Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Dans le vent du Nord

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MessageSujet: Dans le vent du Nord   Lun 6 Juil 2015 - 22:28

Le soleil s'était levé bien pâle, ce matin-là, puis avait très vite été caché par l'un des grosses tempêtes de neige qui arrivaient très fréquemment dans ces contrées. L'hiver avait toujours été bien rude, dans cette région, le froid vous transperçait jusqu'aux os et vous glaçait le sang, il fallait être né ici pour le supporter bien longtemps. Buccaneer grimpa à l'échelle puis poussa la lourde trappe qui permettait d'accéder au toit, accueilli par le rugissement terrible du vent et la neige qui volait avec rage. Un temps propre à vous décoller la tête des épaules. Il fit glisser son énorme corps par la trappe, la laissant retomber derrière, même lui devant se courber pour avancer. A cette hauteur, le vent était encore plus fort, frappant avec une telle violence qu'un dérapage non contrôlé pourrait vous faire tomber dans le vide en moins d'une minute. Il avança jusqu'aux hommes en faction près des canons, le regard tourné vers Drachma, en faction depuis bientôt deux heures, les yeux protégés par des lunettes noires.

– Alors ? dût-il crier pour se faire entendre.

– Rien ne bouge, capitaine !

Il fallait rester soigneusement sur ses gardes, trop souvent leurs ennemis profitaient d'une tempête pour attaquer, croyant prendre l'avantage ainsi. Il repartit avec peine, soulevant la trappe pour se glisser à l'intérieur. Le calme assourdissant l'étourdit une seconde avant qu'il ne saute au sol, repartant aussitôt dans les longs couloirs de béton et de fer. Aucun détail n'était inutile ou décoratif, ici, tout servait à quelque chose, rien ne se perdait. Voilà l'ordre qu'il aimait ! La discipline n'existait pas pour rien et ils ne tenaient pas à avoir un décor aussi superflu et grinçant que ce qu'on pouvait trouver au QG de Central, par exemple. Là-bas, ils avaient sorti les grandes fenêtres, les tapis, les recoins avec des statues... Lui appelait ça une incitation à les attaquer ! Une fenêtre ne servait à rien, il valait mieux trouver d'autres moyens d'aérer, car une fenêtre n'était rien d'autre qu'une brèche dans les défenses de la forteresse. Ce n'était quand même pas compliqué !

Il devait accompagner Trivia à Salesment mais la tempête avait surgi, ils devaient attendre qu'elle se calme un peu avant de sortir. Il en profita pour s'arrêter dans une des salles d'entraînement, s'échauffant avant de démolir des mannequins en pierre à coup de poing et coups d'automail. Allez ! Pour se réchauffer, il fallait bouger ! Une fois à point, il enchaîna avec des combats au corps-à-corps contre d'autres soldats, frappant et esquivant, autant pour se défouler que pour se tenir prêt. Drachma pouvait attaquer n'importe quand, rester en forme était essentielle ! Même si leur générale n'était pas là pour le moment, le fort gardait exactement le même fonctionnement, ils pouvaient évoluer en toute autonomie. Il assomma à moitié son adversaire avant de le relever et de laisser s'asseoir cinq minutes pour se reprendre, enchaînant avec d'autres exercices en attendant. Ils avaient du matériel de gym, de la fonte et d'autres choses, pour garder leur énergie. Il commença par les altères, n'utilisant que son véritable bras.

Il avait perdu son bras droit au cours d'une bataille, il y a quelques années. Ils traquaient des terroristes dans une ancienne mine et ces ordures avaient tout fait sauter. Piégé dans les décombres, le bras écrasé par du métal et de la roche, il l'avait coupé lui-même pour pouvoir se tirer de là avant que tout ne lui retombe dessus pour de bon. Trivia avait ensuite travaillé sur les automails qu'il utilisait aujourd'hui et l'avait opéré pour l'équiper. Elle était vraiment la fleur de leur fort ! Indispensable à son bon fonctionnement. Elle les avait quasiment tous soignés, depuis tout ce temps, tout le monde la respectait. Il avait accepté de lui servir de garde-du-corps aujourd'hui pour lui rendre service, comme elle leur rendait service à eux tous. Il s'entraîna jusqu'au moment où la tempête se calma un peu, remettant son manteau avant d'aller retrouver Trivia.

– Le vent est un peu tombé, on y va ? demanda-t-il en passant le nez dans l'infirmerie.

Il attendit dans le couloir qu'elle soit prête puis descendit les escaliers de fer avec elle, saluant ceux qu'ils croisaient, prenant une voiture au garage avant qu'on ne leur ouvre les grosses portes. La route jusqu'au village était courte mais la neige les obligeait à rouler plus doucement que d'habitude. Il se gara non loin du cimetière, sous un vent assez terrible. Trivia avait bien eu raison de se méfier... Sa belle-famille habitait juste à coté du cimetière et ils bondirent dehors dès qu'ils la virent. Un gros type au visage rouge courut vers elle, ouvrant déjà la bouche pour hurler, le bras levé comme s'il allait la frapper, mais Buccaneer se dressa tout à coup devant lui de toute sa hauteur, frappant sa crocodile avec le plat de sa main, un sourire mauvais aux lèvres.

– Bonjour, monsieur. Un problème avec madame, je suppose ?

Le type loucha sur son automail en reculant d'un pas mais ça ne l'empêcha de continuer à crier contre leur médecin, en l'insultant de meurtrière. Pauvre imbécile. Buccaneer ne se jeta pas pour le repousser largement et sèchement du passage, entrant dans le cimetière avec la jeune femme. Elle n'avait aucune raison d'avoir peur ou d'être gênée ! Il marcha dans les allées avec elle, leurs pas étouffés par la neige très épaisse, la plupart des tombes déjà presque entièrement recouvertes bien qu'elles soient toutes surélevées. Ils s'arrêtèrent devant le tombeau d'Albert Holmes, l'ancien, mari de leur petite fleur. Il resta d'abord silencieux, la laissant se recueillir, surveillant bien si aucun imbécile ne venait la déranger. Au bout d'un moment, il baissa la tête vers leur médecin, les bras croisés.

