Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Fuite avortée

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Nagami Nakahara

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MessageSujet: Fuite avortée   Sam 25 Mar 2017 - 14:11

Ses camarades de dortoir dormaient encore paisiblement, certaines murmuraient dans leur sommeil et les autres se retournaient parfois. La fillette laça ses souliers avec lenteur, agenouillée au sol près de son lit, remontant ses chaussettes puis remettant correctement le bas de son pantalon trop grand pour elle, ceinture serrée. Il était encore très tôt, le soleil n'était pas levé, il devait sans doute rester une heure avant l'aube. Se penchant, elle tira son sac de sous son lit, fait depuis la veille, puis enfila son manteau avant de mettre le sac à dos sur ses épaules et enfiler des gants. Il ne lui fallait pas grand-chose, finalement, elle se débrouillera plus tard. C'était décidé, aujourd'hui, elle allait de nouveau tenter de repartir dans l'Ouest et rentrer à la maison où elle avait vécu avec maman et papa. Elle ne pouvait pas y aller en train mais elle pouvait marcher, autant de jours qu'il le faudra, pour rentrer au village. Là-bas, elle pourra travailler pour gagner sa vie, elle pouvait faire plein de petits travaux, de la couture, garder des animaux dans les champs, ce genre de choses ! Il y avait toujours plein de travail en campagne.

Le dortoir était très sombre, le silence seulement rompu par la respiration profonde des enfants. Elles étaient au premier étage de l'orphelinat. Les garçons dormaient au premier et les bébés et tous petits enfants étaient placés au troisième. Au rez-de-chaussée, il y avait aussi les plus grands, garçons et filles, ceux qui allaient bientôt partir, soit parce qu'on allait les adopter, soit parce qu'ils étaient assez grands, selon les critères du Bureau, pour vivre seul et trouver du travail. Nagami quitta la chambre sur la pointe des pieds, le cœur battant très fort, refermant derrière elle avec beaucoup de douceur. Elle avait glissé son journal intime dans son sac et serrait contre elle une vieille peluche que maman lui avait offerte juste avant de partir pour le désert. Elle s'en souvenait encore... Maman était là, agenouillée devant elle, et lui avait donné le nounours en lui disant qu'il la protégera des monstres toutes les nuits en attendant que papa et maman soient revenus. Dans le couloir, pas un bruit non plus, tout le monde dormait encore. La fillette courut sans faire de bruit, grâce au tapis épais, descendant les escaliers jusqu'à arriver au rez-de-chaussée. Dans le hall d'entrée, il y avait un grand tableau avec un monsieur en uniforme et une inscription, "Institut Rochebelle". L'orphelinat des enfants de l'armée. La fillette inspira profondément puis s'échappa par une fenêtre du rez-de-chaussée qu'elle avait discrètement ouverte, la veille au soir.

Dehors, il faisait très froid et la nuit était épaisse. Debout dans la rue, non loin des grandes et hautes portes d'entrées de l'orphelinat, Nagami se sentit soudain très petite et vulnérable. Elle serra très fort sa peluche dans ses bras pour se rassurer puis prit au hasard vers la gauche, marchant le plus vite possible pour s'éloigner d'ici. Elle finit par courir, arrivant bientôt à des rues plus larges et éclairées par des réverbères. Il y avait déjà des passants, dont certains la regardaient bizarrement avant qu'elle ne courre plus vite et passe son chemin. Elle baissa la tête pour ne croiser le regard de personne, ignorant une autre dame, qui commençait visiblement sa journée de travail, qui cria sur son dos pour demander où elle filait comme ça. L'avenue où elle était était très longue, à mesure que le temps avançait, de plus en plus de personnes s'éveillaient, la ville s'animait. Tournant à gauche au bout de l'avenue, elle se réfugia dans un des parcs de la ville et y reprit son souffle, essayant de s'orienter dans ce dédale. La gare était là-bas, loin, elle en voyait la silhouette, entre les hauts immeubles. Accroupie dans l'herbe, elle se pencha pour tracer dans le gravier et le sable, sur l'allée, un petit cercle alchimique, puis se servit d'un vieux pull trop petit pour elle pour le transmuter et se faire une petite écharpe, qu'elle glissa autour de son cou.

Nagami – Tu vas rentrer dans le sac, dit-elle à voix basse à son nounours.

Une fois qu'il fut dedans, seule sa tête dépassant, Nagami effaça d'un geste le petit cercle puis reprit sa route, courant et marchant, lorsqu'elle était plus fatiguée. Elle commençait à avoir un peu faim, mais tant pis, ce n'était pas très important. Après qu'elle eut quitté le parc, elle suivit une autre avenue en se fiant aux quelques pancartes qu'elle trouvait, pour trouver la sortie de la ville. Il y avait la ceinture industrielle, tout autour, si elle la traversait, elle pourra quitter la ville. C'était encore très loin ? Marchant à aussi bon rythme que possible, elle s'écarta vivement lorsqu'un bus passa vite et faillit l'éclabousser avec l'eau stagnant dans les caniveaux. Le soleil se levait avec lenteur, les gens sortaient, le bruit des voitures et des bus reprenait avec plus de force. Lorsque des grands voulaient lui demander ce qu'elle faisait toute seule dehors à six heures du matin, elle recommençait à courir. Allant droit devant elle, tournant lorsque ce n'était pas possible, filant ici et là, elle finit par arriver dans la zone industrielle, où les usines côtoyaient des hangars et de très hauts et imposants immeubles, dans un dédale impressionnant de rues, de ruelles, de chantiers et de travaux, avec des camions et de gros engins partout. Il y avait aussi une autre petite gare, destinée exclusivement aux trains de marchandises et aux gros convois, avec aussi des trains appartenant à l'armée.

Nagami tourna au hasard dans une longue ruelle en zigzag, avec des poubelles débordantes, des cartons vides empilés, des portes en fer ou bois partout, le long des murs, donnant différents accès aux hangars et bâtiments. Il faisait très, très sombre, ici... Marchant plus lentement, elle s'arrêta près d'une porte moins bien fermée, jetant un regard curieux dedans. Il y avait un long escalier qui descendait dans les ombres. Donc c'était vrai, ce qu'on racontait, il y avait des catacombes sous la ville ? Un certain malaise l'agita et elle pinça les lèvres, reculant et s'éloignant de nouveau, pas envie de s'enfoncer là-dedans pour aller voir. Elle avait couru sur encore une vingtaine de mètres lorsqu'elle fut tout à coup brusquement éblouie par la forte lumière d'une lampe torche, alors qu'une voix rude lançait "Elle est là !". Mettant ses mains devant ses yeux pour se protéger de la lumière vive, elle cria de surprise lorsque quelqu'un l'attrapa par la taille puis se débattit vivement. Clignant des yeux, Nagami grimaça lorsqu'elle reconnut l'uniforme de l'armée, essayant de frapper le type qui la tenait et qui la fourra à l'arrière d'une voiture noire. Blottie sur le siège, elle secoua la tête lorsque le conducteur lança d'un ton hargneux qu'ils en avaient tous assez de devoir lui courir après à cause de ses fugues. Elle resta silencieuse durant tout le trajet, la peur augmentant d'un bloc lorsqu'elle vit qu'on ne la ramenait pas à l'orphelinat mais au quartier général de l'armée.

Lorsque le type la tira par le bras à l'extérieur, elle lui mordit la main puis essaya de s'enfuir, obligée de marcher tout de même lorsqu'il l'entraîna en avant. Une succession de hauts murs avec de grandes fenêtres, un intérieur chic mais sobre, strict, des hommes et des femmes en uniforme partout. Elle ne voulait pas... Ici, il y avait plein de morts en sursis, plein de gens qui eux aussi allaient mourir dans le désert, comme ses parents. Elle cria encore puis se mit à pleurer lorsque le soldat lui tordit un peu le bras en la forçant à avancer. Elle appelait ses parents, même s'ils ne pouvaient pas lui répondre, essayant de dégager son bras de la poigne du soldat, qui lui faisait très mal. Furieuse, elle lui fila un coup de pied solide dans le tibia et profita de son sursaut pour se dégager et courir, perdue mais voulant juste mettre le plus de distance possible entre elle et les autres. Au bout de quelques minutes de course, ignorant les cris derrière elle, elle courut se cacher dans les toilettes des femmes et s'enferma dans une cabine, utilisant l'alchimie très vite, avec une craie qu'elle gardait toujours dans sa poche, pour déformer la serrure et empêcher de la forcer.

Nagami – Ici, on est en sécurité, murmura-t-elle à son nounours.

Assise par terre, elle entoura ses genoux de ses bras, tête baissée, blottie contre le mur de la cabine. Il y eut du bruit, des gens essayèrent d'ouvrir la porte et elle cria de la laisser tranquille. Elle voulait juste qu'on la laisse... Si elle devait être toute seule, très bien, elle le restera, mais personne 'avait le droit de lui faire encore mal. Quelqu'un, dehors, lui dit de sortir de là avant qu'ils ne forcent la porte, puis essaya d'ouvrir avant de jurer contre la serrure déformée. Bien fait, il n'avait pas le droit d'entrer ici, en plus, elle avait peur. Pleurant doucement, des larmes chaudes et lourdes roulant sur ses joues en continu, elle sursauta lorsque des gens entrèrent encore, puis se réfugia dans le fond de la cabine. A la fois furieuse et terrifiée, elle écarquilla les yeux lorsqu'il y eut de nouveau des éclairs typiques de l'alchimie contre la serrure puis la porte s'ouvrit. La fillette prit la première arme qui lui tomba sous la main, à savoir du papier toilette, puis le jeta contre l'homme à la porte, en lui criant de la lasser seule. Pleurant encore plus fort, elle essaya de la mordre lui aussi lorsqu'il la tira hors de la cabine des toilettes, se débattant pour lui échapper, car il n'était pas question de se laisser faire. Le type à qui elle avait donné un coup de pied toute à l'heure cracha d'un ton hargneux qu'elle était "la sale gosse du sous-lieutenant Nakahara, tué à Ishbal". Il parlait de son père d'un ton si mauvais que Nagami cessa aussitôt de se débattre pour tourner la tête vers lui, blême et les yeux remplis de larmes.

Nagami – Au moins, maman et papa, ils étaient gentils et ils voulaient pas tuer n'importe qui !

