Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Faire attention aux enfants

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Riza Mustang

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MessageSujet: Faire attention aux enfants   Lun 1 Mai 2017 - 22:32

Roy était dans une de ces réunions auxquelles Riza ne pouvait assister, réservées aux Alchimistes d’Etat. Elle en profitait donc pour faire un peu de paperasse administrative : ranger, classer les dossiers terminés, empiler ceux que le colonel devait absolument traiter en toute urgence, trier ses propres dossiers… Une certaine routine s’était installée malgré la tension permanente que le lieutenant sentait peser sur ses épaules. Et elle n’était pas la seule à être plus nerveuse : toute l’équipe l’était, même si un œil étranger ne verrait probablement rien. Falman était plus concentré, Havoc laissait parfois passer certaines blagues douteuses, Fuery n’avait plus l’air si jeune… Ce qui était, d’ailleurs, le plus choquant dans toute cette histoire. Au fond, seul Breda ne semblait pas avoir changé, même si c’était le cas. Ils savaient tous que leur mutation à Central n’était pas une si bonne idée que cela mais Riza était la seule à connaître la vraie menace qui pesait sur eux. Et sur le bébé…

Riza se leva après avoir apposé sa signature au bas d’un dossier, rangeant ensuite toutes les feuilles dans le fichier cartonné et orangé sur la pile de ce qui n’était plus à faire. Prenant un autre tas, elle le lit en détail assez rapidement avant de froncer les sourcils sur un élément qui ne collait pas au reste du rapport. Ce n’était peut-être qu’un « détail » mais elle n’aimait pas ne pas être sûre. Relevant la tête, elle s’adressa aux autres pour leur poser sa question, remarquant que Havoc et Falman commençaient à rêvasser. Tsss… Le lieutenant se leva, dossier dans les mains, et se dirigea vers eux comme leurs bureaux étaient côte à côte dans la grande pièce. Elle leur mit le dossier sous le nez, en tira deux feuilles et pointa les éléments discordant à ses coéquipiers.

Riza – Vous pouvez m’éclairer là-dessus ? Je n’ai pas suivi les détails de tous les vols effectués mais, ici, l’auteur du dossier a retranscrit cinq cents boîtes de médicaments et, sur cette page, il a parlé de cinq cents armes. Ce n’est pas la même chose du tout.

Havoc – Bah, ne vous prenez pas la tête pour cela, si la pers…

Riza – Bien sûr que si, entre cinq cents médicaments et cinq cents armes, tout peut changer !, dit-elle, excédée. Cela change le type de personnes qui a commis ce vol et les endroits où nous pouvons les retrouver ! Bon, je vais directement aller trouver le responsable de ce rapport, ce sera plus intelligent.

Riza remballa son dossier, laissant ses coéquipiers à la fois perplexes et blasés derrière elle. Oui, elle était minutieuse et ne laissait rien passer, elle savait que cela les énervait, mais peu importe. Ce n’est pas parce qu’ils étaient à Central qu’elle allait changer, que du contraire, ils se devaient d’être irréprochables pour l’instant et pour les six prochains mois au minimum. Rien que pour éviter de se faire remarquer et d’être séparés, menacés ou pire. Le lieutenant sortit du bureau du Colonel, refermant la porte derrière elle pour traverser les couloirs gris et carrés du QG de Central. Des décorations ou bustes d’anciens généraux étaient posés sur des piédestaux, çà et là, tandis qu’elle avançait en consultant son dossier rapidement. Le soldat Renan avait apporté les informations qu’elle cherchait, il fallait qu’elle le retrouve et il était aussi indiqué qu’il travaillait à Central. Ne connaissant pas tout le monde, Riza devait repasser par « l’accueil » pour connaître le numéro du bureau précis où elle pourrait le trouver. Autant, chez eux, tout était clair, autant ici…

La sniper descendit les marches menant à ce qui servait de hall transpirant la richesse et le luxe entre les tapis, les peintures dorées et les grands tableaux qui inspiraient une certaine forme de respect. Cela ressemblait à un château, lorsque l’on venait de l’Est… Malgré tout, elle savait que le style de Central était sobre et qu’il ne s’agissait que d’illusions, ici, histoire d’intimider le peuple et autres personnes venant séjourner dans la capitale. C’était un système odieux, auquel elle ne s’habituerait probablement jamais. Mais puisqu’ils étaient forcés de vivre ici jusqu’à une date indéterminée… Riza chercha du regard le bureau de l’accueil et écarquilla légèrement les yeux en constatant que la secrétaire s’époumonait face à un civil venant réclamer elle ne savait quoi. Ce dernier, surplombant de toute sa hauteur la jeune secrétaire, était largement penché au-dessus du bureau en bois brun, menaçant, lui hurlant des obscénités à la tête. Pire encore, il la saisit par le col au moment-même où deux autres soldats vinrent l’attraper par les épaules pour l’obliger à se reculer, s’éloignant avec lui. La pauvre femme tremblait alors qu’une file monstrueuse s’écartait pour regarder le civil responsable de tout ce grabuge. Bon… D’accord. Heu… D’un coup, Riza n’avait plus trop envie de passer par l’accueil. Tant pis, elle trouverait bien toute seule.

Au moment où elle tournait les talons, la jeune femme interrompit son mouvement alors que son regard tombait sur une grosse armure, imposante, se fondant dans le paysage du QG de Central. Alphonse ! Qu’est-ce… Oh, mais oui. Si elle ne pouvait pas assister à la réunion, lui non plus, il devait sûrement attendre son frère. Riza se rapprocha de lui, lui faisant un petit signe de la main discret avec un sourire, pas plus perturbée que cela par la scène qui venait de se passer. Elle avait vu bien pire, après toutes ces années, ce n’était pas un esclandre de ce genre qui allait l’étonner. Le rejoignant en quelques pas, elle le salua avec un grand sourire lorsqu’elle fut à ses côtés. Cela tombait très bien, elle avait des choses à lui dire, surtout point de vue sécurité.

Riza – Je ne m’attendais pas à te voir ici, dit-elle avec un sourire. Comment vas-tu ? Et ton frère, il ne fait pas trop enrager les gardes du corps ? Vous faites bien attention à vous, j'espère ? Vous êtes arrivés à Central depuis longtemps ou vous ne venez que pour la réunion ? Tu peux m’accompagner si tu veux, tu ne vas pas rester ici tout seul, je dois voir un soldat pour un dossier. Je pensais que, depuis le mariage, vous auriez pris le large comme Central n’est pas une ville spécialement appréciée par les personnes habituées aux paysages plus verts.


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Alphonse Elric

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Mar 2 Mai 2017 - 21:21

Le seul avantage de Central était que les habitants étaient si habitués aux extravagances en tous genres qu’ils ne se posaient pas de questions sur l’armure, sinon parfois un enfant ou deux qui s’écriait en riant « Regarde, maman, une armure géante ! », puis cela stoppait là. Alphonse s’était installé dans un coin du hall d’accueil, dans le QG, après avoir longuement hésite à rentrer seul à l’hôtel en attendant Edward, puis s’était décidé à patienter ici. Ainsi, si son grand frère voulait aller faire un tour en ville après la réunion, il ne sera pas obligé de repasser à l’hôtel pour le prévenir. Ils ne venaient pas souvent au QG de Central, c’était bien plus grand que celui d’East City. Plus beau, aussi, en un sens, il y avait une certaine classe qu’on ne retrouvait pas dans les autres casernes, plus sobres. Par contre, il n’y avait que du béton, pas de bois ni rien, c’était d’un triste. Les mains posées sur les genoux, Alphonse leva le nez pour détailler le lustre au plafond et les moulures autour, puis promena le regard sur les gens passant dans le hall, soldats comme civils, chacun vaquant à ses propres affaires. Deux soldats discutaient paisiblement en partant dans l’un des nombreux couloirs, des plans sous le bras, et une toute jeune femme à lunettes courait à moitié en portant toute une pile de dossiers, avec un air affairé. Pas mal de civils faisaient la queue au bureau d’accueil principal et à deux autres bureaux, servant à l’administration quotidienne.

Patientant dans son coin, il tourna un peu la tête en entendant un bout d’une conversation animée de deux jeunes soldats, qui discutaient du grand retour du commandant Madless. La nouvelle était tombée il y deux ou trois jours, même Alphonse en avait entendu parler, alors qu’il était en plein voyage avec son frère. Le commandant avait été retrouvé dans un village cachant des clandestins et des personnes recherchées de tous bords, lors d’une intervention de l’armée, menée par le Président en personne. L’Alchimiste d’Etat avait ainsi été arraché aux griffes du criminel Scar et ramené à Central. La rumeur voulait aussi qu’il ait perdu la mémoire, étant donné son comportement à l’arrivée. Vrai ou non ? Alphonse y songea alors que les deux jeunes militaires s’éloignaient en riant entre eux. Peut-être était-ce vrai, qui sait ? Si cet homme avait vu la Vérité, et qu’il avait été lui aussi « puni », il y avait de grandes chances qu’il bien perdu la mémoire à cause du choc. L’enfant en armure lui-même ne se souvenait plus de rien de ce qu’il avait vu lors de son passage, ni même de ce qui s’était vraiment passé durant le rituel, avec Edward. Peut-être le commandant avait lui aussi occulté tout un pan de ses souvenirs à cause du traumatisme. Une fois les deux soldats hors de vue, Alphonse reporta le regard sur le reste du hall, soupirant un peu en se disant qu’il faudra encore du temps avant qu’ils n’aient toutes les réponses à leurs différentes questions.

Quelques instants plus tard, une rixe éclata, au bureau principal d’accueil, le ton monta si vite qu’il s’en fallut d’un cheveu avant que tout le monde en vienne aux mains. Les gens étaient si stressés, ici ! Alphonse en était encore un peu choqué, lorsqu’il assistait à ça. Après tout, il ne fallait pas oublier que malgré ce corps de fer géant, il n’avait en réalité que treize ans. Tout ce qu’il avait déjà pu voir dans le pays avec Edward ne suffisait pas encore à « l’habituer » à ce genre de choses. De plus, il ne s’était pas rendu avec son frère à Ishbal, lors des quelques jours pour « nettoyer » la région. Soupirant un peu, il aperçut tout à coup le lieutenant Hawkeye, au milieu de tout ce monde, qui lui fit un petit signe de main discret avec un sourire, en se rapprochant. Le jeune garçon se leva dans un grincement de ferrailles et répondit poliment à son salut, inclinant un peu la tête. Il lui aurait sourit aussi, s’il l’avait pu, il la trouvait très gentille et savait que c’était aussi le cas de Winry. Même Edward l’aimait bien. Avec tout ce qui se passait et ce qu’ils apprenaient, Alphonse avait tendance à oublier que le lieutenant et toute l’équipe travaillaient à Central, maintenant. Ce devait faire très bizarre, après ces années passées à East City.

