Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Chiens de l'armée

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Tim Marcoh

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MessageSujet: Chiens de l'armée   Ven 11 Mar 2016 - 23:26

On aurait juré que toute la montagne était secouée d'un immense et long frisson, alors que le rugissement sourd vous remuait jusqu'aux entrailles et donnait envie de se terrer dans un coin. Et pourtant, Marcoh n'avait pu s'empêcher de rester cloué sur place, les yeux écarquillés, figé sans pouvoir bouger alors que la neige déferlait sur les flancs de la montagnes en vagues destructrices et mortelles.
Il n'avait réagi qu'au dernier moment, créant brutalement un mur en frappant la terre devant lui des deux mains pour la surélever, provoquant un enfoncement puis un autre déluge. Il s'était senti chuter, chuter dans ce qui semblait être un puits sans fond, puis avait atterri très brutalement sur le dos. La dernière chose qu'il avait vu avait été le visage déformé par la haine du tueur, avant qu'ils ne soient aspirés dans ce trou avec les rochers, la neige, les débris de bois. Puis, très brusquement, ce fut le noir, le silence absolu. Après le rugissement terrible de la montagne en furie, le silence était oppressant, angoissant, terrible. Comme si la mort était venue les happer sans qu'ils ne s'en rendent compte.

Le docteur ne bougea pas tout de suite, les yeux fermés, une forte odeur de pourriture et de poussière flottant jusqu'à lui, son cœur battant à une vitesse folle étant la seule preuve qu'il était toujours en vie. Allongé, perclus de douleurs vives et le dos douloureux, il fit mentalement le compte des chocs, cherchant à juger s'il avait des os brisé avant de remuer quoi que que ce soit. Une quinte de toux vint le secouer et il gémit, posant en tremblant une main sur son épaule, où il toucha un liquide poisseux. Du sang. Yeux toujours fermés, il usa de son alchimie pour se soigner, s'occupant ensuite peu à peu des autres plaies et blessures dont il était jonché. Son expérience et sa maîtrise lui permettait de se guérir lui-même en peu de temps, talent dont il aurait cru ne plus avoir l'utilité. Il s'efforçait de respirer avec lenteur, en tenant un rythme régulier, alors que son alchimie éclairait brièvement l'endroit où il se trouvait. Les décombres l'environnai, il était dans... une grotte, ou peut-être une ancienne mine. La montagne les avait littéralement avalé, ils avaient échappé à l'avalanche en s'enfonçant malgré eux dans son cœur. Piégés. Le commandant Armstrong, Roy, lui-même... Ils étaient piégés. La panique vint donner un coup d'accélérateur à son cœur déjà bien fatigué, le faisant trembler des pieds à la tête.

Dès qu'il put se redresser, il se mit à quatre pattes en tremblant comme une feuille, cherchant à tâtons des débris de bois et s'en servant pour allumer un feu, grâce à son alchimie. La scène se dévoila faiblement, les lueurs du feu renvoyant des ombres étranges, au mur, presque maléfiques. Marcoh vit alors le colonel plus loin, étendu au sol et évanoui, les jambes à moitié ensevelies sous des rochers. Il vint jusqu'à lui, sans parvenir à se mettre debout, observant un moment son visage aussi pâle que la mort et le sang qui s'écoulait sur sa tempe. Il leva la main puis hésita, la gorge serrée. S'il aidait Bradley à mener ce pays au bain de sang, ne devrait-il pas le laisser mourir ici ? Tim n'avait aucun moyen de lutter contre le Président et ses alliés, aucun moyen réel... mais il pouvait tenter de le freiner. Les freiner. Agir à son niveau. Il ramena la main contre lui, tremblant toujours, déchiré entre son besoin de lutter contre Bradley et son refus d'utiliser de nouveau l'alchimie pour conduire une autre personne à la mort. Il sortit son pistolet de son étui, respirant par à-coups, collant le canon contre le front du jeune homme juste au moment où il rouvrit les yeux.

– Pourquoi avoir accepté de les aider ? lança-t-il d'un ton froid. Vous savez ce qui va arriver. Les habitants de ce pays vont tous y rester. Et vous vous en moquez. Rien ne compte pour ceux qui ont choisi de devenir des chiens de l'armée.

Il ôta le cran de sécurité de l'arme, à genoux près du soldat, le canon collé contre son front, entre les deux yeux, les dents serrés et une goutte de sueur coulant sur sa tempe. Le colonel était en sueur, lui aussi, encore plus blême que toute à l'heure. Il souffrait, Marcoh le voyait bien. Il faillit appuyer sur la détente, l'achever ici et maintenant, puis partir, laissant ici son corps, enseveli sous cette montagne. Une sépulture digne, par ailleurs.

– J'ai choisi de devenir un chien de l'armée pour tenter de la changer, faire évoluer ce pays vers la démocratie, répondit-il d'un ton très posé. Je veux combattre Bradley, c'est mon seul but. Pourquoi vous mentirai-je maintenant ? Si je dois mourir ici, je n'ai aucune raison de mentir.

