Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Service pédiatrie

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MessageSujet: Service pédiatrie   Dim 1 Jan 2017 - 16:22

PNJ Nishi Park

Le vestiaire des femmes de l’hôpital était bondé, ce matin, le bruit allant aurait pu lasser n’importe qui. Ses collègues bavardaient joyeusement entre elles, échangeant les dernières nouvelles, les ragots en tous genres, parlant de leurs enfants, du prochain festival qui approchait, de tel ou tel patient, d’un spectacle venant de s’achever ou on ne savait quoi encore. Nishi s’arrêta devant un des lavabos, lavant mains et avants-bras avant de mettre des épingles et élastiques en bouche, attachant ses longs cheveux d’un châtain très clair, presque blond, où se mêlait des mèches blanches, encore peu visible dans une chevelure aussi claire. Son visage parsemé de quelques rides était un bien meilleur indice pour devenir son âge. Le matin-même, elle avait eu cinquante-deux ans. Juste avant qu’elle ne parte de chez elle, son mari l’avait longuement embrassé avant d’aller lui-même au travail. Leur fils aussi avait téléphoné, promettant de passer le soir avec sa femme et leur petit pour fêter ça.

Faire la fête, même pour son propre anniversaire, n’était pas vraiment dans les habitudes de Nishi, il fallait l’avouer. Plutôt taciturne et distante, il en fallait beaucoup pour qu’elle affiche autre chose qu’un air sérieux. Elle ne semblait pas perpétuellement en colère, non, plutôt assez blasée, comme si rien ne pouvait vraiment la toucher. Une fois ses cheveux attachés, elle enfila sa longue blouse blanche et termina par un maquillage très léger et discret, attachant sa montre à son poignet. Quelques collègues lui souhaitèrent aussi son anniversaire en passant, pendant qu’elles sortaient des vestiaires pour rejoindre le grand bureau et prendre leurs dossiers du jour, vérifier l’horaire des visites et la liste des patients. Dire merci à tout le monde, montrer la bague discrète que son mari lui avait offerte pour l’occasion, s’efforcer de sourire, dire que c’était gentil d’y avoir pensé. Au fond, oui, c’était agréable qu’on pense à vous, la cinquantenaire n’était simplement pas très à l’aise lorsqu’elle devait répondre à ces démonstrations d’amitié.

Nishi – N’oubliez pas d’aller en salle de réunion, ce midi, rappela-t-elle à deux de ses collègues, le chef va vous faire un récapitulatif comme vous étiez absentes avant-hier.

Son dossier sous le bras, l’infirmière-en-chef descendit rapidement les escaliers pour se rendre au premier étage, où se trouvait le service pédiatrie. Même si elle n’avait que peu de travail aujourd’hui, ayant des heures de repos à rattraper après avoir eu un surcroît de boulot monstrueux le mois dernier, elle tenait tout de même à ne pas avoir une seule seconde de retard, professionnalisme oblige. En arrivant au premier étage, elle salua d’un signe de main ses collègues au poste d’accueil puis leur demanda de faire passer dans le bureau de consultations sa première patiente. Entrant elle-même avant, elle ouvrit en grand les rideaux pour laisser passer la lumière du soleil, entendant également entrer la minute d’après sa patiente. Nishi la sala sans se retourner tout de suite, occupée à ouvrir un volet plus récalcitrant, pour ensuite laisser la fenêtre entrouverte et faire un peu d’air. Une fois que tout fut en place, Nishi se retourna pour rejoindre la jeune femme et tendre la main pour serrer la sienne, son regard marron foncé croisant les prunelles plus claires de la future mère.

Nishi – Madame Mustang, bonjour, je suis Nishi Park, je vais être en charge de votre suivi de grossesse et je ferai le relais entre vous vous et le service pédiatrie, pour préparer votre accouchement. Asseyez-vous, s’il vous plaît.

Au vu de nez, sa nouvelle patiente ne devait pas avoir plus de trente ans, sans doute à peine plus de vingt-quatre ou vingt-cinq, soit l’âge habituel pour avoir un premier enfant. Petite elle aussi, mince mais musclée, déjà plus inhabituel pour une femme, portant quelques marques sur les bras et les mains, d’ailleurs. Nishi se souvint ensuite qu’elle avait lu dans le petit dossier créé plus tôt que cette femme était soldat, ce qui expliquait les légères marques. Sa patiente semblait un peu hébétée, répondant faiblement en la remerciant. Allons, il était inutile d’être stressée ou angoissée, la grossesse est une étape parfaitement naturelle de la vie. L’infirmière lui indiqua le siège où elle pouvait prendre place, s’asseyant ensuite elle-même au petit bureau et ouvrant le dossier. Très bien, nouvelle patiente, ouverture de dossiers, grossesse encore récente, deux mois à peine, pour une femme venant d’arriver à Central et qui n’avait encore donc pas de dossier médical général à l’hôpital, seulement un dossier à l’armée, en interne.

Nishi – Mustang est votre nom de mariage, n’est-ce pas ? Il me faut votre nom de jeune fille, votre date de naissance, lieu de résidence, métier exact et composition de votre foyer. Il s’agit de votre première grossesse ? Jamais eu de fausses couches auparavant ?

Madame Mustang – Mon nom... Mon nom de jeune fille est Hawkeye, Riza Hawkeye. Je suis née le 15 avril 1894 dans la région de l'Est. Je vis avec Roy Mustang ici-même, à Central et nous sommes seuls dans l'appartement. Je suis... Lieutenant et sniper à l'armée et il s'agit de ma première grossesse.

Tiens, Hawkeye, ce nom était assez répandu dans l’Est. Nishi hocha la tête en écrivant les informations dans les sections correspondantes du document, sans relever le ton très hésitant de sa jeune patiente lorsqu’elle avait pris la parole, habituée à ces femmes qui mettaient du temps avant de se sentir à l’aise dans un hôpital, en service pédiatrie. Une fois le tout inscrit, Nishi releva la tête pour l’observer d’un œil un peu plus inquisiteur et professionnel, cherchant des traces de fatigue accru, de maladie, mais mis à part la nervosité évidente, sa patiente semblait en belle forme. Elle lui demanda des précisions sur son état de santé général, prenant des notes à mesure des réponses que lui fournissaient sa patiente. Nishi poursuivit ensuite en demandant si la jeune femme et son époux avaient des soucis particuliers de santé ou en avaient eu dans le passé, l’air concentré, ce qui lui donnait une mine encore plus sévère. Elle lui répondit qu’elle se sentait très bien et ne tombait jamais malade, bon point pour elle et le bébé.

Nishi – Des maladies dans la famille de votre époux ou dans la vôtre ?

Madame Mustang – Ma... Ma mère et mon père sont morts de maladie quand j'étais très jeune. Les parents de mon époux sont morts dans un accident donc nous n'en savons pas plus.

L’infirmière s’arrêta un très bref instant d’écrire avant de poursuivre, fronçant un peu les sourcils, puis termina sa phrase avant de lever le regard sur la jeune femme. Qui la dévisageait aussi comme si elle avait vu un fantôme apparaître brusquement devant elle. Silencieuse un instant, Nishi termina de remplir le dossier qu’elle avait débuté pour sa patiente, restant professionnelle avant toute autre chose. Une fois ce détail terminé, Nishi se leva puis vint faire allonger sa patiente au sol, levant ses jambes pour les poser sur une chaise, craignant tout à coup qu’elle ne s’évanouisse, en voyant son visage blême. Voilà, on se calme, on respire, on se détend, tout allait très bien. C’était raconter ce qui était arrivé à ses parents qui la mettaient dans un tel état ? La jeune femme marmonna qu’elle allait très bien et que ce n’était pas la peine, ce à quoi Nishi leva les yeux au ciel en la tenant par l’épaule pour qu’elle ne se relève pas, ajoutant qu’elle devait attendre pour le moment. Agenouillée par terre à côté, la cinquantenaire la dévisageait discrètement, cherchant à s’ôter un gros doute. Ce serait improbable, et pourtant, il y avait une chance infime pour que ça se produise. Sa patiente finit par mettre un bras contre son visage, respirant profondément.

Nishi – Les maladies familiales ne sont pas forcément transmises de génération en génération, madame Mustang. La preuve, vous-même vous portez bien, si on met à l’écart ce petit malaise. Si vous et votre époux êtes tous les deux en bonne santé, votre enfant devra bien se porter lui aussi.

A peine la phrase terminée, sa patiente du jour fit non de la tête en murmurant que ce n’était pas ça, puis s’excusa, gigotant pour se relever. Nishi attendit encore un peu pour bien s’assurer qu’elle n’allait plus perdre pied comme toute à l’heure puis l’aida à se relever et à s’asseoir dans un autre petit fauteuil, près de la fenêtre entrouverte pour qu’elle puisse avoir de l’air. Suite à cela, elle lui donna un peu d’eau sucré puis prit son matériel pour vérifier sa tension. Tension peu élevée, bien entendu, comme elle venait de faire un malaise. L’infirmière lui indiqua de défaire la ceinture retenant son pantalon et mieux respirer, lui donnant ensuite un morceau de sucre à grignoter. Elle devrait déjà un peu mieux se sentir, maintenant, ce n’était pas bien grave. Lorsqu’on est enceinte, les émotions et ressentis sont souvent décuplés et les nerfs fortement sollicités. En l’examinant, Nishi remarqua tout à coup un détail étrange, comme une sorte de bout de dessin mais à même la peau. Posant la main sur la nuque de sa patiente, elle poussa une brève exclamation en voyant, sous la chemise qui baillait un peu, les traces d’une vieille brûlure, très étendue, qui masquait en partie un tatouage étrange.

Nishi – Et bien, marmonna-t-elle. Vous ne vous êtes pas loupée, à la guerre.

Madame Mustang – Ce sont les risques du métier... On y est habitués, surtout à la guerre.