– Pourquoi ta famille ne fait-elle rien ? Tu as une photo d'eux, dans ton bureau, je pensais que vous étiez toujours en bons termes.

Cela pouvait sembler indiscret, de poser ce genre de questions, mais au fort, les secrets ne le restaient jamais longtemps. Chacun connaissait ce que portaient les autres comme fardeau et l'entraide se faisait aussi sur ce terrain. C'était comme ça que ça fonctionnait, pas autrement. Personne n'était obligé de parler mais tous savaient qu'il y aura toujours une personne pour vous écouter en cas de besoin. Celui qui préférait se taire, face à une question, se contentait de le dire.

– J'espère pour toi, en tout cas, qu'ils ne sont pas comme l'autre imbécile, là. S'il revient toute à l'heure, je l'assomme, civil ou pas, et je me fiche que ce soit déloyal. A moins que tu ne préfères que je lui inflige un traitement un poil plus radical.
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MessageSujet: Re: Dans le vent du Nord   Ven 10 Juil 2015 - 15:25

Le moteur était complètement encrassé, la soude avait fondu et donc la neige s'était glissé dans les rouages et les tuyaux, profitant de la faiblesse du matériel, il fallait absolument changer tout cela et nettoyer avant de réparer. Trivia tira la chaise et s'assit, face au bras désossé et des dizaines de petites pièces de métal, posées sur un tissu blanc, sur la table. Elle prenait les outils dans la boîte et travaillait tout en discutant avec James, occupé à préparer de nouveaux désinfectants, assis en face d'elle. C'était plutôt calme, en ce moment... Il n'y avait plus eu de grosse bataille depuis celle qui avait eu lieu avant les manœuvres et aucun terroriste ne s'était fait remarquer. Ce matin, il y avait un petit peu d'agitation en salle des machines à cause d'un accident mais personne n'avait été blessé. Comme si le froid terrible de l'hiver anesthésiait tout, rendait les hommes et les bêtes plus calmes et silencieux. La vigilance n'en était pas relâchée pour autant, bien entendu. Les hommes veillaient toujours, que la générale soit là ou non. D'ailleurs, Trivia espérait qu'elle pensera à soigner l'entaille à son épaule et à son cou.

Elle leva un boulot à hauteur d'yeux, le trouvant trop abîmé pour resservir, tout en échangeant les dernières nouvelles et ragots qui circulaient dans le coin depuis quelques temps. James avait entendu dire qu'un des généraux du QG Nord s'était violemment pris la tête avec les hiérarques de Central à cause d'une directive idiote et qu'il avait été relégué au placard après cela. Comme c'était étonnant, ceux qui travaillaient au QG Nord n'étaient pas les plus dociles, en règle générale. La moitié d'entre eux étaient envoyés là-bas pour des punitions ou pour qu'ils se tiennent à carreaux. Elle raconta à son collègue ce qu'elle avait entendu, lors de sa dernière visite, sur les relations houleuses entre leur QG et celui de Central, c'était toujours des anecdotes assez croustillantes. Leur propre générale renvoyait elle aussi régulièrement balader les bureaucrates hargneux de la capitale, c'était une sorte de tradition, dans cette région.

Elle était occupée à reconnecter des fils lorsqu'on ouvrit la porte de l'infirmerie, la faisant coulisser dans un grincement. Elle tourna la tête, prête à accueillir u soldat blessé, mais c'était Buccaneer. Oh, il était prêt ? Il avait accepté de l'accompagner au village, aux pieds des montagnes, aujourd'hui. Ils auraient dû partir ce matin mais la tempête leur était tombée dessus avec rage. Inutile de sortir dans ces cas-là, même en étant très bien équipé, il ne fallait pas rester plus de deux heures dehors, le froid vous prenait avec trop de violence, ils étaient en plein hiver. Elle déposa ce qu'elle tenait et remit les étiquettes, s'essuyant les mains assez vite. James avait repris son travail, après avoir allumé et calé une cigarette entre ses dents. C'est bon, elle était presque prête.

– Le vent est un peu tombé, on y va ? demanda-t-il en passant le nez dans l'infirmerie.

Elle se lava correctement les mains, ôta sa blouse blanche puis enfila un manteau épais, des gants et une écharpe, avec un bonnet enfoncé sur la tête. Ils descendirent les étages du fort, passant dans des escaliers en fer ou en pierre, croisant plusieurs soldats, traversant de longs couloirs de béton avec les tuyaux apparents. Aucun détail superflu. Les seuls décors réels se trouvaient dans les dortoirs et les chambres, il n'y en avait nulle part ailleurs. Ils allèrent au garage, prenant une des voitures. Elle salua Garvis de la main avant de monter, l'ayant soigné hier matin pour une coupure assez profonde. Il lui rendit son salut de sa main bandée, occupée à réparer le moteur d'un des camions. Elle grimpa dans la voiture à son tour pendant que son garde du corps démarrait, avec une boule au ventre. Elle avait peur de retourner au village, même si la présence de Buccaneer la rassurait. Ses beaux-parents, si elle pouvait encore les appeler ainsi, habitaient juste à côté du cimetière, de l'autre côté de la rue, et ils étaient souvent chez eux depuis qu'ils étaient à la retraite...

