Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Quatre ans plus tard...

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MessageSujet: Quatre ans plus tard...   Jeu 4 Juin 2015 - 20:07

– Allons, allons, sourit-il avec sa femme en voyant leur petite Catherine s'extasier devant un atelier d'automails. Laissons-la s'amuser, c'est de son âge, à cette petite.

Alex discutait avec sa plus jeune sœur, marchant avec ses côtés, tandis qu'il était un peu derrière avec son épouse et ses deux autres filles. Ils avaient fait quelques courses dans les grandes rues commerçantes, ce matin-là, et tous commençaient à avoir faim. Ils pouvaient déjeuner dans un restaurant, il en connaissait un très bon, non loin du quartier général, ce sera parfait ! Ils pourront même déjeuner dehors, au soleil, il faisait un temps magnifique pour la saison. Il partait rarement en balade avec ses enfants, sans ses gendres et petits-enfants, qui eux étaient partis jouer à la campagne. Ils devaient fêter la nouvelle réussite d'Alex à ses examens d'Alchimiste d'Etat. Son grand garçon le rendait si fier. Il était devenu un homme grand, fort et courageux, à l'image de tous les hommes de la famille Armstrong. Il sourit en le regardant rire avec sa petite sœur, si fier de ses enfants.

Ils s'arrêtèrent devant la vitrine d'un autre magasin, commentant ce qui y était exposé. Il devait réfléchir à ce qu'il allait offrir à Catherine pour son prochain anniversaire ! Peut-être un nouveau manteau ? Il se promit d'en discuter avec son épouse, elle avait très bon goûts pour les vêtements et les bijoux, elle saura choisir quelque chose qui mettra leur petite dernière en valeur. Il tourna au coin de la rue, s'écartant d'un pas pour laisser passer la police de la ville. Il avançait vers un autre passage très commerçant lorsqu'il vit tout à coup, comme une brusque apparition, sa fille aînée sortir d'un atelier. Il cligna des yeux, pris de court et très surpris. Mais non, c'était bien elle ! Blessée... C'était la première fois qu'il la revoyait depuis quatre ans ! Il lui fit aussitôt un signe, alors que sa femme et ses filles s'étaient arrêtées tout net.

– Olivier !

Il la regarda de haut en bas, sidéré, se demandant ce qu'elle avait pu faire pour avoir le bras serré dans une attelle. Et son... cou... Il écarquilla encore plus les yeux en voyant l'hématome et la large trace de griffure, alors que sa femme avait eu un hoquet étranglé. Armette et Stronguette échangèrent un long regard, semblant perplexe. Et son bras ! Il était cassé ou tordu ? Elle avait des traces sur les deux mains, aussi.

– Que t'est-il arrivé ? Tu as été blessée dans une bataille contre Drachma ?

– Non, une sorte de chimère a essayé de me tuer, répondit-elle d'un ton froid en les contournant. Bonne journée.

Eh, une minute ! Il se mit aussitôt sur son chemin en levant les bras pour l'empêcher de partir comme ça. Une minute, ils venaient à peine de la retrouver, ils ne l'avaient pas vu depuis quatre ans, elle était blessée, et elle voulait repartir comme ça ?! Surtout qu'elle venait de dire qu'on avait essayé de la tuer ! Elle devait au moins des explications à ses parents et à sa fratrie, c'était elle, l'aînée, elle ne pouvait tout laisser derrière elle comme ça ! Il n'était pas question qu'elle leur tourne le dos comme ça ! Elle était leur fille, elle aussi ! Depuis sa naissance et à jamais ! Si elle leur revenait blessée à ce point, il était en droit, en tant que Père, d'exiger de savoir ce qui s'était passé. Elle n'était même pas passé les voir au manoir en arrivant à Central ! Où dormait-elle ? A la caserne ? Alors que sa famille était bien là ?

– Tu ne vas pas partir comme ça, une fois de plus ! s'écria-t-il. Tu es toujours notre fille, je te le rappelle, et nous sommes en droit de savoir ce qui t'es arrivé ! Tu n'es même pas venue nous rendre visite en revenant à Central. Tu ne viens jamais, tu restes perpétuellement dans le Nord à Briggs, et les rares fois où tu es là, tu ne veux même pas nous parler ? C'est un monde, ça !

– Supposons que je sois mieux à Briggs qu'à Central ? Cette ville sent le souffre et ce n'est pas non plus le meilleur endroit pour en parler. Je ne suis pas venue car j'ai du travail.

– En étant blessée ainsi, tu n'as même pas pris de permission ?

Il leva les yeux au ciel, avec un long soupir exaspéré, alors que ses filles approuvaient, ce n'était pas normal. Alex, lui, restait curieusement à l'écart sans rien dire. Bon, du calme. Repartons sur de bonnes bases ! En effet, la rue n'était pas l'endroit le plus opportun pour s'énerver ou crier. Ils devaient prendre le temps de discuter de tout cela, calmement.

– Mais tu ne travailles pas aujourd'hui, n'est-ce pas ? Nous devons discuter ! Viens donc avec nous, nous nous apprêtions à nous rendre déjeuner au restaurant. Un bon repas en famille fera du bien à tout le monde !

Elle ne comprenait pas qu'il s'inquiétait pour elle ! Elle était sa fille, le premier bébé de la fratrie qu'il avait tenu dans ses bras ! Et aujourd'hui, après des années sans aucune nouvelle, il la retrouvait très pâle, blessée, avec des marques prouvant bien que oui, on avait voulu l'assassiner. Il croisa son regard, attendant une réponse, mais son air montrait une telle motivation à venir avec eux qu'il dû retenir un soupir de tristesse, mêlé à du découragement.

– Fais un effort, au moins pour aujourd'hui, je ne te demande que ça. Tu ne viens jamais, tu ne donnes aucune nouvelle, c'est donc la moindre des choses ! Et cela ne va pas nous tenir l'après-midi entier. Fais au moins ça pour tes parents. Pense à tes sœurs et à ton frère.

Il prit une longue inspiration, se redressant.

– Mais sinon, nous pouvons rester là à débattre, en criant parfois, jusqu'à ce que tu acceptes de passer ne serait-ce qu'une heure avec ta famille, après quatre ans d'absence !
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MessageSujet: Re: Quatre ans plus tard...   Ven 12 Juin 2015 - 12:03

Olivier tendit l’enveloppe au sergent, qui le fourra dans le revers de son manteau puis repartit aussitôt, après l’avoir salué. Elle le suivit du regard, pensive, lèvres pincées. Elle ne cessait de repenser à sa « discussion » de la veille avec le général Raven. Ce qui se passait dans cette ville avait de quoi vous donner des cauchemars, elle n’aurait pas cru que les laboratoires de Central cherchent à créer des monstres au lieu de créer des armes ordinaires et utiles. Que les terroristes le fassent, soit, mais ne pouvaient-ils pas justement chercher des façons de détruire des chimères plutôt qu’en créer d’autres qui échappaient à leur contrôle ? C’était une logique insensée ! Et à cause d’un de ces monstres, voilà qu’on lui « proposait » de rejoindre le petite groupe qui luttait contre ces chimères grâce à d’autres chimères. Restait à savoir si elle avait encore le droit de refuser, étant le ton menaçant qu’avait pris Raven et ses propos à peine voilés. Elle avait tout transmis à ses coéquipiers, sur les nerfs et se méfiant de tout et tout le monde.

