Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Nouvel automail

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Edward Elric

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MessageSujet: Nouvel automail   Dim 17 Jan 2016 - 18:26

Encore une autre petite ville minière abandonnée, il semblait y en avoir des tas, dans les environs. Edward releva la tête pour regarder autour de lui, traînant derrière le groupe, sa main valide crispée sur son bras de fer, déjà épuisé. Il espérait qu'ils n'auront pas besoin de grimper dans les immeubles ou fouiller les mines, ce sera un véritable calvaire. Soufflant un peu, il s'appuya plus sur sa vraie jambe pour épargner l'autre, les dents serrés. Allez, on avance, on continue, on cherche le tueur. Combien de temps allaient-ils encore devoir crapahuter dans ces montagnes ? Impossible de retrouver le commandant Madless, c'était beaucoup trop grand et désolé ! Ils cherchaient au hasard, avançant de ville en village, sans avoir aucun indice. Et il y avait le froid, les tempêtes qui leur tombaient dessus par surprise, bref, du bonheur complet, cette région. Il grimaça de plus belle lorsque sa jambe grinça, se bloquant quelques secondes. Vivement ce soir, qu'ils puissent se réchauffer un peu ! Déjà qu'il s'enfonçait parfois jusqu'à la taille dans la neige, peinant encore plus à avancer, là où elle n'arrivait qu'aux genoux des autres.

Il avançait dans ce qui devait être la rue principale, autrefois, lorsqu'une silhouette bondit tout à coup sur le sommet d'un immeuble et le frappa, le faisant s'écrouler avec violence dans un fracas épouvantable. Edward sauta aussitôt en arrière, perdant un instant l'équilibre avant de se rattraper, les eux écarquillés. Eh là ! C'était le tueur ?! Le type sauta à son tour, fonçant tout droit sur lui, le teint mat, les yeux d'un rouge sang, baraqué comme un taureau et le visage tordu dans une grimace de haine. Edward voulut joindre ses mains pour utiliser l'alchimie et se faire une arme, criant lorsque le type lui saisit le bras et le détruisit brutalement, le lui arrachant. Ce fut comme s'il voyait les bouts de métal et de fils tomber au ralenti, sous ses yeux, le glaçant encore plus. Merde, merde, merde. Il recula autant qu'il le put pour esquiver, le tueur sautant pour esquiver une attaque du commandant Armstrong, puis revenant à la charge sur lui. Edward essayait de tracer vite fait un cercle dans la neige quand le colonel se jeta tout à coup devant lui en jetant ses flammes au type. Le jeune garçon tomba dans la neige, déséquilibré par sa jambe, en jetant un regard ahuri au colonel. Pourquoi est-ce qu'il le protégeait ?

Se redressant comme il put, Edward vit le type frapper le sol et le détruire, comme il avait détruit son bras, provoquant un éboulement. Le colonel le saisit tout à coup pour le jeter plus loin comme un vulgaire sac, l'envoyant contre un tas de débris, loin de l'énorme trou qui s'était créé. Sa jambe de métal craqua lorsqu'il chuta au sol, lui arrachant un petit cri. Il appuya dessus avec sa main pour essayer de la remettre en marche et se tirer de là. Une minute... Maintenant, les paroles de Winry lui revenaient en mémoire. "Ton automail n'est pas adapté, mais vraiment pas du tout". Oups. Elle allait le tuer. Il jeta un regard aux débris de son bras, un peu plus loin, son bras et sa jambes valides rendus bleus et glacés par le froid, depuis ce matin. Il avait peut-être quelques engelures... Le colonel était de nouveau devant lui, à faire face au tueur. Pourquoi ce type attaquait les alchimistes d'Etat s'il était lui-même alchimiste ?! Et puis... Oh... Ses yeux... C'était un Ishbal. Il voulait peut-être se venger... Mais pourquoi autant de haine ?

– Tu bouges un peu mieux, siffla-t-il.

Leurs deux coéquipiers lancèrent leurs attaques juste après, forçant le type à reculer pour les éviter. Edward essayait de se relever quand il entendit des bruits de moteur, tournant la tête vers l'Est. Plusieurs voitures blindés arrivaient à toute allure, roulant si vite qu'il ne faisait aucun doute que les chauffeurs étaient habitués à la neige. L'armée ? Il leur jeta un regard un peu halluciné, voyant le type s'enfuir sans crier gare. Oh bon sang. Edward n'eut même pas le temps de reprendre ses esprit, sursautant lorsque le colonel courut vers lui puis le saisit par son bras et le col pour le remettre debout, hurlant aussitôt qu'il était un abruti. Edward grimaça, se mordant les lèvres sous son regard noir de fureur, réagissant à peine lorsqu'il le secoua en criant qu'il aurait pu y rester, qu'il aurait dû dire pour son automail non adapté, détruit maintenant, rajoutant en hurlant encore plus fort qu'il était un sale gosse irresponsable. Edward baissa la tête, mal à l'aise, d'autant plus qu'il ne lui avait jamais hurlé dessus depuis le jour où il l'avait rencontré, qu'il ne l'avait même jamais entendu crier. Il ne... Le colonel soupira, le tenant toujours, furieux. Le commandant et le docteur étaient arrivés près d'eux, ainsi que des soldats du QG Nord qui voulaient savoir ce qui s'était passé.

– On va avoir une petite discussion, toi et moi, maugréa-t-il d'un ton glacial. Est-ce que tu peux marcher ?!

–  Heu... Ma jambe est...

Mustang se pencha puis le souleva sans crier gare, l'emmenant jusqu'à une des voitures avant de le fourrer dedans. Edward se tint parfaitement coi, préférant la boucler pour le moment. Le docteur Marcoh vint s'asseoir près de lui, lui tapotant l'épaule doucement en lui disant qu'ils allaient à Briggs et qu'on lui changera ses prothèses là-bas. Ils se mirent en route peu de temps après, roulant jusqu'à la forteresse de Briggs. La bouche du jeune homme se décrocha lorsqu'il vit le fort, gris et imposant, tout à fait gigantesque. C'était super haut ! Il en resta bouche bée, s'aidant du docteur Marcoh pour qu'il l'emmène jusqu'à l'infirmerie, pièce agréablement chauffée, après de longs couloirs gros et froids. Très accueillant, comme endroit. Il sala le médecin du fort, une femme, Trivia, qui lui fit enlever ses affaires, le laissant sur un lit d'examen avec juste un caleçon.

–  Pourquoi le métal a été affecté à ce point-là ? demanda-t-il en levant les yeux pour la regarder. Vous pouvez le réparer ?


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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Mer 20 Jan 2016 - 19:41

Trivia poussa un petit chariot à roulettes en fer près d'elle, ouvrant en grand l'armoire à pharmacie pour y prendre des compresses, des bandages, de l'antiseptique, des crèmes, une bouillotte, des boulons, des clés à molettes, une caisse à outils, des vis, des règles, un mètre, une clé à molette, un produit désinfectant, fourrant le tout dans son bras libre, contre elle, avant de se pencher pour tout ranger sur le chariot, en sifflotant doucement. James était en train de déshabiller leur jeune patient, qu'on venait de leur amener, pour le laisser en caleçon sur le lit, sur ordre de Trivia qui voulait y voir clair pour ses blessures. Il devait avoir quelques graves engelures et sans doute un début de grippe, à son avis, il avait mauvaise mine. Voyons voir... Elle sortit quelques boîtes de médicaments, dosant ce qu'il fallait selon l'âge et le poids de son patient, pour ne pas l'empoisonner. Il était tout petit, elle ne devait pas mettre trop de certaines gélules. James était retourné à son bureau, cigarette en bouche, avec une tasse de leur mauvais café. C'était plutôt calme, en ce moment, Drachma n'avait pas encore essayé d'attaquer à nouveau et tous les hommes étaient très bien portants, pas d'épidémie en vue ni de microbes à traîner.

Repoussant le chariot plein près du lit, elle commença par jeter un coup d'œil global à l'état désastreux de son corps puis prit quelques pièces métalliques de son bras arraché, qu'on lui avait ramené, les examinant d'un œil expert. Ce n'était pas de la camelote, pour un automail normal, les finitions étaient bien réalisées. C'était très lourd, en revanche, bien trop lourd pour un porteur de cet âge et pas bien gros. La médecin passa le doigt avec lenteur sur certaines pièces, les levant à la lumière pour mieux les détailler. Il n'y avait qu'une faible teneur en chrome, selon elle, sans doute pour compenser le poids et améliorer la résistance. Peu d'articulations, ce qui était assez étrange pour une prothèse de ce style. Voyons voir... Les lignes conductrices, sur la jambes, étaient bien réalisées, le moulage avait été fait avec un grand soin. Globalement, ces prothèses n'étaient pas mal, bien qu'elles souffrent de certains défauts handicapants pour leur porteur, comme le poids. La jambe de fer avait cependant l'air plus petite que l'autre, le mécanicien de ce jeune garçon aurait dû lui faire une révision très prochainement. Trivia repoussa ses lunettes sur son nez en faisant la moue, se demandant quel poids serait idéal pour un gamin aussi minuscule.

– Pourquoi le métal a été affecté à ce point-là ? demanda-t-il en levant les yeux pour la regarder. Vous pouvez le réparer ?

– Bien sûr que non, il te faut des nouvelles prothèses, répondit-elle en se penchant pour regarder la jambe de plus près, ouvrant un des conduits pour regarder les fils. Le froid joue considérablement sur les mouvements du métal, il faut un alliage souple, solide et bien plus résistant. Se balader dans cette région sans prothèses adaptées est un pur suicide. Le métal pourrait endommager ta peau, l'arracher puis s'enfoncer dans les muscles avant d'infecter ton sang et te tuer. Ça ne prend que quelques jours.

Elle lui ôta sa jambe de métal, avec un peu de peine étant donné son état, la posant sur une table près d'eux, avec ce qui restait du bras mécanique. Bien, bien, bien, voyons le reste du corps, à présent ! Trivia alluma son petit appareil pour mettre les compresses à chauffer doucement, les plongeant ensuite dans l'eau chaude désinfectée au préalable pour réchauffer doucement les engelures. Première étape avant de les soigner, il fallait y aller progressivement. Elle lui dit de s'allonger, lui interdisant au passage de remuer le moindre petit muscle sans son autorisation. Qu'il en sabote pas son travail ! Tout en maintenant une des compresses sur son épaule, elle attrapa un thermomètre de sa main libre pour le fourrer d'autorité dans la bouche du gamin. Il devait avoir pas mal de fièvre, ayant vraiment une sale tête, les joues assez rouges, les yeux brillants et voilà, une légère couche de sueur sur le front. Sa peau prenait une teinte rouge et violacée, si tende qu'elle pourrait se déchirer au moindre mouvement brusque. Hum, quelques heures de plus dehors auraient suffi pour une bonne hémorragie. Reprenant le thermomètre, elle lui annonça qu'il avait un peu plus de 39 de fièvre, le reposant sur le chariot puis réchauffant la jambe encore valide.

– Plus question que tu poses un orteil par terre dans les prochains jours, le prévint-elle en changeant de compresse. Je vais mettre ton autre bras en écharpe pour le bloquer et permettre une cicatrisation plus rapide. Il te faudra sans doute un peu de rééducation, tes muscles vont être très noués et douloureux pendant une ou deux semaines.

– Mais comment je ferai pour manger si mon seul bras est en écharpe ?

– Quelqu'un te fera manger, évidemment. On ne joue pas avec les engelures, il faut te soigner correctement.

Trivia se redressa pour mettre une quantité généreuse de pommade sur ses mains avant de masser avec les endroits les plus atteints, avec lenteur et professionnalisme, avec l'aisance que donne l'habitude. Voilà bien une pure blessure du Nord, on ne souffrait pas de ça dans les autres régions. Le Sud avait les coups de chaud, ce genre de choses, ce qui était tout aussi malsain pour la santé. a pommade passer, elle banda les engelures puis lui maintint son bras en écharpe pour qu'il ne puisse pas bouger et provoquer une hémorragie, sa peau pourrait se fendre s'il gigotait trop. Pendant qu'elle procédait à cette tâche, le colonel Mustang entra dans l'infirmerie, saluant James qui lui répondit d'un signe de main et d'un sourire. Trivia lui jeta à peine un coup d'œil, occupée avec son petit patient, des épingles en bouche. Quand elle eut terminé de bander la jambe, elle l'aida à avaler un médicament contre la lièvre, sa lavant les mains avec un grand soin. Prenant le mètre, elle se mit en charge de relever les mesures du gamin, notant au fur et à mesure sur un bloc-notes ce qu'il lui fallait pour créer les deux automails.

– Tu devras te déplacer en fauteuil roulant, même lorsque tu auras tes prothèses, pour ne pas appuyer sur ta jambe ni utiliser ton bras valide. Le temps que la peau cicatrise. Reste tranquille chez tes parents en attendant.

– Je... N'en ai plus.

– Chez un frère, une sœur, des grands-parents ? Quelqu'un qui puisse t'aider, au moins.

Elle lui jeta un regard et il hocha la tête, pensant sans doute à une personne qui pourra l'héberger et l'aider. Parfait. Trivia prit les mesures de la jambe, tout en réfléchissant à la conception de la prothèse. Elle lança à la volée "Vous attendez quoi, au juste ?" au colonel en se redressant pour écrire sur le bloc-notes, haussant les épaules lorsqu'il répondit qu'il attendait juste de pouvoir parler à Edward. Ah, très bien. Dès qu'elle eut récupéré tout ce qu'il lui fallait, elle remonta la couverture sur le petit gamin en lui répétant de ne pas bouger d'un pouce. Et il avait plutôt intérêt à obéir ! Dans cette infirmerie, c'était Trivia qui faisait la loi, personne n'avait son mot à dire sur la façon dont elle menait la barque et travaillait, elle était maître chez elle. A présent, elle pouvait se mettre à la conception des automails. Son atelier était collé à l'infirmerie, séparé par un lourd rideau. Elle fourra le reste des deux automails sur le chariot, posant son bloc-notes par-dessus.

– Parfait, je vais pouvoir travailler. Toi, reste dans ce lit et ne bouge pas, compris ? Je reviendrai te donner un médicament contre la fièvre toute à l'heure.

Elle poussa son chariot avec elle pour partir dans son atelier, son esprit se focalisant sur la nouvelle tâche alors qu'elle abandonnait sa blouse blanche au passage pour enfiler un tablier en cuir. Parfait, au travail.
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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Mar 26 Jan 2016 - 23:13

Roy poussa la porte de l'infirmerie avec un bref salut, son manteau sur le bras, après avoir parcouru les longs couloirs du fort pour venir retrouver ce sale gosse bruyant, pénible et inconscient. Il ignorait où étaient passés le commandant et le docteur Marcoh mais peu importe pour le moment, ce n'est pas comme s'ils pouvaient quitter le fort en pleine tempête, ce serait un suicide ouvert. L'ingénieur et médecin-chef de la forteresse, Trivia, qu'il avait brièvement vue lors des manœuvres, était occupée à bander la jambe violacée d'Edward, arrachant un grognement à Roy. Vu sa tête, il devait avoir pas mal de fièvre... Le colonel contourna le bureau où travaillait l'infirmier, cigarette en main, pour se planter près du lit, au bout, après avoir posé son manteau sur le dossier d'une chaise. Ce fichu gosse... Pourquoi ne leur avait-il pas dit que ses automails le blessaient, il avait attendu d'être gravement blessé ou voulait-il y rester ?! Il avait été complètement inconscient ! Ne rien dire sur son état, ne rien avouer alors qu'il souffrait et n'ouvrait même pas la bouche pour le signaler. Peu de choses pouvaient rendre le colonel furieux et la stupidité était l'une d'elles. Ne rien dire... Roy se contint à très grande peine en voyant son état - lamentable - et fit de son mieux pour ne pas laisser paraître sa colère tout de suite.

– Tu devras te déplacer en fauteuil roulant, même lorsque tu auras tes prothèses, pour ne pas appuyer sur ta jambe ni utiliser ton bras valide. Le temps que la peau cicatrise. Reste tranquille chez tes parents en attendant.

– Je... N'en ai plus.

– Chez un frère, une sœur, des grands-parents ? Quelqu'un qui puisse t'aider, au moins.

