Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Bienvenue docteur

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King Bradley

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MessageSujet: Bienvenue docteur   Ven 25 Sep 2015 - 14:13

Les rumeurs allaient déjà bon train, la nouvelle se répandant comme une traînée de poudre, dans le QG de Central City. Soldats, fonctionnaires et gendarmes chuchotaient dans les couloirs, colportant la nouvelle, s’échangeant les détails dès qu’ils en obtenaient. Beaucoup d’histoires circulaient sur les Alchimistes d’Etat, depuis les récents problèmes, et les ragots étaient encore plus exacerbés depuis l’annonce de la venue du prince d’Aerugo, tout le monde était sur les dents et colportait la moindre petite information. Presque tous les employés du tribunal militaire se collèrent aux fenêtres lorsque le fourgon de la prison s’arrêta dans la cour, alors que deux soldats en faisaient descendre le prévenu. Un revenant, littéralement, pourrait-on dire. Marcoh avait travaillé très longtemps dans l’armée, dans toutes les divisions puis à Central, il était connu. Bradley s’arrêta pour l’observer lui aussi, à une des fenêtres, le regard dur. Il avait réussi à faire croire à sa propre mort durant bien longtemps, joli coup.

Il rentra dans le bureau qu’il avait réservé pour cet après-midi, refermant la porte derrière lui. Lust et Envy étaient déjà arrivés, en pleine conversation pour savoir comment le dicteur avait pu se cacher si longtemps. Lorsqu’il entra, Envy brandit la pierre philosophale que Gluttony venait de retrouver chez le docteur, avec un air triomphant. Il clama qu’ils venaient juste de revenir, Gluttony avait reniflé partout et mit à sac la maison jusqu’à retrouver la pierre. Il plongea la main dans sa poche puis jeta à Bradley la montre en argent qu’ils avaient déniché. Le président la réceptionna d’un geste souple, dans le creux de sa main. Il avait donc gardé plusieurs souvenirs de son ancienne vie, ce cher docteur. Envy s’étira, avec un air satisfait, pendant que Lust gardait les bras croisés sans rien dire, les yeux fermés. Ils ne durent pas patienter bien longtemps dans le bureau, avant qu’on ne leur amène le médecin. Bradley se tourna vers lui lorsqu’il entra et dû s’asseoir. Lust, elle, se leva, venant s’appuyer contre le rebord du bureau, alors qu’Envy avait un rire moqueur en voyant l’état du docteur, blessé et les mains serrées dans des entraves de bois.

– Ravi de vous revoir, docteur Marcoh, commença le Président d’un ton sombre. Qui aurait cru vous retrouver dans un village minable de l’Ouest ? Vous auriez dû vous douter que tremper dans la contrebande allait vous attirer des ennuis.

Il s'assit au bureau et croisa les mains dessus, faisant face au docteur, le regard impassible. Il posa devant lui, sur le bois sombre, sa montre en argent ainsi que la petite fiole contenant la pierre philosophale, à l'état liquide. Il recroisa ensuite les mains en le fixant, le dévisageant, avec la plus parfaite tranquillité.

– Je dois dire que vous nous avez manqué. J'admet que la petite scène de votre prétendue mort à Ishbal était très bien réalisée, nous y avons cru. Fabriquer des preuves, transformer des cadavres... Vous savez bien faire tout cela. Toutes les expériences menées à Ishbal n'ont pas été une perte de temps pour vous, sur ce terrain. Pourquoi avoir déserté ? Vous avez travaillé avec nous durant des années, vous aviez accepté les expériences les plus poussées pour l'amour de la science, durant si longtemps. Et d'un seul coup, vous avez voulu tout plaquer, je ne comprend pas.

Il tapota de l'index la montre posée entre eux, avec un regard assez perplexe. Ni Lust ni Envy ne disaient quoi que que ce soit, se contentant de fixer le médecin, avec un regard indéchiffrable. Ils avaient tout le temps de discuter, les hommes savaient qu'il était en train de s'entretenir avec le déserteur, dans ce bureau. Et ils avaient bien des choses à éclaircir.

