Tensions internes, contrebande, révolte qui gronde... A Amestris, la paix n'est jamais la bienvenue.
 
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 Un moment volé

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MessageSujet: Un moment volé   Sam 6 Fév 2016 - 23:07

Peu de chances que ce type parle, il avait dû être entraîné à résister à la torture, les généraux de l'armée de Drachma savaient très bien ce qui arrivera si un de leurs gradés était fait prisonnier au cours d'une bataille. Cet homme mourra de toute façon, les nouveaux ordres de Central étaient l'extermination complète des prisonniers ou survivants, sur les champs de bataille. Le soldat fut emmené par leurs hommes pour être interrogé une dernière fois de façon plus musclée puis abattu d'une balle dans le nuque. Miles resta droit et silencieux en le regardant se faire traîner dans le couloir, songeant à ces fameux "ordres". Tuer, encore plus, "le sang de Drachma suffira pour le moment", comme l'avait affirmé le Président. Il était prêt à aller jusqu'à la guerre civile, à prendre aussi clairement position contre Briggs... Les autres régions n'y croiraient pas, si elles savaient cela, jusqu'au jour où elles assisteront à cette bataille, de leurs propres yeux. Miles ignorait s'il ressentait plus de dégoût ou de la colère, son estomac le brûlait, comme s'il allait vomir mais ne le pouvait pas. Jamais Central n'avait été si clair dans ses intentions, ils voulaient la mort de leurs ennemis comme des habitants du pays, ils voulaient inonder la terre de sang, pour ils ne savaient quel projet.

Ce qu'avait dit le Président ne les aidait pas à comprendre. Détruire l'existant pour entrer dans une nouvelle ère, modifier ce qui existe actuellement,  un "but final" qui restait si obscur. Miles secoua la tête en quittant le bureau, les dents serrées, rageant de ne pouvoir comprendre ce que tout cela signifiait. Quel était ce maudit but ?! Que voulaient-ils dire en parlant de faire entrer Amestris dans une nouvelle ère ? fallait-il tous ces morts pour y parvenir ? Et pourquoi, quel enjeu pouvait justifier autant de massacres ?! Ishbal... Ishbal avait été détruit pour ça, pour les petits jeux et les manigances du gouvernement, son peuple avait été détruit, massacré, écrasé pour servir le but de Bradley et ses comparses, détruit sans laisser une seule chance, détruit sans aucune raison. Le lieutenant referma la lourde porte en fer derrière lui, s'arrêtant dans le long couloir sombre et s'appuyant contre le mur avec lourdeur, une main sur le front, tête baissée. Savoir que toute sa famille, que tous les siens avaient été massacrés pour rien lui fendait le cœur, autant de tristesse que de rage, de dégoût, de haine, il voudrait hurler, tomber à genoux puis vomir, laisser ses yeux d'un rouge sang verser des torrents de larmes amères et brûlantes, s'évanouir pour ne plus ressentir cette douleur insupportable qui lui serrait le cœur.

Il ôta sa main, baissant le regard sur l'uniforme qu'il portait, ayant tout à coup envie de l'arracher et le jeter dans un coin, la gorge si serrée qu'il aurait pu en mourir d'étouffement. Se contenant à très grande-peine, il s'arracha au mur puis poursuivit sa route, allant déposer le rapport qu'il tenait dans les archives de la prison. Tout était très calme, il n'y avait plus de prisonniers. Officiellement, les quelques civils avaient été transférés ou libérés, les quelques soldats envoyés dans une autre région. Officieusement, la majorité des prisonniers avait été exécutée froidement et le reste transféré ailleurs le temps que l'on réaménage la prison. Il n'y avait plus personne, seul l'échos de ses propres pas résonnait dans les longs couloirs, se répercutant dans les cellules vides. Sortant des archives, il observa les grilles ouvertes des cellules, les lits faits au millimètre, avec des couvertures grises, la lumière à peine suffisante avec les faibles néons des couloirs. Le silence si parfait, dans ces sous-sols aux murs de brique rouge et au sol en ciment gris et glacé. Il marcha un long moment, regardant les cellules, avant de s'arrêter à l'une d'elles, tremblant comme une feuille. C'était ici qu'il avait attendu la mort durant si longtemps. Ici que la peine et l'angoisse l'avaient rendu fou.