Elle devait retourner à la bibliothèque afin de poursuivre ses recherches et voir si elle pouvait obtenir d’autres sources d’information. Elle soupira puis sortit de l’atelier à son tour, perdue dans ses pensées, se demandant quelle était la meilleure façon d’agir pour le moment. Il restait trop de zones d’ombres, encore… Si elle acceptait, elle allait être embrigadée sans avoir toutes les clés en main. Pari risqué, mais qui pourrait être profitable si elle se débrouillait pour tirer son épingle du jeu. Elle comprenait, maintenant, pourquoi Bradley l’avait fait venir ici pour quelques jours. Elle allait repartir vers le centre de la ville, à la bibliothèque, lorsqu’elle vit du coin de l’œil une silhouette un peu trop familière, suivie de plusieurs autres. Ce n’était pas…

– Olivier !

Ses parents. Et ses sœurs. Et son frère. Formidable ! Elle s’arrêta avec un très long soupir alors qu’ils arrivaient à côté. Elle reçut presque immédiatement un bon panel de regards choqués, sauf Alex qui regardait soigneusement ailleurs. Nouveau soupir. Elle ne s’était pas attendue à tomber sur sa famille et avait un peu de mal à sortir du contexte « guerre, danger, menace » pour revenir dans une atmosphère normale et saine, sans tension. Depuis combien de temps ne les avait-elle pas revu ? Trois ans… Quatre ans peut-être… Elle essaya de sourire à ses parents mais ne put même pas esquisser l’ombre de ce sourire, trop tendue pour cela. Et qu’ils arrêtent de la dévisager comme ça ! Oui, ça faisait longtemps qu’elle ne les avait pas vu mais elle n’avait pas beaucoup changé, en quatre ans. De toute façon, elle n’avait guère le temps de traîner, elle était pressée. Elle devait comprendre ce que Raven et ses collègues voulaient exactement avant de prendre la moindre décision. La famille, c’était bien, mais cela passait après la sécurité de ce pays.

– Que t'est-il arrivé ? Tu as été blessée dans une bataille contre Drachma ?

– Non, une sorte de chimère a essayé de me tuer, répondit-elle d'un ton froid en les contournant. Bonne journée.

Alex n’aura qu’à leur expliquer le reste si l’envie lui en prenait, elle avait à faire. Elle contourna sa famille mais son père se jeta tout à coup en travers de son chemin, ce qui la fit stopper tout net. Quoi, encore ? Il ne voyait pas qu’elle était pressée ? Eux faisaient visiblement leurs courses, d’après ce qu’elle pouvait voir, et elle en était absolument ravie pour eux, mais qu’ils continuent en oubliant qu’ils l’avaient vu !

– Tu ne vas pas partir comme ça, une fois de plus ! s'écria-t-il. Tu es toujours notre fille, je te le rappelle, et nous sommes en droit de savoir ce qui t'es arrivé ! Tu n'es même pas venue nous rendre visite en revenant à Central. Tu ne viens jamais, tu restes perpétuellement dans le Nord à Briggs, et les rares fois où tu es là, tu ne veux même pas nous parler ? C'est un monde, ça !

Elle se retint de lever les yeux au ciel, profondément agacé. Sa famille n’avait donc toujours pas compris pourquoi elle restait « perpétuellement dans le Nord » ! Parce qu’elle n’était pas à sa place dans ce monde de faux-semblants et de regards, parce qu’elle ne voulait pas être la gentille fille aînée de la famille ni la femme au foyer d’une maison de Noblesse de Central, parce qu’elle ne voyait pas où était le plaisir dans les sorties de ce genre, les dîners mondains, les hypocrisies de la haute société, où l’intolérance se mêlait souvent au racisme et à la peur de ceux qui ne leur ressemblaient pas, parce qu’elle ne voulait pas se contenter de rester dans une belle maison avec ses enfants sans rien faire de concret pour son pays. Avec cela, Central n’était pas l’endroit où elle voulait passer sa vie. Cette ville était trop grande, polluée, hypocrite.

– Supposons que je sois mieux à Briggs qu'à Central ? Cette ville sent le souffre et ce n'est pas non plus le meilleur endroit pour en parler. Je ne suis pas venue car j'ai du travail.

– En étant blessée ainsi, tu n'as même pas pris de permission ?

Elle, non, mais le Président en avait imposé une. Mais peu importe, ce n’était pour cela qu’elle comptait rester à se reposer, blessée ou pas. Son père leva les yeux au ciel, alors que le reste de la famille échangeaient des regards. Charmantes retrouvailles, l’atmosphère était presque aussi glaciale qu’au cœur de la chaîne de Briggs. Elle était étonnée qu’Alex n’ait rien dit, il ne loupait jamais une seule occasion, d’ordinaire.

– Mais tu ne travailles pas aujourd'hui, n'est-ce pas ? Nous devons discuter ! Viens donc avec nous, nous nous apprêtions à nous rendre déjeuner au restaurant. Un bon repas en famille fera du bien à tout le monde !

Elle haussa un sourcil, lèvres pincées, croisant le regard de son père. Les accompagner au restaurant pour déjeuner … ? Merci beaucoup mais sans façon, elle ne comptait déjà pas prendre de pause déjeuner à la base, elle n’avait que très peu de temps. Et allez discuter au restaurant avec toute sa famille… Sans façon, ce serait un peu trop long.

– Fais un effort, au moins pour aujourd'hui, je ne te demande que ça. Tu ne viens jamais, tu ne donnes aucune nouvelle, c'est donc la moindre des choses ! Et cela ne va pas nous tenir l'après-midi entier. Fais au moins ça pour tes parents. Pense à tes sœurs et à ton frère.

Quel rapport avec le fait qu’elle ne vienne jamais les voir ?! Elle pensera à eux le jour où ils seront menacés directement par une armée ennemie et qu’elle devra les éloigner du danger. D’ici là, ils n’avaient pas besoin de la voir pour vivre, d’autant plus qu’elle en sera pas une compagnie des plus agréables pour leur déjeuner en famille. Ils n’avaient pas besoin d’elle donc tout ce cirque ne servait à rien. Son père se redressa tout à coup, tandis qu’elle s’apprêtait à refuser puis partir, pressée.

– Mais sinon, nous pouvons rester là à débattre, en criant parfois, jusqu'à ce que tu acceptes de passer ne serait-ce qu'une heure avec ta famille, après quatre ans d'absence !

– Je ne suis pas d’une compagnie très agréable pour un déjeuner, merci bien, répliqua-t-elle en fermant un bref instant les yeux, les dents serrées. Et vous…

Elle s’interrompit lorsqu’on tira sur son bras valide et baissa la tête, voyant sa plus jeune sœur s’y accrocher avec un immense sourire. Olivier ne remarqua qu’à ce moment-là, qu’effectivement, au niveau physique, elles se ressemblaient. Sa petite sœur lui dit d’un ton angélique qu’elle lui avait manqué et que ce serait bien qu’elle accepte, qu’il y avait beaucoup à se dire, échanger des nouvelles. Le tout sans cesser de sourire et en s’accrochant à elle. Olivier lui jeta un long regard, prise de court. Comment pouvait-elle être sérieuse en lui demandant ça, franchement ?