Ils n'étaient pas des assassins, c'était vrai, même si des grands lui avaient déjà dits ça, ils ne pouvaient pas être des assassins ! Hein, c'était vrai ? Perdue et bouleversée, elle renifla puis gémit lorsque le type qui avait réussi à ouvrir la porte l'entraîna avec lui, avec une femme blonde plus petite que lui qui marchait à côté. Bizarrement, voire une femme, même soldat, rassura un peu Nagami, qui tendit la main pour attraper celle de la dame blonde et la serrer. Les femmes étaient toujours plus douces et gentilles, c'était comme ça, elle l'avait vu plein de fois, partout. Marchant tout près d'elle, pour ne plus être près de tous les soldats qui faisaient peur, elle s'essuya un peu les yeux en entrant dans une pièce avec des bureaux et encore un autre bureau près de la fenêtre, là-bas, plus isolé. Très peu rassurée, la fillette s'accrocha au bras de celle qu'elle voyait maintenant comme sa sauveuse du jour, bien décidée à ne plus la quitter d'un pas tant qu'elle ne se sentira pas plus en sécurité. Il y avait plein d'uniformes partout... Est-ce que la guerre pouvait se déclencher comme ça, d'un coup ? Est-ce qu'eux aussi allaient dire tout à coup qu'ils devaient partir, qu'ils reviendront quand ce sera fini ? Car ça, ce n'était pas vrai ! Les soldats ne revenaient pas... Jamais... Ils disaient ça puis ils partaient dans le désert et on ne les revoyait plus. Reniflant, elle entendit à peine la dame parler, n'ayant pas envie que tout recommence. La faim lui tourna un peu la tête, en plus de la fatigue, et elle s'appuya un peu contre la dame, nichant son nez dans un pli de l'uniforme puis s'accrochant à elle du bout des doigts.

Nagami – Papa et maman avaient dit qu'ils reviendraient du désert, souffla-t-elle. Mais c'est pas vrai, ils sont jamais revenus.

Sentant une sorte de petit renflement, Nagami écarta un petit peu la tête puis comprit que la dame attendait un bébé, elle aussi. Sa bouche s'ouvrit en forme de o et elle colla son oreille pour essayer d'écouter si elle entendait quelque chose.

Nagami – C'est un vrai bébé ?


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Jeu 6 Avr 2017 - 14:09

Avoir des enfants, avoir des enfants… La meilleure idée du siècle, n’est-ce pas ? Riza en doutait très sérieusement, en cet instant précis, surtout depuis qu’elle entendait les cris à l’autre bout du couloir, la fillette qu’ils avaient récupérée une énième fois. Pourquoi ne la laissaient-ils pas fuir, d’ailleurs ? Bon, non, c’était une question stupide, l’extérieur était dangereux et ils devaient protéger les enfants des soldats morts au combat. Elle le savait, surtout elle, et ne voulait pas qu’ils meurent à cause d’une quelconque jalousie. Et, d’un autre côté, comment ne pas comprendre le désir de fuite de cette enfant ? Elle était seule, sans parent, dans un orphelinat depuis des années maintenant. Evidemment, qu’elle voulait fuir ! Comment le lui reprocher ? Mais crier et se montrer insupportable et capricieuse alors qu’ils ne cherchaient qu’à la sauver… Riza n’était pas dégoûtée, non, elle avait accepté l’enfant qu’elle portait, ne le regrettait certainement pas même si elle craignait pour la vie du petit. Mais là, ces cris… Cela durait depuis de longues minutes, maintenant, et aucun militaire de ce QG ne semblait décidé à faire en sorte de l’apaiser, la rassurer, lui montrer qu’ils ne lui voulaient aucun mal. Ce n’était pas sorcier, enfin !

Prise d’un mal de crâne, Riza sortit du bureau alors que Roy était plongé dans ses papiers pour regarder dans le couloir. A l’instant même, elle vit une petite filer à toute vitesse et courir vers le fond, continuant de crier comme si sa vie en dépendait, les militaires sur les talons. Elle se réfugia dans les toilettes des femmes, fermant la porte derrière elle. Mauvaise idée… Enfin, la course-poursuite toucherait à sa fin et le calme reviendrait. Au moins, il y avait eu de l’animation ! Cela changeait de d’habitude, cet endroit était gris, luxueux, trop carré et strict à son goût. East City lui manquait cruellement même si leurs proches les félicitaient parce qu’ils avaient été mutés à Central, que c’était génial, que Roy se rapprochait effectivement de son but. Et eux devaient accepter les félicitations sans broncher alors qu’ils étaient en train de marcher vers la Mort, de s’enfoncer dans les problèmes depuis quelques mois.

Restant un instant sur le pas de la porte du bureau pour voir comment les militaires allaient s’en sortir, Riza les observa s’agglutiner devant la porte des toilettes des femmes… sans réussir à l’ouvrir. Hein ? Mais il suffisait de pousser, enfin ! Fronçant les sourcils, elle sortit carrément du bureau en entendant que la fillette en question avait bloqué la serrure, sans doute avec de l’alchimie. De l’alchimie… ? Mais elle devait avoir quoi ? Neuf, dix ans ? A peine ! Ils ne pouvaient pas, tout simplement, admettre qu’ils n’avaient aucune force ? Bon, non, stop, arrêter d’être mauvaise langue. Réfléchissant assez vite, Riza fut forcée d’admettre que la petite n’avait rien pour bloquer la porte, dans les toilettes. Pas de chaise, rien. Et puis, avec son petit poids, impossible qu’elle parvienne à maintenir une porte fermée contre la force de plusieurs soldats. Elle tourna la tête vers Roy, le tirant de ses papiers en l’appelant poliment.

Riza – Je pense que nos collègues ont besoin de vous, la fillette a réussi à bloquer la porte des toilettes avec l’alchimie.

Attendant son supérieur, la sniper le suivit dans le couloir menant aux toilettes tandis qu’il enfilait ses gants pour faire fondre la poignée de la porte. Les soldats, le reconnaissant, lui cédèrent la place pour qu’il puisse récupérer la petite et, enfin, résoudre cette situation. Même si certains étaient furieux de devoir faire indirectement appel à lui… Bah, ils s’en remettraient, si Roy réglait ce problème, tous pourront revenir à leurs préoccupations premières et ne pas perdre une journée entière de travail inutilement. Riza resta à côté du Colonel, voyant les lumières caractéristiques de l’alchimie faire leur œuvre, libérant enfin l’accès aux toilettes. Il put entrer ensuite, esquivant automatiquement le rouleau de papier toilette qui vola dans sa direction sitôt entré. La petite fille, recroquevillée dans un coin, lui hurla de la laisser seule, essayant ensuite de le mordre lorsque Roy la tira avec lui pour la faire sortir. Oh… Elle était terrorisée et pleurait à chaudes larmes, pas étonnant qu’elle agisse ainsi. Spinner cracha hargneusement, qu’elle était « la sale gosse du sous-lieutenant Nakahara, tué à Ishbal », la faisant cesser immédiatement toute tentative d’évasion. Non mais on ne disait pas cela face à une enfant, orpheline qui plus est ! Riza lui lança un regard noir, prête à répondre mais la petite la devança.

Fillette – Au moins, maman et papa, ils étaient gentils et ils voulaient pas tuer n'importe qui !

Et voilà… Heureusement, aucun soldat ne prononça d’autres paroles horribles, s’écartant pour les laisser passer. Le Colonel entraîna la petite avec lui, elle-même le suivant de près, prête à réagir à la moindre remarque. On ne s’attaque pas aux parents ! Ce n’est, pourtant, pas une nouveauté. Tout le monde le sait, il s’agit d’un sujet tabou, surtout avec des orphelins attachés à leurs parents. Roy et elle ne l’étaient pas, sauf à leur mère, mais ils auraient réagi exactement de la même manière s’ils avaient eu l’âge de cette fille. La pauvre… Être traînée dans un QG tel que celui de Central, gris et effrayant, avec plein d’hommes aux airs aussi menaçants que méprisants, et entendre des remarques désobligeantes par la suite. Retenant une volée de jurons contre ces types, Riza sentit soudain une main s’accrocher à la sienne, ce qui lui fit automatiquement baisser la tête. Ce n’était pas Roy, elle le savait. Non… C’était la fillette qui s’accrochait à elle comme si sa vie en dépendait. Elle se rapprocha de la militaire, marchant à ses côtés jusqu’à leur retour au bureau.

Le couloir, vite traversé en temps normal, les retint un peu plus de temps mais Roy arriva le premier. Bon… Et maintenant ? Laissant son supérieur revenir à son bureau pour consulter le dossier de la petite qu’il venait de récupérer, grâce à un de leur collègue, elle-même s’agenouilla un peu pour essayer de la rassurer. Elle répondit par un regard aux interrogations de leurs coéquipiers, tous ayant levé les yeux vers eux lorsqu’ils étaient entrés. Après, les questions, la petite d’abord. Riza lui dit qu’elle ne risquait plus rien, lui demandant ensuite comment elle s’appelait. Mais n’eut aucune réponse… D’accord. Elle était traumatisée, enfin, bravo les militaires ! Ils avaient commencé la journée en faisant pleurer une enfant qui n’avait absolument rien demandé ! Elle renifla tandis que la jeune femme se redressait doucement, la petite se rapprochant encore d’elle pour nicher son visage dans son uniforme, s’accrochant ensuite à nouveau à elle du bout des doigts. Oh… Mais…

Fillette – Papa et maman avaient dit qu'ils reviendraient du désert, souffla-t-elle. Mais c'est pas vrai, ils sont jamais revenus.

Riza leva la tête vers Roy avec un pincement au cœur, se mordant les lèvres. Que répondre à cette phrase ? Non, ils n’étaient jamais revenus… Ils avaient été tués, inutilement, dans une guerre horrible, un massacre sans nom. Un bain de sang destiné à servir les plans abjects du Président et de ses sous-fifres. Une quête pour le pouvoir. Voilà pourquoi ses parents avaient péri. La jeune femme baissa la tête une nouvelle fois en sentant, soudain, une tête se coller à son ventre à l’endroit où grandissait son bébé. Heu ? Elle ne savait pas ce que c’était… ? Si elle ne comprenait pas, Riza passait son tour pour le lui expliquer, hors de question qu’elle passe par là. La rassurer, la défendre, oui, d’accord, c’était une enfant, mais lui expliquer pourquoi les bébés naissaient comme cela…

Fillette – C'est un vrai bébé ?

Riza – Oui, c’est un vrai bébé, dit-elle avec un petit éclat de rire. Mais il ne va pas naître tout de suite, il est encore très petit.

Souriant, Riza lui prit doucement la main pour la poser elle-même sur son ventre, même si elle n’allait peut-être rien sentir à ce stade de la grossesse, avant de l’entraîner avec elle jusqu’à son propre bureau situé à quelques mètres à peine du bureau de son supérieur. Par chance, ils avaient pu tous rester ensemble… Elle chercha une feuille et des crayons dans un de ses tiroirs, appelant Havoc à l’aide d’un signe de tête. Il savait y faire, avec les enfants, lui. Il ne pouvait pas lui donner un coup de main… ? Juste pour la distraire quelques minutes, elle voulait parler avec le Colonel et en savoir plus sur cette petite. Et sur ce qu’ils devaient en faire, accessoirement. Le geste normal serait de la ramener à l’orphelinat mais, visiblement, elle n’y était plus en sécurité… Surtout si elle maîtrisait l’alchimie et qu’elle se débrouillait bien. Par chance, Havoc répondit à son appel à l’aide et la rejoignit lui-même à son bureau, s’abaissant un peu avec un grand sourire et son air d’enfant.

