Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Chacun à sa place

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MessageSujet: Chacun à sa place   Mer 30 Sep 2015 - 11:13

Alex avait des responsabilités, bien sûr, mais il en était de même pour chacune de ses sœurs. En tant que seul fils de la fratrie, Alex se devait d’avoir un métier convenable, prendre femme, gérer les affaires de son père une fois qu’il aura pris la suite, préserver la réputation et l’honneur de leur famille, être le garant du bien-être des siens, continuer de faire prospérer la renommée et la richesse familiale, veiller sur ses parents et ses sœurs, nouer des partenariats solides, épouser une femme de haute naissance qui saura organiser des salons mondains, accueillir leurs hôtes, avoir une solide conversation, une bonne culture, capable de lire entre les lignes, recevoir des invités et être parfaitement respectable en tous points de vue. Ses sœurs devaient aussi avoir ces qualités intrinsèques qui font la fierté d’une bonne épouse. Armette et Stronguette avaient toujours parfaitement compris et accepté cela, elles étaient des femmes dignes et bien élevées. Olivier avait perdu ce chemin il y a très longtemps… Mais Navilia refusait que sa faille cadette en fasse autant. Elle était encore si jeune, il n’était pas question qu’elle gâche sa vie de cette façon.

C’était à la mère de famille de parler à sa cadette afin de la ramener sur le droit chemin. Il fallait s’occuper de cela au plus tôt, afin qu’elle ne continue pas de se fourvoyer ! A son âge, il était tout à fait normal d’avoir des amourettes, mais la pauvre enfant ne connaissait encore rien du monde et n’avait rencontré presque aucun homme de valeur ! Elle commençait tout juste à participer aux réceptions mondaines, qui étaient au cœur de la vie de la haute société, alors il était très naturel qu’elle ne soit pas encore très à l’aise dans ce monde, monde qui était pourtant le sien, de par sa naissance. Mais sa petite apprendra, grâce au temps et à l’expérience. Elle abandonnera ses idées farfelues pour ne concentrer que sur l’essentiel te devenir une femme tout aussi respectable et respectée qu’Armette et Stronguette, qui avaient suivi ce chemin avant elle. Catherine aura une très belle vie, c’était écrit, elle fera partie, en tant que femme, de la Noblesse d’Amestris. Navilia sourit en entrant dans le petit bureau qu’elle utilisait pour organiser bals réceptions, dîners, salons et rencontres. Elle y attendit sa jeune Catherine, qui arriva peu de temps après.

– Approche donc, ma fille, sourit-elle. Je t’ai demandé de me rejoindre car nous devons parler de plusieurs choses. Viens t’asseoir avec moi.

Elle s’installa sur une causeuse élégante recouverte de soie pourpre, pendant que sa fille prenait place près d’elle. Olivier devait être à sa réunion au QG de Central, à cette heure, Alex leur avait confié qu’elle s’y rendait. Cette enfant avait pris une si mauvaise voie ! Elle devrait se trouver dans une de ces maisons, qu’on pouvait apercevoir par les grandes fenêtres, à soigner sa coiffure et sa toilette puis à tenir une promenade avec des amies, dans les beaux jardins de leur capitale, en robe, les cheveux soigneusement coiffés en un chignon piqués de perles avec un chapeau élégant, et non pas dans le QG militaire en uniforme. Navilia retint un léger soupir puis posa le regard sur sa fille, les mains jointes et posées sur ses genoux.

– Vois-tu, Catherine, tu as la chance d’être née au sein de la haute société de ce pays. Notre famille a une très longue Histoire, depuis la création même de ce pays, s’étendant sur des générations. Tu es un maillon de plus de cette grande chaîne. Tu es née pour être une femme forte et noble de notre famille, afin de contribuer à ton tour à l’influence et la grâce des tiens. Tu as des devoirs naturels envers ta famille et la société dans laquelle tu évolues. Y as-tu songé ? Nous ne devons pas être égoïstes et songer d’abord aux nôtres, à ce qui constitue notre vie, car c’est là notre véritable place, ta place, Catherine.

Elle lui prit les deux mains entre les siennes, avec un sourire doux mais la voix ferme, néanmoins. Voilà ce qu’elle regrettait le plus, ne pas avoir tenu cette conversation avec Olivier avant qu’il ne soit trop tard et qu’elle ne les quitte à jamais. Mais rien n’était perdu, pour sa cadette, elle pouvait encore comprendre et être sauvée de cette voie.

