, il m'a quand même aidé moi, donc il est gentil.

Elle releva la tête pour regarder la dame, terrifiée.

– Pourquoi l'armée en a après vous ? Vous avez fait quoi ? Et comment vous vous appelez ? Moi c'est Rosalie.
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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Sam 4 Juil 2015 - 0:44

[Personnage : Maréchal Albert Bradley, chef de l'armée.]

Des gamins... Un homme et une femme, vêtus du même uniforme étrange que l'autre insecte qu'ils avaient capturé. Ils se lançaient des regards tandis que Bradley avançaient vers eux, tout en les observant. Jeunes, oui, beaucoup trop jeunes. Un brun et une blonde, que ses hommes venaient de désarmer. Il les regarda à tour de rôle, haussant un sourcil. D'où sortaient tous ces nouveaux cafards ? Leurs uniformes n'étaient pas ceux des armées des pays voisins ! A moins que ce ne soit le nouveau style des espions ? Très distingué, en effet, si facile à repérer. Il pinça légèrement les lèvres, agacé de voir que ce genre de fouineurs venait encore mettre son nez dans ce village. Ils tenaient à tant à savoir ce qui se tramait dans ce pays ? Il pouvait leur faire une visite en direct... Le seul détail était qu'ils n'en sortiront pas vivants, mais ce n'était gênant que pour eux. Qui sème le vent récolte la tempête, comme on le dit, ceux qui cherchaient les ennuis ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-mêmes en les trouvant.

– Qui êtes-vous et d'où venez-vous ?

– Nous sommes des soldats et nous nous sommes perdus. Nous voulions seulement retrouver notre coéquipier et rentrer chez nous.

Des soldats qui s'étaient perdus, vraiment ? Il eut un petit rire en s'approchant de la gamine, soulevant son menton avec deux doigts pour qu'elle le fixe droit dans les yeux. Voilà bien la plus piètre excuse qu'il avait entendu de toute sa carrière ! Pensait-elle vraiment que cela allait la sauver ? Était-elle si idiote ?

– Vraiment, ma puce ? murmura-t-il. Quelle méprise, dans ce cas, vous ne devez pas être des ennemis. Ou alors, vous êtes des "amis" du Colonel Gavin ? Cet homme a vraiment de mauvaises fréquentations.

Colonel qu'ils allaient retrouver très vite, d'ailleurs, il avait visiblement oublié ce qu'il convenait de faire ou non, le Maréchal devait lui rafraîchir la mémoire. Une petite heure pour bien lui rappeler les règles puis il devra prouver qu'il avait compris la leçon. En exécutant lui-même un de ses subordonnés, par exemple. Ce sera rapide et efficace et permettra de lui rappeler le bon comportement à adopter. La gamine soutint son regard, restant droite malgré tout. Elle avait au moins un peu de cran.

– Nous ne l'avons rencontré qu'aujourd'hui, nous ne le connaissions pas avant.

– Ce n'est pas le bon endroit pour se balader, fillette, soupira-t-il en la relâchant...

Il s'interrompit lorsqu'on vint le prévenir qu'on avait retrouvé le Colonel Gavin. Parfait. Le Maréchal ordonna d'une voix froide de lui donner une arme et de le faire exécuter lui-même un de ses subordonnés. Le petit jeune de son équipe fera très bien l'affaire. C'était un gosse pas très doué, le garder n'était pas indispensable et ça fera un exemple pour leur tête brûlée. Il attendait qu'on aille chercher les deux militaires concernées lorsqu'il vit la mioche échanger encore un regard avec son coéquipier, de plus en plus pâle. Proche l'un de l'autre, n'est-ce pas ? Les liens de ce genre étaient parfaits pour menacer l'un ou l'autre. On amena le petit gosse avant de le faire asseoir par terre, menotté dans le dos. Lorsque le Colonel arriva à son tour, il eut un regard pour les deux étrangers, avant de fixer son subordonné.

– Je pensais avoir été clair, pourtant, dit le maréchal en claquant l'arme, après l'avoir chargé.

Il lui fourra l'arme dans les mains, reculant ensuite en lui désignant le gamin d'un geste. Gamin qui fixait son supérieur hiérarchique, blême et tremblant, quelques larmes coulant même sur ses joues. Pathétique. Le Colonel serrait les deux mains sur l'arme, sans bouger d'un pouce. Allait-il se décider, oui ou non ? Ils n'allaient pas y passer la nuit non plus ! Il baissa la tête puis dit qu'il était hors de question qu'il fasse ça, qu'il préférait mourir lui-même. Tss. Albert fit signe à son subordonné qui tira lui-même dans la tête du morveux. Il s'effondra au sol, alors que son supérieur avait hurlé puis était tombé à genoux, le regard fixé sur le corps sans vie de son coéquipier, des grosses larmes roulant sur ses joues.

– Vous étiez pourtant prévenu, dit-il d'un ton impassible. Arrêtez-le.

Il ne réagit même pas, ne chercha pas à se débattre ni se révolter, se laissant emmener sans la moindre résistance. Bradley remit l'arme dans sa ceinture, avec à peine un coup d'œil pour le soldat qu'on emmenait au loin. Il revint ensuite vers la gamine blonde, pendant qu'on mettait le corps du mioche sur un brancard et qu'on l'emmenait à son tour, le recouvrant d'une couverture. Il se rapprocha d'elle, la dévisageant un long moment.

– A nous, à présent. Vos noms et prénoms ? Grades ? Le nom de votre pays ? Comment êtes-vous arrivés jusqu'ici ? Comme c'était si le meilleur endroit pour une petite balade nocturne...

Il alla vers son collègue, lui prenant la tête entre ses doigts pour mieux l'observer, avec un rictus mi-agacé, mi-affligé. Ils étaient venus faire un tour ici en amoureux ou il ne savait quoi ? Tout à fait charmant, surtout lorsque ce village était le seul endroit à vraiment éviter, de tout le pays. Il obligea le gamin brun à redresser la tête, pour voir un peu ses yeux. On pouvait tout lire, dans le regard d'une personne, lorsqu'on savait comment s'y prendre.

– Alors, gamine ? dit-il en tournant la tête vers elle, sans lâcher sa proie. Tu as le droit de ne pas répondre, bien entendu... Ce sera même plus rapide, notre "hôpital" a bien besoin d'un peu de chair fraîche.
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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Sam 4 Juil 2015 - 18:14

Riza se massa la tête, assommée, et la releva brièvement pour regarder où elle était tombée. Il faisait noir, le sol était composé de gravier ou de terre, d’après ce qu’elle touchait. Mais autour d’elle, personne, aucun bruit… Ou presque. Elle entendit quelqu’un se redresser à quelques mètres d’elle tandis qu’elle portait la main à son arme, prête à tirer, cette personne se précipitant, peu de temps après, vers sa position pour… passer un bras en-dessous de ses épaules. Le lieutenant tourna la tête et découvrit, avec stupéfaction, son supérieur hiérarchique un peu décoiffé. Elle se détendit quelque peu, le détaillant à la lueur de la lune.

Colonel – Vous allez bien, lieutenant ?

Oui, elle allait bien, mais où étaient-ils ? Et lui, était-il blessé ? Riza avait souvenir d’un flash et d’un cri, du Colonel qui l’avait automatiquement repoussée dès qu’ils avaient ouvert la porte de la chambre… et puis l’horrible sensation d’être aspirée et de tomber encore et encore. Avant l’atterrissage brutal et douloureux qui allaient sans doute leur laisser quelques hématomes d’ici quelques heures. Mais il y avait plus important que ces blessures, ils avaient connu largement pire. Elle hocha la tête avant de détailler rapidement le Colonel du regard pour constater de possibles dégâts.

Riza – Et vous ? Que s'est-il passé ? Nous étions dans l'hôpital et j'ai eu l'impression d'être aspirée...

Colonel – Je n’ai rien… Mais on est peut-être arrivés dans leur pays, comme ils étaient arrivés dans le nôtre…

Riza blêmit d’un seul coup en jetant un regard paniqué au Colonel. Dans… Dans leur pays ? Elle se remémora les discussions, la tête de leur lieutenant lorsqu’ils étaient arrivés à l’hôpital, leur armée qui semblait cruelle et qui n’hésitait pas à utiliser les pires moyens possibles pour arriver à leurs fins en vue de la prochaine guerre. Toutes ces personnes qui manipulaient les éléments normalement, contrairement à Amestris où ils devaient user de l’alchimie pour cela. Elle comprenait le lieutenant, elle comprenait sa peur pour le colonel Gavin et ressentait précisément la même peur pour son propre supérieur. Eux utilisaient des moyens odieux sur ceux qui possédaient des dons pour en faire des armes humaines, que feraient-ils d’eux s’ils découvraient que l’alchimie pouvait être une solution… ?

Colonel – Essayons de retrouver les autres… Ils ne doivent pas être très loin et on ne peut pas rester ici. Venez.

Riza prit un petit moment avant de hocher la tête, encouragée par le Colonel. Tout en marchant dans ce village endormi et dévasté, elle sortit son arme, la prenant en main, prête à tirer sans aucune hésitation. C’était eux ou cette armée, à présent. Sa vie, celle du Colonel, ou celles de ces soldats qui tuaient et expérimentaient des choses horribles. Un frisson lui parcourut le long du dos. Frisson qu’elle ignora, déambulant dans le village avec prudence, vérifiant chaque recoin avec son supérieur. Que s’était-il passé ici… ? Tout était détruit et en reconstruction, les bâtiments avaient été apparemment brûlés. Riza s’approcha d’un des bâtiments, effleurant du bout des doigts une des parties détruite. De la suie. Se redressant, elle se frotta les doigts et continua à marcher. Le village entier était comme cela…

« Tu le protèges quand même… L’homme qui est mort, dans l’incendie, le médecin légiste nous avait dit qu’on l’avait retrouvé avec une balle en plein cœur, tirée à un peu moins de deux kilomètres de distance. »

L’incendie… Le colonel Gavin avait brûlé un village entier ?! C’était cela dont il parlait… « l’accident »… S’il avait brûlé un village entier et que le lieutenant avait dû tuer quelqu’un pour le protéger, il n’y avait aucune autre explication possible. Brûler un village entier… Riza grimaça en avançant, comprenant sans mal que leur Bradley ait tout compris, tout appris. Un village que l’on brûle ne passe pas inaperçu, surtout si le colonel Gavin était déjà dans la ligne de mire de cette armée.

Riza – Nous devons quitter ce village, dit-elle d’un ton pressant.

Ils continuèrent à avancer dans le village, Riza toujours sur ses gardes et de moins en moins rassurée. D’accord, ce village était logiquement désert, mais si le colonel Gavin y avait mis le feu, cela signifiait qu’ils n’étaient pas loin de cette école, pas loin de l’armée… Pile au même instant, ils entendirent des voix un peu plus loin et des rayons de lumière floue et orangée semblaient éclairer un coin du village. Riza échangea un regard avec le Colonel, marchant plus vite à la recherche d’une cachette, d’un endroit où se réfugier. Mais tout était détruit, ici ! Après avoir vaguement balayé le terrain du regard, le lieutenant repéra un endroit qui pourrait faire l’affaire dans l’immédiat… lorsqu’elle se heurta violemment contre quelque chose – ou quelqu’un – et fut projetée à terre. C’était une petite fille… que faisait-elle dehors à une heure pareille ?!

Sans grande surprise, elle eut l’air affolé en voyant l’uniforme puis se releva en s’excusant, lui tirant les mains pour l’aider à se relever à son tour. Riza lança un regard étonné au Colonel. Une petite fille, effrayée par les militaires… Plus aucun doute là-dessus, ils étaient bel et bien dans le pays de cette armée cruelle. Comment c’était, déjà ? Ance… Frice… France !

Fillette – Il faut vous cacher aussi ! dit-elle d'un ton très empressé et inquiet. L'armée est là, leur chef est aussi avec eux, je l'ai reconnu ! Ils cherchent quelqu'un, au village, s'ils nous trouvent, on peut mourir, Flavien me l'a toujours dit.

Riza n’eut le temps de rien dire, se faisant tirer par la petite fille dans une cachette tout près d’eux, attrapant elle-même le Colonel et son arme avec elle. Et ils devaient une fière chandelle à cette fillette, les soldats arrivèrent quelques secondes après avec un… un… Mais il était de chez eux ! Le lieutenant lança un regard paniqué à son supérieur avant de le reporter sur la scène, regardant par une brèche dans le bois. Il y avait plusieurs militaires, des voitures, et ils traînaient un soldat de leur armée au milieu pour l’éclairer à l’aide des phares des voitures. Il était debout et répétait qu’il ignorait où il se trouvait, qu’il ne comprenait pas et qu’il n’avait aucune idée de comment il était arrivé dans ce pays. Le pauvre, il était jeune en plus, sans doute était-il sorti de l’école militaire l’année passée ou l’année d’avant. Riza eut la gorge serrée, voulant l’aider mais ne le pouvant pas.

Au même moment, elle sentit deux bras l’encercler en-dessous de la poitrine. C’était la fillette… Oh. N’étant pas habituée à ce genre d’élan d’affection, le lieutenant posa maladroitement ses mains sur elle, ne sachant que faire, son arme toujours à la main. Il fallait la ramener, elle aussi… Où étaient ses parents ? Que faisait-elle dehors maintenant, dans un endroit si dangereux ? Un bruit de chute alerta Riza qui tourna à nouveau la tête vers la scène pour constater, avec horreur, que leur coéquipier était à genoux, mains derrière la tête. Un autre homme, assez haut gradé apparemment, mais impossible de savoir de qui il s’agissait. Ou pas. Dès que la petite l’aperçut, elle serra un peu plus Riza qui blêmit en dix secondes, le cœur au bord des lèvres. Cet homme était Bradley. Celui dont le colonel Gavin avait si peur. Celui qui menaçait ses subordonnés. Ils n’étaient pas assez cachés, c’était impossible, ils allaient être retrouvés d’une minute à l’autre.

Bradley – Vous en avez trouvé d'autres ?

Soldat – Non, juste celui-ci, pour le moment. Où devons-nous le conduire ?

Bradley – A la caserne. S'il refuse de parler, emmenez-le à l'hôpital, il y a d'autres façons d'en tirer des informations.

A l’hôpital… Riza échangea un regard avec son supérieur pendant que la petite fourrait son visage contre elle. En temps normal, elle n’aurait pas eu peur, mais pour que cette fillette soit aussi terrorisée que cela en voyant Bradley, pour qu’elle n’hésite pas à se jeter dans les bras d’une inconnue, pour qu’elle ait aussi peur que cela des militaires… Bon sang, mais que faisaient-ils aux enfants ?! Le Colonel voulait changer l’armée et tout le monde pensait qu’il était trop ambitieux et prétentieux. Elle serait curieuse de voir ce que toutes ces personnes penseraient en voyant l’armée de ce pays… Bradley se rapprocha soudainement d’eux et ils purent voir des traits durs et cruels, à l’image de l’armée. Par réflexe, Riza posa sa main sur la bouche de la petite fille pour l’empêcher de faire le moindre bruit, la peur au ventre. S’ils étaient découverts ainsi…

Soldat – Il semble que le colonel Gavin ait disparu, également... Nous avons envoyé des hommes à sa recherche. Vous pensez qu'il aurait pu déserter ?

Bradley – Lui ? se mit à rire le Maréchal horrible alors qu'elle restait bien blottie contre la dame blonde. Il ne le fera jamais. Dès que vous l'avez retrouvé, amenez-le-moi. Je n'ai sans doute pas été assez clair, la dernière fois...

Nouveau frisson. De la sueur coula le long de la tempe de Riza qui n’osait pas bouger, retenant son souffle, le regard rivé sur la brèche et le terrain éclairé par les voitures des militaires. Elle ôta sa main de la bouche de la petite fille, s’excusant du regard lorsque Bradley s’éloigna enfin pour régler elle ne savait quoi. Aussitôt après, il y eut du mouvement et les militaires de ce pays vidèrent les lieux, cette partie du village redevenant calme comme s’il ne s’était rien passé. Le cœur du lieutenant battait cent à l’heure, les informations en tête, la confirmation de l’endroit où ils étaient, la réalité de cette armée qu’ils avaient espéré ne jamais voir… Et ils étaient coincés ici. Ils devaient raccompagner cette petite chez elle, retrouver leur coéquipier et la générale de ce pays. Elle était arrivée après les autres, elle devait donc forcément savoir comment provoquer ce phénomène et les ramener chez eux.

La petite se détacha de Riza avec un regard d’excuse qu’elle lui rendit pour la rassurer. Qu’elle ne s’inquiète pas, sa réaction était normale, quoi qu’un peu déstabilisante. Elle regarda à nouveau par la brèche et le lieutenant la laissa faire, reprenant son souffle, le stress redescendant d’un cran. Ils venaient d’échapper au pire même s’ils avaient des ennuis. Ils devaient rentrer chez eux… Absolument. Pour le coup, c’était une question de vie ou de mort.

Fillette – Vous travaillez avec monsieur le colonel, c'est pour ça que l'armée vous recherche ? Ou avec la directrice ? Il y a déjà des gens qui l'aidaient et qui sont morts... Et le Colonel Gavin aussi, il m'a aidé, une fois ! J'avais vu un homme mort avec le visage écorché et...

Le cœur au bord des lèvres, le visage blême, Riza réceptionna maladroitement la petite qui se jeta à nouveau dans ses bras en pleurant, elle-même lançant un regard inquiet au Colonel. Un homme mort au visage écorché… Et elle était tombée là-dessus. La pauvre petite était encore traumatisée alors que le lieutenant essayait de la calmer, de l’apaiser. A pleurer comme cela, elle risquait d’alerter les militaires ! Ils étaient partis, oui, mais ils pouvaient revenir à tout moment. Ce pays était fou. Ecorcher des gens, les torturer, traumatiser des enfants… Ce n’était pas un lieu dans lequel ils devaient grandir. Amestris était une dictature déclarée, mais pas la France vu les moyens qu’ils semblaient utiliser. La petite, enfin, sembla reprendre son calme mais Riza ne put s’empêcher de jeter un œil par la brèche, terrifiée à l’idée qu’on les retrouve maintenant.

Fillette – Ils vont lui faire du mal... Une fois, Flavien m'a dit qu'ils l'avaient mis aux arrêts parce qu'il s'était opposé à un général qui frappait un enfant. Puis après, il m'a quand même aidé moi, donc il est gentil.

Riza eut un mince sourire face à l’enthousiasme avec lequel cette petite fille parlait du colonel Gavin. Eux ne l’avaient pas vraiment vu sous son meilleur jour, il était blasé, stressé, nerveux… Mais jamais ils n’auraient pu soupçonner qu’il accomplissait de tels actes. Et maintenant, il était obligé de suivre au pas s’il ne voulait pas perdre son équipe…

Rosalie – Pourquoi l'armée en a après vous ? Vous avez fait quoi ? Et comment vous vous appelez ? Moi c'est Rosalie.

Ouhlà, doucement ! Une question à la fois ! Surtout qu’ils n’en savaient rien, ils venaient d’arriver. Peut-être étaient-ils considérés comme des intrus ou des espions, comme eux avaient soupçonné le colonel Gavin et son subordonné de l’être. Ils ne l’avaient cru qu’à cause de son don et de ce qu’il avait dit, l’état dans lequel il se trouvait et le ton avec lequel il avait parlé. Riza fit un effort, cependant, voulant rassurer Rosalie qui tremblait, visiblement terrifiée, terrorisée. Pauvre petite… Le Colonel ôta sa propre veste pour la lui poser sur les épaules, au moins le temps qu’elle arrête de trembler. Après, ils la ramèneraient. Même s’ils ignoraient où la ramener…

Riza – Je m’appelle Riza et lui c’est Roy, murmura-t-elle. Nous ignorons pourquoi l’armée en a après nous… Elle pense sûrement que nous sommes des espions alors que nous sommes arrivés ici à cause de… Il s’est passé quelque chose, mais nous ne savons pas exactement quoi. Nous ne sommes pas d’ici.

Riza fit une pause, guettant les réactions de Rosalie par peur de l’effrayer à nouveau. Ils ne devaient pas se faire remarquer ! Elle avait l’impression que des pas se rapprochaient, comme s’ils allaient être pris d’une minute à l’autre. Mais non, c’était calme. Le silence complet dans cette partie du village, l’agitation étant nettement plus visible un peu plus loin. Ils ne devaient pas rester ici, c’était beaucoup trop dangereux. Le lieutenant se redressa après avoir jeté un dernier coup d’œil par la brèche, par mesure de sécurité. Tout était toujours calme. Elle se pencha vers Rosalie, son arme à la main, l’invitant à les suivre.

Riza – Nous devons sortir de ce village, c’est trop dangereux ici. Il faut que nous retrouvions notre coéquipier et la générale de votre pays. Une grande femme blonde, très puissante, qu…

Riza s’arrêta tout net, pointant son arme droit devant elle, prête à tirer. Elle avait entendu du bruit, elle en était sûre et certaine. Ils étaient sortis de leur cachette, à présent, ayant marché assez vite pour sortir de ce village qui sentait les ennuis des kilomètres à la ronde. Mais non… Rien. Bon, il fallait qu’elle respire, ils n’allaient jamais y arriver si elle commençait à entendre du bruit partout. S’excusant d’un regard vers le Colonel et Rosalie, le lieutenant baissa légèrement le canon de son arme en continuant à marcher.

Riza – Où habites-tu ? Nous allons te ramener chez toi, ce n’est pas un endroit pour to… Rosalie, cours !

A peine eut-elle le temps de terminer sa phrase qu’une dénotation suivit ses paroles, la petite filant à toute vitesse, laissant retomber la veste du Colonel par terre dans la précipitation, Riza se réfugiant derrière le premier pan de mur qu’elle trouva avec son supérieur qui venait de récupérer la veste de son uniforme. Le soldat n’était pas loin, à dix heures et quelques mètres, caché derrière la maison en ruines un peu plus loin. Riza se mit en position, pointa, tira. Et l’abattit. Ils n’auraient que quelques secondes en plus, mais c’était toujours ça de gagné. Elle se redressa avec son supérieur, filant à travers les ruines du village, sachant que les autres soldats n’allaient pas tarder à arriver. Les coups de feu avaient dû les alerter, ils avaient donné leur position. Et ils connaissaient le village. Pas eux. Ce qui leur fit défaut.

Tournant au coin d’une troisième rue, le souffle court, ils tombèrent nez-à-nez avec trois autres soldats qu’ils abattirent immédiatement, geste ô combien habituel depuis Ishbal. C’était eux ou l’adversaire. Continuant à courir, se fiant aux bruits qu’ils entendaient, ayant l’impression que toutes les rues se ressemblaient, Riza suivait le Colonel… avant d’être arrêtée avec lui par une bonne dizaine de soldats qui les attendaient de pied ferme. Elle échangea un regard avec son supérieur, paniquée, et dut se résoudre à baisser son arme. Même en étant une excellente sniper, elle ne parviendrait pas à tuer dix hommes d’un coup.

