Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 En un pays étranger

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MessageSujet: En un pays étranger   Sam 6 Fév 2016 - 13:11


Colonel Fabrice Gavin, 34 ans.


Il y avait des jours comme ça où tout partait en vrille, si vite et de façon si inattendue qu'on ne pouvait que se laisser porter par les événements sans plus savoir comment réagir, quoi dire, quoi faire pour s'en tirer. Entre ce pays dont il n'avait jamais entendu parler, le choc de la militaire blonde pour une simple flammèche, la méfiance de tout le monde... Enfin, tout cela, à la rigueur, cela aura été largement supportable si le... "truc" bizarre qui l'avait amené ici n'avait pas aussi eu la brillante idée d'amener le prof gringalet, abruti, rancunier et détestable avec. Ce type... Menard, s'il se souvenait bien, Vincent Menard, était vraiment l'archétype même du sale type prétentieux et mauvais comme la gale qui vous collait comme une emplâtre. Fabrice resta parfaitement silencieux alors qu'on les faisait asseoir derrière une table, côte à côté, dans un bureau assez grand. Il avait passé la plus mauvaise nuit de toute son existence et devait enchaîner avec ce merdier, c'était vraiment formidable. Trois jours dans les laboratoires de Rochard, la nuit dernière à essayer de se soigner tant bien que mal, puis aujourd'hui ça. Il posa ses mains, menottées, sur la table, en jetant un regard assez blasé aux militaires présents. C'était vraiment triste de réaliser que presque plus rien ne pouvait vous étonner, après avoir vécu certaines choses.

– On ne peut pas manier le feu avec un "don" ou quoi que ce soit, lança l'autre colonel d'un ton froid.

Fabrice n'avait pas l'intention de répondre, en revanche, il tourna un regard assez aberré lorsque le prof idiot, menotté aussi, se redressa un bloc en pointant un doigt accusateur sur lui en hurlant "Ah, je le savais, vous êtes bien comme nous tous ! Sale type manipulateur ! Vous êtes fourbe ! Serpent !" Mais il n'allait vraiment pas bien, celui-là, il fallait le faire piquer ! Il se sentait obligé de hurler, c'était si important de mettre la ville entière au courant ? Se retenant de lever les yeux au ciel, Fabrice retint la remarque acide qui lui brûlait les lèvres, rêvant de pouvoir lui griller la pointe des pieds un bon coup, juste comme ça, au passage. Il se contenta d'émettre un petit soupir, pendant que le prof hystérique s'était lancée dans une longue litanie injurieuse à son encontre, dévoilant tout l'amour qu'il éprouvait pour lui, n'ayant visiblement pas digéré leur discussion en Auvergne. Mustang et ses coéquipiers avaient l'air un peu surpris mais pas d'inquiétude, ça allait passer tout seul. Au pire, un coup discret derrière la tête et hop, il sera calmé.

– Qu'est-ce que vous foutez dans l'armée avec ce pouvoir ?! cracha-t-il d'un ton féroce.

Ça le regardait ? Le colonel ne répondit toujours pas, gardant un air parfaitement impassible. Le prof ne s'en énervera que plus, le visage très rouge et tordu par la rage. Il risquait de faire une attaque, si seulement il pouvait se dépêcher un peu et mourir vite, tout le monde en serait très satisfait et surtout soulagé. Le colonel jeunot finit cependant par lui ordonner de se calmer, ce qui ne fonctionna pas du tout mais il avait au moins eu le mérite d'essayer. Le prof grogna comme un ours - belle imitation - en s'agitant de plus belle, incapable de s'apaiser un peu.

– L'armée toute entière est complètement dérangée ! Un psychopathe dangereux aux commandes, une femme capable de ravager le pays en un coup et un malade trop jeune pour être à ce grade qui joue avec des forces qui le dépassent.

"Trop jeune"... Il avait trente-quatre ans, c'était déjà un bel âge. La guerre en avait fait avancer beaucoup plus vite, car il y avait eu plus de places à à prendre, à cause du nombre trop élevé de défunts. Heureusement, un blond de l'équipe face à eux vint empoigner le débile pour l'emmener ailleurs, histoire de le laisser hurler plus loin. Enfin l'air redevenait plus respirable. Ce type avait quand même réussi l'exploit d'insulter Bradley, la générale, lui-même et de se mettre en danger en une seule phrase, félicitations. Le colonel lui demanda à nouveau ce qu'était ce fameux "pouvoir", qu'il s'explique. C'est cela, il allait lui faire un bel exposé sur les différents dons, à commencer par le feu, et toutes leurs conséquences.

– Adressez-vous à l'autre, c'est un prof, dit-il d'un ton glacial. Moi, je suis juste un militaire trop jeune dans une armée dérangée.

Ils pouvaient le considérer comme un espion, un civil perdu, un soldat d'un pays étranger et potentiellement hostile, un voleur, un traître ou tout ce qu'ils voulaient, peu lui importait. Ils pouvaient l'accuser de tous les maux du monde, le prendre pour un dangereux criminel en fuite, un meurtrier, etc, quelle importance, leurs avis ne comptaient pas, pour lui. Le colonel lui rétorqua d'ailleurs qu'ils pourraient aussi abandonner cette méthode d'interrogatoire pour une autre plus musclée. Las, les cocos, la torture, il l'avait déjà connu. Physiquement, mentalement, il mourra avant d'avoir craché un seul mot, sa propre armée avait su lui donner "l'entraînement" nécessaire. Mourir serait un soulagement. Plus besoin de mentir ni de se cacher, plus besoin de jouer à ce rôle, dissimuler ce qu'il était. Il laissa un sourire mélancolique se dessiner sur ses lèvres, imaginant le moment où il pourra enfin se dire "C'est terminé". Il n'avait ni femme, ni enfant, ni famille à regretter et qui pourra le regretter. Une délivrance véritable, cette fois, pas comme les simples illusions auxquelles il s'accrochait lorsqu'il buvait, s'enfonçant dans la déchéance jusqu'au coma. Plus besoin de se soucier de ce don, qu'il adorait et haïssait, plus de mensonges, ce sera terminé. Il cligna un peu des yeux, quittant son air rêveur pour revenir à la réalité, voyant les mines choqués de ses interlocuteurs.

– Vous êtes fou, souffla le brun en secouant la tête.

– Je suis fatigué, corrigea-t-il d'un ton blasé. Allez au diable.

S'il devait encore se coltiner, même dans ce pays, des imbéciles ou des lents d'esprits, c'est bon, il avait déjà obtenu plus que sa dose en France, ça plus les nombreux tarés, les psychopathes, les névrosés, les agités, les suicidaires et tous ceux qui n'avaient plus rien à perdre. Peu importe ce qu'était son don, peu importe que cette femme croit qu'il avait volé il ne savait plus quoi pour utiliser le feu ainsi. Qu'ils le tuent, le torturent avant si ça les amusait, et qu'on en finisse. Il soutint le regard de l'autre colonel, sans rien ajouter, attendant qu'il se décide. Il avait une arme, il ne savait plus comment s'en servir ? Mais non, il se contenta de soupirer en s'appuyant contre le bord de son bureau, croisant les bras, en le fixant sans rien dire. Ils n'étaient pas sortis de l'auberge, à ce rythme. Le blond de toute à l'heure revint dans le bureau, brisant le silence, en annonçant que l'autre type ne s'était pas calmé, même en le jetant en cellule, qu'il criait toujours que c'était l'armée qui avait fichu un tel bordel, que lui, Gavin, était sûrement responsable d'une grande partie de ce merdier, que la Grande Guerre ne justifiait pas ce que fichait l'armée aujourd'hui. Il était en train de l'accuser des manigances de Bradley, maintenant ... ? Ce type ne comprenait décidément rien.

– Si vous ne vous décidez pas à parler, vous allez finir devant le président Bradley.

Bra... Fabrice éclata de rire, sans pouvoir s'en empêcher, plaquant les deux mains sur sa bouche, tremblant tant il en riait. Bradley, oh non, mon dieu ! C'est ce qu'on appelait le fatalisme. Il en rit si fort qu'il en eut un petit hoquet durant deux minutes, les yeux fermés, faisant un effort surhumain pour se contenir. Du caaalme, on respire profondément et on expire, tout va bien. Il dû agacer l'autre colonel, qui finit par lui demander beaucoup plus sèchement si ça ne le gênait même pas qu'on le considère comme un espion ou un meurtrier, un voleur ou il ne savait quoi. Gavin se contenta d'hausser les épaules, reposant ses mains contre lui.

– Je me moque que vous me preniez pour un espion ou un voleur, ce n'est pas mon problème. Mon passé ne regarde que moi et peu m'importe le vôtre.

– On aimerait pourtant savoir comment on peut devenir blasé à ce point, au point d'être heureux à l'idée de mourir sous la torture. Vous n'avez donc personne qui pourrait vous regretter ?! Même pas vos équipiers ?

– Ils sont adultes, mes coéquipiers, sourit-il d'un air cynique, ils ne vont pas pleurer durant des mois.

– Et votre famille ?

– Le jour où j'en aurai une, je vous tiendrai au courant.

– Des amis proches ?

– Tués pendant la guerre.

Il avait la nette impression que le jeunot désespérait, maintenant. Il ignorait qu'avoir une famille ne serait pas spécialement prudent, dans le cas de Fabrice, il avait déjà bien assez de mal à préserver ses subordonnés, qui étaient, finalement, ses seuls amis, en plus de Christophe. Il les aimait tous profondément, pour autant, s'il devait y rester, tous étaient assez grands et matures pour continuer à vivre sans se laisser abattre ou pleurer sans plus pouvoir s'arrêter.

– Qu'avez-vous utilisé pour produire du feu, toute à l'heure ? Vous n'aviez aucun signe ni rien.

– Comment ça ?

