Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 "Il est temps de crever l'abcès."

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Riza Mustang

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MessageSujet: "Il est temps de crever l'abcès."   Sam 12 Oct 2013 - 13:18

["Suggestion" des jumeaux... Paroles de Carlisle avec Jane --']

Bella prit une grande inspiration, debout devant la fenêtre du Cottage. Elle réfléchissait. Cela faisait un mois et demi, maintenant, que les jumeaux étaient partis avec Aro pour retourner à Volterra. Avec l’enlèvement de Renesmée, l’arrivée de Kate et les quelques petits problèmes habituels, la nouvelle-née n’avait plus pensé à cela et avait laissé les choses dans cet état avec les autres Cullen. Enfin, surtout avec Rosalie. Elle l’avait évitée, évitant surtout toute confrontation directe avec elle même si c’était loin d’être facile. Elle se contentait donc de rester au Cottage, le plus souvent, pour ne causer aucun accident au Chalet. Oui, mais voilà, cette stratégie d’évitement ne pouvait plus durer, selon Carlisle. Il était venu la trouver pour lui dire qu’il voulait absolument qu’elle discute avec Rosalie, que les choses ne pouvaient pas continuer comme cela et que ce n’était pas bon pour Renesmée. Sa réaction ?

Bella – Parler avec Rosalie ? Mais Carlisle, elle va… Non, impossible !

Carlisle – Tu comptes laisser les choses s’envenimer encore longtemps, alors ?

Bella – J’ai pas dit ça ! Mais si ça finit par dégénérer…

Carlisle – Il vaut mieux crever l’abcès tout de suite que de vous éloigner à jamais.

Bella s’était figée, ne trouvant rien à dire à son beau-père. De toute façon, à quoi bon argumenter ? Elle savait que c’était peine perdue et que, une fois que Carlisle avait une idée en tête, il ne la lâchait pas. Alors… Autant rendre les armes de suite. De toute façon, elle n’était pas obligée d’aller lui parler dans la semaine qui suivait, n’est-ce pas ? Elle lâcha un « D’accord, j’irai lui parler » très vite, presque dans un murmure renfrogné, attendant que son beau-père quitte le Cottage.

Carlisle – Et pas dans trois semaines, Bella. Demain.

Bella – Demain ?! Mais je ne peux pas, c’est imposs…

Carlisle – Tout de suite, alors.

Bella – Mais…

Bella eut à peine le temps de finir sa protestation que Carlisle la prit par l’épaule pour la pousser hors du Cottage. Hein ?! Mais non, elle ne voulait pas ! Elle s’apprêtait à rentrer dans le Cottage mais, lorsqu’elle vit le regard que lui jetait son beau-père, elle se ravisa immédiatement. Bon, d’accord… Maintenant. La nouvelle-née se dirigea vers le Chalet avec des pieds de plomb, suivie de Carlisle qui ne semblait définitivement pas vouloir la lâcher tant qu’elle n’était pas arrivée. D’accord, d’accord… Elle avait compris, pas besoin de quelqu’un pour la surveiller ! Elle poussa la porte du Chalet, sentant instantanément la tension qui y régnait, comme si le simple fait d’entrer lui rappelait tout ce qui s’était passé. Bella marqua un temps d’arrêt, comme frappée par l’ambiance, et hésita longuement sans bouger. Non, non, non. Impossible de monter là-haut ! Elle sentit alors une pression dans son dos. Carlisle, qui la poussait. Rah, très bien, pas besoin de le répéter ! Elle lui lança un bref regard noir et résigné à la fois, puis se dirigea vers les escaliers menant à la chambre de Rosalie et d’Emmett. Par chance, Emmett était parti jouer avec Renesmée, cela devait l’aider à recouvrer la mémoire selon Carlisle. Enfin, « par chance »… Chacun son point de vue. Bella frappa trois petits coups à la porte sans vraiment attendre de réponse – elle savait qu’elle n’en aurait pas – et entra timidement.

Bella – Rosalie ? Désolée de te déranger, mais… Je crois qu’on doit parler…

Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Bella maudissait intérieurement Carlisle de l’avoir poussée à venir jusqu’ici, elle le maudissait de l’avoir poussée à parler à Rosalie. Sa « belle-sœur » ne l’aimait pas, ne l’aimait plus, elle la détestait même ! Alors comment rattraper le coup ? C’était impossible, tout simplement ! Pourquoi s’entêter ? Bella enchaîna, sachant que Rosalie n’allait pas la laisser parler, encore moins parler d’elle-même si elle attendait.

Bella – Je sais que j’ai fait une énorme connerie… Et dieu sait à quel point je m’en veux depuis, mais… Carlisle a raison en disant qu’on ne peut pas rester comme ça éternellement.  Tu peux me renvoyer chier, mais je voulais au moins m’excuser. M’excuser de t’avoir blessée, d’avoir blessé les jumeaux, de tout avoir anéanti comme ça…


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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Lun 21 Oct 2013 - 11:49

Rosalie était assise à son bureau, la tête appuyée sur une man, alors que l'autre était crispée sur la sourie. Les annonces défilaient devant son visage rêveur et pensif, dans le silence le plus total. Les autres jouaient où étaient partis chasser. Emmett devait sans doute jouer à un de ses éternel jeu virtuel avec Jasper. Elle n'avait pas envie de les rejoindre, ou même de se blottir contre son mari. Elle voulait juste rester là, seule, à regarder l'écran. Des offres d'emploi, défilant, de tous les métiers dont elle rêvait. Sage-femme, aide maternelle, nourrice, éducatrice... Tant de métiers en rapport avec les enfants. Elle s'imaginait dans ces différents rôles, entourée toute la journée de jeunes enfants, qu'elle pourrait soigner et éduquer.

Elle regardait également des photos de bébés, d'adolescents, ou de familles entières. Elle voulait pleurer et n'y parvenait pas. Elle aurait pu... Elle aurait avoir ses propres enfants ! Des petits êtres tous blonds, courant et riant sous le soleil. Elle aurait dû les voir grandir et évoluer. Elle aurait dû les voir devenir adultes, se marier à leur tour. Elle aurait dû devenir un jour grand-mère, de nouveau entourée de gamins qu'elle aurait pu gâter, remplie de fierté à la vue de sa famille. Elle aurait dû conclure sa vie, heureuse et comblée. Elle aurait dû mourir, après avoir réalisé le rêve le plus cher de son existence. Mourir et laisser la place à ses descendants. Et au lieu de ça...

Elle éteignit l'ordinateur puis retourna dans sa chambre. Vaste, éclairée, emplie de photos de sa famille, d'Emmett et d'elle-même. Elle les effleura du bout des doigts, s'attardant sur celle de son mariage avec Emmett. Le mariage. Au moins un rêve qu'elle avait pu réaliser... Mais ils resteront ainsi, juste tous les deux, figés à jamais. Il y eut tout à coup de brefs coups donnés à la porte, et Bella entra. La dernière personne au monde que Rosalie avait envie de voir en ce moment.

Bella Rosalie ? Désolée de te déranger, mais… Je crois qu’on doit parler…

Et bien non. Non. Non ! Qu'elle aille parler à qui elle veut, peu importe, mais pas à elle ! Qu'elle aille parler à Edward, Alice, Carlisle, ou même au Diable si ça lui chantait, mais pas à elle. Sauf qu'elle entra tout de même, visiblement insensible aux ondes particulièrement négatives qui se dégageaient de Rosalie. gare à ce qu'elle allait lui dire... Rose n'était pas d'humeur à supporter des paroles lacrymales.

Bella Je sais que j’ai fait une énorme connerie… Et dieu sait à quel point je m’en veux depuis, mais… Carlisle a raison en disant qu’on ne peut pas rester comme ça éternellement. Tu peux me renvoyer chier, mais je voulais au moins m’excuser. M’excuser de t’avoir blessée, d’avoir blessé les jumeaux, de tout avoir anéanti comme ça…

Parce qu'elle croyait qu'il suffisait de s'excuser pour tout arranger ?! Comme ça, paf, d'un simple claquement de doigt ? Mauvaise pioche, ma petite ! Rosalie se tourna enfin vers elle, contemplant sa jeune belle-sœur, ses yeux désormais presque dorés. Elle se mordit les lèvres, l'esprit encore plein des images qu'elle avait vu. Elle savait parfaitement qu'elle se faisait du mal et s'en moquait. Ressasser les mêmes souvenirs causait du tord, sans aucun doute. Mais lorsqu'on n'avait plus que ça, on était content de pouvoir ressasser quelque chose.

- Isabella Marie Cullen, dit-elle d'un ton très doux en lui souriant. Si tu n'as toujours pas saisi le véritable problème, tu pouvais t'épargner la peine de monter ici.