Ils la désarmèrent d’abord, ayant sans doute remarqué qu’elle était plus dangereuse, puis s’occupèrent du Colonel et les fouillèrent méthodiquement sans rien oublier. Deux soldats maintenaient Riza, deux autres maintenaient son supérieur et les autres se dispersaient, sans doute convaincus de trouver d’autres intrus comme eux. C’est à ce moment que le lieutenant reconnut celui qui les effrayait tous les deux, ce qui leur fit échanger un regard, de plus en plus paniqués. Bradley. Et l’air qu’il affichait, son allure, ne lui disait absolument rien… Elle sentait le danger se faire de plus en plus oppressant, terrorisée en pensant à tout ce qu’il avait fait et allait encore faire. Au moins, Rosalie était loin… Elle devait être rentrée chez elle, à l’heure qu’il était. Du moins, elle l’espérait.

Bradley – Qui êtes-vous et d'où venez-vous ?

Riza – Nous sommes des soldats et nous nous sommes perdus. Nous voulions seulement retrouver notre coéquipier et rentrer chez nous.

Ce n’était que la vérité, et pourtant, Riza eut comme l’impression que Bradley ne la croyait pas… Il se rapprocha d’elle et lui fit soulever la tête en posant deux doigts sous son menton. Elle soutint son regard, restant droite pour montrer au Colonel que ça allait. Il ne devait pas s’inquiéter, elle arrivait à gérer le stress et ne manquerait pas de respect à cet homme. Même si elle était de moins en moins rassurée… Ils ne pouvaient rien dire, même en disant la vérité, il ne les croirait pas. Alors pourquoi insister ? Eux avaient réagi de la même manière, d’accord, mais pas à ce point-là !

Bradley – Vraiment, ma puce ? murmura-t-il. Quelle méprise, dans ce cas, vous ne devez pas être des ennemis. Ou alors, vous êtes des "amis" du Colonel Gavin ? Cet homme a vraiment de mauvaises fréquentations.

Riza – Nous ne l'avons rencontré qu'aujourd'hui, nous ne le connaissions pas avant.

Bradley – Ce n'est pas le bon endroit pour se balader, fillette, soupira-t-il en la relâchant...

Bradley s’interrompit lorsqu’un autre soldat vint le prévenir qu’ils avaient retrouvé le colonel Gavin. Il ordonna de lui donner une arme et de lui faire exécuter l’un de ses subordonnés. L’un de… Mais c’était… Mais il n’y pouvait rien ! Riza ouvrit légèrement la bouche, choquée, se reprenant à temps mais blêmissant à vue d’œil tandis qu’elle échangea un regard avec le Colonel. Tuer l’un de ses subordonnés… Ils restèrent un court instant en silence avant que le malheureux subordonné n’arrive, menotté et jeté par terre comme s’il n’avait pas plus de valeur qu’un torchon. Il ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait et le colonel Gavin fut amené à son tour, leur lançant un regard alors qu’elle-même baissait le sien. Il allait devoir tuer l’un de ses hommes… Il ne le ferait jamais. Pensée que devait partager le Colonel qui fixait le colonel Gavin.

Bradley – Je pensais avoir été clair, pourtant, dit le maréchal en claquant l'arme, après l'avoir chargé.

Sans surprise, il refusa… Son subordonné pleurait, tremblait et était de plus en plus pâle mais le colonel Gavin refusa toujours, naturellement incapable de faire une telle chose. Cependant, Riza était loin de se douter de la suite des événements. Le coup de feu partit d’ailleurs, d’un autre soldat qui était à côté de Bradley. Le subordonné du colonel Gavin s’écroula par terre alors que lui-même avait hurlé en tombant à genoux, de grosses larmes visibles sur ses joues. Riza, elle, avait considérablement pâli et baissé la tête, des larmes coulant, sa gorge se serrant en voyant le jeune soldat effondré par terre. Cet homme n’avait aucun cœur…

Bradley – Vous étiez pourtant prévenu, dit-il d'un ton impassible. Arrêtez-le.

Riza releva la tête, regardant le colonel Gavin se faire emmener sans opposer la moindre résistance, anéanti. Il venait de perdre son subordonné parce qu’il avait été transporté dans leur pays… Il n’y pouvait absolument rien ! Elle fixa le corps sans vie de son jeune subordonné, le cœur au bord des lèvres alors qu’on l’emmenait déjà. Bradley n’eut aucun regard pour lui, comme s’il ne s’était agi que d’un vulgaire insecte qu’il venait d’écraser. Il se tourna vers elle mais elle fixait toujours le corps, choquée, ressentant une profonde haine envers cet homme sans scrupule. Il la dévisagea un moment et elle soutint son regard, les yeux encore légèrement humides, la gorge serrée et lèvres pincées. Il allait les tuer, eux aussi ?

Bradley – A nous, à présent. Vos noms et prénoms ? Grades ? Le nom de votre pays ? Comment êtes-vous arrivés jusqu'ici ? Comme c'était si le meilleur endroit pour une petite balade nocturne...

Riza était décidée à ne rien lui dire, révulsée par un tel comportement, ne comprenant pas comment il avait pu accéder à ce grade, comment il avait pu être suivi par autant de personnes. Peut-être une guerre sanglante se préparait-elle, mais ce n’était pas une raison pour tuer des gens comme cela ! Avec ce qu’elle avait vu, elle croyait sans problème ce que leur avaient dit le colonel Gavin et le commandant. Il ne faisait aucun doute que cette armée était cruelle et qu’il s’agissait d’une dictature… Mais c’était sans compter les moyens qu’il n’hésitait visiblement pas à utiliser. Bradley se rapprocha du Colonel, l’obligeant à lever la tête pour le regarder. Eh ! Pas touche ! Riza se cabra tandis que les soldats qui la retenaient resserrèrent leur prise sur ses bras. Bas les pattes !

Bradley – Alors, gamine ? dit-il en tournant la tête vers elle, sans lâcher sa proie. Tu as le droit de ne pas répondre, bien entendu... Ce sera même plus rapide, notre "hôpital" a bien besoin d'un peu de chair fraîche.

Riza – Nous ne sommes pas des ennemis ! dit-elle d’un ton paniqué malgré elle. Je m’appelle Riza Hawkeye et je suis lieutenant. Vous tenez mon supérieur, Roy Mustang, qui est Colonel.

Riza avait parlé très vite, la peur au ventre, mais ne pouvait s’en empêcher. L’idée de voir s’effondrer le Colonel lui était intolérable et elle savait que cet homme n’hésiterait pas une seule seconde. Du calme, ne pas perdre des moyens, ne pas hurler. Elle ne voyait aucune solution, aucune porte de sortie. Ils ne trouveraient aucun pays du nom d’Amestris sur leurs cartes, elle en était convaincue, tout comme eux n’avaient trouvé de « France » nulle part. Il n’y avait que la gé… Mais oui ! Elle pouvait les aider, elle avait de l’influence, le commandant le leur avait dit ! Riza prit une inspiration, se reprenant, et répondit d’une traite en se tenant droite, toujours terrorisée à l’idée de voir le Colonel se faire tuer.

Riza – Nous venons d’Amestris mais vous ne trouverez ce pays sur aucune carte, nous sommes arrivés ici par un phénomène étrange, comme le colonel Gavin et votre générale, elle peut en témoigner, elle est venue nous trouver elle-même dans notre caserne ! Il y a eu une sorte de flash blanc, un cri, puis on a été aspirés et on s’est retrouvés ici. Vous devez nous croire, demandez à votre générale, elle confirmera mes propos.


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Sam 18 Juil 2015 - 23:14

– Nous ne sommes pas des ennemis ! dit-elle d’un ton paniqué malgré elle. Je m’appelle Riza Hawkeye et je suis lieutenant. Vous tenez mon supérieur, Roy Mustang, qui est Colonel.

A leur âge... Humph, passons, ce n'était pas important. Il reporta le regard sur le colonel, donc, resserrant sa prise, croisant son regard, ses yeux noirs où brillait une certaine peur. Alors alors, sa petite subordonnée blondinette tenait à lui, n'est-ce pas ? Vu la façon dont elle venait de crier... Il arrivait parfois qu'un gradé s'éprenne de la femme avec qui il travaillait souvent, tous les jours, mais c'était assez rare. Déjà, il y avait peu de femmes dans l'armée, ce n'était pas leur place, hormis pour certaines. Il dévisagea le Colonel, regardant chacun de ses traits, comme un animal avant de l'acheter, lisant dans ses yeux. Et lui, tenait-il à la fillette blonde ? Autant qu'elle-même tenait à lui ? Cela restait à apprendre mais il était curieux. Ils se regardaient d'une façon intense, prouvant déjà un lien assez fort entre eux. Un mince sourire de serpent se dessina sur le visage du Maréchal. C'était vraiment trop aimable, de la part de leurs ennemis, d'envoyer un couple avec un tel lien, cela n'en facilitait que d'autant leur interrogatoire. Voilà pourquoi il n'envoyait jamais des amis proches en mission ensemble, sur les cas sensibles. Si un des équipiers était pris, les autres devaient pouvoir l'abandonner sans peine.

– Nous venons d’Amestris mais vous ne trouverez ce pays sur aucune carte, nous sommes arrivés ici par un phénomène étrange, comme le colonel Gavin et votre générale, elle peut en témoigner, elle est venue nous trouver elle-même dans notre caserne ! Il y a eu une sorte de flash blanc, un cri, puis on a été aspirés et on s’est retrouvés ici. Vous devez nous croire, demandez à votre générale, elle confirmera mes propos.

Il haussa les sourcils, relâchant le gosse avec dédain. Un phénomène étrange, donc ? Cela arrivait souvent, dans cette contrée, il valait mieux vérifier cette histoire. Il tourna le regard vers l'école, au loin, les yeux plissés, puis ordonna d'une voix froide que ses troupes regagnent la caserne, une seule équipe allait rester avec lui. Il fit embarquer les deux prisonniers, menottés dans le dos, dans un fourgon, et grimpa à l'avant prêt du chauffeur. Ils filèrent ainsi jusqu'au pensionnat, se garant près des hautes portes du bâtiment. Il inspecta les fenêtres aux étages, aucune n'était éclairée. En revanche, dans le hall, un des membres du personnel, le cuisinier, fumait une cigarette, assis sur les marches, et la lâcha de surprise en les voyant entrer, lui, ses soldats, et les deux gamins qu'on traînait. Albert lui demanda d'aller chercher la générale, d'une voix glaciale.

– Elle n'est pas là cette nuit, d'autres la cherchaient aussi, toute à l'heure.

– Et où est-elle, alors ? répliqua-t-il d'une voix forte. Vous n'êtes même pas fichu de surveiller les allées et venues ?

– C'est une école, ici, pas une prison !

Nouveau soupir exaspéré. Il allait lancer des recherches lorsque la porte s'ouvrit brusquement et claqua avec violence derrière eux. Il se retourna, comme tout le monde, et vit la générale arriver vers eux. Ah, tout de même. Le cuisinier avait ramassé sa cigarette et filé très vite, en lançant qu'il "ne voulait pas être mêlé aux affaires de l'armée, lui". Cette histoire allait enfin être plus éclaircie. Sa charmante "collègue semblait de très belle humeur, comme d'habitude, mais il fallait avouer qu'elle se présentait mieux en uniforme qu'avec des vêtements civils. Il ouvrait la bouche pour lui demander des explications lorsqu'elle lui hurla d'un coup qu'il n'était qu'un sale monstre, à avoir froidement assassiné un de ses propres soldats, alors qu'un coup de tonnerre déchirait le ciel. La petite gamine blonde avait même sursauté, avec un mouvement de recul, jetant un coup d'œil nerveux au-dessus d'elle. Ses hommes présents ouvrèrent grand la bouche et il vit même, du coin de l'œil, l'un d'eux faire reculer discrètement les deux prisonniers en leur murmurant de se jeter à plat ventre en cas de besoin. Il soupira encore, se frottant légèrement l'oreille, la toisant du regard.

– Inutile de crier, ma chère, vous allez réveiller tous vos élèves. Je suis ici pour vous parler de ces deux-là... dit-il en désignant les gamins du pouce.

Il lui rapporta ce qui avait été dit mais elle confirma tous les propos. Ah, donc c'était vrai ? Quelle regrettable méprise. Mais on n'était jamais assez prudent. Des coups de foudre de plus en plus rapprochés se faisaient entendre dans le ciel et ils entendirent même un peu de bruit à l'étage.

– Vous devriez arrêter de vous mêler à des affaires de ce genre, vous savez.

– Et qui a commencé à me mêler à ces affaires, on se le demande ?!

– Je n'y suis pour rien, navré. Je ne pouvais pas prévoir que personne n'irait défendre cette école à la capitale, à part une femme enceinte ! Si vous étiez tenue à l'écart, comme tous les autres...

Il eut un sourire cynique lorsque l'orage gronda de plus en plus fort. Au-dessus d'elle, le bruit se faisait plus pressant, des voix d'enfants émergeaient. Ah, les gosses étaient réveillés ? Il en vit même un ou deux, en haut de l'escalier, qui repartirent prestement en voyant la scène. C'était plus sage, en effet.

– Je devrais me tenir à l'écart alors que vous vouliez torturer des enfants ?! Vous me faites vomir, ceux qui étudient ici ne sont pas des cobayes pour l'armée ! J'étais peut-être enceinte mais ça ne change rien, s'il s'agit de se battre contre vous et vos méthodes de barbare !

– Dans ce cas ne vous plaignez pas si j'ai fini par m'intéresser à vous ! Je ne me préoccupe pas des femmes, d'ordinaire, mais en voir une se relever après avoir été poignardée et enceinte de six mois, ça a de quoi éveiller la curiosité.

L'un des soldats ne put s'empêcher d'hocher la tête, comme s'il approuvait. La fillette blonde, elle, était plutôt choquée, regardant la générale puis son cher et tendre. Albert lui-même était encore soufflé par cet épisode. Sa subordonnée croisa les bras, les joues soudain plus rouges.

– Je n'allais pas me reposer pour deux ou trois coups de poignard !

– Quinze coups, rectifia-t-il avec calme.

– Et ensuite ?!

Il faillit rire puis se tourna vers les deux prisonniers. Il fit signe de leur ôter les menottes, alors que le soldat près de la fillette s'était à moitié placé devant eux, comme pour les protéger. Ridicule. Il sentait que la générale bouillait sur place de colère et cela l'amusait. Elle était si colérique ! Toujours aussi emportée dès qu'il s'agissait de défendre les faibles et les innocents. Il secoua la tête, repartant de quelques pas vers la porte avant de se retourner.

– Je vous les laisse, dans ce cas. S'ils ne craignent pas de rester un peu dans cette charmante "école".

Elle lui renvoya un regard noir et il laissa échapper un petit rire en repartant. A elle de se soucier de ça, maintenant. Juste avant de passer la porte, il se souvint d'un détail. Fixant la fillette blonde, il la dévisagea un bref moment, sourit un peu puis soupira, les mains dans les poches.

– Une dernière chose, gamine... Évite de montrer à ce point à quel point tu tiens à ton supérieur. Cela pourrait t'éviter des soucis, une fois capturée.
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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Dim 26 Juil 2015 - 18:08

Bradley haussa les sourcils en relâchant le Colonel, ce qui ôta une sérieuse pression chez Riza qui ne voulait pas qu’il lui arrive malheur par sa faute. Il la croyait vraiment ? Mon dieu, mais dans quel monde étaient-ils tombés… Eux avaient refusé de croire cette histoire lorsque le colonel Gavin leur avait raconté la même chose ! Il ignorait comment il était arrivé ici, trouvait cela bizarre, mais aucun membre de leur équipe n’y avait cru. Et cet homme la croyait… Bon, en soi, c’était très bien, ils allaient éviter le pire grâce à cette ouverture d’esprit, mais c’était tout de même assez effrayant. Riza resta droite, sans bouger, attendant qu’il choisisse ce qu’il allait faire. Jusqu’à ce qu’il ordonna, d’une voix froide, le renvoi des troupes à la caserne sauf une qui resterait avec eux. Une équipe pour les encadrer… ? Mais ils n’étaient pas dangereux ! Avec ça, le Colonel n’avait pas ses cercles d’alchimie, il ne pouvait rien faire sans les avoir reproduits sur ses mains.

On les fit monter dans un fourgon, mains menottées dans le dos, Riza échangeant un regard avec le Colonel avec inquiétude. Qu’allaient-ils faire d’eux… ? Ils ne roulèrent pas longtemps, cependant, avant qu’on ne les libère pour les faire descendre dans un parc, d’après ce qu’elle put voir. Un grand bâtiment, assez imposant, se dressait face à eux avec des fenêtres éteintes. On les conduisit vers ce qui devait être l’entrée, montant des marches avant d’arriver dans un grand hall. Un homme, un peu plus loin, lâcha sa cigarette avec surprise en les voyant arriver. Ils avaient, en effet, une sainte horreur des militaires… Riza frémit en réalisant que tout ce que leur avaient dit le colonel Gavin et son subordonné était vrai. Ils devaient rentrer à Amestris, et très vite, ou elle ne donnait pas cher de leur vie. S’ils apprenaient pour l’alchimie… Dieu sait ce que ce Bradley pourrait leur faire, si une telle guerre se rapprochait. Elle n’osait même pas imaginer ce qu’ils pourraient faire avec l’alchimie… Comme pour confirmer ses craintes, Bradley demanda, d’une voix glaciale, à l’homme à la cigarette d’aller chercher la générale.

Homme – Elle n'est pas là cette nuit, d'autres la cherchaient aussi, toute à l'heure.

Bradley – Et où est-elle, alors ? répliqua-t-il d'une voix forte. Vous n'êtes même pas fichu de surveiller les allées et venues ?

Homme – C'est une école, ici, pas une prison !

Oui, enfin, Riza avait un gros soupçon à ce sujet-là. Officiellement, peut-être cet endroit était-il une école, mais officieusement… Si tout ce qu’on leur avait dit était vrai, cette « école » n’en était plus une depuis des mois. Un endroit où les élèves sont torturés, préparés pour la prochaine guerre, un endroit où les soldats sont aussi présents qu’ici, un endroit où on a peur en les voyant arriver, un endroit où ils peuvent aller et venir à leur guise… Un tel endroit n’était pas une école. Mais soit, ne pas soulever, rester droite, calme, ne pas commettre d’impair. Il en allait de leur vie. En attendant, il était normal que la générale ne soit pas là, elle venait seulement de revenir ! Au même instant, ils entendirent la porte derrière eux s’ouvrir brutalement sur la générale qui était, apparemment, furieuse. L’homme à la cigarette prit ses jambes à son cou, sentant sans doute l’orage venir, alors que la générale hurla qu’il n’était qu’un sale monstre, à avoir assassiné froidement un de ses propres soldats. Ce hurlement ponctué à un coup de tonnerre, dans le ciel, était la parfaite peinture d’un film d’horreur et fit sursauter Riza qui avait eu un mouvement de recul en jetant un œil au plafond. Comment faisaient-ils ça ?! Amestris, douce Amestris, que ce pays lui manquait, d’un coup… Un des hommes qui les tenaient, le Colonel et elle, les avertit même de se jeter à plat ventre au cas où. Rassurant…

Bradley – Inutile de crier, ma chère, vous allez réveiller tous vos élèves. Je suis ici pour vous parler de ces deux là... dit-il en désignant les gamins du pouce.

Riza sentit sa gorge se serrer, se raidissant d’un seul coup, mais la générale confirma tout ce qu’ils avaient dit. Elle ignorait pourquoi elle était aussi nerveuse, elle n’avait dit que la vérité, mais elle ne pouvait s’empêcher de stresser en pensant ils étaient. Des coups de foudre retentissaient, aussi, de plus en plus présents, alors qu’on entendait du bruit à l’étage. Une minute… Mais non. C’était stupide. Le colonel Gavin en avait bien parlé, mais…

Bradley – Vous devriez arrêter de vous mêler à des affaires de ce genre, vous savez.

Générale – Et qui a commencé à me mêler à ces affaires, on se le demande ?!

Bradley – Je n'y suis pour rien, navré. Je ne pouvais pas prévoir que personne n'irait défendre cette école à la capitale, à part une femme enceinte ! Si vous étiez tenue à l'écart, comme tous les autres...

L’orage se fit, à mesure que la conversation s’envenimait, de plus en plus fort, plus oppressant. C’était elle qui faisait ça… ? Riza pâlit d’un seul coup, jetant un œil au Colonel pour voir si lui avait compris aussi. C’était grâce à cela qu’elle était rentrée aussi facilement dans la caserne… Le colonel Gavin avait bien parlé de dons, mais jamais le lieutenant n’aurait cru qu’ils pouvaient être aussi développés que cela ! D’une oreille, elle vit des enfants passer la tête au-dessus des escaliers avant de filer illico en voyant qui parlait. D’accord… Elle pouvait avoir peur, maintenant ?

Générale – Je devrais me tenir à l'écart alors que vous vouliez torturer des enfants ?! Vous me faites vomir, ceux qui étudient ici ne sont pas des cobayes pour l'armée ! J'étais peut-être enceinte mais ça ne change rien, s'il s'agit de se battre contre vous et vos méthodes de barbare !

Bradley – Dans ce cas ne vous plaignez pas si j'ai fini par m'intéresser à vous ! Je ne me préoccupe pas des femmes, d'ordinaire, mais en voir une se relever après avoir été poignardée et enceinte de six mois, ça a de quoi éveiller la curiosité.

… Pardon ? Elle était enceinte de six mois, s’était fait poignarder et s’était relevée ?! Non, non, non, elle avait dû mal entendre, n’est-ce pas ? Mais non, ses oreilles ne lui jouaient pas des tours, un soldat hocha la tête. Enceinte, poignardée, et elle se relevait… Riza lança un regard à la générale avant de le reporter vers le Colonel, voulant s’assurer de ce qu’elle avait entendu. Lui aussi semblait choqué, donc oui, elle avait bien entendu. Où étaient-ils tombés… C’était promis, elle ne critiquerait plus jamais Amestris. Plus jamais.

Générale – Je n'allais pas me reposer pour deux ou trois coups de poignard !

Bradley – Quinze coups, rectifia-t-il avec calme.

Générale – Et ensuite ?!

De mieux en mieux… Riza ne savait plus quoi penser, complètement perdue, épuisée, croyant vraiment avoir tout vu avec Amestris mais ne se doutant certainement pas qu’un pays pire que le leur pouvait exister. Des millions de morts, des dons, une école où l’on torture des enfants… Ils étaient bien mieux chez eux. Elle voulait rentrer, avait l’impression qu’un problème pouvait leur tomber sur la tête à n’importe quel moment. Bradley se tourna alors vers eux en faisant signe de leur ôter les menottes. Riza se massa les poignets, se sentant bien mieux comme cela, avec ses mains libres. Déjà un problème de moins… Mais elle n’était pas rassurée pour autant. Bradley secoua alors la tête en se rapprochant de quelques pas de la porte, avant de se retourner à nouveau.

Bradley – Je vous les laisse, dans ce cas. S'ils ne craignent pas de rester un peu dans cette charmante "école".