Le brun lui montra un gant avec un signe bizarre dessus, ajoutant que lui ne possédait rien de ce genre. Fabrice haussa un sourcil perplexe, ne voyant pas le rapport qu'il pouvait y avoir entre ce truc et le fait de manier le feu. S'il voulait dessiner sur ses gants, très bien, c'était joli, et ensuite ? Un peu perdu, il ne répondit pas, faisant la navette entre le gant et son propriétaire en cherchant ce qu'il y avait à comprendre. Ou bien c'était une blague, excellent, il devrait sans doute rire, n'est-ce pas ? Navré, mais là, ce n'était pas le moment, il n'avait pas la moindre envie de rire, pas après avoir passé plusieurs jours à servir de cobaye au docteur Rochard. Il marmonna qu'il ne voyait pas le rapport entre un dessin et le feu, se rencognant contre le dossier de sa chaise.... ce qui était une très mauvaise idée car il sentit nettement une blessure, dans son dos, se rouvrir, et un liquide chaud couler avec lenteur. Merde. Le colonel marmonna "Un dessin ... ?" d'un ton ahuri, pendant que Fabrice essayait d'évaluer s'il avait gêné d'autres blessures en bougeant. Sa chemise devait commencer à prendre une teinte rouge.

– Vous utilisez ce que vous voulez, grinça-il en haussant les épaules. Nous n'utilisons que des gestes et notre énergie vitale, pour les éléments. Le feu n'est pas plus le puissant, même si c'est le plus dangereux.

Il ouvrit les deux mains les écartant autant que possible avec les menottes, puis se concentra, matérialisant dans ses paumes une spirale de feu, qu'il concentra ensuite en une boule souple qu'il grossit un peu. Bougeant les doigts, il en fit un petit aigle minuscule, qui se posa sur ses paumes. Il sourit légèrement en lui faisant battre un peu des ailes, avec cet habituel plaisir coupable d'utiliser un pouvoir qui n'avait fait que lui pourrir la vie depuis qu'il s'était révélé. Il referma le poing dessus pour le faire s'évaporer, retenant une grimace en ressentant un brusque élancement dans son dos.

– Je... vois. Donc il y a d'autres éléments que vous pouvez utiliser, en plus du feu.

– Non, je ne suis né qu'avec celui-là et je n'en ai pas développé un second.

Heureusement, par ailleurs, qui sait ce qui aurait pu arriver s'il avait eu un plus un second élément, comme la foudre ou le vent. Il tira un peu sur les menottes, se frottant le poignet, en tâchant d'ignorer le filet de sang qu'il sentait couler dans son dos, tous les muscles trop contractés pour son bien. La blonde de toute à l'heure n'avait toujours pas digéré le choc, étant donné son expression. Il ne leur en fallait pas beaucoup, dans ce pays.

– Vous êtes plusieurs à... pouvoir faire ça ? Vous avez dit "Nous utilisons".

– Je ne sais pas combien de personnes le peuvent, répondit-il en haussant les personnes. Dans les civils, ça se compte en milliers. Dans l'armée, plus des masses, beaucoup ont été obligés de déserter ou se cacher.

Il en avait d'ailleurs aidé quelques uns à déserter, dont le fameux jeune homme dont il avait fait croire à la mort en brûlant le cadavre d'un autre homme et en affirmant qu'il s'agissait de celui du jeune soldat disparu, qu'il avait fait griller vif en le rattrapant. Il avait reçu un blâme, après un bref passage au conseil de discipline pour cruauté injustifiée, mais enfin, le petit jeune était loin de la France, aujourd'hui, sain et sauf. Il vivra longtemps, était peut-être marié, avec des enfants courant autour de lui. Sans doute avait-il changé de nom, vivant une vie plus paisible et ordinaire. Il redressa la tête, regardant ses interlocuteurs. Bon, que voulaient-ils encore, au juste, qu'on en finisse ?

– Je ne comprends pas. Vous êtes terriblement blasé, pourquoi ne pas vous être tué avant ? Ce pouvoir semble très commun, dans votre pays, et le manier est nettement plus simple et précis.

– Je n'ai pas le droit de faire ça, le suicide auraient des conséquences que je dois éviter.

Bradley s'en prendrait à son équipe en représailles, tout ce qu'il aurait gagné en mourant, ce sera de faire condamner les dernières personnes dont il tenait vraiment, depuis des années. Il n'avait pas envie de les voir souffrir et mourir, ce serait au-dessus de ses forces.

– Donc, il y a des choses qui sont importantes pour vous. Si vous mourez ici, en quoi cela serait-il différent d'un suicide ? Nous ignorons tout de vous, votre pays ne sera pas au courant de ce que qui s'est passé.

– Mes chefs me connaissent, le jour où je pourrai me suicider, je le ferai devant certaines personnes, pour le simple plaisir de les narguer une ultime fois. Ils savent que je ne vais pas me tuer de toute façon.

Si un jour, il pouvait... Il attendra d'être arrivé à un point où sa collaboration, grâce à son don, deviendra très importante dans les expériences où il participait pour, au beau milieu, attraper très tranquillement une arme et se tirer une balle dans le cœur, après un dernier salut bien ironique et cynique. Adieu la compagnie, il aura salué la vie une ultime fois avant de s'éteindre, en emportant dans la tombe la satisfaction d'avoir ruiné une expérience de ce sale type, en emportant son regard furieux et vexé comme son dernier souvenir réconfortant.

– Bon, qu'avez-vous l'intention de faire ? Me tuer ou autre chose ? Je dois bien rentrer dans mon pays, si vous savez comment s'y rendre.



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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: En un pays étranger   Mar 9 Fév 2016 - 21:43

– Vous utilisez ce que vous voulez, grinça-il en haussant les épaules. Nous n'utilisons que des gestes et notre énergie vitale, pour les éléments. Le feu n'est pas plus le puissant, même si c'est le plus dangereux.

Des gestes et leur énergie vitale ? Comment était-ce possible, d'où venait ce pouvoir exactement, comment l'invoquait-il sans utiliser l'alchimie ? Le type écarta tout à coup les mains, tendant les menottes, avant de faire apparaître une boule de feu entre ses doigts. Roy arrêta Havoc d'un geste, alors qu'il dégainait son arme, lui lançant un regard pour lui dire de laisser faire. Ils avaient besoin d'explications plus claires et ce type aurait déjà tenté de les attaquer, s'il l'avait voulu. Il observa donc le militaire "mouler" sa boule de feu, créant ainsi un petit aigle dans le creux de ses paumes. Un oiseau précis, flamboyant malgré sa taille, qui fit lever une vague de murmures. Son alchimie de flammes ne permettait pas de faire ça, du moins, il lui faudrait beaucoup plus de temps et de précision. Là, il semblait le faire sas même y penser, ce n'était pas du tout le même procédé. Bon, admettons, il n'était pas alchimiste et n'avait donc pas touché aux recherches du père du lieutenant. Il referma la poing dessus, l'oiseau disparaissant dans des flammèches grésillantes. Très bien... Roy était soufflé, croisant les bras, sans cesser de se demander d'où provenait ce pouvoir. Il n'y avait pas que le feu, n'est-ce pas ?

– Je... vois. Donc il y a d'autres éléments que vous pouvez utiliser, en plus du feu.

– Non, je ne suis né qu'avec celui-là et je n'en ai pas développé un second.

Donc ce truc était héréditaire et on pouvait en posséder plusieurs. Roy resta silencieux, ne sachant quoi répondre. Il trouvait extrêmement dangereux que l'on puisse utiliser ce genre de pouvoir dès la naissance, même s'il se doutait que ce pouvoir ne devait pas être très puissant,  cinq ou neuf ans seulement, c'était comme tout le reste, la puissance venait avec de l'entraînement. Mais tout de même... Havoc avait rengainé son pistolet dans l'étui, se grattant la tête avec un air perdu, sa cigarette dans un coin de la bouche. Falman aussi était très tendu, portant un regard méfiant sur le colonel. Pour le moment, il n'était pas un ennemi, pas officiellement, cependant, pas question de le laisser filer pour le moment. De un, car ils ignoraient s'il pouvait être une menace pour Amestris, de deux, parce qu'ils ne savaient toujours pas comment il était arrivé ici, au milieu du désert, évanoui et visiblement malade, de trois, parce qu'il restait encore une foule de chose à expliquer et que laisser ce type s'évanouir dans la nature n'était pas spécialement une bonne idée. Et il restait l'autre type, là, le prof hurlant qui avait l'air de tenir une haine solide contre les militaires. Leur pays ne devait pas plus joyeux qu'Amestris, pour qu'il en arrive à hurler ainsi contre l'armée.

– Vous êtes plusieurs à... pouvoir faire ça ? Vous avez dit "Nous utilisons".

– Je ne sais pas combien de personnes le peuvent, répondit-il en haussant les personnes. Dans les civils, ça se compte en milliers. Dans l'armée, plus des masses, beaucoup ont été obligés de déserter ou se cacher.

Des milliers... Si c'était aussi répandu que cela, Roy ne voyait pas pourquoi il faudra le cacher ou en avoir peur, comme l'avait sous-entendu le mec hurlant de toute à l'heure. Ces pouvoirs semblaient être aussi répandus dans leur pays que l'alchimie était très répandue à Amestris, une chose commune et acceptée par tout le monde ! Sauf dans leur armée... Obligé de déserter ou se cacher, cela voulait dire que ce type devait soigneusement dissimuler ce pouvoir à ses supérieurs hiérarchiques. Roy s'appuya contre son bureau, repensant rapidement ce qu'ils savaient pour le moment, afin de faire le point. Il ne pensait plus vraiment que ce type soit vraiment un ennemi déclaré, enfin, il ne pouvait pas le laisser partir tout de même. Ces "pouvoirs" n'étaient pas plus étrange que l'alchimie de ce pays ou celle de Xing, c'était une autre forme de pouvoir, impliquant les éléments de la nature, dont le feu. Très bien, passons sur ça. Et concernant le reste ?

– Je ne comprends pas. Vous êtes terriblement blasé, pourquoi ne pas vous être tué avant ? Ce pouvoir semble très commun, dans votre pays, et le manier est nettement plus simple et précis.

– Je n'ai pas le droit de faire ça, le suicide auraient des conséquences que je dois éviter.