– Miles, qu'est-ce que tu fiches ici ?!

Il sursauta avec violence, se tournant d'un bloc, tant plongé dans ses pensées qu'il n'avait pas entendu sa supérieure arriver. Il la salua automatiquement, dans un geste un peu saccadé, essayant sans succès de sourire. Il ne savait pas pourquoi il était venu là, pourquoi il revenait ici, il avait agi sans réfléchir. Il marmonna une réponse inintelligible avant de se reprendre, alors qu'elle s'avançait. Il la prit tout à coup dans ses bras sans crier gare, malgré son hoquet de surprise, l'enlaçant avec force en fourrant son visage dans son cou, tremblant. Elle lui demanda ce qui lui prenait, d'un ton perplexe, sans qu'il ne réponde tout  de suite, se mordant les lèvres. Il avait juste besoin d'elle, d'autant plus avec ces souvenirs qui le prenaient à la gorge. C'était elle qui l'avait sorti de là et offert une nouvelle existence. Il la prit par la taille et posa une main derrière sa nuque, l'embrassant avec passion sur les lèvres, la poussant du même coup à s'appuyer contre la grille de la cellule derrière elle. Il cessa cependant très vite de l'embrasser lorsqu'elle repoussa des deux mains par les épaules, les joues roses avec une moue indignée.

– Évite de me prendre par surprise comme ça ! J'ai failli t'envoyer au sol, tu sais très bien que c'est un réflexe si quelqu'un s'approche ainsi.

– Désolé, bafouilla-t-il.

Il s'écarta d'un pas pour lui laisser de l'air, très confus. Il l'avait simplement embrassé, mais c'est vrai que s'y prendre ainsi n'était sans doute pas la meilleure des solutions. Un petit silence s'installa, durant lequel il baissa la tête, très gêné. Elle finit par soupirer, puis sourit doucement, lui faisant redresser la tête. Elle ne lui en voulait pas ? Il se rapprocha d'un pas avec prudence et elle lui ouvrit les bras. Il s'y blottit de nouveau avec bonheur, fermant les yeux en la gardant tout contre lui avec une certaine possessivité. Elle lui prit le visage en coupe entre ses mains fines puis l'embrassa à son tour, le faisant fondre en un seul instant. Fermant les yeux, il savoura cet instant comme s'il s'agissait du dernier auquel il allait avoir droit, de toute son existence. La douceur du moment contrastait violemment avec le lieu où ils se trouvaient, devant une cellule qui avait la sienne durant des jours et des jours, avant que cette femme ne l'en délivre.

– Tu ne m'as répondu, dit-elle en s'écartant un peu. Que fais-tu ici ?

C'était ridicule mais le soldat ne sentait pas de lui expliquer ça. Il avait agi sur une impulsion, suivant un instinct particulièrement malsain qui l'avait conduit ici. Il hésita, se demandant s'il pouvait parler de ça et donc avouer sa faiblesse, lorsqu'elle le poussa à son tour contre la grille, son regard très bleu rivé sur lui, à tel point qu'il se sentit coupable d'être venu devant cette cellule. Il entrouvrit la bouche avec un peu de peine, ne bougeant pas lorsqu'elle tendit la main pour lui prendre ses lunettes et les fourrer dans la poche du manteau noir de Miles, se penchant ensuite un peu plus en le fixant droit dans les yeux.