La jeune femme avait sourit bizarrement en tirant sur sa chemise pour cacher son dos, l’air un peu étrange tout à coup. Nishi haussa les sourcils, très peu convaincue, même s’il ne s’agissait de toute façon pas de ses affaires. Croisant les bras, elle attendit que sa patiente termine enfin le morceau de sucre qu’elle lui avait donné, la surveillant d’un regard à présent inquisiteur. Ce qu’elle avait vu du tatouage en parti brûlé était bizarre… Des signes inconnus, avec un cercle brisé par la blessure, une blessure étonnamment importante, étendue sur une grande partie du dos. Un silence s’installa, au cours duquel Nishi réfléchit longuement, perdue dans ses pensées, refusant encore d’admettre ce qui crevait pourtant les yeux. Ce n’était juste pas possible ! Se levant, elle mit les mains dans ses poches de sa blouse et fit quelques pas, s’arrêtant près de la fenêtre. Une femme née dans l’Est. Hawkeye comme nom de jeune fille. Un soldat. Et ce tatouage… Les signes brièvement aperçus lui en rappelaient d’autres, vu à la volée dans des livres non achevés, des brouillons, des notes.

Madame Mustang – Est-ce que vous... Vous avez d'autres questions ou c'est fini ? demanda-t-elle d’un ton hésitant.

Nishi – J’en ai beaucoup, dit-elle d’un ton pincé. Le tatouage sur votre dos ne vient pas de la guerre. J’ai déjà brièvement vu ce genre de signes, il y a très longtemps, une bonne trentaine d’années. Ce n’est pas innocent, il y a des sujets qui mènent des personnes, à la base sages et honnêtes, vers la folie, l’arrogance et le déclin, autant physique que mental. Et vous portez ça sur le dos.

Voilà bien ce qui effrayait le plus l’infirmière dans cette affaire, voir ça gravé dans la peau d’une personne, d’une toute jeune femme, voir ce genre de signes, même en grande partie brûlés, sur la peau d’une femme, des signes et symboles tout sauf anodins. Bien sûr, l’infirmière ne les comprenait pas, elle n’avait jamais étudié l’alchimie. En revanche, elle avait observé de ses propres yeux à quoi la recherche sur ces symboles bizarres pouvait mener. Cette fascination qui devenait de plus en plus malsaine, morbide, même, cette soif d’en apprendre toujours plus qui finissait par vous obséder et dévorer tout votre temps, toute votre énergie, jusqu’à ce que vous ne puissiez plus penser à rien d’autre que ça. Cette recherche de connaissance était une drogue, dangereuse, effrayante, et surtout destructrice.

Madame Mustang – Et il y a des sujets qui doivent rester enfouis là où certaines personnes ont voulu les enfouir. Si ce tatouage vous dérange, je ne peux rien y faire mais je peux demander à être suivie par quelqu'un d'autre pour ne pas vous incommoder.

Nishi – Celui qui m’incommode, c’est l’homme qui a gravé ça sur votre dos, répliqua Nishi sans la regarder. Bien… Vous allez devoir passer certains examens complémentaires. Vous n’avez pas de soucis cardiaques, selon votre dossier, en revanche, il faut s’assurer que vous n’êtes pas sujette à développer l’amida, une maladie du sang.

Elle ou l’enfant qu’elle portait, par ailleurs, le suivi de grossesse permettra de s’assurer qu’il n’y ait pas de soucis majeurs à ce niveau-là. Et si cette jeune femme était porteuse du gène, ce sera très vite visible au fil de la grossesse. Sa patiente répondit avec un « Très bien », plus neutre, pendant que Nishi retournait à son bureau pour prendre une ordonnance et inscrire, à l’intention de ses collègues, la suite des examens complémentaires. Tout en écrivant, Nishi hésita sur la conduite à adopter… Elle avait rayé tout cela de sa mémoire depuis si longtemps ! Plus jamais elle n’était revenu dans l’Est après la mort brutale de sa petite sœur et plus jamais elle n’avait approché de nouveau l’alchimiste dingue, lui-même ne voulant de toute façon plus la voir, élevant sa fille dans son coin et ne se déplaçant jamais à Central. Nishi soupira tout à coup, se frottant le visage d’une main. C’était du passé, après tout… Du passé… Un passé qui se refusait à disparaître, malgré les efforts fournis, un passé restant dans l’ombre, bien accroché.

Nishi – Vous êtes la fille de Berthold et Emily Hawkeye ?

Il restait une infime chance que ce ne soit pas le cas, que l’infirmière et pédiatre fasse des liens là où il n’y en avait aucun, qu’elle se monte la tête alors qu’elle n’avait face à elle qu’une jeune femme un peu perdue et angoissée à cause de cette première grossesse. Elle se retourna et vit la jeune femme blêmir, retenant un soupir en comprenant qu’elle avait visé juste.

Madame Mustang – Co... Comment vous le savez ?

Nishi – Je ne le savais pas, je voulais juste la confirmation d’un doute. Emily était ma… Elle était ma petite sœur.

Tomber sur la fille de sa sœur décédée et de l’autre fou, lui aussi mort, d’ailleurs, merci au ciel, en plein cœur de Central, jeune femme enceinte et lieutenant dans cette armée, dans cette dictature militaire, alors qu’il s’agissait de base d’une journée tellement ordinaire et classique, une journée banale, semblable à toute autre. Une journée ensoleillée, où elle s’était levée de bonne humeur et détendue, où elle avait reçu au lever un cadeau d’anniversaire de la part de son mari, la promesse de visite de son enfant, son unique enfant. Un jeune homme qui avait beau avoir une trentaine d’années, être père et marié, qui restait un enfant à ses yeux, les yeux d’une mère. Une journée qui prenait maintenant une tournure tellement improbable que c’était extrêmement difficile à admettre. La jeune femme commença par souffler qu’elle se moquait d’elle, pendant que Nishi la regardait, assise dans son fauteuil, les bras croisés.

Madame Mustang – Si ce n'est pas une blague et que vous êtes vraiment... C'est impossible. J'ai été toute seule lorsque mon père est mort, je n'ai reçu aucune aide à part celle de son apprenti, Roy Mustang, il a été le seul à me tendre la main ! Si vous êtes réellement celle que vous prétendez être, où étiez-vous durant toutes ces années ? Pourquoi n'avez-vous pas réagi en me sachant avec mon père, que vous n'appréciiez pas vu votre réaction face à mon tatouage, pourquoi m'avoir laissée avec lui en sachant l'homme qu'il était ? J'ai été dans les derniers journaux, et bien plus encore, depuis des semaines comme je suis l'assistante du "Colonel de Flammes", vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez rien !

Elle en avait les larmes aux yeux, criant alors qu’elle risquait d’alerter tout l’hôpital. Nishi ne broncha, ne l’empêcha même pas de s’agiter, malgré son état, ne desserra pas les bras et ne se leva pas de son siège. Elle gardait un air parfaitement impassible, comme à son habitude, distante.

Nishi – De un, madame Mustang, Berthold Hawkeye n’était pas homme à admettre qu’on remette en doute ses décisions et je n’étais guère la bienvenue chez lui, ni moi, ni mon époux, ni notre fils. De deux, je n’ai su que récemment que lui aussi était mort, en entendant par hasard deux alchimistes parler de lui et d’un de ses traités. De trois, je ne lis que peu les journaux et je n’aurai de toute façon pas pu reconnaître en vous l’enfant que j’ai vu pour la dernière fois, âgée de quatre ans, même en connaissant votre nom de famille. Hawkeye est un nom répandu dans l’Est et le Sud. De quatre, enfin, je ne m’attache pas au passé. Notre père pouvait aussi veiller sur vous. J’espère simplement que ce n’est pas pour suivre son exemple que vous êtes entrée dans l’armée.

S’il avait certes fait une belle carrière à Central puis dans la région Est, il avait tout de même perdu une part de lui pour la remplacer par un esprit très carré, stratégique et militaire. Son sens de la famille n’avait pas été étouffé pour autant, c’est juste, en revanche, il ne pouvait être aussi présent qu’autrefois. Nishi n’avait gardé que peu de contact avec lui depuis qu’elle ne remettait plus les pieds dans l’Est. Aujourd’hui, elle ne s’imaginait plus voyager ou quitter cette région. Elle avait construit toute sa vie à Central, s’y était mariée, y avait mis son fils au monde et l’y avait élevé. Après un court silence, sa patiente, sa nièce donc, afficha un air encore plus méfiait, distant.

Madame Mustang – Je ne vois pas quel serait le problème, même si je l'avais fait. Vous ne vous attachez pas au passé, non ? Donc cela n'a aucune raison de vous préoccuper. Je n'ai fait que suivre ce que je pensais, ce que me dictait mon cœur et ma raison.

Nishi – Je n’en préoccupe pas, l’armée reste une voie plus saine que l’étude de l’alchimie, répondit-elle d’un ton plus las. Ce sont vos choix et je ne suis pas là pour vous dire ce que vous devez faire. Je n’avais rien de concret, il y a des années, pour que vous ne viviez plus avec votre père, il ne vous maltraitait pas et l’indifférence ne suffit pas pour retirer la garde d’un enfant. Notre père pensait que cela allait s’arranger avec le temps et il avait raison, en un sens, vous vous êtes écartée de tout ça. Dans la douleur, si j’en juge par l’étendue de la brûlure dans votre dos. Un argument convaincant, il faut l’admettre, pour convaincre votre mari de vous brûler volontairement.

Les liens se tissaient, à présent qu’elle avait enfin accepté la situation. Ce tatouage tout sauf innocent, cette brûlure, le fait qu’elle soit si proche du fameux « Colonel de Flammes », ledit colonel étant justement capable de lui brûler une partie du dos sans pour autant mettre sa vie en danger ou la rendre handicapée à jamais. La cinquantenaire se leva de son siège, un air plus triste sur le visage.

Nishi – Vous pouvez oublier ces obscures histoires de famille, vous n’avez pas à vous en soucier si vous ne le voulez pas, après tout. A présent, il faut que je vous examine plus sérieusement. Enlevez votre chemise, je vous prie, et asseyez-vous sur le brancard.


