Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Grand bal d'accueil

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MessageSujet: Grand bal d'accueil   Mer 4 Nov 2015 - 19:35

[PNJ : Claudio Rico, Prince d'Aerugo, dirigeant et chef militaire du royaume.]

Le soleil était éclatant, ce jour-là, malgré la fraîcheur du mois de janvier, il faisait plutôt chaud. La longue voiture décapotable était grande ouverte et roulait lentement, pénétrant dans Central sous les vivats de la foule massée sur les trottoirs et le bord de la route, jetant des confettis, criant, riant, faisant de grands signes en s'agitant, le vent léger agitant les drapeaux d'Amestris et d'Aerugo, accrochés de toutes parts. Claudio leva la main pour saluer les foules, un léger sourire aux lèvres, confortablement installé dans la voiture qui roulait au pas dans les rues en fête. Quel accueil formidable, il devait bien l'avouer, un cortège très digne et dégageant une puissance notable, alors même que les deux pays étaient en guerre depuis bien longtemps. Une guerre dont il n'aurait jamais cru cesser un jour, par ailleurs, mais les pays étaient mouvants et son royaume avait besoin de plus d'alliances politiques. Amestris était certes un ennemi de longue date, mais il restait replié sur lui-même et se contentait de se défendre. Creta, en revanche, avait des appétit territoriaux plus prononcés et qui menaçaient son peuple. Le choix était fait, Creta était trop proche, il devait signer un traité de non-agression durant ce voyage.

La ville était étroitement surveillée, d'après ce qu'il pouvait en juger, et il ne doutait pas qu'en ce moment même, des snipers pointaient leurs armes sur sa tête. Il tira un peu sur le col de son uniforme, assez semblable à celui d'Amestris si ce n'est qu'il était d'un rouge profond, d'un tissu plus épais, comme on en fabriquait en son pays. D'importantes festivités étaient organisées pour sa venue, on lui avait parlé de quelques bals, des festivals, de concours, Amestris se donnait les moyens. Cet été militaire lui avait toujours semblé rigide, froid et cruel. Auteur de massacres contre leur propre peuple. La voiture le conduit jusqu'à un immense hôtel particulier, où il descendit en étant accueilli par Bradley et ses généraux, ainsi que des notables du pays. Il fit un baisemain très galant à madame Bradley, ravissante dans sa robe à crinoline, accrochée au bras de son époux. Lui-même n'avait pas encore pris femme, étant bien assez occupé en tant que chef d'état. Mais il était encore bien jeune, n'ayant que trente-cinq ans. Il avait succédé à son vieux père, endormi pour le long et dernier sommeil, qui lui avait confié le royaume.

– Nous parlerons travail demain, dit Bradley en l'invitant à le suivre. Ce soir, un bal d'honneur est donné pour votre venue ici.

– Très aimable.

Après avoir monté un long escalier, ils entrèrent dans une salle des fêtes aux dimensions assez impressionnantes. De longues et hautes fenêtres donnaient sur les rues de Central, encadrées par des rideaux en soie rouge, très épais, serrés par des cordes dorées. Des lustres en cristal ornaient le plafond, éclairés de milles feux. Le sol était en carrelage brillant, avec de longues tables chargées de mets et de boissons contre les murs, ainsi que de chaises et de fauteuils. Un orchestre était en fond de salle, commençant déjà à jouer. Il y avait beaucoup de soldats, les hommes en uniformes d'apparat, les femmes dans des robes assez lourdes, à crinoline, couvertes de dentelles et de rubans, de la grande époque Victorienne, maquillées et coiffées avec une grande élégance. Des officiers, d'après ce qu'il put voir, mais il y avait aussi des civils. Le gratin de la capitale était bien présent, aussi à l'aise dans ce genre de lieux qu'ils l'étaient dans leurs manoirs, habitués aux réunions mondaines. Claudio était très à l'aise, lui aussi. Après tout, bon sang ne saurait mentir. Bradley lui fit faire le tour des dignitaires et des hauts gradés, dans les murmures des conversations. Il était conscient d'attirer bien des regards, étant donné son statut et son rang. Distribuant poignées de mains et sourires hypocrites, il croisa ensuite un autre couple, un colonel avec une jeune femme blonde.

– Madame Mustang, ravi, sourit-il en lui donnant un baisemain.

– Egalement, sourit-elle.

Claudio se redressa, balayant la salle du regard assez rapidement, avant de tomber sur une autre femme, lorsque Bradley la héla, en l'appelant générale. Une... femme, générale ? Il l'observa avec curiosité alors qu'elle s'approchait, entrouvrant la bouche. Elle était vêtue d'une longue robe rouge très distinguée, ses cheveux blonds retenus en une coiffure compliquée, suivie non loin par deux autres officiers auxquels il ne prêta aucune attention, happé par ses yeux bleus très vifs et assez acérés. Il n'attendit même pas que le Président d'Amestris fasse les présentations en bonne et dû forme, s'approchant d'un pas et lui prenant une main dans les siennes pour y déposer un long baiser, avec une légère inclinaison. Se redressant, il lui fit un sourire très sincère, gardant sa main dans la sienne et l'autre posée sur son cœur.

– Claudio Rico, Prince d'Aerugo, se présenta-t-il d'une voix enjôleuse. Enchanté de vous rencontrer, générale.

– Olivier Armstrong, répondit-elle d'une voix aussi glaciale que l'hiver lui-même.

Olivier ? N'avait-on pu la prénommer Olivia ? Il ne se laissa pas démonter par son ton, ramenant sa seconde main aussitôt sur celle qu'il tenait, un sourire charmeur aux lèvres, sans plus se préoccuper de Bradley ni des deux officiers qu'il venait de lui présenter. Il ignorait que de si belles femmes vivaient en ce pays, sa douce interlocutrice dégageait une aura et une force qu'il pouvait percevoir avec une très grande aisance. Une force qu'il pouvait sentir, presque touché, particulièrement fascinant. Lui accorderait-elle une première danse ? L'orchestre était prêt, cette salle illuminée se remplissait peu à peu, il était l'invité d'honneur et serait enchanté que cette dame accepte son invitation pour ouvrir le bal. Il ne lui avait toujours pas lâché la main, la gardant dans les siennes entre son cœur, un sourire aux lèvres.

– Que n'ai-je proposé la paix auparavant, j'ignorais que de tels yeux m'attendaient dans ce pays, continua-t-il d'une voix toujours enjôleuse en lui souriant avec un air aussi doux que confiant. Le Nord d'Amestris cache donc bien des perles dissimulées. J'ai beau être un homme du Sud, je reste sensible à ce que les montagnes peuvent offrir.

Il lui proposa très galamment d'être sa cavalière pour ouvrir ce bal, qu'il serait très honoré de l'avoir à son bras pour cette première danse. Elle eut une expression étrange, comme si elle allait vomir ou crier, mais finit par accepter d'une voix terriblement tendue avec une grosse pointe de colère. Allons, elle était militaire, elle était générale, mais elle était aussi une femme, il était tout à fait naturel qu'il la traite comme telle. Mais ce ne devait guère être naturel pour tous... Beaucoup les regardaient avec des expressions allant du choc à l'ahurissement, dont la femme du colonel, qu'il avait salué toute à l'heure. Hum, les femmes générales ne devaient guère être appréciées. L'orchestre lança la musique et il tint sa cavalière par le bras pour s'avancer, s'arrêtant ensuite pour se mettre face à elle. Il lui prit la main et posa l'autre sur sa taille, se rapprochant d'elle du même coup. La musique envahit la pièce et il se lança avec sa cavalière dans une longue valse, d'un pas rendu très sûr et expérimenté par les longues soirées auxquelles il avait déjà participé au cours de son existence, étant donné son statut social. Et Olivier savait très bien danser, elle aussi, elle possédait ce maintien si caractéristique des femmes de la noblesse.

– Vous êtes une merveilleuse cavalière, dit-il en tournant avec elle, dans un rythme plus soutenu, alors que d'autres couples venaient peu à peu sur la piste, après de longues minutes à simplement les observer. Cette soirée débute de bien belle façon.

Ils tournaient, valsaient, sous l'impulsion de la musique haute et forte dans cette salle, à présent au milieu d'autres couples venus rejoindre la danse. Attentif, Claudio remarqua que beaucoup avaient encore le regard fixé sur eux, comme s'ils n'en croyaient pas leurs yeux. Peu importe. Il continua de valser avec elle jusqu'à la note finale de la chanson, s'interrompant ensuite en un mouvement élégant, déposant un baisemain, les yeux fermés, avant de lui sourire de nouveau. Il était vraiment charmé, cette femme dégageait une aura qui l'attirait avec force. Il ne se souciait pas des regards choqués, amusés ou ébahis dont on les couvrait tous les deux, il se moquait bien des ragots et des murmures qui couraient dans toute la salle, peu lui importait les racontars, en cet instant. Cette soirée était bien dédiée à la détente, n'est-ce pas ? Alors détendons-nous, chacun, ensemble. Une soirée en aussi agréable compagnie n'était pas pour lui déplaire, bien au contraire.

– Je vous remercie. Désirez-vous un verre ou continuons-nous à danser ?

– Je n'aime guère danser... Ce n'est pas mon domaine.