– Tu peux une heure, n’est-ce pas ? AU moins une heure ? On a plein de trucs à se dire ! Armette a eu un fils, aussi, tu le savais ?

Olivier jeta un vague coup d’œil à son autre sœur, réalisant que non, elle ne s’était jamais inquiétée de savoir si elle avait des neveux ou des nièces. Elle finit par soupirer puis accepta de les suivre, très peu enthousiaste, détonant dans le décor avec force. Sa mère et ses sœurs portaient des robes assez riches. Son père et son frère étaient en chemise blanches et en souliers. Elle-même portait son uniforme, sans le manteau, et les bottes noires régulières de l’armée, sans oublier l’épée qu’elle portait. Elle retint un rire cynique en voyant la tête de l’hôtelier du restaurant chic où ils allaient lorsqu’il la vit. Oui, elle était l’erreur du groupe, en effet. Dans quoi elle s’était engagée… Voilà si longtemps qu’elle n’avait plus revu sa famille, et pourtant, elle n’éprouvait rien du tout. Toutes ses pensées concernaient la défense du pays, les propos de Raven, les problèmes à régler au Nord.

– Où dors-tu, à Central ? demanda son père d’un seul coup, après avoir passé commande.

– A la caserne, dit-elle très tranquillement en lui rendant son regard. Pourquoi ?

– Ça ne t’ait même pas venu à l’idée de revenir au manoir ?

– Je n’aime pas déranger, sourit-elle.

Elle crut qu’il allait s’étouffer mais il se contint à très grande peine, n’ajoutant plus rien le temps de servir tout le monde à boire. Sa mère, elle aussi, la fixait d’un air où se mêlait exaspération et lassitude. Oui ? La dernière fois qu’elles s’étaient adressé la parole, il y a quatre ans, sa mère lui avait violemment reprochée de renier sa famille toute entière, en plus de ses origines, en vivant à Briggs et ne prenant pas la peine de se conduire comme une jeune femme convenable, qu’Olivier leur faisait honte en tenant pas son statut de fille aînée de leur grande famille. Que d’amour, autrement dit, d’autant plus que la militaire n’avait pas la moindre intention de modifier ce détail. Elle rendit son regard à sa mère, tant et si bien que l’ambiance s’alourdit encore un peu plus, on pouvait presque voir la vague d’ondes négatives qui flottait autour de leur table.

– Tu n’as toujours pas l’intention de quitter Briggs, je suppose ?

– Exact.

– Une jeune femme de notre famille n’a rien à faire là-bas !

Olivier allait lui répondre lorsqu’elle vit tout à coup du coin de l’œil Catherine pâlir brusquement et baisser la tête. Elle fronça légèrement les sourcils en la regardant, alors qu’on venait leur apporter leurs assiettes. Elle n’avait jamais vu sa sœur se troubler pour quoi que ce soit, tant elle était innocente et naïve. Aurait-elle un peu changé ? Mais qu’elle réagisse précisément maintenant… Elle n’écoutait même plus sa mère qui débitait fortement à toute la table à quel point il était honteux pour une femme respectable de vivre dans cette forteresse glaciale, approuvée par Armette et Stronguette, tandis que son mari rentrait dans le débat. Elle regardait toujours sa plus jeune sœur, fixement. Sœur qui croisa brièvement son regard puis le baissa aussitôt en rougissant avant de se mettre à jouer avec ses mains.

– Qu’est-ce qui t’arrive ?

– Je… balbutia-t-elle en rougissant encore plus.

Elle prit une longue inspiration en se redressant, alors que la famille cessait peu à peu de parler pour la regarder, tous étonnés de la voir d’un coup dans cet état.

– Je veux aller à Briggs pour poursuivre mon apprentissage avec madame Trivia !

Olivier écarquilla les yeux en la fixant, alors que ses deux parents avaient crié « QUOI ?! » d’une même voix. Même leurs autres sœurs affichaient un air tout à fait ébahi et choqué en regardant la cadette, ouvrant et refermant la bouche, effarées. Même Alex semblait au bord de la crise d’apoplexie. Olivier ferma une seconde les yeux e se frottant la tempe de sa main valide, soupirant légèrement. Trois… Deux… Un… Sa mère se mit à hurler comme une possédée contre sa fille cadette en levant les bras, alertant toute la salle du restaurant. La générale rouvrit les yeux, sans rien dire ni bouger. Catherine à Briggs… En d’autres circonstances, elle aurait refusé tout net. Elle ne tiendrait pas deux jours, là-bas ! Mais lorsqu’elle voyait la réaction de la famille, elle était tentée de ne pas s’y opposer… Sa mère était folle de rage, criant toujours, alors que les serveurs plus loin hésitaient à intervenir ou non. On aurait presque dit qu’ils avaient fait un bond dans le temps, à l’époque où Olivier avait elle-même quitté le manoir.

– C’est vrai que Trivia prend parfois des apprentis, dit-elle d’un ton très neutre en souriant, pour le simple plaisir de voir enrager sa mère.

– Je l’interdis ! Je te l’INTERDIS, Catherine ! Tu ne peux pas faire comme ta sœur !

Mais voilà qui était vexant, que sous-entendait donc ce ton outré ? Qu’Olivier n’était pas fréquentable ? Elle laissa sa génitrice se défouler, jusqu’au moment où elle s’épuisa enfin et que le calme revint sur la salle. Un silence plana durant un moment, durant lequel Olivier but tranquillement son verre, réfléchissant. Au moins sa sœur commençait à s’émanciper un minimum, c’était une très bonne chose.

– Comment as-tu su pour Trivia, Catherine ? demanda-t-elle ensuite d’un ton plus froid.


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MessageSujet: Re: Quatre ans plus tard...   Lun 15 Juin 2015 - 14:00

Catherine était sous le choc, autant l’avouer. Elle ne s’était pas tout attendue à tomber ainsi sur sa sœur, comme ça, sans crier garde, et encore moins à la voir blessée ! Son cou… Elle eut un frisson, imaginant tout de suite les pires horreurs. Briggs avait subi une attaque violente ? Elle ne pouvait s’empêcher de fixer cette blessure large et noire qui ornait son cou. Elle aurait pu mourir… Elle ouvrit la bouche pour lui dire bonjour mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, alors qu’elle restait cachée derrière ces deux grandes sœurs. C’était idiot, mais… En la voyant comme ça, blessée, en uniforme, avec cette expression, et eux, tous en tenue décontractée avec leurs courses, le contraste était encore plus violent. C’était comme un nouveau signe qu’elle n’était plus vraiment de leur famille, qu’elle restait au loin, sans donner de nouvelles, restant à combattre. Elle l’intimidait, oui, même s’il s’agissait de sa propre sœur. Elle se fit toute petite, bouleversée de ne même plus la reconnaître… Elle semblait... Encore plus lointaine qu’auparavant.