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Service pédiatrie   Mar 3 Jan 2017 - 14:02

Riza n’était pas très rassurée, portant régulièrement la main à son ventre même si c’était stupide. Elle savait qu’il était normal de ressentir un peu de nervosité lors du premier rendez-vous avec l’infirmière pour la grossesse, mais… Tout de même. Pour une fois, elle bénissait le fait que Roy ait souhaité l’accompagner, sa présence la rassurant durant l’attente et le trajet. N’habitant pas très loin de l’hôpital, par choix logique vu les récents événements, ils y furent très vite et n’eurent pas besoin de prendre une voiture pour y aller. La marche aidant à travers les quartiers peu rassurants de Central, bien trop carrés et droits à son goût, Riza fut nettement plus détendue en arrivant à l’hôpital. Dehors, le froid se faisait encore un peu sentir mais ils avaient pu laisser leurs gros manteaux de côté pour la veste plus légère et agréable à porter. Enfin… Elle-même le supportait bien mais, elle devait bien l’avouer, cette région lui donnait froid. Trop gris, trop menaçant, trop… « trop ». La sniper allait s’habituer comme sa formation le lui permettait, étant capable de rester des heures sans bouger dans le froid, mais il lui fallait un petit temps d’adaptation.

Ôtant sa veste lorsqu’ils passèrent les portes du hall de l’hôpital, Riza désigna du bras l’accueil à Roy pour aller demander où se situait le bureau de madame Park, infirmière dans le service pédiatrie. Elle avait rendez-vous dans dix minutes et n’était jamais montée jusque-là, les rendez-vous se donnant ailleurs. Une dame, mal réveillée d’après la tête ensommeillée qu’elle tirait, cheveux blonds attachés à la hâte et de grosses valises sous les yeux, leur indiqua l’escalier de droite, porte orange, bureau au fond du couloir à droite. D’accord, merci, escalier, porte orange, bureau au fond du couloir. Ils devaient attendre dans une salle, pas très loin, que l’on vienne leur dire que c’était leur tour.

Veste sous le bras, ils marchèrent jusqu’à ladite salle et s’installèrent sur les chaises placées non loin en attendant l’heure du rendez-vous. Ils étaient en avance, habitude prise avec l’armée – et plutôt deux fois qu’une depuis « l’accident » où ils étaient arrivés largement en retard. La nervosité refaisant un peu surface durant l’attente, Riza serrait la main de Roy en patientant, guettant toutes les infirmières qu’elle voyait rapidement jusqu’à ce qu’enfin, au bout des dix minutes d’attente, elle vit une femme en blouse d’hôpital, cheveux châtain très, très clairs et attachés, entrer dans le bureau. C’était elle ? Riza tourna la tête vers le poste d’accueil du service, patientant encore un peu. Quelques secondes après, une autre femme lui dit qu’elle pouvait y aller. Bon. Allez, hop. Se levant, elle fit un sourire à son époux et se dirigea vers le bureau, entrant après avoir inspiré une fois profondément.

L’infirmière, madame Park, était occupée à ouvrir un volet qui lui résistait et la salua de loin sans se retourner immédiatement. Attendant avant de s’avancer tout de suite, Riza la laissa terminer ce qu’elle était en train de faire et… reçut un choc incroyable lorsque l’infirmière se retourna. Elle… C’était… Mais non, elle était morte ! Elle lui ressemblait tellement… Mais c’était impossible, c’était la fatigue, elle se trompait. Son interlocutrice tendait la main pour serrer la sienne, l’ayant rejointe à présent, tandis que la militaire avait tendu la sienne de manière automatique, absente, sous le choc. Allez, on se reprend ! Ce n’était tout simplement pas possible. Elle l’aurait su ! Non, non et non.

Mme Park – Madame Mustang, bonjour, je suis Nishi Park, je vais être en charge de votre suivi de grossesse et je ferai le relais entre vous vous et le service pédiatrie, pour préparer votre accouchement. Asseyez-vous, s’il vous plaît.

S’asseoir… ? Ah… Heu. Oui. Riza répondit faiblement à son bonjour, la remerciant avant de s’asseoir dans le siège indiqué par l’infirmière tandis qu’elle s’installait en face, à son bureau, prenant un dossier – sûrement le sien. Elle lui ressemblait tellement… Ses traits, quoi que vieillis, lui rappelaient ceux de sa mère. Elle devait avoir quarante ou cinquante ans, ou quelque chose comme cela, ce qui correspondait à l’âge de sa mère. Si elle avait été vivante. Et justement, elle ne l’était pas. Elle était morte depuis ses quatre ans, c’était impossible, tout simplement impossible ! Sauf si on lui avait menti ? Mais non, Riza devait être rationnelle, c’était stupide, sa mère était morte ! Cette femme lui ressemblait pourtant tellement… Elle avait le même air, les mêmes mimiques, les mêmes… Mais non, stop. Stop, stop, stop.

Mme Park – Mustang est votre nom de mariage, n’est-ce pas ? Il me faut votre nom de jeune fille, votre date de naissance, lieu de résidence, métier exact et composition de votre foyer. Il s’agit de votre première grossesse ? Jamais eu de fausses couches auparavant ?

Riza – Mon nom... Mon nom de jeune fille est Hawkeye, Riza Hawkeye. Je suis née le 15 avril 1894 dans la région de l'Est. Je vis avec Roy Mustang ici-même, à Central et nous sommes seuls dans l'appartement. Je suis... Lieutenant et sniper à l'armée et il s'agit de ma première grossesse.

Riza essayait de se reprendre, vraiment, mais elle avait l’impression d’avoir un fantôme devant elle. Des images de sa mère refaisaient surface, s’imposant face au reste, lui rendant incroyablement difficile la tâche de répondre aux questions posées par madame Park. Elle devait se concentrer, même pour donner sa date de naissance, mal à l’aise, choquée, son ton se faisant très hésitant – ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Elle était la seule à la voir… ? L’infirmière était bien là, en face d’elle, à inscrire toutes ces informations ? N’était-elle pas en train de rêver ? Ou de faire un cauchemar, de faire un lien entre sa grossesse, le fait de devenir mère, et sa propre mère disparue bien trop tôt ? Madame Park la rappela à la réalité en lui posant des questions plus précises sur son état de santé en général, puis sur les antécédents de santé de Roy et d’elle-même, inscrivant ses réponses au fur et à mesure de celles de Riza. Elle allait très bien, ne tombant jamais malade, aucun des deux, d’ailleurs. Ces questions, au moins, lui permettaient de reprendre un peu contenance, même si c’était loin d’être facile. Cette femme lui évoquait un fantôme et, la voir, là, en face d’elle…

Mme Park – Des maladies dans la famille de votre époux ou dans la vôtre ?

Riza – Ma... Ma mère et mon père sont morts de maladie quand j'étais très jeune. Les parents de mon époux sont morts dans un accident donc nous n'en savons pas plus.

Cette femme ne réagissait pas, continuant de poser ses questions comme si c’était naturel, comme s’il ne se passait rien. Riza devenait dingue, elle voyait des fantômes, cette femme ne ressemblait peut-être pas du tout à sa mère et elle hallucinait. Blême, elle jouait avec son alliance nerveusement, prise de nausées qu’elle tentait d’ignorer. Elle prenait de discrètes inspirations pour se reprendre vraiment et ignorer la présence de ce fantôme, pour tenter de lui faire reprendre son « visage normal ». Tout allait bien, voilà, on se calme, cette femme n’était qu’une infirmière, personne d’autre, tout va bien, parfaitement bien. Essayant de se concentrer sur les autres questions, Riza constata que madame Park s’était levée et se retrouvait, maintenant, à ses côtés. Elle lui demanda de se coucher au sol, demande surprenante mais la jeune femme s’exécuta, un peu perdue et trop dans le brouillard pour s’opposer. Ce n’est que lorsqu’elle sentit que ses jambes étaient surélevées qu’elle comprit que l’infirmière voulait éviter l’évanouissement. Mais elle allait très bien !

Cependant, Riza ne put que le marmonner, ajoutant que ce n’était pas la peine. Tout allait bien, c’était une petite baisse de tension, rien de très grave, elle allait très bien, parfaitement bien. Elle voulut se relever mais sentit la main de l’infirmière sur son épaule qui l’empêchait de faire quoi que ce soit, une voix lointaine lui disant qu’elle devait attendre un moment. Elle apercevait difficilement son visage, prise de coups de chaleur, voyant un peu flou avec une sorte de voile lui barrant un peu la vue. Tout allait bien, il fallait seulement que… qu’elle s’en remette, c’est tout. C’était impossible, ce qu’elle voyait était insensé, en totale opposition avec ce qu’elle avait l’habitude de côtoyer tous les jours. Riza avait déjà tué bon nombre de personnes, la plupart innocentes, alors pourquoi ne voyait-elle que sa mère en tant que fantôme ? Mais non, stop ! Ce n’était pas un fantôme ! Passant un bras en travers de son visage pour se couvrir les yeux, Riza respira profondément, parvenant à retrouver un peu de calme sans voir l’infirmière. Ce n’était qu’un mauvais rêve, voilà tout. Rien de plus.

Mme Park – Les maladies familiales ne sont pas forcément transmises de génération en génération, madame Mustang. La preuve, vous-même vous portez bien, si on met à l’écart ce petit malaise. Si vous et votre époux êtes tous les deux en bonne santé, votre enfant devra bien se porter lui aussi.

Q… Pardon ? De quoi parlait-elle ? Oh… Ah. Elle pensait que Riza avait peur du facteur génétique, c’est cela ? Mais non, rien à voir, ce qu’elle murmura en faisant non de la tête avant de s’excuser et de bouger pour se relever. Assez flemmardé, elle devait se relever, tout allait bien. Elle n’allait pas rester au sol tout le rendez-vous ! Ce qu’elle se retint de dire à grande peine, préférant ne pas aggraver la situation en montrant qu’elle « travaillait trop » ou « négligeait sa santé pour le travail » comme le lui avaient déjà dit quelques-uns de ses amis, sans oublier Roy. Heureusement, elle n’eut pas à ajouter quoi que ce soit, l’infirmière finissant par l’aider à se relever pour la faire asseoir dans un fauteuil près de la fenêtre.