– Allons ! rit-il en lui prenant le bras pour la conduire près des longues tables du buffet. Vous dansez à merveille, bien au contraire. Je comprend que certains ne vous voient que comme une militaire, mais moi-même, je vous vois comme une femme.

Il commanda deux coupes de champagne au serveur, lui en tendant ensuite une avant de prendre la sienne. Il savait pourtant qu'il devait faire le tour des personnes présentes, se présenter, entretenir la conversation, rencontrer les hauts gradés de ce pays, mais il avait bien le temps, la nuit était longue et ce bal ne venait que commencer.

– Puisque nos deux pays sont en passe de signer la paix, des relations plus amicales entre nos peuples s'imposent, reprit-il d'un ton courtois et déterminé. Je découvre Amestris et j'aimerai faire découvrir Aerugo, afin de renforcer cette nouvelle alliance, la fin d'une trop longue guerre. Aimeriez-vous que je vous fasse visiter mon pays ?




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MessageSujet: Re: Grand bal d'accueil   Mar 1 Déc 2015 - 18:42

Dieu merci, cette fois, inutile de rester trop longtemps à Central, Bradley pouvait se débrouiller avec ses généraux et cet accord de paix. Olivier appuya la main contre le montant de la fenêtre, l’autre main posée sur la hanche, observant les rues très animées de Central, les gens en fête, les drapeaux d’Amestris flottant à toutes les fenêtres des façades des grandes avenues. Combien de temps ce fameux traité de paix allait-il tenir, cette fois ? Un an, deux ans, un peu moins ? Dans tous les cas, peu de chances que cela dure vraiment. Soupirant, elle surprit son reflet léger dans le miroir. Ses cheveux blonds détachés et flottant dans son dos, habillée seulement d’une robe en soie blanche, qui lui couvrait les bras, le ventre, un peu la poitrine, avec une jupe flottant jusqu’au bas des jambes. Dans l’aristocratie, ce truc plus un corset, pour faire office de soutien-gorge et mettre en valeur la poitrine, servaient de sous-vêtements. Elle n’avait plus porté ce genre de choses depuis ses seize ans, cela commençait à faire loin. Pieds nus sur la moquette de la chambre d’hôtel, elle attendait que Miles arrive, venant de l’appeler. Elle l’entendit enfin frapper à la porte, tournant la tête vers lui après lui avoir lancé d’’entrer. Refermant la porte, il se figea d’un coup net, les yeux écarquillés, lui faisant hausser les sourcils.

– Besoin de toi pour m’aider à enfiler ce truc, dit-elle d’une voix lasse en désignant la robe et ses affaires qui attendaient sur le lit. Tu peux m’aider ?

– Bien sûr, madame.

Elle le remercia d’un coup d’œil lorsqu’il se rapprocha, positionnant d’abord le corset, puis le laissant lacer derrière. Se retrouver en petite tenue devant son subordonné ne la gênait pas le moins du monde, elle avait confiance en lui et il pouvait lui donner un coup de main pour se préparer au calvaire. Tout le gratin de Central allait être à ce bal, en plus des officiers, donc sa famille, ses parents, y seront aussi. Elle avait déjà prévu quelques tactiques d’esquive, même si elle doutait que qui que ce soit dans sa famille sera assez idiot pour venir l’aborder. Miles prit les deux bouts pour tirer et resserrer le corset, continuant ensuite de lacer en lui demandant s’il avait assez serré. Elle haussa les épaules, lui répondant que ça n’avait aucune importance si ce n’était pas fond, tant que cela collait aux courbes du corps. Ce n’était pas sa tenue qui la préoccupait mas plutôt d’être dans la même pièce que certains, elle était certaine que Bradley allait tenter quelque chose. Dès que le corset fut en place, Miles se redressa, lui donnant ensuite les jupons. Elle se pencha en avant pour les enfiler vite fait, remarquant, en se redressant, que Miles avait détourné le regard, les yeux brillants et les joues très rouges, même avec sa couleur de peau, c’était très visible. Il respirait même un peu plus vite, les deux mains dans le dos.

– Tu as de la fièvre ou quoi ?

– N… Non, tout va bien.

– Pas la peine d’être aussi tendu, ce n’est qu’un bal, soupira-t-elle d’un ton las en attachant vite fait ses cheveux avec une pince pour ne pas être gênée, les yeux fermés. Tout le monde est déjà prêt ?

– Oui, nous attendons simplement l’heure de partir.

Rouvrant les yeux, Olivier passa ensuite la robe, aidée par son subordonnée pour tout mettre correctement en place. C’était une robe assez classique, d’un rouge profond, aux manches longues, laissant les épaules nues et serrée à la taille. Miles était toujours aussi rouge, même après qu’elle lui ait assuré une seconde fois qu’il n’avait aucune raison d’être aussi nerveux. Il se contenta d’hocher la tête en silence, lui demandant ensuite si elle arrivait bien à se déplacer et respirer avec tout cela. Olivier haussa les épaules en enlevant la pince qui retenait ses cheveux, assise face à un miroir. Elle ne partait pas en guerre mais à une soirée friquée où elle était obligée d’assister, les enjeux n’étaient pas les mêmes. Tirant un sac, elle se servit des attaches habituelles pour fixer des poignards sous les manches, à ses bras, afin de les récupérer d’une simple pression, en dissimulant un autre dans son corset. Ne jamais sortir désarmé, sans moyen de se défendre rapidement, réflexe de base pour un soldat. Une fois prête, elle commença à se coiffer, Miles allant à la fenêtre pour regarder à son tour au-dehors.

– Pensez-vous que le Président tentera quelque chose contre vous, ce soir ?

– C’est possible. Que tout le monde reste sur ses gardes, de toute façon.

Une fois prête, elle remercia Miles pour le coup de main, s’assurant de n’avoir rien oublié avant de sortir de la chambre avec lui, retrouvant les autres officiers. Voir Buccaneer en costume-cravate avec sa taille, son automail peu discret et sa crête était un spectacle extrêmement bizarre, qui faisait à moitié s’écrouler de rire la moitié des officiers de Briggs venus à Central. Bah, au moins eux pouvaient s’habiller en noir ou dans des couleurs assez sobres, les femmes ne le pouvaient pas. Partant avec eux, elle s’assura qu’elle pouvait faire glisser les poignards dans ses mains d’un simple geste. Elle pouvait courir en talons s’il le fallait, l’ayant fait durant quelques années, avant de fuir au Nord, pour échapper à sa fratrie et ses parents en cas d’urgence. Lorsqu’ils arrivèrent à la salle, ses subordonnés s’écartèrent un peu, restant en appui. Elle repéra tout de suite la sale tête de Bradley, avec son épouse, ainsi qu’un homme qui devait avoir son âge, en uniforme d’un rouge cramoisi avec le symbole d’Aerugo. Le fameux Prince. Combien de snipers visant sa tête en ce moment même ? Elle serait curieuse de le savoir. Il avança tout à coup vers elle à grands pas lorsqu’elle approcha, attrapant sa main pour y déposer un long baisemain appuyé et beaucoup trop long qui failli lui arracher une grimace de dégoût. Main qu’il ne relâcha même pas en se redressant, souriant comme si on venait de lui annoncer son anniversaire avec quatre mois d’avance, l’autre main posée sur son cœur.

– Claudio Rico, Prince d'Aerugo, se présenta-t-il d'une voix enjôleuse. Enchanté de vous rencontrer, générale.

– Olivier Armstrong, répondit-elle d'une voix aussi glaciale que l'hiver lui-même.

Le frapper allait-il déclencher un incident diplomatique ? Il n’était pas devant elle depuis cinq minutes qu’il l’agaçait déjà profondément, à la tenir comme ça, avec son sourire mielleux et son air naïf, comment un prince, un chef d’état, pouvait-il avoir une telle tronche de simplet ? Elle se retint de l’envoyer vertement balader uniquement car Bradley était très proche et pourrait lui créer encore plus d’ennuis. Dommage… Et puis, pourquoi se présentait-il comme ça, il avait du temps à perdre, à ne pas arrêter de lui tenir la main entre les siennes au bout de trois secondes ? C’est bon, les présentations étaient faites, il pouvait continuer de faire le tour de la salle avec Bradley, elle ne comptait pas le retenir.

– Que n'ai-je proposé la paix auparavant, j'ignorais que de tels yeux m'attendaient dans ce pays, continua-t-il d'une voix toujours enjôleuse en lui souriant avec un air aussi doux que confiant. Le Nord d'Amestris cache donc bien des perles dissimulées. J'ai beau être un homme du Sud, je reste sensible à ce que les montagnes peuvent offrir.

Dissimuler le choc fut ardu, vraiment très ardu, tout autant que retenir le rire cynique face à une déclaration pareille. Elle rêvait ou il essayait de la draguer ?! Mais non, elle ne rêvait pas, puisqu’il l’invita à être sa cavalière pour ouvrir le bal. Bon, crier était exclu, elle ne pouvait pas non plus lui coller une droite ni le renvoyer balader avec Bradley à côté, n’ayant pas envie de devoir se coltiner toute une « discussion » ensuite avec le chef du pays. Prétexter être malade et lui vomir dessus ? Mauvaise idée aussi. Fulminant intérieurement, elle accepta d’une voix tendue, prenant le bras qu’il lui tendait avant d’avancer avec lui au centre de la salle. Toute l’assemblée les fixait, les officiers avec des yeux ronds, prêts à leur sortir de la tête, certains d’entre eux semblant à deux doigts de faire une crise cardiaque tant ils se retenaient de rire. Qu’ils essayent de rire, seulement… Le prince se mit face à elle, posant une main sur sa taille, se rapprochant d’elle, l’autre serrée sur la sienne. Elle posa sa main libre sur son bras avec réticence, pendant que l’orchestre se lançait dans une valse. Olivier put voir sa famille, dans la foule, juste avant de danser, si choqués qu’ils pourraient en faire un infarctus. Le chef d’Aerugo initia la danse, prenant naturellement la direction du pas, comme cela revenait aux hommes. Elle suivit sans y penser, ayant dû supporter des cours de danse toute sa jeunesse et n’ayant rien oublié.

