Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Cohabitation forcée

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Roy Mustang

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MessageSujet: Cohabitation forcée   Jeu 17 Mar 2016 - 16:53

C'était une blague, une gigantesque blague ! Pourquoi était-ce lui qui devait s'occuper de ces deux gamins ?! Complètement scié, choqué, il regarda le président partir, la bouche entrouverte, à moitié outré et moitié halluciné. Pourquoi devait-il... Il n'avait aucune expérience des enfants, lui ! Comment était-il censé faire ? Et combien de temps cela allait-il durer ? Qu'était-il censé faire avec eux ? Et il n'était pas en permission ! Comment s'y prendre, dans la journée, il devait les emmener tous les deux au bureau ? Serrant les dents, il se frotta le front, repoussant les quelques mèches noires lui tombant sur le front, désespéré. Falman avait arrêté de rire, demandant comment le truc allait être reproduit si leur générale était enfermée. Bon, ils allaient sans doute la laisser faire ses expériences, durant la journée, le Président voulait simplement rester prudent, en la gardant sous surveillance étroite. Cette femme était... Très... Choquante. Générale de division après un mois dans l'armée ! Elle l'était devenue directement ? Breda devait y réfléchir aussi car il demanda aux deux gamins comment il était possible d'être officier supérieur en si peu de temps.

– Elle menait déjà la résistance, marmonna le gamin blond en serrant sa sœur contre lui. Donc l'armée s'est intéressée à elle.

– La résistance... Votre pays est en guerre civile ou quoi ?

– Trop long à expliquer.

Peu importe pour le moment, ils s'expliqueront plus tard, il fallait déjà savoir ce qu'on pouvait faire des gamins maintenant... Roy jeta un long regard aux deux enfants, puis à l'horloge, réfléchissant à toute vitesse. Les garder, les garder, il n'était pas nourrice. Bon, déjà, tout le monde avait besoin d'une pause, après tout ce chantier. Il appela le chef de la gendarmerie, pour lui ordonner de faire des recherches avec ses hommes, au cas il y avait encore d'autres qui se promenaient en ville ou ailleurs, perdues. Rassembler tout le monde ne sera pas plus mal. Une fois les gendarmes partis, il retrouva son équipe et leur dit de prendre une pause, eux aussi, un café ou autre chose. Il emmena les deux enfants avec lui dans la salle de pause, avec son équipe, lançant un regard assez désespéré au lieutenant. Breda se mit à préparer du café, donnant des tasses vides à tout le monde. Bon, tout le monde se calme et se détend, tout le monde respire, tout allait bien. Victor, l'un des soldats ayant été enfermé les trois étrangers, revint à son tour, avec un air las. Roy lui demanda comment cela s'était passé, dans les quartiers disciplinaires.

– Assez tranquillement. Leur générale a demandé de quoi écrire puis elle a commencé à tracer des... des schémas bizarres puis à faire des éclairs avec ses mains, c'était assez terrifiant. Les deux autres n'ont rien dit. Le colonel a commencé à harceler son subordonné de question pour savoir si ses équipiers allaient bien et comment s'était passé je ne sais quoi. Il lui a aussi demandé comment il avait su qu'ils servaient tous d'otages.

– Ça, c'est normal. Plus de famille, seuls amis réels dans l'armée, donc une équipe forcément assez soudée. Ses subordonnés étaient les seuls susceptibles de servir d'otages, pour lui, c'est parfaitement logique.

Falman hocha la tête, passant le café pour que chacun puisse se servir. Roy donna du jus d'orange aux enfants, machinalement, se demandant toujours combien de temps cette histoire allait durer et s'il y avait un risques d'autres « échanges » de ce style. Voyant que le jeune homme était encore très mal à l'aise et très raide, Roy retint un profond soupir las, fermant les yeux une minute.

– Écoute, détends-toi un peu, l'armée d'ici n'est pas la même que chez toi. Tu comptes faire la tête comme ça durant encore des jours ? Si on essaye tous de faire un peu d'efforts, ça peut très bien se passer. Et je mange pas les enfants non plus, tu n'as pas à avoir peur.


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MessageSujet: Re: Cohabitation forcée   Lun 4 Avr 2016 - 11:54



[Jasper Karinof, 16 ans, don du feu.]


Ils étaient dans la merde, la merde la plus complète. Jasper retint un immense soupir en se frottant les yeux, désespérant à moitié. Est-ce que la directrice pourra les ramener vite ? Elle pouvait pas vrai ? Elle allait réussir ? Hein ? Oui ? Elle pouvait vraiment ? C'était sûr, pas vrai ? Pitié, pourvu qu'elle y arrive, il ne voulait pas être coincé des lustres chez un soldat... Se mordant les lèvres en priant tous les dieux du monde pour que la directrice arrive vite à son but, il faillit louper la question d'un des soldats, qui se demandait comment la générale allait reproduire ce truc si elle était enfermée. Bah, son don n'était pas contraint, lui, elle allait y arriver. N'est-ce pas ? Mais oui, oui, sûrement, c'était juste une question de temps ! Non ? Frissonnant un peu, il haussa un peu les sourcils lorsque le soldat lui demanda d'un ton perplexe comment on pouvait devenir officier supérieur en si peu de temps. Oh, très simple, il suffisait de s'engager seul dans une lutte perdue d'avance, trouver des alliés, combattre, protéger des enfants, rallier la moitié de l'armée à soit, tenir tête à un psychopathe, tout le monde faisait ça chaque jour, après tout ! Quoi de plus naturel, finalement, que de voir des militaires débarquer dans une école, une école dirigée par une femme au caractère très légèrement électrique et inflammable. Comment tout avait pu dégénérer en si peu de temps...

– Elle menait déjà la résistance, marmonna le gamin blond en serrant sa sœur contre lui. Donc l'armée s'est intéressée à elle.

– La résistance... Votre pays est en guerre civile ou quoi ?

– Trop long à expliquer.

Ce n'était pas si loin de la guerre civile, en réalité, oui. Il massa un peu l'épaule de Laura, sur ses gardes, se crispant lorsque le colonel appela un autre soldat. Il lui ordonna de lancer des recherches, au cas où d'autres personnes comme eux étaient perdues dans le coin. Jasper ne put s'empêcher d'imaginer ce que ça donnerait s'ils tombaient sur certains de leurs profs, se mordant les lèvres pour retenir un rire nerveux. Il respira un bon coup, réagissant avec un temps de retard lorsque les soldats les poussèrent avec eux. Ils allaient où ? On les fit entrer dans ce qui devait être une salle de pause, quelques autres soldats buvaient un café ou autre chose en bavardant. Coincés dans une nouvelle caserne au milieu de dizaines de soldats, la situation était formidable ! Il aimerait même mieux être enfermé,a u moins ne verrait-il plus qu'un nombre limité de militaires. Debout à côté de sa petite sœur, il s'adossa contre le mur, tournant la tête lorsqu'un des soldats de toute à l'heure, qui avaient emmené la directrice, revint avec un soupir fatigué. Le colonel brun lui demanda comment cela s'était passé, dans les quartiers disciplinaires. Oh, tendu, sans aucun doute. Même ici, la directrice arrivait à coller la trouille à tout le monde. Il avait adoré le moment où elle avait renvoyé balader le Bradley d'ici.

– Assez tranquillement. Leur générale a demandé de quoi écrire puis elle a commencé à tracer des... des schémas bizarres puis à faire des éclairs avec ses mains, c'était assez terrifiant. Les deux autres n'ont rien dit. Le colonel a commencé à harceler son subordonné de question pour savoir si ses équipiers allaient bien et comment s'était passé je ne sais quoi. Il lui a aussi demandé comment il avait su qu'ils servaient tous d'otages.

– Ça, c'est normal. Plus de famille, seuls amis réels dans l'armée, donc une équipe forcément assez soudée. Ses subordonnés étaient les seuls susceptibles de servir d'otages, pour lui, c'est parfaitement logique.