Heu… Ils ne pouvaient pas dormir dehors ? Même une tente ? Elle en avait vu, dehors, ils pouvaient très bien dormir ailleurs, ce n’était pas un problème. Riza faillit le rétorquer, s’apprêtant à dire qu’ils ne voulaient déranger, que tous avaient déjà eu une longue journée, mais elle se retint en voyant le regard noir de la générale. D’accord, silence, ça valait mieux… Bradley continua à marcher vers la porte, mais s’arrêta soudain en la fixant. Heu ? Elle n’avait rien fait, là, rien dit ! Parce qu’ils allaient dire que le don de lire dans les pensées existait, aussi ? Mon dieu… Elle voulait rentrer. Rentrer vite, très vite, peu importe la fatigue qu’elle ressentait.

Bradley – Une dernière chose, gamine... Évite de montrer à ce point à quel point tu tiens à ton supérieur. Cela pourrait t'éviter des soucis, une fois capturée.

Mais elle ne… C’était normal d’agir comme ça ! Ils étaient perdus dans un autre pays où torturer des enfants était monnaie courante pour les militaires, où une première guerre avait déjà fait des millions de victimes et où une deuxième guerre s’annonçait, pire que la première, où des gens manipulaient les éléments jusqu’à une puissance terrifiante, et où tuer quelqu’un pour… elle ne savait trop quoi n’était pas la sentence ultime. Comment aurait-elle dû réagir autrement ? Il était son supérieur et ami ! Riza ne répondit rien, plus pâle cependant, ayant arrêté tout mouvement. Elle hocha simplement de la tête avant que Bradley ne s’en aille et ils purent récupérer ce qu’on leur avait pris en les arrêtant, y compris la montre d’alchimiste du Colonel. Ce n’est que lorsque la porte fut refermée que le lieutenant tourna la tête vers la générale, mal à l’aise.

Riza – Nous… Nous sommes désolés pour le dérangement, nous ne… Nous n’avons pas compris ce qui s’est passé, j’ai directement pensé à vous comme le subordonné du colonel Gavin avait dit que vous aviez une certaine influence, ici. Mais nous pouvons nous débrouiller s’il faut, nous ne voulons pas déranger.

La générale soupira en leur lançant le même regard que la générale Armstrong et pas mal de leurs supérieurs, comme s’ils étaient des gamins et rien d’autre. Pourtant, ils se débrouillaient ! Sinon, comment expliquer leurs grades ?

Générale – Ce n'est pas le moment d'aller vous perdre dehors, autant passer la nuit ici. Je vais vous montrer où dormir.

Riza hocha la tête avec un faible « Merci » puis la suivit avec le Colonel en prenant la direction des escaliers. Ils pouvaient entendre du bruit dans les étages supérieurs mais, curieusement, dès qu’ils s’approchaient, c’était le calme plat. Cette femme les terrorisait à ce point… ? Tout de même, justement, ils étaient protégés avec elle, non ? Bradley était même parti grâce à elle et les soldats avaient l’air terrifié, eux aussi, preuve qu’ils n’osaient pas trop approcher. Pour son supérieur et elle, c’était normal, ils ne venaient même pas d’ici… Ils grimpèrent deux volées d’escaliers, arrivant à un étage apparemment plus calme, et s’arrêtèrent devant une porte parmi d’autres que rien ne distinguait des autres. C’est à ce moment que la générale leur dit que la personne qui logeait ici, une enseignante du Pensionnat, s’appelait Estelle Chevreuil. Elle frappa à la porte et ils se retrouvèrent face à une jeune femme enceinte très souriante avec de longs cheveux bruns, dégageant une certaine douceur. Curieusement, dormir ici cette nuit lui sembla beaucoup moins terrifiant, maintenant. Elle n’était pas comme la générale, n’est-ce pas ?

Générale – Désolée de te déranger, voici Roy Mustang et Riza Hawkeye, ils viennent de... Peu importe. Ils ne font pas partie de l'armée de ce pays donc ne t'en fais pas. Tu veux bien les héberger cette nuit ?


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mar 28 Juil 2015 - 14:29

La journée avait été longue, Estelle n’aimant guère remplir autant de papiers pour l’administration mais elle n’avait guère le choix. Entre les dossiers d’inscription un peu étranges qui étaient arrivés, les conseils d’orientation, les réunions, les rendez-vous avec les élèves qui ne savaient pas quel chemin prendre, les examens à corriger, ses propres cours, les copies à corriger, il y avait des jours où elle ne savait plus où donner de la tête. Installée à son bureau, éclairée par une lampe tout simple, elle continuait son travail, malgré l’heure tardive. François n’était pas ici ce soir, il avait beaucoup de travail et avait dû rester sur Paris. Elle pouvait donc travailler plus tard ce soir, comme elle n’avait pas cours demain matin. Il commençait à se faire bien tard mais elle n’avait pas sommeil, écrivant à son rythme, un bol de thé posé à portée de main et encore chaud, dégageant une douce vapeur. Elle aimerait terminer de corriger ces copies ce soir, ne voulant rien rendre en retard à ses élèves.

Vers vingt-trois heures, elle reposa son crayon, puis alla très doucement dans la chambre de Wyatt, ayant entendu du bruit, mais son petit bout dormait toujours à poings fermés. Elle le regarda avec une tendresse infinie, souriante, s’agenouillant près du lit à barreaux. Il suçait son pouce, son autre bras refermé sur son doudou. Il grandissait tellement vite ! Elle avait l’impression qu’il né la veille, ce jour merveilleux où elle l’avait tenu pour la première fois dans le creux de ses bras. Il approchait de ses un an et marchera bientôt. Elle tendit la main à travers les barreaux de bois pour caresser délicatement sa joue, attendrie, puis se redressa, remontant légèrement la couverture sur lui pour qu’il ne prenne pas froid. Elle posa une main sur son ventre, souriant de plus belle en songeant que son petit Wyatt allait bientôt avoir un frère ou une sœur. Sortant de la chambre, elle referma la porte avec lenteur pour ne pas réveiller son fils, le laissant plongé dans ses rêves d’enfant.

Elle revint s‘asseoir à son bureau et se plongea à nouveau dans ses copies, après avoir allumé la grande lumière de la pièce pour y voir plus clair. Ses élèves avaient fait des progrès, dans l’ensemble, mais le niveau de français n’était pas toujours celui attendu. Elle nota à plusieurs élèves, comme commentaire, de faire attention à l’orthographe, ça ne passera pas longtemps. Elle vérifiait une date dans un livre, ayant un trou de mémoire, lorsqu’elle entendit tout à coup plusieurs coups de tonnerre, suivit d’une certaine agitation à l’étage du dessous. Elle soupira un peu, devinant sans trop de peine ce qui se passait. Enfin soit, ne pas se mêler aux affaires de l’armée. Elle poursuivit son travail, inscrivant sur une autre copie de ne pas écrire si petit et surtout aussi serré, c’était illisible. Certaines réponses étaient plutôt drôles, il y avait des élèves qui avaient une très belle plume. Elle inscrivait les notes dans sa feuille d’émargement quand on frappa à la porte.

Se levant, étonnée qu’on vienne ici à une heure pareille, elle ouvrit sur Gabriella, en tenue avec un air las, et deux autres personnes qu’elle n’avait jamais vus et qui étaient très pâles. Elle leur sourit pour les saluer, n’étant pas impolie, tout de même. Ils ne devaient pas être beaucoup plus jeunes qu’elle et portaient aussi un uniforme, qui ressemblait vaguement à celui de Gabriella. Ils étaient aussi de l’armée ? Ou de l’armée d’un autre pays ? Cette école ressemblait de plus en plus à une caserne, c’était inquiétant.

Gaby – Désolée de te déranger, voici Roy Mustang et Riza Hawkeye, ils viennent de... Peu importe. Ils ne font pas partie de l'armée de ce pays donc ne t'en fais pas. Tu veux bien les héberger cette nuit ?

Estelle – Oui, sans problème ! dit-elle avec un grand sourire en ouvrant plus grand la porte. Entrez donc.

Elle s’écarta pour laisser passer les deux jeunes gens, veillant à retenir leurs noms pour ne pas les froisser. Elle voulait toujours mettre ses hôtes à l’aise, question de politesse et de respect. Ils avaient des prénoms étranges et rares, d’ailleurs, ils devaient venir de loin. Avant de refermer la porte, elle interpella Gaby, passant la tête dans le couloir.

Estelle – Pense à dormir un peu, aussi, tu n’as pas très bonne mine. Bonne nuit.

Elle referma la porte puis dit à ses invités surprise de se mettre à l’aise, qu’ils pouvaient faire comme chez eux. Elle leur dit qu’ils pouvaient passer la nuit sur les canapés, il y en avait deux, avec un fauteuil, ça conviendra sûrement. Ouvrant un placard près de l’entrée, elle en sortit deux couvertures propres et des petits oreillers. Il devait être aux alentours de minuit, quelque chose comme ça. Elle mit les couvertures sur les canapés, puis se redressa, leur proposant un chocolat chaud ou un thé.

Estelle – Vous êtes malades, non ? demanda-t-elle en prenant des vols dans un autre placard, dans la cuisine. Vous avez l’air très pâle… J’espère que ce n’est pas à cause de l’orage, mais vous allez vous habituer, on ne risque rien. Depuis que Gabriella est entrée dans l’armée, les choses vont un peu mieux, et tous les soldats ne sont pas des monstres. L’un d’eux, un colonel, a sauvé une de nos élèves, l’autre jour. Elle était très choquée, la pauvre petite… Vous voulez du sucre ?

Elle prépara un plateau avec ce qu’il fallait, en leur disant qu’ils pouvaient déjà s’asseoir. Quelques collègues passèrent dans le couloir, parlant à voix basse. Elle entendit la voix de Frédéric, plus sonore, lançant qu’ils seront « sans doute plus tranquilles quand la guerre éclatera et que l’armée aura autre chose à foutre que de rester ici ». Une porte claqua puis le silence revint. Estelle mit le plateau sur la petite table du salon, s’asseyant avec ses invités.

Estelle – Que venez-vous faire dans le coin ? demanda-t-elle en versant les boissons. Je ne veux pas vous vexer mais ce n’est pas un endroit très… Disons qu’il y a mieux, pour découvrir le pays. L’armée est sur les dents, ils ont un peu de mal avec les étrangers, en ce moment.
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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Dim 2 Aoû 2015 - 23:03

Roy ne savait pas s'il devait crier à son tour ou vomir, ne pensant même plus à se débattre contre ceux qui le tenaient. Il regardait le jeune homme par terre, qui ne devait pas avoir plus de vingt ans, effondré, son sang s'écoulant sur la terre et les graviers sous lui, le visage blême, ne pouvant en détacher les yeux. Il avait été tué si facilement... Si simplement... Comme si sa vie n'avait jamais eu la moindre valeur... Son supérieur s'était laissé entraîner sans la moindre résistance, allant sans doute être enfermé pour sa "désobéissance". Il le suivit du regard, puis le reporta sur le tout jeune soldat qu'on emmenait sur un brancard. Son visage lorsqu'on l'avait amené ici... Lorsqu'on avait ordonné à son supérieur de l'abattre lui-même. Roy se raidit un peu plus, plus blême que jamais. Il regarda Bradley, le cœur au bord des lèvres, sans comprendre comment on pouvait en arriver à ça. Comment la mort était-elle devenue si aisée à donner à ses propres soldats ?

– A nous, à présent. Vos noms et prénoms ? Grades ? Le nom de votre pays ? Comment êtes-vous arrivés jusqu'ici ? Comme c'était si le meilleur endroit pour une petite balade nocturne...

La colère vint se mêler au choc et il lui rendit un regard dégoûté, révulsé, outré devant de telles méthodes. Il n'avait aucun frein, aucun remords ! Comme s'il ne s'était rien passé, comme s'il ne venait pas d'ordonner à l'instant d'abattre un tout jeune soldat innocent ! Il serra les dents, voyant que le lieutenant était aussi déterminée que lui à ne rien dire. Le maréchal se rapprocha tout à coup, droit sur lui, puis lui prit le visage par le menton pour lui relever la tête. Eh, là ! Il retint une insulte, sachant que ce n'était pas exactement le moment de provoquer ce sale type odieux.

– Alors, gamine ? dit-il en tournant la tête vers elle, sans lâcher sa proie. Tu as le droit de ne pas répondre, bien entendu... Ce sera même plus rapide, notre "hôpital" a bien besoin d'un peu de chair fraîche.

– Nous ne sommes pas des ennemis ! dit-elle d’un ton paniqué malgré elle. Je m’appelle Riza Hawkeye et je suis lieutenant. Vous tenez mon supérieur, Roy Mustang, qui est Colonel.

Non mais... Elle lui avait tout dit ! Elle ne devrait pas craquer comme ça, enfin ! Savait-elle ce que ce type pourrait faire, avec ces informations ? Vu son comportement jusqu'ici... Il ne put pas lui jeter un coup d'œil pour lui faire signe de se taire mais c'est bien parce qu'il y était contraint. Ils devaient aussi protéger Amestris du regard de ce type, c'était leur devoir ! Donc ne rien lui donner comme information ! Peu importe ce qu'il avait en tête, ils étaient des soldats, ils ne devaient pas tout lâcher ainsi si vite.

– Nous venons d’Amestris mais vous ne trouverez ce pays sur aucune carte, nous sommes arrivés ici par un phénomène étrange, comme le colonel Gavin et votre générale, elle peut en témoigner, elle est venue nous trouver elle-même dans notre caserne ! Il y a eu une sorte de flash blanc, un cri, puis on a été aspirés et on s’est retrouvés ici. Vous devez nous croire, demandez à votre générale, elle confirmera mes propos.

Il n'allait jamais croire une histoire pareille... Eux-mêmes n'y avaient pas cru. Mais curieusement, le psychopathe le relâcha. Il les... croyait ? Ou peut-être pas. Roy retint un juron lorsqu'il fit garder une équipe et renvoyer les autres à la caserne. Et maintenant ? Celui qui le tenait lui tira les poignets dans le dos et Roy sentit des menottes. Il dû grimper à l'arrière d'un fourgon avec le lieutenant, jurant entre ses dents car il n'avaient pas ses gants avec le cercle alchimique. Le garde le poussa à s'asseoir et il échangea un regard avec sa subordonnée. Où les emmenait-on ? Dans ce fameux "hôpital" ? Vu la réaction du Colonel Gavin lorsqu'ils avaient parlé de le faire soigner... Mais ce n'était pas ça, quand ils descendirent, ils étaient près de deux immenses bâtiments, dans une architecture plutôt chic. Il jeta un œil derrière lui en avançant, voyant un grand parc, un lac, des murs au loin, et le village brûlé en contrebas. Où étaient-ils ? Tout cela appartenait aussi à l'armée ? Il tira sur ses menottes mais c'était, hélas, de la qualité. Entrant dans le hall d'un des bâtiments, ils furent "accueillis" par un homme fumant une cigarette, qui eut l'air choqué en les voyant. Décidément, l'armée était très aimée, dans le coin. Bradley demanda où était la générale, alors que Roy ne comprenait pas pourquoi il n'allait pas la chercher à la caserne.

– Elle n'est pas là cette nuit, d'autres la cherchaient aussi, toute à l'heure.

– Et où est-elle, alors ? répliqua-t-il d'une voix forte. Vous n'êtes même pas fichu de surveiller les allées et venues ?

– C'est une école, ici, pas une prison !

Une seconde... Ça voulait dire que la générale était aussi la directrice de cette école ? Comment pouvait-elle mener ces deux métiers de front ?! Trouver le temps de gérer une école tout en menant l'armée ?! Et puis, une école... Il en savait pas ce qui se passait exactement dans ce pays mais voilà bien une école où il ne mettrait jamais ses enfants. La porte d'entrée claqua tout à coup et ils virent la générale avancer, visiblement d'excellente humeur si on en jugeait par son regard très noir. Bon, au moins, elle n'avait pas l'air de craindre Bradley ! Impression confirmée lorsqu'elle lui hurla qu'il n'était qu'un monstre insensible, alors qu'un coup de tonnerre se faisait entendre. Oh là ! Même si lui détestait le président, jamais il n'oserait pour autant lui hurler dessus et encore moins l'insulter, question de respect ! Mais ça n'avait pas l'air de beaucoup la déranger, ni même Bradley qui semblait s'y attendre. Quel monde de cinglés, et dire que le père de Riza lui avait hurlé dessus lorsqu'il lui avait annoncé son engagement car il trouvait l'armée d'Amestris cruelle ! Il n'avait jamais dû entendre parler une seule fois de celle-ci. Roy jeta un regard assez nerveux vers l'extérieur. L'alchimie pouvait donner des trucs effrayants, mais personne ne pouvait commander à la météo.

– Inutile de crier, ma chère, vous allez réveiller tous vos élèves. Je suis ici pour vous parler de ces deux là... dit-il en désignant les gamins du pouce.

Roy ne put s'empêcher d'avoir pitié pour les élèves en question, pendant un instant. A moins qu'ils ne soient habitués. Il vérifia que le lieutenant était assez loin pour ne se prendre un mauvais coup au passage, réussissant à se décaler un peu devant elle pour la protéger au cas où. La générale confirmait ce qui avait été dit, durant ce temps. Jamais Amestris ne lui avait autant manqué... Avec son travail quotidien, leur armée saine d'esprit, tout ça.

– Vous devriez arrêter de vous mêler à des affaires de ce genre, vous savez.

– Et qui a commencé à me mêler à ces affaires, on se le demande ?!

Elle osait vraiment... Il n'en revenait pas, crispé comme jamais, choqué de voir une personne de son rang oser crier directement ainsi sur son supérieur hiérarchique. Il se souvint à ce moment de ce qu'avait dit le commandant. "Je crois que ça l'amuse, il a enfin trouvé quelqu'un pour lui résister..." D'accord, bon, ne pas trop montrer son étonnement. Il commençait à comprendre un peu mieux à qui ils avaient à faire. Cette femme était donc vraiment dangereuse.

– Je n'y suis pour rien, navré. Je ne pouvais pas prévoir que personne n'irait défendre cette école à la capitale, à part une femme enceinte ! Si vous étiez tenue à l'écart, comme tous les autres...

Défendre une école en étant enceinte... Bon, ça se confirmait, elle n'était pas très douce ni posée. Jamais il n'aurait cru qu'elle puisse être directrice d'école, tant elle était bien dans son rôle de générale, d'après ce qu'il pouvait voir. Il écouta un moment l'orage et comprit comment elle avait arriver jusqu'à eux et pourquoi elle avait un peu traumatisé leurs hommes au passage. Voir une inconnue arriver, désarmée, en lançant de la foudre avec les mains et à cette puissance, ça avait de quoi intimider. C'était cela, alors, les "dons" ? Le feu, la foudre... Qu'il y avait-il encore ?

– Je devrais me tenir à l'écart alors que vous vouliez torturer des enfants ?! Vous me faites vomir, ceux qui étudient ici ne sont pas des cobayes pour l'armée ! J'étais peut-être enceinte mais ça ne change rien, s'il s'agit de se battre contre vous et vos méthodes de barbare !

C'est bizarre, elle lui rappelait un peu la générale Armstrong. Cette femme s'entendrait à merveille avec les soldats de Briggs, elle avait la même mentalité. Il n'arrivait toujours pas à surmonter le choc de la voir insulter bien en face son supérieur hiérarchique. On pouvait passer en cour martiale pour bien moins que ça.

– Dans ce cas ne vous plaignez pas si j'ai fini par m'intéresser à vous ! Je ne me préoccupe pas des femmes, d'ordinaire, mais en voir une se relever après avoir été poignardée et enceinte de six mois, ça a de quoi éveiller la curiosité.

Roy entrouvrit la bouche, sentant toutes couleurs quitter son visage. Enceinte de six mois et poignardée... Et relevée ? Elle... mais elle... Non, sérieusement, elle était vraiment directrice de cette école ? Qu'elle soit générale, promue aussitôt, influente, etc, oui, il le croyait sans aucun problèmes maintenant, pas de soucis du tout. En revanche, il était incapable de croire qu'elle puisse être à la tête d'une école, aussi bizarre soit ladite école. Ça ne collait pas du tout ! Elle était faite pour militaire, pour diriger, tout le hurlait, chez elle, mais directrice d'école ... ? Non, désolé, ça ne collait pas du tout, c'est comme si on lui disait que King Bradley était simple vendeur dans une épicerie.

– Je n'allais pas me reposer pour deux ou trois coups de poignard !

– Quinze coups, rectifia-t-il avec calme.

– Et ensuite ?!

Il avait le droit de dire que cette femme lui collait une peur monstrueuse ou ce serait ridicule ... ? Il eut un petit mouvement de recul lorsque le maréchal se tourna vers eux mais c'était juste pour qu'on leur enlève leurs menottes. Il imita sa subordonnée en se massant les poignets, très secoué. Ce monde était fou, ce pays était tellement tendu... Des millions de morts, avait dit le commandant. Des millions. Il ne devait même pas y avoir un million de soldats à Amestris, ils étaient des milliers, mais pas un million. Et dans ce pays, c'était des millions de soldats qui avaient péri. Voilà ce qui arrivait dans une nation après une guerre de cette importance. Bradley se retourna avant de sortir, rendant le colonel encore plus méfiant.

– Je vous les laisse, dans ce cas. S'ils ne craignent pas de rester un peu dans cette charmante "école".

Sinon, ils pouvaient aussi aller dormir dans la forêt qu'ils avaient vu, hein, avant de rentrer ici. Même au sommet d'un arbre, s'il le fallait. Ils avaient des animaux dangereux, ici ?

– Une dernière chose, gamine... Évite de montrer à ce point à quel point tu tiens à ton supérieur. Cela pourrait t'éviter des soucis, une fois capturée.

Roy eut un petit soupir de soulagement lorsqu'il quitta enfin l'école. Bon débarras. Il se tourna vers la générale, le souffle un peu court. Heu, ils devraient la remercier, non ? Elles les avait tiré d'un bien mauvais pas, et même s'il ne comprenait pas grand-chose, il en devinait assez pour comprendre à quel point ils étaient dans la mouise. Il se sentait épuisé, d'un seul coup, et le lieutenant ne devait pas être dans un meilleur état.

– Nous… Nous sommes désolés pour le dérangement, nous ne… Nous n’avons pas compris ce qui s’est passé, j’ai directement pensé à vous comme le subordonné du colonel Gavin avait dit que vous aviez une certaine influence, ici. Mais nous pouvons nous débrouiller s’il faut, nous ne voulons pas déranger.

Bonne idée, s'attarder ici n'était pas le summum de la prudence et elle avait sûrement bien autre chose à faire que s'occuper d'eux. Mais elle soupira, avec un regard qui lui rappela bizarrement quelqu'un d'autre.

– Ce n'est pas le moment d'aller vous perdre dehors, autant passer la nuit ici. Je vais vous montrer où dormir.

Ah, heu... Bon... Il la remercia doucement, la suivant avec sa subordonnée. En passant au premier étage, il eut le temps d'apercevoir des enfants courir puis disparaître derrière une porte au milieu du couloir. C'était un pensionnat ? Il faillit manquer le nom de l'enseignante chez qui la générale les emmenait, occupé à s'interroger sur la vie que devaient mener ces enfants, dans une école pareille, avec l'armée, la guerre, tout ce qui s'ensuit. La générale frappa à une porte, au second étage, qui s'ouvrit sur une jeune femme aux longs cheveux raides et bruns, avec les yeux chocolat en amande. Enceinte jusqu'au fond des yeux. Elle dégageait une certaine douceur, à l'opposé de la tension permanente que dégageait la générale.