– Vous êtes une merveilleuse cavalière, dit-il en tournant avec elle, dans un rythme plus soutenu, alors que d'autres couples venaient peu à peu sur la piste, après de longues minutes à simplement les observer. Cette soirée débute de bien belle façon.

Qu’il parle pour lui ! Elle ne prit même pas la peine de répondre, les dents assez serrés, en continuant la danse avec lui, à mesure que d’autres couples venaient les rejoindre sur la piste. Elle sentait encore les regards pesés sur eux, priant pour que tout cela termine le plus vite possible, elle n’était pas venue ici pour danser avec ce prince qui redeviendra un ennemi dans quelques mois, tout au plus, il était inutile et ennuyeux d’en faire autant. Maudit soit Bradley, qui avait « invité » une grande partie des officiers généraux et hauts officiers. Il n’avait pas été question de refuser, mais soit, elle repartait à Briggs dès le lendemain, avec ses hommes. La valse lui parut affreusement longue et interminable, mais cessa enfin, sous les applaudissements de la foule pour l’orchestre. Ce n’était pas trop tôt. Elle allait filer en plantant son cavalier là lorsqu’il lui attrapa la main pour y déposer un autre baisemain appuyé, lui souriant. Il ne pourrait pas aller faire son petit numéro de charme à une autre femme ? Il y en avait des tas ici qui en seraient ravies. Olivier estimait avoir déjà assez donné de sa personne pour les bonnes relations diplomatiques entre Aerugo et Amestris, sans oublier qu’il devait rester un bon nombre d’officiers que son cavalier du moment n’avait pas encore pu saluer.

– Je vous remercie. Désirez-vous un verre ou continuons-nous à danser ?

Certainement pas. Elle retint une bonne insulte en voyant que beaucoup de généraux de Central les fixait toujours, consciente d’évoluer dans un véritable nid de serpents. Pas de vague pour ce soir, ce n’était pas le bon lieu et ce ne serait pas prudent.

– Je n'aime guère danser... Ce n'est pas mon domaine.

– Allons ! rit-il en lui prenant le bras pour la conduire près des longues tables du buffet. Vous dansez à merveille, bien au contraire. Je comprends que certains ne vous voient que comme une militaire, mais moi-même, je vous vois comme une femme.

Trop aimable… Elle dû bien le suivre, déversant mentalement un torrent d’insultes à son égard, tant elle trouvait la situation pénible. Cela ne la dérangeait absolument pas qu’on ne la voit pas comme une femme, il n’avait pas à s’en soucier. Elle prit la coupe de champagne qu’il lui tendit, le remerciant du bout des lèvres. Ce prince la fatiguait terriblement, il ne voulait pas la lâcher alors qu’elle ne devait pas être d’une compagnie si agréable. Gare à lui, s’il approchait de trop près, prince ou pas, elle lui décollera la tête en lui filant une bonne vieille droite des familles.

– Puisque nos deux pays sont en passe de signer la paix, des relations plus amicales entre nos peuples s'imposent, reprit-il d'un ton courtois et déterminé. Je découvre Amestris et j'aimerai faire découvrir Aerugo, afin de renforcer cette nouvelle alliance, la fin d'une trop longue guerre. Aimeriez-vous que je vous fasse visiter mon pays ?

– Pas le moins du monde, répliqua-t-il d’un ton glacial. Vous ferez mieux de courtiser une autre femme si vous espérez trouver une épouse, je ne suis pas celle qu’il vous faut. Bonne soirée à vous.

Elle lui rendit la coupe de champagne puis le quitta aussitôt, avant qu’il n’essaye encore de la retenir, retournant vers ses subordonnés. Enfin un peu d’air ! Contournant la piste de danse et les couples qui y évoluaient, elle vit Miles et Buccaneer à l’autre bout de la salle, s’autorisant enfin un long soupir. Peu importe à quoi avait pu rêver ce petit prince durant un moment mais il ne devrait pas autant se faire de faux espoirs. Rejoignant ses subordonnés, elle leur demanda si tout s’était bien passé de leur côté, s’ils avaient remarqué quelque chose de bizarre pour le moment. Miles secoua doucement la tête, murmurant qu’il n’y avait rien à signaler. Observant les alentours, Olivier put voir que le Prince dansait à présent avec madame Bradley, avec un air très courtois. La musique semblait résonner plus fortement, bien plus de gens allaient sur la piste pour une danse ou deux. Elle était prêt à s’asseoir quand le Président arriva près d’elle, lui arrachant une grimace, tandis qu’elle le saluait tout de même formellement. Il lui tendit le bras, l’invitant à danser d’un ton poli, en ajoutant qu’ils avaient une occasion de parler. Olivier fit discrètement un signe à Buccaneer pour qu’il ne réagisse pas. Elle n’était pas désarmée, après tout. Suivant le Président, elle resta extrêmement tendue, sur ses gardes, prête à réagir au premier geste suspect. Les rumeurs avaient encore enflé, bien entendu, c’était détestable.

– Que cherchez-vous à faire, en attaquant Briggs ? murmura-t-elle au bout d’un court moment. Curieuse façon de gouverner un pays en s’en prenant à ceux qui le protègent. Si vous espérez nous intimider, il faudra vous y prendre autrement.


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MessageSujet: Re: Grand bal d'accueil   Mar 1 Déc 2015 - 22:17

Son épouse semblait s'amuser follement, ce genre de soirées n'arrivaient guère souvent et elle avait toujours adoré danser. Il venait juste de la laisser à d'autres cavaliers, après l'avoir longuement honoré de plusieurs valses, afin qu'elle puisse continuer, même sans lui. Il la voyait rire en dansant et en valsant, enjouée, souriante, détendue. Il l'observa ainsi un long moment, après avoir vu Mustang et sa copine filer de la soirée pour rentrer chez eux. Il y avait de grandes chances pour que Scar morde à l'hameçon, il ne résistera pas à l'envie en voyant quatre alchimistes d'état ainsi réunis, il attaquera, et ainsi, ils pourront le tuer. Une fois Madless libres, il devra rester en sécurité au sein de North City ou à Briggs, peu importe, il n'était plus question de le perdre de vue. Cet inconscient n'avait respecté aucune des règles de sécurité établies, peu étonnant qu'il se soit fait avoir si facilement, il était incapable de réfléchir... Envy s'en était longuement plaint, en disant que c'était vraiment navrant de devoir surveiller des humains pareils qui ne savaient même pas faire attention à eux, que lui n'avait pas envie de perdre du temps à jouer les nounous. Il faudra bien qu'il le fasse, pourtant, sous une apparence ou sous une autre, car certaines personnes ne pouvaient pas être laissées seules plus de cinq minutes sans être mises en danger.

La générale quitta le prince, revenant vers ses subordonnés. Il la suivit du regard, sourcils froncés. Qu'avait-elle appris, exactement ? Cette femme ne pouvait plus être laissée sans surveillance, elle non plus. La plupart des généraux impliqués dans leur vaste plan considéraient qu'il suffisait de la "laisser pourrir à Briggs dans un coin" et ne de ne s'en préoccuper mais Bradley n'était pas homme à sous-estimer ses adversaires, préférant connaître très précisément les points forts et les points faibles de chacun. Cette femme pourra devenir un atout dans leur jeu, si elle réalisait enfin certaines choses ou si elle cédait à l'appât du gain. Dans tous les cas, elle devait être contrôlée. Briggs et l'éternel problème que cette forteresse posait. Fermant les yeux un instant, il retint un soupir, listant mentalement tous les soldats et civils de ce pays qui lui causaient soucis et voyant ceux dont il pouvait s'occuper immédiatement. Pour le gamin blond, il était dans l'armée et comptait visiblement le rester, donc pas de soucis à se faire, il était sous contrôle. Son frère, on attendait toujours de savoir s'il avait vu ou non la Vérité. Madless devait être retrouvé. Marcoh et Mustang avaient tous les deux été renvoyés à la niche d'un coup de pied. La générale devait encore être enchaînée solidement. Bien, bien, bien...

S'approchant de la générale, sans se départir de son air impassible, voyant du coin de l'œil que Raven et quelques autres les observaient, chacun accompagné de son épouse. Il tendit son bras à la générale, l'invitant à le suivre pour danser mais aussi pour échanger quelques mots. Il restait courtois mais son ton sous-entendait l'évidence, ceci n'était pas une véritable invitation mais bien un ordre. Elle n'osera faire de véritable esclandre au milieu de cette foule, bien qu'il doute qu'elle ose lever la voix face à lui, seule dans un bureau. La conduisant sur la piste, il la prit par une main puis par la taille, engageant une danse assez lente, suivant le rythme donné par l'orchestre.

