Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Premier bal

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Roy Mustang

Colonel

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MessageSujet: Premier bal   Jeu 5 Nov 2015 - 22:51

Le Colonel se sentit rougir un peu après que le tailleur, après l'avoir dévisagé une bonne minute, se fit un devoir de lui expliquer la façon dont porter et serrer un corset, en lui montrant sur un mannequin comment aider une femme à le lacer. Ça semblait... Comment Riza allait respirer avec ce truc ?! Plus personne portait ça, aujourd'hui ! Enfin, plus personne sauf les femmes de la bonne société, qui portaient des robes très chic et précieuses toute leur vie. Une fois la démonstration faite, Roy s'appuya contre le comptoir pour regarder les différents modèles de robe, d'un œil dubitatif. On pouvait marcher avec ça ? Marcher dans une telle masse de jupons et de tissu tout en portant des souliers avec de légers talons ? Il n'était pas spécialement convaincu mais le tailleur avait l'habitude, lui, il habillait chaque jour des femmes bourgeoises et nobles. Il finit par porter son choix sur une robe rose pâle, qui laissait les épaules un peu dégagées, avec de dentelle blanche légère sur les coutures et une jupe bouffante avec des voiles, par-dessus les trois inévitables jupons, plus les collants blancs. Avec, il acheta une paire de souliers noirs, sertis chacun d'une petite émeraude verte, avec des talons de cinq centimètres. Le tailleur mit la robe dans une longue boîte couleur crème, puis en prit une autre plus petite pour les souliers.

Ainsi équipé, il rentra à l'hôtel, bénissant le ciel d'être né en homme et ne pas devoir s'habiller avec ça lors des grandes occasions. Enfin, tout allait sûrement bien se passer. A la réception, l'hôtelier eut un mince sourire en voyant les deux boîtes qu'il portait, lançant un bonsoir d'une voix raque. Roy grimpa les marches puis rentra dans la chambre du premier étage où il était installé avec sa future femme, le temps des ces festivités à la capitale. Il appela Riza, lui disant d'enfiler déjà une culotte avec une jupe légère et une petite chemise qui lui couvraient les bras et le ventre, comme sous-vêtements. Pendant qu'elle se préparait, il sortit la robe puis la lui présenta dès qu'elle fut arrivée près de lui. Il lui donna les jupons pour qu'elle les enfile, extrêmement soulagé de ne pas avoir à subir ça. Elle eut un air perdu, mais les enfila tout de même. Ils avaient encore du temps avant de se rendre au bal, assez pour se préparer. Le corset semblait léger et très souple, mais étant donné à quel point il était serré, il avait plutôt intérêt à l'être. Dès que Riza fut prête, il vint placer le corset sur son ventre et sa poitrine nue, la mettant en valeur et remontée, comme le lui avait montré le tailleur. Et dire que les femmes de la Haute s'habillaient comme ça tous les jours... Derrière elle, il commença par lacer le tout, avant de prendre les longs bouts entre ses mains et de poser le pied contre sa femme, juste en bas du dos, prêt à se reculer en tirant.

– Prend une longue inspiration.

Il tira fort pour serrer le corset comme il faut, avec une petite exclamation, terminant ensuite de le lacer. Voilà, c'était fait. Il lui recommanda de toujours se tenir très droite et de respirer doucement, ça l'aidera beaucoup. De toute façon, elle ne pouvait pas se pencher en avant, avec ce truc, il était obligatoire de s'agenouiller, si on voulait se rapprocher du sol. Prenant la robe, il l'aida à l'enfiler, restant devant elle pour arranger sa tenue, les plis et mettre tout en place. Les manches bouffantes lui arrivaient aux coudes et la robe arrivait au sol, le tissu traînant un peu par terre, comme le voulait l'usage, afin de ne rien révéler des jambes. Aidant sa fiancée à s'asseoir, il lui enfila lui-même les collants pour ne pas l'obliger à se tortiller pour s'habiller, puis lui fit enfiler les souliers. C'était bien la première fois qu'il devait entièrement l'habiller, mais enfiler tout cela seul, ce serait impossible. Les jupons donnaient une bonne épaisseur à la jupe, rendait un bon effet. Roy ne comptait pas la lâcher, lorsqu'ils marcheront ou danseront, il était évident qu'elle était mal à l'aise. Assise dans le fauteuil, elle fixait la tenue puis les chaussures, pendant qu'il était agenouillée devant elle à mettre correctement ses collants.

– Et je suis censée marcher avec ça ? Rappelle-moi pourquoi on doit y aller ?

– Parce qu'on est officiers, que c'est une visite diplomatique, que refuser de s'y rendre nous expédierait tous les deux au tribunal, qu'on est censé ne plus se faire remarquer et que nous n'avons pas le choix. Je te tiendrais quand on sera debout, ne t'en fais pas.

Riza fit la moue, marmonnant qu'il s'agissait tout de même de bonnes raisons. Roy lui sourit et lui fit un baiser sur la joue pour la consoler, passant ensuite derrière elle. Il prit un peigne pour démêler ses cheveux blonds, les brossa, puis la coiffa pour lui faire un chignon élevé avec des boucles et une tresse l'enserrant. Merci aux hôtesses qui travaillaient dans le bar de sa mère de l'avoir laissé jouer à ça quand il était enfant, ça lui était bien utile aujourd'hui. Il n'avait jamais révélé à personne qu'il savait coiffer ainsi les femmes, ce serait ridicule. Enfin, il pouvait bien le faire pour sa fiancée, lui laissant ainsi le temps d'apprendre à respirer calmement à un bon rythme. Il lui fallut un peu de temps pour se remémorer les bons gestes, en revanche, la brosse dans une main et serrant des épingles dans un coin de la bouche. Riza n'avait pas les cheveux très longs mais c'était suffisant pour faire une coiffure convenable. Il inséra les épingles pour faire tenir les boucles, avec un air concentré, essayant de rendre un beau résultat, du moins, autant que possible.

– Tu n'es pas obligé de me coiffer, tu sais, je peux le faire. Je dois juste... respirer. Tu dois encore te préparer.

– Je le ferai quand tu te maquilleras, ce sera rapide pour moi.

Dès qu'il eut terminé, il lui donna un miroir pour qu'elle puisse juger du résultat, puis posa le maquillage près d'elle pour qu'elle n'ait pas besoin de se lever tout de suite. Filant ensuite dans la chambre, il enfila son costume, noir avec une chemise blanche, des souliers vernis noirs, très simple, il fut prêt en un rien de temps. Après un coup de peigne, il revint voir Riza, lui prenant les deux mains pour qu'elle se lève, vérifiant qu'elle se tenait bien, puis la prit par le bras avant de quitter la chambre, puis l'hôtel, avec elle. Une voiture de l'armée les attendait, pour les conduire au lieu du bal. En chemin, il rassura sa future femme d'un sourire en lui assurant que tout ira bien. Beaucoup étaient déjà là lorsqu'ils entrèrent, après avoir grimpé une volée de marches. La salle de bal était très fastueuse et magnifique, décorée avec goût, resplendissante de richesse. Il tenait Riza avec fermeté, saluant tout le monde, marchant doucement avec elle. Le prince d'Aerugo était bien là, avec Bradley et sa femme. Des officiers, tout le gratin de Central... On se croirait véritablement dans une de ces réceptions mondaines de la haute société. Ils marchaient doucement quand Bradley arriva sur eux, leur présenta le Prince. Grand, jeune, un air agréable, semblant très à l'aise dans ce milieu. Il prit la main de Riza pour y déposer un baiser, après les salutations.

– Madame Mustang, ravi, sourit-il en lui donnant un baisemain.

– Egalement, sourit-elle.