– Désolée de te déranger, voici Roy Mustang et Riza Hawkeye, ils viennent de... Peu importe. Ils ne font pas partie de l'armée de ce pays donc ne t'en fais pas. Tu veux bien les héberger cette nuit ?

– Oui, sans problème ! dit-elle avec un grand sourire en ouvrant plus grand la porte. Entrez donc.

Il la remercia, tout en se présentant et présentant sa subordonnée. En effet, elle avait bien plus douce. Elle lança à la générale de se reposer aussi avant de refermer la porte. Elles étaient amies ? Il eut un faible sourire, épuisé, très secoué, s'inquiétant de l'état du lieutenant. La jeune Estelle se préoccupait déjà de leur préparer où dormir, comme s'il était on ne peut plus naturelle que sa patronne vienne la trouver pour qu'elle héberge de parfaits inconnus à l'allure étrange. Elle posa des couvertures sur les canapés puis leur proposa du thé ou du chocolat chaud. Il était admiratif, tout de même. Être si naturelle alors qu'elle venait de prendre pour la nuit des personnes dont elle ne savait rien après avoir entendu un orage d'apocalypse et des hurlement dans le hall d'entrée. Quel merveilleux sang-froid.

– Vous êtes malades, non ? demanda-t-elle en prenant des vols dans un autre placard, dans la cuisine. Vous avez l’air très pâle… J’espère que ce n’est pas à cause de l’orage, mais vous allez vous habituer, on ne risque rien. Depuis que Gabriella est entrée dans l’armée, les choses vont un peu mieux, et tous les soldats ne sont pas des monstres. L’un d’eux, un colonel, a sauvé une de nos élèves, l’autre jour. Elle était très choquée, la pauvre petite… Vous voulez du sucre ?

Il s'assit avec lenteur, à côté de sa subordonnée, alors que d'autres personnes passaient dans le couloir en insultant l'armée au passage. Leur hôte devait parler de Gavin, vu ce que la petite Rosalie avait dit... Un homme avec le visage écorché, mort... Ils n'avaient pas vu le colonel sous son meilleur jour, à East City. Elle revint avec un plateau, toujours aussi souriante. Comment elle faisait ? Il voudrait bien la recette, ça l'aiderait à se détendre.

– Que venez-vous faire dans le coin ? demanda-t-elle en versant les boissons. Je ne veux pas vous vexer mais ce n’est pas un endroit très… Disons qu’il y a mieux, pour découvrir le pays. L’armée est sur les dents, ils ont un peu de mal avec les étrangers, en ce moment.

– L'armée est sur les dents, vraiment ? lâcha-t-il dans un souffle sans pouvoir s'en empêcher, d'un ton ironique. Hum, pardon. Ce n'est pas contre vous.

Il lui fit un regard d'excuse, ne voulant pas la blesser alors qu'elle était si agréable avec eux, surtout qu'elle les hébergeait. Il était sur les nerfs mais ce n'était pas à elle d'en faire les frais, il était désolé. Le lieutenant lui jeta aussi un regard explicite et il se sentit encore plus idiot.

– Nous ne voulions pas venir ici, nous voulons rentrer chez nous. C'est juste... le hasard qui nous a fait venir maintenant.

Il participa peu, par la suite, à la conversation laissant leur hôtesse parler tout en buvant le thé. Ils apprirent qu'elle avait un fils, déjà, et elle continua un bon moment sur ce sujet. A la fin de la conversation, il avait réussi à se détendre, parler de sujets aussi paisibles et normaux vous apaisaient. Ils s'installèrent sur les canapés pour la nuit, pendant qu'Estelle allait dans sa chambre. Roy lâcha un long soupir, tournant la tête vers sa subordonnée. Il avait l'impression qu'il s'était passé plusieurs jours en un seul, trop d'informations, trop de choses qu'on ne pouvait croire, trop de tension.

– Comment vous sentez-vous, lieutenant ?

– Dépassée et épuisée. Ce monde n'est pas fait pour moi... Mais vous, comment vous sentez-vous ?

– Très bien... Je pensais au colonel Gavin... Son subordonné qui est mort comme ça... C'était évident qu'il allait refuser de le tuer. Quand j'ai compris qu'on le tenait par des otages, je n'imaginais pas... Tout ça.

Il ne cessait de revoir le soldat au sol, le sang qui s'écoulait, il entendait encore le hurlement de son supérieur hiérarchique. Ce type avait l'âge de Fuery, bon sang ! Et il avait été tué, comme ça, sans qu'on accorde la plus petite importance à sa vie. Roy serra les poings sur la couverture, le cœur battant, repris par une forte envie de vomir. Ils avaient tué un gamin, qui ne devait avoir encore rien connu de la vie.

– Moi non plus... En tant que sniper, tuer de sang-froid n'est pas un concept qui m'est inconnu, mais ce que cet homme a fait... Je n'ose pas imaginer ce que cela va devenir s'ils connaissent vraiment une autre guerre. Il faut que l'on parte d'ici, et vite.

– Nous avons tué dans une guerre, lieutenant... soupira-t-il. Alors que là... C'est comme si demain, on vous demandait d'abattre Havoc ou Fuery. Pour rien.

Il ferma les yeux puis se retourna sur le côté. Ils devaient se reposer, maintenant, ce n'était plus tenable. Il peina à s'endormir mais sombra bientôt dans un sommeil lourd et agité, peuplé de rêves où il voyait le jeune soldat être abattu. Au matin, il était encore plus épuisé, comme s'il n'avait pas fermé l'œil. Il se redressa, se frottant les yeux, réveillant le lieutenant par son mouvement. Il s'excusa et se leva, allant jeter un œil par la fenêtre. Il faisait à peine jour. Éprouvant un besoin urgent d'air, il mit ses bottes puis écrivit un mot pour Estelle afin de l'avertir qu'il sortait avec le lieutenant. Tout était si silencieux... Le couloir était désert, seul un peu de bruit montait de certains appartements. Le hall lui aussi était désert, à l'exception d'un homme, un cuisinier vu sa tenue, qui partait vers une autre salle en sifflotant, chargé d'une caisse remplie de petits pains. Il sortirent dans le parc, refermant la porte.

– Regardez, là-bas, dit-il pour le lieutenant en désignant un groupe du menton, plus loin.

Il y avait un petit groupe, des enfants et un adulte, occupés à effectuer une longue série de gestes de combat, avec lenteur, à l'unisson. Des arts martiaux ? Mettant les mains dans les poches, il continua sa route, laissant le groupe à son entraînement. Plus loin, au bord u lac, une élève assez âgée faisait des gestes étranges. Le lac se soulevait pour former des sculptures assez belles avant de retomber puis d'en former de nouvelles. Le feu. La foudre. L'eau. Ce devait être pareil pour chacun des éléments.

– Maintenant, je vois très bien ce que l'armée fait ici, marmonna-t-il. Vous pensez que c'est le colonel Gavin qui a fait brûler ce village ?

– J'en suis certaine... Le lieutenant, la femme qui attendait devant l'hôpital, a tué un témoin de la scène pour le couvrir.

Un village entier... Il n'avait pas dû y aller de main morte.

– Je me demande si c'est un accident ou un acte volontaire... Un ordre. Je suis prêt à croire n'importe quoi, maintenant. Au fait, lieutenant... Hier soir, vous n'auriez pas dû répondre à ce type, peu importe s'il était menaçant ou non. Nous devons d'abord penser à protéger Amestris. Vous lui avez tout raconté bien trop facilement.


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Dim 9 Aoû 2015 - 23:21

Professeure – Oui, sans problème ! dit-elle avec un grand sourire en ouvrant plus grand la porte. Entrez donc.

Riza suivit le Colonel en regardant la directrice ou générale partir par-dessus son épaule tandis que la porte se refermait non sans une remarque concernant le repos de la part de leur hôte. Peu de chance pour que cela fonctionne, mais bon… Elle remercia la professeure en même temps que son supérieur qui les présenta ensuite, elle-même trop épuisée pour dire quoi que ce soit. Cette journée avait été longue, incroyablement longue, et Riza n’avait qu’une seule envie : se laisser tomber quelque part pour dormir. Même le sol ferait l’affaire, elle avait été habituée à des conditions plus dures que celles-ci. Seulement, Estelle ne semblait pas du même avis puisqu’elle s’affairait déjà à leur préparer un lit, posant des couvertures sur le canapé, avant de leur proposer du thé ou du chocolat chaud. Cette ambiance beaucoup plus douce apaisait le lieutenant qui aurait pu bénir cette jeune mère si elle n’avait pas été aussi lessivée. Le pire, dans tout cela, était qu’il ne s’agissait pas de fatigue physique mais mentale. Surtout à cause des « millions de morts »…

Professeure – Vous êtes malades, non ? demanda-t-elle en prenant des bols dans un autre placard, dans la cuisine. Vous avez l’air très pâle… J’espère que ce n’est pas à cause de l’orage, mais vous allez vous habituer, on ne risque rien. Depuis que Gabriella est entrée dans l’armée, les choses vont un peu mieux, et tous les soldats ne sont pas des monstres. L’un d’eux, un colonel, a sauvé une de nos élèves, l’autre jour. Elle était très choquée, la pauvre petite… Vous voulez du sucre ?

Riza hocha machinalement la tête en s’asseyant dans un geste automatique, l’esprit de plus en plus fatigué. Estelle parlait du colonel Gavin et de la petite Rosalie qu’ils avaient trouvée, enfin, qui les avait trouvés juste avant de se faire prendre. Par chance, elle s’en était tirée et devait être au Pensionnat, actuellement. Si c’était vraiment une chance… Cet endroit était-il vraiment sûr, les enfants étaient-ils en sécurité ? Elle-même était incapable de dire si, oui ou non, elle survivrait longtemps dans un monde tel que celui-ci. Ils s’en voulaient pour des milliers de morts, mais elle n’osait imaginer ce qui se serait passé s’ils avaient eu autant de morts qu’ici chez eux… Les soldats ne se seraient pas tués, non, en hommage à ceux qui s’étaient défendus pour eux et leur avaient permis d’avoir la vie sauve. Riza fut tirée de ses pensées en voyant leur hôte revenir avec un plateau et des tasses, ce même sourire aux lèvres qui ne la quittait pas. Dehors, le calme était apparemment revenu après le claquement d’une porte et des paroles d’un autre adulte, la faisant sursauter. On se caaaalme ! Ils n’allaient pas rester ici éternellement. Ils allaient rentrer.

Professeure – Que venez-vous faire dans le coin ? demanda-t-elle en versant les boissons. Je ne veux pas vous vexer mais ce n’est pas un endroit très… Disons qu’il y a mieux, pour découvrir le pays. L’armée est sur les dents, ils ont un peu de mal avec les étrangers, en ce moment.

Colonel – L'armée est sur les dents, vraiment ? lâcha-t-il dans un souffle sans pouvoir s'en empêcher, d'un ton ironique. Hum, pardon. Ce n'est pas contre vous.

Riza lança un regard au Colonel, mal à l’aise. Il devait se calmer, ce n’était pas la faute d’Estelle, elle les avait accueillis alors qu’elle ne les connaissait pas ! Oui, l’armée était sur les dents, ils l’avaient vu, mais il fallait qu’il se calme. Elle prit le bol de chocolat chaud entre ses mains après y avoir mis un peu de sucre et leva la tête vers la mère qui leur faisait face, un sourire désolé aux lèvres. Elle comprenait la réaction du Colonel, ils étaient tous les deux épuisés par tout ce qu’ils avaient vu, mais ils ne devaient pas craquer.

Riza – Nous ne voulions pas venir ici, nous voulons rentrer chez nous. C'est juste... le hasard qui nous a fait venir maintenant.

Ils discutèrent pendant un moment et en apprirent plus sur Estelle qui avait vraiment l’air d’être la maman que rien ne pouvait atteindre. Elle continuait à grandir et à vivre dans ce pays envers et contre tout sans que rien ne l’atteigne apparemment, ce qui était admirable. La discussion était normale et, si Riza s’inquiétait vraiment de l’état de son supérieur qui ne disait rien, elle le sentit un peu plus détendu par la suite au fur et à mesure de la conversation. Ils parlèrent de sujets normaux, étrangers à tout ce qui s’était passé aujourd’hui, ce qui les aidait à se vider l’esprit et à se reprendre un peu. C’était tout ce qu’il leur fallait, en plus d’une vraie nuit de sommeil. Le lieutenant ne se faisait pas d’illusion et savait que tout cela était réel, qu’il leur fallait donc trouver une solution pour rentrer chez eux au plus vite et ne surtout pas rester ici. Ils n’y arriveraient pas, n’avaient pas eu l’entraînement adéquat et étaient loin, très loin derrière les soldats de ce pays.

Au bout d’un moment, Estelle alla se coucher et ils en firent autant en plaçant les oreillers et les couvertures sur les canapés qui semblaient de plus en plus attirant, d’un seul coup. Riza ôta sa veste d’uniforme, ses armes et ses bottes avant de se coucher dans le canapé en même temps que le Colonel, un bras sur le front. La fatigue lui tombait dessus d’un coup, sans prévenir. En plus de l’épuisement moral, le physique ne suivait plus, comme en conséquence de ce qui s’était produit aujourd’hui. Elle devait dormir, au moins quelques heures, et savait qu’elle le pouvait dans cet appartement.

Colonel – Comment vous sentez-vous, lieutenant ?

Comment elle se sentait… Elle n’en avait aucune idée. Dépassée, épuisée, vidée. Trop d’images, trop d’informations, trop d’événements. Elle voulait rentrer à Amestris, dans leur pays avec leur armée et quitter ce pays qui tuait de sang-froid sans aucun remords. Riza tourna la tête vers son supérieur, inquiète à son tour, sachant que lui non plus ne devait pas en mener large. Surtout après tout ce qui s’était passé aujourd’hui… Elle avait eu si peur que Bradley découvre tout. Encore plus lorsqu’elle l’avait vu abattre ce soldat…

Riza – Dépassée et épuisée. Ce monde n'est pas fait pour moi... Mais vous, comment vous sentez-vous ?

Colonel – Très bien... Je pensais au colonel Gavin... Son subordonné qui est mort comme ça... C'était évident qu'il allait refuser de le tuer. Quand j'ai compris qu'on le tenait par des otages, je n'imaginais pas... Tout ça.

Riza grimaça, même si le noir devait sans doute cacher les traits de son visage. Elle non plus n’imaginait pas tout cela, elle était à des kilomètres de penser qu’une telle armée pouvait exister et comprenait beaucoup mieux la réaction d’Isabelle. Cet air terrorisé lorsqu’elle avait appris que le colonel Gavin était à l’hôpital, le meurtre qu’elle avait commis sans hésiter une seconde pour couvrir son supérieur de l’incendie qu’il avait provoqué… Si elle savait que tout cela n’avait servi à rien, étant donné qu’on le menaçait déjà d’après ce qu’il leur avait dit. Le lieutenant poussa un soupir en laissant retomber son bras le long de son corps, regardant le plafond. Mort parce que Bradley voulait du pouvoir, toujours plus de pouvoir, et parce que le colonel Gavin maniait l’élément feu… Elle avait déjà tué des milliers de personnes de sang-froid, elle savait ce que c’était, mais si leur chef était capable d’une telle chose à l’approche d’une guerre…

Riza – Moi non plus... En tant que sniper, tuer de sang-froid n'est pas un concept qui m'est inconnu, mais ce que cet homme a fait... Je n'ose pas imaginer ce que cela va devenir s'ils connaissent vraiment une autre guerre. Il faut que l'on parte d'ici, et vite.

Colonel – Nous avons tué dans une guerre, lieutenant... soupira-t-il. Alors que là... C'est comme si demain, on vous demandait d'abattre Havoc ou Fuery. Pour rien.

Riza ne répondit rien, lançant un regard au Colonel. Voilà à quoi il avait pensé… Il s’était mis à la place du colonel Gavin. Elle comprenait mieux, à présent, et ne put s’empêcher de comparer les deux colonels pendant un long moment avant de s’endormir. Bien sûr, elle pensait à tout cela, elle n’oubliait pas ses coéquipiers, mais le lieutenant gardait en tête qu’ils étaient loin, très loin, et en sécurité. Et qu’Amestris ne deviendrait jamais comme ce pays dans lequel ils étaient tombés… Elle priait pour cela, en tout cas, et sombra dans un sommeil agité rempli d’images floues et horribles en se réveillant parfois à cause d’un frôlement de robe de nuit, d’un coup de vent, ou toute autre chose. Ce n’est que plusieurs heures plus tard que Riza se réveilla en sursaut, main sur son arme, à cause d’un bruit beaucoup plus proche… et s’en voulut presqu’immédiatement en voyant que ce n’était que le Colonel. Oui, bah, elle avait de bonnes raisons d’être aussi tendue, mais il avait dû comprendre vu qu’il s’excusa.

Le lieutenant ne dit rien, passant les mains sur son visage pour se réveiller et se redressa en rattachant correctement ses cheveux. Elle suivit le Colonel du regard lorsqu’il mit ses bottes, faisant de même quelques secondes après avant de remettre sa veste d’uniforme et ses armes. Lorsqu’elle fut prête, son supérieur avait écrit un mot à Estelle où il expliquait qu’ils étaient sortis pour qu’elle ne s’inquiète pas, ce qui était une bonne chose vu le tempérament protecteur de cette professeure. Ils sortirent de l’appartement en fermant doucement la porte, traversant les couloirs encore très calmes malgré le bruit caractéristique du réveil d’adolescents le matin. Il devait être encore relativement tôt, ils n’avaient pas énormément dormi mais le besoin urgent de prendre l’air et de voir cet endroit de jour était normal. Ils croisèrent seulement un cuisinier, les bras chargés, qui entrait dans une pièce avec ce qui devait être le petit-déjeuner des élèves. Passant les portes du hall du Pensionnat, ils se retrouvèrent dans le parc et Riza inspira profondément une grosse bouffée d’air frais.

Colonel – Regardez, là-bas, dit-il pour le lieutenant en désignant un groupe du menton, plus loin.

Elle tourna la tête vers le groupe d’élèves qui bougeait à l’unisson en suivant un homme un peu plus âgé, sûrement un professeur, tous avec un air parfaitement calme et serein, concentré malgré ce qui se passait autour d’eux dans cette école. Le lieutenant les enviait en cet instant précis, elle voulait être calme comme eux, quitter cette impression de tension et de peur qui la saisissait depuis leur arrivée dans ce monde. Elle avait l’angoisse de voir un nouveau problème arriver à chaque pas et ne pouvait rester sereine malgré son entraînement de sniper assez poussé. En temps normal, ce n’était pas un problème. Mais ici, dans ce pays… Riza resta un moment à contempler le groupe avant de se remettre à marcher, suivant le Colonel, regardant droit devant elle. Un peu plus loin, une élève s’était placée devant un lac et ils virent l’eau se soulever sous leurs yeux pour former des sculptures très belles, retombant ensuite comme si rien ne s’était produit, puis recommençant à nouveau. Un peu plus loin, un militaire sortit de sa tente, une cigarette dans la bouche, et regardait le spectacle lui aussi. Ce n’était qu’une élève…

Colonel – Maintenant, je vois très bien ce que l'armée fait ici, marmonna-t-il. Vous pensez que c'est le colonel Gavin qui a fait brûler ce village ?

Riza tourna la tête vers le Colonel, tirée de ses pensées par cette question. Elle hocha d’abord la tête, convaincue de la culpabilité du colonel Gavin. Isabelle, le lieutenant qu’ils avaient vue, sa subordonnée, avait tué un homme pour le couvrir. Elle-même aurait agi exactement de la même manière s’il avait fallu protéger le Colonel. Seule cette raison l’aurait poussée à tuer un innocent, surtout après ce qui s’était passé à Ishbal. Elle reporta à nouveau son regard sur l’élève qui s’entraînait avant de répondre, malheureusement certaine de ce qu’elle avançait.

Riza – J'en suis certaine... Le lieutenant, la femme qui attendait devant l'hôpital, a tué un témoin de la scène pour le couvrir.

Colonel – Je me demande si c'est un accident ou un acte volontaire... Un ordre. Je suis prêt à croire n'importe quoi, maintenant. Au fait, lieutenant... Hier soir, vous n'auriez pas dû répondre à ce type, peu importe s'il était menaçant ou non. Nous devons d'abord penser à protéger Amestris. Vous lui avez tout raconté bien trop facilement.

Pardon ? Elle aurait dû le laisser mourir alors qu’ils n’étaient même pas sûrs d’un réel danger pour Amestris ? Le lieutenant regarda le Colonel avec un air choqué. Si ces soldats parvenaient à rejoindre Amestris avec des élèves, ils seraient tous morts. Ce n’était pas avec les informations que Riza avait données qu’ils pourraient faire grand-chose, elle avait seulement parlé pour leur éviter une mort certaine ! Ensuite, admettons, oui, elle n’aurait rien dit, mais après ? Il aurait tué le Colonel et elle aurait suivi quelques secondes après. Ou pire, il les aurait emmenés dans cet « hôpital », aurait fait des tests sur eux et découvert son tatouage… Le Colonel n’avait pas pensé à cela ? Riza joignit ses mains dans son dos, droite, regardant devant elle le lac légèrement agité à cause de l’élément eau.

Riza – Avec tout le respect que je vous dois, Colonel, je pense qu’au contraire, j’ai bien agi. Si ces soldats trouvent le moyen de venir à Amestris, notre armée n’aura aucune chance de gagner… Pas avec tous ces éléments et les élèves qu’ils contrôlent déjà. En plus, dit-elle en se tournant vers son supérieur, je suis sûre que leur Bradley était sérieux en parlant de nous envoyer dans cet hôpital. Vous n’avez pas vos gants, mais comment aurait-il réagi en voyant ce tatouage sur mon dos ? Il nous aurait torturé tous les deux jusqu’à ce que l’un de nous cède…

Colonel – On ne peut pas prévoir ni deviner, lieutenant. Tout ce que je vois, c'est une situation de danger, parler est comme un acte de trahison envers Amestris, dans un cas pareil. Ce qui est fait est fait, maintenant, mais nous devons garder en tête ces données et être prudents. Pour rentrer chez nous et y rester. Vous avez raison, notre armée ne ferait sans doute pas le poids.

Riza se retint de lever les yeux au ciel, exaspérée. Il refusait d’ouvrir les yeux, pourtant cette réaction était on ne peut plus prévisible. Bradley les aurait conduits dans cet hôpital pour les transformer en cobayes vivants, elle en était convaincue. Mais soit, si le Colonel voulait continuer à croire qu’il ne l’aurait pas fait, aucun problème, elle assumait ses actes et paroles et agirait exactement de la même manière s’il le fallait. Elle préférait le voir vivant et libre qu’allongé sur une table à se faire torturer pour qu’elle explique l’origine de son tatouage. Elle se contenta donc de hocher la tête sans rien dire de plus, préférant couper court à la discussion, lorsqu’elle vit un peu plus loin, près du Pensionnat, une ombre vaporeuse, blanche et légère. Ouhlà… Riza cligna des yeux, hallucinant, et se les frotta en croyant rêver. Plus rien. Il fallait vraiment qu’ils rentrent… Elle chassa cette image de son esprit en reportant le regard sur son supérieur, préférant lancer un autre sujet un tantinet plus important. A savoir : leur retour à Amestris.