– Que cherchez-vous à faire, en attaquant Briggs ? murmura-t-elle au bout d’un court moment. Curieuse façon de gouverner un pays en s’en prenant à ceux qui le protègent. Si vous espérez nous intimider, il faudra vous y prendre autrement.

– Prenez garde, générale, m'accuser ainsi de m'en prendre à une des divisions d'Amestris est un acte de trahison. Un bon défenseur ferait passer cela pour de la simple insubordination mais je doute que vous en ayez un.

Elle lui jeta un regard noir, ce qui lui arracha un rire amusé alors qu'il resserrait sa poigne sur elle, la rapprochant un peu pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas le contrôle de la situation, ici. Bradley savait bien qu'elle ne craignait pas de passer en Cour Martiale, pas plus que ses hommes, ils avaient assez de volonté pour ne pas être effrayés par ces jugements, surtout lorsqu'ils étaient convaincu de servir une cause juste. C'était admirable, en un sens, les humains avec une volonté de fer étaient les plus utiles pour servir leurs plans, Père racontait souvent que c'était ceux-là qu'il fallait dénicher et embrigader, qu'ils servent de sacrifices ou simplement d'armes. Des humains restant dans ce pays et continuant d'agir, même en sachant certaines horreurs ou en étaient conscients de jouer avec leurs vies.

– Vous avez fait des recherches sur les homonculus, reprit-il. Vous savez qu'ils existent. Vous savez qu'il y a de nombreuses chimères, dans ce pays. Que savez-vous de leur utilité ?

– La même chose, Président. Accusez-moi de haute trahison, cela ne m'empêchera pas de croire que vous utilisez vos joujoux pour affaiblir les défenses de votre propre pays.

– Vous ne comprenez pas pourquoi, murmura-t-il. Vous ne voyez pas notre but final. Amestris est aux portes d'une nouvelle ère. Nous pouvons apporter de nombreuses modifications et renforcer ce pays, à condition de détruire certaines choses et assainir l'existant. En modifiant ces terres... Le général Raven vous en avait pourtant déjà touché quelques mots, je me trompe ? Il serait plus simple pour vous de marcher avec le progrès plutôt que le combattre. Briggs ne devient un souci que lorsqu'il s'oppose à certaines choses.

Il ajouta que la forteresse, et la région Nord de façon globale, avaient déjà donné preuve de trop d'enclavement, d'autonomie, de refus de l'autorité de Central sur tout le pays. Soldats voulant quitter l'armée plutôt que d'être mutés, généraux s'opposant par tous les moyens possibles à la force de central dans la gestion de la région ainsi qu'à l'envoi de troupes pour régler les conflits, trop forte indépendance de la forteresse de Briggs qui brisait de trop nombreuses fois les règles, qui défiait l'autorité de la capitale, un nid rempli de soldats dont la majorité pourrait finir en Cour Martiale puis au cimetière. Le Président exposa tout cela avec un très grand calme, sans cesser de danser, d'une voix basse et assez grave. Il ajouta ensuite que si le fort de Briggs persistait dans cette voie, Central ne saura tolérer plus longtemps un tel manque aux règles, et ce malgré tous les avertissements déjà lancés. Les différents généraux qui se succédaient au Nord, qui y travaillaient des années, avaient trop de fois défié toutes les lois, c'était inadmissible.

– Vous êtes prêt à déclencher une guerre de front contre Briggs, dit-elle d'un ton sombre. Sans plus vous contenter d'attaques plus sournoises.

– Il suffirait de changement mineurs pour éviter cela, générale Armstrong.

Il resserra avec brutalité sa prise sur elle en sentant qu'elle voulait se dégager, croisant son regard très bleu empli de colère et de dégoût. Tout comme lui, elle était parfaitement consciente du rapport de force. A Briggs, ils avaient l'avantage du terrain. Mais Central pouvait couper tous les chemins de ravitaillement et leurs communication, tenir un siège assez longtemps pour les obliger à se rendre avant de tous mourir un par un. Et le fort ne pourra pas tenir en devant se défendre à la fois contre Drachma et contre les troupes de Central, ils n'étaient pas assez nombreux. Quel dommage de devoir en arriver là, elle aurait dû réaliser certaines choses bien plus tôt, cela lui aurait éviter quelques ennuis supplémentaires.

– Je me contenterai du sang de Drachma, reprit-il. Lors des attaques, cessez de les frapper à distance, laissez-les approcher avant de les écraser. Plus aucun survivant ne doit fuir le champ de bataille. Et tâchez de faire des prisonniers.

Cessant de danser, il la reprit par le bras pour l'écarter de la piste de danse, agissant en apparence avec une parfaite galanterie, s'arrêtant à l'écart de la foule en se tournant vers elle, dos aux danseurs et convives, l'attrapant par le poignet en le serrant avec force. Son regard était aussi dur que le sien, il était tout aussi déterminé qu'elle. La tenant à hauteur du torse, il remarqua avec une point d'amusement qu'elle avait dissimulé un poignard sous la manche de sa robe. On est soldat ou on ne l'est pas.

– Ne souhaitez-vous toujours pas collaborer ? glissa-t-il dans un murmure. Vos capacités seraient utiles, pour notre groupe. Avec cela, si vous voulez disposer de plus de moyens pour protéger ce pays et les hommes que vous commandez, vous avez tout intérêt à accepter. Qu'en dites-vous ?


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MessageSujet: Re: Grand bal d'accueil   Jeu 3 Déc 2015 - 21:13

– Prenez garde, générale, m'accuser ainsi de m'en prendre à une des divisions d'Amestris est un acte de trahison. Un bon défenseur ferait passer cela pour de la simple insubordination mais je doute que vous en ayez un.

Un bon défenseur ne suffirait pas, exact, mais ce n’était pas de ça dont elle avait besoin. La seule chose utile pour le moment était de lui faire comprendre que personne ne comptait se rendre sans comprendre, que personne n’allait lui céder et jeter ainsi ce pas à la mort sans rien faire pour l’en empêcher. Elle ne craignait pas d’être envoyée au tribunal pour trahison, d’autres savaient les complots qui se tramaient dans ce pays, d’autres continueront à se battre, qu’elle soit en vie ou morte. Elle lui jeta un regard noir lorsqu’il resserra sa prise, serrant sa main et la rapprochant de lui. En effet, il suffirait d’une parole pour qu’on vienne l’arrêter, qu’attendait-il, si elle l’agaçait autant ? Il pourrait la faire assassiner ou exécuter dès qu’il el souhaitait, il n’y avait aucune raison logique pour la garder en vie. Autour deux, les différents couples continuaient danser, affichant des airs enjoués, sans même réaliser qu’un nouveau massacre leur pendant au nez. Enfin, peu importe. Même si l’état-major de central voulait la mort des civils, ce n’était pas le cas de Briggs. Un véritable soldat s’engage pour donner sa vie afin de protéger celles des personnes ne pouvant pas se battre.

– Vous avez fait des recherches sur les homonculus, reprit-il. Vous savez qu'ils existent. Vous savez qu'il y a de nombreuses chimères, dans ce pays. Que savez-vous de leur utilité ?

Raven avait dû le mettre au courant, il devait être l’un des généraux de central impliqués dans les petites affaires du Président. Elle aimerait le renvoyer balader vertement mais ne pouvait crier ici, surtout contre lui. Ce n’était pas ainsi qu’il fallait agir, alors du calme, de la patience. Son but premier était de trouver un moyen de renverser Bradley et aussi ceux qui le suivaient, avant que les massacres n’empirent, avant qu’ils ne se servent de tous les habitants de ce pays pour créer la plus puissante des pierres philosophales. Olivier était convaincue que leur but était ici, sinon pourquoi accumuler les massacres de civils, comme à Ishbal ? Ils noyaient la terre de sang, collectaient, elle ne savait comment, les vies prises dans ces combats, puis les gardaient pour en faire une pierre très puissante. Ce type était infect. Comment retourner la situation, découvrir enfin tous les projets de cette ordure et l’empêcher d’y parvenir ?

– La même chose, Président. Accusez-moi de haute trahison, cela ne m'empêchera pas de croire que vous utilisez vos joujoux pour affaiblir les défenses de votre propre pays.

– Vous ne comprenez pas pourquoi, murmura-t-il. Vous ne voyez pas notre but final. Amestris est aux portes d'une nouvelle ère. Nous pouvons apporter de nombreuses modifications et renforcer ce pays, à condition de détruire certaines choses et assainir l'existant. En modifiant ces terres... Le général Raven vous en avait pourtant déjà touché quelques mots, je me trompe ? Il serait plus simple pour vous de marcher avec le progrès plutôt que le combattre. Briggs ne devient un souci que lorsqu'il s'oppose à certaines choses.