Ce n'était seulement l'aider physiquement, qu'il fallait, mais aussi l'aider mentalement en lui faisant comprendre l'étendue monumentale de sa connerie ! La médecin lui demanda d'un coup ce qu'il fichait ici et il répondit d'un ton très pincé malgré lui qu'il attendait de pouvoir parler à Edward. Elle se contenta d'hocher la tête puis continua à prendre des mesures et les reporter sur son bloc-notes. Roy s'approcha un peu en foudroyant le jeune alchimiste du regard, d'autant en plus en le voyant cloué au lit avec un bras en écharpe et les yeux brillant de fièvre. Dans cet état, il ee pourra pas continuer la traque avec eux ! Dès que Trivia aurait remplacé ses automails, il faudra le renvoyer à East City par le premier train, ils continueront à trois, entre adultes, avec plus de tête et de bon sens que certains sales gosses bruyants ! C'est fou ce qu'il avait l'air jeune, d'un seul coup, avec cette même expression que le jour où Roy l'avait vu pour la première fois, lorsqu'il lui avait crié dessus après avoir compris ce qui s'était passé chez eux. La médecin remit la couverture sur lui, fourrant ce qu'elle tenait sur un chariot déjà bien rempli. Terminé ? Parfait, il allait pouvoir mettre les points sur les i au gosse.

– Parfait, je vais pouvoir travailler. Toi, reste dans ce lit et ne bouge pas, compris ? Je reviendrai te donner un médicament contre la fièvre toute à l'heure.

Le colonel attendit qu'elle parte avant de s'approcher du lit, les yeux noirs de fureur et les mains crispées sur ses bras croisés, les dents serrées. Le mioche eut la bonne grâce de paraître gêné, alors même que le soldat ne se retenait qu'avec peine de le secouer puis de lui coller la gifle de sa vie. Il était blessé et fiévreux, il ne pouvait tout de même lui flanquer la baffe qu'il méritait, même si cela le démangeait affreusement. Il aurait pu y rester, être blessé bien plus gravement, perdre sa jambe et son bras valides, être tué par Scar ! Se rendait-il au moins compte qu'il n'y avait échappé que de justesse ?!

– Jamais je n'aurai pensé que tu puisses te comporter comme un aussi profond abruti ! s'écria-t-il d'un seul coup. A quoi songeais-tu ?! Pourquoi n'as-tu rien dit, pour tes automails ?! Tu n'avais donc pas conscience que tu pouvais être blessé gravement ou tu le savais et ne voulais juste rien nous dire ?! Tu saisis que tu aurais pu être tué en moins d'une minute par Scar ?! C'est un moine guerrier Ishbal et tu es un alchimiste d'Etat, il se moque bien que tu n'ais pas participé à la guerre, il t'aurait tué comme un rien !

Il se rapprocha pour être juste à côté de lui, le cœur battant très fort et vite tant il était furieux, sans se soucier une seule seconde du haussement de sourcil de l'infirmier et de son soupir. Scar aurait pu le tuer, il lui aurait détruit le reste de son corps comme il avait détruit son bras ! Il serait mort comme les autres victimes de ce type jusqu'ici, mort sans même comprendre ce qui lui arrivait ! Le gamin se mordait les lèvres, à la fois rouge et pâle, sans ouvrir la bouche.

– Et à cause de ta connerie, tu as failli être tué, siffla-t-il en le fixant droit dans les yeux. Tu serais mort comme ça, ton corps réduit en miettes, comme ton bras, tout ça car tu n'as même pas été foutu de dire plus tôt que tu n'étais plus en état de te battre et te défendre ! Tu te rends compte de ta stupidité ?! Tu réalises que tu as failli y rester car tu n'as pas été capable de réfléchir ?! Réponds-moi !

– Oui, répondit-il très vite en hochant la tête.

– On ne se comporte pas en sale morveux inconscient sur des missions pareilles ! Où te crois-tu, au juste, dans une cour d'école maternelle ?! Tu pensais pouvoir travailler pour l'armée et te comporter sans cesse comme un sale gosse irresponsable ?!

Il était complètement stupide ! Roy reprit son souffle, malade de rage, les poings serrés, réalisant qu'il était passé aux hurlements, au-delà des simples cris. Edward s'était enfoncé dans l'oreiller, blêmissant, sans rien répondre, une fois de plus. Roy leva les yeux au ciel, pendant que l'infirmier se levait pour aller aider sa collègue dans l'atelier, après s'être un peu frotté les oreilles en soupirant.

– Qu'est-ce qui t'a pris ?! hurla-t-il à nouveau. Comment as-tu pu avoir un comportement aussi immature ?! Tu penses peut-être que tu peux te permettre ça, qu'aurais pensé ton frère si tu étais mort aussi bêtement ?!

Edward écarquilla les yeux puis se mordit les lèvres, pâlissant encore plus en tournant la tête pour regarder l'autre mur, en se mettant à trembler. Le colonel le couva un moment du regard, furieux, puis reprit le téléphone du bureau pour appeler le QG d'East City. La secrétaire qu'il eut tout d'abord transféra l'appel au petit centre, dans la pièce où étaient rassemblés plusieurs lignes, avant qu'on aille trouver le lieutenant. Durant ce temps, il rappela sèchement au morveux de ne pas bouger d'un pouce, assis contre le bord du bureau. Lorsque sa subordonnée arriva, il la salua de nouveau puis lui déclara d'un ton glacial qu'elle devra venir chercher le gamin au fort de Briggs pour le ramener à North City puis à East City, comme il ne pourra pas se déplacer sans aide. Il ne pouvait plus rien faire dans le Nord, ce petit crétin, trop affaibli et bien trop imbécile ! Le colonel lui jeta un nouveau regard noir, brûlant d'envie de continuer à lui hurler dessus pour sa stupidité si énorme. Sa subordonnée finit enfin par répondre qu'elle y sera, sur un ton hésitant.

– Est-ce que vous allez bien ? Comment s'est déroulée la... discussion ?

– Très bien, maugréa-t-il, je pense qu'il a compris. N'est-ce pas, Edward ?! Tu commences à réfléchir ?!

Un sanglot étouffé, avec un reniflement, lui répondit, sans que cela ne parvienne à attendrir Roy un seul micro-instant. Au moins pouvait-on espérer qu'il ne refera plus jamais ce genre de connerie monumentale, qu'il réfléchira avant d'agir !

– Colonel... Calmez-vous, je pense aussi qu'il a compris. Ce n'est qu'un enfant, il n'a pas été formé comme nous, il est buté et fait des erreurs. Ça arrive à tout le monde, le principal est qu'il soit en vie.

– Certaines "erreurs" n'en sont pas, lieutenant, siffla-t-il d'un ton très froid. Le QG de North City prendra contact avec vous lorsque vous pourrez venir, Edward reste au fort en attendant. Quand à toi, je t'interdis de bouger et de quitter cette pièce, c'est clair ?!

Le petit alchimiste hocha la tête sans prononcer une seule syllabe, pleurant doucement en tremblant dans son lit. Très bien. Roy raccrocha en un geste un peu brusque, revenant ensuite vers le lit. Se penchant, il posa la main sur le front du gosse pour vérifier s'il avait toujours de la fièvre ou si cela commençait à passer un peu.

– Tu n'as toujours pas répondu, pourquoi n'as-tu rien dit ?!


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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Sam 30 Jan 2016 - 23:25

– Parfait, je vais pouvoir travailler. Toi, reste dans ce lit et ne bouge pas, compris ? Je reviendrai te donner un médicament contre la fièvre toute à l'heure.

D'accord. Il hocha doucement la tête, ayant presque envie de lui dire de lui demander près de lui tant il détestait le regard que le colonel posait sur lui en cet instant précis. Il l'avait déjà sermonné, toute à l'heure, il n'allait quand même pas en rajouter une couche ! D'autant plus que c'était déloyal, Edward était coincé et ne pouvait même pas remuer. Il rougit un peu, gêné, en le voyant se planter au bord du lit, préférant se faire tout petit pour le moment. C'est bon, il avait compris, pas la peine d'en rajouter ! C'était déjà assez pénible d'être cloué au lit, immobilisé et à moitié assommé par la fièvre. Ici, l'ambiance était particulièrement lourde, Edward se sentait aussi bien qu'un prisonnier innocent à la veille de son exécution en place publique. Il portait soudainement un intérêt considérable au plafond gris et neutre, le trouvant d'une beauté incomparable. Tout valait mieux que de regarder Mustang, en cet instant.

– Jamais je n'aurai pensé que tu puisses te comporter comme un aussi profond abruti ! s'écria-t-il d'un seul coup. A quoi songeais-tu ?! Pourquoi n'as-tu rien dit, pour tes automails ?! Tu n'avais donc pas conscience que tu pouvais être blessé gravement ou tu le savais et ne voulais juste rien nous dire ?! Tu saisis que tu aurais pu être tué en moins d'une minute par Scar ?! C'est un moine guerrier Ishbal et tu es un alchimiste d'Etat, il se moque bien que tu n'ais pas participé à la guerre, il t'aurait tué comme un rien !

Edward pâlit encore, si c'était possible, ayant juste les pommettes rougies par la fièvre. Mustang s'était encore rapproché, arrachant un frisson au jeune homme. Il ne l'avait jamais vu perdre son sang-froid ou hurler, à part cette engueulade très brève lorsqu'il l'avait saisi pour le secouer, après l'incident avec leur mère, quand il était venu les trouver, avec le lieutenant Hawkeye. S'enfonçant un peu dans le lit, il préféra ne rien répondre, pour ne pas aggraver la situation. Il avait été surpris ! Il ne s'attendait pas du tout à ce genre d'attaques et à cause du froid, ses automails étaient déréglés et il n'avait pas pu réagir à temps pour se défendre, dans d'autres circonstances il aurait réussi à s'en tirer sans trop de mal ! Ici, c'était... une accumulation de tout. Mais mieux valait la boucler, de toute façon, il avait visiblement déjà l'intention de le pourrir à fond, inutile de lui donner des munitions supplémentaires. C'est bon, il n'était pas mort, il n'avait pas non plus mis les autres en danger de mort, le type lui avait foncé directement dessus sans même essayer de les attaquer au passage. Sans se soucier qu'il était un enfant, oui, il devait vraiment vouer une haine absolue aux alchimistes possédant la licence. Ensuite, pourquoi, c'était une autre question. Que s'était-il passé à la guerre, avec les alchimistes d'Etat, pour en arriver à une telle haine ? Pourquoi ne pas s'en prendre à toute l'armée, si son motif était la vengeance ? Edward ne comprenait pas, c'était illogique de ne pas vouloir attaquer l'armée toute entière.

– Et à cause de ta connerie, tu as failli être tué, siffla-t-il en le fixant droit dans les yeux. Tu serais mort comme ça, ton corps réduit en miettes, comme ton bras, tout ça car tu n'as même pas été foutu de dire plus tôt que tu n'étais plus en état de te battre et te défendre ! Tu te rends compte de ta stupidité ?! Tu réalises que tu as failli y rester car tu n'as pas été capable de réfléchir ?! Réponds-moi !

– Oui, répondit-il très vite en hochant la tête.

– On ne se comporte pas en sale morveux inconscient sur des missions pareilles ! Où te crois-tu, au juste, dans une cour d'école maternelle ?! Tu pensais pouvoir travailler pour l'armée et te comporter sans cesse comme un sale gosse irresponsable ?!

Le jeune alchimiste s'enfonça autant que possible dans l'oreiller, de plus en plus pâle, crispé sous les hurlements. Il avait failli y rester, peut-être, c'est bon, il avait compris le message, pas la peine de continuer à le lui hurler comme ça ! Il avait commis une erreur, très bien, il tâchera de faire plus attention la prochaine fois et en était désolé. Dès qu'il sera remis sur pied, il fera en sorte de ne plus se faire remarquer, promis, juré, il évitera très soigneusement le colonel et tout le reste de son équipe, gardera ses interrogations pour lui et tout se passera mieux ! Il ne pouvait pas simplement le planter là et repartir ?! Et d'ailleurs, pourquoi ne criait-il pas plutôt sur le fait qu'il aurait pu être un boulet ou un danger pour tout le groupe ?! Ou qu'on envoyait pas un gamin sur des missions militaires ? Ou que... N'importe quoi mais pas hurler en boucle sur le thème "Crétin immature, tu as risqué ta vie !". Avec ça, ça ne le regardait même pas qu'il risque sa vie ou non ! Et s'il avait eu envie de mourir, hein ?! S'il s'était dit que ce serait sympa de se faire liquider là et en finir pour de bon ? Tant qu'il n'avait mis personne en danger, c'était bon.

– Qu'est-ce qui t'a pris ?! hurla-t-il à nouveau. Comment as-tu pu avoir un comportement aussi immature ?! Tu penses peut-être que tu peux te permettre ça, qu'aurait pensé ton frère si tu étais mort aussi bêtement ?!

Ce fut comme si on lui avait brusquement serré le cœur pour le stopper avant de le relâcher, le laissant cogner de plus belle contre ses côtes. Edward étouffa une exclamation mais ne put s'empêcher de trembler, imaginant son frère, assis seul dans un coin, abandonné à jamais, condamné à terminer sa vie sans aucune famille, l'âme piégée dans une armure, sans plus d'espoir ni d'envie de poursuivre cette vie. Il manqua bien de s'évanouir, ne réagissant pas lorsque le colonel s'éloigna un peu pour appeler le QG Est. Alphonse... C'est vrai, il... Edward voulu porter sa main à sa bouche, se frotter les yeux, son mouvement bloqué par son bras en écharpe autant que par une remarque très sèche du militaire pour qu'il ne remue pas. Il ne protesta même pas lorsqu'il l'entendit déclarer qu'il fallait venir le chercher, comme il avait besoin d'aide pour se déplacer. C'était comme si le colonel lui criait en boucle qu'il avait failli abandonner son petit frère à jamais... On se calme, on se calme vraiment, on respire. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues, le rendant frustré de ne pas pouvoir les essuyer ou les stopper. Le lieutenant devait sans doute parler, au téléphone, il ne pouvait pas entendre, sentant juste un regard brûlant de colère fixé sur lui.

– Très bien, maugréa-t-il, je pense qu'il a compris. N'est-ce pas, Edward ?! Tu commences à réfléchir ?!

Mais oui ! Il renifla, la tête toujours tournée dans une vaine tentative de cacher qu'il pleurait. C'est bon, il pouvait le laisser tranquille, maintenant, il avait eu sa dose ! Il pouvait même repartir dès maintenant avec le commandant et le docteur, Edward se débrouillera pour rentrer de son côté dès qu'il pourra de nouveau se servir de ses deux jambes, peu importe qu'elles soient en chair ou en métal, personne n'avait besoin de se soucier de lui ! Il mourrait d'envie de retrouver son petit frère, être près de lui, lui parler. près de Winry aussi. Se blottir dans ses bras, tout doucement. Tout lui raconter puis observer son sourire pendant des heures afin de se réconforter.

– Certaines "erreurs" n'en sont pas, lieutenant, siffla-t-il d'un ton très froid. Le QG de North City prendra contact avec vous lorsque vous pourrez venir, Edward reste au fort en attendant. Quand à toi, je t'interdis de bouger et de quitter cette pièce, c'est clair ?!

Pas de risque qu'il désobéisse, il ne pouvait plus marcher de toute façon. Il hocha la tête, toujours à la recherche d'une technique pour essuyer ses larmes. Il serra les dents, dans une moue à la fois contrariée et inquiète, lorsque le colonel vint poser une main sur son front pour évaluer sa température. La paix ! Il n'était jamais tombé malade, peut-être ? Il faisait très froid, dans cette région, Edward n'avait jamais connu cela et n'était donc pas bien préparé, voilà tout. Grippe ou pas, ça allait passer assez vite.

– Tu n'as toujours pas répondu, pourquoi n'as-tu rien dit ?!

Il... Il devait vraiment dire quelque chose, là ? Edward se mordit les lèvres avec tant de force qu'il manqua de se les couper, le regard rivé sur le colonel et son air noir. Répondre ou ne pas répondre ? D'un côté, il y avait bien des choses qu'il avait envie de lui crier à son tour, de l'autre, il ne pensait pas que ce soit d'une prudence extraordinaire. Respirant profondément, il se reprit puis dit d'une voix moins tremblante qu'il pensait que ça allait passer et qu'il n'avait pas voulu déranger tout le monde en se plaignant que ça n'allait pas. D'accord, c'était complètement stupide, il avait compris ! Il le rajouta très vite en voyant l'air du soldat, pour éviter qu'il ne recommence à hurler, inspirant car il avait la gorge trop nouée, le visage ruisselant de larmes qu'il ne pouvait stopper. Il n'avait même pas songé à son petit frère, c'était à la fois horrible et égoïste, il aurait pu le laisser tomber pour de bon. Edward savait très bien ce qu'on ressentait une fois seul, il n'y avait rien de plus terrible.

