Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Famine au Sud

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Kain Fuery

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MessageSujet: Famine au Sud   Jeu 18 Aoû 2016 - 10:49

Après un passage au nord il y a quelques temps, direction le Sud. La température était encore bien plus brûlante ici qu’à l’Est, où il avait au moins du vente des et des endroits recouverts de plaines et d’un soleil plus clément. Les soldats du Sud ne portaient souvent pas de veste et avaient une chemise à manches courtes, un détail peut-être, mais un détail particulièrement béni de Fuery depuis son arrivée dans la région. Il avait été temporairement affecté à la garnison de Dublith, qui devait renforcer ses effectifs le temps des festivals et concours d’automails ayant lieu à cette période de l’année, par crainte du terrorisme ou à cause de descentes des contrebandiers, qui pourraient facilement se mêler à la foule. Une menace qui n’avait pas l’air d’angoisser qui que ce soit, dans cette ville, tout le monde était très détendu. Kain comprenait maintenant pourquoi on appelait cette ville le paradis des ingénieurs automails, il y avait des ateliers partout et des fabricants dans chaque coin, beaucoup en étaient équipés et comparaient leurs membres mécaniques avec ceux des autres. Le soldat trouvait tout de même assez triste que cette demande forte de prothèses soit surtout due aux nombreuses attaques dont souffrait la région.

Dublith elle-même n’était pas une très grande ville, nichée entre des montagnes de granit et de roche rouge, au cœur du désert. Les maisons étaient basses et blanches, avec parfois quelques jardins, des rues très larges au centre de la ville puis de plus en plus étroites et tordues aux quartiers plus anciens. Tout en patrouillant, son fusil sur l’épaule, le jeune soldat se souvint alors que c’était dans cette ville que Edward et Alphonse avaient vécu un moment avec leur maître, pour apprendre l’alchimie. Il en avait discuté rapidement avec eux, un matin pluvieux au QG, alors que les deux alchimistes étaient de passage pour faire un rapport. Il se demandait où pouvait bien habiter leur maître et à quoi il ressemblait, c’était sûrement quelqu’un de puissant, en tout cas. Impossible de savoir s’il était fier ou non que Edward soit entré dans l’armée, c’était tellement mal vu d’être Alchimiste d’État qu’il y avait peu de chance pour que leur professeur ait accueilli la nouvelle avec le sourire. En un sens, c’était normal, l’alchimie devait être au service du peuple, pas au service de l’armée. Tournant dans une autre rue plus étroite, il se massa un peu la nuque, tout en restant vigilant à son environnement.

Quelques mètres plus loin, il vit tout à coup des enfants attroupés, dans une rue plus miteuse que les autres. Sans doute occupés à jouer. Il allait passer lorsqu’un des enfants courut vers lui et le tira par le poignet en criant de venir, que quelqu’un était malade et qu’il avait besoin d’aide. Heu, oui, mais il n’était pas médecin, lui ! Il suivit l’enfant jusqu’au petit groupe, les autres s’écartant aussitôt. Un petit garçon était couché par terre, en position foetale, les yeux fermés. La peau assez sombre, les cheveux plus clairs, tremblant et apparemment famélique. Malade ? Il devait surtout mourir de faim… Kain prit sa gourde pour lui faire couler de l’eau sur les lèvres puis la bouche, l’enfant tremblant et buvant ensuite un peu mieux. Kain l’encouragea avec une certaine douceur, adorant les enfants et ayant bien du mal à en voir un mal en point. Dès qu’il eut fini de boire, il l’aida à se redresser et s’asseoir par terre, sans l’obliger à redresser la tête, ouvrir les yeux, ou simplement se détendre un peu, il devait y aller à son rythme. Kain prit quelques biscuits militaires qu’il avait en ration et les mit dans la main, les autres enfants tournant autour sans louper une miette de la scène.

– Tiens, mange, c’est pour toi. J’en ai d’autre après, si tu veux.

Il garda la gourde entre ses mains, en attendant de voir si cet enfant avait encore soif ou non après. Entendant des bruits de pas, il tourna la tête et vit deux adultes approcher, un homme et une femme beaucoup plus âgée, le dos voûté. Il les salua et leur dit que les enfants l’avait prévenu que ce petit bout ne se sentait pas bien.

– Sauriez-vous où il habite ? Il vaut mieux le ramener chez lui.