Riza porta la main à son visage tout en fermant les yeux, essayant de se reprendre un peu mieux. L’air lui faisait du bien, au moins. Elle prit automatiquement le verre d’eau – sucrée, d’après le goût – que madame Park lui donna ainsi que le morceau de sucre, se laissant faire lorsqu’elle lui prit sa tension. Elle était bien, aucun problème, c’était juste un… choc. Il fallait qu’elle respire, ça allait passer, tout allait bien. Un peu d’air, c’est tout. C’était une hallucination, elle allait partir d’elle-même. Peut-être fallait-il qu’elle relâche un peu la pression, après tout. Mais non, les hallucinations pouvaient être provoquées par plein de facteurs différents. Peut-être à cause de la grossesse, ou de l’inquiétude pour le bébé, ou du changement de région, ou de l’inquiétude à cause du comportement étrange de Roy, ou de… Riza fut coupée dans son élan d’hypothèses par l’exclamation soudaine de madame Park qui l’auscultait, rouvrant les yeux avec un air perdu. Il y avait un problème ?

Mme Park – Et bien, marmonna-t-elle. Vous ne vous êtes pas loupée, à la guerre.

Riza – Ce sont les risques du métier... On y est habitués, surtout à la guerre.

Riza essaya de sourire, maudissant mentalement sa cicatrice et ce tatouage qu’elle avait momentanément oublié. Elle tira un peu sur son chemisier pour tout cacher, consciente que l’infirmière n’avait pas cru un seul mot de ce que sa patiente venait de lui dire. Un silence s’installa, durant lequel Riza termina le sucre que lui avait donné madame Park, plus mal à l’aise que jamais. Pourquoi l’était-elle, d’ailleurs ? Elle n’avait aucun compte à rendre à cette femme qu’elle ne connaissait pas. Qu’elle soit blessée de cette manière ne regardait qu’elle, elle et personne d’autre. Son supérieur avait accepté de le faire, cette histoire restait entre eux et personne, même dans leur équipe, n’était au courant de ce qui s’était passé. Cette femme la mettait mal à l’aise, sa ressemblance, ce qu’elle pensait… Si Riza n’en avait que faire habituellement, ici, ce n’était pas le cas. Elle évitait de la regarder, ou même d’écouter ce qu’elle faisait, son regard se concentrant sur le verre vide qu’elle tenait. Cependant, au bout d’un moment, le silence devint insoutenable et elle se sentit obligée de le rompre.

Riza – Est-ce que vous... Vous avez d'autres questions ou c'est fini ? demanda-t-elle d’un ton hésitant.

Mme Park – J’en ai beaucoup, dit-elle d’un ton pincé. Le tatouage sur votre dos ne vient pas de la guerre. J’ai déjà brièvement vu ce genre de signes, il y a très longtemps, une bonne trentaine d’années. Ce n’est pas innocent, il y a des sujets qui mènent des personnes, à la base sages et honnêtes, vers la folie, l’arrogance et le déclin, autant physique que mental. Et vous portez ça sur le dos.

… Elle n’avait pas le droit. Elle ne pouvait pas l’interroger ou lui faire la moindre remarque sur ce tatouage. Il appartenait au passé, il ne faisait plus partie de sa vie. Si Riza avait demandé à Roy de lui brûler une partie du dos, c’était pour s’en débarrasser. Elle-même aurait préféré s’en débarrasser entièrement mais la douleur aurait été insurmontable, il avait accepté seulement pour une partie, rendant le déchiffrage impossible. Et ces questions, ces remarques… Riza resserra sa main sur le verre qu’elle tenait, droite, un air fermé reprenant le dessus tandis qu’elle relevait la tête pour regarder son interlocutrice. Si ce tatouage la dérangeait, ce n’était pas un problème, trouver une autre infirmière était tout à fait possible et compréhensible, le lieutenant n’allait pas faire une scène pour cela.

Riza – Et il y a des sujets qui doivent rester enfouis là où certaines personnes ont voulu les enfouir. Si ce tatouage vous dérange, je ne peux rien y faire mais je peux demander à être suivie par quelqu'un d'autre pour ne pas vous incommoder.

Mme Park – Celui qui m’incommode, c’est l’homme qui a gravé ça sur votre dos, répliqua Nishi sans la regarder. Bien… Vous allez devoir passer certains examens complémentaires. Vous n’avez pas de soucis cardiaques, selon votre dossier, en revanche, il faut s’assurer que vous n’êtes pas sujette à développer l’amida, une maladie du sang.

Riza déposa son verre sur le bureau et se recomposa son visage habituel, celui qu’elle affichait lorsqu’elle était au Quartier Général, celui qu’il fallait adopter en tant que soldat. Neutre, à l’écoute des ordres, sérieuse et concentrée. Elle répondit « Très bien. » sans rien ajouter d’autre, attendant que l’infirmière termine ce qu’elle était en train de faire. Revenue derrière son bureau, elle écrivait, professionnelle, ne laissant apparaître aucune pensée en lien avec ce qu’elle venait de voir. Même si Riza savait qu’elle y pensait étant donné sa réaction en découvrant son tatouage… C’était, pourtant, de l’histoire ancienne. Une blessure qui faisait partie de son passé, une blessure infligée par Roy sur sa demande. Quelle importance, l’auteur de ce tatouage ? Il était mort depuis des années et le lieutenant se sentait, aujourd’hui, plus étrangère que jamais à cette « famille » qu’il lui avait donnée. Quelle importance, oui ? Le passé reste où il est, point. Madame Park soupira tout à coup, se frottant ensuite le visage d’une main sous le regard interrogateur de Riza. Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qui se passait, pourquoi ce soupir soudain, pourquoi cette réaction alors qu’elle avait parlé d’une maladie du sang, pourquoi…

Mme Park – Vous êtes la fille de Berthold et Emily Hawkeye ?

… Comment savait-elle ça ? Riza blêmit, entrouvrant la bouche pendant qu’elle cherchait ses mots, incapable de parler. Ce n’était pas une coïncidence, cette ressemblance avec sa mère, elle n’avait pas rêvé, il y avait bel et bien un problème, quelque chose, l’hypothèse du fantôme à présent écartée. Est-ce que cette femme était… Mais non. Morte, décédée depuis des années. Riza n’avait plus aucune famille en dehors de son grand-père, et de Roy aujourd’hui, alors non. Cette hypothèse non plus ne valait pas un sou. Ce n’était pas logique, il y avait quelque chose… Sentant qu’elle tremblait un peu, la jeune femme se fit violence pour réagir et reprendre contenance, ne pas rester muette. Ses mains, crispées sur ses bras croisés, lui donnaient l’impression de réagir toutes seules, indépendamment de sa volonté, comme si elle ne pourrait plus jamais les bouger.

Riza – Co... Comment vous le savez ?

Mme Park – Je ne le savais pas, je voulais juste la confirmation d’un doute. Emily était ma… Elle était ma petite sœur.



Cette fille était… Mais elle… C’était… Non. Non, c’était impossible. Non, jamais Riza n’avait entendu parler d’une tante ! Toute sa famille était morte, son père comme sa mère, elle avait été seule durant des années avec, comme seul appui, Roy Mustang, alias l’apprenti de son père. C’était impossible, cette femme se moquait d’elle, elle lui faisait une farce, une blague de très mauvais goût. Elle la connaissait et la détestait pour une raison que Riza ignorait encore pour l’instant, elle voulait se venger de quelque chose. Peut-être la jeune femme lui avait-elle piqué sa place quelque part, peut-être avait-elle pris le seul poste disponible à l’armée à l’époque, peut-être avait-elle… Mais elle n’en savait rien !  C’était illogique, impossible. D’où Riza pouvait-elle avoir une tante ? Elle s’en serait rappelé, obligatoirement, on n’oublie pas un membre de sa famille aussi facilement.

Et si cette femme était sa tante, si elle acceptait éventuellement cette hypothèse, qui impliquerait qu’elle ne rêvait pas, qu’elle n’avait pas un fantôme en face d’elle, qui justifierait cette ressemblance ahurissante avec sa mère… Si, donc, Riza acceptait cette hypothèse… Où était passée sa tante durant toutes ces années ? Pourquoi l’avoir laissée avec son père ? Pourquoi l’avoir laissé lui faire ce tatouage dont, visiblement, elle connaissait l’existence ou au moins les prémisses ? Pourquoi ?! Où était-elle, durant la guerre ? Que faisait-elle, pourquoi n’avoir jamais donné de nouvelles ? Pourquoi ne pas avoir réagi, pourquoi ne pas avoir repris contact ? Riza était dans les journaux récents, elle apparaissait constamment à côté du Colonel, elle n’était pas invisible !

Ce point la faisait bondir, elle détestait être mise en avant de la sorte, mais, pour une fois, cela aurait pu l’aider. Elle s’était engagée dans l’armée, elle avait dû abattre des innocents à Ishbal, elle avait fait des choses… des choses qui resteraient gravées dans sa mémoire à jamais. Et, là, sa tante se pointe en disant simplement « Hello, c’est moi, bonjour ! » ? Riza peinait à l’accepter, elle ne parvenait pas à l’intégrer, c’était hors de sa portée, hors de toute acception mentale, impossible. Pourtant, si ce n’était pas une blague… Elle finit par souffler que son interlocutrice se moquait d’elle, incapable de dire autre chose, de parler plus fort tant l’ahurissement et la colère se disputaient en elle, lui serrant la gorge comme un étau.

Riza – Si ce n'est pas une blague et que vous êtes vraiment... C'est impossible. J'ai été toute seule lorsque mon père est mort, je n'ai reçu aucune aide à part celle de son apprenti, Roy Mustang, il a été le seul à me tendre la main ! Si vous êtes réellement celle que vous prétendez être, où étiez-vous durant toutes ces années ? Pourquoi n'avez-vous pas réagi en me sachant avec mon père, que vous n'appréciiez pas vu votre réaction face à mon tatouage, pourquoi m'avoir laissée avec lui en sachant l'homme qu'il était ? J'ai été dans les derniers journaux, et bien plus encore, depuis des semaines comme je suis l'assistante du « Colonel de Flammes », vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez rien !