La générale sourcilla un peu, manquant un pas, e lui jetant un regard. Que voulait-il vraiment, si ce n’était pas créer la pierre ? Elle allait répliquer lorsqu’il reprit la parole, énonçant d’un ton très calme que le Nord et Briggs étaient trop enclavés et autonomes, trop indépendants, ayant trop souvent bafoué toutes les règles. Olivier se crispa un peu en l’écoutant rabaisser le fort, les considérant comme des moins-que-rien incapables d’obéir aux ordres et refusant l’autorité de la capitale depuis toujours. Elle était fière de cette mentalité, fière que le Nord se soit toujours défi de la capitale, fière qu’ils aient su conserver leur indépendance ! Tous préféraient être traînés en prison et y être oubliés plutôt que de livrer ce pays à leurs ennemis ou à ‘envie de sang de la capitale, les civils n’étaient pas de simples bouts de viande dont on pouvait user à loisir pour des expériences. Elle croisa le regard de ses subordonnés qui les fixaient, secouant la tête doucement pour leur faire signe de ne pas intervenir lorsqu’ils firent leur code. Non, pas d’esclandre ici. Bradley avait bien cerné la mentalité du Nord, à présent, une région qui veillait à rester à l’écart depuis sa création.

Cependant, lorsqu’il ajouta d’une voix plus grave et basse que si le fort persistait dans cette voie, Central ne pourra plus rester inactif, elle manqua bien de sortir un de ses poignards pour tenter de lui mettre en plein cœur. Oserait-il en arriver là ? Comment espérait-il convaincre tous les généraux de le suivre ?! Les troupes de central ne pourraient comprendre un tel acte, partir ainsi attaquer le fort… Elle ne pensait pas qu’il oserait en arriver là. Dans un tel cas, les autres divisions la boucleraient et feraient profil bas, c’était certain. Trop peur de voir arriver ensuite Central chez eux pour les écraser à leur tour, d’autant plus que les alchimistes d’état n’auront pas d’autres choix que de soutenir Central, même face à leur propre division. Imaginez Mustang se retrouvant face à ses subordonnés et obligé de leur lancer ses flammes sur eux en pleine figure. Jetant un regard par-dessus l‘épaule de Bradley, elle regarda les différents officiers du fort venus ce soir, évaluant les forces et faiblesses de Briggs, comparant ensuite à Central. Ils pourront tenir assez longtemps mais ce n’est pas une guerre qu’ils pouvaient gagner.

– Vous êtes prêt à déclencher une guerre de front contre Briggs, dit-elle d'un ton sombre. Sans plus vous contenter d'attaques plus sournoises.

– Il suffirait de changements mineurs pour éviter cela, générale Armstrong.

Elle voulut reculer, s’en aller de là, avertir ses hommes, lorsqu’il tira sèchement sur sa main pour l’empêcher de se dégager, serrant sa taille. Dégoûtée et furieuse, elle en retint une insulte que parce que d’autres officiers étaient prêts d’eux, en ce moment. « Changements mineurs », hein… Elle sentait le piège se refermer sur elle et avait horreur de cela. Très bien, s’il voulait partir sur ce terrain… Elle ne comptait pas abandonner, s’il fallait faire profil bas pour le moment, ils ne cesseront pas pour autant de continuer à rechercher des informations. Ils ignoraient encore qui étaient exactement les généraux corrompus, le véritable but de Bradley, ce qu’il voulait faire de ce pays et pourquoi le pays tout entier devait à ce point être soumis aux massacres. Sans oublier à quoi pouvait servir Madless, dans toute cette affaire.

– Je me contenterai du sang de Drachma, reprit-il. Lors des attaques, cessez de les frapper à distance, laissez-les approcher avant de les écraser. Plus aucun survivant ne doit fuir le champ de bataille. Et tâchez de faire des prisonniers.

Tant que ce n’était que ça… Il n’était pas question de laisser entrer un seul de leurs ennemis, ils les abattront tous comme des chiens avant qu’ils ne traversent la frontière. Le Président pouvait demander un massacre plus proche de la frontière mais pas de la population civile. Il cessa tout à coup de danser et la prit par le bras, l’obligeant à suivre, à l’écart de la piste de danse. Une fois encore, elle avertit d’un regard ses subordonnés de ne pas bouger, tout allait bien. Si le Président était déjà prêt à attaquer le fort dans une guerre ouverte, il était inutile d’en rajouter ! Il se retourna face à elle, lui prenant et serrant le poignet dans sa main. Elle garda son air de défi, bien décidée à ne pas se laisser intimider été encore moins se laisser faire. Mieux valait déclencher une guerre au sein même d’Amestris, entre les troupes de Central et Briggs, que de livrer les civils en pâture ainsi. Il pouvait la faire arrêter ou tuer, elle ne livrera la sécurité de la région ni à Central ni à Drachma, quoi qu’il advienne.

– Ne souhaitez-vous toujours pas collaborer ? glissa-t-il dans un murmure. Vos capacités seraient utiles, pour notre groupe. Avec cela, si vous voulez disposer de plus de moyens pour protéger ce pays et les hommes que vous commandez, vous avez tout intérêt à accepter. Qu'en dites-vous ?

Olivier se mordit les lèvres, réfléchissant à toute vitesse. Ils devaient en apprendre plus et si, en apparence, elle acceptait de plier et de jouer avec leurs règles, elle avait une chance d’infiltrer le groupe, en apprendre plus, et donc travailler à un moyen de les contrecarrer. Se jeter tout droit dans la gueule du loup était peut-être leur dernière chance de se tirer de cette impasse.

– Ai-je encore le choix ? répondit-elle en un ton contrôlé, toujours furieuse mais montrant qu’elle commençait à « réfléchir », comme il le voulait. Si vous êtes prêt à attaquer Briggs de front… Mon devoir est de tenir cette forteresse, la garder forte.

Elle tira sèchement son bras pour qu’il la lâche, rabattant un peu la manche de sa robe pour dissimuler le poignard, qui s’était un peu dévoilé. Elle fit de son mieux pour ne pas laisser paraître à quel point elle mourrait d’envie de son servir pour le lui planter dans l’œil, bien qu’il doive le ressentir sans aucun problème.

– Pourrons-nous parler plus tard de vos conditions ? siffla-t-elle, un peu plus pâle. Votre femme semble vous chercher, il ne faudrait pas que d’autres commencent à douter de votre intégrité, n’est-ce pas ?

Nul doute qu’il ne comptait guère en rester là, si elle montrait des signes indiquant qu’elle était prête pour rejoindre leur fameux groupe. Rejoignant ses subordonnés, elle leur expliqua tout ce qui venait de se dire, les bras croisés, sans plus se préoccuper de l’image qu’ils renvoyaient au reste de l’assemblée, qu’importe si on les prenait encore pour un groupe d’associables. A présent, ils devaient se concentrer sur la contre-attaque. Ne pouvant rester ici dans cette atmosphère plus longtemps, elle dit à Miles et Buccaneer qu’elle rentrait à l’hôtel, amorçant un pas lorsque Miles vint se placer à côté d’elle, répliquant qu’on ne la laissait pas seule, même pour rentrer simplement l’hôtel, qu’il devait la protéger. Elle leva les yeux au ciel, passant une main devant ses yeux un bref instant.

– Miles…

– Sauf votre respect, madame, vous ne devez pas rester seule tant que la menace pèsera autant sur vous.

Olivier poussa un léger soupir mais ne répondit pas, se contentant d’hausser les épaules. Ils quittèrent la salle tous les deux, sortant en silence pour retourner à l’hôtel. Il faisait nuit noire et un vent frais les accueillit à la sortie de l’immeuble. Miles lui proposa sa veste pour lui couvrir les épaules mais elle refusa d’un geste, étant habituée au froid. Les rues étaient encore très animées, beaucoup de personnes, la plupart en tenues de fête, déambulant dans les rues, investissant les bars et autres lieux de fête, la plupart déjà bien imbibés d’alcool. Rentrant à l’hôtel, elle eut un petit soupir de soulagement, grimpant les escaliers en enlevant d’un petit geste sec ce qui retenait ses cheveux, les laissant flotter librement dans son dos.

– Bradley est vraiment manipulateur, grinça-t-elle en refermant la porte de la chambre derrière eux. Tu veux quelque chose à boire ? On peut finir cette soirée ici.

Elle lui dit de se servir, prenant d’abord le temps de se débarrasser de sa robe, la laissant tomber sur une chaise dans un coin de la chambre puis délaçant son corset, le jetant lui aussi dans un coin. Voilà qui était beaucoup mieux, elle pouvait respirer plus librement. Enfilant une chemise vite fait, restant avec la robe en dentelle légère qui faisait office de sous-vêtement, elle revint vers son subordonné, qui affichait une tête bizarre, les yeux rivés sur la bouteille et les deux verres qu’il avait sorti du petit bar. Bouteille qu’elle prit pour remplir les verres, d’un alcool mordoré qui sentait assez fort. Du rhum. Elle s’assit sur la causeuse à côté de lui, croisant les jambes, un bras sur l’accoudoir, appuyée contre le dossier de la causeuse. Pas mauvais, leur rhum, cet hôtel faisait de bonnes choses. Elle but entièrement son verre assez vite avant de se resservir, lâchant un petit soupir. Ils étaient quand même mieux ici, loin de la « bonne société » et de ses règles étouffantes, loin de Bradley, loin des menaces, loin de tout le monde. Miles posa tout à coup une main sur son épaule et elle lui jeta un regard interrogateur, voyant ses joues rouges et ses yeux brillants.

– Qu’est-ce qu’il y a ?