C'était quoi, cette histoire d'otages ? Qui le menaçait et pourquoi ? Il sourcilla un peu, prenant le verre qu'on lui tendait, comme Laura. Il veillait à ne pas trop bouger, même s'il mourrait d'envie de se tirer de là en emmenant sa petite sœur. Au pire, ils pouvaient se débrouiller seuls quelques jours, non ? Ils étaient vraiment obligés de rester chez ce type ?! C'était un soldat ! Et puis, zut quoi, il était colonel aussi, c'était une malédiction. Ils étaient donc condamnés à voir des soldats jusqu'à avoir envie d'en vomir, cernés comme jamais, même dans un autre pays. Un pays où le chef s'appelait Bradley... Là, c'est du fatalisme, personne n'y avait cru, en entendant cela. Tapotant les doigts sur son verre, il réfléchissait s'il n'y avait pas un moyen pour aider la directrice et rentrer plus vite chez eux. L'ambiance n'y sera pas forcément meilleure mais au moins, ils connaissaient les règles du jeu et savaient à quoi s'attendre.

– Écoute, détends-toi un peu, l'armée d'ici n'est pas la même que chez toi. Tu comptes faire la tête comme ça durant encore des jours ? Si on essaye tous de faire un peu d'efforts, ça peut très bien se passer. Et je ne mange pas les enfants non plus, tu n'as pas à avoir peur.

– "Pas la même", ça, ça reste à vérifier, marmonna-t-il. Et je suis vraiment désolé d'être un peu allergique aux militaires, croyez-le bien.

Il reposa le verre qu'on lui avait donné, n'ayant ni soif, ni faim, ni envie de rien sinon retourner en France le plus vite possible. La directrice avait-elle pu découvrir quelque chose, déjà ? Ou non ? C'était trop tôt ? Ou pas ? D'habitude, le pouvoir qu'elle déployait terrorisait tout le monde, mais pour une fois, il était prêt à la supplier de s'en servir à fond, sans se retenir. Si si, vraiment, quitte à faire un petit peu peur à ceux qui habitaient dans le coin, ce n'était pas bien grave, hein. Et puis, Gavin pouvait aussi mêler son propre don au sien, non ? Le feu était l'élément le plus puissant, avec la foudre, en les assemblant, ils pouvaient peut-être ouvrir une autre brèche ? Il y avait sans doute une technique pour combiner la force de leurs deux éléments, ça devait être possible, il y avait pleins de techniques pour assembler deux pouvoirs pour en créer un autre, une sorte de don alternatif, combinaison de deux pouvoirs principaux. Il y eut tout à coup un grondement de tonnerre puis un cri de terreur, venant des sous-sols, avant qu'une voix glaciale intime un "Bouclez-la !". Il baissa le regard vers ses pieds, avec un rire nerveux, ayant reconnu la voix de la directrice. Ce serait peut-être plus... prudent de la laisser faire ses tests dehors. Là où rien ne risquait d'être détruit ou de s'écrouler. Le colonel avait grimacé en regardant aussi le sol, avant de se redresser en marmonnant "Tellement aimable et douce, cette femme". Elle pouvait être gentille... Parfois. L'autre femme soldat avait sursauté, elle aussi. Qu'est-ce qu'ils étaient nerveux.

– Elle peut être très douce, répondit-il, toujours contre le mur. Puis au moins, elle défend les autres.

Il y eut tout à coup un autre bruit bien plus fort puis la voix d'un homme s'écrier "Je n'ai rien fait, je n'ai rien fait, je n'ai rien fait !!" en boucle, d'un ton terrorisé. Oups, il y avait dû y avoir un petit incident. Agacer la directrice quand elle était tendue à ce point, ce n'était pas forcément la meilleure idée du siècle, elle devait être trop à cran pour accepter la moindre petite erreur. La femme lieutenant avait un air incrédule, cette fois.

– Très douce… ?

– Oui, répondit-il d'un ton plus hésitant. Elle a déjà souri. Heu... Une fois, au moins, on l'avait vu.

Le ton montait, en bas, le soldat de toute à l'heure était en train de se répandre en excuses et un autre s'écria qu'ils devraient tous se calmer un bon coup, maintenant, ça suffisait, mieux valait aller dehors pour continuer. Bonne idée, ça, au moins le bâtiment n'allait pas s'effondrer comme un rien. Il se rapprocha de la fenêtre pour regarder, voyant la générale et Gavin sortir quelques minutes après. Les soldats dans la pièce s'approchèrent eux aussi des fenêtres pour jeter un regard curieux. Là, ça pouvait être intéressant. Les militaires d'ici restaient éloignés avec soin, avec un air très peu rassuré, pendant que Gavin et la directrice étaient l'un face à l'autre. Eh, bien deviné, toute à l'heure, ils pouvaient vraiment joindre leurs deux pouvoirs pour tenter de créer une faille. Ils lancèrent leurs dons en même temps, créant une sorte de gigantesque toile de feu et de foudre qui les enveloppa tout les deux, dans un bruit d'orage et de tempête. Il y eut un flot de murmures, pour la plupart peu rassurés. La toile se resserra soudain, si proche qu'il crut vraiment qu'ils allaient brûler vif. Il y eut une sort de flash intense, qui éblouit toute l'assemblée dans un grondement particulièrement flippant, puis qui disparu, comme leurs dons. Oh... Ils avaient failli réussir.

– C'était presque ça, marmonna-t-il d'un ton frustré.

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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Cohabitation forcée   Mer 27 Avr 2016 - 20:26

– "Pas la même", ça, ça reste à vérifier, marmonna-t-il. Et je suis vraiment désolé d'être un peu allergique aux militaires, croyez-le bien.

Roy soupira mais ne releva pas, inutile de faire un commentaire. Il se contenta de hausser les épaules, songeant que les prochains jours allaient être particulièrement joyeux avec un gamin pareil sous son toit, heureusement que la petite sœur n'était pas autant à fond. Buvant son café, il discuta un peu avec Breda et Falman, tâchant de revenir à des préoccupations plus ordinaires et basiques, que tout le monde se détende un minimum après une telle journée. Ils discutaient d'une de leurs affaires en cours, à propos d'une petite histoire de trafic de cigarettes dans la banlieue d'East City, lorsque tout l'immeuble fut tout à coup secouer par un grondement de tonnerre, suivi aussitôt d'un cri de terreur. Cri lui-même suivi par une voix de femme lançant un "Bouclez-la !" d'un ton glacial et fort. Roy regard le sol en secouant doucement la tête, marmonnant que cette femme était tellement douce et adorable, grimaçant un peu. Toute l'équipe avait aussi sursauté, prise de surprise par le bruit soudain. Générale en trois mois... Il comprenait mieux comment, à présent, mais ne pensait pas que cela lui avait adoucit le caractère, elle était encore pire que la générale Armstrong, ce qui représentait en soit un sacré exploit.

– Elle peut être très douce, répondit-il, toujours contre le mur. Puis au moins, elle défend les autres.

Très douce, hein ? C'était pour cela qu'elle était littéralement en train de terroriser leurs hommes, au sous-sol ? Il entendait quand même clairement le capitaine Donas crier en boucle "Je n'ai rien fait !" alors qu'il quand même l'un de ceux ayant le meilleur sang-froid et une bonne maîtrise de lui-même, ça en disait long. Il reposa sa tasse vide en retenant un soupir blasé, se frottant un peu le cou. Qu'elle défende les autres, ça, par contre, il n'avait aucune difficulté à le croire, on ne devenait chef d'une résistance puis générale lorsqu'on n'avait pas une certaine fibre en soit, il fallait avoir ça dans le sang pour être capable d'arriver aussi loin. Ou bien brûler d'ambition, aux choix. Ici, il était clair que la première solution était la bonne... Rassurant ou juste encore plus terrifiant ? Ce genre de personnes avaient une très légère tendance à mourir bien avant d'être vieilles, tombant au champ d'honneur des chefs de cœur.

