Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Repos à Resembool

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Edward Elric

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MessageSujet: Repos à Resembool   Sam 4 Juil 2015 - 17:34

Une forme, devant lui... Edward grimaça dans son sommeil, se retournant dans le canapé. Ses paupières frémissaient sous l'assaut du rêve, alors que la mince couverture qu'il avait sur lui glissait et retombait sur le plancher du salon. Il voyait quelque chose, c'était certain, il courait à en perdre haleine pour l'attendre. Il était seul, cette rue était vide, Alphonse n'était pas à côté de lui. Mais il y avait cette silhouette, il savait qu'il devait la rejoindre. Il cria en rêve, tendant le bras, l'appelant, ainsi la silhouette s'effaçait. La rue se dissipa tout à coup et il se retrouva debout devant la porte de la Vérité. Cet environnement blanc et lumineux... L'immense porte gravée et modelée de signes alchimiques. Il posa la main dessus, les yeux grands ouverts. Une voix d'outre-tombe retentit tout à coup derrière lui et il se retourna sèchement. L'être était là... La "Vérité" ou "Le Monde" ou "Dieu", il n'en savait rien. Edward recula d'un pas alors que cet être blanc lui souriait de toute ses dents, assis par terre.

– Tu n'as toujours pas compris, Alchimiste ?

Le décor s'estompa tout à coup et Edward cria en se sentant tomber en arrière, dans un long gouffre où le noir vint le cerner de toute part. Il s'écrasa sur un sol très dur et se cogna la tête, étouffant un gémissement. La silhouette de toute à l'heure apparue à nouveau, penchée au-dessus de lui. Il écarquilla les yeux, voyant les traits de son frère se préciser, son frère plus âgé, son frère avec un vrai corps,s on frère aux grands yeux chocolats et aux yeux blonds. Il tendit la main pour attraper la sienne, le toucher, l'emmener avec lui, le ramener, mais il disparu presque aussitôt. Edward se leva d'un bond, le cherchant, le cœur au bord des lèvres. Alphonse ! Il courut, le recherchant, mais il était seul, son frère avait disparu. Il appela, cria son nom, seul l'écho de sa propre voix lui répondit. Il était complètement seul. Alphonse, maman, mamie Pinako, Winry, il n'y avait plus personne... Il courut droit devant lui, appelant tout le monde, mais seul le rire de la Vérité se fit entendre. Il était seul.

Edward se réveilla en sursaut, se redressant brutalement dans le canapé, le cœur battant à la chamade. Il regarda autour de lui, le souffle court, mais le salon des Rockbell était calme et sans heurts, vide. Den, le chien de Winry, dormait dans son panier, coupé du monde, et un léger vent passait par la fenêtre ouverte, faisant bouger les rideaux avec douceur. Rien ne bougeait. Il ramena ses jambes contre lui, se frottant le visage pour chasser les images du rêve. Tout allait bien, c'était juste un cauchemar... Il se redressa puis remit ses chaussures, rajustant un peu la vieille chemise qu'il portait, remontant les manches. Il rattacha ses cheveux avec une tresse, comme à son habitude, le cœur encore un peu lourd. Il rêvait de plus en plus souvent de son frère, avec son vrai corps, depuis quelques mois. Depuis les récents échecs lorsqu'ils avaient cru se rapprocher enfin de leur but, en réalité. Des échecs, encore et toujours, ça le rendait malade. Il tira sa montre en argent de sa poche, la regardant un moment. Même les pistes de l'armée ne donnaient rien... Den se réveilla à son tour, quittant son panier puis vint frotter sa tête contre lui.

– Je vais bien, hein, lui dit-il en se levant, fourrant la montre dans sa poche. Va donc courir ailleurs !

Il sortit de la maison, les mains dans les poches, cherchant Alphonse du regard. Où était-il passé ? Il n'avait dû dormir plus d'une heure ou deux, la soirée était encore loin. Il était peut-être allé au cimetière rendre visite à maman, à moins qu'il ne soit au village pour voir leurs amis d'enfance. Il fit quelques pas dans le jardin, voyant mamie Pinako rentrer du bois, à l'arrière de la maison, discutant avec un client qui était venu pour une révision de sa jambe. Il se frappa le front pour cesser de penser aux songes idiots qui le harcelaient puis alla derrière la maison, trouvant Winry en train d'étendre du linge. Il marcha jusqu'à elle, proposant de l'aider avec un sourire. Il savait qu'elle était sans doute inquiète, encore, avec ce tueur en liberté mais il ne savait pas comment la rassurer, lui dire que tout ira bien. Et il y avait le reste... Il jeta un coup d'œil derrière lui, se mordant les lèvres.

– Winry... Tu te souviens, quand vous m'aviez posé mon automail, mamie et toi ? Je vous avait parlé d'Alphonse.

Il s'interrompit pour aller chercher l'autre panier de linge, un peu gêné. Il avait "parlé" sans vraiment le vouloir, en fait, dévoré par la fièvre et la douleur de l'opération. Des souvenirs horribles qu'il peinait à ressortir, mais il avait besoin d'un avis, aujourd'hui. Et Winry était la seule à être au courant, avec mamie Pinako.

– Je ne sais pas s'il m'en veut, dit-il en jetant un drap sur le fil pour l'étendre. Pour ce que j'ai fait... Il est coincé, d'une façon horrible, et c'est ma faute. Je voudrais savoir s'il m'en veut... Est-ce qu'il a déjà évoqué ça devant toi ? Tu n'es pas obligée de me le dire, mais je veux juste savoir si...

Il soupira, ne trouvant pas ses mots. Il avait peur, oui, comment pourrait-il rester serein ? La situation était très difficile mais savoir qu'il avait déçu Alphonse, perdu sa confiance, c'était pire que tout. Il était terrifié à l'idée que son petit frère le déteste.

– Je n'ose pas lui en parler, j'ai peur de l'entendre dire qu'il me déteste.


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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Lun 20 Juil 2015 - 17:49

Ils étaient finalement rentrés à Resembool, et Winry n’avait pas caché sa joie de revoir mamie Pinako et Den. La première chose qu’elle avait faite fut de saluer sa grand-mère, joyeuse. Et de se heurter de plein fouet à la joie de Den a les voyant revenir tandis qu’elle souriait, riant, et se retrouvait au sol, suite à l’impact. Ici, elle se sentait en sécurité, bien qu’elle avait pas mal de souvenirs de ses parents et qu’elle ne pouvait s’empêcher d’avoir de petits pincements au cœur de temps à autre, quand elle se laissait le temps d’y penser.

Elle avait ensuite pris le temps d’aller déposer sa boîte à outils dans sa chambre et de retrouver ses vieilles habitudes tandis que mamie Pinako était partie chercher du bois. Winry avait rassemblé le linge à nettoyer et commencer à le laver. Ces petites habitudes avaient le don de l’occuper tandis que mamie était partie, qu’Edward se reposait et qu’Alphonse était parti, lui aussi, mais en ville. Elle avait très vite fini de les rassembler pour prendre le linge propre et s’était dirigée vers l’arrière de la maison pour les mettre sécher dehors, sur la corde à linge.

Après, elle aurait très bien pu travailler sur des automails, mais… ça ne lui aurait pas vraiment changé les idées et elle n’aurait pas été moins inquiète pour autant. Et justement, elle devait faire des efforts pour ne pas y penser. Elle savait parfaitement que ça ne changerait pas le fait qu’Edward soit en danger –même si lui, il dormait comme si de rien n’était ! Après, il avait besoin de repos, donc il était normal qu’il dorme un peu. Elle prit un T-shirt qui traînait dans le panier à linge et entreprit de le pendre sur la corde tandis qu’elle entendit des bruits de pas s’approcher d’elle et la voix d’Edward lui proposer de l’aide en lui souriant. Dire qu’un tueur traînait dans les rues, et qu’il ne trouvait rien de mieux que d’étendre du linge… Elle acquiesça et lui rendit son sourire tout en continuant d’attacher le T-shirt qu’elle tenait dans les mains.

-Edward-Winry... Tu te souviens, quand vous m'aviez posé mon automail, mamie et toi ? Je vous avait parlé d'Alphonse.

Elle se figea quelques secondes tandis qu’il évoquait ce jour-là, affichant une gêne visible face à ce souvenir tout en replongeant dans ses propres souvenirs, revoyant le sang, mais aussi le courage dont il avait fait preuve ce jour-là, alors qu’il subissait une douleur qu’elle-même n’avait jamais connu… Elle s’en souvenait parfaitement bien, comme si tout ça s’était déroulé hier. Elle hocha la tête, sans mot dire au moment où il revint avec un second panier à linge, devinant parfaitement bien où il voulait en venir.

-Edward- Je ne sais pas s'il m'en veut, dit-il en jetant un drap sur le fil pour l'étendre. Pour ce que j'ai fait... Il est coincé, d'une façon horrible, et c'est ma faute. Je voudrais savoir s'il m'en veut... Est-ce qu'il a déjà évoqué ça devant toi ? Tu n'es pas obligée de me le dire, mais je veux juste savoir si...

S’il l’avait déjà évoqué ? Non. Mais Alphonse était quelqu’un plein de bons sentiments envers les autres. Et Winry savait qu’il adorait son frère par-dessus tout. Elle avait dû mal à l’imaginer en vouloir à son grand-frère... C’était plus Edward qui s’en voulait, d’après ce qu’elle savait. Il s’en voulait, et ça semblait le ronger de l’intérieur… Edward s’interrompit en soupirant et Winry ne dit rien, lui laissant le temps tout en prenant un pantalon du panier pour l’attacher sur la corde. Déjà à l’époque, c’était assez clair, et lorsqu’elles avaient dû connectés ses automails avec ses nerfs…

-Edward- Je n'ose pas lui en parler, j'ai peur de l'entendre dire qu'il me déteste.