Lieutenant – Je ne m’attendais pas à te voir ici, dit-elle avec un sourire. Comment vas-tu ? Et ton frère, il ne fait pas trop enrager les gardes du corps ? Vous faites bien attention à vous, j'espère ? Vous êtes arrivés à Central depuis longtemps ou vous ne venez que pour la réunion ? Tu peux m’accompagner si tu veux, tu ne vas pas rester ici tout seul, je dois voir un soldat pour un dossier. Je pensais que, depuis le mariage, vous auriez pris le large comme Central n’est pas une ville spécialement appréciée par les personnes habituées aux paysages plus verts.

Alphonse – Oh, c’est gentil de vous soucier de nous, répondit-il d’un ton un peu gêné.

Le mariage, c’est vrai, elle ne s’appelait plus Hawkeye. Il la suivit dans les couloirs en répondant que lui, Edward et Winry allaient bien, merci beaucoup, ajoutant que Edward avait enfin cessé ses longues et effrayantes phases de silence, depuis qu’il était rentré d’Ishbal, et qu’il redevenait comme avant. Son frère lui avait vraiment fait peur, enfin, c’était derrière eux. Il recommençait à bien manger, dormir dans tous les coins à la première occasion et il était plongé dans les recherches sur le travail du docteur Marcoh, la moitié des travaux que le colonel lui avait donné. Tout comme Alphonse, d’ailleurs, ce travail de traduction leur prenait presque tout leur temps en ce moment. Tout en avançant dans le couloir, il fit bien attention de ne gêner personne avec son armure, culpabilisant un peu lorsqu’il faillit cogner quelqu’un par inadvertance.

Alphonse – Nous restons à Central le temps de faire nos recherches, continua-t-il sans préciser pour le moment, car il pouvait y avoir de nombreuses oreilles indiscrètes. On est à l’hôtel près de la bibliothèque, c’est plus pratique pour nous. Enfin, là, j’attends Edward, il ne voulait pas mais je voyais bien qu’il n’avait pas envie de venir ici tout seul.

Il connaissait son frère par cœur, ce n’était pas à lui qu’il allait parvenir à dissimuler quoi que ce soit. Alphonse s’interrompit lorsqu’ils arrivèrent à un autre bureau et attendit dans le couloir qu’elle termine ce qu’elle avait à s’occuper, avec son dossier. Durant ce temps, il contempla la ville par une des très hautes fenêtres, regrettant, il est vrai, les collines de l’Est et les petites maisons ci et là, entourées de murets de pierre. C’était tout autre chose. Lorsque le lieutenant sortit, il reprit la route avec elle, en se demandant ce que faisait son frère exactement et s’il était bien à l’aise entouré d’adultes, de soldats, même si bon, tous les Alchimistes d’Etat n’étaient pas forcément aussi militaires, bien qu’ils en aient le grade.

Alphonse – Et vous, vous vous êtes habitués à central ? Vous avez de la famille, ici ?


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Riza Mustang

Lieutenant

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Lun 5 Juin 2017 - 19:31

Alphonse – Oh, c’est gentil de vous soucier de nous, répondit-il d’un ton un peu gêné.

Voyons, c’était normal ! Riza les appréciait beaucoup, oubliant parfois qu’ils n’étaient que des enfants tant leur manière de penser était mature à propos de certains sujets. Cependant, leur fragilité la rappelait souvent à l’ordre, prouvant qu’ils étaient encore des enfants dans certaines situations. C’était normal. Ils avaient grandi sans leurs parents, sans vrais repères en dehors de leur grand-mère et de leur amie Winry, comment les choses auraient-elles pu être différentes aujourd’hui ? Roy aussi s’inquiétait pour eux. Même s’il ne l’avouerait jamais, même pas à elle. Il l’avait déjà laissé entendre, oh oui, mais dit textuellement en l’assumant… Ce n’était pas encore gagné.

Reprenant ses recherches, Riza continua à regarder chaque nom inscrit sur les portes des bureaux en écoutant toujours Alphonse, se sentant un peu moins seule. Fort heureusement, Edward et Winry allaient bien, son frère redevenant progressivement comme avant. Ishbal l’avait traumatisé, ce qui n’était guère étonnant… Une guerre telle que celle-ci, mais à « petite échelle », n’en restait pas moins monstrueuse. Surtout pour un enfant comme Edward. Il avait beau râler dès que les adultes le traitaient en enfant, il en était un malgré son statut et son talent pour l’alchimie. Il était réfléchi, certes, mais dans son caractère transparaissait souvent son âge à travers certaines de ses réactions.

Alphonse – Nous restons à Central le temps de faire nos recherches, continua-t-il sans préciser pour le moment, car il pouvait y avoir de nombreuses oreilles indiscrètes. On est à l’hôtel près de la bibliothèque, c’est plus pratique pour nous. Enfin, là, j’attends Edward, il ne voulait pas mais je voyais bien qu’il n’avait pas envie de venir ici tout seul.

Riza hocha la tête, comprenant l’inquiétude d’Edward comme elle ressentait exactement la même chose en venant ici. Grâce au Colonel, il travaillait sur les travaux de Marcoh et pouvait donc se changer les idées mais le lieutenant lui fit signe de ne rien dire de plus là-dessus, comprenant le sujet de leurs recherches comme Roy en avait parlé chez eux. Ils étaient à Central, il ne fallait pas l’oublier. Ici, plus que n’importe où ailleurs, il fallait rester sur ses gardes, même s’ils utilisaient un langage codé ou parlaient par sous-entendus. Les couloirs gris, les soldats affairés avec leurs airs mornes et froids, les absences de bonjour… Tout témoignait de leur présence à Central City. Au moins, Alphonse apportait un peu de gaieté à ce paysage où tout semblait identique à chaque couloir malgré les statues, bustes ou décorations. Tout était placé et calculé de façon à intimider les visiteurs comme les soldats, histoire de rappeler « qui commande », ce qui donnait de véritables nausées à Riza lorsqu’elle y pensait. Mais c’était le travail et elle refusait de céder, surtout face à Bradley.

Au bout d’un moment, elle parvint à trouver le bureau du soldat qu’elle cherchait, soulagée, et annonça à Alphonse qu’elle en avait pour deux minutes en lui montrant le dossier qu’elle tenait en main. Riza frappa deux brefs coups à la porte noire, guettant la permission d’entrer, et se présenta à l’homme aux cheveux blonds qui l’accueillit avec un sourcil levé et l’air de la personne qu’il ne fallait pas déranger. Elle s’avança jusqu’à lui, saluant le soldat Renan qui devait se demander ce qu’elle lui voulait. Rapidement, elle lui annonça qu’il y avait deux informations différentes à propos de la même donnée dans un dossier qu’il avait rédigé, ou au moins rapporté, et qu’elle désirait connaître les marchandises volées parce que cela changeait les intentions des voleurs, justement. Et, à la tête qu’il faisait, nul doute que Riza le dérangeait, surtout pour un détail tel que celui-ci. Cependant, grâce à son propre grade, il était obligé de lui répondre sans lui manquer de respect. Elle devait avouer comprendre le Colonel, dans ces cas-là, cela évitait de nombreuses pertes de temps inutiles.

Soldat Renan – Je suis désolé, j’ai dû être distrait en rédigeant ce rapport, dit-il en le prenant pour le consulter.

Il ouvrit un des quatre tiroirs de son bureau en bois brun, situé dans un coin de la pièce semblable à celle dans laquelle ils étaient eux-mêmes pendant la journée, et feuilleta plusieurs dossiers cartonnés. Sans doute étaient-ce ses brouillons, premières versions qu’il retravaillait avant de rendre son rapport final. Riza resta droite, patiente, le regardant en attendant sa réponse. Ce bureau était, définitivement, identique à celui dans lequel elle passait ses journées… Sinon qu’il était moins décoré, plus sobre, l’équipe du soldat Renan devant être ailleurs dans le QG pour l’instant. Il ne lui fallut que quelques minutes pour retrouver l’information qu’elle lui avait demandé : il s’agissait d’un vol de médicaments et non d’armes, il avait dû confondre avec un autre dossier. Le militaire allait se lancer dans des explications lorsque la sniper le remercia poliment, ajoutant qu’elle comprenait sans problème et qu’il ne devait pas se sentir obligé de se justifier avec elle. Elle n’était venue que pour un éclaircissement, rien d’autre. Se dirigeant vers la porte en bois, la jeune femme l’ouvrit et sortit, la refermant derrière elle en annonçant qu’ils pouvaient y aller à Alphonse.

Alphonse – Et vous, vous vous êtes habitués à central ? Vous avez de la famille, ici ?

Riza – Il faut bien…, dit-elle avec un sourire fatigué. Nous habitons ici, à présent, et nous avons tous été mutés pour travailler à Central. C’est très différent d’East City, comme tu le sais, mais nous ne sommes pas seuls donc cela rend les choses plus faciles. Même si je t’avoue que, souvent, la campagne me manque. Tout est si…

Gris. Morne. Identique. Industriel. Riza fit un geste vague du bras, très léger mais signifiant ce qu’elle voulait dire. Ils continuèrent à avancer, grimpant les escaliers menant au bureau du Colonel tout en prenant garde à ne renverser personne étant donné la taille imposante de l’armure d’Alphonse. Elle faisait de son mieux, cependant, pour lui épargner les couloirs plus étroits ou très fréquentés afin de faciliter ses déplacements. Tout en avançant, la jeune femme réfléchissait à la réponse à donner au frère d’Edward à propos de la famille. Si elle en avait… Oui. Oui, elle en avait ici, et elle l’avait découvert il y avait de cela un peu plus d’une semaine. Mais de là à considérer sa tante comme faisant partie de sa famille, c’était une autre histoire. Elle était… de la famille éloignée. Oui, c’était plutôt cela. Une parente très lointaine, découverte par hasard, et dont elle n’avait même pas parlé à Roy par besoin de faire le point sur ce que cela bouleversait chez elle. Et puis, il avait d’autres choses en tête pour l’instant.