– Très douce… ?

– Oui, répondit-il d'un ton plus hésitant. Elle a déjà souri. Heu... Une fois, au moins, on l'avait vu.

Une fois, vraiment, bravo, on applaudit l'exploit ! Il leva les yeux au ciel, soupirant à nouveau, alors que les cris devenaient de plus en plus forts, sous leurs pieds. Ils finirent par aller dehors, finalement, ce qui n'était pas plus mal pour la sécurité des bâtiments. Tout le monde dans la pièce fila aussitôt aux fenêtres pour regarder, comme s'il s'agissait d'un spectacle. Roy n'était que peu rassuré de savoir ces gens ici, ils disposaient d'un pouvoir puissant et il ne faudra pas grand-chose pour qu'ils démolissent tout le QG en un instant, ce n'était pas à sous-estimer. S'appuyant contre le rebord d'une des fenêtres, à côté du lieutenant et des deux enfants, regardant la générale et le colonel face à face, dehors. D'un coup, il leur trouvait quelques ressemblances, notamment dans le regard. La même détermination. Le jeune soldat écarquilla légèrement les yeux lorsqu'ils créèrent une sorte de... toile gigantesque faite de feu et de foudre, forçant tous les soldats d'Amestris près d'eux à reculer de plusieurs mètres. La toile s'éleva sur plus de deux mètres avant de se resserrer sur eux comme une sorte de tourbillon grésillant et flamboyant, c'était tout simplement magnifique. Le but n'était pas de faire joli, soit, mais on ne pouvait nier la beauté de la chose. La vitesse augmenta encore, provoquant un flots de murmures, la plupart angoissés, d'autres émerveillés. La lumière s’intensifia brusquement puis il y eut un très gros flash, les éblouissant une bonne minute avant que tout ne disparaisse. Raté ?

– C'était presque ça, marmonna-t-il d'un ton frustré.

Impressionnant... Le lieutenant avait fait une petite grimace, elle aussi, pendant que Falman fixait toujours le duo avec des yeux lui sortant de la tête. Il s'en était fallu de peu, quelque chose avait échoué à la toute fin, c'était frustrant, en effet.

– Il ne leur manque presque rien...

Au-dehors, la générale était en train de parler à son collège, sans que personne n'ose plus les approcher. La discussion avait l'air assez vive, sans pour autant être une dispute, selon leurs expressions. Ils semblaient lancer dans un long débat, alors qu'il vaudrait mieux qu'ils se reposent avant de recommencer. Gavin n'était pas frais, il suffisait de viser sa tête pour s'en convaincre. Il était pâle comme la mort ! A peine remis debout après avoir été soigné. Ils tracèrent tout à coup six cercles au sol, ressemblant aux cercles alchimiques, y mettant une sorte de boule de foudre, une de feu, puis, à leur très grande surprise, une d'eau. Et les trois autres cercles ? Que comptaient-ils faire ? Ils discutaient toujours, passant sur leurs tracés et les modifiant parfois, l'air très concentré. Mais encore ? Il ne comprenait pas ce qu'ils cherchaient à faire, à présent, d'autant plus que les gamins avaient l'air vraiment effrayés. Il leur posa la question, avec un air perplexe. Roy avait l'étrange impression que tout cela sentait terriblement mauvais, il n'avait du confiance en la suite. Et il avait raison. La petite répondit d'un ton hésitant et par à coups que ce qu'ils voulaient faire étaient très dangereux, que tout pourrait exploser ou imploser, et eux avec, ainsi que toute la caserne. Ah... Ils avaient assez de puissance pour faire ça ? Mal à l'aise, il ne répondit pas, regardant les deux militaires approcher de la fenêtre ouverte.

– On fera les prochains tests dans le désert, annonça leur générale. Il y a un léger risque de faire exploser toute la ville, en essayant ici.

Toute la ville ?! Il y avait des milliers d'habitants ! La petite pensait à la caserne seulement et elle toute la ville ?!

– Pas seulement la ville, la région avec, grinça le colonel Gavin juste après. Il faudra se replier loin dans le désert.

– Vous comptez créer une grosse explosion ? lâcha Roy d'un ton froid.

– Non, une implosion, afin d'aboutir à une nouvelle faille, répliqua la générale. Il nous manque juste trois éléments, il faut retrouver si d'autres personnes comme nous sont arrivées aussi. Pas d'inquiétude, on ne va pas faire sauter cette ville au passage. Et dans le désert, il n'y a rien à craindre.

Oh, si ce n'était "qu'une implosion", alors, tout va bien !Roy se frotta les yeux avec un soupir fatigué, en se demandant si ça pouvait encore être pire, car là, on atteignait des sommets. Il valait mieux éviter de déclencher une guerre contre leur pays, car Alchimistes d'Etat ou pas, Amestris ne l'emporterait pas. Se reprenant, il ajouta que le temps des recherches, Gavin ferait mieux de se reposer, étant donné son état actuel. Ce n'est pas comme s'il avait le dos entièrement bandé et des plaies à vif saignant encore il y a une heure, après tout, pas de quoi s'en faire. Le temps de retrouver ceux qui étaient éventuellement dispersés dans le coin, il pouvait en profiter pour se reposer, dormir et ne plus penser à tout ça. D'autant plus, les laisser tenter quoi que ce soit alors qu'il fallait une immense énergie et qu'ils étaient épuisés... Trop dangereux pour cette région.

– Soyez coopératifs, pour une fois, entendu ? On retrouvera ces autres étrangers, s'ils sont dans le coin.


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MessageSujet: Re: Cohabitation forcée   Sam 14 Mai 2016 - 22:53



[Kimmitsu Nakajima, 42 ans, professeur d'arts martiaux, dons du vent et du feu.]


Un passant s'était arrêté pour lui demander si tout allait bien, étant donné qu'il avait "l'air malade". Le professeur fit un bref geste pour le rassurer, avec un faible sourire, s'appuyant ensuite contre le mur en se frottant le front, regardant partout autour de lui. Voilà une bonne vingtaine de minutes qu'il marchait au hasard dans les rues en essayant de repérer où il se trouvait, ne sachant même pas comment il y était arrivé. Il marchait dans un couloir tranquillement lorsqu'il y avait eu un grondement soudain puis un grand flash lumineux. Il s'était retrouvé projeté ici, seul et complètement perdu. Reprenant sa route, il arriva dans une sorte d'immense parc, avec des allées larges où des arbres se dressaient de chaque côté, tels des gardiens, avec des lampadaires disposés à intervalles réguliers, et quelques cabines téléphoniques ci et là. Il entra dans une pour trouver dans un annuaire, fronçant les sourcils en voyant le nom de la ville où il se trouvait. Qu'est-ce que... Feuilletant l'annuaire, il chercha un élément qui pourrait l'aider, puis ressortit finalement bredouille, encore plus perdu. Et maintenant ? Comment pouvait-on quitter un pays pour revenir chez soit alors qu'on ignorait comment on y était arrivé et quelle était la direction à prendre pour repartir ? Sans compter qu'il n'avait rien, ni argent ni affaires, la situation était très compliquée.

Le soir approchait à grands pas et il ne savait toujours pas où aller, la situation était brillante. Arrivant à la fin de la longue allée, il s'assit sur un banc pour réfléchir, ayant assez froid étant donné qu'il ne porta qu'une chemise noire assez fine. C'était déjà l'été, de là où il venait... Il était plongé dans ses pensées lorsque du mouvement lui fit relever les yeux, deux voitures militaires s'étaient arrêtées non loin et des hommes et des femmes en uniforme avançaient avec assez de bruit. Formidable, il quittait un pays en passe de devenir un Etat Militaire pour arriver dans un autre pays qui lui l'était déjà ? On appelait ça le fatalisme. Le professeur ne bougea pas de son banc, se contentant de les regarder de loin en se demandant comment réagir. S'enfuir maintenant ne ferait que les attirer, de toute façon, il avait déjà une tête qui devait mal passer, en comparaison des habitants de cette ville, inutile de leur fournir d'autres raisons de s'interroger. S'ils étaient trop agressifs, Kimmitsu pourra toujours utiliser son don pour les repousser le temps de partir. Ils interrogeaient les passants, semblant chercher quelqu'un ou quelque chose. Bien une dictature, donc. Plus cela allait, et plus le Japonais avait du mal avec l'armée, c'était très stressant. Un groupe passa à côté et une femme blonde lui demanda si tout allait bien, alors qu'il venait de se relever.