... Qu’il le déteste ? Il parlait bien d’Alphonse Elric ? Elle avait beau ne pas avoir entendu de la bouche d’Alphonse, elle était sûre que non, il ne lui en voulait pas et qu’il ne le détestait pas. Chercherait-il à le protéger dans le cas contraire ? Il s’agissait de son frère. Winry les connaissait bien, tous les deux. Même si elle se savait qu’il se le demandait, c’était tellement évident, pour elle qu’il ne le détestait pas.

-C’est Alphonse, Ed’. Tu es son grand frère et ce n’est pas le genre de personne a en vouloir à qui que ce soit. Et surtout pas à toi. Pourquoi penses-tu qu’il cherche à te protéger ? Il tient à toi, et je suis sûre qu’il ne te déteste pas.

Elle prit une de ses jupes du panier et des pinces à linge tout en regardant Edward.

-Tu devrais lui en parler, dit-elle. Ça te ronge, plus que tu ne veux l’avouer. Que risques-tu à essayer d’aborder le sujet avec lui ?
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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Ven 24 Juil 2015 - 17:23

Edward n'avait pas pu s'empêcher de jeter un coup d'œil derrière et autour afin de s'assurer qu'Alphonse n'était pas dans les parages, qu'il était encore au village. Il ne saurait pas vraiment comment réagir si son frère surprenait cette conversation, à vrai dire, même s'il faudra bien qu'il en parle un jour. Mais il n'était pas prêt, pas encore, il n'avait pas le courage de lui faire face et tout lui déballer, pas maintenant. En parler à Winry n'était possible que parce qu'elle l'avait entendu crier et gémir, ce long jour où elle et mamie Pinako lui avaient greffé ces automails. Elle savait une partie de ce qu'il ressentait et pas mal de ce que ressentait Alphonse aussi. Il eut un faible sourire, un peu triste, debout et caché derrière un long drap qu'il venait de pendre. Il était bien conscient qu'elle ne menait pas une vie facile, elle non plus, elle s'inquiétait trop pour eux deux, surtout lorsqu'ils revenaient blessés ou en morceaux. Elle n'avait jamais été très satisfaite de sa décision d'entrer dans l'armée, pas après que ce soit à cause de cette armée, des guerres, que ses parents aient été tués.

– C’est Alphonse, Ed’. Tu es son grand frère et ce n’est pas le genre de personne a en vouloir à qui que ce soit. Et surtout pas à toi. Pourquoi penses-tu qu’il cherche à te protéger ? Il tient à toi, et je suis sûre qu’il ne te déteste pas.

Mais peut-être qu'il n'osait pas l'avouer, comme Edward n'osait pas lui en parler ? C'était de ça, qu'il avait peur ! Qu'en savaient-ils, après tout ? Ce serait légitime, c'était Edward qui avait initié le projet de faire revenir leur mère et c'était de sa faute si l'âme de son frère était attachée à un tel corps. Il ne pouvait plus dormir, rêver, manger, ressentir la chaleur, le froid, la douleur. Il serait en droit de lui en vouloir. Edward releva la tête pour regarder passer un moineau, puis la tourna pour regarder, plus loin, les ruines de leur maison, qui se détachaient dans le ciel. Il n'était plus retourné depuis longtemps, à présent. Lors de leur dernière visite à Resembool, il avait voulu s'en approcher mais avait dû s'arrêter, incapable d'aller plus loin, pris d'un mal de ventre insupportable. Le traumatisme n'était pas éloigné. C'était là-bas qu'Alphonse... Il combattit les larmes qui menaçaient de venir, s'étant juré il y a longtemps de plus pleurer. Rah, un peu de nerfs ! Fourrant une main dans sa poche, il la serra à s'en faire mal sur sa montre en argent, frappée du sceau d'Amestris.

– Tu devrais lui en parler, dit-elle. Ça te ronge, plus que tu ne veux l’avouer. Que risques-tu à essayer d’aborder le sujet avec lui ?

– Rien, sans doute, admit-il d'une voix plus faible. C'est juste que... Je n'ose pas.

Il faillit parler à Winry des rêves qu'il faisait presque toutes les nuits, des cauchemars plutôt, mais ne dit finalement rien, ne voulant pas lui rajouter des soucis. Allez, tout va bien ! Il l'aida plutôt à finir d'étendre le linge, retrouvant son sourire habituel. Quand ils en eurent terminé, ils rentrèrent à la maison. Ils allaient s'installer dans le salon pour boire un jus d'orange quand mamie l'interpella, son balai en main, en lui disant qu'il y avait un coup de fil pour lui, c'était l'armée. Il prit le téléphone et la voix du sous-lieutenant Breda se fit entendre. Ah, au moins, ce n'était pas le Colonel. Edward n'était pas exactement d'humeur à subir ses sarcasmes, là. Qu'est-ce qui s'était passé pour qu'il l'appelle à Resembool ?

– Edward, on a des nouvelles infos sur le tueur. C'est un homme, plutôt grand et baraqué, avec des lunettes de soleil noires. Je dois te prévenir.

– Comment vous le savez, ça ? dit-il en s'appuyant contre le meuble soutenant le téléphone. Je croyais qu'on ne savait rien, sur le tueur ?

– Le Colonel a été attaqué et a bien failli être tué. Il est à l'hôpital.

Le... Ah. Le sous-lieutenant lui répéta d'être prudent puis raccrocha; Edward fixa un instant le combiné, perturbé, puis vint s'asseoir près de Winry, avec un long soupir, grattant les oreilles de Den qui était venu près d'eux. Il lui raconta ce que lui avait dit le sous-lieutenant Breda, que Mustang était à l'hôpital maintenant. Bravo pour la fameuse "protection" qu'était censée offrir l'armée ! Si même le colonel s'était fait avoir, on pouvait être rassuré. Il but une longe gorgée de son verre puis le reposa sur la table du salon, se rencognant dans le fauteuil avec un long soupir.

– Bon, j'imagine qu'il faut pas rester trop longtemps au même endroit ! Ce type est peut-être toujours à East City mais on ne peut pas être sûr. Je suis désolé, Winry, je n'ai pas envie que tu t'inquiètes trop.

Il lui fit un faible sourire, sans savoir s'il la rassurait vraiment, néanmoins. On l'avait déjà prévenu qu'être Alchimiste d'Etat pouvait attirer la haine, mais il ne l'avait pas encore vraiment expérimenté, jusqu'ici. Il se déplaçait beaucoup, avec Alphonse, il n'avait pas vraiment l'occasion de voir ce que pensait les peuple des chiens de l'armée.

– Dis, pour toute à l'heure, je sais qu'Alphonse me protège, mais comment je peux savoir s'il n'ose pas me l'avouer, comme moi je n'ose pas lui demander ? On n'a pas... Vraiment reparlé de ce qui s'est passé cette nuit-là. On se rue en avant pour nos recherches mais on ne s'est jamais posés, depuis, pour réfléchir à ce qui s'est passé, la nuit où on a voulu faire revivre maman. Je ne veux pas non plus qu'Alphonse souffre en y repensant.

Il ramena ses jambes repliées contre lui, sur le canapé, ressortant sa montre de sa poche. En fait, ils auraient dû en parler sérieusement il y a déjà un moment, avant même qu'il ne passe les examens pour devenir Alchimiste d'Etat.

– Tu n'as jamais été très heureuse que je passe les examens et entre dans l'armée, pas vrai ? sourit-il faiblement en la regardant.


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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Dim 9 Aoû 2015 - 15:08

-Edward- Rien, sans doute, admit-il d'une voix plus faible. C'est juste que... Je n'ose pas.

Il n’osait pas… Winry ne savait pas quoi dire. Elle soupira légèrement alors qu’ils n’échangèrent plus aucune parole. Elle savait que ça le rongeait, elle le voyait bien, même s’il souriait à nouveau. Et ne savait pas vraiment comment faire pour l’aider. Il devait lui en parler, il devait oser… Enfin, c’était sans doute plus facile à dire qu’à faire, mais… Elle savait que ça l’aiderait par après. Elle réfléchit à un moyen de l’aider en finissant d’étendre le linge. Ils finirent rapidement de le faire, à deux, il fallait avouer que ça allait plus vite. Et ils finirent par rentrer à la maison une fois chose faite. Mamie Pinako interpella Edward, expliquant qu’il avait un coup de fil de l’armée, lorsqu’ils se dirigeaient vers le canapé du salon afin de boire du jus d’orange. Elle réfléchissait toujours. Elle pouvait comprendre qu’il n’ose pas, enfin… Plus ou moins. Winry se dirigeait vers la cuisine pour leur servir des verres au moment où Edward prit l’appel.

Elle ne pourrait pas aller poser directement la question à Alphonse, elle, elle sentait qu’il ne lui en voulait pas. Et puis… Ce n’était pas à elle de le faire. Elle pourrait l’aider à se préparer pour lui parler ? Ou… Elle finit de servir les verres et se dirigea vers le canapé après les avoir déposés. Elle sourit lorsque Den vint la rejoindre et commença à lui caresser le ventre tandis qu’il se retourna. Elle entendit Edward parler et écouta plus attentivement en se penchant pour continuer à caresser Den, vérifiant si son automail n’avait pas besoin d’être huilé. Elle découvrit vite que non, ne s’en étonnant pas. Mamie Pinako devait faire attention à ça, surtout étant donné que c’était elle qui lui avait appris l’art de la biomécanique.

-Edward- Comment vous le savez, ça ? Je croyais qu'on ne savait rien, sur le tueur ?

