Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Explications franches

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Alex Louis Armstrong

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MessageSujet: Explications franches   Sam 11 Juil 2015 - 12:02

Il le sentait mal. Il le sentait mal. Il le sentait mal. Il le sentait très mal ! Était-ce une si bonne idée que cela ? Alex referma sa chemise avec soin, pas du tout rassuré quant au dîner de ce soir. Certes, l'idée de son père avait fonctionné, comme toujours. Il pouvait être très persuasif et savait comment s'y prendre pour amener les gens à faire ce qu'il voulait. Mais ça, c'était sans compter le caractère très fort de leur grande sœur, elle était sûrement folle de rage qu'il se serve de Miles pour la faire venir et nul doute qu'ils en avaient parlé entre eux avant d'arriver au manoir. Il regarda l'effet qu'il renvoyait, se tournant devant la glace. Parfait, ça fera l'affaire ! Ce n'était qu'un simple repas de famille, après tout, tout allait bien se passer. Peut-être. Rah, comment ne pourrait-il pas être inquiet ?! Sa sœur était vraiment effrayante, c'était un fait établi ! Elle était très dure, glaciale, ne souriait jamais, détestait visiblement Central, le haïssait lui et ne voyait aucun intérêt à ce genre de réunions de famille. Donc non, il ne voyait pas quel miracle ça pourrait bien se dérouler ce soir.

Et s'il n'y avait qu'Olivier... Alex avait cru en faire une attaque lorsque la douce et mignonne petite Catherine toute gentille et innocente avait clamé son intention de partir elle aussi pour le Nord ! Elle ! Partir là-bas ! Il savait que ce ne serait pas jamais mais le simple fait d'imaginer l'adorable Catherine au milieu de la forteresse glaciale suffisait à lui retourner le cœur. Il n'y avait aucune autre femme, là-bas, si on exceptait Olivier et leur médecin,a lors comment s'assurer qu'elle ne fasse pas de mauvaise rencontre ou ne soit pas harcelée ? Olivier n'aura pas le temps de s'en occuper, elle avait bien autre chose à faire. Cath était encore bien trop douce et naïve pour comprendre le danger qui la guettait ! Il eut un frisson en l'imaginant avec un des soldats du Nord. Pauvre enfant... Le fort de Briggs n'était pas fait pour elle, c'était un univers bien trop dur, elle n'y sera pas à l'aise, elle devait le comprendre. Il n'y avait que des soldats, quelques civils pour diverses tâches et métiers, mais une jeune fille de son rang, seule dans cet univers... Elle ressemblait peut-être à Olivier, physiquement, mais elle n'avait pas le même mental.

Il quitta sa chambre puis descendit les escaliers, croisant une des domestiques qui allaient mettre des draps frais dans les chambres des invités. Tiens, Père croyait vraiment que sa fille allait rester ce soir ? Alex avait comme un doute... Il rentra dans la salle de séjour, où la famille attendait de passer à table. Armette et Stronguette discutaient avec animation avec leurs maris, pendant que trois adorables enfants couraient en tous sens dans le salon. Armette tenait contre elle un bébé qui apparaissait minuscule dans ses bras très musclés, un tout petit garçon de deux mois. Son fils aîné avait cinq ans et était déjà très vif et éveillé, riant avec les deux filles de Stronguette, des jumelles, qui avaient quatre ans. Quand à Olivier et Miles, ils étaient debout côte à côte près de ses sœurs, si tendus qu'il pensa un moment qu'ils étaient malades. Olivier avait les bras croisés et un air furieux, toujours en uniforme. Son subordonné, lui, avait pris soin d'enfiler une chemise mais restait très droit, sans bouger, le regard fixe et les mains derrière le dos. Il se pencha pour prendre le petit bout d'Armette dans ses bras, souriant.

– Voilà Maxime ! dit-il en se tournant vers sa sœur. Il a deux mois, n'est-il pas adorable ? Tiens, prends-le, c'est ton neveu tout de même.

Il lui fit prendre le bébé sans lui laisser le temps de protester, avec un large sourire attendri devant la petite bouille de son neveu, puis recula, les mains jointes devant lui. Bizarrement, son coéquipier s'était encore plus tendu avec un air inquiet. Mais tout allait bien, c'était son neveu ! Et elle était adorable elle aussi, avec ce petit bout de chou contre elle, même si elle était encore en uniforme. Il perdit un peu son sourire lorsqu'il vit le regard de sa grande sœur, elle semblait mourir d'envie de l'achever ici même avec le plus de souffrances possibles. Miles posa tout à coup une main sur son bras en murmurant quelque chose qu'il ne comprit pas. Il pouvait parler à haute voix, personne n'allait le critiquer ! Il était invité, après tout. Il s'adressa à Miles avec un sourire en lui disant de se détendre, lui aussi, qu'il était invité, qu'il pouvait parler sans crainte.

– Vous-même, vous avez des enfants ?

– Non, commandant, je ne suis pas marié.

Roh, il était très tendu... Au même moment, le grand frère de Maxime arriva en courant puis vint s'accrocher des deux mains à Olivier, avec un regard très curieux. Forcément, il ne l'avait jamais vue ! Il devait se demander qui était cette femme qui portait son petit frère. Il tira un peu sur son uniforme pour avoir son attention, lançant d'une voix claire "T'es qui madame ?", ce qui fit éclater de rire Armette, Stronguette et leurs époux. Ce fut sa mère qui se chargea de lui expliquer que cette "madame" était sa tante, la grande sœur de sa maman. Miles eut tout à coup un petit rire puis plaqua une main sur sa bouche lorsqu'Olivier lui jeta un regard noir.

– Pardon, générale, ça m'a échappé.

Mais il n'y avait aucun mal à ça ! Olivier était bien trop sur les nerfs. Les jumelles vinrent rejoindre à leur cousin pour regarder elles aussi cette tante inconnue. Elle était entourée par les trois enfants, elle ferait peut-être mieux de s'asseoir, ce serait plus pratique ! Il comptait le lui proposer lorsqu'elle rendit le petit Maxime à sa mère. Son frère lui attrapa alors la main, lui demandant pourquoi elle avait des marques rouges dessus. Il y eut un instant de gêne mais Miles s'accroupit d'un coup en ôtant doucement la main de l'enfant avec un sourire.

– Ta tante est blessée, mais on ne va pas parler de ça ce soir, ce n'est pas le bon moment, tu comprends ? Et ce n'est pas non plus une histoire pour les petits enfants. Dis-moi, tu ne veux plus jouer avec tes cousines ? Elles t'attendent, tu vois.

Il s'y prenait très bien, avec les enfants ! Alex hocha la tête en cœur avec ses sœurs et ses beaux-frères, enchanté. Cet homme avait d'excellentes manières, c'était un très bon point ! Il leur dit de s'asseoir en attendant le repas, qu'ils n'allaient pas rester debout comme ça. Le dîner sera très vite prêt. Il s'assit alors que leurs parents et Catherine arrivaient à leur tour.

– Au fait, d'où venez-vous ? demanda-t-il à Miles. Vous êtes né au Nord ?


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MessageSujet: Re: Explications franches   Mer 15 Juil 2015 - 21:33

Comment était-il arrivé ici... Comment avait-il pu se laisser manipuler comme ça ? Il mit ses mains dans son dos, très nerveux, avec un regard d'excuse pour la générale. Ce n'est que lorsqu'ils avaient parlé sur le chemin, pour venir ici, que le lieutenant avait réalisé que cette invitation un peu surprenante n'avait que pour seul but d'attirer la générale... C'était bas, une tactique odieuse, amis qu'il devait reconnaître efficace. Il prit une longue inspiration debout près de la cheminée à côté de sa supérieure. Il n'avait rien à faire ici, lui ! C'était un odieux traquenard ! Et franchement... Il était l'élément en trop, là, dans cette réunion de famille. Il croisa le regard du mari d'une des sœurs de la générale puis détourna la tête, s'intéressant plutôt à la décoration. Très belle, il devait le reconnaître. Cette famille était vraiment l'une des lignées très Noble d'Amestris. Il avait le pus grand mal à imaginer que la générale ait pu vivre ici, tant elle n'était pas dans la veine "aristocratie, faux-semblant, hypocrisie". Presque tout était une question de paraître, dans la haute société, mais sa supérieure n'avait jamais été ainsi. Rien que ce soir, elle n'avait pas pris la peine d'enfiler des vêtements civils.

Il regarda les enfants qui couraient dans tout le salon, puis le bébé qu'une des femme tenait dans ses bras. D'ailleurs, il n'y avait que des géants, dans cette famille... Les deux femmes, assises non loin d'eux, avaient des carrures de lutteur surentraînés, musclées et très grandes, aussi baraquées que des hommes, voire bien plus. Seule la générale, et sa plus jeune sœur, étaient de stature ordinaire. Il promena son regard sur le plafond puis les décorations au mur, saluant le commandant qui venait d'arriver. Il cherchait une excuse pour s'enfuir ou s'esquiver, en vérité. Ce n'était pas sa famille et il était horriblement mal à l'aise, n'osant pas évoluer d'un pouce, comme si le sol était truffé de mines. Rah, c'était idiot ! Il se sentait très bien sur un champ de bataille mais pas lors d'un dîner... Le commandant se pencha tout à coup pour prendre le bébé, souriant. Le petit apparaissait encore plus minuscule, ce qui arracha un faible sourire à Miles. Il aimait bien les enfants, lui. Ils étaient purs et innocents, ils arrivaient à vous faire sourire dans n'importe quelle circonstance.

– Voilà Maxime ! dit-il en se tournant vers sa sœur. Il a deux mois, n'est-il pas adorable ? Tiens, prends-le, c'est ton neveu tout de même.

Heu ! Là, par contre, il ne savait pas si c'était très... Mais le commandant lui mit le bébé dans son bras valide, avec un immense sourire. Il lui jeta un regard puis fixa sa supérieure, le bébé, puis de nouveau la générale. Elle avait le même air qu'elle prenait juste avant les gros combats contre Drachma, ça ne sentait pas bon. Il posa une main sur son bras, murmurant de ne pas laisser montrer sa tension ou le petit allait le sentir et se mettre à pleurer. Les enfants étaient comme des éponges, ils pouvaient ressentir les sentiments de ceux qui étaient près d'eux ! Il lui lança un long regard, derrière ses lunettes noires, en la relâchant. C'était un juste un bébé, mais si elle n'était pas à l'aise, elle devrait le rendre tout de de suite à sa sœur, non ? En tout cas, la voir avec un bébé contre elle était très étrange, d'autant plus qu'elle avait son uniforme, ce qui creusait le contraste. Personne dans la forteresse ne croirait cette scène réel, leur générale avec un bébé dans les bras. Il retourna la tête vers le commandant lorsqu'il s'adressa à lui, retenant une grimace en s'entendant dire qu'il pouvait parler sans aucune crainte. Navré, mais il préférait être prudent ! Il ne voulait pas mettre sa supérieure encore plus mal à l'aise, surtout dans sa propre famille. Il avait déjà assez de mal à réaliser qu'elle avait une famille.