– Que t'est-il arrivé ? Tu as été blessée dans une bataille contre Drachma ?

– Non, une sorte de chimère a essayé de me tuer, répondit-elle d'un ton froid en les contournant. Bonne journée.

Pardon, elle partait comme ça ?! Mais ils venaient juste de la ravoir ! Père l’arrêta avant qu’elle en file, alors que Catherine avait eu un geste pour la retenir, timide. Elle s’en voulait de voir l’uniforme avant de la voir comme sa sœur, c’était assez terrible. Et ça faisait si longtemps ! Elle apparaissait sans crier gare puis disparaissait à nouveau, sans réaliser la peine de ceux qu’elle laissait derrière elle ainsi. Pourquoi les fuir ? Pourquoi les laisser derrière, sans nouvelles ? Pourquoi… Qu’il y avait-il de si important au Nord ? Elle repensa à sa conversation avec le capitaine, la passion qu’il avait montré en parlant des montagnes de Briggs. Elle ne les avait jamais vu et doutait donc de pouvoir comprendre, pourtant, elle le voulait, elle le désirait. Elle aussi voulait voir le Nord de ses propres yeux, comprendre en quoi il avait pu tant toucher sa sœur et le capitaine. Elle la regarda, essayant de deviner, de savoir, de comprendre. Elle était isolée, là-bas, toujours en guerre, menacée, blessée, et pourtant, elle y restait. Pourquoi ?

– Tu ne vas pas partir comme ça, une fois de plus ! s'écria-t-il. Tu es toujours notre fille, je te le rappelle, et nous sommes en droit de savoir ce qui t'es arrivé ! Tu n'es même pas venue nous rendre visite en revenant à Central. Tu ne viens jamais, tu restes perpétuellement dans le Nord à Briggs, et les rares fois où tu es là, tu ne veux même pas nous parler ? C'est un monde, ça !

– Supposons que je sois mieux à Briggs qu'à Central ? Cette ville sent le souffre et ce n'est pas non plus le meilleur endroit pour en parler. Je ne suis pas venue car j'ai du travail.

– En étant blessée ainsi, tu n'as même pas pris de permission ?

Être mieux à Briggs qu’à Central… Catherine joua un instant avec ses mains, pensive et silencieuse. Mieux dans les montagnes, avec des hivers très rudes et longs, plutôt qu’au cœur du pays ? Comment, pourquoi… Elle se le demandait sincèrement. Ce qu’on lui avait raconté lui donnait envie mais elle craignait de ne pas y être à sa place. Oui, elle voulait partir, voir du pays, vivre sa vie, mais comment être sûre qu’elle réussira vraiment à se faire une place à Briggs ? Voudront-ils d’elle, pour commencer ? Et pourra-t-il y être à l’aise ? Survivre au cœur des montagnes ? Elle ne se ressemblait pas du tout à Olivier, mentalement ! Elle était très loin d’être aussi forte, elle n’avait pas le même mental ni les mêmes envies. Si elle partait et ne parvenait pas à se faire à cette région… Ce serait ridicule. Elle ne voulait pas être faible ! Elle aussi avait hérité de la force incroyable et de l’endurance de sa famille. Elle aussi pouvait donc arriver à gagner son indépendance, n’est-ce pas ? Elle releva la tête pour fixer sa grande sœur, les yeux brillants. Elle avait bien réussi, donc pourquoi pas Catherine ?

– Mais tu ne travailles pas aujourd'hui, n'est-ce pas ? Nous devons discuter ! Viens donc avec nous, nous nous apprêtions à nous rendre déjeuner au restaurant. Un bon repas en famille fera du bien à tout le monde !

Elle devait parler de ce désir à sa famille, elle n’avait déjà que trop tardé ! Oui, elle devait le faire. Assez vite. Aujourd’hui … ? Oui… Oui, elle le devait. Le capitaine avait déjà pris du temps pour lui parler du docteur Trivia, donc le minimum était qu’elle donne suite à cette démarche. Ses parents allaient sûrement comprendre ! Le temps avait filé, ils ne pouvaient pas craindre qu’elle disparaisse à jamais puisqu’elle n’était pas du genre à ne jamais donner de nouvelles. Oui, ses parents n’avaient aucune raison d’être choqués ou effrayés si elle exprimait son désir de partir. Elle eut un sourire confiant en les regardant, rassurée. Ils comprendront sûrement !

– Fais un effort, au moins pour aujourd'hui, je ne te demande que ça. Tu ne viens jamais, tu ne donnes aucune nouvelle, c'est donc la moindre des choses ! Et cela ne va pas nous tenir l'après-midi entier. Fais au moins ça pour tes parents. Pense à tes sœurs et à ton frère.

Avec ça, ils voyaient bien aujourd’hui que leur fille aînée conduisait bien sa vie et savait se défendre, elle était à un grade très élevée malgré son âge et le fait qu’elle soit une femme. Elle avait pu s’épanouir à Briggs donc Catherine le pourra aussi. Et elle n’avait pas seize ans, au moins. Ils avaient mal pris le départ d’Olivier car elle était très jeune, mais aujourd’hui, Catherine était sûre qu’ils n’avaient plus les mêmes peurs. Ils seront peut-être même contents qu’elle veuille gagner en indépendance et de ne pas juste attendre le mariage sans rien faire au manoir ! Au moins, elle gagnera de l’expérience, c’était important pour un jeune homme ou une jeune femme. Mère leur avait souvent dit qu’une jeune fille bien élevée devait garder l’esprit ouvert sur le monde et cela peut s’apprendre par les voyages.

– Mais sinon, nous pouvons rester là à débattre, en criant parfois, jusqu'à ce que tu acceptes de passer ne serait-ce qu'une heure avec ta famille, après quatre ans d'absence !

– Je ne suis pas d’une compagnie très agréable pour un déjeuner, merci bien, répliqua-t-elle en fermant un bref instant les yeux, les dents serrées. Et vous…

Catherine s’accrocha à son bras avec douceur pour attirer son attention. Elle devait vraiment venir, pour parler ! Elle essaya de passer outre son allure puis lui décerna son sourire le plus angélique, en lui disant qu’elle devrait accepter, qu’ils devaient tous se parler et échanger les dernières nouvelles. En plus, Si Catherine voulait se rendre à Briggs voir madame Trivia, sa sœur était quand même la première concernée, puisqu’elle dirigeait la forteresse. Catherine appréhendait de devoir lui annoncer ça, mais à partir du moment où ses parents prenaient bien la nouvelle, il n’y avait aucune raison que ça se passe mal.

– Tu peux une heure, n’est-ce pas ? Au moins une heure ? On a plein de trucs à se dire ! Armette a eu un fils, aussi, tu le savais ?