Marcoh sourcilla légèrement, sans remuer d'un pouce, le regard troublé. Il s'était attendu à une réponse pleine de morgue et de sarcasme, comme ils étaient habitués, comme tous les humains qui coopéraient avec eux. Une réponse arrogante, remplie de défi, une réponse pour cracher au visage de l'adversaire. Il dévisagea longuement le jeune homme, hésitant, le doigt contracté contre la détente de son arme. Il n'ignorait pas non plus qu'il était plus difficile de mentir lorsqu'on était soumis à un stress intense ou à une douleur très vive.

– Vous ne savez rien sur ce pays ni sur les motivations réelles de cette armée, grinça-t-il. Vous n'êtes qu'un pion, pour l'Etat-Major, un vulgaire petit chien que l'on promène en laisse avant de le conduire à l'abattoir. Vous n'arriverez pas à changer l'armée, c'est un désir de gosse trop idéaliste. Lutter contre Bradley est inutile.

– Vous avez abandonné et fui, docteur, mais je ne suis pas contraint de vous imiter.

Le médecin appuya plus fort le canon de l'armée contre son front, tremblant de plus belle. Il ignorait tout et se permettait de vouloir donner des leçons ! Alors qu'il ne savait rien, ne connaissait rien, ne savait même pas comment s'y prendre et s'en tirer ! Il n'était qu'un des petits chiens de Bradley, corvéable à loisir et ne servant à rien d'autre qu'être un rouage au sein d'un gigantesque plan.

– Que savez-vous ?! Comment pouvez-vous encore espérer lutter ? Vous croyez peut-être que cette lutte peut être remportée ?! Pour eux, vous êtes un pion. Ils vont vous utiliser, comme je l'ai été. Comme le commandant Madless l'est aussi. Et vous ne voyez rien ! Votre vie n'a de valeur pour eux que le temps de mettre en place leur plan.

Il s'interrompit, reprenant son souffle, une larme roulant sa joue marquée de rides.

– Il ne fallait pas vous révéler utile à Ishbal, balbutia-t-il. C'est trop tard, aujourd'hui. Commencez par réaliser ça ! Aucun de vos plans ne peut tenir la route tant que vous restez si ignorant. Que savez-vous de Bradley ?! De son histoire ?! De tous ceux qui l'entourent ?!


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Chiens de l'armée   Sam 12 Mar 2016 - 19:05

Les yeux sanglant de Scar avaient été la dernière chose que Roy avait pu voir avant d'être aspiré dans le vide et dégringoler dans un gouffre obscur, où il avait chuté lourdement au sol et s'était violemment cogné la tête, sentant l'odeur du sang sur son visage et ressentant aussitôt une très vive douleur aux jambes et au dos qui l'envoya dans l'inconscience. Le retour à la réalité fut long et extrêmement douloureux. Il revenait à lui avec une extrême lenteur, les paupières trop lourdes pour les soulever et voir ce qui l'entourait. Il voulut bouger mais son corps ne lui répondit pas, il ne sentait même plus ses jambes. Bon, gros problème, très gros problème. Il se battit pour revenir complètement à lui et ouvrir les yeux, au minimum, sentant un liquide chaud couler le long de son visage. Allez, debout, on se reprend ! Les sons lui revenaient aussi, avec lenteur, il croyait entendre quelqu'un respirer près de lui. Le commandant Armstrong ? Ou le docteur Marcoh ? Ou Scar... Non, Scar l'aurait déjà achevé, ça ne pouvait être lui. Il parvint à ouvrir les yeux, juste au moment où le canon glacé d'une arme fut posé contre son front. C'était bien le docteur Marcoh... Qui le visait et avait l'air tout disposé à le tuer. Que lui avait-il fait ?! Roy ne bougea pas d'un pouce, réalisant qu'il avait les jambes piégés sous un amas de rochers. Ses gants étaient déchirés, l'empêchant d'utiliser rapidement son alchimie et la douleur lui vrillait aussi le dos. Il était complètement sans défense.

– Pourquoi avoir accepté de les aider ? lança-t-il d'un ton froid. Vous savez ce qui va arriver. Les habitants de ce pays vont tous y rester. Et vous vous en moquez. Rien ne compte pour ceux qui ont choisi de devenir des chiens de l'armée.

Quoi ? De quoi parlait-il ? Il pensait que Roy aidait Bradley à asseoir son pouvoir sur ce pays ? C'était ridicule ! Il retint la réplique acerbe en le voyant ôter le cran de sécurité, réfléchissant à toute vitesse à ce qu'il devait lui dire pour expliquer vite et avant qu'il ne se décide à lui tirer dessus. Le docteur tremblait de tous ses membres, si tendu et à cran qu'il pourrait tirer sans même le vouloir. Se concentrer était particulièrement ardu, à cause de la douleur, il était convaincu que ses deux jambes étaient brisées. Il leva les yeux vers le docteur, voyant à quel point il était troublé. Il était menacé par Bradley et devait croire que Roy était un de ses ennemis, cet endroit était parfait pour se débarrasser de lui, car même s'il ne l'achevait pas, partir en le laissant ici reviendrait à le condamner à mort.

– J'ai choisi de devenir un chien de l'armée pour tenter de la changer, faire évoluer ce pays vers la démocratie, répondit-il d'un ton très posé. Je veux combattre Bradley, c'est mon seul but. Pourquoi vous mentirai-je maintenant ? Si je dois mourir ici, je n'ai aucune raison de mentir.