Riza – Concernant ma famille, je n’ai plus personne depuis des années en dehors de mon grand-père. Mais j’ai découvert que j’avais… de la famille très éloignée, allons-nous dire, à Central, très récemment. Nos rapports sont un peu froids et distants donc nous allons découvrir Central par nos propres moyens : en faisant des courses et en travaillant. Comme Edward et toi, en fin de compte, à chaque fois que vous arrivez dans une nouvelle ville. D’ailleurs, tu sais quoi ? Ça me donne une idée. Pourquoi n’entrerais-tu pas le premier dans le bureau pour faire la surprise aux autres membres de l’équipe ? Je suis sûre qu’ils seront contents de te voir, un visage connu égaie le cœur ici.

Riza continua d’avancer après avoir brièvement regardé Alphonse pour lui proposer son idée, lui laissant le temps de se décider jusqu’à ce qu’ils arrivent devant le bureau. Elle ne voulait pas le forcer et savait qu’il était plutôt timide. Cependant, elle ignorait comment il se sentait lorsqu’il était entouré des membres de l’équipe de Roy et refusait de le mettre mal à l’aise ou de lui forcer la main pour ce qu’elle jugeait être une bonne idée. Traversant les couloirs, montant les escaliers, Riza salua d’autres militaires par pure politesse, ne les connaissant que de nom comme ils travaillaient au même étage, et veilla toujours à éviter les endroits étroits pour Alphonse. Elle faillit se perdre, néanmoins, tant tous ces couloirs se ressemblaient… Mais ils y étaient ! Souriant, elle s’arrêta devant la porte pour se tourner vers le petit Elric.

Riza – Tu leur fais la surprise ? Vas-y, entre le premier si tu le souhaites mais je ne t'oblige pas, je peux aussi t’annoncer, je suis sûre qu’ils vont t’accueillir avec de grands sourires.


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Alphonse Elric

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Sam 10 Juin 2017 - 23:09

Lieutenant – Il faut bien…, dit-elle avec un sourire fatigué. Nous habitons ici, à présent, et nous avons tous été mutés pour travailler à Central. C’est très différent d’East City, comme tu le sais, mais nous ne sommes pas seuls donc cela rend les choses plus faciles. Même si je t’avoue que, souvent, la campagne me manque. Tout est si…

Un peu gris ? Alphonse pouvait comprendre ce ressenti, lui aussi se sentait plus à l'aise dans les campagnes de l'est ou lorsqu'ils partaient ci et là à travers le pays, à la recherche de la pierre philosophale. Quoi qu'ils bougeaient moins ce moment, car il fallait décrypter les travaux du docteur Marcoh. Suivant toujours le lieutenant, il se demanda si ça ne la gênait vraiment pas qu'il l'accompagne comme ça, même en attendant que son frère sorte de réunion et qu'ils puissent retourner à leur hôtel, ou simplement aller marcher un peu dans Central pour profiter du beau temps. Ils passaient toujours autant de temps à discuter tout en se promenant, partout dans le pays, avec parfois Winry avec eux. Bien sûr, vivre dans cette armure était pénible, néanmoins, ils étaient toujours libres de se rendre où ils le voulaient, à fond dans leurs recherches et ne perdant pas espoir. En tout cas, Alphonse ne pouvait pas perdre espoir, il vouait une entière confiance à son grand frère. Tout en avançant, il se poussait parfois pour laisser la place à des soldats pressés ou prenant garde à ne heurter personne avec son armure imposante. Même si les couloirs de ce QG étaient beaucoup plus larges que ceux du quartier général à l'Est, il y avait aussi plus de monde et donc plus de risque de blesser quelqu'un par accident. Parfois, quelqu'un avait un léger temps d'arrêt en le voyant puis poursuivait son chemin, comme s'il n'avait rien vu. De son côté, Alphonse était déjà perdu, ayant le sentiment que tous les couloirs se ressemblaient.

Lieutenant – Concernant ma famille, je n’ai plus personne depuis des années en dehors de mon grand-père. Mais j’ai découvert que j’avais… de la famille très éloignée, allons-nous dire, à Central, très récemment. Nos rapports sont un peu froids et distants donc nous allons découvrir Central par nos propres moyens : en faisant des courses et en travaillant. Comme Edward et toi, en fin de compte, à chaque fois que vous arrivez dans une nouvelle ville. D’ailleurs, tu sais quoi ? Ça me donne une idée. Pourquoi n’entrerais-tu pas le premier dans le bureau pour faire la surprise aux autres membres de l’équipe ? Je suis sûre qu’ils seront contents de te voir, un visage connu égaie le cœur ici.

Alphonse – Hum, c'est que...

Il n'avait guère l'habitude de se mettre en avant comme ça, à vrai dire. D'habitude, c'était Edward qui entrait en premier quelque part et lui le suivait, préférant le laisser gérer les "entrées" et diverses prises de contact, rattrapant derrière en cas de besoin dans les situations où son frère était trop vif ou maladroit. Bien sûr, c'était encore différent avec l'équipe du colonel et Alphonse les aimait bien, les respectant pour ce qu'ils faisaient et ce en quoi ils croyaient. Malgré ses treize ans, passés depuis peu, ce qu'l avait vécu lui avait conféré une part de maturité plus conséquente que ne devrait l'avoir un enfant de son âge, en conséquence, il était capable de comprendre pourquoi le lieutenant et ses amis combattaient. En plus de cela, ils étaient tous très gentils avec lui. Ce n'est vraiment qu'entre le colonel et Edward qu'il y avait parfois des frictions ou disputes, malgré tout, Alphonse était convaincu qu'ils tenaient l'un à l'autre, même s'ils se disputaient. Une fois arrivé devant le bureau, il s'arrêta près de la porte, toujours un peu gêné, bien qu'il aimerait pouvoir répondre au sourire que lui lança le lieutenant. Ce n'est que là, en la regardant bien, qu'il lui trouva un air changé. Il ne sut vraiment définir d'où cela venait, le regard, la posture, ou autre chose, mais d'un coup, elle lui semblait différente.

Lieutenant – Tu leur fais la surprise ? Vas-y, entre le premier si tu le souhaites mais je ne t'oblige pas, je peux aussi t’annoncer, je suis sûre qu’ils vont t’accueillir avec de grands sourires.

Alphonse – Je suis désolé, lieutenant, je ne préfère pas, je... C'est plus Edward qui...

Il n'était âgé que de treize ans et donc encore assez timide avec autant d'adultes autour de lui, ce qu'il ajouta d'une voix où le ne put dissimuler sa gêne. Le lieutenant poussa la porte puis le prit tout à coup par la main en l'emmenant avec elle, ajoutant que personne n'allait le manger. Alphonse fondit instantanément car il était devenu extrêmement rare qu'on le traite comme un enfant, depuis qu'il était dans cette armure, et il avait l'impression qu'on lui avait volé une partie de son enfance. Le lieutenant n'était pas aussi froide que le disait Edward, alors. Dans le bureau, le sous-lieutenant Havoc était occupé à engueuler quelqu'un au téléphone, toujours une cigarette allumée coincée entre les dents, leur lançant un signe de bonjour lorsqu'ils entrèrent. le sous-lieutenant Breda, de son côté, les salua avec plus de chaleur, grignotant un bout de pain tout en lisant ce qui semblait être un rapport très épais. Alphonse se pencha un peu pour dire bonjour à l'adjudant Fuery, toujours touché en le voyant en permanence souriant et décontracté. Seul l'adjudant-chef Falman ne fit pas tout de suite attention à eux, penché sur une liasse de documents et écrivant avec rapidité et concentration. Alphonse s'assit sur une des chaises libres, en veillant à ne rien déranger comme documents ou autres. Même assis, il se sentait bien trop imposant et encombrant. Toujours gênant, en réalité. Il était aussi inquiet pour son frère, remuant un peu sur sa chaise.

Alphonse – Lieutenant, cette réunion... C'est de nouveau pour parler d'Ishbal, n'est-ce pas ? J'ai peur qu'Edward ne doive y retourner.

Exprimer cette crainte à voix haute lui aurait arraché un long frisson s'il avait encore eu son corps. Le lieutenant lui rendit un air assez désolé et il comprit que soit elle n'en savait pas plus que lui, soit elle songeait que c'était cela et donc que leurs proches allaient de nouveau être en danger.

Lieutenant – Je ne sais pas... Le Colonel n'avait pas l'air d'en savoir plus non plus et je suis rarement au courant de ce qui va se dire dans ces réunions. Sauf si cela nous touche. Je suis désolée, j'aimerais pouvoir te rassurer là-dessus...

Oh, d'accord, donc on ne pouvait rien tirer pour le moment, il fallait attendre. Alphonse hocha la tête et la remercia, saluant ensuite Falman qui avait réalisé leur présence juste à l'instant. Pour ne pas plomber l'ambiance et s'efforcer de parler tout de même peu, bien qu'il ne soit pas très à l'aise, il raconta à l'adjudant-chef, qui lui posait la question, comme s'était déroulé leur dernier voyage à la frontière entre le Nord et l'Ouest, dans un village où ils avaient mené des recherches pendant une bonne semaine. Il rit même un peu en racontant comment Edward se comportait parfois avec ses deux gardes du corps, les pauvres devant parfois courir derrière lui en lui criant de faire attention. Son frère était hyperactif, lorsqu'il s'y mettait, ce n'était vraiment pas facile pour le sous-lieutenant Maria Ross et le sergent Denny Broch, subordonnés du commandant Armstrong. Ils étaient tous les deux très gentils et attentionnés, vraiment, ils avaient un cœur en or et lui et Edward n'avaient pas mis beaucoup de temps à demander à ce qu'ils se tutoient. Alphonse rassura Falman en lui disant que non, Scar n'avait jamais donné le moindre signe de vie au cours de leurs pérégrinations, pas une seule fois.

Alphonse – Le colonel a aussi des gardes du corps ?

Lieutenant – Il est très bien protégé... Il n'y a pas d'inquiétude à ce sujet, il y a des hommes partout pour le protéger.