– Vous êtes un alchimiste précieux, pour nous, Marcoh, reprit-il. Vous savez comment fabriquer la pierre et mener les expériences les plus osées. Nous pourrions oublier votre départ fâcheux si vous consentiez à reprendre votre place de plein gré. Il reste encore bien des recherches à faire et du travail à accomplir, afin de mener nos affaires à bien. Qu'en dites-vous ?


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Tim Marcoh

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MessageSujet: Re: Bienvenue docteur   Lun 5 Oct 2015 - 13:02

Il aurait cru ne plus jamais revoir ces longues rues grises et sinistres, ne plus marcher de nouveau vers le QG de Central City. On le fit descendre du fourgon, en le tenant avec fermeté, marchant vers le tribunal militaire. Il savait très bien ce qui l’attendait mais la partie n’était pas terminée. Il devait saisir la première occasion d’agir et de se défendre, tout tenter afin de porter un coup à ses adversaires. Pauvres habitants de Central, ils n’avaient pas la moindre idée de l’endroit réel où ils vivaient, ils n’avaient aucune conscience de marcher sur le repère des monstres les plus dangereux de ce pays. Ces soldats ignoraient qu’ils étaient aux ordres d’un commandement qui ne prévoyait que leur mort, tel que cela s’était produit à Xeres. Marcoh était convaincu que tel était le but final des homonculus, sacrifier les habitants de ce pays dans le but de faire la plus puissante des pierres philosophales. Quel autre objectif pourraient-ils poursuivre ? Ils avaient faits des expériences en ce sens à Ishbal, ce n’était que la poursuite de ce projet démesuré. Il garda le regard droit, ignorant les regards qu’on lui jetait. Personne ne pourrait le croire, s’il parlait de tout cela.

On le fit entrer dans un bureau, l’amenant à une chaise où il dû s’asseoir. Le Président était là, bien sûr, et en bonne compagnie. Ce monstre métamorphe d’Envy était assis dans un coin, ricanant, aussi mauvais qu’à son habitude. Il y avait aussi Lust, qui n’avait pas changé malgré les années, toujours aussi pulpeuse et tentatrice. Il s’assit, tête rivé vers le bureau, derrière lequel était Bradley, debout et bien droit. Il fit tout pour calmer les battements effrénés de son cœur, incroyablement tendu. Il les craignait, oui, mais était déterminé, il ne se rendra pas sans combattre, il n’en avait pas le droit. Il redressa donc la tête, une légère goutte de sueur coulant le long de sa tempe. Allaient-ils le tuer ou l’enfermer ? Comment pouvait-il combattre ? Et il y avait Bradley… Cet homme, ce monstre qui avait formé ce pays à son image et qui ne craignait personne, pas même la mort elle-même. Il était dangereux, plus qu’Envy, car il gardait la tête froide, réfléchissait, analysait, n’avait aucun remords. Dangereux, car il était seul à pouvoir cerner efficacement les humains et appuyer sur leurs points faibles, comme lui-même avait été humain. Les autres homonculus ne comprenaient pas l’humanité mais Bradley si, c’est qui faisait sa force dans ce combat.

– Ravi de vous revoir, docteur Marcoh, commença le Président d’un ton sombre. Qui aurait cru vous retrouver dans un village minable de l’Ouest ? Vous auriez dû vous douter que tremper dans la contrebande allait vous attirer des ennuis.

Tim ne répondit rien, les lèvres serrées, aussi tendu que s’il était assis sur une bombe prête à exploser. Le Président s’assit face à lui, derrière le bureau, posant ensuite dessus sa montre en argent et la fiole contenant la pierre philosophale, à son état liquide. Gluttony avait donc fouillé chez lui, bien plus efficace dans ce genre de missions que tous les soldats de cette armée. Marcoh prit une petite inspiration, sourcils froncés. Il croisa le regard de Bradley, son £il sombre, le bandeau cachant le symbole des homonculus. Il avait vieilli, mais vraiment, ce qui choquait toujours autant le médecin. Etait-ce à cause de la part humaine qu’il gardait a plus profond de lui ? Parce qu’il n’était pas né homonculus mais bien humain ? L’impossible n’existait pas, dans ce monde, c’était un fait établi. On pouvait tout créer, aujourd’hui, même des monstres de ce genre. Il posa le regard sur la montre en argent, symbole de son passé, qu’il avait été si fier d’obtenir, autrefois. Et aujourd’hui… Aujourd’hui, ce n’était qu’une chaîne de plus.

