Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Attaque par surprise

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Scar

Moine guerrier

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MessageSujet: Attaque par surprise   Lun 6 Juil 2015 - 10:04

Des nuages gris et lourds de pluie commençaient à s’amonceler dans le ciel si bleu il y a seulement quelques minutes. Un orage se préparait sans doute, la pluie tombera avant la tombée de la nuit. Il avait construit un abri sommaire pour May et son espèce de chat bizarre, dans une ruelle à l’écart, où elle s’était aussitôt blottie pour s’abriter en attendant qu’il revienne. Elle avait fait quelques courses et lorsqu’il était parti, elle allumait un petit feu pour se faire à manger. Voilà plusieurs jours qu’ils voyageaient ensemble, maintenant, presque deux semaines. Deux semaines où, les nuits où il accomplissait son œuvre de mort, la petite Xinoise continuait ses recherches sur la pierre de légende. Et il rentrait, la trouvait souvent endormir, restait à veiller sur elle, alors que les militaires couraient en tous sens pour retrouver l’assassin. Il tuait puis revenait veiller sur cette petite fille. Le monde était devenu fou mais il ne comptait pas s’arrêter.

Ses lunettes cachant ses yeux, il marchait tranquillement entre les passants, regardant le ciel qui s’assombrissait. C’était le début de la soirée, beaucoup flânaient ou effectuaient quelques achats pour le soir. Il ne les regardait pas, se moquant de ces êtres qui allaient et venaient sous ses yeux. Il fixait une personne en particulier, une personne qu’il suivait depuis plusieurs minutes, maintenant. Même sans son uniforme, il était facile de repérer l‘un des plus célèbres bourreaux d’Ishbal. Scar n’avait besoin d’aucun effort pour se souvenir des hautes et puissantes colonnes de flammes qui avaient dévorées vifs les siens. Et dire que son frère lui avait soutenu jusqu’au bout que l’alchimie devait servir au « bien du peuple ». L’utilisation qu’en faisait l’armée était immonde, avec elle, l’alchimie était devenue une vulgaire arme dont ils usaient à loisir. Une arme mortelle, sauvage, quasiment incontrôlable. Il accéléra légèrement l’allure, le regard fixé sur cet homme, le suivant de loin.

– Papa ! s’écria une petite fille rieuse en le contournant d’un seul coup.

Il jeta à peine un regard à la petite famille, au père qui venait d’attraper sa fille et la soulever, avant de marcher plus loin, plus vite, serrant son poing dans la manche de son long manteau. La population civile restait ignorant tante qu’une guerre ne les frappait pas directement. Il se rapprocha de sa proie avec lenteur, le regardant, le détaillant, le dévisageant. Il était arrêté à la devanture d’un commerce, devant un étalage, discutant avec le commerçant. Il n’y avait aucun gendarme dans la rue, ni aucune présence de l’armée, s’il voulait frapper, c’était maintenant ou jamais. Il sortit les mains de son manteau, le vent relevant très légèrement sa manche, laissant entrapercevoir ses tatouages noirs qui recouvraient son bras. Sa proie était repartie sur le trottoir, sans doute pour rentrer chez elle. Il vint derrière elle, ses yeux brûlant de haine derrière ses lunettes.

– Flame Alchemist ? demanda-t-il d’une voix glaciale.

Le gosse se retourna à moitié et il vit son regard, son visage, il le reconnut, c’était bel et bien lui, aucune erreur possible. Scar lui attrapa le poignet droit de sa main avec violence en le tirant vers lui puis projeta son bras tatoué en plein flan, son alchimie lui déchirant la peau et une partie des muscles, jusqu’aux os. Les passants avaient hurlés, appelant les secours, alors que Scar rejetait sa victime au sol, à deux mètres de lui, puis levait à nouveau son bras. C’était fini, il allait mourir. Il allait l’achever lorsque le gamin, le visage couvert de sueur, tirait un gant de s poche et le mettait sur une de ses mains. Le tueur n’eut que le temps de voir le signe alchimique gravé dessus avant de se jeter en arrière pour éviter les flammes qui avaient surgit de nulle part. Tss, même à terre et blessé gravement, il se défendait. Mais il perdait trop de sang, il n’allait pas tenir longtemps. Scar plaqua sa main au sol et envoya des éclairs qui détruisirent le sol, jusqu’à sa victime qui dégringola d’un trou d’un peu plus d’un mètre, dans les gravas.

Il allait sauter sur lui quand il entendit un coup de feu de semonce et une voix lui ordonner de ne plus bouger. Jetant un regard agacé derrière lui, il vit une patrouille de l’armée de l’Est. Humph. Il reporta le regard sur l’alchimiste, écroulé dans les ruines de la rue et couvert de sang, puis sur la patrouille. Mais d’autres arrivaient encore derrière eux. Autant battre en retraite pour l’instant. Il détruisit à nouveau le sol pour s’échapper par les égouts, courant. Ce n’était que partie remise… Ils périront tous.


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Roy Mustang

Colonel

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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Lun 6 Juil 2015 - 12:43

Leur équipe les avait aidés à déménager ce qu’il y avait chez Riza pour tout emmener chez lui, étant donné que son appartement était plus grand. Havoc et Breda s’en donnaient à cœur joie sur les commentaires, bien évidemment… Il allait falloir plusieurs soirées pour déménager l’appartement de Riza et installer le tout chez lui. Ouvrant un autre carton, il continua de ranger, essayant de tout mettre en ordre pour que chacun puisse retrouver très vite ce dont il avait besoin. C’est en voyant le jour baisser, par la fenêtre ouverte, qu’il se souvint qu’il avait une petite course à faire. Bon, ne pas trop tarder. Il souleva le carton rempli de livres pour l’amener dans le salon, à la bibliothèque calée contre le mur. Riza lisait beaucoup plus que lui, elle avait plusieurs cartons de livre comme ça. Il regarda quelques titres pour mieux connaître ses gouts en la matière, lisant les résumés. Elle avait l’air de bien aimer les histoires avec les animaux. Même toute petite, il la voyait jouer avec les chats qui traînaient dans le jardin de son père. Une fillette blonde, haute comme trois pommes, avec ses couettes et sa jupe à carreaux.

Il sourit en regardant la Riza d’aujourd’hui, par-dessus son épaule, bien occupée aussi. De profil, elle ressemblait assez à son père. Il termina de ranger le carton qu’il avait dans les mains puis lui dit qu’il sortait avant qu’il ne fasse nuit et que tous les commerces ne soient fermés. Il prit une veste légère, il faisait encore chaud, puis sortit, descendant les escaliers. Il vivait au premier étage d’un petit immeuble depuis deux ou trois ans, maintenant, en plein centre-ville, à côté d’un parc où les gamins venaient souvent pour s’amuser. L’air de ce soir était très doux et il y avait encore beaucoup de passants. Une soirée au calme avant de retourner au travail, le lendemain. Il prenait toujours le temps de discuter avec es habitants et commerçants, c’était le meilleur moyen pour se tenir informé et entendre les ragots, qui étaient souvent des pistes pour mener aux terroristes. Sur ce sujet, les civils en voyaient et entendaient souvent bien plus que l’armée.

Il fit sa course, puis reprit son chemin, saluant de la tête ceux qu’ils connaissaient. Il faudra qu’il parte tôt, demain matin, il avait une réunion importante au QG. Cela allait encore durer toute la matinée voire plus, il le sentait, les réunions de ce genre étaient rarement passionnantes. Surtout avec le général Hakuro. Il le détestait car Roy était monté en grade trop vite et trop jeune, son oublier son dégoût envers les chiens de l’armée. Cette réunion allait encore être marquée par des dizaines de remarques acides. Il s‘apprêtait à rentrer lorsqu’il sentit une présence derrière lui, d’un seul coup.

– Flame Alchemist ? demanda-t-il d’une voix glaciale.

Roy se retourna, voyant un inconnu aux lunettes et à la peau noire, qui lui attrapa tout à coup le poignet avec brutalité en le tirant. Presque aussitôt, il sentit une douleur très violente le saisir au flan, lui arrachant un cri de souffrance, alors que son cœur faisait un brusque bond. Le fou le frappa à nouveau et il s‘écrasa un peu plus loin sur les pavés, la douleur lui vrillant le flan. Le souffle court, il fouilla dans la poche de sa veste sans perdre de temps, ne pouvant pas se relever, puis mit son gant sur sa main en tirant avec ses dents. Il releva la tête puis lança son feue n direction de son agresseur, le forçant à reculer d’un bond. Il tremblait, de la sueur coulant le long de sa tempe, alors qu’il sentait qu’il perdait beaucoup de sang. Les pavés se teintaient déjà de rouge sous lui. Il regarda l’homme, sa main libre appuyée contre flan pour stopper l’écoulement du sang. C’était lui, le fameux assassin. Le tueur d’alchimistes d’état. Il leva la main pour lui envoyer à nouveau des vagues de feu, cherchant plus à le repousser qu’à se battre vraiment, en attendant l’arrivée de l’armée.

L’agresseur frappa tout à coup le sol avec son bras, des éclairs rugirent et une partie de la rue fut d’un coup détruite, s’enfonçant sur presque un mètre avec un fracas épouvantable. Il tomba dans le fossé créé, sa blessure cognant contre les pierres coupantes. Presque assommé, il entendit à peine le coup de feu qui suivit, cherchant à repérer son agresseur pour se défendre. Un nouveau fracas se fit entendre, puis des cris d’alerte, de nombreuses voix. Que s’était-il passé ? Des personnes vinrent près de lui et il se sentit tiré, essayant de se débattre jusqu’au moment où il reconnut l’uniforme de l’armée.

– Colonel, vous m’entendez ? demanda tout à coup une voix assez rauque.

Il remua les lèvres mais aucun son n’en sortit. L’attaque l’avait complètement pris de court… Il grimaça quand on appuya contre la blessure pour stopper le sang. Il était allongé sur les pavés, entouré par une patrouille de l’armée, avec pas mal de badauds qui se serraient les uns contre les autres avec effroi. Où était l’agresseur ? Il garda les yeux ouvert, alors que le ciel se remplissait d’étoiles. Quelqu’un lui avait posé une main sur l’épaule en lui disant qu’une ambulance arrivait, que tout allait bien se passer. Il entendit tut à coup crier son nom et tourna la tête. Riza arriva en courant, repoussant tout le monde, puis vint s’agenouiller à côté de lui. Il essaya de lui dire qu’il allait bien mais faillit s’étrangler. L’ambulance arriva au même moment, alors qu’il essayait de rassurer sa coéquipière du regard.

– Ne bougez pas, je reste à côté de vous.

Les brancardiers repoussèrent tout le monde pour le charger dans l’ambulance. Sa subordonnée monta dès qu’il fut à l’intérieur, alors qu’un médecin lui collait un masque à oxygène sur la bouche. Eh, il pouvait très bien respirer sans ! Ils filèrent ainsi jusqu’à l’hôpital et on l’emmena dans une salle pour le soigner. On lui répétait de ne pas bouger, comme si c’était possible, à ce stade. Après les soins, on l’habilla avec une sorte de chemise et un pantalon bleu ciel, avant de l’emmener dans une chambre. Les anesthésiques le rendaient à moitié endormi, comme si tout ce qui venait de se passer n’était qu’un mauvais rêve. Il était allongé et appuyé contre le lit, un peu remonté, quand Riza entra. Avec le général Hakuro derrière. Oh, non, pitié, pas lui… Il le salua du bout des lèvres, pendant que l’infirmier terminait de brancher la perfusion, avant de quitter la chambre.

– Personne n’a retrouvé votre agresseur, il s’est enfui très vite. Avez-vous pu voir son visage ?

– Pas vraiment, c’est allé très vite.

Il lui décrit ce qu’il avait pu voir. Un homme assez grand et visiblement très costaud, à la peau brune, des lunettes de soleil noires, avec une cicatrice sur le visage, d’après ce qu’il avait pu voir. Il utilisait une alchimie dévastatrice, qui détruisait aussi bien la chair que la terre ou le roc. Mais il ne pouvait déterminer qui il était, exactement. C’était un homme puissant, en tout cas, qui savait très bien se battre. Le général resta silencieux un moment puis soupira, passant une main sur son visage.

– Utiliser vos flammes était stupide, il y avait des civils autour de vous.

– J’aurai dû me laisser tuer, général ?

Il lui jeta un regard noir puis quitta la chambre en claquant la porte. Abruti. Roy soupira et se laissa aller dans le lit, se remémorant l’attaque du tueur. Il était épuisé, ayant perdu pas mal de sang, mais il devait graver tous les détails maintenant, afin de trouver un indice sur son identité. Un homme musclé, très musclé, même… Plus grand que lui, aux traits assez durs, d’après ce qu’il avait pu voir. Il devait avoir entre trente-cinq et quarante ans. Mais il ne saurait en dire plus. Il n’avait pu voir qu’un bref instant une partie de son visage, sous sa capuche. Riza se rapprocha de la table de chevet, après avoir jeté un regard noir à la porte, puis lui donna un verre d’eau. Il la remercia d’un coup d’œil, pensif.

– Ne l'écoute pas, tu dois te reposer. Je sais que tu veux donner des informations sur ce tueur, mais tu n'y arriveras pas en étant aussi épuisé.

Il prit le verre sans le boire, songeant malgré lui que Hakuro n’avait pas tord, sur ce coup-là, utiliser l’alchimie en étant blessé comme ça, il aurait pu toucher un civil, voire le tuer.

– Je n’ai rien à donner d’autre, marmonna-t-il. Il était rapide… Très fort, aussi. J’ai été pris par surprise.

Il but à peine une gorgée avant de reposer le verre sur la table de chevet, un goût amer dans la bouche. Ce type était comme une ombre mauvaise et insaisissable, il leur échappait toujours. Il tourna la tête vers Riza puis tendit doucement le bras pour toucher son ventre, posant la main dessus. Être un chien de l’armée attirait une telle haine et ce bébé pourrait très bien devenir une cible à son tour. Comment le protéger ? Il releva le regard vers Riza, un peu perdu.

– Ce genre d’ennuis risque d’arriver très régulièrement, c’est l’un des cadeaux empoisonnés qui va avec notre statut, lui dit-il en regardant de nouveau son ventre. En étant avec moi, cela peut te toucher aussi. Ton père n’avait pas tord en disant que ce n’était qu’un groupe de haine qui attirera la haine.

Il eut un faible sourire, laissant retomber son bras sur le lit.

– Vous pourrez envoyer un message à Edward pour lui dire les dernières informations ? Qu’il sache que l’agresseur est un homme.


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Mer 8 Juil 2015 - 20:04

Riza déballa un énième carton contenant tous ses dossiers pour l’armée. Pour étaler le déménagement sur plusieurs jours, elle avait choisi d’emmener le plus urgent pour cette première journée, le reste pourrait attendre. Cependant, grâce à l’aide de leurs coéquipiers, Roy et elle allaient beaucoup plus vite que prévu et ils avaient même pu faire un trajet supplémentaire. Ils s’étaient assez vite mis d’accord sur l’appartement qu’ils gardaient, le lieutenant n’ayant pas pris quelque chose de très grand étant donné qu’elle était tout le temps toute seule. Qui plus est, Roy pouvait se permettre d’avoir un appartement plus grand grâce à son salaire plus élevé. Concernant la distance, ils étaient tous deux à égalité, ils avaient donc opté pour la taille en pensant au bébé qui allait naître.

Riza porta une main à son ventre, lançant un regard sur le Colonel avec un petit sourire. Tout était allé si vite… Elle avait encore du mal à le réaliser et s’étonnait de se réveiller à côté de lui, parfois, mais ce n’était pas désagréable. Et ce n’était pas au travail qu’ils allaient l’oublier… L’équipe se chargeait de le leur rappeler dès qu’ils le pouvaient, moitié indifférents aux regards noirs qu’ils leur lançaient. Surtout qu’ils travaillaient, et plutôt bien, donc comment leur faire un quelconque reproche ? Et le vouvoiement en public n’arrangeait pas les choses… Lorsqu’ils sortaient tous ensemble, Riza n’arrivait pas encore à le tutoyer, l’habitude prenant le dessus. Ils s’étaient vouvoyés durant des années ! Mais maintenant, c’était bon, ils allaient se calmer. Ils avaient commencé à déménager, ce qui rendait les choses encore plus concrètes, donc ils étaient sûrement contents et allaient les laisser tranquilles, n’est-ce pas ?

Enfin, l’espoir fait vivre. Le lieutenant cala les dossiers sous son bras droit, prenant le carton vide dans l’autre puis enjamba les quelques affaires qui jonchaient le chemin pour aller jusqu’à l’endroit où serait mis son bureau. L’appartement ressemblait à un vrai chantier, avec des cartons empilés un peu partout et du papier journal par terre, ayant servi à emballer les quelques bibelots fragiles déjà déménagés. Riza déposa les dossiers à terre et défit le carton, allant le ranger avec les autres cartons vides dans la pièce que lui avait indiquée Roy. Elle revint dans le salon, ouvrant un autre carton contenant des livres, cette fois. Elle fronça les sourcils, sachant qu’ils en avaient déjà déballés plusieurs, avant de rougir légèrement en voyant le Colonel ranger d’autres livres dans la bibliothèque à son tour. Bibliothèque déjà bien remplie… Hum. Oui, bon, elle lisait beaucoup, chacun ses passe-temps !