– Oui, merci, répondit-il après un temps d'hésitation.

Il était perdu depuis des heures mais tout allait bien, il devait juste se poser dix minutes afin de savoir s'il n'était pas devenu fou et si tout ce qui l'entourait actuellement était bien réel. Il aurait été si soulagé d'apprendre que l'armée l'avait simplement drogué pour une de leurs petites expériences et que rien de tout cela n'arrivait véritablement. Ce genre d'hallucinations serait parfaitement crédible et envisageable, ils étaient capables de produire cela et n'avaient aucune hésitation à tuer, torturer et enlever les gens, il en avait fait les frais récemment. Avec un certain médecin psychopathe, des soldats qui suivaient aveuglément les ordres et des expériences maudites dont il allait rester marqué à vie. Il se mordit un peu l'intérieur des joues pour être sûr, également, de ne pas être plongé en plein cauchemar. Il regarda de nouveau autour de lui avant de remarquer que la militaire lui avait jeté un regard inquiet, après avoir regardé ses collègues.

– Vous êtes sûr ? Vous avez l'air... complètement abattu et perdu. Savez-vous où vous êtes ?

Kimmitsu passa de la distance à la méfiance, se mordant un peu les lèvres sans pouvoir répondre. Navré, la première règle d'or à retenir depuis des mois était "Méfiez-vous des militaires", cette règle restait applicable ici, même s'il ne s'agissait pas des mêmes soldats. Il ne pouvait pas être à l'aise, les soldats en qui il avait confiance se comptaient sur les doigts d'une seule main. En fait, uniquement la directrice, le colonel Gavin et son équipe. Il y a très peu de temps, Gavin leur avait ramené la petite Rosalie, saine et sauve, après l'avoir protégé des scientifiques cinglés, il devait le revoir pour le remercier. La femme regarda à nouveau ses collègues puis leva un peu les mains, alors qu'il avait reculé d'un pas, prêt à se servir de son pouvoir.

– Vous venez de France, c'est cela ? Des... amis à vous sont arrivés aussi. Deux d'entre eux cherchent une solution pour rentrer. Nous ne sommes pas comme vos militaires.

Le professeur sourcilla un peu, de plus en plus tendu. Il ne disait toujours rien, se contentant de la dévisager. Il était facile d'annoncer ça, pour autant, il pouvait s'agir de manipulation pure et simple. Ces hommes et femmes restaient les membres d'une armée, peu importe qu'elle ne ressemble pas à celle de la France, ils étaient tout de même des soldats.

– Rien ne le prouve, finit-il par marmonner. Qui d'autre est ici ?

– Gabriella de Lizeux, une générale et directrice qui contrôle la foudre, Fabrice Gavin, un colonel qui contrôle le feu, Jasper et Laura Karinof... Et un prof qui n'a pas arrêté de râler et de reprocher des choses au colonel.

Elle avait abaissé les mains, l'air toujours aussi serein, comme si la situation était parfaitement normal. Kimmitsu affichait à présent à la fois désespéré et consterné. Ce n'était pas possible... Pourquoi était-ce toujours les mêmes qui se retrouvaient fourrés dans des histoires impossibles ?! Il hésita puis accepta finalement de les suivre, restant sur ses gardes. Le trajet jusqu'à un QG fut assez court, Kimmitsu ayant de plus en plus le sentiment de commettre une grave erreur. Heureusement, en arrivant à ce qui semblait être une sorte de salle ou salon, où plusieurs personnes mangeaient ou se reposaient, il vit le colonel Gavin, qui tirait une tête jusque terre, penché sur des schémas. Le professeur eut un soupir soulagé en le saluant, le remerciant ensuite.

– Je vous remercie pour la petite Rosalie. Vous lui avez sûrement sauvé la vie.

Gavin tourna la tête vers lui avec lenteur, affichant un air profondément choqué, sans cacher qu'il ne s'attendait pas du tout à ce que quelqu'un puisse le remercier un jour. Très bien, on dirait que tout le monde était à présent si accoutumé à l'étrange que les réactions ordinaires d'autrefois étaient devenues les nouvelles réactions bizarres d'aujourd'hui. Kimmitsu préféra ne pas soulever, il pouvait comprendre qu'étant donné le grade, la position et la réputation du colonel, il ne devait pas recevoir des remerciements tous les jours et était sûrement plus accoutumé aux insultes et coups bas, aux menaces et au chantage.

– De rien, marmonna le soldat en se redressant.

Kimmitsu remarqua après, enfin, la présence des deux enfants, auprès d'autres soldats. Il alla vers eux en demandant s'ils allaient bien et si personne ne leur avait fait de mal, arrachant un soupir blasé à Gavin qui lança que les tordus habituels n'étaient pas là pour le moment. Peut-être bien, ça n'empêchait pas de s'inquiéter. Le professeur ne lui répondit pas, bien trop occupé à examiner Laura et Jasper pour être bien sûr qu'ils n'étaient pas blessés. Il retourna leurs mains puis leurs bras, voyant qu'ils ne portaient aucune marque, aux poignets ou ailleurs, ni sur le visage, le cou, ils tenaient bien tous les deux sur leurs jambes. Laura lui lança un regard étonné puis répondit qu'ils allaient bien, le faisant soupirer à nouveau de soulagement.

– Et vous ? demanda-t-il au colonel. La rumeur courait que vous étiez mort, on vous a vu effondré sur un brancard il y a peu de temps.

– Oui, bon... Deux ou trois problèmes avec ma hiérarchie.

– Juste deux ou trois, oui...

– Oui, mais tout va bien, en ce moment, je dois fermer ma gueule et suivre gentiment comme un brave petit soldat.

Il avait lancé cela d'un ton particulièrement cynique, un grand sourire ironique aux lèvres. Kimmitsu ne savait pas s'il devait être triste, avoir pitié, être en colère ou ne rien dire ni faire. Le colonel se frotta un peu le visage puis soupira assez fort, tapotant des doigts sur les schémas sur lesquels il travaillait toute à l'heure. Excellente ambiance, on aurait dit qu'il se retenait pour ne pas déverser un tombeau d'insultes et éclater en sanglots.

– Ce pays est un Etat militaire ? demanda-t-il à la militaire blonde de toute à l'heure. Qu'avez-vous ordre de faire, avec nous ?

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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Cohabitation forcée   Ven 3 Juin 2016 - 23:39

Etranger – Oui, merci, répondit-il après un temps d'hésitation.

Oui… C’est ça. Il était complètement perdu et avait l’air épuisé, habité du même air que les autres étrangers qu’ils avaient recueillis plus tôt dans la journée. A présent, le soir commençait à tomber, se rapprochant sans qu’aucun autre accident notable ne soit arrivé. Jusqu’ici. Riza lança un regard inquiet au vieil homme après avoir échangé un bref regard vers son équipe, prête à réagir au moindre geste brusque. Ne pas se précipiter. Elle leur fit comprendre d’un coup d’œil de ne rien faire et de rester silencieux avant de faire un petit pas tout en prenant un air rassurant. Elle ne voulait pas l’attaquer, surtout pas. Sauf s’il attaquait. En temps normal, le lieutenant ne se serait pas méfiée mais, depuis qu’elle avait vu la générale et le colonel Français… Si cet homme venait de leur pays, il risquait de ne pas très bien prendre le rapprochement de militaires. Donc, doucement. Poser une question basique au cas où elle se trompait. S’il était d’ici, il la regarderait avec un air choqué, halluciné. Sinon, il serait méfiant, distant, et esquiverait la question.