– Mais ça aurait été bien grave si j'avais mis tout le monde en danger ! soupira-t-il en secouant la tête. Qu'est-ce ça peut bien vous faire, si je suis blessé ? Vous avez pas besoin de vous en occuper. Vous n'êtes pas mon père.

Le colonel ricana tout à coup puis posa les deux mains bien à plat sur le lit, de part et d'autre de lui, en se penchant beaucoup plus. Edward blêmit, se sentant tout à coup un peu trop oppressé. C'est vrai qu'il n'avait mis personne en danger, le type n'avait attaqué personne pour s'en prendre à lui, il s'était jeté directement sur lui ! Mais le colonel le fixait avec ce regard mélangeant de la colère et de l'ironie, il était assez flippant, comme ça.

– Avoir un père qui s'occuperait vraiment de toi te ferait tellement du bien, tu serais plus cadré, au moins un minimum, il y aurait quelqu'un pour t'avertir de ne pas faire certaines conneries ! Tu as raison, je ne suis pas le tien, mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter pour toi !

Edward ouvrit de grands yeux choqués et hallucinés. Il, il, il, il... Bouche entrouverte, il n'osa plus rien dire, littéralement pétrifié. Il s'inquiétait... Sans rire ? Le jeune garçon en resta profondément choqué, secoué, regardant le colonel se redresser sans pouvoir articuler un seul son cohérent. Eh, là, une minute, c'était complètement illogique qu'il s'inquiète pour lui ! Il passait sa vie à le traiter de morveux trop bruyant et d'un coup il s'inquiétait ! C'était nouveau, ça ! Il ne releva pas, se forçant à arrêter de pleurer, grimaçant lorsque le colonel quitta l'infirmerie en claquant la porte. De nouveau seul, il relâche un énorme soupir, tremblant de tous ses membres. C'est bon, c'était terminé. Il veillera à l'éviter avec soin, à partir de maintenant. Durant le reste de la journée, le commandant Armstrong et le docteur Marcoh vinrent le voir mais il ne revit pas le colonel, à son plus grand soulagement. S'il pouvait même ne plus le voir pendant deux ou trois mois, ce serait génial.

Il se passa quelques jours avant que l'infirmière-médecin-ingénieur du fort de Briggs ne lui installe deux nouvelles prothèses, bien plus légères que celles dont il était habituée, ce qui lui arracha une exclamation de surprise. C'était super léger ! Il se sentait tout drôle en regardant le métal plus claire, avec un toucher très différent. Winry allait sûrement en baver, vouloir examiner ces deux prothèses sous toutes les coutures. James accepta même qu'il en emmène une non achevée pour permettre à Winry de la disséquer et s'entraîner avec, si elle le voulait, le temps qu'elle se trouve un maître d'apprentissage. Il la mit dans son sac puis l'aida à enfiler un manteau et s'installer dans un fauteuil roulant, descendant ensuite avec lui au garage, où le lieutenant Hawkeye attendait en voiture. Il la salua du bout des lèvres, très silencieux et calme depuis quelques jours, ce qui était loin d'être une habitude. Une fois assis dans la voiture, à côté du lieutenant, il dit au revoir par la fenêtre à Trivia et James, blotti contre le siège, une légère moue aux lèvres. Ils étaient très gentils, tous les deux, vraiment. Il ne dit pas un mot de plus lorsque le lieutenant démarra, après que son sac et le fauteuil roulant soient rangés dans le coffre.

Le vent était tombé, au-dehors, le ciel plutôt clair et très bleu. Edward observa le paysage alors que la voiture filait sur la route enneigé, plongé dans ses pensées, parfaitement immobile. Il n'avait pas envie de parler ni de bouger, assez éteint, que ce soit dans le regard ou la posture. Maintenant que le choc était un peu passé, il s'interrogeait beaucoup sur ce qu'il avait vu et entendu. Il revoyait le visage du tueur, déformé par la haine. "Un moine guerrier Ishbal"... Mais Edward n'avait même pas participé à la guerre ! Qu'avaient fait les alchimistes d'état, là-bas ? Le seul à qui il pourrait poser la question était le colonel, mais il était hors de question qu'il l'interroge. Ils roulaient depuis une dizaine de minutes lorsque le lieutenant lui demanda tout à coup s'il allait bien. Edward lui jeta un rapide coup d’œil puis marmonna un "Oui" très bref avant de reprendre sa posture initial, regard tourné vers l'extérieur. Bien sûr qu'il allait bien, tout allait bien, comment penser le contraire ? Il n'avait même plus de fièvre, seuls restaient à soigner son bras et sa jambe de chair. Ses prothèses étaient en place, il n'était plus si fatigué.

– Tu ne dois pas lui en vouloir. Il était inquiet pour toi, même s'il ne voulait pas te l'avouer. Ce n'est pas une mission anodine.

– Je sais, marmonna Edward sans bouger. Il me l'a dit. Et je n'en veux à personne, c'est... Je ne m'attendais pas à ce qu'il hurle comme ça aussi longtemps.

– Nous sommes deux. Lorsqu'il tient à quelqu'un, il est plus protecteur et père-poule... C'est normal qu'il hurle. Tu ne dois pas payer pour les Alchimistes d'Etat, même si tu en as le rang.

Ah ça, pour être protecteur, il l'était, Edward voulait bien le croire ! Une facette qu'il aurait préféré ne jamais découvrir, par ailleurs, mais c'était encore une autre histoire. Quant au reste... Il ne comprenait toujours pas. Edward baissa un peu la tête, regardant les doigts de son bras mécanique, toujours aussi surpris par la légèreté. Protecteur et père-poule, à ce point-là, c'était vraiment dingue ! Il était comme ça avec tout le monde ? Toute son équipe ?! Les pauvres... Il imaginait déjà la torture qu'ils devaient subir au quotidien, alors qu'il avait toujours vu le colonel comme un grand gamin insouciant. Pauvre équipe si malmenée par ce type, combien ils devaient souffrir sans oser le dire, c'était terrible, le malheur qu'ils devaient supporter en serrant les dents.

– S'il est déjà comme ça avec moi, marmonna-t-il, je plains celle qui deviendra sa femme. Bonne chance à ses enfants, quand il en aura...

Mustang sera bien du genre à surprotéger sa famille encore plus que ses subordonnés, il l'imaginait bien fondre devant sa femme en mode père-poule puissance cent et préparer cinq mois à l'avance la chambre de son futur bébé. Un peu comme monsieur Hughes, somme toute. Enfin, lui au moins ne sera pas le genre d'ordure à laisser une femme seule avec deux enfants en bas âge à élever, ne revenant même pas pour l'enterrement de son épouse ou s'occuper des petits laissés derrière lui. Leur père s'était complètement moqué d'eux, il avait abandonné maman comme un rien, puis les avait laissé grandir sans lui, les abandonnant chez mamie Pinako. Aucun remord, pas une lettre, pas un signe de vie, rien. Il ne les avait même pas reconnu sur l'état civil ! S'il avait été là, jamais Edward ni son frère n'auraient eu l'idée de vouloir faire revivre leur mère. Ils auraient eu un repère solide, une personne pour les réconforter. Un "père", ça, ? Non juste une vulgaire ordure, un enfoiré.

– Il suffit de... quelqu'un qui le protégera aussi. Vu la réputation des Alchimistes d'Etat, il vaut mieux qu'il protège ses enfants...

Edward ne répondit pas, la tête appuyée contre la banquette de la voiture, les yeux brûlants mais sans pleurer. Au fond, il était profondément amer de n'avoir eu de père, de l'avoir vu partir et les abandonner alors qu'Alphonse n'avait qu'un an et lui deux. Il se mordilla les lèvres un long moment, le cœur lourd, en se demandant comment on pouvait faire des enfants si on était incapable de les aimer. Le colonel s'était sans doute plus comporté comme un père avec lui que l'homme qui l'avait conçu, c'était triste à admettre. C'était sans doute un peu idiot d'avoir des regrets, aujourd'hui, le mal était fait, il se blessait tout seul à y repenser. Chassant les idées noires, il repensa plutôt au tueur, le plus grand mystère du moment. Il lui avait foncé dessus dès le début ! Son âge ne valait rien, dans ce cas de figure ? Il était une proie facile donc hop ? Alors que jusqu'ici, il ne s'était attaqué qu'aux alchimistes d'état célèbres, depuis la guerre. Edward ne savait quasiment rien de la guerre alors même qu'il avait l'impression que de plus en plus de problèmes s'y rapportaient, de près ou de loin. Ishbal, Ishbal, Winry y avait perdu ses parents, comme tant d'autres. Ils étaient des gamins lorsque la guerre avait frappé, à peine assez âgés pour s'en souvenir...

Il ne rajouta plus rien durant un long moment, finissant par s'endormir, bercé par le roulement de la voiture. Il rêva de son frère, puis des montagnes de Briggs, se revoyant marcher des heures dans la neige en essayant de s'en sortir, d'aller un peu plus vite. Il vit aussi Winry, qui courait devant lui dans les montagnes et qui finissait par disparaître, sans qu'il ne puisse la rattraper. Elle était trop loin devant... Il se réveilla que lorsque la voiture ralentit pour arriver à North City. Il cligna des yeux pour se réveiller, observant la ville plutôt calme, les habitants ôtant stoïquement la neige des perrons et des trottoirs afin de passer. Collant le nez à la fenêtre pour mieux regarder, il observa plus attentivement les bâtiments et les passants que la première fois qu'il était venu ici, à leur arrivée pour la traque. En se garant près de la gare, il s'agrippa un peu à la manche du lieutenant lorsqu'elle l'aida à s'asseoir dans le fauteuil roulant, resserrant son manteau contre lui parce qu'il avait froid. La gare était un peu plus animée, pas mal de personnes attendait. Il en comprit la raison lorsqu'il vit une annonce, lançant que beaucoup de lignes étaient coupées. A cause du tueur ou "l'accident" qui avait frappé ce train, l'autre fois ? Sans doute plus à cause du tueur.

S'arrêtant près d'un kiosque à journaux, il sourcilla tout à coup en voyant la tête du colonel en grand, sur la couverture d'un journal. Il connaissait le journal, leur ayant déjà parlé un peu car ils voulaient lui poser des questions, mais pour le reste... Il prit le journal pour le feuilleter un peu, voir ce qu'il avait dedans. Ils parlaient de la contrebande à l'Ouest, du docteur Marcoh... Il allait lire ce qui était écrit sur Marcoh lorsque le lieutenant le lui arracha des mains, alors qu'il poussait une exclamation indigné. Qu'est-ce qu'il avait fait, cette fois ?! Elle le paya très vite puis repartit aussi sec en poussant son fauteuil, alors qu'il se renfrognait considérablement. D'abord, le colonel lui hurlait dessus et maintenant, c'était le lieutenant qu'il l'empêchait de lire un simple journal. Il émit une exclamation de colère, assez étouffée, pendant qu'elle allait vers une petite salle d'attente. Edward lui jeta un regard peu amène lorsqu'elle soupira, regardant le journal puis lui, avec un regard équivoque et un air triste. Il secoua aussitôt la tête, très peu coopératif et pas du tout disposé pour une autre engueulade.

– Pas envie de parler, maugréa-t-il. J'ai déjà eu mon compte d'engueulades. Vous n'êtes pas mes parents !

Si c'était pour subir de nouveau une scène comme avec le colonel, il passait son tour, merci bien, il avait déjà donné ! Enfoncé dans le fauteuil, il ne la regardait même plus dans les yeux, espérant que le prochain train allait arriver vite, comme par miracle, là, tout de suite.

– Edward, je ne vais pas te hurler dessus, je sais que tu as eu ton compte, je t'ai entendu pleurer au téléphone. C'est à propos de ce journal. Désolée, j'ai été un peu brusque.

Il devint cramoisi en une seule seconde, horriblement gêné qu'elle ait entendu ça alors même que le colonel était en train de lui hurler dessus en le traitant comme un gamin. Maintenant, Edward réalisait qu'il ne lui avait pas crié dessus en tant que colonel contre un subordonné qui avait fait une énorme connerie mais simplement comme un pè... un adulte contre un enfant trop naïf. Et ce qui était le plus horrible. Il se racla la gorge, se mordant les lèvres en détournant la tête. Le journal lui paraissait complètement inoffensif, à lui. Il avait vu un article sur Marcoh, un sur la contrebande, c'était si mauvais que ça ? Il s'efforça de reporter le regard sur le lieutenant, essayant de ne pas montrer qu'il leur en voulait, au colonel et à elle, ils étaient trop... A la fois trop protecteurs et beaucoup trop brutaux. Le lieutenant prit le magazine, pointant le colonel du doigt. Et bien quoi ? Il haussa légèrement les sourcils, perdus.

– Que sais-tu d'Ishbal ?

Quel rapport avec Ishbal ? Il eut un air perdu, ne voyant définitivement pas le lien qui pouvait exister entre les deux. Il haussa légèrement les épaules, sans savoir quoi répondre sur le moment. Que voulait-elle qu'elle lui dise ? Il y avait eu la guerre, elle devrait beaucoup mieux le savoir que lui, non ?

– Ishbal... Et bien, il y a eu la guerre, ça s'est terminé il y a deux ans, toute la région Est était impliquée. Winry y a perdu ses parents... Et, je... C'était violent, d'après ce que j'ai compris.

Il n'en savait pas grand-chose, non, même s'il avait vécu aux portes même du conflit. Il n'avait jamais cherché à savoir non plus, ne voulant pas évoquer le sujet de Winry pour ne pas lui raviver de mauvais souvenirs et n'ayant pas non plus fait de recherches sur le sujet plus tard, en partant de la maison. Le lieutenant avait pris un air assez choqué, halluciné, la bouche entrouverte, alors qu'il comprenait de moins en moins ce qu'il avait pu dire ou faire de mal. C'était une guerre, voilà, Edward était trop petit à l'époque pour comprendre les causes du conflit et pourquoi les parents de Winry avaient dû s'y rendre. Il resta donc silencieux un moment, de plus en plus mal à l'aise, se tortillant un peu dans son fauteuil. Et il ne voyait pas toujours pas le rapport avec le colonel. Il porta un regard sur la couverture du journal, regardant la tête d'ahuri du colonel.

– Donc, tu ne sais pas pourquoi Scar t'a attaqué ?

– C'est juste un meurtrier et on était à côté de lui, marmonna-t-il. S'il en veut à l'armée...

C'était normal qu'il leur saute dessus directement, il avait vu des uniformes, ceux qui avaient attaqué son peuple, et voilà, c'était fait, inutile de chercher plus loin.

– Non, tu ne comprends pas. Pourquoi a-t-il choisi d'attaquer le plus petit des Alchimistes d'Etat dans le groupe alors que vous étiez quatre et que tu n'as pas participé à la guerre ?

Plus petit... Il se crispa, vexé, en lui jetant un regard noir. Il haussa de nouveau les épaules, ignorant l'élancement de douleur qui suivit à cause des chairs abîmées, marmonnant qu'il était plus facile à attaquer que les trois autres. Entre le commandant qui avait un gabarit énorme, le colonel qui pouvait jeter des kilomètres de flammes et le docteur qui était sûrement doué aussi, Edward était le plus accessible du tas ! Il serra les lèvres, baissant de nouveau la tête. Pas envie de parler, pas envie de débattre, et surtout, surtout,surtout, pas la moindre envie de penser au colonel ! Il lui avait déjà fait un peu peur en se mettant à lui hurler dessus d'un seul coup, avec un mélange de reconnaissance car il lui avait tout de même sauvé la vie. Puis hurlé car justement il n'avait pas fait attention en avouant qu'il s'en souciait. Rien que cela était déjà suffisant pour lui scier les deux jambes.