Havoc – Moi, je sais ce que tu pourrais dessiner, lui dit-il sur un air de confidence. Je peux te dire un secret ? Viens, tout près.

Riza fronça les sourcils en le voyant se pencher pour raconter son fameux secret, méfiante, n’ayant aucune confiance aux plans de Havoc lorsqu’il était lancé et qu’il avait une nouvelle occasion de s’amuser un peu. Surtout avec les regards lancés par leurs coéquipiers lorsque Roy et elle étaient entrés avec la petite… Bon, soit. Riza s’agenouilla un peu à son tour, avertissant la fillette qu’elle pouvait utiliser son bureau et qu’elle-même allait seulement à deux mètres, pour retrouver le monsieur qui l’avait sortie des toilettes, afin de lui éviter de retourner dans l’orphelinat. Mais elle n’en aurait que pour une minute ou deux, pas plus ! En attendant, elle n’avait qu’à parler avec Havoc, qui était très gentil. Dès qu’elle le put, leur coéquipier jouant et accaparant littéralement la fillette, Riza s’éloigna un peu avec un sourire pour parler avec Roy.

Riza – Des nouvelles ? Que sait-on sur elle ? Je ne veux pas la renvoyer dans l’orphelinat, il est évident qu’elle n’y est plus en sécurité…


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Roy Mustang

Colonel

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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Mer 26 Avr 2017 - 13:06

Ce devait être la première fois qu’il y avait autant d’animations dès le matin, dans ce QG… Roy soupira un peu en entendant un petit cri perçant puis une volée de jurons à la suite, venus du couloir, continuant d’écrire son rapport sur l’incident de la nuit dernière. Il avait dû séparer de force deux des soldats après une « discussion » un poil trop animée et le général voulait une description précise de ce qui était arrivé. S’occuper de la paperasse, voilà bien la partie de son travail que le jeune colonel avait le plus en horreur, d’autant plus depuis sa mutation à Central. Et dire qu’il en avait rêvé toute sa vie, avant de découvrir une partie de la vérité… Enfin soit. Le bureau où il travaillait avec toute son équipe faisait approximativement la même taille que celui d’East City mais étant bien plus froid, sans tableaux, seulement des rideaux rouges aux fenêtres et un peu de lambris aux murs, sur le béton gris. Tous leurs dossiers, livres et rapports, sur les meubles et dedans, avaient au moins le mérite d’amener un peu de couleur. La tête plongée dans ses papiers, il n’entendait que vaguement l’agitation, au-dehors, tâchant plutôt de finir ce rapport au plus vite.

Havoc semblait au moins aussi désespéré que lui, rongeant le bout de sa cigarette éteinte depuis déjà un petit moment, la tête appuyée contre une main et marmonnant entre ses dents, l’autre main tapotant le bout du crayon contre son propre rapport et une carte de la ville à côté. Personne n’avait vraiment compris l’histoire dont il avait dû se mêler, une bagarre avait mal tournée entre deux trafiquants de drogue la veille et tout s’était un peu embrouillé. A côté de lui, Falman était le seul à rester parfaitement stoïque et très concentré, malgré le bruit dans le couloir. Il devait le seul, avec Riza, à savoir bien s’occuper de la paperasse et même à y prendre goût. Terrible. Ni Breda, ni Fuery n’étaient plus enjoués, ne travaillant sur ça que parce qu’il fallait le faire, voilà tout. Et les autres, dehors, ils ne pouvaient pas se taire un peu ?! Agacé, il coula un regard vers la porte, au moment où Riza sortit pour aller aux nouvelles. Cette journée commençait déjà bien. Mordillant le bout de son crayon, il tira à son tour un petit plan de la ville, devant terminer par la localisation précise du secteur, dans un cadre du rapport dédié. Roy était occupé à noter le nom des rues lorsque sa jeune épouse l’appela, depuis le pas de la porte.

Riza – Je pense que nos collègues ont besoin de vous, la fillette a réussi à bloquer la porte des toilettes avec l’alchimie.

Quoi … ? Mais elle… Bon. Plus tard, les questions. Se levant, il tira le premier tiroir de son bureau pour récupérer ses gants, sortant dans le couloir pour voir ce qui se passait. Il y avait pas mal d’agitation et la plupart semblaient très vexés, voire furieux, lorsqu’il arriva et enfila ses gants. Ces chers messieurs n’en seraient pas s’ils avaient réussi à surveiller la petite avant qu’elle ne s’enferme ! Il entra dans les toilettes des femmes puis détruisit la serrure avec l’alchimie, esquivant ensuite un rouleau de papier toilette jetée par la petite dès qu’il ouvrit la porte. Elle hurla aussitôt de la laisser, blottie dans un coin. Allez, stop, fini la crise, on sort de là ! Il vint la soulever comme si elle ne pesait pas plus lourd qu’une plume, évitant de se faire mordre au passage, puis la sortit des toilettes, la reposant ensuite au sol entre lui et Riza. Bon sang qu’elle était menue, quel âge pouvait-elle bien avoir ? Et assez douée, avec ça. Roy s’apprêtait à lui demander qui elle était lorsque Spinner, à côté d’eux, répondit avant, une réponse qui ne manqua pas de faire bondir la fillette… Bon, on allait voir ailleurs, hein ! Loin des abrutis, pour commencer.

Petite fille – Au moins, maman et papa, ils étaient gentils et ils voulaient pas tuer n'importe qui !

Le colonel lança qu’ils y allaient, poussant la petite à l’extérieur et ignorant Spinner. C’est bon, tout le monde, le spectacle est terminé, chacun repart à son poste ! Il fit disperser la petite foule près des toilettes, ne s’arrêtant que brièvement pour récupérer un maigre dossier qu’un jeune caporal vint lui donner au passage, en disant qu’il concernait l’enfant. Très bien, merci. La petite s’accrocha à Riza avec fermeté, pendant qu’ils rentraient à leur bureau. Un retour qui fit une drôle de sensation, avec la fillette en larmes et terrorisée. Roy revint vers son propre bureau et déposa le dossier, enlevant ses gants pour les laisser dans le tiroir pour le moment. S’asseyant sur un coin du bureau, il ouvrit le dossier et jeta un coup d’œil à ce qu’il contenait. Pour commencer, première découverte, il existait un orphelinat spécialement dédié aux enfants des militaires tombés au champ d’honneur… Le colonel l’ignorait, dans les autres régions, les enfants étaient soient récupérés par leurs familles, soit par des proches des parents, soient par des familles d’accueil, il n’existait pas d’établissement spécialement pour eux. Et un établissement dont les méthodes semblaient bien approchantes des académies militaires, qui plus est. Charmant.

Le reste était assez « classique » de ce qu’ils avaient déjà pu observer à plusieurs reprises… La guerre à Ishbal avait fait tant de morts que les orphelins étaient légions, dans le pays, et tous n’avaient pas la chance d’avoir des familles ou des amis de leurs parents pouvant les prendre en charge. Tournant la page, il vit qu’en effet, la petite étudiait l’alchimie depuis déjà un moment, seule, « par passion », comme il l’était noté d’une écriture fine, sûrement de la main d’un de ses tuteurs à l’orphelinat. Une alchimie dont elle se servait pour s’enfuir régulièrement, depuis plusieurs années… Son but avoué était de rentrer dans la région Ouest, à son village de naissance, pour rentrer chez elle. Comptait-elle y aller à pieds … ? C’était tellement dangereux ! Comment être aussi désespéré, pour en arriver là ? Assez troublé, il jeta un coup d’œil en biais à Riza lorsqu’elle vint le rejoindre. Au QG, même lorsqu’il n’y avait que leur équipe près d’eux, il prenait soin de la vouvoyer, comme elle-même le faisait, juste au cas où une personne arrivait abruptement. Même si leur mariage n’était pas un secret, ne serait-ce qu’avec le nom de famille, ils évitaient d’en faire étalage au travail.

Riza – Des nouvelles ? Que sait-on sur elle ? Je ne veux pas la renvoyer dans l’orphelinat, il est évident qu’elle n’y est plus en sécurité…

Roy – Elle s’appelle Nagami Nakahara, douze ans, déjà pas mal de tentatives de fuite à son actif… Ses parents ont tous les deux été tués à Ishbal, la seconde année. Douée en alchimie, déjà.

Il montra le rapport à Riza en ajoutant que cet orphelinat avait des méthodes comme celles des académies où eux-mêmes avaient appris leur métier, d’un ton montrant bien le dégoût. Si tous deux mourraient au champ d’honneur, leur propre enfant pourrait bien finir dans un endroit pareil. Pensif, il observa la fillette, discutant avec Havoc, qui tâchait de lui changer les idées. Les deux mains dans les poches, il se pinça un peu les lèvres en réfléchissant. Avec ce qui arrivait en ce moment, le mot « danger » venait aussitôt se coller à tous les alchimistes assez doués qu’ils rencontraient, peu importe leur âge. Edward lui-même n’avait que quatorze ans, après tout, et il était déjà une cible privilégiée. Que faire, à partir de là ? Riza avait raison, toute seule à l’orphelinat, elle fera une cible parfaite et personne ne pourra l’aider. Réfléchissant, il s’approcha de la petite et tapota son épaule pour attirer son attention, s’efforçant de garder un air rassurant.

Roy – Nagami, écoute. On a compris que tu tenais absolument à retourner dans l’Ouest mais pour y faire quoi ? Tu as des grands-parents, des amis là-bas ?


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Nagami Nakahara

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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Dim 21 Mai 2017 - 16:56

Dame blonde – Oui, c’est un vrai bébé, dit-elle avec un petit éclat de rire. Mais il ne va pas naître tout de suite, il est encore très petit.