– Je ne sais pas ce qui m'a pris, lâcha-t-il. Je repensais à ce qu'avait dit le Président au bal, puis à tous ces massacres. Le peuple d'Ishbal exterminé pour rien. Puis... Lorsque j'étais à attendre ma propre mort ici. Aux heures que j'ai passé dans cette cellule à songer à mon peuple qui mourrait et ma propre exécution qui approchait.

Sa voix se brisa légèrement, sur la fin, cette période hantait encore ses cauchemars, dans les périodes plus difficiles. Il ne voulait pas lui mentir et elle aurait fini par tout découvrir, tôt ou tard. Il avait trop de respect pour elle pour tenter de la dissimuler des choses ou essayer de lui mentir.

– Je pense souvent à ça, en ce moment, je sais que je ne devrai pas, je suis désolé. Et je ne vous... je ne t'ai jamais vraiment remerciée, pour tout ce que tu as fait.
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MessageSujet: Re: Un moment volé   Dim 21 Fév 2016 - 14:36

Le journaliste fut très vertement fichu dehors, pendant qu'Olivier lâchait un très long soupir de lassitude. Voulait-il vraiment son "ressenti" quand au torchon qui avait été écrit récemment, avec tout un communiqué sur les troubles au Nord ? Si les gens voulaient absolument savoir ce qui se tramait, pas de problème, elle pouvait leur annoncer platement qu'ils venaient d'échapper à une guerre civile, déclenchée par Central ! Voilà qui les calmeraient tous aussi sec, dommage qu'elle ne puisse pas le faire. Sans prendre garde aux hurlements indignés du scribouillard qui se faisait "raccompagner" par deux soldats pour être mis dehors, elle termina de lire le rapport puis le signa, avant de le tendre au secrétaire pour qu'il s'occupe du reste. Voilà qui était réglé. Ressortant du bureau, elle donna ses ordres pour la suite des opérations, demandant à un de ses officiers de lui rappeler plus tard qu'il faudra contacter de nouveau ingénieurs pour le recrutement, dans la section recherche du fort. Descendant, elle chercha Miles du regard, censé la rejoindre dès qu'il en avait terminé avec l'interrogatoire de leur dernier prisonnier en date. Il devrait déjà avoir terminé, où était-il passé ? Un collègue l'informa qu'il était allé mettre le rapport aux archives des quartiers disciplinaires et n'était pas encore remonté, il y a un bon quart d'heure de cela. Allons bon, il ne s'était tout de même pas perdu ?! Comme si c'était le moment de traîner, ils avaient bien assez de travail comme ça à Briggs.

Poussant la lourde porte, elle fila elle-même dans la prison du QG, enfoncée dans les deux sous-sols, éclairée par de faibles néons, avec des murs nus, froids et gris. Olivier ne perdit pas de temps à admirer les cellules, toutes vides en ce moment, allant directement dans la section des bureaux, pour les trouver vides. Où était passé son subordonné ? Fronçant les sourcils, elle referma la porte derrière elle, remontant le long couloir principal, regardant partout. Elle finit enfin par le repérer, planté devant une des cellules, qu'elle reconnut instantanément. C'était précisément ici, dans ce couloir, cet endroit, qu'il avait été jeté durant la guerre, avant qu'elle ne le fasse sortir. Il ne bougeait pas d'un pouce, tremblant et les poings serrés, n'ayant même pas remarqué sa présence alors qu'elle avançait à grands pas sans tenter de masquer le bruit de ses pas, preuve sil en fallait une qu'il était complètement pris par son passé. Félicitations, il se ferait liquider en un instant si elle était un ennemi ! Ne jamais baisser sa garde, c'était le credo de base et Miles le savait parfaitement, comme tous ceux qui travaillaient sous ses ordres et qu'elle entraînait avec un grand soin.

– Miles, qu'est-ce que tu fiches ici ?!