– Arrête de te comporter comme un gamin et réfléchis deux minutes ! Tu ne te poses vraiment aucune question ? Tu acceptes de mourir sans savoir pourquoi ? Ce n'est pas possible, pas toi, ne me fais pas croire une chose pareille.

– Il y a rien à comprendre, là ! s'écria-t-il, piqué au vif par la remarque. C'est un meurtrier lâché en pleine nature qui en veut à l'armée, point final ! C en'est pas le premier, ça ne sera pas le dernier, je ne suis pas mort et arrêtez un peu, tous, de venir me reprocher sans cesse mon âge ! Je sais que je suis un enfant, d'accord ! Je le sais très bien et je ne serai pas entré dans l'armée si j'avais eu le choix !

Sa voix se brisa légèrement à la fin et il s'interrompit, reniflant en s'efforçant de ne pas se mettre à pleurer et d'arrêter de crier, pour ne pas alerter toute la population. Il était juste fatigué, on venait toujours lui reprocher qu'il était trop petit, trop jeune, trop ceci et trop cela, et bien merde ! Merde, il regrettait déjà bien assez ce qui s'était passé, pas la peine d'en rajouter, cela hantait ses cauchemars toutes les nuits. Il gardait la tête baissée, serrant son poing métallique en essayant de passer ses nerfs. C'est bon, c'était de sa faute, compris, il était censé agir en adulte alors qu'il n'avait que quatorze ans, il devait se forcer à réfléchir autrement, voilà tout. Et bien pas là, pas maintenant, aujourd'hui, il voulait juste qu'on lui foute la paix. Il ne réagit même pas lorsque le lieutenant se laissa tomber sur un fauteuil à côté, laissant planer un petit silence.

– Ce que tu ignores, c'est que ton âge te fait défaut. Et pas seulement à cause de ta taille, mais de tes connaissances. Scar aurait pu t'attaquer en voyant que tu étais Alchimiste d'Etat, peu importe que tu aies participé à la guerre ou non. Il leur voue une haine indéfinissable, surtout au Colonel, ce qui explique cette photo.

Edward n'y jeta qu'un vague coup d’œil, ne relevant pas. Il commençait à avoir un peu mal à la tête.

– Je n'y comprend rien, souffla-t-il en fourrant son front contre le creux de la main en fer, le coude sur le fauteuil. Si vous parlez tous par énigme, et bien continuez, ça vous regarde. Ce n'est pas comme si je n'étais pas habitué, dès que ça touche Ishbal...


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Riza Mustang

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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Dim 14 Fév 2016 - 23:59

Riza ne savait pas à quoi s’attendre en retrouvant Edward. Elle ne s’y était qu’à peine préparée, filant rejoindre le Nord dès que le Colonel le lui avait demandé pour récupérer leur blessé. Et avait vu le désastre en arrivant… Il était en chaise roulante et l’air complètement fermé, comme perdu dans ses pensées ou abattu à cause de sa « discussion » avec Roy. Il aurait dû être plus gentil ! Le faire pleurer comme ça… D’accord, il avait risqué sa vie, oui, il avait été complètement stupide de ne pas les prévenir. Mais lui hurler dessus et utiliser des arguments qui le faisaient pleurer était horrible, il n’avait jamais fait ça avec elle. Ce qui était étrange, au fond. Riza était prête à parier que Roy n’avait rien reproché au jeune alchimiste par rapport aux dangers encourus par l’armée mais uniquement pour le fait qu’il avait risqué sa vie.

L’avait-il seulement engueulé au moins un peu pour l’armée ? Ou pas du tout ? En tant que Colonel, lui dire à quel point il avait été irresponsable et dangereux aurait été tout à fait logique. Mais ici… Pfff. Ces deux là allaient finir par la tuer, la faire devenir chèvre à force de se disputer alors qu’ils tenaient l’un à l’autre. Ils étaient incapables de se tenir ! Autant Roy qu’Edward, chacun fonçant dans le piège de l’autre dès qu’ils le voyaient sans même faire attention alors qu’ils étaient des militaires. C’était idiot ! Deux gamins. Voilà ce qu’ils étaient. Et le Colonel qui se plaignait d’être traité comme tel… Eh bien, maintenant, elle allait clairement insister dessus ! Entre Edward qui n’avait pas pris la peine de prévenir les autres en disant qu’il avait mal pendant des heures et entre Roy qui refusait d’admettre qu’il tenait à Edward et qui allait l’engueuler comme jamais par la suite, contre toute attente… Et se mettre dans tous ses états pour cela, évidemment.

Riza jeta un bref coup d’œil à Edward pendant qu’elle conduisait, vérifiant son état moral mais il dormait profondément. Ou faisait semblant de dormir ? Très bien, qu’il dorme, elle allait quand même lui parler lorsqu’ils arriveraient sur place. Il fallait qu’elle lui touche deux mots et qu’elle lui explique pourquoi cette histoire n’était pas à prendre à la légère, pourquoi il devait être plus prudent vu que sa petite tête d’adolescent ne comprenait pas. Tout ce qui se passait autour de lui le dépassait, et de loin, alors qu’il risquait sa vie pour une guerre à laquelle il n’avait même pas participée… C’était sans doute pour cela aussi que Roy avait réagi au quart de tour. Il était directement concerné et ne devait pas voir la stratégie de Bradley d’un très bon œil étant donné qu’Edward n’avait jamais connu la guerre d’Ishbal et n’y connaissait rien. Fort probable, oui… Mais soit.

Une heure s’écoula ainsi dans le calme le plus complet, la neige tombant toujours à gros flocons dehors. Riza n’avait jamais vu autant de neige de sa vie, excepté lorsqu’elle était venue quelques fois au Nord mais cela restait très rare. A chaque fois, elle était à la fois émerveillée et angoissée tant ce paysage lui semblait irréel et menaçant, signifiant la mort s’il y avait une panne ou quoi que ce soit du genre en chemin. Oppressant, voilà le mot qui convenait le mieux. Heureusement, ils arrivèrent à North City sans aucun problème, le lieutenant ralentissant comme ils arrivaient dans la ville. Elle laissa passer une mère et ses enfants, leur faisant signe de la main, observant les autres habitants sortir pour déblayer le chemin comme la neige se calmait un peu. Et dire qu’ils devaient faire cela plusieurs fois par jour… Déprimant.

Riza se gara près de la gare à l’endroit où devaient être rendues les voitures militaires empruntées pour faire le trajet dans la neige pour ceux qui n’habitaient pas ici. Elle aida ensuite Edward à sortir de la voiture, tirant son fauteuil roulant coffre pour le déplier avant de le poser juste à côté de la portière avant. Sans trop de difficulté, elle porta le jeune alchimiste, un véritable poids plume comme sa taille le suggérait, et le plaça sur le fauteuil. Direction la gare. Et grosse mauvaise surprise. La gare, beaucoup plus animée et remplie qu’à son arrivée, était presque au point mort avec de nombreux trains à l’arrêt sur les quais. Ils avaient… tout arrêté ? Mais enfin ! Jetant un coup d’œil au panneau d’affichage, Riza constata avec horreur que le prochain train pour Central ne partait que le lendemain matin, à cinq heures précises. Booon… Etant donné qu’il était dix-neuf heures, ils allaient devoir prendre leur mal en patience. Parfait, au moins, Edward n’allait pas l’éviter et ils allaient pouvoir discuter.

Jetant un regard autour d’elle en soupirant, Riza annonça à l’alchimiste qu’ils étaient coincés ici, bien qu’il l’ait vu, avant que son regard ne soit attiré par une photo spéciale à la Une d’un journal. Le Colonel… Que se passait-il encore ? Elle se rapprocha du kiosque à journaux avec le fauteuil roulant d’Edward, prenant le magazine dans les mains… et réagit instinctivement en voyant les mots inscrits en première page, arrachant l’exemplaire que venait de prendre le jeune garçon pour l’empêcher de lire plus en détails. Il ne devait pas apprendre les choses de cette manière ! Ils avaient une raison, Roy n’était pas mauvais, loin de là, ils n’avaient fait qu’exécuter les ordres de l’armée et en étaient toujours malades aujourd’hui. Elle ignora son exclamation, cherchant un coin tranquille des yeux pour finir par opter pour la salle d’attente, un peu plus loin et à l’écart des autres passagers. Parfait. Faisant rouler le fauteuil, Riza conduisit Edward jusqu’à l’extrémité d’une rangée de sièges, calant son fauteuil pour empêcher son propriétaire de s’esquiver en roulant. Elle lui lança un regard signifiant qu’elle voulait lui parler, incapable de dissimuler une certaine tristesse malgré elle. Regard auquel il répondit en secouant la tête. Oh, si, ils allaient parler.

Edward – Pas envie de parler, maugréa-t-il. J'ai déjà eu mon compte d'engueulades. Vous n'êtes pas mes parents !

Riza – Edward, je ne vais pas te hurler dessus, je sais que tu as eu ton compte, je t'ai entendu pleurer au téléphone. C'est à propos de ce journal. Désolée, j'ai été un peu brusque.

Le visage d’Edward vira au rouge tant il était gêné sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle s’excusait et c’était lui qui était gêné… ? C’était le monde à l’envers. Enfin, soit, il s’était calmé, c’était le principal. Pour qu’il réagisse ainsi, Roy avait vraiment dû y aller très fort sans le ménager, même si elle n’avait pas tout entendu, seulement la fin. Elle imaginait sans difficulté les paroles qu’il avait pu prononcer s’il s’était inquiété à ce point-là… Enfin, c’était fait, ils ne pouvaient pas revenir là-dessus. Riza ne comptait pas l’engueuler, il avait eu son compte. Il fallait seulement qu’elle lui parle à propos de ce journal, à propos d’Ishbal, et avant qu’il ne découvre les faits dans ce magazine qu’il lira tôt ou tard… Mais comment parler de cela ? Lui demander ce qu’il savait d’Ishbal de but en blanc ? Un peu trop direct… Lui demander s’il connaissait le lien entre Ishbal et les alchimistes ? Impossible. Le lieutenant prit une petite inspiration, attrapant le magazine qu’elle avait déposé à côté d’elle sur un des sièges pour montrer le Colonel du doigt.

Riza – Que sais-tu d'Ishbal ?

Edward – Ishbal... Et bien, il y a eu la guerre, ça s'est terminé il y a deux ans, toute la région Est était impliquée. Winry y a perdu ses parents... Et, je... C'était violent, d'après ce que j'ai compris.

… D’accord. Il ne savait rien ? Absolument rien ?! Il avait haussé les épaules, comme si ce sujet était banal, sans aucune importance maintenant, comme si cela n’avait aucune incidence sur le présent. Mais enfin ! Comment pouvait-il ne pas s’être renseigné au moins un peu sur le passé de sa région alors qu’il y vivait et qu’il y était né ?! Riza le regarda, choquée, avec un air halluciné tout en entrouvrant légèrement les lèvres tant ce fait lui semblait improbable. Edward ne savait rien… Mais rien ! Il savait seulement qu’il y avait eu une guerre, qu’elle s’était terminée il y avait deux ans, et voilà, point. Ce qui sous-entendait qu’il ignorait bel et bien pourquoi Scar le pourchassait, pourquoi il en avait après les Alchimistes d’Etat. Et ne s’en inquiétait pas outre mesure. Ce garçon était désespérant ! Mais ne pas crier, ne pas désespérer, rester calme. Edward regardait la Une du magazine, toujours l’air aussi perdu qu’avant. Il ne savait rien…

Riza – Donc, tu ne sais pas pourquoi Scar t'a attaqué ?

Edward – C'est juste un meurtrier et on était à côté de lui, marmonna-t-il. S'il en veut à l'armée...

Riza – Non, tu ne comprends pas. Pourquoi a-t-il choisi d'attaquer le plus petit des Alchimistes d'Etat dans le groupe alors que vous étiez quatre et que tu n'as pas participé à la guerre ?

Edward ne répondit pas, se contentant de lui lancer un regard noir, apparemment vexé. Oh, ça va ! Il devait grandir un peu, ouvrir les yeux, réaliser à quel point ce Ishbal était dangereux ! Ce n’était pas une question de fierté ou de taille, ici, mais bien une question de vengeance et de haine. A présent, Edward était en danger parce qu’il avait fait échouer le plan de Scar, il ne l’avait pas aidé du tout, loin de là, et aurait dû être tué comme les autres Alchimistes d’Etat. Il était, avec Roy, le seul à s’être échappé vivant des mains de Scar alors qu’il s’agissait d’un criminel extrêmement dangereux. Criminel… Pouvaient-ils vraiment le considérer comme tel ? Eux avaient tué toute sa famille, ses amis, ses connaissances, son peuple… Un désir de vengeance était légitime. Et Edward ne cherchait même pas à comprendre ! Il acceptait la mort comme ça, sans savoir ? Se faire déchiqueter par Scar sans la moindre question ? C’était hallucinant…

Riza – Arrête de te comporter comme un gamin et réfléchis deux minutes ! Tu ne te poses vraiment aucune question ? Tu acceptes de mourir sans savoir pourquoi ? Ce n'est pas possible, pas toi, ne me fais pas croire une chose pareille.

Edward – Il y a rien à comprendre, là ! s'écria-t-il, piqué au vif par la remarque. C'est un meurtrier lâché en pleine nature qui en veut à l'armée, point final ! Ce n'est pas le premier, ça ne sera pas le dernier, je ne suis pas mort et arrêtez un peu, tous, de venir me reprocher sans cesse mon âge ! Je sais que je suis un enfant, d'accord ! Je le sais très bien et je ne serai pas entré dans l'armée si j'avais eu le choix !

Edward s’interrompit, sa voix se brisant légèrement à la fin, et il reniflait à présent en se contenant d’après ce qu’elle pouvait en juger. Quelques personnes avaient tourné la tête vers eux mais un regard de Riza suffit pour qu’ils se détournent très vite comme si rien ne s’était passé. Bien. Ils n’avaient pas besoin de fouineurs, encore moins de personnes qui les écoutaient, ils avaient besoin de tranquillité et rien d’autre. Et maintenant… ? Edward gardait la tête baissée, serrant le poing, sans que Riza ne sache vraiment quoi dire. Elle avait été un peu méchante, désolée, mais il fallait qu’il réagisse. S’il mourait aussi bêtement parce qu’il ignorait qui était son ennemi… Elle se laissa tomber sur le siège à côté d’Edward, en bout de file, toujours sans rien dire. C’était pour cette raison qu’elle voulait lui parler. A cause de son jeune âge, le jeune Alchimiste d’Etat était sérieusement défavorisé et risquait sa vie bien plus que tous les autres. Et Roy, ou les autres, n’allaient jamais lui expliquer ce qu’ils avaient fait… C’était trop récent, trop honteux, trop douloureux. Un secret enfoui le plus profondément possible maintenant qu’ils essayaient de se reconstruire petit à petit.

Riza – Ce que tu ignores, c'est que ton âge te fait défaut. Et pas seulement à cause de ta taille, mais de tes connaissances. Scar aurait pu t'attaquer en voyant que tu étais Alchimiste d'Etat, peu importe que tu aies participé à la guerre ou non. Il leur voue une haine indéfinissable, surtout au Colonel, ce qui explique cette photo.

Riza n’ajouta rien pendant un moment, patientant, laissant le temps à Edward de se reprendre. Il n’allait pas faire la tête éternellement, il fallait forcément répondre et dire quelque chose. Ce qu’il fit au bout d’un moment, malgré le comportement qu’il affichait – coup d’œil vague, pas de réponse…

Edward – Je n'y comprend rien, souffla-t-il en fourrant son front contre le creux de la main en fer, le coude sur le fauteuil. Si vous parlez tous par énigme, et bien continuez, ça vous regarde. Ce n'est pas comme si je n'étais pas habitué, dès que ça touche Ishbal...

Riza – Si tu arrêtais de faire la tête, peut-être comprendrais-tu que je veux justement t’expliquer ce qui s’est passé, dit-elle en posant un regard grave sur le garçon. Mais si tu ne veux pas écouter, très bien, on en reste là. C’est un sujet sensible, Edward, c’est pour cela que personne ne souhaite en parler. Si je le fais, c’est parce que Scar est un ennemi de par son comportement et tu dois connaître tes ennemis, même si tu es jeune.