A mesure qu’elle parlait, Riza sentait les larmes lui monter aux yeux sans couler sur ses joues, ses muscles se crisper, se tendre, le volume de sa voix augmentant petit à petit. Tant et si bien, qu’à la fin, elle avait fini par crier ses accusations, se moquant d’être dans un hôpital, se moquant de voir des membres du personnel débarquer dans le bureau en cherchant à comprendre ce qu’il se passait, se moquant de tout ce qu’il y avait en dehors de ces quatre murs. Cette femme était sa tante, la sœur de sa mère et elle n’avait rien fait. Rien dit, rien tenté pour la préserver, absolument rien. Elle savait que Riza était entre de mauvaises mains, elle aurait pu la tirer de là dès le début, dès la mort de sa sœur, mais non. Elle n’avait absolument rien fait. Et Madame Park restait impassible, comme si ces paroles ne lui faisaient rien, comme si elle se fichait éperdument de tout ce que le lieutenant lui disait. Ce qui ne l’aidait pas à se calmer, loin de là.

Mme Park – De un, madame Mustang, Berthold Hawkeye n’était pas homme à admettre qu’on remette en doute ses décisions et je n’étais guère la bienvenue chez lui, ni moi, ni mon époux, ni notre fils. De deux, je n’ai su que récemment que lui aussi était mort, en entendant par hasard deux alchimistes parler de lui et d’un de ses traités. De trois, je ne lis que peu les journaux et je n’aurai de toute façon pas pu reconnaître en vous l’enfant que j’ai vu pour la dernière fois, âgée de quatre ans, même en connaissant votre nom de famille. Hawkeye est un nom répandu dans l’Est et le Sud. De quatre, enfin, je ne m’attache pas au passé. Notre père pouvait aussi veiller sur vous. J’espère simplement que ce n’est pas pour suivre son exemple que vous êtes entrée dans l’armée.

Riza – Je ne vois pas quel serait le problème, même si je l'avais fait, dit-elle après un court silence, le visage méfiant, distante. Vous ne vous attachez pas au passé, non ? Donc cela n'a aucune raison de vous préoccuper. Je n'ai fait que suivre ce que je pensais, ce que me dictait mon cœur et ma raison.

Riza essayait de se calmer mais ne pouvait dissimuler, dans son ton, de la rancœur et de la colère. Son éducation lui permettait de se reprendre rapidement, le monologue de son interlocutrice lui laissant le temps nécessaire de pour se calmer un minimum, mais elle bouillait intérieurement. Ces explications étaient insuffisantes, à son sens, cela ne justifiait aucunement l’abandon d’une enfant de quatre ans à un père qui n’avait rien fait pour l’aider à s’épanouir, à se débrouiller, à vivre. Enfin… Si, elle avait appris à se débrouiller par la force des choses. Mais ce tatouage. Ce tatouage qu’il avait pris des heures à graver dans sa peau alors qu’elle n’avait même pas vingt ans, ce tatouage qui l’avait fait souffrir sans qu’elle n’ose dire quoi que ce soit. Et c’était maintenant que sa « tante » s’en préoccupait ? Plutôt facile, comme réaction. Ses justifications, ses explications, ne lui suffisaient pas.

Mme Park – Je n’en préoccupe pas, l’armée reste une voie plus saine que l’étude de l’alchimie, répondit-elle d’un ton plus las. Ce sont vos choix et je ne suis pas là pour vous dire ce que vous devez faire. Je n’avais rien de concret, il y a des années, pour que vous ne viviez plus avec votre père, il ne vous maltraitait pas et l’indifférence ne suffit pas pour retirer la garde d’un enfant. Notre père pensait que cela allait s’arranger avec le temps et il avait raison, en un sens, vous vous êtes écartée de tout ça. Dans la douleur, si j’en juge par l’étendue de la brûlure dans votre dos. Un argument convaincant, il faut l’admettre, pour convaincre votre mari de vous brûler volontairement.

… Cette dernière phrase coupa court toute vague de colère chez Riza, une chape de plomb lui tombant dans l’estomac. Elle détourna le regard et la tête, fixant son attention sur un coin du bureau de madame Park. Elle ne voulait même pas savoir comment son interlocutrice avait fait les liens, sa gorge se serrant à nouveau tandis qu’elle revivait la scène. Elle ne savait plus quoi penser. Perdue, Riza pinçait ses lèvres, immobile, l’air fermé et ailleurs, son dos lui brûlant comme pour lui rappeler son existence et son origine. Si, elle savait ce qu’elle ressentait, ce qu’elle pensait. Elle en voulait à cette femme qu’elle ne connaissait, pourtant, que depuis une heure, si pas moins – toute notion du temps s’étant envolée depuis le début de ce rendez-vous. Cette femme qui avait eu la possibilité de la tirer des mains de son père, qui aurait pu le faire, qui ne croyait pas son propre père qui affirmait que les choses allaient s’arranger. Elle aurait pu mais n’avait rien fait. Non, pendant toutes ces années, elle avait vieilli dans un contexte paisible, loin des guerres, protégée.

Mme Park – Vous pouvez oublier ces obscures histoires de famille, vous n’avez pas à vous en soucier si vous ne le voulez pas, après tout. A présent, il faut que je vous examine plus sérieusement. Enlevez votre chemise, je vous prie, et asseyez-vous sur le brancard.

Oublier ces histoires de famille… Comme si c’était aussi facile. Riza venait de découvrir qu’elle avait une tante. Que sa seule famille n’était plus son grand-père, non, mais son grand-père et la sœur de sa mère. Elle avait une tante, une vraie tante, infirmière à Central depuis des années. Et elle l’avait ignoré. Elle l’avait ignoré et avait été ignorée. Ignoré simplement parce que son père le lui avait caché, parce qu’elle ne s’en rappelait plus après toutes ces années, parce que sa mémoire l’avait tout simplement effacée comme elle était partie aussi jeune. Les années de vie avec son père, la douleur, les recherches et la vie en solitaire avaient surplombé tout le reste. Riza lança un regard à l’infirmière, qu’elle constata plus triste – ou peut-être était-ce, encore ici, son imagination ? – avant de s’exécuter et d’aller s’asseoir sur le brancard tout en commençant à déboutonner son chemisier.

Lui jetant un nouveau regard, la jeune femme réalisa qu’elle n’avait pas rêvé. Le visage de son interlocutrice était, effectivement, plus triste. Peut-être avait-elle était trop dure… Mais elle l’avait ignorée ! Elle savait qu’il y avait une petite fille, dans l’Est, orpheline de mère et restée avec un père qui l’ignorait presque aussi, et n’avait pas bougé le petit doigt ! Mais… Et si elle n’avait pas pu ? Si ce qu’elle venait de lui dire était vrai ? Si les lois l’empêchaient d’agir, de faire quoi que ce soit, de retirer la garde de l’enfant à son père ? Riza essayait de se calmer, de réfléchir, de ne plus penser avec ses émotions. Mais c’était incroyablement difficile, surtout en ce moment. Pourtant, elle se sentait obligée de dire quelque chose, au moins pour la formalité, pour ne pas se disputer avec la seule famille qu’il lui restait en plus de son grand-père.

Riza voulait essayer de s’excuser, dire qu’elle était tout de même contente de se découvrir une tante après toutes ces années, dire qu’il lui fallait du temps mais que ça allait passer. Mais aucun son ne parvint à sortir, son regard ne cessant de détailler sa… tante. Elle ressemblait tellement à sa mère que c’en était perturbant, elle avait eu l’impression de revoir un fantôme. La séparation avec sa mère avait été difficile, douloureuse, comment aurait-elle pu réagir autrement en voyant, ici, alors qu’elle venait pour un simple rendez-vous médical, sa réplique presque parfaite ? Sa sœur… Madame Park commençait à l’examiner, Riza ayant, à présent, ôté son chemisier malgré sa réticence à cause de son tatouage. Elle n’en avait vu qu’un bout, tout lui montrer était… Mais soit, tant pis. Par chance – ou pas –, quelqu’un frappa à la porte. Immédiatement, par réflexe, la sniper se couvrit de son chemisier tout juste retiré avant de découvrir… Hein ? Roy ?! L’infirmière lui lança un long regard, semblant avoir compris de qui il s’agissait.

Mme Park – Z'êtes le père ? Asseyez-vous. Vous êtes blessé ? Vous avez une sale mine.

Il entra, disant bonjour, avec, ensuite, un léger temps d’arrêt lorsqu’il vit l’infirmière avant de dire « Non merci, je vais très bien, moi. ». « Moi »… Riza grimaça légèrement, évitant son regard et se mordant les lèvres. Il n’avait pas reconnu madame Park, il ne savait pas qui elle était. Avait-il seulement déjà vu sa mère ? Pas sûr… Elle était morte bien avant qu’elle ne le rencontre, même s’ils s’étaient connus très jeunes. Peut-être un ou deux ans après, d’accord, mais il ne l’avait jamais vue. Et ne devait pas faire le lien avec les quelques photographies restées dans la maison. De toute manière, il ne les avait pas beaucoup vues, passant le plus clair de son temps avec son maître qui ne conservait pas des masses de photos de sa femme. Alors, comment aurait-il pu la reconnaître… ? C’était impossible. Et, peut-être, n’était-ce pas plus mal. Riza devinait sans mal la raison de cette irruption dans le bureau, Roy l’avait entendue crier et les seules phrases qu’il avait perçues ne devaient pas le rassurer…

L’infirmière poussa un soupir, comme si elle n’était pas d’accord avec la réponse du Colonel, et se dirigea jusqu’à lui pour le tirer par le bras avant de le faire asseoir sur le brancard à côté de Riza. Elle-même évitait franchement le regard de son époux, se couvrant avec son chemisier, soudain mal à l’aise. Elle allait bien, ce n’était qu’une engueulade, rien de plus. Une engueulade qui lui laissait un goût amer, une engueulade qui laisserait des traces, mais une simple engueulade tout de même. Enfilant son haut en s’écartant un peu pour laisser de la place à madame Park, la jeune militaire resta silencieuse pendant que Roy se faisait examiner. Tout y passait : yeux, bouche, même la tension. Elle demanda à son patient du moment de retirer sa veste, ce qu’il fit malgré ses protestations du tout début, puis elle mesura sa tension tandis que Riza se faisait la plus petite possible. Patientant, toujours assise, elle avait l’impression d’être une enfant prise en flagrant délit, impression renforcée avec le fait de se faire suivre pour la grossesse par sa tante. Sa tante… Ne pouvant s’en empêcher, la future mère lui lançait de brefs regards, parfois, se retenant de se pincer pour voir si elle n’était pas en train de rêver. Sa tante. Elle avait une tante… De la famille, ici, à Central…

Mme Park – Vous êtes gradé ? Donc vous êtes censé savoir que vous devez faire attention à votre santé, n'est-ce pas ? Votre tension est beaucoup trop élevée. Entre une mère qui s'évanouit facilement et un père qui ne prend pas soin de lui, le suivi de cette grossesse s'annonce compliqué.