Elle lui rendit son regard mais finit par accepter de les suivre, sûrement à contrecœur, mais elle vint avec eux. Sur le trajet, Catherine rassembla son courage et chercha un moyen d’amener le sujet en douceur. Elle ne voulait pas être trop brusque car leurs parents seront sûrement très inquiets, au début, qu’elle veuille partir ainsi pour quelques temps. Elle devait les rassurer, en leur disant bien qu’elle les appellera souvent, qu’elle écrira, aussi, qu’elle fera très attention à elle et qu’elle reviendra ensuite à Central. Oui, elle rencontrait quelques prétendants, en ce moment, mais cela pouvait attendre un peu. Sans oublier qu’il y avait aussi le capitaine Buccaneer qui avait le don de faire battre son cœur à une vitesse bien plus élevée que la moyenne. Elle se sentit rougir et s’empressa de ne plus penser à ça, afin de garder la tête froide. Entrant dans le restaurant, elle remercia le maître d’hôtel d’un sourire lorsqu’il lui prit son manteau puis alla s’asseoir avec sa famille. Tout ira bien, elle pouvait s’en tirer en expliquant bien.

– Où dors-tu, à Central ? demanda son père d’un seul coup, après avoir passé commande.

– A la caserne, dit-elle très tranquillement en lui rendant son regard. Pourquoi ?

– Ça ne t’ait même pas venu à l’idée de revenir au manoir ?

– Je n’aime pas déranger, sourit-elle.

Catherine crut que son père allait faire une attaque mais il se contint. Voilà qui commençait mal… Elle échangea un regard avec Alex, plongeant le nez dans la boisson sans alcool que Père avait commandé pour elle. Ambiance, ambiance… Leur sœur n’avait pas changé, en tout cas, c’était visible. Catherine remarqua alors le regard que leur père posait sur elle et fut étonnée d’y lire autant de peine et de colère. Repensait-elle à ce jour où Olivier était partie ? Elle était là, aujourd’hui, et allait bien, si on oubliait la récente attaque dont elle avait été victime. Mais elle savait se défendre, non ? Catherine joua avec un bout de la nappe, sous la table, très mal à l’aise.

– Tu n’as toujours pas l’intention de quitter Briggs, je suppose ?

– Exact.

– Une jeune femme de notre famille n’a rien à faire là-bas !

Catherine releva le regarda puis pâlit, baissant à nouveau la tête. Sa mère ne pouvait plus penser ça, elle voyait bien qu’Olivier s’en était très bien sortie ! Non … ? Elle… Mais… Elle avala douloureusement sa salive, tête baissée. Elle ignorait que sa mère pensait encore ainsi, qu’elle pensait encore qu’une femme n’avait rien à faire à Briggs, que… Mais comment avouer que Catherine voulait y aller, elle aussi ? Qu’elle aussi voulait filer, faire quelque chose de son existence, devenir une femme accomplie ? Elle continuait à se tordre les mains lorsqu’elle se sentit observée. Olivier la fixait, avec son regard froid. La jeune femme rougit légèrement, en se promettant intérieurement de faire des efforts pour ne plus être aussi expressive.

– Qu’est-ce qui t’arrive ?

– Je… balbutia-t-elle en rougissant encore plus.

Allez, elle devait le dire, elle ne pouvait plus tout garder pour elle ! Elle se redressa et prit une longue inspiration, alors que le silence tombait peu à peu sur la table. C’était comme un pansement qu’on arrache, un coup sec et c’est bon, ça ne fera mal qu’une minute ! Bien qu’elle ait la curieuse impression de se retrouver au bord d’une falaise, prête à sauter dans le vide sans aucun parachute.

– Je veux aller à Briggs pour poursuivre mon apprentissage avec madame Trivia !

Elle sursauta lorsque ses parents crièrent un « quoi » effaré d’une même voix puis devint blême lorsque sa mère se mit littéralement lui hurler dessus. Elle ouvrit la bouche pour se défendre mais ne put en placer une seule, estomaquée. Elle ne voulait pas abandonner sa famille ni être une fille indigne, elle voulait juste gagner en indépendance ! Elle pouvait très bien se marier un peu plus tard, ça ne changeait rien du tout, elle ne voulait pas partir par envie de tout renier. Elle chercha de l’aide dans le regard de son frère mais il était toujours choqué, comme le reste de sa famille, ce qui la blessa profondément. Ils ne la pensaient pas capable de réaliser ses rêves ou voulaient-ils juste la confiner au manoir en attendant de la voir mariée ? Elle n’était pas un pot de fleurs que l’on posait dans un coin ! Elle pouvait… Perdue, elle se tourna vers sa grande sœur, qui semblait pensive. Elle n’allait pas la jeter non plus, n’est-ce pas ? Elle allait accepter que Catherine tente sa chance, elle aussi ? Elle ne sera pas un fardeau, elle fera tous les efforts possibles !

– C’est vrai que Trivia prend parfois des apprentis.

Le soulagement envahi la jeune femme en entendant cela. Elle n’avait pas l’air d’être contre et c’était très important, puisqu’elle pouvait très bien lui interdire l’accès à la forteresse, comme elle la dirigeait. Mais Mère s’enflamma encore plus en entendant ça, les joues très rouges.

– Je l’interdis ! Je te l’INTERDIS, Catherine ! Tu ne peux pas faire comme ta sœur !

Elle ne pouvait pas faire comme… Elle jeta un coup d’œil à Olivier mais elle restait impassible. Catherine aurait vraiment été vexée, à sa place, vu le sous-entendu qu’il y avait là… Toutes ces années n’avaient donc rien changé, pour ses parents. Même avec ce qu’était devenue Olivier, ils pensaient toujours qu’une femme n’avait rien à faire à Briggs.

– Comment as-tu su pour Trivia, Catherine ? demanda-t-elle ensuite d’un ton plus froid.

– J’ai rencontré le capitaine Buccaneer à Central, dit-elle en lui rendant son regard. Il m’a… Tu vas bien ?

Elle l’avait très nettement vu tiquer, mais sa sœur lui fit signe de continuer. Catherine raconta donc comment elle avait rencontré cet homme et ce qu’il lui avait sur Trivia, lorsqu’elle avait exprimé son souhait de poursuivre son apprentissage avec un ingénieur en automail. Armette demanda qui c’était ce type, ce qu’il fichait à Central. Catherine voulut répondre mais son aînée fut plus rapide.

– C’est un de mes subordonnés, il travaille aussi à Briggs, depuis des années.

Catherine aimait bien les hommes grands, forts et beaux comme lui, ce n’était pas de sa faute ! Elle rougit à nouveau, gênée comme jamais, puis reprit une longue inspiration pour se détendre.

