Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Chasse à l'homme

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Tim Marcoh

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MessageSujet: Chasse à l'homme   Mar 1 Déc 2015 - 12:11

Un sifflement strident et très désagréable rugit dans toute la gare lorsque le train fila le long du quai, prenant le départ pour la région Est. Marcoh grimaça un peu en se frottant 'oreille, une main serrée sur son sac, ramenant les pans de son manteau noir sur lui pour dissimuler son uniforme, bien qu'il n'y ait aucune raison valable. Ils étaient à Central, ici, l'armée n'était pas mal vue, du moins pas autant que dans les différentes régions. Les militaires faisaient partis du décor, comme les voitures ou les immeubles, on les voyait sans les voir, en quelque sorte. Esquivant tout un groupe, il continua de suivre le commandant Armstrong vers le quai numéro un, celui d'où partait le train de ce matin pour North City. Un quai bien plus vide que tous les autres, la capitale de la région Nord n'étant pas la plus attirante, surtout depuis "l'accident" du train blindé de l'armée. Pride avait toujours autant de force, rien n'avait changé de ce côté-là... Comme si ce genre de tour de force allait réussir à effrayer les combattants de la forteresse, il faudra bien plus que ça pour les intimider. Soupirant un peu, il s'arrêta près du train, posant son sac au sol, avec le commandant. Il était encore très tôt.

– Voilà le Colonel et Edward, là-bas.

Ce garçon était... alchimiste d'état ? Il était bien jeune ! Quel âge avait-il ?! Tim écarquilla un peu les yeux en le détaillant, assez choqué que l'armée ait accepté qu'un enfant intègre ses rangs, il ne semblait pas avoir quinze ans. Les regardant approcher, Marcoh détailla le garçon. Il portait un manteau rouge, des cheveux blonds aussi longs que ceux d'une femme et attachés en tresse, des gants blancs. Il était plutôt petit, par ailleurs. Roy, lui, n'avait pas changé. Marcoh ne les salua que du bout des lèvres, au contraire du commandant qui avait l'air très heureux de les voir ce matin, comme si rien au monde ne pouvait être plus joyeux que cette rencontre. Il n'y avait vraiment pas de quoi être joyeux, pourtant ! Ils n'étaient que quatre petits chiens de l'armée, voués à être utilisés comme de vulgaires pantins dans le but de faire souffrir la population d'Amestris, de tuer, encore et toujours, afin de noyer ces terres de sang. Qu'on lui donne une seule bonne raison de sourire en sachant cela. Ils purent monter dans le train, dans un compartiment à l'écart, à l'avant du train, à côté de la pièce abritant les postes de radio. Le docteur ne cessait de lancer des regards en coin au petit alchimiste, sidéré qu'il ait pu réussir l'examen à son âge. Depuis quand Bradley laissait-il des gamins passer cet examen, simplement, pour commencer ?

– Nous devons d'abord nous rendre au quartier général de North City, dit-il pour le commandant Armstrong lorsqu'il demanda par où ils commençaient. Afin que leurs troupes sachent que nous allons évoluer dans les montagnes, qu'ils ne croient pas à des espions ou que sais-je encore.

S'asseyant, il regarda de nouveau le jeune garçon, pensif, avant de détourner le regard lorsque le train démarra. En route pour le Nord. Un silence assez pesant s'installa dans leur compartiment, ce qui était assez logique, que dire dans pareille situation ? Ils partaient servir d'appâts, dans une chasse à l'homme, pour capturer ou tuer. Retrouver le commandant Madless, également... Marcoh tira la fiche qu'il avait sur lui de son sac, observant sa photo. Victor Madless. Même les clichés qu'on avait de lui montraient son regard égaré, son attitude étrange. Marcoh espérait très fortement qu'on ne le retrouve pas, il était bien plus en sécurité avec Scar qu'avec l'armée. Il ignorait ce que Bradley voulait faire de cet homme et de ceux qu'il appelait "sacrifices" mais dans tous les cas, Madless devait rester au loin. Pourvu que Scar ait eu la bonne idée de le cacher dans les montagnes, de le laisser là où personne ne pourra lui remettre la main dessus, que le commandant lui-même ne tente pas de s'échapper, quoi qu'il arrive. Evidemment, être prisonnier n'était pas une situation reluisante, sauf lorsqu'il valait mieux être enfermé qu'être entre les mains du président.