Ils se garèrent près du cimetière. Elle sortit avec appréhension et comme elle s'y était attendu, son beau-père sortit presque aussitôt de chez lui en hurlant et en pointant un doigt menaçant sur elle. Elle commençait à paniquer, revoyant cette fois où il avait voulu la frapper, lorsque Buccaneer se planta entre eux avec son automail bien en évidence, si grand qu'il la cachait entièrement. Elle eut un faible sourire, tournant le regard vers le cimetière. Ce vieux schnock ne risquait pas de s'en prendre au soldat, même s'il continuait d'aboyer. Pourquoi ne cessait-il jamais de la harceler ?! Elle avait été déclarée innocente, jamais elle n'aurait pu mettre fin à la vie d'Albert, jamais ! Mais ils continuaient de la croire coupable malgré le procès, ils continuaient leur cruauté, lui reniant jusqu'au droit de pleurer la perte de son mari.

– Bonjour, monsieur. Un problème avec madame, je suppose ?

Elle resta bien près de lui lorsqu'il l'escorta dans le cimetière, repoussant la lourde grille recouverte de neige. Ici, tout était encore plus calme. Elle remonta l'allée principale puis tourna pour rejoindre une autre section du cimetière, s'arrêtant devant la tombe d'Albert. Elle joignit ses mains devant elle, tête baissée, yeux fermés. il se passa un bien long moment ainsi, où elle ne dit strictement rien, pas plus que Buccaneer, debout devant la tombe. Elle se remémorait les souvenirs heureux, les premiers mois de son mariage. Lorsqu'elle n'était qu'une jeune infirmière un peu naïve et sans histoires. Rouvrant les yeux, elle observa la tombe couverte d'une neige épaisse, la photo incrustée dans la croix. Elle espérait qu'il la voit, depuis le ciel. Elle n'avait pas abandonné, elle avait continué à vivre pour lui, il pouvait être fier. Les soldats du fort étaient une nouvelle famille, pour elle. Elle appréciait chacun d'entre eux et ils le lui rendaient. Cette solidarité la réchauffait bien mieux que n'importe quel feu.

– Pourquoi ta famille ne fait-elle rien ? Tu as une photo d'eux, dans ton bureau, je pensais que vous étiez toujours en bons termes.

Ah oui, cette photo-là... Elle l'avait posé dans un coin de son bureau, à l'infirmerie. C'était un cadre tout simple et sans prétention, qu'elle avait emmené avec elle lors de son déménagement.

– J'espère pour toi, en tout cas, qu'ils ne sont pas comme l'autre imbécile, là. S'il revient toute à l'heure, je l'assomme, civil ou pas, et je me fiche que ce soit déloyal. A moins que tu ne préfères que je lui inflige un traitement un poil plus radical.

– Je pense que ça ira, merci.

Elle redressa la tête pour lui adresser un franc sourire, reconnaissante de ce qu'il faisait pour elle aujourd'hui. Il n'avait aucune obligation à l'accompagner et laisser son travail à la forteresse mais il l'avait fait. Solidarité, une fois de plus. Elle croisa les bras contre sa poitrine, avec un petit frisson à cause du froid.

– Je n'ai quasiment plus aucun contact, mais avec cette photo, je garde au moins un bon souvenir d'eux, répondit-il en reportant le regard sur la tombe. Je n'ai plus envie de pleurer sur le reste, ça ne sert à rien. En plus de ça, j'ai décidé d'être heureuse, c'est meilleur pour la santé.

Elle leva le nez vers le ciel, regardant la neige tomber sur eux à gros flocons et le vent la faire tourbillonner avec force. Elle sourit d'un coup, appréciant autant ce spectacle que lorsqu'elle était petite fille. La neige était pure de toute trace, elle étouffait les sons et rendait un paysage plus magnifique que jamais. Il fallait vivre dans cette région pour en comprendre la beauté. Tous ceux de Briggs comprenaient cette beauté, cette sensation qui vous saisissait lorsque vous étiez au sommet du fort, face aux montagnes. C'était tout simplement incroyable, il n'y avait pas de mots pour décrire ce que pouviez éprouver.

– Je sais qu'il y en a beaucoup qui détestent le nord sans y avoir jamais vécu, ils ne peuvent pas comprendre. Je ne quitterai pas cette région, à moins d'y être obligée. A propos, tu ne m'avais pas parlé d'une jeune fille qui devait venir me rencontrer ? Quand viendra-t-elle ?
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MessageSujet: Re: Dans le vent du Nord   Ven 24 Juil 2015 - 17:52

– Je pense que ça ira, merci.

Il lui rendit son sourire, croisant les bras à son tour. Aucun problème là-dessus ! Si elle changeait d'avis, elle savait où le trouver, l'autre type ira vite s'écraser le nez contre la crocodile de Buccaneer. Il eut un léger sourire en regardant les tombes couvertes de neige puis les montagnes. Ils cachaient presque tous un passé assez délicat ou des épreuves difficiles, mais chacun pouvait s'en sortir, en le voulant vraiment, leur petite fleur en était un exemple parfait. La neige étouffait les regrets et le chagrin aussi bien qu'elle étouffait tous les sons. Il baissa le regard sur Trivia, ne se souvenant plus quand elle était arrivée au fort. C'est comme si elle avait toujours été là, parmi eux, à les soigner. Elle était indispensable au bon fonctionnement de la forteresse. Il referma mieux son manteau alors que la neige tombait de nouveau un peu plus fort. Le ciel était bas, menaçant, la tempête allait sûrement reprendre en force ce soir. L'hiver était toujours long et rude dans leurs montagnes mais il aimait ça. Travailler vous réchauffait le sang, de toute façon !

– Je n'ai quasiment plus aucun contact, mais avec cette photo, je garde au moins un bon souvenir d'eux, répondit-elle en reportant le regard sur la tombe. Je n'ai plus envie de pleurer sur le reste, ça ne sert à rien. En plus de ça, j'ai décidé d'être heureuse, c'est meilleur pour la santé.