Ils savaient quelque chose ? Quoi ? Elle fronça les sourcils, commençant à redouter de plus en plus ce tueur... Parce que si on en avait appris plus sur lui, cela voulait dire qu’il y avait eu une attaque ou un truc du genre. Elle posa son regard sur Edward lorsqu’il la rejoignit sur le canapé avec un long soupir. Il commença à lui raconter ce qu’il venait d’apprendre, finissant par dire que le Colonel était à l’hôpital après avoir été attaqué par le tueur. Winry n’aimait pas du tout ce que ça signifiait et posa son regard sur Den alors qu’Edward buvait son verre. Il était en danger, ça, elle le savait déjà. Le statut en lui-même désignait un danger. Elle l’entendit soupirer avant de recommencer à parler :

-Edward- Bon, j'imagine qu'il faut pas rester trop longtemps au même endroit ! Ce type est peut-être toujours à East City mais on ne peut pas être sûr. Je suis désolé, Winry, je n'ai pas envie que tu t'inquiètes trop.

East City… Winry aimait de moins en moins le fait qu’Edward fasse partie des Alchimistes d’État. Trouvant cela beaucoup trop dangereux. Bon, il avait un but précis... Même s’il était en danger et qu’elle s’inquiétait de plus en plus, ne voyant rien de rassurant à tout ça. Edward lui souriait, mais rien que le fait que ce tueur avait attaqué le Colonel était loin d’être rassurant. Surtout qu’il avait été à East City. Et que cela impliquait qu’il pouvait même être à Resembool ou… enfin, beaucoup trop près pour qu’elle ne s’inquiète pas. Elle voulait bien faire des efforts, mais elle ne pouvait pas faire de miracle non plus. Alphonse pouvait le protéger, mais…

-Edward- Dis, pour toute à l'heure, je sais qu'Alphonse me protège, mais comment je peux savoir s'il n'ose pas me l'avouer, comme moi je n'ose pas lui demander ? On n'a pas... Vraiment reparlé de ce qui s'est passé cette nuit-là. On se rue en avant pour nos recherches mais on ne s'est jamais posés, depuis, pour réfléchir à ce qui s'est passé, la nuit où on a voulu faire revivre maman. Je ne veux pas non plus qu'Alphonse souffre en y repensant.

Le meilleur moyen de le savoir était de le lui demander, directement. D’en parler entre eux. Elle ne pouvait pas le faire à leur place. Elle n’était pas là lorsqu’ils ont vécu ça… Même si elle pouvait lui recommander d’en parler avec lui. C’était pour elle le seul moyen. Le passé peut toujours faire souffrir, mais il serait plus douloureux encore de ne pas en parler. Il faut l’accepter pour mieux vivre et avancer.

-Edward- Tu n'as jamais été très heureuse que je passe les examens et entre dans l'armée, pas vrai ? sourit-il faiblement en la regardant.

Elle soupira. Bien évidemment qu’elle n’était pas heureuse qu’il soit entré dans l’armée. C’était légitime. Il risquait sa vie tous les jours. Et l’armée lui avait déjà pris ses parents. Ces parents qui n’avaient rien demandé, cherchant juste à aider dans cette guerre, à soigner… Ils étaient des chirurgiens… Bien évidemment qu’elle n’était pas heureuse, et qu’elle s’inquiétait pour lui. Pour eux deux, même. C’était normal aussi qu’elle n’aime pas les guerres non plus, étant donné qu’ils étaient partis pour soigner les blessés là-bas… Il pouvait le comprendre, non ?

-Si, c’est vrai, dit-elle. Mais l’armée m’a déjà prit beaucoup. Et les Alchimistes d’État n’ont pas une bonne réputation, tu le sais. Je ne veux pas te perdre à cause de ça. Et ce tueur d’Alchimistes me donne une raison supplémentaire de ne pas apprécier que tu y sois entré, tu ne crois pas ? Je sais que l’armée est… Une manière pour toi de faire tes recherches. Mais… Elle te met également en danger.

Elle soupira, ramenant ses jambes contre sa poitrine de manière à faire face à son ami. Elle posa son regard sur son verre qu’elle n’avait pas touché, puis sur l’une des photos de ses parents changeant d’attitude du tout au tout en posant son regard sur lui.

-Vous êtes tout le temps ensemble, Ed’. Mais vous ne prenez pas le temps de parler de ce qui compte vraiment. Le seul moyen de le savoir c’est de lui demander. Et pour ça il faut que tu oses le faire, parce que vous êtes les seuls à pouvoir dire et parler de vos sentiments, de la façon d’ont vous le vivez. C’est ton frère, et même si pour moi c’est déjà clair, tu as besoin d’une preuve. Et c’est lui qui pourra te l’apporter.

Elle lui fit un sourire, comme pour lui prouver qu’elle était là pour lui avant de se lever d’un seul geste affichant ainsi clairement qu’elle avait une idée.

-En parlant d’Alphonse, je peux t’aider ! Bon… Peut-être pas aller le trouver, parce que ce n’est pas à moi de le faire, mais… Imagine que je suis Al’. Qu’est-ce que tu me dis ?

Elle pourrait l’aider comme ça, au moins. Parce que, la mécanique mise à part, elle ne voyait pas comment elle pouvait l’aider autrement. Elle tendit ses mains vers lui pour l’inciter à se lever. Elle n’avait pas d’armure et n’était peut-être pas son frère, mais l’imagination pouvait faire beaucoup, selon elle, lorsqu’on l’utilisait. Elle commença à mimer Alphonse, se donnant de la contenance en rendant ses épaules plus larges.
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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Mar 1 Sep 2015 - 21:10

Winry soupira, sans répondre tout de suite, mais il pouvait deviner le fond de sa pensée. Il avait vu son regard, ce jour-là, après la "visite" du colonel et du lieutenant. Même mamie Pinako avait hurlé, à l'idée du colonel, de l'embarquer pour devenir un petit chien de l'armée. Comme si ça pouvait être pire que ce qu'il avait déjà vécu ! Il avait vu la mort, condamné son frère à vivre dans cette armure, perdu son bras et sa jambe, que pouvait-il arriver de pire ? Il serra un peu son poing mécanique, sans plus regarder Winry, tête baissée. Pour le moment, la seule fois où il avait vraiment ressenti la haine contre les alchimistes d'état était dans une ville de l'Ouest, où ils 'était fait jeter d'un hôtel à coup de pied à grands cris de "Pas de toutous de l'armée ici !". Vraiment charmant ! Mais sinon, il n'avait encore rien expérimenté, pas vraiment. Il tourna à nouveau la tête vers son amie d'enfance, qui abhorrait une moue inquiète. Forcément... Edward n'en revenait toujours pas que le colonel se soit laissé envoyer à l'hôpital ! Il n'était pas censé savoir se battre, lui ? Franchement, et c'était colonel, lamentable.

– Si, c’est vrai, dit-elle. Mais l’armée m’a déjà prit beaucoup. Et les Alchimistes d’État n’ont pas une bonne réputation, tu le sais. Je ne veux pas te perdre à cause de ça. Et ce tueur d’Alchimistes me donne une raison supplémentaire de ne pas apprécier que tu y sois entré, tu ne crois pas ? Je sais que l’armée est… Une manière pour toi de faire tes recherches. Mais… Elle te met également en danger.

Elle soupira à nouveau en ramenant ses jambes contre elle, comme lui. Il hocha la tête pour lui répondre, sans trouver quoi lui dire pour la rassurer un peu. Maintenant qu'elle savait que l'autre idiot était à l'hôpital à cause du tueur... Il avait beau jeu, celui-là ! Il était colonel et même pas fichu de savoir se descendre ! Elle lui servait à quoi, son alchimie, à part griller des côtelettes ou faire le paon devant les filles ? Franchement, c'était beau ! Il avait l'air malin, maintenant, cloué sur un lit d'hôpital, bravo le militaire. Edward retint un petit rire cynique, même si ça n'avait rien de drôle. Et dire que c'était à lui que le lieutenant avait dit d'être prudent ! Elle ferait mieux de surveiller son cher patron, il avait plus à craindre que lui. Ed était presque tenté de lui écrire ou de lui téléphoner juste pour se payer sa tête, même si ça serait tout sauf charitable. Mais bon, autant éviter... Il serait bien capable de l'expédier en cour martiale pour insolence envers un supérieur hiérarchique, juste pour se venger. Il était assez fourbe pour ça. Il revint à la réalité en soupirant à son tour, pensif.

– Vous êtes tout le temps ensemble, Ed’. Mais vous ne prenez pas le temps de parler de ce qui compte vraiment. Le seul moyen de le savoir c’est de lui demander. Et pour ça il faut que tu oses le faire, parce que vous êtes les seuls à pouvoir dire et parler de vos sentiments, de la façon dont vous le vivez. C’est ton frère, et même si pour moi c’est déjà clair, tu as besoin d’une preuve. Et c’est lui qui pourra te l’apporter.

Elle lui sourit puis se leva tout à coup, alors qu'il lui jetait un regard interrogateur. A quoi pensait-elle ? Si c'était pour aller trouver Alphonse tout de suite, non, non, non ! Hors de question, pas maintenant, pas tout de suite ! Et puis, il était au village, il n'allait quand même pas lui courir après comme ça, il devait sûrement aller voir leurs amis d'enfance. Il pinça un peu les lèvres, s'imaginant parler de tout ça à Alphonse, ce qui suffit à lui retourner l'estomac. Dis-moi, petit frère, me haïs-tu ? Et s'il répondait oui ?! Ce serait légitime, Edward n'aurait plus qu'à mettre les bouchées double pour qu'il retrouve son corps. Puis une fois que ce sera fait, le laisser tranquille, se faire oublier, ne plus être là pour lui rappeler ce qu'il avait dû endurer. Et Edward ne pourra en blâmer personne, c'était son unique faute.

– En parlant d’Alphonse, je peux t’aider ! Bon… Peut-être pas aller le trouver, parce que ce n’est pas à moi de le faire, mais… Imagine que je suis Al’. Qu’est-ce que tu me dis ?

