Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Histoires de femmes

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MessageSujet: Histoires de femmes   Mer 30 Sep 2015 - 22:42

Le vent avait redoublé de violence, apportant une neige épaisse et qui étouffait tout, jusqu'aux lourds et hauts canons placés sur le toit de la forteresse. Ils avaient bataillé longtemps pour endiguer le flot et garder leurs armes en état de marche, tout en gardant le paysage sous la plus haute surveillance, couverts par des lourds manteaux. Le froid était si brutal que ne pas bouger signifierait mourir, ils avaient dû serrer les dents pou garder leurs positions et tenir la place et leur surveillance constante. Se battre contre la tempête pour qu'elle n'arrache pas les canons de leurs socles et ne les jettent en contrebas, aux pieds des montagnes, luttant pour que les appareils radio ne soient pas détruits par le vent ou enfoncés par le poids de la neige. Des heures à batailler dans une tempête à vous arracher la tête des épaules et un froid si atroce qu'il pourra emporter même le plus fort dans le dernier sommeil. Ils avaient grincé des dents, aveuglés par les bourrasques, accrochés les uns aux autres pour lutter et ne pas être éjecté dans le vide sous la force titanesque du vent.

Buccaneer était rarement aussi épuisé. Il était d'une nature très solide, mais ici, ce combat contre les forces de la nature lui avait ôté toutes forces. Il poussa la porte des salles d'eau, grognant en enlevant son haut. Il se fourra sous une douche bien chaude, avec léger frisson, imité par d'autres coéquipiers qui avaient aussi lutté durement au sommet de la forteresse. Il ferma les yeux en laissant l'eau chaude déniveler sur son corps immense et très musclé, soulagé d'être de nouveau à l'abri. Il sortit et se sécha, avec un petit grognement. Les hommes qui l'entouraient avaient terminé leur service, tout comme lui, prenant parfois des habits civils ou gardant leurs uniformes. Le grand soldat avait lui aussi terminé son quart à l'instant et ce n'était pas plus mal, il avait besoin d'un peu de repos. Il s'étira en tout sens avant d'enfiler un haut léger sans manche puis un pantalon noir, passant ensuite dans le dortoir, ses affaires sous le bras. Les tempêtes étaient particulièrement violentes, cette année, même s'il n'était pas rare qu'à de telles hauteurs, le vent puisse facilement soulever de l'acier. Il s'effondra à moitié sur son lit avec un petit soupir, enlevant ses chaussures.

– Dure journée ?

Hein ? Buccaneer écarta le bras qu'il avait placé devant ses yeux, haussant les sourcils en voyant Miles s'asseoir à coté de lui, sur le lit. Il était rentré avec la générale ? Il hocha la tête en marmonnant qu'il avait du batailler contre la tempête, afin de garder leurs installations en place, sur le toit. Miles s'installa à son tour, ils étaient voisins de dortoir, en lui racontant comment s'était passée sa mission à Central. Le géant éclata de rire en apprenant le piège pour le dîner, au manoir Armstrong, même s'il compatissait un peu pour la gêne immense qu'avait dû ressentir son amie. Il reprit son sérieux en songeant à la petite Catherine, qui avait affirmé vouloir le rejoindre au Nord. Il était fou de bonheur qu'elle ait dit cela et en même temps, il commençait à avoir de très sérieux doutes. D'après la description que Miles lui avait fait des parents, ils seraient bien du genre à contraindre leur cadette de rester à Central. Il ne savait pas que la famille faisait parti de la Noblesse de Central, Catherine n'appartenait pas du tout au même monde que lui. Il grimaça un peu, jetant un regard à Miles, qui avait enlevé ses lunettes et se frottait les yeux.

– J'espère qu'elle pourra bien venir ici, grinça-t-il. Je ne savais pas, pour son rang social, j'étais loin de m'imaginer ça ! Elle a été élevée toute sa vie pour être une dame de la Noblesse...

– La générale aussi et ça ne l'empêche pas de diriger le fort.