Riza – Vous êtes sûr ? Vous avez l'air... complètement abattu et perdu. Savez-vous où vous êtes ?

Pas de réponse. Comme elle s’y était attendu, l’étranger afficha un air méfiant comme s’ils avaient été des ennemis à abattre et à fuir le plus vite possible. Il venait donc bien de France et avait en horreur les militaires. Riza échangea un nouveau regard avec ses coéquipiers avant de tourner la tête vers le vieil homme, marchant sur des œufs, sachant qu’elle prenait un risque mais ne voyant pas d’autre solution. D’après ce que leur avait dit le colonel étranger, ils avaient des dons, là-bas, c’était même commun. Il n’était donc pas à exclure que cet homme en possède un aussi… Dans ce cas, il valait mieux être prudent. Elle leva donc un peu ses mains, très lentement, en signe de paix, pour lui montrer qu’ils ne lui voulaient aucun mal. Ils n’allaient pas le tuer, le torturer, ou quoi que ce soit du genre. D’abord, le rassurer, ensuite, le ramener à la caserne.

Riza – Vous venez de France, c'est cela ? Des... amis à vous sont arrivés aussi. Deux d'entre eux cherchent une solution pour rentrer. Nous ne sommes pas comme vos militaires.

L’homme ne répondit pas tout de suite. Il semblait de plus en plus tendu, plus méfiant que n’importe quel autre habitant d’Amestris en présence de militaires, ce qui achevait de confirmer qu’il était bel et bien Français. Pourtant, il fallait qu’ils le ramènent… Ils ne pouvaient pas le laisser ici, peu importe la manière à employer. Riza préférait ne pas user de la force, bien sûr, ils étaient étrangers, perdus et avaient atterri ici sans le vouloir. Seulement, si cela était nécessaire…

Etranger – Rien ne le prouve, finit-il par marmonner. Qui d'autre est ici ?

Riza – Gabriella de Lizeux, une générale et directrice qui contrôle la foudre, Fabrice Gavin, un colonel qui contrôle le feu, Jasper et Laura Karinof... Et un prof qui n'a pas arrêté de râler et de reprocher des choses au colonel.

Riza avait doucement abaissé les mains, toujours prudente mais voulant montrer qu’ils ne lui feraient aucun mal. Ils patientèrent un instant, elle-même sentant la tension du côté de ses coéquipiers qui se tenaient prêts à réagir au moindre faux pas de la part de l’étranger. Ils avaient vu, comme beaucoup de soldats, ce qu’avaient fait la générale de Lizeux et le colonel Gavin… Leur réaction n’était donc pas étonnante. Mais, par chance, le vieil homme accepta de les suivre et ils se dirigèrent vers le QG, tout près, sans échanger un seul mot durant le trajet. Que vivaient-ils au quotidien pour être aussi enfermés et méfiants aujourd’hui… ? Entre les deux enfants et les adultes qu’ils avaient recueillis, il semblait, à Riza, qu’une nappe de méfiance et un gros traumatisme affectait tout le monde, indépendamment de l’âge. A cause de ce pays, la France, et de ses militaires. Pour qu’un militaire lui-même soit dans cet état, elle n’osait imaginer ce qui se passait là-bas…

Arrivant au QG, Riza guida leur nouveau venu jusqu’à la salle de pause où tous ses coéquipiers étaient restés ainsi que les étrangers, occupés à leur plan ou à se restaurer pour ceux qui devaient attendre. Elle fit signe à son équipe de la laisser seule, ne risquant plus rien comme elle était entourée de soldats, et traversa les quelques mètres qui les séparaient de la salle en un rien de temps. Dès le moment où ils aperçurent les autres, l’étranger sembla se détendre, apparemment soulagé, preuve qu’il ne lui faisait pas confiance. Même avec les noms, prénoms, grades et informations qu’elle n’aurait pas pu détenir sans avoir parlé directement aux personnes… Enfin, soit, c’était normal. Sans doute. Il se dirigea directement vers le colonel Gavin, penché sur des feuilles, fiches et schémas incompréhensibles, et le remercia. Hein ? Le remercier de quoi ? « La petite Rosalie » ? Pardon ? Hum, non, mieux vaut ne pas savoir. Riza s’écarta un peu, revenant près du colonel pour lui demander, d’un regard, si tout allait bien et s’il n’y avait pas eu d’incident en leur absence. Elle l’informa également, en quelques mots, de l’endroit où ils avaient retrouvé cet homme et de la méfiance dont il avait fait preuve, comme les autres.

Riza – Je ne préfère pas savoir ce qu’ils vivent précisément là-bas…, dit-elle plus bas.

Au même moment, l’homme qu’ils venaient de ramener se pencha sur les deux adolescents pour les examiner sous tous les angles. Il semblait vouloir vérifier qu’ils n’avaient rien, qu’ils étaient entiers, comme s’il s’était inquiété pour eux alors qu’il n’en montrait rien durant le trajet jusqu’à la caserne. Il était leur père ou leur oncle ? Mais non, ils ne se ressemblaient pas. Et il avait l’air assez réservé… Pourquoi s’inquiéter à ce point pour ces enfants ? La petite Laura lança un regard étonné, ce qui confirma à Riza que c’était un comportement inhabituel, avant d’affirmer qu’ils allaient bien. Immédiatement, le vieil homme poussa un soupir de soulagement, apparemment rassuré. Bon… Heu. Voilà. Ne pas poser de question, moins ils en savaient, mieux c’était. Même si, plus ils passaient de temps avec ces étrangers, plus elle avait de questions. Peut-être cet homme était-il leur protecteur ou leur formateur ou… quelque chose comme ça. Comme son père l’avait été avec le colonel.

Etranger – Et vous ? demanda-t-il au colonel Gavin. La rumeur courait que vous étiez mort, on vous a vu effondré sur un brancard il y a peu de temps.

Gavin – Oui, bon... Deux ou trois problèmes avec ma hiérarchie.

Etranger – Juste deux ou trois, oui...

Gavin – Oui, mais tout va bien, en ce moment, je dois fermer ma gueule et suivre gentiment comme un brave petit soldat.

Riza ne savait pas ce qui la choquait le plus, dans cette conversation. La conversation en elle-même ou l’air cynique et le grand sourire aux lèvres qu’avait l’autre colonel. Est-ce que l’homme savait pour les blessures du militaire ? Il savait dans quel état était son dos, connaissait l’étendue des dégâts ? Peut-être pas… Sinon, il ne l’aurait pas laissé parler ainsi sans rien ajouter, vu comment il avait réagi avec ces enfants. Il avait l’air assez protecteur, il suffisait de voir la réaction qu’il avait eue avec les adolescents et la question immédiatement posée au colonel Gavin. Difficile à cerner. Riza resta silencieuse, à côté de son supérieur, observant la scène alors que leur colonel se remettait au travail, soupirant et penché sur les schémas. Il était pris, lui aussi, l’armée le torturait et le tenait à la fois sans qu’il ne puisse réagir… Pourtant, s’il le voulait, il pourrait rester ici. Ils le pouvaient tous. Mais leur pays devait être dans un sale état, tout comme leurs amis, ou alors une menace assez importante devait peser pour qu’ils s’activent à trouver une solution à ce point.

Etranger – Ce pays est un Etat militaire ? demanda-t-il à la militaire blonde de toute à l'heure. Qu'avez-vous ordre de faire, avec nous ?

Riza – Nous… Nous devons seulement vous g…

Le reste de la phrase de Riza fut noyée par des cris horrifiés avant qu’elle ne voie la petite Laura accourir vers le colonel en lui agrippant les genoux, hurlant des « Non, non, non » en boucle, larmes aux yeux. Instinctivement, tous les soldats de la pièce avaient sorti leur arme, tendus comme si on avait déclaré que quelqu’un attaquait la caserne. Dépités, ils baissèrent la tête vers l’adolescente cramponnée aux jambes du colonel, hurlant toujours des phrases incompréhensibles, toute rouge tant elle pleurait et hurlait à la fois. Mais que… Hein ? Riza lança un regard perdu à son supérieur, n’y comprenant absolument rien, ignorant ce qu’ils devaient faire.