Ah oui ? Et de quel genre ? Il y avait donc bel et bien des sujets qui le retenaient encore, malgré ce qui l'affichait, quelque chose qui le retenait, au moins un peu. Roy jeta un rapide regard au lieutenant, songeant qu'elle devait être, au fond, assez soulagée que personne ne soit amusé à voler son père pour des recherches aussi importantes,a lors qu'elle avait beaucoup souffert pour que les ladites recherches soient dissimulées à jamais. D'ailleurs, elle lui avait demandé d'en détruire une partie il y a déjà longtemps, il ne risquait pas d'oublier ce jour où elle avait voulu qu'il lui brûle le dos. Dans tous les cas, ce type restait étrange, à la fois blasé et en retrait.

– Donc, il y a des choses qui sont importantes pour vous. Si vous mourez ici, en quoi cela serait-il différent d'un suicide ? Nous ignorons tout de vous, votre pays ne sera pas au courant de ce que qui s'est passé.

– Mes chefs me connaissent, le jour où je pourrai me suicider, je le ferai devant certaines personnes, pour le simple plaisir de les narguer une ultime fois. Ils savent que je ne vais pas me tuer de toute façon.

Non mais il était vraiment... Roy leva les yeux au ciel, ébahi par un tel cynisme. Non seulement il ne craignait plus du tout la mort mais il n'attendait que de pouvoir se tuer tout en arguant une dernière fois ses chefs ou il ne savait qui ! Il imaginait sans peine la joyeuse atmosphère de cette armée, pour que des officiers supérieurs s'attendent à ce qu'un colonel attende ne occasion pour se présenter devant eux et se loger une balle dans le crâne avec un bel air de défi. Il échangea un regard avec le lieutenant, pinçant les lèvres. Donc ce type était colonel, disposait d'un pouvoir, voulait mourir mais n'en avait pas le droit car quelque chose le retenait... Sauf s'il était tué par d'autres, dans ce cas-là, il n'aurait commis aucune faute et personne ne serait puni à cause de ça. Des otages... Et s'il n'avait plus d'amis ni de famille, il devenait facile de deviner qui étaient ces fameux otages. Roy se racla la gorge, couvant tous ses coéquipiers du regard un bref instant. Qu'avait fait ce type pour en arriver à ce point ? Il y avait dû avoir un très gros problème... Et en même temps, il devait revêtir une certaine importance aux yeux de son état-major, sans quoi on se serait contentés de se débarrasser de lui, au lieu de le menacer pour qu'il se tienne tranquille.

– Bon, qu'avez-vous l'intention de faire ? Me tuer ou autre chose ? Je dois bien rentrer dans mon pays, si vous savez comment s'y rendre.

– On voudrait déjà comprendre comment vous êtes arrivé là. Que faisiez-vous, avant de vous évanouir dans le désert ?

Leur prisonnier eut une drôle d'expression, comme s'il avait d'un seul coup envie de vomir, tout en étant au bord de l'évanouissement. Et bien ? Il ne leur répondit pas, se contentant d'hausser les épaules, ce qui arracha un soupir fatigué à Roy. Il n'arrivait décidément pas à comprendre comment fonctionnait cet homme, c'était affreux. Bon, inutile de s'énerver, autant passer à la suite. Si le prof dingue s'était calmé, ils allaient pouvoir l'interroger. Il avait intérêt à ne plus hurler, Roy n'était guère patient envers les criards gémissant, la pire espèce qui soit. Le colonel allait dire à Havoc et Breda d'aller l'enfermer dans une cellule en attendant lorsqu'il remarqua que la chemise du type prenait une teinte très rouge, ils voyait cela, sa veste étant ouverte, sur le devant. Fronçant les sourcils, il voulut réagir mais Havoc fut rapide, allant soulever la veste sans tenir compte des protestations du type, lâchant que sa chemise était bien imbibée de sang dans son dos.

– De quoi je me mêle ? grogna Gavin en essayant d'échapper à la poigne d'Havoc. Occupez-vous de vos propres affaires !

Il s'approcha à son tour, le lieutenant et Falman lui jetant un regard un peu perdu. Contournant la table, il vit qu'en effet, il était blessé, et pas qu'un peu. La chemise, blanche à la base, était devenue carmin, collant à la plaie au-dessous.

– Jolies blessures, commenta Havoc avec une grimace en soulevant la chemise, le tenant à l'épaule d'une main. Vous avez été torturé ?

– Pas du tout.

Voilà qui était très convaincant, c'est certain qu'on pouvait avoir des blessures pareilles en se lavant le matin, c'était d'un commun. Vu l'état de son dos, il n'y avait aucun doute que quelqu'un s'était amusé à le charcuter, très récemment avec ça. Des plaies, des cicatrices boursouflées et d'autres plus récentes... Et il saignait beaucoup. Maintenant, Roy comprenait mieux pourquoi il avait une tête de malade en phase terminale, vu son état.

– Pourquoi mentir ? Vous n'êtes pas dans votre pays mais à Amestris, nous devons vous faire soigner ou vous allez vous vider de votre sang ici.

– J'ai encore moins confiance en les médecins d'un pays militaire que dans mon propre pays.

Peut-être bien, mais en ne faisant rien, ils allaient se retrouver en peu de temps avec un cadavre sur le plancher du bureau. Roy fit donc appeler deux personnes pour l'emmener, pendant qu'Havoc allait chercher le petit prof. Il s'était un peu calmé, suivant sans résiste, avec un air bien noir. Bien, l'interrogatoire devrait logiquement être plus aisé qu'avec le colonel, plus fermé qu'une huître. Il commença par lui faire dire son identité exacte, apprenant son nom, son prénom, son âge, et qu'il travaillait dans une école où on formait les gamins possédant ces fameux éléments. Bon, l'équivalent ici serait une académie où on enseignerait l'alchimie. Très bien. Le type était de très mauvais poil mais déjà beaucoup plus coopératif que le militaire, on allait avancer plus vite. Cependant, lorsque Roy lui demanda ce qu'il avait contre l'armée de son pays, le prof bondit aussitôt sa chaise en crachant toute une litanie d'insultes particulièrement salées et très inventives, dont Roy ne connaissait même pas la moitié. Il ne l'interrompit même pas, bouche bée, le laissant débiter sa rage pendant cinq bonnes minutes avant qu'il ne se calme de lui-même, essoufflé.

– Et sinon ? soupira-t-il. Vous les haïssez, d'accord, pourquoi ?

– Ce sont des monstres ! D'accord, ils étaient là, pour la Grande Guerre... Et depuis, ils ont té beaucoup de personnes du peuple, ils ont tués des enfants de cette école, ils font des expériences sur eux et sur des adultes ! Et il n'y a aucune raison pour ça, il n'y a aucune preuve qu'un autre guerre du même genre arrive !

– C'est à dire, quel genre de guerre ?

– Une autre guerre des tranchées. Encore des millions de morts et des millions de mutilés. Ça ne peut pas arriver une seconde fois ! L'armée veut soi-disant s'y préparer, mais non, un tel massacre ne peut arriver encore une fois.

"Millions" ... ? Roy tiqua très fortement, butant sur le mot "millions". Millions, il parlait de millions de morts. En une seule guerre ! Il ne put s'empêcher de repenser à un de leurs plus gros massacres, à Ishbal, qui avait fait des milliers de morts. Mais ici, on parlait en millions ?

– Vous avez dit des millions ?! Votre pays compte combien d'habitants ?

– Je n'en sais rien, moi ! Avant ou après la guerre ? Avant, c'était environ 60 millions de personnes.

Ils étaient plus nombreux qu'Amestris, mais subir une telle guerre, à cette échelle, c'était un véritable génocide. Roy s'appuya contre le rebord d'un bureau, imaginant sans peine le pays exsangue et très affaibli, au sortir de cette guerre. Perdre autant en un seul conflit, c'était aussi effrayant qu'horrible... Et cela voulait donc dire que leur cher colonel torturé était passé au travers de cette guerre ? Voilà donc où son côté blasé prenait racine. Il interrogea le type pour en savoir un peu plus, apprenant ainsi que les morts avaient si élevés à cause de nombreuses nouvelles armes utilisées, dont les fameux chars. Pour le moment, à Amestris, on n'en trouvait qu'à Briggs. Donc l'armée craignait une seconde guerre, de même ampleur, et Roy comprenait beaucoup mieux pourquoi ils se préparaient, un tel massacre devait sacrément motiver à se parer des meilleures défenses possibles pour le coup suivant.

– Qu'est-ce que le colonel Gavin vous a fait, au juste ?

Le prof eut une horrible grimace, puis hésita, avant de finalement leur raconter ce qui s'était passé au cours d'un voyage scolaire, avec les élèves aux pouvoirs du pensionnat. Il était apparemment tomber sur un petit groupe où il avait reconnu une femme de l'armée, qu'il avait agressé, puis le colonel s'était interposé. Le prof s'enflamma en leur racontant toute la conversation qui s'en était ensuivi, la façon dont le colonel l'avait salué en se payant sa tête, tout. Havoc plaquait la main sur sa bouche, tremblant fort en essayant de retenir le rire qui menaçait de l'étouffer. Il allait finir par exploser, ce n'était pas possible, d'autant plus que leur prisonnier recommençait à de plus en plus agité et malade de rage, s'emportant de nouveau contre le militaire en l'insultant de tous les noms, finissant par de nouveau insulter l'armée dans sa globalité. Roy soupira, sentant qu'ils n'allaient plus rien en tirer.

– Sergent, sous-lieutenant, retournez l'enfermer.

Ce type était fatigant... Quand il fut dehors, le colonel se redressa, jetant un regard à l'horloge. Bien, que faire de ces deux-là ? Ils ignoraient comment les renvoyer chez eux. Havoc, qui ne parvenait plus à se contenir, éclata brusquement de rire, si fort qu'il allait sûrement en ameuter tout l'étage, répétant la scène où le colonel avait salué tout le monde "officiellement", se tenant les côtes tant il riait, à en perdre le souffle. Roy laissa couler, admettant qu'il aurait voulu assister à la scène. Il commençait à cerner un petit peu le caractère du militaire, à présent, il était incroyablement cynique et devait se moquer pas mal de ce que les autres pensaient à son propos.