Pour ne pas encombrer inutilement la bibliothèque, Riza lut les titres des livres, cherchant à en retirer peut-être encore quelques-uns, même si elle avait déjà fait le tri au moment de les emballer. Livres de cuisine, albums photos, livres d’histoire… Ce carton-ci devait rassembler les livres divers et utiles. Impossible de s’en séparer, par conséquent. Elle ignorait si Roy était doué en cuisine ou pas, ils mangeaient tous les deux vite fait depuis quelques jours, planifiant tant de choses et découvrant tous les deux la vie de couple un peu plus chaque jour. Bon, Riza essayait tout de même de veiller à avoir une alimentation saine, occupés ou pas, ils ne devaient pas négliger cela, il faut se tenir en forme ! Mais, la fatigue jouant parfois, elle devait admettre qu’elle faisait parfois moins attention. Dès qu’ils auraient terminé le déménagement, elle serait plus prudente, elle ne voulait pas qu’ils tombent malades pour rien. Surtout maintenant qu’ils devaient se tenir à carreaux…

Roy annonça qu’il sortait avant qu’il ne fasse nuit et que tous les commerces soient fermés. Déjà ? Riza leva la tête vers la fenêtre, constatant qu’effectivement, il valait mieux qu’il y aille vite, et hocha la tête en se replongeant dans son carton. Au fond, elle trouva des livres d’enfants, histoires que lui racontait sa mère lorsqu’elle était petite, pour l’endormir. Avec un sourire attendri, elle en caressa la couverture du bout des doigts, feuilletant le premier qui lui sembla beaucoup plus mielleux et prévisible que dans ses souvenirs. Les autres n’étaient pas mieux. Elle avait bien changé, depuis… Bon, soit. Ces livres-là resteraient dans le carton avec les autres souvenirs. Inutile de ranger des livres qu’elle ne lirait plus avant un moment dans cette bibliothèque, ils pourraient toujours les récupérer plus tard s’ils en avaient besoin. Peut-être pour leur bébé. S’il ou elle aimait ce genre d’histoires.

Des cris. Un coup de feu. Riza voulut sortir son arme mais l’avait laissée sur le meuble à l’entrée pour ne pas être gênée. Elle remarqua alors que cela ne venait pas de l’appartement, mais que l’agitation et le bruit venait de deux ou trois rues plus loin. Immédiatement, elle lâcha ce qu’elle faisait pour sortir de l’appartement, prenant son arme au passage, et dévala les escaliers après avoir reclapé la porte derrière elle sans faire exprès. Guidée par les cris et l’agitation, le lieutenant se rapprocha… jusqu’à voir des débris par terre, le sol détruit par endroit, et une foule un peu plus loin. Entourant quelqu’un, à terre. Un homme. Du sang, un peu partout. Roy…

Riza – Roy !

Riza courut jusqu’à lui, repoussant les autres personnes des bras sans trop de difficulté, une boule au ventre, rangeant son arme. Il ne pouvait pas… Elle s’agenouilla à côté de lui, se laissant littéralement tomber par terre en le regardant. Il avait le flanc déchiré, saignait abondamment, beaucoup trop. Il essaya de parler mais en fut incapable et elle le fit taire d’un geste. Non, qu’il ne parle pas, qu’il garde ses forces. Les secours allaient arriver d’une minute à l’autre, il allait s’en sortir, tout irait bien. Il devait s’en sortir. Il ne devait pas mourir, pas maintenant. Ils allaient retrouver celui qui lui avait fait cela, qu’il ne parle pas, qu’il respire. Elle n’osa pas le toucher, comprenant son regard mais terrorisée à l’idée de le perdre aujourd’hui. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle réalisa que l’ambulance était arrivée. Qu’il ne bouge pas ! Ils dépliaient le brancard, Riza ne quittant pas le Colonel des yeux, comme s’il pouvait partir à tout moment.

Riza – Ne bougez pas, je reste à côté de vous.

Riza s’écarta pour laisser les brancardiers emmener Roy, montant dans l’ambulance à ses côtés en le couvant d’un regard inquiet. Elle leur dit qu’elle était sa coéquipière et compagne et répondit à leurs questions sans une seule hésitation, tâchant de rester concentrée pour ne pas leur faire perdre de temps. Allergie, antécédents médicaux, tout y passait et elle était capable d’y répondre. A présent, c’était flagrant que oui, en effet, il n’y avait pas que de la loyauté entre eux deux… Et ils auront mis des années à le découvrir. Elle ne voulait pas le perdre, pas maintenant, ignorant ce qu’elle ferait s’il mourrait. Et leur enfant… Riza ne put retenir ses larmes dans l’ambulance, priant pour que Roy tienne le coup jusqu’à l’hôpital. Ils étaient presque arrivés, ce n’était pas si loin. Et en effet, ils arrivèrent assez vite, bien que le voyage n’ait semblé durer une éternité pour elle, et ils l’emmenèrent se faire soigner.

Riza attendit dans la salle d’attente, s’asseyant deux minutes avant de se relever et de tourner en rond. Elle savait ce qui s’était passé, à présent, les brancardiers en avaient parlé entre eux en lui disant que Roy avait de la chance et de très bons réflexes, que les autres ne s’en étaient pas tirés, qu’ils devaient patrouiller régulièrement et se tenir prêts au cas où, ordre de l’armée. Ce qu’elle redoutait depuis des semaines était arrivé, en fin de compte… D’autres militaires se trouvaient également dans la salle, mais ce fut la présence du général Haruko qui l’étonna plus qu’autre chose, la tirant de ses pensées. Que faisait-il ici ? La jeune femme fronça les sourcils, une main sur le ventre, debout au milieu de la salle d’attente. Elle se mit au garde-à-vous en voyant le général se rapprocher d’elle, ses joues encore humides des larmes qui y avaient coulées. Que lui voulait-il… Pas annoncer une mauvaise nouvelle. Si ? Mais non, cela aurait été le médecin, et puis les ambulanciers lui avaient dit que tout devrait bien se passer.

Général – Le Colonel a-t-il pu dire quelque chose sur son agression ?

Riza – Non, Général, ils viennent de l’emmener se faire soigner, il perdait beaucoup de sang.

Général – Très bien. J’irai avec vous, j’ai quelques questions à lui poser.

Riza hocha la tête et on vint les appeler presqu’aussitôt, leur disant que tout s’était bien passé mais que Roy avait perdu beaucoup de sang. Le lieutenant sentit la boule se défaire petit à petit à mesure que le médecin leur parlait. Il allait bien, il n’était pas mort et aurait seulement besoin de beaucoup de repos. Il avait de la chance, oui, son agresseur n’avait pas eu le temps « d’achever le travail » - paroles qui provoquèrent des frissons chez Riza et la firent pâlir immédiatement – et il aurait sans doute besoin d’aide le temps de sa guérison. Elle assura qu’il en aurait et qu’elle vivait avec lui, qu’elle se chargerait donc des soins sans problème et qu’il ne bougerait pas. Après cette brève discussion, le médecin leur annonça qu’ils pouvaient le voir, maintenant, mais qu’ils devaient éviter les émotions fortes à cause de ce qu’avait vécu le Colonel.

Riza le suivit, accompagnée du Général, jusqu’à la chambre de son supérieur, sachant que la présence du général Hakuro n’allait pas l’enchanter. Mais elle ne pouvait faire autrement, c’était normal, vu ce qui s’était passé… Elle entra et vit Roy dans le lit, l’infirmier sortant après eux, et lui sourit en s’installant à ses côtés. Il était vraiment dans un sale état et avait l’air épuisé… Il avait des bandages, elle pouvait le deviner, mais ne dit rien en le détaillant du regard. Il était vivant. Amoché, mais vivant. Il lui faudrait plusieurs jours pour s’en remettre, mais elle l’aiderait, il pouvait compter sur elle, comme toujours. Ils habitaient ensemble, à présent, ce serait plus simple pour cela au moins. Elle s’excusa du regard pour la présence du général, essayant de le rassurer et de le calmer.

Général – Personne n’a retrouvé votre agresseur, il s’est enfui très vite. Avez-vous pu voir son visage ?

Roy – Pas vraiment, c’est allé très vite.

Riza resta silencieuse pendant que le Colonel décrivait ce qu’il avait pu voir de son agresseur, le regard perdu dans le vide. Peau brune, homme costaud et assez grand, des lunettes, une cicatrice… Elle avait l’impression d’avoir déjà vu une description similaire, mais elle ignorait où. C’était vague, oui, mais ils en savaient déjà plus. L’alchimie qu’il utilisait détruisait tout, chaire, terre et roc, mais cela, ils pouvaient s’en douter vu son état. Un homme puissant… Oui. Et redoutable. Personne n’avait réussi à l’attraper jusqu’ici, alors qu’il continuait à frapper de la même manière. Seulement, on ne pouvait le reconnaître, en dresser un portrait assez précis. Ce qu’avait vu le Colonel était une base, cependant. Jusqu’ici, ils ignoraient jusqu’au sexe du tueur… A présent, ils savaient plus ou moins à quoi il ressemblait, vaguement, mais c’était déjà cela. Le général soupira d’un coup, passant une main sur son visage. Roy avait fait ce qu’il pouvait, il ne pouvait rien lui reprocher !

Général – Utiliser vos flammes était stupide, il y avait des civils autour de vous.

Roy – J’aurai dû me laisser tuer, général ?

Le général lança un regard noir à Roy tandis que Riza se figeait sur sa chaise, tournant la tête vers son supérieur lorsqu’il sortit en claquant la porte. Elle-même lança un regard noir à la porte, consciente que cela n’allait rien changer, puis se rapprocha de la table de chevet remplit un verre d’eau, le tendant à Roy qui la remercia d’un coup d’œil. Il ne devait pas penser à cela ! Il avait bien réagi, et les civils de cette ville savaient qu’il y avait un Alchimiste d’Etat dans le coin. Ils avaient de bons réflexes, le Colonel aussi, il n’aurait jamais tué de civils ainsi. Dans le pire des cas, certains auraient été légèrement brûlés. Mais grâce aux réflexes de Roy, il était toujours vivant et pouvait donner des informations sur le tueur qu’ils traquaient depuis des semaines sans résultat. Riza reporta son regard sur lui, apparemment pensif. Elle savait à quoi il devait réfléchir, mais il devait se reposer. Ce n’était pas dans un tel état qu’il allait pouvoir apporter plus d’informations sur son agresseur, il avait déjà donné une bonne base. Au contraire, il devait se reposer, sinon il risquait de donner des informations confuses.

Riza – Ne l'écoute pas, tu dois te reposer. Je sais que tu veux donner des informations sur ce tueur, mais tu n'y arriveras pas en étant aussi épuisé.

Roy – Je n’ai rien à donner d’autre, marmonna-t-il. Il était rapide… Très fort, aussi. J’ai été pris par surprise.

Riza le regarda sans rien dire, suivant son geste lorsqu’il déposa son verre sur la table. Il n’avait pas bu grand-chose, mais il devait sans doute trop penser pour avaler quoi que ce soit. Elle voulait l’aider, lui dire que ce n’était rien, mais elle savait qu’il ne serait pas tranquille tant qu’il n’aurait pas pensé à haute voix. Il était comme cela depuis des années, elle respectait ce trait de caractère et y était habituée. Il tourna la tête vers elle et tendit le bras pour le poser sur son ventre, la faisant sourire légèrement. Elle posa sa main droite sur la sienne, levant la tête vers Roy. Il n’y avait pas que le tueur qui l’inquiétait… Elle le sentait. Qu’avait-il d’autre ? Que ne lui avait-il pas dit ? Elle n’avait rien, elle, le bébé non plus, qu’il ne s’inquiète pas. Lorsqu’il releva le regard vers elle, il avait l’air perdu, confirmant ses pensées. Quelque chose n’allait pas…

Roy – Ce genre d’ennuis risque d’arriver très régulièrement, c’est l’un des cadeaux empoisonnés qui va avec notre statut, lui dit-il en regardant de nouveau son ventre. En étant avec moi, cela peut te toucher aussi. Ton père n’avait pas tord en disant que ce n’était qu’un groupe de haine qui attirera la haine.

Oh… C’était donc cela. Mais il n’avait pas à s’inquiéter. Elle aussi attirait la haine de par son statut de sniper, elle avait tué énormément de personnes sans le moindre remords et recommencerait si on le lui demandait. Et cela, personne ne le changerait. Roy, par contre, voulait améliorer l’armée, la rendre meilleure, et ses actes toucheraient aussi les Alchimistes d’Etat. C’était ce qu’il avait défendu face à son père, un enfant ne devait pas le détourner de cela, loin de là. De toute manière, elle resterait à ses côtés, et le fait qu’ils soient ensemble ne changeait rien. Oui, ils auraient bientôt un enfant… Mais elle était là. A deux, ils y arriveraient. Roy eut un faible sourire, laissant retomber son bras sur son lit tandis que Riza le couva d’un regard triste à son tour. Elle voulait le rassurer, au moins là-dessus…

Roy – Vous pourrez envoyer un message à Edward pour lui dire les dernières informations ? Qu’il sache que l’agresseur est un homme.

Riza – Ce sera fait, dit-elle en hochant la tête.

Riza rapprocha ensuite la chaise du lit, lui attrapant doucement la main en la tenant entre les siennes, l’embrassant sans la relâcher. Elle voulait le rassurer, le calmer, mais cherchait encore ses mots. Elle était consciente de ce qu’entraînait ce statut d’Alchimiste d’Etat, elle le suivait depuis des années maintenant, elle savait donc en partie ce qu’il vivait tous les jours. D’accord, cela s’arrêtait après les heures de boulot, mais ils se voyaient tout de même parfois en dehors et maintenant tous les jours. Alors oui, elle était consciente de tout cela mais n’était pas rebutée par autant. Elle avait accepté de vivre de cette manière le jour où elle avait rejoint l’armée d’abord, l’équipe du Colonel ensuite. Elle savait se défendre et tenir tête, elle apprendrait à leur fils ou fille à en faire autant. Lui aussi pouvait le faire.

Riza – Tu n’as pas à avoir peur, Roy… Tout cela, je l’ai accepté lorsque j’ai accepté de garder cet enfant. Je l’ai accepté depuis des années en m’engageant dans l’armée et en entrant dans ton équipe. Je l’ai accepté lorsque je t’ai entendu tenir tête à mon père pour défendre tes idées. Je l’ai accepté lorsque je suis restée sniper après la guerre contre Ishbal, et je ne compte pas m’arrêter. Je suis consciente de tout cela.

Riza fit une pause en caressant la main de Roy sans le quitter des yeux, voulant qu’il se calme, qu’il se repose, et qu’il arrête de penser à de telles choses maintenant. Il devait dormir et ne pas être préoccupé par l’avenir qu’aurait leur fils. Après tout, il aurait un père et une mère capables de se défendre et de répondre, comment pourrait-il être différent ? Son propre père et la mère de Roy étaient aussi comme eux, alors elle ne s’inquiétait pas trop à ce niveau-là. Elle avait peur de tout le reste, de la grossesse, de leur avenir, mais pas de cela.

Riza – Il ou elle a un père et une mère qui savent se défendre et répondre. Mon père et ta mère aussi… Alors, dis-moi, comment pourrait-il ne pas en être capable lui aussi ? Notre entourage nous influence, on en est la preuve vivante tous les deux. Je ne parle pas de la carrière professionnelle bien sûr, finit-elle avec un petit rire.

Riza se redressa après avoir reposé la main de Roy sur son lit et se pencha sur son visage, l’embrassant brièvement sur les lèvres. Elle ignorait si ses paroles changeaient quelque chose ou non, si elle arrivait à le convaincre, mais elle continuerait et apporterait d’autres arguments s’il fallait. Dans le cas contraire, il finirait par être convaincu de lui-même avec le temps… Mais Riza préférerait vraiment le calmer maintenant afin de lui éviter des années de crainte inutile.

Riza – Tu ne dois pas t’inquiéter pour cela. Je suis confiante. Tu dois te reposer et éviter d’avoir de telles pensées maintenant, d’accord ? Je m’occuperai de tout, tu peux compter sur moi pour t’épauler. Ce n’est pas maintenant que je vais t’abandonner.


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Lun 20 Juil 2015 - 23:15

– Ce sera fait, dit-elle en hochant la tête.

Il sourit pour la remercier, tournant la tête pour la regarder tirer la chaise près du lit pour s'asseoir. Evidemment, elle comptait rester... Il était tenté de lui dire de rentrer chez eux pour dormir, se reposer car ils sortaient de deux semaines très chargées, mais elle risquait de le prendre mal, après une telle attaque. Elle lui prit la main puis la porta à ses lèvres pour l'embrasser. Il eut un petit frisson, touché par ce geste. Il les découvrait, tous, apprenant en même temps qu'elle ce que signifiait réellement la vie de couple. Il avait envie que leur histoire dure des années, qu'elle soit aussi riche que leur parcours professionnel, qu'ils traçaient avec toute leur équipe. Il posa son autre bras sur la couverture, sentant le poids des pansements. Bouger lui faisait mal aussi s'efforçait-il de ne pas remuer. Il était encore très groggy, secoué, autant par le choc que par les anesthésiques qu'on lui avait injecté. Voir Riza près de lui l'aidait à rester éveillé, cependant. Il resserra ses doigts contre les siens, simplement content de la voir ici.

– Tu n’as pas à avoir peur, Roy… Tout cela, je l’ai accepté lorsque j’ai accepté de garder cet enfant. Je l’ai accepté depuis des années en m’engageant dans l’armée et en entrant dans ton équipe. Je l’ai accepté lorsque je t’ai entendu tenir tête à mon père pour défendre tes idées. Je l’ai accepté lorsque je suis restée sniper après la guerre contre Ishbal, et je ne compte pas m’arrêter. Je suis consciente de tout cela.