– Je dois dire que vous nous avez manqué. J’admets que la petite scène de votre prétendue mort à Ishbal était très bien réalisée, nous y avons cru. Fabriquer des preuves, transformer des cadavres... Vous savez bien faire tout cela. Toutes les expériences menées à Ishbal n'ont pas été une perte de temps pour vous, sur ce terrain. Pourquoi avoir déserté ? Vous avez travaillé avec nous durant des années, vous aviez accepté les expériences les plus poussées pour l'amour de la science, durant si longtemps. Et d'un seul coup, vous avez voulu tout plaquer, je ne comprends pas.

Vraiment ? Il n’y avait pourtant rien de difficile à comprendre, dans cette histoire ! Marcoh serra un peu plus les lèvres, sans trembler mais avec les mains moites. Oui, il avait accepté un nombre incalculable d’horreurs et de sévices, il avait infligé des souffrances abominables, il avait apporté la mort, il avait té une des mains armées de ces monstres, pour l’amour de la science, il avait fini par s’enfuir, ne pouvant plus supporter tout cela. Il était parti après que le docteur Knox lui ait dit qu’il y avait un couple de médecins sur une des zones de combat, qui continuait à soigner les Ishbals et qui refusaient de partir et s’enfuir. Un couple qui était mort, tué par un de leurs patients. Eux avaient du courage. Pas Marcoh. Au moins en leur mémoire, il pouvait tenter une ultime fois d’arrêter ces monstres, arrêter Bradley. Il pouvait faire preuve de courage, une fois dans sa vie. Un courage qu’avait eu ce couple, un courage dont avaient témoigné les Ishbals alors que l’armée venait pour exterminer leur peuple. Il ne pouvait pas être qu’un simple lâche.

– Vous êtes un alchimiste précieux, pour nous, Marcoh, reprit-il. Vous savez comment fabriquer la pierre et mener les expériences les plus osées. Nous pourrions oublier votre départ fâcheux si vous consentiez à reprendre votre place de plein gré. Il reste encore bien des recherches à faire et du travail à accomplir, afin de mener nos affaires à bien. Qu'en dites-vous ?

Marcoh regarda la montre, puis ses mains entravées, avant de se redresser et fixer Bradley droit dans les yeux. Il eut aussi un bref regard pour Envy et Lust, les yeux brillant de détermination. Il n’était pas question qu’il se laisse de nouveau embrigader, il ne pouvait pas, ne le devait pas ! Quitte à laisser sa vie ici, ce sera au moins en leur tenant tête et ne se conduisant pas comme le lâche qu’il avait été, toute sa vie durant. Il n’aura jamais aucune excuse ni rédemption pour ce qu’il avait commise comme horreurs.

– Je refuse. Je ne participerai plus jamais à tout cela. Tuez-moi, plutôt, je ne serai plus un monstre comme vous l’êtes vous-même.

– Prenez garde à ce que vous répondez, murmura le Président, le regard aussi brûlant et sombre que l’enfer.

Le médecin lui tint tête, refusant de se laisser démonter ou intimider. Il avait fait son choix ! Ils pouvaient le liquider, ici et maintenant, il en se laissera pas faire. Peut-être personne ne pourrait croire à cette histoire, peut-être était-il indigne de déclarer vouloir se battre aujourd’hui après ce qu’il avait fait, il ne comptait pas se rendre comme ça. Ils avaient cette pierre imparfaite, ils avaient d’autres pierres achevées, ils avaient la puissance, le contrôle de ce pays, ils avaient tout, mais ils ne l’auront plus lui-même, c’était terminé.