Elle s'approcha, jusqu'à être quasiment nez à nez avec sa belle-sœur. En cet instant, elle se fichait que Bella puisse lire ou non la peine dans ses yeux. Elle ne voulait pas craquer, surtout pas devant elle.

- Les jumeaux, murmura-t-elle, ont été un rappel assez brûlant de tout ce qui me travaille depuis ma transformation. De ce que ça fait lorsque vous savez que vous êtes condamnés à une vie que vous n'avez pas choisi, après une fin violente. De ce que ça fait lorsqu'on a perdu toute possibilité de grandir, ou d'évoluer. Et moi, pourtant, en les voyant chez nous, j'ai cru bêtement qu'ils pourraient avoir une chance de s'en sortir un minimum. Ça aurait pu se passer ainsi si quelqu'un de ma connaissance n'avait pas aidé leur clan à les reprendre !

Sa voix en tremblait, de colère, d'impuissance aussi. Mais ce dernier sentiment l'importait sur tout le reste. Elle était totalement impuissante, depuis toujours, depuis qu'elle était tombée dans les mains de son fiancé. Elle ne contrôlait plus rien de sa vie depuis ce jour.

- Essaye de comprendre, ne serait-ce qu'un peu, que tu dois arrêter de piétiner les peurs et les rêves des autres. Tu as bien vu ce que ça a donné avec Alec lorsque tu t'es moqué de leurs doutes. Tu devrais faire attention, car il aurait pu te tuer si tu avais été seule. Mais qu'on soit claires, Bella ! Je ne souhaite pas ta mort. Pas du tout.

Elle se recula, sans ajouter quoi que ce soit. Non, ce n'était pas sa mort qu'elle souhaitait. Elle avait d'autres inspirations, d'autres espoirs. Et, encore une fois, son apparence de toute jeune femme allait la desservir.

- L'immortalité est juste une prison, dit-elle après un petit moment de silence.
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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Mar 22 Oct 2013 - 11:10

Rosalie – Isabella Marie Cullen. Si tu n'as toujours pas saisi le véritable problème, tu pouvais t'épargner la peine de monter ici.

Oh, cela, Bella aurait vraiment voulu l’éviter. Elle ne comptait pas parler à Rosalie si tôt, elle pensait la laisser et tenter de lui parler, oui, mais… Pas tout de suite. Juste laisser passer un peu plus de temps pour ne pas aggraver la situation. Un tout petit peu plus de temps. Le seul détail que la nouvelle-née n’avait pas prévu était son beau-père… Il l’avait vraiment prise en traitre en lui parlant comme cela, sans lui laisser l’occasion de repousser encore cette discussion. Bon, d’accord, il n’avait pas tort d’un côté, mais parler de toute cette histoire maintenant était trop risqué. C’était encore trop récent dans les mémoires, trop… Non. Dieu sait à quel point Bella aurait voulu éviter de monter à cet étage pour parler à Rosalie. Et cette envie s’accentua lorsque sa belle-sœur s’approcha franchement d’elle, provoquant un léger recul par la même occasion. Seulement, la colère ne s’y lisait pas tant que cela, ou du moins, ce n’était pas ce qui était le plus visible dans ses yeux… C’était plutôt… de la peine ?

Rosalie – Les jumeaux ont été un rappel assez brûlant de tout ce qui me travaille depuis ma transformation. De ce que ça fait lorsque vous savez que vous êtes condamnés à une vie que vous n'avez pas choisi, après une fin violente. De ce que ça fait lorsqu'on a perdu toute possibilité de grandir, ou d'évoluer. Et moi, pourtant, en les voyant chez nous, j'ai cru bêtement qu'ils pourraient avoir une chance de s'en sortir un minimum. Ça aurait pu se passer ainsi si quelqu'un de ma connaissance n'avait pas aidé leur clan à les reprendre !

Mais Bella n’avait pas souhaité cela ! Elle ne leur avait pas dit « Allez-y, allez retrouver Aro », que du contraire ! Oui, elle s’y était mal pris, oui, elle avait fait une bourde monumentale, oui, elle avait manqué de tact. Mais elle n’avait pas pensé que les choses allaient dégénérer à ce point, elle n’avait pas pensé que les jumeaux allaient mal prendre ce qu’elle avait dit ! Dans sa tête, c’était clair et aucune ambiguïté n’était visible, aucun sarcasme particulier ne pouvait pousser les jumeaux à être vexés ! Mais comment l’expliquer à Rosalie ? Comment lui faire comprendre que, non, Bella n’avait rien voulu de tout cela ? Que les paroles qu’elle avait prononcées, la nouvelle-née se les remémorait tous les jours, se demandant comment elle aurait pu faire changer les choses, comment cela aurait évolué si elle avait dit tel mot plutôt qu’un autre ?

Rosalie – Essaye de comprendre, ne serait-ce qu'un peu, que tu dois arrêter de piétiner les peurs et les rêves des autres. Tu as bien vu ce que ça a donné avec Alec lorsque tu t'es moqué de leurs doutes. Tu devrais faire attention, car il aurait pu te tuer si tu avais été seule. Mais qu'on soit claires, Bella ! Je ne souhaite pas ta mort. Pas du tout.

Ah. Ah bon ? Alors, Rosalie ne voulait même pas la tuer ? Elle ne voulait même pas ne plus la voir du tout et l’oublier, tout simplement ? Bella en resta bouche-bée, s’attendant à ce que sa belle-sœur l’envoie même valser par l’une des fenêtres du Chalet, s’attendant à se retrouver soulevée du sol sans rien comprendre. Cette fois, elle tombait des nues et ne comprenait vraiment pas grand-chose. Cependant, ce n’était pas la seule chose qu’elle avait retenue de ce qu’avait dit Rosalie. « tu dois arrêter de piétiner les peurs et les rêves des autres »… Mais elle ne l’avait pas fait exprès ! Dans sa tête, c’était clair, elle avait juste voulu les aider, leur faire ouvrir les yeux ! Elle n’avait pas pensé à autre chose, alors comment aurait-elle pu prévoir une telle réaction ? Pourquoi aurait-elle passé des mois et des mois à veiller sur Jane, si c’était pour piétiner ses rêves et ses peurs ? Certes, il y avait eu la culpabilité, la compassion, mais ce n’étaient pas les seules raisons à son comportement. Rosalie se recula enfin et ajouta, après un long silence :

Rosalie – L'immortalité est juste une prison.

Bella – Alors, tu crois que je l’ai fait exprès… Que ça me fait plaisir de les avoir blessés, de les avoir « rendus » à Aro. Que j’ai fait tout ça pour jubiler par après…

Ce n’était pas une question, mais une affirmation lâchée dans un soupir, sur un ton montrant culpabilité, déception et… étonnement ? Jusqu’ici, Bella avait cru que Rosalie lui en voulait uniquement parce que les jumeaux étaient des enfants à ses yeux et qu’elle en voulait, comme elle le savait. Mais la nouvelle-née n’avait pas imaginé une seconde que la colère de sa belle-sœur puisse aller plus loin, puisse être provoquée par le « caractère » de Bella. Elle ne pensait tout de même pas sincèrement qu’elle l’avait fait exprès… Si ? Ce n’était pas ce qu’avait souhaité Bella. Pas du tout. Elle n’avait que voulu les aider, elle n’avait jamais cherché à les blesser. Elle aussi, elle aurait voulu donner une seconde chance aux jumeaux, c’était aussi pour cela qu’elle s’était démenée pour Jane. Ne bougeant pas de l’endroit où elle était, Bella reprit timidement :

Bella – Ce n’était pas ce que je voulais… Tu crois vraiment que je me suis occupée de Jane uniquement parce que je culpabilisais ? Je voulais lui offrir une seconde chance, la pousser à continuer même si on pensait que son frère était mort. Je ne voulais pas que… Je ne voulais pas qu’Aro gagne en la détruisant de la sorte. Il avait eu Alec, je voulais qu’elle aie au moins une chance de profiter de sa vie, de ce qui lui restait.