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Scar

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MessageSujet: Re: Famine au Sud   Mer 31 Aoû 2016 - 11:55

Un silence était tombé sur la petite assemblée, même Scar restait parfaitement silencieux devant leur grand maître de culte, qui examinait présentement son bras tatoué avec attention. Pouvait-il en percer tous les secrets ? Lire ce qui se cachait dans le tracé des tatouages que son frère avait conçu il y a maintenant quelques années ? Il était un de ses derniers espoirs ! Une clé de compréhension se trouvait ici, dans cette partie des recherches de son frère, un pas de plus pour savoir pourquoi ce massacre et quel était le but des dirigeants de ce pays. Scar tourna brièvement le regard vers le commandant, toujours avec son uniforme un peu déchiré, l'air rêveur, dans un coin de la tente. Se rendait-il compte de l'endroit où il se trouvait ? Ces quartiers miséreux étaient essentiellement peuplés par des fugitifs et des résistants Ishbals, avec de nouveaux petits nés depuis peu. Les quelques autres Ishbals autour d'eux avaient d'abord eu peur puis s'étaient méfiés du soldat, avant de se calmer en voyant que Scar le gardait avec lui et qu'il s'en portait garant. De toute manière, pouvait-on considérer Madless comme un véritable soldat ? C'était un dingue dont on s'était servi comme d'une arme, rien de plus, un vulgaire outil pour l'armée.

Leur grand maître finit par reposer son bras en soupirant, déclarant qu'il ne parvenait pas à déchiffrer les tatouages, ses connaissances dans l'alchimie d'Amestris n'étaient pas assez fortes pour cela. Scar inclina la tête pour le remercier d'avoir essayé, assis près de lui en tailleur au sol. Il avait tenté, c'était l'essentiel... Son jeune frère avait passé tant d'années à étudier l'alchimie, en gravant les résultats sur ses bras et dont un carnet qu'il lui avait confié avant de mourir. Selon lui, Scar, en tant que moine et guerrier Ishbal, était bien plus apte que lui à s'en tirer vivant et à protéger ses recherches. Que contenaient-elles de si important ? Pourquoi lui avoir ainsi tout légué alors qu'il ignorait comment les déchiffrer et s'en servir ? Il lui fallait l'aide d'un alchimiste, las, le seul qu'il avait sous la main était incapable de réaliser ce travail, du moins pour le moment. Ramenant son bras contre lui, il observa les tatouages, le regard sombre, puis se leva avec un grand soupir, rabattant son manteau sur lui ainsi que sa capuche. Debout, sa tête frôlait le haut de la tente. Il était grand, plus que la moyenne, son long entraînement et la vie qu'il menait lui ayant offert un corps musclé et solide.

– Pouvez-vous faire en sorte qu'il ne sorte pas de là ? demanda-t-il au grand maître en désignant le commandant.

Le religieux hocha paisiblement la tête, lui disant d'aller en paix pour le moment, qu'ils veilleront sur le soldat. Scar quitta la tente, sortant dans la fournaise infernale du désert, qu'il connaissait si bien, un environnement familier, faisant remonter de nombreux souvenirs en sa mémoire. Déracinés, les Ishbals s'étaient installés dans des bidonvilles et des ruines partout où ils le pouvaient, à travers le pays, tant que leurs terres sacrées seront gardées par l'armée d'Amestris. Malgré tout, quelques survivants tâchaient encore d'y survivre, dissimulés, par défi et refus d'être chassé de leur région ancestrale. Marchant dans les rues sans réel but, plongé dans ses réflexions, il s'arrêta en voyant une grand-mère très agitée et inquiète qui marchait avec difficulté, un jeune enfant l'appelant en lui disant que son petit-fils était plus loin, malade. Voilà à quoi ils en étaient réduits... A vivre dans la misère la plus noire, privés de tout, de nourriture comme d'accès aux soins les plus basiques, reclus et chassés comme du bétail. Il proposa son bras à la grand-mère afin de l'aider à marcher. Elle eut un sourire en s'y accrochant, son œil droit fermé et boursouflé par une ancienne cicatrice. La guerre laissait toujours des traces, qu'elles soient physiques ou mentales.