Elle lui prit la main pour que la petite puisse toucher son ventre, ce qui la rendit aussitôt fascinée, presque émerveillée. C'était dur et souple à la fois, il y avait vraiment une vie là-dedans ? La fillette avait toujours voulu poser plein de questions aux femmes enceintes pour savoir comment elles se sentaient en portant un bébé, si ça faisait mal lorsque le ventre grossissait et comment le bébé grandissait alors qu'il était dans une si petite poche. Et quand le bébé était sorti, le corps de la maman redevenait comme avant ? Comment ça se passait ? L'instant d'après, la dame la poussa avec elle vers les bureaux, puis fouilla un tiroir avant d'en sortir des crayons et des feuilles, tout en appelant un de ses collègues. Pendant ce temps-là, Nagami regarda un peu partout autour d'elle, trouvant ce bureau très triste. Il n'y avait même pas de tableaux ou de paysages accrochés aux murs, pas de décoration, rien du tout, c'était comme à l'orphelinat. Toute la ville était grise, sombre, froide, pas très belle, à vous rendre dépressif. Un peu gênée tout à coup, elle sursauta un peu lorsque le grand soldat blond qui sentait un peu la cigarette vint s'agenouiller juste devant elle, tout sourire. La fillette recula par automatisme contre la soldat blonde et répondit maladroitement à ce sourire, toujours méfiante envers les inconnus, le temps qu'elle apprenne à les connaître. Un de ses anciens professeurs avait un jour dit qu'elle était comme un petit chat sauvage très nerveux et fuyant, qu'il fallait apprivoiser doucement si on ne voulait pas le faire fuir. De toute façon, maman lui avait toujours dit de ne pas faire confiance aux inconnus dans la rue.

Grand soldat – Moi, je sais ce que tu pourrais dessiner, lui dit-il sur un air de confidence. Je peux te dire un secret ? Viens, tout près.

Méfiante, toujours, mais curieuse, Nagami s'écarta d'un petit centimètre d'abord, puis approcha un peu plus en voyant qu'il avait quand même l'air gentil. Se penchant, il lui souffla dans l'oreille qu'elle pouvait dessiner la maison où elle voudrait habituer, dans l'idéal, avec tout ce qu'elle voulait dedans et beaucoup de couleurs. Ravie, la fillette hocha la tête puis releva les yeux vers la dame lorsqu'elle lui dit qu'elle pouvait utiliser son bureau en attendant et qu'elle s'éclipsait deux minutes, pour aller parler au monsieur qui l'avait sortie des toilettes. Le soldat... Alchimiste aussi, vu ce qu'il avait fait. Nagami ne savait pas trop si elle devait avoir peur de lui ou pas, en fait... Là, il avait un air concentré et il fronçait un peu les sourcils, elle avait l'impression qu'il allait se mettre à crier d'une seconde à l'autre. Il était peut-être vraiment méchant ? Elle ne savait pas trop. Une fois grimpée sur la chaise à côté du soldat, Havoc donc, elle entreprit de tout lui décrire de A à Z comment elle imaginait sa maison, comme il la pressait pour savoir et qu'il était bon public en plus. Après cela, elle essaya de dessiner un peu pour mieux lui montrer, n'ayant pas un bas niveau dans le domaine car elle s'entraînait depuis longtemps à dessiner des symboles et cercles alchimiques, dont la difficulté surpassait les dessins demandés à l'école. Plongée dedans, elle finit par laisser la maison et se mit plutôt au dessin d'une grande femme ouvrant les bras vers le ciel, avec des symboles et runes sur sa longue robe, soit l'une représentation de la Mère, en alchimie. Plongée dedans, elle quitta le cours paisible de ses pensées lorsque l'officier vint lui tapoter sur l'épaule. Rien à faire, il l'intimidait...

Alchimiste – Nagami, écoute. On a compris que tu tenais absolument à retourner dans l’Ouest mais pour y faire quoi ? Tu as des grands-parents, des amis là-bas ?

Non... Non, pas vraiment. Elle secoua la tête pour lui dire non, réalisant au même moment à quel point il ne restait plus personne dans son entourage. Les larmes lui montaient aux yeux lorsque monsieur Havoc la fit tout à coup glisser sur ses genoux et dans ses bras puis la serra contre lui en l'appelant "petite puce". Très surprise mais touchée, Nagami s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage, tendant juste la main pour rattraper le dessin de la Mère et le tendre à la dame blonde. Voilà, c'était pour elle, comme elle allait être maman aussi. La Mère était la figure protectrice et nourricière, elle alimentait les processus et leur donnait plus de force, lors d'une transmutation. Tout était affaire de symboles, pas vrai ? C'était très important, tout ça, les symboles, tout le monde pouvait les comprendre en s'en donnant la peine. Elle le prit en la remerciant, pendant que le monsieur brun à côté sourcillait en regardant le dessin, les bras croisés.

Alchimiste – Qui t'as appris ça ?

Nagami – Personne, je me suis débrouillée toute seule. Il y a plein de livres à la bibliothèque.

Elle se dégagea des bras du soldat pour revenir sur l'autre chaise, se mettre à genoux dessus et penchée sur une nouvelle feuille, crayon en main. la dame blonde avait lancé un "Colonel" un peu froid, après sa question, en lui jetant un long regard. Nagami n'y prit pas garde puis traça un large cercle avec un très grand soin, les yeux brillants, comme à chaque fois qu'elle pouvait s'adonner à cette pratique. Ses cheveux noirs très fins et assez longs retombèrent en cascade devant ses yeux et son visage et elle les repoussa d'un geste avant de continuer, pour ne pas être gênée. A un moment, elle hésita sur un des petits tracés, dans les symboles du cercle, puis eut un murmure étonné lorsque le monsieur se pencha un peu et le traça à sa place, avant de lui rendre le crayon. Oh, oui, c'était ça, merci ! Continuant, elle termina le cercle puis chercha un truc dont elle pourrait se servir, comme matière première. Comme elle ne trouvait pas, le colonel lui tendit tout à coup une boîte à crayons qu'il venait de vider derrière en lui disant qu'elle pouvait l'utiliser. Nagami lui sourit pour le remercier puis posa la boîte au milieu du cercle. Appliquant les deux mains autour, elle se concentra puis une flopée de petits éclairs bleu jaillirent durant un court moment, rongeant la boîte et la transformant en un oiseau en fer, ailes ouvertes, qu'elle ramassa avec un grand sourire et donna à la dame blonde. Puis son sourire retomba, lorsqu'elle se souvint qu'elle devait rentrer à l'orphelinat.

Nagami – Pourquoi on me dit toujours que l'alchimie, ça ne sert à riene te c'est dangereux, à l'orphelinat ?


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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Mer 28 Juin 2017 - 14:17

Roy – Elle s’appelle Nagami Nakahara, douze ans, déjà pas mal de tentatives de fuite à son actif… Ses parents ont tous les deux été tués à Ishbal, la seconde année. Douée en alchimie, déjà.

Cela, elle l’avait compris en la voyant agir avec les autres soldats. Nagami s’était enfermée toute seule dans les toilettes ! A douze ans… Riza lut le rapport que lui montra son supérieur, relevant la tête vers lui lorsqu’il ajouta que l’orphelinat avait les mêmes méthodes que l’académie militaire. Elle parcourut l’ensemble du rapport assez vite, saisissant les informations importantes et essayant d’en apprendre davantage sur la petite et l’orphelinat. Comme le disait Roy, les méthodes étaient similaires à celles qu’eux-mêmes avaient connues. Très strict, cadre important, journées rythmées par des apprentissages et les moments de temps libres laissés aux enfants ne devaient pas être mal utilisés, entre autres. Ils n’étaient que des enfants, enfin ! Enfants qui avaient perdu leurs parents à la guerre, pour la plupart, tant le massacre à Ishbal avait été important.

En lançant un regard à Roy, elle comprit qu’il pensait à la même chose qu’elle. S’il leur arrivait un malheur, il était fort probable que leur propre enfant termine dans un orphelinat militaire. A moins de trouver un membre de la famille susceptible de le garder… Il restait sa tante qui n’était pas dans l’armée et Hughes qui serait le parrain de leur enfant. L’orphelinat était donc possible à éviter, ce qu’elle espérait intérieurement à la lecture de ce rapport. Surtout si tous étaient comme celui-ci, à Central, et qu’ils devaient y rester encore longtemps. Sans doute toute leur vie, d’ailleurs… Belle perspective. Retenant un soupir, Riza leva le nez du rapport pendant que Roy se rapprochait de la petite avant de lui tapoter l’épaule doucement, geste qui la surprit au plus haut point. Il se montrait doux avec une enfant qui l’avait ennuyée quelques minutes à peine avant… Elle le savait capable de douceur, oui, évidemment ! Mais pas de patience, en tout cas il n’en avait jamais fait preuve. Riza croisa les bras, attentive, plaçant le dossier sous son bras en observant la scène sans interrompre son supérieur. Combien de fois lui avait-il dit qu’il ne prendrait jamais d’enfant en apprentissage, faute de patience et de temps ? Il ne manquait plus qu’il n’annonce qu’il s’occuperait d’elle…

Roy – Nagami, écoute. On a compris que tu tenais absolument à retourner dans l’Ouest mais pour y faire quoi ? Tu as des grands-parents, des amis là-bas ?

Nagami secoua la tête, les perdant un peu plus avec ce souhait si fort d’aller dans l’Ouest alors qu’elle n’y avait personne. Cette petite était seule… Riza vit les larmes lui monter aux yeux mais ce fut Havoc qui réagit en premier, la faisant glisser sur ses genoux pour la prendre dans ses bras afin de la réconforter comme il en avait le talent. Même s’il était un grand immature, parfois, la jeune femme devait bien reconnaître qu’il se débrouillait très bien – sans doute grâce à son tempérament, là où elle était plus froide et distante. Nagami s’accrochait à lui comme s’il avait été sa bouée de sauvetage, Havoc la rassurant et la serrant contre lui pour l’apaiser alors qu’elle tendait la main vers le petit bureau pour y attraper le dessin qu’elle avait dessiné et le tendre à Riza. Oh. Pour elle ? Touchée, la future mère le prit en la remerciant, un sourire attendri sur le visage, regardant ensuite le dessin qu’avait réalisé la petite. Il représentait une grande femme levant les bras vers le ciel, vêtue d’une robe sur laquelle était représentée de nombreux signes alchimiques, en tout cas c’est ce qu’elle comprit. Devinant le regard de Roy à côté d’elle, elle lui montra le dessin, cherchant à comprendre sa signification, et remarqua qu’il sourcillait, bras croisés. Donc, ce n’était pas un dessin anodin…

Roy – Qui t'as appris ça ?

Nagami – Personne, je me suis débrouillée toute seule. Il y a plein de livres à la bibliothèque.

Non mais doucement ! Riza interpella son supérieur d’un ton assez froid, lui lançant un long regard et lui reprochant sa brusquerie alors que Nagami était encore affectée par son quotidien à l’orphelinat. Lui rappeler des personnes comme ses parents ou des proches n’était pas la meilleure des idées ! Heureusement, la petite avait appris seule, ne semblant pas troublée par la question du Colonel. Au contraire, elle s’extirpa des bras de Havoc qui la laissa partir et grimpa immédiatement sur la chaise de son bureau, attrapant une nouvelle fois un crayon pour faire un dessin sur les feuilles que Riza lui avait laissées. Fronçant les sourcils, elle observa ce que Nagami faisait à distance, légèrement penchée sur la feuille contrairement à Roy qui s’était approché pour la regarder. Sans voir en détail, la jeune femme vit cependant très nettement le changement de comportement de son supérieur qui agissait, comme son propre père, un peu à la manière d’un guide qui teste les connaissances de son apprenti.

