Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Problème d'approvisionnement

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MessageSujet: Problème d'approvisionnement   Dim 7 Fév 2016 - 13:48

– L'armée a encore fait une descente, murmura la jeune femme, comme si elle craignait d'être entendu. Beaucoup n'osent plus sortir, ils se terrent où ils le peuvent dès que les soldats approchent. Il y a aussi des déserteurs, ici, ils préviennent les autres lorsqu'ils repèrent des mouvements de troupes.

Hum... Chris hocha lentement la tête, assise dans un coin sur un vieux bout de carton. Leur interlocutrice baissa la tête, désespérée, serrant dans ses bras un nouveau-né à moitié endormi, trop maigre déjà, pour son âge, qui gémissait faiblement, bercé par sa mère. Central se faisait plus oppressant, ces derniers temps, contre toutes les personnes forcées de vivre dans les différents bidonvilles, ils essayaient d'éliminer la contrebande et ceux à qui elle profitait. Assis en face d'elle, Peter était lui aussi pensif et silencieux. Il avait troqué ses habits de riche homme d'affaires contre des vêtements plus simples et passe-partout, avant de ne pas se faire remarquer. Il observait la jeune mère avec une lueur de tristesse au fond des yeux, réfléchissant. La population de Kanama était très hétéroclite et beaucoup de personnes devant fuir l'armée de Central se cachaient ici. Il y avait beaucoup de criminels, qui contribuaient à la dangerosité du bidonville, mais aussi des déserteurs, ayant fui l'armée et colportant certains histoires bien étranges. La plupart d'entre eux racontaient avoir été évacués d'Ishbal, mourant et gravement blessés, pour être emmenés dans les laboratoires de la capitale, où on avait fait des expériences sur eux. Peter ne croyait pas à ce genre de rumeurs, Chris, elle, était partagée. Cela semblait aberrant, mais avec tout ce qu'elle avait déjà appris sur l'armée, c'était bien possible.

Après avoir échangé quelques mots de réconfort, la patronne de bar ressortit avec son vieil ami, fourrant les deux mains dans ses poches, observant ce qu'il y avait autour d'elle avec une grand soupir. Tout était insalubre, ici. De l'eau croupie circulait avec peine dans les passages et "rues", charriant des immondices, où les enfants jouaient pieds nus. Les habitants étaient affaiblis, maigres, malades pour la majorité d'entre eux, voire blessés par les nombreuses rixes. Elle avança avec Peter dans les rues, s'éloignant du centre pour revenir à la périphérie. Des odeurs de pourriture et d'excréments flottaient partout, la misère était bien grande. Les gens étaient méfiants, les mères lançant à leurs enfants de ne pas s'éloigner, les rumeurs et chuchotements parlaient tous de l'armée et de la contrebande. Acheminer les produits de première nécessité devenait plus difficile, ces derniers temps, l'armée de l'Ouest avait été priée, par Central, de se remuer bien plus que ça pour frapper le cœur même du marché noir. Résultat, les patrouilles et les contrôles avaient été très renforcés, les envois de marchandises étaient surveillés, les convois escortés avec plus de force et d'efficacité, détourner ce qu'il fallait n'était pas très simple. Chris sortit une cigarette de son paquet, en proposant une à Peter au passage, claquant son briquet pour l'allumer.

– A ton avis, comment Central a pu savoir pour l'attaque du convoi de Girel ? Tu penses qu'il pourrait y avoir des taupes, parmi les nôtres ?

Elle tira une bouffée sur sa cigarette, la soufflant ensuite doucement. Des espions, ils en avaient déjà repérés à plusieurs reprises, tous avaient été "remerciés" avec discrétion, leurs corps enterrés à la va-vite et on n'en parle plus. Un seul d'entre eux avait été véritablement difficile à repérer et avait eu le temps de causer bien des dégâts avant qu'il ne s'en débarrassent. Chris avait moins de contact dans l'armée de l'ouest, ils étaient plus fermés à la corruption ou aux échanges informels de données ou d'informations, ce n'était pas très simple. Dans le Sud, tout était devenu bien plus aisé depuis qu'ils subissaient une série de généraux et de officiers hauts gradés parfaitement incompétents et incapables. A l'Est, elle disposait de beaucoup de contacts, tant les officiers étaient nombreux à garder une dent contre les ordres et le commandement de Central, depuis Ishbal. Au Nord, ils avaient des officiers du QG acquis à leur cause, même si le fort de Briggs n'avait jamais réagi à aucune sollicitation. Elle jeta un coup d’œil à son collègue, fumant tout en marchant, l'autre main dans sa poche.

– Je l'ignore... Mais je préfère penser que non, personne n'aurait pu nous trahir. Les personnes un peu suspectes ont été écartées après l'attaque du convoi. Ce n'est que dans les prochains jours que nous serons vraiment fixés, je préfère ne pas accuser sans preuve.

Ce n'était pas bien rassurant. Chris soupira, soufflant la fumée de sa cigarette avant de la caler de nouveau entre ses dents. Elle continua son chemin sans plus sortir un seul mot, agacée par cette situation. Il y avait sûrement une nouvelle taupe dans leurs rangs, peut-être plusieurs, mais ils n'avaient pas encore assez de preuves pour savoir qui accuser et s'en débarrasser. Une fois le cœur du bidonville quitté, ils avancèrent plus vite, trouvant un de leurs points de ralliement. Quelques uns de leurs hommes étaient réunis sous un auvent branlant, autour d'une table montée sur tréteaux, penchés sur des plans. Un camion ouvert, à bâche, attendant près d'eux, à moitié chargé de caisses et de sacs en toiles fermés avec soin. Elle les salua d'un signe de tête, récupérant sur la table la liste de ce qui avait déjà pu être livré à Kanama. Rien de tout cela n'était suffisait pour nourrir et soigner plus efficacement les habitants des ces taudis branlants et infectés. L'épidémie devenait une menace sérieuse.