– On va le faire revenir ici, quand il sera soigné. Il faut qu'on sache comment ils sont arrivés ici, pour savoir comment ils vont repartir.


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MessageSujet: Re: En un pays étranger   Jeu 18 Fév 2016 - 0:18

[Colonel Fabrice Gavin, 34 ans.]


– On voudrait déjà comprendre comment vous êtes arrivé là. Que faisiez-vous, avant de vous évanouir dans le désert ?

Avant... Il se faisait écharper et torturer aussi bien mentalement que physiquement par un gros dingue psychopathe et psychotique qui ne prenait du plaisir que dans la douleur, mais mis à part ça, tout allait bien dans sa vie. Il voulut les renvoyer balader mais sa bouche se tordit en une légère grimace alors qu'il revoyait le visage grinçant et fou du "docteur" penché sur lui, alors qu'il luttait pour ne pas s'évanouir ni pleurer, sous l'effet de la douleur. Il se contenta de hausser les épaules, les dents serrés et tout le corps hautement crispé, ce qui n'arrangeait pas ses blessures. L'autre colonel se contenta de soupirer sans réagir plus que ça. Tant mieux, si personne n'avait de solution, se lancer dans des débats stériles ou des questions idiotes n'arrangera rien. Il retint une grimace en réfléchissant à un moyen de faire cesser l'écoulement du sang, son dos le brûlant comme s'il était chauffé au fer blanc. Un des subordonnés de Mustang le contourna tout à coup, Fabrice se redressant en comprenant ce qu'il voulait faire, lâchant un soupir exaspéré lorsque l'homme le poussa contre la table en le maintenant pour le forcer à se pencher, soulevant sa veste. Bas les pattes ! Il se tortilla pour se défaire de la poigne du soldat, surtout lorsqu'il lança que sa chemise était couverte de sang. Chacun ses problèmes, ils n'avaient pas à s'en mêler ! Qu'est-ce que ça pouvait bien leur foutre, à eux, qu'il soit blessé ou non ?! Il était censé être un ennemi, à leurs yeux, un espion ou un voleur, alors on se réveille ! Il se crispa un peu plus, les poings serrés sur la table, les menottes tendues.

– De quoi je me mêle ? grogna Gavin en essayant d'échapper à la poigne d'Havoc. Occupez-vous de vos propres affaires !

– Jolies blessures, commenta Havoc avec une grimace en soulevant la chemise, le tenant à l'épaule d'une main. Vous avez été torturé ?

– Pas du tout.

Admettre quoi que ce soit était parfaitement hors de question, il n'avait pas envie que qui que ce soit s'amuse à l'interroger sur ce qu'il devait faire avec Rochard ni sur ce qu'il devait accepter, pour l'armée. En plus de ces menus détails, Fabrice n'était pas le genre d'hommes à se plaindre facilement mais plutôt du genre à tout garder pour lui et à ne jamais demander de l'aide, au point d'en être à moitié mort après le problème de trop. Il baissa un peu la tête en fermant les yeux une brève seconde, arrêtant de bouger car son dos lui faisait très mal, une légère goutte de sueur coulant le long de sa tempe. C'est bon, il saignait un peu et ensuite ? Ce n'était pas leur problème mais le sien, ils pouvaient le renvoyer en cellule dès maintenant, il ne comptait pas se rebeller ou faire de crise, n'étant pas spécialement en assez bon état pour le faire. Il voulait juste qu'on le laisse en paix dans un coin, même en prison, peu importe, du moment qu'il était seul. Le temps de trouver comment rentrer en France ou en attendant que le phénomène bizarre se reproduise à nouveau.

– Pourquoi mentir ? Vous n'êtes pas dans votre pays mais à Amestris, nous devons vous faire soigner ou vous allez vous vider de votre sang ici.

C'est ça, se faire soigner, Fabrice était certains que les médecins d'un pays militaires étaient bien plus innocents que les médecins de son propre pays, à l'instar de Rochard.

– J'ai encore moins confiance en les médecins d'un pays militaire que dans mon propre pays.

Ce qui ne changea pas grand-chose, car l'alchimiste fit appeler deux soldats pour le traîner jusqu'à l'infirmerie. Fabrice lui jeta un regard bien noir lorsque les deux militaires vinrent l'empoigner par les bras pour l'emmener. Abruti ! Il ne dit rien durant tout le chemin, refusant de coopérer gentiment même en arrivant devant le médecin, surtout lorsqu'il fit mine de s'approcher. Médecin qui soupira puis fit signe qu'on le maintienne, avant de préparer une piqûre. Le colonel se débattit de plus belle, autant qu'il le put, jusqu'au moment où le docteur lui plaqua le bras bien allongé sur une table en fer glacé avant de lui faire la piqûre. Il essaya encore de se dégager deux bonnes minutes avant qu'une certaine torpeur vint alourdir ses muscles. Plus faible de minutes en minutes, il ferma à moitié les yeux en se laissant allonger sur une table d'examen, sur le ventre, presque assommé. On lui enleva sa veste, puis la chemise, sans qu'il ne puisse réagir, toute force ayant quitté son corps. Il entendait à peine les commentaires sur l'état de son dos, luttant pour garder les yeux bien ouverts. Que lui avait-on injecté ? Une profonde angoisse vint se mêler à l'impuissance qu'il ressentait, il ne supportait plus de devenir un pantin sans force aux mains d'un médecin, même si celui-ci n'était animé d'aucune mauvaise intention.

Contraint de se laisser faire, puisqu'il ne parvenait pas à se tirer de cette torpeur angoissante, il fit au moins l'effort de rester conscient, sous la surveillance des deux soldats. Pas un mot ne franchit la barrière de ses lèvres durant tout le temps où le médecin s'occupa de lui, même lorsque les soldats vinrent l'aider à le soulever pour les bandages. Il atterrit ensuite dans un lit, avec de petits barreaux tout autour, comme à l'hôpital, pour empêcher les personnes de tomber ou sortir du lit facilement. Allongé sur le dos, sans plus être menotté mais incapable de remuer beaucoup de toute façon, il pinça les lèvres en voyant son torse et son dos entourés par des bandages. c'est dans ces moments-là qu'il aimerait finir dans les vapes à cause de l'alcool. Il dû s'évanouir à moitié car lorsqu'il reprit conscience, le jour s'était un peu assombrit dans la pièce. Il cligna des yeux pour se réveiller, réalisant au même moment que l'équipe de soldats de toute à l'heure venait d'entrer dans la pièce. Génial, il rêvait de les revoir. Fabrice se força à rester éveillé, pendant que le médecin revenait se pencher vers lui, posant une main sur son front, puis prenant son pouls, en posant deux doigts à la gorge. Merci, il n'était pas à l'article de la mort, juste assommé par il ne savait quelle saloperie.

– Je ne sais pas comment on est arrivés ici, marmonna-t-il en les voyant arriver en ouvrant la bouche. Il y avait une femme, avec nous ?

– Une femme ? Non, juste vous et le type énervé. Une militaire aussi ?

– Non... Enfin, si, mais elle ne le réalise pas.

Ce qui le faisait toujours autant halluciner qu'exaspérer, entre parenthèses, c'était tout de même incroyable ! La moitié de l'armée la suivait les yeux fermés, tout comme une bonne partie des citoyens, mais non, malgré toutes les preuves qui lui crevaient les yeux, elle ne comprenait toujours pas ce que l'armée trouvait d'intéressant chez elle ! Mustang lui demanda des précisions, d'un air perplexe. Fabrice soupira en répondant qu'elle ne réalisait simplement pas l'effet qu'elle avait sur les gens, alors que même qu'une bonne partie des troupes étaient prêtes à suivre son commandement les yeux fermés sans réfléchir. Il ajouta q'elle avait sans doute assez de pouvoir pour les ramener, sur un ton prudent, s'interdisant de trop espérer. Il tâcha aussi d'arrêter de trembler comme ça, sous l'effet des anti-douleurs et des calmants. C'était vraiment pathétique, lamentable, même.

– Il semble que vous ayez de sacrés problèmes avec votre hiérarchie... Votre armée aurait pu vous tuer, or, ils vous gardent en vie et vous tiennent par des otages pour vous empêcher de vous suicider. Vu ce que vous avez dit, ces otages ne peuvent être que vos subordonnés.

Fabrice se sentit pâlir d'une façon considérable, sentant presque le sang courir dans ses veines pour déserter son visage. Il serra les poings comme il le put, toujours sous l'effet des calmants, un bras posé en travers de son ventre. Touché juste, ce ****... Il détourna le regard, laissant transparaître un instant sa peur violente de voir mourir ses collègues par sa faute. Le petit Enrick était à peine adulte ! Encore naïf et bien innocent, il ne savait rien de la vie. Et John, qui était papa de quatre jeunes enfants... Sébastien, qui avait eu tant de peine à refaire sa vie et retrouver le sourire. Isabelle, qui avait toujours été là pour lui tendre la main. Alex, toujours souriant et vivace. Il tenait à eux, plus que tout, ils étaient ses derniers soutiens réels. Les menacer était bien la seule façon d'obliger le colonel à rester tranquille et se plier à certains ordres.

– Qu'avez-vous fait pour qu'on vous menace comme ça ? Il aurait été simple de se débarrasser de vous, pourtant, votre armée doit vouloir une chose de vous, si elle refuse de vous voir mort.

En effet et ce n'était pas à eux qu'il avait envie d'expliquer la situation ni pourquoi on le gardait en vie pour le moment. Il resta parfaitement silencieux, ne pouvait rien leur dire sur ce sujet et surtout pas leur décrire tout le merdier de son pays. Il faudrait des heures pour tout raconter ! Il s'était passé tellement de choses, en dix mois, trop pour tout résumer en quelques minutes. Entre le gouvernement et ses positions, les débats dans la population, la façon dont étaient vus les dons et les problèmes qu'ils amenaient toujours, l'armée, son équipe, la générale, le pensionnat et tout le reste. L'autre colonel avait jeté un coup d'œil à son équipe, la seule femme du groupe secouant doucement la tête pour dire non à il ne savait quoi.