Riza – Avez-vous déjà une idée pour rentrer à Amestris ? La générale semble au courant de ce qui s’est passé mais…

Riza s’interrompit à nouveau, cette même forme vaporeuse apparaissant plus distinctement cette fois avec des traits humains. Une petite silhouette, de la taille d’un enfant, qui… volait ? Non, elle devait halluciner. Le lieutenant ouvrit des yeux ronds sans bouger, regardant toujours derrière le Colonel, de plus en plus pâle. Après le contrôle des éléments, elle était sûre d’avoir aperçu un fantôme… Un fantôme…

Riza – Colonel, vous allez sans doute me prendre pour une folle, mais retournez-vous et dites-moi si vous ne voyez pas un… Un fantôme près des escaliers du Pensionnat.

Comme elle s’y attendait, son supérieur lui lança un regard équivoque montrant clairement qu’il pensait qu’elle n’avait pas assez dormi mais s’exécuta tout de même et regarda par-dessus son épaule, se retournant… Avant de reculer en se mettant devant elle. Heu… Il comptait faire quoi, exactement ? Il était conscient qu’ils avaient affaire à un fantôme ? Fantôme qui avait aperçu leur manège et qui se rapprochait dangereusement, par ailleurs…

Colonel – Ne bougez plus, lieutenant.

Pas la peine de le lui ordonner, elle était incapable de faire un seul pas. Riza était pétrifiée, terrorisée et se sentait trembler sans savoir ce qu’ils devaient faire. Ses armes ne lui servaient à rien et, plus ce fantôme avançait, plus il leur était facile de discerner les traits d’une petite fille. Une fillette très jeune, même pas dix ans a priori… Bon sang, mais que lui était-il arrivé ? Ce Pensionnat enseignait à des élèves de onze ans, elle en était convaincue. Un fantôme…

Fantôme – Vous êtes des soldats ?

Colonel – Nous... Heu... Pas de ce pays, ma puce, nous venons de très loin, heu... Comment t'appelles-tu ? Tu as l'air toute jeune, dis-moi.

Riza retenait son souffle sans même s’en rendre compte et se maudissait de trembler à ce point. Elle avait déjà vu bien pire à Ishbal, même si l’existence d’un fantôme était… Mais un fantôme, quoi ! Ils parlaient à un fantôme ! La petite leva une main vers eux et effleura le torse du Colonel d’une main tandis que l’autre effleura le bras du lieutenant qui fut parcourue d’un violent frisson, blêmissant encore un peu plus.

Fantôme – L'armée m'a tuée. J'avais dix ans. Vous jouez avec moi ?

Riza – Dix… Dix ans ? souffla-t-elle en baissant le regard vers elle.

Colonel – Dix ans, c'est si jeune... Pourquoi l'armée en avait après toi ? Tu as un prénom ?

Le Colonel s’était accroupi pour se mettre à sa hauteur en essayant d’avoir un air rassurant et doux, ce qui encouragea Riza à faire de même. Ce n’était qu’une petite fille qui n’avait pas eu le temps de grandir, à qui on avait volé son enfance… Ils devaient faire un effort. En plus, peut-être pouvait-elle leur apprendre des choses sur ce pays et sur ce qui se passait ici ? Elle avait seulement peur de la brusquer et de la voir disparaître comme elle était venue sans rien dire. Le lieutenant s’abaissa légèrement, elle aussi, essayant de sourire mais n’y parvint que très brièvement. C’était trop. Un fantôme…

Riza – Pourrais-tu nous expliquer cela en jouant ? Si tu n’as pas envie de tout nous dire, ne t’inquiètes pas, ce n’est pas grave. Nous souhaitons simplement comprendre ce qui se passe ici et pourquoi l’armée fait toutes ces choses en attendant de pouvoir rentrer chez nous grâce à un gros orage. Tu as sûrement vu celui de la nuit dernière, n’est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Lun 10 Aoû 2015 - 16:00

[Emilie Bonnet, 10 ans, fantôme]


– Avez-vous déjà une idée pour rentrer à Amestris ? La générale semble au courant de ce qui s’est passé mais…

« Amestris » ? Elle ne savait pas où c’était, mais le monde était très grand, très vaste… Elle ne connaissait pas... Elle ne pouvait plus le connaître… La dame blonde regardait vers elle, elle était plus petite que l’autre soldat. Emilie se demandait quel goût elle pouvait bien avoir. Voudra-t-elle jouer ? Elle se sentait seule… Les nuits étaient toujours très longues, elle ne voyait personne. Mais cette nuit, il y avait eu les soldats, au village, qui avaient fouillé partout. Ils avaient dérangé Emilie, qui était assise sur sa tombe à attendre que le jour se lève. Et elle avait vu Rose courir, la petite en sixième à qui elle apparaissait de temps en temps. Elle était gentille. Emilie lui avait montré ce que l’armée pouvait faire aux gens, qu’ils étaient mauvais, pour qu’elle soit prudente et ne meurt pas comme elle. Elle ne voulait pas que Rose meurt. Emilie pencha un peu la tête pour regarder les soldats inconnus. Leur uniforme n’était pas le même qu’ici. Ils étaient gentils ou étaient-ils avec ceux qui marchaient dans la caserne et enlevaient des gens ?

– Colonel, vous allez sans doute me prendre pour une folle, mais retournez-vous et dites-moi si vous ne voyez pas un… Un fantôme près des escaliers du Pensionnat.

Donc le monsieur était un colonel. Mais ils n’étaient pas comme les autres soldats. Les soldats ici savaient très bien qu’ils tuaient des gens… Elle s’approcha avec lenteur, flottant dans les airs comme un vulgaire courant d’air, le visage parfaitement impassible, le regard éteint. Aucune émotion ne brillait dans ses yeux, ses expressions ou ses mouvements. Elle n’avait rien à transmettre ni à offrir, plus depuis qu’on lui avait si brutalement pris la vie. Elle recherchait toujours la chaleur qui lui avait tant manqué au cours de son existence, du réconfort. Elle voulait qu’une personne puisse comprendre qui elle était et ce qu’elle ressentait. Elle voulait un ami, elle n’en avait jamais eu. Ou au moins rencontrer d’autres personnes qui pourront lui tendre la main. Certaines l’avaient fait. Leurs mains étaient douces et chaudes.

– Ne bougez plus, lieutenant.

Elle s’arrêta près d’eux, ses pieds se « posant » de nouveau sur l’herbe. Elle leva la tête pour les regarder, le visage toujours aussi vide, dénué de toute envie, de tout désir. Ils avaient la peau chaude ? Elle avait toujours envie de chaleur. Une présence… Les nuits étaient si longues quand on les passait seul.

– Vous êtes des soldats ?

– Nous... Heu... Pas de ce pays, ma puce, nous venons de très loin, heu... Comment t'appelles-tu ? Tu as l'air toute jeune, dis-moi.

Oui, mais l’armée était cruelle… Elle tendit une main translucide pour les effleurer, voir s’ils dégageaient un peu de chaleur et s’ils allaient la repousser pour de bon, mais ils ne bougèrent pas. Alors ils étaient gentils ? Il y avait si peu de personnes qui ne la repoussaient pas quand elle tendait la main. Il y a un mois, elle l’avait tendu, désespérément, mais personne ne l’avait prise, personne ne l’avait aidé. Et elle s’était sentie partir, elle avait vu son corps sur une table glacée d’opération. Depuis, elle tendait toujours la main, ce dernier geste qu’elle avait pu faire, elle voulait qu’on le lui rende. Elle était seule… Sa maman et son papa n’étaient même pas venus à son enterrement. Elle garda sa main près des deux personnes mais ils ne donnèrent pas la leur.

– L'armée m'a tuée. J'avais dix ans. Vous jouez avec moi ?

Elle voulait juste un peu de chaleur des vivants, de la compagnie. L’armée était cruelle. Qui voulait jouer ? Même juste parler un peu, elle ne voulait pas être seule. Elle pouvait leur montrer où ils étaient, s’ils étaient étrangers.

– Dix… Dix ans ? souffla-t-elle en baissant le regard vers elle.

– Dix ans, c'est si jeune... Pourquoi l'armée en avait après toi ? Tu as un prénom ?

Elle hocha doucement la tête. Oui, elle avait eu un prénom et un nom, avant… Ils étaient gravés sur sa tombe, avec sa date de naissance et celle de sa mort. Il y avait même une petite phrase juste pour elle. Il y a quelques jours, le prêtre du village était venue la graver dans le marbre, puis il avait posé des fleurs en disant que c’était une citation juste pour elle, la sienne, qu’elle la gardera à jamais. C’était un beau cadeau et pour le remercier, Emilie avait été effrayer les méchants qui voulaient taguer l’église. Le colonel s’accroupit tout à coup et elle put mieux voir son visage. Les vivants avaient des joues roses et des veines bleues. Ils respiraient. Elle voulut tendre la main, encore, dans un geste qu’elle ne pouvait empêcher. Le lieutenant se pencha aussi, un peu.

– Pourrais-tu nous expliquer cela en jouant ? Si tu n’as pas envie de tout nous dire, ne t’inquiètes pas, ce n’est pas grave. Nous souhaitons simplement comprendre ce qui se passe ici et pourquoi l’armée fait toutes ces choses en attendant de pouvoir rentrer chez nous grâce à un gros orage. Tu as sûrement vu celui de la nuit dernière, n’est-ce pas ?

Elle acquiesça à nouveau, ramenant ses mains jointes contre elle, la bouche entrouverte, en regardant la dame. Elle voulut parler mais les mots lui échappaient.

– C’est elle qui fait les orages, dit-elle enfin dans un murmure. Elle était venue me chercher, puis après, on m’a quand même ramené à l’hôpital, là-bas, ajouta-t-elle entendant le doigt au-delà du village, vers la colline. Il y a des enfants… Des adultes… Puis la dame des orages a été là-bas aussi, mais elle n’est pas morte, je l’avais vu, elle était allongée, mais elle était vivante. Moi j’étais morte. Ils ont pris mon corps pour l’emmener. Et l’hôpital est grand… Il y a des gens qui sont morts.

Se rapprochant d’un pas, elle essaya de prendre la main du lieutenant mais la traversa sans pouvoir rien faire d’autre. Son regard vide ne changea pas, pas plus que son expression, alors qu’elle laissait retomber son bras. La Mort emporte la Vie mais ne peut pas la toucher. C’était la Loi.

– Mon prénom, c’est Emilie, dit-elle soudain. Je vis au cimetière, j’ai une tombe au milieu, le prête a gravé mon nom dessus. Ils ont mis mon corps dans un grande cercueil en chêne le mois dernier, grand comme ça.

Elle écarta les bras avec hésitation, plus très sûre de la taille de son cercueil. C’était peut-être plus grand… Elle regarda à nouveau les deux adultes, avec son expression vide. Ne pouvant les toucher, elle tendit tout de même la main vers eux, geste automatique, qui n’avait toujours pas de réponse.

– L’armée est dangereuse, les prévint-elle en leur faisant signe de se pencher. Il faut faire attention, je l’ai dit aux autres, avant ma mort, mais on ne m’a pas crue… Ils font des expériences, là-bas. C’est pas un hôpital normal… Il y a des médecins affreux. Il y a déjà une guerre, il y a… Douze ans… Ou treize ans… Il y a eu des millions de morts. J’ai vu des cimetières militaires immenses, avec des milliers de croix blanches, dans un voyage avec ma classe. Il y avait le nom du soldat dessus. Des crois blanches alignées dans un cimetière, par milliers. Il va encore y avoir la guerre… L’armée veut être plus forte… J’ai peur…

Emilie cacha son visage entre ses mains aussi pâles que le reste de son corps, baissant la tête. Elle s’accroupit au sol, près du monsieur par terre.

– La guerre revient, murmura-t-elle doucement. Je le sais, je vois l’armée se préparer. Il va y avoir trop de sang pour que la terre l’absorbe et les morts vont encore être des millions. Le chef de l’armée est prêt à faire des sacrifices pour tenir l’armée prête… Ils prennent des personnes et certaines ne reviennent pas. Comment on peut vouloir être soldat ?
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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Sam 19 Sep 2015 - 12:14

– Avec tout le respect que je vous dois, Colonel, je pense qu’au contraire, j’ai bien agi. Si ces soldats trouvent le moyen de venir à Amestris, notre armée n’aura aucune chance de gagner… Pas avec tous ces éléments et les élèves qu’ils contrôlent déjà. En plus, dit-elle en se tournant vers son supérieur, je suis sûre que leur Bradley était sérieux en parlant de nous envoyer dans cet hôpital. Vous n’avez pas vos gants, mais comment aurait-il réagi en voyant ce tatouage sur mon dos ? Il nous aurait torturé tous les deux jusqu’à ce que l’un de nous cède…

– On ne peut pas prévoir ni deviner, lieutenant. Tout ce que je vois, c'est une situation de danger, parler est comme un acte de trahison envers Amestris, dans un cas pareil. Ce qui est fait est fait, maintenant, mais nous devons garder en tête ces données et être prudents. Pour rentrer chez nous et y rester. Vous avez raison, notre armée ne ferait sans doute pas le poids.

Il secoua la tête en mettant les mains dans ses poches. Ils n'auraient aucun moyen de lutter, les alchimistes n'étaient pas si nombreux et ceux possédant la licence encore moins. Ici, les personnes possédant un don étaient nombreuses. Il reporta le regard sur le village, qui se détachait plus loin, dans la lumière du matin, une moue pensive aux lèvres. Ils ne savaient presque rien de cette armée, excepté que des dons de la nature existaient, qu'il y avait une école où on enseignait à les maîtriser, qu'il y avait eu une guerre terrible qui avait ravagé le pays et que l'armée en était devenue plus... agressive. Des millions de mort. En combien de temps ? La guerre d'Ishbal avait duré à peu près un an, pour tuer presque soixante-mille personnes. Et ici, des millions.

– Avez-vous déjà une idée pour rentrer à Amestris ? La générale semble au courant de ce qui s’est passé mais…

Oui, elle pourra peut-être les aider, comme hier, elle les avait tiré d'affaires, même s'il était toujours choqué qu'elle ait insulté son supérieur hiérarchique comme ça, le plus naturellement du monde. Si Roy s'amusait à insulter King Bradley de la même façon, il se retrouverait en prison aussi sec. Il allait suggérer d'aller retrouver la générale dès que le pensionnat sera un peu plus réveillé lorsqu'il vit sa subordonnée ouvrir de très grands yeux avec un air halluciné. Hum ? Qu'est-ce qui se passait, encore ? Tout était calme, ce matin ! Enfin, calme... Aussi calme que possible, allait-on dire. Il l'interrogea du regard, pensant tout d'abord qu'elle ne se sentait pas bien.

– Colonel, vous allez sans doute me prendre pour une folle, mais retournez-vous et dites-moi si vous ne voyez pas un… Un fantôme près des escaliers du Pensionnat.

Un "fantôme", pardon ? Elle n'avait pas assez dormi ? Ça n'existait pas ! Il tourna la tête pour jeter un œil par-dessus son épaule puis écarquilla les yeux à son tour. Put**. Il se retourna pour se placer devant sa subordonné, hallucinant en voyant la silhouette vaporeuse, blanche et enfantine se rapprocher d'eux. Il y avait des fantômes dans ce pays ?! Non mais réellement ! Où étaient-ils tombés, par l'amour du ciel ?! Jamais Amestris ne lui avait autant manqué, d'un seul coup, leur pays était vraiment très bien finalement. Chaleureux, accueillant, l'armée n'était pas trop à fond, le haut commandement n'exécutait pas ses propres soldats pour un rien, c'était bien, comme pays, même s'il y avait des choses à améliorer, c'était toujours beaucoup mieux qu'ici.

– Ne bougez plus, lieutenant.

C'était une enfant, oui... Une fillette, jeune, plus jeune que les gamins qui devaient étudier ici. Il frissonna un peu lorsqu'elle s'arrêta près d'eux et qu'il vit ses yeux. Il avait rarement vu un regard aussi éteint, aussi vide. Comme si elle ne ressentait rien du tout. Elle portait une sorte... longue chemise, d'après ce qu'il pouvait discerner, et était pieds nus. On pourrait penser à un linceul mais Roy ne pouvait s'empêcher d'y voir aussi l'une de ces chemises d'hôpital, qu'on enfilait à ceux qui allaient subir une opération. Son imagination cavalait peut-être trop vite mais un fantôme, enfin. Elle était frêle, le visage fin, avec ce regard à vous donner des frissons.

– Vous êtes des soldats ?

– Nous... Heu... Pas de ce pays, ma puce, nous venons de très loin, heu... Comment t'appelles-tu ? Tu as l'air toute jeune, dis-moi.

Trop jeune... Elle leva une main pour les toucher, avec ce regard éteint, et il eut un petit frisson, toujours posté devant sa subordonné. Ça ne servait peut-être à rien mais c'était un geste automatique. Il ne cessait de dévisager la fillette, choqué. Eux aussi revoyaient les enfants qu'ils avaient tué à Ishbal, mais en rêve seulement, dans leurs cauchemars, pas dans la réalité ! Car oui, il était convaincu que l'armée était responsable de la mort de cette petite. Il jeta un rapide regard au lieutenant, la voyant terrorisée et pétrifiée.

– L'armée m'a tuée. J'avais dix ans. Vous jouez avec moi ?

– Dix… Dix ans ?

– Dix ans, c'est si jeune... Pourquoi l'armée en avait après toi ? Tu as un prénom ?

Il le savait... Il s'accroupit doucement, pour se mettre à sa hauteur, faisant un effort pour prendre un air plus doux et rassurant. C'était juste une petite fille... Une petite fille qui avait quitté cette terre trop jeune. Les voir effrayés ainsi devait sûrement la blesser donc autant faire un effort, elle ne leur avait rien fait et était tout aussi perdue qu'eux, visiblement. Il remarqua qu'elle ne cessait de tendre la main, comme si elle voulait attraper quelque chose sans jamais y parvenir. Qu'avait-elle vécu ... ? Il chercha quoi lui dire pour la rassurer, lui montrer qu'ils n'étaient pas méchants et qu'elle ne devait pas avoir peur. Il n'avait aucune expérience avec les enfants et encore moins avec les fantômes, mais il devait faire un effort.

– Pourrais-tu nous expliquer cela en jouant ? Si tu n’as pas envie de tout nous dire, ne t’inquiètes pas, ce n’est pas grave. Nous souhaitons simplement comprendre ce qui se passe ici et pourquoi l’armée fait toutes ces choses en attendant de pouvoir rentrer chez nous grâce à un gros orage. Tu as sûrement vu celui de la nuit dernière, n’est-ce pas ?

La petite hocha la tête et ramena les mains contre elle, alors qu'il lançait un regard reconnaissant à sa subordonnée. Elle arrivait toujours à débloquer ce genre de situations, c'était incroyable. Il reporta son attention sur la fillette, craignant qu'elle ne disparaisse d'un seul coup. Elle savait peut-être des choses, sur ce qui se passait ici, qu'ils ne sachent un eu plus avant d'aller retrouver la générale.Dans ce monde complètement fou et très dangereux, la moindre information pouvait servir. Il ne se sentait pas du tout en sécurité, s'attendant au pire à chaque instant.

– C’est elle qui fait les orages, dit-elle enfin dans un murmure. Elle était venue me chercher, puis après, on m’a quand même ramené à l’hôpital, là-bas, ajouta-t-elle entendant le doigt au-delà du village, vers la colline. Il y a des enfants… Des adultes… Puis la dame des orages a été là-bas aussi, mais elle n’est pas morte, je l’avais vu, elle était allongée, mais elle était vivante. Moi j’étais morte. Ils ont pris mon corps pour l’emmener. Et l’hôpital est grand… Il y a des gens qui sont morts.

La dame des orages, ce devait être la générale. Et ce fameux hôpital devait être une sorte de laboratoire pour des expériences douteuses, comme les labos de l'armée, à Amestris, qui travaillaient sur des expériences alchimiques. Ici, les scientifiques travaillaient sur des cobayes humains, pas des animaux. A cause de la guerre affreuse qu'ils avaient connu ? L'arme avait-elle besoin à ce point de renforcer ses moyens ? Il n'interrompit pas la petite, se promettant d'interroger la générale à ce sujet pour ne savoir un peu plus. Il avait besoin de comprendre comment on pouvait en arriver là. On ne savait jamais, si Amestris prenait cette voie un jour, il préférait connaître les conséquences qui pourraient en découler, afin de savoir comment agir pour corriger les choses.

– Mon prénom, c’est Emilie, dit-elle soudain. Je vis au cimetière, j’ai une tombe au milieu, le prête a gravé mon nom dessus. Ils ont mis mon corps dans un grande cercueil en chêne le mois dernier, grand comme ça.

Elle écarta les bras pour leur montrer, semblant hésitante, alors que Roy avalait douloureusement sa salive. Donc elle était morte depuis un mois. Et elle avait dix ans. Elle tendit à nouveau la main et il comprit avec un temps de retard qu'elle voulait peut-être qu'on la lui prenne. Mais ils ne pouvaient pas la toucher.

– L’armée est dangereuse, les prévint-elle en leur faisant signe de se pencher. Il faut faire attention, je l’ai dit aux autres, avant ma mort, mais on ne m’a pas crue… Ils font des expériences, là-bas. C’est pas un hôpital normal… Il y a des médecins affreux. Il y a déjà une guerre, il y a… Douze ans… Ou treize ans… Il y a eu des millions de morts. J’ai vu des cimetières militaires immenses, avec des milliers de croix blanches, dans un voyage avec ma classe. Il y avait le nom du soldat dessus. Des crois blanches alignées dans un cimetière, par milliers. Il va encore y avoir la guerre… L’armée veut être plus forte… J’ai peur…

Il blêmit, tandis qu'elle se cachait le visage, accroupie par terre. La tête lui tournait, alors qu'il imaginait des scientifiques poussant des brancards avec des cadavres recouverts d'un draps blancs, des cimetières silencieux avec des croix alignées, la guerre... Une guerre qui s'était passée il y a plus de dix ans mais qui continuait à traumatiser les cœurs ce qui n'était pas étonnant avec un tel carnage. Il faillit se redresser, avec l'envie de partir au loin, de quitter ce pays, même s'ils ignoraient complètement comment rentrer. Il revoyait le colonel les renvoyer balader en leur disant que ça ne les regardait pas, puis la générale les fixer comme s'ils n'étaient que deux gosses incapables de comprendre. Comme quoi, on pouvait toujours trouver pire que chez soi. Il prit une longue inspiration fermant les yeux un bref instant, une main serrant nerveusement la manche de son uniforme.

– La guerre revient, murmura-t-elle doucement. Je le sais, je vois l’armée se préparer. Il va y avoir trop de sang pour que la terre l’absorbe et les morts vont encore être des millions. Le chef de l’armée est prêt à faire des sacrifices pour tenir l’armée prête… Ils prennent des personnes et certaines ne reviennent pas. Comment on peut vouloir être soldat ?