Pendant un instant, Riza crut qu’Edward allait refuser, vu la tête qu’il tirait, mais il ne répondit rien, se contentant de hocher la tête. Bon. Au moins, il était un tant soit peu raisonnable – ou curieux – et essayait d’être sérieux. C’était mieux que rien, même si elle se doutait que râler et lui répondre qu’il n’en avait rien à faire lui brûlait les lèvres. Riza poussa un soupir, regardant les passagers s’asseoir un peu partout, emmitouflés dans de gros manteaux pour se préparer à une longue attente. Une heure pour certains, trois pour d’autres, plus de dix pour certaines personnes comme eux qui devaient retourner à Central avant d’aller dans l’Est. Bon… Allez, commencer par le commencement vu qu’il ne savait rien.

Riza – Cela a commencé il y a sept ans. Un officier a tiré sur un enfant Ishbal… pour je ne sais quelle obscure raison, maintenant que j’y pense. Evidemment, les Ishbal se sont révoltés, qui ne l’aurait pas fait à leur place ? Il a tué un enfant sans défense, à côté de ses parents qui n’étaient pas loin.

Riza fit une pause, contenant une certaine colère pour ne pas montrer à quel point cela l’énervait. Ce type aura causé la mort de tant de personnes… Pourquoi avait-il tiré ? En quoi un enfant pouvait-il être dangereux ? Représenter une menace ? C’était un enfant ! Un enfant très jeune qui avait toute la vie devant lui ! Riza secoua un peu la tête, la tournant vers Edward avec ce même regard grave et sérieux, mains crispées sur le magazine.

Riza – Le conflit s’est envenimé. Les habitants d’Ishbal avaient de nombreux moines guerriers, aussi forts que nous, résistants… Cette guerre aura duré sept ans, sept ans à tuer des hommes, des femmes et des enfants alors que tout était de la faute de cet officier qui a eu un coup de folie. Comment arrêter la guerre à ce moment ? On aurait dû partir. J’ai tué des gens, des innocents. En tant qu’excellente sniper, j’ai été appelée alors que je venais de sortir de l’école militaire, je n’avais aucune expérience du terrain. Le Colonel pense toujours que j’ai été lâchée trop tôt là-dedans.

Le lieutenant eut un sourire triste et douloureux, réalisant à quel point Roy devait avoir raison. Mais tous les jeunes soldats avaient été lâchés dans cette guerre trop tôt, Central exigeant la présence de toute l’armée là-bas, à Ishbal, comme la guerre n’en finissait pas. Ils avaient tous craqué, au final. Absolument tous. Mais étaient restés, s’étaient soutenus, ignorant pourquoi ils continuaient, n’agissant que comme des automates.

Riza – On agissait en automates. Les ordres étaient clairs mais les troupes s’affaiblissaient la guerre ne finissait pas et le moral baissait. Central a fait appel aux Alchimistes d’Etat… Le Colonel, entre autres, a fait d’innombrables victimes à cause de son alchimie. Comment lutter contre des flammes aussi puissantes ? Mais on n’avait pas le choix. En tant que soldats et Alchimistes d’Etat, notre devoir était d’écouter l’armée.

Riza revoyait encore les ruines, les bâtiments fumants, le sang imprégnant le sable et la terre, les corps amoncelés un peu partout. Elle-même ne « côtoyait » que très peu les personnes sur qui elle tirait, se protégeant derrière des ruines, des murs détruits, tirant dans l’ombre. L’ironie du sort a fait qu’elle avait été nommée lieutenant « grâce » à cela, tout comme Roy avait eu son rang de Colonel. A cause de la guerre. De milliers de personnes tuées. Comment pouvaient-ils vraiment en vouloir à Scar ? Riza pourra un soupir, regardant le visage de son supérieur sur la Une du magazine qu’elle tenait toujours en main, le défroissant un peu.

Riza – Scar a toutes les raisons du monde de haïr les Alchimistes d’Etat. C’est grâce à eux qu’Amestris a gagné, que la guerre a été remportée. Sans eux, j’ignore si on aurait tenu longtemps. Le moral des troupes baissait à vue d’œil, on se posait des questions, on ne comprenait plus ce que l’on faisait. Voilà pourquoi personne ne veut rien te dire. Comment le pourrait-on ? C’est notre faute et on en a honte.


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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Dim 28 Fév 2016 - 17:47

– Si tu arrêtais de faire la tête, peut-être comprendrais-tu que je veux justement t’expliquer ce qui s’est passé, dit-elle en posant un regard grave sur le garçon. Mais si tu ne veux pas écouter, très bien, on en reste là. C’est un sujet sensible, Edward, c’est pour cela que personne ne souhaite en parler. Si je le fais, c’est parce que Scar est un ennemi de par son comportement et tu dois connaître tes ennemis, même si tu es jeune.

Edward se tassa un peu dans son fauteuil, se forçant à hocher la tête sans rien dire, son bras métallique ramené contre lui pour serrer un peu plus les pans de son manteau. Un sujet sensible, à ce point ? Ils étaient dans l'armée régulière, eux, ils avaient choisi d'être militaires et donc, par conséquent, de se salir les mains ! Alors comment cela pouvait-il devenir un sujet sensible, à leurs yeux, puisqu'ils partaient en guerre de leur plein gré ? On assume nos choix, le jeune homme était très bien placé pour le savoir... Bien qu'au fond de lui-même, il était certain, tout à fait certain, de préférer renoncer à son titre d'alchimiste d’État plutôt que d'être utilisé d'une façon qui lui soulèverait le cœur. C'était dit et il ne reviendra pas dessus, sa volonté de retrouver le corps d'Alphonse et le sien n'était pas assez importante pour qu'il y sacrifie des innocents, cette lutte ne devait pas être payée avec le sang des autres. Levant le nez pour regarder le lieutenant, il vit son air plus grave, plus douloureux. Pourtant, elle avait choisi d'être soldat, n'est-ce pas ? Dans cet état militaire, les recrues volontaires ne manquaient pas. La population d'Amestris se partageait en deux depuis des siècles, d'un côté les militaires, de l'autre ceux qui les haïssaient.

– Cela a commencé il y a sept ans. Un officier a tiré sur un enfant Ishbal… pour je ne sais quelle obscure raison, maintenant que j’y pense. Évidemment, les Ishbal se sont révoltés, qui ne l’aurait pas fait à leur place ? Il a tué un enfant sans défense, à côté de ses parents qui n’étaient pas loin.

Cela, oui, il savait que le conflit s'était envenimé après la mort d'un enfant. Ce que personne ne savait, c'était pourquoi, pourquoi cet officier avait agi ainsi. Il avait tué une gamine de quatre ans qui jouait non loin de lui, bien des soldats et des habitants du pays l'avait vu sortir son arme puis tirer tout à coup sur la petite, sans crier gare, sans raison, froidement. Ce soldat avait ensuite été arrêté, jugé puis exécuté, sans que cela ne suffise pour la population Ishbale, qui en avait assez de l'occupation militaire de leur nation. Tout avait dégénéré très vite, par la suite, la région Est avait ravagé. Edward hocha doucement la tête, le regard dans le vague, se souvenant de ce qu'on racontait à Resembool durant ce temps. Leur village avait été attaqué, par des rebelles, car les artisans locaux produisaient de la laine qui servait à tisser les uniformes de l'armée. Leur mère leur interdisait de sortir seuls, tout comme mamie Pinako par la suite. Ils allaient à l'école en groupes, accompagnés d'un ou deux adultes, puis on revenait les chercher le soir.

– Le conflit s’est envenimé. Les habitants d’Ishbal avaient de nombreux moines guerriers, aussi forts que nous, résistants… Cette guerre aura duré sept ans, sept ans à tuer des hommes, des femmes et des enfants alors que tout était de la faute de cet officier qui a eu un coup de folie. Comment arrêter la guerre à ce moment ? On aurait dû partir. J’ai tué des gens, des innocents. En tant qu’excellente sniper, j’ai été appelée alors que je venais de sortir de l’école militaire, je n’avais aucune expérience du terrain. Le Colonel pense toujours que j’ai été lâchée trop tôt là-dedans.

Le jeune homme resta toujours parfaitement silencieux, ne comprenant pas, une fois de plus, pourquoi le lieutenant était restée, malgré tout, pourquoi elle avait persisté dans son engagement alors que, visiblement, elle avait détesté chaque seconde passé à Ishbal. Lorsqu'on entre à l'académie militaire, c'est pour apprendre à utiliser un fusil et faire des trous dans la peau d'autres personnes, rien d'autre. Elle le savait avant de partir à Ishbal ! Alors s'être tout de même engagée ? Qu'avait l'armée qui puisse l'attirer tant ? Une fois, il avait posé la question au commandant Armstrong, qui lui avait répondu qu'il avait à cœur de défendre ce pays et ses citoyens, qu'il s'était engagé pour protéger ceux qu'il aimait et devenir puissant pour eux. Et cela malgré un caractère qui n'était certes pas adapté aux conflits violents. Le commandant détestait la violence, Edward avait fini par le comprendre, en l'écoutant et en l'observant. Malgré sa carrure et son engagement, il restait un homme très doux au cœur tendre, qui faisait toujours pour épargner la vie de ses ennemis, dès lors qu'il le pouvait.

– On agissait en automates. Les ordres étaient clairs mais les troupes s’affaiblissaient la guerre ne finissait pas et le moral baissait. Central a fait appel aux Alchimistes d’État… Le Colonel, entre autres, a fait d’innombrables victimes à cause de son alchimie. Comment lutter contre des flammes aussi puissantes ? Mais on n’avait pas le choix. En tant que soldats et Alchimistes d’État, notre devoir était d’écouter l’armée.

D'un seul coup, Edward imaginait très bien... Le colonel en train d'incendier des quartiers tout entier, le lieutenant se mettre en hauteur, viser, tirer, un mort à chaque balle. Puis le peuple Ishbal fuir, les enfants crier, les parents pleurer. Il voyait des rues et des immeubles à moitié détruits par les bombes et les coups de canon. Des enfants pleurer devant les corps sans vie des membres de leur famille. Des personnes fuir tant qu'elles le pouvaient. Il entendait les cris de colère et de désespoir, de haine et de ressentiment. L'envie de vengeance, la promesse de répondre à ce massacre par un autre conflit, dans le sang. Une très fort envie de vomir vint le saisir, la nausée l'envahissait. De nouveau, il ne comprenait pas pourquoi il n'y avait pas eu plus de désertion, pourquoi... A quoi vouloir être soldat de rang si on était pas capable de supporter ce genre de guerre ?

– Scar a toutes les raisons du monde de haïr les Alchimistes d’État. C’est grâce à eux qu’Amestris a gagné, que la guerre a été remportée. Sans eux, j’ignore si on aurait tenu longtemps. Le moral des troupes baissait à vue d’œil, on se posait des questions, on ne comprenait plus ce que l’on faisait. Voilà pourquoi personne ne veut rien te dire. Comment le pourrait-on ? C’est notre faute et on en a honte.

Edward ne répondit pas tout de suite, se demandant toujours pourquoi le colonel et le lieutenant n'avaient pas agis comme le commandant Armstrong, tout simplement. Ou comme le docteur Marcoh. Ou comme tous ces alchimistes d’État qui n'avaient pas supporté de massacrer sans raison des centaines d'innocents et de civils et qui avaient préféré disparaître, sans crier gare, fuyant ces massacres inutiles. Il y en avait eu beaucoup, c'était un fait connu, beaucoup de soldats avaient perdu tant d'illusions et d'espoir qu'ils avaient préféré tourner le dos à l'armée toute entière.

– Si vous ne supportez pas ça, pourquoi être restés ? Demanda-t-il finalement. Vous et le colonel ? Pourquoi n'avez-vous pas agi comme le docteur Marcoh, qu'est-ce qui vous a retenu là-bas ?

Il redressa un peu la tête pour lui lancer un long regard, où brillait à la feu une certaine méfiance et de l'incompréhension. Il n'avait jamais apprécié l'armée, ne comprenant pas comment on pouvait faire le boulot du lieutenant, et surtout, pourquoi rester volontairement dans ce genre de situation. Elle grimaça un peu, semblant réfléchir.

– Par volonté de changer les choses… Même si tu ne vas pas me croire. Le Colonel veut rendre l’armée meilleure et je suis sûre qu’il peut y arriver. Il restait, je me devais de le soutenir comme lui l’a fait par le passé.

Rendre l'armée meilleure, hein ? Bon courage, franchement, Edward ne voyait absolument pas comment il pourrait y arriver, d'autant plus en étant un des petits chiens de l'armée. Il grimaça à son tour en le revoyant lui hurler dessus, furieux. Sale type. Jetant un coup d’œil à la couverture du magazine, qu'elle tenait toujours, il ne put même pas être furieux en songeant à Scar et son désir de vengeance. C'était légitime, même si cela n'arrangeait rien, puisque la vengeance alimentait le cycle de la haine. Il continuera à tuer, les proches des victimes voudront se venger à leur tout, d'autres encore voudront venger Scar, cela n'en finira absolument jamais. Il se mordit un peu les lèvres, repensant à tout ce qu'il avait vu de l'armée pour le moment, le colonel...

– Vous l'aimez ou quoi ? Grinça-t-il sans parvenir à dissimuler son ahurissement. Pour vouloir le suivre à ce point-là...


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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Sam 5 Mar 2016 - 23:24

Edward ne répondit pas tout de suite, ce qui n’était pas étonnant. Riza patienta donc, ne disant rien, laissant à son interlocuteur le temps de prendre en compte tout ce qu’elle venait de lui expliquer. Elle se doutait parfaitement des questions qui lui trottaient dans la tête : pourquoi être resté ? Pourquoi ne pas s’être rebellé et avoir dit non ? Pourquoi avoir accepté une telle mission là où d’autres avaient dit stop ? Comment avaient-ils pu tuer autant d’innocents alors que le rôle premier d’un soldat était de protéger ? Autant de questions légitimes auxquelles Riza ne pouvait donner qu’une seule réponse bien faible aux yeux de quelqu’un d’autre. Soutenir Roy. Maintenant qu’elle avait ouvert les yeux sur ses sentiments pour son supérieur, c’était plus évident que jamais. Cependant, durant des années, elle pensait simplement à de la loyauté, à soutenir un ami… Alors qu’ils s’étaient un peu perdus de vue après l’école militaire. Mais non, même avec la distance, elle avait voulu le suivre. Elle était restée à Ishbal, le sang coulant à flots au bout de son canon de fusil.

Edward – Si vous ne supportez pas ça, pourquoi être restés ? Demanda-t-il finalement. Vous et le colonel ? Pourquoi n'avez-vous pas agi comme le docteur Marcoh, qu'est-ce qui vous a retenu là-bas ?

Et voilà. La question à laquelle Riza s’était attendue et qui la fit grimacer. Pourquoi, oui ? Même en sachant pourquoi, elle ne pouvait répondre comme elle le pensait. Elle aimait Roy, oui, mais à l’époque, ce n’était pas que cela qui motivait son acte et sa volonté de rester. Non, il y avait autre chose… L’envie de voir le rêve et le monde utopique de l’ancien élève de son père se réaliser. Elle voulait vraiment y croire. Croire que c’était possible, que leur pays pouvait être meilleur, que les soldats ne tueront plus d’innocents sur ordre de l’armée pour une quelconque raison obscure. Cela avait été sa seule motivation. Sortir de cette guerre, ne pas fuir, assumer ce qu’elle avait fait. Elle était sniper. Un sniper destiné à tuer à chaque coup de feu. Elle avait besoin de croire que ces personnes n’étaient pas tuées pour rien, que quelque chose de meilleur se dessinait à l’horizon. Et puis, Roy restait. Il exécutait les ordres, brûlait des gens par centaines et restait droit. Mais, au fond, il avait besoin de soutien comme elle en avait eu besoin lorsque son père était mort.

Riza – Par volonté de changer les choses… Même si tu ne vas pas me croire. Le Colonel veut rendre l’armée meilleure et je suis sûre qu’il peut y arriver. Il restait, je me devais de le soutenir comme lui l’a fait par le passé.

Riza lança un regard à Edward qui faisait exactement la même tête que les autres personnes à qui elle expliquait cela. L’air perdu, furieux, peut-être même dégoûté sur les bords. Il grimaça tout à coup, son regard retombant sur le magazine que le lieutenant tenait entre les mains. Elle le regarda à son tour, pensive, ses yeux croisant ceux d’un Roy déterminé, ayant trop vécu malgré son jeune âge. Pourtant, il était plus déterminé que jamais, il ne semblait pas touché par ce qu’il avait vécu et restait très froid et professionnel même si la photo lui donnait un air très jeune. Peut-être était-ce la pluie, sa coiffure, ses cheveux mouillés… Elle n’en savait rien.