– Pensez-vous que nous allons le retrouver ? demanda Armstrong, assis à côté de lui les bras croisés, en se penchant pour regarder la photo.

– J'ose espérer que non, murmura le docteur.

– Allons, docteur ! Nous devons le délivrer, il a été enlevé !

– Il est déjà délivré, en étant loin de l'armée.

Passant la photo au jeune Edward pour qu'il se puisse faire une idée du genre de personnage, il ne répondit pas au regard éberlué que lui lança le commandant, s'appuyant contre le dossier du siège. Son regard s'assombrit un peu plus, rageant d'être de nouveau le jouet du Président, d'être contraint à obéir afin de ne pas risquer la vie de tous ceux qu'il aimait, ceux qu'il avait aidé, soigné, ceux qui l'avaient accueilli comme un des leurs sans se poser la moindre question. Cette situation était parfaitement insupportable. Grinçant un peu des dents, il porta le regard sur le blondinet, assis face à lui, toujours perplexe.

– Pourquoi es-tu devenu Alchimiste d'Etat ? A ton âge ? Je ne comprend pas ce qui peut bien t'attirer dans l'armée...


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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme   Sam 19 Déc 2015 - 19:08

– QUOI ?! hurla Edward en pointant le colonel du doigt, indigné. Pourquoi je devrai être protégé par VOUS ?!

Tous les clients présents dans la salle du restaurant de l'hôtel se tournèrent vers eux, semblant à la fois ahuri et indigné qu'un jeune blond avec une tresse soit en train de hurler face à un militaire, militaire qui lui rendit un regard parfaitement blasé en buvant son café, l'air très peu concerné par toute cette agitation. Edward ne faisait même pas attention au lieutenant, assise aussi à la table, écœuré depuis qu'il savait que Mustang devait "veiller sur lui" durant cette mission car il était "très jeune". C'était n'importe quoi, il était parfaitement capable de se débrouiller seul, il n'avait pas besoin de nounou ! Surtout lui ! Surtout ce sale type fourbe et manipulateur, ce qu'il prit bien soin de lui cracher à la figure, insistant sur le fait qu'il n'avait pas besoin qu'un serpent vienne l'épier dans le dos. Mustang haussa les sourcils, un sourire étirant ses lèvres.

– Tu sais que je pourrai t'expédier en cour martiale, pour ça ?

– Eh ! vous avez pas le droit, d'abord !

– Tu sais très bien que si, sourit-il en buvant une plus longue gorgée de café. Alors n'aggrave pas ton cas.

– Je n'ai quand même pas besoin de nounous ! On va simplement dans le Nord, où est le danger ?

– Tu es sérieux, en demandant ça ... ?

Et bien quoi, c'était vrai ! Ils n'avaient aucune chance de retrouver Scar au milieu des montagnes et encore moins le commandant, le tueur ne sera jamais assez fou pour venir s'attaquer à eux comme ça, il saura que c'est un piège pour l'attirer et le vaincre ! S'il avait pu survivre et se défendre jusqu'ici, c'est qu'il n'était pas idiot au point de tomber dans un piège aussi gros. Le colonel tendit tout à coup le bras pour saisir le sien et le forcer à s'asseoir, indifférent à son grognement de protestation. Eh, c'est bon, il était très bien debout ! Manquant de trébucher sur sa valise, le se dégagea vite fait, avec un soupir, voulant juste se barrer d'ici en vitesse. Même la compagnie du commandant Armstrong était préférable. Mais le colonel avait l'air furieux, le lieutenant choquée. Décidément, il ne leur en fallait pas beaucoup ! Edward croisa les bras, très peu disposé à être de bonne humeur ou même conciliant, pas alors qu'il allait avoir le colonel sur le dos pour une mission comme celle-ci. Enfin, au moins, ce n'était pas une mission comme Ishbal. Edward ne l'avouera jamais mais lorsqu'on l'avait appelé, il avait bien failli fondre en larmes de peur d'être envoyé sur un truc de ce genre, mais non, cela concernait le tueur. Jamais il n'avait éprouvé un tel soulagement, de sa vie entière, être utilisé dans une mission de massacre était son cauchemar le plus atroce.