Exactement, elle avait parfaitement raison ! De toute façon, regretter le passé ne servait à rien, ils ne pouvaient pas le changer, il fallait juste vivre avec ce qu'on avait fait. Ici, dans cet air glacé et vivifiant, on respirait mieux et on pouvait réfléchir. Tous vos sens étaient en alerte, l'air avait beau être glacial, il était très pur. Buccaneer se moquait bien qu'on le prenne pour un ours, tant qu'on lui laissait ses montagnes. Il eut une pensée pour Miles et leur générale, encore coincés à Central. Il espérait qu'ils reviendront vite car cette ville n'était pas très agréable ni accueillante, même si on pouvait y faire de belles rencontres.

– Je sais qu'il y en a beaucoup qui détestent le nord sans y avoir jamais vécu, ils ne peuvent pas comprendre. Je ne quitterai pas cette région, à moins d'y être obligée. A propos, tu ne m'avais pas parlé d'une jeune fille qui devait venir me rencontrer ? Quand viendra-t-elle ?

– Oui, Catherine Armstrong, mais j'ignore quand elle viendra, avoua-t-il. Viens, la tempête va reprendre de la force.

Le vent avait redoublé, la neige aussi, il était temps de rentrer et se mettre à l'abri. Sur l'allée du cimetière, il lui raconta dans les détails la façon dont il avait rencontré la jeune femme et ce qu'il avait ressenti en la voyant. Elle exerçait une sorte de fascination inexplicable, pour lui, elle l'avait attiré. Il l'aurait voulu quitter Central avec elle, l'emmène dans le Nord, afin de lui faire découvrir ces paysages qu'il lui avait décrit avec autant de ferveur. Il sortit le premier u cimetière, faisant lourdement grincer la grille, et vérifia que l'autre idiot de toute à l'heure n'était plus dans les parages. Ne voyant personne, il s'écarta pour laisser passer Trivia, retournant vers la voiture.

– Elle sourit beaucoup, comme toi, je suis certain que tu t'entendrais bien avec elle. Moi, en tout cas, elle me plaît !

Il s'installa au volant, secouant auparavant la neige de ses chaussures au-dehors avant de claquer la portière. Une fois Trivia installée, il fit demi-tour puis reprit la route menant à la forteresse du Nord, mur implacable devant leurs ennemis de Drachma. Il parla automails et formations avec Trivia sur le trajet, lui demandant comment elle-même avait appris la mécanique et la fabrication des ces engins. Il paraît que c'était très dur, surtout lorsqu'on voulait se spécialiser et ne pas seulement être mécanicien ou mécanicienne. Fabricant d'automails est un métier qui pourrait ne pas exister dans un pays ne pays, mais avec toutes les guerres aux frontières, nombreux étaient ceux qui étaient équipés.

– Catherine aura besoin de l'accord de la générale pour venir ici, j'espère qu'elle l'obtiendra. Même si elles sont sœurs, cela reste Briggs, la générale ne voudra jamais d'une personne inutile ou qui ne s'adapterait pas. Toi, tu ne peux pas former une personne à distance ?
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MessageSujet: Re: Dans le vent du Nord   Ven 28 Aoû 2015 - 12:16

– Oui, Catherine Armstrong, mais j'ignore quand elle viendra, avoua-t-il. Viens, la tempête va reprendre de la force.

Oh, elle était de la famille du boss, alors ? Trivia se demanda à quoi elle pouvait bien ressembler, si elle avait le même tempérament ou si elle était plus tranquille. Il y avait peu de filles, dans la forteresse. Hélène, qui travaillait à la maintenance de la chaufferie, au sous-sol, avec son frère et son mari, puis Victoria, qui était mécanicienne et travaillait aussi sur la conception et la fabrication des chars. Elle-même, bien sûr, infirmière et ingénieure, puis la boss. Parfois, il y avait des filles qui venaient de l'extérieur, venant de l'armée ou pour apporter une expertise particulière, à un moment donné. Les hommes étaient toujours tristes de la voir partir, car ils étaient heureux de voir "une fille ici, pour une fois". Trivia leur avait dit qu'il y en avait d'autres, des filles, dans ce fort, la boss par exemple. On lui avait répondu que le boss, ce n'était pas une fille, c'était une démone. Trivia n'avait pas pu s'empêcher de rire, consciente que ce n'était pas vraiment faux, mais tous ici respectaient énormément le boss. Beaucoup allaient être surpris de voir arriver sa petite sœur.

Elle rajusta son manteau et son écharpe, écoutant Buccaneer lui raconter la façon dont il avait rencontré Catherine, à Central. Elle manqua de s'étouffer en l'imaginant assis à la terrasse d'un salon de thé avec une jeune femme. Il avait dû tellement détonner dans le décor ! Les habitants de Central ne devaient pas être habitués à voir un soldat géant de Briggs coiffé d'une crête et d'une tresse avec un gros automail au bras en train de bavarder tranquillement autour d'une tasse de thé. Elle toussa un peu pour dissimuler son rire, pendant qu'il poussait la lourde grille de fer pour quitter le cimetière. Le vent avait encore enflé, redoublant d'intensité, il fallait partir avant d'être surpris par la tempête. Braver le vent à de telles températures vous conduisait à la mort en très peu de temps, le froid pouvait paralyser le corps d'un homme en mois de quelques minutes, il n'y avait aucun moyen de lutter. C'était vraiment traître, une tempête hivernale vous engourdissait, vous vous effondrez et la mort arrivait à peine un instant plus tard. Les soldats devant braver ces tempêtes d'hiver devaient porter un équipement lourd et être rapides.