Ah... Oui, ce n'était pas faux, il devait s'en faire pour rien. Il eut un petit sourire en mettant ses bras sous sa tête, allongé tranquillement. Quand même, elle n'avait pas du tout la même éducation que lui ! Pourra-t-elle se plaire, dans les montagnes de Briggs ? Alors qu'elle avait vécu toute sa vie à Central et avait un caractère très doux et timide ? Ses parents la laisseront-ils mettre ne serait-ce qu'un seul orteil ici ? Il soupira longuement, avec une petite moue. Que pouvait-il faire ? Il ne sera jamais accepté par la famille de Catherine, ce n'était pas la peine de rêver ! Et si jamais elle devait faire un choix entre les siens et lui, cela pourrira leur relation et elle finira par le détester, car ce sera à cause de lui qu'elle se sera coupée des siens. Il finit par confier ses doutes sur le sujet à Miles, sourcils froncés, alors qu'il réfléchissait à une façon de débloquer la situation.

– Ses parents vont la laisser venir ? marmonna-t-il. Je veux pas qu'elle rejette toute sa famille à cause de moi, elle m'en voudrait plus tard. T'as pas une idée, toi ? Qu'est-ce qui pourrait convaincre des gros bourges de Central que je suis assez bien pour leur fille ?
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MessageSujet: Re: Histoires de femmes   Mar 3 Nov 2015 - 21:10

Miles marchait encore d'une façon un peu raide, mais il se sentait mieux, c'était bien assez pour reprendre le travail. Le sous-lieutenant Harry avait été enterré dignement, dans son village natal. Sa femme avait bouleversé tout le monde, à genoux devant la tombe, très silencieuse. Voilà le destin qui attendait la grande majorité des soldats. Rentrant dans le fort, il soupira en empruntant l'ascenseur, enlevant ses lunettes noires pour les glisser dans sa poche. On lui avait montré l'article nommant l'attentant comme un "accident", le QG Nord avait fait du mieux possible pour censurer la presse et étouffer les ragots, comme d'habitude, mais peu de chances que beaucoup de militaires croient à l’hypothèse de l'accident. Appuyé contre le mur de la cabine, alors qu'elle filait avec lenteur dans les étages, il lâcha un très long soupir, les yeux fermés. Ils étaient de retour à Briggs, certes, mais même le fort n'était plus autant un gage de sûreté qu'autrefois. Ils avaient beaucoup réfléchi, cette semaine. D'après ce que Raven avait dit à leur générale, lorsqu'il l'avait menacé à la bibliothèque, et ce qui s'était produit ensuite, ils ne savaient plus, avaient pu faire des liens. Le gouvernement, donc Bradley, avaient créé des homonculus, de quelle façon, on l'ignorait. Ils s'en servaient peut-être contre les terroristes, mais aussi de d'autres façons moins avouables. Et Briggs était un problème, pour la capitale...

Cependant, Miles ne parvenait pas à comprendre pourquoi le gouvernement cherchait à affaiblir la forteresse. Leurs défenses étaient devenues excellentes, avec le temps, une force implacable opposée aux armées de Drachma, alors pourquoi chercher à saper tout cela ? Pourquoi s'en prendre à la générale ? Voulaient-ils l'intimider pour qu'elle se résigne à se soumettre aux règles obscures de Central, rejoindre "les rangs de ceux qui agissent pour ce pays", comme l'avait souligné le général Raven ? Pour en arriver à ce genre de méthodes, cela voulait dire qu'elle était devenue trop indépendante pour eux, elle amis aussi tous les soldats de Briggs. Ils gênaient. Retenir la générale à Central était sans doute un bon moyen de pression, à leurs eux, mais ils connaissaient bien mal la mentalité du fort. Bradley utilisait un ou des homonculus pour les frapper, les effrayer sans doute, comme une sorte de coup de semonce, un avertissement. Ils devaient s'attendre à une attaque au sein même de la forteresse. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, il remit ses lunettes puis traversa les longs couloirs gris et froids, pensif, les mains dans les poches. Amestris devenait autant une menace que Drachma, le coup de poignard pouvait leur arriver dans le dos. Poussant la porte du dortoir où il dormait, ayant refusé d'être seul dans une chambre, il repéra Buccaneer avec surprise, en tenue civile et allongé, semblant vidé de ses forces.