Qui pourrait croire que ce type était le chef d'un royaume ennemi d'Amestris depuis la création même de leur pays ? Il était courtois, Roy ne lui avait pas imaginé cette tête. Bradley appela tout à coup la générale Armstrong, qui venait sans doute d'arriver. Roy tourna la tête et resta bouche bée, s'étant attendu, en réalité, à la voir arriver en uniforme, mais non, elle était bien en robe, elle aussi, ce qui était très surprenant. Heu, qui lui l'avait aidé à mettre son corset ? Pas un de ses hommes, tout de même ? Il retint de justesse le rire nerveux qui menaçait de l'envahir en imaginant Buccaneer ou Miles lui faire enfiler ce truc. Mais le choc fut complet lorsque le Prince se tourna aussitôt vers elle en lui prodiguant un baisemain plus loin et prononcé, tout en s'inclinant avec un grand sourire heureux, serrant sa main et posant l'autre sur son cœur. Wow, le spectacle avait l'air de lui plaire. Il avait complètement laissé Bradley en plan, visiblement très concentrée sur la générale.

– Claudio Rico, Prince d'Aerugo, se présenta-t-il d'une voix enjôleuse. Enchanté de vous rencontrer, générale.

– Olivier Armstrong, répondit-elle d'une voix aussi glaciale que l'hiver lui-même.

Il la tint des deux mains, sans semblé touché par son ton. Roy les regardait alternativement l'un et l'autre, comme beaucoup dans la salle à présent. Les subordonnés de la générale du Nord, surtout, semblaient terriblement tendus.

– Que n'ai-je proposé la paix auparavant, j'ignorais que de tels yeux m'attendaient dans ce pays, continua-t-il d'une voix toujours enjôleuse en lui souriant avec un air aussi doux que confiant. Le Nord d'Amestris cache donc bien des perles dissimulées. J'ai beau être un homme du Sud, je reste sensible à ce que les montagnes peuvent offrir.

Le Colonel écarquilla les yeux en entendant ça, stupéfait. Il venait bien de lui faire une déclaration, là ? A elle ! Mais il... Oh bon sang. Il mit très vite une main devant sa bouche pour dissimuler son sourire et ne pas attirer l'attention, manquant de s'étrangler en retenant un rire lorsque le prince l'invita à danser afin d'ouvrir le bal. La générale n'allait quand même pas oser le frapper ? En tout cas, le ton de sa voix lorsqu'elle dû accepter sous-entendit très largement son envie brûlante de le faire. Il échangea un regard avec Riza, bien près d'elle, en les regardant se placer plus loin puis ouvrir le bal. Mais elle savait danser, en plus ! La scène était à la fois très drôle et très choquante et ils n'étaient pas les seuls à en être sciés sur-place. Tenant Riza, il la conduit sur les bords de la piste de danse, où des couples allaient peu à peu rejoindre la valse. Le Prince venait à Amestris pour conclure un accord de paix et il craquait sur la femme la plus glaciale de tout le pays. Rien que pour voir ça, il était content d'être venu. Il lâcha un petit ricanement discret, sa future femme toujours près de lui, avant de lui sourire.

– Vous dansez, madame Mustang ?

Elle couva la piste du regard un moment puis hocha la tête avec un petit sourire crispé. Roy la conduit puis la prit par une main et par la taille, la guidant ensuite dans la valse, en veillant à ne pas aller trop vite comme elle n'était pas à l'aise ni habituée. Ils dansèrent ainsi longuement, au milieu des autres couples qui tournaient sur la piste, au rythme de l'orchestre qui mettait tout son cœur dans son interprétation. A la fin de la chanson, il raccompagna Riza jusqu'à une fauteuil, près d'un des buffets, et la fit asseoir, lui apportant un verre pour qu'elle se rafraîchisse.

– Tu es toute pâle, tu veux qu'on aille sur un des balcons prendre l'air ? Dis-le moi, si tu te sens mal, tu n'es pas habituée.

– J'aimerais sortir prendre l'air, oui... Je ne me sens pas très bien.

Il la prit par le bras lorsqu'elle se leva pour la conduire sur l'un des balcons, par de grandes potes-fenêtres très hautes, ouvertes largement. Il faisait déjà nuit, d'ici, pouvait voir les lumières de la ville, qui brillaient dans la pénombre. Il attira Riza contre lui, la serrant doucement dans ses bras pour qu'elle se repose un peu se laisse aller, silencieux pour le moment. L'air était très frais mais leur prodiguait un bien fou, après cette danse. Levant la tête, vérifiant qu'il n'y avait personne aux alentours, il défit discrètement les quelques boutons de la robe dans le dos de Riz et desserra un peu le corset, à peine pour que ça ne se remarque pas mais assez pour lui donner de l'air, remettant ensuite les boutons en place. Ni vu ni connu. Il l'embrassa sur le front ensuite avec un petit sourire, la gardant toujours blotti au creux de ses bras. Voilà, elle devrait se sentir un peu mieux, maintenant. Lui laissant le temps de se reprendre, il observa la ville illuminée, pensif.

– Je sais que c'est encore très serré, mais je ne peux pas faire mieux, murmura-t-il à son oreille, la serrant dans ses bras. Heureusement que tu ne dois pas porter ce truc tous les jours, comme les femmes de la haute société. Tu te sens mieux ? Pense à la superbe technique de drague du prince, ça va te faire rire.


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Riza Mustang

Lieutenant

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MessageSujet: Re: Premier bal   Mer 18 Nov 2015 - 21:44

Un bal... Ils devaient assister à un bal ! Riza ne s’était jamais sentie aussi mal à l’aise que cela, aussi peu féminine, regardant presque avec amour son uniforme de sniper qu’elle aurait tant voulu enfiler ce soir. Et pourtant, non, elle ne pouvait pas. En tant qu’officier et future femme de Colonel, elle était tenue d’assister à cette réception ô combien hypocrite et pas du tout représentative du pays. Seul le gratin de Central, les généraux et les officiers avaient vraiment été invités. Par « invités », entendez « si vous ne venez pas, vous aurez des ennuis ou des questions », naturellement. Elle avait bien tenté de se défiler, bien sûr, prétextant qu’elle était enceinte, que c’était une mauvaise idée, mais autant dire que cela n’avait pas vraiment marché. Pourtant, c’était vrai ! Même l’excuse « je ne me sens pas très bien, je couve quelque chose » n’avait pas fonctionné. Elle y avait vraiment mis du sien.

Mais, malgré toute sa bonne volonté, Roy était rentré avec une grande boîte rectangulaire dans laquelle se trouvait une robe et une plus petite contenant sans doute les chaussures. Avec cela, il y avait plusieurs paquets pour lesquels elle préférait ne pas poser de questions. Riza avait déjà vu quelques femmes « de la Haute » habillées, elle savait qu’elles portaient des tenues incroyablement lourdes, chaudes, inconfortables et elle-même les trouvait toujours trop pâles – aussi bien les femmes que les tenues. Et minces... Mon dieu, oui, minces, tellement minces que cela ne devait pas être naturel. Ce qu’elle avait dit à Roy, lui avouant du même coup qu’elle n’avait jamais porté ce genre de tenues et c’était lui qui lui avait appris pour les corsets. Bonjour le moment de solitude. Enfin, techniquement, si, elle avait déjà entendu parler de ces instruments de torture. Mais jamais le lieutenant n’aurait imaginé que des femmes se mettent des trucs pareils quitte à ne plus pouvoir respirer ! Quel était l’intérêt, en plus ? Faire attention à sa ligne n’était pas suffisant ?

Ecoutant les instructions de Roy sans poser de questions, Riza enfila une culotte, une jupe légère et un petit chemisier qui lui recouvrait les bras et le ventre. Elle n’avait même pas réfléchi à ce qu’il lui avait demandé même si un neurone lui avait envoyé l’information « danger, ce n’est que le début ». Pour le coup, le fait d’être la future femme de son supérieur lui sauvait presque la vie, elle agissait, exécutait et ne réfléchissait pas. Elle jeta tout de même un œil à son reflet, profitant encore de pouvoir voir ses pieds, et posa une main sur son ventre avec un petit sourire. Cela ne se voyait pas vraiment, encore, mais elle le sentait. Elle avait pris un peu de poids, chose normale au bout de presque deux mois d’après ce que lui avaient dit le médecin et la femme de Hughes. Elle avait été largement briefée mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un peu plus de peur jour après jour, surtout avec le poids qu’elle prenait.