– Heu, je… Je vous…

Je vous quoi ? Elle haussa un sourcil, attendant la suite, en buvant une gorgée, remarquant qu’il avait posé son propre verre. Je vous quoi ? S’il voulait dire un truc, qu’il le fasse, elle n’allait pas le mordre. Il rougi tout à coup encore plus et elle cru vraiment qu’il était tombé malade. Levant une main, elle la posa sur son front, pour vérifier s’il avait de la fièvre, pinçant les lèvres. Tout semblait normal, pourtant. Elle la retirait lorsqu’il l’attrapa tout à coup, la gardant dans les siennes. Elle reposa son verre à son tour, sans plus le comprendre.

– Tu as trop bu, soupira-t-elle.

– Je n’ai pas bu du tout, répliqua-t-il d’une voix enrouée. Je vous… aime.

Eberluée, elle le fixa, oubliant de récupérer sa main, essayant de voir s’il était sérieux ou s’il se payait sa tête. Il… Elle le dévisagea, d’abord perplexe, puis perdue. Pourquoi lui disait-il ça maintenant ? Il avait une expression plus sereine, à présent, apaisée, comme s’il se remettait d’une longue maladie et venait de se lever après des jours passés au lit. Olivier ne savait pas quoi lui répondre, à vrai dire. La dernière fois qu’elle avait entendu ça, elle avait dix-neuf, face à un camarade de promotion, affaire qui s’était classée sans suite. Puis une seconde fois, à vingt-cinq ans, une relation qui avait durée un peu plus longtemps, la séparation ayant eu lieu au bout de quelques mois car elle n’avait pas voulu se marier et quitter l’armée.

– Comment peux-tu en être sûr ? finit-elle par lui demander.

– Je le ressens. Et j’espère. Vous ne m’avez pas encore frappé ni jeté dehors, après tout.

Récupérant sa main, Olivier se leva avec un petit soupir, marchant un peu sur le tapis de la chambre d’hôtel. Miles qui l’aimait, elle, voilà bien une chose qu’elle ne s’était pas du tout attendue à entendre ce soir. Il se leva à son tour puis posa les mains sur ses épaules, avec une extrême prudence. Enfin, elle n’allait pas le frapper, il était son subordonné ! Avec ça, elle était assez proche de lui, depuis qu’ils travaillaient ensemble, il n’avait pas à la craindre autant. Mais non, il avait vraiment peur qu’elle l’envoie au tapis, vu son expression. Levant les yeux au ciel, elle croisa les bras, réfléchissant à la situation. Donc il l’aimait et ne trouvait rien de mieux que de lui annoncer ça ce soir, comme ça, de but en blanc, la prenant complètement au dépourvu.

– Je ne pensais que quelqu’un sur cette terre pouvait m’aimer, en fait, ajouta-t-elle d’un ton perplexe. Pour ce que je suis vraiment.

– Parce que personne ne pouvait vraiment vous connaître. Moi si, j’ai vu ce que vous étiez lorsque vous avez sauvé ma vie, lors de la guerre d’Ishbal. Je n’avais pas réalisé véritablement, jusqu’ici, ce que je ressentais, au fond. Je vous aime.

Olivier ne savait toujours pas quoi lui dire, ne s’étant absolument jamais demandé si elle pouvait séduire qui que ce soit, en tant que femme, encore moins un de ses coéquipiers. Et voilà que Miles lui annonçait qu’il l’aimait, la situation était très étrange. Elle se retourna vers lui, pour voir l’air qu’il affichait, son regard. Il était vraiment sérieux. Mais que devait-elle dire ? Il se pencha tout à coup pour l’embrasser sur le front, rapidement, reculant ensuite d’un pas, comme s’il s‘attendait à se faire frapper. Elle porta une main à son visage, souriant légèrement en le voyant rougir.

– Tu as peur que je te frappe ou je rêve ?

– J’ai peur d’être rejeté. Ou de… Je ne sais pas, je vais doucement.

Ça ne l’aidait toujours pas à trouver comment réagir, il avait réussi à la perdre pour de bon. Il se rapprocha à nouveau, posant les deux mains sur sa taille puis penchant la tête pour l’embrasser à pleine bouche. Elle écarquilla les yeux, prise de court, posant ses mains sur ses épaules pour se tenir, ayant d’un coup un plus chaud. Il embrassait bien, elle devait l’avouer, même si elle ignorait ce qu’elle ressentait vraiment pour lui, n’y ayant jamais réfléchi. Il passa un bras autour d’elle, glissant son autre main sur son ventre, puis dans le bas du dos, la faisant devenir cramoisie en moins d’une minute. Son corps réagissait malgré elle, plus personne ne l’avait touché ainsi depuis des années. Elle ferma les yeux, lui rendant enfin son baiser, son souffle s’accélérant un peu. Il écarta un peu la tête au bout d’un moment, après avoir jeté ses lunettes plus loin, la dévorant du regard, puis lui avoua qu’il avait été particulièrement jaloux du prince, lors de la soirée, ayant souffert de ne pas pouvoir lui coller une droite, sur le moment. Olivier eut un petit sourire, qui se mua en une exclamation lorsqu’il l’allongea tout à coup sur le lit derrière elle, venant s’allonger au-dessus d’elle, sans lui peser, nichant ensuite son nez dans son cou. Il l’embrassa dans le cou, longuement, tout en ôtant les boutons de la chemise qu’elle portait pour en repousser les pans. Elle avait incroyablement chaud, à présent, se sentant malgré tout en confiance.

Il la fit se débarrasser de la chemise, la laissant glisser au sol, se mettant à califourchon au-dessus d’elle en baladant ses mains sur ton corps, sans cesser de l’embrasser dans le cou. Olivier avait l’impression que toutes ses réactions lui échappaient, ayant chaud comme si elle avait de la fièvre, fermant les yeux lorsqu’il l’embrassait. Ce n’était pas un ennemi, face à elle, elle ignorait comment réagir, ne sachant plus ce qu’elle ressentait, il la rendait folle. Il avait ôté sa veste, fourrant le nez dans sa poitrine. Olivier sentit son cœur battre un peu plus vite, les mains près de sa tête, les joues roses. Il vint glisser ses doigts dans les siens, allongé au-dessus d’elle, autant nerveux qu’elle.

– Je ne veux pas vous perdre, souffla-t-il tout à coup. Même si je dois combattre le Président lui-même. Vous avez déjà sauvé ma vie et je prendrai soin de la vôtre.

Olivier se redressa, libérant ses mains puis passa ses bras autour de lui, le poussant à son tour pour le faire basculer le dos à son tour, son visage à quelques centimètres du sien, touchée par ce qu’il venait de dire. Elle repoussa ses cheveux derrière son dos pour ne pas être gênée, posant son front contre le sien, les yeux fermés.

– Et si ce n’était que de la loyauté, que tu éprouvais ? lui demanda-t-elle en rouvrant les yeux. Qu’est-ce qui te fait croire qu’il y a aussi de l’amour ? Du désir ?

– J’ai une bonne preuve, là, tout de suite.

Elle rougit violemment lorsqu’il lui prit la main pour la poser sur son entre-jambes. Main qu’il glissa ensuite sur sa cuisse, sous le jupon léger, puis à un endroit nettement plus intime. Elle rougit encore plus, se laissant faire lorsqu’il l’allongea près de lui, passant un bras pour la rapprocher de lui, l’autre entre eux deux, sa main bien occupée. Elle s’accrocha à lui avec force, respirant plus vite, pendant qu’il la massait longuement avec ses doigts, par-dessus sa culotte. Il la rendait folle, véritablement, comment voulait-il qu’elle puisse garder les idées claires s’il la touchait comme ça. Un autre se serait déjà pris une beigne en s’approchant à moins de trente centimètres, mais pas lui. Elle gémit lorsqu’il passa sa main sous sa culotte, en même temps que lui, se retrouvant complètement sur le dos et Miles au-dessus d’elle, le tenant toujours enlacé. Lui aussi respirait plus fort et rapidement, tremblant un peu.

– Je vous aime.

– Tu vas me vouvoyer en faisant ça ? haleta-t-elle, les yeux fermés. Tu ne peux pas utiliser mon prénom ?


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MessageSujet: Re: Grand bal d'accueil   Ven 18 Déc 2015 - 17:54

Le Président comptait donc en arriver là… Miles ne pouvait dire qu’il était surpris, au contraire de ses collègues, il s’attendait à quelque chose de ce genre, sachant très bien de quoi ce monstre était capable. Le Nord ne pourrait remporter ce combat… Même s’ils avaient l’avantage du terrain, ils ne tiendraient pas un siège trop long, sans oublier que Drachma ne cessera pas ses attaques durant cette période. Comment se battre sur deux fronts en étant coupé de toutes leurs ressources ? Ils n’étaient pas assez nombreux ! Les autres régions feront profil bas, par peur de subir le même sort, ils seront détruits et le Nord et ses habitants deviendront la proie des forces de Drachma autant que de la cruauté d’Amestris et de ses dirigeants. Ils ne pouvaient livrer ainsi tous les civils à cette folie meurtrière… Ils devaient plier. Miles serra les poings, dans son dos, si raide qu’on aurait pu le croire malade. Il entendait les murmures sur « les barbares du Nord qui ne savaient pas comment se comporter en société ». Et bien qu’ils parlent ! Ils ignoraient tout, absolument tout. Central venait de se poser très clairement comme ennemi pour les asservir, la situation était très grave.