Sa voix avait claqué, dans le silence parfait, faisant violemment sursauter son subordonné. Elle secoua la tête lorsqu'il se retourna vers elle, saluant par automatisme, en retenant un long soupir. Il était vraiment temps qu'il se reprenne, au lieu de se balader dans ce genre d'endroits pour le seul plaisir de ressasser le passé. C'était vers l'avant, qu'il fallait se concentrer, pas vers e qui nous avait troublé autrefois ! Avait-il vraiment besoin qu'on le lui rappelle, une fois de plus ? Elle s'arrêtait près de lui lorsqu'il l'enlaça tout à coup avec beaucoup de force, la faisant lâcher un hoquet de surprise. Holà, qu'est-ce qui lui prenait ?! Elle lui posa la question d'un ton perplexe, pendant qu'il nichait son visage dans son cou en tremblant encore plus fort. Il était malade ? Elle fronça le nez, perplexe, tant cette attitude ne lui ressemblait pas. Son subordonné la prit tout à coup par la taille et la nuque, l'embrassant sur les lèvres sans crier gare en la poussant contre les grilles de la prison. Olivier arrêta d'extrême justesse son geste pour le plaquer au sol avec une clé de bras et lui écrasant la gorge, réussissant à se contenter de le repousser vertement des deux mains, indignée et furieuse. Non mais ça ne va pas ?! Il voulait vraiment finir le nez écrasé par terre en se comportant comme ça ?!

– Évite de me prendre par surprise comme ça ! J'ai failli t'envoyer au sol, tu sais très bien que c'est un réflexe si quelqu'un s'approche ainsi.

– Désolé, bafouilla-t-il.

Il s'écarta et baissa la tête, l'air confus et gêné, pendant qu'elle rajustait son uniforme. Humph, il le savait parfaitement bien, pourtant, faire preuve d'un minimum de prudence n'était pourtant pas difficile. Elle le considéra un instant, essayant d'évaluer à quel point il avait l'esprit troublé et se sentait mal. Même si la situation actuelle le travaillait, se laisser aller bêtement n'était pas la meilleure solution, très loin de là. Enfin. Elle soupira doucement, avec un maigre sourire. Miles était un peu maladroit, lorsqu'on touchait aux sujets sensibles. Elle lui ouvrit doucement les bras, le laissant se rapprocher. Il la serra à nouveau contre lui, la dépassant d'une bonne tête, serrant bien fort. Olivier eut tout à coup la vague impression d'être une peluche, sourcillant avant de se reprendre, redressant la tête pour prendre la sienne en coupe et l'embrasser, plus doucement. Du calme... Il n'avait pas besoin d'être aussi nerveux, c'était à la fois mauvais pour lui et pour ce qu'ils devaient traverser. Ils s'en sortiront, comme toujours, inutile de trop s'en faire ni de rester attaché au passé. D'ailleurs, elle n'oubliait pas qu'il n'avait toujours pas répondu à sa question. Cessant le baiser, elle lui jeta un regard aigu, fronçant les sourcils.

– Tu ne m'as répondu, dit-elle en s'écartant un peu. Que fais-tu ici ?

Elle tapota légèrement du pied, agacée en le voyant hésiter. Il pouvait très bien lui parler ! Il avait déjà osé le faire pour plus grave, lorsqu'il lui avait demandé pourquoi elle le prenait comme bras droit et ce qui se passerait si jamais il décidait de se rebeller et nuire à Briggs. D'ailleurs, comme ce jour-là, elle tenait à le regarder en face et bien droit dans les yeux en lui répondant. Tendant la main, elle lui enleva ses lunettes noires, sans qu'il ne réagisse, les lui fourrant dans sa poche. Bien mieux ainsi, il n'avait pas à cacher son regard carmin face à elle ni face à ses amis, face à Briggs, face à leur division. Alors, comptait-il se décider ?

– Je ne sais pas ce qui m'a pris, lâcha-t-il. Je repensais à ce qu'avait dit le Président au bal, puis à tous ces massacres. Le peuple d'Ishbal exterminé pour rien. Puis... Lorsque j'étais à attendre ma propre mort ici. Aux heures que j'ai passé dans cette cellule à songer à mon peuple qui mourrait et ma propre exécution qui approchait.