– On ne part pas en excursion scolaire ! Tu es au courant que tu es dans l'armée, plus à l'école ?

– Grâce à qui, on se le demande.

C'était lui qui était venu le voir, lui qui l'avait engueulé comme un malpropre, lui qui lui avait parlé de l'armée, lui qui l'avait autant poussé à s'engager comme alchimiste d'Etat ! Sans lui, s'il n'avait jamais passé le seuil de cette maison, jamais Edward n'aurait eu cette idée ! Il s'était fait complètement manipuler ce jour-là, mais soit, ce qui était fait était fait. Il se renfrogna encore plus, ayant presque envie de lui tirer la langue comme un gamin, ne se retenant que parce qu'il y avait du monde autour d'eux. Le colonel avait juste soupiré, reposant sa tasse en mettant correctement sa veste. Edward lui jeta un regard en biais, sourcils froncés.

– Ça ne vous gêne même pas, vous, qu'on vous utilise comme une arme ?

– Viens, soupira-t-il en se levant, on ne doit pas être en retard.

Comment esquiver la question, ça au moins, c'était fait. Edward lui fit une grimace dans son dos, suivit par un sourire angélique et parfaitement innocent pour le lieutenant. Il y avait des avantages à être un enfant, parfois, on ne vous demandait pas la même maturité qu'à un adulte. Le lieutenant se contenta de lever les yeux au ciel, pendant qu'il accélérait pour rattraper le colonel, quittant la salle. Bon, pourvu que cette mission ne dure pas non plus un mois, il n'aimait pas laisser Al et Winry à l'écart comme ça, surtout qu'ils allaient forcément s'inquiéter, même s'il n'y avait pas de raison. Sur le chemin, il ne sortit pas un seul mot, les dents serrés, entrant dans la gare avec une mauvaise volonté évidente. Le commandant Armstrong, très facilement repérable, les salua avec enthousiasme lorsqu'ils approchèrent, à côté d'un autre homme plus âgé qu'Edward n'avait jamais vu. Il fut présenté comme le docteur Tim Marcoh, l'alchimiste de Cristal. Edward hocha vaguement la tête pour dire bonjour, grimpant ensuite dans le train. Une fois dans leur compartiment, il rangea sa valise puis se laissa tomber sur la banquette, à côté du colonel et face au docteur. Fourrant les mains dans ses poches en croisant les jambes, il se laissa un peu aller contre le dossier de la banquette, pendant que le commandant demandait par quoi ils devaient commencer. Bah, fouiner dans les montagnes et se faire voir pour attirer le tueur, sachant qu'il n'était sûrement pas assez débile pour tomber dans ce genre de piège.

– Nous devons d'abord nous rendre au quartier général de North City. Afin que leurs troupes sachent que nous allons évoluer dans les montagnes, qu'ils ne croient pas à des espions ou que sais-je encore.

Ouais, ouais, bon... Ce sera inutile, de toute façon. Le train siffla puis démarra, dans un soubresaut, sortant de la gare puis prenant de plus en plus de vitesse, filant droit vers le Nord. Edward se frotta un peu les yeux, très peu matinal, et encore plus dans les transports. Il dormait toujours plus longtemps que ceux de son âge, habitué des siestes dans les trains ou en voiture, le cahotement du train le berçait. Le silence s'était installé, ce qui ne le dérangeait absolument pas, bien au contraire, commençant à somnoler. Tranquillité, calme, douceur, harmonie, quiétude, doux, chaud, maman. I ferma les yeux une minute puis tâcha de se reprendre. Dormir devant son frère et Winry, c'est bon, il avait l'habitude, mais dormir devant ces trois-là, il passerait pour un môme de deux ans. Face à lui, le docteur regardait des bouts de papier, papiers qui s'avéraient être des photos en fait.