Bella avait l’impression d’être une tache à côté de Rosalie, ses mots semblaient bien moins « beaux » et moins réfléchis, son vocabulaire était nettement moins soutenu et développé que celui de sa belle-sœur. Par conséquent, elle avait peur de dire quelque chose qui serait mal compris, de dire quelque chose qui la blesserait alors que ce n’était pas du tout ce qu’elle souhaitait. Reprenant après un moment passé à chercher ses mots, dû à une hésitation dans ce qu’elle pouvait dire ou non, Bella reprit :

Bella – Ce que je veux dire, Rosalie, c’est que… Je sais que j’ai été maladroite dans les mots que j’ai employés. Mais j’ai grandi dans une famille où… comment dire ? On ne manie pas le vocabulaire aussi bien que vous. Je voulais leur montrer qu’ils ne devaient pas foncer chez Aro, qu’ils avaient enfin une chance de s’en tirer, qu’ils pouvaient vivre libres et que ça serait peut-être une vengeance suffisante vu qu’Aro les aurait perdus. Je m’y suis « juste » mal pris…


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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Mar 22 Oct 2013 - 13:44

Bella – Alors, tu crois que je l’ai fait exprès… Que ça me fait plaisir de les avoir blessés, de les avoir « rendus » à Aro. Que j’ai fait tout ça pour jubiler par après…

Quoi, ce n'était que maintenant qu'elle saisissait enfin ce que Rosalie pensait d'elle ? Décidément... Sa belle-sœur était tout de même assez lente d'esprit. Et cela ne faisait que renforcer le mépris de Rosalie. Elle détestait les gens qui agissaient sans réfléchir, qui ne prêtaient aucune attention à ce qu'ils disaient, qui vivaient comme si la vie n'apportait aucun problème. Somme toute, les gens "Peace and love", pour reprendre une expression grossière. Les gens qui ne comprenaient pas ce qu'était la vie... Rosalie avait été ainsi, autrefois et l'avait payé trop cher. Jeune, amoureuse de l'idée de l'amour, avec des aspirations dont toute femme de son époque rêvait. Aspirations, oui...

Bella – Ce n’était pas ce que je voulais… Tu crois vraiment que je me suis occupée de Jane uniquement parce que je culpabilisais ? Je voulais lui offrir une seconde chance, la pousser à continuer même si on pensait que son frère était mort. Je ne voulais pas que… Je ne voulais pas qu’Aro gagne en la détruisant de la sorte. Il avait eu Alec, je voulais qu’elle aie au moins une chance de profiter de sa vie, de ce qui lui restait.

Et bien, elle s'y prenait très mal. Rien que durant la "convalescence" de Jane, Rosalie avait été ulcérée que sa très chère sœur hurle à chaque fois que quelqu'un voulait entrer la voir, par peur de son don. C'est certain, une personne se remet bien plus vite lorsqu'elle reste isolée ! Ils auraient pu la pousser à sortir, à l'emmener chasser avec eux, même en marchant s'il le fallait, ou n'importe quoi ! Mais pas la laisser enfermé dans une chambre toute seule, où elle ne fera rien d'autre que ressasser ses souvenirs. Bella devrait pourtant savoir que ce sont les souvenirs qui font le plus mal ! Et, paradoxalement, les souvenirs heureux. Ce sont ces derniers qui vous font hurler parce que vous avez tout perdu. On ne regrette pas une vie de misère, après tout. On ne regrette que ses rêves et les bons moments. Rosalie ne regardait même plus Bella, son regard dérivant par la fenêtre.

Bella – Ce que je veux dire, Rosalie, c’est que… Je sais que j’ai été maladroite dans les mots que j’ai employés. Mais j’ai grandi dans une famille où… comment dire ? On ne manie pas le vocabulaire aussi bien que vous. Je voulais leur montrer qu’ils ne devaient pas foncer chez Aro, qu’ils avaient enfin une chance de s’en tirer, qu’ils pouvaient vivre libres et que ça serait peut-être une vengeance suffisante vu qu’Aro les aurait perdus. Je m’y suis « juste » mal pris…

Lui tournant le dos, Rose eut un sourire amer.

- L'éducation n'excuse pas tout, selon moi. Et pour la vengeance... Non, je te garantie qu'on ne peut vivre en paix tant qu'on a pas rendu sa haine à celui qui a précipité votre fin.

Elle sourit à nouveau, marchant vers la fenêtre. Mais un sourire heureux, cette fois, empreint de l'un de ses premiers souvenirs en tant que vampire. Le jour où elle avait lentement tué son fiancé, brillante et belle dans sa robe de mariée qu'elle avait volé pour l'occasion. Comme Royce avait hurlé, ce jour-là ! Il avait crié, crié, autant de douleur que de terreur. Celle qui aurait pu devenir sa femme, qu'il avait laissé pour morte... Elle revenait devant lui, plus belle que jamais, les yeux carmins et glaciale. Il avait tant hurlé ! Et chacun de ses cris avait été, pour Rose, comme une vengeance pour tous les coups qu'elle avait enduré. Elle replaça une mèche derrière son oreille, savourant ce délicieux souvenir. Presque cent ans plus tôt, mais elle était toujours heureuse de ce qu'elle avait accompli, et sans boire une seule goutte de leurs sangs.

Bella – Il doit y avoir moyen... Enfin, je crois. Je n'ai jamais connu un tel désir de vengeance, moi...

- Mais moi si, dit-elle sans cesser de sourire et en se tournant vers sa belle-sœur, les bras croisés. C'est pour ça que je les comprenais. Il n'y a aucun moyen d'oublier celui qui vous a mené à la mort, sinon par la vengeance. Je t'avais déjà dit comment je suis devenue un vampire ?

Elle secoua la tête pour dire non. Les yeux de Rosalie se firent plus sombres et elle s'assit sur le rebord de la fenêtre, silencieuse pour le moment. Bella prit place sur le lit après que Rose lui ait fait signe. Heureusement que Jasper n'était pas dans le coin ou il serait payé un bon mal de tête.

- La vie était plus simple, à mon époque. Nous n'avions pas les mêmes rêves... Je vivais dans un quartier tranquille de New-York, et même humaine, on me disait très belle. A dix-huit ans, j'étais prête pour la vie. Je voulais me marier, avoir une grande maison, une maison qui serait remplie d'enfants. Mes enfants... Être mère, mon seul objectif.

Elle entortilla une mèche de ses cheveux du bout des doigts puis poursuivit.

- Royce King était le plus beau parti de la ville. Il était plus vieux que moi, je le connaissais à peine. Il me fit une cour passionnée, et nos fiançailles furent très vite déclarées. Je touchais mes rêves du bout des doigts ! J'allais avoir une vie facile, un endroit spacieux avec de petits enfants tous blonds courant sur la pelouse. Je me voyais déjà les chérir et les élever. Le mariage était prévu pour Avril. Je me souviens que le temps m'inquiétait un peu, je souhaitais que la cérémonie se déroule dehors.

Bella sourit lorsqu'elle parla du temps, mais Rosalie perdit le sien. Ça, c'était la partie tranquille. La suite était moins drôle.

- Le dernier soir de ma vie, j'étais en visite chez une amie. Elle était déjà mariée, et maman d'un petit garçon avec de grands yeux et les cheveux très noirs. Je rentrais tard, mais comme je n'habitais pas loin, je n'avais pas voulu appeler mon père pour q'il vienne me chercher. C'était la veille du mariage... Sur le chemin, j'ai croisé Royce et ses amis. Ils avaient bus. Beaucoup. Je suis "morte" ce soir-là. Battue, brisée, violée. Ils m'ont laissés sur le trottoir à perdre mon sang... Et crois-moi, j'aurais voulu mourir ce soir-là. Carlisle me trouva, et il m'emmena avec lui.

Pour être honnête, elle devait bien avouer qu'elle en voulait toujours à Carlisle. Il aurait dû la laisser mourir, la laisser quitter ce monde cruel et ingrat. La laisser mourir, partir d'un monde où ses rêves les plus chers lui avaient été aussi brutalement arrachés. Bella s'était figée sur le lit. Rosalie détourna la tête, regardant à nouveau les photos exposées dans la chambre.

Bella – C'est là qu'il t'a mordue ou... ?

- Il m'a emmené là où il vivait avec Esmée et Edward, puis il m'a mordu au cou, aux poignets et aux chevilles.

Bella frissonna tout à coup, alors que les yeux de Rosalie se voilèrent, perdue dans ses souvenirs.

Bella – Comme pour moi... Ça veut dire que ton état était...

Rosalie ne dit rien durant un court instant, puis sourit à nouveau, dévoilant ses dents blanches et faisant à nouveau briller ses yeux.

- Mais je me suis vengée. D'eux tous, un par un. Je les ai retrouvés, tous ceux qui étaient présents ce soir-là. J'ai bien veillé à ne pas verser une goutte de leur sang, mais ils ont souffert. J'ai gardé Royce pour la fin, pour qu'il sache ce qui l'attendait. J'avais même dérobé ma robe de mariée, pour soigner la mise en scène. Je l'ai tué très lentement... Je faisais attention à mes entrées, à l'époque.