Non mais… Mais elle n’avait pas besoin de le lui dire ! Roy n’avait pas besoin de savoir qu’elle s’était évanouie ! Et puis, désolée, mais c’était de circonstance, elle croyait avoir vu le fantôme de sa mère ! Riza se ratatina sur le brancard, évitant franchement le regard de son coéquipier cette fois-ci, préférant ne pas se trahir aussi bêtement. Il allait vouloir savoir ce qui s’était passé, pourquoi elle s’était évanouie, elle qui était solide en temps normal. Il savait qu’elle était tout de même forte, même si elle était enceinte. Et puis, elle ne s’était pas évanouie, en plus, elle avait juste fait un léger malaise. L’infirmière dramatisait tout, ce n’était pas grand-chose et elle allait beaucoup mieux, maintenant.

Roy – Merci, je sais, mais ce n'est pas moi qui porte cet enfant et je n'ai pas besoin de voir un docteur non plus, souciez-vous plutôt de Riza.

Elle allait très bien ! Riza s’apprêtait à le rétorquer, ayant relevé la tête pour se défendre, mais madame Park la devança en annonçant à Roy qu’elle l’envoyait chez un médecin. Au moins, elle-même gagnait un peu de temps et ne devrait pas lui donner d’explication avant un moment, elle serait tranquille et aurait repris des couleurs d’ici son retour. Normalement. N’est-ce pas ? Mais oui, ce n’était qu’un tout petit malaise de rien du tout, elle était en très bonne santé et tout allait très bien. Enfin… Encore fallait-il que son cher époux accepte d’aller voir le médecin.

Roy – Je n’ai pas besoin de voir un docteur pour une tension un peu élevée.

Mme Park – Monsieur.... Lorsqu'on s'apprête à devenir parent, il n'y a pas que l'état de la mère dont il faut se soucier et vous faites de l'hypertension. Comment pensez-vous vous occuper sereinement de votre épouse si vous êtes épuisé ? J'ajoute à cela que les officiers supérieurs dans l'armée, dont vous faites partie, sont tenus de se faire suivre médicalement et qu'un refus de votre part peut vous valoir des ennuis avec les généraux de Central. Même si le général en charge de l'Est était plus conciliant sur le sujet, la hiérarchie n'est pas à prendre à la légère à Central.

… Ça, c’est fait. Mais cela n’allait pas suffire, Riza connaissait Roy et il n’allait certainement pas se laisser faire aussi facilement. A moins que ses doutes concernant sa convocation avec Bradley se confirment… A moins qu’il n’y ait eu plus qu’une simple discussion, qu’il y ait eu des menaces ou quelque chose dans ce genre-là. Et Roy accepta… Il grimaça avant de marmonner que c’était bon, qu’il allait chez son collègue, ce qui laissa la jeune femme complètement choquée et interdite alors qu’il sortait du bureau. Elle fixa la porte un moment, se jurant de lui parler après et d’avoir des réponses. Pour qu’il soit terrifié et sage comme cela, Bradley avait forcément dû lui parler, le menacer. Menacer pourquoi ? Pas pour sa vie, lui s’en fichait complètement. Pour le peuple d’Amestris ? Son équipe ? Qu’avait-il dit ? Restant sur cette pensée, Riza s’excusa et ôta à nouveau son chemisier, comprenant que c’était de nouveau à elle d’être examinée en voyant l’air de l’infirmière. Elle hésitait toujours sur l’attitude à adopter, sur ce qu’elle devait dire ou faire, comment se tenir, et tout le reste. Encore plus, maintenant qu’elle avait été interrompue par Roy… C’était ridicule.

Riza – Désolée pour sa réaction, dit-elle enfin. Il a dû m’entendre crier et je… Désolée. Vous voulez que je me mette… autrement ?


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MessageSujet: Re: Service pédiatrie   Mar 17 Jan 2017 - 14:04

PNJ Nishi Park

Même si la situation était assez bizarre et perturbante, Nishi tenait néanmoins à ne perdre le fil, c’était avant tout une rencontre professionnelle, dans le service pédiatrie, afin de préparer une future naissance. Le bien-être du bébé, celui de la mère et le suivi de grossesse passaient en priorité, bien avant les histoires de famille ou autres querelles du même genre, des disputes qui n’avaient ni place ni temps dans un hôpital. Après avoir réchauffé ses mains, elle poursuivit donc son examen comme si de rien n’était, chassant de son esprit tout ce qui n’était pas en rapport avec le santé de l’enfant ou de ses parents. Sa patiente avait fait glisser sa chemise de ses épaules, Nishi commença par lui palper le cou afin de détecter d’éventuelles anomalies, des kystes ou ce genre de chose. Ces derniers apparaissaient très fréquemment pendant et après la grossesse, bien qu’ils n’aient rien de graves, il valait mieux savoir s’il y existait ou non. Et dans le as présent, non, ou du moins, pas encore. Quelques instants plus tard, on frappa à la porte et sa patiente remit son chemisier si vite que Nishi eut un temps d’arrêt, assez surprise. Joli réflexe. Tournant la tête vers le nouveau venu, elle le reconnut pour avoir vu sa tête plus d’une fois dans le journal. Il avait vraiment une sale tête, elle ne serait pas surprise de le voir s‘écrouler comme sa femme, toute à l’heure.

Nishi – Z'êtes le père ? Asseyez-vous. Vous êtes blessé ? Vous avez une sale mine.

C’était sans doute habituel, chez les soldats officiers, de ne pas prendre soin de soit. Il lui répondit un « bonjour » peu enthousiaste puis ajouta dans la foulée que lui allait très bien. C’est cela, oui, c’est cela, ils disaient tous ça avant qu’on ne doive appeler un brancard et les ramasser par terre. Nishi soupira un peu, préférant ne pas souligner ça pour le moment, puis alla le chercher elle-même, le tirant par le bras pour venir le faire asseoir à côté de sa femme. Voyons voir… Elle commença par lui faire ouvrir en grand les yeux, tour à tour, puis mit une petite lumière pour bien regarder, regardant ensuite sa gorge, toujours avec son petit faisceau lumineux. Une fois fait, elle alla chercher un tensiomètre puis passa le brassard autour du bras du futur père après lui avoir fait ôter sa veste d’uniforme. Humph… Il y en avait dans ce monde qui ne parvenaient pas à réaliser que lorsqu’on leur disait de ne pas jouer avec leur santé, c’est qu’il y avait une excellente raison. On peut jouer avec son argent mais jamais avec sa vie.

Nishi – Vous êtes gradé ? Donc vous êtes censé savoir que vous devez faire attention à votre santé, n'est-ce pas ? Votre tension est beaucoup trop élevée. Entre une mère qui s'évanouit facilement et un père qui ne prend pas soin de lui, le suivi de cette grossesse s'annonce compliqué.

Monsieur Mustang – Merci, je sais, mais ce n'est pas moi qui porte cet enfant et je n'ai pas besoin de voir un docteur non plus, souciez-vous plutôt de Riza.

En attendant, lui aussi ferait mieux d’aller voir un médecin, ce que Nishi lui rétorqua tout en lui enlevant le brassard et en reposant le tensiomètre dans le petit chariot où reposait le reste de son matériel, des produits antiseptiques et de gants stériles. Un de ses collègues pourra le prendre en charge dès ce matin, pour un examen plus complet de son état de santé général et vérifier s’il avait besoin ou non de médicaments pour sa tension ou si ce problème pouvait s’arranger simplement en changeant son hygiène de vie. Peut-être en lui prescrivant simplement un peu de repos, durant quelques jours. Le tout était qu’il ne rouvre pas d’autres blessures plus graves à cause du stress ou ce genre de chose.

Monsieur Mustang – Je n’ai pas besoin de voir un docteur pour une tension un peu élevée.

Nishi – Monsieur.... Lorsqu'on s'apprête à devenir parent, il n'y a pas que l'état de la mère dont il faut se soucier et vous faites de l'hypertension. Comment pensez-vous vous occuper sereinement de votre épouse si vous êtes épuisé ? J'ajoute à cela que les officiers supérieurs dans l'armée, dont vous faites partie, sont tenus de se faire suivre médicalement et qu'un refus de votre part peut vous valoir des ennuis avec les généraux de Central. Même si le général en charge de l'Est était plus conciliant sur le sujet, la hiérarchie n'est pas à prendre à la légère à Central.

Le jeune homme marmonna que c’était bon et qu’il y allait, moins têtu que ce que la jeune femme aurait songé. Très bien. Elle fila rapidement écrire une note pour son collègue puis la donna au soldat, lui indiquant la direction à prendre pour trouver le bureau du médecin. Une fois qu’il fut sorti, elle revint vers sa patiente, qui ôta à nouveau son chemisier en s’excusant. Reprenons. Nishi continua à lui examiner la gorge, ne trouvant effectivement aucun souci à ce niveau-là. Nishi lui demanda d’ôter son soutien-gorge également puis alla, cette fois, fermer la porte à clé pour éviter une interruption intempestive alors que sa patiente était torse nue. Enfilant de nouveau gants, elle commença par vérifier qu’il n’y avait pas de cicatrice visible, de boutons ou éventuellement des escarres ou même des varices. Cela arrivait fréquemment que la poitrine soit marquée lors de la grossesse, la montée de lait n’est pas très agréable. Il suffisait parfois d’avoir la peau assez sensible pour avoir des petits soucis.

Madame Mustang – Désolée pour sa réaction, dit-elle enfin. Il a dû m’entendre crier et je… Désolée. Vous voulez que je me mette… autrement ?

Nishi – Non, pas pour le moment.