– Pensez-vous que nous allons le retrouver ? demanda Armstrong, assis à côté de lui les bras croisés, en se penchant pour regarder la photo.

– J'ose espérer que non, murmura le docteur.

Non ? Hein ? Pourquoi ? Edward lui jeta un regard un peu ahuri, les bras croisés, commençant à pencher dangereusement, la tête appuyée contre le dossier de la banquette. Pas confortable, quand on était assis, c'était mieux de s'allonger en pliant un peu les jambes. Heu, bref, pourquoi il ne voulait pas délivrer Madless, au juste ? Edward était toujours déçu et frustré de ne pouvoir lui parler, l'interroger, il avait bien trop perdu l'esprit pour ça.

– Allons, docteur ! Nous devons le délivrer, il a été enlevé !

– Il est déjà délivré, en étant loin de l'armée.

Edward ne comprenait pas, cette fois. Il prit mécaniquement la photo qu'on lui tendait, y jetant un coup d'œil. Ouais, même là-dessus, il n'avait pas l'air vraiment net. Son regard était un peu bizarre... Déposant la photo à côté de lui, il remarqua alors que le docteur le dévisageait, pensif et perplexe. Edward avait une tâche sur le nez ? Il leva la main pour le frotter, dans le doute, vérifiant aussi que ses cheveux ne s'étaient pas détachés. Il les aimait bien long, lui, même si de dos, on le prenait parfois pour une fille. Il les laissait pousser depuis la mort de sa mère, par goût, les nouant toujours en tresse.

– Pourquoi es-tu devenu Alchimiste d'Etat ? A ton âge ? Je ne comprend pas ce qui peut bien t'attirer dans l'armée...

– Et bien, heu... Je fais des recherches sur pas mal de choses et j'ai accès à plus de ressources, grâce à l'armée.

N'ayant pas envie de s'étendre sur le sujet, il se contenta donc d'hausser les épaules, n'étant de toute façon pas très concentré. Retombant contre le dossier de la banquette, il referma les yeux, se laissant bercer par le train, sans plus penser à rien, tombant sans même s'en rendre compte dans les bras de Morphée. Il devait bien s'être passé trois ou quatre heures lorsqu'une main vint lui secouer l'épaule pour le réveiller. Hébété, Edward ouvrit les yeux avec une certaine difficulté, réalisant ensuite brutalement qu'il avait la tête posée sur les genoux du colonel. Il se redressa d'un bond, comme s'il venait de recevoir un électrochoc, sautant sur ses pieds en enfilant son manteau en moins de deux secondes, les joues écarlates et sans regarder qui que ce soit. Allez, c'est bon, on descendait sur le quai ! Il se racla la gorge, sortant le premier du compartiment puis du train, s'insultant mentalement de tous les noms, rougissant encore plus lorsque le commandant Armstrong lui dit avec un sourire attendri qu'il n'avait pas à avoir honte, étant encore un enfant. Enfant ou pas, c'était le coloneeel ! Pourvu que personne ne sache jamais ça.

– Et là, on va où et on fait quoi ? grinça-t-il en détaillant la gare de North City. Je vous suis, hein.


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme   Dim 10 Jan 2016 - 22:45

Ils n'auront guère besoin de rester longtemps à North City, simplement le temps de régler certaines formalités, se rendre sur le lieu de l'attaque, et à partir de là, se mettre en chasse. Roy jeta un coup d'œil par la fenêtre, voyant les derniers passagers se presser sur le quai puis grimper dans le train, déposant sacs et valises avant de refermer les portières. Le convoi trembla en sifflant, démarrant dans un crissement et un nuage de vapeur, quittant la gare en prenant de plus en plus de vitesse. Très bien, en route. Marcoh avait sorti un petit dossier et des photos du commandant Madless, gardant une expression indéchiffrable. Il n'avait qu'à peine ouvert la bouche, difficile de savoir à quoi il songeait. Le commandant Armstrong, lui, ne semblait pas affecté par l'ambiance assez morne qui planait sur le wagon, souriant un peu, les bras croisés, aussi détendu qu'à son habitude. Quant à Edward, si énervant et agaçant tout à l'heure, il sombrait de plus en plus dans le sommeil, se frottant les yeux en s'étirant. Incroyable, comment pouvait-il passer de puceron hurlant à gamin endormi en aussi peu de temps ? Roy leva les yeux au ciel en enfilant ses gants où étaient tracés ses cercles alchimiques, pendant que le train quittait la périphérie de Central pour s'enfoncer dans la nature.