Elle se tut, laissant le silence s'installer. Le calme était incroyable, désormais, Bella ne réagissait pas. Rosalie n'y prit pas garde, elle était "ailleurs". Elle se reprit finalement, après de longues minutes.

- Non, il n'y a aucun moyen de vivre en paix lorsqu'on subit sans pouvoir rendre les coups. Pour moi, le don de Jane, son caractère, ça découle beaucoup de sa mort.

Bella – Je n'avais pas vu les choses comme ça... Je voulais simplement leur éviter de se faire prendre par Aro, mais je ne pensais pas que la vengeance pouvait amener à ça...

- C'est parce que tu n'as jamais haïe quelqu'un assez fort pour vouloir te venger de lui. Si tu avais saisi ça plus tôt, tu aurais su qu'il ne faut pas agacer les gens déjà sensibles sur ce sujet.

Bella se contenta de grimacer. Rosalie se releva et alla chercher quelque chose au fond de son placard. Elle fouilla quelques secondes puis retira un lourd dossier. Elle avait tout récupéré deux mois plus tôt, pour essayer de mieux comprendre. Et aussi parce Jane l'avait touché, tout comme son frère. Elle revint s'asseoir, mais sur le lit à côté de Bella, et ouvrit le carton.

- Je m'étais renseigné, pour comprendre... J'ai pu récupérer tout ça.

Les documents étaient tous très anciens. elle commença par sortir un dessin, ou une gravure, sur du papier parchemin craquelé. On y voyait deux jeunes enfants, petits et assez mignons, blottis l'un contre l'autre sur un banc. La scène représentait un procès, mené par l'Inquisition. Une mention avait été rajouté en haut de la feuille :

"Italie, village de Roncola. 14 Juin 1715."

- Je voulais comprendre... Roncola est situé à dix ou quinze kilomètres de Volterra. Ils sont morts là-bas.

Elle tira d'autres documents d'archives, dont un extrait du "procès", ou plutôt du simulacre du procès qu'ils avaient subis. Il y avait même une petit carte d'identité pour chacun des deux enfants. Elle observa pensivement celle d'Alec.

"Nom et prénom : Alec Wilke
Âge : 12 ans
Taille : 1m60
Poids : 41 kilos
Filiation : Fils de Gwendoline et Eric Wilke. Frère jumeau de Jane Wilke.
Nationalité : Anglais"


Rosalie reposa le document. Elle trouvait ça terriblement triste.

- Quand tu songes à ce qu'ils sont devenus...
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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Jeu 24 Oct 2013 - 17:38

Rosalie – L'éducation n'excuse pas tout, selon moi. Et pour la vengeance... Non, je te garantis qu'on ne peut vivre en paix tant qu’on n’a pas rendu sa haine à celui qui a précipité votre fin.

Bella – Il doit y avoir moyen... Enfin, je crois. Je n'ai jamais connu un tel désir de vengeance, moi...

Rosalie – Mais moi si. C'est pour ça que je les comprenais. Il n'y a aucun moyen d'oublier celui qui vous a mené à la mort, sinon par la vengeance. Je t'avais déjà dit comment je suis devenue un vampire ?

Le regard de Rosalie avait changé, comme si elle revivait une scène ou un souvenir. Mais Bella ne fit pas attention à cela, réfléchissant plutôt à la question que lui avait posé sa belle-sœur. Si elle lui avait déjà raconté sa transformation ? Non… La nouvelle-née savait le désir de fonder une famille de Rosalie, son regret quant à sa condition actuelle, mais n’en savait pas plus. Personne ne le lui avait raconté, personne ne lui en avait parlé. Bella connaissait l’histoire d’Alice, quelques bribes de l’histoire de Jasper – et encore, seulement certaines informations données sur le tas –, mais c’était tout. Sans oublier Edward, bien sûr. Elle secoua donc la tête alors que Rose s’installait sur le rebord de la fenêtre, lui faisant signe de s’asseoir sur le lit. S’exécutant, légèrement hésitante tout de même, elle écouta.

Rosalie – La vie était plus simple, à mon époque. Nous n'avions pas les mêmes rêves... Je vivais dans un quartier tranquille de New-York, et même humaine, on me disait très belle. A dix-huit ans, j'étais prête pour la vie. Je voulais me marier, avoir une grande maison, une maison qui serait remplie d'enfants. Mes enfants... Être mère, mon seul objectif.

Bella imaginait l’époque et la vie que menait Rosalie à ce moment-là. Concernant sa beauté, aucune réserve à avoir, elle croyait sa belle-sœur sans problème vu qu’elle était très belle déjà maintenant.

Rosalie – Royce King était le plus beau parti de la ville. Il était plus vieux que moi, je le connaissais à peine. Il me fit une cour passionnée, et nos fiançailles furent très vite déclarées. Je touchais mes rêves du bout des doigts ! J'allais avoir une vie facile, un endroit spacieux avec de petits enfants tous blonds courant sur la pelouse. Je me voyais déjà les chérir et les élever. Le mariage était prévu pour Avril. Je me souviens que le temps m'inquiétait un peu, je souhaitais que la cérémonie se déroule dehors.

« Le temps m’inquiétait un peu »… Rosalie s’inquiétait seulement du temps, à ce moment-là ? C’était tellement insolite et bizarre lorsque l’on voit comment les choses ont évolué que ne pas sourire fut impossible, pour Bella. Penser que sa belle-sœur s’inquiétait pour des futilités comme celle-ci… D’un autre côté, cela montrait que sa vie était calme et paisible, à un tel point que rien d’autre ne la préoccupait. En effet… Elle avait raison, la vie devait être vraiment plus simple à son époque. Néanmoins, Rosalie ne souriait plus. Oups… Bêtise ? Elle n’avait rien dit, pour une fois !

Rosalie – Le dernier soir de ma vie, j'étais en visite chez une amie. Elle était déjà mariée, et maman d'un petit garçon avec de grands yeux et les cheveux très noirs. Je rentrais tard, mais comme je n'habitais pas loin, je n'avais pas voulu appeler mon père pour qu'il vienne me chercher. C'était la veille du mariage... Sur le chemin, j'ai croisé Royce et ses amis. Ils avaient bu. Beaucoup. Je suis "morte" ce soir-là. Battue, brisée, violée. Ils m'ont laissée sur le trottoir à perdre mon sang... Et crois-moi, j'aurais voulu mourir ce soir-là. Carlisle me trouva, et il m'emmena avec lui.

Tout devint plus clair. Bella comprenait pourquoi Rosalie était si… Si… aigrie. Si nostalgique. Elle comprenait pourquoi sa belle-sœur regrettait sa vie et elle n’aurait jamais imaginé qu’une telle chose aurait pu lui arriver. Bon, d’un côté, elle avait l’air superficiel mais intérieurement, elle cachait une grande tristesse et de grands regrets, chose que Bella n’aurait jamais soupçonnée. A vrai dire, elle l’avait toujours vue comme étant une fille jalouse, super belle certes, mais surtout jalouse et nostalgique. Sans oublier le côté aigri qu’elle lui donnait à cause de sa mauvaise humeur coutumière dès qu’elle entrait dans la pièce. Cependant, ce que venait de lui raconter Rosalie changeait beaucoup de choses et éclairait ses réactions à son égard. Bella s’était même figée en imaginant les conditions dans lesquelles était morte sa belle-sœur… Même si elles ne s’entendaient pas, cela ne signifiait pas que l’on puisse souhaiter un tel traitement à une personne.

Bella – C'est là qu'il t'a mordue ou... ?

Rosalie – Il m'a emmené là où il vivait avec Esmée et Edward, puis il m'a mordu au cou, aux poignets et aux chevilles.

Bella connaissait cette « technique ». Elle savait ce que cela signifiait et ne put réprimer un frisson. Rosalie était en mauvais état, au bord de la mort, et aurait dû ne plus être de ce monde depuis longtemps.

Bella – Comme pour moi... Ça veut dire que ton état était...

Elle en voulait à Carlisle, d’après ce que comprenait la nouvelle-née... Ce qui la mit, d’ailleurs, très mal à l’aise. S’il entendait tout cela ? Et Emmett, était-il au courant ? Comment faisaient-ils pour vivre avec ce poids ? Sachant qu’ils n’étaient peut-être pas vraiment aimés ? Rosalie vivait constamment avec ce même souvenir. La personne qu’elle aimait le plus au monde l’avait laissée pour morte… Si Edward avait fait la même chose avec elle, Bella ne savait pas comment elle-même aurait réagi.