– Il y a un rapport avec votre guerre des tranchées ? Vous avez dû la traverser.

– Définitivement aucun, marmonna-t-il. J'étais trop jeune et loin d'être officier, l'état-major ne devait pas connaître mon nom.

– Alors d'où vient le problème ? C'est la première fois que j'entend parler d'un état-major qui en arrive à menacer ainsi ses propres soldats.

Fabrice haussa légèrement les sourcils, marmonnant d'un ton froid que c'était sûrement parce que leur armée n'était pas bien sanguinaire. Ou peut-être si bien modelée dans une seule idéologie que personne cherchait à remettre le moindre principe en cause et donc à jouer les fauteurs de trouble pour faire évoluer les choses, ni penser à se battre par tous les moyens possibles pour faire avancer les mentalités de l'intérieur. Tant mieux pour eux, s'ils étaient heureux comme ça, pas de problème en vue. Ils étaient plus disciplinés, moins rebelles, prêts à obéir à tous les ordres les plus affreux sans broncher. Mustang avait de nouveau lancé un long regard à ses subordonnés, affichant un air blasé. Sa collègue blonde demanda alors si elle pouvait lui parler, plus loin. Ils s'éloignèrent un instant et il en profita pour refermer les yeux, ignorant le médecin qui était revenu lui jeter un coup d'œil.

– On dirait que vous n'avez jamais vécu de guerre... marmonna-t-il d'un ton absent lorsqu'ils revinrent.

Il posa le regard sur le plus jeune de l'équipe, un brun tout petit, avec des lunettes et un air plus doux que les autres. Plus âgé qu'Enrick, selon lui, même si la différence devait être faible. Trois ans... Cinq ans de plus au grand maximum. Mustang rétorqua qu'ils en avaient déjà passé beaucoup mais aucune n'avait atteint les millions de morts. Tiens, ils savaient ça aussi ? L'autre prof énervé avait dû parler. Bah, peu importe, c'était tant mieux pour eux, dans un sens. L'effet des calmants se dissipait enfin, il commençait à retrouver ses forces. Il remua un peu plus en soupirant, portant une main à son épaule pour évaluer l'épaisseur du bandage.

– Qu'est-ce que cette histoire peut bien vous faire, de toute manière ? soupira-t-il. Mon pays n'est même pas en guerre contre celui-là, aux dernières nouvelles.

"Et fort heureusement pour vous," songea-t-il très fort sans le dire, bien qu'une lueur froide brilla au fond de ses yeux. Il ne doutait pas de leur valeur en combat mais voir des soldats choqués par "des millions de morts", "un état-major agressif" ou il ne savait quoi, cela le faisait douter sur les forces de leur armée, une fois engagées dans un conflit majeur et particulièrement violent. Ils tiendraient sans doute des mois mais guère plus, le temps que le maréchal en ait assez de faire joujou et se décide à utiliser les grands moyens. La générale à elle seule était une arme incroyable, tout comme lui-même et tous les Guetteurs.

– Peu importe qui me menace et pourquoi, ça ne change rien à vos vies, soupira-t-il. Vous commencerez à vous soucier de mon pays le jour où il y aura une guerre, d'ici-là, ça n'en vaut pas la peine.
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Roy Mustang

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MessageSujet: Re: En un pays étranger   Sam 5 Mar 2016 - 17:53

Le médecin leur indiqua qu'il avait dû lui injecter un calmant, avant de réussir à le soigner. Comme c'était étonnant... Roy leva les yeux au ciel, sans soulever, se demandant simplement pourquoi il avait une telle horreur des médecins. D'ordinaire, ces personnes étaient plutôt respectées et non pas haïes et rejetées. S'approchant du lit avec son équipe, il put constater qu'en effet, leur prisonnier était encore à moitié dans le brouillard. Son dos et son torse étaient entièrement bandés, laissant les bras nus. Bras eux aussi couverts de cicatrices, par ailleurs, quoi qu'on pouvait voir qu'il était bien musclé. Bon, peu de chances qu'il soit de meilleure humeur... Peut-être plus docile, grâce aux calmants ? De toute manière, ils devaient en savoir plus, afin de déterminer s'il représentait une menace potentielle, et savoir comment il était arrivé ici afin de découvrir comment le faire repartir. Havoc lui lança un regard de biais, les lèvres pincées, à moitié souriant. Il avait souligné avant d'entrer à l'infirmerie que si la France était vraiment comme on l'imaginait, aucune personne saine d'esprit ne voudrait y retourner. Il n'avait pas vraiment tord, d'ailleurs.

– Je ne sais pas comment on est arrivés ici, marmonna-t-il en les voyant arriver en ouvrant la bouche. Il y avait une femme, avec nous ?

– Une femme ? Non, juste vous et le type énervé. Une militaire aussi ?

– Non... Enfin, si, mais elle ne le réalise pas.

Comment ça ? Comment pouvait-on être militaire et ne pas le réaliser ? Et que voulait-il dire par "Non, enfin si" ? C'était illogique ! De nouveau, il était parvenu à les perdre en à peine quelques mots, ce qui devait agacer profondément Falman car ils 'agitait en marmonnant qu'il en avait déjà assez et détestait les énigmes. On se calme tout de suite, ils n'allaient pas déclencher une nouvelle dispute ! Roy croisa les bras, demandant des précisions d'un ton perplexe. L'autre soupira que la femme dont il parlait, la militaire, ne réalisait même pas l'effet qu'elle avait sur le peuple alors même que la moitié de l'armée était toute disposée à la suivre sans réfléchir. Alors ça, c'était très original, une officier qui ne comprenait pas pourquoi ses hommes avaient confiance en elle, vraiment pas mal. Il n'avait encore jamais vu ça, ceux qui devenaient officiers s'en donnaient les moyens, d'autant plus à un aussi haut niveau. Mais là, non, leur chef était chef sans comprendre pourquoi. Oui, original. Il échangea un regard avec ses subordonnés, dont la plupart semblaient encore plus perdus, avec une légère envie de rire. Bon, retourner à leur sujet principal, ils n'en avaient pas terminé, très loin de là. Reportant le regard sur leur prisonnier, il croisa lentement les bras, autant perplexe qu'un peu agacé. Il pouvait comprendre aisément comment ce type pouvait être contraint.

– Il semble que vous ayez de sacrés problèmes avec votre hiérarchie... Votre armée aurait pu vous tuer, or, ils vous gardent en vie et vous tiennent par des otages pour vous empêcher de vous suicider. Vu ce que vous avez dit, ces otages ne peuvent être que vos subordonnés.

Le type pâlit, ce qui lui confirma qu'il avait touché juste. Ce point-là n'était pas bien dur à comprendre... Lui-même serait malade à en crever si on menaçait ses subordonnés. Il ne pouvait même pas imaginer ce qui se passerait dans ce cas-là, comment vivre avec ce poids sur la conscience et la pression à supporter, l'angoisse de commettre une seule erreur, un seul faux pas, être responsable de la souffrance et de la mort d'un coéquipier. Le militaire avait détourné le regard mais on pouvait voir à quel point la peur le rongeait, derrière l'attitude blasée qu'il affichait depuis le début. Il serrait les poings, une légère goutte de sueur coulant sur son front. Il devait vraiment beaucoup tenir à eux. Roy voudrait savoir en quoi il était si important pour son armée pour qu'on le garde dans les rangs et qu'on le contraigne comme cela. Était-ce à cause du pouvoir qu'il maniait ou il y avait-il quelque chose en plus ? Et qu'avait-il fait, dès le début, pour que ses chefs en arrivent à de tels moyens ? Commis une faute très grave, voulu quitter l'armée, encore autre chose ? Réfléchissons... Avec un pouvoir pareil, des idées aussi... abruptes, des expériences où il participait et un état-major aussi dur... Il avait dû vouloir quitter l'armée, sans aucun doute.

– Qu'avez-vous fait pour qu'on vous menace comme ça ? Il aurait été simple de se débarrasser de vous, pourtant, votre armée doit vouloir une chose de vous, si elle refuse de vous voir mort.

Gavin ne répondit pas, toujours le regard tourné vers la fenêtre. Il semblait un peu plus réveillé que toute à l'heure, cependant, les médicaments devaient peu à peu cesser leur effet. Assez pour le pousser à enfin parler et s'expliquer ? Il échangea un regard avec ses subordonnés, voyant le lieutenant secouer doucement la tête. Elle n'était guère convaincue ? Pourtant, c'était le moment ou jamais d'essayer, on ne laissait pas une personne reprendre toutes ses forces avant de l'interroger, c'était une règle de base. D'autant plus qu'ils savaient au moins, maintenant, une des cordes sensibles de leur hôte du moment. Ils devaient en apprendre plus, ne serait-ce qu'au cas où il n'était pas arrivé dans ce pays seul et qu'autres personnes comme lui étaient apparues on ne sait comment ailleurs dans ce pays.

– Il y a un rapport avec votre guerre des tranchées ? Vous avez dû la traverser.

– Définitivement aucun, marmonna-t-il. J'étais trop jeune et loin d'être officier, l'état-major ne devait pas connaître mon nom.

– Alors d'où vient le problème ? C'est la première fois que j'entend parler d'un état-major qui en arrive à menacer ainsi ses propres soldats.