– Pensez-vous que nous allons le retrouver ? demanda le commandant Armstrong, assis à côté de lui les bras croisés, en se penchant pour regarder la photo.

– J'ose espérer que non, murmura le docteur.

Espérer que non... Leurs soupçons se confirmaient, Marcoh en savait nettement plus qu'eux tous réunis, sur ce qui se trafiquait dans cette armée. Roy croisa les mains en lui jetant un long regard de biais, regrettant qu'il le considère comme un ennemi, il ne pouvait pas l'interroger ni lui parler librement. Le commandant avait l'air choqué, Edward plutôt perdu. Enfin, comprenait-il seulement ce qui se tramait ? Il s'endormait à vitesse grand V. Roy faillit lui dire de se redresser un peu, au minimum, puis laissa tomber.

– Allons, docteur ! Nous devons le délivrer, il a été enlevé !

– Il est déjà délivré, en étant loin de l'armée.

Scar allait-il mordre à l'hameçon ? Le piège était gros mais Marcoh et Roy faisaient parti du groupe, ce pouvait être suffisant pour appâter le tueur. Soupirant un peu, il reporta le regard au-dehors, regardant défiler le paysage sans rien dire. Marcoh venait de donner une photo à Edward, seul d'eux quatre à n'avoir jamais vu Madless. L'emmener sur une mission pareille, Roy avait vraiment tiqué lorsqu'il avait su ça. C'était encore un gamin ! Enfin, c'était toujours mieux que de l'envoyer en pleine guerre, après tout. Il se frotta les yeux en s'asseyant un peu mieux sur la banquette, remettant machinalement en place deux boutons de son uniforme. Du coin de l'œil, il remarqua que Marcoh n'avait de cesse de dévisager le jeune alchimiste. Qu'est-ce qui lui prenait ? Edward était assez connu, son âge avait fait des émules, lorsqu'il avait obtenu la place. Beaucoup parlaient de lui, on le considérait comme un génie pour avoir obtenu le diplôme si jeune, même si beaucoup accusaient l'armée d'être indignes pour engager un gamin, qu'ils "profitaient" de lui. Roy échangea un bref regard avec le commandant, espérant que tout allait bien se passer, malgré leur groupe très hétéroclite.

– Pourquoi es-tu devenu Alchimiste d'Etat ? A ton âge ? Je ne comprend pas ce qui peut bien t'attirer dans l'armée...

– Et bien, heu... Je fais des recherches sur pas mal de choses et j'ai accès à plus de ressources, grâce à l'armée.

Oui, ça, et chercher la pierre philosophale pour réparer la plus monstrueuse erreur de toute son existence, avec son frère. Il s'était écoulé un petit moment lorsqu'un pois s'abattit tout à coup contre Roy, alors qu'il observait le paysage, tournant la tête en croyant qu'un sac était tombé sur la banquette puis écarquillant les yeux en voyant Edward contre son épaule, les yeux fermés et la respiration plus profonde. Eh, debout, un peu d'énergie ! Il glissa encore et le colonel le rattrapa de justesse, le laissant atterrir la tête sur ses genoux, profondément endormi. D'accord... Il l'appela deux ou trois fois, sans succès, Edward n'avait pas l'air décidé à ouvrir les yeux. Il lui dormait dessus ! Il... Le commandant se mit tout à coup à rire et se jeta sur ses pieds pour tirer un petit appareil photo de sa valise. Tss... Le gamin allait le tuer, s'il apprenait ce qu'il voulait faire. Il bougea un peu dans le sommeil puis lui attrapa la manche de son uniforme, obligeant Roy à laisser sa main près de lui, comme une peluche. Le commandant se mit aussitôt à prendre quelques photos, fondant sur-place en répétant que c'était vraiment très mignon. "Mignon", quand même, il était en train de dormir sur ses genoux, là.