Rosalie – Mais je me suis vengée. D'eux tous, un par un. Je les ai retrouvés, tous ceux qui étaient présents ce soir-là. J'ai bien veillé à ne pas verser une goutte de leur sang, mais ils ont souffert. J'ai gardé Royce pour la fin, pour qu'il sache ce qui l'attendait. J'avais même dérobé ma robe de mariée, pour soigner la mise en scène. Je l'ai tué très lentement... Je faisais attention à mes entrées, à l'époque.

Bella ne put rien dire… Elle ne put même pas esquisser un seul geste. Entendre Rosalie relater les évènements comme cela révélait son côté dangereux, montrait à la nouvelle-née la nature première des vampires. Le désir de vengeance, la volonté de tuer… Et si elle-même finissait comme cela ? Si, elle aussi, était fragile et à la merci de cette « capacité » ? Elle n’avait pas envie de faire une telle chose. Mais si Rosalie, qui avait « grandi » depuis sa transformation dans un endroit chaleureux, dans un milieu où l’on vous aime sincèrement, avait éprouvé un tel désir de vengeance… Oui, Bella pouvait le comprendre, à présent, pour les jumeaux. Cela semblait si facile, pour un vampire, de se venger…

Rosalie – Non, il n'y a aucun moyen de vivre en paix lorsqu'on subit sans pouvoir rendre les coups. Pour moi, le don de Jane, son caractère, ça découle beaucoup de sa mort.

Bella – Je n'avais pas vu les choses comme ça... Je voulais simplement leur éviter de se faire prendre par Aro, mais je ne pensais pas que la vengeance pouvait amener à ça...

Rosalie – C'est parce que tu n'as jamais haï quelqu'un assez fort pour vouloir te venger de lui. Si tu avais saisi ça plus tôt, tu aurais su qu'il ne faut pas agacer les gens déjà sensibles sur ce sujet.

Bella grimaça, par peur de rajouter quelque chose qui aurait pu blesser sa belle-sœur. Si elle avait su tout cela, oui, elle se serait tue. Si elle avait su tout cela, elle n’aurait rien dit aux jumeaux… Elle n’aurait pas tenté de les calmer ou s’y serait pris d’une autre manière. Maintenant, elle comprenait mieux… Beaucoup mieux. Mais c’était trop tard. Et elle avait blessé les jumeaux, sans doute à jamais. Rosalie se releva alors et se dirigea vers un placard, cherchant après quelque chose durant quelques secondes. Bella fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu’elle pouvait chercher alors qu’elle n’avait rien dit de spécial depuis ses dernières paroles. Rosalie revint enfin avec un dossier, s’asseyant près d’elle cette fois. Elle ouvrit le dossier en disant :

Rosalie – Je m'étais renseignée, pour comprendre... J'ai pu récupérer tout ça.

Rosalie sortit un dessin représentant les jumeaux, assis sur un banc. A leur procès… Bella avait déjà vu les jumeaux aussi jeunes grâce aux dessins d’Alec, mais jamais ils n’étaient représentés tous les deux. Pas dans cette position, dans cette situation. Ils avaient l’air si… vulnérable. A cause des Volturi, d’après ce qu’avait compris Bella. Et c’était à cause d’elle qu’ils avaient foncé droit dans les bras d’Aro. Pour une question de vengeance…

Rosalie – Je voulais comprendre... Roncola est situé à dix ou quinze kilomètres de Volterra. Ils sont morts là-bas.

Et Rosalie avait tout compris d’elle-même… Elle avait mené ses propres recherches et avait été bien plus intelligente que Bella, qui avait tout détruit sans s’être vraiment renseignée. Sa gorge se serrait à mesure que sa belle-sœur tirait les documents du dossier et les lui présentait plus ou moins. Tout était inscrit, tout était répertorié dans ce dossier. Tout. Y compris des cartes d’identité… Ils étaient fichés dès cet instant. Si Rosalie avait pu avoir ce dossier, les Volturi l’avaient sans doute eu depuis longtemps aussi. Peut-être même avaient-ils participé à son élaboration.

Rosalie – Quand tu songes à ce qu'ils sont devenus...

Bella – Et ils avaient réussi à s’échapper…

Ils avaient. Mais à présent, tout était fini et ils étaient définitivement rentrés avec les Volturi. Ils acceptaient, forcés, de vivre avec eux sans autre forme de procès. Ils acceptaient leur condition et y étaient contraints car Aro ne les laisserait sûrement plus s’échapper comme cela… Du moins, même s’il ne le disait pas, Bella en avait l’intime conviction. Ils avaient accepté et il prendrait cela comme une « promesse », pour elle. Soupirant, Bella reprit :

Bella – Je ne pensais pas que… J’ai appris des trucs avec Jaz’, bien sûr, mais je n’imaginais pas qu’un tel désir de vengeance pouvait exister. Je veux dire, si toi, tu y as pensé… Si tu l’as souhaité plus que tout autre chose…

Devait-elle poser la question ou pas ? Bella hésitait, mais vu qu’elles en étaient à « crever l’abcès » comme l’avait demandé Carlisle, autant éviter les autres ambiguïtés. Elle n’avait pas envie de commettre une nouvelle erreur et de blesser qui que ce soit, elle n’avait pas envie d’entamer la bonne entente entre les membres de cette famille alors qu’ils l’avaient invitée. Hésitant avant de se lancer, Bella demanda :

Bella – Mais… Est-ce que… Carlisle ? Je suppose qu’il sait ce que tu penses et ressens et pourtant, il te considère comme sa fille. Et Emmett ? Tu as aimé un homme et il t’a trahie, et pourtant, tu es avec Emmett et d’après ce que j’ai pu comprendre, vous êtes quand même très… Heu…

Non, elle ne pouvait pas dire cela. C’était franchement gênant, là. Se mordant les lèvres, elle pesait le pour et le contre de cette question. Il fallait qu’elle termine, à présent qu’elle s’était lancée, et qu’elle aille au bout de sa question. Il fallait qu’elle le demande, parce qu’elle ne comprenait pas encore tout.

Bella – Le fait de te venger t’a permis de recommencer à… « vivre » ? Je veux dire que vous n'avez pas l'air de vous détester, Carlisle et toi. Et tu entretiens une bonne relation avec Emmett… Alors pourquoi les jumeaux seraient retournés avec Aro alors qu’il est responsable de leur malheur ? J’ai du mal à comprendre, là.


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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Sam 26 Oct 2013 - 22:29

Bella – Et ils avaient réussi à s’échapper…

Ils avaient réussi... Oui et non. Oui, ils auraient pu demeurer loin de Volterra, se reconstruire, refaire leur vie, loin de tout, eux deux, ensemble. Oui, ils auraient pu. Et d'un autre côté, non, c'était impossible. Oublier ce qu'ils avaient vécus ? Vivre au loin en sachant qu'Aro était toujours là, fort et puissant, intouchable ? Complètement impossible ! Ils n'étaient pas comme ça, de toute façon, surtout Alec. Elle ne le connaissait que fort peu, mais l'avait assez observé pour savoir qu'il n'était pas du genre à se laisser faire sans rien dire. Pas du tout, même... Elle retint un soupir.

Bella – Je ne pensais pas que… J’ai appris des trucs avec Jaz’, bien sûr, mais je n’imaginais pas qu’un tel désir de vengeance pouvait exister. Je veux dire, si toi, tu y as pensé… Si tu l’as souhaité plus que tout autre chose…

Était-ce si étonnant qu'elle ait pensé à cela ? Et ce n'était même pas une simple pensée, elle l'avait traduit en actes ! Après tout, il s'agissait là de la nature même de leur espèce dévoyée. Des monstres, des suceurs de sang, qui pompent la vie comme d'autres boivent de l'eau. Ils tuaient, ils assassinaient, oubliant qu'eux-même avaient un jour été à la place de leurs victimes innocentes. Oui, Rose avait été comme n'importe quel autre vampire. A se délecter de donner la mort, se réjouir de voir ces vies fuir sous sa propre puissance. Les seuls humains qu'elle ait jamais tué. Souvenir jouissant, si l'en est un, et Bella ne devrait pas s'étonner de cette joie à donner la mort.

Bella – Mais… Est-ce que… Carlisle ? Je suppose qu’il sait ce que tu penses et ressens et pourtant, il te considère comme sa fille. Et Emmett ? Tu as aimé un homme et il t’a trahie, et pourtant, tu es avec Emmett et d’après ce que j’ai pu comprendre, vous êtes quand même très… Heu…

Très ? Très "portés sur la chose" ? Très intimes ? Humph. Elle avait été trahie par un homme, oui, mais ne devait pas rejeter tous les autres pour autant. Emmett était précieux, pour elle, elle avait gardé son équilibre mental grâce à lui. Elle l'aimait comme une folle et donnerait tout pour qu'il soit heureux. Et pourtant... Si elle pouvait redevenir humaine, elle accepterait aussi de le perdre. Elle accepterait tout pour sentir de nouveau le soleil sur sa peau, entendre son cœur battre, sentir le vent, les odeurs, pouvoir dormir et rêver, être mère.