C'était stupide, il s'empoisonnait l'esprit tout seul, face à cette cellule, alors qu'il devait rester pleinement maître de ses moyens et de ses forces pour poursuivre le combat. Il était en vie et prêt à agir, à quoi bon se laisser aller en pensant à ce qui était arrivé il y a quelques années ? Ils avaient encore la possibilité d'agir contre les plans du Président et de protéger la région, à la fois contre Drachma et contre Central, il ne devait pas en douter. Tant pis pour le passé, personne ne pouvait rien y changer. Elle lui coula un regard assez agacé, mêlé à l'étonnement de le voir dans cet état, alors qu'il n'était pourtant pas du genre à se laisser détruire le moral aussi facilement. On se reprend, soldat !

– Je pense souvent à ça, en ce moment, je sais que je ne devrai pas, je suis désolé. Et je ne vous... je ne t'ai jamais vraiment remerciée, pour tout ce que tu as fait.

– En effet, tu ne devrais pas, c'est complètement stupide ! grinça-t-elle sèchement. Personne ne peut changer le passé, personne, s'y attarder est idiot ! En plus de te miner le moral, tu t'affaiblis toi-même, alors que c'est le moment ou jamais de rester concentré et de donner tout ce que l'on peut.

Elle secoua la tête, lèvres pincées et les mains sur les hanches. Miles avait tressailli puis s'était raffermi, se mettant automatiquement au garde-à-vous, comme lorsqu'elle inspectait les troupes, après s'être écarté. Un peu de volonté ! S'il s'effondrait maintenant, à cause de souvenirs, comment espérait-il gérer la suite ? Comptait-il abandonner ?! Elle lui posa la question et il s'écria aussitôt que non, bien évidemment que non, jamais cette idée ne lui avait traversé l'esprit.

– Alors redresse-toi un peu ! Ce n'est pas le moment de craquer, pas maintenant, pas avec ce qui va se passer. Nous devons réfléchir aux prochaines manœuvres du Président, pas rester là à contempler le passé.

La générale croisa les bras, consciente d'être très sèche mais n'ayant pas le choix. Se laisser aller serait la pire des solutions, personne n'avait le temps de pleurer ou de s’apitoyer. C'est bon, il se reprenait un peu ? Elle le dévisagea un moment, sourcils toujours froncés, espérant qu'il n'était pas en train de se laisser détruire le moral depuis trop longtemps, c'était tout sauf le bon moment. D'ailleurs, il n'y avait jamais de "bon moment", tous ceux qui travaillaient à Briggs avait le devoir de rester droits et dignes pour protéger la frontière, quoi qu'il arrive, aucun lâche ou faible ne pouvait rester entre les murs d fort. Miles n'était ni un lâche, ni un faible, ce qu'elle souligna avec force en lui rappelant qu'il avait une place à tenir.

– Puis-je savoir pourquoi tu te laisse autant aller, d'un seul coup ? Ce n'est pourtant pas ton genre.


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MessageSujet: Re: Un moment volé   Sam 5 Mar 2016 - 15:58

– En effet, tu ne devrais pas, c'est complètement stupide ! grinça-t-elle sèchement. Personne ne peut changer le passé, personne, s'y attarder est idiot ! En plus de te miner le moral, tu t'affaiblis toi-même, alors que c'est le moment ou jamais de rester concentré et de donner tout ce que l'on peut.