– Vous-même, vous avez des enfants ?

– Non, commandant, je ne suis pas marié.

Était-il obligé de parler de cela ? Miles n'avait vraiment envie que la conversation dérive sur ce terrain ! Sa vie sentimentale était un désert de glace, comme il disait parfois. Il ne fréquentait plus de jeunes femmes du pays depuis cette fois où le père de la jeune fille qu'il aimait l'avait violemment jeté dehors en le traitant de "sale Ishbal". Depuis, il s'en tenait à son travail et ses mais du fort, sans chercher à retrouver une autre femme, avec qui il serait à l'aise. Heureusement, l'un des petits garçons de la famille lui fournit une diversion bienvenue en courant vers eux et en s'accrochant à sa tante de ses petites mains, le nez levé vers elle. Le lieutenant fut aussitôt attendri devant ses grands yeux verts et sa bouille innocente, avec des mèches blondes qui lui retombaient sur le front et les tempes. Il était vraiment très mignon, encore plus avec sa façon de fixer la générale. Il vit l'air de sa supérieure, face à la curiosité du gamin, et laissa échapper un bref éclat de rire, avant de plaquer aussitôt sa main sur sa bouche, à moitié mort de gêne, alors que la générale lui jetait un regard noir. Pardon ! Il ne l'avait pas fait exprès, ce n'était pas pour se moquer !

– Pardon, générale, ça m'a échappé.

Il eut un regard d'excuse, très droit et très tendu. Sa supérieure alla rendre le bébé à sa mère puis le petit demanda alors, en s'accrochant à elle, pourquoi elle avait des marques rouges comme ça. Oh... Il jeta un coup d'œil aux autres personnes présentes puis à sa générale, et se décida de réagir lui-même, pour qu'elle n'ait pas à raconter cet épisode ni à y repenser. Il s'accroupit puis ôta la main du petit garçon en douceur avec un sourire. Les enfants étaient toujours très curieux, mais parfois, il valait mieux ne pas poser certaines questions. Cet épisode là était encore très récent et lui non plus n'avait pas oublié ces grandes ombres noires, qui étaient littéralement en train de tuer la générale, lorsqu'il était arrivé.

– Ta tante est blessée, mais on ne va pas parler de ça ce soir, ce n'est pas le bon moment, tu comprends ? Et ce n'est pas non plus une histoire pour les petits enfants. Dis-moi, tu ne veux plus jouer avec tes cousines ? Elles t'attendent, tu vois.

Il le laissa filer avec les deux petites puis se redressa, content qu'il n'insiste pas. Après tout, ce n'était vraiment pas une histoire pour les enfants, non. Il reprit sa place initiale, saluant le chef de la famille lorsqu'il entra avec sa femme et leur plus jeune fille. Traquenard... Heureusement qu'il portait toujours ses lunettes, il n'osait imaginer la réaction qu'ils auraient, tous, en voyant ses yeux.

– Au fait, d'où venez-vous ? demanda-t-il à Miles. Vous êtes né au Nord ?

– Non, commandant. Je suis né dans la région de l'Est mais je travaille depuis bien des années à Briggs, après un passage au QG Nord.

Un domestique vint leur annoncer que le repas était servi. Tant mieux, car ils s'avançaient sur un terrain glissant. La salle à manger était presque aussi grande, en longueur, qu'une des salles d'entraînement de Briggs, ce qui lui arracha un soupir surpris. C'était haut de plafond, avec un énorme lustre qui devait bien coûter une année de salaire, une très longue table qui pouvait sans doute accueillir au moins une quarantaine de personnes. Le malaise le reprit,e ,core plus fort qu'auparavant, alors qu'ils s'asseyait à côté de sa supérieure. Il sentait venir la dispute familiale et ne voulait pas être mêlé à ça.

– Avez-vous besoin d'aide, générale ? murmura-t-il très bas en désignant son bras blessé du menton.
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MessageSujet: Re: Explications franches   Dim 19 Juil 2015 - 21:31

Il y a des situations où sourire, ou au moins avoir l'air aimable, est juste impossible. Son père n'avait pas volé sa réputation de stratège, il était loin d'être idiot... Quoi que, l'obliger à venir dîner dans cette maison après la catastrophe du déjeuner n'était pas vraiment une preuve d'intelligence. Elle retint un énième soupir, sans adresser la parole à qui que ce soit, même pas à Miles qui était pourtant juste à côté d'elle. Ses petites sœurs avaient effectivement eu des enfants, elle venait de découvrir ça. Et bien, c'était formidable, Olivier était ravie pour elles, mais en quoi cela la concernait ? Elle ne vivait plus à Central, n'était pas du genre tante câline, ne les verra pas grandir et n'allait jamais les garder chez elle. Donc inutile qu'ils viennent courir dans ses pattes. Son beau-frère essaya tout à coup de lui parler, alors qu'elle ne l'avait jamais vu de sa vie et ignorait même son nom, mais il fut refroidit en un regard. Tant mieux, elle n'était pas d'humeur à faire connaissance, pas après un tel coup bas ! Elle ne détestait pas sa famille mais restait indifférente. Ils n'étaient pas du même monde, elle ne considérait plus faire parti de "l'Aristocratie" depuis bien des années.

Elle ignora tout aussi bien Alex lorsqu'il entra à son tour. Lui, en revanche, elle le détestait. Détournant le regard, elle se remémora plutôt ce qu'avait dit Catherine à midi. Pour faire enrager leur mère, Olivier serait tout à fait capable de donner son accord pour qu'elle vienne à Briggs. Par contre, réussira-t-elle à s'y adapter ? Elle n'aura que deux ou trois jours. La générale n'avait pas besoin de boulets ou de poids morts à la forteresse, chacun devait être utile ou partir. Si Catherine ne se faisait pas aux règles du fort, elle la renverra à Central manu militari. Restait à voir ce qu'elle avait dans le ventre, si elle était vraiment capable de s'adapter et en vitesse. Elle fut tirée de ses pensées en voyant Alex s'approcher avec un air idiot et son neveu dans les bras. Quoi encore ? C'est bon, elle l'avait déjà vu, ce gamin, et ne voulait pas que son frère vienne polluer son espace vital.

– Voilà Maxime ! dit-il en se tournant vers sa sœur. Il a deux mois, n'est-il pas adorable ? Tiens, prends-le, c'est ton neveu tout de même.

Il lui glissa le gosse dans son bras libre et elle lui jeta un regard absolument indigné. Eh, là ! Qu'est-ce qui lui prenait ?! Il tenait tant que ça à l'énerver ou il voulait juste mettre fin à sa misérable existence ?! Elle se tendit, le regard brûlant de rage, prête à donner le petit en une seconde à Miles puis à tirer son épée dans la foulée pour la planter dans la gorge de son crétin de frère. Elle ne s'arrêta que lorsque son subordonné posa une main sur son bras en lui disant que le petit allait se mettre à pleurer s'il la sentait aussi tendu.Elle sourcilla et lui lança un regard perplexe, avant de le poser sur le bébé. Comment pourrait-il ressentir ça ? Il n'avait même pas trois mois ! Il suçait son pouce, indifférent à ce qui se passait autour de lui, les yeux fermés. Elle redressa la tête, pas du tout attendrie, encore moins lorsque son imbécile et crétin de frère lança à Miles qu'il pouvait parler à haute voix. Il allait mourir avant la fin de la soirée... Et avec le plus de souffrances possible. Quel dommage qu'il ne neige pas, ici, elle aurait aussi voulu lui enfoncer la tête dans une congère pour l'étouffer. Ou le faire chuter "accidentellement" d'une haut d'une montagne. Humph.

– Vous-même, vous avez des enfants ?

– Non, commandant, je ne suis pas marié.

Pourquoi lui demandait-il ça ? Elle retint un long soupir tendu, alors que le petit était en train de s'endormir. Elle doutait d'avoir un jour des enfants, étant donné l'instinct maternel débordant dont elle faisait preuve en cet instant. Elle grimaça lorsqu'un petit garçon, le frère ou le cousin du bébé, elle ne savait plus, vint tout à coup s'accrocher elle en courant, agrippant son uniforme. Elle attirait les mômes, ce soir ? Il demanda d'une voix claire et forte qui elle était, ce qui fit rire toute la famille. Où était la blague ... ? Armette lui expliqua qu'elle était leur sœur aînée, ce dont elle pourrait aussi bien se passer, Olivier ne reviendra plus à Central avant longtemps. Songer à cela lui ramena en mémoire la "conversation" qu'elle avait eu avec le général Raven. Elle devait y réfléchir, savoir quelle était l'attitude à adopter. Miles laissa échapper tout à coup un éclat de rire et elle lui jeta un regard noir et outré. Était-ce vraiment le moment de rire ?!

– Pardon, générale, ça m'a échappé.

Elle pinça les lèvres puis alla redonner le bébé à Armette, ne voulant pas le garder plus longtemps, elle ne savait pas bercer ni câliner les enfants, ce n'était pas son genre. Cette soirée risquait d'être très longue, elle perdait du temps, à rester avec sa famille alors qu'elle pourrait réfléchir à ce que manigançait Raven et les autres serpents de Central. Elle devra en discuter avec Miles quand ils auront un peu de temps, afin de tirer tout ça au clair. Après le repas, une fois revenus à la caserne, ce sera très bien. Revenant à sa place, elle sentit tout à coup qu'on tirait sur sa main. Elle baissa le regard sur le garçonnet, qui la fixait avec un air curieux. Il ne voulait pas la relâcher ? C'était déjà assez pénible comme ça et il avait bien dû sentir qu'elle n'était pas du genre mère poule. Il lui tenait la main puis lui demanda pour quoi elle avait des traces rouges. Elle serra les dents, alors que toute sa famille avait cessé de parler, réfléchissant. Lui dire qu'un gros monstres à tentacules noires avait voulu l'étrangler ? Elle ne mentait pas, s'il lui demandait... Mais Miles réagit avant, s'accroupissant près du petit pour prendre sa main.