Ne faisant aucun commentaire, Riza détailla le comportement de Roy en même temps que les autres membres de l’équipe qui avaient levé le nez de leur dossier. Elle leur fit signe de ne rien dire, de laisser faire, tandis que le Colonel aidait la petite à terminer ce qu’elle faisait et lui apportait même de quoi montrer ce qu’elle voulait faire. Si eux ne comprenaient pas grand-chose, Riza avait appris à s’effacer durant ces moments, ayant assisté à certains cours pour aider son père malade parfois, et revoyait le même genre de lien se tisser entre deux alchimistes – dont une en devenir et très forte malgré son âge. Elle ne voyait pas les yeux de son époux mais elle était convaincue qu’à l’intérieur brillait un certain intérêt, de la curiosité et de l’étonnement.

Plus encore lorsque Nagami transforma un pot de crayons en un magnifique petit oiseau de fer, aux ailes déployées qu’elle donna à Riza avec un grand sourire. Très sincèrement, la sniper ignorait ce qu’elle avait fait, mais ces marques d’attention la touchaient au plus haut point, surtout avec le talent dont semblait faire preuve la fillette. Elle ne comprenait pas grand-chose à l’alchimie, seulement capable d’en reconnaître les signes et les principes de base après toutes ces heures passées avec Roy, mais elle connaissait la rigueur nécessaire et l’étude en plus de la passion dont faisaient preuve les alchimistes. Ils ne créaient rien, se servant de ce qu’ils avaient à disposition, et il fallait une certaine maturité pour le comprendre. Cette petite, ayant appris l’alchimie seule, était sans doute plus mature qu’eux lorsqu’ils avaient son âge. Les étincelles bleues produites, la sculpture de métal… Elle avait du talent pour l’alchimie et semblait très à l’écoute. Soudain, son sourire se fana sans que Riza n’en comprenne la raison, aucun d’eux n’avait fait le moindre commentaire en dehors de certaines expressions traduisant leur surprise.

Nagami – Pourquoi on me dit toujours que l'alchimie, ça ne sert à rien et c'est dangereux, à l'orphelinat ?

Oh… Riza lança un regard à Roy pour lui faire comprendre qu’elle s’en chargeait, qu’il ne dise rien, et s’abaissa avec le petit oiseau qu’elle tenait entre ses mains pour être un peu plus basse que Nagami. De cette façon, elle pouvait la regarder sans problème, la chaise étant un peu plus haut comme elle-même était accroupie. Ramenant encore ses cheveux noirs derrière ses oreilles, comme lorsqu’elle dessinait, la jeune femme lui fit un petit sourire triste, cherchant ses mots. C’était à cause de soldats et alchimistes comme le Colonel que la population avait peur… A cause du massacre à Ishbal, à cause de la réputation des Alchimistes d’Etat donc le colonel Roy Mustang était la figure que l’on retenait en pensant à eux. C’était lui qui avait le plus aidé, à Ishbal, malheureusement. Nul doute que les responsables des orphelinats militaires connaissent toute cette histoire et ce qui l’avait poussé au rang de colonel. Mais Riza refusait de le dire, même si Roy l’acceptait et l’assumait, c’était faux et mettre d’horribles raisons dans la tête de Nagami, encore innocente, était idiot. Elle détailla un peu l’oiseau en fer sans répondre pendant quelques secondes puis le releva un peu pour s’aider de cet exemple afin de donner une réponse satisfaisante à Nagami.

Riza – Tu as créé cet oiseau à partir d’une simple boîte à crayons. Connais-tu beaucoup de personnes sachant faire cela à ton âge ? Les alchimistes n’ont pas bonne réputation parce qu’ils sont capables de faire des choses que la majorité des personnes ignore. Ils ont peur à cause des faits du Passé et assimilent toujours l’alchimie à tout ce qui est néfaste alors que ce n’est pas du tout le cas. Entre de bonnes mains, elle peut créer des liens importants et je reste convaincue que seules les personnes sensibles, assidues, très ouvertes et passionnées peuvent l’étudier.

Riza avait l’impression de marcher sur des œufs mais elle ne voulait pas effrayer l’enfant, ni la dégoûter du monde qui vivait à Amestris ou à Central. Il fallait trouver une solution… La laisser retourner à l’orphelinat était impossible, Roy était d’accord avec elle. Et elle était douée en alchimie, cette petite ne pouvait rester sans protection s’ils voulaient éviter que les homonculus ne lui tombent dessus. De plus, rester à l’orphelinat risquait de détruire la passion qu’elle avait envers l’alchimie alors qu’elle était douée. En l’observant dessiner et transformer cette boîte à crayons, Riza avait vu briller dans ses yeux la même lueur que dans celles de Roy lorsqu’il étudiait l’alchimie, plus jeune. Il ne fallait pas tuer cela, surtout pas. Nagami avait du talent et l’alchimie l’aidait à ne pas se sentir trop seule, lui donnait matière à réfléchir sans se renfermer sur elle-même. Et, même sans en parler à son supérieur, le lieutenant savait qu’il pensait la même chose. Elle déposa le petit oiseau sur le coin du bureau, toujours accroupie, et prit les mains de la fillette entre les siennes, doucement.

Riza – Tu ne dois pas écouter ce que l’on te dit à l’orphelinat vis-à-vis de l’alchimie, dit-elle en exerçant une légère pression sur les mains de Nagami. Tu as appris toute seule et tu n’as fait de mal à personne, tu es très douée. On va chercher une solution pour que tu n’aies plus à fuir comme cela, les rues de Central sont très dangereuses pour une petite fille comme toi. Surtout avec le talent que tu as. Je te promets de faire tout mon possible pour t’aider, d’accord ? Et je suis sûre que le Colonel en fera autant.

En disant cela, Riza avait relevé et tourné la tête vers le Colonel pour avoir son appui, ayant besoin d’aide pour convaincre Nagami qu’elle ne risquait rien. Ils ne pouvaient pas la renvoyer à l’orphelinat et ils devaient impérativement la convaincre, lui montrer qu’elle était en sécurité ici, avec eux. S’ils la braquaient, elle risquait de fuir à nouveau et de se refermer alors qu’ils avaient fait d’immenses progrès en l’espace de quelques minutes à peine. En réalité, si cela ne tenait qu’à Riza, elle aurait accepté que la petite reste avec eux le temps de trouver une solution, au bureau, et qu’elle loge quelque part, mais elle n’avait pas le droit de décider de cela toute seule. Roy savait s’il était possible de l’héberger dans les dortoirs militaires ou non et si elle y serait en sécurité.


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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Ven 30 Juin 2017 - 16:23

Puisqu’elle n’avait plus personne, à quoi bon vouloir rentrer dans l’Ouest ? Qu’est-ce qui l’attirait là-bas, si ce n’est, peut-être, une maison vide d’habitants et fermée à double-tour ? Ou une maison occupée par une autre famille depuis longtemps. Il grimaça un peu lorsqu’il la vit sur le point de pleurer une fois de plus, cependant, Havoc réagit au quart de tour, l’attrapant dans ses bras pour la réconforter. Le colonel ne savait plus trop quoi en penser, ils avaient une gamine orpheline, voulant retourner dans l’Ouest là où plus rien ne l’attendait, fugueuse douée en alchimie, au milieu de leur début dans une journée de travail qui avait pourtant débuté de façon tout à fait classique. Donc… Et maintenant ? Il soupira un peu en se frottant le front, cherchant une solution, car là, ils étaient dans une belle impasse. La renvoyer à l’orphelinat une fois de plus ne servirait à rien… Elle fuguera à nouveau et sa prochaine sortie pourrait bien lui être mortelle. Une enfant de cette âge toute seule sur les routes ! Soit, les frères Elric étaient à peine plus âgés, mais ils étaient deux, savaient très bien se battre et Edward avait aussi des gardes du corps, en ce moment. C’était en plus une situation exceptionnelle, en temps normal, jamais on ne laisserait deux gamins de treize et quatorze ans se balader dans tous le pays seuls comme ça. Croisant les bras tout en réfléchissant, Roy jeta un coup d’œil au dessin que la petite tendit à Riza, croyant y voir un innocent dessin d’enfant, mais pas du tout. Il sourcilla un peu, surpris de la précision et du soin qui y avait été mis, peinant aussi à croire que c’était à l’orphelinat qu’on avait lui apprendre ça.

Roy – Qui t'as appris ça ?

Nagami – Personne, je me suis débrouillée toute seule. Il y a plein de livres à la bibliothèque.

Il rouvrait la bouche pour lui poser une autre question lorsque le lieutenant l’interrompit d’un ton froid. Qu’il y a-t-il ? Que lui reprochait-elle, cette fois ? Il haussa un peu les sourcils en lui rendant son regard, pendant que la petite retournait sur sa chaise pour reprendre une autre feuille plus grande et un crayon. Curieux, pour le coup, Roy s’approcha d’un pas pour regarder ce qu’elle traçait, au-dessus de son épaule, reconnaissant bien vite dans quoi elle se lançait. La transmutation du fer et du métal, dans une première ébauche, le premier stade auquel on s’essayait en étant débutant, pour les petits objets. Un léger sourire de nostalgie éclaira son visage lorsqu’il vit hésiter sur un des symboles puis il se pencha un peu, lui prenant le crayon pour corriger l’erreur et tracer le juste symbole. Celui-ci faisait parti des plus complexes à retenir, bien qu’il semble ressembler à tous les autres. C’est qu’elle se débrouillait vraiment bien, elle lui rappelait Edward, tout à coup. En se redressant, Roy croisa le regard de Breda, qui avait d’un coup stoppé tout mouvement, bouche bée. Et bien quoi ? Qu’est-ce qui pouvait leur prendre, à tous, aujourd’hui ?

Lorsque la petite eut terminé son cercle, elle se mit à chercher autour d’elle la matière première pour sa transmutation. Mais il n’y avait pas grand-chose, dans ce bureau, pour lui servir, et ils ne pouvaient lui donner une arme, malgré la matière. Le colonel jeta un œil derrière lui puis prit une boîte en crayon sur le coin de son bureau, la vidant puis la donnant à la petite en lui disant qu’elle pouvait utiliser ça. L’observant poser les deux mains bien à plat sur les bords du cercle, les éclairs bleus et blancs habituels jaillir, il détailla l’objet se transformant et devenant un petit oiseau, ailes déployées, au milieu du cercle. Son maître lui avait dit un jour que les premiers objets transmutés reflétaient la personnalité de celui ou celle procédant au phénomène, qu’ils étaient comme des révélateurs de ce qu’on allait devenir par la suite. En plus, bien sûr, des objets créés pour s’entraîner ou les offrir à d’autres, comme la petite le fit en tendant l’oiseau au lieutenant. Si elle avait appris toute seule, dans les livres, c’est qu’elle y mettait autant de passion et de goût que les frères Elric. Ces dernières années, il était pourtant devenu plus rare que des personnes s’intéressent à la pratique, les histoires sur Ishbal avaient trop échauffé les esprits et trop effrayé.