Laura – Ne le laissez pas entrer, ne le laissez pas entrer ! Il va nous frapper, il va frapper Jasper, il va… Ne le laissez pas entrer !

Se cachant derrière les jambes du colonel, Laura pointa un doigt vers l’entrée de la salle où l’on voyait un autre soldat aux cheveux bruns très sombres, presque noirs, plutôt grand. Un de leur collègue, enfin ! Qu’est-ce qu’il avait fait… ? Le pauvre était complètement perdu, ne sachant pas ce qu’il avait dit ou fait pour provoquer une telle réaction en entrant simplement dans la salle. Il voulait se reposer ! Elle le connaissait ? Il l’avait frappée ? Mais non, c’était impossible, il ne ferait pas de mal à une mouche ! Un peu emmerdant parfois, certes, mais cette petite était là depuis quelques heures, il était impossible qu’elle ait souffert de quoi que ce soit !

Laura – Arrêtez-le, empêchez-le de nous approcher, s’il vous plaît, on sera sages, ne le laissez pas entrer…

L’adolescente tirait sur l’uniforme de son supérieur, en proie à une grosse crise de panique et de larmes sans que Riza n’ose bouger pour la rassurer ou la prendre dans ses bras. Désolée, là, elle ne pouvait rien faire, il devait se débrouiller. C’était lui qui en avait la charge, Bradley le lui avait dit très clairement ! Et puis… Au fond, c’était assez mignon, elle avait filé directement vers le colonel alors que son protecteur était à côté. Portant une main à sa bouche pour masquer un sourire, mêlé à un rire nerveux, Riza fit signe à deux de leurs coéquipiers de fermer la porte pour ne pas alerter tout le monde, au moins, laissant le colonel gérer la petite qui hurlait toujours.


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MessageSujet: Re: Cohabitation forcée   Sam 25 Juin 2016 - 23:02

Falman lui indiqua sur la carte les différents endroits de la ville et de la région que les patrouilles avaient déjà passées en revue et où une surveillance avait été faite. Le lieutenant était revenue avec son groupe également, avec un des étrangers. Roy prit le crayon que lui tendait son coéquipier pour encercler les deux endroits qu'ils devaient veiller en priorité, comme il s'agissait de zones civils où les civils n'étaient pas censés se promener. Pendant ce temps, le nouveau type que le lieutenant avait ramené était occupé à examiner les deux enfants, comme si l'armée allait leur taper dessus... Enfin bref. Au moins il ne hurlait pas comme l'autre professeur hystérique qui se mettait à crier à mort dès qu'une personne en uniforme osait l'approcher. Un vrai dingue, celui-là. Le nouvel arrivant, lui, était plutôt typé comme s'il venait de Xing, contrairement à tous les autres qui ressemblaient aux habitants d'Amestris. Falman reprit la carte et indiqua trois autres points prioritaires, traçant les zones au crayon à papier, avec quelques notes. La nuit risquait de ralentir un peu les recherches, néanmoins, les villages aux alentours étaient assez ouverts et accueillaient volontiers les étrangers perdus.

– Et vous ? demanda-t-il au colonel Gavin. La rumeur courait que vous étiez mort, on vous a vu effondré sur un brancard il y a peu de temps.

Très "étonnant", ça, tiens. Vu l'état actuel de son dos, aucun doute qu'il n'avait dû être bien frais et capable de marcher pendant un petit moment. Charmante, comme armée, pour traiter ses soldats de cette façon, les généraux essayaient plutôt de produire l'inverse, d'ordinaire. Maintenir les troupes en forme et les pousser à toujours s'exercer et s'améliorer, ils ne charcutaient pas leurs propres soldats, gradés ou non. Gavin avait toujours un air terriblement blasé, comme si la situation ne le touchait même plus. Il était penché sur de grands schémas ressemblant un peu aux cercles d'alchimiques qu'eux-mêmes traçaient. Certains symboles étaient d'ailleurs plutôt approchant, ce qui poussait Roy à croire qu'il devait avoir un lien ou un autre entre leurs dons et l'alchimie d'ici. Tout du moins, avec l'alchimie de flammes, on ne pouvait nier la ressemblance troublante entre ces symboles et ceux que Roy traçait.

– Oui, bon... Deux ou trois problèmes avec ma hiérarchie.

– Juste deux ou trois, oui...

– Oui, mais tout va bien, en ce moment, je dois fermer ma gueule et suivre gentiment comme un brave petit soldat.

Et combien de temps tiendra-t-il encore la pression avant de s'effondrer ? Roy lui coula un regard en biais, repliant la carte avec soin. Il arrivait toujours une journée où ne supportait plus d'être utilisé, manipulé, où on ne tolérait plus rien et où l'envie de rébellion devenait plus forte que n'importe quoi d'autre. Il rendit la carte à Falman avec quelques indications supplémentaires, pendant que l'autre colonel se remettait à ses schémas. D'ailleurs, où était passée la femme générale, la blonde énervée ? Il l'avait vu repartir vers les terrains militaires d'entraînement, toute à l'heure, et elle n'était pas encore revenue. Pourvu qu'elle ne stresse pas trop leurs hommes, tout de même, pas la peine de provoquer des accidents. Elle aussi avait un caractère agréable, en tout cas, renvoyer balader Bradley comme ça... S'il avait trouvé la scène très drôle, il se gardait bien de le montrer. De toute façon, provoquer un soldat haut gradé au milieu d'un territoire inconnu et potentiellement ennemi dangereux n'était pas forcément à encourager.

– Ce pays est un Etat militaire ? demanda-t-il à la militaire blonde de toute à l'heure. Qu'avez-vous ordre de faire, avec nous ?

– Nous… Nous devons seulement vous g…

Le lieutenant fut stoppée net par un hurlement qui vrilla les tympans de tout le monde avant que la fillette ne vienne s'accrocher aux jambes de Roy en continuant de hurler. Que se passait-il encore ? Personne ne les avait attaqué ! Et pourtant la fillette était plongée dans une crise d'hystérie complète. Il y avait bien un nom, pour ce genre de maladie mentale, n'est-ce pas ? Roy se frotta un peu la tempe en rangeant l'arme qu'il avait dégainé par réflexe, comme tout le monde dans cette salle, cherchant d'où venait le problème. Les fenêtres étaient fermées et il n'y avait aucun visage grimaçant derrière. Personne n'avait approché la petite à part son frère et le nouveau type qui avait vérifié qu'elle n'avait rien. Personne n'avait fait un truc étrange, bizarre ou inattendu. Pas non plus de situation dangereuse en approche, aucune annonce de faite comme quoi une guerre civile venait d'éclater à East City. Leur générale n'était pas en train d'écorcher quelqu'un dehors. Donc quoi ? Il baissa les yeux sur elle en se grattant un peu la tête, se demandant très sérieusement s'il ne lui faudrait pas un docteur, là, tout de suite.

– Ne le laissez pas entrer, ne le laissez pas entrer ! Il va nous frapper, il va frapper Jasper, il va… Ne le laissez pas entrer !

Qui ça ? Tout le monde regarda à l'entrée de la salle, où il n'y avait que le lieutenant Rouxel, une tasse de café à la main et un air complètement perdu. Roy fronça légèrement les sourcils, ne comprenant toujours pas. La gamine avait des visions ou bien ... ? Il ne pensait pas que leur pays d'origine était stressant au point de provoquer de tels troubles chez des enfants aussi jeunes.