Buccaneer s'écarta pour la laisser passer et elle grimpa dans la voiture, secouant avant la neige qui s'attachait à ses chaussures hautes et fermées, avec une doublure épaisse. Allez, il était temps de se mettre à l'abri. Elle plaignait ceux qui étaient de service au poste de garde, sur la route menant à la forteresse, ils allaient être gelés. Ils pourront rester à l'abri du vent dans les guérites, au moins, aucune voiture ne filait en pleine tempête, les habitants du Nord évitaient de se déplacer dans ce genre de conditions. Elle se frotta les mains pour les réchauffer, espérant que la sœur de la boss ne craignait pas trop le froid. Les hivers ici étaient vraiment terribles, c'est bien pour ça que les autres divisions qui faisaient des manœuvres avec eux haïssaient venir à Briggs en plein hiver. Détail qui n'avait jamais attendri la générale, ils avaient intérêt à se bouger lorsqu'ils venaient ici.

– Elle sourit beaucoup, comme toi, je suis certain que tu t'entendrais bien avec elle. Moi, en tout cas, elle me plaît !

Ça, elle l'avait compris ! Il était complètement mordu pour avoir passé une heure dans un salon de thé à simplement discuter avec elle, il avait du alimenter les ragots et les rumeurs durant des jours. Ils reprirent la route de Briggs, parlant avec animation d'automails et de formation. C'était une passion, pour Trivia, elle adorait la mécanique, réfléchir à de nouvelles formes d'automails et aux assemblages. Elle expliqua à son garde du corps du jour comment tout cela lui était venu, ce qui l'avait motivée à se lancer dans cette branche. Tout en discutant, elle regardait le vent faire voler la neige de plus ne plus fort, on n'y voyait quasiment rien, les phares de la voiture ne servaient à rien, ici. Il fallut un moment avant qu'elle ne puisse distinguer la silhouette imposante du fort, en se penchant un peu.

– Catherine aura besoin de l'accord de la générale pour venir ici, j'espère qu'elle l'obtiendra. Même si elles sont sœurs, cela reste Briggs, la générale ne voudra jamais d'une personne inutile ou qui ne s'adapterait pas. Toi, tu ne peux pas former une personne à distance ?

– A distance ? Oh, non ! C'est impossible, il faut voir les mécanismes, les toucher, s'exercer, on ne peut pas faire ça à distance. Si elle ne vient pas elle-même, je ne pourrais pas la former.

Elle s'interrompit lorsqu'ils rentrèrent enfin au garage, après avoir passé le poste de garde, puis les lourdes portes à la base du fort. Trivia sortit et s'étira, soulagée d'être à l'abri du vent. Maintenant, il n'était plus question de sortir, on ne jouait pas avec le climat du Nord, même les imbéciles avaient compris cela depuis longtemps. Elle reprit le chemin de l'infirmerie avec Buccaneer, discutant des raisons qui pourraient pousser le boss à refuser sa sœur à Briggs. Et il y en avait beaucoup... Cet endroit n'était pas fait pour les faibles et les esprits fragiles, ceux qui ne pouvaient pas s'adapter n'avaient rien à foutre ici. Sœur ou pas, Catherine n'aura jamais sa place ici si elle ne prouvait pas qu'elle était capable de s'adapter. Ils entrèrent dans l’ascenseur avec un sous-lieutenant assez pressé, les bras chargés de multiples dossiers, avec un air fatigué.

– En parlant du boss et de Central, qui est parti avec elle, en ce moment ?

– Le lieutenant Miles, le commandant Henseil et le sous-lieutenant Harry.

Trivia croisa les bras, se demandant si tout se passait bien. La générale allait-elle penser à continuer de se soigner comme Trivia lui avait dit ? Ils allaient peut-être découvrir quelques chose, à Central, sur cette chimère assez étrange. Trivia n'y entendait rien, en alchimie, elle ne s'y était jamais intéressée et ne comprenait pas la façon dont tout cela fonctionnait. Enfin, elle avait compris la fameuse règle de l'échange équivalent mais ça s'arrêtait là. Elle sortit de l'ascenseur avec Buccaneer, rejoignant l'infirmerie, puis enleva son manteau pour remettre sa blouse. James leur fit un vague signe, une cigarette à la bouche, plongé dans des plans pour la réparation d'un autre automail assez ancien. A fond de l'infirmerie, sur un des lits, un soldat se reposait, une compresse blanche serrée sur la tête avec un gros pansement.

– Que penses-tu des rumeurs, sur les expériences un peu louches menées dans les labos de Central ? reprit-elle en préparant du café. J'ai entendu dire beaucoup de choses mais je ne sais pas s'il faut en croire la moitié, comme la rumeur disant qu'on se sert des soldats mourants, sur les champs de bataille, pour créer des chimères. Je ne sais pas si les Alchimistes d'Etat peuvent être associés à ça. Tiens.

Elle lui tendit une grande tasse fumante, en prenant ensuite pour elle-même. Le poêle réchauffait agréablement toute l'infirmerie, très appréciable en plein hiver.

– On les appelle les petits chiens de l'armée, donc peut-être qu'ils doivent aussi participer à ce genre de "projets". Mais je ne connais pas vraiment d'alchimistes, qu'ils aient la licence ou non, je ne peux pas m'en faire une bonne opinion.
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MessageSujet: Re: Dans le vent du Nord   Jeu 24 Sep 2015 - 12:58

– A distance ? Oh, non ! C'est impossible, il faut voir les mécanismes, les toucher, s'exercer, on ne peut pas faire ça à distance. Si elle ne vient pas elle-même, je ne pourrais pas la former.