Ne pouvant pas se dégager, Roy fut contraint de rester comme ça tout le reste du voyage, ne parlant que peu avec le commandant, s'appuyant dans le coin de la banquette. Aucun soubresaut ni sifflement du train ne semblait pouvoir réveiller Edward. Il était toujours ainsi, en voyage ? Ce n'est qu'en arrivant enfin à la gare de North City, quelques heures plus tard, qu'il le secoua avec bien plus de vigueur par l'épaule pour le réveiller. Allez, hop ! Le petit rouvrit péniblement les yeux puis bondit tout à coup avec tant de vivacité et de force que tout le monde dans le wagon eut un mouvement de recul, surpris et bouche bées, regardant le petit qui enfila son manteau à la vitesse de l'éclair avant d'attraper sa valise et se jeter hors du wagon. D'accord, bon, ce devait être normal, avec lui. Roy se leva à son tour en enfilant son manteau, prenant ses propres affaires avant de sortir avec les autres. Edward attendait sur le quai, les joues écarlates, ce qui s'accentua encore lorsque le commandant rit en lui lançant qu'il était encore un enfant et ne devait pas avoir honte. Ouais, mais bon, s'il pouvait s'endormir sur quelqu'un d'autre, la prochaine fois, tout de même.

– Et là, on va où et on fait quoi ? grinça-t-il en détaillant la gare de North City. Je vous suis, hein.

– On doit se rendre au QG Nord, pour commencer, répondit Roy en leur faisant signe de le suivre. Venez, ce n'est pas très loin, la ville est plus petite que les autres capitales de région.

Il avait cessé de neiger et, Ô miracle, un grand soleil et un magnifique ciel bleu surplombaient la ville. North City était taillé dans la roche, les briques rouges, les mirs noircis par la fumée des trop nombreuses cheminées. Presque toutes les maisons étaient surélevées, on y accédait par quelques marches et un perron croulant de neige. Il y avait plus de voitures qu'à East City, ce qui était plutôt étrange étant donné que la ville était bien moins grande. Ils avançaient en prenant garde à ne pas glisser sur les trottoirs enneigés, faisant un peu tâche avec leurs uniformes couverts par des manteaux lambda, il était impossible de les rater comme des soldats d'autres divisions. Ils arrivèrent assez rapidement au QG, après avoir traversé une grande place ronde, avec des colporteurs, des marchands ambulants vendant des marrons chauds et quelques promeneurs. Le froid était mordant, ce qui n'avait pas l'air de tant déranger les riverains. Une fois à l'intérieur du QG, ils commencèrent par se présenter à l'accueil, afin de déposer leurs affaires au dortoir puis qu'on les conduise au lieu de l'enlèvement du commandant. Le secrétaire eut une grimace lasse lorsqu'ils parlèrent du commandant Madless. L'homme devait être apprécié, ici.

Une fois les valises déposées au dortoir, qui semblait bien grand pour un nombre très limité de lits occupés, ils revint dans le hall d'accueil en attendant le sous-lieutenant qui devait les guider jusqu'au lieu de l'attaque. Edward, avec son manteau rouge spécial hiver, ne passait pas particulièrement inaperçu, il aurait tout de même pu prendre autre chose ! Enfin soit. Il descendait les escaliers lorsqu'il entendit un glacial "Que fiches-tu à North City, toi ?", qui lui fit tourner la tête. La générale descendait, les deux mains dans les poches, juste derrière eux, accompagnée de quatre officiers, l'air pincé, voire un peu blasé, comme s'il était un nouveau problème venant d'arriver sur son chemin. Le colonel la salua poliment, répondant qu'ils étaient là pour Scar et le commandant Madless. Elle ne regarda même pas son frère, à peine Edward, jeta un regard un peu plus long et froid à Marcoh puis le regarda de nouveau, comme s'il était une tâche de boue sur ses bottes. Charmant, cette ville et ce QG respiraient la joie de vivre et la bonne humeur, on s'y sentait tellement bien.