– Il nous faudrait plus de médecins, soupira-t-elle. On a aussi besoin de personnes pouvant travailler sur les maisons, l'acheminement de l'eau, tout cette saleté empoisonne les sources, si on laisse ça comme ça, les pires maladies vont se propager.

Elle réfléchit rapidement, jetant un regard vers Central, dont les immeubles se détachaient dans le ciel. Aller voler des ressources directement dans les usines fabriquant les médicaments serait aussi une solution, mais pour cela, il leur fallait des armes. Les seuls en possédant étaient les criminels pullulant dans les bidonvilles et inutile de leur demander de l'aide. Attaquer les stocks de l'armée pour récupérer des armes serait très risqué.

– Combien d'hommes faudrait-il pour s'introduire dans un entrepôt militaire et voler des armes ? demanda-t-elle à Peter en se tournant vers lui. Nous devons concevoir une stratégie.
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MessageSujet: Re: Problème d'approvisionnement   Mer 2 Mar 2016 - 23:21

[PNJ Peter Ryan, contact de Chris Mustang.]


Cette histoire ne lui plaisait pas. L’allure que prenaient les événements non plus. Peter marchait à travers les rues du bidonville avec Chris, balayant les lieux d’un regard triste, à la limite de l’impuissance. Tout puait la pauvreté, ici, entre l’état des « maisons », l’eau qui n’était pas potable, le manque de nourriture, la souillure à chaque coin de rue, la maigreur des nourrissons tout juste sortis du cocon que formait le ventre de leur mère et la population vivant ici. Il ne pouvait s’empêcher de penser à ses propres enfants, bien à l’abri de la pauvreté avec leur mère, à des kilomètres d’ici. Peter risquait sa vie très souvent, avec un tel métier, et il le savait. Il le faisait en connaissance de cause et ne comptait pas s’arrêter, surtout maintenant que Central se réveillait pour « éradiquer le marché noir ». Ils refusaient seulement de voir ce qu’eux-mêmes avaient provoqués ! Sans ce massacre à Ishbal, sans ces mesures et ces inégalités au sein du pays, les choses seraient différentes.

Depuis toutes ces années où il avait vécu dans les alentours de Central, et à peu près dans toutes les régions en voyageant de village en village, Peter avait beaucoup appris des dirigeants de ce pays. Ils avaient un but bien précis en tête, négligeant souvent le bien-être de la population sans paraître s’en soucier le moins du monde. Oh, en apparence, c’était passable et ce pays ressemblait à tout autre pays contrôlé par l’armée. Mais il y avait quelque chose de bien plus profond et malsain qui régnait dans les environs. Et il était incapable de mettre le doigt dessus. Avec ce que leur avaient appris les déserteurs de l’armée et autres prisonniers, il était impossible d’ignorer que Central avait un objectif en tête et que ses dirigeants étaient prêts à n’importe quoi pour y parvenir. Ce qui le dégoûtait encore plus. Il devait parler à ses contacts, peut-être pouvait-il parler à certaines personnes dans ses entreprises ? Paul pourrait sûrement l’aider. Ils pouvaient enrayer les plans de l’armée, ralentir leur contrôle en entravant leurs gestes. Qui fabriquait les armes ? Les camions ? Qui les entretenait ? Peter fit un geste de la main à Chris, refusant la cigarette qu’elle lui proposait, réfléchissant.

Chris – A ton avis, comment Central a pu savoir pour l'attaque du convoi de Girel ? Tu penses qu'il pourrait y avoir des taupes, parmi les nôtres ?

Des taupes ? L’entrepreneur tourna la tête vers sa collègue, lui lançant un regard à la fois inquiet et déterminé. Il fit « non » de la tête, regardant à nouveau devant lui pour faire attention à l’endroit où il mettait ses pieds. Ne pas se trahir, ne pas avoir de vêtements salis avec une trace particulière et repérable au cas où. Non, il refusait de croire que quelqu’un ait pu les trahir. Ils se serraient les coudes, personne ne trahissait, ce n’était pas leur mentalité. De plus, les seules personnes suspectées et susceptibles d’avoir parlé avaient été écartées aussitôt. Ils ne pouvaient pas écarter tout le monde par simple peur d’être trahis, c’était un risque à prendre. Central cherchait déjà à les affaiblir et à annihiler la contrebande ! Ils ne devaient pas leur faciliter la tâche. Au contraire. En attendant, les autres étaient innocents tant qu’eux-mêmes ne disposaient pas davantage de preuves. Ils devaient faire preuve de patience et attendre quelques jours.

Peter – Je l'ignore... Mais je préfère penser que non, personne n'aurait pu nous trahir. Les personnes un peu suspectes ont été écartées après l'attaque du convoi. Ce n'est que dans les prochains jours que nous serons vraiment fixés, je préfère ne pas accuser sans preuve.

Peter s’écarta pour laisser passer une jeune mère et son enfant qui réclamait après un médecin, des médicaments, quelque chose pour sauver sa petite fille malade. Cette situation ne pouvait pas durer… Ils allaient trouver une solution. Il le fallait, ces gens ne pouvaient pas rester dans la misère. La situation s’était quelque peu améliorée avant que Central ne mette son nez dans leurs affaires ! Il ne comprenait pas ce que cela pouvait leur apporter, les produits invendus finissaient, de toute façon, aux ordures et ne servaient plus à rien. Alors, quel but ? Pourquoi faire souffrir ces pauvres gens qui avaient déjà tout perdu ? La misère empestait partout… Le sol était sale, les murs étaient noirs, par endroits, suintant la crasse sans qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit. Ce n’est qu’au sortir du bidonville que Peter s’appliqua à respirer pour de bon, laissant derrière eux ces pauvres hommes, femmes et enfants.