Bella – Le fait de te venger t’a permis de recommencer à… « vivre » ? Je veux dire que vous n'avez pas l'air de vous détester, Carlisle et toi. Et tu entretiens une bonne relation avec Emmett… Alors pourquoi les jumeaux seraient retournés avec Aro alors qu’il est responsable de leur malheur ? J’ai du mal à comprendre, là.

- C'est complètement différent, répliqua Rosalie avec impatience, sans toutefois s'énerver.

Elle tenait les documents, posés sur ses genoux. La vie humaine des jumeaux, résumée rapidement. Des croquis, des témoignages, des notes, des rapports. Comment condamner quelqu'un, envoyer à la mort, sur la base de ça.

- Me venger m'a soulagé, dans le sens où je pouvais vivre en sachant que mes agresseurs avaient payés. Et j'aime sincèrement Emmett, tu ne peux pas douter de ça ! Quand à Carlisle... Je ne le déteste pas, mais inutile de nier que je lui en veux.

Elle attacha rapidement ses cheveux qui lui tombaient devant le visage, soupira, puis passa un doigt léger sur les croquis. Une fin violente n'amenaient que regrets et amertume, avec parfois des lueurs de bonheur.

- Si les jumeaux sont retournés avec Aro... Pour moi, c'est surtout par manque de choix. Ils sont "nés" là-bas, y ont toujours vécu, et lorsqu'ils ont enfin découverts autre chose, ils ont été trahis. Que voulais-tu qu'ils fassent ensuite ? Aro est un monstre, mais il est leur créateur, et Volterra est finalement le seul endroit où ils ont été un peu heureux.

Bella – Je voulais qu'ils essaient... Ils ont vu à quel point Aro pouvait leur faire du mal, j'avoue ne pas comprendre comment ils peuvent être heureux là-bas, même un peu. Mais c'est vrai qu'une fois chez les Volturi, s'en sortir est impossible...

- Il n'y a rien à comprendre... Ou plutôt, rien que l'on ne puisse comprendre... Les jumeaux sont à peine plus jeunes que Carlisle, ils ont bien plus vécu que nous deux. Tu t'attaches forcément au clan qui t'a élevé et protégé !

Bella – Tu as sans doute raison... J'espère juste que ça va quand même aller, pour eux.

- Moi aussi... De toute façon, ils sont obligés de rester dans un clan, leur apparence les empêcherait de vivre seuls. Tant qu'Alec réussit à ne plus se rebeller...

Bella – Je crois que ce n'est pas gagné, ça, par contre.

- C'est leur époque qui a voulu ça.

Elle resta silencieuse un moment, puis se tourna vers Bella.

- Auparavant, tu détestais Jane. Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Pourquoi t'es-tu occupée d'elle, comme ça, du jour au lendemain ? J'ai du mal à y voir autre chose que de la culpabilité ou je ne sais quoi...
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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Dim 27 Oct 2013 - 18:57

Rose – C'est complètement différent. Me venger m'a soulagé, dans le sens où je pouvais vivre en sachant que mes agresseurs avaient payés. Et j'aime sincèrement Emmett, tu ne peux pas douter de ça ! Quant à Carlisle... Je ne le déteste pas, mais inutile de nier que je lui en veux.

Bella essayait de se mettre à la place de Rosalie, mais c’était assez difficile. Elle ne voulait pas se venger, pas comme cela… Mais sa belle-sœur avait grandi dans une époque différente de la sienne, alors peut-être était-ce normal que la seule vengeance qu’elle ait trouvée soit celle-ci. Maintenant, d’une certaine manière, elle vivait en paix et cela valait mieux lorsque l’on ne peut pas mourir. Non ? Bella ne pouvait donc pas lui en vouloir, même si… Imaginer, savoir que Rosalie n’aimait pas particulièrement Carlisle était dérangeant. Bon, d’un côté, elle ne le montrait pas. Et cela rassurait un peu la nouvelle-née, sa belle-sœur n’était pas en bons termes avec tout le monde donc… Oui, bon, c’est égoïste, et alors ? Il faut admettre que Carlisle est un tout petit peu énervant quand il s’y met, surtout lorsqu’il veut obtenir une réponse. Au final, chacun ses raisons et ses affinités, on ne peut pas aimer tout le monde. Rosalie soupira, ce qui tira Bella de ses pensées, et dit :

Rosalie – Si les jumeaux sont retournés avec Aro... Pour moi, c'est surtout par manque de choix. Ils sont "nés" là-bas, y ont toujours vécu, et lorsqu'ils ont enfin découverts autre chose, ils ont été trahis. Que voulais-tu qu'ils fassent ensuite ? Aro est un monstre, mais il est leur créateur, et Volterra est finalement le seul endroit où ils ont été un peu heureux.

Bella – Je voulais qu'ils essaient... Ils ont vu à quel point Aro pouvait leur faire du mal, j'avoue ne pas comprendre comment ils peuvent être heureux là-bas, même un peu. Mais c'est vrai qu'une fois chez les Volturi, s'en sortir est impossible...

Rosalie – Il n'y a rien à comprendre... Ou plutôt, rien que l'on ne puisse comprendre... Les jumeaux sont à peine plus jeunes que Carlisle, ils ont bien plus vécu que nous deux. Tu t'attaches forcément au clan qui t'a élevé et protégé !

Même lorsque ce dernier fait tout pour nous rendre la vie impossible ? Bella réfléchissait, cherchant à se mettre à la place des jumeaux. Après tout ce qu’ils avaient vécu, oui, c’était compréhensible. Mais pourquoi tout abandonner ? Pourquoi rendre les armes alors que tout n’était peut-être pas perdu ? Elle espérait sincèrement qu’Aro allait les laisser tranquille, qu’il allait arrêter de leur en faire voir de toutes les couleurs. Il avait ce qu’il voulait, après tout : un clan soudé, avec des vampires au don puissant. Il avait fait en sorte que le don de Jane se développe comme jamais et elle était revenue à lui… Alors, maintenant, qu’il les laisse tranquilles. Ce clan ne les avait pas vraiment protégés et élevés, comme elle avait dit. Alors qu’ils restent avec lui… Il y avait anguille sous roche.

Bella – Tu as sans doute raison... J'espère juste que ça va quand même aller, pour eux.

Rosalie – Moi aussi... De toute façon, ils sont obligés de rester dans un clan, leur apparence les empêcherait de vivre seuls. Tant qu'Alec réussit à ne plus se rebeller...

Heu… Elle y croyait vraiment, là ? Rosalie pensait sincèrement qu’il y avait un moyen pour qu’Alec ne se rebelle plus ? Après un an passé à se rebeller, à chercher à fuir les Volturi ? Après des mois passés enfermé dans un cachot, séparé de sa sœur ? Non mais, sincèrement, Rosalie y croyait ? Si oui, Bella tombait des nues parce que, pour elle, c’était clairement impossible. Ils n’allaient certainement pas rester sages, sauf si Aro et Caïus – surtout Caïus – cessaient de les provoquer pour leur faire confiance. Mais cela, ce n’était pas gagné, Aro allait sûrement les mettre à l’épreuve et ils échoueraient. Enfin, surtout Alec… C’était donc perdu d’avance, selon Bella.

Bella – Je crois que ce n'est pas gagné, ça, par contre.

Rosalie – C'est leur époque qui a voulu ça.

Leur époque… Leur époque qui portait un nom bien précis : Aro Volturi. Mais oui, c’était une belle métaphore, même si le changement d’époque n’aurait rien changé pour elle. Ils allaient continuer à se révolter encore et encore, souhaitant simplement se faire entendre, se faire traiter comme des individus à part entière et non pas comme des gardes. Enfin, maintenant, si, plus loin ils étaient des Volturi, mieux ils devaient se porter. Même si le chef des Italiens ne devait certainement pas les lâcher d’une semelle le temps d’être sûr de leur loyauté… Rosalie se tourna soudainement vers Bella après un long silence. Heum ? Qu’avait-elle dit, cette fois ?

Rosalie – Auparavant, tu détestais Jane. Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Pourquoi t'es-tu occupée d'elle, comme ça, du jour au lendemain ? J'ai du mal à y voir autre chose que de la culpabilité ou je ne sais quoi...