– Ne fous pas le bordel dans nos montagnes, grinça-t-elle avant de partir, avec ses collègues.

Aucun souci, Roy n'avait pas l'intention de rester plus longtemps que nécessaire dans le Nord, il avait déjà eu son compte avec cette région lors des manœuvres accueillies ici. Dès que leur guide du jour fut arrivé, ils purent se mettre en route, aller jusqu'au lieu de l'attaque, à une dizaine de minutes de marche de la ville. Ils grimpèrent sur les premiers contreforts d'une montagne, voyant parfaitement bien la capitale de région à l'horizon, en contrebas. Une fois arrivé, ils virent tout de suite qu'il ne restait presque rien à examiner. Excepté la route encore fendu, tout le reste avait été enseveli sous la neige. Roy se baissa pour observer la faille du chemin, reconnaissant ce type d'attaque. Bien, à présent, tenter l'impossible et voir s'ils parvenaient à mettre la main sur Scar. Laissant le sous-lieutenant retourne en ville, il se tourna vers les montagnes, déterminé bien qu'il sache que c'était couru d'avance. Maintenant qu'ils étaient là, en route pour s'enfoncer dans les montagnes de Briggs.


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Scar

Moine guerrier

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MessageSujet: Re: Chasse à l'homme   Dim 17 Jan 2016 - 0:38

– C'est l'armée ? souffla May d'une petite voix en serrant son chat contre elle, dans le creux de ses bras.

– Oui.

– Ils vous veulent du mal ?

– Ne t'occupe pas de ça. Je vais m'occuper de ce problème.

Elle lui jeta un long regard, frissonnante, pliée en deux à cause du vent, jetant un regard au commandant qui était assis contre un rocher,non loin d'eux. Voilà plus d'un mois qu'il l'avait enlevé, un mois qu'ils étaient activement recherchés, un mois que tout le pays était en état d'alerte. Le vent fit claquer un pan de son manteau, comme une aile de chauve-souris, le cernant de toutes parts alors qu'il restait debout et très droit, bravant le froid et les éléments, le regard fixé sur les quatre silhouettes, sur la route. Quatre alchimistes, cette fois, au lieu des patrouilles habituelles. Quatre... Si ses victimes se présentaient à lui sans qu'il n'ait besoin de venir les chercher, à présent. Le commandant se leva en titubant, parlant tout seul avec ses autres "lui" qui lui remplissaient le crâne. Scar n'était pas certain qu'il ait toujours conscience d'avoir été enlevé. Il les suivait sans aucune résistance, y prenant même un certain plaisir, parfois, comme s'ils étaient des amis de longue date. Ce type marchait avec eux, parlait parfois dans ses moments de lucidité, se souvenant de temps à autre qu'il faisait parti de l'armée et oubliant la minute suivante. Il lui avait procuré d'autres vêtements que cet odieux uniforme, afin de se déplacer plus vite sans être vus. Il se leva pour regarder en contrebas, les bras serrés autour de lui.

– On mange bientôt ?

Bientôt, c'est cela. Il lui dit de continuer avec May jusqu'à la prochaine étape prévue et d'attendre là-bas, il les rejoindra plus tard. La petite fille prit la main du soldat puis partit avec lui, jetant régulièrement des regards en arrière. Parfait, à présent... Scar rajusta son manteau puis se mit en route à son tour, sur la piste de ses nouvelles proies. Il les suivit tout le reste de la journée, à distance, afin de les observer, les détailler, les espionner. Il y avait la proie qu'il avait manqué de justesse, l'alchimiste de flammes, celui du désert d'Ishbal... Un autre, grand et costaud, avec un air naïf. Un gamin avec un manteau rouge, qui marchait avec une certaine difficulté, grimaçant en se tenant le bras, à l'écart des trois autres. Puis le dernier soldat, plus âgé, que Scar n'avait jamais vu. En les écoutant, il apprit qu'ils fouillaient les environs depuis deux jours. Le moine Ishbal garda ses distances en les espionnant, écoutant leurs conversations, afin d'en apprendre au maximum, les suivant sans qu'ils le réalisent. Ils entrèrent dans un nouveau village minier abandonné, comme il en existait tant. Le gamin traînait de plus en plus, éprouvant des difficultés à marcher, grimaçant de douleur dans le dos des trois autres.