Le jeune garçon en armure eut un léger temps d'arrêt à cause du temps pris par le lieutenant, elle répondait cela comme s'il s’agissait d'un immense malheur ! Pourtant, que son mari soit protégé était plutôt une bonne nouvelle, non ? Il voulut ajouter quelque chose puis se tut, à la fois très étonné et un peu mal à l'aise. Il avait... manqué quelque chose ? C'était si mal que ça que le colonel soit protégé ? Se contentant d'hocher la tête avec lenteur, il ne dit plus rien, jouant un peu avec ses mains en regardant l'équipe travailler. Au bout d'un moment, il faillit se lever en croyant reconnaître la voix de son frère dans le couloir mais ce n'était pas cela et il reprit sa posture initiale. la réunion allait peut-être prendre plus de temps que prévu, dès qu'elle finira, il faudra qu'il retourne vite dans le hall d’accueil pour retrouver son frère, que Edward ne quitte pas le QG en pensant qu'Alphonse l'attendait finalement en ville, pour une raison ou une autre.

Alphonse – Avez-vous des nouvelles sur les déplacements de Scar ? Et dites-moi, je suis curieux, à quoi ressemble le commandant Madless ? J'ai entendu dire qu'il était un peu bizarre.


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Jeu 13 Juil 2017 - 22:05

Alphonse – Je suis désolé, lieutenant, je ne préfère pas, je... C'est plus Edward qui...

Alphonse ne termina pas sa phrase, ajoutant d’une voix gênée qu’il n’avait que treize ans et qu’il était timide en présence d’adultes. Oh, mais il ne devait pas ! Il avait peur d’eux ? Pourtant, personne n’était intimidant dans l’équipe du Colonel. Enfin, à part le colonel lui-même mais c’était différent et pour d’autres raisons que le simple fait d’être un adulte. D’ailleurs, le terme adulte ne lui correspondait pas, dans certaines situations… Mais passons. Riza ne put dissimuler qu’elle était touchée par cet aveu si simple, si enfantin, si… normal, en fin de compte. Un enfant de treize ans n’avait rien à faire dans un Quartier Général militaire, ce n’était pas sa place et cela ne le serait jamais. Pourtant, Alphonse était là tout comme son frère et était souvent pris pour le plus âgé d’entre eux deux à cause de son imposante armure. Parfois, ils oubliaient qu’ils avaient, face à eux, des orphelins qui cherchaient à réparer leurs erreurs.

Riza se tourna vers la porte en bois verni sur laquelle était inscrit le nom de Roy, la poussant, puis attrapa doucement la main gantée du jeune Alphonse pour l’entraîner avec elle dans le bureau. Il n’avait pas à avoir peur ! Il n’était qu’un enfant… Ce qu’ils ne devaient pas oublier. Elle ajouta, en même temps, que personne n’allait le manger dans ce bureau avec un sourire rassurant tout en prenant soin de le laisser passer derrière elle comme ils n’entraient pas à deux à cause de son armure. Dossier sous le bras, Riza annonça aux autres membres de l’équipe qu’elle leur ramenait quelqu’un sans parler trop fort, au cas où l’un des leurs était au téléphone. Et elle eut raison, Havoc créant un léger blanc en hurlant sur l’interlocuteur avec lequel il parlait. Encore cet homme qu’il essayait de joindre depuis des semaines ? Leur coéquipier râlait dessus en permanence, Guzman par-ci, Guzman par-là… Une affaire d’arme utilisée contre un homme qu’il supposait « pratiquer l’alchimie » uniquement parce que le fils de la victime avait dessiné un cercle sur le mur. Alors qu’il voulait simplement dessiner ! En dehors de l’éducation à revoir à certains niveaux, surtout le respect, cet homme était devenu complètement paranoïaque et prétendait qu’il n’avait absolument rien fait, refusait tout entretien avec Havoc et jouait d’une mauvaise foi totale lorsqu’il lui parlait.

Le lieutenant se dirigea vers son bureau, laissant les autres membres de l’équipe saluer Alphonse et échanger quelques nouvelles avec lui tout en écoutant d’une oreille. Chacun, plongé dans son travail à cause de la masse de dossiers presque terminés qu’ils avaient récupéré d’East City en même temps que ceux ajoutés à Central, avait pas mal de paperasses et autres réjouissances à terminer. Cette « promotion » était si inattendue, officiellement, que leur mutation s’était déroulée très vite avec des dossiers presque bouclés qu’aucun autre militaire ne pouvait reprendre parce que « cela serait stupide ». En soi, Riza comprenait la démarche et l’acceptait mais la mutation avait un goût extrêmement amer pour elle. Uniquement pour surveiller davantage Roy, pour les avoir tous sous la main, pour avoir un moyen de pression… Il ne lui avait rien dit, encore, mais elle comptait bien en avoir le cœur net un jour prochain.

Alphonse – Lieutenant, cette réunion... C'est de nouveau pour parler d'Ishbal, n'est-ce pas ? J'ai peur qu'Edward ne doive y retourner.

Riza – Je ne sais pas... Le Colonel n'avait pas l'air d'en savoir plus non plus et je suis rarement au courant de ce qui va se dire dans ces réunions. Sauf si cela nous touche. Je suis désolée, j'aimerais pouvoir te rassurer là-dessus...

Riza ne put dissimuler un air désolé en entendant cette question, ressentant la crainte d’Alphonse rien qu’à son timbre de voix. Désolée… Elle savait que cette épreuve avait été très éprouvante pour Edward, il l’avait montré malgré les nombreuses fois où il affirmait ne plus être un enfant, ne plus vouloir être traité comme tel. Pourtant, Ishbal… Ils avaient dû y retourner. Revivre cette horreur, à moindre échelle peut-être, mais toujours pour tuer de parfaits innocents. Riza gardait toujours un œil sur le Colonel depuis cette histoire, encore plus depuis qu’ils avaient été mutés à Central juste au cas où. Oui, il était solide… Mais toute personne a le droit de craquer à un moment ou à un autre. Il lui avait déjà montré une faiblesse par rapport à leur futur enfant, cette peur qui le tenaillait sans cesse qu’il n’arrive quelque chose au bébé alors même qu’il n’était pas né. Actuellement, il n’entendait rien de ce qui se passait autour ! Mais Roy avait peur… Et l’entendre comme cela l’avait fortement touchée, même si elle n’en avait rien montré. Inutile de s’entendre encore dire qu’elle était « plus sensible depuis le début de la grossesse, et même avant ». Elle l’avait bien assez entendu de sa part jusqu’à présent, surtout que cela n’avait strictement rien à voir. Mais enfin, se reconcentrer sur son travail pendant que le jeune Alphonse saluait les autres et se mettait à son aise. Elle ne le pressait pas, sachant qu’il était timide, plus petit, et qu’il avait sûrement besoin d’un peu de temps.

Fort heureusement, Falman leva le nez de ses dossiers et discuta un moment avec Alphonse. Les laissant discuter, elle poursuivit ce qu’elle faisait avant de devoir partir à la pêche aux informations et Riza corrigea son propre rapport dès qu’elle fut assise à son bureau. A côté, Alphonse racontait leur dernier voyage, à Edward et lui, plus au nord d’Amestris et le calvaire que faisait subir son cher frère à ses gardes du corps. Rien d’étonnant, en soi, tous s’y attendaient… C’était bien pour cette raison qu’aucun ne s’était dévoué pour le surveiller. Pourtant, Edward ferait bien d’être bien plus prudent et sur ses gardes, il savait ce dont était capable Scar, ce qu’il était prêt à faire pour obtenir ce qu’il recherchait. Il n’hésitait pas à tuer de sang-froid tous les Alchimistes d’Etat, ou presque. Presque, oui… Ce Madless avait survécu plusieurs mois sans une égratignure, sans qu’ils ne s’expliquent pourquoi Scar l’avait gardé en vie et trimballé dans tout le pays. Redressant la tête, pensive, Riza prêta une oreille un peu plus attentive lorsque le nom de Scar tomba dans la conversation, rassurée lorsqu’Alphonse confirma qu’ils n’avaient rencontré aucun problème de ce côté. Heureusement. Mais pourquoi, pourquoi le moine Ishbal n’avait-il rien fait… ? Signant son rapport, elle remit correctement les feuilles dans le fichier cartonné avec le nom de l’affaire et son propre nom et grade en repensant, malgré elle, à la menace Scar et à tout ce que cela engendrait.

Alphonse – Le colonel a aussi des gardes du corps ?

Riza – Il est très bien protégé... Il n'y a pas d'inquiétude à ce sujet, il y a des hommes partout pour le protéger.

Malgré elle, Riza ne put répondre tout de suite, même si le temps de réponse n’avait pas été si long que cela. Désolée mais ces « gardes du corps » n’étaient, en fin de compte, que des surveillants destinés à garder Roy à l’œil et à rapporter chacun de ses mouvements à Bradley. Cependant, Alphonse n’était pas censé être au courant, ce que la jeune femme réalisa en remarquant son absence de réponse, son silence sans rien ajouter de plus alors qu’il aurait pu poser des questions sur le comportement du Colonel et sur sa manière de gérer ses gardes du corps. Bon, d’accord, il n’avait pas le choix et était, plus qu’Edward, obligé de se montrer discipliné et rigoureux, mais tous le connaissaient ici et savaient qu’il n’aimait pas être considéré comme un enfant. Riza lança un petit regard à Alphonse, prête à s’excuser ou à lui faire signe, mais se ravisa à la dernière seconde en se disant que les autres membres de l’équipe n’étaient au courant de rien, à part Fuery. Donc, pas d’imprudence.

Le lieutenant se replongea plutôt dans ses dossiers, prenant un autre de sa pile pour commencer à le lire et à voir ce qu’elle devait faire, préciser ou recompléter. Il s’agissait d’une histoire de vol qu’elle avait supervisée et un militaire lui avait donné ce dossier pour apport de précisions. Quels jours, quelles heures, quel genre d’armes… Poussant un soupir, elle releva la tête plusieurs fois en direction de la porte, entendant régulièrement des soldats passer dans ce coin et parler de la réunion. Mais toujours pas de signe des Alchimistes d’Etat, cette réunion tirait en longueur et devait donc être bien compliquée. Ou alors chacun faisait le point sur la situation, maintenant que Madless avait été récupéré. Les forces allaient sûrement être redistribuées, les programmes des prochains mois changés… Ce fut le bruit de l’armure d’Alphonse qui lui fit redresser la tête au bout d’un moment, alors qu’il regardait la porte. Il avait cru entendre son frère… Le pauvre devait bien s’ennuyer, ici, sans pouvoir bouger ou s’occuper, entourés d’adultes alors qu’il n’aimait pas cela.