Le lieutenant eut un petit sourire en ôtant son manteau, s'approchant du grand capitaine qui avait posé son bras valide sur ses yeux, secouant la tête. Que lui était-il arrivé, au juste, il avait trop forcé sur l'entraînement ? Ils dormaient côte à côte, le lit de Buccaneer n'était même pas assez grand pour l'accueillir, il devait replier les jambes pour tenir à l'intérieur et pouvoir s'endormir. Miles posa son manteau sur le bord de son propre lit, voulant se reposer, lui aussi, afin d'être prêt à toute attaque ou problème. Central n'allait guère laisser plus d'un jour ou deux avant de chercher à savoir si la général était disposée à se soumettre.

– Dure journée ?

Son meilleur ami bougea légèrement le bras puis marmonna qu'il avait dû se battre contre une tempête, au sommet de la forteresse, pendant des heures pour éviter que tout ne soit détruit. Ah ça... A une pareille hauteur, des vents violents pouvaient arracher des canons en acier de leurs socles pour les jeter aux pieds des montagnes, tous comme ils pouvaient aussi projeter les hommes en contrebas du fort pour qu'ils s'écrasent en bas. Extrêmement dangereux. Miles s'assit au bord du lit, ôtant ses bottes et son uniforme pour enfiler une tenue civile, tout en racontant à son ami ce qui s'était passé à Central, dont le fameux dîner chez les parents de la boss. Il lui parla de l'ambiance guindée et de des cris, rapportant ce que la petite sœur avait dit sur lui, "capitaine du Nord", dans les détails, tout en se débarrassant de sa chemise réglementaire pour en enfiler une autre, plus souple, et un pull bien chaud. Buccaneer se mit à rire lorsqu'il entendit que sa peut-être-future-femme avait affirmé qu'elle voulait bien l'épouser. Bon courage, vieux, avoir ça comme beaux-parents, ce n'était pas un cadeau. S'allongeant à son tour, il chercha une position correcte pour ses côtes meurtries, sous le bruit discret de la radio d'un autre soldat, installé lui aussi et dans même état que le capitaine. Se frottant les yeux, il tâcha de se détendre un peu, de profiter du calme. Ils étaient à Briggs, ce qui était déjà un profond soulagement, même si le danger était omniprésent.

– J'espère qu'elle pourra bien venir ici, grinça-t-il. Je ne savais pas, pour son rang social, j'étais loin de m'imaginer ça ! Elle a été élevée toute sa vie pour être une dame de la Noblesse...

Et alors, qu'est-ce que ça changeait ? Miles haussa légèrement les épaules en laissant retomber sa tête contre son oreiller, ne voyant pas où était le problème, de côté-là. N'importe qui pouvait apprendre à aimer la région Nord et à s'adapter à la vie à Briggs, il suffisait d'avoir de la volonté et de ne laisser abattre à la première difficulté. Les montagnes étaient impitoyables et ne supportaient guère les esprits fragiles. Peu importe l'éducation qu'avait reçu la jeune fille du moment qu'elle en avait dans le ventre. D'ailleurs, ils avaient un bon exemple, avec la boss, que s'adapter et gagner en force n'était qu'une question de volonté et de caractère.

– La générale aussi et ça ne l'empêche pas de diriger le fort.

S'étirant comme il pouvait, il referma les yeux, bâillant un peu. Avant de monter ici, il avait mis en place une garde rapprochée pour la boss, afin qu'elle ne reste jamais seule et sans aucune assistance, on ignorait quand Bradley comptait la faire attaquer de nouveau, et ce jusqu'au moment où elle cédera et lui obéira. S'il espérait l'intimider, il en sera pour ses frais, leur chef ne se soumettra jamais de son plein gré, jamais elle ne vendra le fort ainsi à Central ! La sécurité du pays passait d'abord et confier les défenses de Briggs à des bureaucrates de la capitale serait la pire idée au monde, leur Reine de ne fera jamais une chose pareille. Buccaneer, lui, devait encore songer à la petite sœur car il lui confia ses craintes, que la petite pourrait être empêchée de venir au fort, vu sa famille. Ah pour ça, il avait bien raison d'avoir peur. Vu la mentalité des parents, ils feront tout pour l'empêcher de venir. Soit elle parvenait à les raisonner, ce dont il doutait, soit elle s'enfuyait. Dans les deux cas, son meilleur ami ne pouvait pas faire grand-chose, sinon attendre et espérer.