– A ton âge, ma fille, il est normal que tu ais des amourettes, mais à présent, il te faut savoir faire la différence entre des sentiments passagers et le devoir qui est le tien. Tu dois savoir qui sera l’homme qui pourra véritablement prendre place à tes côtés. Un homme ayant le sens des responsabilités et du devoir, qui sera capable de mener à bien des partenariats, gérer des entreprises, être un hôte accueillant envers ses invités et faire honneur à la réputation de sa maison lors des réceptions. Un homme d’aussi Noble lignée que la tienne, qui te fera de nombreux enfants et qui sera un époux exemplaire. On ne peut guère tout mélanger, ma fille. Un homme doit avoir des dispositions naturelles pour devenir un bon gentleman, ainsi qu’un entraînement adapté, mais tous n’en sont pas capables, il faut à cet homme être né dans une famille convenable. Il lui faut la volonté de mener ne vie respectable.

Navilia serra un peu les mains de sa fille, ne voulant que son bien, son bonheur, un bien-être qu’elle ne pouvait trouver qu’à Central, car là était sa véritable place, là où se trouvaient tous les siens, là où respirait et évoluait son monde. Qu’elle se regarde un peu ! Elle était assise dans une pièce élégante, vêtue d’une toilette montrant l’importance de sa famille, chaussée de fins souliers et coiffée agréablement. Elle était une jeune femme respectable, avec une bonne élocution, éducation et comportement.

– Tu dois apprendre le sens des convenances, ma chérie. Et des responsabilités. Ta place est ici, à Central, nulle part ailleurs. Je conçois à la perfection ton besoin d’apprendre mais il ne doit pas te mener sur une voie qui n’est pas faite pour toi. Comprends-tu ?
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MessageSujet: Re: Chacun à sa place   Sam 10 Oct 2015 - 23:13

La chambrière lui dit de s'asseoir et ne pas bouger, pendant qu'elle faisait sa coiffure. Catherine s'installa sur le petit siège recouvert de velours, devant la coiffeuse, les mains jointes sur es genoux devant elle, pendant que la domestique coiffait et tressait ses longs cheveux blonds, avant de les nouer en chignon. Elle se regarda dans le miroir, essayant de trouver, une fois de plus, des traits de ressemblance avec ses parents, ses sœurs ou son frère. Elle possédait la très grande force physique des Armstrong mais elle restait très petite et fluette, sans muscles, frêle, chétive. Ses sœurs avaient des muscles conséquents, mais lorsque Catherine baissait les yeux, elle ne voyait aucun muscle, juste sa poitrine et des jambes fines. On la jugeait belle et mignonne mais elle se sentait très différente de sa famille. Elle fit une petite moue, pendant que sa chambrière lui déclarait que c'était parfait ainsi, qu'elle devait y aller, madame sa mère l'attendait dans son petit salon. Elle devait lui parler, exact. Catherine la remercia et se leva, marchant à petits pas comme on le lui avait appris, pour ne pas froisser sa robe, et parce qu'une femme convenable ne doit pas courir. En chemin, elle observa Central, par les hautes fenêtres du couloir. Puis les beaux quartiers et ses demeures splendides. Un bel écrin doré pour y camoufler les perles de la société, comme elle entendait souvent dire.

La Haute société et ses si nombreuses règles... Catherine faisait ses premiers pas dans la vie mondaine de Central. Lors de sa première véritable sortie, son premier bal et premier dîner, elle avait d'abord dû apprendre par cœur plus d'une cinquantaine de règles dictant le comportement qu'elle devait tenir. Elle avait alors seize ans. Comment se rendre à un salon, se présenter, saluer les hôtes de la soirée, à qui adresser la parole et dans quel ordre, les façons de danser, la conversation à tenir, les sujets à éviter, savoir qu'il ne fallait pas rire trop fort, comment écouter un homme vous faire la conversation, plus d’innombrables règles pour les dîners mondains. Chaque jour, elle devait se vêtir de la façon convenable, bien se coiffer, participer à des activités réservées aux femmes de haute naissance. Tout était réglé, calculé, aucun faux pas n'était toléré, l'image et le prestige de la famille se jouaient à chaque instant. La famille Armstrong étant la plus influente de Central, ils avaient une pression accrue. Catherine n'osait qu'à peine imaginer le scandale qu'avait provoqué le départ de sa grande sœur. Elle poussa la porte du petit salon, trouvant sa mère. Elle se doutait de ce dont elle voulait lui parler. Refermant derrière elle, elle songea aux nombreux salons qui l'attendaient, aux jeunes hommes de bonne famille auxquels son père la présentait. Elle n'arrivait pas à imaginer Olivier, à seize ans, qui n'avait dû voir qu'un ou deux salons avant de partir au Nord.

– Approche donc, ma fille, sourit-elle. Je t’ai demandé de me rejoindre car nous devons parler de plusieurs choses. Viens t’asseoir avec moi.