Alphonse – Avez-vous des nouvelles sur les déplacements de Scar ? Et dites-moi, je suis curieux, à quoi ressemble le commandant Madless ? J'ai entendu dire qu'il était un peu bizarre.

Riza – Madless est très… spécial, oui, dit-elle avec un sourire en regardant Alphonse. Ce qui est bizarre est qu’il change complètement de personnalité en moins de trois secondes. Il nous a fait un cours sur l’histoire d’Ishbal avec un tout autre ton avant de s’effondrer à nouveau et de redevenir le Madless normal. Enfin, si je peux dire cela. C’est très… perturbant.

Havoc – Vous oubliez de parler du saut de l’ange qu’il a voulu faire, lieutenant. Il était convaincu de pouvoir voler, à le voir agir ainsi et allait sauter par la fenêtre du bureau si nous ne l’avions pas retenu.

Il n'avait pas voulu se jeter par la fenêtre ! Il avait juste hurlé et… Voilà. Riza grimaça légèrement, ajoutant qu’il y avait plus de peur que de mal même si cet épisode risquait de rester gravé dans leur mémoire. Définitivement, elle ne comprenait pas pourquoi Bradley gardait Madless alors qu’il était instable et dangereux. Il l’avait prouvé avec Roy qui s’en était approché sans même avoir pris la peine de garder ses gants avec lui ! Et dire qu’il lui avait reproché d’avoir fait confiance à Marcoh… Lui, au moins, n’était pas complètement fou et schizophrène, il avait une place légitime en tant que médecin et était consciencieux même s’il avait voulu la tuer. Bon, dit comme ça, Riza avouait que la situation aurait pu être plus grave avec elle, que son mari se serait retrouvé veuf sans comprendre pourquoi alors que lui-même risquait peut-être moins avec Madless. Enfin… Peut-être. Elle n’était sûre de rien, à vrai dire, mais avait longtemps gardé cette dispute en mémoire à cause des paroles échangées.

Riza- Mais cet homme reste un mystère pour moi. Il a été traumatisé profondément par quelque chose, c’est certain, mais quoi précisément… ? En apparence et au premier regard, il est on ne peut plus normal. C’est lorsque tu l’entends parler que tu réalises qu'il y a un problème.

Havoc – Il est fou, voilà tout. Vous pouvez le dire platement, lieutenant, ce n’est pas une insulte.

Riza- Ce n’est peut-être pas une insulte mais il est toujours Alchimiste d'État et vous feriez mieux de ne pas l’oublier ici. Surtout entre ces quatre murs, nous ne sommes plus à East City.

Son coéquipier ne leva pas les yeux au ciel uniquement pour une question de respect mais elle sentait qu’il en avait envie. Désolée mais c’était comme cela, ils devaient faire attention ! Elle avait l'impression d’être la plus tendue du groupe en étant simplement dans ce bureau alors qu’il y avait d’excellentes raisons de l’être. D’autant plus que Roy lui cachait des choses depuis qu’il était « arrivé » à Central. Mais bref, ils n’étaient pas ici pour se disputer stupidement, ils ne faisaient que parler et échanger à propos des dernières nouvelles, rien de plus. Se tournant vers Alphonse, elle s'excusa pour ce qu’il venait d’entendre avant de répondre à sa première question.

Riza- Pour ce qui est de Scar, nous n'avons pas encore eu de nouvelles au sujet de ses déplacements, je suppose qu’il va rester plus discret comme il a perdu son otage. Otage qu’il jugeait précieux puisqu'il l'a gardé en vie… Mais il se peut aussi qu’il souhaite se venger de cette attaque, comme il a un tempérament très vengeur d’après ce que nous avons pu constater. Je ne sais pas pourquoi il a préservé Madless qui a dû être un vrai poids pour lui durant tout ce temps. Cela remet à zéro ses cibles potentielles, c’est pour cette raison que ton frère est en danger, maintenant plus que jamais. Vous devez tous les deux être très prudents, il est dangereux.


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Alphonse Elric

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Jeu 27 Juil 2017 - 8:19

Lieutenant – Madless est très… spécial, oui, dit-elle avec un sourire en regardant Alphonse. Ce qui est bizarre est qu’il change complètement de personnalité en moins de trois secondes. Il nous a fait un cours sur l’histoire d’Ishbal avec un tout autre ton avant de s’effondrer à nouveau et de redevenir le Madless normal. Enfin, si je peux dire cela. C’est très… perturbant.

Sous-lieutenant – Vous oubliez de parler du saut de l’ange qu’il a voulu faire, lieutenant. Il était convaincu de pouvoir voler, à le voir agir ainsi et allait sauter par la fenêtre du bureau si nous ne l’avions pas retenu.

Il… Il avait… Quoi ? Alphonse aurait écarquillé les yeux, s’il l’avait pu, se retournant à nouveau vers le lieutenant lorsqu’elle ajouta qu’il y avait eu plus de peur que de mal. Cela lui faisait repenser à une conversation qu’il avait eu la veille avec son frère, où Edward avait vaguement dit qu’il pensait que le commandant avait fait comme eux et qu’il en avait perdu la raison, en conséquence. Ce que son frère avait entendu, très vite, dans ce même bureau avant de repartir, suffisait à le prouver. Ils étaient passés par là et les liens n’étaient pas très difficiles à faire. Cependant, en parler ici n’était pas une bonne idée, les murs avaient des oreilles, ils seraient condamnés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Alphonse baissa un peu la tête sur ses poings gantés, posés sur ses genoux. Était-ce pire de perdre son corps ou de perdre la raison ? Même s’il ne pouvait plus dormir, manger, rêver, respirer, il était toujours auprès d’Edward et pouvait le reconnaître, lui parler, rire avec lui, voyager et continuer d’apprendre, encore et toujours. Madless, lui, était enfermé dans sa propre tête et n’avait plus aucun moyen de retrouver sa santé mentale un jour, il était perdu. Non, il ne savait pas ce qui était le plus terrible, les deux souffrances semblaient se valoir, en apparence. La Vérité était Cruelle mais Juste. Tout venait à la base d’un péché d’orgueil, croire qu’on pouvait vaincre la Mort elle-même et ne pas accepter de voir partir ceux qu’on aimait.

Lieutenant – Mais cet homme reste un mystère pour moi. Il a été traumatisé profondément par quelque chose, c’est certain, mais quoi précisément… ? En apparence et au premier regard, il est on ne peut plus normal. C’est lorsque tu l’entends parler que tu réalises qu'il y a un problème.

Sous-lieutenant – Il est fou, voilà tout. Vous pouvez le dire platement, lieutenant, ce n’est pas une insulte.

Lieutenant – Ce n’est peut-être pas une insulte mais il est toujours Alchimiste d'État et vous feriez mieux de ne pas l’oublier ici. Surtout entre ces quatre murs, nous ne sommes plus à East City.

Un horrible doute vint envahir Alphonse, tout à coup, durant l’échange entre les deux soldats. Le commandant se souvenait-il au moins de la personne qu’il avait voulu faire revivre ? Et si non… Oh mon Dieu… Être ainsi puni, pour une raison dont qu’on avait oublié, le jeune garçon n’osait pas imaginer la souffrance qui y était rattachée. La compassion l’envahi, à l’égard du commandant, il avait tout perdu. Sa situation, celui ou celle qu’il avait tant aimé, sa santé mentale, tous ses projets d’avenir et ses envies, et ce sans espoir de retour. Néanmoins… Alphonse et Edward espéraient récupérer leurs corps grâce à la pierre philosophale, s’ils la trouvaient, peut-être que cette pierre pourra aussi soigner le commandant ? Lui rendre la raison ? Ce qui souleva une autre question, en parallèle, comment procéder pour soigner un esprit ? Soigner un corps, ils avaient appris à le faire, mais l’esprit était bien plus compliqué. Un ensemble de mécanismes à la fois fragiles et solides, imbriqués les uns dans les autres et formant un tout d’une complexité effroyable. Le domaine mentale leur échappait, malgré tous leurs efforts, il y avait trop de paramètres à prendre en compte, trop de questions encore dans le flou. Comment fonctionnait le cerveau, d’où venaient les émotions et quel était leur siège, même chose pour les traits de caractère et la personnalité, le siège de la mémoire, les sentiments, les envies primaires, les instincts, les goûts développés par l’éducation, les traumatismes, les pulsions et il en oubliait encore ! La voix du lieutenant le ramena tout à coup à la réalité, sur sa chaise près de la fenêtre.

Lieutenant – Pour ce qui est de Scar, nous n'avons pas encore eu de nouvelles au sujet de ses déplacements, je suppose qu’il va rester plus discret comme il a perdu son otage. Otage qu’il jugeait précieux puisqu'il l'a gardé en vie… Mais il se peut aussi qu’il souhaite se venger de cette attaque, comme il a un tempérament très vengeur d’après ce que nous avons pu constater. Je ne sais pas pourquoi il a préservé Madless qui a dû être un vrai poids pour lui durant tout ce temps. Cela remet à zéro ses cibles potentielles, c’est pour cette raison que ton frère est en danger, maintenant plus que jamais. Vous devez tous les deux être très prudents, il est dangereux.

Alphonse – Entendu, nous ferons très attention.