Minute... Est-ce qu’elle n’avait pas pris de la poitrine, aussi ? Mais si ! Touchant sa poitrine comme une adolescente en pleine découverte de son corps, la jeune femme désespéra de remarquer que ses seins avaient, effectivement, commencé à gonfler. Heu... Ils allaient gonfler encore longtemps, comme ça ? Comment elle faisait pour tirer, elle ? Elle était sniper, il fallait bien qu’elle se couche au sol et qu’elle se mettent convenablement pour tirer sans être gênée par ses attributs féminins ! Bon, soit, un problème à la fois. Poussant un petit soupir, Riza laissa retomber sa main et retourna vers Roy, telle une condamnée à mort à l’idée de ce qui allait suivre, puis regarda la robe qu’il lui présenta. Oh, oui, pas mal. Et elle n’avait pas l’air si lourde que cela, en plus. Ses souvenirs l’avaient trompée ?

... Ou pas. Son futur mari lui tendit un paquet de tissus blancs, bombés et nettement plus chauds maintenant qu’ils étaient dans ses bras. Elle les contempla, perdue, un moment sans savoir ce qu’elle devait en faire, avant de remarquer qu’il y avait un gros trou au centre des jupons. Parce que oui, maintenant que Riza regardait tout cela de plus près, elle avait compris qu’il s’agissait de jupons, qu’elle devait les enfiler et mettre la robe par-dessus après. D’accord, compris, pas besoin de poser la question. Après toute une gymnastique et une analyse des jupons très poussée, la sniper parvint à les enfiler et se redressa avec un air à moitié triomphant face à Roy qui lui montra presqu’aussitôt l’objet le plus monstrueux du monde. Le corset. Il était... petit. Il ne s’était pas trompé de taille ? Elle allait vraiment entrer là-dedans ? Il n’y avait pas de modèle « femme enceinte », non ? Ou heu... Un truc qui permettait de respirer ? Non pas qu’elle était pessimiste, mais là... Grimaçant, Riza se retourna et leva les mains pour les poser contre le mur, s’en servant comme appui pendant que Roy mettait convenablement le corset sur son ventre et sa poitrine, déclenchant un léger frisson chez elle en même temps. Le lieutenant ferma ensuite les yeux, s’attendant à ne plus pouvoir respirer à tout instant tandis que son supérieur lassait le corset dans son dos. Au bout d’un moment, il posa le pied sur elle, un peu au-dessus du bas du dos et elle ne put s’empêcher de se dire qu’ils auraient eu l’air fin si quelqu’un débarquait en cet instant précis.

Roy – Prend une longue inspiration.

Riza s’exécuta... et eut le sentiment d’avoir le souffle coupé, prise d’un soudain besoin pressant qui finit par s’atténuer et disparaître, cependant. Elle resta un moment les mains posées sur le mur, soufflant doucement en écoutant les conseils de Roy. Toujours se tenir très droite, respirer doucement, d’accord. Au bout d’un moment qui lui parut interminable, elle parvint à se remettre droite et s’entraîna à respirer doucement, ne voyant presque plus ses pieds maintenant. Déjà que sa poitrine avait gonflé, avec ce corset, inutile d’essayer. Elle n’osait pas baisser la tête, trop occupée à penser à respirer tout doucement pour adapter le rythme des battements de son cœur. Ils ne pouvaient pas faire une pause, là ? Entre les jupons et le corset, elle en avait déjà sérieusement marre. Mais non... Roy avait déjà pris la robe en main et l’aida à l’enfiler – en réalité, il l’enfila et elle ne fit que lever les bras autant que possible, mais soit. Le laissant tout arranger comme il fallait, Riza se montra incroyablement docile et calme, ne trouvant pas la force de riposter pour l’instant à cause du corset.

Ce n’est que lorsqu’il la poussa à s’asseoir qu’elle se détendit un peu, l’observant en train de lui mettre collants et chaussures. C’était bien la première fois que quelqu’un l’habillait entièrement... Comment aurait-elle fait s’ils n’avaient pas été ensemble ? En y réfléchissant bien, Riza aurait sûrement demandé de l'aide à Roy. Cela ne l’aurait pas vraiment dérangée, elle l’avait toujours vu comme un ami très proche et il aurait sans doute accepté de l’aider à s’habiller. Seulement, là, assise dans ce fauteuil avec ce tas de tissus... Le sniper qu’elle était en prenait un sacré coup et avait plutôt l’impression d’être une poupée que l’on s’amusait à habiller. Entre cette tenue et ces chaussures, ce corset qui l’empêchait de respirer normalement et... tout ça. C’était possible de marcher habillée comme cela, vraiment ? L’envie de se faire porter malade était de plus en plus tentante...

Riza – Et je suis censée marcher avec ça ? Rappelle-moi pourquoi on doit y aller ?

Roy – Parce qu'on est officiers, que c'est une visite diplomatique, que refuser de s'y rendre nous expédierait tous les deux au tribunal, qu'on est censé ne plus se faire remarquer et que nous n'avons pas le choix. Je te tiendrais quand on sera debout, ne t'en fais pas.

La tenir quand ils seraient debout... Riza fit la moue, bien obligée de reconnaître qu’il avait raison ce coup-ci et qu’elle n’avait aucun contre-argument. Techniquement, ils avaient le choix, officiellement. Officieusement, s’ils refusaient, ils s’exposeraient et s’étaient déjà assez fait remarquer pour toute leur vie. Roy dut comprendre qu’aller au bal ne l’enchantait pas, cela devait se lire sur son visage autant qu’au travers de ses paroles, et il lui sourit avant de l’embrasser sur la joue. Bon... Il n’allait pas la lâcher, c’était sûr ? Elle était incapable de marcher sans aide, c’était impossible, elle n’avait aucun entraînement là où les jeunes filles de la haute société apprenaient à marcher avec des talons. Son fiancé passa soudain derrière elle alors qu’elle se concentrait à nouveau pour se calmer et prendre un rythme adapté au corset pour respirer. Ce n’est qu’au bout de quelques secondes que Riza sentit qu’on touchait à ses cheveux... Heu ? Fronçant les sourcils, elle n’osa pas bouger mais devina sans mal qui était derrière elle. Roy la... coiffait ? Mais il n’était pas obligé, vraiment, et il devait s’habiller en plus.

Riza – Tu n'es pas obligé de me coiffer, tu sais, je peux le faire. Je dois juste... respirer. Tu dois encore te préparer.

Roy – Je le ferai quand tu te maquilleras, ce sera rapide pour moi.

Ou « comment remuer le couteau dans la plaie »... Ce qu’elle pouvait détester être une femme parfois. Que ce soit à cause de sa poitrine encombrante, des préjugés sur les femmes ou de ce genre de cérémonies qu’elle adorait par-dessus tout. Elle laissa donc Roy terminer sa coiffure, positivement étonnée lorsqu’il lui montra le résultat. Elle ignorait qu’il avait des dons de coiffeur ! Il ne s’en vantait pas et elle-même ne le lui avait jamais demandé, étant très loin de s’en douter. Ce bal lui aura au moins permis d’apprendre quelque chose, c’était toujours mieux que rien, non ? Riza se répétait en boucle de relativiser, que ce n’était pas grave, remerciant son supérieur d’un air distrait lorsqu’il lui apporta le maquillage pour qu’elle termine de se préparer. Lui fila s’habiller pendant ce temps. Un léger maquillage sur ses yeux, prenant différents tons qui convenaient à la fois à la robe, à son teint et à l’occasion. Des couleurs sobres, un peu de doré, et voilà, pas besoin de plus.