– Pour... hésita-t-il d'une voix faible. Pour éviter que... la population toute entière ne souffre...

Il ne savait pas quoi lui dire, en réalité. Ce qu'il venait de lancer était valable pour eux, pour Amestris, pour leurs collègues et amis, mais il doutait que les mêmes idées et principes puissent s'appliquer ici. Il allait rajouter quelque chose lorsque la petite disparut soudainement, brusquement, dans un souffle. Il avait à peine eut le temps de tendre la main mais elle n'était plus là. Il se redressa, très perturbé et sur les nerfs. Bon, hum... Se frottant l'arrière de la tête, il fit un effort pour se calmer, inspirant et expirant avec lenteur, profondément. Il regarda le groupe qui s'entraînait, plus loin, se concentrant sur eux pour se reprendre. Ils avaient l'air si apaisés que ça en calmait ceux qui les observaient.

– Qu'est-ce que vous foutez là ?

Roy fit un bond en arrière, avec violence, se retournant sèchement alors que Riza avait aussitôt braqué celui qui les avait surpris. Roy porta une main à son cœur qui avait fait un bond brutal, lui aussi, reconnaissant Fabrice. Il entrouvrit la bouche, assez choqué, alors que le lieutenant baissait son arme en s'excusant, disant qu'ils avaient eu besoin d'air. Il avait un air... assez... La nuit avait dû être horrible. Le jeune colonel essaya de dire quelque chose mais il se sentait trop mal pour ça. C'était eux qui l'avaient retenu à Amestris si longtemps et à cause de ça, le jeune soldat d'hier soir était mort. Fabrice était incroyablement pâle, livide même, mais il se tenait droit, le regard indéchiffrable.

– Vous ne devez pas rester planté comme ça, dehors, dit-il d'un ton très sombre. Ça se voit que vous êtes militaires et les gamins vont bientôt passer dans le parc, ils vont être encore plus nerveux en vous voyant. Évitez de vous faire remarquer en attendant la prochaine faille. Suivez-moi.

Roy échangea un regard avec sa subordonnée puis le suivit, assez anxieux et mal à l'aise. Ils retournèrent au pensionnat, traversant un hall encore vide afin de passer une lourde porte et d'emprunter un escalier menant aux sous-sols. Ils arrivèrent dans un couloir assez long, avec du parquet plusieurs portes en bois, bien éclairé. Ça ressemblait un peu à un centre administratif... Fabrice les emmena dans son bureau, plus loin dans le couloir, refermant la porte derrière eux. Une grande carte du pays, accrochée à un mur, attira l'attention de Roy. En effet, il était plus grand qu'Amestris. Il regard le militaire préparer du café et sortir des petits pains, restant bien près du lieutenant. Il ne savait pas quoi lui dire. Qu'ils étaient désolés pour son subordonné ? Il se mordit les lèvres, puis se lança, avec hésitation.

– Navré pour hier soir, dit-il en se redressant. Pour votre équipier.

Il s'interrompit en le voyant crisper la main, alors qu'il leur tournait le dos. Il se retourna à moitié et Roy eut encore plus l'impression qu'il les prenait pour des gosses. Il les regardait avec un mélange de colère et de pitié, c'était assez troublant. Il sembla sur le point de dire quelque chose mais soupira avec un geste las puis leur dit de s'asseoir. Ambiance ambiance. Roy le remercia du bout des lèvres pour le café et le pain, extrêmement mal à l'aise.

– Comment vous en êtes-vous sortis ? marmonna-t-il ensuite.

– C'est grâce à votre générale, souffla Roy, assis près de sa subordonnée. Elle a pu nous aider.

Il n'ajouta rien, les mains serrées sur la tasse brûlante. Il but un peu puis regarda le lieutenant, la trouvant presque aussi pâle que Fabrice. Il était prête à lui demander si elle allait bien lorsque la porte s'ouvrit tout à coup, laissant passer la subordonnée de Gavin, et ils furent tout à coup violemment saisi par une lumière blanche, alors qu'ils sentaient projetés dans un gouffre. Il grogna en atterrissant sur un sol un peu dur, sonné, puis se redressa avec peine, relevant la tête. Heu... Hughes ? Il cligna des yeux, voyant sa subordonnée à terre à côté de lui, puis toute leur équipe, en plus de Hughes. Ils étaient rentrés ! Il eut un petit rire de soulagement, se relevant puis aidant Riza à faire de même. Tout va bien, ils étaient rentrés, loin du pays de fous et de psychopathes. Il se retourna, soulagé lorsque deux mains dures l'attrapèrent tout à coup par le collet et il sursauta en voyant le visage de Fabrice à quelques centimètres du sien. Mais ils étaient rentrés ! Non... Si ?

– Qu'est-ce que vous avez foutu ?! cria-t-il.

Il ouvrait la bouche pour dire qu'il n'avait rien fait, absolument rien, mais vit à ce moment sa coéquipière qui lui prit le poignet pour qu'il le relâche. Qu'est-ce qu'ils... Merde. Ils étaient là. Tous les deux. Dans un bureau du QG d'Amestris. Bon... Petit problème. Tout le monde les regardait, Gavin ayant une tête encore plus... marquée que la dernière fois. Il était pire que livide, tremblant, au pont que Roy pense qu'il allait vouloir les frapper, ou les brûler vif. Riza avança un peu, semblant aussi tendue que lui. Plus personne ne parlait, même Havoc se taisait, sans bouger. Finalement, ce fut la coéquipière de Gavin qui bougea la première, en déclarant d'un ton très calme que tout allait bien, il leur suffisait d'attendre le prochain passage, que le maréchal saura qu'ils n'y étaient pour rien cette fois. Roy sentit le malaise augmenter encore d'un cran, alors qu'il revoyait le jeune soldat s'effondrer au sol.

– C'est bon, Colonel, souffla-t-elle ensuite. Ils sont jeunes, on était naïfs aussi, à cet âge.

– Pas exactement, non, à leur âge, on avait déjà vu passer sept millions de morts.

Riza pâlit, alors que le reste de l'équipe les fixaient, sans comprendre ce qui se passait. Roy échangea un bref regard avec Hughes, un peu désespéré. Il n'avait pas une idée brillante pour détendre l'atmosphère, là, tout de suite ? N'importe quoi ferait l'affaire ! Il pouvait même parler de sa fille, si ça détendait tout le monde. Non ? Il prit une petite inspiration, sans savoir quoi dire. Ce fut Breda qui demanda finalement où ils avaient disparu et ce qui s'était passé. Roy se redressa, après une brève hésitation, puis raconta ce qui était arrivé depuis leur départ involontaire pour la France. Lorsqu'il arriva au passage où le jeune soldat était mort, toute l'équipe blêmit, mais il fit en sorte de parler assez vite, afin de ne pas s'attarder là-dessus. L'histoire du fantôme d'Emilie sembla achever Havoc, qui se laissa tomber sur une chaise.

– A quoi bon raconter tout ça ? soupira tout à coup la lieutenant. Ce n'est pas votre pays, ni votre armée, donc vous n'avez pas besoin de vous en mêler. Vous n'avez jamais connu la guerre, pour que ça vous choque autant ?! Pourquoi êtes-vous dans une armée si vous ne supportez pas la mort ? On ne s'engage pas sans savoir que l'on va avoir du sang sur les mains.

– Mais ils sont "jeunes et naïfs", comme vous le disiez, ricana tout à coup Gavin. C'est moins douloureux de naître dans une dictature militaire que de voir une démocratie détruite pour laisser place à la violence, ils n'ont connu que ça, que le contrôle de l'armée. On vit plus facilement avec la violence quand on a grandi avec.

Ce n'est pas pour ça qu'ils l'acceptaient ! Ils n'avaient jamais dit qu'ils approuvaient tout dans ce pays ! Roy ne rejetait pas l'ordre militaire de ce pays, c'est vrai, mais ce n'est pour autant qu'il acceptait tout. Il voulait aider à changer ce pays, le porter vers un système plus juste et respectueux. Ils étaient peut-être blasés mais lui n'avait pas encore perdu tous ses idéaux. Riza fixa Gavin à son tour, tremblant un petit peu.

– Ce n'est pas pour cela qu'on ignore la violence, on la connait et on la côtoie mais on ne l'accepte pas. On veut changer les choses, tout comme vous.

– Je vois ça. Vous avez passé une nuit en France et au matin, vous étiez déjà à moitié morts, soupira-t-il. Heureusement que vous ne vivez pas avec nous depuis des années, mes pauvres chéris.

Le Colonel eut l'impression d'avoir reçu un coup de poing dans l'estomac, serrant les poings alors qu'il sentait le rouge lui monter aux aux joues.  Il se sentait humilié, d'autant avec plus avec la façon dont il leur avait balancé ça. Falman s'était levé, prêt à répliquer, alors que Havoc regardait toujours tout le monde, avec un air perdu et déboussolé.

– Ce n'est pas de notre faute si votre pays est un pays de fous, nous mettons en place des choses pour changer le nôtre, pas le vôtre, contrairement à vous.

Il y eut un instant de flottement, puis Gavin commença tout à coup à déboutonner sa chemise, très tranquillement, après avoir enlevé sa veste. Qu'est-ce qu'il fichait ? Il enleva tous les boutons puis s'en débarrassa, la jetant près de la veste. Roy écarquilla les yeux, en voyant toutes les traces de coups qu'il portait, vieilles ou récentes, certaines encore noires ou suintantes de sang. Sa subordonnée avait poussé un léger soupir, les bras croisés.

– Voilà à quoi ont doit s'attendre lorsqu'on veut s'opposer à certaines idées, dit-il d'un ton toujours très posé. Servir de cobaye ou d'arme humaine. Devoir subir des souffrances à en crever pour essayer de protéger ceux à qui on tient. Mais certains se bougent et en payent le prix. Notre générale a lutté seule pendant des mois, elle a été enlevée, agressée, poignardée, violée. Elle est entrée dans l'armée et beaucoup la suivent les yeux fermés car ils savent qu'elle a le pouvoir de faire changer les choses dans notre pays. Pour ma part, j'ai aidé des jeunes soldats à fuir vers d'autres pays, en faisant croire que je les avais brûlé vif, ce genre de choses. En ce moment, je sers de cobaye et d'arme vivante pour que les membres de mon équipe ne se fassent pas liquider.

Il reprit sa chemise, dans un silence incroyablement pesant, puis l'enfila de nouveau, cachant les blessures et traces de coups.

– Et oui, c'est un pays de fous, sourit-il en reboutonnant sa chemise. Paisible république, une démocratie qui est passée par la Grande Guerre et qui sombre dans la dictature aujourd'hui. C'est un pays de fous mais c'est le nôtre. On est tous fous ! Notre chef, qui est prêt à sacrifier des centaines de personnes pour en protéger des millions. La générale, qui se moque de sa vie privée, qui donne tout ce qu'elle peut, y compris sa vie. Moi aussi, j'ai vendu mon âme à l'armée et je compense en buvant comme un trou. Tu penses peut-être que la folie se soigne si facilement, gamine ?!

Eh ! Il n'avait pas le droit de lui parler comme ça ! Il vit sa subordonnée pâlir encore puis entrouvrir la bouche sans rien dire. Il posa une main sur son épaule en se rapprochant d'elle répondant qu'il n'avait pas à l'enfoncer, elle n'était coupable de rien, il n'avait pas à lui parler sur ce ton.

– On devrait tous se calmer, pour commencer. Surtout après ce qui s'est passé hier. Mais Riza n'est coupable de rien alors ne passez pas vos nerfs sur elle.

– Il a raison, on devrait rester calme, embraya Isabelle avec un léger sourire. Laissez tomber, colonel, ça ne sert à rien de continuer à crier. Elle n'a même pas trente ans, il faut lui laisser le temps de vivre encore avant d'aborder ce genre de sujet. Vous ne vous en prenez jamais aux jeunes, d'habitude. Elle me fait de la peine, comme ça. Puis ils sont quand même mignons, tous les deux, au fond, à se défendre l'un l'autre.

Roy en resta d'abord bouche bée, avant de virer au cramoisi, alors que les deux Français éclatèrent tout à coup de rire, devant la gêne ambiante. Il avait crispé sa main sur l'épaule de sa subordonnée, les joues brûlantes, alors qu'il voyait que ses propres coéquipiers se retenaient à très grande peine de ne pas rigoler aussi. Il reprit son souffle, se calmant peu à peu, même si un cœur avait brusquement raté un battement.

– Votre générale ne peut rien faire de son côté, pour vous récupérer ? lança-t-il. Et d'ailleurs, comment avait-elle fait, hier, pour entrer ici seule et désarmée ?

– "Désarmée", hein ? Cette femme manie les éléments foudre et eau. Elle est capable de pulvériser un immeuble de trois étages à elle seule. Une fois, elle a déclenché un orage d'apocalypse, c'était assez terrifiant. Elle peut sûrement trouver quelque chose, oui.

Roy ne put s'empêcher de jeter un regard au ciel, actuellement parfaitement bleu et sans nuages. Il voyait bien le genre, oui... Il n'avait jamais les soldats de ce QG tant sur les nerfs face à une seule personne.

– Quand je pense qu'au début, elle ne comprenait pas ce que l'armée pouvait bien lui trouver d'intéressant...

– Parce qu'elle le voit, aujourd'hui ?

Qu'est-ce qu'ils voulaient dire ? Que leur générale dirigeait sans avoir la moindre idée de l'effet qu'elle produisait sur les gens ? C'était possible ? Il leur posa la question, assez perplexe, en se rendant compte au même moment qu'il n'avait toujours pas relâché Riza. Il n'en avait guère envie mais il le fit tout de même, avec un petit regard d'excuse.

– Je ne suis pas sûre qu'elle ait réussie à voir qu'elle était meilleure militaire que professeur, dit Isabelle d'un ton pensif. Elle est très... Elle agit comme tel depuis des mois mais sans le réaliser, c'est naturel chez elle. Elle s'est battue toute seule assez longtemps. Mais elle sait vraiment diriger, elle est très déterminée. Le pire, c'est vraiment quand elle a été poignardée. Elle était enceinte, blessée à mort, mais elle s'est relevée aussitôt.

– C'est ce qu'on doit appeler la folie, glissa Fabrice d'un ton cynique. Ou l'incapacité à craindre sa propre mort. Un avis là-dessus, je suppose ? ajouta-t-il en regardant Riza.

Elle rougit à son tour, marmonnant quelque chose d'incompréhensible. Il retint un soupir, se tournant vers son équipe pour savoir ce qui s'était passé durant leur absence. Il voudrait bien retrouver un semblant de normalité, si c'était possible ! Les deux étrangers étaient déjà sur les nerfs, tout le monde était fatigué, discuter comme n'allait que les amener à d'autres cris et disputes. Ils étaient à Amestris, pays tout de même bien plus calme et serein qu'un autre, donc ils pouvaient se détendre un peu ! Juste un peu, ça ne fera de mal à personne. Il poussait Riza à s'asseoir lorsqu'il vit l'autre lieutenant déchirer tout à coup une serviette en longues bandes, l'enroulant ensuite sur le poignet de son chef, qui avait relevé sa manche. C'est vrai qu'il n'avait pas eu le temps d'être soigné à l'hôpital. Il se demanda à nouveau quelles expériences ils devait suivre. Il grimaça en le voyant tousser et cracher un peu de sang. Même s'il ne voulait pas aller dans un hôpital, il devrait au moins voir un médecin. Le lieutenant leur jeta aussi un coup d'œil, semblant hésitante.

– Vous... Vous devriez vous faire soigner. On peut vous conduire jusqu'à l'infirmerie de la caserne, vous ne risquez rien là-bas.

– Elle raison, enchaîna Isabelle en désignant Riza du pouce. Vous ne croiserez pas le psychopathe ici et ils n'ont pas les "médecins" qu'il a engagé. Venez.

Elle le prit par le bras, alors qu'il sortait aussi avec sa subordonnée. Bon,a u moins, il coopérait un petit plus. Ils avancèrent à petite vitesse, poussant la porte de l'infirmerie en arrivant, pour découvrir le médecin de garde qui stérilisait des outils. Gavin était vraiment dans un état... Il croisa les bras pendant que le médecin l'examinait, puis reporta son attention sur sa subordonnée. Il hésita puis tendit le bras pour lui frotter doucement le dos et essayer de la réconforter. Elle devait être à bout de nerfs et bouleversée, mais tout allait s'arranger, il en était certain. Si chacun rentrait enfin chez lui sans visiteur à l'accompagner.

– Allez vous reposer, si vous le souhaitez. Je peux vous raccompagner.


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Lieutenant

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Ven 2 Oct 2015 - 0:01

Gavin – Qu'est-ce que vous avez foutu ?! cria-t-il.

Riza se releva, fixant le colonel Gavin et son propre supérieur, sur le point de lui attraper le poignet pour lui faire lâcher prise mais l’autre lieutenant l’avait devancée. Ils n’avaient rien fait du tout ! Ils étaient... Oui, ils étaient revenus mais ils n’avaient rien fait pour que ce soit ainsi, ça s’était passé... comme ça, d’un coup. Jamais ils n’auraient pu deviner qu’une nouvelle faille se crée, le colonel Gavin n’avait pas à s’en prendre au Colonel qui n’en savait pas plus que lui ! Le lieutenant le fusilla du regard, tendue, n’osant pas bouger d’un pouce tandis qu’elle fixait les mains de celui qui menaçait Roy. Elle avait presque l’impression qu’il allait le brûler vif, lui faire mal pour rien uniquement parce qu’il était sur les nerfs. Sa coéquipière intervint enfin d’un ton calme pour essayer de le rassurer, disant qu’ils n’avaient qu’à attendre la prochaine faille et que le maréchal ne penserait pas qu’il ne respectait pas ses engagements, cette fois-ci. Riza pâlit, revoyant l’exécution du soldat et se retenant à grand peine de se tourner vers ses propres coéquipiers. Il était si jeune...

Lieutenant – C'est bon, Colonel, souffla-t-elle ensuite. Ils sont jeunes, on était naïfs aussi, à cet âge.

Gavin – Pas exactement, non, à leur âge, on avait déjà vu passer sept millions de morts.

La jeune femme pâlit encore plus, sentant les regards plein d’incompréhension des autres de l’équipe mais ne répondit rien, incapable de leur expliquer ce qui s’était passé. C’était impensable, ils ne les croiraient pas... Comment pouvait-on accepter qu’un tel monde existe ? Des millions de morts, des enfants torturés pour leur don, une guerre encore plus sanglante qui s’annonçait, de la stratégie dans chaque parole, chaque geste... Non, ce monde n’était pas vivable. A côté, Amestris était bien tranquille et incomparable, Riza était bien contente de s’y trouver, d’y vivre et de ne pas grandir en France. Elle était ouverte, très ouverte, là n’était pas le problème. Mais elle n’était pas habituée, elle ne pouvait pas évoluer en France en restant en vie. Et si ce n’était qu’une question d’habitude ! Lorsqu’elle posait son regard sur le lieutenant et le Colonel Gavin, Riza sentait que quelque chose était mort en eux, à côté de la détermination de combattre. Mais, contrairement à ce qu’elle pensait, ils semblèrent croire le Colonel et Havoc dut s’asseoir après l’évocation du fantôme d’Emilie. Elle retint une grimace, l’esprit fatigué alors qu’elle était plus tendue que jamais. Tant que le colonel Gavin et le lieutenant seraient là, elle ne pourrait pas oublier.

Lieutenant – A quoi bon raconter tout ça ? soupira tout à coup la lieutenant. Ce n'est pas votre pays, ni votre armée, donc vous n'avez pas besoin de vous en mêler. Vous n'avez jamais connu la guerre, pour que ça vous choque autant ?! Pourquoi êtes-vous dans une armée si vous ne supportez pas la mort ? On ne s'engage pas sans savoir que l'on va avoir du sang sur les mains.

Gavin – Mais ils sont "jeunes et naïfs", comme vous le disiez, ricana tout à coup Gavin. C'est moins douloureux de naître dans une dictature militaire que de voir une démocratie détruite pour laisser place à la violence, ils n'ont connu que ça, que le contrôle de l'armée. On vit plus facilement avec la violence quand on a grandi avec.

Eh, ils ne l’acceptaient pas pour autant ! D’accord, ils n’avaient pas connu de démocratie, d’accord, ils étaient « jeunes et naïfs » comme on le leur reprochait souvent mais ce n’était pas pour cette raison qu’ils acceptaient ce qui se passait ! Au contraire, le Colonel se battait pour son utopie, il voulait améliorer l’armée et travaillait dur pour y arriver. Il avait réussi à convaincre bon nombre de personnes de le suivre, n’était-ce pas une preuve inébranlable que, justement, il n’était pas aussi naïf qu’on pouvait le penser ? Riza fixa le colonel Gavin, tremblant un peu malgré elle à cause de la colère. Il n’avait pas le droit de dire de telles choses, ce n’était pas de leur faute s’il était complètement blasé. D’après ce qu’ils avaient pu voir, il voulait changer tout cela alors pourquoi leur jeter la pierre ? Ils rejetaient même ceux qui voulaient les aider !

Riza – Ce n'est pas pour cela qu'on ignore la violence, on la connait et on la côtoie mais on ne l'accepte pas. On veut changer les choses, tout comme vous.

Gavin – Je vois ça. Vous avez passé une nuit en France et au matin, vous étiez déjà à moitié morts, soupira-t-il. Heureusement que vous ne vivez pas avec nous depuis des années, mes pauvres chéris.

Riza – Ce n'est pas de notre faute si votre pays est un pays de fous, nous mettons en place des choses pour changer le nôtre, pas le vôtre, contrairement à vous.

Il était hors de question de laisser le colonel Gavin leur parler comme cela. Ce type était détestable, elle ne le supportait pas, même s’il avait perdu un de ses coéquipiers à cause d’eux. Elle culpabilisait pour cela, oui, mais ce n’était pas pour cette raison qu’il devait les dénigrer à ce point. Ils ne pouvaient pas savoir qu’il risquait vraiment des ennuis en restant aussi longtemps à Amestris ! En plus, comment auraient-ils pu réagir autrement ? Deux hommes débarquent au milieu de nulle part en citant un pays dont ils ne connaissent pas l’existence et l’un deux maîtrise le feu alors qu’il n’y a que le Colonel, chez eux, qui puisse le faire. Désolée, mais il y a de quoi se poser de sérieuses questions !

Riza ne bougea pas, bien droite, tenant tête au colonel Gavin sans ciller. Il pouvait s’en prendre à elle si cela lui chantait mais qu’il ne touche pas aux autres. Elle pouvait encaisser sans souci mais le Colonel était déjà énormément affaibli moralement après ce qu’il avait vécu, elle l’avait bien vu. Surtout lors de l’exécution de ce pauvre soldat... Cependant, il ne sembla pas être d’humeur à se battre. Non, pas du tout même. Il commença à déboutonner sa chemise, après un long moment sans avoir prononcé un seul mot, après avoir ôté sa veste sous l’oeil un peu perdu de toutes les personnes présentes dans cette pièce. Qu’est-ce qu’il fichait... ? Riza échangea un regard avec son supérieur, cherchant à savoir si lui comprenait la signification de ce manège mais il n’avait pas l’air plus au courant qu’elle. Ce n’est que lorsque le colonel Gavin ôta complètement sa chemise qu’ils comprirent... Des blessures, des marques, des cicatrices anciennes, certaines plus récentes, couraient sur tout le long de son corps. Il avait été battu... ? Le lieutenant entrouvrit légèrement la bouche, choquée, sans rien dire tout en fixant son corps meurtri.