– Je sais ce que vous voulez faire de ce pays, siffla-t-il en fixant le Président. Vous voulez sacrifier tous ses habitants dans le but de créer une puissante pierre philosophale, comme cela a déjà été fait à Xeres, une civilisation toute entière détruite en une seule nuit. Mais je ne participerai plus à ce massacre ! Je ne vous aiderai plus dans ce monde de haine, il ne vous reste qu’à vous débarrasser de moi.


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King Bradley

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MessageSujet: Re: Bienvenue docteur   Mer 14 Oct 2015 - 10:52

Il y avait très peu de chances pour que le docteur se montre raisonnable, même si le Président allait essayer de lui faire entendre raison au moins une fois. Peut-être restait-il une lueur d'instinct de survie en lui ? Derrière eux, en tout cas, Lust semblait en douter très fortement. Assise dans un coin du bureau et les bras croisés, elle fixait le médecin d'un air voulant dire "Pauvre fou qui ne sait plus où est sa chance", mais avec une légère touche d'amusement, comme si la résistance qu'il opposait l'amusait. Au fond, oui, c'était amusant, quand on y pensait bien, il songeait pouvoir leur échapper, pouvoir empêcher le futur déjà tracé de ce pays, pouvoir changer la donne, seul. C'était trop tard, maintenant, il devait s'en rendre compte ! Edward Elric et le commandant Madless, qu'ils comptaient bien retrouver, étaient des candidats confirmés pour le sacrifice. Il restait à vérifier si le petit Alphonse avait bien lui aussi vu la Vérité, étant donné qu'il utilisait encore des cercles de transmutations. Marcoh lui-même pourra peut-être leur servir. Et enfin, il y avait Mustang, qu'ils allaient envoyer, de gré ou de force, faire un tour du côté de la porte.

– Je refuse. Je ne participerai plus jamais à tout cela. Tuez-moi, plutôt, je ne serai plus un monstre comme vous l’êtes vous-même.

– Prenez garde à ce que vous répondez, murmura le Président, le regard aussi brûlant et sombre que l’enfer.

Ainsi, il refusait de coopérer, c'était prévisible. Ah là là, ces humains, toujours convaincus qu'il était utile de se battre tout de même jusqu'au bout lorsque tout espoir était perdu ! Bradley avait toujours admiré cette ténacité, cela leur offrait de bons combats très divertissants, cela les poussait à réfléchir. Il aimait bien cela, qu'on lui tienne tête, cela le sortait de l'ennui, l'amenait devant d'autres épreuves, dans cette vie lisse et toute tracée que lui avait donnée Père. C'était bien pour cela qu'il refusait que la générale du Nord meurt, elle l'amusait et lui offrait sans le savoir un beau défi.  Il avait besoin de cela, besoin d'éprouver ses capacités, besoin d'avoir des obstacles sur sa route, lui qui n'en avait jamais eu, de sa vie entière. Il voulait se battre pour ce en quoi il croyait, se battre pour Père, avec l'espoir si fort secret d'en arriver au jour où il n'aura enfin plus qu'à se battre pour lui-même, sans aucune considération, rien à défendre, juste pour lui, son dernier combat, peu importe l'issue qui en découlera. Il attendait l'adversaire qui viendra le défier pour la dernière fois, en donnant absolument tout. Il eut un léger sourire, revenant à la réalité. Marcoh pinçait les lèvres ne le fixant, visiblement déterminé à lui tenir tête.

– Je sais ce que vous voulez faire de ce pays, siffla-t-il en fixant le Président. Vous voulez sacrifier tous ses habitants dans le but de créer une puissante pierre philosophale, comme cela a déjà été fait à Xérès, une civilisation toute entière détruite en une seule nuit. Mais je ne participerai plus à ce massacre ! Je ne vous aiderai plus dans ce monde de haine, il ne vous reste qu’à vous débarrasser de moi.