D’un pas normal, marchant cependant plus vite, ils arrivèrent au point de rassemblement où ils retrouvèrent d’autres personnes du groupe. Un endroit fabriqué avec les moyens du bord, pouvant être démonté très vite et passer inaperçu au cas où des soldats débarquaient et qu’ils devaient agir dans la précipitation. Toujours anticiper, prévoir des plans de secours et des plans de secours aux plans de secours. Au début, s’adapter à cette vie était difficile. Seulement, après des années passées dans ce milieu et cet environnement, ce n’est plus qu’une question de réflexes et d’habitudes à avoir. Rien de plus. Jetant un regard circulaire sur les personnes présentes, il nota mentalement leur nom dans un coin de sa tête et observa le camion ouvert avec des piles de caisses. Chris, elle, lisait la liste de ce qu’ils avaient pu détourner. Il n’eut pas besoin d’y jeter un œil pour connaître le verdict, il suffisait de voir le nombre de caisses se trouvant devant leurs yeux… Pas assez de médicaments, pas assez de médecins, pas assez de nourriture. Ces pauvres gens manquaient de tout et voilà qu’eux-mêmes ne pouvaient plus faire autant qu’avant non plus.

Chris – Il nous faudrait plus de médecins, soupira-t-elle. On a aussi besoin de personnes pouvant travailler sur les maisons, l'acheminement de l'eau, tout cette saleté empoisonne les sources, si on laisse ça comme ça, les pires maladies vont se propager.

Oui… S’ils laissaient les choses en état, plus personne ne vivrait dans ces bidonvilles et la mort empesterait partout, se répandant comme un poison. Et ce ne serait que le début parce que Central ne s’arrêterait pas à là. La situation allait dégénérer, d’autres personnes seraient contraintes de vivre dans les bidonvilles, mourant à leur tour, et ainsi de suite. Peter croisa les bras, regardant au loin les bâtiments gris de Central, en excellent état comparé à ceux des bidonvilles. Il n’y avait qu’une seule solution pour y arriver. C’était risqué, mais jouable. Il suffisait de réfléchir.

Chris – Combien d'hommes faudrait-il pour s'introduire dans un entrepôt militaire et voler des armes ? demanda-t-elle à Peter en se tournant vers lui. Nous devons concevoir une stratégie.

Peter – Il faudrait voir la surveillance sur place. Maximum dix pour qu’ils ne soient pas faciles à repérer, mais cela dépend de l’entrepôt, de sa taille, des hommes chargés de garder l’endroit… Mais cela reste risqué. Si ces hommes ne sont pas discrets, ils se feront prendre. Et nous ignorons si tout le monde est fiable.

Le sous-entendu, ici, était très clair pour Chris : s’ils se faisaient prendre et qu’ils parlaient, tous risquaient d’y passer et le réseau serait démantelé. Après, qui s’occuperait de la contrebande ? Comment être sûr qu’il n’y avait pas plusieurs taupes ? Les entrepôts de l’armée étaient étroitement surveillés, c’était certain, il fallait jouer subtile et être beaucoup plus prudent avec ce qui se passait. Prévoir un deuxième plan, attaquer sur deux fronts. Ce n’était pas une simple mission, cette fois-ci, mais bien une contre-attaque. Central leur avait déclaré la guerre, à eux de riposter en attaquant à leur manière. Peter posa le regard sur une carte posée face à eux, signalant les endroits où étaient posté les différentes patrouilles des alentours, toujours les bras croisés. Il tourna ensuite la tête vers Chris, le regard grave et sérieux.

Peter – Il faudrait aller observer et noter scrupuleusement toutes les allées et venues des soldats sur place. Ensuite, vérifier les informations pendant plusieurs jours sans, pour autant, arrêter ce que nous faisons ici. Pourquoi ne pas faire diversion ? Cela fonctionnerait, les soldats sont parfois bêtes comme leurs pieds. Seulement, pour cette tâche, il ne faudrait qu’une personne qui se relaiera tous les jours pour ne pas attiser les regards et les doutes.

Peter fit une pause, regardant toujours sa collègue tandis que les autres continuaient à travailler et à vérifier chaque caisse apportée, triant le tout pour éviter les mauvaises surprises. C’était un travail de longue haleine mais deux fois plus important avec la surveillance de la contrebande. Oui… Le sabotage pouvait les aider, ralentir leur avancée et leur permettre de gagner du temps. Restait à savoir si ce plan était faisable, réaliste et moins risqué que le précédent. Autrement, ils pouvaient… faire les deux en même temps. Pourquoi pas ? Ils étaient encore loin des dix, ils sont un nombre raisonnable pour travailler et parler.

Peter – Il nous faudrait un autre plan, qu’on réaliserait en même temps pour ne pas avoir de mauvaise surprise. En plus, cela permettrait aux personnes chargées de l’infiltration de s’échapper et de gagner du temps pour ne pas être prises. Et un des deux plans fonctionnerait. Je pense, plus simplement, à du sabotage d’armes, de camions, de voitures… Tout. J’ai des contacts dans mes entreprises, retrouver qui livre à Central n’est pas difficile. Un des deux plans fonctionnerait sûrement, il est impossible que cela foire. Mais c’est à toi de décider, ce n’est qu’une simple mesure de sécurité. Ce n’est pas le moment de se faire prendre, nous devons rester unis. Sans oublier le passé.


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MessageSujet: Re: Problème d'approvisionnement   Mar 8 Mar 2016 - 18:02

– Il faudrait voir la surveillance sur place. Maximum dix pour qu’ils ne soient pas faciles à repérer, mais cela dépend de l’entrepôt, de sa taille, des hommes chargés de garder l’endroit… Mais cela reste risqué. Si ces hommes ne sont pas discrets, ils se feront prendre. Et nous ignorons si tout le monde est fiable.