– Arrêtez-le, empêchez-le de nous approcher, s’il vous plaît, on sera sages, ne le laissez pas entrer…

Elle tirait sur son uniforme en se cachant derrière lui, arrachant un très long soupir au jeune colonel. Il ne savait pas comment calmer les gamins en souffrance, lui ! C'était déjà compliqué avec les adultes sains d'esprit, alors avec un enfant troublé, n'en parlons pas.

– C'est rien, lança tout à coup Gavin en écrivant, parfaitement calme. Votre collègue ressemble juste un peu à leur père. Une ordure qui frappait son gamin régulièrement. Faut pas paniquer.

C'était censé être rassurant, ça ? Roy se retint de faire un commentaire, regardant en biais le frère blondinet de la petite brune, puis leur pauvre collègue qui n'avait absolument rien dit ni fait à qui que ce soit et qui ne savait plus où se mettre. En résumé, ils devaient s'attendre à tout moment à faire face à une crise d'angoisse ou de panique ? Ou à des sursauts d'énervement ou de peur face à des situation que eux trouvaient parfaitement ordinaires ? Le lieutenant s'agenouilla finalement et tendit une main vers la petite, en tâchant de la rassurer. La petite resta un moment silencieuse puis s'excusa tout bas, s'écartant enfin et le laissant respirer. Il se retint de lever les yeux au ciel lorsqu'elle essaya de lisser son uniforme, lui faisant signe que c'était bon, merci. Roy allait demander à tout le monde de se détendre un peu quand la porte s'ouvrit à la volée, laissant entrer leur générale très énervée et les mains flamboyantes, arrachant un glapissement de terreur au type juste à côté. Le colonel lança aussitôt que les enfants allaient très bien et que c'était un malentendu, que personne n'avait été blessé, que tout allait bien, très bien, même !

– La petite a juste confondu ce type avec leur père, reprit alors Gavin en se redressant, toujours avec ce ton posé qui en devenait exaspérant.

Le malheureux lieutenant s'était liquéfié sur place... Heureusement, la jeune femme fit disparaître les éclairs de ses mains, faisant baisser la tension d'un cran. Pour détendre tout le monde, c'était raté, considérablement raté, on pouvait même difficilement rendre l'atmosphère générale encore plus tendue. Derrière lui, la petite se faisait incroyablement plus discrète et petite, tout à coup.

– Ce n'est pas grave, soupira Gavin se massant la nuque. On pourra dessiner le cercle ?

– Vous devez être dans un bon état physique, pour ça, on va avoir besoin de puissance. Votre don, ça ira, pour le reste... Vous êtes resté longtemps avec l'autre fou qui vous torturait ?

– Un mois, environ.

Et il arrivait à répondre ça en restant aussi blasé ... ? En mode "Je sors d'un mois de torture mais ce n'est pas grave, je vais très bien". La générale s'était rapproché, parlant à voix plus basse et rapide en regardant les schémas et les plans. Le lieutenant et le reste de l'équipe en étaient, comme lui, à être aussi choqués que blasés ou désespérés. Breda soupira à son tour et servit un peu de café à tout le monde, rapprochant des chaises pour que chacun s'assoit. Qu'allaient-ils en faire, de ces étrangers, le temps qu'ils rentrent chez eux ? Falman fit aussi passer des sandwichs, en donnant aux enfants et à leur prof. La soirée s'avançait tout doucement, tout le monde était épuisé et sur les nerfs. Cette journée n'en finissait plus, trop de tension accumulée, on se croirait au beau milieu d'une guerre.

– Il y a des hôpitaux, ici ? demanda la générale au lieutenant Hawkeye. Pour qu'il soit soigné.

– Oui, il y en a et, évidemment, il peut y aller. C'est même une nécessité, vu son état...

– Je n'ai pas besoin de...

– Je ne vous demande pas votre avis, c'est un ordre.

Parfois, c'était tout de même pratique, la hiérarchie. Roy se retint de rire, l'autre colonel répondant un "Très bien, générale", sans tiquer, ressortant avec deux de leurs hommes qui allaient l'accompagner. Voilà qui était fait et comme l'avait souligné le lieutenant, c'était bien une nécessité. Il mangea un bout de son sandwich en regardant à nouveau les schémas et les plans étranges. Au bout d'un moment, il regarda la petite brune pour vérifier qu'elle était plus calme maintenant.

– Te sens-tu mieux ? Tu as besoin de voir un médecin ? Ou de dormir plus tôt ?


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MessageSujet: Re: Cohabitation forcée   Mar 12 Juil 2016 - 20:56



[Laura Karinof, 14 ans, don de l’eau]

Ce monde était très étrange. Les soldats, ici, n’avaient pas l’air de leur vouloir du mal, au contraire, ils avaient même l’air un peu… fragile par rapport à ceux qui étaient au Pensionnat. Laura ignorait réellement pourquoi elle avait cette impression, mais c’était la première chose qu’elle avait ressentie en arrivant ici. Elle n’avait pas eu peur, sachant qu’eux n’allaient pas leur faire de mal. Pas comme ces horribles types qui torturaient le colonel Gavin et le faisaient souffrir parce qu’il les aidait… Pourtant, des militaires qui les soutenaient, il y en avait d’autres. Non ? C’était impossible, le colonel n’était pas le seul, Laura refusait de le croire. Personne ne pouvait rester de marbre face à des expériences sordides comme ça ! Et les enfants tués, les morts, les adolescents qui déprimaient… Ils s’en fichaient ? Non, hors de question, elle voulait croire à des personnes capables de se rebeller. Même eux en étaient capables ! Elle le voulait, elle était motivée et voulait aider malgré les réticences de son frère.

Dès qu’ils seraient rentrés, ils pourraient reprendre là où ils s’étaient arrêtés. La tentation de rester ici pour vivre tranquillement était, pourtant, grande… Mais il y avait Antoine. Genji. Adeline. Alexis… Tous leurs amis, tous ceux à qui ils tenaient et qui étaient au Pensionnat. Impossible de les laisser tomber, ils devaient absolument rentrer pour les épauler et combattre les plans de Bradley une fois pour toutes. Il y avait forcément moyen de regagner un peu de liberté, un moyen pour empêcher d’autres élèves de souffrir comme les professeurs qui ne voulaient que leur bien. Laura croyait sincèrement à une possible amélioration des choses. C’était faisable, pas vrai ? Les militaires ne pouvaient pas être méchants et Bradley ne pouvait pas penser qu’à la guerre, c’était impossible. La collégienne lança un regard à son tuteur, l’observant parler au colonel Gavin comme si elle pouvait avoir la réponse à cette question de cette manière. Ce qui était stupide, elle le savait. Mais, au moins, il allait pouvoir aider leur tante et le colonel à créer une brèche, non ? Ce serait plus facile et plus rapide à trois.

M. Nakajima – Ce pays est un Etat militaire ? demanda-t-il à la militaire blonde. Qu'avez-vous ordre de faire, avec nous ?

Laura n’écouta pas la suite, ses yeux s’écarquillant sur l’homme qui poussait la porte de la salle. Elle avait regardé par réflexe, à la fois curieuse et nerveuse comme au Pensionnat, et son cœur avait raté un battement. Leur père. Leur père ! Il avait été aspiré ici ! Qu’ils le sortent, qu’ils l’empêchent de les toucher, de leur faire du mal ! Oubliant totalement la présence de leur tuteur à côté d’eux, Laura ne put s’empêcher de hurler, terrorisée à l’idée de croiser leur père après tout ce qu’ils avaient fait pour se séparer de lui et de leur mère. Par réflexe, Laura s’était jetée sur le colonel de ce pays-ci, refusant de se protéger derrière son frère qui risquait de prendre des coups en voulant la protéger. Ils devaient le faire sortir d’ici, l’empêcher de les toucher, d’approcher ! Ils pouvaient même le laisser dans ce pays, s’ils le voulaient !

Laura – Ne le laissez pas entrer, ne le laissez pas entrer ! Il va nous frapper, il va frapper Jasper, il va… Ne le laissez pas entrer !