Catherine la suivit et s'assit sur une causeuse, près de sa mère, toujours en veillant à ne rien déranger de sa tenue. Même chez elle, elle devait prendre garde. Une fois, elle avait été réprimandée pour ne pas s'être coiffée et avoir laissé ses cheveux flotter librement. Une femme de bonne conduite les attache toujours, afin que la bienséance soit respectée. Elle posa ses mains sur ses genoux, ne devant pas croiser les bras ni les jambes, attendant ensuite que sa mère prenne la parole. Depuis ses seize ans, on attendait d'elle qu'elle se comporte en femme, et non en petite fille qui pouvait se permettre de courir chez elle, crier, rire ou pleurer en public. Elle n'était plus une enfant mais une femme, bonne à marier, tout comme ses sœurs. Avec sa mère, elle apprenait la couture, la broderie, comment gérer des domestiques, tenir une demeure, prendre soin d'un mari, l'aider dans ses affaires, élever des enfants. Toutes choses qu'une jeune femme de bonne famille doit savoir avant son mariage.

– Vois-tu, Catherine, tu as la chance d’être née au sein de la haute société de ce pays. Notre famille a une très longue Histoire, depuis la création même de ce pays, s’étendant sur des générations. Tu es un maillon de plus de cette grande chaîne. Tu es née pour être une femme forte et noble de notre famille, afin de contribuer à ton tour à l’influence et la grâce des tiens. Tu as des devoirs naturels envers ta famille et la société dans laquelle tu évolues. Y as-tu songé ? Nous ne devons pas être égoïstes et songer d’abord aux nôtres, à ce qui constitue notre vie, car c’est là notre véritable place, ta place, Catherine.

Sa place... Sa mère lui prit tout à coup les deux mains dans les siennes, souriante, malgré son air ferme. Bien sûr que la jeune femme comprenait qu'elle avait des devoirs envers les siens et la société qui l'avait vu naître. Elle hocha donc la tête, sachant déjà tout cela, le rang qu'elle devait tenir afin de faire honneur aux siens. Mais elle espérait que sa mère, son père, sa fratrie pourront comprendre son envie de se former, pourront comprendre qu'il ne fallait pas se limiter aux beaux quartiers de Central mais regarder au-delà. Elle sourit faiblement, regrettant que sa mère n'ait pu parler un instant à ce fort soldat du Nord. Il aurait pu lui expliquer ce qu'il trouvait de beau au Nord, ce qui faisait sa force. Elle souhaitait juste se former, apprendre, cela ne l'empêchera d'être la fille que ses parents souhaitaient ! Elle ne voulait pas disparaître à jamais ou s'engager dans l'armée, simplement se former. N'était-ce pas la première qualité d'une jeune Noble, l'éducation ?

– A ton âge, ma fille, il est normal que tu ais des amourettes, mais à présent, il te faut savoir faire la différence entre des sentiments passagers et le devoir qui est le tien. Tu dois savoir qui sera l’homme qui pourra véritablement prendre place à tes côtés. Un homme ayant le sens des responsabilités et du devoir, qui sera capable de mener à bien des partenariats, gérer des entreprises, être un hôte accueillant envers ses invités et faire honneur à la réputation de sa maison lors des réceptions. Un homme d’aussi Noble lignée que la tienne, qui te fera de nombreux enfants et qui sera un époux exemplaire. On ne peut guère tout mélanger, ma fille. Un homme doit avoir des dispositions naturelles pour devenir un bon gentleman, ainsi qu’un entraînement adapté, mais tous n’en sont pas capables, il faut à cet homme être né dans une famille convenable. Il lui faut la volonté de mener une vie respectable.

Mais ce n'était guère qu'une simple amourette ! N'est-ce pas ? Catherine ne bougea pas, juste un peu plus pâle, en songeant à Buccaneer. Certes, il n'était pas d'une Noble lignée, certes il ne vivait pas à Central, mais il avait le sens des responsabilités et du devoir, étant donné son grade et l'endroit où il travaillait, ne se rendaient pas à Briggs les soldats qui n'avaient pas au cœur de défendre Amestris à n'importe quel prix. C'était un devoir fort, comme l'avait souligné leur sœur, de garder les frontières. Mais mère songeait visiblement que Buccaneer ne saurait être le mari idéal que l'on recherchait pour sa fille. Pourquoi ? Car il était un soldat et non un homme d'affaires influent de la capitale ? Ou parce qu'il vivait au Nord ? Elle sentit son cœur battre un peu plus vite, la gorge soudain plus sèche. Ses parents étaient donc fortement opposés à pareille union. Elle repensa au dîner, aux regards qu'ils avaient déjà lancé à Olivier, les murmures qu'elle entendait parfois, sur la crainte que Catherine ne devienne "comme elle", tel que mère l'avait exprimé clairement durant le repas. Baissant un instant la tête, elle promena le regard sur leurs robes, le riche mobilier, les grands jardins que l'on voyait par la fenêtre, les grilles gardant le domaine, encore plus loin. Demain soir, un autre salon encore aura lieu au manoir. Voilà la vie qu'elle menait, c'était faute que de rêver d'un ailleurs. Elle jetterait le déshonneur sur sa famille en partant, ce serait si honteux de perdre encore une fille. Et pourtant, elle en avait envie.