Le colonel tourna la tête vers eux en haussant les sourcils, tout en répliquant d'un ton glacial que c'était sûrement car leur armée n'était pas aussi sanguinaire que la sienne. Pourtant, ils détenaient déjà un très beau palmarès, d'autant plus dans une dictature militaire. Roy soupira un peu, au moment où sa subordonnée lui demanda si elle pouvait lui parler. Il s'éloigna de quelques pas avec elle, demandait ce qu'elle voulait. Elle coula un regard en biais à l'homme allongé puis lui dit que ça ne servait à rien, de toute façon, il ne parlera pas maintenant. Ce n'était pas certain... Et ils n'étaient pas censés abandonner au bout de dix minutes, ce qu'il souligna d'une voix un peu plus forte avant de revenir vers le groupe avec elle. Le médecin était revenu aussi, surveillant son patient. Le regard du colonel glissa sur une cicatrice plus large qui lui allait du bras jusqu'à l'épaule, à la base de la nuque. Selon lui, cela venait d'un coup de poignard, mais la trace apparaissait comme déjà ancienne. Il était un habitué de la douleur physique, en effet, ce n'était pas cela qui le fera craquer, il avait déjà subir beaucoup sans broncher. Restait la pression mentale et la manipulation, face à ce genre de personnes, lorsqu'on voulait obtenir des informations. Il était déjà en faible forme, peut-être craquera-t-il plus vite qu'il s'il était en pleine possession de ses moyens.

– On dirait que vous n'avez jamais vécu de guerre... marmonna-t-il d'un ton absent lorsqu'ils revinrent.

Roy haussa les sourcils à son tour et répliqua qu'ils en avaient connu de très nombreuses, bien au contraire, même si les plus importantes s'élevaient à des milliers de morts et pas à des millions. Il comprenait mieux le terme "Grande Guerre", maintenant, c'était une appellation très juste. Leur prisonnier remuait un peu plus, à présent, quoi que faiblement. Havoc s'était placé plus près, de l'autre côté du lit, pour l'empêcher de trop bouger ou se lever, au cas où il tentait quelque chose. Pour le moment, le militaire ne faisait rien, se contentant de fixer Fuery avec une expression étrange. A la fois attristé et inquiet. Fuery, de son côté, était assez gêné, regardant ses coéquipiers avec un air perplexe. Ce type avait aussi un petit jeune dans son équipe ? C'était probable, il était fréquent qu'on place les jeunes militaires avec des équipes formées de plusieurs officiers, afin de leur apprendre la réalité du terrain et le métier, plus en profondeur que dans les écoles militaires.

– Qu'est-ce que cette histoire peut bien vous faire, de toute manière ? soupira-t-il. Mon pays n'est même pas en guerre contre celui-là, aux dernières nouvelles.

Ce qui n'était pas plus mal. Havoc eut une grimace ironique en hochant la tête, appuyé contre le bord du lit voisin. Falman, lui, restait plutôt raide et soucieux. Il détestait ne pas avoir assez d'informations pour se forger sa propre idée.

– Peu importe qui me menace et pourquoi, ça ne change rien à vos vies, soupira-t-il. Vous commencerez à vous soucier de mon pays le jour où il y aura une guerre, d'ici-là, ça n'en vaut pas la peine.

– On s'en soucie maintenant parce que vous êtes là et qu'il y a peut-être un ou deux autres qui sont arrivés en même temps, répliqua-t-il.

Il était assez agacé de ne trouver aucune solution valable, ils ignoraient même comment reproduire le phénomène qui les avait conduit ici. L'alchimie ne permettait pas de recréer ce genre de "voyages", surtout en ignorant dans quelle direction, quelle puissance, quel trajet, quel... Tout, en réalité.

– Et d'ailleurs, vous ne devriez pas paniquer un peu plus que ça ? Vous êtes coincé ici alors qu'on menace votre équipe dans votre pays.

– Si vous croyez que je n'ai pas peur pour eux...

Et ça ne le faisait pas réagir plus que cela ?! C'était ses coéquipiers, enfin ! Menacés de morts ou il ne savait quelles souffrances ! Il devrait être en train de réfléchir, paniquer, chercher tout ce qu'il pouvait pour rentrer chez lui ou il ne savait quoi ! Roy poussa un profond soupir, portant une main à son visage, doigts écartés, en regardant ses coéquipiers. Que ferait-il dans la même situation ? pour déclencher ce phénomène afin de tous les retrouver ? Il commencerait par beaucoup paniquer, puis avoir peur et enfin réfléchir. Un phénomène pouvant basculer plusieurs personnes d'un pays à un autre sans laisser de traces, sans explication rationnelle. Il allait demander l'avis des autres lorsqu'il y eut de l'agitation, dans les couloirs, puis un de leurs collègues rentra dans l'infirmerie, se mettant au garde-à-vous et annonçant qu'ils avaient retrouvé deux autres étrangers comme le colonel. Roy s'attendit aussitôt au pire, lançant de les faire entrer. On poussa alors un adolescent blond furieux qui se débattait et une gamine brune bien plus petite qui était plutôt terrorisée. Gamin blond qui jeta un regard halluciné au colonel allongé, qui lui rendit un regard blasé.

– Eh, non mais c'est à cause de vous qu'on a été projetés dans ce pays de malades ?!

Merci, il avait l'air agréable à vivre, ce mioche. Roy secoua la tête, toujours les bras croisés, retenant un commentaire acide. Ce n'était que des enfants, après tout... L'autre colonel se frotta les yeux d'une main en lui marmonnant qu'il n'était pas non plus responsable de tout ce qui arrivait de bizarre et qu'il aimerait bien qu'on cesse de l'accuser à chaque fois. Le gamin blond grogna tout à coup en regardant la fillette puis serra tout à coup le poignet du soldat qui le retenait, soldat qui poussa un cri de douleur en s'écartant, le poignet brûlé au troisième degré. Falman réagit aussitôt en l'attrapant par le col puis le menaçant de son arme de son autre main. Le soldat blessé eut une exclamation de colère en fixant le mioche d'un regard noir, reculant pour suivre le médecin qui le tirait vers le côté. Un silence de plomb s'abattit, rompu lorsque Gavin éclata de rire, lançant un "Tu apprends vite". Humph. Tout le monde lui jeta un regard bien noir, mi-ulcéré, mi-blasé. Le lieutenant aussi était choquée, voire un peu perdue.

– Comment vous vous appelez, tous les deux ?

– Allez vous faire foutre.

– Tu vas finir par t'en prendre une, toi...

Roy avait une réserve de patience très limitée envers les mioches insolents, surtout de ce genre-là. S'il lui fallait une ou deux baffes pour lui remettre les idées en place, ce ne sera pas un problème, il y a beaucoup de personnes ici toutes disposées à le faire. Entre l'autre militaire doté d'un cynisme à toute épreuve et ce gamin, ils avaient le combo parfait, qui dit mieux ? L'autre amine brune fixait le pistolet, plus calme et sans doute beaucoup plus effrayée, puis les regardait, implorante. Allons bon, elle allait leur faire une crise de nerfs ou d'angoisse.

– Jasper et Laura Karinof ! On étudie au collège, ne nous faites pas de mal, on... On ne sait pas comment on est arrivés ici, s'il vous plaît !

– Respire, Laura, glissa tout à coup le colonel allongé en redressant la tête, d'un ton ironique. Ils ne vont pas te manger, tu n'es pas comestible. Et puis, tu devrais avoir l'habitude de voir souvent des soldats, tout de même, ne panique pas.

Roy avait un peu de mal à suivre, maintenant. Le colonel connaissait les deux gamins mais n'avait pas l'air d'être en excellents termes avec eux. Son équipe aussi était perdue, inquiète, un peu sonnée. Il s'appuya contre le bord d'une table en se frottant les tempes, regardant la petite du coin de l’œil. Non, ils n'avaient pas l'intention de lui faire du mal, ils ne voulaient que comprendre ce qui se passait et les renvoyer chez eux, rien de plus !

– Justement ! Votre subordonnée m'a dit que notre taille ne changeait rien, pour les soldats, si... Si on les dérange, ils n'hésiteront pas.

– Très juste. Chez nous. Mais nous ne sommes pas en France donc arrête un peu de paniquer bêtement.

Elle avait quoi, cette fille... Douze ans, treize ans ? Il paniquerait aussi, à sa place ! Levant les yeux au ciel, il soupira en lançant que c'était normal de paniquer à son âge, dans des circonstances pareilles ! Elle était petite, en plus ! Il fit signe au soldat qui la tenait de la laisser tranquille, même si Falman surveillait toujours très étroitement son frère. On ne pouvait pas reprocher à une enfant de ne pas réagir comme une adulte, restons réalistes. Elle lui fit de gros yeux étonnés, comme si elle n'arrivait pas à y croire. Il n'avait rien fait, là, c'était normal de faire attention aux plus jeunes et fragiles que soit ! N'est-ce pas ? Il chercha le soutien de son équipe du regard, avec une légère grimace perplexe. Havoc souriait d'un air compatissant, tout en surveillant leur prisonnier.

– Vous... Vous êtes un gentil soldat comme le Colonel ? Vous défendez les enfants aussi ?

– Heu...

– Qu'en sais-tu, que je suis gentil ?

Elle fit un pas hésitant vers son frère, fermement tenu par Falman. Elle s'était renfrognée, semblant néanmoins sûre d'elle.

– C'est votre subordonnée qui me l'a dit. Et je la crois.

Gavin marmonna quelque chose d’inintelligible, sur un ton assez choqué. Roy soupira un peu puis s'approcha de la fillette, s'agenouillant pour se mettre à sa hauteur et tâcher de prendre un air rassurant. Il lui assura qu'ils ne comptaient pas lui faire du mal et qu'elle ne devait pas avoir peur, ils ne voulaient que comprendre comment les renvoyer chez eux, afin de régler cette histoire. Ils ne voulaient pas la blesser ou trop l'effrayer. Pas besoin d'être apeurée comme ça... Et elle était toute petite, ce qui parvenait à l'attendrir assez pour avoir envie de la rassurer. Il ouvrait la bouche pour lui suggérer de respirer un peu pour ne pas fondre en larme ou faire une crise d'angoisse lorsqu'elle lui sourit puis lui sauta aussitôt au cou, le prenant totalement par surprise et le faisant basculer en arrière. Il ouvrit de très grands yeux choqués, les bras un peu écartés, en jetant un regard affolé à toute son équipe. Havoc éclata tout à coup de rire avec force, suivit par Breda et par le colonel Gavin. Même le lieutenant riait ! Il les foudroya du regard, vexé, en tapotant maladroitement le dos de la petite, par terre. Bravo pour le soutien ! Non mais... Ils pourraient l'aider, au moins ! Il parvint à se redresser en position assise, alors que Havoc riait encore plus fort.