En suivant l'enfant qui était venu trouver la grand-mère, ils arrivèrent un peu plus près du centre de la ville, dans une rue étroite, où plusieurs enfants s'agitaient. Scar écarquilla les yeux en voyant un soldat près du petit-fils de la vieille dame, la relâchant doucement pour sauter sur le militaire et l'égorger avant qu'il ne fasse du mal à l'enfant. La grand-mère l'arrêta tout à coup, en lui disant d'une voix douce que le soldat faisait boire le petit garçon. Quoi ? Un soldat qui aiderait un enfant Ishbal, comme ça ? C'était vrai... Le type, bien jeune quand on voyait sa tête, donnait sa gourde au petit garçon, le soutenant pour qu'il puisse s'asseoir. Lorsqu'il eut fini, il sortit un petit paquet blanc de sa poche, dévoilant quelques biscuits carrés et marrons. Pourquoi un soldat aiderait-il ainsi un enfant ? Eux qu'on avait envoyé exterminer leur peuple ? Il baissa le regard sur la grand-mère, qui souriait et était visiblement rassurée. Hum... Elle s'accrocha à nouveau à son bras, son corps affaibli supportant peu de temps de ne pas être soutenu.

– Tiens, mange, c’est pour toi. J’en ai d’autres après, si tu veux.

Scar ferma les yeux un instant puis aida la grand-mère à s'approcher de cette scène improbable. Ce n'est qu'à ce moment que le militaire remarqua leur présence et se tourna vers eux, les saluant avec politesse, comme s'il n'avait pas affaire à deux Ishbals. Il rajouta ensuite que deux des enfants attroupés l'avaient prévenu que ce petit garçon ne se sentait pas bien. Vu de plus près, il semblait encore plus jeune, sans doute plus que son âge réel. Un visage parfaitement inconnu à Scar. Il n'oubliait jamais les visages de ses ennemis, se souvenant d'absolument tous ces deux soldats qu'il avait rencontré, les morts comme ceux qui avaient survécu. Celui-ci, il ne l'avait pas rencontré dans le désert ni ailleurs, dans ce pays, c'était encore un gamin. Sans doute un de ces mioches idéalistes qui pensaient pouvoir améliorer l'armée d'Amestris à force d'efforts. Des rêveurs naïfs.

– Sauriez-vous où il habite ? Il vaut mieux le ramener chez lui.

– Je suis sa grand-mère, je vais m'occuper de lui. Venez aussi, les enfants, il est temps de rentrer.

Le moine s'écarta pour laisser passer la vieille femme, son petit-fils et les autres enfants. La petite troupe partit ainsi avec lenteur vers la sortie de la ville, les quartiers misérables et le petit bidonville. Ce n'était que reculer pour mieux sauter, tous savaient bien que les enfants, les malades et les vieillards les quittaient en premiers, à cause de la faim, de la maladie et de leurs pathétiques conditions de vie. Combien de ces bambins atteindront-ils l'âge adulte ? Ils étaient une dizaine aujourd'hui, il y avait si peu de chance qu'au moins la moitié arrive à vingt ans. Une fois qu'ils furent hors de vue, Scar se tourna vers le militaire, avançant d'un pas vers lui. Bien que sa capuche couvre son visage, sa carrure restait impressionnante pour quiconque se trouvait à côté de lui, voire menaçante.

– Pourquoi avoir aidé cet enfant alors que vous avez vu être entouré d'Ishbals ? Les militaires comme vous n'ont-ils pas pour ordre, pourtant, de nous traquer dès que possible et achever le massacre ? Alors pourquoi ? Qui êtes-vous ? Un rebelle parmi les soldats ou un simple fou ?


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Kain Fuery

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MessageSujet: Re: Famine au Sud   Dim 18 Sep 2016 - 12:10

– Je suis sa grand-mère, je vais m'occuper de lui. Venez aussi, les enfants, il est temps de rentrer.

Parfait, au moins le petit garçon pourra se reposer, au moins. Fuery lui mit dans la main le reste du petit paquet de biscuits, bien enveloppés, dans la main avant qu’il ne parte puis se releva, lui souriant lorsqu’il fila prendre la main de sa grand-mère. Pourvu, tout de même, qu’il puisse vivre assez vieux pour atteindre l’âge adulte… Comme les enfants autour d’eux qui repartaient aussi. Combien vivront vieux ? Sans mourir de faim ou même de maladie ? Étant donné leur allure, Kain se doutait qu’ils ne devaient pas vivre dans des maisons ou appartements propres et avec de quoi se nourri assez pour vivre correctement. Il n’avait rien pu leur donner de plus que des biscuits, c’était dommage, il ne se baladait pas avec des provisions sur lui lorsqu’il était en patrouille. L’homme de toute à l’heure s’approcha tout à coup de quelques pas, visage dissimulé dans l’ombre de sa capuche, avec une carrure impressionnante. Le sergent se sentit tout petit à côté de lui, cet homme était aussi grand que le commandant Armstrong, et recula discrètement d’un pas, gardant une distance raisonnable entre lui et cet homme. En tant que soldat, il devait toujours se méfier, bien des personnes pouvaient avoir des réactions très agressives en voyant son uniforme, et ce même s’il n’était pas connu du grand public.