– Tu dois apprendre le sens des convenances, ma chérie. Et des responsabilités. Ta place est ici, à Central, nulle part ailleurs. Je conçois à la perfection ton besoin d’apprendre mais il ne doit pas te mener sur une voie qui n’est pas faite pour toi. Comprends-tu ?

Elle ne devait donc pas quitter Central, ne pas approcher l'armée, ne plus songer que sa place pouvait se trouver ailleurs. Catherine resta silencieuse un moment, troublée. Elle avait envie de partir mais refusait de décevoir sa famille ou de faire tomber la honte sur leur nom. Elle regarda sa mère dans les yeux, après avoir posé le regard sur une photo de famille où ils posaient tous, souriants, installés dans le grand salon de bal, face à une large draperie tissée il y a plus d'un siècle.

– Mère, accepteriez-vous de rencontrer le capitaine Buccaneer ? C'est un homme tout à fait respectable, je puis vous l'assurer.

– Je ne doute pas qu'il le soit dans ses fonctions, mais guère pour tenir une place comme celle de ton père. Avec de l'entraînement, un cheval pourra toujours devenir un coursier, mais un chat ne deviendra jamais un cheval.

L'image du chat n'était guère la plus... adaptée, pour parler du capitaine. C'était un peu comme imaginer Olivier à sa place, dans cette tenue et cette demeure, certaines choses sont impossibles, à réaliser ou voir. Catherine prit une petite inspiration, choisissant ses mots avec soin, afin d'être convaincante. Elle comprenait que sa famille craigne de la voir disparaître et elle-même ne voulait pas les perdre.

– Mon envie de formation n'entre-t-elle pas dans le processus menant une jeune fille à la place de femme éduquée et prête à évoluer en société ?

Pas à Briggs, répliqua sa mère avec sécheresse en lui lâchant les mains. Tu ne te rendras pas au Nord. J'y ai déjà perdu mon aînée, Catherine ! Ceux qui se rendent là-bas y restent ensuite, par je ne sais quelle malédiction. Regarde ta sœur... Qui pourrait croire que nous l'avons élevée ? Elle est devenue un simple soldat !

Catherine écarquilla légèrement les yeux, assez choquée d'entendre ça. Mère en voulait donc bien plus à Olivier d'avoir choisi cette voie qu'elle ne le laissait paraître. Et dire que sa fille n'était qu'un "simple soldat", c'était... Mais enfin, elle était haut gardée, elle commandait le fort de Briggs ! Ce n'était pas rien, tout de même ! Mère ne semblait pas prête à retirer ses propos, cependant, venant de prendre une très grande inspiration en se frottant les tempes. Catherine ramena ses mains contre sa poitrine, touchant du bout des doigts le pendentif qu'elle portait au cou. Elle n'aurait pas cru que sa mère pense ainsi... Sa propre fille... La déchirure était donc bien plus profonde que la jeune femme ne l'avait escompté.

– Nous avons cru mourir de honte lorsqu'elle a quitté la maison, plus jeune que toi aujourd'hui, pour l'armée. Et ce fut pire encore lorsqu'elle a rejoint Briggs ! Une femme, notre fille, dans cette forteresse glaciale. Quel déshonneur ! Nous avons dû assumer d'avoir notre propre fille dans l'armée, au Nord, qui ignorait toutes les règles de bienséance et de bonnes manières. Qui se comportait comme un homme. Ni mariée, ni rien ! Et ignorante de notre aide, ignorante de nos appels, ignorante de sa propre famille, rejetant toute son éducation en bloc. Trahis par notre propre chair... Notre propre fille, notre aînée.

La jeune femme ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, juste abasourdie. Elle ne pensait pas que... Elle ne put s'empêcher de se revoir, toute petite enfant, observant en cachette Olivier face à leurs parents. Ce jour-là, tenaillée par la peur de la voir partie, elle l'avait aussi trouvé forte. Indépendante. Elle n'avait pas compris ce qu'avaient ressenti leurs parents.

– J'ignore comment la ramener sur le droit chemin, elle ne comprend pas, même blessée ou plus affaiblie. Elle a rejeté son rang. Rejeté sa vraie place ! Car, ma fille, on ne mélange pas les torchons avec les serviettes. Si Olivier souhaite faire partie des torchons, soit, mais il est hors de question que tu fasses de même, ni que tu t'éprennes d'un homme d'une sous-condition sociale.