Il avait répondu cela d’un ton légèrement absent, plongé en pleine réflexion. Scar… Scar qui avait littéralement protégé le commandant plutôt que de le tuer, alors qu’il était Alchimiste d’État et avait participé à Ishbal. Pourquoi ? Qu’est-ce qui différenciait Madless des autres Alchimistes d’État ? La seule raison était ce qu’il avait fait, il y a des années, sa rencontre avec la Vérité. Si le moine Ishbal était au courant de cette information, cela voulait dire qu’il en avait lui aussi besoin, pour une raison leur échappant. Ou bien, au contraire, qu’il savait pourquoi Bradley et l’armée avaient besoin du commandant et donc avait tenté de protéger le commandant. Non, ça ne tenait pas… Pour empêcher Bradley d’atteindre son but, quel qu’il soit, Scar se serait contenté d’assassiner Madless. Puisqu’il ne l’avait pas fait, ça devait vouloir dire que le commandant avait aussi une utilité pour Scar, autant qu’il en avait une pour l’armée. Une des clés de compréhension se trouvait à Ishbal, Alphonse en était convaincu. Perdu dans ses pensées et songes, il ne prêtait plus grande attention à ce qui arrivait ou se disait autour de lui. Scar possédait des clés que eux recherchaient depuis longtemps, il savait plus de choses, c’était évident ! Restait à comprendre quoi et en quoi cela touchait les plans du Président pour ce pays. Ah, si seulement ils pouvaient tout simplement approcher Scar et lui parler… Lui faire comprendre qu’eux aussi cherchaient un moyen de stopper Bradley, sentant que ses buts étaient loin d’être sains. Le tueur était encore trop aveuglé par sa vengeance, il n’écoutera pas. Et comment le reprocher à un homme qui avait absolument tout perdu, ses parents, sa famille, son pays, tous ceux qu’il aimait, dans un tel déluge de sang et de flammes ?

Alphonse – Au fait, lieutenant, reprit-il tout à coup d’un ton plus léger. Edward et moi, nous aimerions bien discuter avec le colonel de quelques faits d’Alchimie que nous avons vu dans l’Ouest, pendant nos recherches. Vous pensez que ce serait possible ? Pas pendant le travail, on ne veut pas le déranger, mais plus tard.

Même s’il ne le disait pas, il espérait que la jeune femme comprenne que c’était important et que les sujets en questions étaient tout sauf innocents. Le colonel avait des informations, ils en avaient d’autres, en regroupant tout, ils comprendront sûrement bien plus de cette histoire. Il garda donc une posture détendue, reprenant presque aussitôt.

Alphonse – Je ne veux pas déranger, vous savez, ce ne serait que pour peu de temps.


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Jeu 31 Aoû 2017 - 22:48

[HJ : La relance est pourrie, désolée xD Horrible manque d’idée pour la question.]


Alphonse – Entendu, nous ferons très attention.

Si seulement cela suffisait… Plus ce problème durait, plus Riza avait l’impression qu’il s’enlisait et s’approfondissait sans qu’ils ne puissent faire quelque chose. Elle n’avait pas encore pris le temps de faire les recherches sur l’ancien lieu de vie de Madless, comme le lui avait demandé le Colonel, tant le retard de dossiers à remplir était important, même pour elle. Mais il fallait qu’elle s’y mette très sérieusement, qu’elle prenne le temps de descendre aux Archives pour demander le dossier en question grâce à son statut d’officier. Ils avaient le droit de faire des recherches sur lui, après tout, s’ils devaient le surveiller pour éviter que Scar ne s’attaque à son otage perdu. Non ? Elle ne comprenait toujours pas ce que Madless avait de si précieux pour le tueur, surtout avec un esprit aussi dérangé et imprévisible. Apposant sa signature à la fin d’un énième dossier, Riza le regarda un moment sans vraiment y prêter attention, perdue dans ses pensées. Qu’avait donc bien pu faire le commandant pour s’attirer ainsi la protection de Scar ? Qu’avait-il de plus que les autres, pourquoi le protéger durant des mois sans lui faire de mal là où il avait tué les autres au bout d’un combat très rapide ? Était-ce à propos de ce qu’il avait dit à Roy, dans le bureau, l’autre jour ?

Mais sinon, pourquoi avoir tué les autres et pourquoi avoir essayé de tuer Roy qui savait de quoi il parlait ? Poussant un soupir, Riza releva la tête en entendant Breda râler contre ces dossiers qui s’accumulaient, disant tout haut ce qu’eux tous pensaient tout bas. La mutation avait un goût amer et, si certains d’entre eux pensaient qu’il s’était agi d’une promotion, l’idée était partie très loin à présent. Non, ce n’était pas une promotion, il s’agissait d’une sanction pure et dure. Une sanction parce qu’ils mettaient leur nez dans les affaires du Président, parce qu’ils cherchaient à l’empêcher de nuire à Amestris. Rien que cette phrase, en elle-même, tenait de l’illogisme… Lui lançant un regard compatissant, elle se remit au travail, le grattement du papier envahissant rapidement le bureau ainsi que les feuilles qui se tournent les unes après les autres, jusqu’à n’en jamais finir.

Alphonse – Au fait, lieutenant, reprit-il tout à coup d’un ton plus léger. Edward et moi, nous aimerions bien discuter avec le colonel de quelques faits d’Alchimie que nous avons vu dans l’Ouest, pendant nos recherches. Vous pensez que ce serait possible ? Pas pendant le travail, on ne veut pas le déranger, mais plus tard.

Riza leva la tête pour regarder Alphonse, tâchant de prendre son air habituel. Il n’était guère difficile de comprendre les « faits d’Alchimie » dont ils souhaitaient parler mais jamais elle n’aurait pensé qu’ils avaient déjà pu comprendre certains éléments. Roy travaillait dessus depuis des jours et elle comptait bien le harceler ce soir, demain au plus tard, pour comprendre ce qui le préoccupait en plus de tous ces papiers. Marcoh avait dissimulé des informations cruciales dans ses notes, elle l’avait compris à force d’observer son mari, mais il lui donnait l’impression de piétiner depuis des jours et des jours sans avancer ne serait-ce qu’un petit peu. Il fallait donc qu’elle lui parle avant que lui-même discute avec les deux frères, histoire de comprendre ce qui se passait. Mais tout retarder serait dangereux, ils devaient avancer et comprendre le plus vite possible s’ils voulaient avoir un espoir de déjouer les plans de Bradley. Il ne leur manquait que quelques éléments, rien de plus… Riza tapota le haut de son crayon sur le dossier qu’elle avait sous la main, faisant mine de réfléchir quelques secondes avant de répondre pendant que ses coéquipiers continuaient de travailler.

Alphonse – Je ne veux pas déranger, vous savez, ce ne serait que pour peu de temps.

Riza – Oh, ne t’inquiète pas pour cela, le Colonel passerait des heures à parler d’Alchimie s’il le pouvait. Pour moi, cela ne pose aucun problème, pourquoi ne viendriez-vous pas passer la soirée chez nous cette semaine ? Il a des livres sur l’Alchimie, à l’appartement, cela pourra sûrement vous aider.

Discussion pleine de sous-entendus, mais qu’Alphonse comprenait sans problème, elle en était sûre. D’autant plus qu’il lui demanda si le lendemain soir pouvait convenir. Pour elle, n’importe quand irait tant qu’ils s’organisaient et qu’ils prenaient attention à ne pas trop parler de ce genre de sujet n’importe où. C’était une question de sécurité, Edward était peut-être Alchimiste d’Etat mais il restait un enfant, et un enfant avec un frère bien plus vulnérable qui plus est. Ils avaient déjà pu comprendre que Bradley utilisait les points faibles des militaires dont il avait besoin pour en faire ce qu’il voulait et les obliger à se tenir à carreaux… Alors il n’hésiterait pas à s’en servir contre les frères Elric, Riza en était malheureusement convaincue. Il utilisait tout ce qui pouvait l’aider à atteindre son but, quel qu’en soit le prix, même si cela exigeait le sacrifice d’enfants innocents qui ne faisaient qu’essayer de retrouver un semblant de vie. Ils devaient donc être prudents, plus encore pour les deux frères que pour eux. Et pour le bébé… Riza resta impassible, ayant l’impression que son ventre se serrait tandis qu’elle pensait qu’il pouvait lui arriver quelque chose à cause de sa propre implication. Mais elle ne céderait pas.

Riza – Demain soir… Normalement, oui, il n’y a aucun problème. Vous pouvez venir vers dix-neuf heures.

Riza sourit à Alphonse, l’air détendu, reprenant ensuite son travail où elle l’avait laissé. Le reste de la journée fut très paisible, contrairement à la matinée, jusqu’à ce que les Alchimistes d’Etat terminent enfin leur réunion. La pause de midi venait à peine de commencer lorsque Roy les rejoignit, à l’instant où ils sortaient du bureau pour aller manger, accompagnés d’Alphonse qui retrouva son frère. Après quelques échanges et plaisanteries entre collègues, en plus des éternelles prises de tête entre son supérieur et Edward, les deux frères partirent de leur côté avec leurs gardes du corps qui paraissaient essoufflés d’avance. Si Seulement Scar pouvait vraiment les aider et ne pas tuer toutes ces personnes, Riza n’aurait aucun remords à les laisser se faire prendre pour échapper à Bradley… Le guerrier Ishbal avait prouvé ses talents pour disparaître de nombreuses semaines, voire de nombreux mois, sans être aperçu par d’autres personnes que ses victimes – en dehors de Victor pour une raison obscure et Roy qui s’en était miraculeusement tiré.

La journée se termina sans encombre, Riza songeant de plus en plus à discuter à Roy pour finir par le mettre devant le fait accompli, profitant de sa fatigue pour le faire parler et avoir le fin mot de toute cette histoire. Découvrant qu’elle était effectivement visée, directement, et qu’ils menaçaient de s’en prendre au bébé. Mais elle n’eut guère le temps d’y réfléchir durant la journée, le lendemain, une petite fille faisant hurler de nombreux militaires pour son comportement insupportable et capricieux, petite fille échappée d’un orphelinat militaire qu’ils comptaient héberger… le temps de régler les choses. Ou de la former, comme son cher et tendre semblait avoir été charmé par Nagami. Ce qui faisait qu’ils passaient, ce soir, de deux à cinq sans aucune transition, leur programme de tournée de magasins pour enfants tombant à l’eau. Désolée… Ils auraient pu en faire deux ou trois, sans ces imprévus, mais là…

Riza – On pourra aller la semaine prochaine, dit-elle en embrassant Roy sur la joue. Toutes nos semaines ne seront pas aussi chargées.

Au même instant, on sonna à la porte et Riza annonça qu’elle ouvrait, traversant la petite pièce qui leur servait de salon avec un seul canapé pour aller ouvrir. Ce fut d’abord Alphonse qu’elle vit, naturellement, vu qu’il était plus imposant que son frère qui était, pourtant le plus âgé des deux. Elle savait très bien que c’était un complexe, chez Edward, même s’il n’allait probablement jamais l’admettre sérieusement. De toute manière, en dehors de l’alchimie, était-il vraiment sérieux… ? Un ami fiable, oui, elle le pensait, tout comme un frère dévoué et incroyablement fidèle, quoique têtu. Mais c’était normal, vu son passé et son âge… Ce que Roy avait tendance à oublier, parfois. Se tenant sur l’encadrement de la porte, la jeune femme s’écarta pour laisser passer les deux frères, leur disant bonsoir pour refermer dès qu’ils furent entrés.