– Ses parents vont la laisser venir ? marmonna-t-il. Je veux pas qu'elle rejette toute sa famille à cause de moi, elle m'en voudrait plus tard. T'as pas une idée, toi ? Qu'est-ce qui pourrait convaincre des gros bourges de Central que je suis assez bien pour leur fille ?

– Sincèrement, rien du tout, avoua-t-il. Tu les aurais vu... Si elle ne parvient pas à les convaincre et si elle n'ose pas fuir, on ne la verra jamais ici.

Ce n'était pas très encourageant pour Buccaneer mais c'était la pure vérité. Il ne pouvait rien faire ! Son allure ne convaincra pas les parents de Catherine, pas avec sa crête, son automail et sa carrure, et encore moins avec son statut de capitaine au fort de Briggs. Il n'était pas le gendre idéal, voilà tout, c'était à la petite de jouer, à présent. Silencieux un moment, il observa le plafond, allongé sur son lit, ses yeux d'un rouge carmin dans le vague, le visage vide d'expression. Cette famille était de celles qui pensaient mieux valoir que les autres et dénigraient les classes sociales moins aisées, considérées comme inférieures, très souvent. Une mentalité Bourgeoise exécrable mais qui avait la peau dure. Miles comprenait sans aucun souci que la boss s'en soit échappée, qu'il y avait-il à attendre de cette société, mis à part une vie où tout était calculé au millimètre, une vie rigide, guindée, asservie par de trop nombreuses règles et sans aucune chaleur ? Il ne le supporterait pas, pas après avoir respiré la liberté du Nord, vécu au son du vent et de la neige. Miles était certes né au cœur du désert, à l'Est d'Amestris, mais il s'était vite accoutumé à la région Nord et l'aimait pour sa force, son caractère, ces montagnes étaient un cocon protecteur à ses yeux. Ici, personne ne venait lui reprocher ses origines Ishbales.

– En parlant de Central, Bradley va sûrement nous envoyer des homonculus une troisième fois, marmonna-t-il d'un ton méprisant. S'il espère vraiment que notre Reine se laisse intimider... Jamais elle ne pourra sacrifier la sécurité du pays ainsi. Central a ses propres officiers en place dans tout le pays, sauf ici. Il pourrait se contenter de tuer la boss puis de la remplacer par un de ses hommes, s'il était assuré que tout le monde ici continuerait d'obéir aveuglément, sans voir ce qui se trame.

Bradley était au moins assez avisé pour comprendre que se débarrasser de leur chef ainsi ne fera que renforcer la méfiance et la colère et créer ainsi encore plus de problèmes qu'actuellement. Les hommes de Briggs refuseront d'obéir à des ordres qui affaibliraient la région Nord et la sécurité de tout le pays. Et même s'il parvenait à tenir la boss en otage à la capitale, tous continueront leur devoir comme auparavant, car la vie des civils passait avant les leurs.

– Il nous connaît mal... Mais il y a peut-être un moyen de retourner la situation à notre avantage, nous devons préparer un plan avec la générale. Tâcher de découvrir les véritables motivations de Bradley. Comment ont-ils pu créer des homonculus, selon toi ? Impossible que cela serve juste contre les terroristes... Il se passe des choses vraiment louches, dans ce pays, l'armée n'a jamais été bien claire dans ses intentions.
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MessageSujet: Re: Histoires de femmes   Mar 17 Nov 2015 - 12:28

– Sincèrement, rien du tout, avoua-t-il. Tu les aurais vu... Si elle ne parvient pas à les convaincre et si elle n'ose pas fuir, on ne la verra jamais ici.