Tout de même... Il la regarda tracer de petits cercles sur la paume de sa main puis redressa les yeux pour voir son visage. Il avait toujours répugné à la mêler à certaines histoires, préférant agir seul. Elle connaissait très bien la guerre mais ce n'était pas une raison pour la jeter dans certaines horreurs. Il y avait des missions où il partait avec un ou deux Alchimistes d'Etat et jamais il n'avait raconté ce qu'ils y faisaient. Jardin fermé, souvenirs clos et enfouis au plus profond de lui-même, relégué aux tréfonds de son âme et n'en sortant plus. Souvenirs qui ressortaient parfois dans des cauchemars mais dont il ne confiait rien. Règle qu'il devra sans doute revoir, car le danger était grand qu'on envoie, un jour ou l'autre, Edward sur ce genre de "missions". Il pourrait en être brisé, c'était juste un enfant, même s'il détestait qu'on le traite comme tel.

– Il ou elle a un père et une mère qui savent se défendre et répondre. Mon père et ta mère aussi… Alors, dis-moi, comment pourrait-il ne pas en être capable lui aussi ? Notre entourage nous influence, on en est la preuve vivante tous les deux. Je ne parle pas de la carrière professionnelle bien sûr, finit-elle avec un petit rire.

Elle lui fit remettre la main avec l'autre puis se pencha pour l'embrasser brièvement, sur les lèvres, avant de se redresser. Admettons, leur fils ou leur fille apprendra sans doute très vite à se défendre. Il essaya de sourire mais cela ressemblait plus à une grimace. C'est vrai qu'ils avaient des soucis plus urgents qu'un bébé encore bien protégé dans le ventre de sa mère, il devrait moins s'en faire. Des soucis bien réels et actuels, eux.

– Tu ne dois pas t’inquiéter pour cela. Je suis confiante. Tu dois te reposer et éviter d’avoir de telles pensées maintenant, d’accord ? Je m’occuperai de tout, tu peux compter sur moi pour t’épauler. Ce n’est pas maintenant que je vais t’abandonner.

– Mais nous... Ah !

Il grimaça après un mouvement involontaire, qui avait ravivé la douleur à son flanc. D'accord, ne pas bouger ! Il laissa échapper un souffle rauque, se remettant correctement. Son agresseur ne l'avait définitivement pas loupé, c'était du joli. Il se laissa aller contre les oreillers, le cœur battant, alors qu'une légère pellicule de sueur lui couvrait le front. C'était pénible, combien de temps allait-il devoir rester à l'hôpital ? Heureusement qu'il n'avait pas rouvert la blessure, le docteur l'aurait achevé. Mais tout de même... Une seule attaque et il était déjà au tapis ! On lui répondrait que les victimes de ce tueur étaient mortes mais ce n'était pas une consolation, il s'en voulait de n'avoir pu réagir mieux que ça, de ne pas avoir pu atteindre son adversaire.

– Tu comptes rester là toute la nuit ? dit-il en portant le bras à son front, dépité par son état.

Il lui jeta un coup d'œil, alors que le rythme de son cœur s'apaisait peu à peu. Elle lui rendit un regard choqué, comme s'il venait de dire une énormité. Et bien ? C'était tout à fait normal et légitime qu'il pose la question ! Il fallait bien qu'elle mange et dorme ce soir, non ?

– Bien sûr que non, je vais rentrer et attendre que le médecin m'appelle en pleine nuit parce que tu auras voulu bouger comme maintenant et que tu auras rouvert tes blessures.

– Je ne vais pas m'enfuir, soupira-t-il.

Il ne pouvait déjà pas bouger, alors marcher et courir, autant oublier. Elle allait le retrouver à la même place et dans le même état demain matin ! Inutile de s'en faire, il n'était pas mort et il s'en remettra, ce n'était qu'une question de temps. Il remit son bras contre lui, par-dessus la couverture, épuisé.

– Oh non, je le sais, tu n'en es physiquement pas capable. Roy, s'il te plaît ! Je ne compte pas bouger d'ici. Ce fauteuil m'a l'air très confortable, ce n'est pas cela qui va m'empêcher de dormir.

Il retint un soupir mais ne rajouta rien. Il laissa un petit silence s'installer puis finit par s'endormir sans même s'en rendre compte, la bouche entrouverte. Sombrant dans un sommeil où seules quelques images éparses vinrent le troubler, images qu'il oubliait aussitôt les avoir vues. Ce fut un rayon de soleil, le lendemain matin, qui le réveilla. Il battit des paupières, ne comprenant tout d'abord pas où il était, puis les événements de la veille resurgirent avec violence. Le tueur, l'attaque, l'hôpital. Il eut un sursaut, ce qui réveilla la douleur et acheva de le convaincre que ce n'était pas un rêve. Il était allongé, la couverture jusqu'au torse, à moitié tourné vers la fenêtre, alors que le soleil entamait son ascension.

– Il y a quelqu'un ? murmura-t-il.

On lui prit tout à coup la main, ce qui lui arracha un nouveau sursaut et une grimace de douleur.

– Je suis là, c'est moi, Riza, ne t'inquiètes pas.

Il tourna la tête vers elle, resserrant sa main sur la sienne. Il était désorienté mais la voir le rassura. I repensa aux réunions auxquelles il devait assister aujourd'hui, déjà blasé de tous les ragots qui allaient naître sur l'attaque. Il devra sans doute faire un rapport complet dès qu'il sortira d'ici... Il soupira puis dit à Riza, avec un demi-sourire, que toute la ville devait déjà être au courant de l'attaque, les rumeurs allant très vite. Le Général Grumman devait être au courant aussi, s'il était déjà revenu de Central. Il ne put cacher son exaspération.

– Et le Général Hakuro va sûrement se faire un plaisir de faire courir des bruits, lui aussi, marmonna-t-il. Je déteste ce type et il me le rend bien. Cette histoire va encore remonter jusqu'à Central.

Et des types de là-bas allaient débarquer pour "enquêter", même si cette charge revenait aux soldats de l'Est, tant que le tueur était supposément encore sur leur territoire. Recherches qu'il était d'ailleurs chargé de coordonner et suivre. Hakuro allait sûrement reprendre l'affaire en main, avec l'appui de la capitale.

– J'allais te demander de ne rien dire à ma mère, mais vu son... "Réseau", elle est sûrement déjà au courant. Ne t'étonne pas si elle débarque chez nous à l'improviste, d'accord ?


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Sam 25 Juil 2015 - 22:56

Roy – Mais nous... Ah !

Riza se retint de lever les yeux au ciel tandis que Roy se remettait correctement dans son lit. Qu’il arrête de bouger, ce n’était pas comme cela qu’il allait guérir ! Avait-il seulement conscience de ce qui aurait pu arriver, aujourd’hui, s’il n’avait pas été attaqué avec des personnes à côté ? Oui, elle aurait fini par s’inquiéter, mais trop tard. Et il aurait été… Riza blêmit d’un seul coup en envisageant cette réalité, faisant un mouvement de la tête comme si cela suffirait à chasser cette image horrible. Il était là et allait s’en remettre, c’était tout ce qui comptait. En attendant, il devait se reposer et ne pas bouger, ne pas faire de geste brusque, elle se chargerait de tout ce dont elle pourrait à sa place. D’accord, elle ne pouvait pas aller aux réunions à sa place mais elle allait prévenir dès la première heure demain matin en même temps que le reste de l’équipe pour qu’ils puissent travailler sans eux, le temps qu’elle arrive après avoir prévenu toutes les personnes qu’il fallait. Riza avait tout en main et s’en occuperait, il n’avait aucun souci à se faire.

Roy – Tu comptes rester là toute la nuit ? dit-il en portant le bras à son front, dépité par son état.

… Il était vraiment sérieux ? Mais bien sûr, qu’elle allait rester ! Elle était son assistante et, depuis peu, la mère de leur futur enfant, alors oui, elle allait rester ! Elle resta choquée un moment, sans trouver quoi dire, pour finir par reprendre ses esprits en se rencognant dans son fauteuil d’un air décidé. Oui, elle comptait rester. Ne serait-ce que pour s’assurer qu’il n’allait pas vouloir bouger pendant la nuit. Physiquement, il était dans un sale état, mais elle était certaine que Roy était capable de vouloir bouger en aggravant ses blessures. Comme maintenant. Peu importe qu’il déteste être alité comme cela, il était blessé et elle comptait bien rester à ses côtés autant de temps qu’elle le pourra, revenant aussitôt sa journée terminée pour veiller sur lui. Personne ne pourrait rentrer dans cette chambre, le tueur d’alchimistes devait déjà être loin en plus, avec tout East City à sa recherche. Et dire qu’elle l’avait peut-être croisé sans le savoir… En attendant, hors de question qu’elle le laisse seule. Riza devait le protéger, non ?

Riza – Bien sûr que non, je vais rentrer et attendre que le médecin m'appelle en pleine nuit parce que tu auras voulu bouger comme maintenant et que tu auras rouvert tes blessures.

Roy – Je ne vais pas m'enfuir, soupira-t-il.

Riza – Oh non, je le sais, tu n'en es physiquement pas capable. Roy, s'il te plaît ! Je ne compte pas bouger d'ici. Ce fauteuil m'a l'air très confortable, ce n'est pas cela qui va m'empêcher de dormir.

En tant que sniper, la jeune femme avait connu bien pire et un fauteuil ne devrait pas poser problème. En plus, le déménagement et le travail l’épuisaient, sans oublier la grossesse qui s’accompagnait de son lot de bonnes – ou mauvaises – surprises.  Riza le couva du regard, prête à le menacer s’il voulait encore répondre. Elle voulait seulement qu’il se repose, même si elle savait qu’il détestait cela. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, mais lui ferait exactement la même chose si c’était elle qui était sur ce lit. Alors, oui, elle comptait rester. Ne bougeant pas d’un pouce, attendant qu’il s’endorme, ce qui arriva assez vite heureusement, Riza se redressa pour remonter doucement la couverture jusqu’aux épaules de Roy avant de l’embrasser sur le front. Elle s’installa ensuite confortablement dans le fauteuil à côté du lit, s’endormant à son tour mais toujours aux aguets. Juste au cas où.

Riza se réveilla très tôt, les yeux cernés, et sursauta en se redressant avec un coup d’œil vers son supérieur. Il était toujours là, profondément endormi et semblait avoir bougé pendant la nuit car la couverture avait un peu glissé. Cependant, il n’était pas sorti, elle en était sûre. S’étirant, le lieutenant se leva en jetant un œil à l’heure qu’il était, et sortit de la chambre en fermant la porte derrière elle sans faire de bruit. Elle chercha un téléphone du regard, voulant appeler au bureau de Roy pour prévenir l’équipe et prendre les numéros des personnes qu’il devait voir en réunion aujourd’hui. Ne le trouvant pas tout de suite, Riza fit quelques pas après s’être assurée que le Colonel dormait toujours à poings fermés avant de s’aventurer un peu plus loin. Elle savait qu’il y avait un téléphone au bout du couloir, juste à côté des escaliers, elle l’avait vu la veille. Marchant d’un pas vif, elle le retrouva et composa, de mémoire, le numéro du bureau puis patienta, comptant cinq tonalités avant que Breda ne décroche.

Breda – Bonjour, vous êtes bien au bureau du Colonel Mustang, mais il n’est…

Riza – Ici le lieutenant Hawkeye, le prévint-elle. J’appelle de l’hôpital, le Colonel est toujours endormi, mais il a besoin de repos. Il est blessé au torse, le tueur d’Alchimistes est… très puissant. Je n’ai rien vu, je ne suis arrivée qu’après, mais il va s’en remettre.

Breda – Je suis heureux de l’entendre, nous nous sommes inquiétés en apprenant cela ce matin…

Riza – Je sais, c’est pour cela que je vous ai appelé aussi tôt. Je vais arriver un peu en retard, je souhaite rester jusqu’à ce qu’il se réveille mais je voulais prévenir pour les réunions qu’il allait manquer. Pourriez-vous me donner les numéros ? Ils sont tous dans le petit carnet, deuxième tiroir du bureau, à droite.

Breda lui demanda deux secondes puis lui dicta consciencieusement les numéros, les uns après les autres, qu’elle inscrivit méthodiquement sur un bout de papier après avoir demandé de quoi écrire à un médecin qui passait par là. Riza raccrocha ensuite en remerciant son coéquipier, lui disant qu’elle faisait au plus vite en lui donnant les directives du Colonel pour le début de la journée. Elle passa ensuite une bonne heure à téléphoner aux personnes de la liste, excusant son supérieur, expliquant ce qui s’était passé à ceux qui n’étaient pas encore au courant. Le général Hakuro n’avait rien dit, évidemment… Soit, rester méthodique et professionnelle. Poussant un soupir en raccrochant, se pinçant l’arrête du nez après le dernier numéro, tête posée contre le mur. Elle avait les oreilles qui bourdonnaient, mais c’était terminé pour l’instant. Riza se redressa et revint vers la chambre du Colonel au moment où il semblait émerger du sommeil. Elle se réinstalla sur le fauteuil, toujours à côté du lit.

Roy – Il y a quelqu'un ? murmura-t-il.

Riza – Je suis là, c'est moi, Riza, ne t'inquiètes pas.

Riza venait de lui prendre la main pour le rassurer et lui éviter un mouvement brusque qui lui ferait mal… Ce qui échoua lamentablement. Il sursauta et tourna la tête vers elle, resserrant sa main sur la sienne. Voilà, qu’il respire, elle était là et il n’avait plus à s’inquiéter de rien aujourd’hui. Elle avait pris toutes les dispositions pour qu’il passe une journée au calme et qu’il se repose sans se soucier de quoi que ce soit, l’équipe était prévenue et les personnes qu’il devait voir aussi. Roy soupira tout à coup et lui dit, avec un demi-sourire, que toute la ville devait déjà être au courant à cause des rumeurs. Comme son grand-père, oui… Mais ce n’était pas plus mal, ils allaient être prudents au moins, même si Riza craignait l’effet de ces rumeurs. Il ne fallait pas que les gens aient peur, c’était pire que tout.

Roy – Et le Général Hakuro va sûrement se faire un plaisir de faire courir des bruits, lui aussi, marmonna-t-il. Je déteste ce type et il me le rend bien. Cette histoire va encore remonter jusqu'à Central.

C’était probable, oui. En tout cas, jusqu’à présent, il n’avait pas prévenu les personnes avec qui il avait rendez-vous, ce qui était un véritable coup bas. Riza resta silencieuse, serrant la main de Roy pour l’inciter à rester calme, réfléchissant. Si cette histoire remontait jusque Central, peut-être risquaient-ils de voir des soldats débarquer ici, mettant ainsi la région sous haute surveillance. Ils ignoraient absolument tout de ce tueur, ne connaissant que sa cible, ignorant où il allait et quel était son véritable projet. Pourquoi s’attaquer à des alchimistes ? Il y avait sûrement une explication, quelque chose qui leur passait sous le nez, un détail flagrant pourtant. Mais lequel…

Roy – J'allais te demander de ne rien dire à ma mère, mais vu son... "Réseau", elle est sûrement déjà au courant. Ne t'étonne pas si elle débarque chez nous à l'improviste, d'accord ?

Riza – Tu ne voulais pas la prévenir… ? Mais tu aurais pu y rester !

Elle était sa mère, enfin ! Il ne voulait pas la prévenir alors qu’il était gravement blessé ? Qu’il refuse de le dire à n’importe qui, d’accord, mais elle-même était au courant, elle le savait alors qu’elle n’était que sa compagne. Alors, sa mère, celle qui l’avait recueilli et élevé… Il devait lui dire. C’était une question de respect, en plus. Il grimaça avant de lui répondre, alors qu’elle le regardait d’un air ahuri.

Roy – Je sais, mais quand même... Ce n'est pas la peine de l'inquiéter pour ça.

Riza – Parce que tu crois qu’elle ne s’inquiétait pas déjà pour toi à ce propos ? Elle a déjà failli te perdre pendant la guerre d’Ishbal, je suis sûre qu’elle s’inquiète pour toi en permanence, même si elle ne le dit pas. On emménage seulement ensemble et je suis au courant, alors il est légitime qu’elle le sache aussi… C’est elle qui t’a élevé et recueilli.

Roy – Je... Bon, d'accord, je lui téléphonerai.

Riza lui sourit, se levant légèrement pour lui déposer un bref baiser sur les lèvres avant de se rasseoir. Peut-être les autres le trouvaient-ils arrogant et têtu, qui ne semblait même pas avoir de cœur, mais elle le connaissait, depuis toutes ces années. Elle savait qu’il était peut-être têtu, oui, mais qu’il avait un cœur et était loyal. Le lieutenant s’accouda au lit, gardant la main de son supérieur dans la sienne, ayant toujours un peu de mal à réaliser la situation dans laquelle ils étaient. Tout avait évolué si vite, en quelques semaines…

Riza – J’ai appelé Breda, pendant que tu dormais, pour mettre l’équipe au courant et donner tes directives en attendant que je n’arrive. Je lui ai dit que j’attendais que tu te réveilles. J’ai aussi décommandé toutes les réunions que tu avais aujourd’hui en expliquant à ceux qui ne savaient encore rien ce qui s’était passé et en t’excusant. Apparemment, le Général Hakuro n’avait rien dit… Pas encore. Mais, Roy…

Elle se rapprocha, prenant très doucement sa main dans les siennes, veillant à ne pas lui faire mal. Il devait être prudent, plus que tout maintenant qu’il était dans cet état. Si, effectivement, cette histoire remontait à Central, ils devaient faire profil bas et rester très prudents. Ne pas se faire remarquer, pas plus que maintenant.