Il espérait bien qu'elle allait venir, lui ! Il sourit avec un air un peu idiot, en serrant les mains sur le volant. Ralentissant au poste de garde, il s'arrêta brièvement pour que les gardes en faction puisse voir qui ils étaient, puis reprit la route, allant au garage, rentrant enfin l'abri. Il sortit de la voiture, essayant d'imaginer la douce Catherine évoluer dans ce décor mais il avait un peu de mal, autant l'avouer. Il frotta la neige de son manteau, refermant la voiture avant de repartir avec Trivia, prenant le grand escalier de fer, afin de rejoindre les étages du fort. Il en profita pour parler avec elle des raisons qui pourraient amener leur générale à refuser sa sœur à Briggs. Elle pouvait avoir une santé fragile et ne pas supporter le climat. Ou bien ne pas avoir le bon comportement ? Lui ne pensait pas que sa présence pourrait créer des problèmes avec les hommes du fort. Déjà, le simple fait qu'elle soit la sœur du boss allait en calmer beaucoup et même, elle avait l'air d'être une jeune fille tout à fait sérieuse, très attachante. Il appuya sur le bouton de l'ascenseur, laissant passer Trivia d'abord, ainsi qu'un collègue bien tendu, les bras chargés de lourds dossiers. Ah ah, la paperasse ! Il avait horreur de ça et la laissait très volontiers à ceux qui en étaient chargés.

– En parlant du boss et de Central, qui est parti avec elle, en ce moment ?

– Le lieutenant Miles, le commandant Henseil et le sous-lieutenant Harry.

Ils tournaient régulièrement mais Buccaneer ne pensait pas qu'il y allait avoir de problème, Miles était une personne très fiable et il veillera au gain. Ce monstre allait-il retenter une attaque ? Il s'appuya contre le mur de la cabine, sans plus rien dire, écoutant le grondement des rouages. Il ressortit dans le couloir avec leur médecin, revenant à l'infirmerie. Il rendit son salut à James, lui aussi plongé dans une tonne de papiers, tout en enlevant les boutons de son manteau, la pièce était bien chauffée, avant de le poser sur une chaise. Il jeta vite fait un coup d'œil à la pendule fixée au mur avant de tirer une chaise et de s'asseoir, étirant son automail en quelques geste pour le décrasser un peu, grattant pour ôter la neige qui s'était immiscée dans les rouages. Trivia avait ré-enfilé sa blouse, pendant qu'il examinait la mécanique de sa prothèse. Il fera peut-être une petite révision, dans quelques jours, à moins qu'il ne le change. Il mettait une autre prothèse, parfois, un modèle amélioré conçu par Trivia et James. Il adorait leurs automails, légers, résistants, bien mieux que le modèles lourds et peu pratiques qu'il avait pu voir à Rush Valley ou chez d'autres fabricants. Les prothèses du Nord se devaient d'être légères et faites d'un matériau spécial, à cause du froid, et ce n'était pas un mal.

– Que penses-tu des rumeurs, sur les expériences un peu louches menées dans les labos de Central ? reprit-elle en préparant du café. J'ai entendu dire beaucoup de choses mais je ne sais pas s'il faut en croire la moitié, comme la rumeur disant qu'on se sert des soldats mourants, sur les champs de bataille, pour créer des chimères. Je ne sais pas si les Alchimistes d'Etat peuvent être associés à ça. Tiens.

Peut-être... Il la remercia en prenant la tasse fumante, buvant une gorgée sans ciller. Il était habitué à leur café dégueulasse, depuis le temps, ils devaient bien s'y faire. Il souffla sur la tasse en se demandant si Central avait vraiment fait ça. Il avait une très mauvaise image de la ville et était donc porté à croire que oui, mais ils n'avaient pas de preuves. Il y avait bien les labos de l'armée, à la capitale, qu'y trafiquait-on ?

– On les appelle les petits chiens de l'armée, donc peut-être qu'ils doivent aussi participer à ce genre de "projets". Mais je ne connais pas vraiment d'alchimistes, qu'ils aient la licence ou non, je ne peux pas m'en faire une bonne opinion.

– J'en connais un peu plus, depuis la guerre, marmonna-t-il alors qu'elle s'asseyait à son bureau. Si l'armée fait vraiment des expériences louches de ce type, ils doivent sûrement y participer, ils sont tenus d'obéir à l'armée et ceux qui possèdent la licence sont les plus puissants. Mais ce ne sont pas tous des têtes de con. Le général Grant était quelqu'un de bien, très loyal, portant une grande attention à ses hommes et il avait un sens aigu de la justice. Ce ne sont pas tous des machines à tuer sans cervelle.

Il but une autre gorgée, regrettant que Grant se soit fait liquider par ce fameux tueur. C'était un homme de valeur. Quand aux autres alchimistes... Il y avait l'alchimiste écarlate, qui lui était vraiment un parfait sauvage malade, ne s'amusant que lorsqu'il devait faire exploser des Ishbals. Il était connu pour ça, ce type était pire qu'un serpent, immonde, rampant, fanatique.

– Il y a pas mal d'Alchimistes qui ont déserté, après la guerre, donc pour moi, ça a dû un peu ralentir les recherches sur l'alchimie menées par Central. La boss en apprendra peut-être un peu plus sur tout ça. Ne te fais pas de bile.

Il lui sourit, levant sa tasse de café vers elle comme pour la saluer. James avait brièvement levé la tête de ses papiers, secouant les cendres de sa cigarette en marmonnant que la capitale avait une sale réputation depuis toujours, surtout dans le Nord. Mais quelle importance ? C'était leur travail d'être méfiants, après tout.