Central avait déjà démantelé une partie du réseau, un coup de plus de ce genre leur serait fatal. Chris se mordit les lèvres, recrachant une longue bouffée de cigarettes d'un air morne. Dix personnes, c'était léger, mais avec plus, ils se feraient repérer très vite et n'auraient aucun moyen de se défendre face aux soldats. Si d'eux parlait, tout le monde sera fichu. Agacée, elle tapota du pied en regardant la carte de la ville, cherchant une solution qui ne les conduira pas tous à la mort. Ils avaient besoin d'hommes sûrs, premier souci. Besoin d'un plan leur permettant de contrer des soldat armés, second souci. Besoin d'un moyen pour voler et emporter suffisamment d'armes, troisième souci. Se penchant sur la garde, elle regarda Peter marquer les endroits où étaient étaient affectées les différentes patrouilles, établissant mentalement une ébauche d'itinéraire. Central était immense et bien des chemins pouvaient être empruntés pour éviter d'être repérés. En admettant qu'ils passent par ce qu'on appelait la vieille ville, ils devront éviter les patrouilles des points sensibles puis passer par les chemins plus désaffectés, le détour les amènera plus près des usines d'armement sans être repérés. Il n'y avait pas que leurs propres taupes dont ils devaient se méfier mais aussi des habitants les plus pauvres dont certains n'hésiteraient pas à dénoncer leurs allées et venues pour gagner un peu d'argent. Il y avait aussi les profiteurs qui ne surveillaient que ce genre d'opérations pour s'incruster et causer du désordre, cherchant à nuire à l'armée tout en nuisant à ceux qui voulaient la combattre.

– Il faudrait aller observer et noter scrupuleusement toutes les allées et venues des soldats sur place. Ensuite, vérifier les informations pendant plusieurs jours sans, pour autant, arrêter ce que nous faisons ici. Pourquoi ne pas faire diversion ? Cela fonctionnerait, les soldats sont parfois bêtes comme leurs pieds. Seulement, pour cette tâche, il ne faudrait qu’une personne qui se relaiera tous les jours pour ne pas attiser les regards et les doutes.

L'espionnage, ça, c'était le boulot de Chris. Elle était très bien connue, dans le monde du réseau noir et souterrain, pour être celle qui pouvait récupérer le maximum d'informations sensibles en très peu de temps. Entre ses propres capacités, les contacts dont elle disposait et sa faculté à récolter des informations, on pouvait compter sur elle sur ce terrain. Elle n'était pas d'accord avec Peter, ce genre de surveillance nécessitaient plusieurs personnes, au moins une dizaine, des personnes sachant être discrètes... Idéalement, des personnes déjà intégrées au milieu. C'était le moment de faire agir les quelques soldats acquis à la cause, les déçus de la politique de Bradley, les dégoûtés des trop nombreuses guerres, les révoltés des ordres menant aux massacres de la population, et ils étaient nombreux. Elle aurait aimé demander certaines choses à Roy mais bon, il était déjà trop sous surveillance pour le moment, plus qu'il ne l'imaginait lui-même, ce n'était pas le bon moment pour faire appel à lui. Par ailleurs, elle devra le contacter pour lui signaler de se méfier de ses "gardes du corps". Ces deux types lui avaient semblé louche dès le premier jour et elle avait toutes les raisons de se méfier d'eux depuis qu'elle en avait appris un peu plus sur leur passif. Reportant le regard sur Central, elle mordilla un peu le bout de sa cigarette, soupirant en lâchant une douce fumée.

– Il nous faudrait un autre plan, qu’on réaliserait en même temps pour ne pas avoir de mauvaise surprise. En plus, cela permettrait aux personnes chargées de l’infiltration de s’échapper et de gagner du temps pour ne pas être prises. Et un des deux plans fonctionnerait. Je pense, plus simplement, à du sabotage d’armes, de camions, de voitures… Tout. J’ai des contacts dans mes entreprises, retrouver qui livre à Central n’est pas difficile. Un des deux plans fonctionnerait sûrement, il est impossible que cela foire. Mais c’est à toi de décider, ce n’est qu’une simple mesure de sécurité. Ce n’est pas le moment de se faire prendre, nous devons rester unis. Sans oublier le passé.

– Il ne faut pas saboter trop d'armes et de matériel, aux frontières, répondit-elle d'un ton pensif. Le Sud étouffe déjà, leur plonger un peu plus la tête sous l'eau n'est pas la meilleure idée qui soit. Si on se concentre sur Central, il faut couper certaines routes d'approvisionnement.

Elle prit le crayon pour entourer quelques points très sensibles, selon elle, tout en réfléchissant. Se redressant un peu, elle approuva alors Peter en lançant qu'ils pouvaient commencer par le sabotage et affaiblir au moins un peu la division de Central avant de tenter un vol de masse dans les usines ou les entrepôts de stockage, pour faciliter la tâche à leurs alliés. Elle ajouta qu'ils devaient aussi continuer de tester les militaires de la ville, en trouver plus acquis à leur cause. Il y en avait un certain nombre, soit, mais pas suffisamment d'officiers ni de fonctionnaires, à des postes-clés. Elle pensait notamment au tribunal et au quartier administratif général. Penchée sur la carte, elle définissait l'étape à suivre, les endroits à cibler en priorité puis ceux qui étaient secondaires, annotant la carte selon les dangers et les précautions à prendre liés à chacun de ces endroits. Tapotant sa cigarette contre le bord du cendrier, elle la ralluma vite fait avant de la caler dans un coin de sa bouche, englobant toute la carte d'un regard en réfléchissant à ce qu'elle aurait pu oublier.

– On peut commencer ce que tu as dit, pour l'espionnage, à condition de compter sur un petit réseau que je forme et suis depuis quelques années, je sais qu'ils sont fiables. Laisse-moi le temps de rassembler certains renseignements... D'ici-là, j'ai besoin d'autres choses. Combien de tes contacts ont aussi un pied dans l'armée ? Il faut que je sache qui fournit les laboratoires de Central, ceux appartenant à l'armée, et ce qu'on leur livre, tous les détails, même jusqu'au plus inoffensif médicament. Je ne sais pas si tu lis les journaux mais il y a d'autres éléments plutôt troublants qui viennent se rajouter aux problèmes habituels. Tu as bien dû entendre parler de cette arme étrange qui s'en prend au Nord ? Les rumeurs veulent que ce truc se soit échappé d'un des labos de Central. Si c'est le cas, je doute que cette évasion était bien imprévue. J'ignore ce qu'ils fichent là-dedans, il faut le découvrir.