Riza – Si cette histoire remonte à Central, nous devons faire attention. Je pense que c’est à cause de… de ce qui s’est passé aux manœuvres que le tueur t’a retrouvé. S’il te retombe dessus dans cet état… Fais attention, d’accord ? Je ne veux pas te perdre, pas maintenant, je ne…

… le supporterai pas. Mais elle ne pouvait pas le dire, lui lançant seulement un regard intense. Il voulait agir, elle le savait, mais elle pouvait agir pour lui en attendant qu’il soit rétabli. Elle resserra sa main sur la sienne, sachant qu’il la comprenait parfaitement. Comme toujours, d’un regard, depuis des années.

Roy – Tu sais ce que m'a dit le Président, aux manœuvres ?

Riza – Seulement ce que tu m’as dit.

Roy – Il a bien précisé qu'en tant que petit chien de l'armée, je suis sous surveillance. Si des types de Central arrivent, ce sera encore plus flagrant. Donc ne t'en fais, je ne risque rien, à part le fait que le Président veuille vraiment me mettre "un collier et une laisse", comme il dit.

Il avait parlé d’un ton morne, apparemment marqué par ce que lui avait dit le Président. D’après ce qu’elle pouvait voir, il n’avait pas échappé au même traitement qu’elle qui avait été rabaissée comme lui, encore plus par son statut de femme, uniquement parce qu’elle avait cédé à ses émotions. Elle avait bien compris le message, mais le test de grossesse avait suffi à l’humilier comme jamais. Par ce moyen, il lui avait prouvé qu’il les surveillait déjà. Et qu’il ne comptait pas s’arrêter là…

Riza – Je sais qu’il nous surveille déjà, il me l’a fait comprendre avec le test de grossesse… Surtout que je crois qu’il te pense encore plus en danger avec moi, comme j’ai cédé à mes émotions en voyant tous ces hommes autour de nous. C’est pour cela que je veux que tu te reposes sans prendre de risque inutile, vu ce qui est arrivé hier… Ils n’étaient pas là, cet homme aurait pu te tuer.

Roy – Je sais, il aurait pu me tuer, j'ai intégré le message. On va me le répéter en boucle pendant des jours. Tu sais quand je pourrais quitter l'hôpital ?

Riza – Je l’ignore, lorsque tu n’auras plus mal ou que tes blessures soient un minimum cicatrisées pour que tu ne risques pas de les rouvrir en faisant un faux mouvement. De toute manière, tu ne pourras pas faire grand-chose dans cet état.

Roy fit un signe du genre « laisse tomber » et lui dit qu’ils se reverraient ce soir, après sa journée de travail. Oh, déjà marre d’être couvé ? Riza se retint de lever les yeux au ciel, préférant ne pas relever sa réaction. Ils avaient des comportements de gamins, parfois, tous les deux, et elle le voyait bien. Mais il fallait bien qu’elle veille sur lui ! Sinon, qui le ferait ? Elle poussa un soupir en l’embrassant sur le front puis sortit pour sa journée de travail, très bien remplie pour le coup comme le Colonel n’était pas là. Elle arriva très vite au campement, appelant un taxi pour y aller et gagner du temps, et fila mettre son uniforme avant de prendre son service en rejoignant les autres de l’équipe.

La journée se déroula avec, surtout, pas mal de documents administratifs à remplir, à rendre, des formalités pour préparer le congé imposé de Roy afin de lui épargner des soucis supplémentaires. Elle appela l’hôpital une fois pour avoir des nouvelles, pendant le temps de midi, puis continua à manger avec les autres en discutant de l’organisation du déménagement. Elle voulait continuer, oui, mais ne voulait pas tout terminer parce que c’était une chose qu’ils voulaient faire ensemble. Une étape importante. Alors, oui, les meubles importants à garder, déplacer ou vendre, ils pouvaient le faire mais pas le reste. De toute manière, ils n’avaient pas le choix, ils n’avaient la camionnette que pour quelques jours donc il fallait avancer. A la fin de la journée, Riza sentait les conséquences de la fatigue mais repassa par l’appartement, après avoir remis ses vêtements de civil, pour prendre des affaires pour Roy et un coussin avec une couverture, prête à passer une meilleure nuit que la précédente. Le fauteuil était confortable, mais si elle pouvait dormir un peu mieux, ce n’était pas de refus. Une douche, se changer, et elle repartit vers l’hôpital en retrouvant Roy, toujours au même endroit.

Riza – Alors, comment te sens-tu ? demanda-t-elle en posant ses affaires sur le fauteuil. Tu as pu te reposer un peu, pas de nouveau problème à l’horizon ? J’ai pu parler avec le reste de l’équipe, ce midi, on s’est organisé pour le déménagement mais ils ne vont nous aider que pour les meubles et tout ce qui exige la camionnette. Le reste, je tenais à le faire avec toi.


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Lun 3 Aoû 2015 - 10:31

Avec réacs de ma mère. Demande si t'en as besoin, Riza.


– Tu ne voulais pas la prévenir… ? Mais tu aurais pu y rester !

Oui, mais il était vivant, à quoi bon aller lui rajouter des soucis puisque tout allait bien ? Il grimaça un peu, voyant que Riza ne suivait pas exactement le même mode de pensées. Il n’avait juste pas envie de fatiguer s amère avec ça, elle s’inquiétait déjà bien assez pour tout le reste… Si l’appelait pour lui dire « Ah, au fait, on a failli m’assassiner », il n’osait pas imaginer sa réaction. Elle serait capable de bouger avec certains de ses « amis » pour retrouver la trace du tueur. Il ne sous-estimait pas son réseau, sachant très bien de quoi elle était capable. Elle l’avait déjà aidé ainsi à retrouver des informations confidentielles très importantes, mais ici, il préférait qu’elle ne le fasse pas. Ce type était dangereux, elle risquerait trop en se mettant sur ses traces ! En se mêlant à cette histoire, elle prendrait un sale coup, rien de plus, alors qu’il ne s’occupait pas d’elle. Il releva la tête vers Riza, cherchant comment lui dire qu’il valait mieux laisser sa mère en-dehors sans mentionner le fait qu’elle faisait parti d’un réseau souterrain pas tout à fait légal.

– Je sais, mais quand même... Ce n'est pas la peine de l'inquiéter pour ça.

– Parce que tu crois qu’elle ne s’inquiétait pas déjà pour toi à ce propos ? Elle a déjà failli te perdre pendant la guerre d’Ishbal, je suis sûre qu’elle s’inquiète pour toi en permanence, même si elle ne le dit pas. On emménage seulement ensemble et je suis au courant, alors il est légitime qu’elle le sache aussi… C’est elle qui t’a élevé et recueilli.

– Je... Bon, d'accord, je lui téléphonerai.

Mais pas question de lui dire pourquoi on l’avait attaqué, en revanche, et inutile de trop insister sur son état. Riza sourit puis se leva pour l’embrasser sur les lèvres avec douceur. N’empêche, il faudra peut-être qu’il le mette au courant, si sa mère était d’accord. C’était ironique, en un sens, elle participait à des opérations d’espionnage et infiltration et lui, son fils, était entré dans l’armée pour préserver la paix dans ce pays, sa justice. S’il faisait vraiment son devoir correctement, il devrait l’arrêter. Il s’imagina un instant devoir emmener sa propre mère en prison puis chassa cette image de sa tête. Il serra plutôt la main de Riza, songeant qu’elle ferait mieux de dormir à l’appartement plutôt qu’ici, elle semblait fatiguée. Mais elle refusera.

– J’ai appelé Breda, pendant que tu dormais, pour mettre l’équipe au courant et donner tes directives en attendant que je n’arrive. Je lui ai dit que j’attendais que tu te réveilles. J’ai aussi décommandé toutes les réunions que tu avais aujourd’hui en expliquant à ceux qui ne savaient encore rien ce qui s’était passé et en t’excusant. Apparemment, le Général Hakuro n’avait rien dit… Pas encore. Mais, Roy…

Le général n’avait rien dit, comme c’était étonnant, il devait sûrement jubiler de le savoir cloué dans un lit et risquer des ennuis s’il ne pouvait appeler personne pour prévenir de son absence forcée. Ce sale type était pire qu’une plaie. Il avait dû oublier tous ses subordonnés, surtout le lieutenant.

– Si cette histoire remonte à Central, nous devons faire attention. Je pense que c’est à cause de… de ce qui s’est passé aux manœuvres que le tueur t’a retrouvé. S’il te retombe dessus dans cet état… Fais attention, d’accord ? Je ne veux pas te perdre, pas maintenant, je ne…

Elle ne réussira pas à remonter la pente… Il faudra qu’ils discutent sérieusement de ça, car si Roy mourrait, il n’était pas question qu’elle se suicide ou quelques chose du genre. Il refusait qu’elle abandonne son envie de vivre, ça, jamais ! D’autant plus qu’elle était enceinte, à présent, ils devaient penser à ce bébé avant de penser à eux. Quant au Président… Tss, évidemment que cette histoire allait monter à Central, si ce n’était pas déjà fait. Il revoyait encore le Président l’avertir d’être prudent et de se tenir tranquille. Cette fois, Roy n’avait absolument rien fait pour se faire remarquer, mais il était sorti sans escorte, ce devait être un point suffisant pour Central. Être Alchimiste d’Etat n’offrait pas que des avantages, ils étaient tous surveillés, certains plus que d’autres, une surveillance qui était devenue plus accrue avec le tueur en liberté. L’armée veillait à ne pas perdre ses « armes », surtout de cette puissance. Il passait machinalement le pouce sur le dos de la main de Riza, plus pensif.

– Tu sais ce que m'a dit le Président, aux manœuvres ?

– Seulement ce que tu m’as dit.

– Il a bien précisé qu'en tant que petit chien de l'armée, je suis sous surveillance. Si des types de Central arrivent, ce sera encore plus flagrant. Donc ne t'en fais, je ne risque rien, à part le fait que le Président veuille vraiment me mettre "un collier et une laisse", comme il dit.

Il s’interrompit, fermant un très bref instant les yeux en priant tous les saints du monde pour qu’on ne lui colle pas de gardes du corps sur le dos. Il avait déjà toute son équipe près de lui ! Il était bien loin d’être seul et il restait à travailler à East City, dans la caserne, avec des dizaines de soldats à proximité. Et après cette histoire, il doutait de pouvoir rester seul bien longtemps. Donc on se détend un peu, il allait être plus prudent et surveiller ses arrières.

– Je sais qu’il nous surveille déjà, il me l’a fait comprendre avec le test de grossesse… Surtout que je crois qu’il te pense encore plus en danger avec moi, comme j’ai cédé à mes émotions en voyant tous ces hommes autour de nous. C’est pour cela que je veux que tu te reposes sans prendre de risque inutile, vu ce qui est arrivé hier… Ils n’étaient pas là, cet homme aurait pu te tuer.

Roy leva les yeux au ciel en retenant un soupir. Oui, il aurait pu le tuer, mais Roy s’était défendu et ce sera différent pour la suite. Ça, personne n’allait le laisser oublier, qu’il avait failli y laisser la peau.

– Je sais, il aurait pu me tuer, j'ai intégré le message. On va me le répéter en boucle pendant des jours. Tu sais quand je pourrais quitter l'hôpital ?

– Je l’ignore, lorsque tu n’auras plus mal ou que tes blessures soient un minimum cicatrisées pour que tu ne risques pas de les rouvrir en faisant un faux mouvement. De toute manière, tu ne pourras pas faire grand-chose dans cet état.

Elle comptait le couver comme ça pendant des jours ? Il soupira puis lui fit signe de laisser tomber, ils se reverront ce soir. Elle soupira, elle aussi, puis l’embrassa sur le front avant de prendre son sac et de partir. Il regarda la porte se fermer puis se remit correctement, réfléchissant. Il avait les idées un peu plus claires, ce matin, et voulait revoir les détails qu’il aurait pu louper. Il revoyait le tueur courir pour l’attaquer, essayant de se concentrer sur tous les détails. C’était très étrange, mais cette scène avait comme un air familier… Comme s’il avait déjà combattu contre cet homme autrefois… Mais c’était impossible. Il fit de son mieux, se concentrant, essayant de savoir s’il avait déjà pu croiser ce type et où. Sa façon de foncer, de se déplacer. Et al question la plus importante, pourquoi s’en prendre uniquement aux Alchimistes d’Etat ? Se pourrait-il que ce soit un ancien soldat de l’armée ? Un alchimiste ne supportant pas ces hommes et femmes qui se vendaient à l’armée ? Ou quelqu’un ayant une raison de leur en vouloir personnellement ? Ils étaient utilisés comme des armes et avaient déjà provoqué bien des morts. Cet homme pouvait avoir un fort motif de vengeance.

Après le temps de midi, un infirmier l’aida à s’asseoir dans un fauteuil roulant et il pu téléphoner à sa mère. Il lui expliqua ce qui s’était passé la veille, se bornant à lui dire qu’il avait été attaqué, se trouvait à l’hôpital et qu’il devrait en sortir dans quelques jours. Il la prévint aussi de ne rien faire avec ses amis, pas pour le moment, ce qui ne parut pas lui plaire. Il poussa un long soupir, les yeux fermés, une main posée contre le bandage de la blessure. Il ne voulait juste pas qu’elle soit mêlée à cette histoire et soit blessée ! C’était pourtant facile à comprendre, n’est-ce pas ? Il allait lui dire une fois de plus de ne pas s’en mêler lorsqu’elle lui raccrocha au nez. Il fixa le téléphone, à moitié exaspéré, puis raccrocha à son tour. Il aurait pu tout aussi bien parler à la porte avec le même résultat, elle n’allait en faire qu’à sa tête. Un infirmier le ramena dans sa chambre et il se recoucha avec un peu de peine. Il passa ensuite une bonne partie de l’après-midi à noter les détails sur un petit carnet, essayant de faire le lien entre tout ça.

Riza revint le soir, les bras chargés d’affaires. Il reposa le carnet sur la petite table, perdu dans ses pensées. Il était persuadé d’avoir déjà vu ce genre d’attaque mais ne parvenait pas à se souvenir où, c’était trop vague, juste une impression qui ne lui servait pas. Avec ça, le fait de savoir sa mère sur la piste du tueur était très loin d’être rassurant.

– Alors, comment te sens-tu ? demanda-t-elle en posant ses affaires sur le fauteuil. Tu as pu te reposer un peu, pas de nouveau problème à l’horizon ? J’ai pu parler avec le reste de l’équipe, ce midi, on s’est organisé pour le déménagement mais ils ne vont nous aider que pour les meubles et tout ce qui exige la camionnette. Le reste, je tenais à le faire avec toi.

– D’accord, répondit-il d’un ton pensif. Je vais mieux, ne t’en fais pas. J’ai appelé ma mère à midi pour la prévenir.

Et il ne devinait que trop bien où elle devait se trouver en ce moment. Rah, bon sang ! Il savait qu’elle était très douée pour récupérer des informations en tous genres mais il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter, depuis qu’il avait affronté le tueur. Il s’inquiétait aussi pour Edward, même s’il ne l’avouera jamais à haute voix et surtout pas en face de lui. Ce nabot insupportable en ferait une crise, de toute façon, avec son agitation habituelle.

– Riza, il y a une chose dont je dois te parler, ajouta-t-il en tournant la tête vers elle. Si jamais il m’arrive quelque chose, je t’interdis de te tuer après. Tu ne dois pas abandonner ton envie de vivre, quoi qu’il arrive, d’autant plus avec ce bébé. Tu comprends ? Et ça, ce n’est pas un conseil, c’est bien un ordre. Tu ne dois pas mourir à cause de moi.


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Mar 4 Aoû 2015 - 12:18

Roy – D’accord, répondit-il d’un ton pensif. Je vais mieux, ne t’en fais pas. J’ai appelé ma mère à midi pour la prévenir.

Riza entrouvrit légèrement la fenêtre avant de s’asseoir, lançant un regard à Roy. Elle savait qu’il ne le voulait pas, qu’il aurait préféré ne pas mettre sa mère au courant et qu’il voulait la préserver. Mais, comme il l’avait très justement souligné, elle devait sûrement déjà tout savoir avec son « réseau »… Il avait très bien fait de la prévenir, ne serait-ce que pour la rassurer parce qu’il était en état de l’appeler. C’était peut-être un détail à ses yeux, mais Riza se doutait que cela comptait énormément et avait déjà dû rassurer sa mère, même si ni l’un ni l’autre ne le dirait. Elle s’installa dans le fauteuil près du lit, regardant son supérieur un bref instant de haut en bas après avoir déplacé ses affaires par terre. Il était toujours très pâle mais en effet, il semblait se sentir un peu mieux. La nuit l’avait sans doute aidé à y voir plus clair et à se calmer, même s’il avait dû retourner la scène encore et encore dans sa tête pendant toute son absence. Riza croisa les jambes, posant sa veste sur ses genoux sans rien dire. Il pouvait lui en vouloir tant qu’il le voulait, elle ne changerait pas d’avis sur cet appel.

Roy – Riza, il y a une chose dont je dois te parler, ajouta-t-il en tournant la tête vers elle. Si jamais il m’arrive quelque chose, je t’interdis de te tuer après. Tu ne dois pas abandonner ton envie de vivre, quoi qu’il arrive, d’autant plus avec ce bébé. Tu comprends ? Et ça, ce n’est pas un conseil, c’est bien un ordre. Tu ne dois pas mourir à cause de moi.