On dirait qu'il avait touché juste, le docteur eut l'air troublé et indécis. Roy soutint son regard, les lèvres pincées et les dents serrées, en tâchant de ne pas bouger pour ne pas aggraver ses blessures. Marcoh devait comprendre que le colonel n'était pas un ennemi ! Ils avaient tous les deux un but commun, n'est-ce pas ? Échapper à Bradley et se débarrasser de lui, Roy était convaincu que c'était aussi l'objectif du docteur. Au fond de lui, il voulait encore freiner le Président. S'il croyait que c'était possible. Il soutenait toujours le regard du médecin, l'arme pointée contre lui. Le coup pourrait partir à tout moment. Il voyait un peu mieux autour d'eux, Marcoh avait allumé un semblant de feu, ils étaient piégés dans ce qui devait être une mine. Avalés par la montagne lors du combat contre Scar et ne pouvait percer ce qu'il y avait autour d'eux pour sortir sous peine de se retrouver écrasés pour de bon sous des tonnes de rochers. Si le docteur acceptait de l'aider, de le croire, ils devront chercher tous les deux un chemin les menant à l'extérieur, ce qui pouvait prendre du temps. Ils ignoraient où ils étaient, à quel niveau de la mine, par où passer pour se sortir de là. Les mines abandonnés étaient légion, dans le Nord, depuis l'abandon de plusieurs villes, faute d'habitants.

– Vous ne savez rien sur ce pays ni sur les motivations réelles de cette armée, grinça-t-il. Vous n'êtes qu'un pion, pour l'Etat-Major, un vulgaire petit chien que l'on promène en laisse avant de le conduire à l'abattoir. Vous n'arriverez pas à changer l'armée, c'est un désir de gosse trop idéaliste. Lutter contre Bradley est inutile.

– Vous avez abandonné et fui, docteur, mais je ne suis pas contraint de vous imiter.

Roy se tut lorsque le docteur appuya plus fortement le canon de l'arme contre son front, sans détourner les yeux pour autant. Qu'en savait-il, que c'était impossible ?! Il était parti dans l'Ouest avant même d'essayer,a lors même qu'il disposait visiblement d'informations précieuses pour cette lutte. Le jeune homme ignorait ce que tramait vraiment Bradley et les autres, ce qu'ils voulaient à ce pays, exact, mais il ne comptait pas fuir la queue entre les jambes. Il ne savait rien pour le moment, seulement ! Il n'était pas isolé dans ces recherches, très loin de là, d'autres travaillaient activement pour ce combat. S'il devait se laisser mener en laisse et la fermer en attendant, et bien soit, il pouvait passer outre sa fierté pour atteindre ses objectifs. Tout le monde pouvait l'insulter, le rabaisser ou le haïr, il tiendra la route qu'il avait choisi. Agir avec prudence et de façon progressive était une clé essentielle dans cette affaire, il en était parfaitement conscient.

– Que savez-vous ?! Comment pouvez-vous encore espérer lutter ? Vous croyez peut-être que cette lutte peut être remportée ?! Pour eux, vous êtes un pion. Ils vont vous utiliser, comme je l'ai été. Comme le commandant Madless l'est aussi. Et vous ne voyez rien ! Votre vie n'a de valeur pour eux que le temps de mettre en place leur plan.

Ce n'était pas une raison pour perdre de foi et cesser tout à fait de lutter ! Marcoh pouvait retrouver confiance, lui aussi, ils ne devaient surtout pas cesser d'y croire ou tout sera perdu à jamais, même si c'était incroyablement difficile et dangereux. Il entrouvrit la bouche en le voyant lâcher une larme, comprenant à quel point il était à bout et convaincu que rien n'était désormais possible. Bradley se servait déjà de lui, mais ils ignoraient tous le rôle du commandant Madless dans cette histoire, ainsi que le rôle qu'avait tenu Marcoh lui-même et qu'il venait de retrouver. Il pouvait être une aidé précieuse, s'il reprenait espoir ! Qu'il accepte de lutter avec eux, il le pouvait. Non ? Roy le couva du regard, espérant qu'il accepte. Il y avait encore beaucoup d'éléments clés dont ils avaient besoin pour comprendre et qui leur faisaient défaut.

– Il ne fallait pas vous révéler utile à Ishbal, balbutia-t-il. C'est trop tard, aujourd'hui. Commencez par réaliser ça ! Aucun de vos plans ne peut tenir la route tant que vous restez si ignorant. Que savez-vous de Bradley ?! De son histoire ?! De tous ceux qui l'entourent ?!

– Très peu de choses, admit-il. Rien sur le Président. Je sais très bien que je dois récolter plus d'informations si je veux me battre. Pourquoi ne pas nous aider ? Vous avez des informations, nous voulons lutter, vous pouvez être avec nous.

Il dû s'interrompre à cause de la douleur, serrant les dents pour ne pas laisser échapper la moindre exclamation, pâlissant encore plus. Il était à deux doigts de s'évanouir à nouveau, luttant pour rester conscient. Ce n'était pas le moment de s'effondrer, il devait tenir, d'autant plus qu'il sentait que la clé de l'énigme était toute proche. Respirant profondément, il ferma les yeux une bonne minute sans pouvoir retenir une grimace, le souffle court.