Il en resta bouche bée lorsqu'elle essaya d'imiter la façon de se tenir d'Alphonse, puis en put s'empêcher de rire, assez nerveusement, en lui faisant un signe pour qu'elle ne se vexe pas. Elle était la meilleure ! Il lui sourit en la remerciant, lui disant qu'elle était vraiment géniale à faire ça. Il la regarda un moment, essayant d'imaginer ce qu'il ferait si c'était vraiment son frère face à lui. Son sourire se fana peu à peu mais il se força à le reprendre, avec une longue inspiration. Donc, heu... Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Par quoi commencer ? Comment entamer ce genre de discussions ? Comment... Il fit un petit sourire crispé à sa meilleure amie en se redressant, un peu plus pâle.

– Heu... Je...

Brillant, comme démarrage, la foule est en délire ! Il se mordit les lèvres puis ferma les yeux, très tendu, en se forçant à visualiser son petit frère, ici, à l'écouter. Il devait le voir lui... Et trouver la façon de lui parler, lui dire ce qu'il avait sur le cœur.

– Je regrette d'avoir eu cette idée, Winry, murmura-t-il finalement en rouvrant les yeux, baissant la tête. De l'avoir entraîné avec moi là-dedans. Il a perdu son corps entier. Il ne peut plus manger, dormir ou pleurer... à cause de moi. Je veux lui redonner son corps avant d'être envoyé à la guerre comme arme humaine.

Il redressa la tête, la regardant avec un très faible sourire, comme pour s'excuser. Une de ses peurs était celle-ci, qu'on se serve de lui pour le "boulot habituel des chiens de l'armée". Qu'il devienne une arme, une vraie, qu'il doive user de son alchimie non pour le bien du peuple mais pour tuer. Il ne savait même pas s'il en était capable. En étant membre de l'armée, il savait se servir d'un pistolet, mais ignorait s'il était capable d'appuyer sur la détente.

– Tu es sûre que ça ne te gêne pas de voyager comme avec nous ? demanda-t-il d'un coup en changeant complètement de sujet. Voir l'armée sans cesse doit te peser, non ? Si tu veux, la prochaine fois, on ira dans un hôtel loin de la caserne, je n'ai pas envie que tu sois mal à l'aise ou triste.

Il lui fit un sourire plus franc, cette fois, les yeux brillants.


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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Sam 10 Oct 2015 - 16:07

Edward se mit à rire tandis qu’elle essayait d’imiter de son mieux Alphonse. Elle fronça les sourcils, légèrement vexée lorsqu’il lui fit un signe. Elle restait là, perplexe tandis qu’il lui souriait tout en la remerciant. Il riait puis la remerciait ? Il lui dit qu’elle était vraiment géniale à faire ça et elle sourit à son tour. Elle sentit le regard de son ami sur elle pendant un moment qui lui parut étrangement long. Elle savait que ça ne devait pas être évident, pour lui… Mais ce fut lorsque son sourire se perdit petit à petit qu’elle comprit qu’il devait s’imaginer être en face d’Alphonse.

Edward prit une longue inspiration et Winry le vit sourire à nouveau, mais elle voyait bien qu’il se forçait. Son ami ouvrit la bouche, comme si elle lui avait demandé de faire un gros effort de discours devant une grande assemblée et qu’il essayait de parler, en vain. Elle savait que pour lui, cela devait être difficile… Là où la douleur est présente, ancrée en nous, il est toujours plus difficile d’y faire face. Mais pas impossible. Le petit sourire crispé qu’il affichait finit de la convaincre qu’ils devaient impérativement discuter. Il est plus que temps qu’ils se parlent…

Il était beaucoup plus pâle lorsqu’il se redressa et Winry se sentit mal à l’aise de ne rien pouvoir faire d’autre pour lui. Ce n’était pas à elle d’en parler avec Alphonse, c’était à lui. Personne ne pourrait le faire, personne ne pouvait parler de leurs sentiments, sauf eux deux.

-Edward-Heu... Je...

Oui ? Elle écouta, prête à réagir en cas de besoin. Il en avait besoin, il avait besoin d’aide, de soutien. Et même si elle était incapable de le protéger contre le tueur, elle savait l’aider d’une autre manière. Le soutenir malgré la difficulté de la situation et être là pour lui. Elle ne le quitta pas des yeux, le voyant en difficulté face à ça, le voyant se mordre les lèvres puis fermer ses yeux. Elle sentit sa gorge se nouer, ayant elle-même du mal à le voir ainsi torturé par toute cette histoire, même si elle savait que tout le monde avait ses démons, son passé. Il fallait malheureusement vivre avec, les combattre et faire de son mieux pour vivre. Vivre avec l’absence de nos proches sur l’âme. Avec nos erreurs.

-Edward-Je regrette d'avoir eu cette idée, Winry, murmura-t-il finalement en rouvrant les yeux, baissant la tête. De l'avoir entraîné avec moi là-dedans. Il a perdu son corps entier. Il ne peut plus manger, dormir ou pleurer... à cause de moi. Je veux lui redonner son corps avant d'être envoyé à la guerre comme arme humaine.

D’avoir eu cette idée ? Mais… Si elle ne se trompait pas, ils étaient deux à vouloir la ramener. Alors, ils étaient tous les deux « fautifs », si l’on pouvait dire ça comme ça. Pour elle, Edward ne devait pas non plus prendre sur lui tout le poids de la responsabilité ! Il était le frère aîné, d’accord. Mais ça ne voulait pas non plus dire qu’il devait tout prendre sur lui. Alphonse était d’accord avec lui, ils étaient deux à le vouloir. Elle comprenait qu’il puisse s’en vouloir de ce que son frère subissait, mais lui aussi, il avait perdu quelque chose ce jour-là. Son ami redressa la tête alors qu’elle ne savait pas quoi dire ni faire pour l’aider en cet instant précis. Un petit sourire apparut sur les lèvres de son meilleur ami, sourire qu’elle lui rendit.

-Edward-Tu es sûre que ça ne te gêne pas de voyager comme avec nous ? demanda-t-il d'un coup en changeant complètement de sujet. Voir l'armée sans cesse doit te peser, non ? Si tu veux, la prochaine fois, on ira dans un hôtel loin de la caserne, je n'ai pas envie que tu sois mal à l'aise ou triste.

Pardon… ? Bien sûr que ça ne la… Oh. Il était mignon, de dire ça. Mais elle n’allait quand même pas les forcer à aller dans un hôtel plus loin ! Ça leur demandait un plus long trajet, en plus… Avec ce tueur… Hors de question. Elle ne voulait pas les forcer à quoi que ce soit, surtout qu’elle ne pouvait déjà pas les aider…

-Vous étiez deux, à le faire, Ed’. Tu ne dois pas tout prendre pour toi, dit-elle en posant son regard sur la photo de ses parents. Alphonse à perdu son corps, mais toi tu as perdu ton bras en voulant le sauver en plus de ta jambe. Nous faisons tous des erreurs, nous perdons tous quelqu’un à un moment donné. Tu voulais ta mère, tout comme Al’. Vous étiez jeune, c’est normal. Ne dit-on pas que l’on apprend de ses erreurs ?

Elle-même ignorait si elle l’aurait fait, si la possibilité lui avait été donnée. Peut-être qu’elle l’aurait fait. Peut-être –voire même certainement- même que sa grand-mère aurait tout net refusé. Quoi qu’il en soit, la situation ne s’était pas présentée, elle n’avait jamais appris l’alchimie et ne l’avait pas non plus cherché. Elle ignorait aussi ce qu’elle ferait si jamais elle se retrouvait confrontée au meurtrier de ses parents… Les vengerait-elle ?

-Ca ne me gêne pas, dit-elle en souriant à Edward, attendrie. C’est rester ici alors que vous êtes en danger constant qui est pesant. Surtout que je ne sais pas vraiment comment vous aider, soupir-t-elle d’un ton beaucoup plus bas vers la fin de sa phrase. L’armée est une partie intégrante de ce pays, donc où que j’aille je verrais des militaires tu sais ? Je ne veux pas vous faire aller plus loin que nécessaire. Surtout avec ce tueur.

Probablement qu’elle les vengerait, oui. Mais de toute manière, ce n’était pas demain la veille du jour où elle saurait qui était le responsable. Ce qu’elle savait, en revanche, c’est que les frères Elric devaient discuter. Elle affichait un air déterminé avant d’apercevoir, au loin, une mèche familière. Mèche dont elle était sûre et certaine de la provenance. Après tout, ce n’était pas très difficile de l’apercevoir. Elle sourit, montrant ainsi qu’elle avait une idée. Brillante, d’ailleurs. Ils devaient parler, alors… Pourquoi ne pas en profiter ? Il venait d’arriver, c’était le meilleur moment, d’après elle. Mieux valait ne pas retarder les choses encore plus. Elle sortit de la maison, sans rien dire de plus puis appela Alphonse, avant de finalement se retourner vers Edward.

-Va lui parler, c’est l’occasion rêvée.

Elle le tira pour le faire sortir, certaine qu’il ne l’aurait pas fait de lui-même. Elle se dirigea vers Alphonse, tirant toujours son meilleur ami avec elle.

-Alphooonse ! Edward à quelque chose à te dire.

Elle poussa Edward vers son frère, afin de l’empêcher de se défiler. Elle pouvait rester avec lui, s’il voulait. Mais… hors de question qu’il se défile. C’était le moment parfait. Elle admettait que c’était vache de faire ça, mais… Elle le connaissait suffisamment bien. Elle LES connaissait. Elle posa son regard sur Edward, regard qui voulait dire « T’as pas intérêt à te défiler », même si elle avouait y être allée un peu fort.
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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Sam 31 Oct 2015 - 22:34

– Vous étiez deux, à le faire, Ed’. Tu ne dois pas tout prendre pour toi, dit-elle en posant son regard sur la photo de ses parents. Alphonse à perdu son corps, mais toi tu as perdu ton bras en voulant le sauver en plus de ta jambe. Nous faisons tous des erreurs, nous perdons tous quelqu’un à un moment donné. Tu voulais ta mère, tout comme Al’. Vous étiez jeunes, c’est normal. Ne dit-on pas que l’on apprend de ses erreurs ?