Il… Mais il… Il ne pouvait pas user de son grade pour lui ordonner une telle chose ! Riza se sentit blêmir mais ne bougea pas d’un millimètre, regardant son supérieur en écarquillant légèrement les yeux. Il ne pouvait pas… Si jamais il mourait, ce serait uniquement parce qu’elle n’avait pas réussi à le protéger, qu’elle n’avait pas rempli son unique mission alors qu’il lui faisait confiance. Comment pourrait-elle continuer après ? Riza baissa la tête sur sa veste, serrant un peu les poings, toujours silencieuse. Elle le détestait. Elle le détestait pour lui avoir ordonné une telle chose, lui donner un ordre en sachant qu’elle ne pourrait, de toute façon, pas refuser de le suivre. Surtout qu’elle ne pouvait pas, tout simplement, accepter de « ne pas abandonner son envie de vivre » parce qu’il le lui demandait. Ca ne se commande pas ! De tous les ordres qu’il pouvait lui donner, c’était celui-ci qu’il choisissait…

Elle comprenait, oui, qu’il ne veuille pas causer sa propre mort, mais elle voulait aussi qu’il comprenne que ce n’était pas uniquement sa mort qui provoquerait la sienne. Si Riza se tuait, ce serait parce qu’elle n’avait pas accompli son devoir. Elle s’était engagée dans l’armée pour le suivre, pour voir son utopie idéaliste, à laquelle peu de personnes croyaient, se réaliser, pour continuer à croire que son père avait tort et s’était trompé sur toute la ligne. Si elle-même était incapable d’aider à réaliser cela, comment pourrait-elle se regarder dans un miroir par la suite en vivant vraiment ? Oui, il y avait cet enfant… Ce bébé qui allait naître. Mais quelle vie aurait-il ? Quelle mère ferait-elle si lui n’était plus là ?

Riza ramena son bras droit vers elle, sa main se crispant sur son ventre, toujours le regard baissé. Elle avait envie d’insulter Roy de tous les noms mais ne le pouvait pas. Pour la première fois depuis qu’elle le connaissait, elle aurait voulu dire tout ce qu’elle pensait sans le pouvoir pour autant à cause de la hiérarchie militaire. Le lieutenant éloigna sa main de son ventre, la reposant sur ses genoux croisés, et redressa la tête pour regarder son supérieur, tâchant de dissimuler ce qu’elle ressentait en cet instant précis.

Riza – Entendu, dit-elle en hochant la tête dans un effort presque surhumain. Je ne me tuerai pas.

Elle ne pouvait pas faire mieux. Au moins, elle avait été franche en lui disant clairement qu’elle acceptait de ne pas se tuer et pas le fait de ne pas abandonner l’envie de vivre. Elle ne pourrait pas, voilà tout, quoi qu’il pense. Riza n’ajouta rien, restant parfaitement silencieuse alors que Roy lui jetait un regard et poussait un soupir. Désolée, mais non, elle ne pouvait pas tout accepter, c’était ça ou rien.

Roy – Tu me détestes pour ça, pas vrai ?

Riza ouvrit légèrement la bouche, prête à dire que oui, elle le détestait, mais elle ignorait si elle le pouvait vraiment et se contenta donc de ne rien dire en s’obligeant à garder la tête droite. Evidemment qu’elle le détestait, quelle question ! Il utilisait la hiérarchie pour lui faire faire des choses qu’elle ne voulait pas, et refuser cela serait le comble pour quelqu’un qui avait accepté de tuer des centaines de personnes à cause de cette même hiérarchie.

Riza – Tu connais déjà la réponse à cette question. De tous les ordres que tu pouvais me donner, tu choisis celui-ci… Comment veux-tu que je ne t’en veuille pas ?

Roy – Je choisis celui-ci car c'est le plus important. Tu peux m'en vouloir, ce n'est pas grave, je n'ai juste pas envie que tu meures à cause de moi, alors que tu portes notre enfant. De plus, je te fais confiance pour protéger mes arrières, ça inclue que tu sois assez forte pour repousser tout désir de suicide.

Mais c’était impossible ! Elle était assez forte pour de nombreuses choses, elle avait surmonté la mort de son père, la guerre contre Ishbal, elle l’avait suivi pendant des années et avait essuyé toutes les critiques reçues parce qu’elle était sniper et assistante d’un Alchimiste d’Etat. Mais chaque personne a ses points faibles, et Roy était précisément le sien. Elle ne l’avait compris que lorsqu’elle l’avait vu à terre, couvert de sang, et l’admettait, l’acceptait, mais ne pouvait l’ignorer. Il voulait qu’elle repousse tout désir de suicide s’il mourait… Dans ce cas, Riza s’entraînerait encore plus dur pour ne laisser aucune chance de survie aux personnes qui risquaient de s’en prendre à lui.

Riza – Si tu meurs, ce sera parce que je n’aurai pas été capable de te protéger et de remplir la seule mission que tu me confies depuis des années. A partir de ce moment, ce serait logique que je pense à cela… Je m’entraînerai donc plus dur pour que ça n’arrive pas.

Roy soupira plus fort en posant un bras sur ses yeux mais Riza ne comptait pas céder là-dessus, elle soutenait son regard avec un air déterminé, certaine de ce qu’elle faisait. De toute manière, il ne pouvait pas surveiller qu’elle ne s’entraînait pas, et lui s’entraînait beaucoup aussi. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait à ce niveau, on n’interdit pas à un soldat de s’entraîner, ce serait stupide.

Roy – Tu t'entraînes déjà assez, tu le sais aussi bien que moi. Ne t'épuise pas non plus et garde la tête froide. Tu ne pourras pas toujours être près de moi, il y a certaines missions où je pars sans toi, sans l'équipe, seul ou avec d'autres alchimistes. Mais quand on porte cet uniforme, il faut accepter que ça puisse nous mener à la tombe en un instant. Je ne compte pas me laisser tuer si facilement donc respire.

Riza – Je garde la tête froide. Tout le monde a ses points faibles, il faut l’accepter et c’est ce que je fais. Je sais que tu peux te défendre, que tu en es parfaitement capable, mais si tu refuses la garde rapprochée de Bradley, il faut bien que je compense en te protégeant du mieux que je peux. Donc, je m’entraînerai plus et je ne m’épuiserai pas.

Roy – Je n'ai pas dit que je la refusais, juste que j'en avais déjà une. Et il voulait surtout me faire enfermer.

C’est cela, et il ne se mettait jamais en danger, peut-être ? D’accord, être protégé peut être ennuyant, elle savait qu’il détestait cela, mais s’il voulait qu’elle ne perde pas toute envie de vivre, lui aussi devait faire attention. Riza ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel, cette fois, exaspérée. Peut-être, oui, peut-être le Président voulait-il le faire enfermer mais c’était logique vu qu’il ne se tenait pas tranquille ! Elle reprit en le fixant sans cacher ce qu’elle pouvait ressentir, cette fois. C’était précisément pour ce genre de réactions qu’on les prenait pour des gamins…

Riza – Roy, s’il voulait t’enfermer, c’est uniquement parce que tu ne fais pas attention ! Je sais que tu détestes être protégé, mais regarde ce qui t’est arrivé hier. Tu répètes tout le temps qu’Edward n’en fait qu’à sa tête, mais parfois…

Riza fit un vague signe du bras pour exprimer son exaspération grandissante. Ils étaient à tuer, tous les deux, même s’ils refusaient de voir à quel point ils se ressemblaient. D’accord, Edward n’était pas militaire et n’acceptait pas tous les ordres, mais même à ceux auxquels il devait se plier, il ne les exécutait pas, parfois. Le Colonel était bien plus soumis à l’autorité militaire mais il s’en arrangeait lorsqu’il ne voulait vraiment pas écouter. Ils étaient tous les deux bornés et irréfléchis à certains niveaux, même s’ils ne l’acceptaient pas. Elle se rencogna dans son fauteuil en poussant un soupir, croisant les bras. Ils étaient épuisants, l’un aussi bien que l’autre. Mais soit, rester calme, respirer, ne pas hurler. Il était toujours blessé, après tout.

Riza – Tu me demandes de ne pas me tuer si tu meurs. J’ai accepté, sauf que je ne pourrai pas repousser tout désir de suicide. Je ne le ferai pas, mais toi, accepte au moins de faire attention et de ne pas te mettre en danger inutilement. Tu ne veux pas être escorté au moindre de tes déplacements, je peux le comprendre, mais je t’accompagnerai alors. Et le fait qu’on soit ensemble ne change rien à ce que je risquais de faire si tu mourais, je crois que j’aurais réagi comme cela depuis des années, même si je ne le savais pas.

Riza fit un petit sourire triste en regardant son supérieur, ayant accepté tout cela depuis bien longtemps malgré ce qu’elle pensait. Les choses avaient beaucoup changées et elles risquaient encore de changer, ce qui remettrait peut-être toute leur discussion en question d’ici quelques années, mais le souligner maintenant serait stupide. Elle ne voulait pas épuiser Roy, pas maintenant alors qu’il devait se remettre de ses blessures. Elle se rapprocha un peu de lui, voulant mettre un terme à cette discussion et le lancer sur un autre sujet, et lui attrapa timidement la main. Elle ne céderait pas pour l’escorte et sa protection, de toute façon, quoi qu’il dise. C’était peut-être exagéré ou tout ce qu’il voulait, mais non négociable.

Riza – Changeons de sujet, si tu veux bien. Qu’as-tu fait de ta journée, toi qui détestes être coincé dans un lit ? Tu as cherché à te rappeler l’attaque, je suppose, est-ce que quelque chose t’est revenu en mémoire ? Quelles sont tes conclusions ?


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Lun 10 Aoû 2015 - 11:49

Roy jeta un long regard à Riza, la voyant très nettement pâlir, avant de baisser la tête et serrer les poings. Il retint un soupir, un bras posé contre lui, l'autre le long de son corps, sans plus rien ajouter. Il ne devinait que trop bien ce qu'elle devait penser en ce moment même, sûrement bien occupée à l'insulter de tous les noms. Et elle pourra le faire pendant des jours ou des mois si elle le souhaitait, il n'allait pas regretter ce q'il avait dit. Qu'elle meure à cause de lui était tout simplement hors de question. Et leur enfant ! Quelle vie aurait-il si ses deux parents mouraient ? Comment vivra-t-il à son tour ? Ils avaient tous les deux connus la perte de leurs parents très jeunes et il refusait que ce bébé vive la même chose. Enfin, autre raison mais non des moindres, Riza devait avoir la force mentale de supporter ce genre de choses. Il l'avait prise comme assistante directe justement parce qu'elle était capable d'assumer et de faire face à ce genre de situation. Il comptait donc sur elle pour l'avenir.

Il attendit qu'elle réponde, réagisse, lui affirme qu'elle avait compris et qu'elle ne se suicidera pas. Il tenait à ce qu'elle le lui dise en face, il voulait entendre de sa bouche qu'elle ne mettra pas fin elle-même à ses jours, c'était très important. Lorsqu'elle releva enfin la tête, il eut la confirmation qu'elle brûlait sûrement d'envie de l'insulter de tous les noms en cet instant. Oui, qu'il use de son grade était déloyal mais c'était au moins un moyen d'être certain que cet ordre soit respecté. Il resserra un peu le poing sur le drap, sans une once de regrets pour ce qu'il venait de faire. Tout ce qui comptait était d'être sûr qu'il ne soit pas responsable de sa mort, elle ne devait pas y rester pour lui.

– Entendu, dit-elle en hochant la tête dans un effort presque surhumain. Je ne me tuerai pas.

Il lâcha un très long soupir, conscient qu'elle avait parfaitement éludé l'autre partie de sa demande. Ne comprenait-elle qu'il ne voulait juste pas la voir se mettre elle-même ne balle dans le cœur pour le suivre dans la mort ? Et vu son ton, il devinait qu'elle allait lui en vouloir pendant un sacré bout de temps, c'était idéal pour commencer sereinement leur vie de couple, cette histoire.

– Tu me détestes pour ça, pas vrai ?

– Tu connais déjà la réponse à cette question. De tous les ordres que tu pouvais me donner, tu choisis celui-ci… Comment veux-tu que je ne t’en veuille pas ?

– Je choisis celui-ci car c'est le plus important. Tu peux m'en vouloir, ce n'est pas grave, je n'ai juste pas envie que tu meures à cause de moi, alors que tu portes notre enfant. De plus, je te fais confiance pour protéger mes arrières, ça inclue que tu sois assez forte pour repousser tout désir de suicide.

C'était peut-être dur, mais c'était comme ça, pas autrement ! Elle avait accepté de le suivre, de le soutenir, d'être son assistante, alors qu'elle savait parfaitement depuis le début toutes les mauvaises conséquences qui en découleront. C'était ça, le fonctionnement de l'armée, ils se devaient d'avoir l'esprit solide en toutes circonstances, ne jamais flancher, ne jamais abandonner quoi que ce soit. Riza était lieutenant, elle savait très bien qu'un soldat ne doit pas se laisser abattre et encore moins songer à mettre fin à ses propres jours, peu importe les raisons. Il la couvait du regard, le visage un peu plus dur. Elle devait comprendre tout cela très vite, surtout maintenant. Ils étaient adultes et avaient déjà vu bien des horreurs, ils ne pouvaient plus se permettre de penser comme des enfants.

– Si tu meurs, ce sera parce que je n’aurai pas été capable de te protéger et de remplir la seule mission que tu me confies depuis des années. A partir de ce moment, ce serait logique que je pense à cela… Je m’entraînerai donc plus dur pour que ça n’arrive pas.

Il grinça des dents et poussa un soupir encore plus marqué, posant un bras sur ses yeux, la tête reposant contre l'oreiller. Qui était borné, déjà ... ? Elle pouvait lui faire confiance et ce n'était pas, de très loin, la "seule mission" qu'il lui confiait depuis des années. Il n'avait pas envie qu'elle se rendre malade ! Elle était précieuse pour lui et il lui confiait jusqu'à sa propre vie sans hésiter une seule seconde.

– Tu t'entraînes déjà assez, tu le sais aussi bien que moi. Ne t'épuise pas non plus et garde la tête froide. Tu ne pourras pas toujours être près de moi, il y a certaines missions où je pars sans toi, sans l'équipe, seul ou avec d'autres alchimistes. Mais quand on porte cet uniforme, il faut accepter que ça puisse nous mener à la tombe en un instant. Je ne compte pas me laisser tuer si facilement donc respire.

Il pinça les lèvres après avoir fini sa phrase, les yeux fermés sous son bras. Il y aura toujours des moments où il sera finalement seul mais il savait se défendre, l'assassin ne pourra plus le prendre par surprise comme ça. Il connaissait les risques et les enjeux, il avait très bien compris. Et il n'était pas resté sans défense, la veille, à attendre de se faire tuer ! Il se mordit un peu l'intérieur de la joue, afin de rester calme et de ne pas s'agiter. Le docteur serait bien capable de l'achever, sinon, il n'était pas censé s'énerver. Et s'il voulait sortir de là le plus vite possible, autant rester bien tranquille.

– Je garde la tête froide. Tout le monde a ses points faibles, il faut l’accepter et c’est ce que je fais. Je sais que tu peux te défendre, que tu en es parfaitement capable, mais si tu refuses la garde rapprochée de Bradley, il faut bien que je compense en te protégeant du mieux que je peux. Donc, je m’entraînerai plus et je ne m’épuiserai pas.

Quand avait-il refusé la garde rapprochée de Bradley... ? Il ne lui en avait jamais proposé une puisque Roy avait déjà ses subordonnés avec lui. De plus, ce n'était pas exactement ça la "proposition" de Bradley.

– Je n'ai pas dit que je la refusais, juste que j'en avais déjà une. Et il voulait surtout me faire enfermer.

Elle leva les yeux au ciel, sans plus cacher son exaspération. Il se retint de faire la même chose, sachant qu'ils n'allaient faire que tourner en rond, dans une dispute stérile qui allait les fatiguer tous les deux et ils n'avaient pas besoin de ça. Il se frotta le front, repoussant ses mèches noires, les yeux dans le vague. Il était déjà épuisé par cette "discussion" et aimerait bien que Riza comprenne que oui, il faisait attention, et que non, il ne voulait pas la voir mourir comme ça.

– Roy, s’il voulait t’enfermer, c’est uniquement parce que tu ne fais pas attention ! Je sais que tu détestes être protégé, mais regarde ce qui t’est arrivé hier. Tu répètes tout le temps qu’Edward n’en fait qu’à sa tête, mais parfois…

Parfois, il faisait la même chose, tout comme Riza, oui, il avait compris. Il ne répondit rien, remettant son bras le long du corps en retenant un long soupir exaspéré, tout comme elle. Il ne détestait pas être protégé, par contre, être collé toute la journée par des gardes du corps n'avait rein de réjouissant. C'était plus le principe qui le dérangeait, le fait qu'être alchimiste pour l'armée non seulement vous désignait d'office comme un monstre ou une arme humaine mais vous contraignait à être gardé comme une arme hors de prix. D'ordinaire, il le supportait très bien, mais lorsqu'il était fatigué ou blessé, cela devenait bien plus pénible. Enfin, il devait faire avec.

– Tu me demandes de ne pas me tuer si tu meurs. J’ai accepté, sauf que je ne pourrai pas repousser tout désir de suicide. Je ne le ferai pas, mais toi, accepte au moins de faire attention et de ne pas te mettre en danger inutilement. Tu ne veux pas être escorté au moindre de tes déplacements, je peux le comprendre, mais je t’accompagnerai alors. Et le fait qu’on soit ensemble ne change rien à ce que je risquais de faire si tu mourais, je crois que j’aurais réagi comme cela depuis des années, même si je ne le savais pas.

Très bien... Il ne coupera pas à l'escorte de toute façon, surtout après ce qui s'était passé. Riza rapprocha tout à coup le fauteuil du lit d'hôpital puis lui prit doucement la main. Il tourna à moitié la tête vers elle, désolé de lui infliger ça. Elle ne s'était pas attachée à la bonne personne... C'était encore plus flagrant pour elle que pour le reste de ses coéquipiers.

– Changeons de sujet, si tu veux bien. Qu’as-tu fait de ta journée, toi qui détestes être coincé dans un lit ? Tu as cherché à te rappeler l’attaque, je suppose, est-ce que quelque chose t’est revenu en mémoire ? Quelles sont tes conclusions ?