– Nous savons déjà que le Président cherche à affaiblir ce pays par tous les moyens possibles, parvint-il à articuler, mais nous ignorons pourquoi et comment. Comme pour ce... monstre, avec ses tentacules noires et tranchantes. Je crois que c'est un homonculus mais personne n'est assez puissant à Amestris pour en créer un, surtout aussi fort.

Il rouvrit les yeux, assez humides, s'en voulant aussitôt de dévoiler à quel point il avait mal. Ce n'était certainement pas le moment de craquer. Respirer profondément et oublier la douleur, se calmer, puis se reprendre.

– Avec quoi Bradley vous contraint-il de rester dans l'armée ? reprit-il avec difficulté. Il vous menace, c'est évident. Qu'avez-vous fait pour en arriver là ?


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Tim Marcoh

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MessageSujet: Re: Chiens de l'armée   Dim 13 Mar 2016 - 18:46

– Très peu de choses, admit-il. Rien sur le Président. Je sais très bien que je dois récolter plus d'informations si je veux me battre. Pourquoi ne pas nous aider ? Vous avez des informations, nous voulons lutter, vous pouvez être avec nous.

Les aider... Les "aider" ! Il croyait toujours qu'il y avait quelque chose à faire ? Marcoh trembla de plus belle, le canon bougeant légèrement sur son front. Il failli bien tirer, son doigt ripant à la dernière seconde. Il ignorait ce qu'il devait faire, croire, dire, si le jeune soldat était honnête ou non. Tout ce qu'il voyait, pour le moment, tout ce qui était certain, c'est qu'il souffrait au maximum. Marcoh était toujours partagé entre son envie de soigner les autres et son envie de lui coller une balle pour ce qu'il avait fait à Ishbal, comme il avait envie de se tirer dessus lui-même pour ce qui s'était produit là-bas. Ils ne méritaient rien de plus, ni l'un ni l'autre. Silencieux, il le fixait, le dévisageait, son doigt tremblant contre la gâchette du pistolet. Il allait finir par le faire, tirer, par... Il respirait par à-coups, regardant le soldat troublé et confus par la douleur. Et s'il le soignait alors qu'il était vraiment un ennemi ? Ou s'il ne le soignait pas alors qu'il était du bon côté ? Ou s'ils se trompaient tous et étaient complètement manipulés ? Pire, il voyait Roy, face à lui, mais c'était peut-être Envy... Envy qui s'amusait avec lui, une fois de plus, pour découvrir ses véritables intentions. Le docteur serra les dents, le cœur battant de plus en plus vite. S'il tirait et si c'était Envy, il sera guéri aussitôt.

– Nous savons déjà que le Président cherche à affaiblir ce pays par tous les moyens possibles, parvint-il à articuler, mais nous ignorons pourquoi et comment. Comme pour ce... monstre, avec ses tentacules noires et tranchantes. Je crois que c'est un homonculus mais personne n'est assez puissant à Amestris pour en créer un, surtout aussi fort.

Marcoh était toujours très hésitant, perdu, l'écoutant sans parvenir à se fixer. Roy s'était un peu repris, les larmes aux yeux tant il avait mal. Hum... Que faire ? Ce qu'il fallait, c'était un moyen de s'assurer que ce n'était pas ni Envy ni aucun de ces monstres. Le docteur jeta un regard angoissé autour d'eux, s'attendant presque à voir surgir les ombres et yeux affreux de Pride, tout autour d'eux, à les fixer d'une lueur assassine. Filer d'ici, trouver un moyen d'être certain qu'il s'agissait bien de Mustang, trouver la sortie, décider de ce qu'il devait faire, s'il pouvait se permettre d'agir d'une certaine façon, s'il ne mettait pas la vie des habitants de son village en danger, s'il ne sera pas trop surveiller, et surtout, si c'était bel et bien possible de faire quelque chose, même de façon infime. Il ne voulait pas que qui que ce soit meure à cause de lui. Serrant un peu les mains sur la crosse du pistolet, il inspira profondément pour se calmer et s'éclaircir les idées, à la fois révolté et désespéré. Pouvait-il agir aussi concrètement ? Croire ce jeune homme qui lui affirmait que c'était toujours possible ? Il y croyait alors qu'il y avait tant de risques que tout échoue et qu'ils meurent, d'une façon lamentable, pour un but dont ils ignoraient encore tout. Même Bradley représentait un mystère à lui seul, pourquoi un humain aiderait des homonculus ? Quel intérêt en retirait-il ?

– Avec quoi Bradley vous contraint-il de rester dans l'armée ? reprit-il avec difficulté. Il vous menace, c'est évident. Qu'avez-vous fait pour en arriver là ?