Et il y avait leur chef, que Bradley voulait intégrer à ce fameux « groupe », toujours dans l’optique de mieux contrôler Briggs. Bradley qui n’hésitait pas à massacrer sa propre population, Bradley qui écrasait aussi bien ses ennemis que ses alliés, Bradley qui était un véritable tyran, un monstre. Elle était prise au piège, à présent, dans un grand danger, vivant avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. En la voyant ainsi, au pied du mur, il ne pouvait s’empêcher de se revoir en prison, attendant d’être tué. Il e comptait pas laisser Bradley la mener à la mort, tous pouvaient encore contre-attaquer, ils n’avaient pas entièrement les mains liés. La générale lança tout à coup qu’elle rentrait à l’hôtel, commençant à partir alors que Miles s’avançait aussitôt. Pas question de la laisser seule alors qu’elle était en danger ! Il l’affirma d’une voix très claire, ajoutant qu’il l’accompagnait pour la protéger. Il savait très bien qu’elle était capable de se débrouiller seule, mais face à ce monstre aux tentacules noires, il lui fallait de l’aide, donc c’était sans conditions, il l’accompagnait, même si cela l’agaçait ou qu’il faisait preuve d’insubordination.

– Miles…

– Sauf votre respect, madame, vous ne devez pas rester seule tant que la menace pèsera autant sur vous.

Elle soupira mais ne répondit pas, haussant juste les épaules. Bien sûr que cela l’énervait qu’on veuille la protéger, enfin soit. Il la suivit au-dehors, descendant les longues marches, sans plus un regard pour la salle de bal. Au-dehors, les rues étaient encore très animées, Central était en fête pour la venue du prince. Voyant que la générale était bien moins couverte, il lui proposa sa veste, ayant lui-même bien assez chaud. Elle refusa d’un petit geste, poursuivant sa route. La voir ainsi était étrange… Il était habitué à la côtoyer au fort, en uniforme, forte et indépendante. Et il… C’était un peu troublant, en fait. Il aimait surtout lorsqu’il la voyait au sommet du fort, assise sur le parapet au soleil, regardant le vide et les montagnes, elle était très détendue dans ces moments. Miles refusait que Bradley puisse détruire tout cela, détruire le fort, leur refuge, détruire leur chef. Il tenait à elle depuis qu’il l’avait rencontré et pas seulement parce qu’elle lui avait sauvé la vie mais aussi parce qu’elle était, pour eux tous, une figure de protection, de respect, de leader. N’était-ce que de la loyauté ? Il était furieux que le Président l’ait menacée, plus inquiet qu’il ne devrait l’être en réalité, car elle savait très bien se défendre tout comme mener des plans et des intrigues.

En rentrant à l’hôtel, retrouvant une ambiance plus sereine, Miles desserra enfin sa veste et enleva sa cravate, la fourrant dans la poche de son pantalon avec un petit soupir. Soupir qui fit écho à celui de la générale, qui enleva tout à coup d’un petit coup sec ce qui retenait ses cheveux, les laissant retomber en cascade dans son dos. Il eut un sourire en la voyant, grimpant les escaliers derrière elle. C’était peut-être idiot mais au moins, les cheveux détachés et libres, elle redevenait elle-même, libre comme le fort et leurs chères montagnes. Ils avancèrent dans le couloir du second étage, où se trouvait sa chambre. Plus personne ne traînait, tout le monde était dehors à profiter des festivités. Jeux, concours, festivals, bals… Une ville en fête qui était ignorante de ce qui se tramait vraiment entre ses murs gris. Le lieutenant avait toujours détesté être loin de Briggs, loin du Nord, il n’aimait pas l’atmosphère des autres villes, en particulier Central.

– Bradley est vraiment manipulateur, grinça-t-elle en refermant la porte de la chambre derrière eux. Tu veux quelque chose à boire ? On peut finir cette soirée ici.

Manipulateur, oui… Il hocha la tête, se dirigeant vers le bar. Prenant deux verres et une bouteille, il tourna la tête pour poser une question à sa chef mais les mots restèrent brutalement coincés dans sa gorge, sa bouche s’asséchant d’un seul coup alors qu’il la vit se débarrasser de sa robe, puis de son corset, restant dans une robe en dentelle très légère qui ne cachait presque rien. Il tourna aussitôt la tête vers les verres, pendant qu’elle enfilait une chemise par-dessus la robe qui faisait office de sous-vêtement. Gloups. Il se sentit horriblement gêné, le cœur battant à tout rompre, servant deux verres en veillant surtout, surtout, surtout à ne pas la dévisager ni la reluquer de trop près. On se caaaalme ! Lui tendant n verre, il s’assit à son tour, ne pouvant s’empêcher de jeter un regard discret à ses jambes qu’elle avait croisé, ayant tout à coup une brusque envie de glisser la main dessus. Hum, du calme, on se calme. Il ne toucha pas à son verre, laissant passer un petit silence. Il devait lui parler mais… Comment devait-il… Rah, c’était lamentable ! Il vivait depuis des années dans l’endroit le plus dangereux du pays et il n’était même pas capable de parler à la générale. A… Elle était une femme, et… Et c’était débile, il ne pouvait pas rester comme ça des années encore. Se redressant, il posa une main sur son épaule en tremblant, reposant son verre à côté, les joues rouges. Même si elle le renvoyait balader, il devait lui dire.

– Qu’est-ce qu’il y a ?

– Heu, je… Je vous…

La suite ne parvint pas à sortir et il se sentit encore plus ridicule, n’en rougissant que plus. Bravo le soldat ! Elle leva tout à coup une main pour la poser sur son front, avec air perplexe, comme si elle le croyait malade. Se secouant un bon coup, le lieutenant retint cette main avant qu’elle ne la retire, la gardant dans les siennes en rassemblant tout son courage. Il devait lui parler et maintenant, il n’osera plus jamais le faire sinon.

– Tu as trop bu, soupira-t-elle.

– Je n’ai pas bu du tout, répliqua-t-il d’une voix enrouée. Je vous… aime.

Son cœur cessa de battre un bref instant avant de repartir dans une samba endiablée, lui donnant un léger tournis. Il l’avait dit ! Il l’avait dit, il l’avait dit, il l’avait enfin dit, et elle pouvait le jeter dehors à n’importe quel moment, maintenant, ça allait être douloureux. Il était prêt à se retirer tout de suite, si elle le lui ordonnait, il l’avait dit, elle… Voulait-elle qu’il parte tout de suite ? Elle semblait perdue… Miles ne rajouta rien sur le moment, essayant de ne pas paraître trop ahuri u sous le choc, même si son corps réclamait une pause à grands cris. Un silence s’installa, que ni l’un ni l’autre ne put rompre. Il la dévisageait longuement, à présent, plongeant dans ses yeux très bleus qu’il avait toujours connu froids et acérés. Un regard qui l’avait figé sur place, de respecte et de crainte, la première fois qu’il l’avait croisé.

– Comment peux-tu en être sûr ? finit-elle par lui demander.

– Je le ressens. Et j’espère. Vous ne m’avez pas encore frappé ni jeté dehors, après tout.

Elle se leva, sans rien répondre, marchant un peu dans la pièce. Miles hésita puis se leva à son tour, la rejoignant et posant avec une extrême prudence les mains sur ses épaules, s’attendant à se faire frapper au visage ou au ventre et être rejeté plus loin. Il se crispa d’autant plus lorsqu’elle leva les yeux au ciel, ne voulant surtout pas se faire repousser et ignorant comment s’y prendre. Il improvisait totalement, dans cette situation, craignant de la blesser, de perdre sa confiance, son respect, ce serait la pire chose qui pourrait lui arriver ! Même si elle ne ressentait rien d’autre pour lui que de l’amitié ou de la confiance, il devait tout lui avouer. Une fois fait, et si elle ne voulait pas de lui, il pourra poursuivre son chemin, le cœur libéré. Il oubliera cette histoire, continuera son existence comme si de rien n’était, puis le jour viendra où ces sentiments feront place à d’autres, pour une autre femme qui aura su le toucher.

– Je ne pensais que quelqu’un sur cette terre pouvait m’aimer, en fait, ajouta-t-elle d’un ton perplexe. Pour ce que je suis vraiment.

– Parce que personne ne pouvait vraiment vous connaître. Moi si, j’ai vu ce que vous étiez lorsque vous avez sauvé ma vie, lors de la guerre d’Ishbal. Je n’avais pas réalisé véritablement, jusqu’ici, ce que je ressentais, au fond. Je vous aime.

Il devait savoir si elle ressentait aussi quelque chose. Peut-être, comme lui, n’y avait-elle jamais réfléchi jusqu’ici. Peut-être ne s’était-elle-même jamais demandé si elle pouvait aimer ou être aimée, en tant que femme. Elle se retourna vers lui, son cœur bondissant avec encore plus de force. Se penchant, il déposa un très rapide baiser sur son front, reculant aussitôt en se préparant à recevoir une droite ou un coup de pied dans l’estomac. Il se tassa un peu lorsqu’elle porta une main à son visage, tremblant comme une feuille. Désolé, il ne voulait pas la blesser ou…

– Tu as peur que je te frappe ou je rêve ?

– J’ai peur d’être rejeté. Ou de… Je ne sais pas, je vais doucement.