– Ta tante est blessée, mais on ne va pas parler de ça ce soir, ce n'est pas le bon moment, tu comprends ? Et ce n'est pas non plus une histoire pour les petits enfants. Dis-moi, tu ne veux plus jouer avec tes cousines ? Elles t'attendent, tu vois.

Elle eut un faible sourire lorsqu'il se redressa. Merci, c'était plus simple comme ça. Sourire qui fondit néanmoins en un instant lorsque le reste de la famille entra dans le salon. Son père devait sûrement jubiler ! Elle lui rendit un regard froid, une expression un peu norme, espérant que sa mère allait s'agacer de la voir en uniforme, alors que toutes les femmes ici avaient enfilé de jolies robes de soirée. Elle détourna le regard, attendant tout de même un peu avant de déclencher une dispute.

– Au fait, d'où venez-vous ? demanda-t-il à Miles. Vous êtes né au Nord ?

– Non, commandant. Je suis né dans la région de l'Est mais je travaille depuis bien des années à Briggs, après un passage au QG Nord.

Elle était heureuse qu'il ait accepté de continuer à travailler à Briggs. Il était très compétent et tuer des personnes capables et douées pour une simple question de race ou de religion lui avait toujours donné envie de vomir. On vint les prévenir que le repas était prêt et ils passèrent à table. Toujours aussi ostentatoire... Une salle presque aussi grande que le réfectoire de Briggs, où les hommes venaient manger à des heures différentes selon leurs quarts et les tours pour la surveillance. Elle s'assit à côté de Miles, trouvant tout aussi ridicule de voir pas moins de quatre fourchettes et autant de couteaux, avec deux assiettes et trois verres différents. Un seul couteau, ce n'était pas suffisant, sans doute ? Autant essayer d'impressionner le peuple. Son frère s'assit juste en face, avec Catherine. Un seul commentaire pendant le repas, un seul, et elle lui envoyait un de ces couteaux entre les deux yeux.

– Avez-vous besoin d'aide, générale ? murmura-t-il très bas en désignant son bras blessé du menton.

– C'est bon, Miles, merci.

Une toute jeune fille en robe noire et tablier vint leur servir à boire, souriante et les yeux brillants. Olivier croisa le regard de son beau-frère, qui semblait choqué, puis remit le col de son uniforme en place pour cacher la marque de son cou. Blessure de guerre, oui, ce n'était pas si grave. Elle reporta ensuite le regard sur son père, les yeux acérés.

– A quoi jouez-vous ? La dispute de ce midi n'était pas suffisante ? Ou bien il y a une chose dont vous tenez vraiment à parler ? Que l'on soit clair là-dessus.

Un de ses beaux-frères parut encore plus choqué mais elle l'ignora royalement. Elle voulait savoir la raison de ce repas, pourquoi son père tenait tant à s'encombrer de sa présence. A moins qu'il ne veuille reparler du souhait de Catherine ? Ils auraient pu régler ça en privé, sans faire ce repas.

– Profitez-en, je ne compte pas revenir à Central avant un très long moment.


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MessageSujet: Re: Explications franches   Ven 24 Juil 2015 - 19:58

– Il faut bien savoir, oui, dit le chef de la famille Armstrong en ajustant sa cravate. Nous avons le droit de savoir ce qu'elle peut trouver dans cette région inhospitalière... Ce sera ensuite plus facile pour vous, si vous voulez lui parler, seule à seule.

Il sourit à son épouse pour la rassurer, lui octroyant un charmant baisemain puis lui tendant son bras pour se rendre à la salle à manger. Ils descendirent ensemble, entrant juste derrière leur petite Catherine. Il eut un large sourire en voyant ses enfants, ses gendres, ses neveux et nièces dans la pièce, absolument ravi, sans être dégoûté le moins du monde par l'air glacial de sa fille aînée. Il n'était pas du genre à laisser tomber, trait de caractère dont elle avait hérité, c'était une des raisons pour lesquelles ils s'opposaient si fort. Il salua son subordonné de la tête, tout sourire. Il avait une si grande et belle famille ! Ses adorables petites nièces couraient derrière leur cousin avec ne bonne humeur évidente, c'était si touchant. Et son fils, Alex, était si grand et fort ! Il était un excellent Alchimiste et faisait honneur à leur famille, son brave garçon. Lui et sa femme espéraient fortement que cette soirée en famille allait convaincre Catherine qu'elle avait tout pour être heureuse, à Central. Un frère, des sœurs, une grande famille, des amis, des relations, que pouvait-il lui manquer, qu'elle pense trouver dans le Nord ? Rien du tout ! Surtout une telle région, si rude... Non, vraiment, il ne comprenait pas. Mais il ne comptait pas rester ainsi.

– Au fait, d'où venez-vous ? Vous êtes né au Nord ?

– Non, commandant. Je suis né dans la région de l'Est mais je travaille depuis bien des années à Briggs, après un passage au QG Nord.

Oh, il était donc passé du désert aux montagnes de glace ? Surprenant, comme affectation ! Lorsqu'il était lui-même Alchimiste d'Etat, il existait depuis bien des années, une coutume au sein de l'armée qui consistait à envoyer les fortes têtes dans la région Nord pour leur apprendre la discipline et les bonnes manières. Cela durait depuis presque deux décennies te cela aurait pu durer encore longtemps. La coutume était cependant en train de disparaître, car l'état-major de Central s'était aperçu que la plupart des soldats, les plus costauds du moins, finissaient par demander leur mutation pour rester au Nord, pour de bon. La punition était prise, par certaines personnalités, comme une opportunité, au bout d'un certain temps, ce qui faisait perdre tout sens à la sanction d'origine. Philip n'avait jamais compris, cependant, cet engouement pour la région, chez certains soldats, mais sa fille pourra sans doute répondre à ses questions ce soir. La petite Anna frappa tout à coup à la porte et leur annonça que le dîner était servi. Parfait, il avait une faim de loup ! Il invita tout le monde à suivre, toujours souriant.

S'installant à table, il déplia sa serviette, près de son épouse qui semblait toujours un peu tendue. Il remarqua alors sa fille aînée échanger de brèves messes basses avec son coéquipier. L'air qu'il avait était limpide, il s'inquiétait de son état. Ah, la loyauté dans l'armée, c'était toute une histoire ! Sa fille n'avait jamais aimé être couvée, cependant, le prouvant une fois de plus en s'arrangeant pour dissimuler son cou. Philip remercia Anna lorsqu'elle servit à boire, avec un coup d'œil appréciateur à la bouteille qu'elle avait choisi pour le repas. Voilà qui sera parfait ! Autant commencer sur de bonnes bases et détendre tout le monde avant d'aborder les sujets importants. Qu'Anna serve aussi leur petite Catherine, elle était assez âgée, maintenant. Et elle devait se rendre compte de la douceur de la vie à Central. Il sourit aussi à Olivier, qui avait l'air encore plus tendue qu'eux tous réunis. Elle ne voulait pas de vin ?

– A quoi jouez-vous ? La dispute de ce midi n'était pas suffisante ? Ou bien il y a une chose dont vous tenez vraiment à parler ? Que l'on soit clair là-dessus.

Le démarrage en douceur venait de se prendre un coup solide dans les dents. Olivier était tellement directe... Il faillit soupirer, avec une petite pensée d'adieu pour ce qu'il avait prévu afin d'alléger l'atmosphère. Très bien, parlons peu mais parlons bien, dans ce cas-là ! Le dessert se passera mieux s'ils s'expliquaient dès le début du repas ? Et il y avait beaucoup de choses à savoir.

– Profitez-en, je ne compte pas revenir à Central avant un très long moment.

Il prit le temps de boire une gorgée de vin, alors qu'on leur apportait les entrées. Ce détail-là, tout le monde avait déjà dû le comprendre ! Il reposa son verre en cristal avec douceur, attendant que tout le monde ait son assiette remplie, avant de joindre les main sous son menton, regardant sa fille droit dans les yeux.

– Il y a plusieurs choses dont nous devons parler sérieusement, Olivier, dit-il d'un ton calme. Tu es née et tu as grandie à Central, alors comment t'es venue cette envie de partir au Nord ? Et surtout, surtout, de t'engager dans l'armée ? Tu es une femme, enfin ! Une femme née dans la plus haute société de Central. Ce n'était pas là ton destin. Nous ne t'avons pas élevée pour que tu intègres l'armée. C'est une des choses que nous voulons savoir. Pourquoi es-tu partie de la maison aussi jeune ? Voilà le premier point.

Il invita d'un signe sa famille à boire aussi, essayant de garder le tout calme et détendu, malgré la conversation qui s'annonçait déjà très tendue. Ils auraient dû parler de tout cela il y a bien longtemps, mais soit, ce qui est fait est fait. Il pouvait au moins tenter de rattraper le temps perdu.

– Ensuite, ma fille, pourquoi détestes-tu autant Central ? Que peux-tu bien trouver dans la chaîne de Briggs que tu ne trouves pas ici ? Je veux comprendre ce qui t'attire là-bas, pourquoi tu restes à Briggs, pourquoi ne veux-tu pas quitter cette forteresse glaciale et isolée. Et mangez, mangez, les enfants, nous sommes là pour discuter mais aussi pour partager un bon repas en famille.

Il les encouragea d'un regarda avant de tourner à nouveau la tête vers son enfant.

– Donc ? Pourquoi l'armée, pourquoi le Nord, pourquoi Briggs ?
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MessageSujet: Re: Explications franches   Lun 3 Aoû 2015 - 22:55

Donc ? A quoi rimait ce cirque ? Olivier tapotait légèrement des doigts sur la nappe très blanche, de sa main valide, attendant que son père daigne répondre. Elle détestait perdre du temps mais son géniteur n'avait l'air bien pressé, ce soir. Et dire que Miles se retrouvait embarqué là-dedans... Elle était désolée pour lui, ce n'était pas prévu au programme. Son père se décida enfin à relever la tête et lui rendre son regard après deux minutes d'un silence insupportable où il avait pris le temps de boire un peu de vin. Elle n'avait même pas fait attention aux domestiques qui étaient venus donner les entrées. Elle avait perdu l'habitue des ces repas bien chics et interminables depuis qu'elle avait quitté cette maison. Elle était bien plus heureuse à déjeuner dans le réfectoire de Briggs avec ses hommes, souvent assez rapidement. Elle échangea un bref regard avec Miles, pour lui dire de ne pas faire attention, s'impatientant.