Riza – Nous avons eu un… petit imprévu au QG, ce qui fait qu’il y a une personne en plus, la petite Nagami, dit-elle en la présentant. Je suis désolée pour… tout ça mais il y a pas mal de changements, en ce moment. Vous avez beaucoup avancé ? Ma seule condition est que, s’il est impossible de tout voir ce soir, vous reviendrez, il est hors de question que vous rentriez seuls à deux heures du matin, surtout dans les rues de Central. Et cela vaut pour tous les trois. Je peux compter sur toi pour les tenir à l’œil, Alphonse ? Tu es peut-être le plus jeune mais, pour ce sujet…


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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Jeu 7 Sep 2017 - 10:20

« Tu penses vraiment que c’est possible ? » La question de son petit frère continuait de tourner en boucle dans son esprit et Edward n’avait toujours pas la réponse exacte, sans l’ombre d’un doute. Il voulait y croire, il voulait en être des plus convaincus, mais ne parvenait plus à être sûr de grand-chose, ces derniers temps. Allongé dans le canapé sur le dos, un bras sous la tête en guise d’oreiller et l’autre, mécanique, tenant son carnet recouvert de notes, Edward relisait les dernières avancées tout en réfléchissant à la question de son frère. Ils étaient tous les deux dans leur chambre d’hôtel, Alphonse était assis contre le mur et lisait, lui aussi, quant au sergent Brosh et au sous-lieutenant Ross, ils étaient descendus un petit moment à la réception de l’hôtel pour déjeuner, tout en s’assurant avant qu’aucun des deux frères n’allaient en profiter pour s’échapper par la fenêtre ou autre chose. Edward soupira et reposa le carnet contre lui, sur le ventre, s’attirant un regard d’Alphonse. C’est bon, tout allait bien… Il réfléchissait. Le regard fixé sur la lumière au plafond, éteinte car il faisait assez clair dans la pièce, ramenant son automail aussi sous sa tête.

Scar devait savoir quelque chose sur les Homonculus, lui aussi, non ? Dommage qu’il ne soit pas possible de l’approcher sans risquer de se faire exploser la tête… Il songea un instant à rechercher, sur son ancien lieu de vie, des indices possibles puis abandonna bien vite l’idée en se souvenant dans quel état se trouvait Ishbal. Il se sentait mal à la seule idée de revenir un jour dans le désert, même s’il n’avait finalement qu’à peine participé aux combats, les autres l’ayant, pour cette fois, vraiment traité comme un enfant, avant de trouver ne combine pour le faire partir de là. Jamais Edward ne l’avouera à haute voix, y compris sous la torture et le chantage, mais l’air du colonel lui avait vraiment fait peur, durant ces jours-là… Il avait paru inquiet, fatigué ou… Il ne savait pas trop mais c’était flippant. Edward soupira assez fort et ferma les yeux, somnolant un peu puis sombrant assez vite dans le sommeil, purement et simplement, sans crier gare. Lorsqu’il se réveilla, l’après-midi était déjà bien avancé et il avait l’impression d’être à moitié malade, effets secondaires d’une sieste trop prolongée. Brrmm… Il se leva puis alla prendre une douche pour bien se réveiller et se préparer pour ce soir.

Le soir, ils quittèrent l’Hôtel, à pieds, marchant tranquillement côte à côté dans les rues de Central. L’autre jour, Alphonse avait demandé au lieutenant un moment tranquille pour qu’ils puissent échanger sur les dernières découvertes et avancées, sur les écrits du docteur Marcoh en plus de leurs propres recherches. Pourvu que ce soit rapide, par contre, Edward n’avait pas envie de rester des heures et il voulait continuer à travailler. En plus, il avait cru qu’ils verraient dans un coin tranquille, dehors, un entrepôt vide à la limite, mais pas chez eux, comme ça ! C’était… Pas normal, voilà, il n’avait clairement pas envie de voir le lieutenant ou son abruti de mari ailleurs qu’à la caserne ou à combattre dehors, ça ne collait pas à leur image. En arrivant à leur appartement, il laissa Alphonse sonner, souriant maladroitement à une petite vieille qui rentrait elle aussi, chargée d’un panier de courses, et qui avait jeté n regard bizarre à Alphonse et son armure géante. Peu de temps après, ils entendirent du bruit à l’intérieur et le lieutenant vint leur ouvrir, confirmant à Edward que c’était bizarre de la voir autrement qu’en uniforme. Par contre… Depuis quand il y avait une gamine, avec eux ?

Lieutenant – Nous avons eu un… petit imprévu au QG, ce qui fait qu’il y a une personne en plus, la petite Nagami, dit-elle en la présentant. Je suis désolée pour… tout ça mais il y a pas mal de changements, en ce moment. Vous avez beaucoup avancé ? Ma seule condition est que, s’il est impossible de tout voir ce soir, vous reviendrez, il est hors de question que vous rentriez seuls à deux heures du matin, surtout dans les rues de Central. Et cela vaut pour tous les trois. Je peux compter sur toi pour les tenir à l’œil, Alphonse ? Tu es peut-être le plus jeune mais, pour ce sujet…

Edward – Lieutenant, soupira-t-il, on s’est déjà promenés plus d’une fois seuls dans les rues en pleine nuit.

S’en faire pour eux sur ce sujet était assez idiot, étant donné la vie qu’ils menaient, ils couraient souvent beaucoup plus de risques qu’avec une simple balade nocturne, mais le lieutenant secoua la tête, après avoir refermé la porte derrière eux, et déclara que ça n’avait pas d’importance, étant donné les condition. Il leva les yeux au ciel lorsqu’elle dit ensuite qu’elle les ramènera, après tout ça, marmonnant entre ses dents qu’elle devenait surprotectrice. Alphonse lui fila un léger coup de coude en lui lançant d’être poli, ce à quoi son frère répondit un « Ouais, ouais... » un peu blasé. En avançant, il vit tout à coup le colonel occupé dans la cuisine et cette image lui fit encore plus bizarre que le reste, surtout que la petite Nagami avait couru auprès de lui et le questionnait sur il ne savait quoi. Edward les regarda tous les deux avec un air presque choqué puis demanda à Alphonse s’il voyait bien la même chose que lui et si c’était normal, ça. Depuis quand il prenait soin des autres comme ça, celui-là ?! Il avait bu ou on lui avait remplacé le cerveau ? Ou bien il était malade. Ouais, c’était ça, sûrement, il était malade ! Le lieutenant lui sortit tout à coup qu’eux aussi, devaient bien manger, que ça n’avait rien de choquant.

Edward – Mais c’est pas ça, qui est choquant ! C’est plutôt qu’il s’occupe d’une enfant, lui. Il a bu, pour être capable de faire ça ? Ou il est tombé sur la tête ?

Colonel – Je t’ai entendu, moustique.

Lieutenant – Il a besoin qu'on s'occupe de lui mais veille bien sur les autres, ce n'est pas pour rien qu'il dirige toute une équipe.

Edward allait répondre lorsque son frère lui colla tout à coup la main sur la bouche et l’autre sur la tête, s’inclinant un peu tout en s’excusant, qu’ils n’étaient pas venus pour les déranger et que son frère était juste un peu idiot. Eh, ce n’était pas vrai, d’abord ! Il le relâcha peu de temps après, sur un soupir. Edward fourra les mains dans les poches et soupira à son tour, regardant autour de lui pour trouver une autre source d’occupation moins choquante que voir le colonel en tenue civile avec une fillette à côté de lui. L’appartement était tout à fait classique et normal, avec une bibliothèque un peu plus loin, un salon normal, rien ne sortait de l’ordinaire, n’importe quel autre couple aurait pu vivre ici sans que ça ne dénote dans le paysage.

Edward – Et pourquoi vous avez recueilli la petite, qu’est-ce qui s’est passé ?


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Sam 16 Sep 2017 - 12:06

C’était bien la première fois qu’il devait faire la cuisine pour autant de personnes, enfin bon, ce n’était qu’une question d’habitude. Et qu’est-ce que ça mangeait, des morveux comme Edward ? Vu l’énergie qu’il dépensait tous les jours à faire n’importe quoi, il mourrait sûrement de faim, le soir venu. Riza l'embrassa sur la joue en déclarant qu'ils iront, pour le coup, faire les magasins pour le bébé la semaine prochaine, étant donné que cette semaine était un peu chargée. Oui, il y avait le temps, pas de soucis pour ça. Roy retroussa les manches de sa chemise puis prit sur la petite étagère un des livres de cuisine que Riza avait ramené de son appartement de l'Est, le feuilletant pour se donner des idées. Autant partir sur quelque chose d'assez simple, ils n'étaient pas là pour faire une grande réception mais pour travailler, ce soir. Et la journée avait été bien assez longue comme ça. Au moment où il commençait à éplucher des pommes de terre, la sonnette retentit et sa femme fila ouvrir. Pile à l'heure, les deux frères, à croire qu'ils étaient pressés de venir ici. C'était bien le contraire, sûrement, quand on connaissait un peu Edward. Le soldat remplit une casserole d'eau puis y mit les pommes de terre à mesure, laissant la porte de la cuisine ouverte pour le moment.

Riza – Nous avons eu un… petit imprévu au QG, ce qui fait qu’il y a une personne en plus, la petite Nagami, dit-elle en la présentant. Je suis désolée pour… tout ça mais il y a pas mal de changements, en ce moment. Vous avez beaucoup avancé ? Ma seule condition est que, s’il est impossible de tout voir ce soir, vous reviendrez, il est hors de question que vous rentriez seuls à deux heures du matin, surtout dans les rues de Central. Et cela vaut pour tous les trois. Je peux compter sur toi pour les tenir à l’œil, Alphonse ? Tu es peut-être le plus jeune mais, pour ce sujet…

Edward – Lieutenant, soupira-t-il, on s’est déjà promenés plus d’une fois seuls dans les rues en pleine nuit.