Il ne répondit pas tout de suite, attrapant de sa main libre le petit carnet noir où il avait écrit ses notes aujourd'hui. Il le feuilleta pensivement, toujours avec cette impression persistante de déjà-vu. Comme s'il avait déjà affronté ce tueur. Il tuait ses victimes avec une alchimie de destruction humaine, mais ne créait rien, aucune arme, il ne faisait que détruire.

– L'alchimie nécessite trois étapes, dit-il d'un ton pensif. Comprendre, détruire, recréer. Ce type s'arrête à la seconde étape, il n'essaye même pas de créer des armes ou de modifier le terrain où il évolue, il se contente de détruire. Et il ne frappe qu'avec un bras, il doit avoir un cercle de transmutation quelque part. Peut-être un tatouage.

Il laissa reposer le carnet sur sa couverture, serrant la main de Riza. Les cercles pouvaient être dessinés sur des gants, des vêtements, des armes, ou même tatoués et gravés à même la peau, souvent sur les mains. On les dessinait parfois au sol, aussi, à la craie. Seul Edward et quelques autres, très rares, pouvaient défier cette logique, à présent, utilisant l'alchimie en frappant dans leurs deux mains pour créer le cercle. Ceux qui avaient accompli une transmutation humaine et en étaient revenus vivants, somme toute. Et à peu près entiers.

– J'ai l'impression d'avoir déjà combattu ce type, ajouta-t-il ensuite. Je ne sais pas pourquoi, ça ne me lâche plus. Sa façon de bouger et de courir, ça me rappelle... Il...

Il s'interrompit tout net, pâlissant un peu, revoyant d'un bloc cet homme, courant avec lui avec un couteau acéré, au milieu de maisons en ruines et fumantes, vêtu d'une sorte de toge et d'une ceinture qui le prenait en travers du torse. Cet homme, fort et rapide, qu'i avait brûlé dans un éclat violent de flammes, au milieu du désert. Serait-ce possible que... Cela expliquerait sa haine des Alchimistes d'Etat. Il posa sa main libre dessus sa blessure, les yeux dans le vague, avec un petit grognement.

– Un Ishbal, murmura-t-il. Un des moines combattants Ishbal... Mais ce n'est pas possible, ils détestent l'alchimie, surtout après la guerre, pourquoi l'utiliser de cette façon ? Si ce type est un Ishbal, il a un motif de vengeance très puissant contre les Alchimistes d'Etat.

Il soupira, mettant sa main sur son visage pour se frotter les yeux. Ce n'était qu'une intuition, il ne pouvait absolument rien prouver, ce qui était terriblement frustrant.

– Il faudrait que je fasse un rapport de l'attaque, au moins, marmonna-t-il. Je ne peux pas me déplacer directement. Quelqu'un a téléphoné à Edward ? Quant à toi, fais attention aussi. Il n'y a pas que ce tueur, mais aussi cet espèce de monstre alchimique qui s'en est pris à la générale, aux manœuvres. Cette chose en veut visiblement à l'armée, donc toi et l'équipe, restez sur vos gardes, d'accord ?


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Lun 17 Aoû 2015 - 19:47

Riza regarda Roy sans faillir, décidée à changer de sujet pour ne pas s’étendre sur l’ordre de ne pas se tuer. Elle comprendrait sûrement dans une heure ou deux, ou dans quelques jours, mais pour l’instant, il fallait qu’elle digère le coup bas. Il ne pouvait pas user de son grade pour la contraindre à l’obéir quand elle ne le voulait pas, ils devaient poser les limites entre « armée » et « vie privée », sinon ils ne s’en sortiraient jamais. Cependant, elle ne voulait pas en parler maintenant. Pas envie et ce n’était pas le moment, elle ne serait pas objective et s’obligeait à refouler la colère qu’elle ressentait pour ne pas regretter ce qu’elle pourrait dire. Riza serrait la main de Roy qui venait de prendre son petit carnet noir de sa main libre, le laissant relire ce qu’il avait dû écrire. Elle savait qu’il lui était impossible de ne pas y repenser, c’était plus fort que lui, donc autant que cela serve.

Roy – L'alchimie nécessite trois étapes, dit-il d'un ton pensif. Comprendre, détruire, recréer. Ce type s'arrête à la seconde étape, il n'essaye même pas de créer des armes ou de modifier le terrain où il évolue, il se contente de détruire. Et il ne frappe qu'avec un bras, il doit avoir un cercle de transmutation quelque part. Peut-être un tatouage.

Roy laissa le carnet et lui serra un peu plus la main alors qu’elle réfléchissait. Riza avait retenu certains principes de l’alchimie à force de l’aider à étudier son propre tatouage, mais ce qu’il disait était étrange. Les alchimistes ne devaient donc pas exécuter les trois étapes à chaque fois ? Ils pouvaient s’arrêter à la deuxième et ne pas utiliser leurs deux bras ? Bon, ce dernier point était possible vu que Roy ne faisait que claquer des doigts lorsqu’il avait ses gants pour certaines « attaques », mais la destruction… Au moins, ils savaient qu’il devait avoir un tatouage quelque part, un mais était-ce toujours de l’alchimie s’il ne créait rien ?

Roy – J'ai l'impression d'avoir déjà combattu ce type, ajouta-t-il ensuite. Je ne sais pas pourquoi, ça ne me lâche plus. Sa façon de bouger et de courir, ça me rappelle... Il...

Riza tourna la tête vers lui en ne l’entendant pas continuer puis en le voyant pâlir d’un coup. Il s’était fait mal ? Ou avait fait le lien avec quelque chose ? Elle fronça les sourcils sans rien dire tout de suite, attendant qu’il parle sans comprendre ce qu’il avait pu réaliser. Elle n’avait rien dit, en plus… Roy avait déjà vu cet homme quelque part, il s’était battu contre lui ? Mais non, un homme avec une telle alchimie, il lui en aurait parlé et elle-même ne l’avait jamais vu dans les personnes qu’il rencontrait. Sauf si la rencontre avait eu lieu lors des moments où elle n’était pas à ses côtés, ce qui était possible et diminuait les suspects. Elle eut un air légèrement inquiet en le voyant poser sa main sur sa blessure avec les yeux dans le vague. Il avait compris, oui, et donc ?

Roy – Un Ishbal, murmura-t-il. Un des moines combattants Ishbal... Mais ce n'est pas possible, ils détestent l'alchimie, surtout après la guerre, pourquoi l'utiliser de cette façon ? Si ce type est un Ishbal, il a un motif de vengeance très puissant contre les Alchimistes d'Etat.

Riza entrouvrit légèrement la bouche, dévisageant Roy en lui serrant la main un peu plus fort alors que lui soupirait et portait sa main à son visage. Si cet assassin était un Ishbal, il avait eu une chance immense de s’en tirer. Son grade ne faisait que le rappeler, le prouver ! Les Ishbals avaient toutes les raisons du monde de leur en vouloir, surtout aux Alchimistes d’Etat qui avaient sans doute tué plus de personnes innocentes que plusieurs soldats réunis à cause de l’alchimie. Certains avaient quitté l’armée tant cette guerre les avait rendus malades, mais Roy, lui, était resté… Il avait continué et avait pris du grade, il était resté malgré le sang qu’il avait sur les mains. Et personne ne comprenait cela, encore moins les victimes survivantes.

Le lieutenant sentit sa gorge se serrer, incapable de parler pour l’instant. Un Ishbal… Si Roy ne comprenait pas pourquoi il utilisait l’alchimie pour détruire et tuer alors qu’eux-mêmes avaient fait la même chose, Riza le comprenait sans aucune difficulté. C’était un moyen, pour cet homme, de se venger en les narguant peut-être et en rendant hommage aux siens, un moyen de leur rendre la monnaie de leur pièce. Ils avaient tué avec l’alchimie, ils devaient donc mourir avec l’alchimie…

Roy – Il faudrait que je fasse un rapport de l'attaque, au moins, marmonna-t-il. Je ne peux pas me déplacer directement. Quelqu'un a téléphoné à Edward ? Quant à toi, fais attention aussi. Il n'y a pas que ce tueur, mais aussi cet espèce de monstre alchimique qui s'en est pris à la générale, aux manœuvres. Cette chose en veut visiblement à l'armée, donc toi et l'équipe, restez sur vos gardes, d'accord ?

Riza – Breda a appelé Edward directement et je vais le prévenir des dernières informations dont tu t’es souvenu, dit-elle après avoir hoché la tête. Mais ne t’inquiètes pas pour nous, tu dois te reposer si cet assassin est vraiment un Ishbal. Nous sommes capables de nous défendre et ta théorie tient la route mais je pense qu’on ne risque rien avec lui, il voudra sûrement te tuer d’abord ou s’en prendre à d’autres Alchimistes d’Etat pour commencer. Quant à cette chose…

Le tueur d’alchimistes ne la rassurait pas, surtout s’il risquait de s’en prendre à Roy une nouvelle fois maintenant qu’il était dans cet état. S’il voulait vraiment le tuer, il le pourrait en sachant que son adversaire et ennemi était blessé et n’était pas passé loin de la mort. Il faudrait des soldats près de l’hôpital au cas où, un peu plus du moins, parce que ceux qu’elle avait croisés ne semblaient pas enchantés de veiller sur le Colonel Mustang à cause de son tempérament. Ce qu’elle ne pouvait leur reprocher, malheureusement… Cependant, il était en danger et vulnérable tant qu’il était dans cet hôpital.

Restait donc la chose, le monstre alchimique qui en avait après l’armée. Il voulait qu’ils restent sur leurs gardes, peut-être, mais il fallait faire des recherches pour en savoir plus. Pourquoi le Président ne leur avait-il rien dit ? Pourquoi Miles avait-il réagi comme cela ? A quoi Roy et Edward avaient-ils pensé ? Elle avait nettement vu la réaction de son supérieur lorsque Miles en avait parlé mais n’avait pas relevé sur le moment, n’entendant que des noms pour un monstre assez fort qui avait bien amoché la Générale Armstrong. Riza fronça les sourcils en tournant la tête vers Roy, cherchant dans sa mémoire les noms possibles de cette chose. Qu’avait dit Miles… Une chimère, oui, mais il y avait une autre hypothèse.

Riza – Roy, dit-elle après un moment, quand tu parlais de cette… de ce monstre, lorsque Miles est venu nous parler… Il a mentionné une chimère ou autre chose, et j’ai vu la tête que tu as faite à ce moment-là. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que c’était ? Il faudrait que l’on se renseigne sur ce monstre pour savoir comment se défendre. Tu as vu l’état de la générale, elle est beaucoup plus forte que nous et elle s’est fait avoir. Que sais-tu que tu ne m’as pas encore dit ? Je suis prête à tout entendre, vraiment.

Roy – Un Homonculus. Ce sont des humains artificiels, créés grâce à la pierre philosophale, qui est leur cœur. Des êtres immortel, très puissants, mais on ne sait pas grand-chose. Enfin, en créer un est impossible, c'est très largement au-dessus du niveau des alchimistes d'état.

Des humains artificiels… Riza ne répondit rien et hocha la tête, caressant sans réfléchir la main de Roy, pensive. Créer des humains artificiels… En dehors du fait que c’était contre-nature, qu’elle n’osait imaginer ce qu’il fallait faire pour pouvoir le faire étant donné leur histoire de principe équivalent, que ces humains étaient immortels, puissants… Bon, d’accord, elle devait bien admettre que cette hypothèse était peu probable, surtout vu les conséquences d’une telle création, mais pourquoi le Président leur avait-il caché cette agression ? Si cela avait été une chimère, il en aurait forcément parlé, ils auraient pu aider à la retrouver. En revanche, un être humain artificiel pouvait ressembler à n’importe qui, n’était pas reconnaissable à distance et cela susciterait l’effroi. Une générale se fait agresser et personne ne sait qui est l’agresseur… Cette hypothèse la dégoûtait, mais il fallait bien admettre que des zones sombres et floues persistaient.

Riza – Je vais chercher des informations là-dessus. Je sais qu’il faut un très haut niveau pour réussir une telle chose, mais… Même si cette idée me répugne, on ne peut pas écarter cette hypothèse. Il y a trop de questions qui restent sans réponse : pourquoi le Président ne nous a pas parlé de l’agression de la générale ? Pourquoi Miles pense-t-il à cela ? Comment n’a-t-il pas vu qui l’attaquait alors qu’il est arrivé et qu’il a fait fuir l’agresseur ? C’est… Il y a quelque chose qui cloche.

Roy – Je ne sais pas ce que cherche le Président. Les soldats du Nord ont une telle façon de le regarder, ça se voit qu'ils se méfient. Ils ont peut-être découvert quelque chose. Et rien n'affirme que Miles ait fait fuir l'agresseur ou que ce truc se soit enfui seul.

Riza – Peut-être… Mais on peut quand même faire des recherches. En restant prudents, si tu nous y autorises.

Roy – Aidez-vous de ceux du Nord, ils ont déjà sûrement commencé.

Riza hocha une nouvelle fois la tête, satisfaite qu’il la laisse faire des recherches là-dessus. De toute manière, ils n’avaient pas le choix, le danger était réel et ils ne connaissaient rien de leur ennemi, ils devaient chercher des informations. Elle appellerait Alex dès demain pour avoir le numéro de sa sœur ou d’un soldat du Nord en évitant de se faire repérer par les hauts gradés. Si Bradley leur avait caché l’agression, c’est qu’il ne contrôlait pas les choses autant qu’il le souhaitait et il refuserait sûrement qu’ils cherchent quoi que ce soit à propos de l’agresseur. Riza en avertit Roy au cas où il voyait une autre option plus sûre puis se tut lorsque l’on frappa à la porte. L’infirmière qui venait vérifier les pansements, s’excusant de déranger en croyant sûrement qu’elle les interrompait. Riza lâcha la main de son supérieur et s’écarta le temps nécessaire… Voyant les blessures. Et il voulait bouger, il trouvait qu’il était trop couvé… ? Vu l’importance de ses blessures, il aurait clairement pu y rester !

Riza – Merci beaucoup, dit-elle d’un ton légèrement plus énervé malgré elle.

L’infirmière venait de sortir, emportant les pansements avec elle. Riza garda un moment les yeux fixés sur les bandages de Roy en pinçant les lèvres avant de soupirer. Et il ne voulait pas qu’elle se tue… Elle se leva soudain en prétextant avoir besoin d’un café, ressentant un besoin d’air pressant, et déposa son sac sur le fauteuil. Cependant, au moment d’ouvrir la porte de la chambre, elle se ravisa, la main sur la poignée. Ils ne pouvaient pas éviter le sujet éternellement, ils devaient poser les limites. Riza poussa un nouveau soupir en fermant les yeux, les rouvrit et se tourna vers Roy en croisant les bras, revenant vers lui sans s’asseoir.

Riza – Désolée, mais il faut qu’on parle. Je sais que tu veux me protéger, mais non, je ne peux pas digérer ce que tu as fait tout à l’heure. J’aimerais qu’on pose des limites. Tu ne peux pas passer du « futur père » au Colonel quand ça te chante ! Peut-être que je te déçois en étant aussi sensible à ce sujet-là, mais tu m’as demandé de te tuer si tu déviais de ton chemin, je te l’ai juré, sauf que je ne peux pas te promettre de ne rien ressentir alors qu’on se connaît depuis autant de temps. J’aimerais des limites, que tu n’abuses pas de la hiérarchie n’importe quand. Comme pour le privé et le public, le vouvoiement et le tutoiement.


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Mer 26 Aoû 2015 - 0:24

– Breda a appelé Edward directement et je vais le prévenir des dernières informations dont tu t’es souvenu, dit-elle après avoir hoché la tête. Mais ne t’inquiètes pas pour nous, tu dois te reposer si cet assassin est vraiment un Ishbal. Nous sommes capables de nous défendre et ta théorie tient la route mais je pense qu’on ne risque rien avec lui, il voudra sûrement te tuer d’abord ou s’en prendre à d’autres Alchimistes d’Etat pour commencer. Quant à cette chose…

Il hocha la tête, appuyé contre l'oreiller qui lui surélevait un peu le dos. Il savait très bien qu'ils étaient tous parfaitement capable de se défendre, oui, il avait confiance en chacun d'entre eux. Il les avait vu se battre et s'entraîner, ils sauront se défendre. D'accord, ce type avait eu plusieurs alchimistes d'état, mais maintenant, chaque soldat était sur ses gardes, il ne pourra pas les vaincre si facilement. Quand aux autres alchimistes, ils devaient aussi rester prudents. Roy repassa mentalement la liste en revue, pensif. Ils étaient peu nombreux à posséder la licence et beaucoup d'entre eux avaient quitté les rangs de l'armée depuis la fin de la guerre. Il y avait aussi les déserteurs, dont on ignorait tout depuis leur disparition. Roy ignorait si Edward sera vraiment menacé, comme il était trop jeune pour avoir participé à cette guerre, mais cela fera-t-il la moindre différence pour cet assassin ? Enfant ou pas, il pourra très bien vouloir le tuer lui aussi. Il était connu, avec ça. Le "plus jeune Alchimiste d'Etat". Tant qu'il était connu pour ça et pas autre chose, ce sera très bien.