– Votre imagination va dans le bon sens, docteur, mais vous vous trompez. Il ne s'agit pas là de notre but final. Xérès n'était qu'une étape de plus.

Il prit entre ses mains la montre en argent, rappée de l’emblème d'Amestris, assez lourde, avec sa chaîne qui brillait encore. Le premier et le plus fort symbole des alchimistes au service de cette armée, la chaîne qui les reliait à l'armée, leur collier de petits chiens, qu'ils devaient avoir sur eux en permanence. Il la reposa à plat sur la table, la main dessus, regardant le docteur.

– Je ne m'attendais pas à ce que vous soyez raisonnable aussitôt mais vous devriez pourtant comprendre que la mort n'est pas une solution, dans votre cas, cela ne vous soulagera pas, vous n'arriverez pas à vous racheter. Je vais être clair. Si vous tentez encore une fois de vous échapper ou de mettre fin à vos jours, les habitants du village où vous étiez réfugiés vous suivront de très près dans la mort. Avez-vous compris ?

Il fit glisser la montre en argent d'un petit geste négligent vers le médecin, qui avait considérablement blêmi. Envy s'était déjà redressé avec un sourire ravi, prêt à partir sur-le-champ s'il le fallait pour aller massacrer les villageois de Belcastel. Patience, patience... Bradley tendit la main pour qu'il lui donne également la petite fiole contenant la pierre philosophale, la faisant tourner entre ses doigts, sous le regard de Marcoh. Et maintenant, comprenait-il qu'il devait obéir ? Que ce n'était plus, pour lui, une question de volonté ou de choix ?

– Qu'allez-vous faire, Marcoh ? Si vous restez tranquille, il ne vous arrivera rien. Vous n'avez pas besoin d'en savoir plus, nous comptons juste vous garder à l'œil, mais si vous n'interférez plus dans nos plans, vous pourrez rester libre de vos mouvements. Et il n'arrivera rien non plus à votre cher village.


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Tim Marcoh

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MessageSujet: Re: Bienvenue docteur   Lun 26 Oct 2015 - 19:45

– Votre imagination va dans le bon sens, docteur, mais vous vous trompez. Il ne s'agit pas là de notre but final. Xérès n'était qu'une étape de plus.

Comment cela ... ? Marcoh entrouvrit la bouche, assez surpris, cette fois. Si leur but n'était pas là, alors que voulaient-ils faire d'Amestris ? A quoi pouvait servir ce nouveau cercle géant de transmutation si ce n'était pas pour la pierre ? Bradley ne mentait pas, cela se lisait aisément dans son regard, il était sérieux, mortellement sérieux. Xérès, une "étape". Une simple "étape" pour eux; De milliers de morts ne une seule nuit ! Une pays détruit, une cité anéantie en une seule nuit, aucun survivant, un plan fou, qui allait se répéter à Amestris. Mais quel était le but réel de ce pays ? Bradley prit la montre en argent entre ses mains, la chaîne glissant doucement sur le bois laqué du bureau, brillant un instant à la lumière du soleil. Cette chaîne, cette montre, des symboles on ne peut plus forts. Comment le jeune Roy avait-il pu se laisser prendre là-dedans ?! Le Président reposa la montre dans un petit bruit sourd, posant la main dessus. Marcoh serrait les poings, réfléchissant à toute vitesse, mais son esprit tournait à vide. Il ne trouvait rien pour combattre et ne comprenait pas non plus quel destin attendait ce pays et ses habitants. Ce sentiment de ne pas voir l'évidence était rageant, il se sentait coincé, pris au piège, alors qu'avec ce qu'il savait, il pourrait faire bouger les choses, empêcher le malheur d'arriver ! Il en avait la volonté, encore plus en sentant le regard dur et brûlant du président posé sur lui, encore plus avec ces deux monstres dans le bureau, à l'observer. Il devait trouver un moyen d'agir.