Scar était en veine, si on pouvait dire. Ces quatre-là étaient désavantagés. Le lance-flamme ne pouvait utiliser son alchimie destructrice sous peine de créer une avalanche et devra se contenter des créations de base. Le gamin Elric était blessé, ou malade, une proie facile. Le moine du désert avait beaucoup entendu parler de lui, il était un des alchimistes d'Etat dont il devait se débarrasser en priorité. Rasant les murs, il continua d'observer les quatre soldats, focalisant plus particulièrement son attention sur le mioche. Etant donné son âge, il lui offrira une mort rapide. Scar se prépara, repoussant ses lunettes noires sur son nez, grimpant au second étage d'un immeuble délabré pour avoir une vue dégagée et préparer son attaque. Ses futurs proies avançaient, peu à peu, dans la rue où il les attendait. Dès qu'ils furent arrivés à bonne hauteur, Scar plaqua sa main au sol avec violence, détruisant toute la façade en l'explosant de l'intérieur, les débris de pierre et de fer chutant sur les quatre soldats. Le plus grand et costaud frappa quelques débris de son poing pour les détruire, criant aux autres de se mettre à l'abri. Scar serra les dents, les poings contractés, en sautant plus bas.

La destruction de l'immeuble sur leurs têtes les avaient obligés à s'éparpiller pour ne pas recevoir les débris. Scar plongea puis se jeta directement sur le plus jeune, la rage au ventre, dépourvu de toute once de remords. Le gamin avait les yeux écarquillés, essayant de frapper ses mains l'une contre l'autre. Pas assez rapide. Scar fusa, l'attrapa par le bras avec brutalité, prêt à le tuer, l'écraser dans son propre sang, lâchant une exclamation lorsque ce ne fut pas de la chair qui fut détruite mais du fer. Un automail. Il jeta les bouts dans la neige, face au gosse, frappant à nouveau en visant sa tête puis dû reculer brusquement lorsque d'énormes piques de fer jaillirent vers lui, le forçant à sauter sur le côté pour esquiver. Rageur, il fonça à nouveau sur le gamin qui avait reculé, prêt à l'attendre lorsqu'il dû éviter un jet de flammes, redressant la tête en voyant sa victime d'East City dressée devant le mioche. Il n'avait guère eu son compte la dernière fois ? Scar sauta en arrière pour ne pas recevoir d'autres flammes, les poings serrés, frappant le sol pour le détruire sur un très large périmètre. L'alchimiste de flamme jeta le gamin plus loin avant de s'en tirer lui-même de justesse, retombant contre un autre tas de débris. Tss.

– Tu bouges un peu mieux, siffla-t-il.

Évitant deux salves envoyés par le costaud et le vieil homme, il se pencha avec souplesse pour repartir à l'attaque, grognant ensuite en voyant, du coin de l’œil, des voitures blindées arriver. L'armée du Nord. Il jura entre ses dents, préférant partir pour ne pas se faire prendre. Il profita de la confusion pour s'échapper, ignorant le cri de colère du lance-flamme. Ce n'était qu'un report du combat ! Il se dissimula dans les hauteurs des immeubles, le regard brûlant de haine. Le colonel s'était précipité sur le gamin pour le relever, hurlant juste après en le traitant d'abruti. Le tueur fronça les sourcils en voyant les voitures arriver près des alchimistes, furieux. Le lance-flamme ne leur prêta aucune attention, bien trop occupé à crier au gamin blond qu'il aurait très bien pu y passer et que rien ne pouvait justifier qu'il n'ait rien dit sur le fait que son automail n'était pas adapté, qu'il était détruit maintenant et qu'il s'était comporté comme un sale gosse irresponsable. Pourtant, c'était assez pratique. Ce sera pour la prochaine fois... Scar se redressa puis partit, disparaissant comme un fantôme. La prochaine fois, oui...


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