– Pourquoi avoir aidé cet enfant alors que vous avez vu être entouré d'Ishbals ? Les militaires comme vous n'ont-ils pas pour ordre, pourtant, de nous traquer dès que possible et achever le massacre ? Alors pourquoi ? Qui êtes-vous ? Un rebelle parmi les soldats ou un simple fou ?

– Mais… Enfin, c’était juste un enfant ! Même s’il est Ishbal, je n’allais tout de même pas le tuer, je ne me suis pas engagé dans l’armée pour massacrer gratuitement des petits garçons.

Il recula encore d’un pas, juste au cas où cet homme cédait à ses nerfs et lui sautait dessus pour l’attaquer. Il avait une carrure suffisante pour l’assommer en un simple coup, s’il était assez rapide, Fuery n’aurait même pas le temps de prendre son arme. Il ajouta ensuite qu’il pouvait comprendre la haine que les gens ressentaient à la vu de cet uniforme, malgré tout, il n’allait tout de même pas suivre aveuglément les ordres et mettre fin à la vie d’un enfant de dix ans, surtout déjà affaibli et malheureux. Il avait également posé la main sur son arme, espérant ne pas avoir à s’en servir. Tous les militaires n’étaient pas non plus des tueurs de sang-froid capable de mettre fin à la vie de gosses sans ciller, en plus de cela, le sergent n’avait même pas participé à la guerre d’Ishbal. Il n’éprouvait aucune colère ni rancœur contre ce peuple, aucune haine, ni même aucune pitié, il voulait simplement faire en sorte que des personnes agissent pour restaurer un lien avec eux et leur permettre, par des solutions diplomatiques, de retrouver leurs terres. Un rêve qu’il savait pourtant utopique… Si le colonel était parti avec d’autres Alchimistes d’État à Ishbal, ce n’était sûrement pas pour offrir des fleurs aux réfugiés.

– Je ne suis ni un rebelle ni un fou, affirma-t-il d’une voix ferme. Je ne cautionne simplement pas ce genre de massacre sans raison, même si je fais parti de l’armée, et beaucoup pensent de même. Vous pouvez ne pas me croire, c’est vrai. Mais je pense que rien ne pourra changer si tout le monde reste campé sur ses positions et n’essaye pas d’avancer.

Kain jouait avec le feu, ces paroles pourraient très bien rendre cet homme malade de rage ou le pousser à se battre. Tant pis, si cela arrivait, il y avait des sujets qu’on ne pouvait tout simplement pas taire.

– Vous n’arrivez pas à croire ça, pas vrai ? lança-t-il plus faiblement, en regardant son interlocuteur.


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Scar

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MessageSujet: Re: Famine au Sud   Dim 6 Nov 2016 - 11:59

– Mais… Enfin, c’était juste un enfant ! Même s’il est Ishbal, je n’allais tout de même pas le tuer, je ne me suis pas engagé dans l’armée pour massacrer gratuitement des petits garçons.

Ah non ? Était-il naïf au point de ne pas voir les actes de l'armée, dans sa propre division et dans toutes les autres ? Pour ne pas voir les actes commis par Central ? Pour ne pas entendre les hommes ? Pour croire qu'on ne lui demandera jamais de tuer et assassiner des enfants, des petits garçons, des fillettes, des vieillards ou des femmes enceintes ? Scar serra les poings pendant que le soldat reculait d'un pas, prêt à foncer sur lui pour l'écraser contre un mur et lui briser le coup d'une simple torsion, déchiquetant les muscles et brisant les os avec une parfaite aisance. Il l'aurait fait si le gamin face à lui n'avait pas ajouté aussitôt, dans un phrasé rapide et légèrement saccadé, que même s'il comprenait qu'on puisse éprouver de la haine en voyant cet uniforme, il refusait de suivre les ordres en parfait aveugle et mettre fin à la vie d'un enfant de dix ans déjà très affaibli. Tiens donc,un petit rebelle dans les rangs, comme c'était mignon, l'armée laissait encore traîner ça librement dans le pays ? Le tueur s'avança encore d'un pas, réduisant la distance entre eux deux, sans se soucier que le gamin pose la main sur son arme. Il se savait assez rapide pour esquiver la trajectoire même des balles, l'ayant déjà prouvé plus d'une fois face aux snipers de l'armée. Ce n'était guère un gamin à peine majeur qui saura l'effrayer en pointant une arme sur lui, pas après que Scar ait tué bon nombre de ses aînés, tué tant d'alchimistes d'Etat, durant la guerre et après.