Lorsque Roy revint vers dans la pièce, elle avait terminé depuis quelques minutes et avait réussi à adapter sa respiration au corset. Cependant, pour se lever... Se laissant une nouvelle fois guider par son fiancé, Riza lui fit un petit sourire d’excuse et attrapa le bras qu’il lui tendait avant de sortir de la chambre d’hôtel, puis de l’hôtel. Un pas, puis l’autre, tout doucement. Bien droite. Dans la voiture, il essaya de la rassurer, lui assurant que tout irait bien même si elle doutait très sérieusement de ses paroles, cette fois-ci. Se forçant à sourire, elle le suivit, descendant de la voiture puis grimpant les escaliers, bien plus vite essoufflée que d’habitude. Comment les femmes faisaient-elles pour marcher avec ça... ? Courir ? Parler en marchant ? C’était impossible ! Même la beauté de la salle ne suffit pas à la consoler, tout transpirait la richesse et elle se sentait de plus en plus mal à l’aise. Entre sa tenue et l’endroit, Riza n’en menait pas large et regrettait presque les coins où elle pouvait se tapir dans l’ombre pendant des heures, occupée à surveiller tout le monde sans que l’on puisse la voir. Et puis, tout ce monde...

Etrangement, elle se sentait devenir agoraphobe, d’un coup. Cette salle puait l’hypocrisie entre les généraux, les officiers et la haute société de Central. Seul le prince la surprit quelque peu. Riza ne l’imaginait pas... vraiment comme cela. Il avait l’air aimable, plutôt jeune pour son rang mais l’aisance qu’il dégageait prouvait qu’il avait l’habitude d’évoluer à travers de tels milieux. Combien de personnes, dans cette salle, étaient-elles d’une autre classe, dite inférieure par rapport à la Haute société ? Une dizaine ? Maximum une vingtaine ? Tous les visages semblaient radieux, quoi que sur la défensive avec une certaine réserve, et Riza s’accrochait à Roy comme à une bouée même si elle restait neutre extérieurement. Bradley était déjà là, lui aussi, apparemment en train de présenter tous les généraux et officiers au prince comme il se doit de le faire dans ce genre d’occasion. Au moment où il se rapprocha d’eux, la jeune femme sentit une nette pointe de stress qu’elle camoufla en souriant et en resserrant légèrement sa prise sur le bras de Roy lorsque le prince lui prit la main après les avoir salués tous les deux.

Prince – Madame Mustang, ravi, sourit-il en lui donnant un baisemain.

Riza – Egalement, sourit-elle.

Egalement... Madame Mustang... Riza ne remarqua qu’à peine ce qu’elle avait dit, ce que le prince avait dit pour la saluer tant elle était mal à l’aise. Ils devaient vraiment rester longtemps ? C’était indispensable ? Au même instant, le Président appela la générale Armstrong, les faisant tous se retourner... pour tomber sur une femme. Une vraie femme. Elles n’étaient pas nombreuses dans l’armée, encore moins dans cette salle qui ne comptait que les officiers et la haute société, ce qui impliquait donc un certain étonnement lorsque l’on voyait une femme militaire habillée en robe. Et la générale avait fait l’effort de bien s’habiller et se coiffer, personne n’aurait pu douter qu’elle venait du Nord. Entre son corset, sa robe et... Petite pause. Qui l’avait aidée à mettre son corset ? Quelqu’un avait été assez fou pour le faire ? Sachant qu’ils risquaient gros à l’avenir... Mais ils n’étaient pas les seuls à risquer gros. Le prince risquait très gros, ici. Elle ne rêvait pas, il était bien en train de... prolonger le baisemain, n’est-ce pas ? Le sien n’avait pas été aussi long, ou alors elle avait perdu la mémoire.

Prince – Claudio Rico, Prince d'Aerugo, se présenta-t-il d'une voix enjôleuse. Enchanté de vous rencontrer, générale.

Générale – Olivier Armstrong, répondit-elle d'une voix aussi glaciale que l'hiver lui-même.

Le prince la tint par les deux mains, à présent, comme si le ton glacial qu’elle avait utilisé ne le refroidissait pas plus que cela. Il était tombé sous le charme... Tombé sous le charme d’Olivier Armstrong ! Roy et Riza fixaient la scène, bouche-bée, comme à peu près la moitié de la salle. Quant aux soldats du Nord présents... Hum. Si le prince n’avait pas été prince, il aurait déjà fini en brochette.

Prince – Que n'ai-je proposé la paix auparavant, j'ignorais que de tels yeux m'attendaient dans ce pays, continua-t-il d'une voix toujours enjôleuse en lui souriant avec un air aussi doux que confiant. Le Nord d'Amestris cache donc bien des perles dissimulées. J'ai beau être un homme du Sud, je reste sensible à ce que les montagnes peuvent offrir.

Riza fit les yeux ronds en entendant ces paroles, croyant halluciner. Il venait... Il venait de lui faire une déclaration d’amour, là ? Non mais une vraie ? Roy, lui, se retenait de rire alors qu’elle-même avait oublié de respirer à cause du choc, ne s’attendant pas à assister à une telle scène un jour. Si elle ne l’avait pas vue, elle n’y aurait pas cru. Mais le pire restait à venir. L’invitation à danser. Sincèrement, durant trente secondes, le lieutenant crut que la générale allait refuser, trouver un prétexte même si ce serait un outrage et un risque pour elle autant que pour Amestris. Mais non, elle accepta sous le regard ahuri de toutes les personnes se trouvant à côté d’elle, ouvrant le bal avec le prince et dansant un bon moment seule, sur la piste, avant que les premiers couples n’osent les rejoindre. Roy et elle échangèrent un regard, choqués, mais ne firent pas le moindre commentaire. Mieux vaut se taire dans certaines circonstances, hein, le regard vaut plus que mille mots ici. Surtout entouré de généraux et autres officiers.

Roy – Vous dansez, madame Mustang ?

Danser... Il n’allait rien lui épargner, c’est ça ? Riza lança un regard à la piste de danse, veillant à ce que d’autres couples s’y engagent pour être sûre d’être au moins cachée par quelques personnes. Non pas qu’elle n’arrivait pas à marcher avec des talons et une robe pareille, ni avec des jupons et un corset, mais presque. Et il fallait respirer, en plus ! Respirer et danser avec aisance... Soit. S’ils restaient sur le côté, ils feraient tâche dans le décor, elle le savait. Se mordant légèrement la lèvre, pas du tout à l’aise à l’idée de danser, Riza hocha la tête avec un sourire crispé et se laissa entraîner par son fiancé. Ils dansèrent ainsi un bon moment, le lieutenant essayant de suivre tant bien que mal mais elle avait l’impression que son estomac prenait un malin plaisir à tourner dans le sens contraire, la rendant malade. Elle avait trop chaud, trop froid, ne parvenait pas à respirer convenablement et avait comme une envie pressante. Seulement, l’idée de devoir relever cette tonne de tissus la décourageait déjà. Donc... Tant pis ? Ce n’est qu’à la fin d’une longue danse, au milieu de nombreux couples, que Roy dut avoir pitié d’elle et comprendre qu’elle ne se sentait pas bien, la raccompagnant sur le bord de la piste pour s’asseoir dans un fauteuil avant de lui apporter un verre.

Roy – Tu es toute pâle, tu veux qu'on aille sur un des balcons prendre l'air ? Dis-le moi, si tu te sens mal, tu n'es pas habituée.

Riza – J'aimerais sortir prendre l'air, oui... Je ne me sens pas très bien.

Désolée, vraiment, elle faisait des efforts mais elle n’en pouvait plus, elle avait besoin de respirer, de prendre l’air. Elle se releva doucement, Roy la prenant ensuite par le bras pour la conduire jusqu’à l’un des balcons ouvert. Ils passèrent par deux grandes fenêtres vitrées donnant sur Central qu’ils devinaient sous eux avec ses lumières qui brillaient dans la nuit. Le vent frais lui fit du bien, Riza prit plusieurs petites inspirations, incapable de respirer à pleins poumons, fermant les yeux lorsque Roy l’attira contre lui. Elle se laissa aller lorsqu’il referma ses bras sur elle, essayant de se détendre un peu, oubliant la musique et les bruits de la fête qui résonnaient derrière eux. Ici, ils étaient bien, à deux, au calme, loin de toute cette hypocrisie monstrueuse. Tout cela n’était pas pour elle, elle n’était pas habituée du tout.