Décourageant. Il n'avait plus qu'à espérer qu'elle ait un peu du caractère de la boss ! Buccaneer ne répondit pas, les bras sous la tête, les jambes un peu repliées, observant une minuscule araignée tisser sa toile dans un coin du plafond. Avec ce qui s'était passé, l'attentat, tout cela, il y avait encore moins de chances que Catherine puisse mettre les pieds ici avant un long moment. Mais ils résisteront, c'était certain ! Cette forteresse était imprenable depuis sa construction, il n'y avait aucune raison pour que cela change maintenant ! Tous les hommes et les femmes qui étaient ici savaient à quoi s'en tenir, étaient prêts à tout pour la défense des frontières. Tous se tiendront prêts à faire face ! La générale était avec eux, que pouvait-il arriver de mal, vraiment ? Il lui faisait entièrement confiance, tous ses hommes croyaient en elle. Il sourit en fixant toujours l'araignée qui tissait sa toile, fermant ensuite les yeux pour se reposer un peu. Pas la peine d'être pessimiste, arrivera ce qui arrivera, ils feront avec, comme toujours. S'étirant, il plia un peu les jambes, essayant de chasser la fatigue nouant les muscles de son corps immense. Son automail le faisait un peu souffrir mais c'était normal, il avait dû beaucoup forcé. Il retourna peut-être voir Trivia pour faire une vérification ou un entretien rapide, ce soir ou demain.

– En parlant de Central, Bradley va sûrement nous envoyer des homonculus une troisième fois, marmonna-t-il d'un ton méprisant. S'il espère vraiment que notre Reine se laisse intimider... Jamais elle ne pourra sacrifier la sécurité du pays ainsi. Central a ses propres officiers en place dans tout le pays, sauf ici. Il pourrait se contenter de tuer la boss puis de la remplacer par un de ses hommes, s'il était assuré que tout le monde ici continuerait d'obéir aveuglément, sans voir ce qui se trame.

Le Président était bien naïf, ou idiot, s'ils pensaient que tuer leur chef les affaiblirait, ils continueront tous de se battre comme un seul homme ! Le capitaine grommela quelque chose d'incompréhensible, rouvrant les yeux en posant son bras sur son front. Que leur voulait Bradley, exactement ? ce type lui avait toujours paru suspect et faux, le regard trop fuyant pour être honnête, ses paroles toutes pesées et examinées avec soin. Un véritable serpent qui avait fait de Briggs sa prochaine cible. Par où ses petits chiens d'alchimie allaient-ils attaquer, la prochaine fois ? Avaient-ils des moyen secrets pour accéder au fort ? Plus personne ne se promenait désarmé, chacun se tenait prêt à se battre, même les employés de maintenance et compagnie, mais il doutait que ce sera suffsinat, étant donné la force de ce truc aux ombres et ses attaques hors du commun. S'il revenait, il faudra de nouveau sortir l'artillerie lourde. Pas la peine de prendre des pistolets, passons directement aux obus ! Il y avait des chars, ici, ils pouvaient s'en servir pour tirer sur ce truc s'il osait venir fourrer son nez dans la forteresse. Ils le brûleront, le feront exploser, enterré vivant sous une montagne de gravats, gelé à mort, mais il périra. Rien en pourra les pousser à abandonner la protection des frontières, ils s'étaient engagés pour cela et tiendront jusqu'à leur mort, c'était un serment. Ne serait-ce que par respect pour leurs camarades tombés au combat, au cœur de ces immenses montagnes. Leur dernier voyage les mènera aux contreforts des monts de Briggs, en des lieux bien plus élevés, au-dessus de leurs chères montagnes.

– Il nous connaît mal... Mais il y a peut-être un moyen de retourner la situation à notre avantage, nous devons préparer un plan avec la générale. Tâcher de découvrir les véritables motivations de Bradley. Comment ont-ils pu créer des homonculus, selon toi ? Impossible que cela serve juste contre les terroristes... Il se passe des choses vraiment louches, dans ce pays, l'armée n'a jamais été bien claire dans ses intentions.

– Si on se base sur la règle de l'échange équivalent, il a fallu un gros sacrifice pour créer ne serait-ce qu'un homonculus. Qu'est-ce qui a assez de valeur pour faire un être immortel et possédant certains pouvoirs ? Qu'est-ce...