Peut-être, mais ça ne changeait rien au fait que c'était lui qui avait lancé cette idée idiote, devant la tombe de leur mère, qu'il avait entraîné son frère, qu'ils s'étaient lancé tous les deux de toute leur âme dans un combat perdu par avance et interdit, qui plus est. Ils étaient jeunes, oui, mais ce n'était pas une excuse valable pour avoir voulu défier la mort, dans le seul but de ramener leur mère auprès d'eux. Tout ce qu'Edward avait pu donner à Alphonse, en échange de son bras, c'était un corps de métal sans aucune sensation, sans rien, un corps le privant de nourriture, de rêve, de sommeil, de chaleur, de tout. A côté de lui, Edward n'avait perdu que deux membres, ça ne représentait rien. Quel prix pourrait-il payer pour ramener le corps entier de son frère et y rattacher son âme ? Il baissa le regard sur son bras de fer et de rouages, pensif. Avec déjà deux membres en moins, la Vérité pourra-t-elle lui prendre assez pour rendre le corps d'Alphonse ? S'il devait donner ses deux autres membres, il le fera, sans hésiter une seconde, mais il ignorait si ce sera suffisant. Si seulement il possédait la pierre ! Il pourrait aller chercher le corps de son frère en faisant fi de l'échange équivalent, ce serait si simple. Relevant la tête vers Winry, il la vit prendre un air plus doux, comme attendrie. Heureusement qu'elle ne pouvait pas lire ses pensées, il doutait qu'elle apprécie beaucoup l'idée "Je veux bien sacrifier mon bras et ma jambes restants en plus, pas de problème, où est-ce qu'il faut signer ?". Même mamie Pinako voudrait l'assommer à coups de balais si elle l'entendait dire ça.

– Ça ne me gêne pas, dit-elle en souriant à Edward, attendrie. C’est rester ici alors que vous êtes en danger constant qui est pesant. Surtout que je ne sais pas vraiment comment vous aider, soupira-t-elle d’un ton beaucoup plus bas vers la fin de sa phrase. L’armée est une partie intégrante de ce pays, donc où que j’aille je verrais des militaires tu sais ? Je ne veux pas vous faire aller plus loin que nécessaire. Surtout avec ce tueur.

Ah oui, le tueur... Il soupira en reposant sa tête sur le dossier du canapé, regardant le plafond. Le tueur, le tueur, il ne risquait pas de l'oublier, celui-là, Al et Winry passaient leur temps à le lui rappeler à toutes les sauces, depuis leur retour au village ! Le tueur qui était dangereux, le tueur qui avait attaqué cet abruti de colonel, le tueur qui allait sûrement s'en prendre à lui aussi comme il était connu, le tueur par-ci et le tueur par-là, le tueur partout ! Il soupira une seconde fois en se redressant, se mettant debout avant de s'étirer en tous sens. C'est bon, il n'était pas là, le tueur ! Et avec l'énergie que mettait l'armée à le retrouver, il n'allait sûrement pas garder sa liberté bien longtemps, de toute façon. Tout le monde ne parlait plus que de lui, il était le sujet de conversation préféré, avec la venue du prince d'il ne savait plus où, s'intéressant très peu aux actualités de ce genre. Il fit quelques pas dans la pièce, les yeux fermés, Winry sautant tout à coup vers la porte d'entrée en l'ouvrant en grand. Hum ? Un client ? Un ami ? Un proche ? Son petit ami ? Il était prêt à râler devant cette dernière hypothèse lorsqu'elle cria tout à coup le prénom d'Alphonse en agitant les bras. Oh, il était déjà revenu du village ? Edward pensait qu'il allait s'arrêter sur la tombe de maman, sur le chemin du retour. Leur amie d'enfance se retourna ensuite vers lui avec un air déterminé et enthousiaste. Ça ne sentait pas bon.

– Va lui parler, c’est l’occasion rêvée.

Maintenant ? C'est ça, hors de quest... Il hoqueta lorsqu'elle le tira brusquement avec lui par le bras en sortant de la maison, trébuchant à moitié dans les quatre marches, traîné littéralement vers son petit frère. Halte-là, stop, pas question d'aborder ce sujet maintenant ! Il n'était pas prêt, ne savait pas comment aborder le sujet et il était à moitié mort de trouille, alors non, pas question ! Winry,s top ! Il essaya de la freiner mais elle semblait portée par une énergie débordante, comme si rien n'était plus urgent dans ce monde que cette discussion. Edward se sentait un peu plus pâlir à chaque pas, avec la grosse impression d'être conduit de force à l’échafaud.

– Alphooonse ! Edward à quelque chose à te dire.

Non, non, non ! Winry le poussa devant son frère avant qu'il n'ait pu protester, jetant un regard très noir à son amie d'enfance. C'était vraiment très bas ! Et maintenant, avec Alphonse en face de lui... Il essaya de lui sourire mais donnait plutôt le sentiment d'avoir avalé un citron entier. Il ne pouvait pas, n'avait pas le courage, n'était pas prêt, tout simplement, c'était impossible. Il n'avait pas la force de se lancer ni de lui dire quoi que ce soit. Pas le courage. Il regarda son frère en se mordant les lèvres, culpabilisant de plus en plus fort, mais la gorge très serrée pour oser lui demander. Comment faire ? Il avait beaucoup trop peur. Il était là, enfermé dans ce corps de métal où Edward avait fixé son âme, privé de chaleur, d'amour, privé de tout. C'était une question simple, pourtant. Petit frère, me détestes-tu pour ce que je t'ai fait. Edward désirait tant revenir en arrière qu'il en avait mal au cœur.

– On a... Pas beaucoup reparlé de ce qui nous a conduit à ça, commença-t-il avec une voix rendue étrange par la tension, en montrant son armure puis son propre automail. De... De cette nuit-là. Tu sais... On a eu beaucoup de choses à faire ensuite et...

C'était complètement lamentable. Il fit une pause, toute couleur ayant quitté son visage, lui donnant un teint cadavérique. Chaque mot prononcé l'était avec une chape de plomb sur l'estomac, il était comme cloué au sol, incapable de regarder son petit frère dans les yeux.

– Je regrette d'avoir eu cette idée, murmura-t-il. D'avoir voulu bafouer toutes les lois... Et... je...

Il releva enfin la tête mais la question ne parvint pas à franchir la barrière de ses lèvres. Il était trop terrifié d'entendre son frère lui avouer qu'il le détestait bel et bien. Qu'il avait perdu son amour pour cette erreur, qu'il devait la réparer puis voir Al disparaître de sa vie à jamais. Il était son petit frère, Edward l'aimait plus que tout, il voulait lui rendre son corps, lui rendre sa vie, même s'il devait lui-même en disparaître.

– ESt-ce que tu m'en veux d'avoir attaché ton âme à cette armure ? souffla-t-il enfin, d'une voix presque inaudible.


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Alphonse Elric

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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Dim 22 Nov 2015 - 12:01

Resembool n'avait pas changé d'un pouce, depuis qu'ils en étaient partis. Alphonse avait eu du mal à faire reconnaître que c'était bien lui, dans cette armure gigantesque, se bornant à dire qu'il la portait pour un entraînement en alchimie. Mais les villageois n'étaient pas trop curieux, acceptant sans peine cette explication, certes bancales, mais ne voyant pas pourquoi le petit garçon qu'ils connaissaient depuis qu'il était bébé pourrait leur mentir. C'était aussi reposant que culpabilisant, en réalité, Al détestait devoir leur mentir mais n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas tout leur expliquer, avouer ce qui s'était passé, dire pourquoi il avait perdu son corps, pourquoi Edward n'avait plus sa jambe ni son bras, pourquoi il était devenu Alchimiste d'Etat, pourquoi ils parcouraient tout le pays, pourquoi cette vie, pourquoi tout cela. Quittant le village, Alphonse fit un petit signe de main à deux amis d'enfance, essayant de transmettre qu'il était heureux de les voir, même s'il ne pouvait leur sourire, s'il ne pouvait plus rien. Tout cela lui manquait affreusement, mais au moins, il était là, il pouvait parler et marcher, c'était déjà un réconfort, que de pouvoir bavarder avec des personnes pouvant vous donner un peu de chaleur.

Sur le chemin du retour, il longea le cimetière où était enterrée maman, sans s'arrêter cette fois. Il voulait acheter des fleurs pour les déposer sur sa tombe et se recueillir, pas y aller comme ça sans rien. Mamie Pinako entretenait régulièrement la tombe, elle le leur avait dit lorsqu'ils étaient arrivés et qu'il lui avait demandé si elle rendait visite à maman pour eux, lorsqu'ils étaient absents longtemps. Soupirant n peu, il poursuivit sa route, son armure grinçant et faisant un bruit métallique assez marqué à chaque pas. On pouvait difficilement manquer Al, il était si grand qu'on le voyait à des lieues à la ronde, sans compter le bruit qu'il faisait en marchant et en déplaçant, tous ses mouvements le trahissaient. Il arrivait à la maison des Rockbell lorsqu'il vit la porte d'entrée s'ouvrir à la volée et Winry en sortir en courant en tirant Edward avec elle, ou plutôt en le tirant avec vigueur alors qu'il était prêt à s'écraser le nez par terre pour réussir à suivre le rythme. Heu... Il y avait un problème ? Winry avait eu une nouvelle idée pour l'automail d'Edward et avait besoin de lui pour convaincre son frère que c'était brillant et qu'il devait accepter ? Elle lui fit un grand signe, alors qu'il continuait à approcher, arrivant près d'eux, alors que son frère avait un air désespéré. Donc oui, elle avait eu une idée qui ne devait pas plaire à son grand frère.

Winry – Alphooonse ! Edward à quelque chose à te dire.