Marcoh ne répondit pas tout de suite, le cœur battant à une vitesse folle. Il baissa avec lenteur le canon de son arme, le laissant retomber contre lui, sur ses genoux, la tête baissée. Que pouvait-il faire... Que pouvait-il faire sans mettre en danger la vie de tous ses amis, de tous ces hommes et femmes qui étaient sa nouvelle famille. Il ne réalisait pas qu'il en pleurait à chaudes larmes, tremblant avec de brefs spasmes et une envie folle de retourner cette arme contre lui. Il ne devait pas craquer... Pourtant... Inspirant à nouveau, il releva les yeux pour regarder le jeune homme, étendu près de lui. Avoir confiance ou non ? Que pouvait-il dire ou croire ? Il murmura d'un ton bas "Envy ... ?", voyant l'air perplexe du jeune homme. Marcoh regarda de nouveau autour de lui, s'attendant à tout moment de voir surgir les yeux sombres des ombres de Pride. Il rengaina son arme dans l'étui, appuyant les deux mains sur l'amas de rochers. Des éclairs éclairèrent très vivement la pièce alors qu'il les réduisait en poussière, faisant tomber une pluie épaisse sur eux. Revenant vers le soldat, il tendit prudemment les mains pour les poser sur les jambes du jeune homme. Jeune homme qui poussa un cri de douleur, les yeux révulsés, manquant de s'évanouir.

Marcoh ne pouvait résorber entièrement les fractures mais il fit tout de même du mieux possible, ajoutant ensuite des attelles légères pour les os fragilisés. Une fois fait, il saisit le soldat par les bras et les épaules, pour le retourner sur le ventre. Soulevant le haut de son uniforme, la veste puis la chemise, il examina son dos, penché avec un air concentré, appuyant les deux mains bien à plat. Il avait quelques côtes brisés et son flanc avait une couleur qui ne lui plaisait guère. Il avait une blessure plus ancienne qui menaçait de se rouvrir. Le docteur fit une fois de plus de son mieux, n'étant guère dans le meilleur état possible pour soigner quelqu'un. Dès que cela fut fait, il s'empara à nouveau du jeune homme pour le relever, lui faisant mettre un bras au-dessus de ses épaules et le tenant par la taille, le poussant à s'appuyer sur lui. Il fallait y aller, entre Scar et Pride, cet endroit n'était pas sûr. Roy le remercia, tout à coup, marchant avec peine. C'est cela... Marcoh resta silencieux, laissant son collègue tenir la petite torche qui les éclairait. Il n'avait plus vingt ans, lui, porter ainsi un homme lui pesait beaucoup.

– Vous ne savez rien, sur les homonculus ? maugréa-t-il en avançant avec lenteur.

– Ce qu'ils sont, leurs pouvoirs et comment les créer, souffla-t-il avec une grimace.

– Ce n'est pas une théorie, ils existent bel et bien, dans ce pays. C'est bien un homonculus qui a attaqué la générale Armstrong.

Ce cher Pride n'y avait d'ailleurs pas été avec le dos de la cuillère... Il en fallait certes beaucoup pour parvenir à intimider les soldats du Nord mais de là à détruire ainsi un train blindé comme il l'avait fait ? Le colonel lui demanda comment il le savait mais Marcoh ne répondit pas. Il n'était pas prêt à parler de tout cela et ne voulait pas risquer encore plus la vie de ses amis au village. Il ne sera pas responsable de leur sort, il se le jurait.

– Comment pouvez-vous avoir encore foi ? Lutter contre Bradley... J'ai essayé, c'est impossible, cet homme est un monstre. Vous êtes trop idéaliste.


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Chiens de l'armée   Lun 14 Mar 2016 - 13:33

Roy attendait, sachant qu'il ne verra pas le coup partir, très crispé, s'attendant à ce que le docteur ne le croit pas et lui tire dessus. Il eut une pensée pour Riza et l'enfant qu'elle portait, songeant qu'il était désolé et espérant qu'ils seront heureux malgré tout. Son cœur battait de plus en plus fort, tandis qu'il fixait le docteur, ayant envie de fermer les yeux, attendre que tout soit fini. Cependant, à sa très grande surprise, Marcoh baissa son arme avec lenteur, manquant de lui arracher un immense soupir de soulagement. Il le croyait ? Roy entrouvrit la bouche, se taisant cependant lorsqu'il vit baisser la tête et pleurer. Il était vraiment à bout... Silencieux, le colonel se contenta d'attendre, fronçant juste les sourcils d'un air perplexe lorsque le docteur le regarda en murmurant « Envy » d'une voix brisée. C'était ce même mot qu'il avait dit à Riza, non ? Mais qu'est-ce que cela voulait dire ? C'était donc bien une personne ? Enfin, il voyait bien que Roy était bien lui-même, pas une personne déguisée ! Ou bien Envy devait être une sort de code, qui servait à il ne savait quoi. Il ne comprenait pas et la douleur ne l'aidait pas à réfléchir.

Marcoh rengaina son arme puis appuya des deux mains sur les rochers, utilisant son alchimie pour les réduire en poussière. Le poids s'ôtant d'un seul coup de ses jambes le secoua d'une douleur fulgurante, tremblant avec violence en luttant pour rester conscient. Il inspira plusieurs fois de suite avec force, les larmes aux yeux, serrant les poings. Mais lorsque le docteur posa les mains sur ses jambes, il ne put cette fois retenir un cri, des points noirs venant danser devant ses yeux. Ne pas s'évanouir, ne pas s'évanouir, surtout ne pas s'évanouir, il devait absolument garder conscience. D'autant plus que vu l'état du docteur, il ne pourra pas le soigner aussi efficacement qu'il le faisait d'habitude. Il baissa la tête pour regarder ce qu'il faisait, voyant qu'il rajoutait des petites attelles sur ses jambes. Il allait encore finir quelques jours à l'hôpital... Les joies de l'armée et de ce rang, ils étaient souvent blessés par ce genre de mission. Le docteur vint ensuite l'attraper par les bras et les épaules, le retournant sur le ventre. Roy ferma les yeux lorsqu'il soigna son dos, après qu'il lui ait relevé le haut de son uniforme. Les spécialistes de l'alchimie médicale étaient tout de même impressionnant, dommage qu'il y en ait si peu.