Au bout d’un moment, cependant, Riza sentit Roy défaire quelques boutons de sa robe sans l’avoir prévenue au préalable. Elle lui lança un regard, perdue, mais compris lorsqu’il desserra un peu le corset, très légèrement, lui permettant de respirer un peu mieux. C’était bien mieux comme cela, même si c’était toujours serré. Lorsqu’il l’embrassa sur le front, elle ferma les yeux, lui rendant son sourire. Voilà pourquoi elle l’aimait. Il faisait toujours attention à ses proches, à son équipe, quitte à ne pas respecter les règles à cent pourcent. Ils restèrent silencieux un moment, Riza se reprenant et respirant plus doucement mais un peu plus facilement, observant la ville illuminée, blottie dans les bras de son fiancé. Si on lui avait dit cela il y avait trois mois, jamais elle ne l’aurait cru... Jamais.

Roy – Je sais que c'est encore très serré, mais je ne peux pas faire mieux, murmura-t-il à son oreille, la serrant dans ses bras. Heureusement que tu ne dois pas porter ce truc tous les jours, comme les femmes de la haute société. Tu te sens mieux ? Pense à la superbe technique de drague du prince, ça va te faire rire.

Riza – Un peu, oui, merci, dit-elle en riant légèrement. Pauvre prince, il va tomber de haut lorsqu’elle va refuser ses avances... Je n’aimerais pas être à sa place. Mais je la comprends, porter tout ça est insoutenable, c’est à peine si on arrive à respirer.

Le sous-entendu était clair, le prince n’avait aucune chance de séduire la générale, que ce soit ce soir ou un autre jour. Le corset et la tenue obligeait à être tendue, comprimée, à modérer sa respiration sans pouvoir respirer pleinement et librement. Comment pouvait-on être vraiment soi-même avec une robe pareille ? Comme l’avait très bien souligné Roy, heureusement qu’elle ne devait pas porter ça tous les jours, elle aurait piqué une crise.

Roy – Même en uniforme, il se serait heurté à un mur. Tu veux t'asseoir ?

S’asseoir ? Où ? Riza lança un regard circulaire autour d’eux, ne voyant aucun banc, aucun siège, rien du tout pour s’asseoir, même pas une marche. Et puis, de toute manière, elle aurait été incapable de s’asseoir sur une marche avec cette robe inconfortable. Elle lança un « Heu » très intelligent et peu convaincu, préférant largement rester debout plutôt que de devoir retourner à l’intérieur dans cette ambiance hypocrite et calfeutrée. Ce qu’elle rétorqua à Roy, ajoutant qu’elle se sentait bien debout mais lui répondit qu’il pouvait l’asseoir sur le balcon en la tenant, maintenant son idée alors qu’elle n’était pas convaincue du tout. Non, vraiment, s’asseoir sur le balcon... Comme pour vérifier la hauteur et sa solidité, Riza se rapprocha un peu du bord pour regarder en bas, s’appuyant légèrement sur la rambarde. Il était vraiment sérieux... ? Elle retourna se blottir dans ses bras, faisant « non » de la tête. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas confiance, hein, mais... Voilà. Ce balcon était très haut et, même si elle n’avait pas le vertige en temps normal, cette robe limitait ses mouvements et la mettait mal à l’aise.

Riza – Tes bras, c’est très bien. Je vais bien, ne t’inquiètes pas pour moi, c’est juste le bébé qui fait des siennes. Et je n’aime pas cette ambiance, pas du tout. C’est tellement... Je n’ai pas l’habitude, tu as vu l’endroit dans lequel j’ai grandi, ce n’était pas tout à fait la même chose.

Roy – Oui, si ma mère était là, elle crierait que tu as dû grandir près d'une "poubelle". Enfin. Pour une fois que je te vois en robe, je ne vais pas me plaindre, tu es très belle, ainsi.

Oh. Riza se sentit rougir légèrement, souriant à Roy avant de lui souffler un merci, touchée, lui retournant le compliment. C’est vrai que leur métier ne leur permettait pas de s’habiller très souvent en vêtements « normaux » et elle-même ne mettait que des jupes, n’aimant pas particulièrement les robes. Sans oublier l’environnement dans lequel elle avait grandi, comme sa future belle-mère le rappelait sans cesse en parlant de « poubelle ». Non, ce n’était pas là-bas qu’elle aurait porté des robes, en effet... Elle releva un peu la tête pour l’embrasser doucement sur les lèvres, un sourire aux lèvres.

Riza – Profites-en, je ne vais pas en porter souvent. C’est peut-être même une des seules fois où tu me verras en robe, c’est loin d’être pratique. Je déteste ne pas pouvoir voir mes pieds, mon corps, savoir ce que je fais... Désolée, déformation professionnelle. Quand je pense que la générale a dû porter tout ça pendant toute sa jeunesse...

Roy – Question d'habitude, je suppose... Tu te sens mieux ou non ? On ne doit pas rester trop longtemps à l'écart.

Question d’habitude... De capacité à endurer la torture, plutôt. Riza jeta un regard par-dessus son épaule pour regarder l’intérieur de la salle où les couples dansaient toujours sur une musique un peu plus entraînante mais toujours très douce. Objectivement, oui, elle se sentait mieux. Mais elle n’avait pas envie de rentrer là-dedans pour autant. Même si Roy avait raison... Elle hocha la tête à contrecœur, reprenant son bras pour rentrer. La chaleur se fit directement sentir mais elle tenait toujours, les nausées étaient passées et le corset légèrement desserré lui permettait de respirer un peu mieux. D’ici, la musique de l’orchestre résonnait plus fort et la jeune femme exerça une légère pression sur le bras de son fiancé pour l’entraîner vers la piste avec un petit sourire. Tant qu’à faire, ils devaient bien tuer le temps, non ? Seulement, elle se laissa guider une fois de plus, ayant toujours un peu de mal avec cette montagne de tissus qui dissimulait ses pieds. Elle ne voyait même pas ce qu’elle faisait !

Riza – Désolée, souffla-t-elle en ayant l’impression de lui marcher sur le pied.

Roy la rattrapa, l’entraînant plus loin en évitant les autres couples qui tournaient encore, encore, et toujours comme si ce n’était guère plus difficile que de marcher avec un pantalon. En moins de deux minutes, ils furent à nouveau à l’écart de la piste de danse, comme si c’était tout naturel, alors que Riza réalisait qu’il l’avait écartée sans même croire qu’elle pouvait tenir plus longtemps. Non mais elle aurait pu ! Et puis, ce n’était pas son pied, il aurait fait une grimace sinon. Non ? Elle n’était peut-être pas très douée pour danser avec une robe, mais tout de même !

Riza – J’aurais très bien pu tenir plus longtemps, tu sais ? Et puis, il faut bien qu’on danse, que veux-tu qu’on fasse d’autre pour passer le temps ? Si tu ne veux pas qu’on parte tôt...

Roy – On peut aussi...

La fin de la phrase de Roy fut coupée par un grand automail en métal, très haut, appartenant à Buccaneer, un des subordonnés de la générale. Ils relevèrent tous les deux la tête pour le regarder, un peu perdus, ne comprenant pas pourquoi il faisait cela. Ils n’avaient rien fait du tout ! Danser n’était pas obligatoire, si ? Et puis, lui non plus ne dansait pas. Et s’il était furieux à cause du prince, ce n’était pas de leur faute, alors pas la peine de les surprendre comme il venait de le faire.

Roy – Bonsoir, vous vouliez nous parler ?

Buccaneer – Un homme doit se battre de face et avec dignité, nous sommes bien d'accord ?

Roy – Tout à fait d'accord, capitaine. Pourquoi cette question ?