Heu, oui ! Elle poussa tout à coup Edward devant lui, alors que l'inquiétude de son frère grimpait en flèche. Que voulait-il lui dire ? Il avait un air... Un air très... Peu rassurant, pourrait-on dire. Edward lui fit une sorte de sourire mais Alphonse avait plutôt l'impression qu'il était à deux doigts de s'évanouir ou de s'étrangler. Que s'était-il passé, il avait découvert quelque chose de grave, les concernant, ou concernant la pierre ?! Il pouvait le lui dire ! Il se mordait les lèvres à présent, bien plus pâle que toute à l'heure. Edward... Al jeta un regard en biais à Winry, puis à son frère, et de nouveau à leur amie d'enfance, voulant comprendre, ne supportant pas cette attente. Il pouvait toute entendre ! Il voyageait avec Edward, menait les recherches avec lui, combattait avec lui dès qu'il le fallait, il pouvait le suivre partout, où était le problème ? S'il avait trouvé quelque chose sur la pierre, n'importe quoi, qu'il lui parle, et ne reste pas juste planté ici à le regarder avec cet air torturé. S'il avait découvert que retrouver leurs corps était impossible ou que... Cela pouvait être ça ? Edward, enfin, parle ! Al commençait à craquer, surtout en le voyant comme ça, il était rare de le voir déstabilisé ou triste, ce n'était pas son genre, pas du tout.

Edward – On a... Pas beaucoup reparlé de ce qui nous a conduit à ça, commença-t-il avec une voix rendue étrange par la tension, en montrant son armure puis son propre automail. De... De cette nuit-là. Tu sais... On a eu beaucoup de choses à faire ensuite et...

Oh... Il voulait parler de... Alphonse s'obligea à hocher la tête, pendant qu'Edward baissait la sienne, livide. Pourquoi lui parler de ça maintenant ? C'est vrai qu'ils n'avaient jamais vraiment pris le temps. Après la transmutation ratée, Alphonse s'était emparé de son frère pour courir chez mamie Pinako, il avait été soigné, puis il y avait eu la visite du colonel et du lieutenant... Ensuite, Edward s'était fait opérer pour son automail, il y avait la rééducation, longue et douloureuse, leurs entraînements, puis il était parti à East City retrouver le colonel, qui l'avait emmené à Central pour ses tests. Dès qu'il était devenu Alchimiste d'Etat, ils étaient partis à travers le pays afin de chercher des indices sur la pierre philosophale. Mais non, au milieu de tout ça, jamais ils n'avaient pris le temps de se parler, emporté par leurs recherches, les missions pour l'armée, parfois. Alphonse ne rajouta rien, sur le moment, sachant que son frère n'avait pas terminé, il suffisait de voir son air. Très bien, de quoi voulaient-ils parler, exactement ? De maman ? Du pourquoi ils avaient fait cela ? De ce qu'ils faisaient depuis pour retrouver leurs corps ? De la pierre ? De leurs voyages ? D'un peu tout cela ? Il avait des doutes, besoin de réconfort ou de soutien ? Il pouvait lui en parler, Al aussi avait des moments de doutes et besoin de son frère, parfois, ça arrivait à tout le monde, même aux meilleurs.

Edward – Je regrette d'avoir eu cette idée, murmura-t-il. D'avoir voulu bafouer toutes les lois... Et... je...

Edward, enfin, ils étaient deux à le regretter. Al croisa son regard, cherchant quoi dire pour le réconforter sur ce sujet. Bien sûr que ce sera un regret à vie ! Ils avaient commis cette erreur ensemble, ils la répareront ensemble, quoi qu'il advienne. Edward avait peut-être eu cette idée mais son petit frère n'avait pas cherché à l'en dissuader, il l'avait suivi avec enthousiasme, il avait travaillé avec lui pour se former à l'alchimie puis pour préparer la transmutation humaine. Ils étaient tous les deux coupables et paieront cette faute à deux. Edward devait vraiment être travaillé par cela s'il lui parlait sur ce ton, en tout cas. Par contre, pourquoi Winry l'avait-elle poussé devant lui avec autant de force ? Elle aussi savait déjà qu'ils s'en voulaient ! Ou il y avait encore autre chose ?

Edward – Est-ce que tu m'en veux d'avoir attaché ton âme à cette armure ? souffla-t-il enfin, d'une voix presque inaudible.

Alphonse – T'en... Vouloir ?! Edward, espèce de crétin !

Il le frappa un bon coup avec autant force que possible, l'envoyant valser plus loin contre le panneau de bois indiquant que cette maison abritait un atelier d'automail, avec le nom de la famille. Il rejoignit aussitôt son frère et le prit par le collet en le soulevant à moitié, outré q'il seulement osé penser cela. Lui en vouloir pour.... Mais qu'est-ce qu'il pouvait crétin, par moments ! Il le secoua un peu, furieux, lui jetant un regard aussi noir que possible.

Alphonse – T'en vouloir ?! hurla-t-il. T'en vouloir, imbécile ! Tu penses sérieusement que je pourrai t'en vouloir pour ça ?! Imbécile ! Tu as donné ton bras pour pouvoir me ramener de la porte, tu as fait en sorte que je puisse continuer à vivre dans cette armure et tu crois que je vais t'en vouloir ! Tu es un véritable imbécile ! Comment je pourrai t'en vouloir alors que tu as repris mon âme, je ne suis pas mort grâce à ça ! Tu crois que je peux t'en vouloir ?!

Il le laissa retomber par terre avec un peu de rudesse, exaspéré, se mettant ensuite à genoux devant lui, secouant la tête. Lui en vouloir... Il croyait que...

Alphonse – Comment as-tu pu songer ça ?! Edward, enfin ! Explique-moi ! On a commis cette faute à nous deux, tu ne dois pas penser que tu en portes la responsabilité seul !


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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Mar 1 Déc 2015 - 16:03

– T'en... Vouloir ?! Edward, espèce de crétin !

Il le frappa tout à coup par surprise, Edward ayant à peine le temps de voir un bout de ciel très bleu puis de s'écraser contre un panneau de bois, portant une main à sa joue, très secoué par l'arrêt brutal, autant que par le coup. Ça faisait super mal, enfin, qu'est-ce qui lui avait pris ?! Sonné, il vit avec un temps de retard son frère arriver et le saisir par le collet en le soulevant, penché sur lui. Edward grimaça en sentant qu'il ne touchait quasiment plus le sol, rageant de faire cette taille grotesque. Et puis, c'était quand normal qu'il se le demande, enfin ! C'était lui qui avait lancé cette idée horrible, lui qui avait encouragé son frère, lui qui l'avait condamné à vivre dans cette armure, que fallait-il de plus pour se demander si son petit frère ne le détestait pas ?! Alphonse se mit à le secouer, l'empêchant d'ajouter tout cela, le sonnant encore plus. Mais enfin ! Edward s'appuya des deux mains sur les bras de fer qui le tenaient, à moitié étranglé, cherchant ses mots pour faire comprendre à Al qu'il était tout à fait logique de poser cette question, le plus sérieusement du monde, il avait déjà mis assez de temps à y réfléchir, s'interroger. Enfin, si Winry ne l'avait pas poussé comme ça en avant, inutile de préciser qu'il aurait sans doute gardé ça encore de longs mois pour lui avant d'oser s'en ouvrir à son frère. De longs mois à retourner la question en tous sens, cherchant un moyen de la poser ou de devine ce que pouvait ressentir Alphonse, à s'en rendre malade.

– T'en vouloir ?! hurla-t-il. T'en vouloir, imbécile ! Tu penses sérieusement que je pourrai t'en vouloir pour ça ?! Imbécile ! Tu as donné ton bras pour pouvoir me ramener de la porte, tu as fait en sorte que je puisse continuer à vivre dans cette armure et tu crois que je vais t'en vouloir ! Tu es un véritable imbécile ! Comment je pourrai t'en vouloir alors que tu as repris mon âme, je ne suis pas mort grâce à ça ! Tu crois que je peux t'en vouloir ?!

Mais, mais, mais, il... Edward grimaça lorsqu'il le fichu par terre, clignant un peu des yeux ne le voyant tomber à genoux près de lui. Il... Toujours sonné, il resta par terre sans rien dire, fixant son frère, les mains appuyées dans l'herbe, sans bouger. Son frère... Oui, il avait fait en sorte qu'il continue à vivre, mais quelle "vie" ? Ne plus pouvoir boire, dormir, manger, sourire, sentir la chaleur, rêver, être fatigué, plein d'énergie... Une vie... A côté de lui, Edward n'avait perdu que son bras et sa jambe, ce n'était rien du tout par rapport à Alphonse, il ne pouvait rien imaginer de la douleur que son petit frère devait endurer. Naissant un peu la tête, il glissa la main dans quelques brins d'herbes, n'osant rien dire pour le moment. Tout ce qu'il avait réussi à accomplir jusqu'ici, c'était attacher l'âme de son frère à cette armure, un fait loin d'être glorieux ! Il n'avait pu faire que ça, se traîner à cette armure, sa jambe arrachée, perdant trop de sang, pour accomplir cet acte alchimique, le premier réalisé en frappant des deux mains, par pur instinct, sous le coup de la colère et du désespoir.

– Comment as-tu pu songer ça ?! Edward, enfin ! Explique-moi ! On a commis cette faute à nous deux, tu ne dois pas penser que tu en portes la responsabilité seul !

– C'est moi qui ai proposé cette idée, murmura-t-il, tête baissée, affalé dans l'herbe face à son frère. Qui t'ai convaincu de me suivre. Et lorsque tout est arrivé... Je m'en veux car je sais que tu souffres à être coincé dans cette armure. J'y ai attaché ton âme et... On ignore comment retrouver nos corps, tu es obligé de supporter un état où tu ne peux pas sentir la chaleur, dormir, manger... Rien.