Restait cette chose, dont ils ignoraient tout. Roy se souvenait de ses cours sur les homonculus. Il se souvenait de la première fois où son maître lui en avait parlé. C'était un jour où une pluie très forte tombait sur la ville, ils avaient dû allumer de nombreuses lampes dans le bureau pour y voir clair. Roy avait seize ans et était occupé à griffonner et raturer des formules dans un cahier, plongé dans son travail. Riza était à l'école et son maître consultait un épais ouvrage. Ils travaillaient depuis longtemps déjà lorsque son maître avait relevé la tête et lui avait demandé ce qu'il savait des humains artificiels, les homonculus. Roy l'avait beaucoup questionné, à l'époque, pensant qu'il ne pouvait être possible de créer des humains, que donne en échange de la création d'un être pensant et conscient ? Mais le pouvoir de la pierre philosophale permettait d'ignorer la règle de l'échange équivalent. Ce qui était impossible devenait réel. Il revoyait l'air grave de son maître, chaque fois qu'il mentionnait la pierre de légende. Il savait sans doute comment la fabriquer mais n'avait jamais révélé ce secret. "Certaines choses ne devaient pas se savoir", disait-il.

– Roy, dit-elle après un moment, quand tu parlais de cette… de ce monstre, lorsque Miles est venu nous parler… Il a mentionné une chimère ou autre chose, et j’ai vu la tête que tu as faite à ce moment-là. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que c’était ? Il faudrait que l’on se renseigne sur ce monstre pour savoir comment se défendre. Tu as vu l’état de la générale, elle est beaucoup plus forte que nous et elle s’est fait avoir. Que sais-tu que tu ne m’as pas encore dit ? Je suis prête à tout entendre, vraiment.

– Un Homonculus. Ce sont des humains artificiels, créés grâce à la pierre philosophale, qui est leur cœur. Des êtres immortel, très puissants, mais on ne sait pas grand-chose. Enfin, en créer un est impossible, c'est très largement au-dessus du niveau des alchimistes d'état.

Ce n'était pas si étonnant que la générale se soit fait avoir, étant donné qu'elle ne devait pas s'attendre à ce genre d'attaques, encore moins au beau milieu du QG Est. Avec ça, il en fallait beaucoup pour détruire un homonculus, même si Roy les grillait tous vifs, ils se régénéreraient et survivraient. Voilà bien le problème, leur capacité de régénération ! Il regarda la main de Riza, serrée dans la sienne, pensif, durant un moment. Si un homonculus se baladait en liberté dans la région, ils avaient vraiment un très sérieux problème. Rien en pouvait les distinguer des humains normaux, absolument rien.Ils marchaient, respiraient, pouvaient même manger et boire devant d'autres ! Mais ils étaient immortels, guérissaient de tout à une vitesse fulgurante et disposait de certains pouvoirs dont on ignorait tout. Il retint un soupir exaspéré, guère plus avancé. Savoir que ce truc était peut-être un homonculus tant qu'ils ignoraient comment le détruire ! Il ne savait pas comment créer la pierre alors il ne pouvait pas non plus la détruire. Peut-être son alchimie était assez puissante pour ça mais il en doutait.

– Je vais chercher des informations là-dessus. Je sais qu’il faut un très haut niveau pour réussir une telle chose, mais… Même si cette idée me répugne, on ne peut pas écarter cette hypothèse. Il y a trop de questions qui restent sans réponse : pourquoi le Président ne nous a pas parlé de l’agression de la générale ? Pourquoi Miles pense-t-il à cela ? Comment n’a-t-il pas vu qui l’attaquait alors qu’il est arrivé et qu’il a fait fuir l’agresseur ? C’est… Il y a quelque chose qui cloche.

Il haussa légèrement les épaules, lui jetant un coup d'œil. Comment savoir ? Peut-être Miles savait-il autre chose sur l'agression qu'il n'avait pas confié, c'était possible aussi. Après tout, il était en droit de ne guère leur faire confiance, ou pas entièrement du moins. C'était l'armée de l'Est qui s'était retrouvée en première ligne contre Ishbal et Roy était lui connu pour avoir avoir tué le plus de civils, là-bas, dans des souffrances inimaginables. Il serra la couverture, de sa main libre, sans trouver de réponse valable pour le moment.

– Je ne sais pas ce que cherche le Président. Les soldats du Nord ont une telle façon de le regarder, ça se voit qu'ils se méfient. Ils ont peut-être découvert quelque chose. Et rien n'affirme que Miles ait fait fuir l'agresseur ou que ce truc se soit enfui seul.

– Peut-être… Mais on peut quand même faire des recherches. En restant prudents, si tu nous y autorises.

– Aidez-vous de ceux du Nord, ils ont déjà sûrement commencé.

Il ferma les yeux un bref instant, ramenant son bras contre lui. Il avait de petites gênes à respirer, parfois, mais cela passait assez vite. Le docteur lui avait certifié que c'était normal, les médicaments contre la douleur pouvaient faire ça. Il allait répondre à Riza, lorsqu'elle lui parla de Bradley, lorsqu'on toqua à la porte. Une infirmière entra, avec un sourire et un mot d'excuse, pour changer ses bandages. Riza s'écarta un moment, pendant que l'infirmière repoussait la couverture puis lui relevait sa chemise d'hôpital. Il grimaça un peu en voyant l'état de la blessure, assommé pour l'instant par les anti-douleurs. Il laissa sa tête reposer contre l'oreiller pendant qu'elle changeait les bandages, sentant sans peine la faiblesse à ce niveau. Elle restait très professionnelle, plaçant même quelques mots en refaisant le bandage, un peu plus serré. Il la remercia avec un léger soupir, se demandant combien de temps allait prendre la cicatrisation. Il se sentait mieux, aujourd'hui, mais ne devait pas bouger, pour ça, il avait compris.

– Merci beaucoup, dit-elle d’un ton légèrement plus énervé malgré elle.

Roy ramena la couverture sur lui, à sa place initiale. Très bien, il allait devoir rester ici un moment, même s'il détestait les hôpitaux. Il n'avait plus été cloué au lit depuis bien longtemps, plus depuis l'école militaire, en fait, le jour où il avait reçu des balles perdues dans le bras et la jambe. Il était resté à l'hôpital trois jours avant que son médecin ne l'autorise à reprendre l'entraînement, sans oublier toutefois de pester contre la "sécurité indigne" des écoles militaires d'Amestris. Riza se leva tout à coup d'un bond, ce qui lui fit hausser un sourcil. Il n'avait rien dit, là ! Il n'avait même pas bougé ! Qu'est-ce qu'elle avait ? Elle jeta son sac sur le fauteuil, puis lui dit qu'elle avait besoin d'un café et d'un peu d'air. Ah, très bien. Elle filait vers la porte lorsqu'elle s'arrêta tout aussi net. Qu'est-ce que... Elle revint près du lit, debout les bras croisés, alors qu'il lui jetait un regard surpris. Qu'est-ce qu'il avait fait, encore ? Elle ne prenait cet air-là que lorsqu'elle voulait lui reprocher quelque chose. Souvent au bureau, quand il ne travaillait pas assez vite à son goût, ou lorsqu'elle estimait qu'il se mettait en danger.

– Désolée, mais il faut qu’on parle. Je sais que tu veux me protéger, mais non, je ne peux pas digérer ce que tu as fait tout à l’heure. J’aimerais qu’on pose des limites. Tu ne peux pas passer du « futur père » au Colonel quand ça te chante ! Peut-être que je te déçois en étant aussi sensible à ce sujet-là, mais tu m’as demandé de te tuer si tu déviais de ton chemin, je te l’ai juré, sauf que je ne peux pas te promettre de ne rien ressentir alors qu’on se connaît depuis autant de temps. J’aimerais des limites, que tu n’abuses pas de la hiérarchie n’importe quand. Comme pour le privé et le public, le vouvoiement et le tutoiement.

– Il y a une différence entre "ne pas te tuer" et ne "rien ressentir", répliqua-t-il d'un ton plus norme. C'est "abuser" de la hiérarchie de refuser que tu meures à cause de moi ?!

Il s'interrompit en prenant conscience qu'il avait crié la dernière phrase. Il rougit un peu puis soupira, détournant le regard. Elle lui en voulait peut-être, mais non, jamais il ne pouvait laisser passer ça, lui non plus. Surtout maintenant qu'elle était enceinte. Même si elle trouvait ça abusif, peu importe... Il serra les poings sur la couverture, la gorge serrée. Il ne criait jamais, d'habitude, et surtout pas contre elle, mais elle avait touché un point sensible. Il resta silencieux, lèvres serrées, ne voulant reprendre son sang-froid. Il n'allait quand même pas se laisser emporter maintenant pour ça, pas maintenant, ils devaient être un peu responsables.

– C'est abuser de la hiérarchie que de m'empêcher de faire ça, répondit-elle d'une voix plus rauque, assez bas. On n'est même pas mariés, Roy ! Qu'est-ce que ce sera après ? J'ai seulement peur de te perdre...

– Et bien ce sera la première et la dernière fois où "j'abuserai de la hiérarchie", comme tu dis, dit-il lui aussi un ton plus bas. Je n'ai pas l'intention de jouer au soldat une fois que j'ai quitté le boulot. Désolé d'avoir crié.

Il perdait rarement son sang-froid, à vrai dire, ayant plutôt tendance à tout accumuler sans jamais rien dire durant des semaines. Maes passait assez d'heures à le lui reprocher, lui qui à côté pouvait se confier sans le moindre problème ni la plus petite hésitation, il avait toujours parlé plus facilement, sans oublier qu'il savait bien écouter et conseiller les autres. Parfois, Roy li enviait cette capacité, il y a avait des jours où ça pouvait vous changer la vie. Il regarda de nouveau Riza, silencieux, se demandant ce qu'elle pensait maintenant. Charmant pour commencer une vie de couple, franchement. Se crier dessus, se prendre la tête, le tout dans un hôpital, il ne voyait pas mieux. Il chercha comment faire pour repartir sur de bonnes bases, au moins un minimum. Il allait lui demander s'ils pouvaient parler d'autre chose lorsqu'elle se rapprocha tout à coup puis l'embrassa, se penchant. Il écarquilla les yeux, pris de court, s'étant plutôt attendu à ce qu'elle crie à son tour. Elle lui dit que ce n'était rien, qu'elle n'aurait pas dû parler comme ça. Il fronça légèrement les sourcils, largué à présent.

Et ça ne s'arrangea pas lorsqu'elle l'embrassa à nouveau en passant une main sous sa chemise d'hôpital. Il frémit, sans comprendre ce qui lui prenait, alors qu'elle lui disait "On ne devrait pas se disputer, c'est idiot, tu ne crois pas ?". Il posa une main sur son bras, l'autre sur le poignet du bras qu'elle avait glissé sous sa chemise, la regardant droit dans les yeux, les joues plus rouges. Là aussi, c'était parfaitement déloyal ! Elle était beaucoup trop près. Il réussit à lui répondre qu'il pensait plutôt qu'elle allait crier aussi ou le haïr, ce qui serait une réaction logique. Il n'arrivait pas à rester très concentré, cependant, quand elle avait le visage à moins de cinq centimètres du sien. Et il ne pouvait pas bouger, c'état déloyal.

– Tu triches, là.

Il avait parlé un peu plus vite, alors qu'elle lui souriait. D'accord, là, il ne sentait pas bien la suite, elle allait sûrement en profiter. Ou se venger. Ou... Et c'était injuste, déloyal, elle n'avait pas le droit de jouer avec ses sensations, ce n'était pas loyal !

– On ne t'a jamais dit que les couples se réconciliaient comme cela ? Je ne fais qu'appliquer ce que j'ai appris.

Roy ouvrait la bouche pour lui faire remarquer qu'il était dans un lit d'hôpital et qu'elle en profitait honteusement lorsqu'elle se mit carrément à califourchon par-dessus lui, sur le lit. Elle l'embrassa de nouveau, ses mains se baladant sur son torse. Il rougit, son cœur faisant un bond, mettant un moment avant de réagir et de chercher ses mains à tâtons pour les lui prendre, essayant de se défendre un minimum, tout de même, car là, il était ridicule. Il en profita pour reprendre son souffle, mais elle lui reprit aussitôt les deux mains pour les lui bloquer. Eh ! Il déglutit lorsqu'elle recommença à l'embrasser, un peu partout, le cœur battant assez vite. Elle revint sur ses lèvres, alors qu'il avait une vue plongeante sur son décolleté. Là aussi, ce n'était pas du jeu.

– Mieux que la dispute, non ?

– Ça reste déloyal, balbutia-t-il en essayant de libérer ses mains, au moins. Quand tu es trop près comme ça...

Il pouvait sentir son parfum sans le moindre effort, cette odeur légère et familière qui l'accompagnait partout. Elle se redressa puis se rapprocha un peu plus et il écarquilla les yeux en voyant sa poitrine, serrée dans sa chemise.

– Tu veux dire... comme ça ?

– Ça ne se fait pas de tenter quelqu'un comme ça, ajouta-t-il d'une voix moins maîtrisée.

Il doutait que ça change quoi que ce soit mais il ne trouvait rien de mieux, dans une situation pareille. Il n'en revenait pas, c'était honteux d'en profiter comme ça ! Il ne pouvait pas se défendre, en plus, elle le savait très bien.

– Oh, vraiment désolée, tu préfères ça ?

Elle lui retint ses mains au-dessus de la tête, puis descendit sa main libre sous la couverture, à un endroit bien plus personnel et intime. Il eut un hoquet, virant presque aussitôt au cramoisi. Il ne pouvait plus bouger du tout, livré à elle sans pouvoir rien faire. Il ferma les yeux, les joues très rouges, ne sentant plus que sa main. Il essaya de bouger les mains mais vu la situation, elle était bien plus forte que lui. Il avait de plus en plus chaud, le souffle court.

– Tu en profites totalement où je rêve ? souffla-t-il en rouvrant les yeux. Tu joues avec mes sensations.

– Tu crois ? Je ne fais absolument rien, pourtant, mais puisque tu insistes...

Quoi... ? Elle avait un air bien trop innocent pour être honnête, d'un seul coup. Elle se redressa et lui lâcha les mains. Qu'est-ce qu'elle voulait faire ? Il eut la réponse lorsqu'elle tira tout à coup la paire de menottes qu'elle gardait, accrochée à sa ceinture, en cas d'urgence. Il voulut se débattre, s'esquiver, mais elle l'attacha avec, passant la chaîne qui reliait les bracelets de fer aux barreaux du lit. Il lui jeta un regard choqué, la bouche entrouverte, tirait faiblement sur les menottes, comme il pouvait.

– Je dois le sentir mal, c'est ça ?

Il n'avait même pas besoin d'entendre sa réponse pour savoir ça. Oui, elle se vengeait, non, il ne pouvait rien faire, oui, elle s'en fichait, non, il ne pouvait pas réagir. Elle secoua la tête, alors qu'il appréhendait franchement ce qui allait suivre. Il na'avait jamais été attaché et n'aurait jamais imaginé l'être sur un lit d'hôpital, avec Ria au-dessus de lui, qui s'amusait avec lui comme s'il était un jouet grandeur nature.

– Le sentir mal pourquoi ? Je veux juste que tu te détendes !

Elle l'embrassa de nouveau, passant la main sous la couverture. Il ne put retenir un gémissement, cette fois, encore plus rouge qu'auparavant, réduit à l'impuissance. Elle continua un moment avant de se redresser, souffler un peu, puis commencer à ôter les boutons de son chemisier. Il déglutit à nouveau, la voyant se plonger, absorbé par ses yeux chocolats et ses traits fins. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait et ça le rendait fou, il était loin d'avoir l'habitude. Il ferma les yeux lorsqu'elle l'embrassa, son cœur battant juste pour elle.

– Tu le sens mal, vraiment ?

– Tu m'as attaché ! geignit-il.

Oui, il était choqué ! Elle l'avait menotté au lit ! Non pas qu'il refuserait d'être son prisonnier jusqu'à la fin des temps, mais tout de même, il ne s'y attendait pas, à celle-là. Il entrouvrit la bouche en la regardant, paraissant d'un coup encore plus jeune qu'il ne l'était vraiment.

– Pour ne pas que tu te blesses en bougeant ! Je veux bien te détacher, ce serait plus amusant, mais si c'est pour que tu résistes...

– Te résister, tu parles, dit-il en rougissant de plus belle. Je voudrai bien être ton prisonnier jusqu'à la mort.

Il enfonça un peu sa tête dans l'oreiller après avoir dit ça, alors qu'elle rougissait. Elle ne dit plus rien durant un moment, tout comme lui. Il ne bougeait même pas, le souffle un peu court. Elle se pencha pour l'embrasser à nouveau et il referma les yeux, savourant le contact de ses lèvres. Il rouvrit les yeux lorsqu'elle arrêta, la voyant toujours penchée, les yeux brillants.

– Fais attention, je pourrais te prendre au pied de la lettre.

– Qu'est-ce qui t'empêche de le faire ?

Il la couva du regard, attendri par son air et ses yeux si expressifs. S'il devait être attaché à quelqu'un toute sa vie, que ce soit à elle, dans ce cas, elle était la seule avec qui il l'accepterait. Il leur aura fallu du temps mais c'est bon, il le voyait enfin. Elle rougit encore un peu plus, elle qui était pâle de nature et il se demanda à quoi elle pouvait bien penser. Elle lui désigna ensuite ses bandages d'un signe de tête. Il les avait presque oublié, ceux-là, mais pour sa défense, il avait les idées bien prises ailleurs.

– Tes blessures. Je ne suis pas infirmière et je ne pourrais pas te garder attaché jusqu'à la mort, tu m'en voudrais. En plus, si quelqu'un nous voit comme ça...

– C'est toi qui a commencé, répliqua-t-il en tirant un peu sur les menottes. Et quitte à être attaché, je préfère que ce soit avec toi. Même jusqu'à la mort.

Elle ne bougea pas d'un pouce, le regardant en fronçant les sourcils. Quoi ... ? Il aurait adoré avoir quelque chose pour lire ses pensées, mais vraiment, là, il en avait un besoin urgent.