Edward – Vous l'aimez ou quoi ? Grinça-t-il sans parvenir à dissimuler son ahurissement. Pour vouloir le suivre à ce point-là...

Riza – Q… Mais non, ça n’a rien à voir, affirma-t-elle en rougissant un peu malgré elle. Lorsque tu dois tuer des gens à longueur de journée, tu finis par perdre espoir et par souhaiter que tout s’arrête. Le Colonel m’avait parlé de son projet et c’était la seule chose à laquelle je pouvais m’accrocher pour espérer. Avoir un peu d’espoir, au moins. Je ne pouvais pas tout abandonner comme cela alors que j’avais déjà tué, il faut assumer jusqu’au bout.

Edward – Et vous allez vous marier avec ?

Edward avait pris un air choqué tandis que Riza se retenait de bouger, tant bien que mal. Il l’avait déstabilisée ! Jamais elle ne se serait attendue à une telle question de sa part ! Il avait quatorze ans et avait compris en quelques mois ce qu’eux avaient compris au bout de plusieurs années… Et même pas d’eux-mêmes, en plus. Elle ne pouvait pas lui répondre ! En plus, rien n’était fixé. Et puis ce n’était pas ses affaires. Le Colonel n’était pas un monstre, il savait se montrer très compréhensif et gentil, quoi qu’extrêmement insupportable dans certains cas. C’était son caractère, il suffisait de s’y habituer. Riza devint légèrement plus rouge, reportant son regard sur Edward en serrant toujours le magazine dans ses mains.

Riza – Ce ne sont pas tes affaires. Et le Colonel n’est pas un monstre comme tu le penses, tu en as eu la preuve avec l’engueulade que tu t’es prise. Il ne t’a pas engueulé en tant qu’Alchimiste d’Etat, je me trompe ?

Edward – Comme si j'étais son fils, dit-il en marmonnant avec un air très noir. Et ça reste un sale type...

Et il l’avouait comme ça… ? D’accord, Roy l’avait vraiment vexé, plus la peine d’en douter. Edward avait un air dégoûté et peiné, comme s’il n’y croyait toujours pas. Oui, bon… C’est vrai que sans savoir, se prendre une telle engueulade peut faire mal. Et le Colonel tenait à lui plus que ce qu’il ne montrait même s’il ne le dirait jamais platement. Ce n’était pas dans son caractère, il le cacherait sans doute jusqu’à sa mort ou jusqu’à ce qu’Edward devienne plus mature, plus grand, voire père de plusieurs enfants lui aussi. Pour éviter ses railleries incessantes et pour être rassuré, savoir qu’il aurait une belle vie et qu’il ne ferait plus d’énormes aussi grosses que celle qui l’avait mené jusqu’au statut d’Alchimiste d’Etat. Riza leva les yeux au ciel avec un petit sourire, se disant que ces deux là n’arrêteraient jamais de se tirer dans les jambes. C’était à la fois mignon et énervant.

Edward – Si ce n'est pas un monstre, pourquoi il n'a pas déserté comme les autres, à Ishbal ?

Riza – Parce qu’il refuse d’abandonner, il veut atteindre son objectif. Et Ishbal a renforcé cette envie de rendre l’armée meilleure pour ne plus que cela recommence.

Edward – Donc coup d'état. Pourquoi vous me racontez tout ça, lieutenant ?

Pourquoi ? Pour le magazine. Parce qu’il avait le droit de savoir vu que Scar avait essayé de le tuer. Parce que cela faisait partie de l’histoire du pays et qu’il ne fallait pas oublier. Parce qu’il devait être au courant du passé des Alchimistes d’Etat et de la raison pour laquelle les habitants les détestaient autant. Parce que lui n’y était pour rien et qu’il souhaitait seulement retrouver le corps de son frère, son bras et sa jambe. Lui avait de nobles objectifs contrairement aux leurs qui prendraient beaucoup plus de temps et qui les obligeaient à exécuter tous les ordres donnés sans mot dire. Riza poussa un soupir, soulevant un peu le magazine pour le montrer à Edward.

Riza – Pour la Une de ce magazine, dit-elle en pointant Roy du doigt. Je ne voulais pas que tu apprennes tout ce qu’il avait fait à Ishbal de cette manière, surtout que les magazines sont très orientés. Je préférais te donner toute la version moi-même pour que tu ne le détestes pas inutilement, pour que tu sois au courant de toute l’histoire. Parce que tu as le droit de la connaître, surtout maintenant qu’ils t’ont envoyé ici. Tu es Alchimiste d’Etat, Edward… Ce n’est pas un simple statut, surtout depuis cette guerre.

Oui, elle se méfiait… un peu. Beaucoup, en fait, mais elle assumait. Roy le lui avait déjà reproché maintes et maintes fois, seulement elle ne pouvait pas s’en empêcher, c’était incontrôlable. Edward finit par tendre la main vers le magazine avec une moue vexée. Il… le voulait ? Bon… Heu. De toute manière, que risquait-elle ? Il savait tout. Riza le défroissa avant de le lui rendre, s’excusant de le lui avoir arraché des mains comme cela avant de jeter un œil au sommaire en même temps qu’Edward, légèrement penchée vers lui, mains croisées sur ses jambes. Il y avait tout un dossier consacré à Ishbal, après la guerre… Deuxième page, qu’il tourna assez vite. Et qu’elle parcourut en diagonal en quelques minutes… avant de constater qu’il n’y avait, apparemment, rien qui expliquait le conflit à proprement parler. Heu… Oups ?

Riza – Heu… Désolée. Au moins… tu es au courant, comme ça.

Edward leva les yeux au ciel, lui rendant le magazine qu’elle prit automatiquement. Ensuite, sans crier gare, il utilisa sa main libre pour faire rouler son fauteuil en lui disant « Bonne soirée ». Eeeeh ! Non, non, non, il n’allait pas partir comme cela. Riza se releva d’un bond, bloquant ensuite le fauteuil roulant en attrapant les deux poignées situées à l’arrière du fauteuil. Elle ignora son exclamation et le chercha des yeux un endroit pour manger avant de dénicher une sandwicherie un peu plus loin dans la gare. Elle l’y conduisit, remettant son bras libre à l’intérieur pour éviter qu’il ne se fasse mal et bloqua le fauteuil une fois arrivés devant le vendeur de sandwichs.

Riza – Tu peux râler, je ne te laisserai pas partir, je dois veiller sur toi. Que veux-tu manger ? Ne me dis pas que tu n’as pas faim, je ne te croirais pas et tu dois manger pour grandir et reprendre des forces, vu tes blessures. A moins que tu ne veuilles que j’appelle le Colonel pour t’en convaincre ?

Edward – Me convaincre de quoi ? Et je n'ai pas faim, vraiment.

Bah, de manger, évidemment ! Ce que Riza répondit d’emblée sans réussir à convaincre Edward, cependant, qui lui répondit qu’il n’avait pas faim et que ce n’était pas la mort. Bon. D’accord. Il ne voulait pas manger, c’est ça ? Très bien. Elle-même ne pouvait pas l’y obliger mais elle connaissait quelqu’un qui le pouvait et le ferait sans aucun scrupule. Riza hocha la tête, marmonnant un « Très bien » avant de reprendre les poignées du fauteuil et de sortir de la gare à pieds sans dire un seul mot. Elle marcha ainsi pendant cinq petites minutes, avec le fauteuil dans la neige, le magazine rangé dans une des poches intérieures de son uniforme.

Ce n’est que lorsqu’elle arriva au QG de North City qu’elle sourit, salua les officiers qu’elle croisa et demanda à l’accueil où se trouvait le Colonel Roy Mustang, s’annonçant comme sa subordonnée. Dès qu’on lui donna l’information, Riza continua d’avancer en ignorant les protestations d’Edward, mettant un peu plus de force pour le pousser à travers les couloirs gris et dénués de décoration du QG de North City, pourtant rouge à l’extérieur. Bon, ce n’était pas vraiment accueillant mais ce n’était pas grave. Ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes à parcourir les couloirs qu’elle parvint enfin au dortoir dans lequel dormait Roy, actuellement seul et occupé à elle ne savait quoi. Riza frappa à la porte pour lui faire remarquer sa présence puis désigna Edward d’un signe de tête.

Riza – Il refuse de manger, dit-elle directement assez haut pour parer toute protestation d’Edward. Comme il doit se remettre sur pied, il ne doit louper aucun repas et je ne peux pas l’obliger à manger.


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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Dim 6 Mar 2016 - 0:45

Le commandant était visiblement très fier de lui, brandissant les différents exemplaires de la photo avec un sourire béat. Roy secoua doucement la tête en regardant le cliché. Il était assis sur la banquette du train, Edward allongé et la tête sur ses genoux, lui tenant le bras comme un doudou. Mignon, oui, comme le criait le commandant, mais tout de même. Il prit l'exemplaire que le commandant lui donna, avant de le suivre dans le dortoir. Ils avaient passé la journée entière, depuis l'aube, à traquer Scar dans tout le secteur, ce qui était particulièrement épuisant. Poussant la porte du dortoir, il s'assit sur le lit, jetant un regard à Marcoh qui avait filé à la bibliothèque dès qu'il avait su qu'il y en avait une. Encore combien de jours avant que le président admette que ça ne serve à rien ? S'allongeant un instant, le colonel ferma les yeux quelques minutes, encore en uniforme. Hughes l'avait appelé toute à l'heure, alors qu'ils venaient juste de rentrer, pour lui parler d'une affaire à East City mais surtout pour lui parler de sa fille-qui-allait-bientôt-avoir-trois-ans-et-qui-était-la-plus-mignonne-petite-fille-de-la-terre-entière. Alors ça, tout le pays allait finir par le savoir ! Roy avait bien failli lui raccrocher au nez deux trois fois puis s'était retenu, supportant la litanie habituelle.

Après quinze minutes, facilement, à somnoler, il se redressa puis se recoiffa rapidement, pendant que le commandant quittait le dortoir à son tour pour rejoindre le docteur Marcoh. Il allait bientôt être l'heure d'aller au réfectoire, marcher dans la neige toute la journée vous donnait faim, autant de vous épuiser. S'installant au petit bureau, dans un coin du dortoir, Roy jeta un coup d'oeil aux télégrammes reçus sur les affaires en cours à East City. Il vérifiait et notait les différentes données lorsqu'il tomba sur un télégramme plus personnel, venant du général Grumman, qui lui affirmait son bonheur que Riza soit bientôt la première dame de ce pays. Eh là, doucement ! Ils n'étaient pas encore mariés et Roy était encore très loin de la tête d'Amestris. Il répondit d'abord aux télégrammes urgents pour le travail, notant mentalement ce dont il aura à s'occuper en rentrant au QG. Il y était plongé, se frottant un peu la tête tout en réfléchissant, lorsqu'on frappa à la porte du dortoir. Il lança un "Entrez" d'un ton absent, relevant la tête lorsque la porte s'ouvrit, puis écarquilla les yeux sous le coup de la surprise en voyant Riza et Edward, dans son fauteuil roulant. Que s'était-il passé ? Ils avaient été attaqué, ici, à North City ? Non, le lieutenant n'avait pas l'air paniqué.

– Il refuse de manger, dit-elle directement assez haut pour parer toute protestation d’Edward. Comme il doit se remettre sur pied, il ne doit louper aucun repas et je ne peux pas l’obliger à manger.

– Ah, souffla-t-il sans parvenir à dissimuler son soulagement. J'ai cru que... Peu importe. Pourquoi ne veux-tu pas manger, toi ? Tu as fini de faire l'enfant ?

Il regarda le gamin, l'agacement revenant lorsqu'il se souvent de leur "discussion" puis poussa un très profond soupir en le voyant se cacher le visage avec son bras métallique, l'autre bras serré dans une écharpe. D'accord, il n'avait pas terminé. Il se contenta de marmonner qu'on pouvait lui foutre la paix, qu'ils n'avaient qu'à rester entre eux comme ils étaient en couple et le laisser seul dans son coin. Ah, il était au courant, il avait lu Central Times ? Roy l'avait vu ce matin, n'ayant que très peu apprécié qu'on annonce comme ça la "rumeur". Levant les yeux au ciel, il ne se gêna alors pas le moins du monde pour glisser un bras autour de la taille de sa future femme et l'embrasser à pleine bouche. Il l'aimait et n'en avait pas honte, bien qu'il soit énervé qu'on diffuse ainsi des informations sur leur vie privée. Le gamin leur avait lancé un bref regard puis grimacé, lèvres pincées. Riza était cramoisie, lorsqu'il s'écarta un peu, avec un sourire. L'attirant contre lui, il la serra dans ses bras avec force, heureux de la voir ici, dans cet environnement glacial.

– On ira manger toute à l'heure. Toi aussi, Edward, et c'est un ordre. Regarde ça, Riza.

Il tendit le bras pour prendre la photo sur le bureau, la lui donnant. Elle pouvait bien voir ça, le commandant tenant à ce qu'on la montre à tous leurs proches. Sur le moment, Roy avait surtout était très choqué, ne comprenant pas, puis un peu agacé qu'il lui tombe dessus comme ça, avant de se résigner. C'était un enfant, après tout. Roy lui en voulait toujours pour ce qui s'était passé dans les montagnes, voulant qu'il prenne conscience que justement, il était encore tout jeune et devait accorder sa confiance en les adultes s'il voulait progresser et ne pas être trop en danger. Sa fiancée regardait alternativement la photo et Edward, un air assez choqué sur le visage.

– Et tu pensais qu'il ne tenait pas à toi ? Et tu affirmais le détester ? Pourtant, à en juger la photo...

– Mais laissez-moi tranquille, vous n'êtes pas mes parents !

– Tu tiens vraiment à ce qu'on reparle de ça ou la première fois t'as suffit ?!

Le gamin rougit très fortement puis se tassa dans son fauteuil, baissant la tête, les larmes aux yeux. Décidément, il avait la mémoire courte, c'était incroyable. Il ne pouvait pas réfléchir deux petites minutes avant de faire quoi que se soit ?! C'était toujours comme ça, il était incapable d'utiliser son cerveau alors que cela le sauverait dans un bon nombre de situations. Roy était à deux doigts de l'engueuler à nouveau, lui rappeler qu'il n'était qu'un gosse qui s'était mis en danger de mort de la façon la plus stupide qui soit car il n'avait pas voulu parler aux adultes.

– Roy, calme-toi, ça ne sert à rien d'en rajouter... Il a compris, une engueulade suffit à faire entrer le message... Crois-moi.

Dans le cas d'Edward, c'était tout sauf certain. Le colonel soupira un peu en resserrant sa prise sur Riza, puis s'assit avec elle sur le bord du lit, un bras autour de sa taille et son autre main serrant celle de Riza.  Edward leur jeta un regard assez bizarre, comme s'il ne parvenait pas à y croire. Tant pis, il finira bien par s'y faire, comme tout le monde. Posant sa tête contre l'épaule de Riza, il ferma un instant les yeux en lui disant qu'il l'aimait. L'atmosphère devenait tout de suite plus agréable lorsqu'elle était là, même s'il ne l'avait réalisé que tard. Rouvrant les yeux, il jeta un regard las à Edward en voyant qu'il voulait de nouveau s'esquiver. Très bien. Se levant avec un soupir, il vint se planter devant lui, posant une main sur sa petite tête de gamin, puis lui déclara très calmement que s'il essayait encore une fois de s'échapper, être insolent ou il ne savait quoi, Roy pouvait tout simplement le faire enfermer pour insubordination. Le gosse se figea tout net, ses joues passant du rouge au pâle en quelques secondes. C'est bien, brave petit.

– On va aller manger. Je suppose que je peux compter sur toi pour rester calme ... ?

– Je vous déteste... marmonna-t-il.

– Oui, je sais. On y va.

Il tendit la main pour prendre celle de Riza et l'aider à se lever. Au moins, il cessera un peu de faire sa mauvaise tête, c'était toujours ça de pris. Sortant du dortoir en laissant sa fiancée pousser le fauteuil d'Edward sur le chemin.