Un homme d'une "sous-condition sociale" .... ? Et elle venait bien de traiter sa propre fille de torchon ? Stupéfaite, la benjamine de la famille ne savait plus quoi répondre, hésitante, jouant toujours avec son pendentif doucement, du bout des doigts. Il était très heureux que sa sœur n'ait pas entendu cela, mieux valait qu'elle ne l'apprenne jamais. Sa mère s'évertuait à se calmer, les joues plus rouges et le regard brillant.

– Olivier est générale, tout de même, dit-elle avec un peu de peine. Elle est la seule femme à un grade aussi élevée. Elle commande la défense d'un point dangereux du pays. Ce n'est tout de même pas rien.

– Elle n'a pas à vivre à Briggs, ni à être dans l'armée ! Ce n'est pas la place d'une femme, encore moins la place d'une femme née dans notre famille ! C'est tout à fait honteux, cette enfant n'a jamais compris le déshonneur jeté sur notre famille. Tout cela pour devenir une de ces machines à tuer de Briggs, par-dessus le marché.

Catherine avala douloureusement sa salive, espérant du plus profond de son cœur que sa sœur ne saura jamais rien de cette conversation. Jamais, vraiment jamais, par la grâce du ciel. Sa mère se leva tout à coup d'un bond, faisant quelques pas dans la pièce. Restant à sa place, Catherine réfléchit très vite, sans toutefois trouver le moyen d'apaiser la situation.

– Mère, le capitaine Buccaneer a le sens des responsabilités et du devoir, tout comme Olivier. Garder les frontières avec Drachma est dangereux et demande un très fort investissement. Cela demande d'être fort, d'une autre façon que la force exigée par la haute société. J'admire ma sœur pour ce qu'elle a su faire, je veux lui ressembler pour cela.
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MessageSujet: Re: Chacun à sa place   Jeu 22 Oct 2015 - 12:48

Sa cadette devait suivre le chemin qu'Armette et Stronguette avaient suivi avant elle, comme toute jeune fille de bonne famille, avec une éducation solide. Voilà ce pourquoi elle était venue au monde, pour perpétuer leur fière lignée, contribuer à leur essor et leur réputation, poursuivre le travail engagée par sa famille et y apporter sa propre pierre. Elle était déjà une si belle femme ! Navilia n'avait aucun doute sur le fait qu'elle saura trouver à Central un homme qui correspondra à ses rêves et ses attentes. Elle avait confiance, même si beaucoup avaient peur... Leur petite, physiquement, ressemblait beaucoup à sa sœur aînée au même âge, ce qui alimentait les ragots, que cette différence physique avec le reste de la famille soit un signe d'un esprit malsain ou incorrect. Il était impensable qu'une telle chose se reproduise, cependant ! Les dispositions avaient déjà été prises pour que Catherine rencontre des jeunes hommes de son âge et de sa condition, dans les rues par "hasard", au cours des réunions mondaines ou lors de visites au manoir. Bientôt, elle sera vêtue d'une belle robe et marchera au bras de son époux, concluant un mariage comme tous en rêvaient. Ce jour-là, le Nord sera bien loin dans l'esprit de sa fille, tout comme ces rêves chimériques d'un ailleurs. Laissons le Nord où il était, laissons Briggs dans son coin, là-bas, au creux des montagnes, personne à Central ne se préoccupait de cette forteresse glaciale et de ceux qui y vivaient. Que l'armée s'occupe de ses affaires et ne dérange pas les honnêtes gens, surtout le Nord, surtout Briggs, surtout cet endroit affreux cerné par les montagnes et les tempêtes, où rien ne pouvait survivre ni pousser, où la neige pouvait étouffer le plus courageux.

– Mère, accepteriez-vous de rencontrer le capitaine Buccaneer ? C'est un homme tout à fait respectable, je puis vous l'assurer.

Navilia se retint à très grande-peine de pincer les lèvres. La personnalité de cette homme n'était pas le problème majeur, et sa définition de "respectable" n'était guère la même que celle de sa fille. Cet homme n'avait pas été élevé dans le milieu adéquat, n'avait jamais mené une vie saine et approprié, n'avait jamais connu la noblesse de cœur et d'esprit. Aux yeux de la mère de famille, il était comme un de ces ours du Nord, incapable d'évoluer loin de ses si chères montagnes, ne pouvant remplir comme il se doit la moindre des choses que l'on attend d'un homme tel le père de Catherine. Les hommes du Bord étaient des sauvages, preuve en était avec cet homme qui avait accompagné Olivier, qui avait osé rire et se moquer, qui n'avait pas eu la décence d'ôter ses lunettes lors de sa visite et qui ignorait toutes les règles d'usage au cours d'un repas. Et avec cela, quelle coiffure ! Quel manque de respectabilité ! Catherine n'avait donc pas été choquée par cela ?