– Il y a plusieurs choses dont nous devons parler sérieusement, Olivier, dit-il d'un ton calme. Tu es née et tu as grandie à Central, alors comment t'es venue cette envie de partir au Nord ? Et surtout, surtout, de t'engager dans l'armée ? Tu es une femme, enfin ! Une femme née dans la plus haute société de Central. Ce n'était pas là ton destin. Nous ne t'avons pas élevée pour que tu intègres l'armée. C'est une des choses que nous voulons savoir. Pourquoi es-tu partie de la maison aussi jeune ? Voilà le premier point.

Elle retint un sourire cynique alors qu'il faisait signe à sa famille de boire et manger, ne doutant visiblement de rien. Il voulait savoir pourquoi elle était partie, vraiment ? La réponse n'allait pas leur plaire. Son père était vraiment doué pour poser précisément le doigt sur tout ce qui l'énervait à Central ! Il pouvait faire preuve d'une très forte intuition mais était aussi parfois bien aveugle aux réalités de ce monde. Finalement, leur seul problème était qu'elle soit une femme, depuis le début ? Vraiment navrée, elle aurait dû faire en sorte de naître en homme ! Ses parents ne connaissaient quasiment rien du Nord, se bornant à en voir les mauvais côtés, comme l'hiver très rude ou les tempêtes de glace. Elle glissa son doigt sur une des fourchettes, sans toucher à son assiette, pensive. Voyons, par quel bout commencer pour lui dire tout le bien qu'elle pensait de son soit-disant "destin" ? A moins qu'elle n'enchaîne sur la chance merveilleuse d'être "une femme née dans la plus haute société" ?

– Ensuite, ma fille, pourquoi détestes-tu autant Central ? Que peux-tu bien trouver dans la chaîne de Briggs que tu ne trouves pas ici ? Je veux comprendre ce qui t'attire là-bas, pourquoi tu restes à Briggs, pourquoi ne veux-tu pas quitter cette forteresse glaciale et isolée. Et mangez, mangez, les enfants, nous sommes là pour discuter mais aussi pour partager un bon repas en famille.

Elle retint un ricanement, posant sa main sur son bras en écharpe un instant. Non, elle ne savait par quoi commencer, là, le sujet était si vaste. Son père lui demandait ni plus ni moins de résumer les choix de toute une vie, depuis qu'elle avait atteint l'âge de raison. Elle ne haïssait pas sa faille, sauf ce gros lâche d'Alex, mais elle voudrait qu'à défaut de comprendre, ils acceptent de la voir vivre sa vie comme elle l'entendait. Elle-même se fichait de ce que ses sœurs voulaient faire, ce n'était pas son problème. Olivier n'aurait pas cru que son départ ait causé ce genre de remous, c'était surprenant. Elle croisa le regard de Catherine, les yeux plissés. Son souhait d'aller elle-même à Briggs avait dû réveiller de vieux démons, sans nul doute. Olivier reposa la main sur la table, recommençant à tambouriner des doigts, les marques de griffure rouge se reflétant bien sous la lumière du lustre. Evidemment, blessée ainsi, elle ne renvoyait pas une excellente image de l'armée. Elle retint un soupir et tourna la tête vers son père.

– Donc ? Pourquoi l'armée, pourquoi le Nord, pourquoi Briggs ?

– Ça risque d'être un peu long, donc je vais résumer, dit-elle d'un ton cynique. Après tout, je dois juste remonter à tous les choix que j'ai pu faire depuis mes cinq ans.

Cette dernière phrase était pour le simple plaisir d'agacer sa mère, qui lui jetait des regards froids, déçus ou furieux depuis le début de ce charmant repas de famille. Ils ne comprendront sans doute pas ce soir mais ils y réfléchiront plus tard si cela les passionnait tant. Elle-même avait du travail. Elle fit une moue un peu pensive, réfléchissant par où commencer, échangeant un très rapide regard avec Miles. Dire qu'il se retrouvait pris là-dedans, son père n'avait décidément aucune honte.

– Je n'ai jamais aimé Central, dit-elle enfin. Cette ville, ou une certaine partie du moins, respire l'hypocrisie, la malhonnêteté, favorise les apparences et les faux-semblants. Les habitants ne sont pas francs, jaloux, voire très idiots dans quelques cas. C'est une ville polluée, trop grande, où personne ne prend la peine de connaître ses voisins avant de les critiquer violemment. Où une seule erreur ou faux-pas vous condamne. La discrimination et la bêtise sont des sports collectifs, ici ! Alors qu'il est aberrant de rejeter une personne compétente à cause de ses origines.

Ça, c'était pour Miles. Olivier ne cessait de fixer son père, parlant le plus clairement possible pour qu'il comprenne bien. La tension avait encore augmenté d'un cran, autour de la table, elle pouvait le sentir. elle passa machinalement les doigts sur son couteau, le retournant sur la table régulièrement, le tranchant courant sur sa peau sans la blesser. Voilà, était-ce assez clair pour cette si charmante ville ? Elle lui épargnait la comparaison avec North City pour le moment, qu'il s'estime heureux.

– Pourquoi l'armée ? Car je ne veux pas être une de ces femmes servant juste de pot de fleurs dans les beaux quartiers de cette ville, ce n'est pas fait pour moi. Je me suis engagée car je voulais faire quelque chose d'utile pour mon pays, au lieu de rester là à attendre que le temps passe. Et pourquoi le Nord... Parce que c'est la région la plus isolée et la plus éloignée de Central. Pourquoi Briggs, car c'est vraiment là-bas que je peux donner tout ce que j'ai, dans l'armée. Il y a une très grande solidarité dans cette forteresse, j'ai pris un soin particulier à entraîner mes troupes et ils sont tous capables de faire bloc, opposer un front uni à nos ennemis.

Elle ne dissimulait la fierté qu'elle portait à ses troupes, ni la confiance qu'elle avait en eux. Elle eut un sourire, en pensant aux troupes qu'elle avait entraîné, ces hommes qu'elle commandait. Elle ne tolérait pas que qui que ce soit les sous-estime. Elle laissa retomber le couteau sur la nappe immaculée, se demandant si sa famille comprenait enfin un peu mieux, vu qu'ils n'avaient jamais réussi à deviner ça seuls.

– Le Nord est une région magnifique. Les montagnes sont si pures, au matin, quand le soleil se lève. Nous avons tous à cœur de garder la frontière avec Drachma, notre forteresse est là pour que vous, vivant à Central, vous viviez en sécurité. Dois-je rappeler que votre sécurité dépend du travail de ceux qui gardent les frontières ? Drachma n'a de cesse d'attaquer le fort, espérant percer une brèche pour envahir Amestris. Vous seriez avisé de ne pas oublier que c'est en partie grâce à nous si vous pouvez vivre en paix à Central.

Elle prit son verre pour boire une petite gorgée d'eau, souriant à sa famille. Alors que comptaient-ils répondre à ça ? Qu'ils pourraient se défendre seuls sans la garde constante des différentes divisions de l'armée ? Elle aurait bien hâte de voir ça. L'armée de Central était excellente pour attaquer mais ils étaient déplorables en défense, justement parce que la capitale n'avait jamais été sérieusement prise d'assaut.

– D'autres choses à me reprocher à part le fait que je sois dans l'armée alors que je suis une femme ? rajouta-t-elle en regardant sa chère mère. Que savez-vous vraiment du Nord, finalement ? Que savez-vous de la vie que nous menons à la forteresse de Briggs, en-dehors des rumeurs lancées par des ignorants ?


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MessageSujet: Re: Explications franches   Dim 9 Aoû 2015 - 22:35

Époux – Donc ? Pourquoi l'armée, pourquoi le Nord, pourquoi Briggs ?

Peut-être allaient-ils enfin comprendre, même si Navilia, quelque part, craignait la réponse. Elle but une gorgée de vin, attrapant avec délicatesse le verre de cristal bien rempli, fermant brièvement les yeux lorsque le liquide pourpre coula dans sa gorge. Son regard erra sur ses filles, son fils, ses petits-enfants, avant de revenir sur sa douce petite Catherine. Elle était très effrayée, autant l'avouer. Cette douce enfant, partir dans ces montagnes affreuses ! Quelle horreur. Elle avait si peur de la perdre elle aussi, malgré son assurance de téléphoner souvent. Il y avait une malédiction au Nord, cette région volait les cœurs des gens et ils ne revenaient plus dans leurs région d'origine. Et il y avait cet homme, que Catherine avait rencontré, ce capitaine dont elle avait oublié le nom. Il vivait et travaillait au Nord. Si Catherine devenait plus proche de lui, elle risquait de vouloir rester là-bas à jamais ! Cette idée tourmentait la mère de famille, qui reposa son verre en tremblant un peu, le regard rivé sur sa cadette.

Olivier – Ça risque d'être un peu long, donc je vais résumer, dit-elle d'un ton cynique. Après tout, je dois juste remonter à tous les choix que j'ai pu faire depuis mes cinq ans.

Navilia reporta les yeux sur son aînée, plus froide et agacée. Ce n'était vraiment pas drôle, comme situation ! Elle ne pouvait pas comprendre ce qui avait pu motiver leur fille, surtout aussi jeune, à se détourner de la voie qu'ils avaient tracé pour elle depuis sa naissance. La voie d'une jeune fille respectable puis d'une Noble Dame, bien installée dans les beaux quartiers de Central, une femme honorable, mariée, marchant dans les rues au bras de son mari, sous le beau soleil de la capitale, dans une robe seyante. Une femme cultivée avec une solide conversation, tenant la main de ses jeunes enfants, souriante, discutant avec ses amies autour d'un bon thé. Et au lieu de cette image idyllique... Elle retint un soupir, joignant ses mains devant elle, près de sa bouche. Catherine, elle, était devenue cette femme respectable, tout comme ses sœurs. Il ne fallait pas qu'elle s'en détourne. Elle était si jeune ! Olivier était encore plus jeune lorsqu'elle était partie, mais Catherine n'avait pas le même caractère, elle n'était pas faite pour la vie au Nord.