Lorsqu'il en eut terminé, Marcoh vint l'aider à se relever, le soutenant par la taille et lui faisant passer l'autre bras par-dessus ses épaules. Roy grimaça en se remettant debout, respirant profondément. La douleur était redevenue largement supportable, au moins. Le colonel remercia le médecin, tenant la petite torche de sa main libre pour les éclairer. Ils n'avançaient pas très vite, de un car le docteur n'avait plus la même vigueur, de deux car lui-même ne pouvait de toute façon bien courir. Ils étaient bien dans une ancienne mine, les murs étaient taillés, renforcés par des étais. Des traces de rails couraient au sol, au milieu de ces longs couloirs lugubres. Il n'avait aucune idée du niveau où ils étaient, s'ils s'étaient vraiment enfoncés si loin que ça dans le cœur de la montagne. Combien de temps pour en sortir ? S'ils mettaient plusieurs jours, le problème allait vite s'empirer. Ils avaient de quoi boire et manger sur eux pour deux jours au maximum. S'ils pouvaient trouver des sources d'eau, ce n'était pas le cas pour le reste.

– Vous ne savez rien, sur les homonculus ? maugréa-t-il en avançant avec lenteur.

– Ce qu'ils sont, leurs pouvoirs et comment les créer, souffla-t-il avec une grimace.

– Ce n'est pas une théorie, ils existent bel et bien, dans ce pays. C'est bien un homonculus qui a attaqué la générale Armstrong.

Comment savait-il cela ? Ou plutôt, comment pouvait-il l'affirmer d'un ton si convaincu, avait-il des preuves qu'eux ne possédaient pas ? Le colonel lui posa la question, espérant qu'il accepte enfin de collaborer plus étroitement avec eux tous. Qu'est-ce qui l'en empêchait ? Avec quoi Bradley le menaçait-il ? Le docteur ne répondit pas, le visage très grave et fermé. Peut-être le tenait-on par le chantage, des menaces, des otages peut-être. Dans ce cas, il n'osera sans doute pas les aider, il suffisait de voir à quel point il était à cran pour comprendre qu'il était déchiré par la situation. Roy soupira légèrement, détestant être coincé ainsi. Ils avaient tous les éléments en main, il ne manquait presque rien pour obtenir enfin la clé de l'énigme ! Il sentait qu'ils étaient très proches. Comment s'y prendre pour rassurer le docteur et lui permettre de travailler avec eux sans qu'il ne se mette en danger ou fasse risquer quoi que ce soit à ceux qu'il protégeait ? S'ils parvenaient à contourner ce problème, ce sera déjà un très grand pas en avant.

– Comment pouvez-vous avoir encore foi ? lutter contre Bradley... J'ai essayé, c'est impossible, cet homme est un monstre. Vous êtes trop idéaliste.

– On me l'a souvent reproché, sourit-il faiblement. Et c'est justement parce que je suis trop idéaliste que je continue d'y croire et d'y travailler autant que possible. Nous n'improvisons pas, vous savez... Tout cela prendra du temps et nous n’abandonnerons pas.

Marcoh soupira, s'arrêtant une minute pour reprendre son souffle puis continua. Il devait certainement le prendre pour un gosse bien naïf et inconscient des risques qu'il prenait. Sans doute l'était-il, c'était avec ce genre de « rêves de gosses » qu'on arrivait à changer les choses, en croyant à ce que tout le monde pensait impossible. Il marcha en silence, veillant à ne pas trop forcer sur ses jambes après une remarque du docteur, s'arrêtant régulièrement avec lui pour qu'il reprenne son souffle. Ils avançaient le long du tunnel, faisant fuir quelques rats sur leur passage, dérangeant une ou deux chauves-souris par la lueur de la torche. Le silence était total, ils n'entendaient rien d'autres que le bruit de leurs pas et de leurs souffles. Ils ne trouvaient pas d'indication sur le niveau où ils pouvaient être ni sur les sorties existantes. Mieux valait ne pas trop songer au temps qu'ils pouvaient passer à tourner en rond en cherchant la sortie, seuls dans ces tunnels, il y avait de quoi en devenir fou.

– Pouvez-vous au moins m'en dire plus sur l'homonculus ayant attaqué la générale ? Vous l'avez déjà rencontré ?