Nagami – Pourquoi on me dit toujours que l'alchimie, ça ne sert à rien et c'est dangereux, à l'orphelinat ?

Voilà, exactement ce à quoi il pensait juste à l’instant. Le lieutenant fit signe qu’elle s’en occupait, néanmoins, s’agenouillant pour être à moindre hauteur et sourire à la fillette. Roy ne pensait pas qu’elle allait lui raconter de but en blanc ce qui était arrivé à Ishbal, pas à une enfant de cet âge, elle qui avait déjà dû se résoudre, avec bien de la peine, à tout raconter à Edward, qui avait deux ans de plus et qui avait vécu une partie de tout cela en réel. Le colonel recula d’un pas pour les laisser tranquille, voyant que les autres membres de l’équipe repensaient à Ishbal, en cet instant. Tous l’avaient connu, sauf Fuery qui n’était pas encore assez âgé pour être envoyé au front, à ce moment-là, juste à la limite de ceux qui partaient. Ishbal, la raison qui poussait à détester les Alchimistes d’État, et au travers d’eux l’alchimie dans son ensemble, ainsi qu’à la craindre. Roy savait bien que, en tant que « Héros d’Ishbal », il était l’une des principales raisons poussant à détester et avoir peur de l’alchimie.

Riza – Tu as créé cet oiseau à partir d’une simple boîte à crayons. Connais-tu beaucoup de personnes sachant faire cela à ton âge ? Les alchimistes n’ont pas bonne réputation parce qu’ils sont capables de faire des choses que la majorité des personnes ignore. Ils ont peur à cause des faits du Passé et assimilent toujours l’alchimie à tout ce qui est néfaste alors que ce n’est pas du tout le cas. Entre de bonnes mains, elle peut créer des liens importants et je reste convaincue que seules les personnes sensibles, assidues, très ouvertes et passionnées peuvent l’étudier.

Tiens, le lieutenant pouvait être douce lorsqu’elle s’y mettait, même ici à la caserne. Ce n’était pourtant pas sa réputation, pas plus qu’au colonel, car ils avaient trop d’exemples où la jeune femme s’était révélée très rigide, stricte, sévère et froide. « Qui se ressemble s’assemble ! » comme lui avait lancé Hughes en éclatant de rire, l’autre jour au téléphone, avant que Roy ne lui raccroche au nez. Bref, en attendant, ça ne réglait pas leur problème, que faire de la petite ? L’orphelinat avait prouvé ses limites, si elle y retournerait, elle fuguera encore et risquera sa vie sur les routes ou dans un accident. D’autant plus en tant que jeune alchimiste, il était incroyablement dangereux de laisser des enfants expérimenter seuls, après un certain niveau… Preuve, une fois de plus, avec les frères Elric, qui avaient commis l’irréparable. Heureusement, ils avaient ensuite été pris en charge par un professeur. C’était surtout cela qui inquiétait Roy, en cet instant précis, on ne pouvait pas laisser un gosse en roue libre dans ce genre d’apprentissage, il pouvait arriver trop de malheurs, dont les plus graves étaient ceux qui avaient poussé Edward et Alphonse dans cet état. Madless aussi en était un exemple… Il n’avait jamais eu de professeur, il avait tout appris seul dans les livres et aujourd’hui, son état était parlant. L’esprit critique et la réflexion ne se développaient pas de la même façon lorsque personne ne vous poussait à remettre en question les écrits et penser autrement. Réfléchir, c’était le maître-mot.

Riza – Tu ne dois pas écouter ce que l’on te dit à l’orphelinat vis-à-vis de l’alchimie, dit-elle en exerçant une légère pression sur les mains de Nagami. Tu as appris toute seule et tu n’as fait de mal à personne, tu es très douée. On va chercher une solution pour que tu n’aies plus à fuir comme cela, les rues de Central sont très dangereuses pour une petite fille comme toi. Surtout avec le talent que tu as. Je te promets de faire tout mon possible pour t’aider, d’accord ? Et je suis sûre que le Colonel en fera autant.

Plus que la fuite, c’était bien les dérives qui angoissaient le colonel en cet instant. Il hocha néanmoins la tête avec lenteur, lorsque le lieutenant releva la tête vers lui, toujours les bras croisés. Il est vrai que sa situation pouvait jouer, les orphelins sont très tentés, fatalement, par… Il pâlit un peu en songeant, une fois de plus, à Edward et son petit frère. Danger. Très gros danger en vue. Bon, danger, régler le souci « orphelinat ». Qu’inventer comme excuse pour lui éviter d’y retourner dans l’heure suivante ? Ils pourraient dire quelque-chose, du genre… Étant donné qu’elle causait trop d’ennuis à Central, il avait été décidé de l’envoyer dans un établissement plus « classique » dans l’Ouest ou l’Est, plutôt dans l’Est car Roy connaissait quelqu’un susceptible de les y couvrir. A Central, où entrer dans l’armée était vu comme une chance et une fierté, les gérants de l’orphelinat verront cet envoi au loin comme une punition, car Nagami n’aura ainsi plus accès à l’éducation militaire. Bon, pourquoi pas. Il y réfléchit encore un instant puis fit signe à Riza de venir à l’écart un moment, ainsi que Falman, laissant la petite avec Havoc pour le moment. Il lui expliqua rapidement et à voix basse à quoi il pensait, comptant aussi sur la tête pensante qu’était Falman pour tous les détails.

Falman – Callum acceptera ? Il est très à cheval sur les règles, surtout pour son orphelinat.

Roy – Il me doit une faveur, je l’ai, disons, aidé il y a deux ans, sur un sujet épineux.

Bien sûr, une affaire à la fois très éloignée et très proche, il n’en dit pas plus, malgré le regard en biais que lui lança son subordonné. Ils faisaient tous des écarts, parfois, et le colonel n’en était pas à son premier, très loin de là. Voilà des années qu’il jouait parfois avec les règles et le système, on ne gravissait pas les échelons comme ça ne étant parfaitement intègre. En attendant, prévoir la suite. Laisser la petite dans une caserne n’était pas une bonne idée, ce que le colonel souligna ensuite, il n’avait aucune confiance en la plupart des officiers ici, pas tant qu’il ignorait précisément qui servait Bradley et qui luttait secrètement contre ses plans.

Roy – Il y a autre chose, j’ai un peu peur qu’elle ne finisse par avoir les mêmes idées que les frères Elric, avoua-t-il. Elle en a peut-être déjà le potentiel, tout dépend de ce qu’elle a étudié ou non. Ce serait idiot de la laisser comme ça.

Falman – Vous allez la prendre comme élève ?

Roy – Pourquoi pas ?

Et pourquoi Falman prenait un air si choqué ! Un peu vexé, Roy soupira longuement, recroisant les bras en ajoutant qu’il n’était tout de même pas obligé d’être scié comme ça sur place, franchement. Bref ! Il fourra les mains dans ses poches, dans une attitude très peu martiale, plongée en pleine réflexion. Ça ne réglait pas toute la question, loin de là, où laisser Nagami le soir pour qu’elle reste en sécurité ?

Roy – Je n’ai pas confiance à la laisser dans le coin toute seule. Pas avec ce qui se trame dans les sous-sols. Ni dans un hôtel, pas à cet âge. Dites-moi que vous avez des idées ?


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Nagami Nakahara

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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Sam 15 Juil 2017 - 16:39

Est-ce qu’ils pouvaient lui expliquer ou pas ? Quand Nagami posait cette question, à l’orphelinat, tout le monde lui répondait de ne pas le faire, que c’était comme ça et qu’elle devait écouter, c’est tout. La dame se mit à genoux près de la chaise, avec un petit sourire, puis tendit la main pour lui remettre une longue mèche noire derrière son oreille, en un geste si doux qu’il fit fondre la fillette en un seul instant et qui la convainquit qu’elle était gentille. C’était comme ça, les gens méchants ne s’approchaient pas de vous et ne faisaient que crier, ceux gentils vous souriaient et vous parlaient sans vous brusquer ou vous frapper. Elle baissa un peu la tête pour regarder son interlocutrice droit dans les yeux, en se disant que ce serait plus joli si elle laissait ses cheveux détachés, mais ça devait pas être très pratique dans son métier.

Madame – Tu as créé cet oiseau à partir d’une simple boîte à crayons. Connais-tu beaucoup de personnes sachant faire cela à ton âge ? Les alchimistes n’ont pas bonne réputation parce qu’ils sont capables de faire des choses que la majorité des personnes ignore. Ils ont peur à cause des faits du Passé et assimilent toujours l’alchimie à tout ce qui est néfaste alors que ce n’est pas du tout le cas. Entre de bonnes mains, elle peut créer des liens importants et je reste convaincue que seules les personnes sensibles, assidues, très ouvertes et passionnées peuvent l’étudier.

De quels faits du passé ils avaient peur ? Des guerres ? Il y en avait toujours, des guerres… Et la petite savait qu’on y utilisait les alchimistes d’État, même si elle ne savait pas vraiment quel était leur rôle exact là-bas, ayant toujours cru qu’ils y allaient pour reconstruire après la guerre ou soigner les gens. Cependant, cette vision ne devait pas être très juste, étant donné la façon dont ses professeurs en parlaient… Mais elle, c’était aussi pour ça qu’elle avait commencé à étudier l’alchimie ! Plus petite, elle avait lu dans un livre que l’alchimie était le pouvoir de faire le bien au service du peuple, donc par association, les alchimistes au service de l’état étaient forcément ceux qui avaient les plus grandes capacités et donc pouvaient le plus aider la population, puisque l’État est là pour servir et défendre la population. Pas vrai ? Elle regarda la dame qui posa l’oiseau sur le bureau et lui prit les mains entre les siennes ensuite, puis le colonel, puis Jean qui était derrière et lui souriait, en fumant sa cigarette. Hein, que c’était vrai ? Elle avait vu ça dans plein de livres, que ce pouvoir était pour le bien du peuple ! Donc c’était vrai ! Hein, oui ? Non ? Un peu hésitante, tout à coup, elle revint sur la dame, prête à lui demander la vérité lorsqu’elle la devança, en reprenant la parole.