– Que veux-tu dire par là ?

Il lui rendit son regard, sans plus remuer du tout, le souffle courte les joues d'une teinte bien rouge. Il ouvrit la bouche, d'abord sans parler, puis réussit à se lancer. Il aurait voulu quelque chose de plus romantique, et pas sur un lit d'hôpital avec les menottes aux poignets, mais tant pis. Il devait juste lui demander.

– Veux-tu devenir ma femme ?


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MessageSujet: Re: Attaque par surprise   Ven 28 Aoû 2015 - 16:01

Roy – Il y a une différence entre "ne pas te tuer" et ne "rien ressentir", répliqua-t-il d'un ton plus norme. C'est "abuser" de la hiérarchie de refuser que tu meures à cause de moi ?!

Riza se crispa, tendue, choquée par le cri de Roy. Depuis qu’elle le connaissait, elle ne l’avait jamais entendu élever la voix… Encore moins sur elle. Elle se mordit les lèvres, baissant la tête alors qu’il détournait le regard. Elle savait qu’il ne voulait pas qu’elle meure à cause de lui, mais il l’empêchait d’agir comme elle le voulait, d’être libre de ses actes. Dans l’armée, d’accord, elle l’écoutait sans discuter. Mais dans la vie privée, il y avait des limites, il ne pouvait pas tout lui imposer… Ils n’étaient même pas mariés ! Qu’est-ce que ce sera s’ils se marient, s’ils continuent leur vie ensemble, si lui veut vraiment d’elle dans sa vie ? Il allait tout diriger, même chez eux ? Ils venaient seulement d’emménager ensemble, elle ne s’était pas libérée de son père pour être attachée comme cela à quelqu’un d’autre…

La gorge serrée, elle respirait plus vite en essayant de garder son calme, se mordant les lèvres presque jusqu’au sang. Elle ne devait pas crier à son tour. Elle risquait de dire des choses qu’elle regretterait, entre autre qu’il se croyait tout permis, qu’il était prétentieux et arrogant, qu’il venait d’agir avec elle comme il le faisait avec les autres soldats. Non, elle devait se calmer. Riza poussa un soupir pour essayer de se reprendre, gardant la tête baissée. Une dispute alors qu’il était allongé sur un lit d’hôpital et qu’il avait failli mourir n’était pas le meilleur moyen pour l’aider à se rétablir.

Riza – C'est abuser de la hiérarchie que de m'empêcher de faire ça, répondit-elle d'une voix plus rauque, assez bas. On n'est même pas mariés, Roy ! Qu'est-ce que ce sera après ? J'ai seulement peur de te perdre...

Roy – Et bien ce sera la première et la dernière fois où "j'abuserai de la hiérarchie", comme tu dis, dit-il lui aussi un ton plus bas. Je n'ai pas l'intention de jouer au soldat une fois que j'ai quitté le boulot. Désolé d'avoir crié.

Riza resta silencieuse, incapable de dire qu’elle ne lui en voulait pas. Elle essayait de le comprendre, le comprenait au fond, mais ne pouvait pas le digérer. Et s’en voulait parce qu’elle savait qu’il ne faisait que ce qu’il pensait juste, même s’il était maladroit. Elle sentait son regard sur elle, prenant de longues inspirations discrètes pour rester calme. Elle n’aurait pas dû revenir sur le sujet… c’était une mauvaise idée. Venir ici avait été une mauvaise idée aussi. Parler alors qu’ils étaient tous les deux sur les nerfs, alors que Roy était fatigué et épuisé… Et maintenant ? Riza ne pouvait pas partir fâchée mais tourner la page, purement et simplement… Cependant, ce n’était pas sa faute ! Lui tenait à elle mais ne semblait pas réaliser à quel point elle tenait à lui. Il n’était pas fichu de parler simplement, sans mêler l’armée à cela, et ils n’avaient pas avancé d’un millimètre, que du contraire. Les paroles ne suffisaient pas. Oh…

Riza redressa la tête, une idée parfaite en tête pour lui faire comprendre qu’elle tenait à lui, le réduire au silence, se venger ET se réconcilier. Roy ne comprenait pas à quel point elle tenait à lui, à quel point il était important à ses yeux ? Très bien, elle allait le lui montrer. Peut-être était-ce horriblement bas, peut-être était-ce de la triche pure et simple étant donné la situation, mais elle assumait parfaitement ses actes. De plus, l’infirmière venait de passer alors ils seraient tranquilles pendant un petit moment. Suffisant pour lui faire comprendre qu’elle l’aimait. Riza se rapprocha de Roy, contournant le lit pour venir se placer à côté de lui. Et se pencha pour l’embrasser, doucement, longtemps, jubilant en voyant sa réaction.

Riza – Ce n’est rien, dit-elle en rompant le baiser. Je n’aurais pas dû te parler comme ça.

Elle se retint de sourire en voyant Roy froncer les sourcils, l’air complètement perdu, se penchant à nouveau pour l’embrasser. Allez, on passe à la vitesse supérieure. Riza passa une main sous la chemise d’hôpital de son cher et tendre, prolongeant le baiser un moment en caressant ce qu’elle trouvait. Elle interrompit le baiser, reprenant son souffle en collant son front contre le sien, murmurant qu’ils ne devraient pas se disputer et que c’était idiot. A ce moment-là, Roy essaya de se défendre en posant une main sur son bras, l’autre sur le poignet qu’elle avait glissé sous sa chemise en la regardant droit dans les yeux. Oh, il était un peu plus rouge, ça fonctionnait. Mais il ne devait pas encore comprendre, elle devait insister. Il parvint à répondre qu’il pensait plutôt qu’elle allait crier ou le haïr, que ce serait une réaction logique. Oh, oui, elle aurait pu, mais elle ne serait pas vengée aussi bien que maintenant.

Roy – Tu triches, là.

Oui, et alors ? Riza ne se retint plus de sourire, cette fois, bien décidée à se venger. Elle trichait complètement et n’en avait pas la moindre honte, surtout qu’elle savait que son petit manège faisait effet sur Roy comme il avait parlé plus vite. Parfois, elle adorait être une femme. Travailler dans l’armée lui rappelait constamment son sexe, bien évidemment, mais en la diminuant constamment sans qu’elle ne puisse se sentir spécialement valorisée. Au contraire d’ici. Et elle ne comptait pas s’arrêter là, loin de là, elle ne faisait que commencer.

Riza – On ne t'a jamais dit que les couples se réconciliaient comme cela ? Je ne fais qu'appliquer ce que j'ai appris.

Riza dégagea ses mains de celles de Roy et passa une jambe par-dessus lui, se mettant à califourchon sur lui, sur le lit, faisant bien attention à ne pas lui faire mal. Ce n’était pas le but recherché, elle voulait seulement « qu’il se détende ». Et comprenne qu’elle l’aimait vraiment. Elle se pencha à nouveau pour l’embrasser, laissant ses mains caresser son torse, autour de sa blessure, caressant sa peau nue pour faire monter le plaisir, pas du tout gênée de se retrouver dans cette position. Elle s’amusait de ses réactions, de son souffle saccadé, de son cœur qu’elle sentait battre plus vite en étant aussi près de lui… Jusqu’à ce qu’il lui attrape les mains pour l’arrêter, interrompant le baiser. Oh, non, mon petit, pas question ! Elle n’avait pas fini. Riza reprit aussitôt ses mains pour les bloquer, profitant de sa faiblesse physique du moment, recommençant à l’embrasser un peu partout, doucement, se réjouissant de le voir frissonner sous ses baisers. Elle revint sur ses lèvres avec un petit sourire mutin avant de se redresser, le laissant tout de même reprendre son souffle, plongeant ses yeux dans les siens. Alors, mieux n’est-ce pas ?

Riza – Mieux que la dispute, non ?

Roy – Ça reste déloyal, balbutia-t-il en essayant de libérer ses mains, au moins. Quand tu es trop près comme ça...

Oh, sensible à ses charmes, vraiment ? Riza se redressa, vraiment heureuse de le tenir comme cela, regrettant de ne pas avoir découvert les effets qu’elle produisait chez lui plus tôt. Elle savait que c’était déloyal, mais l’ordre qu’il lui avait donné l’était tout autant. Chacun ses armes, lui avait la hiérarchie, elle avait ses atouts féminins. Qui plus est, elle était en forme, un peu fatiguée peut-être, mais avait tous ses moyens contrairement à Roy. Elle se pencha donc un peu plus vers lui, lui offrant ainsi une vue parfaite sur son décolleté en retenant toujours ses mains. L’entraînement de sniper avait ses avantages, elle pouvait rester dans des positions délicates sans aucun problème.

Riza – Tu veux dire... comme ça ?

Roy – Ça ne se fait pas de tenter quelqu'un comme ça, ajouta-t-il d'une voix moins maîtrisée.

Riza – Oh, vraiment désolée, tu préfères ça ?

Sachant que Roy commençait à craquer, et certainement pas disposée à le relâcher tout de suite sans en profiter, Riza passa ses mains au-dessus de sa tête, les bloquant à l’aide de sa main droite en se relevant un peu. Elle descendit ensuite sa main gauche sur le torse de son prisonnier, puis la passa sous la couverture qui ne le recouvrait plus qu’à moitié, caressant une zone bien plus intime en s’appliquant consciencieusement. Et la réaction de son supérieur fut immédiate, il eut un hoquet avant de virer au rouge, fermant ensuite les yeux. Elle le sentit vaguement essayer de se débattre mais elle accentua ses caresses, retenant ses mains. Il devait préférer cela, oui. Peut-être allait-il comprendre qu’elle tenait à lui, maintenant ? Riza se fiait au rythme de sa respiration qui prenait de brusques accélérations selon la caresse qu’elle donnait et l’endroit précis. Très pratique. Il fallait qu’elle trouve quelque chose pour en rajouter une petite couche… Avoir une main prise l’empêchait de se venger et, si elle le lâchait, inutile de préciser qu’il essaierait de l’arrêter.

Roy – Tu en profites totalement où je rêve ? souffla-t-il en rouvrant les yeux. Tu joues avec mes sensations.

Mais non, voyons, pourquoi pensait-il une telle chose ? Riza était un ange ! Avec ça, elle avait trouvé une idée qui lui permettrait de s’y donner à cœur joie avec les mains libres. Elle prit son air le plus innocent possible avec un grand sourire avant de lui répondre sur un ton angélique.

Riza – Tu crois ? Je ne fais absolument rien, pourtant, mais puisque tu insistes...

Riza se redressa, relâchant ses mains, et passa sa main droite dans son dos pour prendre les menottes d’urgence qu’elle gardait en permanence sur elle. Il essaya de se débattre mais elle attrapa sa main droite, enroula la chaîne autour des barreaux du lit, au-dessus de la tête de Roy, et prit sa main gauche pour la lui attacher aussi. Voilà, comme ça, c’était parfait ! Il lui lança un regard choqué auquel elle fut complètement indifférente, et tira faiblement sur les menottes alors qu’elle lui souriait. Aucune chance, s’il n’avait pas réussi avec elle, ce n’était pas avec des menottes qu’il y arriverait ! Douce vengeance…

Roy – Je dois le sentir mal, c'est ça ?

Oh, mais non, elle n’allait pas lui faire de mal, que du contraire. Il allait être très détendu, après cela. Elle secoua la tête, faisant mine d’être vexée et de ne pas comprendre pourquoi il disait une telle chose. Elle n’allait pas le torturer ! Seulement lui faire comprendre certaines choses par certains moyens peu catholiques.

Riza – Le sentir mal pourquoi ? Je veux juste que tu te détendes !

Et elle y arrivait très bien, apparemment, même s’il luttait. Qu’il se laisse aller, ce serait beaucoup plus amusant ! Riza l’embrassa à nouveau tout en passant la main sous la couverture pour continuer ce qu’elle avait commencé. Cette fois, Roy poussa un gémissement, ses joues et son visage de plus en plus rouges alors qu’elle souriait sans cesser de l’embrasser jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de souffle. La jeune femme se redressa ensuite, commençant à avoir un peu chaud à son tour, reprenant son souffle pendant qu’elle détachait les boutons de son chemisier, laissant voir sa poitrine. Elle y allait lentement, très progressivement, s’abaissant à nouveau pour capturer les lèvres du Colonel. Elle avait de plus en plus chaud mais ne comptait pas aller trop vite pour laisser le désir monter. Ce n’est que lorsqu’elle eut détaché tous les boutons que Riza se redressa, le souffle court, posant ses mains sur les épaules de Roy pour rester tout près de lui.

Riza – Tu le sens mal, vraiment ?

Roy – Tu m'as attaché ! geignit-il.

Et lui avait donné un ordre en abusant de son autorité, refusant de voir qu’elle l’aimait et tenait à lui ! Il le méritait amplement, elle ne regrettait rien et n’était pas près de s’arrêter. Elle posa son regard sur Roy, attendrie par le regard et l’expression qu’il avait mais refusant de céder. Il réfléchirait plus la prochaine fois, même s’il lui avait dit qu’il ne recommencerait pas. C’était… histoire d’en être sûre. Et puis, il y avait pire comme torture, il devait bien l’admettre.

Riza – Pour ne pas que tu te blesses en bougeant ! Je veux bien te détacher, ce serait plus amusant, mais si c'est pour que tu résistes...

Roy – Te résister, tu parles, dit-il en rougissant de plus belle. Je voudrai bien être ton prisonnier jusqu'à la mort.

Il… Oh. Riza sentit ses joues s’empourprer, touchée par ce que Roy venait de dire avant de s’enfoncer dans son oreiller. Elle se mordit les lèvres, l’observant en silence sans bouger, toujours à califourchon au-dessus de lui. Prisonnier jusqu’à la mort… Elle se pencha, ne trouvant pas les mots, l’embrassant ensuite doucement, délicatement avec plus de passion tout en fermant les yeux, avant de se redresser à bout de souffle. Riza porta une main à sa joue, gardant son visage contre celui de Roy. Qu’il fasse attention en disant ce genre de choses, elle serait capable de le garder avec lui, de rester à ses côtés éternellement. Elle en était parfaitement capable, l’avait déjà fait pour l’armée et n’hésiterait pas une seule seconde s’il fallait recommencer.

Riza – Fais attention, je pourrais te prendre au pied de la lettre.

Roy – Qu'est-ce qui t'empêche de le faire ?

Riza rougit un peu plus, soutenant le regard de Roy un moment avant de se reprendre, refusant de céder tout de suite. Qu’est-ce que… Qu’avait-il en tête ? Mais non, elle voyait des sous-entendus là où il n’y en avait pas. Il la distrayait, c’est facile de dire de telles choses lorsque l’on est attaché, menotté, à un lit d’hôpital avec quelqu’un sur nous ! Il n’était pas sérieux et laissait parler son côté beau parleur, voilà tout. Et elle se faisait avoir ! Riza se retint de se mordre les lèvres, s’étant redressée pour le dévisager un moment. Non, elle ne pouvait pas le garder attaché, il était blessé, ce ne serait pas sérieux. Le lieutenant désigna les bandages de son supérieur d’un signe de tête, y voyant là un excellent moyen pour garder l’avantage et ne pas se faire avoir. Il se défendait par les paroles comme il ne le pouvait plus par les gestes…

Riza – Tes blessures. Je ne suis pas infirmière et je ne pourrais pas te garder attaché jusqu'à la mort, tu m'en voudrais. En plus, si quelqu'un nous voit comme ça...

Roy – C'est toi qui a commencé, répliqua-t-il en tirant un peu sur les menottes. Et quitte à être attaché, je préfère que ce soit avec toi. Même jusqu'à la mort.

Le cœur de Riza rata un battement alors qu’elle le dévisageait avant de froncer les sourcils. Il n’était pas sérieusement en train de… Elle resta un moment sans rien dire, cherchant à déceler un quelconque indice qui montrait qu’il plaisantait dans ses yeux, mais elle pouvait y voir de la sincérité. Comme ce jour-là où il lui avait dit qu’elle pouvait l’appeler à toute heure, n’importe quel jour, sur la tombe de son père. La gorge nouée, elle plongea ses yeux dans les siens, oubliant presque qu’elle était toujours à cheval sur lui, mains posées sur son torse juste devant elle.

Riza – Que veux-tu dire par là ?

La réaction de Roy confirma ce qu’elle pensait bien avant qu’il ne se décide à parler. Il lui rendit son regard sans rien dire, tout était parfaitement silencieux autour d’eux – ou plutôt, ils n’entendaient rien, trop absorbés par ce qu’ils faisaient. Elle retint son souffle sans même s’en rendre compte, ne bougeant plus d’un pouce, choquée par avance, ne s’attendant clairement pas à cela.

Roy – Veux-tu devenir ma femme ?

Riza resta muette malgré elle, toujours sous le choc, lançant un long regard à Roy et sentant son cœur battre plus vite, plus fort dans sa poitrine. Plus fort parce qu’il était là, parce qu’elle était à côté de lui. Il y a quelques mois, le mariage l’aurait effrayée, mais elle portait l’enfant de Roy, leur enfant, et si cela l’avait effrayée, elle ne l’était plus du tout aujourd’hui. Ou moins. Elle avait confiance, même s’ils devaient encore apprendre. Riza porta sa main à son ventre, baissant la tête, et glissa ensuite sa main dans la poche de sa jupe pour en tirer la petite clef des menottes. La montrant à Roy, elle se baissa à nouveau pour poser ses lèvres sur les siennes, passant ses mains au-dessus de sa tête pour lui ôter les menottes, les jetant ensuite au loin dans un bruit métallique.

Riza – Oui, murmura-t-elle en rompant le baiser, s’écartant de quelques millimètres. Sans aucune hésitation.


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