Il ne pouvait pas les avoir suivis ici, pas lui ! Hors de la France, il pouvait se venger sans problème, les frapper, utiliser ses arguments contre eux sans que quiconque n’intervienne. Et sa tante n’était même pas là, qui lui donnerait l’ordre de s’arrêter ? En plus, qu’en ferait-il vu que personne ne saura qu’il n’a pas obéi aux ordres ? Il y avait bien eux mais ils étaient des adolescents, les professeurs ne diraient rien et le colonel Gavin ne réagirait pas non plus, il avait déjà pris très gros la première fois. Laura tira sur l’uniforme de l’autre colonel, se cachant derrière lui, terrorisée, refusant que Jasper paie pour la protéger.

Laura – Arrêtez-le, empêchez-le de nous approcher, s’il vous plaît, on sera sages, ne le laissez pas entrer…

Colonel – C'est rien, lança tout à coup Gavin en écrivant, parfaitement calme. Votre collègue ressemble juste un peu à leur père. Une ordure qui frappait son gamin régulièrement. Faut pas paniquer.

… Collègue ? Mais non, ce n’était pas un collègue, c’était lui ! Laura se cramponnait aux jambes de l’autre colonel, tétanisée, refusant de bouger tant qu’ils n’avaient pas attaché leur père. Ils ne devaient pas se laisser avoir par son air ! Il avait toujours fait ça ! Il se montrait poli, bienveillant quoique dur en apparence, et puis… Il frappait. Il frappait encore et encore. La collégienne ferma les yeux, respirant un peu plus vite, serrant aussi fort qu’elle le pouvait les jambes du colonel contre elle. Tout à coup, une voix plus douce, une voix de femme qui n’était pas la directrice lui parla en lui disant des paroles rassurantes.

Notamment en lui garantissant que cet homme n’était pas leur père mais un de leur collègue, qu’il avait deux enfants et qu’il était marié à une femme, une restauratrice, depuis quinze ans. Il ne toucherait jamais à des enfants, de même qu’eux tous n’oseraient pas lever la main sur eux. Laura se décrispa légèrement, les informations se frayant doucement un chemin jusqu’à son cerveau. Elle écarta un petit peu les jambes du colonel pour jeter un coup d’œil vers la porte et observa. Et… En effet. Ce n’était pas leur père… Heu. Oups. La militaire s’était accroupie un peu, lui tendant la main, attendant qu’elle réagisse. Laura sentit ses joues devenir un peu rouges, ne sachant quoi dire, avant d’enfin s’excuser tout bas après avoir jeté un regard à Jasper. Elle s’éloigna du colonel, défroissant ses vêtements comme elle le pouvait tandis qu’il lui faisait comprendre que c’était bon, plus honteuse que jamais. Elle… Elle avait vraiment cru que c’était lui !

Laura n’osa pas encore bouger, murmurant un « Désolée » honteux en se tassant sur place. Elle n’avait pas fait exprès ! C’était… Elle avait eu peur. Un silence régna un court instant, lourd de son point de vue, avant que la directrice n’entre en furie, étincelles courant le long de ses mains et de ses bras, l’homme que l’adolescente avait pris pour son père se tapissant dans un coin. C’était à cause d’elle… ? Laura se fit la plus petite possible, cachée derrière le colonel d’ici, baissant la tête pour éviter le regard de sa tante et de ses professeurs. Désolée, désolée, désolée ! Le colonel lança aussitôt que ce n’était qu’un malentendu et qu’ils allaient très bien, apparemment paniqué lui aussi. Désoléééeee !

Colonel – La petite a juste confondu ce type avec leur père, reprit alors Gavin en se redressant, toujours avec ce ton posé qui en devenait exaspérant.

Désolée ! Laura n’écoutait plus la discussion, l’entendant sans la suivre, guettant la première occasion qui se présenterait pour la laisser rejoindre Jasper discrètement. Elle laissait aussi ses joues reprendre leur teinte normale, espérant qu’ils n’allaient pas penser à ce petit accident durant des heures. Elle avait seulement eu peur et avait réagi spontanément ! C’est… C’est tout. Désolée. Elle laissa les militaires parler entre eux un moment avant qu’un mouvement de groupe ne se fasse vers les chaises, tous prenant place où ils pouvaient. Laura en profita pour se rapprocher de Jasper, se retrouvant à côté de lui et pas très loin du colonel. Elle lança un regard désolé à son frère, ne voulant vraiment pas provoquer cela. Elle savait que c’était un sujet sensible, raison pour laquelle elle avait réagi si vivement d’ailleurs, mais elle n’avait pas assez bien regardé.

La collégienne prit un sandwich lorsque les autres militaires leur en donnèrent un, faisant passer la suite à son professeur. Ils étaient les trois seuls étrangers et étaient au beau milieu de militaires sans sembler risquer leur vie. Bizarre… Très bizarre. Aucune menace, pas de regard vers eux qui leur donnait l’impression d’être des cobayes de laboratoire, rien. Cet état était, officiellement, un état militaire mais il était bien plus accueillant que la France. Cette constatation était terrifiante… Est-ce que Jasper pensait la même chose ? Et leur professeur, qui avait eu bon nombre de problèmes avec l’armée ? Il n’y avait qu’à voir sa réaction lorsqu’il était arrivé ici et les avait vus… Ils allaient très bien, pourtant ! Un peu secoués et perdus, oui, mais en sécurité. Laura mordit dans son sandwich sans rien dire, se contentant de manger et de s’effacer pour faire oublier sa légère bourde de tout à l’heure.

Colonel n°2 – Te sens-tu mieux ? Tu as besoin de voir un médecin ? Ou de dormir plus tôt ?

Laura – Je dors assez ! répliqua-t-elle, un peu vexée. Je ne suis pas folle ni malade, j’ai juste eu peur, je vais très bien. Je mange, je dors, je travaille, je fais tout très bien. Au Pensionnat, on est obligés, de toute façon, on est tout le temps surveillés. On ne peut pas être moins bien, sinon les professeurs le remarquent.

Et elle se portait très bien ! Bon, la surveillance des militaires et des professeurs, que ce soit à l’école ou chez leur professeur, était vraiment fatigante à la longue mais on s’y faisait. Elle allait très bien, ce n’était pas la petite crise de tout à l’heure qui devait faire douter qui que ce soit. Celui qui était moins bien, pour l’instant, était Jasper. Le pauvre avait leur professeur sur le dos, Solène, ses amis parfois et même elle s’y était mis une fois parce qu’il déprimait complètement. Elle tenait à son frère ! S’il n’était pas bien, elle avait le droit de s’inquiéter pour lui. Surtout avec tout ce qu’il avait enduré pour elle… Grand frère ou pas, ce n’était pas à lui de subir constamment les colères de leur père.

Laura lui lança un coup d’œil discret, prenant une autre bouchée de son sandwich. Elle ne cessait de penser que rentrer au Pensionnat n’était pas une bonne idée, que c’était du suicide, surtout vu l’état de Jasper, mais les autres avaient besoin de leur aide. Et très vite. Il fallait donc que tous les adultes s’y mettent et qu’eux restent en arrière pour ne pas les déranger. Ils pouvaient se débrouiller un peu, rester tranquilles quelques heures ou quelques jours sans ennuyer les militaires de ce pays. Surtout le colonel derrière lequel elle s’était cachée, elle lui avait complètement froissé son uniforme ! Pour rien… C’était stupide, peut-être, mais le déranger alors qu’il ne savait pas comment s’occuper d’eux, apparemment… Laura se tourna vers son professeur, terminant de manger un autre morceau.

Laura – Monsieur… Si vous pouvez aider madame de Lizeux et le colonel Gavin à nous faire rentrer au Pensionnat, ne vous inquiétez pas pour nous. On peut se débrouiller, on restera dans une pièce sans causer de problèmes pour ne déranger personne. Nous avons l’habitude, vous n’êtes pas obligé de… d’agir comme vous l’avez fait en arrivant. Il ne faut pas vous forcer, on va très bien.

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