Ton de nouveau très neutre, très professionnel, visage ayant retrouvé un air coutumier qui n’exprimait rien. Nishi n’avait jamais été très expressive ou souriante. Sans être froide, elle restait assez distante et il en fallait beaucoup pour contourner sa carapace et savoir ce qu’elle pensait, ressentait, accéder à cette part de tendresse qu’elle n’offrait qu’à certaines personnes bien choisies. Nishi dit à sa patiente qu’elle pouvait remettre son soutien-gorge et sa chemise, enlevant ses gants et les jetant à la poubelle non loin. Très bien. Elle lui prit sa tension à elle aussi, puis lui dit se mettre debout.

Nishi – Montez sur la balance. Je vais prendre votre tour de taille et tour de poitrine. Au cours de ce mois-ci, vous allez avoir de plus grosses montées de lait, vous pourrez prendre des médicaments pour les stopper si vous ne désirez pas allaiter. De toute manière, il faut garder en tête que vous ne pourrez pas forcément le faire, comme vous êtes plutôt plate de base et que vous n’avez pas tant de lait que ça. Si vous voulez allaiter tout de même, il faudra sans doute compléter avec des biberons. La plupart des femmes choisissent cela pour à la fis créer ce lien avec leur bébé et permettre au père de le nourrir aussi. Tenez-vous bien droite et écartez les bras.

L’infirmière tira un mètre de sa poche puis le lui passa autour du ventre, tout d’abord, puis autour de la poitrine, le remettant après à sa place initiale. Elle nota les mesures sur son bloc-notes, ainsi que le poids actuel de sa jeune patiente.

Nishi – Vous pensez accoucher chez vous ou à l’hôpital ? Par ailleurs, étant donné votre métier, il faudra penser tôt à vous retrancher dans un travail de bureau puis prendre ensuite un congé maternité, au milieu du huitième mois de grossesse, environ. Comment vous sentez-vous, lorsque vous pensez à l’accouchement ? Avez-vous déjà commencé à suivre des cours de respiration ?


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MessageSujet: Re: Service pédiatrie   Lun 30 Jan 2017 - 20:56

Mme Park – Non, pas pour le moment.

L’infirmière avait à nouveau un ton très neutre et professionnel, connaissant apparemment très bien son métier. Elle était rôdée et devait donc travailler dans ce domaine depuis des années… Depuis combien de temps vivait-elle à Central ? Sa mère vivait donc à Central aussi avant d’emménager dans l’Est ? Ou bien était-ce le contraire ? Riza n’arrivait même plus à se souvenir de détails aussi élémentaires que ceux-ci, ayant déjà oublié les informations supplémentaires apportées par la sœur de sa mère. Sa tante… Il y en avait trop, pour l’instant, elle se remémorerait sans doute la discussion plus tard, à froid, reposée. Madame Park lui dit, enfin, de remettre son soutien-gorge après avoir examiné ce qu’elle voulait examiner sans que Riza ne fasse un seul geste, jetant ses gants dans une poubelle tout près d’elles. Elle s’exécuta de manière automatique, toujours silencieuse, les liens se faisant doucement dans son esprit.

Elle savait que sa mère était une de ses faiblesses, ce qui ne posait pas trop de problèmes en temps normal, mais ici… Cette histoire lui était tombé dessus sans crier gare. Sa mère… Comment sa mère aurait-elle pu affecter son présent ? Elle était morte depuis plusieurs années, tout comme son père, et en dehors de l’incident chez sa belle-mère, il ne s’était plus rien passé. Il lui faudrait seulement quelques minutes pour se remettre. Heureusement, exécuter les ordres était devenu un automatisme chez Riza, ce qui lui permit de rester immobile le temps nécessaire à l’infirmière pour prendre sa tension avant de se mettre debout.

Mme Park – Montez sur la balance. Je vais prendre votre tour de taille et tour de poitrine. Au cours de ce mois-ci, vous allez avoir de plus grosses montées de lait, vous pourrez prendre des médicaments pour les stopper si vous ne désirez pas allaiter. De toute manière, il faut garder en tête que vous ne pourrez pas forcément le faire, comme vous êtes plutôt plate de base et que vous n’avez pas tant de lait que ça. Si vous voulez allaiter tout de même, il faudra sans doute compléter avec des biberons. La plupart des femmes choisissent cela pour à la fois créer ce lien avec leur bébé et permettre au père de le nourrir aussi. Tenez-vous bien droite et écartez les bras.

Heu… D’accord. C’était possible d’alterner les deux ? Quelle option était la meilleure ? Riza resta droite et écarta les bras, ne bougeant pas d’un millimètre pendant que madame Park prenne ses mesures et note les chiffres obtenus sur un bloc-notes. Elle réalisait, en se tenant sur cette balance, avec l’infirmière, qu’elle ne connaissait absolument rien à la grossesse ou aux soins à apporter à un nourrisson. Maes leur avait donné des conseils, évidemment, tout comme sa femme, mais jamais Riza n’aurait imaginé que certaines mères alternent entre allaitement et biberon pour… créer un lien avec l’enfant et permettre au père de faire la même chose. C’était logique, en soi. Enfin… Sûrement. Non ?

Mme Park – Vous pensez accoucher chez vous ou à l’hôpital ? Par ailleurs, étant donné votre métier, il faudra penser tôt à vous retrancher dans un travail de bureau puis prendre ensuite un congé maternité, au milieu du huitième mois de grossesse, environ. Comment vous sentez-vous, lorsque vous pensez à l’accouchement ? Avez-vous déjà commencé à suivre des cours de respiration ?

Riza – Pardon ? Des cours de respiration ?

Riza ne put s’empêcher d’afficher un air choqué et perplexe à la fois, se demandant si elle avait bien entendu la question de l’infirmière, baissant très légèrement les bras. Il fallait des… cours de respiration ? Mais à quoi servaient-ils ? Elle savait respirer, elle le faisait, là. Et la jeune femme, en tant que sniper, savait se détendre si nécessaire et respirer longuement et doucement pour éviter les faux mouvements lorsqu’elle restait dans la même position durant des heures. Alors, des cours de respiration… Ce n’était pas compliqué, de respirer ! Si ? Ou alors respirait-elle mal pour le bébé ? Ou… autre chose ? C’était sûrement autre chose, elle sentait qu’elle était complètement à côté de la plaque en regardant l’infirmière. Pardon… Riza n’avait pas vraiment eu le temps de penser à la grossesse, se préoccupant plus du travail pour le moment. Elle faisait des efforts ! Quant au repos, il était évident qu’elle en prendrait et qu’elle éviterait ses tâches habituelles au travail, Hughes avait bieeen insisté là-dessus avec sa femme et Roy… Se reconcentrant sur les autres questions de madame Park, Riza redressa les bras pour les maintenir bien droits, réalisant qu’elle les avait abaissés un peu, avant de lui répondre.

Riza – Je prendrai du repos, un de nos amis a déjà des enfants et m’a dit qu’il m’en faudrait au bout d’un certain moment, que je devrais éviter les tâches trop difficiles comme je suis sniper.

Pour le reste… Riza savait qu’elle voulait accoucher à l’hôpital, ne se sentant pas du tout prête pour un accouchement à domicile. Il suffisait qu’il y ait un problème chez eux et, hop, fini. Donc, non, mieux valait prévoir l’hôpital même s’ils bougeaient beaucoup avec leur métier et qu’ils avaient même déménagé de région très récemment. Enfin… Pour l’instant, ils seraient sans doute bloqués à Central comme certaines personnes voulaient les surveiller. Même si Roy n’avait pas expliqué grand-chose, il ne fallait pas être un génie pour comprendre cette soudaine mutation. Pour toute une équipe, qui plus est. Une promotion… L’emprisonnement, oui. Raaaah, stop ! La grossesse, le bébé, point. Les problèmes, après, le bébé, maintenant. Donc, heu, la dernière question. C’était quoi, déjà ? Ah, oui, comment elle se sentait vis-à-vis de l’accouchement. Bah, heu… Riza pouvait lui dire qu’elle n’y avait pas pensé ou l’infirmière risquait de désespérer ? Hésitant et cherchant ses mots, elle prit un moment avant de répondre, écartant loin, très loin, la réponse « je n’y ai pas pensé », toujours debout.

Riza – Je n’ai… pas peur pour l’accouchement, dit-elle après un moment. Je ne sais pas comment je me sens vraiment, c’est… nouveau, bien sûr, mais j’ai eu quelques retours d’anciennes femmes enceintes et ça m’a… un peu rassurée. Le travail occupe beaucoup mon esprit donc je ne m’inquiète pas, je pense surtout à « l’après » vu… nos métiers. Les blessures sont monnaie courante, pour nous.


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MessageSujet: Re: Service pédiatrie   Ven 24 Fév 2017 - 12:25

PNJ Nishi Park


Madame Mustang – Pardon ? Des cours de respiration ?

Nishi – Pour l’accouchement, oui.

Sa réaction laissait supposer que non… Nishi haussa légèrement un sourcil en voyant sa jeune patiente si perplexe, presque choquée, face à sa question. Jusqu’ici, l’infirmière pensait que toutes les femmes de cet âge étaient déjà au courant qu’apprendre à respirer d’une certaine façon pour résister à la douleur était une clé essentielle, un apprentissage logique, mais il fallait croire qu’elle s’était trompée. Mmh, peut-être faudra-t-il aussi l’envoyer chez un pédiatre pour qu’il puisse lui expliquer certains sujets et domaines, autant sur sa propre santé que sur celle du futur enfant, ainsi que pour son développement. Nishi pouvait bien sûr lui montrer comment effectuer les premiers soins, également, certains gestes ne s’improvisent pas et bien souvent, les toutes jeunes mères ont une tendance à paniquer ou se freiner toutes seules par peur de mal faire ou de blesser leur propre enfant. Enfin, il restait encore bien du temps. Nishi eut un mince sourire puis rectifia le poids actuel de sa patiente sur son document, accroché au bloc-notes, car elle s’était trompée, rayant le précédent chiffre avec son stylo. Une fois fait, elle ajouta, dans la petite case « annotations particulières », de prendre le rendez-vous avec un pédiatre, pour qu’il puisse voir la future mère dans le mois à venir ou celui d’après, suivant ses disponibilités.

Madame Mustang – Je prendrai du repos, un de nos amis a déjà des enfants et m’a dit qu’il m’en faudrait au bout d’un certain moment, que je devrais éviter les tâches trop difficiles comme je suis sniper.