– Heum... C'est bon, maintenant ?

Elle redressa la tête puis l'embrassa tout à coup sur la joue, lui faisant ouvrir grand la bouche avec un air choqué. Puis la petite le serra encore plus fort en disant qu'elle n'avait pas l'habitude des militaires gentils. D'accord, bon. Il lança un nouveau regard désespéré au lieutenant pour qu'elle vienne l'aider, étant donné que les trois autres n'avaient l'air de vouloir bouger. Un simple coup de main, c'était trop demandé ?! Eh, oh, ils pouvaient bien, là ! Un peu de pitié, il y avait quand même une fillette de douze ans qui lui avait sauté dessus et refusait de le lâcher. Le lieutenant s'approcha enfin et se pencha pour tirer la petite par l'épaule et qu'elle le relâche. Enfin, merci !

– Laisse-le respirer, il n'a pas l'habitude des enfants, son instinct paternel n'est pas très développé.

Le colonel lui jeta un regard noir, piqué au vif, avant de se relever. Merci, très agréable... Il rajusta son uniforme, lèvres pincées. Alors ça, c'était du soutien. Fabrice lui, riait toujours, de façon plus étouffée, se payant ouvertement sa tête. Vexé, Roy lui demanda s'il s'en sortait mieux avec les enfants et il haussa les épaules en répondant qu'il ne voulait pas en avoir, c'était trop dangereux. Dans son cas... Le militaire soupira un peu en secouant la tête, en terminant de remettre son uniforme en place.

– Merci, lieutenant, grinça-t-il. Bon, petite... Est-ce que tu as la moindre idée de la façon dont vous êtes arrivés ici ? Vous avez aussi des... Des dons, qui pourraient aider à rentrer chez vous ?


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MessageSujet: Re: En un pays étranger   Dim 6 Mar 2016 - 22:58

[Commandant Alex Alric, 39 ans.]



Rooooh, il y avait le désert ! Un beau, grand désert, un vrai ! Un désert ! Alex ouvrit de très grands yeux admiratifs en se mettant à genoux devant la très grande étendue de sable, à la lisière, pour admirer le soleil s'y reflétant et toucher le sable, se sentant poussé une grande envie de jouer. Il ne prenait même pas attention aux trois soldats qui pointaient leurs fusils sur sa tête, en lui demandant comment il avait pu apparaître ainsi au milieu de nulle part, d'où il venait, pourquoi portait-il un uniforme et qu'il ferait mieux de lever les mains tout de suite. Il hocha la tête très vite en répondant que oui, il allait le faire, deux minutes, il voulait profiter un peu ! Il n'avait pas le droit ? Les soldats finirent par l'empoigner alors qu'il demandait s'ils avaient un appareil photo, pour qu'il puisse avoir un souvenir et le ramener à son fils. C'était la première fois de sa vie entière qu'il voyait le désert ! On le fit grimper dans une voiture en le surveillant et il colla le nez à la fenêtre pour regarder le paysage. Ce n'était pas du tout comme la France, on dirait plutôt l'Espagne, ou quelque chose comme ça, mais il n'y avait pas de désert en Espagne. Où était-il ? Les gens étaient habillés comme en France, par contre, c'était rigolo. Observant tout, il bombardait ses guides de question, qui ne lui répondirent que par un laconique "On a ramassé un fou..." Ah, il n'était pas fou mais curieux, nuance !

Après un trajet assez long où il put observer beaucoup de villages, ils arrivèrent à une ville plus grande avec des avenues assez larges, comme à Paris autour de la tour Eiffel, c'était bien, ça, pour circuler. Il regardait partout de lui avec un regard brillant, tout sourire. Ils le furent avancer dans une sorte de bâtiment officiel, avec des militaires partout. Là au moins, il n'était pas dépaysé, il avait l'habitude des casernes et des centres d'entraînement, n'étant donc pas perturbé le moins du monde. Il suivit ses guides dans de nombreuses salles, sans écouter les conversations, avant qu'on ne l'amène dans une sorte de salle d'hôpital, ou une infirmerie. Il salua d'un large sourire les personnes présentes, qui lui répondirent d'un regard blasé, puis écarquilla les yeux en voyant son supérieur hiérarchique, assis dans un lit, le torse et le dos bandé, avec franchement une sale tête. Il était passé dans une bonne bagarre pour être dans cet état ? On dirait qu'il n'avait plus dormi depuis dix jours, vu sa tronche, ce n'était pas croyable.

– Ah bah vous êtes là ! sourit-il. C'est bien de vous retrouver, le sous-lieutenant a fait une crise cardiaque en criant que vous aviez encore disparu. C'est pas mal, cet endroit, on est où ?

– Non mais... Vous êtes venus à combien, au juste ? lança une femme blonde.

– Et qui êtes-vous ? soupira un des militaires présents, bruns, près de la femme.

Ah, c'est vrai, ils ne se connaissaient pas encore ! Alex lui prit aussitôt la main pour la serrer d'une poigne de fer en la secouant de haut en bas puis fit un baisemain très élégant à la jeune femme, avant de se redresser et de se présenter, ajoutant qu'il ignorait si d'autres avaient atterri ici aussi, c'était assez étrange. Il ne savait pas trop comment il avait atterrit devant le désert, il passait dans les terrains d'entraînement pour aller aux bureaux quand il y avait une sorte de coup de tonnerre et bam, il s'était retrouvé ici. Comment, pourquoi, avec qui d'autre, il n'en avait aucune idée. Il passa à grands pas devant eux, laissant la jeune femme très choquée, remarquant la présence de deux enfants aussi au passage, en demandant au colonel s'il comprenait un truc, lui, à cette histoire, puis en soulignant qu'il les avait fait paniquer en disparaissant comme ça, ça ne se faisait pas, quand même. Il aurait dû les prévenir, qu'il partait faire un tour à l'étranger, les mettre au courant ! Enfin, sauf si ce n'était pas du tout prévu, là, d'accord. Le lieutenant en était malade, il l'avait vu avant de partir. S'asseyant au bout du lit, il se massa un peu la nuque pour s'étirer, sans quitter son éternel sourire.

– Bon, on a plus qu'à attendre un autre flash ou machin bizarre, là, pour rentrer, non ? En attendant, vous feriez mieux de dormir, vous avez une sale tête. C'est pas la peine de vous inquiétez, hein, on sait très bien qu'on sert d'otages.

– Vous...

– C'est évident, mais bon, on sait comment faire pour éviter certains ennuis donc pas de problèmes.

Comme s'il pouvait espérer leur cacher ça ! C'était très important et ils travaillaient tous avec lui depuis si longtemps que décrypter ce genre de problème n'était pas bien difficile. Il allait moins bien, les évitait, mangeait moins, parlait moins, souriait moins, de là, rien de très dur pour tout deviner. Le colonel tirait une tête jusqu'à terre, à présent, le regard halluciné. Il aurait dû se douter qu'il ne pouvait leur cacher ça bien longtemps, tout de même, il les voyait tous les jours ! Il lui sourit à nouveau puis s'intéressa aux autres soldats et aux deux enfants. La plupart étaient choqué, d'autres un peu peinés. Bah, inutile de faire la tête, tout allait sûrement s'arranger très vite. Il regarda la femme blonde un peu plus en détail, lâchant un "C'est fou ce que vous avez l'air jeune", d'un ton très naturel. Elle était toute petite, en plus. Elle eut un air encore plus choqué que toute à l'heure, ce qui le fit rire. Elle était peut-être toute nouvelle, on ne sait jamais.

– Vous êtes sûr que vous êtes soldat ?

– Oh oui, depuis longtemps, répondit-il en hochant la tête. L'armée était quand même moins cruelle, sauf pendant la Grande Guerre. Dites, Colonel, respirez, on dirait que vous allez faire une attaque. C'était pas dur à deviner, vu votre comportement, ces derniers temps, on est pas complètement aveugles non plus.

Il reçut un regard aussi désespéré que furieux, en retour, ce qui le fit hausser les épaules. C'était vrai ! Il avait changé et ils avaient ou deviner pourquoi en l'observant, c'était tout simple. Et John était un espion, c'était un détail à ne pas négliger.

Bon, merci de vous calmer un peu. On essayait de trouver une solution pour vous renvoyer chez vous ! Quel âge avez-vous ? On dirait un grand enfant.

– Hein, et c'est vous qui me dites ça ? Vu votre tête, on vous donnerait à peine vingt-cinq ans ! Faut rester détendu, même lorsqu'on est dans l'armée, sinon on devient un énorme psychopathe. Ou on s'amuse avec des allumettes pour griller tout ce qui bouge. Tout griller comme un steak bien cuit.

Le colonel marmonna "Vous savez ce que ce qu'ils vous disent, mes steaks ?!", d'un ton indigné, en secouant la tête. Alex se retint à très grande-peine de lui tirer la langue, adorant lancer ce genre de trucs pour le faire bondir, comme il s'amusait à le faire depuis des années, depuis le premier jour où il était dans son équipe. La femme blonde avait attrapé le bras du soldat brun, sans doute leur chef, ce qui le fit sourire. C'était mignon, on dirait Isabelle. Il le souligna en ajoutant que c'était franchement mignon, jetant un regard à son chef qui s'était fourré le visage dans une main en soupirant d'un air blasé. Boarf, il n'avait plus aucun sens de l'humour, depuis un mois, et ne pas rire aux blagues du commandant était un crime de lèse-majesté. Il ouvrait la bouche pour ajouter quelque chose lorsque le colonel lui jeta un oreiller en pleine figure en lui intimant de la fermer. Eh, eh, eh ! Il éclata de rire en se levant vite fait du lit puis en s'écartant un peu, levant les deux mains devant lui en déclarant que c'est bon, on ne parlait plus de steaks bien cuits.

– Vous n'avez aucun respect de la hiérarchie ... ?