Chris écrasa sa cigarette dans le cendrier, demandant à Peter s'il avait des question ou avait besoin de d'autres précisions. Qu'ils en profitent, tant qu'ils pouvaient discuter sans crainte de trop grandes oreilles à les écouter.
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MessageSujet: Re: Problème d'approvisionnement   Mer 30 Mar 2016 - 12:19

[PNJ Peter Ryan, contact de Chris Mustang.]

Chris – Il ne faut pas saboter trop d'armes et de matériel, aux frontières, répondit-elle d'un ton pensif. Le Sud étouffe déjà, leur plonger un peu plus la tête sous l'eau n'est pas la meilleure idée qui soit. Si on se concentre sur Central, il faut couper certaines routes d'approvisionnement.

Peter hocha la tête, songeant qu’elle n’avait pas tort à ce sujet. Inutile d’affaiblir les régions au point de les empêcher de protéger le pays, là n’était pas leur but. Ils voulaient simplement contrer les plans de la capitale, quels qu’ils soient. Plans qui lui faisaient froid dans le dos, d’après les informations qu’ils avaient, mais qui l’incitaient à réagir et à trouver des solutions beaucoup plus vite. Ils n’avaient plus de temps à perdre avec tout ce qui se passait, il était question de la sécurité de la population vivant à Amestris. Pourquoi s’en prendre aux Ishbals alors qu’ils avaient tout perdu ? Aucune idée. Mais Central avait sûrement une bonne raison. Une raison qui poussait ce monstre d’égocentrisme à assouvir les plus faibles sans qu’ils ne parviennent à comprendre pourquoi. Dans quel but ?

Peter observa sa collègue entourer au crayon certains endroits qu’ils jugeaient tous deux plus sensibles, silencieux, remarquant qu’elle réfléchissait pendant qu’elle définissait les zones moins aisées. Elle se redressa ensuite pour approuver ce qu’il venait de dire, ajoutant qu’ils pouvaient commencer par le sabotage pour affaiblir un peu Central avant de faire un plus gros coup. Oui, cela facilitera les choses à leurs alliés, sur place, qui prendront moins de risques si la capitale d’Amestris connaissait d’autres problèmes ailleurs. Il acquiesça à nouveau lorsque Chris lui dit qu’il fallait trouver plus de militaires alliés, prêts à les aider, étant tout à fait d’accord avec elle. Ils étaient quelques-uns, oui, mais comme chacun était limité par les ordres, mieux valait multiplier les alliés pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Lui connaissait peu de militaires occupant des postes importants ou siégeant au tribunal et au quartier administratif général. Ses connaissances possédaient surtout des entreprises, contrôlaient plus ou moins le côté économique de certaines régions.

Pendant que Chris finissait d’indiquer les étapes à suivre et les endroits prioritaires, Peter lança un regard alentour pour surveiller que personne ne les espionnait. Plus que jamais, ils devaient être sur leur garde, n’ayant plus droit à l’erreur. Ils devaient avancer, contre attaquer Central et déjouer ses plans. Ce n’est que lorsque sa collègue se redressa qu’il jeta un œil à la carte, mémorisant chaque point, chaque étape, chaque endroit qui constituait une de leurs cibles dès à présent.

Chris – On peut commencer ce que tu as dit, pour l'espionnage, à condition de compter sur un petit réseau que je forme et suis depuis quelques années, je sais qu'ils sont fiables. Laisse-moi le temps de rassembler certains renseignements... D'ici-là, j'ai besoin d'autres choses. Combien de tes contacts ont aussi un pied dans l'armée ? Il faut que je sache qui fournit les laboratoires de Central, ceux appartenant à l'armée, et ce qu'on leur livre, tous les détails, même jusqu'au plus inoffensif médicament. Je ne sais pas si tu lis les journaux mais il y a d'autres éléments plutôt troublants qui viennent se rajouter aux problèmes habituels. Tu as bien dû entendre parler de cette arme étrange qui s'en prend au Nord ? Les rumeurs veulent que ce truc se soit échappé d'un des labos de Central. Si c'est le cas, je doute que cette évasion était bien imprévue. J'ignore ce qu'ils fichent là-dedans, il faut le découvrir.

Peter mit ses mains dans ses poches, le regard bien plus sombre soudain, pendant que Chris lui signalait qu’il pouvait lui poser des questions s’il en avait. Des questions… Il y en avait des centaines, surtout par rapport à cette chose, cette arme. Seulement, les faits relatés par les journaux du pays prouvaient que c’était bien plus qu’une arme. Comment cette chose avait-elle été capable de provoquer le déraillement d’un train blindé ? Comment avait-elle réussi à le déchiqueter, littéralement, alors que la tempête rugissait au-dehors ? Sans oublier la réputation des soldats du Nord. Celle de leur générale, en particulier, pouvait laisser quiconque choqué lorsque l’on sait qu’elle n’a pas pu avoir le dernier mot contre « cette chose ». Ils devaient vraiment agir. Comment avoir des informations fiables là-dessus ? Ses contacts n’étaient, officiellement, pas dans l’armée. Même si tous étaient contrôlés par l’armée, influencés par l’armée, et devaient sûrement avoir droit à de jolis pots de vin chaque année pour se taire sur certaines livraisons suspectes.

Peter – Officiellement, je n’ai aucun contact dans l’armée, malheureusement. Officieusement, en revanche, tu sais que Central contrôle tout… Y compris les directeurs d’entreprises. Elle entretient des liens très étroits avec certains en leur donnant des informations privilégiées sur les tendances du peuple pour que leurs bénéfices ne cessent d’augmenter. Par exemple, s’ils mettent une taxe plus élevée, ils sont les premiers à être au courant. Donc, en soi, malgré leur non-affection dans l’armée officiellement, ils peuvent nous être précieux. J’en connais une bonne dizaine, je dirais. Tous plus corrompus les uns que les autres.