– Tu vas être de mauvaise humeur durant encore combien de jours ? demanda-t-il au gamin. Tu n'en serais pas là si tu avais été capable de réfléchir dès le début.


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Edward Elric

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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Dim 6 Mar 2016 - 17:50

– Heu… Désolée. Au moins… tu es au courant, comme ça.

Donc elle lui avait arraché ce truc des mains en lui hurlant dessus comme s'il avait trois ans pour... Rien ? Il leva les yeux au ciel, lui rendant le magazine avant d'empoigner la roue du fauteuil avec sa prothèse pour le tourner et s'en aller, lançant un « Bonne soirée » très neutre au lieutenant. Si leur train ne partait que demain matin, il pouvait bien aller chercher un hôtel et y rester, tranquillement, jusqu'à l'heure du départ. Le lieutenant bondit tout à coup et reprit le contrôle du fauteuil, ignorant son cri d'indignation. Non mais, merci, il n'avait pas besoin de baby-sitter ! Il détestait qu'on le couve ou qu'on s'occupe de lui, ayant développé un caractère très indépendant. Elle lui remit son bras libre dans le fauteuil puis le poussa vers un autre kiosque vendant des sandwichs. Elle était obligée de l'amener si elle voulait manger … ? Il ne demandait pas grand-chose, pourtant, juste qu'on l'oublie, qu'on le laisse tranquille, rien de plus. Il ne comptait pas filer très loin ou faire des conneries, simplement rester dans son coin en attendant le départ du prochain point. Ce devait trop dur à comprendre pour le lieutenant, elle le couvait beaucoup trop, lui qui n'aurait jamais cru qu'elle se découvre un tel instinct maternel. Pas le genre, cette révélation était aussi incroyable qu'agaçante... Elle n'était pas enceinte ? Et elle n'avait pas besoin de tester ses instincts sur lui !

– Tu peux râler, je ne te laisserai pas partir, je dois veiller sur toi. Que veux-tu manger ? Ne me dis pas que tu n’as pas faim, je ne te croirais pas et tu dois manger pour grandir et reprendre des forces, vu tes blessures. A moins que tu ne veuilles que j’appelle le Colonel pour t’en convaincre ?

– Me convaincre de quoi ? Et je n'ai pas faim, vraiment.

Elle lui rétorqua « de manger ! », lui faisant hausser un sourcil peu convaincu et répondre que ce ne sera pas la mort s'il manquait un repas. Il n'écouta même pas ce qu'elle répondit, soupirant bien fort lorsqu'elle reprit le fauteuil et le poussa à nouveau, sortant de la gare. Il ne décrocha plus un mot, le regard sombre, avec une moue indignée aux lèvres. Personne dans ce monde n'avait besoin de le couver ou s'occuper de lui, il pouvait très bien s'en sortir ! C'était un peu tard, de toute façon, ils n'avaient ni père ni mère et devaient se débrouiller, travailler, effectuer leurs recherches, réparer une erreur qu'ils n'auraient sans aucun doute jamais faite s'ils avaient eu leur père après d'eux, à la mort de maman. Le trajet silencieux le calma un peu, le bercement du fauteuil aidait, mais voir où ils allaient... Il protesta d'emblée, grimaçant avec force, se ratatinant dans son fauteuil lorsqu'il vit le colonel, la dernière personne au monde qu'il voulait avoir sous les yeux en ce moment. Il détourna aussitôt le regard, préférant de très loin fixer un dossier qui traînait sur le coin d'un lit, plus loin, dossier se révélant fascinant, d'un seul coup.

– Il refuse de manger, dit-elle directement assez haut pour parer toute protestation d’Edward. Comme il doit se remettre sur pied, il ne doit louper aucun repas et je ne peux pas l’obliger à manger.

– Ah, souffla-t-il sans parvenir à dissimuler son soulagement. J'ai cru que... Peu importe. Pourquoi ne veux-tu pas manger, toi ? Tu as fini de faire l'enfant ?

Non, certainement pas, et s'il voulait « faire l'enfant », ça ne regardait personne d'autre que lui-même ! Il se cacha le visage de son bras de fer pour ne pas qu'il puisse le dévisager, se sentant complètement démuni et isolé. Après un moment, il ôta son bras et répondit qu'il voulait simplement qu'on le laisse tranquille et qu'ils feraient mieux de rester entre eux, en couple, sans se soucier de lui. Tout le monde en sera bien plus heureux et détendu. Le colonel leva les yeux au ciel puis attira tout à coup le lieutenant contre lui pour l'embrasser à pleine bouche. Les joues d'Edward prirent une couleur rouge cramoisie et il détourna très vite les yeux, affreusement gêné de voir ça, d'autant plus qu'ils étaient tous les deux en uniforme. Ils avaient besoin de faire ça devant lui ? Franchement, il n'avait pas envie de voir ça, surtout après l'engueulade que lui avait infligé le colonel. Il lui en voulait, c'était clair, Edward allait sûrement subir des sermons et des reproches durant encore des jours entiers. Il ferait mieux d'éviter avec soin East City et les alentours durant quelques temps, avant d'être en état de repartir en vadrouille avec Alphonse et Winry. Avec le temps, cela se tassera un peu... Mais ce qui énervait le plus Edward est qu'il n'arrivait pas vraiment à haïr son supérieur comme il le voudrait, étant donné qu'il lui avait sauvé la vie.

– On ira manger toute à l'heure. Toi aussi, Edward, et c'est un ordre. Regarde ça, Riza.

Tss... Le jeune homme lui jeta un regard peu amène, grimaçant en voyant d'un rapide coup d’œil la photo qu'il tendait à sa femme. QUI avait pris ça ?! C'était affreusement gênant ! Il se tassa un peu plus, les joues et le corps tout entier en feu, en esquivant le regard du lieutenant. Il ne l'avait pas fait exprès, c'était venu comme ça, jamais il n'avait prévu de s'endormir comme ça ! C'était le roulement du train et le calme qui l'avait fait sombrer, pas de sa faute si le colonel était juste à côté. De toute façon, c'était déjà du passé, tout le monde pouvait oublier cet épisode particulièrement humiliant, qui n'avait rien à envier au reste et à l'engueulade.

– Et tu pensais qu'il ne tenait pas à toi ? Et tu affirmais le détester ? Pourtant, à en juger la photo...

– Mais laissez-moi tranquille, vous n'êtes pas mes parents !

– Tu tiens vraiment à ce qu'on reparle de ça ou la première fois t'as suffit ?!

Edward rougit encore plus, ayant malgré lui les armes aux yeux. Non, non, c'est bon, il ne voulait pas revenir là-dessus, c'était bon. Il secoua la tête, murmurant qu'il n'avait pas besoin de ça. Le lieutenant le défendit peu à peu, cependant, contre toute attente. Il lui coula un très long regard surpris, la bouche entrouverte, assez choqué. C'était ça aussi, l'instinct maternel ? Il se mordit les lèvres en pâlissant un peu, les regardant s'asseoir, blotti l'un contre l'autre, le cœur lourd. La dernière fois qu'il avait vu ses parents faire ça, il avait quatre ans et avait vu son père partir le lendemain matin, à l'aube. La gorge serrée, il voulut de nouveau partir et les laisser entre eux, faisant la moue lorsque le colonel se leva et se planta devant lui. Il fit la moue lorsqu'il lui posa une main sur la tête et lui décréta qu'il pouvait aussi l'enfermer pour insubordination, passant du cramoisi au très pâle, serrant les dents quand il prévint qu'il avait intérêt de rester sage. Très bien, saisi, il allait se faire râler dessus durant des semaines encore s'il restait à proximité. Dès qu'il pourra, il filera, pas de problème. Et le plus loin possible.

– On va aller manger. Je suppose que je peux compter sur toi pour rester calme ... ?

– Je vous déteste... marmonna-t-il.

– Oui, je sais. On y va.

Edward retint un juron, lèvres pincées, puis ne dit plus rien pendant que le lieutenant reprit les poignées du fauteuil pour le pousser dans les couloirs. Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle l'avait défendu, trouvant cela extrêmement bizarre. Elle l'engueulait elle aussi puis le défendait ? Pourquoi ? Et pourquoi diable avaient-ils besoin de s'occuper de lui ou de se soucier de ce qu'il fichait de ses journées ?! Ils n'avaient pas besoin de s'en préoccuper, Edward pouvait s'occuper de lui tout seul. Il soupira un peu en regardant les longs couloirs gris et très sobres qu'ils traversaient, allant vers le réfectoire. L'ambiance, ici, semblait plutôt détendue, d'après ce qu'il voyait. Les hommes qu'il voyait riaient entre eux et discutaient sans se soucier d'eux, passant sans faire attention. Edward mourrait d'envie d'être seul et de filer loin d'ici, surtout en sentant le regard du colonel sur lui. Il voudrait tant être à Resembool avec son frère et Winry et oublier tout cela.

– Tu vas être de mauvaise humeur durant encore combien de jours ? demanda-t-il au gamin. Tu n'en serais pas là si tu avais été capable de réfléchir dès le début.

– Je sais, grinça-t-il.

Il se laissa pousser jusqu'au réfectoire sans rien dire, jetant un regard un peu morne autour de lui. Ils prirent des plateaux avant de s'installer à une table. Il y avait bien moins de monde que ce qu'il avait pu observer à East City ou ailleurs, le QG n'était pas des plus rempli. Edward grignota un bout de pain, en faisant attention à ne pas trop remuer pour ne pas rouvrir ses blessures. Il n'avait vraiment pas faim et ne mangea que du bout des lèvres, tête baissée sur son plateau pour ne surtout pas regarder le colonel en face. Ce que lui avait dit le lieutenant lui retournait encore l'estomac, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer Mustang marcher dans les rues d'une ville Ishbale et massacrer les habitants en les brûlant vifs, chacun d'entre eux, sans jamais s'arrêter. Encore et encore, à longueur de journée, femmes comme enfants. Tout cela pour changer le pays alors que rien ne prouvait qu'il pouvait y arriver, Bradley n'était pas un obstacle négligeable. Comment comptait-il s'y prendre au juste ? Comment pouvait-il espérer réussir un coup d'état ? Edward avait la très nette impression qu'il s'attaquait à plus gros que lui, même s'il avait envie d'y croire.

Tout en grignotant un peu ce qu'il avait dans son assiette, sans participer à la discussion, il les regarda vaguement tous les deux puis regarda le lieutenant, fixant son ventre de très longues minutes, sourcils légèrement froncés, perplexe. Est-ce qu'elle était vraiment.... Il grignotait plus sa fourchette que ce qu'il y avait dessus, essayant de savoir si oui ou non elle était enceinte. Il avait quelques souvenirs de maman lorsqu'elle attendait Alphonse et il fit de son mieux, d'après cela, de comprendre. Il avait envie de toucher pour être sûr mais ne voulait pas se prendre un coup. Surtout que le lieutenant tirait facilement sur tout ce qui bougeait. Il plissa un peu les yeux, pensif. Si elle était vraiment enceinte, ça ne pouvait être que du colonel, en plus. Il allait avoir un enfant, lui ?! Pauvre bébé... Un seul pas de travers et il se fera hurler dessus durant des siècles. Edward réussit enfin à s'arracher à sa contemplation, avant d'y revenir trois minutes plus tard, en ayant à peine avalé deux bouchées de plus. Si ça se trouve, c'était récent, c'était pour cela qu'il n'arrivait pas à savoir. Résistant à l'envie de lui poser la question, comme Mustang était juste à côté, il s'obligea à manger un peu plus, en regardant autre chose, comme les soldats qui passaient à côté.

– Pourquoi il y aussi peu de monde ici, par rapport aux autres QG ? Demanda-t-il au lieutenant. Je croyais qu'il y aurait plus de soldats en poste, à cause de Drachma.


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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Dim 20 Mar 2016 - 23:02

Roy – Ah, souffla-t-il sans parvenir à dissimuler son soulagement. J'ai cru que... Peu importe. Pourquoi ne veux-tu pas manger, toi ? Tu as fini de faire l'enfant ?

Du calme ! Il n’avait pas besoin de hurler de nouveau, même si Riza savait que le comportement d’Edward l’avait énervé. Il lui en voulait, c’était visible, et le jeune Alchimiste était terrifié rien qu’à l’idée de se retrouver dans la même pièce que Roy… Il venait de se cacher le visage à l’aide de son bras métallique devant l’air ahuri du lieutenant qui n’imaginait pas que les choses en étaient à ce point. Enfin, Roy n’allait rien lui faire ! Lui hurler dessus, oui, mais il n’allait pas le frapper. Pourquoi avoir peur à ce point-là ? C’était un peu exagéré… Mais soit, ne pas soulever, ne rien dire, cela valait mieux. Dans quelques jours, la peur d’Edward serait oubliée et il comprendrait, d’ici quelques mois tout au plus, pourquoi Roy avait réagi aussi vivement. Elle-même l’avait compris, assez vite, et n’avait pas peur de Roy même si elle avait toujours la crainte d’aborder un sujet un peu sensible, de marcher sur des œufs qui pouvaient se briser sous ses paroles sans crier gare.

Seulement, pour l’instant, Edward ne digérait pas la discussion – ce qui était compréhensible vu ce qu’avait dû dire le Colonel sous le coup de la colère et de la peur. Riza l’entendit nettement marmonner qu’ils pouvaient lui foutre la paix, qu’ils n’avaient qu’à rester entre eux comme ils étaient en couple… Eeeeh ! Il n’était pas censé lui balancer ça ! Elle n’entendit qu’à peine la fin de sa phrase, lançant un regard d’excuse vers Roy qui… leva juste les yeux au ciel. Oh, il le prenait plutôt bien. Très bien, même ! Eh ! Elle sentit un bras glisser autour de sa taille et n’eut même pas le temps de riposter, son fiancé l’embrassant à pleine bouche sans aucune gêne tandis que ses joues s’empourpraient et qu’elle fermait les yeux pour profiter, sentant la vague de chaleur se répandre à travers tout son corps.

Il faisait très chaud. Trop, même. Mais c’étaient des idées, ses hormones lui jouaient des tours. Il devrait faire plus attention, ils étaient en uniforme, pas en civils ! Indifférent à ses joues plus rouges que jamais, Roy lui sourit en s’écartant un peu avant de l’attirer à nouveau contre lui pour la serrer plus fort dans ses bras. D’accord… Bon, heu, voilà. Riza n’osait rien dire, à la fois touchée et horriblement mal à l’aise. Ils étaient devant Edward, enfin ! C’était leur vie privée ! Pourquoi réagissait-il avec autant de laxisme ? Il prenait très bien la nouvelle, comme si cela n’avait pas d’importance et qu’il savait qu’Edward était au courant avant même qu’ils n’arrivent ici. Ce qui était, techniquement, impossible. Oui, elle était touchée qu’il n’ait pas honte de se montrer ainsi à ses côtés mais… tout de même.

Roy – On ira manger toute à l'heure. Toi aussi, Edward, et c'est un ordre. Regarde ça, Riza.

Riza fronça les sourcils, prenant la photo avec un léger temps de retard comme elle essayait de se reprendre, de faire baisser la température. Ouvrant un peu plus les yeux, elle contempla la photo un moment… puis fondit littéralement devant la scène figée sur ce bout de papier. C’était adorable ! Edward dormait tout le temps durant les trajets, oui, mais il s’était endormi sur les genoux du Colonel alors qu’ils passaient leur temps à dire qu’ils se détestaient ! Néanmoins, elle n’afficha pas l’air « je gagatise » pour ne pas en rajouter une couche, fixant Edward et la photo en faisant des allers-retours, choquée, n’en croyant pas ses yeux. Cette scène était réelle ? Mais oui, vu la tête du jeune Alchimiste, c’était vrai, impossible autrement. En plus, il aurait pu nier les faits si c’était une photo trafiquée. Et Edward osait dire que Roy ne tenait pas à lui… ? Elle-même ne se permettait pas de dormir sur ses genoux comme cela, ce n’était pas encore un geste naturel pour elle.

Riza – Et tu pensais qu'il ne tenait pas à toi ? Et tu affirmais le détester ? Pourtant, à en juger la photo...

Edward – Mais laissez-moi tranquille, vous n'êtes pas mes parents !

Roy – Tu tiens vraiment à ce qu'on reparle de ça ou la première fois t'as suffit ?!