Il était prêt à le supplier à genoux, s'il le fallait, tant il sentait qu'ils étaient proches de tout comprendre et donc trouver rapidement une parade. Le docteur resta silencieux, une fois de plus, les lèvres pincées. Roy était incroyablement frustré, désespérant de trouver d'autres éléments susceptibles de les aider. Il tenait à trouver le maximum de choses avant de se rendre à Central, afin d'éviter les pièges de la capitale et ne pas se faire bêtement manipuler. Las, cela semblait très mal parti. Il ne dit plus rien, sachant que c'était peine perdue, continuant à avancer aussi vite que possible. Le temps semblait s'éterniser, ils marchaient depuis une heure, puis deux, puis trois... Sans un mot, s'arrêtant parfois avant de repartir, cherchant un indice sur l'endroit où ils se trouvaient et comment s'en sortir. Ils trouvèrent quelques panneaux délabrés, tournant au hasard lorsque des intersections se présentaient. Roy aurait tellement voulu percer cette maudite montagne avec l'alchimie, s'ils ne risquaient pas d'être écrasés ou enterrés vivants. Ils marchaient péniblement depuis presque six heures lorsque le docteur s'arrêta brutalement, tournant la tête pour regarder derrière eux.

– Que se passe-t-il ?

Il leva sa main libre, où il avait tracé un cercle alchimique, prêt à réagir si Scar surgissait des ténèbres pour les attaquer. Fronçant les sourcils, il envoya quelques flammes contre les tonneaux abandonnés le long du tunnel pour les éclairer mieux que cela, écarquillant les yeux lorsqu'il vit une forme étrange et énorme se détacher du mur. C'était... humain ? Oui. C'était un homme chauve, obèse, petite et au visage rond, vêtu d'une manière étrange. Il les fixait avec un très large sourire, une langue dégoulinante de bave dépassant de sa bouche. Qui était ce type ? Marcoh avait blêmi, si fort que le colonel comprit aussitôt qu'il le connaissait et que ça sentait sûrement très mauvais. Ils ne bougeaient plus, ni l'un ni l'autre, devant le type qui les regardait toujours avec ses yeux ronds. Il reniflait l'air comme un chien de chasse, riant d'une voix aigu d'enfant. Marcoh le fit reculer d'un pas, avec l'air furieux et dégoûté. Le jeune homme ne comprenait plus rien, qui était ce gros balourd et d'où sortait-il ?!

– Retrouvés ! s'écria-t-il. J'ai retrouvé les alchimistes ! J'ai retrouvé leurs odeurs !

– Ouais, bien joué, mon gros.

Un autre type avança à son tour, encore plus bizarre que le premier. Il était pieds nus, avec une sorte de... tunique au torse et un short qui lui collait au corps, les cheveux longs coiffés bizarrement, affichant un sourire mauvais.

– Qui êtes-vous ?! cracha Roy, bougeant malgré le fait que le docteur le maintenait encore plus fort. Vous êtes des alliés de Scar ?


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MessageSujet: Re: Chiens de l'armée   Mar 15 Mar 2016 - 17:58

[PNJ Envy]




Le commandant Madless leur avait échappé de justesse, Scar était bon pour fuir. Après l'avalanche, Gluttony avait été sérieusement déboussolé, son odorat perturbé, tous comme ses sens. Envy avait dû le frapper plusieurs fois de suite pour qu'il daigne se reprendre, très agacé. Allez, on se bouge ! Debout dans la neige et des débris, il avait attendu avec une grande impatience que son frère se reprenne un peu. Pride n'avait pu, lui non plus, dissimuler sa colère extrême. Eh, c'était quand même pas de la faute d'Envy si ce gros Ishbal avait déclenché tout ça ! Soupirant, il se frotta la tête en regardant les dégâts, jurant contre ces alchimistes qui provoquaient toujours autant de bordel partout où ils passaient. C'était pas croyable, ça, pouvaient pas rester bien tranquilles, comme tout le monde ? Et en plus de ça, maintenant, ils avaient aussi perdu deux autres types pour le sacrifice, Père allait leur en faire toute une scène. Pride fixait l'horizon avec un air très noir, ne se détendant qu'au bout de longues minutes. Son apparence de petit garçon jurait assez férocement avec son regard de monstre en colère.

– Bon, on fait quoi ?

– Partez chercher les deux imbéciles, vous. Je continue sur la piste de Scar.

Ouais, ouais, compris, ils y allaient. Dès que Gluttony aura retrouvé ses esprits. Envy l'apostropha, de plus en plus impatient, grognant en le voyant se frotter les yeux en geignant. Allez, le gros, on se bouge plus que ça ! Il pouvait les retrouver, grâce à son odorat ! Ils devaient s'être enfoncés dans une montagne ou une autre, là, après le déluge de neige et de rochers. Pride repartit après leur avoir lancé de faire vite. Mais oui, c'est ça, ils allaient se dépêcher, ils n'avaient que ça à faire que de courir derrière les sacrifices. Il fallut encore du temps à Gluttony pour qu'il se remette, mais une fois fait, ils purent filer. Le docteur Marcoh n'avait pas intérêt à profiter de ce court interlude pour préparer des plans foireux ou son cher village allait y passer tout entier. Ils mirent longtemps avant de trouver une ancienne entrée des mines et se faufiler dans les tunnels, Gluttony reniflant partout comme un gros chien de chasse en pleine traque. Ah là là, qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire... Pourquoi ils ne tenaient pas tranquilles, ces fichus humains ?! C'était trop demandé ? Il marmonna une vague insulte en avançant près de son frère, pressé d'en finir avec cette histoire.