– Père, Mère, je ne vais pas disparaître, ne jamais donner de nouvelles… Je veux juste poursuivre mon apprentissage, quel mal il ya-t-il à ça ?
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MessageSujet: Re: Quatre ans plus tard...   Jeu 18 Juin 2015 - 17:28

Navilia tendit son manteau au maître d’hôtel avant d’aller s‘asseoir près de son mari, toujours très droite, comme à son habitude. Elle avait toujours un peu de mal à croire que sa fille aînée était bien là, à Central… Elle avait tellement changé que même sa propre mère ne la reconnaissait plus. L’armée l’avait changé, Briggs l’avait changé ! Elle était devenue comme n’importe quel autre citoyen vivant dans ces montagnes affreuses. Aussi froide que la neige et n’arrivant plus à voir l’horreur qui régnait dans cette région. Le Nord… La pire des régions d’Amestris. L’endroit le plus glacial et le plus désolé, l’endroit le moins peuplé – et pour cause ! – l’endroit où loups, ours et autres fauves pullulaient. Comment sa fille pouvait-elle aimer cet endroit ?! Quelle honte, quelle honte… Ses amis demandaient régulièrement quand l’aînée de la fratrie allait enfin revenir à Central pour reprendre une vie normale et quitter l’armée… Que pouvait répondre Navilia ? Elle avait le Nord encore plus en dégoût depuis qu’il lui avait pris son enfant. Elle voyait cette région comme un monstre infâme qui arrachait de jeunes gens d’Amestris pour les enfermer dans un piège de glace.

– Où dors-tu, à Central ?

– A la caserne, dit-elle très tranquillement en lui rendant son regard. Pourquoi ?

Elle s’en serait doutée… Navilia haussa un sourcil puis déplia sa serviette pour la mettre correctement. A la caserne, bien sûr… Depuis combien de temps était-elle en ville ? Même ses postures avaient changé. En temps normal, elle se serait réjouie que sa fille ait pris l’assurance, mais ici, elle avait surtout pris encore plus de cette distance qui caractérisait les gens vivant au Nord. Ces montagnes les broyaient pour en faire des personnes ne sachant plus apprécier ni le soleil ni la chaleur des grandes villes.

– Ça ne t’ait même pas venu à l’idée de revenir au manoir ?

– Je n’aime pas déranger, sourit-elle.

Navilia pinça les lèvres en fixant sa fille aînée. Etait-il vraiment trop tard pour elle ? Etait-elle définitivement piégée dans ces montagnes ou restait-il encore un espoir ? Elle enrageait de ne pouvoir rien faire, elle était furieuse de voir les jours, les semaines, les mois défiler en sachant que sa fille se laissait de plus en plus enchaînée par le froid du Nord ! Prise dans les filets de la division d’armée qui avait la plus mauvaise réputation dans ce pays, une division que l’on considérait comme distante, glaciale, cruelle même, que personne ne comprenait, que personne n’osait approcher. Le tout dans une forteresse isolée dans le coin le plus reculé et isolé de tout le pays, cerné par d’immenses et violentes tempêtes de neige, bâtie au cœur de montagnes austères ! Un cauchemar, voilà dans quoi elle s’était engagée.

– Tu n’as toujours pas l’intention de quitter Briggs, je suppose ?

– Exact.

– Une jeune femme de notre famille n’a rien à faire là-bas !

Elle leva les bras au ciel en tempêtant, ulcérée, furieuse, affolée. Leur fille ne se rendait même pas compte du danger qu’elle courrait ! Briggs allait la coincer en son sein horrible, arrivera un jour où elle ne pourra plus du tout en partir, où elle oubliera le reste du pays ! Ils risquaient de la perdre à jamais, alors qu’elle était leur fille aînée, alors qu’elle faisait partie de leur famille ! Olivier ne comprenait pas à quel point ils avaient peur pour elle, elle était comme devenue aveugle à ce genre de sentiment, comme si elle ne pouvait plus croire qu’on puisse voulait l’aider et la protéger, simplement car elle était un membre de leur famille. Elle se calma en voyant que leur petite Catherine affichait tout à coup un air étrange, comme si elle était sur le point de pleurer. Oh, petite puce ? Que lui arrivait-il, elle était malade ?

– Qu’est-ce qui t’arrive ?

– Je… balbutia-t-elle en rougissant encore plus.

Elle était sûrement malade, tout cela devait la bouleverser, elle aussi ! Elle était si douce et fragile, elle devait mal supporter ces histoires de famille. Pauvre petite…

– Je veux aller à Briggs pour poursuivre mon apprentissage avec madame Trivia !

Navilia s’étrangla en hurlant « QUOI ?! » en cœur avec son mari puis se mit à hurler, profondément choquée et dévastée. Non, non, NON ! Le Nord avait déjà avalé sa fille aînée, il était hors de question qu’elle perde sa benjamine de la même façon, non, jamais, c’était hors de question, jamais ! Pas tant qu’elle sera vivante ! Elle était terrifiée à la seule idée d’imaginer la douce et innocente petite Catherine si fragile dans cette affreuse région. Elle n’y survivra pas ! Ce n’était pas fait pour elle, pas du tout, non, elle ne pouvait PAS partir ! Quitter Central pour aller s‘enfermer dans cette horrible forteresse ?! Jamais ! Jamais, jamais, jamais ! Elle devait se trouver un bon parti, s’installer dans une des belles maisons de Central avec son mari, élever ses enfants, tout comme ses deux sœurs, mais certainement pas faire comme Olivier ! Le Nord ne leur prendra une autre de leurs enfants !

– C’est vrai que Trivia prend parfois des apprentis.

Navilia jeta un regard noir de colère à sa fille aînée, ulcérée qu’elle ne soit pas contre cette idée ridicule. Catherine ne faisait pas partie de l’armée et n’avait donc à faire à Briggs ! Sa place était à Central, avec son mari et ses enfants ! Elle se retourna vers sa fille, sans se soucier le moins du monde d’avoir alerté tout le restaurant par ses cris.

– Je l’interdis ! Je te l’INTERDIS, Catherine ! Tu ne peux pas faire comme ta sœur !

– Comment as-tu su pour Trivia, Catherine ? demanda-t-elle ensuite d’un ton plus froid.

Mais peu importe, cela ! Quelle importance ?! Il était hors de question que Catherine parte, peu importe la raison ! Navilia était toute prête à en faire une attaque, tendue comme jamais et n’arrivant pas à y croire. Le poison du Nord s’était infiltré dans le cœur de sa petite fille, comme il avait déjà corrompu sa fille aînée ! Oh mon Dieu, oh mon Dieu…

– J’ai rencontré le capitaine Buccaneer à Central, dit-elle en lui rendant son regard. Il m’a… Tu vas bien ?

Le capitaine qui ? Elle leur expliqua la rencontre et la mère de famille frémit encore plus en imaginant un homme du Nord penché sur son bébé si fragile. Pourquoi l’avait-elle laissé sortir sans chaperon ? Pourquoi ne l’avait-elle pas protégé et préservé ? Son enfant ! Son bébé, sa toute petite fille, un homme de la région Nord avait osé l’approcher et essayé de lui corrompre l’esprit… Oh, non, son bébé, si influençable et si jeune ! Elle n’aimait pas du tout la façon dont sa petite en parlait, par ailleurs ! Armette demanda qui était ce type, tandis que sa mère respirait profondément pour ne pas faire une crise de nerfs.

– C’est un de mes subordonnés, il travaille aussi à Briggs, depuis des années.

Elle faillit s’évanouir sur-place en entendant cela. Il venait de cette maudite forteresse ?! Et bien il n’était plus question que ce type approche encore une seule fois leur bébé ! Elle refusait que Catherine soit ainsi influencée, elle était loin de ces montagnes noires et sanglantes et devait le rester ! Ils faisaient leur possible pour tirer Olivier de là alors non, jamais Catherine ne sera jetée là-bas. Elle avait tout ce qu’il lui fallait, à Central !