Miles voyait bien qu’elle était perdue. Donc non, elle n’avait jamais réfléchi à ça… Se rapprochant, il posa doucement les mains sur sa taille puis déposa ses lèvres sur les siennes, fermant les yeux en l’embrassant, avec l’impression de fondre en un seul instant. Il approfondit le baiser sans même s’en rendre compte lorsqu’elle posa ses mains sur ses épaules pour se retenir, passant un bras autour d’elle pour la rapprocher de lui, glissant sa main sur son ventre, son dos, profondément heureux de la tenir ainsi, sans qu’elle ne le repousse. Elle lui rendit alors son baiser et la joie enflamma son corps et son cœur. Donc elle aussi tenait à lui, au fond, elle… Il sourit en écartant la tête, enlevant ses lunettes pour mieux la regarder, avouant qu’il avait été assez jaloux du prince lorsqu’il avait dansé avec elle. Il la dévorait du regard, brûlant d’envie d’aller plus loin, de l’embrasser jusqu’à en perdre le souffle ou l’esprit. D’être avec elle, au plus près, de voir ces joues déjà roses devenir écarlates, de l’aimer, d’être aimé en retour, relâcher ce qu’il gardait au fond de lui depuis des années sans le réaliser ou tout simplement l’accepter.

Miles la poussa tout à coup à s’allonger sur le lit derrière eux, lui arrachant une petite exclamation. Se mettant contre elle, il nicha le visage dans son cou, l’embrassant avec douceur, tout en ôtant un à un les boutons de la chemise qu’elle portait. La situation était comme irréelle, il la sentait trembler un peu, réagir alors qu’il enlevait la chemise, passant les mains sur son corps sans cesser de l’embrasser, à califourchon au-dessus d’elle. Elle ne bougeait que peu, les mains près de sa tête, son souffle ayant pris une certaine accélération. Mile se redressa un instant, enlevant sa veste et la laissant glisser au sol, revenant ensuite l’embrasser, glissant ses doigts dans les siens, les serrant avec fermeté. Il tremblait, lui aussi, hautement nerveux, la joie lui brouillant un peu les idées. Il l’avait enfin avoué, enfin réalisé, enfin… Il était tout aussi nerveux qu’elle, le souffle un peu court.

– Je ne veux pas vous perdre, souffla-t-il tout à coup. Même si je dois combattre le Président lui-même. Vous avez déjà sauvé ma vie et je prendrai soin de la vôtre.

Elle le poussa tout à coup, le prenant par surprise, se retrouvant sur le dos sans trop comprendre. Il rougit d’autant plus lorsqu’elle se pencha en lui souriant, remettant ses cheveux dans son dos, son visage si près du sien qu’il lui aurait suffit de tendre les lèvres pour l’embrasser. Miles brûlait littéralement, ayant un long frisson lorsqu’elle posa son front contre le sien, fermant les yeux. Il avait envie d’elle… C’était si basique, mais le corps a des besoins que l’esprit ne peut pas forcément combler. Il avait envie de cette relation, envie d’elle, envie d’éclaircir un peu cet avenir menacé planant au-dessus d’eux, envie d’être un protecteur pour elle comme elle l’était déjà pour lui.

– Et si ce n’était que de la loyauté, que tu éprouvais ? lui demanda-t-elle en rouvrant les yeux. Qu’est-ce qui te fait croire qu’il y a aussi de l’amour ? Du désir ?

– J’ai une bonne preuve, là, tout de suite.

Il lui prit la main pour la lui faire poser entre ses jambes, souriant en voyant son teint virer à l’écarlate. Ce sera suffisant, comme preuve ? Sinon, il pouvait lui montrer plus… Tendant la main, il toucha avec hésitation sa cuisse, frissonnant un peu, remontant avec une extrême lenteur pour la toucher en des lieux bien plus intimes et secrets. Se redressant, il l’allongea contre lui, l’entourant d’un bras pour la rapprocher, passant l’autre en eux deux pour reprendre ce qu’il avait commencé. Il entreprit de la masser, par-dessus le tissu fin de la culotte, respirant un peu plus fort. La générale s’était accrochée à lui, son souffle plus rauque aussi, il pouvait sentir son odeur, sentir son souffle contre sa nuque. Il avait incroyablement chaud et pas la moindre envie de s’arrêter, le désir enflammant tout son être. Il la fit allonger sur le dos, installé au-dessus d’elle, soulevant le tissu et passant ses doigts dessous, la faisant gémir. Il en tremblait toujours, son corps en réclamant davantage, sa raison en retrait pour laisser toute la place aux émotions qui le traversaient de part en part.

– Je vous aime.

– Tu vas me vouvoyer en faisant ça ? haleta-t-elle, les yeux fermés. Tu ne peux pas utiliser mon prénom ?

Son prénom… Il ne… C’était… Ce n’était pas à prendre à la légère, un prénom est un don très précieux, pour les Ishbals, un don que l’on vous offrait à votre naissance, qui faisait de vous une personne à part entière, qui vous donnait une identité, un don sacré. Lui-même n’avait encore jamais avoué le sien, il n’avait jamais pu. En étant désigné comme un paria, avec cette guerre affreuse, le massacre de son peuple, on avait piétiné cette part de lui, une part qu’il avait voulu protéger, préserver, la gardant au creux de son cœur. Ramenant les mains sur les bras et les épaules de sa chef, il se décida à murmurer son prénom, les joues très rouges, toujours perturbé que sa famille lui ait donné le prénom d’un homme. Il serait tellement plus agréable de l’appeler Olivia, ou par son second prénom, Mira. Elle lui demanda alors le sien et il déglutit un peu, soudain effrayé. Il… Il ne… Non, c’était… Dévoiler ça… Il aurait l’impression d’être complètement mis à nu… Et plus personne n’avait utilisé son prénom depuis ses parents, morts il y a des années, bien avant la guerre.

– Un prénom est très précieux, pour Ishbal, murmura-t-il. Il nous définit, c’est comme… La clé de notre âme. Plus personne n’a prononcé le mien depuis plus de dix ans, personne ne le connaît…

Il hésita longuement, les larmes aux yeux, puis se pencha et le lui murmura délicatement au creux de l’oreille. C’était la première fois qu’il le prononçait depuis des années, la première fois qu’il le confiait à quelqu’un. Elle se redressa puis se remit contre lui, alors qu’il était allongé sur le dos, fermant les yeux lorsqu’elle prit son visage en coupe et l’embrassa, essuyant les larmes qui avaient coulées du bout des doigts. Il referma les bras sur elle, se sentant très bizarre, d’avoir pu lui avouer cela.

– Pourquoi vos… Tes parents vous ont… pardon, t’ont appelé Olivier ? Vous… Tu es une femme.

– Ils attendaient un garçon, comme aîné de la famille, répondit-elle en haussant les épaules. Ils ont dû bien frustrés, à ma naissance.

Miles en resta bouche bée un moment. Enfin, c’était incroyable ! Ce n’est pas parce qu’on voulait avoir un garçon comme premier enfant qu’il fallait donner un prénom d’homme à une femme ! C’était inique. Il la serra contre lui, la poussant à poser sa tête contre son épaule, éberlué que sa famille ait pu faire cela. C’était honteux, il n’y avait pas d’autres mots. Il leva une main pour la passer dans ses longs cheveux blonds, massant ensuite sa nuque puis le haut du dos. Se redressant, il l’attrapa par la taille et la fit s’allonger sous lui, écartant d’un doigt les mèches qui lui retombaient sur le visage, si habitué à la voir en uniforme qu’il était toujours un peu perturbé de la voir dans cette tenue. Il l’embrassa de nouveau, avec une grande douceur, ses yeux d’un rouge soutenus fermés, frémissant. Une nouvelle barrière s’était brisé entre eux, il en était autant effrayé que soulagé, cela faisait si longtemps que personne n’avait pu approcher cette part de lui, contourner ce mur qu’il avait dressé autour de son âme afin de se protéger. Elle lui enleva tout à coup les boutons de sa chemise, le faisant à moitié sursauter. Il s’en débarrassa d’un geste, brûlant même torse nu, puis enleva son pantalon. L’enlaçant, ils se câlinèrent encore longtemps, mutuellement, avant que leurs derniers habits ne tombent au sol, avant qu’ils ne se laissent emportés dans un moment d’amour, une passion douce, avant qu’ils ne s’endorment finalement dans les bras l’un de l’autre, dans la chambre encore illuminée.

Il était encore très tôt, le lendemain, lorsqu’il ouvrit les yeux. Un peu perdu, il se redressa, regardant partout autour de lui avant de voir Olivier déjà debout et bien réveillée, occupée à enfiler son uniforme. Il répondit à son bonjour d’une voix ensommeillée, se levant avec la plus grande difficulté. Tout lui revenait en mémoire d’un seul coup, le bal, le Prince, Bradley et ses menaces, la soirée passée ensemble, ce qu’il lui avait avoué. Ce fut comme un électrochoc, qui le secoua en le réveillant tout à fait. Vu l’air de la générale, elle devait repenser à ce qu’avait dit Bradley. La soirée était bien loin, voilà le jour levé, les préoccupations de l’armée et Briggs revenaient en force. Il s’habilla à son tour, enfilant très vite la chemise de son uniforme puis la veste réglementaire, bien chaude, mettant ses lunettes noires sur son nez. A présent, il était temps de rentrer à Briggs, ce qui le soulageait considérablement. Les problèmes n’avaient fait qu’enfler, avec ce bal, mais ils tiendront, la partie n’était pas encore perdue.
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