Il s'interrompit, pris d'un doute affreux. Quelle valeur était assez forte, en effet ? De l'or, des diamants, des pierres précieuses très rares ? Non... Ce n'était pas suffisant, il fallait encore autre chose, long à créer, qui pouvait être considéré comme un petit miracle à chaque fois. Qu'est-ce qui était plus précieux encore que les matériaux les plus rares ? La vie. La vie sous toutes ses formes. La vie, précieuse, la vie de tous. Se redressant, Buccaneer se gratta le haut du crâne, sous le regard perplexe de son ami, qui lui demanda ce qui lui arrivait. Il ne répondit pas tout de suite, n'arrivant à pas à accepter que cela puisse être vrai. Le cœur d'un homonculus était la pierre philosophale, mais comment était synthétisée cette pierre ... ? Ce qui avait assez de valeur pour la créer, complète et puissante... Miles se redressa à son tour, assis sur son lit, en le regardant, fronçant les sourcils. Le capitaine reprit son souffle puis lui expliqua avec lenteur ce à quoi il venait de songer. Ce qui, était pour lui, la seule chose assez précieuse au monde pour que l'échange équivalent soit respecté, afin de créer une pierre philosophale et donc un homonculus.

– Les scientifiques de l'armée n'auront pu prendre la vie des plantes ou je ne sais quoi. Mais il reste les animaux et... les hommes.

Une profonde et sourde colère envahi le capitaine en imaginant que l'armée ait pu sciemment assassiner des personnes pour créer des homonculus. C'était impossible ! Il connaissait les généraux des différentes divisions, aucun n'aurait accepté de faire cela, même avec des prisonniers de guerre, c'était inhumain. Un ennemi devait mourir sous le feu des armes, dans l'honneur, ce n'était pas un bout de viande utile en alchimie mais un adversaire qu'on devait tuer en combat, de front, avec force et dignité. Et cela soulevait bien des questions, autrement plus graves.

– L’État-major pourrait-il vouloir le maximum de morts volontairement ? grinça-t-il d'une voix plus basse. Ça n'a aucun sens ! A quoi bon ?! Il s'agit de leur pays, ils doivent le défendre. Et ils ne peuvent pas récolter le sang et la vie de chaque civil tué dans la guerre et les conflits. Il faudrait que chacun meure sur un cercle de transmutation et c'est complètement impossible. Non, ce ne peut pas être avec des vies humaines, c'est impossible, je me trompe.

– Peut-être pas, murmura Miles d'un coup. On sait que beaucoup de personnes ont été faites prisonnières, à Ishbal, et que des expériences ont été menées sur elles. Certaines pouvaient avoir la pierre comme finalité.

– Si c'est vrai, on met le doigt dans une chose bien plus grosse que prévue. Et que font les Alchimistes d’État, dans tout ça ? Ils sont forcément impliqués, beaucoup d'entre eux avaient pris part aux expériences, à Ishbal.

Buccaneer grinça des dents, s'adossant de nouveau contre la maigre oreiller, à la tête du lit, les deux bras sous la tête en guise de soutien. Ces maudits petits chiens de l'armée... Des armes humaines en puissance dont on se servait pour nourrir la terre de sang et qui ne réalisait même pas à quel point ils n'étaient que des jouets entre les mains de l'armée.

– Scar est un Ishbal, reprit-il d'un ton pensif. Peut-être qu'il sait quelque chose... Comme Madless... Il aurait pu quand même éviter de se faire kidnapper, cet abruti profond ! Comment le retrouver, maintenant ? Tu penses qu'il parviendrait à s'évader seul ?
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MessageSujet: Re: Histoires de femmes   Lun 23 Nov 2015 - 12:32

– Si on se base sur la règle de l'échange équivalent, il a fallu un gros sacrifice pour créer ne serait-ce qu'un homonculus. Qu'est-ce qui a assez de valeur pour faire un être immortel et possédant certains pouvoirs ? Qu'est-ce...

Buccaneer se redressa d'un seul coup, se frottant son crâne presque rasé, le regard brûlant tout à coup. Miles lui jeta un regard perplexe en lui demandant ce qui lui arrivait, se redressant à son tour. A quoi avait-il pensé ? Il s'était interrompu si soudainement ! Ils parlaient des homonculus, de la fameuse règle de l'échange équivalent, et bien, ensuite ? L'échange équivalent... Pour créer la pierre ou ce genre de monstre, il fallait sacrifier en échange une chose ayant la même valeur, ou un groupe de choses, qui pourraient constituer un sacrifice digne. Son ami mettait le doigt sur le véritable problème, qu'est-ce qui avait assez de valeur pour créer un monstre avec de tels pouvoirs et visiblement immortel ? Que pouvait-on offrir en échange qui ait assez de poids ? Il y avait les métaux précieux, ce genre de chose, mais Miles doutait que cela suffise. Il y avait bien autre chose... Non... On parlait de l'armée, ils ne pouvaient tout autoriser non plus aux scientifiques ! Ou si ! D'après ce que la générale leur avait déjà dit, ce qu'ils avaient lu ou deviné, cette possibilité n'était pas à exclure. Le lieutenant tourna la tête vers l'immense capitaine, s'appuyant contre le mur derrière lui. Il pensait obligatoirement à la même chose, même si cette idée était terrifiante, en soit. Ils mettaient la main sur une affaire bien plus grosse qu'eux, une affaire qui le brûlait de l'intérieur.