– Père, Mère, je ne vais pas disparaître, ne jamais donner de nouvelles… Je veux juste poursuivre mon apprentissage, quel mal il y a-t-il à ça ?

– Le Mal, c’est cette région elle-même ! s’écria-t-elle d’un ton désespéré. Tu ne te rends pas compte, Catherine, tu es beaucoup trop jeune, fragile et innocente ! Moi vivante, jamais tu ne partiras là-bas ! Je refuse de perdre un autre enfant dans ces maudites montagnes ! Olivier, nous n’avons pas abandonné l’espoir de te tirer de là !

– Je n’y suis pas prisonnière !

Son cœur y était prisonnier et enchaîné ! Elle ne s’en rendait même pas compte ! Navilia gémit de désespoir, au bord des larmes et de la crise de nerfs. Ses filles ne voyaient pas le danger… Elle eut encore plus de dégoût pour la région du Nord et les personnes qui y vivaient, ulcéré, terrorisée d’y voir encore disparaître un membre de sa famille. Olivier se leva tout à coup, sans crier garde, ce qui lui fit relever la tête. Elle se leva à son tour lorsqu’un autre homme arriva tout à coup, portant le manteau noir de l’armée du Nord. Qu’est-ce… Qui c’était encore, celui-là ?! Il avait la peau brune, des lunettes noires et des cheveux gris. De l’air, c’était une réunion de famille, pas une réunion militaire !

– Générale, je suis venu vous prévenir que la réunion va commencer, on vous attend.

Quoi ? Mais cette discussion n’était pas terminée ! Elle les regarda tous les deux à tour de rôle puis se laissa retomber sur sa chaise, anéantie, les jambes coupées par tant d’énervement. Elle regarda sa fille et le type du Nord partir, au bord des larmes, en tremblant comme jamais.

– Ce n’est pas possible, souffla-t-elle. Catherine, comment peux-tu…
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MessageSujet: Re: Quatre ans plus tard...   Mar 30 Juin 2015 - 10:38

– Le Mal, c’est cette région elle-même ! s’écria-t-elle d’un ton désespéré. Tu ne te rends pas compte, Catherine, tu es beaucoup trop jeune, fragile et innocente ! Moi vivante, jamais tu ne partiras là-bas ! Je refuse de perdre un autre enfant dans ces maudites montagnes ! Olivier, nous n’avons pas abandonné l’espoir de te tirer de là !

– Je n’y suis pas prisonnière !

Catherine regarda alternativement sa mère et sa sœur, puis le reste de la famille, cherchant un soutien, de l’aide, n’importe quoi ! Elle n’en revenait pas, n’arrivait pas à croire que leur mère puisse éprouver tant de haine envers cette région. Elle était peut-être encore jeune et « innocente » mais elle pouvait s’améliorer, elle pouvait apprendre et progresser ! N’est-ce pas ? Pourquoi l’en empêcherait-on ? Qu’il y avait-il de mal ?! Elle avait toute la vie devant elle et elle ne voulait pas juste être un joli pot de fleurs qu’on allait poser dans une des maisons bourgeoises à Central à côté de ses enfants. Elle pouvait faire quelque chose de ses doigts, elle aussi. Olivier avait bien réussi, pourquoi pas elle ? Elle croisa le regard d’Alex, puis de ses autres sœurs, perdue. Elle ne comprenait pas, ses parents ne la perdront pas si elle se rendait au Nord, elle n’allait pas y disparaître ! Elle n’allait pas s’engager dans l’armée mais juste poursuivre son apprentissage, rien de plus. Elle n’allait pas participer aux guerres ni rien de ce genre, elle ne courait aucun risque !

Olivier se leva tout à coup et Catherine crut qu’elle allait disparaître à nouveau, durant des années, les laisser ici et ne plus jamais revenir. Leur mère avait bondit à son tour lorsqu’ils furent tous interrompus par un homme aux cheveux gris et aux lunettes noirs, portant l’uniforme de Briggs. Que s’était-il passé, il y avait eu un problème ou un malheur, pour qu’on vienne trouver sa sœur en plein déjeuner comme ça ? Central avait été attaqué ? Oui, elle imaginait tout de suite le pire, mais la situation était tellement tendue que cela lui portait sur les nerfs ! Elle ne pouvait s’empêcher de triturer un bout de nappes entre ses doigts, même si ce n’était pas poli. Personne ne la voyait de toute façon. Les autres clients avaient curieusement tous détournés le regard en voyant le soldat du Nord entrer.

– Générale, je suis venu vous prévenir que la réunion va commencer, on vous attend.

Catherine ouvrit la bouche mais sa sœur partit aussitôt avec son collègue. Le silence revint d’un bloc, alors que Mère se laissait retomber sur sa chaise. Catherine ne dit rien, pensive, lèvres pincées. L’idée s’était emparée d’elle, elle voulait partir, poursuivre sa formation, mais elle n’aurait pas cru que cela déchaînerait autant les passions. Elle réfléchit rapidement, pesant le pour et le contre. Qu’est-ce qui était le plus important pour elle ? Obéir à sa famille pour ne pas la décevoir ? Ou suivre sa propre voie en faisant tout pour s’épanouir ? Elle regarda sa sœur quitter le restaurant, les joues un peu rouges. Elle au moins n’avait pas passé des heures à se poser la question, elle avait fait son choix et s’y était tenue.

– Ce n’est pas possible, souffla-t-elle. Catherine, comment peux-tu…

La jeune fille redressa la tête pour regarder sa mère, qui semblait vraiment dévastée, comme si la fin du monde était venue. Elle ne répondit pas tout de suite, ayant déjà donné ses arguments et ne voyant pas quoi rajouter. Sa mère refusera d’entendre que sa fille voulait partir à son tour, le choc d’avoir vu Olivier disparaître à seize était bien plus profond que Catherine ne l’avait cru.

– Je n’ai pas l’intention de disparaître, mère, je veux juste poursuivre mon apprentissage autant que possible. Je ne veux pas rester au Nord à jamais, je reviendrai très vite à Central ! Il ne faut pas craindre pour moi, ce ne sont pas des adieux, que je veux.

Elle s’interrompit, cherchant que dire pour rassurer sa famille et lui faire comprendre que tout ira bien. Elle prit une petite inspiration puis dit calmement qu’elle ne voulait pas s’engager dans l’armée, très loin de là, mais qu’elle voulait poursuivre ce qu’elle avait commencé, tout en découvrant le pays et en grandissant. Gagner de l’expérience, en fait, progresser et ne plus être simplement la gentille jeune fille de la famille, ne plus juste être la petite dernière à marier, elle rêvait d’un ailleurs avant de s’engager officiellement dans le mariage et de s’installer à Central.