Heu... Oui ? Riza se tendit nettement, méfiante à son tour, lançant un regard au Colonel qui tenait tête, ayant parlé d’une voix ferme sans une once de doute ou de peur. Elle-même préférait rester à l’écart, pour l’instant, laissant son supérieur gérer cette histoire. C’était elle qui avait demandé à Fuery d’aller au Nord, elle qui avait suggéré cela à Roy en étant convaincue que c’était une bonne idée. De toute manière, quelle autre échappatoire avaient-ils ? Ils ne pouvaient pas s’y rendre, c’était impossible, ils étaient surveillés. Et ils savaient que le Nord se méfiait de Bradley, ils savaient qu’ils recherchaient des informations sur les homonculus. Eux-mêmes en cherchaient aussi... Il était logique de chercher avec eux, de s’allier, non ?

Buccaneer – Êtes-vous véritablement d'accord ? J'aime savoir qui sont mes ennemis, voyez-vous, l'Est est aussi corrompue que les autres divisions par certains généraux avides. Si vous travaillez en secret contre le bien de ce pays, vous devenez un obstacle à nos yeux, monsieur le Héros d'Ishbal.

Roy – Merci de la mise en garde, mais mon but est de parvenir à changer ce pays pour faire cesser ces guerres et massacres inutiles. Je ne suis pas plus en phase que vous avec la conduite actuelle de ce pays.

Il les regarda un moment puis, sans rien dire, retourna vers Miles un peu plus loin, les laissant là sans terminer la discussion. Là, Riza devait bien avouer qu’elle n’avait pas tout suivi. Il les avait crus ? Oui ? Non ? Il se méfiait encore ou il avait eu les réponses qu’il voulait ? Puis, pourquoi parler de cela ici, sous le nez de Central, devant tous ses généraux et officiers, sans oublier la Haute Société ? C’était un pari très risqué, dangereux, auquel tous pouvaient perdre beaucoup s’ils ne jouaient pas finement. Riza s’écarta encore un peu, toujours accrochée au bras de son fiancé, se dirigeant vers un fauteuil près du buffet pour s’asseoir. La tension retombait en bloc, d’un coup, il lui fallait juste quelques secondes pour se reprendre. Ce qu’elle avait hâte de retirer ce fichu corset... Et cette robe...

Riza – Ils nous croient ? demanda-t-elle plus bas, au bout d’un moment. Parler de cela ici n’est pas... dangereux ? Il y a toutes les personnes qui pourraient nous radier en quelques secondes rassemblées dans cette salle. Je commence à culpabiliser un peu...


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MessageSujet: Re: Premier bal   Sam 28 Nov 2015 - 20:51

– Un peu, oui, merci, dit-elle en riant légèrement. Pauvre prince, il va tomber de haut lorsqu’elle va refuser ses avances... Je n’aimerais pas être à sa place. Mais je la comprends, porter tout ça est insoutenable, c’est à peine si on arrive à respirer.

Avec ou sans robe, il doutait fortement que la générale soit plus réceptive à ses avances, les types de ce genre ne devaient pas vraiment lui taper dans l'œil, étant donné son caractère. Alors que le prince lui, était véritablement mordu, il suffisait de voir comment il avait laissé tomber tout le monde, et le protocole avec, pour inviter la militaire à danser ! Le pauvre, oui, il allait se prendre une gifle mémorable lorsqu'elle allait le renvoyer balader. Il retint un sourire, vérifiant ensuite d'un coup d'œil si Riza avait repris un peu plus de couleurs. Il la trouvait toujours un peu pâle, la danse avait dû lui tourner la tête. Elle voulait prendre une pause plus longue ? S'asseoir ? Il remonta le bras pour l'entourer par les épaules, la soutenant au cas où elle se sentait mal de nouveau.

– Même en uniforme, il se serait heurté à un mur. Tu veux t'asseoir ?

Sa fiancée releva la tête en bafouillant, semblant peu convaincue que ce soit une bonne idée alors qu'elle n'avait vraiment pas l'air à l'aise. Elle pouvait s'installer ici pour prendre l'air, si elle ne voulait pas rentrer à l'intérieur aussi vite, personne n'y verra de soucis tant qu'ils ne s'attardaient pas trop, ou que l'on pense qu'ils s'étaient esquivés pour rentrer. Riza lançait qu'elle était bien debout mais il secoua la tête, lui disant qu'elle pouvait s'asseoir sur le balcon. Il la retiendra ! Il n'y avait strictement aucun danger qu'elle tombe, et même s'il y avait un accident, l pouvait la récupérer très vite et en douceur grâce à l'alchimie, en synthétisant la pierre et la terre pour la récupérer saine et sauve et sans une égratignure. Il gardait ses gants dans sa poche, depuis toujours, il pouvait les enfiler si elle voulait s'asseoir et la rassurer. Non ? Elle s'écarta tout à coup de lui, allant tester la solidité du balcon de pierre, jetant un coup d'œil vers le vide. Elle avait le vertige ? Bizarre, il aurait pourtant juré que non. Rouvrant les bras, elle revint s'y blottir en faisant non de la tête, lui arrachant un regard surpris. Elle était peut-être juste mal à l'aise, après tout, c'était bien la toute première fois de sa vie qu'il la voyait dans un tel état.

– Tes bras, c’est très bien. Je vais bien, ne t’inquiètes pas pour moi, c’est juste le bébé qui fait des siennes. Et je n’aime pas cette ambiance, pas du tout. C’est tellement... Je n’ai pas l’habitude, tu as vu l’endroit dans lequel j’ai grandi, ce n’était pas tout à fait la même chose.

Ça, c'était certain, la maison du vieux Hawkeye n'était pas la plus reluisante de la ville. Le jardin était en friche, l'intérieur décrépi, il y avait des courants d'air et presque rien n'était entretenu. Le père de Riza ne s'était jamais soucié de l'état de sa maison, il n'était pas très riche et ne se préoccupait que de ses recherches et rien d'autre. Roy se souvenait que, le premier jour de son apprentissage, il avait bien failli être assommé par des tuiles qui tombaient du toit. Lorsqu'il l'avait signalé, le père de Riza avait juste haussé les épaules en disant qu'il allait réparer ça avec l'alchimie, plus tard. Au final, c'était Roy lui-même qui s'en était chargé dès qu'il lavait pu, étant donné que la chambre d'enfant de Riza commençait à prendre l'eau et devenait très humide.

– Oui, si ma mère était là, elle crierait que tu as dû grandir près d'une "poubelle". Enfin. Pour une fois que je te vois en robe, je ne vais pas me plaindre, tu es très belle, ainsi.

Ce n'était vraiment pas pratique mais Roy aimait beaucoup la voir dans cette tenue. Loin de l'image du lieutenant bien droit et zélé qu'elle renvoyait habituellement, elle avait simplement l'air d'une jeune femme bien dans sa peau et voulant attirer les regards. Il lui rendit son sourire, voyant ses joues se colorer de rouge lorsqu'elle le remercia. Elle n'était peut-être pas consciente de l'aura qu'elle dégageait actuellement mais lui si, encore plus lorsqu'il la tenait ainsi dans ses bras. Et dire que tout le monde, sauf eux deux, avaient vu depuis des années qu'ils étaient faits pour être ensemble, c'était hallucinant. Le jeune colonel était déjà sorti avec bien des femmes mais aucune n'avait jamais aussi proche de lui que Riza, il la connaissait depuis l'enfance et avait toujours ressenti le besoin de la protéger. Même ici, alors qu'ils étaient quasiment seuls ce grand balcon, à part deux ou trois hommes en costumes, un verre à la main, bavardant ensemble. On aurait pu croire que cette soirée se déroulait dans un autre monde, si loin de celui dans lequel ils évoluaient actuellement. Sa fiancée se redressa tout à coup pour l'embrasser sur les lèvres, alors qu'il la gardait toujours contre lui, afin qu'elle ne chute pas. Ce pourrait être drôle, elle pouvait courir des heures ou se balader sur des toits en pente pour trouver un angle de tir, mais c'était une robe et un corset qui lui enlevaient ses moyens.