– Je ne m'attendais pas à ce que vous soyez raisonnable aussitôt mais vous devriez pourtant comprendre que la mort n'est pas une solution, dans votre cas, cela ne vous soulagera pas, vous n'arriverez pas à vous racheter. Je vais être clair. Si vous tentez encore une fois de vous échapper ou de mettre fin à vos jours, les habitants du village où vous étiez réfugiés vous suivront de très près dans la mort. Avez-vous compris ?

Toute trace de couleur glissa du visage du médecin, avec une rapidité stupéfiante, un tic nerveux l'agitant à la tempe. Son estomac se tordit avec violence et sa gorge se serra, alors qu'il refermait brusquement les poings, la sueur coulant sur son front. Il fixa le bureau, les yeux révulsés et la bouche entrouverte, frémissant lorsque Bradley fit glisser la montre vers lui d'un petit coup sec. Le village... Ces monstres menaçaient son village... Ils menaçaient la vie de tous ces gens... Il déglutit avec difficulté, les revoyant tous, leurs sourires, leurs bonjours, leurs visages qui s'illuminaient de joie lorsqu'ils avouaient avoir de la peine de trouver de quoi payer mais qu'il leur annonçait qu'il pouvait les soigner gratuitement. Il entendait à nouveau le rire fort de Marcus en rentrant d'une soirée avec des amis, revoyait le beau sourire de Soraya qui lui le saluait tous les matins en entretenant son potager, le rire de Maxime quand il courait à l'école avec ses amis. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous les habitants de Belcastel l'avaient aidé à se reconstruire. Ils constituaient toute sa vie et ce monstre les menaçaient. Tous ses amis. Il eut un violent frisson en imaginant le village dans une crépuscule rouge, en feu, ses habitants au sol, baignant dans leurs propres sangs, immobiles et glacés. Marcus à terre, les yeux fermés. Il ne pouvait laisser cela arriver. La haine et un profond sentiment de révolte l'enflammèrent avec brutalité et il se mordit les lèvres jusqu'au sang pour ne rien en laisser paraître, ne pas leur donner la moindre excuse de s'en prendre aux villageois. Ils n'avaient pas être mêlés à tout cela ! Peut-être Marcoh ne pouvait guère se racheter, mais personne en devait encore mourir à cause de lui.

– Qu'allez-vous faire, Marcoh ? Si vous restez tranquille, il ne vous arrivera rien. Vous n'avez pas besoin d'en savoir plus, nous comptons juste vous garder à l'œil, mais si vous n'interférez plus dans nos plans, vous pourrez rester libre de vos mouvements. Et il n'arrivera rien non plus à votre cher village.

Le médecin lui rendit son regard, les lèvres si serrées qu'elles en devenaient blanches, le cœur battait très vite sous l'impulsion de la colère et d'un profond sentiment d'impuissance. Il arrivera forcément un jour où ils commettront une erreur, où l'avantage reviendra à la race immonde, où l'occasion se présentera de les détruire à jamais, ces monstres odieux. Mais aujourd'hui, il ne pouvait rien faire, à part obtempérer. Cependant, il n'abandonnera pas, même s'il devait lutter seul contre toute l'armée. Même s'il devait contrer leur surveillance, contrer les alchimistes d'état qui travaillaient avec eux. Il trouvera un moyen.

– Soit, dit-il avec beaucoup de peine, d'une voix rendue rauque par la colère. Je consens à reprendre ce que j'avais abandonné.

Envy ricana tout à coup d'n air moqueur puis lui prit les poignets pour lui ôter les entraves de bis qu'il portait. Le docteur frotta un peu les marques laissées par les entraves, posant ensuite le regard sur sa montre en argent. Il hésita puis tendit une main tremblante pour la reprendre, la tenant au creux de sa paume, sans pouvoir dissimuler son air désespéré. Cette montre était la chaîne qui le liait à l'armée, qui faisait de lui un de ses toutous obéissants, mais pire que cela, elle le rendait aussi un des responsables du malheur, par son travail quotidien, son statut, il était autant responsable des ignominies d'Ishbal et des autres massacres que Bradley lui-même.