Olivier – Je n'ai jamais aimé Central, dit-elle enfin. Cette ville, ou une certaine partie du moins, respire l'hypocrisie, la malhonnêteté, favorise les apparences et les faux-semblants. Les habitants ne sont pas francs, jaloux, voire très idiots dans quelques cas. C'est une ville polluée, trop grande, où personne ne prend la peine de connaître ses voisins avant de les critiquer violemment. Où une seule erreur ou faux-pas vous condamne. La discrimination et la bêtise sont des sports collectifs, ici ! Alors qu'il est aberrant de rejeter une personne compétente à cause de ses origines.

Navilia prit une petite inspiration par le nez, serrant ses mains l'une dans l'autre plus fort, alors qu'elle avait un peu pâli. C'était donc cela qu'elle pensait de la capitale d'Amestris ? Un monde faux, hypocrite et malhonnête ? Elle prit sa fourchette, respirant un peu plus fort et vite, mais elle n'était pas la seule à n'avoir pas très bien réagi. Ses autres filles jetaient aussi des regards lourds à leur aînée, allant de l'étonnement à la colère. Leurs maris suivaient les mêmes émotions, s'échangeant des regards. Les enfants, eux, ne comprenaient pas et n'écoutaient pas ce qui se racontait autour de cette table, encore bien innocents. Elle avala lentement une bouchée de ce qui se trouvait dans son assiette, se demandant toujours ce qui avait pu provoquer un tel rejet chez Olivier. Quel événement l'avait conduite à penser cela de la capitale ? Elle y avait vécu si peu de temps ! Et n'y avait pas été malheureuse.

Olivier – Pourquoi l'armée ? Car je ne veux pas être une de ces femmes servant juste de pot de fleurs dans les beaux quartiers de cette ville, ce n'est pas fait pour moi. Je me suis engagée car je voulais faire quelque chose d'utile pour mon pays, au lieu de rester là à attendre que le temps passe. Et pourquoi le Nord... Parce que c'est la région la plus isolée et la plus éloignée de Central. Pourquoi Briggs, car c'est vraiment là-bas que je peux donner tout ce que j'ai, dans l'armée. Il y a une très grande solidarité dans cette forteresse, j'ai pris un soin particulier à entraîner mes troupes et ils sont tous capables de faire bloc, opposer un front uni à nos ennemis.

L'épouse de Philip releva la tête, voyant le sourire de sa fille. Il était évident qu'elle était très fière des hommes de Briggs, ce qui était honorable, et qu'elle avait à cœur de bien rempli son devoir, ce qui était tout aussi honorable. Cependant, Navilia persistait à croire qu'elle se construisait dans un monde qui n'était pas fait pour elle. Elle avait fui Central à ses seize ans, délibérément, pour partir le plus loin possible, dans le froid terrible des montagnes de Briggs et ses hivers si longs et durs. En quoi serait-elle restée un "simple pot de fleurs" ? Navilia avala une autre bouchée, soupirant en baissant un instant la tête. Il y avait d'autres femmes dans l'armée, mais pas à Briggs. Ce n'était pas la vie à Central qui n'était pas faite pour elle mais ces désirs de combat et d'indépendance qui l'avaient saisie.

Olivier – Le Nord est une région magnifique. Les montagnes sont si pures, au matin, quand le soleil se lève. Nous avons tous à cœur de garder la frontière avec Drachma, notre forteresse est là pour que vous, vivant à Central, vous viviez en sécurité. Dois-je rappeler que votre sécurité dépend du travail de ceux qui gardent les frontières ? Drachma n'a de cesse d'attaquer le fort, espérant percer une brèche pour envahir Amestris. Vous seriez avisé de ne pas oublier que c'est en partie grâce à nous si vous pouvez vivre en paix à Central.

Un de ses beau-fils manqua de s'étouffer avec ce qu'il avalait, le visage soudain plus rouge. Stronguette s'empressa de lui taper dans le dos, lui donnant une serviette pour qu'il s’essuie. Navilia avait relevé la tête, reposant sa fourchette avec un peu plus de force que nécessaire. Bien sûr, l'armée combattait, c'était son devoir, chacun ici en était conscient, mais seuls ceux qui étaient capables de se battre devaient le faire ! Olivier était si jeune, si fragile elle aussi ! Elle était encore leur bébé, Philip et elle s'en faisaient beaucoup ! Et elle revenait blessée, le bras tenu dans une écharpe, de larges entailles sur tout le corps, une plaie si terrible sur son cou... Sa mère avait le sentiment qu'elle ne s'était même pas rendue à l'hôpital.

Olivier – D'autres choses à me reprocher à part le fait que je sois dans l'armée alors que je suis une femme ? rajouta-t-elle en regardant sa chère mère. Que savez-vous vraiment du Nord, finalement ? Que savez-vous de la vie que nous menons à la forteresse de Briggs, en-dehors des rumeurs lancées par des ignorants ?

Navilia fit un signe à son mari pour qu'il ne relève pas, croisant ses mains en regardant sa fille, avec un air plus sérieux. Elle commença par lui dire posément qu'elle-même avait vécu au Nord avec sa fille, les années de sa jeunesse, avant de venir à Central, au même âge qu'avait Olivier lorsqu'elle s'était exilée dans cette région de glace. Elle parlait d'un ton très calme, dissimulant la tension qui l'habitait, pour simplement dire qu'elle savait comment les gens vivaient dans cette région, que ce n'était pas inconnu pour elle.

Navilia – Bien sûr, l'armée doit défendre ce pays. Mais comprend une chose, Olivier, nous sommes tes parents et nous sommes donc en droit de nous inquiéter et de vouloir te protéger. Regarde-toi... Tu nous reviens après quatre ans, blessée. On a essayé de te tuer. Comment veux-tu que nous ne réagissions pas ?

Olivier – Je ne serai pas à cette place si je ne savais pas me défendre.

Sans doute... Mais cela restait très dangereux. Navilia craignait pour elle chaque jour qui passait. Et c'était bien pour cela qu'elle refusait que sa petite Catherine suive cette même route ! Tournant la tête vers sa fille cadette, après avoir bu une autre gorgée, elle lui dit très clairement qu'elle avait peur qu'elle ne finisse par vouloir rester à jamais au Nord. Sa fille rougit un peu puis lâcha dans une petite voix que c'était bien possible, s'il pouvait en décupler une histoire sérieuse avec le capitaine du Nord, Buccaneer, car elle l'aimait. Navilia ouvrant grand la bouche, après avoir sursauté si fort qu'elle en répandit tout le contenu de son verre sur la nappe très blanche. Mais elle ne fut pas la seule à réagi, le subordonné de sa fille aînée s'était à moitié étranglé puis était parti dans un fou rire qui l'étouffait presque, plaquant une main sur sa bouche. Navilia lui jeta un regard très noir tandis que sa fille lui donnait un petit coup de coude de son bras valide, souriante elle aussi.

Olivier – Un peu de tenue, lieutenant.

Armette et Stronguette jetaient elles aussi des regards lourds au soldat du Nord, tandis que Catherine était devenue très rouge mais avec un air un peu rêveur. Navilia ne prêta aucune attention au vin renversé, revoyant d'un geste la domestique qui était accourue pour nettoyer. Ses pites craintes se trouvaient confirmées !

Navilia – Bon, balbutia-t-elle. On a tous besoin de... de se reposer, réfléchir à tout ça calmement. Ta chambre pour cette nuit est prête, Olivier, nous pourrons parler plus calmement.

Olivier – Je compte dormir à la caserne, Mère.

Navilia – NON ! s'écria-t-elle d'un seul coup, cette dernière phrase ayant réussi à elle seule à briser sa patience. Tu fais partie de cette famille, même si tu le refuses, ta place sera toujours plus parmi nous que dans une caserne ! Tu es à Central, pas au Nord, tu n'est pas avec d'autres soldats mais dans ta FAMILLE ! Nous sommes INQUIETS ! Je suis persuadée que tu n'as même pas été à l'hôpital après avoir été attaquée, n'est-ce pas ?!

Cette question n'attendait pas de réponse, elle savait très bien ce qu'il en était. Elle laissa enfin la jeune fille nettoyer les dégâts de toute à l'heure, croisant les bras, un nerf agitant son cou. Le plus grand silence était tombé sur la table, plus personne n'osait parler ou bouger. Même les enfants s'étaient tus, couvant les adultes d'un regard inquiet et plein d'incompréhension. Olivier soupira d'un coup, le regard soudain plus dur et glacial. Que trouvait-elle à redire à ça ?

Olivier – Non, je n'ai pas été à l'hôpital, c'est Trivia, le médecin du fort, qui m'a soigné après l'agression. Je n'ai jamais affirmé non plus que je refusais de faire partie de cette famille mais que je n'étais pas faite pour la vie à Central, nuance. Tant pis si ça ne vous plaît pas, je ne compte pas changer cela. Vous avez une certaine image de moi, mère, qui est fausse et il serait temps que vous ouvriez les yeux !

Ce n'était pas possible... Navilia prit une longue inspiration en fermant les yeux, s'évertuant à rester sereine et détendue. Elle se redressa, lissant sa robe des deux mains en tâchant de garder son calme, parvenant même à sourire un peu. Un peu de contrôle sur soi ! Crier ne menait à rein, à part les épuiser tous et cela perturbait les enfants. Elle s'apaisa un peu alors qu'on amenait les plats de résistance, bien chauds et dégageant une odeur très agréable.

Navilia – Admettons. Nous sommes tous un peu trop nerveux, ce soir, il faut repartir sur de bonnes bases ! Mange donc, Olivier, tu n'as rien avalé depuis le début du repas. Catherine... Es-tu bien certaine d'avoir le caractère et la force nécessaire pour survivre au Nord, même dans une simple formation ?
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MessageSujet: Re: Explications franches   Sam 29 Aoû 2015 - 16:25

Catherine mâcha plus longuement ce qu'elle avait dans la bouche et l'avala très soigneusement, essayant de faire abstraction de la tension incroyablement lourde qui pesait sur la longue table depuis que leur sœur avait exposé bien platement tout le bien qu'elle pensait de Central. Elle avait le curieux sentiment que les personnes vivant à Briggs avaient pris la capitale en grippe et se demandait pourquoi. Quelles tensions il y avait-il réellement entre les deux régions ? Il était difficile pour la population civile d'avoir accès à ce genre d'informations. Mère finit par rétorquer qu'il était normal qu'elle et Père réagissent, comme Olivier revenait blessée. Là-dessus, ils n'avaient pas tord, bien que Catherine doute qu'un tel argument soit suffisant pour faire fléchir leur aînée. Elle prit une petite inspiration discrète en reposant sa fourchette, l'estomac encore un peu noué.