Gavin – Voilà à quoi ont doit s'attendre lorsqu'on veut s'opposer à certaines idées, dit-il d'un ton toujours très posé. Servir de cobaye ou d'arme humaine. Devoir subir des souffrances à en crever pour essayer de protéger ceux à qui on tient. Mais certains se bougent et en payent le prix. Notre générale a lutté seule pendant des mois, elle a été enlevée, agressée, poignardée, violée. Elle est entrée dans l'armée et beaucoup la suivent les yeux fermés car ils savent qu'elle a le pouvoir de faire changer les choses dans notre pays. Pour ma part, j'ai aidé des jeunes soldats à fuir vers d'autres pays, en faisant croire que je les avais brûlé vif, ce genre de choses. En ce moment, je sers de cobaye et d'arme vivante pour que les membres de mon équipe ne se fassent pas liquider.

Riza sentit sa gorge se serrer, incapable de dire quoi que ce soit tandis que l’ambiance s’était considérablement refroidie. Elle était plus lourde, plus pesante, il n’y avait plus un bruit pendant que le colonel Gavin remettait sa chemise et sa veste sur ses épaules. Bon... D’accord, il se bougeait aussi, elle l’admettait, mais alors qu’il arrête de les attaquer comme ça. Ils étaient du même côté et travaillaient dans le même but, quel que soit le monde dans lequel ils étaient. C’était stupide de se disputer comme cela... Riza resta à regarder le torse du colonel Gavin un moment après qu’il a refermé sa chemise et remis sa veste, revoyant encore les marques et cicatrices.

Gavin – Et oui, c'est un pays de fous, sourit-il en reboutonnant sa chemise. Paisible république, une démocratie qui est passée par la Grande Guerre et qui sombre dans la dictature aujourd'hui. C'est un pays de fous mais c'est le nôtre. On est tous fous ! Notre chef, qui est prêt à sacrifier des centaines de personnes pour en protéger des millions. La générale, qui se moque de sa vie privée, qui donne tout ce qu'elle peut, y compris sa vie. Moi aussi, j'ai vendu mon âme à l'armée et je compense en buvant comme un trou. Tu penses peut-être que la folie se soigne si facilement, gamine ?!

...

Riza devint blême, entrouvrant la bouche sans qu’aucun son ne sorte. Elle se retint de baisser la tête, refusant de s’admettre vaincue, blessée ou choquée, toujours bien droite. Au même moment, elle sentit une main se poser sur son épaule et le Colonel la défendre face au colonel Gavin, disant qu’il n’avait pas à l’enfoncer, entre autres. Elle voulut tourner la tête vers lui mais n’en fut pas capable, préférant le silence.

Colonel – On devrait tous se calmer, pour commencer. Surtout après ce qui s'est passé hier. Mais Riza n'est coupable de rien alors ne passez pas vos nerfs sur elle.

Lieutenant – Il a raison, on devrait rester calme, embraya Isabelle avec un léger sourire. Laissez tomber, colonel, ça ne sert à rien de continuer à crier. Elle n'a même pas trente ans, il faut lui laisser le temps de vivre encore avant d'aborder ce genre de sujet. Vous ne vous en prenez jamais aux jeunes, d'habitude. Elle me fait de la peine, comme ça. Puis ils sont quand même mignons, tous les deux, au fond, à se défendre l'un l'autre.

Il... Mais ils... Riza passa du blanc au rouge en dix secondes à peine alors que les deux Français éclataient de rire en même temps que leurs coéquipiers qui semblaient se retenir, eux aussi. Bien fait, qu’ils continuent, ils allaient peut-être s’étouffer avec un peu de chance ! « Mignons »... Non mais ça n’avait rien de « mignon », c’était normal qu’ils se défendent comme cela ! D’abord leur chef qui avait fait exécuter un homme, ensuite eux deux... Ils s’étaient tous donnés le mot, c’est dingue. Riza se mordit les lèvres, mal à l’aise, cherchant un autre sujet à lancer de toute urgence pour ne pas rester sur le thème « mignon ». Non mais mignon...

Colonel – Votre générale ne peut rien faire de son côté, pour vous récupérer ? lança-t-il. Et d'ailleurs, comment avait-elle fait, hier, pour entrer ici seule et désarmée ?

Gavin – "Désarmée", hein ? Cette femme manie les éléments foudre et eau. Elle est capable de pulvériser un immeuble de trois étages à elle seule. Une fois, elle a déclenché un orage d'apocalypse, c'était assez terrifiant. Elle peut sûrement trouver quelque chose, oui.

Contrairement au Colonel, Riza ne leva pas la tête vers le ciel. Elle avait bien enregistré qu’ils étaient rentrés, surtout avec la crise de leurs « invités » lorsqu’ils avaient réalisé qu’ils étaient encore tombés dans la faille. Elle avait aussi compris l’étendue du pouvoir de leur générale, que ce soit en la voyant à la caserne la première fois ou lorsqu’ils étaient arrivés en France. Pas de souci là-dessus, elle avait très bien compris...

Lieutenant – Quand je pense qu'au début, elle ne comprenait pas ce que l'armée pouvait bien lui trouver d'intéressant...

Gavin – Parce qu'elle le voit, aujourd'hui ?

Etrange, quelqu’un qui faisait partie de l’armée sans avoir conscience de son influence ? Riza fronça les sourcils, prête à poser la question, ne comprenant pas trop comment une telle chose était possible mais le Colonel la devança. C’était vraiment bizarre, elle avait déjà vu des personnes s’engager en pensant avoir de l’influence pour se planter lamentablement au final. Mais le contraire... C’était très surprenant. Elle sentit soudain une légère pression qu’on ôtait de son épaule et réalisa que le Colonel venait seulement de la relâcher. Il lui lança un regard d’excuse auquel elle répondit en hochant la tête avec un petit sourire, signifiant que ce n’était rien. Qu’il ne s’en fasse pas pour cela, ils étaient suffisamment sur les nerfs que pour rajouter des problèmes qui n’en étaient pas. Son geste partait d’une bonne intention et Riza lui était reconnaissante d’être intervenu, cette fois-ci.

Lieutenant – Je ne suis pas sûre qu'elle ait réussie à voir qu'elle était meilleure militaire que professeur, dit Isabelle d'un ton pensif. Elle est très... Elle agit comme tel depuis des mois mais sans le réaliser, c'est naturel chez elle. Elle s'est battue toute seule assez longtemps. Mais elle sait vraiment diriger, elle est très déterminée. Le pire, c'est vraiment quand elle a été poignardée. Elle était enceinte, blessée à mort, mais elle s'est relevée aussitôt.

Gavin – C'est ce qu'on doit appeler la folie, glissa Fabrice d'un ton cynique. Ou l'incapacité à craindre sa propre mort. Un avis là-dessus, je suppose ? ajouta-t-il en regardant Riza.

... Riza rougit en marmonnant quelque chose, ignorant elle-même ce qu’elle pouvait dire. C’était bon, il pouvait la lâcher aussi. Ce type était vraiment odieux, peut-être connaissait-il des événements horribles, peut-être avait-il un quotidien extrêmement difficile à vivre mais cela ne l’autorisait pas à être désagréable avec la première personne qu’il croisait et qui s’opposait à lui. Qu’il ne s’attende pas à ce qu’elle respecte la hiérarchie, elle n’avait pas à l’écouter ni à le respecter, ils n’étaient pas du même pays, ni même du même monde, et Riza n’était pas du tout disposée à respecter un homme tel que lui.

Heureusement, le Colonel coupa court aux hostilités en demandant des nouvelles à leur équipe, se renseignant sur ce qui s’était passé ici en leur absence. Ce qui lui fit le plus grand bien. Pas de guerre, pas d’attaques, pas de tortures comme là-bas. Bon, d’accord, la guerre si ou des petites attaques isolées mais cela semblait bien moins grave que ce qui se passait en France, plus « normal », plus... rassurant, d’un certain point de vue, parce qu’ils savaient à quoi s’attendre et n’avaient pas à avoir peur de se réveiller le lendemain avec un nouveau problème. Amestris était un pays reposant, voilà tout. Plus reposant que la France, en tout cas...

Le Colonel la poussa à s’asseoir sans qu’elle n’oppose la moindre résistance, sentant ses muscles se dénouer soudainement, comme s’ils s’étaient rappelé comment marcher grâce à son supérieur. Riza s’appuya contre le mur, fermant brièvement les yeux lorsqu’elle entendit un bruit de déchirure qui lui fit les rouvrir. Mh ? La subordonnée du colonel Gavin venait de déchirer une serviette pour soigner son supérieur. Ah... Il était blessé et n’avait pas eu le temps de se soigner. Mais il le devait, rester blessé ainsi n’allait pas l’aider à affronter ce qu’il vivait en France, c’était de la folie. Elle comprenait qu’il refuse d’aller dans un hôpital mais il ne pouvait pas refuser l’infirmerie. C’était différent, ici, ils n’étaient pas en France. Comme pour appuyer ses pensées, il se mit à tousser et cracher un peu de sang. C’était de la folie... Il devait voir un médecin. Le lieutenant semblait être du même avis qu’elle, d’ailleurs, vu le regard qu’elle venait de leur jeter. Tant pis s’il la détestait, elle ne pouvait pas le laisser rester ici, sans soins, c’était stupide et puéril.

Riza – Vous... Vous devriez vous faire soigner. On peut vous conduire jusqu'à l'infirmerie de la caserne, vous ne risquez rien là-bas.

Lieutenant – Elle raison, enchaîna Isabelle en désignant Riza du pouce. Vous ne croiserez pas le psychopathe ici et ils n'ont pas les "médecins" qu'il a engagés. Venez.

Oh. Riza ne pensait vraiment pas être soutenue, ce coup-ci, mais fut agréablement surprise et poussa un petit soupir de soulagement alors qu’ils sortaient de la pièce pour aller vers l’infirmerie. Les autres membres de l’équipe restèrent là mais eux accompagnèrent les étrangers par mesure de sécurité. Sait-on jamais qu’ils aient encore des ennuis, peut-être que c’était une malédiction qui touchait tous les Français... Mais non, stop, du calme. Ils marchèrent à travers les couloirs relativement bien éclairés, le soleil passant à travers les fenêtres. Il devait être aux alentours de dix ou onze heures, elle ne savait pas trop avec tous ces « voyages ». Une chose était sûre, le soleil n’était pas couché, il n’était donc pas tard. Ils finirent par arriver à l’infirmerie, lentement mais sûrement, et le colonel Gavin s’installa sur un lit pour se faire examiner sous leurs regards inquiets. Il était dans un sale état... Autant moral que physique.

Riza se mordit les lèvres, observant « l’examen » sans bouger, toujours droite à côté de son supérieur. Elle ne réalisait même pas qu’elle se tenait droite, c’était devenu un automatisme et elle faisait attention à son dos à cause de son métier de sniper. Mieux valait être capable de se mettre dans des positions parfois inconfortables pour tirer et donc, pas question d’avoir des problèmes de dos. Et puis, de toute manière, Riza était beaucoup trop tendue pour se mettre autrement. Elle avait l’impression d’être une véritable boule de nerfs, en cet instant. Impression confirmée lorsqu’elle sentit une main lui frotter le dos en la faisant un peu sursauter. Tournant la tête, la jeune femme constata qu’il s’agissait du Colonel qui essayait sûrement de la réconforter. Oups... Elle lui lança un « pardon », un peu honteuse, avant de le remercier du regard. Il n’avait pas à s’inquiéter, elle allait très bien.

Colonel – Allez vous reposer, si vous le souhaitez. Je peux vous raccompagner.

Riza – Merci mais ce n’est pas nécessaire, je vais très bien, je vous assure, dit-elle en s’efforçant de sourire. Je vais rester pour vous aider, ne vous inquiétez pas.

Bizarrement, Riza eut l’impression que son supérieur ne la croyait pas. Il la poussa à s’asseoir, partant ensuite chercher elle-ne-savait-quoi. Elle allait bien, vraiment ! Ce n’était pas pour un petit sursaut de rien du tout qu’il devait s’inquiéter. Et puis, elle n’était pas habituée à ce qu’on la réconforte, ça devait jouer, ça aussi. Même si, d’accord, sursauter pour un geste pareil... Soit. Riza patienta, assise, avant de voir le Colonel revenir avec un verre d’eau. Elle le regarda, un peu honteuse à nouveau de faillir comme cela à sa tâche, mais le remercia d’un regard en prenant le verre. Elle allait bien, elle était seulement un peu tendue, rien de plus. Il ne devait pas s’inquiéter pour elle, une bonne nuit de sommeil et tout irait mieux. En attendant, il fallait s’occuper de leurs étrangers. Dès qu’elle eut terminé son verre d’eau, Riza voulut se relever, se sentant un peu mieux, mais son supérieur l’en empêcha avec sa main. Eh ! Pourquoi ? Elle n’avait rien fait et allait mieux ! Elle lui lança un regard interrogateur, ne comprenant pas.

Riza – Je vais bien, je vous assure. Il faut que l'on s'occupe des étrangers.

Gavin – Les étrangers vont très bien, merci mademoiselle de votre sollicitude...

Bien sûr, ils allaient parfaitement bien, oui, c’est pour cela qu’il avait toussé et craché du sang quelques minutes auparavant. Le Colonel avait seulement soupiré, sans rien ajouter, confirmant clairement qu’il ne la croyait pas. Mais ils devaient s’occuper de leur trouver un endroit sûr où ils pouvaient rester la journée ! Et puis... Et puis ils ne pouvaient pas les laisser comme cela et Riza se sentait bien. C’était juste un peu de fatigue, il n’avait pas besoin d’être inquiet à ce point. Décidée, elle essaya de se relever une nouvelle fois mais son supérieur reposa sa main sur son épaule, l’en empêchant à nouveau. Bon, d’accord, d’accord, elle avait saisi. Elle pouvait bien rester assise un petit peu, une ou deux minutes n’allaient pas la tuer. Le lieutenant croisa les bras, s’adossant au mur en essayant de se détendre un peu durant quelques minutes. Puisqu’elle était obligée... Elle attendit donc en regardant le colonel Gavin se faire examiner, sans bouger, faisant attention à ses propres gestes pour ne pas alarmer son supérieur. Après quelques minutes, Riza lui lança un regard et se releva sans difficulté... avant que le Colonel ne la rapproche de lui, passant un bras autour de ses épaules. Hein ? Mais elle pouvait marcher, elle allait très bien et ne s’était pas évanouie !

Riza – Colonel, ce n'est pas nécessaire, je peux marcher, je vais très bien. Je n'ai pas eu de malaise, je suis seulement un peu tendue.

Réponse qui n’eut absolument aucun effet... Le Colonel la serra plus fort contre lui, comme s’il avait peur qu’elle ne tombe là alors qu’elle tenait parfaitement sur ses jambes. Elle pouvait riposter, essayer de se détacher mais elle avait peur d’aggraver la situation et qu’il fasse pire pour l’empêcher de travailler ou autre. De toute manière, il ne pourra pas la soutenir toute la journée, il finira par la lâcher dès qu’il devrait travailler ou retourner avec leurs coéquipiers. Riza se concentra sur cette idée, reposant son regard sur la subordonnée du colonel Gavin qui n’avait absolument rien dit depuis qu’ils étaient arrivés à l’infirmerie. Ou alors, elle n’y avait pas fait attention...

Riza – Qu’allez-vous faire en attendant la prochaine faille ? Vous balader ici ne serait peut-être pas prudent vu votre uniforme mais peut-être pourriez-vous... en profiter pour vous reposer un peu ?


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mar 6 Oct 2015 - 23:12

[Personnage : Lieutenant Isabelle Robin, armée Française, subordonnée du Colonel Gavin.]

Pourquoi perdait-il son temps à essayer d'expliquer ce qui se passait dans leur pays ? Isabelle se retint de lever les yeux au ciel, debout près de son chef, prête à réagir s'ils 'effondrait, sentant l'exaspération monter. Ce n'était même pas leur nation alors quelle importance ?! Que pouvaient-ils bien en avoir à faire de ce qui se déroulait en France ? Pourquoi se préoccuper des morts qui n'étaient pas les leurs ?! Chacun sa merde, comme on disait, ils n'avaient pas à se mêler de toute ça, ils n'étaient pas prêts pour ça, c'était tellement visible. Elle ne s'agaçait pas si vite, d'ordinaire, mais avec la mort d'Enrick... Elle n'en pouavit plus. Il était mort, mort... Il était mort. Elle était épuisée, folle d'inquiétude pour le colonel et donc parfaitement peu encline à écouter des gamins qui semblaient ignorer ce qu'était une véritable guerre et qui s'offusquaient pour les morts d'un pays qui n'était même pas le leur. C'était quoi, ici, une armée de salon, pour qu'ils soient choqués à ce point ?! Ils n'avaient jamais eu de sang sur les mains, jamais vu des cohortes de morts, jamais tué des innocents par sang-froid ? Mais c'était ça, la guerre, les petits ! Quel débile pourrait enfiler un uniforme en croyant ne jamais tuer ?!

– A quoi bon raconter tout ça ? soupira tout à coup la lieutenant. Ce n'est pas votre pays, ni votre armée, donc vous n'avez pas besoin de vous en mêler. Vous n'avez jamais connu la guerre, pour que ça vous choque autant ?! Pourquoi êtes-vous dans une armée si vous ne supportez pas la mort ? On ne s'engage pas sans savoir que l'on va avoir du sang sur les mains.

– Mais ils sont "jeunes et naïfs", comme vous le disiez, ricana tout à coup Gavin. C'est moins douloureux de naître dans une dictature militaire que de voir une démocratie détruite pour laisser place à la violence, ils n'ont connu que ça, que le contrôle de l'armée. On vit plus facilement avec la violence quand on a grandi avec.

Peut-être mais ça n'excusait pas tout. Elle fit un vague geste de la main pour dire "laissez tomber", fatiguée. La petite blonde avait bondit à son tour, comme indignée. Et ça se prétendait soldat... Un soldat ne réagit pas si facilement à la provocation, surtout dans ce cas de figure. Il faut savoir garder la tête froide, toujours et tout le temps, c'était la première chose qu'elle avait apprise en débutant son entraînement de sniper. Toujours réfléchir, toujours garder son calme, toujours prendre le temps de viser avant de tirer. Un tir égal un mort. Ne jamais se laisser miner par des paroles d'un ennemi, ne jamais croire ce qu'on vous disait sans vérification, toujours surveiller ses arrières, être prêt à réagir dans n'importes quelles circonstances, garder son sang-froid toujours et partout. Des principes qui lui collaient littéralement à la peau et qu'elle devait suivre, question de vie ou de mort. Cette petite devrait en apprendre quelques uns, ça lui ferait du bien et ça l'aiderait à se détendre. Isabelle voudrait que tout le monde ici respire et se détende un peu, ils étaient déjà bien assez sur les nerfs pour avoir besoin d'en rajouter.

– Ce n'est pas pour cela qu'on ignore la violence, on la connait et on la côtoie mais on ne l'accepte pas. On veut changer les choses, tout comme vous.

– Je vois ça. Vous avez passé une nuit en France et au matin, vous étiez déjà à moitié morts, soupira-t-il. Heureusement que vous ne vivez pas avec nous depuis des années, mes pauvres chéris.

– Ce n'est pas de notre faute si votre pays est un pays de fous, nous mettons en place des choses pour changer le nôtre, pas le vôtre, contrairement à vous.

S'énerver en moins d'une minute, puis juger sans savoir en partant aussitôt dans l'agressivité et les accusations sans preuves. De mieux en mieux. Isabelle ne releva même pas, se contentant de soupirer quand son supérieur se redressa puis ôta sa veste. C'était juste une gamine... Une enfant, voilà tout. Isabelle n'avait pas envie de lui crier dessus ni même de faire quoi que ce soit, elle avait déjà eu sa dose, et ce n'est pas en hurlant sur les enfants qu'ils peuvent apprendre quoi que ce soit. Cette fille avait quoi, vingt-quatre ans ? Un petit peu plus ? C'était une enfant, il suffisait de la voir s'énerver aussitôt. Le Colonel déboutonna ensuite sa chemise, avec lenteur, la laissant tomber sur la chaise près de lui. Isabelle ne dit pas un seul mot, sachant déjà ce qu'il cachait. Il gardait des marques de son enfance, avec son père qui le frappait, puis étaient venues s'ajouter des cicatrices dues à ses entraînements, et enfin, des traces de coup, de torture. Elle fronça les sourcils en voyant que certaines blessures saignaient encore quand ils bougeaient ou étaient enflées. Elle devait l'emmener à l'abri pour qu'il se soigne, au moins un minimum, il ne pouvait pas rester comme ça. Elle savait très bien qu'il était solide, il ne supporterait pas d'être debout en cet instant précis, sinon, mais même lui avait des limites, dans la souffrance qu'il était capable d'endurer. Elle nota mentalement ce dont elle allait avoir besoin pour lui administrer les premiers soins, observant surtout une plaie sur son torse qui suintait encore de sang lorsqu'il bougeait trop, près du cœur.

– Voilà à quoi ont doit s'attendre lorsqu'on veut s'opposer à certaines idées, dit-il d'un ton toujours très posé. Servir de cobaye ou d'arme humaine. Devoir subir des souffrances à en crever pour essayer de protéger ceux à qui on tient. Mais certains se bougent et en payent le prix. Notre générale a lutté seule pendant des mois, elle a été enlevée, agressée, poignardée, violée. Elle est entrée dans l'armée et beaucoup la suivent les yeux fermés car ils savent qu'elle a le pouvoir de faire changer les choses dans notre pays. Pour ma part, j'ai aidé des jeunes soldats à fuir vers d'autres pays, en faisant croire que je les avais brûlé vif, ce genre de choses. En ce moment, je sers de cobaye et d'arme vivante pour que les membres de mon équipe ne se fassent pas liquider.

Le lieutenant ferma les yeux un bref instant, lèvres pincées. C'était la guerre et ils devaient vivre avec. Il se rhabilla et elle lui tendit sa veste, avec un léger soupir. Se bouger avait longtemps signifié la mort, dans l'armée, avant que le haut commandement décide de se servir des rebelles et des têtes brûlées pour des tâches plus particulières, qui demandaient des cobayes vivants et humains.  C'était toute une organisation implacable qui s'était ainsi développée, comme si une araignée géante avait peu à peu tissé sa toile sur eux tous, afin d'exercer la plus fine des manipulations. Certains comprenaient très bien les règles du jeu et en usaient pour modifier la situation, mais c'était très dur et long. Elle s'appuya contre le rebord de la table, se sentant vidée, aussi bine mentalement que physiquement.

– Et oui, c'est un pays de fous, sourit-il en reboutonnant sa chemise. Paisible république, une démocratie qui est passée par la Grande Guerre et qui sombre dans la dictature aujourd'hui. C'est un pays de fous mais c'est le nôtre. On est tous fous ! Notre chef, qui est prêt à sacrifier des centaines de personnes pour en protéger des millions. La générale, qui se moque de sa vie privée, qui donne tout ce qu'elle peut, y compris sa vie. Moi aussi, j'ai vendu mon âme à l'armée et je compense en buvant comme un trou. Tu penses peut-être que la folie se soigne si facilement, gamine ?!