Peter fit une pause, portant un regard grave sur Chris qui devait se douter du « mais » qui allait suivre. Qui disait « liens étroits avec Central » disait « ils savent pour l’arme et connaissent les menaces ». Le principal atout qu’avait le vieil homme, jusqu’ici, était la garantie d’une protection en cas de danger. Et une très belle somme d’argent. Cependant, avec les journaux et le gouvernement qui répandaient les complications que connaissait le marché noir et la menace d’une bête ou d’une chose qui s’en prenait au Nord, la donne avait changé. La générale n’avait pas réussi à vaincre cette chose, elle ne lui avait pas tenu tête. Dès lors, comment eux le pouvaient ? Peter poussa un soupir, se tournant un peu vers Chris avant de reprendre.

Peter – Ils savent pour la chose qui s’en prend au Nord. Ils ont peur et ne sont pas aussi prétentieux qu’on le croit. Central a dû leur promettre de ne pas s’en prendre à eux s’ils restaient de son côté et, avec la démonstration de force qu’elle a fait en s’en prenant à la générale, certains sont beaucoup moins enclin à coopérer. Ils savent que le marché noir se porte moins bien, que nous avons des ennuis avec les nouvelles mesures prises par Bradley. Que puis-je leur promettre pour ne pas les perdre ? Quelles sont tes limites, nos limites ?

En temps normal, Peter n’aurait pas hésité une seule seconde et aurait promis plus d’argent. Seulement, aujourd’hui, il ne connaissait pas l’état de leur réseau et l’argent dont ils disposaient précisément, le montant jusqu’auquel il pouvait grimper, ce qu’il pouvait promettre sans que cela ne se retourne contre eux. Il réfléchit, se taisant, regardant le problème sous un autre angle. Portant une main à son menton, il se le frotta sans rien dire durant quelques secondes. Ils devaient les rassurer. Promettre la sécurité à leurs partisans et se montrer fiables en toutes circonstances pour ne pas les perdre. Cependant, comment le faire lorsque la menace qui s’en prenait au pays, au Nord, était une inconnue pour eux aussi ?

Peter – Nous devons en apprendre plus sur ce qui menace le Nord. Cela nous permettrait d’être mieux préparés et de rassurer nos contacts, je pense. Dans les militaires que tu connais, n’il y a-t-il personne qui pourrait détenir des informations sur cette chose lâchée par Central ? Je cherche un moyen d’assurer nos arrières, mes contacts sont corrompus et n’hésiteront pas à changer de camp s’il y a une meilleure offre en face. Surtout aujourd’hui. Que savons-nous de cette chose ? Il nous faut un moyen de contacter la générale Armstrong, celle qui a été attaquée. Je ne pense pas qu’elle soit avec Central vu ses agissements.


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MessageSujet: Re: Problème d'approvisionnement   Sam 7 Mai 2016 - 12:16

– Officiellement, je n’ai aucun contact dans l’armée, malheureusement. Officieusement, en revanche, tu sais que Central contrôle tout… Y compris les directeurs d’entreprises. Elle entretient des liens très étroits avec certains en leur donnant des informations privilégiées sur les tendances du peuple pour que leurs bénéfices ne cessent d’augmenter. Par exemple, s’ils mettent une taxe plus élevée, ils sont les premiers à être au courant. Donc, en soi, malgré leur non-affection dans l’armée officiellement, ils peuvent nous être précieux. J’en connais une bonne dizaine, je dirais. Tous plus corrompus les uns que les autres.

Travailler avec ce genre de personnes n'avait jamais dérangé Chris, en soit, tout ce qui comptait était de récolter des informations intéressantes, elle se moquait bien d'où ces informations venaient et la façon dont elles avaient été obtenues. Le seul point qui la gênait était de ne pas savoir qui était plus étroitement lié aux manœuvres de Central et de quelle façon, elle ne doutait pas que des civils, peut-être bien nombreux, participaient plus activement aux expériences du gouvernement, sous couvert d'activités légales et parfaitement innocentes, en apparence. Croisant les bras, elle mordilla le bout de son crayon d'un air songeur, n'aimant pas avoir un champ d'action si limité, ils devaient être prudents dans leurs prochains pas. Peter soupira à son tour, sans doute aussi peu à l'aise qu'elle. Très bien, ne pas trop s'angoisser pour le moment, ils devaient se tenir prêt et ensuite seulement, le moment venu, ils auront peur si jamais les choses tournaient trop mal. Espionner les laboratoires était sûrement réalisable, ils devaient trouver un moyen d'y infiltrer des hommes.

– Ils savent pour la chose qui s’en prend au Nord. Ils ont peur et ne sont pas aussi prétentieux qu’on le croit. Central a dû leur promettre de ne pas s’en prendre à eux s’ils restaient de son côté et, avec la démonstration de force qu’elle a fait en s’en prenant à la générale, certains sont beaucoup moins enclin à coopérer. Ils savent que le marché noir se porte moins bien, que nous avons des ennuis avec les nouvelles mesures prises par Bradley. Que puis-je leur promettre pour ne pas les perdre ? Quelles sont tes limites, nos limites ?

Chris grimaça en marmonnant que leurs limites étaient justement de plus en plus resserrées. Et l'argent n'était plus le seul problème, il fallait aussi penser à tout ce qui était sécuritaire. Ils n'étaient pas en démocratie mais dans un Etat Militaire, personne ne posait trop de questions lorsque quelqu'un était arrêté pour une raison ou pour une autre et ne revenait pas vite. Ou ne revenait pas tout court... Il y avait déjà eu beaucoup de cas de ce genre, personne n'en parlait ouvertement mais tout le monde connaissait ce risque, tout particulièrement à Central City. C'était moins flagrant dans les autres régions, sauf au Sud et un peu à l'Est, voilà tout. S'écartant de la table, elle fit quelques pas en se mordillant les lèvres, revenant ensuite vers Peter, promenant le regard sur les quelques camions garés non loin, en train d'être déchargés, puis sur le bidonville, immense, insalubre et infesté par de trop nombreuses maladies. Un large espace de non-droit, où la famine, la violence et la mort étaient les seules maîtres des lieux. Ce n'est pas les médicaments qu'ils arrivaient à détourner qui pourra régler le problème, ici, il faudrait des installations en dur, de vraies petites maisons, un système d'alimentation en eau potable, enlever les ordures et protéger des intempéries, chasser les criminels et les voleurs.