– Les scientifiques de l'armée n'auront pu prendre la vie des plantes ou je ne sais quoi. Mais il reste les animaux et... les hommes.

Les animaux ? Non, vu l'esprit de cette armée, ce n'était pas avec des animaux que les laboratoires auront nourri leurs expériences, du moins, pas celles menées pour créer des homonculus. Qu'est-ce qui avait plus de valeur qu'une vie ? On pouvait trouver plus ou moins facilement des objets et métaux précieux, mais une vie se formait peu à peu en de longs mois, une vie était toujours unique, belle, si fragile. C'était un sacrifice à la hauteur, détruire plusieurs vies pour créer un monstre. Leur armée avait toujours été si meurtrière, l'histoire d'Amestris était marquée par de longs conflits toujours plus sanglants et horribles, depuis le début, depuis la création de ce royaume. De là à imaginer que l'Etat-major pourrait alimenter volontairement ces conflits pour obtenir le maximum de morts... Mais les soldats tués sur les champs de bataille, tous comme les civils, ne pouvaient être utilisées en expériences à Central. De qui se servaient-ils ? Des prisonniers de guerre ? Des criminels du pays ? Ou des civils de Central et des autres divisions ? Il y avait eu des massacres partout, ces dernières années, beaucoup de villages étaient entrés dans des révoltes violentes, écrasées dans le sang. Absolument partout.... Sauf au Nord. Le lieutenant fronça les sourcils, tête baissée, en se mordillant un ongle. Si on prenait les choses sous ce point de vue, il était alors logique que Central veuille déstabiliser la forteresse. Cela pourrait générer une perte de contrôle sur la région et la naissance de conflits dans les villes et les villages. Des révoltes. Sans doute des massacres. Mais à quoi vouloir noyer la terre de sang ?! C'était incompréhensible, des morts "inutiles puisque les laboratoires ne pouvaient les utiliser.

– L’État-major pourrait-il vouloir le maximum de morts volontairement ? grinça-t-il d'une voix plus basse. Ça n'a aucun sens ! A quoi bon ?! Il s'agit de leur pays, ils doivent le défendre. Et ils ne peuvent pas récolter le sang et la vie de chaque civil tué dans la guerre et les conflits. Il faudrait que chacun meure sur un cercle de transmutation et c'est complètement impossible. Non, ce ne peut pas être avec des vies humaines, c'est impossible, je me trompe.

– Peut-être pas, murmura Miles d'un coup. On sait que beaucoup de personnes ont été faites prisonnières, à Ishbal, et que des expériences ont été menées sur elles. Certaines pouvaient avoir la pierre comme finalité.

La pierre ou des homonculus, comment savoir ? Ou plus vraisemblablement les deux. Tout le monde savait qu'il y avait eu des expériences menées sur les prisonniers à Ishbal, c'était devenu un secret de polichinelle, mais on ignorait exactement ce qui avait été fait. Certains parlaient de résistance à la douleur, les limites du corps humain, ce genre de choses. Les plus pessimistes imaginaient tortures et mutilations, déchirement de l'esprit. Que croire ? Dans ce genre de règles, il était facile de récupérer des prisonniers, même des soldats blessés à mort, puis de les emmener pour se servir d'eux comme de vulgaires cobayes. Beaucoup de soldats blessés gravement avaient été rapatriés à Central, où ils étaient officiellement morts de leurs blessures, personne n'avait pu les sauver. Était-ce vrai ... ? Miles ne pouvait être sûr de rien, il avait été arrêté si tôt, jeté en prison à North City, il n'avait pas pu voir ou entendre des choses louches et étranges. Ishbal... Cette guerre avait beau être terminée, personne ne devait se douter de la réalité qui s'y dissimulait. Les horreurs commises et dans quel but.