Stooop ! Elle n’avait pas dit cela pour ranimer la dispute, c’était une simple remarque, rien de plus. Roy en voulait vraiment à Edward, elle avait compris et enregistré, elle n’allait plus rien dire, d’accord. L’adolescent se tassa dans son fauteuil, rougissant avant de baisser la tête en murmurant qu’il n’avait pas besoin de cela, visiblement de plus en plus mal. Il avait les larmes aux yeux… Riza lança un regard inquiet à Roy qui semblait être sur le point de hurler à nouveau et réagit au quart de tour, s’interposant pour éviter que cela ne dégénère. Pas la peine de remettre le sujet sur le tapis, il avait compris ! Une engueulade suffit à comprendre… Elle-même était loin d’oublier la sienne, alors un enfant…

Riza – Roy, calme-toi, ça ne sert à rien d'en rajouter... Il a compris, une engueulade suffit à faire entrer le message... Crois-moi.

Riza ignora le regard choqué d’Edward, ne bougeant pas, priant pour que Roy accepte de laisser couler pour le moment. Ils pouvaient se reposer, attendre, laisser passer la soirée, voire un mois ou deux, puis continuer à travailler sans revenir là-dessus. Edward avait compris. Fort heureusement, Roy soupira un peu et elle le sentit resserrer sa prise sur sa taille avant de s’asseoir avec elle sur le bord du lit et de prendre sa main dans la sienne pour la serrer. Le lieutenant retint un soupir de soulagement, avertissant Edward du regard de ne faire aucun commentaire même si le Colonel semblait bien prendre l’officialisation de leur couple. Bah, il s’habituerait. Eux aussi s’habituaient petit à petit, même si c’était bizarre et étrange. Elle aimait Roy, c’était tout ce qui comptait.

Il posa sa tête contre son épaule en lui disant qu’il l’aimait, la faisant rougir légèrement tant la situation était étrange. Ils étaient en uniforme, dans une caserne, Edward en face d’eux… Ce dernier essayant de s’esquiver, d’ailleurs. Sans qu’elle n’ait le temps de dire quoi que ce soit, Roy s’était levé et mis juste devant l’adolescent, lui tenant la tête pour l’empêcher de partir. Roh, quand même… Et il en rajouta une couche en disant qu’il pouvait l’enfermer pour insubordination, faisant grimacer Riza qui sentait que sa patience avait ses limites. Elle lança un nouveau regard à Edward, qui ne devait pas l’avoir vue, pour l’avertir de rester tranquille au moment où Roy lui dit la même chose tandis qu’il passait du rouge au blanc en dix secondes. Désolée… Cette histoire risquait de lui coller à la peau durant des mois.

Roy – On va aller manger. Je suppose que je peux compter sur toi pour rester calme ... ?

Edward – Je vous déteste... marmonna-t-il.

Roy – Oui, je sais. On y va.

Riza prit la main que lui tendait Roy, se levant avec son aide en le remerciant d’un sourire, puis se plaça derrière le fauteuil d’Edward qu’elle commença à pousser pour aller vers le réfectoire. Il râlait toujours, évidemment, mais comment le lui reprocher ? Avec ce que le Colonel lui faisait subir, le jeune Alchimiste ne pouvait pas sourire et être au bord de l’ivresse. Pas après les journées longues et épuisantes qu’il venait de passer. Il était coupable, oui, il avait été stupide… Mais que Roy réagisse aussi vivement était incroyable. Elle-même y avait échappé, il l’avait laissée tranquille. Pourquoi s’acharnait-il ainsi sur Edward ? Posant les yeux sur sa tignasse blonde, Riza continua d’avancer aux côtés de son supérieur en regardant les couloirs du QG, nettement différents de ceux d’East City. Tout était gris, plus sobre, dégageant une ambiance très froide et rigide contrairement à leur région. A croire que chaque QG représentait le climat de sa région, Central étant plus… particulier, se démarquant par sa richesse à défaut d’avoir un climat propre au centre du pays. Cependant, tout n’était pas négatif. Ici, Riza avait l’impression que les gens se faisaient confiance, étaient solidaires les uns avec les autres, qu’il n’y avait aucune hypocrisie comme on le sentait ailleurs dans Amestris. D’un certain côté, c’était… reposant. Oui, reposant. Elle pouvait respirer plus librement, même si sa méfiance ne s’endormait jamais.

Roy – Tu vas être de mauvaise humeur durant encore combien de jours ? demanda-t-il au gamin. Tu n'en serais pas là si tu avais été capable de réfléchir dès le début.

Edward – Je sais, grinça-t-il.

Riza retint une nouvelle grimace, s’efforçant de conduire simplement le fauteuil roulant, toujours très droite. Dans les couloirs, elle était lieutenant, subordonnée du Colonel Mustang, ils ne devaient pas montrer un quelconque élan d’affection l’un pour l’autre et devaient rester professionnels. Par conséquent, lui dire de laisser Edward tranquille… Elle allait éviter. Désolée mais non, Roy était son supérieur direct en plus d’être son fiancé, il pouvait réagir autant dans le privé que dans le public. Heureusement, ils arrivèrent assez rapidement au réfectoire, prenant des plateaux pour manger sans qu’elle ne fasse réellement attention à ce qu’il y avait dessus. Viande, légumes, pain… Repas simple, sain et équilibré pour des soldats. Pas question d’être lourd en cas d’intervention, ils devaient rester éveillés en permanence et les températures hivernales n’avaient pas l’air de changer quoi que ce soit ici.

Mangeant et discutant comme deux collègues et coéquipiers, Riza remarqua que le réfectoire se remplissait peu à peu mais ce n’était rien comparé au nombre de soldats vivant dans les QG des autres régions. Ici, ils étaient quasiment seuls, il ne devait pas y en avoir beaucoup ou, alors, les autres avaient déjà mangé. Ou mangeaient dans leurs dortoirs. Sauf que les dortoirs étaient très calmes, ils l’avaient remarqué lorsqu’elle avait cherché Roy pour lui parler d’Edward. En même temps, devaient-ils s’en étonner… ? Personne ne voulait venir dans le Nord, tout le monde évitait cette région comme de la peste à cause de sa réputation – qui était méritée. Les soldats qui venaient ici ressentaient cela comme une punition même si, au fur et à mesure que le temps s’écoulait, certains restaient et ceux qui revenaient n’avaient pas l’air terrorisé, traumatisé. Riza allait demander comment Roy vivait sa mission au Nord lorsqu’elle remarqua qu’Edward avait la tête tourné vers elle, ou plutôt… son ventre. Heu ? Il y avait un problème ? Elle allait le lui demander lorsqu’il se concentra de nouveau sur son assiette sans donner la moindre explication. Bon, heu, d’accord. Pas de souci. Peut-être pas.

Riza – Comment… comment se passe votre mission ici, en dehors de « l’accident » ? Vous repartez bientôt à la traque de Scar ?

Roy – Oui, dès demain matin. Tout se passe bien, pour le moment.

Riza hocha la tête, lançant un autre regard à Edward, perturbée. Qu’avait-elle au ventre, au juste ? Pourquoi le regardait-il comme cela ? Elle interrogea son supérieur du regard, perplexe, mais lui ne semblait pas plus avancé qu’elle vu la réponse qu’il venait de lui donner. Et elle n’allait pas le demander platement, tout de même… Bon, heu, bref, elle se faisait sûrement des idées. Edward avait sûrement fixé son assiette, ou le sol, ou quelque chose sur le siège… Ou n’importe quoi, mais pas son ventre. Elle essaya de faire la conversation, échangeant des banalités, donnant des nouvelles d’East City… avant qu’Edward ne se remette à fixer son ventre. Mais enfin ! Qu’avait-elle ? Une tache ? Elle s’était blessée ? Sa veste était mal fermée ? Elle jeta un regard discret à son uniforme, ne remarquant rien de bizarre, haussant ensuite très brièvement les épaules en direction du Colonel pour signifier qu’il n’y avait rien. Pour elle, du moins. Edward était bizarre, il pouvait vraiment rentrer à East City ? C’était sûr ? Il n’y avait pas d’effets secondaires comme des hallucinations à cause d’un médicament pris à l’hôpital ?

Edward – Pourquoi il y aussi peu de monde ici, par rapport aux autres QG ? Demanda-t-il au lieutenant. Je croyais qu'il y aurait plus de soldats en poste, à cause de Drachma.

Riza – Heu… C’est parce que le Nord n’a pas bonne réputation, dit-elle en essayant de se reprendre, lançant un regard inquiet à Edward. Les soldats sont surtout abrités dans la forteresse de Briggs qui constitue le point fort de la défense de la région, ils ne dorment donc pas dans le QG de North City. Seuls les soldats « de passage » comme nous sont hébergés ici le temps de leur séjour. Et ce n’est pas vraiment un endroit où l’on aime rester, donc les séjours sont très courts…

Edward hocha la tête, n’ajoutant rien et restant silencieux. BON, d’accord, elle devait faire la conversation toute seule, c’est cela ? Ils pouvaient faire un effort, au moins ! Riza voulait détendre l’atmosphère, qu’ils oublient un peu ce qui s’était passé et qu’ils se reposent au moins aujourd’hui comme ils en avaient pour plusieurs heures ici. C’était demander un trop gros effort ? Ils étaient tous les deux grands, plus ou moins matures, ils avaient tous les deux un sale caractère, alors ça allait bien finir par fonctionner. Non ? Mais si. Riza poussa un soupir, tournant la tête vers Edward en le couvant du regard, prête à réagir s’il tentait de s’esquiver.

Riza – Est-ce que tu peux me dire ce qui ne va pas ? J’essaie de vous détendre, moi ! On doit passer plusieurs heures ici, vous n’allez pas vous tirer la tête pendant tout ce temps. Tu es bizarre, Edward, que se passe-t-il ?

Edward – Mais rien ! J’ai cru que vous étiez... C'est juste bizarre. Tout va bien.

Edward avait rougi en répondant, comme si elle avait dit quelque chose qu’il ne fallait pas ou qu’elle l’avait pris la main dans le sac sans qu’il ne s’en soit rendu compte. Bon, cette fois, il y avait vraiment un problème. Mais quel était le rapport avec elle ? Pourquoi la fixer comme cela alors qu’ils mangeaient ? Contrairement à lui, Riza restait parfaitement normale, ne rougissait pas et ne devenait pas toute pâle plusieurs fois en une heure et se portait très bien.

Riza – Pardon ? Quel rapport avec moi ? Ce n’est pas moi qui passe du rouge au blême en dix secondes et qui fixe le ventre de mon voisin sans raison pendant presque tout le repas. J’ai fait quelque chose ? Ou je suis pâle, j’ai l’air malade ? demanda-t-elle en se tournant vers son supérieur, perdue.


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MessageSujet: Re: Nouvel automail   Sam 21 Mai 2016 - 16:14

– Je sais, grinça-t-il.

Voilà au moins un bon point, s'il était conscient d'avoir joué aux crétins. Roy ne souleva pas, continuant jusqu'au réfectoire où ils prirent tous les trois de quoi manger. Réfectoire peu rempli, il y avait bien moins de personnes ici qu'il n'y en avait à Briggs. Tout en déjeunant, il parla un peu de choses et d'autres avec le lieutenant, des affaires en cours et des histoires courant dans les différentes régions. Sujets plus légers et moins sensibles que ce dont ils parlaient d'ordinaire au bureau. Du coin de l’œil, Roy vit le docteur Marcoh entrer à son tour puis s'installer à une table à l'écart, lisant un livre de médecine tout en mangeant, toujours avec cet air défait et abattu. Personne n'alla le déranger, alors qu'à l'Est, un soldat serait surement allé le voir pour demander si quelque chose n'allait pas. Les militaires de ce QG devaient rester particulièrement méfiants et distants avec les étrangers, même ceux de l'Est ou de l'Ouest, ils devaient être plus sur les nefs et les considérer comme des espions potentiels. Marcoh avait un air très concentré, lisant plus qu'il ne mangeait, apparemment indifférent aux regards suspicieux qu'on lui lançait parfois. Question d'habitude, après tout.

– Comment… comment se passe votre mission ici, en dehors de « l’accident » ? Vous repartez bientôt à la traque de Scar ?

– Oui, dès demain matin. Tout se passe bien, pour le moment.

D'ailleurs, il devra terminer son rapport avant d'aller dormir, il n'aura plus le temps de le faire par la suite, leurs recherches étaient lentes et ils pouvaient être attaqués à n'importe quel instant. Riza lui avait lancé un regard interrogateur, d'un seul coup, avec un air perturbé. Hum ? Il lui rendit un regard un peu perplexe, sans comprendre ce qu'elle voulait. Il ne s'était rien produit de spécial, pourtant. Les soldats autour d'eux étaient tendus, oui, cependant, cela restait une attitude normale pour cette division de l'armée. Le commandant Armstrong n'était pas là pour attirer l'attention et il n'y avait personne pour se comporter bizarrement. Marcoh lisait et mangeait dans son coin sans rien dire à personne. Edward n'était pas plus agité que d'habitude. Donc que se passait-il ? Le lieutenant était la seule à avoir un comportement étrange, pour le moment. Ce n'était pourtant pas son genre de perdre son sang-froid aussi facilement, il trouvait qu'elle se laissait beaucoup aller, ces derniers temps. Fronçant un peu les sourcils, il choisit de ne pas relever ça tout de suite, autant attendre un peu pour voir comment la situation allait évoluer.

– Pourquoi il y aussi peu de monde ici, par rapport aux autres QG ? Demanda-t-il au lieutenant. Je croyais qu'il y aurait plus de soldats en poste, à cause de Drachma.

– Heu… C’est parce que le Nord n’a pas bonne réputation, dit-elle en essayant de se reprendre, lançant un regard inquiet à Edward. Les soldats sont surtout abrités dans la forteresse de Briggs qui constitue le point fort de la défense de la région, ils ne dorment donc pas dans le QG de North City. Seuls les soldats « de passage » comme nous sont hébergés ici le temps de leur séjour. Et ce n’est pas vraiment un endroit où l’on aime rester, donc les séjours sont très courts…

Le QG de North City avait plus vocation à l'administration qu'à la stratégie et à la défense, à la conception de plans de bataille ou d'évacuation, c'était la seule différence avec les autres, car comme avait répondu le lieutenant, Briggs était le véritable point de commande et défense de la région, les officiers supérieurs étaient surtout réunis là-bas. Terminant son assiette, il se servit un verre d'eau, relevant le regard lorsque sa subordonnée soupira assez fort. Que se passait-il, enfin ? C'était la région qui lui portait sur les nerfs ou était-elle simplement fatiguée du voyage ? Elle avait pourtant connu bien plus dur que cela, ils le savaient tous les deux. Attention au laisser-aller, c'était de plus en plus flagrant. Même si elle était enceinte, ce n'était pas une raison, ils devaient toujours garder toute leur tête et rester concentré sur leurs objectifs. Dès demain, à l'aube, elle quittera la région avec Edward puis lui-même repartira à la poursuite de Scar avec le commandant Armstrong et le docteur Marcoh. Plus les jours filaient, et moins il pensait qu'ils avaient une chance de retrouver le commandant Madless dans cette immensité blanche et glacée. Les cachettes étaient innombrables, ce type pouvait se trouver n'importe où.

– Est-ce que tu peux me dire ce qui ne va pas ? J’essaie de vous détendre, moi ! On doit passer plusieurs heures ici, vous n’allez pas vous tirer la tête pendant tout ce temps. Tu es bizarre, Edward, que se passe-t-il ?

– Mais rien ! J’ai cru que vous étiez... C'est juste bizarre. Tout va bien.

– Pardon ? Quel rapport avec moi ? Ce n’est pas moi qui passe du rouge au blême en dix secondes et qui fixe le ventre de mon voisin sans raison pendant presque tout le repas. J’ai fait quelque chose ? Ou je suis pâle, j’ai l’air malade ? demanda-t-elle en se tournant vers son supérieur, perdue.

– La seule chose certaine est que vous vous laissez aller, lieutenant, répondit-il d'un ton neutre. Maîtrisez vos émotions et gardez votre sang-froid.

Elle le savait très bien, pourtant, il avait l'impression de devoir souvent lui répéter cela, depuis un mois ou deux. Une fois le repas terminé, il retourna dans la pièce-dortoir qu'il partageait avec ses coéquipiers, afin de terminer son travail. Dès demain matin, ils se remettront en chasse.


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