– Nous devons en apprendre plus sur ce qui menace le Nord. Cela nous permettrait d’être mieux préparés et de rassurer nos contacts, je pense. Dans les militaires que tu connais, n’il y a-t-il personne qui pourrait détenir des informations sur cette chose lâchée par Central ? Je cherche un moyen d’assurer nos arrières, mes contacts sont corrompus et n’hésiteront pas à changer de camp s’il y a une meilleure offre en face. Surtout aujourd’hui. Que savons-nous de cette chose ? Il nous faut un moyen de contacter la générale Armstrong, celle qui a été attaquée. Je ne pense pas qu’elle soit avec Central vu ses agissements.

– Certains de mes contacts dans l'armée travaillent déjà activement à trouver ce qu'est cette chose et comment la combattre. Mais je n'ai rien pour contacter le Nord et encore moins Briggs, nous n'y avons personne d'infiltré, le dernier ayant essayé a terminé en prison. Et il y est toujours, ils ne rigolent pas avec les espions.

Ceci dit, au moins était-il toujours vivant, Central l'aurait sans doute fait exécuter le jour même pour trahison envers Amestris. Elle grimaça à nouveau, songeant à la famille et aux amis qui se battaient toujours avec la justice pour lui obtenir un second procès et le faire libérer de sa geôle, se heurtant sans cesse aux juges de la région Nord, qui eux refusaient clairement de relâcher dans la nature un homme pris sur le fait à voler des informations et espionner. Chris doutait qu'ils arrivent à le faire sortir de là, ils pouvaient simplement espérer qu'il soit bien traité en prison et arrive à prendre son mal en patience. Retournant vers la table, elle roula la carte avant de la redonner à Peter, lui indiquant qu'ils ne devaient pas trop s'angoisser pour le moment, les choses évoluaient avec lenteur, soit, mais sûrement. Dans tous les cas, baisser les bras et abandonner ferait le jeu de Central, ils ne devaient pas se laisser prendre au piège. Un faible sourire étira ses lèvres, tendit qu'elle allumait une seconde cigarette, la calant au coin de sa bouche.

– Je viens de penser à autre chose, la rumeur court que la cadette des Armstrong veut aussi se rendre dans la région Nord... Une fillette de vingt ans, haute comme trois pommes et toute innocente. Tu l'as sans doute vue bien souvent, comme tu peux fréquenter les salons mondains. Ne penses-tu pas qu'il serait possible de la recruter, avant qu'elle ne parte pour Briggs ? Elle pourrait être d'une aide précieuse, une fois dans la place.
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MessageSujet: Re: Problème d'approvisionnement   Mer 20 Juil 2016 - 15:53

[PNJ Peter Ryan, contact de Chris Mustang.]

Chris – Certains de mes contacts dans l'armée travaillent déjà activement à trouver ce qu'est cette chose et comment la combattre. Mais je n'ai rien pour contacter le Nord et encore moins Briggs, nous n'y avons personne d'infiltré, le dernier ayant essayé a terminé en prison. Et il y est toujours, ils ne rigolent pas avec les espions.

Peter grimaça en même temps que Chris, continuant à réfléchir. Il savait déjà pour le Nord, certains contacts lui avaient dit d’emblée qu’il était hors de question d’enquêter sur cette région lorsqu’il avait essayé d’en parler. Ils avaient trop peur, la générale était, disait-on, intraitable et dure, imbattable et sans cœur. Ce qui avait fait sourire Peter intérieurement car lui-même plus que quiconque savait que cette réputation ne signifiait rien. C’était une carapace, une façade, cette femme avait du caractère mais n’était pas un monstre non plus. Il connaissait sa famille, traitant avec toutes les familles importantes de Central. Et, dieu sait à quel point cette famille était… ennuyeuse, coincée dans les mondanités. Lorsqu’il était allé se présenter aux Armstrong pour une question de tapage nocturne étrange, madame Navilia Armstrong, avait embrayé directement sur « sa pauvre fille envoyée au Nord comme générale », tenant à le rassurer et à lui prouver que ce n’était qu’une erreur, qu’ils avaient tout fait pour qu’elle n’y aille pas.

Une famille écœurante, oui, mais qui pouvait se révéler utile. Ils étaient liés à Central jusqu’au bout des ongles, semblant connaître tout ce qui se passait dans le coin, rien ne leur échappant par il ne savait quel stratagème. Sûrement grâce aux salons qu’ils tenaient régulièrement, les personnes de haut rang discutant et s’échangeant nombreux ragots sur le pays et, plus particulièrement, Central. C’était grâce à cela que Peter avait pu détenir de nombreuses informations, c’était par cette famille qu’il avait commencé à construire son propre réseau, et grâce à Chris qu’il avait bien commencé avec les bonnes cartes. Une famille pour tout changer… Il fallait être bien né, les Armstrong n’avaient jamais eu d’ennuis de ce type, avaient toujours ou presque souvent la loi de leur côté. Pas comme ce pauvre homme, emprisonné dans les geôles du fort pour espionnage. Le Nord était dur, oui. Mais lorsque l’on voyait la famille dans laquelle la générale Armstrong avait grandi, il pouvait comprendre ce caractère dur qu’elle se donnait.