Olivier – Je ne serai pas à cette place si je ne savais pas me défendre.

Est-ce qu'il y avait d'autres femmes générales, d'ailleurs ? C'était si rare ? Catherine croisa tout à coup le regard de sa mère, assise très raide, son verre en main, qui lui dit assez fort qu'elle avait peur qu'elle aussi ne finisse par vouloir rester au Nord. La jeune fille sentit ses joues s'empourprer, peu à peu, puis avoua que c'était possible... Si sa rencontre avec le grand et beau capitaine du Nord devenait une histoire sérieuse. Sa mère ouvrit très grand la bouche en renversant son verre alors que Cath se crispait, prête à subir des cris et une engueulade, mais ce fut, contre toute attente, le subordonné d'Olivier qui se mit à hurler de rire, plaquant une main sur sa bouche ensuite pour essayer de se calmer. Elle se tourna vers lui, en parfaite synchronisation avec tout le reste de la famille, à moitié choquée. Mais ce n'était pas drôle ! Elle aimait vraiment le capitaine ! Elle rougit encore plus fort, pendant que ses sœurs et ses parents jetaient des regards très noirs au soldat du Nord, qui ne semblait pas plus perturbé que ça. Qu'il y avait-il de si drôle, elle avait manqué une information ? Olivier lui donna tout à coup un coup de coude, souriant elle aussi, ce qui confirma à Catherine qu'elle ne comprenait pas tout.

Olivier – Un peu de tenue, lieutenant.

Peut-être qu'il réagissait ainsi car le capitaine Buccaneer n'était pas du genre à courir après les femmes, ce qui voudrait dire qu'il y ait une chance que lui aussi tienne à elle... Elle eut un petit sourire rêveur en prenant son verre à pied, imaginant le moment où elle allait le revoir. Elle en avait vraiment envie, il avait su la faire rêver et elle aimait les hommes aussi grands et musclés, aussi forts ! Il avait une coupe de cheveux un peu bizarre, certes, mais il était si beau. Il dégageait une puissance qui la faisait frissonner. Elle revint à la réalité avec un léger temps de retard, finissant son entrée après avoir un peu bu. Savoir qu'elle avait une chance avec le capitaine lui avait redonné de l'appétit.

Mère – Bon, balbutia-t-elle. On a tous besoin de... de se reposer, réfléchir à tout ça calmement. Ta chambre pour cette nuit est prête, Olivier, nous pourrons parler plus calmement.

Ah, elle restait vraiment dormir ici ? Elle n'allait pas retourner à la caserne avec le lieutenant dès la fin du repas ? Catherine avait un très sérieux doute, d'un seul coup, tournant la tête vers sa sœur pour voir son expression. Et devina ce qu'elle allait dire avant même qu'elle n'ouvre la bouche.

Olivier – Je compte dormir à la caserne, Mère.

Mère – NON ! s'écria-t-elle d'un seul coup, cette dernière phrase ayant réussi à elle seule à briser sa patience. Tu fais partie de cette famille, même si tu le refuses, ta place sera toujours plus parmi nous que dans une caserne ! Tu es à Central, pas au Nord, tu n'est pas avec d'autres soldats mais dans ta FAMILLE ! Nous sommes INQUIETS ! Je suis persuadée que tu n'as même pas été à l'hôpital après avoir été attaquée, n'est-ce pas ?!

Un gros silence tomba suite à cela, plus personne ne remuait ni ne parlait. La jeune fille observa sa mère puis sa sœur, alternativement. Voilà qui allait bien relancer les hostilités... Dans un sens, oui, Olivier faisait parti de cette famille et devait donc dormir ici lorsqu'elle passait à Central. Mais elle était un soldat, il était logique qu'elle se rende à la caserne, surtout avec son grade. L'ambiance était de plus en plus lourde, même les tous-petits avaient vu que quelque chose n'allait pas, fixant les adultes d'un air inquiet.

Olivier – Non, je n'ai pas été à l'hôpital, c'est Trivia, le médecin du fort, qui m'a soigné après l'agression. Je n'ai jamais affirmé non plus que je refusais de faire partie de cette famille mais que je n'étais pas faite pour la vie à Central, nuance. Tant pis si ça ne vous plaît pas, je ne compte pas changer cela. Vous avez une certaine image de moi, mère, qui est fausse et il serait temps que vous ouvriez les yeux !

Catherine baissa la tête sur son assiette, la gorge un peu nouée. Elle avait très longtemps cru qu'ils avaient perdu Olivier à jamais et ce qu'elle disait ici n'aidait pas à rassurer qui que ce soit. Mais au moins, elle avait tracé sa propre vie ! Elle avait fait tous ses choix seule, elle avait travaillé,, s'était battu pour ce en quoi elle croyait, elle n'avait laissé personne lui dicter sa route. et c'était cela que Cath voulait aussi. Elle avait envie de suivre son exemple, apprendre à se débrouiller seule, prendre ses propres décisions, sans que ses parents n'y interviennent pour choisir à sa place ce qui était bon pour elle. Elle voulait juste être comme sa grande sœur, capable de tracer sa voie sans qu'on ne puisse rien lui imposer. Elle en était capable ! Si elle travaillait dur, elle le pourra, elle en était sûre. Elle s'accrocha de toutes ses forces à cette idée, voulant réussir, alors qu'on leur apportait la suite du repas. Si Olivier avait pu, alors elle aussi le pouvait. Elle reprit sa fourchette et un peu de pain, déterminée. Elle pouvait le faire, comme sa sœur.

Mère – Admettons. Nous sommes tous un peu trop nerveux, ce soir, il faut repartir sur de bonnes bases ! Mange donc, Olivier, tu n'as rien avalé depuis le début du repas. Catherine... Es-tu bien certaine d'avoir le caractère et la force nécessaire pour survivre au Nord, même dans une simple formation ?

"Admettons" ? Catherine releva aussitôt la tête pour se tourner vers sa mère, un peu choquée, puis réalisa qu'elle lui avait posé une question. Ah, hum, donc. Une minute... Si elle avouait comme ça qu'elle voulait ressembler à Olivier, elle allait provoquer une crise cardiaque chez ses parents. Elle commença donc par hocher la tête, simple mouvement qui ne voulait pas dire grand-chose. Elle prit un peu d'eau puis se racla la gorge, affirmant à Mère qu'elle pouvait travailler dur afin de s'adapter, qu'elle voulait vraiment avoir une formation solide, avec une personne compétente.

Catherine – Pourquoi avez-vous rit, lorsque j'ai parlé du capitaine Buccaneer ? demanda-t-elle ensuite au lieutenant Miles en se tournant vers lui. Il n'a jamais été marié ?
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MessageSujet: Re: Explications franches   Dim 30 Aoû 2015 - 12:23

Ce repas était interminable et terriblement usant. Marrant, en un sens, Miles n'était pas du tout angoissé ni rien de ce genre lorsqu'ils étaient en pleine bataille contre Drachma, il ne tremblait pas et restait bien concentré et ferme sur son objectif. Mais ici, en pleine dispute familiale, il était terriblement tendu. Qu'est-ce qu'il fichait ici, lui, ça ne le concernait pas ! C'était la famille de la générale ! Il n'avait pas envie d'apprendre quoi que ce soit de ce côté, ça ne le regardait pas ! Et vu l'ambiance... Il respira discrètement un bon coup, avec une bouffée de respect supplémentaire pour sa supérieure lorsqu'elle clama qu'elle ne rejetait aucune personne compétente à cause de ses origines. Il savait qu'elle disait ça pour lui et il lui en était reconnaissant. Il songea de nouveau à la prison glaciale où il avait passé des  jours, attendant la mort sans espérer s'en tirer et revoir la lumière du jour. Elle avait une façon de penser différente, capable, compétente, et c'est bien pour cela que tous à Briggs la surnommaient leur reine. Ils acceptaient tous de la suivre les yeux fermés et lui vouaient une confiance aveugle.

Il parvint à se détacher un peu de la conversation, avec difficulté, pour ne pas apprendre trop ni se mêler de ce qui ne le regardait pas. Il se demandait, néanmoins, ce que serait la réaction de sa famille s'ils savaient qu'il était un Ishbal, enfin, un sang-mêlé avec des origines Ishbales. L'accepteraient-ils ? D'autant plus qu'il était aisé de deviner que la générale serait tuée avec lui si le haut commandement apprenait ça. Elle l'avait sorti de prison et avait fait de lui son bras droit, cela seul suffira à la condamner pour traîtrise envers Amestris. Comme Central pourrait faire condamner presque la totalité des hommes et femmes de la forteresse s'ils trouvaient des preuves, ce ne sera pas bien difficile. Il se força à manger un peu, sur les nerfs, afin de ne pas en plus gêner sa supérieure, qui devait elle aussi être bien sur les nerfs. Mais elle tenait tête, ne cessant pas de défendre la forteresse et la région Nord. Miles but une petite gorgée, croisant le regard de l'une des... "Sœurs" de la générale. Quelle carrure ! On dirait un homme.

La générale et sa plus jeune sœur ne leur ressemblaient pas du tout, c'était assez étrange. Plus jeune sœur qui lança tout à coup qu'elle aimait Buccaneer et que cela pourrait devenir une histoire sérieuse... L'image du grand soldat s'imposa bruatlement à lui, avec un costume noir et son automail, souriant de toutes ses dents au bras d'une toute jeune fille qui lui arrivait à peine au torse. Il manqua de s'étouffer puis éclata brusquement de rire, tout en imaginant Buccaneer se balader avec un bouquet de fleurs et une fille en robe blanche qui était aussi grosse que son bras droit. Il plaqua une main sur sa bouche pour essayer de faire moins de bruit, les larmes aux yeux, s'étouffant à moitié en riant à en perdre le souffle. Il n'arrivait pas à se calmer, l'image de Buccaneer vêtu d'un costume en tête. La générale lui fila tout à coup un petit coup de coude et il eut un hoquet. Désolé, c'était les nerfs ! Il reprit son souffle avec peine, à moité étranglé.

– Un peu de tenue, lieutenant.

Il hocha la tête, respirant profondément pour se calmer et respirer correctement. Buccaneer... Amoureux de la sœur de... Non, non, non, ne plus y penser. Il but plutôt un peu d'eau pour se reprendre, murmurant des excuses à la boss. Quand il voyait Catherine aussi frêle et minuscule et Buccaneer si grand et baraqué... Quoi que, il avait toujours aimé les filles fragiles et mignonnes, ce n'était pas une nouveauté. Il baissa la tête, se calmant peu à peu. Alors là, ce bon vieux capitaine, plus personne ne risquait de le louper, à la forteresse, tout le monde allait le charrier avec ça pendant des jours.