– Le Nord n’est sans doute pas la région la plus accueillante, c’est vrai, mais ce ne sera pas pour le reste de ma vie. Je pensais que vous… Que vous avez accepté, pour Olivier, que vous saviez qu’elle était heureuse au Nord.
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Philip G. Armstrong
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MessageSujet: Re: Quatre ans plus tard...   Ven 10 Juil 2015 - 22:37

Pourquoi cela devait-il toucher sa famille... Qu'avaient-ils faits de mal ? Philip gardait les yeux fermés, la tête appuyée contre ses mains jointes, coudes sur la table. Il réfléchissait, voulant comprendre ce qui avait pu déraper, voulant comprendre ce qui avait cloché dans l'éducation fournie à Olivier, puis à Catherine, alors qu'elles étaient enfants, ce qui avait pu leur donner cette envie de partir au Nord, définitivement pour leur aînée. Lorsqu'Olivier était venue au monde, ils avaient donné une grande fête pour sa naissance, si heureux d'agrandir leur foyer ! Comme ils l'avaient faits pour tous leurs enfants. Qu'est-ce qui avait cloché ? Elle avait été entourée de toute sa famille, elle avait eu des amis, elle avait été à l'école, une bonne école des quartiers riches de Central. Ils l'avaient élevée correctement, comme toute petite fille des maisons de Noblesse ! Puis était venu ce jour... Ce jour... Ce jour où, à seize ans, elle leur avait annoncé son départ, où elle avait tout quitté, tout abandonné, ce jour où elle était partie au Nord. Sujet d'encore bien des cauchemars, pour lui et sa tendre épouse, ce jour où leur aînée était partie si loin d'eux. Il savait qu'elle ne les détestait pas, mais elle avait perdu l'intérêt pour la vie de famille, l'envie d'être proche d'eux.

Et aujourd'hui, il apprenait que Catherine voulait les quitter à son tour. Elle ! Alors qu'il avait rit lorsque des amis avaient exprimé leur inquiétude qu'elle ressemble de plus en plus à sa sœur aînée, qu'elle risquait de lui ressembler mentalement et pas seulement physiquement. Il aurait du s'en soucier. Il rouvrit les yeux, se redressant avec peine, en regardant son fils, ses deux grandes filles, puis la petite Cath. Qu'avaient-ils faits de mal ? Olivier était repartie à son tour, autant prise dans l'armée que dans la région du Nord. Il posa un long regard sur la benjamine de la fratrie, ses mains posées sur la nappe très blanche, près des couverts. Il la regardait, l'observait, la dévisageait, cherchant encore ce qui avait pu manquer pour qu'elle veuille quitter Central. Comment cette ville ne pourrait-il pas remplir chacune de ses attentes ? Il ne comprenait pas. Joignant ses mains sur la table, il veilla à respirer lentement pour combattre son effarement.

– Ce n’est pas possible, souffla-t-elle. Catherine, comment peux-tu…

Philip remarqua à peine le serveur qui vint timidement leurs donner les entrées, l'appétit complètement coupé. Serveur qui veilla à ne pas faire la moindre remarque sur la chaise vide d'Olivier et qui débarrassa sa place avec empressement. Il prit s afourchette avec lenteur, veillant à se calmer. Ils devaient discuter tranquillement avec Olivier ! Qu'elle leur dise une bonne fois toute ce qu'elle aimait au Nord, franchement, sans aucun détour, même s'ils pourraient trouver ça blessant. Mais qu'ils le sachent ! Lui et sa bonne épouse en avaient assez de se torturer l'esprit à cause de ça.

– Je n’ai pas l’intention de disparaître, mère, je veux juste poursuivre mon apprentissage autant que possible. Je ne veux pas rester au Nord à jamais, je reviendrai très vite à Central ! Il ne faut pas craindre pour moi, ce ne sont pas des adieux, que je veux.

Ce qui était encore heureux ! Il serra sa fourchette, tout de même soulagé d'entendre cela, car sa plus grande crainte était de perdre encore un autre enfant. Et elle ne voulait pas s'engager dans l'armée... Ça aussi, c'était bien heureux ! L'armée devrait rester une histoire d'homme ! Il en avait fait parti, Alex en faisait parti, mais il n'arrivait pas à avaler qu'Olivier en soit également. Un mystère de plus à éclaircir, pourquoi elle avait intégré l'armée. Il remplit son verre de vin en réfléchissant à une façon d'attirer Olivier chez eux ce soir, pour dîner et passer la nuit. Après un tel déjeuner, elle n'acceptera jamais... Il fallait la jouer plus fine. Qu'est-ce qui pourrait lui donner envie de venir ? Il réfléchit longuement puis eut un sourire en trouvant la solution. Il pouvait inviter l'homme de toute à l'heure, ce lui qui était venu la chercher ! Elle viendra pour ne pas le laisser seul avec eux et pour comprendre ce qu'ils lui voulaient. Alex le connaissait très certainement.

– Le Nord n’est sans doute pas la région la plus accueillante, c’est vrai, mais ce ne sera pas pour le reste de ma vie. Je pensais que vous… Que vous avez accepté, pour Olivier, que vous saviez qu’elle était heureuse au Nord.

– Je souhaite comprendre ce qui peut tant attirer dans cette région, dit-il d'une voix forte. Nous en discuterons tous ensemble au dîner de ce soir ! Alex, mon garçon, peux-tu me rendre un service ?

Il lui sourit puis lui expliqua posément son plan pour faire venir sa sœur aînée à la maison ce soir. Oui, c'était un coup bas mais ils devaient tout tenter ! Son frère pouvait retrouver cet homme et l'inciter, ils avaient dans la famille Armstrong, depuis des générations, un don de filature impressionnant. Ils continuèrent de manger et Philip coupa court à toute discussion gênante, tenant d'abord à s'expliquer en privé avec tout le monde. En sortant du restaurant, il partit de son côté avec Alex, marchant tranquillement. Bien, bien, bien, mettre leur plan à exécution, à présent ! Il tournait à l'angle d'une rue lorsqu'il croisa Hughes, visiblement en balade avec deux autres jeunes gens, qui devaient aussi faire parti de l'armée.

– Bien le bonjour ! Vous n'auriez pas vu passer un type avec l'uniforme de la région Nord, avec la peau noire et des lunettes de soleil, je vous prie ?

Il n'était sûrement pas en réunion en même temps qu'Olivier ! Donc Alex pourra l'accoster et l'inviter en étant assez convaincant.

– Bonjour... Heu, si, il accompagnait la générale Armstrong, ils sont partis par là. Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée de les déranger, ils avaient l'air occupé.

– Elle va bien avoir une minute pour son père. Merci, jeune fille ! Oh, votre nom, excusez-moi ?

Elle eut l'air un peu choqué, sans qu'il comprenne pourquoi sur le moment. Avait-il dit une chose de mal ? Si c'était le cas, il était navré, il ne voulait pas se montrer vexant avec qui que ce soit.

– Je m'appelle Riza Hawkeye.

– Et bien je vous remercie, mademoiselle Hawkeye. Tu viens, mon garçon ? ajouta-t-il pour Alex.

Il repartit avec lui, poursuivant sa route avec entrain. Parfait, à Alex de jouer, maintenant ! Le reste se concluera ce soir, il était l'heure d'avoir des explications solides.
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