– Je ne suis ni un rebelle ni un fou, affirma-t-il d’une voix ferme. Je ne cautionne simplement pas ce genre de massacre sans raison, même si je fais parti de l’armée, et beaucoup pensent de même. Vous pouvez ne pas me croire, c’est vrai. Mais je pense que rien ne pourra changer si tout le monde reste campé sur ses positions et n’essaye pas d’avancer.

Il était un peu tard pour songer à des solutions diplomatiques ! Comment osait-il seulement espérer qu'on puisse résoudre ce conflit par le dialogue alors même que des centaines de personnes avaient été massacrées ?! Comment Amestris pourrait faire amende honorable ?! En s'excusant, en posant une stèle pour la Mémoire des victimes, avec des simples mots ?! Ridicule ! Comment des mots pourront éteindre la souffrance dans le cœur des survivants ?! Comment oublier tout le sang versé, les tireurs embusqués massacrant à distance des femmes et des enfants, les Alchimistes d'Etat tuant par dizaines, les soldats crevant les corps à coups de fusils, de canons, de dagues et de tout ce qu'ils pouvaient trouver ?! La fureur enflamma à nouveau le corps de l'Ishbal, la fureur, la haine et la rancœur, l'envie brûlante de vengeance. Pour que ce pays comprenne ce qu'il avait commis, il devra passer par les mêmes étapes ! Ce n'est que lorsqu'il partagera la même souffrance qu'il sera en mesure de comprendre ce que traversait le peuple Ishbal ! Lorsque ce peuple aussi aura vu ses enfants mourir dans ses bras, ses terres souillées par le sang, ses frères et ses parents tomber sous ses yeux, la gorge déchirée.

– Vous n’arrivez pas à croire ça, pas vrai ? lança-t-il plus faiblement, en regardant son interlocuteur.

Croire ?!

Son bras jaillit et prit violemment le soldat à la gorge en le soulevant de terre et en le plaquant brutalement contre le mur derrière lui. Malade de rage et de haine, Scar s'approcha encore en le maintenant prisonnier de sa poigne, à une dizaine de centimètres du sol, sa main serrée contre sa gorge. Que croyait-il donc, ce petit soldat misérable, qu'on pouvait se servir de la diplomatie uniquement une fois que le massacre a été commis ?! Qu'il ait facile de parler une fois la partie adverse réduite à presque rien et dans l'incapacité la plus totale de se défendre ?! Lui et ses pairs n'étaient rien d'autres que des rats au service d'un dictateur, trop aveugles pour réfléchir par eux-mêmes et suivant les ordres comme les braves toutous qu'ils étaient ! Il serra un peu plus sa poigne sur la gorge du soldat qui essayait vainement de se dégager, serrant ses mains sur le poignet du Ishbal et se débattant comme il le pouvait. Il était faible et frêle, si pathétique, un gamin naïf et bien trop rêveur qui avait accepté d'enfiler cet uniforme sans avoir la moindre idée des conséquences et ne sachant rien des véritables desseins de son pays.

– La seule chose que je crois aujourd'hui est que tu vas regretter de t'être aventuré par ici. Il n'y a pas de place pour les naïfs dans ce monde.

Scar continua à serrer jusqu'à ce le gamin pousse un bref râle et que ses lèvres virent lentement au bleu. Le regard brûlant, il le jeta alors violemment dans la rue, à plusieurs mètres de là. Peut-être était-il mort étouffé, peut-être simplement à moitié évanoui, peu importe. Ce n'était qu'un gosse, il n'avait pas sa place dans l'armée. Scar lui lança un regard méprisant puis repartit de son côté, sans plus se soucier de lui.


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