Et faire ça en ce moment avec Scar qui se promenait dans les rues, c'était d'une telle finesse, en effet ! Sans oublier les Homonculus, les chimères et on ne sait quelles autres horreurs en ce moment. Riza se chargea de le souligner, pendant que Roy laissait échapper un soupir sonore et résigné. Un jour, ce gamin allait fini les tripes à l'air ! Pendant qu'il continuait de préparer, Nagami vint le rejoindre dans la cuisine et tira un peu sur la manche de sa chemise pour attirer son attention, lui posant dix questions à la suite sans même reprendre son souffle sur les différents métaux qu'elle venait d'étudier. Ce n'est qu'aujourd'hui que Roy comprenait enfin ce qu'il avait fait subir à son maître, tiens... Il lui répondit avec patience, sans cesser son activité du moment, baissant un peu la tête pour la regarder, alors qu'elle avait les yeux brillant de curiosité. Lorsqu'elle était arrivée ici, Roy lui avait donné un ou deux vieux livres dont il s'était servi lui-même et elle n'avait pas perdu de temps pour fourrer le nez dedans. Après avoir terminé d'éplucher les pommes de terre, il coupa aussi quelques légumes, les mettant dans la casserole avec le reste, puis allumant le gaz dessous pour que ça cuise à petit feu. Finalement, la cuisine, c'était comme l'alchimie, lorsqu'on y pensait bien. De la patience, le respect des dosages, la transformation de matières premières pour en arriver au produit fini désiré.

Edward – Mais c’est pas ça, qui est choquant ! C’est plutôt qu’il s’occupe d’une enfant, lui. Il a bu, pour être capable de faire ça ? Ou il est tombé sur la tête ?

Roy – Je t’ai entendu, moustique.

Riza – Il a besoin qu'on s'occupe de lui mais veille bien sur les autres, ce n'est pas pour rien qu'il dirige toute une équipe.

Eh ! Il n'avait pas tant besoin que ça qu'on s'occupe de lui ! Roy leva les yeux au ciel en lançant un coup d'oeil à sa femme, pendant qu'Alphonse, de son côté, se chargeait de faire taire son frère turbulent et s'excusait. Ce sale gosse... Roy prit une cuillère pour remuer doucement le contenu de la casserole, ajoutant un peu de sel. La cuisine n'était pas si grande que ça, on pouvait y attraper vite fait tout ce dont on avait besoin et ils ne se lançaient pas dans des grands plats non plus. Nagami lisait toujours, appuyée contre le mur, le nez plongée dans son livre. Parfois, elle posait des questions, Roy lui répondant en commençant à couper le poisson pour le mettre lui aussi dans un poêle, à feu très doux. Cette soirée n'avait aucune chance d'être bien calme, malgré le sérieux incontestable du sujet. En même temps, avec ce moustique turbulent à la maison... Moustique qui s'était un peu calmé, soit, merci à son frère de le tempérer un minimum ! Au même instant, Edward demanda tout à coup pourquoi la petite était là, ce qui s'était passé. Roy lui lança un regard puis répondit que Nagami était là pour ne plus courir seule dans les rues à la portée de n'importe qui et pour apprendre l'alchimie avec lui. Et voyant l'air que fit le gamin, le colonel ajouta un peu plus sèchement que oui, il la prenait vraiment comme élève et que non, il ne délirait pas. En se retournant pour mettre la poêle sur le feu, Roy plissa légèrement les yeux en se promettant de ne jamais avouer à Edward qu'il avait aussi peur que Nagami ne fasse la même erreur qu'eux deux, avec leur mère. Cet épisode était tabou.

Roy – Pour ne revenir à nos affaires, je suppose que vous avez dû comprendre comme moi ce qu'a dû faire Madless. Nous n'avons pas de preuve évidente, mais c'est assez gros pour s'en douter, il m'a lancé l'autre jour de ne jamais ouvrir la Porte. Sur quoi avez-vous avancé, de votre côté ?


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Alphonse Elric

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MessageSujet: Re: Faire attention aux enfants   Lun 2 Oct 2017 - 10:13

On se calme, on se calme, ils étaient invités, alors un minimum de politesse ! Enfin, Edward ! Alphonse savait très bien qu’il ne pouvait pas voir le colonel en peinture mais ce n’était pas une raison, il fallait être poli lorsqu’on était ailleurs que chez soit, montrer du savoir-vivre ! Les deux mains posées sur les épaules de son frère, il s’excusa d’un ton gêné auprès du lieutenant, tapotant un peu la tête d’Edward dans l’espoir de le calmer un tantinet. Ils n’allaient pas rester longtemps, en plus, donc on respire ! Ils n’étaient là que pour travailler, rien d’autre, son frère pouvait faire un effort avec le colonel, ce soir, ils ne se reverront plus pendant un moment, après. Et puis, pour une fois qu’ils n’étaient plus seuls à mener ce genre de recherches, ça ne pouvait être que bénéfique ! Même si, c’est vrai, la situation était un peu bizarre… Il avait pris l’habitude de voir le lieutenant et le colonel ensemble en permanence, comme Edward d’ailleurs, mais au travail, à la caserne, en uniforme, dans des bureaux ou sur le terrain, c’était très différent de les voir ensemble dans un appartement tout ce qu’il y a de plus classique, à cuisiner, discuter, ou… Et puis, il y avait la petite ! A peine plus jeune qu’eux, d’après ce qu’il voyait, plutôt frêle, mignonne à en fendre l’âme la plus dure, et qui se cachait à moitié derrière le colonel.

Son grand frère finit par poser la question qu’ils se demandaient tous les deux, depuis toute à l’heure, comment se faisait-il que la petite était là, que s’était-il passé ? Elle était orpheline ? Ou était-ce une parente éloignée de la famille du lieutenant ou de celle du colonel, qu’ils gardaient chez eux pour le moment pour telle ou telle raison ? Et si oui, était-il arrivé quelque chose de grave à ses parents ? Alphonse espérait fortement que non… Cependant, ce n’était pas du tout la raison, monsieur Mustang répondit simplement qu’elle était avec eux pour ne plus traîner toute seule dans les rues, au risque de tomber sur des personnes dangereuses, et qu’il comptait lui enseigner l’alchimie. Il y eut un instant de silence, Edward et lui échangèrent un très long regard, juste au moment où le colonel ajouta d’un ton bien plus sec qu’il la prenait vraiment comme élève et qu’il ne délirait absolument pas. Hum, bon, d’accord, d’accord ! Histoire de faire passer la légère gêne, Alphonse s’occupa plutôt de regarder la décoration, presque inexistante d’ailleurs, en essayant de ne pas dévisager la petite ni son nouveau tuteur. Il connaissait bien ce genre de situation,s après tout, eux-même avaient vécu quelques temps chez maître Curtis pour qu’elle apprenne ce qu’elle savait.

Colonel – Pour en revenir à nos affaires, je suppose que vous avez dû comprendre comme moi ce qu'a dû faire Madless. Nous n'avons pas de preuve évidente, mais c'est assez gros pour s'en douter, il m'a lancé l'autre jour de ne jamais ouvrir la Porte. Sur quoi avez-vous avancé, de votre côté ?

Alphonse – Nous n’avons aucune preuve non plus, pour le commandant, même si nous pensons comme vous que ça ne peut être que ça. Pour un chercheur aussi doué, ce qu’il avait de plus précieux était sans aucun doute sa santé mentale. Pour le reste, il y a des éléments assez troublants. Le commandant Armstrong nous a aidé et a découvert que tous les anciens collègues du docteur Marcoh sont portés disparus, depuis la fin de la guerre d’Ishbal. Je peux vous aider, lieutenant ?

Il lui prit les assiettes pour les mettre sur la table, trouvant impoli de venir ainsi chez des gens sans les aider, même un peu, bien qu’ils sachent que beaucoup considèrent aussi qu’un invité n’est pas là pour faire le travail à la place de ses hôtes. S’occuper tout en parlant aidait à rester calme et ne pas se perdre dans de trop nombreuses réflexions, également. Il ajouta qu’ils avaient dû laisser cette piste car tout était bloqué, ils n’avaient accès à aucune information, sur ces chercheurs, et le docteur Marcoh, lui-même, tenait un silence total. Impossible de lui parler de ces histoires, pas plus que du passé, les seuls sujets de conversation qu’il acceptait de tenir étaient ceux liés à son travail actuel à l’hôpital ou d’autres sujets anodins, sans plus. Piste fermée et bouclée à double tour, si le docteur était, comme eux, tenu au silence par la prise d’otages, il refusera longtemps de délivrer quoi que ce soit comme informations. C’était très frustrant, lui et le commandant Madless en savaient pourtant beaucoup ! L’un se taisait pour ne pas risquer la vie de ses proches, l’autre avait tant perdu l’esprit qu’il ne pouvait plus rien en ressortir, sinon par brides incompréhensibles.

Alphonse – Ce qui revient souvent, dans les écrits du docteur, ce sont certains ingrédients, et visiblement, il faut être très nombreux, avant de parvenir à créer la pierre.Nous avons encore peu avancé, il connaît bien la façon de crypter ses recherches… Par contre, nous sommes sûrs qu’il y a un lien entre ces travaux et Ishbal. Je sais, les expériences que vous…. aviez menées là-bas n’avaient rien à voir, mais…

Il s’interrompit, un peu gêné de nouveau et sachant que c’était un sujet sensible. En collaboration avec les scientifiques comme Marcoh et Knox, les Alchimistes d’État avaient participé à des expériences humaines particulièrement affreuses. Alphonse et Edward ne l’avaient su qu’en ayant accès à certains documents réservés aux Alchimistes d’État et n’était même pas certain que le lieutenant sache tout sur ce sujet. Et puis, il y avait la petite ! Al ne voulait pas l’effrayer, il n’était pas là pour ça. Ce fut le colonel qui brisa le moment de silence survenu en lançant qu’il pouvait parler librement, il n’avait pas oublié la guerre et ce qu’ils y avaient fait. Peut-être bien, mais restait que la petite était là, il y avait des choses qu’elle ne devait pas entendre.

Alphonse – Scar doit aussi en savoir long, d’une manière ou d’une autre. C’est la seule raison qui aurait pu le pousser à protéger ainsi le commandant. J’ai bien conscience qu’il est dangereux, enfin, est-il possible de le capturer sans le tuer ? Et sans, de préférence, que beaucoup soient au courant ? Nous devons réussir à lui parler discrètement, en évitant qu’il veuille nous arracher la tête, bien sûr. Il y a sûrement un moyen.


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