– Bon, balbutia-t-elle. On a tous besoin de... de se reposer, réfléchir à tout ça calmement. Ta chambre pour cette nuit est prête, Olivier, nous pourrons parler plus calmement.

– Je compte dormir à la caserne, Mère.

– NON ! s'écria-t-elle d'un seul coup, cette dernière phrase ayant réussi à elle seule à briser sa patience. Tu fais partie de cette famille, même si tu le refuses, ta place sera toujours plus parmi nous que dans une caserne ! Tu es à Central, pas au Nord, tu n'es pas avec d'autres soldats mais dans ta FAMILLE ! Nous sommes INQUIETS ! Je suis persuadée que tu n'as même pas été à l'hôpital après avoir été attaquée, n'est-ce pas ?!

Sa mère avait l'air un peu vive... Et ne semblait pas voir compris pourquoi la générale avait filé au Nord. Miles était vraiment soufflé, autant l'avouer, il ne pensait pas qu'il y aura un tel décalage entre sa supérieure hiérarchique et sa famille. Elle était si loin de leur façon de penser, de réfléchir, de se comporter. Elle ne leur ressemblait pas, ni physiquement, ni mentalement. Ils ne comprenaient qu'au Nord, on ne se reposait pas une semaine à l'hôpital après ce genre de blessures, qu'ils étaient tous fiers que la générale soit toujours debout, bien droite. Ils ne comprenaient pas qu'elle pensait d'abord à son devoir avant toute chose et que cette vie n'était pas faite pour elle. Miles pouvait comprendre ça, il côtoyait la générale tous les jours et travaillait en lien direct avec elle. Et sa place était vraiment dans une caserne. A Briggs, avec ses hommes.

– Non, je n'ai pas été à l'hôpital, c'est Trivia, le médecin du fort, qui m'a soigné après l'agression. Je n'ai jamais affirmé non plus que je refusais de faire partie de cette famille mais que je n'étais pas faite pour la vie à Central, nuance. Tant pis si ça ne vous plaît pas, je ne compte pas changer cela. Vous avez une certaine image de moi, mère, qui est fausse et il serait temps que vous ouvriez les yeux !

Il doutait que tout le monde ici accepte cet état de fait mais soit. Il comprenait mieux pourquoi elle ne mentionnait jamais sa famille au Nord, ce n'était pas le même monde. Il mangea un peu silencieux, mais vibrant de respect pour la générale. Vivement qu'ils retournent au Nord, Briggs lui manquait de plus en plus ! Il n'était pas à l'aise, ici, dans cette maison qui pourrait abriter toute une armée, avec des personnes qui ne savaient pas grand-chose de la guerre menée aux frontières. Ce n'était pas son monde, voilà tout. Il regrettait de ne pouvoir être sur le sommet de la forteresse, à regarder le soleil disparaître derrière les montagnes. Sa vraie place était à Briggs, aujourd'hui, comme celle de la générale et de bien d'autres personnes. Il regarda son assiette aux fines dorures, les fourchettes en argent, la décoration... Ah, Briggs était bien loin.

– Admettons. Nous sommes tous un peu trop nerveux, ce soir, il faut repartir sur de bonnes bases ! Mange donc, Olivier, tu n'as rien avalé depuis le début du repas. Catherine... Es-tu bien certaine d'avoir le caractère et la force nécessaire pour survivre au Nord, même dans une simple formation ?

Ça, c'était à elle de voir, mais elle avait intérêt de faire ses preuves vite. La générale, sœur ou pas, la jettera dehors si elle ne faisait pas l'affaire. Il sourit à la jeune fille qui vint débarrasser les assiettes pour amener d'autres plats, chaud cette fois. Il n'avait quasiment rien avalé, un peu trop tendu pour cela. La petite affirma qu'elle y arriverait. Hum... Bon, elle en avait peut-être plus dans le ventre qu'elle ne le laissait voir. Cependant, les filles comme elles étaient souvent appréciées, dans la forteresse, cela apportait un peu de fraîcheur et de douceur.

– Pourquoi avez-vous rit, lorsque j'ai parlé du capitaine Buccaneer ? demanda-t-elle ensuite au lieutenant Miles en se tournant vers lui. Il n'a jamais été marié ?

Il serra les dents et se mordit la langue de justesse pour ne pas rire, reprit par l'image de son ami en costume-cravate avec une fleur au niveau du cœur. Cela lui irait comme un gant surtout avec sa crête et sa longue tresse noire assez fine. Hum, bref, donc, répondre.

– Non, il n'a jamais épousé personne, mademoiselle, répondit-il d'un ton poli, sans laisser voir qu'il était au bord du fou rire. J'ai ri car c'est une image assez étrange d'imaginer Buccaneer en train de se marier.

Cette fois, il perçut très nettement le regard très noir et acéré de la mère de famille. Navré, madame, il ne faisait que répondre, il ne donnait pas un avis. En plus, s'il avait bien suivi, la jeune fille espérait bel et bien un mariage, n'est-ce pas ? Elle était plutôt mignonne, bien loin des deux mastodontes qui lui servaient de sœurs aînées et dont la carrure l'impressionnait toujours. Au même moment, un majordome vint avec un plateau, portant le téléphone et s'excusa de les déranger, déclarant que le QG Nord cherchait à joindre le lieutenant Miles. A cette heure ? Il échangea un regard avec la générale, qui avait froncé les sourcils, puis se leva. Il eut le colonel Devin au téléphone, qui lui dit d'un ton alarmé que le fameux tueur d'alchimistes d'état avait attaqué et enlevé le commandant Madless.

– Quoi ?! Il...

Il s'interrompit lorsque la générale se leva à son tour, tendant la main. Il lui laissa le combiné, bien droit près d'elle. Il vit son air s'assombrir au fur et à mesure que le colonel expliquait ce qui s'était passé. Miles entendait faiblement ce qui se disait dans le combiné mais l'air de sa supérieure était parlant.

– Envoyez plus d'équipes, coupa tout à coup sa supérieure. Fouillez les anciennes villes minières. Ce type aura besoin de s'abriter, lui aussi, les tempêtes peuvent être violentes en hiver.

Elle raccrocha et le majordome emporta le téléphone. Le commandant enlevé... Pourquoi le tueur s'était-il encombré d'un type pareil ? Il était complètement fou ! Il souffrait d'un dédoublement de la personnalité et avait un comportement très tendu.

– Dois-je contacter Briggs ? demanda-t-il d'un ton déjà plus martial qu'au cours du repas. Les troupes connaissent bien les montagnes et les endroits où il est possible de se cacher. Nous pouvons aller vite pour traquer cet homme.
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MessageSujet: Re: Explications franches   Jeu 24 Sep 2015 - 11:23

– Non, je n'ai pas été à l'hôpital, c'est Trivia, le médecin du fort, qui m'a soigné après l'agression. Je n'ai jamais affirmé non plus que je refusais de faire partie de cette famille mais que je n'étais pas faite pour la vie à Central, nuance. Tant pis si ça ne vous plaît pas, je ne compte pas changer cela. Vous avez une certaine image de moi, mère, qui est fausse et il serait temps que vous ouvriez les yeux !

Quand allait-elle comprendre ? Cette conversation était vraiment lassante. Olivier retint un grand soupir, posant sa main valide sur son bras blessé, touchant les traces du bout des doigts. Même après ça, elle ne comptait pas laisser tomber. Il n’était pas question qu’elle revienne se réfugier ici comme s’il ne s’était rien passé, surtout pas après son agression ! Elle voulait retrouver ce monstre et lui arracher ce qui lui servait de tête, rien de moins. Ce truc était vraiment lâche et immonde ! Il n’avait même pas osé se montrer, se contentant d’attaquer de loin, comme un faible. Elle ne supportait pas ce genre d’attitude, lorsqu’on attaquait, qu’on ait au moins le courage de le faire de face et à visage découvert ! Toutes les autres techniques de fourbe ne servaient qu’à prouver votre peur et votre immense lâcheté. Sa mère allait sûrement crier, maintenant, Olivier l’observait du coin de l’œil, attendant, cherchant un moyen d’en finir au plus vite. Rester ici ce soir dans cette ambiance, très peu de chances, ce n’était pas la peine d’ennuyer tout le monde en leur imposant sa présence comme ça.

– Admettons. Nous sommes tous un peu trop nerveux, ce soir, il faut repartir sur de bonnes bases ! Mange donc, Olivier, tu n'as rien avalé depuis le début du repas. Catherine... Es-tu bien certaine d'avoir le caractère et la force nécessaire pour survivre au Nord, même dans une simple formation ?

Olivier cilla légèrement en dévisageant sa mère, lèvres pincées. Que préparait-elle, cette fois ? Essayait-elle vraiment de calmer le jeu ou cherchait-elle une façon de prouver qu’elle avait raison ? Voilà bien autre chose qu’Olivier avait en horreur, l’hypocrisie et les faux-semblants. Une toute jeune fille vint enlever les assiettes d’entrée, puis amener des plats de viande chauds. Ils ne pouvaient pas se servir seuls, c’était trop épuisant … ? Catherine affirma de sa voix un peu fluette qu’elle était capable d’y arriver, mais cela, ils verront sur-place si leurs parents la laissaient venir jusqu’à Briggs. Olivier ne voulait aucune personne inutile dans ce fort, fut-ce sa propre sœur, si elle ne s’adaptait pas ou ne réussissait pas à faire son boulot, elle sera virée dehors comme n’importe qui d’autre, il n’y avait aucun traitement de faveur à Briggs, pour qui que ce soit. Il y avait peu de femmes, là-bas, Olivier ne savait plus combien exactement… Une dizaine ? Ou un peu moins ? Elle jeta un long regard à Catherine, se demandant si elle pourra vraiment se faire une place au fort. Olivier ignorait ce qu’elle avait dans le ventre, c’était peut-être sa petite sœur mais elle ne pouvait dire qu’elle la connaissait bien, vu les circonstances. Peut-être avait-elle plus de force qu’elle ne le montrait aujourd’hui, peut-être pas, cela restait à vérifier.

– Pourquoi avez-vous rit, lorsque j'ai parlé du capitaine Buccaneer ? demanda-t-elle ensuite au lieutenant Miles en se tournant vers lui. Il n'a jamais été marié ?