Il releva la tête pour regarder son frère, ayant presque complètement oublié la présence de Winry, debout un peu plus loin. Maintenant qu'il avait commencé, autant tout lui déballer, tout mettre à plat, tout lui avouer. S'il ne le faisait pas maintenant, il savait qu'il n'aura plus jamais le courage de lui ne parler de nouveau, pas avant des mois, peut-être des années. Il craignait de faire souffrir son petit frère, en parlant ainsi, mais il devait lui dire. Tout lui dire. Plus de mensonges entre eux.

– A côté de toi, je n'ai quasiment rien perdu, continua-t-il en montrant son bras métallique. Juste une jambe, mon bras... Ce n'est rien du tout, toi, tu as perdu ton corps entier. Quand... Quand je suis revenu à moi, après avoir vu la Vérité, que j'ai vu que tu avais disparu, je n'ai pensé qu'à arracher ton âme à la porte, à l'attacher sur cette armure. C'était purement égoïste, je refusais de te perdre, tu es ma seule famille, j'aurai donné bien plus qu'un bras pour te ramener.

Edward tendit son automail pour poser la main à plat sur le plastron de son fer, se mordant un peu les lèvres. A ce moment-là, il n'avait pensé qu'à ça, récupérer son frère, sa seule famille, peu importe ce que la Vérité voulait comme tribut en échange. Il avait fixé l'âme de son frère avec ce sceau de sang, un sceau qu'il avait vu dans un livre de son père des années avant, qu'il avait appris à tracer, mémoriser l'utilité, sans penser que cela lui servira un jour. C'était un chemin entre cette armure et l'âme de son petit frère, un chemin tracé au prix de son bras droit.

– Je veux juste trouver un moyen de te rendre ton corps. C'est pour ça que je suis entré dans l'armée. Je dois trouver une solution.


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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Mar 29 Déc 2015 - 21:39

Edward – C'est moi qui ai proposé cette idée, murmura-t-il, tête baissée, affalé dans l'herbe face à son frère. Qui t'ai convaincu de me suivre. Et lorsque tout est arrivé... Je m'en veux car je sais que tu souffres à être coincé dans cette armure. J'y ai attaché ton âme et... On ignore comment retrouver nos corps, tu es obligé de supporter un état où tu ne peux pas sentir la chaleur, dormir, manger... Rien.

Culpabilisait-il donc à ce point ? Alphonse aurait pu en pleurer s'il avait pu, lui rendant son regard lorsqu'il releva la tête. Il posa ses gants sur ses jambes repliées sur lui, sans plus bouger ni parler, ne voulant pas interrompre Edward alors qu'il avait enfin commencé à parler. Peut-être avait-il eu l'idée, mais Al n'avait pas hésité, il avait à peine dit une phrase de refus, sur le fait que cette technique était interdite, avant de le suivre ! Il n'avait pas résisté ni freiner quoi que ce soit, au contraire, il avait travaillé de toutes ses forces avec lui dans ce projet insensé ! Il méritait tout autant que lui ce qui s'était produit et le savait, ils n'auraient jamais dû faire cela, jamais dû se croire assez malins pour braver toutes les lois sans en subir les conséquences. C'était terrible, dur à supporter, difficile d'être seul la nuit, oui... Pour autant, Alphonse ne perdait pas encore espoir, il avait confiance en son frère ! Et Edward ne devait surtout pas perdre confiance en lui-même ! Qu'arrivera-t-il, sinon ? Lui aussi devait retrouver sa jambe et le bras qu'il avait sacrifié pour reprendre son âme à la Vérité. S'il commençait à désespérer, jamais ils ne retrouveront leurs corps.

Edward – A côté de toi, je n'ai quasiment rien perdu, continua-t-il en montrant son bras métallique. Juste une jambe, mon bras... Ce n'est rien du tout, toi, tu as perdu ton corps entier. Quand... Quand je suis revenu à moi, après avoir vu la Vérité, que j'ai vu que tu avais disparu, je n'ai pensé qu'à arracher ton âme à la porte, à l'attacher sur cette armure. C'était purement égoïste, je refusais de te perdre, tu es ma seule famille, j'aurai donné bien plus qu'un bras pour te ramener.

Un "égoïsme" dont Alphonse était très heureux que son frère ait fait preuve. L'imaginait rester seul, durant des mois, des années, à la porte, en l'attendant ?! Et lui-même ! Seul ici... Oui, il y avait Winry, mais elle non plus ne pouvait pas combler cette relation, entre eux deux. Elle aurait pu soutenir Edward mais pas remplacer le lien qu'ils avaient, d'autant plus alors qu'ils étaient les derniers de leur famille. Leur mère morte. Leur père disparu ils ne savaient où. Alphonse ne pouvait tout simplement pas regretter ce qu'Edward avait fait pour le ramener de la porte, lui permettre de continuer à vivre. Son aîné leva son automail, posant la main à plat sur le plastron de l'énorme armure. Non, il ne devait pas désespérer ni déprimer, Alphonse était certain qu'ils trouveront un moyen. En plus, Edward était un alchimiste très doué ! Bien plus que lui, c'était certain, il avait réussi les épreuves pour être alchimiste d'Etat à son âge, tout le monde reconnaissait cela comme un exploit. Il pouvait se plonger des heures et des heures dans le travail, faire preuve d'une concentration impressionnante, et même s'il était impulsif, caractériel et trop idéaliste, il donnait foi à Alphonse et sans doute à Winry aussi. Ils réussiront tous les deux, ensemble, et Winry pleurera des larmes de joie en les voyant rentrer.

Edward – Je veux juste trouver un moyen de te rendre ton corps. C'est pour ça que je suis entré dans l'armée. Je dois trouver une solution.

Alphonse – On trouvera un moyen ensemble ! répliqua-t-il en lui prenant son poignet métallique dans son gant en cuir. J'étais plus que partant pour ce projet, je te rappelle, on y a travaillé tous les deux et on trouvera une solution tous les deux. Mais ne désespère pas, d'accord ? Si tu commences à ne plus y croire...

Il se leva souplement puis lui tendit la main pour qu'il fasse de même, lui donnant une légère tape dans le dos, hochant la tête vers Winry pour la rassurer. Son regard fut irrésistiblement attiré par une colline plus loin, où on pouvait voir la silhouette détruite de leur ancienne maison. Il n'y était plus retourné depuis le jour où tout avait brûlé, lorsqu'ils en étaient partis, le jour où Edward était officiellement devenu un "petit chien de l'armée". Les restes de ce qu'ils avaient transmutés étaient enterrés là-haut, dans les ruines de leur maison. Une tombe sommaire, creusée à la va-vite par mamie Pinako, qui craignait alors les représailles de l'armée. Effectivement, ils étaient venus, mais pas comme elle l'avait cru et surtout l'entretien ne s'était pas déroulé comme prévu. Alphonse secoua la tête pour chasser les idées noires, poussant son frère et leur amie d'enfance à rentrer dans la maison, à l'abri, un orage semblait arriver sur eux. Ils avaient prévu de rester quelques temps à Resembool, une semaine ou peut-être un peu plus. Se reposer, prendre du temps pour eux, et aussi que Winry puisse être tranquille avec sa grand-mère, elle la voyait moins depuis qu'elle partait en vadrouille avec eux. Alphonse la soupçonnait de s'accrocher autant par peur qu'Edward ne bousille encore son sacré automail.

Alphonse – Ah, au fait, Winry, j'avais quelque chose pour toi. Attends ici !

Il quitta la pièce à grands pas, grimpant l'escalier dans un bruit de fer et de métal pour aller dans la chambre de son frère, tirant leur sac pour en sortir une boîte ronde, avec le couvercle gravé d'inscription, puis redescendit, tendant la boîte à son amie.

Alphonse – J'ai acheté ça à East City, c'est une toute nouvelle huile spéciale qui vient d'être mise au point. Je n'ai pas trop compris les détails techniques mais les fabricants d'automails de là-bas étant emballé en la prenant. Je pensais que ça te ferait plaisir.

A toute autre fille, il aurait songé, comme cadeau, à une bague, un collier, un livre, des fleurs, du parfum, un foulard ou il ne savait quoi, mais pas à Winry. Si on voulait lui faire plaisir, il valait mieux lui offrir une caisse à outils haut de gamme. Il s'assit par terre près du canapé, dérangeant un peu Den qui cherchait un coin pour faire la sieste, son regard attiré par un petit tas de journaux, sur la table basse. En prenant un, il vit l'annonce pour l'arrivée du prince d'Aerugo et les festivités qui l'accompagnaient. Il le signala d'une voix plus emballée aux deux autres, lançant qu'il faudra absolument être à Central sur cette période pour en profiter.

Alphonse – Regarde ça, Winry ! lui dit-il en tendant le journal. Il y a un concours pour les fabricants d'automails. Tu voudrais y participer ? Je suis sûr que tu pourrais remporter un prix, tes créations sont géniales.


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MessageSujet: Re: Repos à Resembool   Dim 13 Mar 2016 - 16:15

Winry vit le regard noir que lui fit Edward, mais peu lui importait, elle savait que sans ça, ils n’auraient jamais prit le temps de discuter entre eux. Un long silence ce fit entendre, durant lequel la jeune Rockbell devinait facilement que son ami essayait de demander à son frère la question qui le hantait depuis ce jour-là. La jeune fille posa son regard sur Alphonse, puis sur Edward qu’elle voyait de biais. Elle restait là afin de s’assurer qu’il ne se débine pas, mais aussi parce qu’elle s’inquiétait pour eux et qu’elle voulait le soutenir, mais elle serait prête à partir si on le lui demandait, tout simplement. Parce qu’elle ne voulait pas gêner, elle voulait simplement qu’ils aillent mieux, tous les deux. Elle sentait un regard sur elle, regard qu’elle supposa venir d’Alphonse, étant donné qu’Edward avait les yeux rivés sur ce dernier.  Elle était prête à tout pour les aider parce qu’ils étaient ses meilleurs amis… Bon, ses seuls amis, à vrai dire.