– Si c'est vrai, on met le doigt dans une chose bien plus grosse que prévue. Et que font les Alchimistes d’État, dans tout ça ? Ils sont forcément impliqués, beaucoup d'entre eux avaient pris part aux expériences, à Ishbal.

Ces hommes n'étaient que des armes de qualité, pour l'armée, bien sûr qu'ils avaient dû participer à ce carnage, ils étaient déjà en grande partie responsables, à eux seuls, du massacre. A partir du moment où ils avaient été appelés, la guerre dans le désert avait pris un tout autre tournant et fut d'office perdue pour Ishbal. Le nombre de morts civils avait grimpé en flèche en à peine un jour, le massacre avait été total, un véritable carnage. McDougall, Grand, Kimblee, Mustang... Eux et leurs pairs avaient usé de leurs pouvoirs pour écraser toute la population dans le sang, bien plus que n'importe quel soldat. Kimblee et Mustang, particulièrement, s'étaient très bien distingués dans ce massacre, ils étaient à eux deux responsables de plus de la moitié des morts civils de la guerre. Buccaneer grinça tout à coup des dents en se rallongeant. Le lieutenant lui jeta un long regard avant de le reporter devant lui, pensif et silencieux.

– Scar est un Ishbal, reprit-il d'un ton pensif. Peut-être qu'il sait quelque chose... Comme Madless... Il aurait pu quand même éviter de se faire kidnapper, cet abruti profond ! Comment le retrouver, maintenant ? Tu penses qu'il parviendrait à s'évader seul ?

– Je n'en sais rien, ce type est trop imprévisible, personne ne peut deviner comment il va réagir. Il est déjà un mystère à lui seul ! Pourquoi l'avoir laissé être alchimiste d'état alors que Bradley savait qu'il avait violé la loi en effectuant une transmutation humaine ? Et le pire est qu'il a recommencé à Ishbal et que les généraux se sont contentés de le renvoyer au Nord sans aucune sanction. On le garde dans l'armée alors qu'il ne presque rien faire, il est trop... Trop fou, malade, son esprit est complètement brisé. Je ne suis même pas sûr qu'il ait vraiment compris pourquoi Scar s'en est pris à lui, il oublie déjà régulièrement qu'il est alchimiste d'état.

Ou même qu'il était dans l'armée tout court, d'ailleurs. Miles soupira un peu, renversant la tête en arrière contre la tête du lit pour fixer le plafond, les bras croisés et les yeux dans le vague. Il connaissait très mal le commandant Madless, ne l'ayant pas souvent vu, il n'avait dû lui adresser la parole que trois ou quatre fois, au maximum. Il se parlait à lui-même, changeant de ton de voix selon ses personnalités, avaient des réactions imprévisibles, oubliait pas mal de choses, parfois même qu'il était un membre de l'armée.

– Je ne pense pas que Madless ait déjà aidé l'état-major volontairement, tu sais. Il n'est pas en état. Le commandant Armstrong non plus, il a été renvoyé des combats car il refusait de continuer à tuer. Il a trop de pitié pour ses ennemis pour faire un bon toutou de l'armée.

– Et Mustang ?

– Je l'ignore... Ce qu'il a fait durant la guerre le désigne comme un allié très impliqué, mais j'avoue ne plus savoir à qui me fier. Il faudrait pouvoir en savoir plus sur lui avant de se faire une idée.

Il se frotta un peu le front, fermant les yeux, avec un léger mal de tête. La générale n'aimait pas le colonel mais elle ne semblait pas non plus le considérer comme un ennemi déclaré. Elle le voyait plus comme un jeune blanc-bec trop ambitieux et naïf, qui avait lui aussi de trop de pitié pour ses ennemis. Soit il cachait très bien son jeu, soit il était vraiment encore trop jeune pour bien des problèmes.

– On doit tâcher d'en apprendre plus avant de se faire une opinion. Il reste bien des sujets à éclaircir.D'ici là, pas de vagues, on ignore d'où le prochain coup va arriver.
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