– Mais si, bien sûr ! Sauf que là, Colonel, vous faites une dépression, donc si on ne vous secoue pas, ça va être pire ! Faut vous réveiller, là, où est passé le type qui aidait les petits jeunes à sauver leurs vies et fuir ?

Son chef fit une grimace lasse, avant de hausser légèrement les épaules, en le regardant. Il ne pouvait quand même pas nier ni affirmer le contraire, c'était tellement visible qu'il déprimait, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.

– De un, je ne suis pas du tout déprimé, de deux, la situation a bien changé, de trois, comment vous pouvez être si détendu dans un endroit pareil ?

Peut-être parce qu'il ne voulait pas se laisser aller, lui ! Alex croisa les bras en rétorquant qu'ils n'avaient aucune raison de paniquer et que si, il était déprimé, c'était tout de même assez visible. Son chef soupira à nouveau en lui disant de laisser tomber. Il rêvait debout, s'il croyait qu'il allait le laisser tomber, lui ou qui que ce soit d'autre dans leur équipe. Ils avaient tous choisi de le suivre, c'était un peu tard pour reculer, ils assumaient et lui aussi devait tenir le rôle, point final. D'autant plus qu'en ce moment-même, le lieutenant et les autres devaient très gravement paniquer en les cherchant partout, sans oublier la générale qui était sans doute déjà au courant. Il était convaincu qu'elle trouvera un truc pour qu'ils s'en sortent tous rapidement.

– Si la générale a été prise aussi, ce serait pas plus mal, en fait, ça ressemblait beaucoup à l'élément foudre, ce flash bizarre. Puis elle est assez puissante pour nous ramener. On se met à sa recherche ? Dites, madame blonde, vous n'avez pas déjà vu une femme un peu plus âgée que vous, avec notre uniforme, les yeux bleus, les cheveux longs et blonds, avec un air furieux et pas très détendue ?

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King Bradley

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MessageSujet: Re: En un pays étranger   Dim 13 Mar 2016 - 22:13

Rien n'était impossible, Bradley était extrêmement bien placé pour le savoir et savait, de même, que de très nombreuses choses étranges arrivaient dans d'autres pays, pouvant ressembler plus ou moins à l'alchimie. Ce genre de voyages imprévus et particuliers pouvaient arriver, le tout était de faire en sorte que rien ne vire au drame. Chacun ses affaires et Amestris n'avait pas besoin d'ennemis disposant de ce genre de pouvoirs. Drachma, Aerugo, ce n'étaient que des pays ordinaires et utiles. Cependant, dans le cas de certains pays, mieux valait ne pas s'en faire des ennemis. Bradley porta un long regard très attentif sur les quelques personnes présentes dans la salle de réunion, encadrés par Mustang et son équipe. Un gosse blond à l'air énervé avec une gamine brune qui s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait. Deux hommes en uniforme, un grand costaud et l'autre plus mince, avec l'air malade. Puis il y avait cette femme, apparue à Central, portant le même uniforme mais avec d'autres galons, les bras croisés et si tendue qu'on pourrait la croire assise sur une bombe. Elle serait belle si elle n'avait pas l'air aussi furieuse, son regard manquait de chaleur.

– Vous vous appelez vraiment Bradley ? lança le colonel malade d'un ton incrédule.

– Détail sans importance. Donc vous êtes générale, madame ?

Elle semblait bien jeune, peut-être la trentaine d'années. Il la dévisagea un bref instant, assez curieux. Les femmes dans l'armée étaient déjà rares, celles qui étaient à ce niveau l'étaient encore plus. Elle lui rendit un regard encore plus noir. Parler de son grade l'agaçait ? Pourtant, avant d'en arriver là, elle avait dû travailler de longues années, elle devrait en être fière, au lieu d'avoir l'air prête à vomir ou hurler.

– C'est un détail sans importance, siffla-t-elle. Que voulez-vous, au juste ? Nous garder prisonniers, déclencher une guerre, autre chose ? Le savoir assez vite serait une bonne chose, que personne ne perde de temps.

Très directe, cette femme. Il resta impassible, confortablement assis dans son fauteuil. Ses propres subordonnés avaient resserré les mains sur leurs armes, prêts à réagir en cas d'attaque. Mustang et son équipe semblaient surtout choqués et très tendus. Quant aux étrangers, le type malade était complètement blasé et indifférent, haussant les épaules avec l'air de dire "Et bien soit", tout comme son collègue qui affichait un sourire las. La gamine brune aussi était choquée, le fixant en restant accrochée à son frère. Il lui rendit son regard, sourcils légèrement froncés, un coude sur l'accoudoir et deux doigts contre sa tempe. En extérieur, il semblait très détendu. Il reprit d'un ton posé, déclarant qu'il n'avait guère l'intention de les retenir ici, ils pouvaient quitter le pays dès qu'ils auront trouvé le moyen de déclencher ce curieux phénomène pour rentrer chez eux. La générale haussa un peu les sourcils, sans répondre, toujours les bras croisés.

– Vous devez être militaire depuis longtemps, si vous songez aussitôt à la guerre.

– Non, seulement depuis un mois.

Pardon ? Bradley entrouvrit la bouche, sans pouvoir dissimuler le profond choc qui l'envahit en un instant. Elle était militaire depuis un mois et déjà générale ?! Il se redressa, la regardant des pieds à la tête, profondément choqué. Un de ses subordonné balbutia "Un mois...", le répétant à plusieurs reprises, la bouche grande ouverte, en la dévisageant. Tous les militaires d'Amestris présents ouvraient et refermaient la bouche comme des poissons hors de l'eau, sciés, choqués, ébahis. Un mois. Leur armée était donc très particulière. Elle était une femme, qui plus est, c'était doublement incompréhensible ! Il ne put s'empêcher de demander comment elle pouvait être à ce poste depuis un mois, ne pouvant comprendre. On ne donnait pas ce genre de responsabilités à n'importe qui ! Seules les personnes très expérimentées et ayant fait leurs preuves pouvaient y prétendre, ce n'était pas un simple métier mais une charge très importante et lourde de conséquences, dont on prenait garde.

– Je n'ai pas eu le choix, je suis devenue militaire de force, répondit-elle en haussant les épaules.

– On ne peut guère forcer une personne à être un chef de guerre, répliqua-t-il d'un ton tranchant.

– J'ai été obligée de l'être officiellement, ça ne veut pas dire que je ne faisais rien avant. On se moque des conventions lorsqu'il s'agit de trouver tous les moyens possibles pour renforcer les défenses d'un pays ou protéger certaines valeurs.

Tiens donc, cette femme avait un certain caractère. Il sourit à moitié, secouant un peu la tête. De nouveau, tout le monde était très choqué, un mal à l'aise pesant restait dans la pièce, beaucoup avaient l'air nerveux. A cause de lui ou de cette femme ? Ou un mélange des deux. Il se leva, marchant un peu dans la pièce en regardant les étrangers. La femme le suivait du regard, sans bouger même si on pouvait aisément sentir sa tension. Le Président réfléchissait à ce qu'il faudrait mettre en place si ce genre de choses se répétait à quelques reprises. Il dû l'agacer car elle eut l'air encore plus furieuse au bout deux minutes de silence, les mains crispées sur ses bras. Du calme, très chère, elle devrait se détendre un peu. Il crut même remarquer quelques étincelles courant sur ses bras, ce qui le fit s'arrêter. Les deux autres militaires s'écartèrent d'un pas, l'air un peu angoissés. Les fameux "pouvoirs" dont on lui avait parlé ? Voyons voir... Il plissa légèrement les yeux, à deux mètres d'elle, observant avec intérêt les étincelles qui fusaient avec légèreté.

– Intéressant, sourit-il. Je suppose que c'est aussi pour cela que votre armée s'est intéressée à vous.

– Quel brillant sens de la déduction, grinça-t-elle. Vous avez un minimum de cerveau, pour un dictateur.

Il fronça les sourcils, outré par cette dernière remarque. Cette petite garce était... Il se contint, cependant, bien que ses gardes se tenaient prêts à réagir, sur simple ordre. Très bien, en attendant, prendre un peu l'air lui fera le plus grand bien. Il fit signe à ses gardes pour qu'on l'arrête, deux d'entre eux venant la menotter dans le dos puis le pousser hors de la pièce. Elle se laissa attacher sans réagir, lançant simplement d'un ton glacial que c'était typique des ordures de n'avoir aucun autre argument que celui-là. Il lui jeta un regard noir avant qu'elle ne quitte la pièce, très droit et raide. Personne n'avait fait le moindre mouvement, exceptés les deux mioches qui riaient sous cape. Il eut un regard menaçant envers eux, supportant assez mal qu'on se moque de lui. Le gamin blond eut une grimace puis empoigna tout à coup sa petite sœur pour la jeter directement dans les bras du colonel Mustang. Colonel qui la reçut de justesse en ayant l'air complètement perdu, la rattrapant avant qu'elle ne s'écroule au sol. Tss, tss, il réagissait bien vite, ce mioche.

– Ces gamins ont l'air de vous apprécier, colonel Mustang, dit-il d'un ton narquois.

– Heu...

– Très bien, vous serez donc en charge d'eux le temps de trouver une solution. Quant à ces deux-là, arrêtez-les aussi.

Ses subordonnés hochèrent la tête puis vinrent menotter et emmener les deux autres militaires. Ils ne se débattirent pas non plus, se contentant de lui jeter un regard noir au passage. Très bien, une bonne chose de faite, ils pouvaient bien rester bouclés le temps de chercher une solution. Reportant le regard sur le colonel, il lui asséna qu'il devra les garder tant qu'aucune solution n'aura été trouvé et qu'il avait tout intérêt à rester sur ses gardes. Les trois adultes resteront enfermés pour le moment, il se méfiait de cette femme, ce qu'il avoua sans peine.

– Parfait, Mustang, faites attention, maintenant.

Il quitta la pièce avec ses subordonnés, satisfait qu'au moins une partie de cette histoire soit réglée. Réfléchissons à la suite, à présent.


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