– Puis-je me déplacer où bon me semble dans ce pays ? souffla-t-il, tête baissée. Qu'attendez-vous de moi, à présent ?


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King Bradley

Fhürer

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MessageSujet: Re: Bienvenue docteur   Ven 6 Nov 2015 - 11:29

Incroyable de voir à quel point ce genre de chantage fonctionnait à merveille sur les humains. Marcoh avait blêmi, serré les poings, visiblement malade et furieux, il se laissait dicter par son cœur, alors qu’il s’il écoutait sa raison, il comprendrait en un instant qu’entre les vies des villageois de Belcastel et celles de tous les habitants d’Amestris, un poids était plus lourd que l’autre. Mais lui considérait que la valeur des vies humaines ne pouvait se résumer simplement à ça. Il était piégé et le savait. Peu importe les pensées de rébellion ou de révolte qui pourront l’agiter à partir de maintenant, il ne pourra rien faire s’il ne voulait pas que Bradley envoie ses troupes sur ce village misérable et le réduise en poussière. Cela avait déjà été fait… Un autre village, toujours dans l’Ouest, s’était soulevé, avait plongé dans une révolte populaire, contre la dictature militaire. Un village rasé, les habitants massacrés, hommes, femmes et enfants, il n’était rien resté. Belcastel connaîtra e même sort si Marcoh tentait de résister, il était facile de trouver un prétexte et envoyer les soldats de Central City écraser les villageois dans leur propre sang. Ils veillaient à régulièrement marqué les terres de massacres afin de rendre le cercle de transmutation plus vif et puissant.

– Soit, dit-il avec beaucoup de peine, d'une voix rendue rauque par la colère. Je consens à reprendre ce que j'avais abandonné.

Bradley fit un geste à Envy, qui se leva avec un petit ricanement pour ôter aux docteurs les entraves de bois qu’il portait, depuis son arrestation. Parfait, voilà une bonne chose de faite. Le Président prit un crayon sur le bureau afin de noter les quelques dispositions administratives qu’il faudra prendre pour officialiser le retour de leur cher docteur au sein de l’armée et des Alchimistes d’Etat. Voilà toujours un problème de réglé, il allait pouvoir se concentrer sur le reste. Levant le regard, il vit Marcoh fixer la montre comme s’il était face à un monstre puis la saisir d’une main tremblante. Il semblait si désespéré ! Quel tristesse, il aurait dû comprendre bien plus vite qu’il n’avait pas le choix et plier, il était pourtant assez évident qu’il ne pouvait pas lutter contre eux. Pliant la feuille, il la glissa dans une enveloppe cachetée, qu’il confiera plus tard à son assistant personnel pour qu’il se charge des formalités. Beaucoup de rumeurs allaient sûrement courir mais cela n’avait aucune importance, le docteur savait qu’il ne pouvait pas parler librement. Il n’avait déjà pas osé depuis sa disparition… Bradley reconnaissait que le coup était beau, tout le monde avait cru à sa mort, cet homme avait beaucoup de ressources, lorsqu’il s’en donnait la peine.

– Puis-je me déplacer où bon me semble dans ce pays ? souffla-t-il, tête baissée. Qu'attendez-vous de moi, à présent ?

– Pour le moment, peu de choses. Mais nos programmes n’ont pas cessé et nous vous contacterons lorsqu’il sera temps de vous mettre au travail. Vous êtes libre d’aller où bon semble dans Amestris, vous devez savoir que nous avons les moyens de vous retrouver. De toute manière, une nouvelle disparition sera très fâcheuse pour les villageois de Belcastel, n’est-ce pas ?

Se levant, il fit le tour du bureau, faisant signe à Marcoh de le suivre. Les gardes au-dehors se mirent aussitôt au garde-à-vous écarquillant les yeux en voyant le médecin libre de ses mouvements. Le Président confia l’enveloppe à son adjoint en lui demandant de se charger des formalités, partant ensuite avec ses subordonnés en laissant le médecin là. Parfait, les choses allaient pouvoir avancer un peu plus vite, concernant certains points. Ils avaient du travail.


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