Madame – Tu ne dois pas écouter ce que l’on te dit à l’orphelinat vis-à-vis de l’alchimie, dit-elle en exerçant une légère pression sur les mains de Nagami. Tu as appris toute seule et tu n’as fait de mal à personne, tu es très douée. On va chercher une solution pour que tu n’aies plus à fuir comme cela, les rues de Central sont très dangereuses pour une petite fille comme toi. Surtout avec le talent que tu as. Je te promets de faire tout mon possible pour t’aider, d’accord ? Et je suis sûre que le Colonel en fera autant.

C’est vrai ? Très touchée, Nagami lui sourit et hocha la tête, la regardant ensuite s’éloigner avec le colonel et le monsieur aux cheveux gris un peu plus loin. Plongée dans ses pensées, elle se pencha pour prendre son ours en peluche dans son sac à dos, par terre, et le serrer dans ses bras, appuyée contre le dossier de la chaise. La fatigue lui retombait dessus, tout à coup, elle s’était levée très tôt, après une mauvaise nuit, et avait beaucoup marché, avant de se faire traîner ici, où elle s’était beaucoup débattue puis cachée. Fermant les yeux, elle se laissa peu à peu aller à la somnolence, se réveillant un peu lorsque Havoc la reprit dans ses bras et écrasa sa cigarette dans le cendrier. La fillette se blottit tout contre lui, son ours dans les bras, puis referma les yeux, après avoir posé sa tête contre l’épaule du soldat. Là, c’était très bien, tout à coup. Elle devait dormir depuis à peine deux trois minutes lorsque des coups furent donnés à la porte. Sursautant, Nagami glissa u sol puis courut derrière le bureau. Accroupie, bien cachée, elle risqua un œil dehors, grimaçant en voyant le sale type, celui qui avait insulté ses parents, entrer avec plein de dossiers.

L’homme resta une bonne dizaine de minutes, parlant d’une voix rapide et autoritaire, qu’elle détesta aussitôt. Il avait insulté ses parents ! Restant sans bouger jusqu’à ce qu’il parte, elle se releva dès que la porte fut fermée puis resta dans son coin, serrant son ours et baissant le visage contre lui pour se rassurer. Cet endroit lui faisait peur… Il y avait des hommes mauvais, ici, qui hurlaient et disaient des choses affreuses. Revenant vers la dame blonde qui parlait doucement, elle resta à côté d’elle sans plus bouger, guettant la porte du regard et prête à retourner sa cacher au moindre bruit. Elle tendit la main gauche et glissa timidement le bout des doigts dans la main de la dame avant de s’y accrocher, se rapprochant un peu plus pour se sentir plus en sécurité.

Nagami – Il y a des gens mauvais, ici, murmura-t-elle.


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Dim 13 Aoû 2017 - 16:19

Roy ne répondit pas tout de suite mais la petite Nagami sembla touchée par ce que Riza venait de dire puisqu’elle hocha la tête en souriant. Au moins, elle était calmée et rassurée… Ce qui était le but premier de cette discussion, la jeune femme ne voulant pas prendre le risque de voir Nagami s’enfuir et se réfugier dans une salle en fermant la porte derrière elle. Bon, ils avaient Roy qui pouvait débloquer la porte, oui, mais ce n’était qu’une solution temporaire. Il fallait trouver une meilleure idée, une solution qui permettrait de garder la petite en sécurité sans que cela ne paraisse suspect et sans impliquer trop de personnes dans cette histoire. Elle-même craignait que Nagami ne s’attire des problèmes, qu’elle n’attire l’attention des homoculus sur elle, qu’il ne lui arrive quelque chose à force de fuir ou que les militaires en aient marre comme c’était déjà le cas ici alors qu’elle avait un don visible pour l’alchimie d’après ce qu’elle avait cru comprendre. Etant donné la réaction de Roy en la regardant faire… Donc, mieux valait-il peut-être la garder à l’œil… Mais comment ?

Réfléchissant, Riza vit le petit signe que lui fit Roy pour s’écarter, laissant ainsi Nagami avec Havoc alors qu’elle se blottissait dans ses bras. Que faire d’elle… ? Le Colonel leur parla ensuite de son idée, faire croire qu’ils envoyaient Nagami dans une école classique dans l’Est comme elle causait trop d’ennuis à Central, et que l’orphelinat verrait cela comme une sanction étant donné que Nagami n’aurait pas droit à l’éducation militaire. Il connaissait quelqu’un susceptible de les aider… Oui. D’accord, c’était une possibilité et elle lui faisait confiance. Mais est-ce que l’orphelinat accepterait ? Et comment faire pour que Nagami ne soit pas vraiment envoyée dans l’Est, si jamais l’histoire venait à s’ébruiter ? Ils étaient surveillés, constamment, surtout à Central. Riza croisa les bras, regardant la petite blottie contre Havoc qu’elle semblait déjà avoir adopté.

Falman – Callum acceptera ? Il est très à cheval sur les règles, surtout pour son orphelinat.

Roy – Il me doit une faveur, je l’ai, disons, aidé il y a deux ans, sur un sujet épineux.

Riza lança un regard à Roy sans insister, connaissant sa mère à présent et sachant qu’il n’agissait pas toujours de manière « légale ». Ce qu’elle comprenait en considérant la situation dans laquelle ils étaient, les personnes formant le gouvernement et les menaces qui pesaient sur leur tête. Roy voulait gravir les échelons et avait souvent eu des obstacles sur son chemin, il s’en était pourtant tout le temps tiré et restait fidèle à ses principes depuis toujours. Tant qu’il respectait sa ligne de conduite, Riza n’intervenait pas, se contentant de le protéger et de veiller sur lui depuis des années. Il était assez grand pour savoir ce qu’il devait faire, se sachant surveillé et menacé, tout comme elle, connaissant les têtes pensantes de toute cette histoire. Il reprit la parole, soulignant que laisser la petite dans une caserne n’était pas une bonne idée, faute de confiance envers les officiers présents ici. Sentiment qu’elle partageait, refusant de laisser Nagami entre les mains de personnes qui risquaient de la livrer aux homonculus, plus encore depuis qu’elle savait jusqu’où ils pouvaient aller pour obtenir ce qu’ils voulaient. En tout cas, d’après le bref aperçu qu’elle en avait…

Roy – Il y a autre chose, j’ai un peu peur qu’elle ne finisse par avoir les mêmes idées que les frères Elric, avoua-t-il. Elle en a peut-être déjà le potentiel, tout dépend de ce qu’elle a étudié ou non. Ce serait idiot de la laisser comme ça.

Falman – Vous allez la prendre comme élève ?

Roy – Pourquoi pas ?

Qu… Pardon ?! Riza entrouvrit légèrement la bouche en même temps que ses coéquipiers, choquée. Il lui avait déjà dit qu’il ne se voyait pas avec une apprentie ! Le soir, il leur arrivait souvent de discuter, et il lui avait déjà affirmé ne pas vouloir prendre d’élèves là où elle-même avait répondu que cela ne la dérangerait pas. Alors, ce changement était… hallucinant. Oui, voilà, c’était le mot. Incompréhensible. Cette petite l’avait charmé en même pas deux minutes ! Un tour en alchimie et le voilà conquis là où Edward semblait l’irriter au possible à chaque fois qu’il le voyait. Alors, pourquoi ? Que cachait ce ch… Oh. Edward. Roy venait de leur dire qu’il craignait que Nagami fasse la même chose que les frères Elric, qu’elle ait donc à en souffrir toute sa vie comme les deux garçons. Riza finit par sourire légèrement, attendrie, cette réaction prouvant que son supérieur tenait bel et bien aux frères Elric et qu’il se sentait responsable d’eux malgré eux. S’il prenait Nagami en apprentissage, il savait que cela demanderait énormément de travail, mais il savait aussi que cela éviterait que la petite ne reproduise la même chose qu’Edward et Alphonse qui en payaient le prix fort aujourd’hui. Elle posa le regard sur lui tandis qu’il mettait ses mains dans ses poches, prenant la tête qu’il avait toujours lorsqu’il réfléchissait.

Roy – Je n’ai pas confiance à la laisser dans le coin toute seule. Pas avec ce qui se trame dans les sous-sols. Ni dans un hôtel, pas à cet âge. Dites-moi que vous avez des idées ?

Avant que l’un deux n’ait le temps de répondre quoi que ce soit, des coups brefs et forts furent frappés à la porte avant que Spinner n’entre, les bras chargés de dossiers, leur hurlant presque dessus. Ils devaient travailler, avaient d’autres dossiers plus importants que celui de cette gamine insolente et irresponsable, et ils ne pouvaient se permettre de rester les bras croisés pendant une heure alors que leurs bureaux débordaient. Riza se contint, ne répondant absolument rien pour laisser son supérieur gérer cette histoire s’il le souhaitait. Elle surveilla seulement, du coin de l’œil, Nagami qu’elle avait vu sauter des genoux de leur coéquipier pour filer se cacher derrière son bureau. A peine tendue… Ce qui était compréhensible, mais mieux valait la garder à l’œil. Avec ça, les paroles et le ton de voix agaçant de Spinner n’arrangeaient rien, surtout qu’ils avaient réussi à calmer la petite avant son entrée en trombe ici. Attendant simplement que l’orage passe, Riza resta donc droite comme l’exigeait le rang d’officier, sachant que Bradley n’attendait qu’un écart d’eux pour sévir comme Roy le lui avait fait savoir. Dès que Spinner eut déposé tous les dossiers sur les bureaux, il repartit en leur disant qu’il fallait que tout soit fait pour la veille, sous-entendant qu’ils étaient débordés alors qu’ils s’en sortaient bien. Ce qu’elle pouvait détester Central…

Riza – Bon, je suppose que nous sommes tous d’abord pour régler cette histoire le plus vite possible, dit-elle en jetant un regard vers la porte fermée. Je pense que vous avez raison, Colonel, je crains aussi pour la vie de cette petite… Elle est jeune et fragile, très influençable et terrorisée d’après ce que nous pouvons voir. Je ne me vois pas la laisser dans une caserne, il faudrait un endroit calme et sécurisé, où nous pourrions compter sur…

Riza s’interrompit en réalisant que Nagami s’était rapprochée d’elle, à nouveau, et qu’elle lui tendait la main gauche. Oh… Elle décroisa les bras pour que la petite puisse y glisser ses doigts, touchée alors qu’elle s’y accrochait et se rapprochait de la sniper, apparemment terrorisée. Ce qui confirmait ses paroles… Elle avait eu peur de Spinner, ne semblait pas supporter la vue des soldats et aurait probablement déjà pris la fuite s’ils n’étaient pas là. Guettant les bruits de pas provenant du couloir, Riza surveillait d’une oreille ce qu’elle entendait pour ne pas prendre le risque de voir encore Nagami filer en-dessous d’un bureau ou, pire encore, vers la porte pour s’échapper et trouver une nouvelle cachette plus tranquille. Et, dans ce cas, elle risquait d’aller loin puisqu’ils étaient à l’étage des bureaux avec des centaines et des centaines de militaires partout, elle pouvait très bien en croiser un à chaque coin de couloir…

Nagami – Il y a des gens mauvais, ici, murmura-t-elle.