Edward- On a... Pas beaucoup reparlé de ce qui nous a conduit à ça, commença-t-il avec une voix rendue étrange par la tension, en montrant son armure puis son propre automail. De... De cette nuit-là. Tu sais... On a eu beaucoup de choses à faire ensuite et...

Et ils avaient « oublié » de parler entre eux. Tout simplement. Mais Winry était certaine qu’Edward était capable de le lui dire. Elle voulait l’aider, mais ça, même si elle l’avait voulu, elle ne pourrait jamais le dire à sa place. Ce n’était pas à elle de le faire. Et puis… Elle était certaine de ce qu’elle lui disait depuis tout à l’heure. Alphonse ne lui en voulait pas, elle le sentait. Elle, elle ne doutait pas du tout, elle savait.

Edward – Je regrette d'avoir eu cette idée, murmura-t-il. D'avoir voulu bafouer toutes les lois... Et... je...

Elle n’aimait pas le voir dans cet état, même si elle savait de tout son cœur que c’était indispensable. Elle posa son regard sur Alphonse tandis qu’elle entendait Edward parler. Parler et montrer un mal-être qui lui sautait aux yeux. Elle avait parlé avec lui et restait sur sa décision. Ils devaient parler, et elle était fière de voir qu’ils le faisaient enfin, même si pas mal de temps avait passé depuis le temps. Elle regrettait seulement d’avoir dû l’y pousser ainsi. Mais… C’était pour son bien !

Edward- Est-ce que tu m'en veux d'avoir attaché ton âme à cette armure ? souffla-t-il enfin, d'une voix presque inaudible.

Le regard de Winry ne quitta plus Alphonse, elle voulait voir sa réaction même si elle était certaine de ce qu’elle avait dit au jeune homme.

Alphonse – T'en... Vouloir ?! Edward, espèce de crétin !

Sans avoir le temps réel de comprendre ce qui se passait, Al’ frappa son frère avec assez de force pour le propulser jusqu’au panneau de l’Atelier.  Elle resta un moment sans bouger avant de voir Alphonse le rejoindre pour le prendre par le collet et le soulever au-dessus du sol, chose qui marqua davantage la petite taille de son ami. Elle avança légèrement, mais ne voulait pas non plus s’imposer, elle restait en retrait sans rien dire. Se retenant de foncer sur eux pour voir si tout allait bien, inquiète. Elle observait la scène, entendant toujours ce qu’ils disaient, même si elle était un peu plus loin d’eux. Et beaucoup moins fort.

Alphonse - T'en vouloir ?! hurla-t-il. T'en vouloir, imbécile ! Tu penses sérieusement que je pourrai t'en vouloir pour ça ?! Imbécile ! Tu as donné ton bras pour pouvoir me ramener de la porte, tu as fait en sorte que je puisse continuer à vivre dans cette armure et tu crois que je vais t'en vouloir ! Tu es un véritable imbécile ! Comment je pourrai t'en vouloir alors que tu as repris mon âme, je ne suis pas mort grâce à ça ! Tu crois que je peux t'en vouloir ?!

Edward se retrouva au sol en moins de temps qui ne faut pour le dire, alors qu’Alphonse était à genoux. Elle savait qu’ils devaient parler, entre eux. Parce que ces questions sans réponses étaient de véritable poison, qui rongeait de l’intérieur son ami. Parce qu’elle n’aimait pas le voir dans cet état, et que le fait qu’Alphonse réagisse ainsi était presque… Obligatoire. La jeune Rockbell faisait de son mieux pour ne pas s’inquiéter, même si elle savait qu’ils étaient en sécurité ici. De toute manière, ils avaient l’air d’aller… Aussi bien que l’on puisse être lorsqu’on parle de sujets douloureux.

Alphonse – Comment as-tu pu songer ça ?! Edward, enfin ! Explique-moi ! On a commis cette faute à nous deux, tu ne dois pas penser que tu en portes la responsabilité seul !

Oui, aussi bien que l’on se sentait en parlant, pensant ou se souvenant de choses douloureuses. Elle n’écoutait que distraitement ce qu’ils disaient, bien que les informations principales qui étaient dites lui restaient en mémoire. Tout changeait, s’améliorant ou se détériorent avec le temps, mais la douleur, elle, pouvait être très vive par moment, juste pour nous rappeler que nous vivons. Elle était comme… Nécessaire à la survie.

Elle pouvait comprendre qu’on s’en veuille, qu’on culpabilise et que toute cette histoire nous ronge de l’intérieur… Même si elle-même n’avait pas vécu leur situation, même si elle ne connaissait pas l’alchimie, ne s’y intéressant pas. Les douleurs ne sont pas des objets et ne sont pas manipulables avec l’alchimie. Même les boulons ne pouvaient pas supprimer la douleur… Mais avec les boulons et les pièces, chaque élément avait une place, bien à lui. Tout était précis et nécessaire. Chaque élément aidait à la fabrication d’automails, qui eux-mêmes aidaient par la suite des personnes qui en avaient besoin. C’était une valeur sûre, pour elle. Même si elle ne connaissait pas l’alchimie aussi bien que ses amis.

Edward- À côté de toi, je n'ai quasiment rien perdu, continua-t-il en montrant son bras métallique. Juste une jambe, mon bras... Ce n'est rien du tout, toi, tu as perdu ton corps entier. Quand... Quand je suis revenu à moi, après avoir vu la Vérité, que j'ai vu que tu avais disparu, je n'ai pensé qu'à arracher ton âme à la porte, à l'attacher sur cette armure. C'était purement égoïste, je refusais de te perdre, tu es ma seule famille, j'aurai donné bien plus qu'un bras pour te ramener.

N’importe qui en ayant la possibilité l’aurait fait. Peut-être qu’elle aussi l’aurait fait, si elle avait été dans leur situation. Mais elle ne pensait pas avoir autant de courage qu’eux. Elle avait envie de pleurer à la fois de tristesse, mais aussi de joie de les voir ainsi parler, ses deux meilleurs amis. Cette histoire les rongeait depuis bien trop longtemps pour la laisser encore traîner. Elle regrettait simplement d’en avoir dû à y arriver là.

La jeune fille n’écoutait plus, se remémorant la nuit de l’arrivée des deux frères, avec Edward couvert de sang, de son sang. C’était un souvenir qu’elle n’était pas prête d’oublier et qui accompagnait celui de la venue du colonel avec le lieutenant Hawkeye. Cette histoire avait changé à jamais des vies, modifiant considérablement l’issue de cette tentative, sans pour autant diminuer la peine. Son regard resta figé sur ses amis tandis qu’elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle secoua la tête pour revenir sur terre. Elle vit Alphonse se lever pour finalement aider Edward à en faire de même avant de hocher la tête vers elle. Elle se mit à sourire, heureuse qu’ils en aient enfin parlé même si elle n’avait pas vraiment suivi ce qu’ils s’étaient dit, préférant rester en retrait. Ils revinrent vers elle et Alphonse les poussas Edward et elle vers la maison, pour rentrer.

Alphonse – Ah, au fait, Winry, j'avais quelque chose pour toi. Attends ici !

Quelque… Un cadeau ? Surprise, elle resta sans bouger tandis qu’elle entendait les bruits métalliques que son ami faisait en montant les marches de l’escalier menant vers l’étage. Elle posa un regard interrogateur sur Edward, se demandant s’il était au courant de quelque chose ou non tandis qu’elle entendit Alphonse descendre, mais cette fois avec une boîte ronde avec un couvercle gravé, qu’il tendit à Winry qui souriait en prenant la boîte, bien qu’intriguée.

Alphonse – J'ai acheté ça à East City, c'est une toute nouvelle huile spéciale qui vient d'être mise au point. Je n'ai pas trop compris les détails techniques, mais les fabricants d'automails de là-bas étant emballés en la prenant. Je pensais que ça te ferait plaisir.

Oooh ! Elle ouvrit la boîte avant de remercier chaleureusement son ami, des étoiles dans les yeux. Elle se retint de le prendre dans ses bras pour le remercier. Elle posa son regard sur le cadeau qui venait de lui offrir et entreprit de lire ce qui avait dans cette huile. Admirative et réfléchissant en même temps. Plongée dans sa lecture, elle ne vit même pas Alphonse bouger puis s’installer jusqu’à ce qu’il s’exclame avec une voix emballée que le Prince d’Aerugo arrivait et que des festivités l’accompagnaient. Elle se retourna avant de se diriger vers le canapé pour s’y asseoir. Alphonse lança ensuite qu’il faudra absolument être à Central sur cette période pour en profiter.

Alphonse – Regarde ça, Winry ! lui dit-il en tendant le journal. Il y a un concours pour les fabricants d'automails. Tu voudrais y participer ? Je suis sûr que tu pourrais remporter un prix, tes créations sont géniales.

Un concours pour les fabricants d’automails ? Elle prit le journal qu’il lui tendit et commença à lire, intriguée. Peut-être… Se confronter à d’autres créateurs serait amusant ! Même si elle n’était pas aussi sûre que lui de remporter un prix… Mais elle ne risquait rien d’essayer, si ?

-Je pourrais essayer, oui. Je rencontrerai d’autres créateurs, et je pourrais peut-être apprendre d’autre truc là-bas, sourit-elle tout en réfléchissant avant de hocher la tête, elle y participerait.

Elle réfléchissait déjà à la fabrication d’automails, cherchant ce qu’elle pourrait bien présenter au concours, satisfaite d’avoir réussi à faire parler ses meilleurs amis. Cette histoire était de celles qui vous rongent si on n’en parle pas, et ce n’est jamais bon de se laisser ronger par ce genre  de chose… Elle posa son regard sur Edward, réfléchissant. Elle considérait Alphonse comme un frère, alors qu’elle était véritablement amoureuse d’Edward, même si elle niait l’évidence et qu’elle avait des doutes depuis un bon moment déjà. Elle reprit la parole et ils parlèrent pendant un moment des festivités à venir.
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