– Je ne doute pas qu'il le soit dans ses fonctions, mais guère pour tenir une place comme celle de ton père. Avec de l'entraînement, un cheval pourra toujours devenir un coursier, mais un chat ne deviendra jamais un cheval.

Hélas, en revanche, un cheval pouvait vouloir se prendre pour un chat. La colère, la honte et le choc se mêlaient dans l'esprit de Navilia. Longtemps, l'espoir avait brillé, l'espoir de ramener Olivier dans le droit chemin, mais hier soir, cette espoir avait été détruit, écrasé, brisé, plus rien ne restait. Elle était devenue comme une partie intégrante du Nord, elle avait définitivement détruit tout ce qui, en elle, la rendait femme de haute naissance, faite pour une vie dans les beaux quartiers de Central, tout comme ses deux petites sœurs. Mais tout était fini... Quel espoir restait-il ? Ceux qui partaient au Nord n'en revenaient pas... Un long reportage était paru dans le journal, il y a quelques mois de cela, afin de répondre à un article arguant que le pays était mal défendu et que la population était en danger, puisque chaque division ne disposait pas du même nombre de soldats pour la défense des frontières. L'article avait pointé le faible nombre au Nord, alors que Drachma attaquait très souvent. Le reportage avait indiqué que le Président savait précisément les besoins en hommes de chaque division et qu'il ne devait pas être contredit sur ce point. Puis avait démontré que les hommes partant au Nord refusaient ensuite de partir pour d'autres horizons, bien que l'on ignore pourquoi. Cette terre infernale avait le pouvoir maléfique de retenir en son sen la majorité des personnes qui s'y rendaient, c'était effrayant. Olivier avait définitivement succombé à cette attraction malveillante ! Imaginer que Catherine puisse suivre cette voie... Oh, par tous les Dieux, non... Comment sa douce petite fille pourrait-elle être prise au piège ? Sa mère fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher cela, elle se le jurait. Olivier les avait renvoyer dans les roses, elle était partie volontairement, elle ne reviendra plus, mais sa petite sœur ne sera pas prise au piège des glaces du Nord.

– Mon envie de formation n'entre-t-elle pas dans le processus menant une jeune fille à la place de femme éduquée et prête à évoluer en société ?

– Pas à Briggs, répliqua sa mère avec sécheresse en lui lâchant les mains. Tu ne te rendras pas au Nord. J'y ai déjà perdu mon aînée, Catherine ! Ceux qui se rendent là-bas y restent ensuite, par je ne sais quelle malédiction. Regarde ta sœur... Qui pourrait croire que nous l'avons élevée ? Elle est devenue un simple soldat !

Comment avait-ils pu commettre une telle faute avec cette enfant, comment ?! Comment... ravalant un sanglot qui lui nouait la gorge, Navilia se frotta doucement les tempes des deux mains, les yeux fermés. La brûlure de la trahison était encore bien là. Leur fille qui leur faisait face, qui rejetait absolument tout ce qu'on lui avait appris depuis sa naissance, qui les rejetait, eux, ses propres parents, sa famille, qui partait. Navilia avait craint le pire pour elle, elle avait pleuré, puis s'était sentie coupable, car elle avait dû si mal l'éduquer. Leur entourage avait été choqué à un point inimaginable, des mois s'étaient passés avant qu'ils ne parviennent à restaurer l'honneur de leur famille, mais les ragots n'étaient point éteints pour autant. Même aujourd'hui, ils couraient toujours, ils étaient attachés à l'image des parents qui n'avaient pas su élever correctement leur fille aînée. Cernés, attachés, contraints, le déshonneur et la honte attachaient leur nom, pourtant si respectable.

– Nous avons cru mourir de honte lorsqu'elle a quitté la maison, plus jeune que toi aujourd'hui, pour l'armée. Et ce fut pire encore lorsqu'elle a rejoint Briggs ! Une femme, notre fille, dans cette forteresse glaciale. Quel déshonneur ! Nous avons dû assumer d'avoir notre propre fille dans l'armée, au Nord, qui ignorait toutes les règles de bienséance et de bonnes manières. Qui se comportait comme un homme. Ni mariée, ni rien ! Et ignorante de notre aide, ignorante de nos appels, ignorante de sa propre famille, rejetant toute son éducation en bloc. Trahis par notre propre chair... Notre propre fille, notre aînée.