Les mines étaient grandes, certes, mais pas assez grandes pour perdre leur fin limier, avec son odorat surpuissant. Il ne fallait qu'une piste, à Gluttony, une piste à remonter jusqu'à sa victime. Ils savaient que les deux alchimistes étaient quelque part dans le coin, il ne restait plus qu'à les trouver. Bientôt, Gluttony s'arrêta, reniflant l'air avidement, puis un très large sourire vint laisser voir ses dents et sa langue immense, alors qu'il fonçait bien plus vite. Ah, dénichés ! Envy courut derrière lui, pleinement satisfait d'en avoir bientôt fini avec cette histoire. Ils n'avaient que cela à faire, eux ! Enflammer les tensions dans tout le pays et les frontières demandait du temps, pas question d'en perdre trop à cause des petits chiens de leur frère. Ils coururent ainsi dix bonnes minutes encore avant de voir la lueur de flammes assez vives. Hé hé, parfait. Marcoh et Mustang étaient là, le docteur soutenant le colonel en le tenant par la taille et en le faisant s'appuyer sur lui. Blessé ? Pas grave, il allait finir dans un hôpital, ils devaient garder leurs sacrifices vivants, jusqu'au Jour Promis. Ils s'étaient arrêtés, tous les deux, Marcoh avait dû sentir leur présence.

– Que se passe-t-il ?

Il se passait que ce cher colonel allait faire un bon petit somme. Il avait l'air fatigué, là, un peu de repos lui fera le plus grand bien. Il envoya des flammes pour brûler quelques vieux tonneaux dans le couloir et mieux éclairer la scène. Ah ouais, il semblait bien blessé. Tss, il ne pouvait pas faire attention à lui ?! Il était précieux, pour eux, il n'avait pas le droit de mourir pour le moment, pas tant qu'il n'aura pas ouvert la porte et ne leur aura pas servi pour l'achèvement de leur œuvre. Marcoh les fit reculer devant Gluttony, extrêmement content et bavant, ses mains grasses et énormes se posant par terre pour avancer, comme un gorille prêt à charger ses proies. Ah, leur frère était le moins « humain » d'entre eux tous, il ne fallait pas lui en vouloir, il était né comme ça. Envy l'aimait bien quand même, au fond, il pouvait être amusant. Et puis, c'était son frère, il restait attaché à lui. Ils avaient bien essayé de lui inculquer plus de bonnes manières, Lust surtout, cependant, impossible de le faire au moins manger proprement.

– Retrouvés ! s'écria-t-il. J'ai retrouvé les alchimistes ! J'ai retrouvé leurs odeurs !

– Ouais, bien joué, mon gros.

Envy avança en pleine lumière à son tour, affichant un rictus satisfait, son sourire cruel s'étendant sur ses lèvres. Allez, mon petit colonel, c'est l'heure d'aller faire un gros dodo. Avec un peu de chances, comme ils les avaient retrouvés vite, Bradley n'allait même pas crier. Ils étaient entiers, en plus ! Enfin, plus ou moins, mais ça, c'est parce que les humains étaient vraiment trop fragiles. Pas de la faute à Envy s'ils se cassaient les os pour un oui ou pour un non, leur race était si faible et sans valeur.

– Qui êtes-vous ?! cracha Roy, bougeant malgré le fait que le docteur le maintenait encore plus fort. Vous êtes des alliés de Scar ?

– Il sort les crocs, le petit chien de l'armée ? railla Envy en continuant à avancer. Du calme, on est pas avec ce crétin d'Ishbal et on ne vous veut pas de mal non plus. Vous devriez nous remercier de vous sortir de ce trou.

Il fonça à peine sa phrase terminé, esquivant l'attaque que lui lança le colonel puis le frappa directement en pleine tempe, le laissant s'écrouler au sol. Envy se pencha sur lui, les deux mains sur les hanches, satisfait. Le colonel était étendu au sol, assommé, avec un teint livide. Allez, au moins, il dormira longtemps, sa tempe virait déjà au violacé. Marcoh était tombé au sol, tremblant de tous ses membres et les traitant de monstres d'une voix brisée. Eh, c'était pas gentil, ça ! Eux qui étaient venus les sauver, quel manque de délicatesse de les insulter en retour. Envy prit l'apparence d'un soldat d'Amestris, plus grand et fort, se penchant pour soulever le colonel évanoui et la jeter sur son épaule, toujours souriant. Il lança un regard au docteur qui se relevait péniblement, en lui disant qu'ils y allaient, plus la peine de perdre du temps. Il laissa passer Marcoh devant lui, suivant derrière en portant le petit chien. S'il semblait frêle, Envy était celui qui avait le plus de force, même plus de force que Sloth qui avait pourtant une carrure formidable. A chacun son truc, Sloth était le plus rapide.

– Vous avez encore fichu un beau bordel, dehors, lança-t-il en fixant la nuque du docteur. Heureusement qu'on était tous dans le coin car vous vous auriez mis des jours à sortir, sans notre aide. On va déposer le colonel devant un hosto puis prévenir Bradley que c'est bon.

Il vérifia rapidement que le type qu'il transportait respirait toujours puis reprit la marche, poussant les deux autres à accélérer un peu. Ils n'avaient pas que ça à faire.

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