– On a des alchimistes, ici ? demanda-t-il à Trivia en touillant son café immonde. Ou au QG Nord ? Je ne me souviens pas en avoir rencontré dans le Nord.
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MessageSujet: Re: Dans le vent du Nord   Lun 5 Oct 2015 - 13:28

– J'en connais un peu plus, depuis la guerre, marmonna-t-il alors qu'elle s'asseyait à son bureau. Si l'armée fait vraiment des expériences louches de ce type, ils doivent sûrement y participer, ils sont tenus d'obéir à l'armée et ceux qui possèdent la licence sont les plus puissants. Mais ce ne sont pas tous des têtes de con. Le général Gran était quelqu'un de bien, très loyal, portant une grande attention à ses hommes et il avait un sens aigu de la justice. Ce ne sont pas tous des machines à tuer sans cervelle.

Trivia avait un peu entendue parler de lui, c’était bien l’alchimiste d’acier, ou quelque chose comme ça ? Ils possédaient tous un surnom mais elle ne se rappelait que de certains. Les plus connus, pour être des malades mentaux, des tueurs, des armes humaines d’un haut niveau, ou même le gamin, là, l’alchimiste le plus jeune de l’armée, comment s’appelait-il encore… Ah oui, Edward Elric. Elle poussa un peu les papiers qui encombraient son bureau, buvant une longue gorgée de café en grignotant un petit biscuit, qu’elle gardait dans une boîte en fer dans un coin de son bureau. Elle n’avait pas spécialement faim mais adorait grignoter un biscuit avec son café, histoire d’en faire passer le goût dégueulasse. Un jour, elle faudra qu’elle comprenne pourquoi ce liquide, bon ailleurs, était aussi infect au Nord. C’était une malédiction ou juste un mauvais fournisseur ? Elle s’installa plus confortablement, les bras appuyés sur le bureau, le mug chaud en main. James se leva pour prendre aussi une tasse, allumant une autre cigarette au passage. Elle lui lança un sachet de thé pendant qu’il prenait de l’eau bouillante, lui rendant son sourire.

– Il y a pas mal d'Alchimistes qui ont déserté, après la guerre, donc pour moi, ça a dû un peu ralentir les recherches sur l'alchimie menées par Central. La boss en apprendra peut-être un peu plus sur tout ça. Ne te fais pas de bile.

Peut-être. Elle lui rendit son salut avec sa propre tasse, alors que James lançait, en se rasseyant, que Central avait toujours eu une sale réputation, dans le Nord, ça ne datait pas d’hier. Trivia souffla sur le café qu’elle tenait en main, le portant à ses lèvres en réfléchissant. Quel genre d’expériences pourraient mener les alchimistes avec la licence d’état ? Ils travaillaient sur des animaux ou des humains ? Et si oui, comment ? Il n’était pas certain que leur chef puisse découvrir quelque chose, en réalité, ce genre d’infirmations ne traînait pas comme ça, les officiers de la capitale devaient laver leur linge sale en famille. Elle croisa les jambes, se mordillant les lèvres en tapotant légèrement des doigts sur son bureau. Elle ne connaissait rien en alchimie, elle ! Comment pourrait-elle trouver ou deviner quoi que ce soit ? Elle s’imagina faire des recherches là-dessus, mais étant donné que le sujet l’ennuyait profondément… D’accord, l’alchimie, c’était une force incroyable, mais bon, ça ne l’intéressait pas plus que ça. Elle rajouta un sucre dans son café pour en adoucir le goût, touillant avec son crayon, comme elle n’avait pas de cuillère sous la main.

– On a des alchimistes, ici ? demanda-t-il à Trivia en touillant son café immonde. Ou au QG Nord ? Je ne me souviens pas en avoir rencontré dans le Nord.

– Hum… Je crois que si, au QG Nord… Attends une seconde.

Elle posa le mug et tira le second tiroir en partant du haut, sortant un gros carnet où elle avait noté tous les numéros et adresses utiles, ainsi que les contacts qu’elle devait garder. Elle le feuilleta, reprenant sa tasse pour boire une gorgée, trop chaude, qui lui brûla légèrement la langue. Voyons voir… Elle était presque certaine qu’il y avait un Alchimiste d’Etat au QG Nord, peut-être deux mais elle n’était pas certaine. Voilà des mois qu’elle n’avait plus mis les pieds à North City, pas depuis la fois où elle s’était rendue à un séminaire, pour l’utilisation de nouveaux médicaments. La ville n’était pas si éloignée que cela, pourtant, mais Trivia préférait rester au fort, tranquillement, elle s’y trouvait bien. Elle finit par dénicher ce qu’elle cherchait, posant le droit sur la photo épinglée à la feuille, à côté d’une courte description et d’un numéro de téléphone.

– Voilà, le commandant Madless, qui est affecté au QG Nord, il est Alchimiste d’Etat depuis un bout de temps. Sinon… Je crois que c’est le seul, en fait, je n’ai pas souvenir qu’il y en ait d’autres. Tu en connais d’autres, James ?

– Non, marmonna-t-il, en classant ses papiers. Il y en a surtout à Central et dans l’Est, je crois bien, dans les divisions spécialisées en attaque. Briggs, l’Ouest et le Sud sont plus centrés sur la défense.

Elle hocha la tête, avec un faible sourire, en laissant retomber le carnet dans le tiroir avant de le refermer. C’est certain que l’Est était un spécialiste des attaques, surtout après Ishbal. Elle but son café sans rien dire pendant un petit moment, appuyée contre le dossier de son fauteuil, se réchauffant. Le soldat qui se reposait sur un des lits, au fond de l’infirmerie, ronflait très légèrement, venant tout juste de s’endormir.

– Au fait, tu vas faire quoi, si Catherine vient ici ? demanda-t-elle en tournant la tête vers Buccaneer. Tu comptes la demander en mariage ?
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MessageSujet: Re: Dans le vent du Nord   Dim 18 Oct 2015 - 12:38

– Hum… Je crois que si, au QG Nord… Attends une seconde.