Riza – Tu ne risques rien tant que tu restes près de moi. Tu nous fais confiance, non ? Ecoute, nous devons travailler et remplir tous ces dossiers que le monsieur qui t’a fait peur a amenés mais tu vas rester avec nous et personne ne te fera de mal.

Riza s’était agenouillée pour soulever le menton de Nagami, l’incitant à la regarder sans lui lâcher la main. Elle lui fit un sourire doux, essayant de la rassurer et de la calmer, puis la serra très fort dans ses bras pour lui prouver qu’ils ne l’abandonneraient pas, qu’elle ne risquait rien ici. Elle ne pouvait pas laisser cette petite sans protection, la confier à de parfaits inconnus… Ici, à Central, c’était beaucoup trop dangereux. Et si jamais les homonculus commençaient à s’intéresser à elle, comme ils s’étaient intéressé à Edward ? Bon, pour ce dernier point, ils n’avaient aucune confirmation mais Bradley avait accepté le jeune Elric, ce qui prouvait qu’il y portait forcément un intérêt quelconque. Riza poussa un soupir, caressant doucement les joues de la petite en s’écartant un petit peu d’elle pour la regarder. Il y avait bien une solution, mais ce n’était pas à elle de la prendre, pas seule en tout cas. S’ils choisissaient d’utiliser l’idée de Roy, ils ne pouvaient y mêler personne d’autre, seule leur équipe devait savoir. Elle ne pouvait l’abandonner, la laisser sans ses parents ni la mettre dans une famille d’accueil alors qu’elle savait quel sentiment engendrait la perte de ses deux parents. Riza se redressa, tenant toujours la main de la petite Nagami et la serrant contre elle avant de regarder son supérieur droit dans les yeux.

Riza – J’ai peut-être une idée mais il me faudrait votre accord, si vous me faites confiance. Nous pourrions demander à d’autres personnes, comme des amis, de veiller sur Nagami mais si nous appliquons votre idée… Cela signifierait mettre la vie d’autres personnes en danger à cause de nos décisions. Pour moi, si nous limitons le nombre de personnes au courant, ce serait plus simple et plus sûr. Et nous pourrions la protéger, réellement, et l’informer plus facilement de toutes les règles que vous avez apprises.


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MessageSujet: Re: Fuite avortée   Sam 19 Aoû 2017 - 11:16

Il y avait décidément beaucoup d'animation dans ce bureau, ce matin. Avant que quiconque ne puisse rouvrir la bouche ou émettre une idée, la porte s'ouvrit à nouveau brusquement et Spinner entra sans frapper, les bras chargés de dossiers, toujours d'aussi mauvaise humeur que toute à l'heure. Roy jeta brièvement un regard vers la petite, haussant légèrement les sourcils en voyant à quelle vitesse elle avait sauta des bras de leur collègue et ami pour filer se réfugier à l'abri derrière le bureau. Niveau réflexes, rien à redire, elle en avait de très bons. Bref, s'occuper de leur cher collègue qui était définitivement bien trop sur les nerfs pour vivre vieux et encore agacé par la petite, étant donné le spectacle de ce matin. Il leur refila des dossiers en sous-entendant que tous étaient urgents, même si ce n'était pas le cas, ne restant poli face à Roy que parce qu'il était d'un grade moindre. Un effort qui lui coûtait beaucoup, étant donné son regard, bienvenue dans l'armée, mon vieux, goûtes-en toutes les joies reliées. Dès qu'il fut enfin reparti, le calme retomba sur le bureau, arrachant un petit soupir de soulagement à Falman qui avait horreur des cris, alors qu'il était à son travail. Même Havoc semblait agacé, mordillant le bout de sa cigarette, tout en la rallumant puis en laissant tomber les cendres dans le petit cendrier en pierre posé sur un coin du bureau.

Riza – Bon, je suppose que nous sommes tous d’abord pour régler cette histoire le plus vite possible, dit-elle en jetant un regard vers la porte fermée. Je pense que vous avez raison, Colonel, je crains aussi pour la vie de cette petite… Elle est jeune et fragile, très influençable et terrorisée d’après ce que nous pouvons voir. Je ne me vois pas la laisser dans une caserne, il faudrait un endroit calme et sécurisé, où nous pourrions compter sur…

Sur ? Il baissa la tête pour comprendre ce qui l'avait interrompu, voyant la petite qui s'était à nouveau approchée, serrant un ours en peluche un peu usé contre elle, pour venir s'accrocher à la main de Riza comme si sa vie en dépendait. Ils en étaient au même point, "un endroit calme et sécurisé", très bien, mais où, avec qui, comment ? Y mêler d'autres personnes serait assez risqué et Roy ne voulait pas attirer des ennuis encore à d'autres, il en avait déjà bien assez attiré comme ça à tous les membres de son équipe...

Nagami – Il y a des gens mauvais, ici, murmura-t-elle.

Riza – Tu ne risques rien tant que tu restes près de moi. Tu nous fais confiance, non ? Ecoute, nous devons travailler et remplir tous ces dossiers que le monsieur qui t’a fait peur a amenés mais tu vas rester avec nous et personne ne te fera de mal.

On ne pouvait pas vraiment savoir si la petite leur faisait confiance ou non, il pouvait traverser tellement de trucs dans la tête des gamins, à cet âge-là. Néanmoins, il devait reconnaître que Riza s'y prenait bien, elle s'était agenouillée pour être à la même hauteur, ou presque, que la petite fille, puis l'attira contre elle pour la serrer dans ses bras. Même Falman et Havoc avaient faits des têtes bizarres, comme s'ils ne croyaient pas un instant que cette scène puisse vraiment se réaliser. On imaginait si mal le lieutenant faire des câlins à qui que ce soit ! Elle était toujours si stricte et sévère, après tout, c'était vraiment étonnant et bizarre de la voir se comporter ainsi. Roy ne pouvait s'empêcher d'être surpris, même s'il la côtoyait dans le privé, à présent, les observant toutes les deux en réprimant l'envie de frotter les yeux pour se prouver que c'était bien réel. Au bout d'un petit moment, le lieutenant se redressa, sans lâcher la main de l'enfant, et leva la tête vers lui. Etant donné son air, elle avait sûrement eu une idée, il connaissait bien ce regard-là, suffisamment pour en être convaincu. Le colonel lança un bref regard vers la porte, écoutant, pour s'assurer que personne d'autre n'avait l'intention de surgir dans ce bureau à la manière d'un buffle, à la façon de Spinner. Ce type avait le don de taper sur le système de tout le monde, ils se trouvaient dans une caserne, on ne pouvait quand même pas oublier l'ordre et la discipline.

Riza – J’ai peut-être une idée mais il me faudrait votre accord, si vous me faites confiance. Nous pourrions demander à d’autres personnes, comme des amis, de veiller sur Nagami mais si nous appliquons votre idée… Cela signifierait mettre la vie d’autres personnes en danger à cause de nos décisions. Pour moi, si nous limitons le nombre de personnes au courant, ce serait plus simple et plus sûr. Et nous pourrions la protéger, réellement, et l’informer plus facilement de toutes les règles que vous avez apprises.

Roy – Ce n'est pas le bon endroit pour en parler, nous verrons ça ce midi.

Il comprenait ce qu'elle avait en tête, néanmoins, ce n'était ni le bon moment, ni le bon endroit, ils devaient se mettre au travail et occuper la petite en attendant le déjeuner, si elle devait rester avec eux. Réfléchissant un instant, il finit par fouiller un des vieux cartons, en bas d'un placard, qu'ils n'avaient pas vidé en déménageant dans ce bureau car ils n'en avaient pas l'utilité, puis en tira un vieux livre d'alchimie dont il s'était servi lui-même il y a des années pour l'étudier. Il le donna à Nagami puis la fit s'installer sur un bureau vide, à côté de lui d'Havoc, avec des feuilles et crayons pour qu'elle s'occupe. Et maintenant, au travail... Le colonel avait tellement horreur de la paperasserie administrative, c'était une corvée incroyable pour laquelle il avait un mal fou à s'y mettre. Pourtant, il le fallait bien, et il tâcha d'aller un minimum assez vite, malgré son envie profonde de laisser tomber. L'heure suivante fut nettement plus calme, il surveillait juste de temps en temps si Nagami était sage, travaillant avec le reste de son équipe en s'efforçant de rester concentré sur la corvée du moment. Au cours de la matinée, l'un ou l'autre de leurs collègues de Central passaient pour un dossier, un document à récupérer, une information ou autres choses encore, repartant ensuite aussitôt, affairés. Ce QG était vraiment une immense fourmilière. Roy avait deux réunions, cet après-midi, et devait aussi procéder à une inspection, à l'académie militaire, avec trois autres officiers pour juger ceux et celles à présent aptes d'entrer, ou non, au service de l'armée.

Peu avant treize heures, il fut temps d'arrêter. Comme ils ne pouvaient pas aller au réfectoire avec la petite, afin d'éviter les rumeurs, remarques et autres, ils devaient se rendre rapidement en ville, ils pouvaient déjeuner tout près, il y avait assez d'endroits le midi. Enfilant son manteau, il attendit que la petite et Riza soient prêtes, puis quitta la QG avec elles, sur un signe de main aux autres lorsqu'ils se rendirent au réfectoire, d'un pas décontracté. Une fois sortis, Roy se dirigea vers les rues adjacentes, plus animées à mesure qu'ils s'éloignaient des bâtiments de l'armée, pour arriver finalement dans une large avenue où pas mal de monde passait. Il prit trois barquettes de poisson et de nouilles aux légumes, bien chaudes, avec de l'eau, avant d'aller s'asseoir dans le parc d'à côté, dans l'herbe sous un grand chêne, avec sa femme et la petite fille. Au moins, ici, ils allaient être tranquilles. Personne pour crier ou râler que le travail n'avançait pas, personne pour leur reprocher quoi que ce soit. La vendeuse leur avait fournit des baguettes, pour manger, et avait même ajouté deux petits cookies pour le dessert, à l'intention de Nagami, avec un large sourire bienveillant. Les enfants avaient de telles capacités pour faire fondre certains adultes, c'était dingue. Tout en commençant à manger, il confirma à Riza que lui non plus ne voulait pas mêler d'autres personnes à tout ça, que c'était déjà bien assez tendu pour le moment.

Roy – Nagami, est-ce que tu accepterais de venir chez nous ?


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