Peter suivit Chris lorsqu’elle se rapprocha de la table où ils avaient déroulé la carte, la récupérant machinalement une fois cette dernière enroulée avant de hocher la tête pour répondre aux paroles de sa « collègue ». Il avait suivi tous ses gestes d’un air distrait, ses sens à l’affût de tout bruit inhabituel. Les moyens, ils en avaient peu, comme elle l’avait dit… Ce n’était pas l’argent qui manquait mais la sécurité. Et, si elle-même, avec son réseau surdéveloppé d’espions, elle ne parvenait pas à trouver quelqu’un pour l’envoyer au Nord… Mais il ne désespérait pas, Chris avait raison. Baisser les bras serait idiot, surtout maintenant. Il fallait quelqu’un qui aurait le cran d’affronter la générale et qui pourrait être plus près sans éveiller les soupçons. Qu’est-ce qui n’avait pas fonctionné, avec l’homme de Chris ? Qu’est-ce qui l’avait trahi ? Avait-il dit quelque chose, fait quelque chose d’étrange ? Ils devaient dépêcher quelqu’un au Nord pour aborder les habitants, dans un premier temps, les interroger afin de récolter un maximum d’informations. Cette région avait longtemps été délaissée par leur réseau comme la générale Armstrong la contrôlait d’une main de fer mais, avec les récents événements…

Chris – Je viens de penser à autre chose, la rumeur court que la cadette des Armstrong veut aussi se rendre dans la région Nord... Une fillette de vingt ans, haute comme trois pommes et toute innocente. Tu l'as sans doute vue bien souvent, comme tu peux fréquenter les salons mondains. Ne penses-tu pas qu'il serait possible de la recruter, avant qu'elle ne parte pour Briggs ? Elle pourrait être d'une aide précieuse, une fois dans la place.

Peter – La recruter ? Je ne sais pas…, dit-il en tournant la tête vers elle.

Le regard dans le vague, Peter n’avait pas vu la cigarette que Chris avait tirée et glissée dans sa bouche, geste auquel il s’était habitué depuis le temps qu’ils se connaissaient. Il réfléchit un moment, ayant en effet entendu des rumeurs qui disaient que la petite Armstrong voulait se rendre au Nord mais rien n’était encore confirmé. Sa mère en avait parlé à Peter lorsqu’il lui avait rendu visite, un jour, pour « entretenir ses relations » autant que pour apprendre d’autres informations suite à l’agitation produite par la venue de la générale en ville. Désespérée, Navilia Armstrong ne savait plus quoi faire et craignait de voir sa petite fille partir, suivre les traces de sa grande sœur, déplorant cette malédiction qui lui prenait toutes ses filles. « Ce n’est pas correct ! », disait-elle. En attendant, oui, si Chris avait raison et que Catherine parvenait à se rendre au Nord… Mais en était-elle capable ? Si la générale était tenace, c’était parce qu’elle tenait du caractère de sa mère, aucun doute là-dessus.

Peter – Ce serait une bonne stratégie, si la petite Catherine parvient à ses fins. Elle serait plus tolérée que d’autres près de la générale, dans ses quartiers, et sa sœur pourrait peut-être accepter de lui parler. Mais elle ne sera pas discrète, loin de là… Comme tu l’as dit, elle est petite, menue et je la sens fragile malgré son envie d’aller à Briggs. D’après ce que j’ai entendu de la bouche de mes contacts, la générale n’est pas douce et met ses hommes à rude épreuve, c’est une sélection naturelle. Tu penses vraiment qu’elle a les épaules taillées pour cela ? Je crois qu’il nous faudrait un plan B.

Naturellement, l’habit ne fait pas le moine et la cadette Armstrong pouvait très bien tous les étonner comme sa grande sœur. Olivier Armstrong n’était pas forte, loin de là, et elle était générale. Une générale redoutable, qui plus est. Mais qu’en était-il de sa fille qui avait encore l’esprit très cadenassé par l’éducation de ses parents, de sa famille ? On ne pouvait pas l’envoyer à la guerre sans entraînement, elle devrait d’abord faire ses preuves au fort avant de pouvoir enquêter. Ce qui prendrait du temps. Et, du temps, ils en manquaient vu la fréquence des attaques de ce monstre. Il leur fallait quelqu’un, voire plusieurs personnes, pour analyser les environs et préparer au mieux la petite Catherine pendant que lui prendrait contact avec elle. Officiellement, il essaierait de la convaincre d’abandonner cette envie de se rendre au Nord, sa mère et sa famille n’y verraient que du feu. Le tout était de savoir si, devant elle, il pouvait y avoir une préparation, un repérage. Elle était leur meilleure carte, mieux valait ne pas la gaspiller bêtement.

Peter – Ton idée est très bonne, je pense, en fait, reprit-il en regardant Chris avec un air sérieux. Mais Catherine est fragile et encore très proche du milieu, elle n’aurait que quelques semaines, quelques mois tout au plus, pour s’intégrer et enquêter sur le fort. Ce serait trop risqué de l’y envoyer sans aucun « entraînement »… J’ai une idée, mais c’est à toi de trancher, c’est toi le boss. Pour moi, il faudrait envoyer quelques hommes au Nord pour prendre la température, interroger discrètement les habitants, connaître les relations entre le fort et la région, la vie… Avoir le plus d’informations possibles, encore plus que ce que ton espion avait en partant. Tout cela dans le but de les communiquer à Catherine pour qu’elle soit la mieux préparée.

Peter jeta un regard à Chris pour voir si elle suivait, avait une quelconque réaction, souhaitait qu’il se taise… Mais il savait qu’elle ne le ferait pas, sauf si cela lui semblait complètement tiré par les cheveux. Ils avaient appris à travailler comme cela : l’un parle, l’autre écoute. Immense gain de temps car les questions qui se posent peuvent y trouver une réponse par la suite. Peter reposa le regard, après un moment, sur l’environnement pour garder tout à l’œil. Les hommes étaient tous occupés, aucun ne les écoutaient, ce qui était mieux comme il semblait y avoir une taupe dans leurs rangs.

Peter – Pendant ce temps-là, parce que je pense que Catherine ne va pas y aller tout de suite, je lui parlerai et lui demanderai si elle est d’accord, je m’occupe de tout cela, ce sera discret, tu me connais. Normalement, on sera dans les temps mais c’est à toi de juger, je n’ai aucun contact susceptible de voyager dans le Nord dans l’immédiat. Ce ne sont que les alentours, le village, la région… dont il est question, pas le fort en lui-même. Et enfin, il y a une dernière question primordiale que j’ai à te poser, avant que tu ne répondes à mon idée : qu’est-ce qui a trahi l’homme que tu as envoyé à Briggs ?


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