L'envie de pleurer était si forte, à l'heure actuelle. Avait-elle été une si mauvaise mère qu'Olivier soit devenue ainsi ? Philip un si mauvais père qu'il n'avait pu étouffer ces désirs absurdes dans le cœur de son enfant ? Olivier avait tout rejeté, sa vie, son éducation, sa condition sociale. C'était terrible ! Et maintenant trop tard pour y remédier. Elle n'avait pourtant rien à faire là-bas ! Elle n'était pas née pour cela, ce n'était pas sa place. Son frère, Alex, était un homme, un grand alchimiste qui avait toute sa place au sein de l'armée, mais Olivier... Elle n'était qu'une femme. Et la place d'une femme est chez elle avec ses enfants, sous la tutelle de son mari ! La place d'une femme de la haute société était à Central ! Elle aurait dû rester sagement chez eux, sous la protection de son père, ici, au manoir. Attendre qu'on arrange son mariage avec un bon parti, puis vivre avec lui dans sa demeure? Ses seuls devoirs auraient été de servir et combler son époux, porter ses enfants, les élever avec dignité. Personne ne demandait à une femme de savoir se battre, bien au contraire ! Personne ne demandait à une femme d'avoir des opinions ! Personne ne demandait à une femme d'être indépendante ! C'était honteux, voilà tout, une femme doit rester sa vie entière sous la garde d'un homme, voilà ce qui était respectable.

– J'ignore comment la ramener sur le droit chemin, elle ne comprend pas, même blessée ou plus affaiblie. Elle a rejeté son rang. Rejeté sa vraie place ! Car, ma fille, on ne mélange pas les torchons avec les serviettes. Si Olivier souhaite faire partie des torchons, soit, mais il est hors de question que tu fasses de même, ni que tu t'éprennes d'un homme d'une sous-condition sociale.

Encore moins d'un de ces ours du Nord ! Ah, c'était bien beau, leur propre fille rejetant tout et se permettant en plus d'aller se perdre dans ce fort horrible en compagnie d'hommes qui ne se comportaient même pas en êtres humains ! Respirant profondément, Navilia se redressa, se frottant le front d'une main. Elle devait s'apaiser, ce n'était pas en criant qu'elle pourra faire comprendre à sa fille qu'elle se fourvoyait. Le capitaine du Nord était sans doute très bien dans son rôle à Briggs où on ne lui demandait que de tuer sans jamais user de son cerveau, mais ailleurs, c'était une toute autre affaire. Navilia méprisait profondément ces brutes de Briggs et même celles du QG de North City, qui valaient moins que des chiens. Des hommes et femmes sans dignité humaines, qui en servaient qu'à tuer, qui ignoraient toutes les notions d'élégance, de conversation, de relations sociales et familiales, qui ne savaient rien de la vie et n'avaient que le regard tourné vers la mort.

– Olivier est générale, tout de même, dit-elle avec un peu de peine. Elle est la seule femme à un grade aussi élevée. Elle commande la défense d'un point dangereux du pays. Ce n'est tout de même pas rien.

– Elle n'a pas à vivre à Briggs, ni à être dans l'armée ! Ce n'est pas la place d'une femme, encore moins la place d'une femme née dans notre famille ! C'est tout à fait honteux, cette enfant n'a jamais compris le déshonneur jeté sur notre famille. Tout cela pour devenir une de ces machines à tuer de Briggs, par-dessus le marché.

Elle se leva d'un bond, marchant dans le bureau pour se calmer. Son cœur battait très vite alors qu'elle effleurait le bois sombre du meuble du bout des doigts, pensive, repensant à toutes les rumeurs qui circulaient sur leur compte dans les quartiers environnants. Quelle situation détestable... La honte... Plus aucun moyen d'enrayer cette situation... Qu'y faire ?

– Mère, le capitaine Buccaneer a le sens des responsabilités et du devoir, tout comme Olivier. Garder les frontières avec Drachma est dangereux et demande un très fort investissement. Cela demande d'être fort, d'une autre façon que la force exigée par la haute société. J'admire ma sœur pour ce qu'elle a su faire, je veux lui ressembler pour cela.

– Lui ressembler ?! grinça Navilia avec un petit rire. Ma pauvre fille ! Tu ne pourras jamais lui ressembler car grâce au ciel, tu n'as pas le même caractère.

Elle se retourna vers elle et revint s'asseoir à ses côtés, la couvant du regard avec un sourire assez triste. Elle était si jeune, il était normal qu'elle se laisse guider par les frivolités et un amour incertain ! A son âge, notre cœur papillonnait en tous sens, c'était aussi cela de devenir adulte. Cela lui passera, même si ce sera assez douloureux, comme pour n'importe quel jeune homme et jeune fille, cela lui passera.

– Tu oublieras vite cette petite amourette, Catherine. A ton âge, il est normal d'avoir envie d'autre chose, mais ce n'est qu'un passage. Tu deviens adulte. Prend le temps, fais le point, prend du recul et tu verras alors qu'il ne s'agit là qu'envies passagères et sans importance. Ta place est dans ta famille, à Central, c'est d'une telle évidence, ma chérie.

Elle se pencha pour l'embrasser doucement sur le front, avant de se redresser et de lui sourire.