… Mais c’était de la triche ! C’était bas ! C’était même horriblement bas, ça ! Bella se figea, ne bougeant plus du tout en entendant cette question. Elle n’avait pas envie de parler de ce sujet, elle n’avait pas envie que tout le monde entende tout cela. Elle l’avait gardé longtemps, n’ayant rien dit du tout, ayant toujours fui le sujet avec Edward, ce n’était pas pour rien ! Elle regarda longuement Rosalie, hésitant, pesant le pour et le contre. Comment expliquer cela ? Bella allait passer pour une égoïste d’abord, puis pour une fille trop sensible et beaucoup trop naïve. Emmett allait la charrier pendant des mois avec cela, Jasper allait sûrement surveiller ses émotions, Edward jouer au mari surprotecteur, Carlisle allait vouloir avoir une discussion sérieuse à ce propos et… Non. Non, non, non. Du calme. Ne pas paniquer, ils n’étaient pas si chiants que cela. Poussant un long soupir, jouant avec ses mains et se mordant les lèvres en même temps, Bella se lança. Allez, un peu de courage, ce n’était que Rosalie ! Et tous les Cullen…

Bella – Je… J’avoue que c’était de la culpabilité… Mais au début.

Bella ne regardait pas Rosalie dans les yeux, c’était déjà assez dur comme cela. Et, d’un côté, elle savait qu’elle n’avait pas intérêt à se défiler une autre fois, que si elle essayait d’éviter la question, Carlisle allait lui tomber dessus car leur relation se serait envenimée. Mais c’était tout de même très bas. Et puis, elle ne comprenait pas en quoi cette réponse les regardait. C’était elle et son passé, les Cullen ne devaient pas tout savoir non plus. Chacun a le droit d’avoir son jardin secret, non ? Certes, avec le don d’Edward, les autres ne devaient pas garder de choses secrètes très longtemps, mais tout de même ! Autant résumer la situation le plus possible pour s’en tirer et en finir avec cette discussion. Elles avaient tout dit, non ? Et les choses s’étaient calmées, alors bon… Bella voulait simplement éviter de repenser à tout cela, ce n’était pas si compliqué à comprendre, si ?

Bella – Je voulais lui éviter ça. Je comprenais ce qu’elle ressentait, je sais ce que ça fait de perdre… tout. De perdre tout ce à quoi on tient le plus, surtout lorsque notre monde se résume à une personne, à une ville ou une famille. Vous avez été là pour moi quand on a quitté Forks… Mais elle n’avait personne. Si j’avais eu le même don qu’elle, je crois que je vous aurais tous foudroyé une bonne centaine de fois, sans vouloir te vexer.

Oh, oui. Bella les aurait sûrement envoyés balader une bonne trentaine de fois si elle avait pu. Mais le fait est qu’elle était encore humaine, beaucoup plus faible qu’eux, qu’elle ne résistait pas au don de Jasper et qu’ils en avaient profité pour la pousser à se nourrir. D’accord, cela l’avait aidée, elle avait eu son mariage, la naissance de Renesmée… Mais Jane, elle, n’avait rien de tout cela. Elle n’avait plus personne et son clan l’avait abandonnée, trahie. Que Rosalie prenne cela pour de la compassion, pour de la culpabilité, pour tout ce qu’elle voulait… Mais Bella savait ce qu’elle avait ressenti, et très récemment en plus. Elle était la seule à résister au don de la Volturi, alors il allait de soi pour elle qu’il fallait l’aider.

Bella – Je voulais qu’elle ne soit pas seule… Que quelqu’un soit là pour l’épauler. Je savais qu’elle allait se remettre, mais pas sans aide. Surtout avec tout ce qu’elle avait traversé.


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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Sam 9 Nov 2013 - 12:42

Sa belle-sœur s’était figée, devenant même plus pâle, en entendant sa question. C’était donc si honteux ? Si dur ? Si inconcevable ? Sa réaction laissait croire que oui… Mais Rosalie voulait comprendre. Elle avait vu Bella s’occuper de Jane – plus ou moins bien – durant des mois, et n’avait jamais réussi à savoir pourquoi. Elle qui avait haïe la Volturi de toute son âme, qui l’avait rejeté comme tous les autres, critiqué, méprisé… Elle s’était chargée d’elle aussitôt après la mort d’Alec. Attitude qui n’avait pas choqué que Rose d’ailleurs. Comment pouvait-on changer aussi vite d’avis ? Se préoccuper de quelqu’un qu’on avait détesté ? Inimaginable, d’autant plus que Jane et Bella étaient aussi différentes que le jour et la nuit. D’un côté, une tout jeune vampire, encore nouvelle-née, fille du vingt-et-unième siècle, qui avait grandie avec sa famille et ses amis, mariée, mère d’une petite fille, sans aucune confiance en elle, naïve et stressée pour un rien, et follement romantique. De l’autre, un vampire de trois cents ans, mordue très jeune, sadique, glaciale et renfermée, habituée à torturer et tuer sans états d’âmes, dont son jumeau était sa seule famille, très dure et crainte par beaucoup. Qu’on les mette dans un combat singulier, et il n’y aurait nul doute sur le vainqueur.

Bella – Je… J’avoue que c’était de la culpabilité… Mais au début.

Au début ? Et donc ? Comment pouvait-on passer si facilement de la culpabilité à la compassion ? Ou à elle ne savait quoi, d’ailleurs… Rosalie avait vaguement compris pourquoi Bella culpabilisait, et trouvait ça stupide. Même si elle ne lui avait pas parlé, Alec aurait su que sa sœur n’était pas bien avec eux. Il n’était pas idiot, et les choses comme ça se ressentaient.

Bella – Je voulais lui éviter ça. Je comprenais ce qu’elle ressentait, je sais ce que ça fait de perdre… tout. De perdre tout ce à quoi on tient le plus, surtout lorsque notre monde se résume à une personne, à une ville ou une famille. Vous avez été là pour moi quand on a quitté Forks… Mais elle n’avait personne. Si j’avais eu le même don qu’elle, je crois que je vous aurais tous foudroyé une bonne centaine de fois, sans vouloir te vexer.

Rosalie eut un léger sourire. Ça, elle s’en doutait. Nul besoin d’être télépathe pour deviner qu’elle avait dû les maudire des centaines de fois. En même temps, cela l’avait aidé. Elle était mariée, bien vivante – en un certain sens – et avait eu Renesmée. Mais même si elle avait eu le don de Jane, Bella n’aurait sans doute pas eu le cran de l’utiliser. Il fallait suivre une certaine éducation pour pouvoir torturer quelqu’un sans s’en vouloir ensuite, éducation que Bella n’avait certainement pas eu et n’aura jamais. Ce n’était pas seulement le don, il fallait vouloir faire souffrir les autres, que ce soit par haine ou par vengeance. Le vouloir et y prendre plaisir. Bella ne savait pas à quel point les hurlements de douleur d’un ennemi pouvaient se révéler délicieux à écouter.

Bella – Je voulais qu’elle ne soit pas seule… Que quelqu’un soit là pour l’épauler. Je savais qu’elle allait se remettre, mais pas sans aide. Surtout avec tout ce qu’elle avait traversé.

Rosalie reposa ses documents à côté du lit, faisant craqueler quelques pages jaunies par le temps.

- C’était ton point de vue. Personnellement, je pense qu’elle ne serait jamais redevenue elle-même, même avec de l’aide, à partir du moment où son frère n’était plus là. Et l’inverse est vrai aussi.

Elle eut une légère grimace, puis un sourire tremblotant.

- Après, j’avoue qu’Alec me fait tout de même peur. Il est… Je ne sais pas trop comment décrire ça. Son regard, son allure, ses actes… Enfin, il est dangereux, même un aveugle s’en apercevrait. Et en même temps, il a un air d’enfant, c’est très déstabilisant. Mais c’est peut-être car je le connais beaucoup moins que Jane.

Elle soupira, un peu troublée, puis joignit ses mains.

-Il y a des jours où je voudrais tout plaquer, moi aussi. Partir d’ici, vivre une autre vie. Je voudrais être sage-femme, éducatrice, n’importe quel métier où j’aurais un contact avec des enfants. Et je sais que tout le monde refusera, j’ai l’air trop jeune.
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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Sam 9 Nov 2013 - 23:34

Rosalie – C’était ton point de vue. Personnellement, je pense qu’elle ne serait jamais redevenue elle-même, même avec de l’aide, à partir du moment où son frère n’était plus là. Et l’inverse est vrai aussi.