Colonel, c'est bon, ce n'était qu'une gamine, justement ! Elle ne comprenait pas ce qui se passait en France et n'en avait pas besoin, même si elle racontait parfois des conneries, peu importe, personne ne lui demandait de faire attention ou de comprendre. Son chef la défendit tout à coup, posant une main sur son épaule et répondant au Colonel. Oh, c'était plutôt mignon. Elle eut un petit sourire attendri en les regardant, tous les deux. Maintenant qu'elle y repensait, c'est vrai qu'ils semblaient liés fortement, dès que l'un bougeait, k'autre se déplaçait aussi, ils se protégeaient mutuellement.

– On devrait tous se calmer, pour commencer. Surtout après ce qui s'est passé hier. Mais Riza n'est coupable de rien alors ne passez pas vos nerfs sur elle.

– Il a raison, on devrait rester calme, embraya Isabelle avec un léger sourire. Laissez tomber, colonel, ça ne sert à rien de continuer à crier. Elle n'a même pas trente ans, il faut lui laisser le temps de vivre encore avant d'aborder ce genre de sujet. Vous ne vous en prenez jamais aux jeunes, d'habitude. Elle me fait de la peine, comme ça. Puis ils sont quand même mignons, tous les deux, au fond, à se défendre l'un l'autre.

Elle ne put s'empêcher de rire, avec son supérieur, la tension la faisant craquer, sa crise de rire ressemblant presque à une crise de nerfs. Elle se redressa, respirant profondément pour se calmer, soufflant lentement avant d'inspirer à nouveau, en se frottant les tempes. Voilà, on se calme. Elle prit une autre inspiration, assez longue, pour se détendre. Si seulement cette histoire de fous pouvait cesser au plus vite ! Elle jeta un regard au Colonel afin de s'assurer qu'il tenait toujours debout et respirait comme il faut. Il pouvait peut-être duper les autres mais pas elle, avec des blessures pareilles, ce n'était qu'une affaire de volontés, pour qu'il tienne encore droit.

– Votre générale ne peut rien faire de son côté, pour vous récupérer ? lança-t-il. Et d'ailleurs, comment avait-elle fait, hier, pour entrer ici seule et désarmée ?

– "Désarmée", hein ? Cette femme manie les éléments foudre et eau. Elle est capable de pulvériser un immeuble de trois étages à elle seule. Une fois, elle a déclenché un orage d'apocalypse, c'était assez terrifiant. Elle peut sûrement trouver quelque chose, oui.

Oui... Isabelle hallucinait encore en songeant aux premiers temps, où elle e voyait même pas pourquoi le maréchal s'intéressait à elle. C'était incroyable ! Elle était influente, poussait les gens à la suivre naturellement, était puissante, mais non, rien qui puisse intéresser, en effet. Cette femme avait l'armée dans le sang, elle n'avait pas été formée mais était capable de mener un combat. Quoi de mieux, au cœur d'un siècle marqué par le sang ?

– Quand je pense qu'au début, elle ne comprenait pas ce que l'armée pouvait bien lui trouver d'intéressant...

– Parce qu'elle le voit, aujourd'hui ?

Isabelle haussa légèrement les épaules, perplexes. Bonne question, ça... L'autre Colonel demanda tout à coup comment on pouvait être à ce poste sans vraiment réaliser sa propre influence. La militaire prit deux minutes pour réfléchir, pensive, ignorant comment expliquer ça clairement et simplement. Les choses s'étaient en quelque sorte imposées à la directrice. Elle avait commencé par vouloir défendre son école, même en devant le faire seule, puis tout s'était enchaîné, à une vitesse fulgurante. Elle avait mis un doigt dans l'engrenage puis y avait été happée toute entière, corps et âme, ce qui la rendait générale aujourd'hui. Rien de tout cela n'aurait pu arriver sans plusieurs facteurs conjugués, selon Isabelle, à savoir la Grande Guerre, la menace d'un nouveau conflit,s on caractère bien trempé, les menaces sur l'école et les expériences militaires. A circonstances exceptionnelles, réponses exceptionnelles, bien des hommes et femmes sortaient sans prévenir de l'ombre pour prendre la tête des grandes manœuvres influant le courant de la guerre. Pour la directrice, cet enchaînement l'avait amené à tout changer, même si elle ne le voyait pas encore.

– Je ne suis pas sûre qu'elle ait réussie à voir qu'elle était meilleure militaire que professeur, dit Isabelle d'un ton pensif. Elle est très... Elle agit comme tel depuis des mois mais sans le réaliser, c'est naturel chez elle. Elle s'est battue toute seule assez longtemps. Mais elle sait vraiment diriger, elle est très déterminée. Le pire, c'est vraiment quand elle a été poignardée. Elle était enceinte, blessée à mort, mais elle s'est relevée aussitôt.

– C'est ce qu'on doit appeler la folie, glissa Fabrice d'un ton cynique. Ou l'incapacité à craindre sa propre mort. Un avis là-dessus, je suppose ? ajouta-t-il en regardant Riza.

Elle ne devait pas craindre la mort, en effet. En un sens, c'était bien, car elle pouvait se permettre plus de choses et pousser plus loin chacune de ses cations, sans être freinée par la peur. Mais au-delà de ce petit bénéfice, ne pas craindre son décès était d'une dangerosité extrême. Elle ne faisait plus attention à sa santé, sa vie, elle risquait toujours trop et jouait avec le feu sans cesse. C'était vraiment très dangereux de ne pas être freiné par la crainte de votre propre fin car vous marchiez sans cesse sur une corde raide sans aucune protection. Les petits jeunes reprirent ensuite une conversation plus normale, pendant qu'Isabelle en profitait pour se mettre face au Colonel. Elle lui murmura de la laisser voir ses blessures, voulant se faire une idée plus précise. Il avait le teint crayeux, il l'effrayait ainsi, elle devait trouver quelque chose pour le signer, en attendant de rentrer. Il fit la moue mais accepta. Elle lui fit ouvrir sa veste puis remonta les manches de sa chemise, examinant ses poignets. Il avait encore les traces des sangles...

Elle tourna la tête, cherchant un tissu ou une serviette du regard puis en trouva une posée plus loin, sur le bord d'un bureau. Elle la prit puis entreprit de la déchirer afin de faire un bandage de fortune pour une plaie à son bras, qui avait recommencé à saigner. Elle l'enroula autour de de la blessure puis serra avant de faire un nœud, avec des gestes un peu vifs, à cause de la fatigue. Il frémit tout à coup puis porta la main à sa bouche, crachant un peu de sang. Elle lui jeta un regard alarmé, imaginant tout de suite des lésions internes ou une autre maladie qui se développait, à cause des saloperies qu'o lui avait injecté depuis le début des expériences où il servait de cobaye. Ils avaient bien des hôpitaux normaux, dans ce pays ? Elle devait l'y emmener, au moins pour qu'il se fasse examiné, il risquait de s'effondrer, là.

– Vous... Vous devriez vous faire soigner. On peut vous conduire jusqu'à l'infirmerie de la caserne, vous ne risquez rien là-bas.

– Elle raison, enchaîna Isabelle en désignant Riza du pouce. Vous ne croiserez pas le psychopathe ici et ils n'ont pas les "médecins" qu'il a engagés. Venez.

Elle lui tendit le bras pour qu'il s'y accroche, le soutenant ensuite jusqu'à l'infirmerie. Que lui avait fait Rochard, lors de la dernière expérience ? Si ça continuait, il allait finir par y rester... Elle eut un frisson, observant les longs couloirs au passage, le paysage par les fenêtres afin de se repérer. Une fois à l'infirmerie, elle l'aida à s'allonger sur un lit, expliquant très brièvement au médecin qui arriva ce qui arrivait à son chef. Elle recula pour le laisser faire son travail, croisant les bras en se mordant les lèvres. Derrière elle, la petite blonde et son chef s'étaient lancés dans un petit numéro pour qu'elle accepte de s'asseoir et se reposer. Isabelle secoua légèrement la tête, les laissant faire sans rien dire, un peu blasée mais désormais convaincue qu'il y avait plus que de la loyauté entre eux. Elle resta droite, regardant le médecin s'occuper de son supérieur. Elle essayait d'imaginer ce qu'il avait vécu, enduré... Ce qui pouvait bien se passer dans maudit "hôpital". D'après les notes de la mairie de Gray, c'était un lycée public, autrefois, qui avait fermé il y a des années, avant que l'armée n'en prenne possession. Tss, trop de paramètres inconnus dans tout ce merdier, elle détestait ne pas comprendre. On se calme et on réfléchit !

– Je vais bien, je vous assure. Il faut que l'on s'occupe des étrangers.

– Les étrangers vont très bien, merci mademoiselle de votre sollicitude...

Elle, oui, lui, nettement moins, il ne pourra faire croire le contraire à personne. Elle secoua légèrement la tête en levant les yeux au ciel, sans relever, toutefois. Elle pouvait comprendre qu'il ne veuille pas en rajouter, il avait déjà horreur qu'on se préoccupe de son état physique, en règle générale. Elle tourna la tête, voyant l'autre colonel serrer sa subordonnée contre lui avec un air inquiet. Isabelle eut un faible sourire, reportant ensuite le regard sur son supérieur.

– Colonel, ce n'est pas nécessaire, je peux marcher, je vais très bien. Je n'ai pas eu de malaise, je suis seulement un peu tendue.

Isabelle se frotta les yeux avec lassitude, suivant du regard le médecin lorsqu'il amena des bandages, du désinfectant, des aiguilles et du fils et des pommades. Il marmonnait dans sa barbe, se demandant sûrement comment on pouvait avoir des blessures pareilles. Un peu de torture... Elle grimaça, serrant les mains sur ses bras. Cela lui rappelait aussi la fois où ils avaient été enlevés, avec la générale, pour ce foutue test. Elle avait terminé à l'hôpital, l'armée n'y avait pas été de main morte. Mais il était venue la chercher, il avait couru vers elle puis l'avait aidé à sortir de là. C'était pour cela que tous les membres de son équipe le suivaient, envers et contre tous. Le visage souriant d'Enrick vint flotter dans sa mémoire et elle ne pouvait pas pleurer. Elle avait déjà été "vidée" de toutes ses larmes après la Grande Guerre et ne parvenait plus à pleurer depuis. Elle avait trop pleuré, trop hurlé, trop gémi, elle ne pouvait plus, à présent, étant comme "morte" à l'intérieur lorsque la tristesse était trop forte. Quelque chose s'était brisé.

– Qu’allez-vous faire en attendant la prochaine faille ? Vous balader ici ne serait peut-être pas prudent vu votre uniforme mais peut-être pourriez-vous... en profiter pour vous reposer un peu ?

– Merci, ça va, déclara-t-elle avec un petit geste de la main, d'un ton plus sombre. Je réfère rester veiller sur le Colonel.

L'intéressé redressa la tête avec une petite grimace, en lui demandant si elle comptait le couver encore longtemps. Elle secoua la tête, avec un faible sourire.

– Toute votre vie, bien sûr. C'est ce que je vous avais dit dans les tranchées.

Elle sourit un peu plus en le voyant laissant retomber la tête contre le lit avec une petite moue. Il pouvait compter sur elle, elle tiendra parole, elle n'était pas du genre à trahir ses serments et promesses. Elle s'appuya contre une armoire assez haute derrière elle, pendant que le médecin était en train de bander plusieurs plaies. Au même moment, le médecin poussa un très long soupir en s'écartant, ajoutant qu'il allait appeler une ambulance, plutôt. Elle fit signe au Colonel de ne pas relever, c'est bon, il en avait besoin. L'ambulance ne mit pas beaucoup de temps à arriver, d'ailleurs, emmenant le militaire sur un brancard. Elle suivit avec les deux jeunes, plus lentement, complètement vidée de ses forces. Elle rêvait d'être chez elle, dans son petit appartement, à se reposer et ne plus penser à rien. Elle avait l'impression de marcher sur du coton, depuis toute à l'heure, l'esprit tournant à vide. Elle pensait à Enrick. A chaque pas. Elle ne voulait plus perdre un de ses coéquipiers de la même façon.

– Il a été torturé ? demanda tout à coup Mustang alors qu'ils entraient dans l'hôpital.

Elle hocha la tête, sans ajouter un seul mot. Elle s'assit sur des fauteuils du hall en attendant d'avoir des nouvelles, le regard dans le vague. Elle voudrait pleurer, s'y efforçait en cet instant, rageait de ne pas réussir alors que cela lui ferait le plus grand bien. Juste un peu, juste quelques larmes, elle n'en demandait pas plus. Mais elle ne ressentit que cette impression de vide intense, comme si cœur était glacé. Plus de larmes, juste du vide, il y avait de quoi vous rendre malade.

– Vous devriez vraiment vous reposer aussi... Vous ne risquez rien, ici, quelques heures vous seraient bénéfiques.

– Ce n'est pas du repos, dont j'ai besoin, sourit-elle faiblement. Je voudrai être de nouveau capable de pleurer, je ne peux plus le faire depuis des années, ça s'est brisé. Vous-même, vous devriez aussi vous asseoir.

Elle avait parlé d'un ton plus bas, comme si elle était inquiète, mais ce n'était pas la peine, Isabelle allait bien, si ce n'est cet horrible sentiment de vide qui la tenaillait. Ça allait passer dans un peu de temps, comme d'habitude, après une nuit de sommeil ou après s'être plongée dans son travail.

– Je vais très bien, c'est plutôt votre état et celui de votre supérieur qui m'inquiète...

Elle haussa les épaules, ayant déjà connu bien pire comme situation et n'ayant pas l'intention de rester au lit toute le reste de la journée, d'autant plus dans un pays inconnu, dans une situation qui lui portait sur les nerfs. Elle surveillait le ciel par une des fenêtres du hall, guettant les signes d'un orage ou d'une faille annoncée. La générale devait sûrement y travailler en ce moment-même, elle avait le pouvoir de déclencher ce genre de choses, ou l'aurait en travaillant avec d'autres personnes assez puissantes. Elle se reposait un peu, enfin, quand ils entendirent tout à coup un peu de grabuge dehors. Elle n'y prêta pas attention jusqu'au moment où un autre soldat surgit et pointa le colonel en lançant qu'on le cherchait, car on l'avait vu accompagné de d'autres étrangers bizarres. Isabelle se leva d'un bond et fila aussitôt dehors, avec les deux jeunes. Elle s'arrêta en voyant la directrice, face à un homme d'une soixantaine d'année avec un bandeau noir sur un œil, qui lui faisait face.

– Qui c'est, celui-là ? demanda-t-elle, perplexe.

– Bradley. Enfin, le nôtre. Le Président d'Amestris.

Ah oui... Un autre Bradley... On appelait ça le fatalisme. Elle soupira longuement, très peu rassurée de voir ces deux-là se faire face. Elle marmonna que ça risquait de déclencher une guerre entre Amestris et la France, ce qui n'était pas forcément une perspective agréable. Elle ne doutait pas du tout que l'armée de ce pays soit capable de se défendre mais étant donné que leurs troupes avaient l'air un tantinet moins violentes et prêtes à tout... Sans oublier les dons. Il fallait trouver une solution et vite.

– Nous ne sommes pas là pour déclencher une guerre, lança-t-elle d'une voix plus forte en s'avançant. C'est une histoire regrettable, mais sans gravité. Nous allons partir dès que possible.
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King Bradley

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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mar 27 Oct 2015 - 0:07

Qu'est-ce que Mustang avait encore fichu, comme âneries ?! D'abord, on le voyait avec des étrangers louches, puis il disparaissait et réapparaissait avec ces mêmes étrangers. Bradley secoua légèrement la tête en soupirant, paume contre la garde son épée, s'avançant à son tour alors que ses hommes s'écartaient sur son passage. Il arriva jusqu'à la femme qu'on lui désignait, l'observant longuement de haut en bas. Elle devait avoir une petite trentaine d'années, selon lui. Blonde et les cheveux assez longs, avec de jolies formes mais un teint blafard, des traits agréables mais une expression glaciale et un regard noir. Son uniforme démontrait très clairement son appartenance à une armée, tous comme les armes qu'elle portait à sa ceinture. Ses espions lui avaient appris d'où elle venait et diverses choses qui avaient déjà été dites, sans oublier les incidents du QG Est. Il fit signe à un de ses subordonnés d'aller chercher Mustang et de l'amener ici, faisant face à la jeune femme. Presque tous ceux qui étaient autour pointaient leurs armes sur elle, méfiants et prêts à réagir au moindre geste brusque. Elle avait donc pu forcer la création d'une nouvelle faille ? Son pays était très étonnant... Bradley pinça les lèvres, pesant avec soin chaque tenant et aboutissant de la situation. Allié potentiel, pays neutre, futur ennemi ? Il l'ignorait encore, tout pouvait se décider maintenant.

– Vous avez provoqué un remous certain parmi mes hommes, très chère. Les affectés du QG Est étaient assez affolés en appelant le QG de Central.

Il se rapprocha jusqu'à être vraiment face à elle, s'arrêtant ensuite. Du coin de l'œil, il vit Mustang et sa subordonné sortir en courant de l'hôpital, écartant les badauds et s'arrêtant en les voyant. Ils étaient accompagnés d'une autre femme Française dont on lui avait rapporté la description. Charmant... Il reporta le regard sur son interlocutrice qui lui faisait face sans sourciller, les bras croisés, très droite et digne. Elle lui rappelait étrangement la générale glaciale du Nord, maintenant qu'il y songeait bien. Ni l'un ni l'autre ne bougeaient plus, se jaugeant du regard, attendant peut-être de voir qui allait attaquer le premier. La tension était bien palpable, parmi les soldats et les curieux assistant à la scène. Il était bien rare que le président se déplace ainsi, surtout si l'affaire concernait une femme et deux ou trois de ses alliés, mais c'était un cas très spécial. L'autre blonde s'approcha tout à coup à son tour, attirant aussitôt à son tour la méfiance. La nervosité était si forte qu'on pourrait facilement la couper au couteau.

– Nous ne sommes pas là pour déclencher une guerre, lança-t-elle d'une voix plus forte en s'avançant. C'est une histoire regrettable, mais sans gravité. Nous allons partir dès que possible.

Bradley fit un léger signe de tête et quelques uns de ses hommes braquèrent aussitôt cette femme en lui intimant l'ordre de ne plus bouger et de lever les mains. Bien, bien, bien. Il fit pousser sa collègue près d'elle, se rapprochant lui aussi en jetant un long regard noir au Colonel Mustang, qu'il tenait très clairement comme responsable direct de tout ce cirque. Faisant d'abord disperser les badauds trop curieux, il jaugea la jeune femme du regard, croisant son regard toujours aussi dur.

– Vous êtes générale ? Depuis combien de temps ?

Elle lui rendit son regard mais ne répondit, lèvres pincées, tenue en joue par deux soldats qui pointaient leurs armes vers elle. Le Président attendit une minute, une minute d'un très lourd silence que personne ne brisa, avant de se mettre face à elle, une moue dure aux lèvres, sans qu'elle ne bouge d'un pouce. Elle gardait les bras croisés et la tête bien droite. Courageuse mais idiote, si elle pensait pouvoir lui tenir tête. Il réitéra sa question, en lui intimant l'ordre de répondre, mais elle n'ouvrit toujours pas la bouche, ne bougeant pas non plus. A côté d'eux, Mustang semblait assez nerveux mais ne dit rien, restant à sa place, tout comme sa subordonnée. Voyant une trace sur sa peau, il lui prit sèchement le poignet puis releva la manche de son uniforme, dévoilant plusieurs cicatrices qui se détachaient sur son bras, lui faisant hausser un sourcil. Un grondement d'orage raisonna plus loin, dans le ciel, sans qu'il y prenne garde.

– On m'a rapporté des rumeurs de torture, que votre armée exerce sur ses propres soldats, dit-il en lui tenant le poignet avec fermeté, l'autre main touchant ses cicatrices. J'ignorais s'il fallait y croire, jusqu'ici.

Elle avait sûrement d'autres traces, et vu l'état de son collègue, il avait dû en subir beaucoup lui aussi. Amusant que leurs chefs ne se cachent même pas, pour ce genre de choses, s'en prenant même ouvertement aux plus hauts gradés sans aucune gêne, alors qu'il était plus facile et discret d'utiliser la chair à canon, les sous-fifres, les simples soldats de rang. Elle ne comptait toujours rien dire ? Il aimerait savoir dès à présent s'il devait considérer son pays comme un ennemi, un allié, ou un pays dont il n'avait que faire. Être fixé, une bonne fois pour toute, afin de se préparer. Une générale de l'armée de cette nation atypique devrait être capable de confirmer cela, n'est-ce pas ? Il resserra brutalement sa prise sur son poignet, se rapprochant d'un pas, le regard brûlant.

– Dois-je considérer votre nation comme ennemie ?

– Tout dépend de qui sont vos alliés, siffla-t-elle.

Il haussa un sourcil, assez amusé. Bonne réponse, elle en savait un minimum sur la tactique de guerre. Il la relâcha et elle remit aussitôt sa manche en place, juste au moment où un autre soldat lui tira les mains dans le dos pour lui passer les menottes, agissant avec une extrême nervosité. Pour plus de sécurité, il lui attacha même les bras, passant les liens devant contre sa poitrine puis attachant dans son dos. Tant qu'on ignorait précisément si elle était une ennemie potentielle ou non... Et si c'était le cas, elle pourra toujours servir d'otage. Il tourna ensuite la tête vers Mustang, après que deux de ses hommes prennent soin de tenir la générale par les bras, de chaque côté d'elle, bien droits et méfiants. Il allait interroger le blanc-bec lorsque le sol crépita tout à coup et qu'une brusque explosion les frappa tout à coup, forçant tout le monde à se jeter sur le côté. Bradley dégaina son épée, se mettant automatiquement en garde, voyant la jeune femme jeter ses menottes noircies et en morceaux à terre, ainsi que les liens. Tout le monde recula de deux bons mètres en la voyant les mains illuminées d'éclairs et d'étincelles, alors qu'elle avait pris un poignard qui crépitait maintenant avec force. Et bien, et bien, on ne voyait pas cela tous les jours.

– Les rumeurs de torture sont très exagérés, ça ne touche que certaines personnes, lança-t-elle alors qu'un fort grondement retentissait.

Le Président la jaugea puis s'élança, prêt à en découdre lui-même et à se battre.


Dés :

1 - Bradley fonce et Gaby esquive, le choc est rude, tout le monde s'éloigne encore.
2 - Elle esquive et le blesse à un bras.
3 - Il la blesse à un bras.
4 - Elle pare le premier coup et envoie un éclair qui explose une partie du sol.
5 - Il parvient à la faire reculer et tente une autre attaque.
6 - Les premiers coups sont esquivés et elle le repousse en arrière avec son don.


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MessageSujet: Re: Armée irégulière   Mar 27 Oct 2015 - 0:07

Le membre 'King Bradley' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Combat' :




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Armée irégulière
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