– Le prochain salon aura lieu ici, au manoir, sais-tu ? Profite du dîner pour discuter avec nos hôtes, et au bal, tu auras l'occasion de rencontrer de charmants jeunes hommes. Tu rencontreras sûrement un homme à ton goût. Veux-tu que je t'accompagne en ville pour choisir ta toilette ?
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MessageSujet: Re: Chacun à sa place   Lun 2 Nov 2015 - 12:38

– Lui ressembler ?! grinça Navilia avec un petit rire. Ma pauvre fille ! Tu ne pourras jamais lui ressembler car grâce au ciel, tu n'as pas le même caractère.

Certes non, mais tout de même, elle pouvait progresser, sortir de sa coquille ! Catherine était profondément choquée que mère en arrive à parler ainsi de sa propre fille, de son aînée, qu'elle montre pareil dédain pour Buccaneer, simplement parce qu'il était un soldat. Lorsqu'elle lui avait parlé, il s'était montré courtois et de bonne conversation, elle avait senti qu'il était un homme de valeur, qu'elle avait envie de côtoyer plus. Mais ses parents s'y refusaient... Elle ne voulait pas les perdre, ni les rejeter, mais refusait tout autant de laisser là, derrière elle, ce qu'elle ressentait pour le grand capitaine du Nord, tout comme son envie d'être formée comme ingénieure et travailler. Elle aimait sa vie, ce n'était pas là le problème, mais elle avait envie d'autre chose. Ne plus simplement attendre que le temps passe, dans cet écrin magnifique mais qui vous bloquait dans une situation, à attendre d'être mariée et mère de famille. Mère revint s'asseoir près d'elle, avec un sourire triste. Elle haïssait le Nord et avait ses raisons, pour autant, Catherine ne pouvait se résoudre à mépriser cette région et oublier ceux qui y vivaient. Elle était parfaitement consciente d'avoir des obligations familiales et sociales, savait très bien ce qu'on attendait d'elle, ce qu'on voulait qu'elle fasse, accomplisse, mais ne croyait pas qu'une règle ne pouvait être changée. Elle était prête à faire des efforts, quitter cette image de douce jeune fille des beaux quartiers de Central, dans un manoir immense, vêtue d'une robe valant deux mois de salaire d'un officier. Sa mère ne comprenait pas cela... Catherine aussi avait grandi avec ces principes, qu'en tant que femme, elle devait être avant tout une mère et épouse, obéissante, bien élevée, cultivée, avec une conversation solide, bonne maîtresse de maison et hôte accueillante. Mais elle restait différente et n'y pouvait rien.

– Tu oublieras vite cette petite amourette, Catherine. A ton âge, il est normal d'avoir envie d'autre chose, mais ce n'est qu'un passage. Tu deviens adulte. Prend le temps, fais le point, prend du recul et tu verras alors qu'il ne s'agit là qu'envies passagères et sans importance. Ta place est dans ta famille, à Central, c'est d'une telle évidence, ma chérie.

Le cœur de la jeune fille se serra, alors que sa mère se penchait pour l'embrasser sur le front. Peut-être devait-elle en effet prendre le temps, car partir comme cela, maintenant, lui ferait perdre à jamais l'affection et le soutien de sa famille, comme Olivier. Catherine n'était pas prête à se couper d'eux comme sa grande sœur l'avait fait avant elle, elle les aimait profondément et malgré son envie d'indépendance, elle ne voulait pas quitter les siens, les abandonner, passer des années avant de pouvoir leur parle de nouveau. Au fond, Olivier devait encore aimer sa famille, mais elle pouvait se passer de ce genre de liens familiaux et affectifs, tant elle était concentrée sur le Nord et la défense du pays. Mais pas Catherine, elle ne le pouvait pas. Elle ne savait pas comment choisir entre sa famille et ses envies. Retenant un long soupir, elle baissa le regard sur ses mains, sa robe, puis le bureau où elles se trouvaient. Comment amener les siens à comprendre ses besoins, sans risquer d'être reniée si elle partait ?

– Le prochain salon aura lieu ici, au manoir, sais-tu ? Profite du dîner pour discuter avec nos hôtes, et au bal, tu auras l'occasion de rencontrer de charmants jeunes hommes. Tu rencontreras sûrement un homme à ton goût. Veux-tu que je t'accompagne en ville pour choisir ta toilette ?

– Je pense avoir ce qu'il me faut, Mère, sourit-elle faiblement. Armette m'a déjà montré quelques robes la semaine dernière, pour ce dîner.

Elle rajouta ensuite la façon dont elle comptait s'habiller et se coiffer, car elle savait que ce genre de détails avaient une importance première, particulièrement lorsqu'on était hôte. Elle devait prendre le temps... Prendre le temps pour ne pas rejeter sa famille...
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