– Profites-en, je ne vais pas en porter souvent. C’est peut-être même une des seules fois où tu me verras en robe, c’est loin d’être pratique. Je déteste ne pas pouvoir voir mes pieds, mon corps, savoir ce que je fais... Désolée, déformation professionnelle. Quand je pense que la générale a dû porter tout ça pendant toute sa jeunesse...

– Question d'habitude, je suppose... Tu te sens mieux ou non ? On ne doit pas rester trop longtemps à l'écart.

Il vérifia son teint d'un coup d'œil, s'écartant de deux centimètres pour mieux la voir, alors qu'elle jetait un coup d'œil vers la salle. Cela ira ? Elle ne semblait guère convaincue mais hocha la tête, reprenant son bras. Lui souriant, ils revinrent dans l'immense salle, avec des fenêtres qui faisaient quatre fois la taille d'un homme, ces lustres brillant, ces hommes et ces femmes en habits de fête, dansant, buvant et riant, un monde policé, régi par des codes si stricts qu'il se demandait bien comment il était possible de tous les retenir, voilà bien une chose à laquelle on devait s'exercer dès l'enfance. Il devait bien reconnaître que ces robes étaient belles, le problème n'était pas là-dedans, mais plutôt dans le fait qu'il ne comprenait pas comment ces femmes pouvaient évoluer avec ça aussi facilement que si elles portaient des jupes toutes simples. Une preuve de plus lui en fut donnée quand Riza lui écrasa accidentellement le pied en marchant, soufflant presque aussitôt un "désolée" d'une petite voix. Roy la rattrapa en resserrant un peu son étreinte sur elle, l'emmenant un peu plus loin en évitant les couples, ne voulant qu'elle tombe en syncope au milieu d'une danse.Mieux valait qu'elle se reprenne un peu plus d'abord, c'était beaucoup mieux.

– J’aurais très bien pu tenir plus longtemps, tu sais ? Et puis, il faut bien qu’on danse, que veux-tu qu’on fasse d’autre pour passer le temps ? Si tu ne veux pas qu’on parte tôt...

– On peut aussi...

Il s'interrompit tout net en voyant surgir juste sous son nez le bout d'un énorme automail, avec des griffes renforcées aux doigts de fer, qui appartenait au capitaine Buccaneer, après vérification. Le colonel lui rendit son regard, un peu surpris de cette entrée en matière, car le capitaine du Nord leur avait vraiment barré la route. Et bien ? Voulait-il leur parler ? D'ailleurs, le voir en costume avec cette coupe de cheveux était perturbant mais Roy fit mine de rien, sachant qu'il avait lui-même, bien souvent, les cheveux ébouriffés. Il jeta un rapide regard autour d'eux, Riza à son bras, en voyant qu'ils s'étaient très rapidement fait encercler par les autres officiers de Briggs présents, bien qu'aucun d'eux ne le montre clairement, restant prudents, mais leurs regards en disaient longs. Bon, la visite de Fuery à la forteresse avait dû soulever quelques tensions... Ils n'avaient pas encore pu en parler longuement avec lui, déjà parce que revenir du Nord sans se se faire voir lui avait pris beaucoup de temps, ensuite parce qu'ils avaient dû répondre présents à bien des réunions et préparatifs, et enfin parce qu'ils devaient aussi trouver le moment importun, dans un lieu sans risques, pour lui parler sans que ça n'éveille de soupçons. Restait à savoir ce qui s'était passé au fort pour que le capitaine les interpelle de cette façon.

– Bonsoir, vous vouliez nous parler ?

– Un homme doit se battre de face et avec dignité, nous sommes bien d'accord ?

– Tout à fait d'accord, capitaine. Pourquoi cette question ?

Le capitaine n'avait pas un regard menaçant, il sembalit plutôt... Déterminé, glacial, comme conscient qu'il avait énormément à perdre dans cette histoire. Et Roy commençait à se sentir mal d'avoir envoyé Fuery chez eux... D'accord, il était lui aussi un soldat de cette armée, il était entraîné, savait se battre, était remarquablement intelligent et débrouillard, mais tout de même, il était encore tout jeune et un peu naïf, surtout à côté des soldats de Briggs qui avaient l'habitude dévorer tout cru le premier qui apparaissait comme faible.

– Êtes-vous véritablement d'accord ? J'aime savoir qui sont mes ennemis, voyez-vous, l'Est est aussi corrompue que les autres divisions par certains généraux avides. Si vous travaillez en secret contre le bien de ce pays, vous devenez un obstacle à nos yeux, monsieur le Héros d'Ishbal.

– Merci de la mise en garde, mais mon but est de parvenir à changer ce pays pour faire cesser ces guerres et massacres inutiles. Je ne suis pas plus en phase que vous avec la conduite actuelle de ce pays.

Buccaneer les fixa un moment puis repartit, sans rien ajouter, vers le lieutenant Miles. La tension autour d'eux se relâcha aussi peu à peu, les hommes du fort s'écartant les uns après les autres, très droits, dans une attitude martiale. Au moins, cela avait le mérite d'être clair. Ils pouvaient être alliés, mais au moindre faux pas ou signe de trahison, ils deviendront des cibles à écraser sans aucun scrupule... Roy n'était pas très populaire, depuis Ishbal, il savait que ce qui s'était passé durant la guerre se collera à chacun de ses pas pour le reste de ses jours. Ils devaient vraiment trouver un moyen de parler à Fuery rapidement. Bougeant avec sa fiancée, il la fit asseoir plus loin, près du buffet. "L'Est est aussi corrompue". Qu'avait-il voulu dire ? Grumman était à la solde des vieux briscards de Central ? Pas lui, jamais ! Il était un peu loufoque, mais assez intelligent pour savoir à qui on en devait pas se fier, nul doute que lui aussi avait aussi de forts soupçons sur les complots se tramant à Central... Une alliance avec Briggs était donc bien possible ? Leurs deux divisions se complétaient. L'Est était spécialiste des attaques, Briggs de la défense. Chacun avait des points forts pour compenser les points faibles de l'autre.

– Ils nous croient ? demanda-t-elle plus bas, au bout d’un moment. Parler de cela ici n’est pas... dangereux ? Il y a toutes les personnes qui pourraient nous radier en quelques secondes rassemblées dans cette salle. Je commence à culpabiliser un peu...

– C'est juste un avertissement, Riza, chuchota-t-il. "Si vous vous retournez contre nous, vous en paierez le prix". La Loi du plus fort. C'est comme ça que les choses fonctionnent à Briggs.

Allant vers le buffet, il demanda deux verres de jus d'orange, un pour lui et un pour Riza, préférant ne pas boire et garder les idées bien claires, ce soir. Le serveur, habillé d'une chemise blanche avec une cravate noire, lança un sourire en disant qu'il leur servait cela tout de suite. Roy le remercia, prenant les verres qu'il lui tendit puis en apporta un à Riza, posant le sien sur le coin du buffet à côté d'eux. Il discutait avec elle d'un tout autre sujet, attendant qu'elle se reprenne et se sente un peu mieux, lorsqu'il sentit tout à coup un regard focalisé sur sa nuque. Se retournant, il vit, avec surprise, Bradley arriver vers eux, très martial lui aussi, seul à porter son uniforme militaire au milieu de tous ces hommes et femmes en tenues de soirées. Même Armstrong avait fait l'effort de se vêtir comme une femme, pour cette nuit.

– Puis-je vous parler un instant, Colonel ?

– Bien sûr, votre Excellence.

Roy mit les deux mains derrière son dos, adoptant lui aussi une attitude plus stricte que ce que la soirée exigeait, même s'il n'était pas officiellement en service. Il n'aimait pas le regard du Président, ayant l'impression d'être étudié comme un vulgaire objet, en cet instant. Que voulait-il qui ne puisse pas attendre la reprise du service normale, soit le lendemain ou les jours suivants ?