Miles eut un petit tressautement, comme s’il allait de nouveau éclater de rire. Elle-même retint un léger sourire, admettant qu’imaginer le capitaine en costume de marié était plutôt drôle. Dire qu’il bavait sur Catherine… Elle n’en revenait toujours pas, choquée aussi de voir sa sœur s’intéresser à un homme comme lui. De visu, on aurait pu croire qu’elle allait choisir un homme très respectable et riche, comme ses parents le voulaient, mais il avait fallu qu’elle tombe amoureuse d’un soldat de Briggs trois fois plus grand qu’elle alors qu’elle devait aussi grosse qu’un des bras du capitaine. La générale but un peu d’eau, curieuse de savoir la réaction des soldats du fort quand ils apprendront la nouvelle. Elle réalisa juste à ce moment que si Catherine épousait Buccaneer, il allait devenir son beau-frère et faillit biens ‘étouffer avec son verre d’eau.

– Non, il n'a jamais épousé personne, mademoiselle, répondit-il d'un ton poli, sans laisser voir qu'il était au bord du fou rire. J'ai ri car c'est une image assez étrange d'imaginer Buccaneer en train de se marier.

S’ils se mariaient, cela allait sans doute se faire à Central, pas question de faire déplacer la famille et les amis jusqu’au Nord. Elle reposa son verre, sachant déjà très bien la réaction des très respectables familles Nobles du quartier en voyant le soldat Buccaneer, immense, baraqué, porteur d’un automail de combat, avec une longue crête noire et une tresse, au bras de Catherine en robe blanche, très fluette avec un air innocent et de grands yeux bleus. Rien pour que ça, Olivier assistera au mariage. S’ils en arrivaient là. Ils furent tout à coup interrompu par la majordome de la famille, qui apportait le téléphone, posé sur un plateau. Il annonça un appel du QG Nord, qui cherchait à contacter le lieutenant Miles. Elle échangea u regard avec lui, revenant immédiatement aux affaires de sa région, fronçant les sourcils. Un appel ici et à cette heure ? Le QG avait dû téléphoner au centre de commandement de Central puis a plusieurs endroits avant de savoir que Miles était ici. Il se leva puis prit le combiné, alors que le silence s’était fait autour de la table. Drachma avait encore attaqué ?! Non, le QG Nord ne les appellerait pas pour ça et le fort était capable de défendre la frontière, ses hommes étaient capables de gérer, en parfaite autonomie, qu’elle soit là ou non.

– Quoi ?! Il...

Elle se leva d’un geste sec, tendant la main pour qu’il lui passe le combiné. Elle le porta à son oreille, entendant aussitôt le colonel Devin, qui la salua avant de lui répéter ce qu’il venait de dire au lieutenant. Elle fronça encore plus les sourcils, serrant les dents. Elle avait pourtant donné des consignes, après les premiers meurtres, pour que ce type soit surveillé ! Pourquoi l’avait-on laissé sortir seul du QG puis de la ville ? Il lui décrit la scène où ils avaient retrouvé les traces du combat. Le sol détruit de la même façon que durant les autres attaques, les traces d’une lutte dans les fourrés et la neige mais pas de sang, aucun corps cette fois. Madless avait été enlevé. Pourquoi enlevé et non tué comme les autres ? Surtout ce type ! Il était complètement fou, un esprit malade et déchiré, il n’avait aucune conscience de ses actes et avait de graves troubles de la mémoire. Devin lui fit un rapide briefe des recherches en cours, demandant ensuite si elle avait des instructions.

– Envoyez plus d'équipes. Fouillez les anciennes villes minières. Ce type aura besoin de s'abriter, lui aussi, les tempêtes peuvent être violentes en hiver.

Elle raccrocha, rendant le téléphone au majordome qui l’emporta avec lui, puis retint un long soupir, tournant le dos à sa famille, près de Miles. Elle ferma les yeux un instant, se frottant la tempe de sa main valide en réfléchissant. Pourquoi enlever un type pareil ? En tout cas, bravo pour l’exemplarité parfaite du QG Nord ! Ils savaient parfaitement qu’ils devaient le surveiller ! Il faudra leur faire une petite mise au point en rentrant, ça devenait urgent. Elle rouvrit les yeux, visualisant les étendues du Nord, les différentes villes et les villages, plus les endroits abandonnés, les montagnes… La région était immense et extrêmement peu peuplée. Mais ils étaient en plein hiver, ce type et sa victime ne pourront rester au-dehors à fuir sans cesse, les tempêtes forçaient à s’abriter et donc à ralentir la progression.

– Dois-je contacter Briggs ? demanda-t-il d'un ton déjà plus martial qu'au cours du repas. Les troupes connaissent bien les montagnes et les endroits où il est possible de se cacher. Nous pouvons aller vite pour traquer cet homme.

– Oui, ça ira plus vite, siffla-t-elle d’une voix sombre. Ce n’est pas comme si le QG Nord avait pour consigne de surveiller l’autre fou. Je vais aussi contacter le QG de Central, si le colonel ne l’a pas déjà fait. Ce malade peut facilement se cacher dans les montagnes mais avec l’hiver, il pourra se déplacer beaucoup moins vite.

Elle allait partir lorsque sa mère demanda d’un coup où ils allaient. Olivier leva les yeux au ciel en se tournant à moitié vers eux, les ayant complètement oublié, avec ce coup de fil. Elle leur dit qu’elle allait téléphoner aux officiers de central et que ça ne les regardait pas, merci bien. Elle fila avec Miles avant qu’ils ne puissent de nouveau protester, commençant par appeler le QG de la capitale. Ils avaient en effet eu un appel du Nord mais le colonel Devin, pressé, ne leur avait pas expliqué. Elle se chargea de le faire elle-même, avec l’assistant de Bradley qui notait le message pour le transmettre au Président. De son côté, Miles avait appelé Briggs, afin d’organiser quelques patrouilles supplémentaires, pour fouiller tous les lieux où le tueur serait susceptible de se cacher, avec son prisonnier. Elle raccrocha avec lenteur, s’appuyant ensuite contre le meuble. Ils étaient dans une pièce à l’écart, un bureau assez simple, mais elle pouvait entendre les échos de sa famille, à table un peu plus loin. Une petite lampe les éclairait, en contraste important avec l’immense lustre de la salle à manger. Olivier soupira tout à coup, passant une main dans ses cheveux.

– Désolée que tu te retrouves pris là-dedans, grimaça-t-elle en désignant la porte ouverte du bureau, d’où venait les échos du repas.

– Ce n’est rien, mon général. En revanche, pour ce soir, rester ici n’est guère une bonne idée, nous ne pouvons pas laisser nos généraux dans des environnements non sécurisés, même pour une nuit. En particulier si le monstre aux tentacules décide de revenir vous attaquer. Sauf votre respect, vous êtes déjà blessée, vous pourriez avoir plus de mal à vous défendre.

Oui… Sa famille allait sûrement piquer une crise, mais Miles avait raison. Elle tapota le guéridon du bout des doigts, le regard dans le vague, n’ayant pas la moindre envie de retourner dans la salle à manger avec les autres. Elle aurait voulu être à Briggs, avec ses hommes, pas ici dans un monde hypocrite avec une famille qui ne comprenait rien. Miles ne disait rien non plus, le visage impassible. Elle finit néanmoins par bouger, revenir dans la salle gorgée de lumière et bien trop grande. Elle se rassit à coté de Miles, alors que son père demandait s’il y avait un problème. Elle se contenta de lâcher laconiquement qu’ils avaient fait leur travail et qu’il sera bientôt réglé. La suite du repas ne se passa pas dans une ambiance très bonne, mais cette fois, olivier ne fit aucun effort pour participer, laissant sa famille discuter entre elle sans intervenir. Elle ne mangea qu’à peine, plongée dans ses pensées, cherchant à comprendre pourquoi le commandant avait été enlevé. Pourquoi, alors que les autres avaient été tués, pourquoi, alors qu’il était quasiment incapable de mener la guerre.

C’est à la fin que Miles exposa bien calmement le problème pour cette nuit, en passant sur les détails de l’agression, mais en insistant sur le fait que c’était trop risqué de rester ici sans protection, que les soldats étaient garants de la sécurité de leurs supérieurs hiérarchiques. Ce à quoi le chef de la famille répondit qu’il avait été alchimiste d’Etat, qu’Alex l’était, et que Miles n’avait qu’à en plus rester ici cette nuit s’il s’inquiétait. Olivier releva aussitôt la tête, prête à répliquer sèchement, les joues soudain plus rouges et le regard noir, puis se ravisa en songeant qu’au moins, demain, ils leur ficheraient la paix, ayant eu ce qu’ils voulaient, et qu’elle ne reverra sans doute plus avant des années encore. Elle prit une petite inspiration pour garder son calme, appuyée contre le dossier de son siège, même si elle fulminait intérieurement. Elle éprouvait une furieuse envie de rentrer à Briggs dès maintenant, retrouver ses chères montagnes et ne plus les quitter. Quand tout le monde quitta la table, une domestique vint dire à Miles en souriant qu’elle allait lui montrer sa chambre, à côté de celle d’Olivier.

– Nous continuerons les recherches demain, dit-elle en s’arrêtant dans le couloir du second étage, près de la fenêtre. Il y a certaines choses sur les chimères et les homonculus, à la bibliothèque de Central, mais je n’y connais pas grand-chose, en alchimie, la plupart des traités sont d’un haut niveau.

Elle s’interrompit, pensive, en regardant la ville par l’immense baie vitrée, baignée par la lumière de la lune et des étoiles. Il leur faudrait l’aide d’un alchimiste d’Etat pour poursuivre les recherches mais il était hors de question qu’elle demande l’aide de son lâche de frère. Il lui donnait envie de vomir ! Elle soupira, s’appuyant contre le mur.

– Ce n’est pas la peine que tu restes éveillé cette nuit, reprit-elle en lui jetant un regard. On a du travail, demain, je voudrai découvrir quelque chose avant la réunion avec Bradley et les généraux de Central.

Elle devra aussi toucher quelques mots à Grumman mais elle verra ça plus tard. Olivier avait bien conscience de ses forces et de ses faiblesses, elle devait trouver le moyen de pallier aux points faibles de leurs opérations. Elle ne rajouta rien, se contentant d’aller dormir, à présent, après avoir dit à Miles de faire de même.


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