De toute manière, elle réalisera bien vite toute seule que ce poste ne lui sera plus accessible assez tôt, dès le moment où son ventre commencera à vraiment bien gonfler et qu’il ne lui sera plus possible de tenir la majeure partie des positions sans mettre en danger le bébé ou compromettre sa propre santé. Nishi hocha la tête avec un air assez vague, réfléchissant à quel pédiatre pourrait la prendre en charge ce mois-ci, tous étaient assez occupés, en ce moment, et peu prenaient de nouvelles patientes. Le fait était qu’avec les récentes campagnes pour inciter les familles à enfanter, la courbe de naissances commençait effectivement à remonter, cependant, le gouvernement n’avait pas prévu que la ville, et la région de façon plus globale, manquaient de pédiatres, médecins et sages-femmes. Hum, peut-être que le docteur Renan pourrait la prendre en charge, il venait lui aussi d’arriver à Central, depuis cinq ou six mois peut-être, elle en s’en rappelait plus, et il n’avait pas encore un planning très chargé. Elle lui adressera un mot plus tard dans la matinée en lui transmettant le dossier de la jeune femme, ce sera toujours plus rapide que de la laisser effectuer la démarche elle-même, d’autant plus que Nishi avait le très net sentiment que la jeune femme oubliait beaucoup sa grossesse.

Madame Mustang – Je n’ai… pas peur pour l’accouchement, dit-elle après un moment. Je ne sais pas comment je me sens vraiment, c’est… nouveau, bien sûr, mais j’ai eu quelques retours d’anciennes femmes enceintes et ça m’a… un peu rassurée. Le travail occupe beaucoup mon esprit donc je ne m’inquiète pas, je pense surtout à « l’après » vu… nos métiers. Les blessures sont monnaie courante, pour nous.

Nishi – Oui, tout le problème est là, que cette grossesse n’occupe qu’une place infime dans votre esprit… Vous pouvez vous rhabiller et remettre vos chaussures. Revenez vous asseoir ensuite.

C’était sans doute « normal », quand on exerçait certains métiers, d’être si peu capable de penser un peu plus à son état physique, même dans le cas de la grossesse. Pour sa part, Nishi peinait à le comprendre, même si elle s’efforçait de garder l’esprit ouvert sur le sujet. Pendant que sa patiente se rhabillait, elle se rassit à son bureau et prépara déjà ce qu’elle devait transmettre au pédiatre dans la matinée. Une fois Riza rassise devant elle, au bureau, Nishi lui indiqua qu’elle allait lui prendre un rendez-vous avec le docteur Renan, le pédiatre qui sera également en charge de son dossier durant toute la grossesse puis qui sera, de même, le docteur référent pour son fils ou sa fille après la naissance, et ce jusqu’aux seize ans de l’enfant.

Nishi – Les cours de respiration servent à juguler la douleur lors de l’accouchement, cela n’a rien à voir avec la respiration habituelle ou les exercices de souffle faits pour éviter les grosses tensions te courbatures. Je ne suis pas certaine que vous réalisiez bien la douleur que cela engendre. Dieu merci, cette douleur s’oublie vite, sinon aucune femme n’aurait un second enfant ou plus. Le pédiatre vous expliquera tout cela plus en détails. Vous recevrez l’heure du rendez-vous par courrier, chez vous, sauf si vous préférez être contactée directement par téléphone. Tenez, inscrivez aussi la ligne de votre bureau, au cas où.

L’infirmière lui tendit le document et un stylo, attendit qu’elle inscrive le tout avant de le récupérer et y apposer le tampon de l’hôpital, signant à son tour et inscrivant la date de la consultation.

Nishi – Vous semblez avoir bien du mal à gérer le stress. Avez-vous déjà songé à consulter ?


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MessageSujet: Re: Service pédiatrie   Sam 11 Mar 2017 - 11:07

Mme Park – Oui, tout le problème est là, que cette grossesse n’occupe qu’une place infime dans votre esprit… Vous pouvez vous rhabiller et remettre vos chaussures. Revenez vous asseoir ensuite.

Mais la grossesse n’occupait pas qu’une place infime dans son esprit ! Riza y pensait, peut-être pas autant que les autres femmes, mais elle y pensait. Jetant un regard à l’infirmière, elle faillit se défendre mais se ravisa à la dernière seconde, se disant que c’était une mauvaise idée. Mieux valait ne rien dire… Elle-même savait qu’elle n’oubliait pas la grossesse, loin de là, et c’était le plus important. Que sa « tante » pense autre chose si cela lui plaise, ses pensées n’allaient rien changer à sa vie. Pas après toutes ces années, aussi bien l’infirmière que la tante d’ailleurs. C’était normal de ne pas penser qu’à ça lorsque l’on découvre que le pays est en danger ! Sans oublier l’état de Roy qui l’inquiétait de plus en plus… Se contentant de faire ce que l’infirmière lui disait, tout en réfléchissant encore à cette découverte complètement inattendue, Riza enfila son chemisier et le boutonna jusqu’en haut, se rhabillant. Elle était plus à l’aise habillée, aucune crainte à avoir contre un intrus possible dans le bureau. Bon, d’accord, Roy n’en était pas un, mais elle aurait vraiment préféré ne pas le voir débarquer alors qu’elle était dans cet état…

Le sniper songea un moment à ce qu’elle allait lui dire, si elle allait tout nier en bloc et laisser l’affaire se tasser ou si elle lui en parlerait directement. Il s’inquiéterait… Peut-être cela pourrait-il lui servir de monnaie d’échange ? Il ne disait rien, se renfermait, c’était l’occasion rêvée d’avoir enfin des informations. Et s’il ne cédait pas, eh bien, elle utiliserait ses atouts naturels qui fonctionnaient plutôt bien, elle devait l’admettre. C’était cruel, vraiment, elle le savait, mais Roy ne lui laissait pas d’autres choix. C’était donc le meilleur plan qu’elle avait jusqu’à présent. Riza se releva, se mettant debout pour rejoindre l’infirmière qui était occupée à son bureau avant de se rasseoir devant elle, pressée de sortir d’un coup. Ce rendez-vous n’était pas du tout ce à quoi elle s’était attendue, il avait pris une tournure étrange et elle ne pensait pas qu’une autre personne, en dehors de Roy, lui ferait une remarque sur ses pensées et préoccupations.

Infirmière – Les cours de respiration servent à juguler la douleur lors de l’accouchement, cela n’a rien à voir avec la respiration habituelle ou les exercices de souffle faits pour éviter les grosses tensions te courbatures. Je ne suis pas certaine que vous réalisiez bien la douleur que cela engendre. Dieu merci, cette douleur s’oublie vite, sinon aucune femme n’aurait un second enfant ou plus. Le pédiatre vous expliquera tout cela plus en détails. Vous recevrez l’heure du rendez-vous par courrier, chez vous, sauf si vous préférez être contactée directement par téléphone. Tenez, inscrivez aussi la ligne de votre bureau, au cas où.

Riza hocha la tête distraitement, effrayée, prenant le papier et le stylo que lui tendait l’infirmière pour y inscrire le numéro de téléphone du bureau. Elle lui rendit ensuite la feuille, l’observant mettre le tampon de l’hôpital et signer. Bon… Donc, c’était tout ? Des cours de respiration pour juguler la douleur… C’était censée la rassurer ? La douleur s’oublie vite, peut-être, mais elle ne comptait pas avoir de second enfant, pas alors qu’ils exerçaient ce métier. Enfin, sauf si Roy en parlait… Mais, pour l’instant, ils étaient déjà suffisamment terrorisés par la venue au monde d’un bébé, ce qui n’était pas prévu du tout, alors qu’ils avaient de sérieux ennuis pour l’instant. Elle resta silencieuse, posant une main sur son ventre sans y penser vraiment. Honnêtement, Riza ne savait pas comment appréhender l’accouchement. Avec tout le reste…

Infirmière – Vous semblez avoir bien du mal à gérer le stress. Avez-vous déjà songé à consulter ?

Riza – Consulter ?, demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Je n’en ai pas besoin, je n’ai pas de mal à gérer le stress, c’est seulement…

La menace pesant constamment sur leurs têtes, la menace pesant sur tous les habitants d’Amestris, la menace du complot des généraux qui englobait ils ne savaient combien de personnes au final. Il y avait de quoi être nerveux ! Mais, tout cela, Riza ne pouvait pas le dire, même si elle gérait plus difficilement son stress pour le moment. Il fallait qu’ils se soutiennent… C’était la seule solution. Se soutenir, se parler, ne rien garder pour soi et libérer le stress par tous les moyens possibles pour que d’autres personnes ne le remarquent pas. Comme maintenant. Riza ne pouvait rien révéler, risquant bien plus qu’une mauvaise gestion du stress et qu’une consultation. De toute manière, elle ne pourrait parler de rien, même avec un médecin quelconque soumis au secret professionnel. Hors de question. Elle ne pouvait en parler qu’avec Roy… En attendant, que répondre à madame Park ? Riza ne pouvait pas simplement lui dire que c’était un problème au travail, il lui fallait une réponse qui écarte l’idée d’elle l’idée de consultation.

Riza – Je gère bien le stress, je vous assure. C’est seulement… un problème dont je ne peux pas parler, je ne peux en discuter qu’avec mon mari qui est concerné. Je n’en parlerai pas en consultation, c’est impossible.

Par chance, sa tante ne continua pas sur le sujet et le rendez-vous se termina assez rapidement, après cela. Riza écouta les dernières recommandations de l’infirmière avant de la remercier et de lui souhaiter une bonne journée, courtoise. Oh, non, une minute ! Elle demanda où elle pouvait retrouver Roy, précisément, vu qu’il avait été envoyé ailleurs et ne serait pas dans la salle d’attente. Ensuite, elle prit son sac après y avoir rangé les papiers et informations reçus puis sortit du bureau, refermant la porte derrière elle. Le rendez-vous avait donc commencé normalement, avait pris une tournure… bizarre puis s’était terminé comme si rien ne s’était passé. En partant, elle lança un dernier regard par-dessus son épaule puis rejoignit son supérieur, s’installant sur un des sièges pour l’attendre. Madame Park. Elle avait une tante…


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