Buccaneer se repassa rapidement, de tête, la liste des soldats du QG Nord mais eut un peu de peine. Il n'allait pratiquement jamais à North City, sauf parfois pour de la paperasse, et n'avait pas tellement de contacts avec les personnes affectés au QG Nord. Etant encore célibataire et sans enfants, il n'avait pas de famille à rejoindre dans les villes et villages aux alentours lorsqu'il n'était pas de garde au fort. Personne ne l'attendait, donc même lorsqu'il n'était plus de service, il restait quand même à Briggs, se reposer, lire, s'entraîner, s'occuper tranquillement seul ou avec des amis. Le fort lui convenait, il trouvait ici une vie q'il n'avait jamais trouvée ailleurs, une vie qu'il aimait. Il but une grande gorgée de café, faisant tourner la tasse entre ses mains, remuant un peu le fond très noir qui restait. Trivia feuilletait un gros carnet e buvant sa propre tasse, l'air concentrée. Elle avait combien de contacts en poche, précisément ? Il avait toujours été impressionné par le soin qu'elle y mettait, leur petite fleur du fort avait beaucoup de talents cachés. Il sourit un peu en la regardant, amusé. Elle était l'une des rares femmes à Briggs et sans doute la seule que tout le monde voyait vraiment comme une femme. Anna était très... Très emportée et un peu colérique, personne ne la cherchait. De toute façon, elle était toujours fourrée le nez dans les moteurs, elle en prenait pas vraiment le temps de discuter.  Il y avait aussi Anouchka, qui travaillait au service de recherche et développement. Beaucoup d'humour mais qui avait un caractère très vif, elle aussi, et qui buvait mieux que tous les hommes du fort réunis. La boss, enfin, la seule femme militaire du fort, que personne ne voyait comme une femme non plus, ici. Trivia s'arrêta tout à coup sur une des pages et pointa le doigt dessus, alors qu'il retournait la tête vers elle.

– Voilà, le commandant Madless, qui est affecté au QG Nord, il est Alchimiste d’Etat depuis un bout de temps. Sinon… Je crois que c’est le seul, en fait, je n’ai pas souvenir qu’il y en ait d’autres. Tu en connais d’autres, James ?

– Non, marmonna-t-il, en classant ses papiers. Il y en a surtout à Central et dans l’Est, je crois bien, dans les divisions spécialisées en attaque. Briggs, l’Ouest et le Sud sont plus centrés sur la défense.

Dans l'Est, c'était sûr, avec Ishbal... Il grimaça un peu en terminant son café, repensant malgré lui à ces jours où il avait été voir Miles enfermé dans les tréfonds du QG Nord. Il avait essayé de lui parler mais que dire à un homme arrêté pour rien, juste à cause de ses origines, qui attendait l'heure de sa propre exécution ? Buccaneer avait couru voir le général de North City, pour le supplier, mais il n'avait même pas pu le rencontrer. Puis était venue cette femme, qui travaillait depuis des années à North City, qui l'avait stoppé dans un couloir en lui disant qu'elle devait voir Miles, pour un travail à Briggs. Il avait cru halluciner... Elle l'avait regardé un moment puis lui avait ordonné de se dépêcher. Le géant avait cru à un canular, une mauvaise blague avant la fin, puis il l'avait entendue annoncer à Miles qu'elle voulait travailler avec lui à Briggs. Il allait vivre. La fin d'un long cauchemar. Il se redressa avec un sourire confiant, posant le mug sur le poêle à côté de lui. Tant pis si aucun autre soldat de ce pays ne pouvait comprendre pourquoi tous ceux de Briggs avaient un attachement si fort pour leur chef. Elle possédait une âme identique à la leur et savait les guider au meilleur niveau, ils étaient unis et c'est ça qui lui plaisait.

– Au fait, tu vas faire quoi, si Catherine vient ici ? demanda-t-elle en tournant la tête vers Buccaneer. Tu comptes la demander en mariage ?

– Pas dès le début, je veux d'abord savoir si travailler ici lui plaît, si elle préfère rester à North City ou ailleurs avec un maître d'apprentissage, apprendre à mieux la connaître, sourit-il doucement. Il faut déjà qu'elle puisse venir ici, j'ignore comment est sa famille, s'ils ont une mauvaise opinion de Briggs ou non.

Cela comptait aussi, même si Buccaneer ne comprenait pas pourquoi tant de civils crachaient sur la forteresse alors qu'aux dernières nouvelles, c'était tout de même eux qui avaient le plus de boulot pour défendre la frontière ! L'Ouest était plutôt calme, en ce moment. Le Sud était apaisé depuis que des traités de paix avec Aerugo se mettaient en place. L'Est restait en veille depuis Ishbal, spécialisés dans l'attaque, mais ne menaient plus la guerre dans le désert, ils étaient là en alerte pour soutenir d'autres divisions en cas de besoin. Central... C'était Central, rien à en dire. Et Au Nord, les attaques étaient encore très nombreuses et violentes ! Drachma n'était guère disposé à faire la paix. Il poussa un petit grognement de dépit, agacé. Ce n'était pourtant pas un état si difficile à comprendre, pour les autres soldats ! De la loyauté sans failles, voilà tout ce qui était exigé à Briggs.

– Bon, je retourne m'entraîner avant la soirée, ajouta-t-il en se levant. Hésite pas à me redemander dès que tu voudras retourner là-bas, Trivia.

Il leur fit un signe de salut puis remit son manteau épais avant de quitter l'infirmerie, partant à grands pas. Terminée, la pause, et retour au boulot ! Pas question de se relâcher, même si la boss n'était pas là, ils devainet toujours rester au meilleur niveau.
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