– Demain, vous partez en mission avec trois autres alchimistes d'Etat, dans les montagnes de Briggs. Vous irez traquer Scar. Lorsqu'il saura que vous êtes dans les parages, il viendra à vous, attaquer, se venger. Profitez-en pour le capturer ou le tuer. Vous partez en train dès la première heure.

Il... Le Président ajouta d'un ton plus sec qu'il devait être demain dès sept heures à la gare de central, en tenue et préparé pour une mission de plusieurs jours, au second quai, puis repartit vers d'autres officiers, le laissant planté là. Donc c'était cela, son nouveau plan, qu'ils servent d'appâts ? Et qui étaient les trois autres alchimistes d'état ? Pinçant un peu les lèvres, il revint près de Riza, prenant son verre en buvant une petite gorgée. Traquer Scar dans les montagnes de Briggs... Si les hommes du forts ne l'avait pas encore trouvé, aucune chance qu'eux-mêmes y parviennent, toute la stratégie consistait à tirer Scar de sa cachette, qu'il se déplace lui-même les attaquer. Riza avait pâli, il le remarqua en s'asseyant sur une chaise près de son fauteuil.

– Ce n'est pas moi qui risque de mourir de froid dans les montagnes, tu sais, lui dit-il avec un faible sourire. Tu te sens un peu mieux ? Je pense qu'on peu s'esquiver chez nous, maintenant, surtout si je pars demain matin.


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MessageSujet: Re: Premier bal   Mar 1 Déc 2015 - 0:42

Roy – C'est juste un avertissement, Riza, chuchota-t-il. "Si vous vous retournez contre nous, vous en paierez le prix". La Loi du plus fort. C'est comme ça que les choses fonctionnent à Briggs.

Riza grimaça avant de hocher la tête, suivant Roy du regard jusqu’au buffet où il commanda à boire pour eux deux. Ordinairement, elle prenait une boisson alcoolisée dans ce genre de situation mais, étant enceinte... Mieux valait l’éviter, Hughes et sa future belle-mère en feraient une crise cardiaque. Qui plus est, elle éprouvait déjà de grandes difficultés à marcher normalement dans cette tenue, rajouter de l’alcool là-dedans serait du suicide pur et simple. Elle balada ensuite son regard sur le reste de la salle, observant les couples valser, valser, valser jusqu’à en perdre la tête sans sembler fatigués. Ils tenaient toujours debout, lui donnant le tournis alors qu’elle-même était assise. Comment faisaient-elles pour danser... ? C’était impossible ! Et dire que les filles apprenaient à marcher, se promener, faire les courses tous les jours affublées de tels vêtements sans pouvoir respirer, sans que cela ne les dérange. Elles ne pouvaient même pas courir ! Comment faisaient-elles pour se baisser ? Comment faisaient-elles pour vivre tout simplement ?

Roy revint vers elle avec les deux verres, lui en tendant un qu’elle prit en le remerciant. Un verre de jus d’orange, oui, très bonne idée. Riza but plusieurs petites gorgées pour se rafraîchir un peu, laissant le liquide froid couler dans sa gorge. Ils restèrent un moment à côté du buffet, elle toujours assise, à discuter de tout et de rien comme ils en avaient pris l’habitude depuis qu’ils étaient ensemble. Avant, leurs discussions tournaient très souvent autour du boulot, parfois autour de sorties ou de missions spéciales, mais jamais à des sujets banals comme ceux qu’ils avaient en cet instant précis. Au même moment, Riza réalisa que Bradley regardait Roy avec beaucoup d’insistance, se rapprochant de lui alors qu’ils ne faisaient absolument rien sinon discuter. Elle allait le prévenir lorsque lui aussi se retourna, ayant sans doute senti le regard du Président sur son cou. Très rassurant... Il avait... Mais non, c’était stupide, cela remontait à deux semaines en plus. Le lieutenant déposa son verre, faisant l’effort de se redresser tant bien que mal pour se mettre droite face au Président. Il se retrouva bientôt à côté d’eux, le stress et la nervosité se répandant à travers tout son corps. Que se passait-il ?

Président – Puis-je vous parler un instant, Colonel ?

Roy – Bien sûr, votre Excellence.

Riza adopta la même position que Roy sans même s’en rendre compte, retenant sa respiration malgré elle, terrorisée à l’idée qu’il veuille parler à son supérieur à cause de ce qu’ils avaient dit. Mais non, du calme, il venait sûrement pour autre chose. N’est-ce pas ? Elle sentit une goutte de sueur, très petite, commencer à couler le long de sa tempe tandis qu’elle attendait le verdict. Elle s’attendait presque à l’entendre appeler des soldats pour venir l’arrêter... Mais nooon, stop ! Ils avaient interrompus leur discussion, Bradley pouvait très bien venir pour autre chose. Une mission, un rappel à l’ordre, prendre des nouvelles sur son état de santé maintenant qu’il était sorti... Plein de choses, plein de possibilités. Pourquoi avoir peur ? C’était stupide.

Président – Demain, vous partez en mission avec trois autres alchimistes d'Etat, dans les montagnes de Briggs. Vous irez traquer Scar. Lorsqu'il saura que vous êtes dans les parages, il viendra à vous, attaquer, se venger. Profitez-en pour le capturer ou le tuer. Vous partez en train dès la première heure.

... Servir d’appât à Scar ? Riza pâlit au fur et à mesure que le Président parlait, édictait ses ordres d’un ton incroyablement neutre et froid comme de la glace. A moins que ce ne soit une impression parce qu’il envoyait les alchimistes à Briggs... Servir d’appât... Mais Roy venait tout juste de se remettre de blessures qui auraient pu causer sa mort à cause de ce tueur ! Elle n’écouta qu’à peine les dernières paroles, les enregistrant par réflexe mais son attention était focalisée sur Roy et le tueur. Il ne serait même pas dans son élément... La glace, la neige, il ne serait pas à l’aise là-bas. Il ne pourrait pas se défendre comme il l’avait fait ici, il devrait compter entièrement sur les autres alchimistes. D’accord, il restait le vent, mais le vent du Nord était-il prévisible ? Pouvaient-ils prévoir sa direction comme ici ? Si leurs informations étaient justes, Scar était dans le nord depuis des semaines, il avait eu le temps de s’acclimater... Désolée, mais non, elle ne pouvait pas être rassurée. Roy s’installa à côté d’elle, sur une chaise, dès que le Président fut parti. Elle revoyait encore le sang sur le sol, sur son torse, le sol éclaté de partout... Riza essaya de lui sourire lorsqu’il la regarda mais sans succès.

Roy – Ce n'est pas moi qui risque de mourir de froid dans les montagnes, tu sais, lui dit-il avec un faible sourire. Tu te sens un peu mieux ? Je pense qu'on peu s'esquiver chez nous, maintenant, surtout si je pars demain matin.

Riza – Je n’ai pas dit le contraire... Rentrons, tu dois te reposer.

Riza se redressa à nouveau avec son aide et ils partirent, saluant les personnes qu’ils connaissaient. Durant le trajet jusqu’à l’hôtel, elle ne put s’empêcher de lui lancer de petits coups d’œil, comme si c’était une des dernières fois qu’elle le voyait. Oui, elle avait promis. Oui, il le lui avait ordonné... Ordre qu’elle avait toujours en travers de la gorge, d’ailleurs, surtout en cet instant précis. Elle resta parfaitement silencieuse, ne répondant que par des réponses courtes pour finir par se forcer à répondre naturellement. Allez, on se reprend ! Il ne devait pas s’inquiéter, il partait demain et devait avoir l’esprit dégagé, à Briggs et pas à East City ou à Central. Riza lui attrapa la main alors qu’ils étaient dans la voiture, la lui serrant en essayant de lui sourire. Tout allait bien se passer. N’est-ce pas ? Il allait revenir, entier, indemne et sans blessure grave. Malgré elle, son regard se reporta sur son torse, endroit où ses cicatrices étaient encore nettement visibles lorsqu’il était déshabillé. Non, il n’en aurait pas de nouvelles.


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