Vu le lien qu’avaient développé les jumeaux, Bella croyait sans problème Rosalie même si elle espérait, intérieurement, que tout n’aurait pas été détruit chez Jane. Elle savait qu’une part d’elle-même aurait été morte à jamais, emportant avec elle un bon nombre de choses, changeant la Volturi pour l’éternité comme cela avait changé la nouvelle-née depuis qu’ils étaient au Népal. Naturellement, personne ne faisait la remarque… Mais Bella savait qu’elle avait changé et qu’elle n’était plus la même, ce qui l’inquiétait d’ailleurs un peu au fond.

Rosalie – Après, j’avoue qu’Alec me fait tout de même peur. Il est… Je ne sais pas trop comment décrire ça. Son regard, son allure, ses actes… Enfin, il est dangereux, même un aveugle s’en apercevrait. Et en même temps, il a un air d’enfant, c’est très déstabilisant. Mais c’est peut-être car je le connais beaucoup moins que Jane.

Hum. De ce côté-là, Bella ne pouvait pas vraiment nier qu’Alec lui faisait peur, pas du tout même. Avant, il était celui qui l’effrayait le moins mais quelque chose, chez lui, continuait à ne pas la rassurer. Maintenant, depuis leur… légère altercation, on va dire qu’elle l’évitait et le craignait franchement. Donc, non, ce coup-ci, la nouvelle-née ne pouvait pas dire qu’elle ne partageait pas le point de vue de Rosalie. Peut-être avait-il un corps d’enfant, oui. Mais pour ce qui est de la force… C’était tout autre chose. Inconsciemment, Bella porta ses mains à son cou, se sentant encore à moitié étranglée par Alec lorsque tout avait dégénéré. Il était plus grand qu’elle malgré ses douze ans d’apparence, ce qui lui avait permis de soulever la nouvelle-née sans peine. Ce ne fut que lorsque Rosalie soupira qu’elle fut tirée de ses pensées, sursautant et regardant sa belle-sœur.

Rosalie – Il y a des jours où je voudrais tout plaquer, moi aussi. Partir d’ici, vivre une autre vie. Je voudrais être sage-femme, éducatrice, n’importe quel métier où j’aurais un contact avec des enfants. Et je sais que tout le monde refusera, j’ai l’air trop jeune.

Tout quitter… Alors, Rosalie pensait sincèrement que cette vie n’était pas faite pour elle ? Elle regrettait sa vie, regrettait d’avoir été transformée, toujours au même point ? Elle serait prête à tout abandonner et à quitter les Cullen pour vivre une autre vie ? D’un côté, Bella la comprenait, surtout maintenant qu’elle connaissait son histoire. Mais d’un autre… Imaginer les Cullen sans Emmett, sans Rosalie, c’était étrange. En plus, sans Emmett dans les parages… Non. C’était définitivement bizarre, comme si cela représenterait une dimension parallèle. Seulement, sa belle-sœur avait raison. Elle avait l’air trop jeune pour exercer un métier, même si Bella était convaincue de l’existence de formations qui permettaient d’exercer dès la sortie du lycée. Elle savait que cela existait, il suffisait de chercher. Mais Rosalie l’avait sûrement déjà fait… Non ? Elle ne pouvait pas partir… Tout quitter, comme cela, et forcer Emmett à dire au revoir à sa famille ? Même Bella ne le ferait pas, alors qu’elle était « égoïste » selon sa belle-sœur. Prenant une inspiration à son tour, elle lui répondit :

Bella – Il existe des formations qui te permettraient de travailler directement… Je sais que ce serait… temporaire. Mais tu pourrais, non ? Parce que, tout quitter…

Comment lui dire cela ? Evidemment, Rosalie y avait sûrement déjà pensé et avait déjà éliminé cette option. Bella avait l’esprit beaucoup moins vif que le sien, elle était moins intelligente, plus maladroite et moins expérimentée. Donc, il était presque logique de penser que Rosalie avait déjà tout envisagé… Dit comme cela, Bella se sentait bête et n’osait pas continuer, se taisant momentanément. Moui, mais non, c’était pas le bon plan non plus, mieux valait terminer sa phrase et donner une autre solution. Elle en voyait bien une, même si cela contraignait Rosalie à rester avec les Cullen. Mais c’était mieux que rien, non ? Hésitante, Bella reprit après un court silence :

Bella – Ce que je veux dire, c’est que… Je sais que tu en as marre de vivre ici, je peux le comprendre. Mais Emmett ? Tu sais comment il réagira ou… ? Sinon il y a… Enfin, c’est sûrement une idée complètement débile, désolée. Mais pourquoi ne pas demander à Carlisle pour travailler avec lui, à l’hôpital ? Dans la maternité ?


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MessageSujet: Re: "Il est temps de crever l'abcès."   Jeu 14 Nov 2013 - 20:40

Rosalie joignit ses mains devant elle, pensive et silencieuse. Tout quitter, elle y avait déjà songé de très nombreuses fois. Elle avait même, parfois, fait ses bagages, puis les avait défaits. Peur ? Remords ? Tristesse ? elle n'en savait trop rien. Elle voulait partir, et en même temps, elle restait attachée à cette vie, à sa vie de famille. Des parents attentifs et aimants. des frères et des sœurs. Une nièce. Elle avait toujours désiré avoir une grande famille, rentrer dans une maison et voir qu'on l'attendait. Mais elle désirait encore plus rentrer et voir ses enfants, les voir grandir auprès d'elle. Elle les imaginait, debout près d'elle, sur une photo de famille. Cette image la blessait, car elle était inaccessible.

Elle aperçut brièvement son reflet dans la vitre. Mordue à dix-huit. Il lui était impossible, à l'époque actuelle, de s'intégrer où que ce soit. Elle était une toute jeune femme, et il lui sera difficile de se vieillir assez pour prétendre avoir au moins vingt-cinq ans. Son corps figé lui rappelait tous les jours ce qu'elle avait perdu. Tous les jours, depuis des années et des années, elle se le ressassait. Si les choses s'étaient passées ainsi plutôt que comme ça, si ceci, si cela. Bella interrompit le cours de ses pensées, alors que Rosalie avait quasiment oublié sa présence.

Bella – Il existe des formations qui te permettraient de travailler directement… Je sais que ce serait… temporaire. Mais tu pourrais, non ? Parce que, tout quitter…

Bien sûr qu'il existait des formations. Rosalie avait déjà vérifié, mais même si elle trouvait un travail grâce à cela, elle devra de toute façon partir moins de deux ans après pour que personne ne se rende compte qu'elle ne vieillissait pas. C'était un cercle vicieux et sans fin ! Pas de possibilité de s'installer durablement quelque part, pas d'attaches, rien. Elle était hors du temps et le restera. Elle était comme le grain de sable qui n'avait plus sa place nulle part. Elle était une jeune femme, officiellement assassinée presque cent ans plus tôt, et qu'on avait oublié. Elle aurait effectivement dû sombrer dans l'oubli de la mort. Disparaître, autant de l'histoire que des souvenirs. Privée de descendance, elle n'était plus rien. Une victime de l'époque, tout simplement, morte et enterrée. Juste un nom sur des registres civils qui allaient eux aussi disparaître. Rosalie Hale. Et rien de plus.

Bella – Ce que je veux dire, c’est que… Je sais que tu en as marre de vivre ici, je peux le comprendre. Mais Emmett ? Tu sais comment il réagira ou… ? Sinon il y a… Enfin, c’est sûrement une idée complètement débile, désolée. Mais pourquoi ne pas demander à Carlisle pour travailler avec lui, à l’hôpital ? Dans la maternité ?

- Peut-être...

Juste un nom, un nom et un prénom. Inscrits à l'encre sur un registre jauni, perdu au milieu de centaines d'autres, dans le fond des archives d'une ville. Des registres si vieux que plus personne ne les ouvrait. Juste un nom. Une tombe, au plus profond du cimetière des beaux quartiers, perdue et recouverte de mauvaises herbes, dont l'inscription, gravée dans le marbre, s'effaçait sous l'effet de la pluie et du temps. Des photos perdues. Pas de descendance. Une famille dont la lignée s'était éteinte après le décès de ses parents. Mais elle était là. Comme un souvenir qui refuse de s'effacer, une présence inutile. Elle restait là. Jusqu'au jour où la mort saura enfin la trouver, jusqu'au jour où elle s'éteindra pour de bon, jusqu'au jour où elle s'effacera à jamais. Elle ne manquera à personne. Sauf Emmett. Lui sera triste. Et ne comprendra peut-être pas. Il ne comprendra pas qu'elle sera enfin en paix.

- Laisse-moi, murmura-t-elle.

Elle n'ajouta rien de plus, ne regardant même pas si Bella partait bel et bien. Elle n'en pouvait plus. Elle s'enfonçait de plus en plus dans la déprime la plus noire mais elle ne le montrera pas. Elle n'en montrera jamais rien à sa famille.
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