Le militaire s'était aussitôt mis au garde-à-vous, bien droit et les mains dans le dos, par pur réflexe. Il était navré, générale ! Il allait se ressaisir bien entendu, c'était une erreur qu'il ne recommencera plus, elle pouvait en être assuré, il était vraiment navré. C'est vrai, se laisser aller était complètement idiot et puéril, il se décrédibilisait en agissant ainsi et il était hors de question qu'il perde la confiance qu'elle mettait en lui, il y tenait bien trop pour risquer de la voir s'effriter. Il ne voulait pas qu'elle pense qu'il devenait un homme faible et lâche, qu'il n'était plus capable d'assumer ses responsabilités ou il ne savait quelle horreur encore. Il comptait bien se reprendre et vite. La générale lui demanda sèchement s'il comptait abandonner, les deux mains sur les hanches, et il affirma aussitôt que non, s'écriant bien évidemment que non, jamais ! Jamais il ne pourrait penser ainsi ! Abandonner serait pire que la mort, il ne s'infligera jamais ça, ni à lui ni à Briggs, ni à elle, d'autant plus avec les événements récents. Elle pouvait compter sur lui et sa loyauté, jusqu'à la mort s'il le fallait, il la suivre jusqu'au bout, comme chacun des hommes de ce fort, peu importe ce qu'elle exigera d'eux.

– Alors redresse-toi un peu ! Ce n'est pas le moment de craquer, pas maintenant, pas avec ce qui va se passer. Nous devons réfléchir aux prochaines manœuvres du Président, pas rester là à contempler le passé.

Il hocha la tête avec raideur, tandis qu'elle croisait les bras, le dévisageant. Il ne refera plus jamais une telle erreur, c'était certain, ils n'avaient pas le droit d'être faibles ou lâches. Pas à Briggs, tenir le fort et défendre leurs positions passaient avant tout le route, cela passait avant leurs revendications personnelles, leurs peurs et leurs envies, il en était parfaitement conscient. Sa générale rajouta qu'il n'était pourtant ni faible, ni lâche, lui rappelant d'un ton sec et froid qu'il avait une place à tenir. Oui, très bien, il était désolé. Il hocha de nouveau la tête, lèvres un peu pincées, une légère goutte de sueur coulant sur sa tempe. Voilà bien longtemps qu'il ne s'était plus pris un blâme, plus depuis des années, en fait. Il ne se souvenait plus pourquoi, cependant... Ici, les reproches étaient assez brûlants pour lui retourner l'estomac, il s'en voulait d'avoir oublié la règle la plus élémentaire du forts de Briggs, la loi du plus fort. On en pouvait pas être faible car les faibles se faisaient aussitôt dévorer par les plus forts, c'était comme ça. Il comprenait la colère de la générale en voyant qu'il se laissait aller, car cette règle ne pouvait être bafouée. Surtout par des officiers. Il n'aurait jamais dû venir se promener ci, c'était idiot, il craignait de passer pour un faible.

– Puis-je savoir pourquoi tu te laisse autant aller, d'un seul coup ? Ce n'est pourtant pas ton genre.

– Non, c'est vrai, ça ne se reproduira plus, générale. J'ai commis une erreur et je veillerai à ne plus jamais recommencer. J'étais simplement inquiet par ce qui se déroule actuellement et les menaces contre le fort.

Ainsi que par les menaces contre elle, directement, qui étaient incluses dans ce bazar. Par le risque d'une nouvelle guerre civile, d'une attaque de Central et ses alchimistes, par l'idée que la forteresse pourrait tomber, être écrasée dans le sang. Elle fronça les sourcils, lui rendit ses lunettes puis lui fait signe de la suivre. Il obtempéra sans dire un mot, le cœur un peu serré mais se jurant de ne plus jamais retomber dans la piège de la faiblesse et la lâcheté. Remontant les escaliers, ils revinrent dans les longs couloirs du QG Nord, au milieu d'une certaine agitation. Et il y avait encore des journalistes qui attendaient dans le hall d'entrée, quelle bande de pots de colle. Miles donna ses ordres pour qu'on les fasse évacuer et vite. Ce n'était pas un hall de gare, ici ! Supervisant les opérations, il fit jeter dehors un récalcitrant plus énervant que ses collègues en lui rappelant, d'un ton poli mais ferme, que le QG n'était pas fait pour ça mais pour le fonctionnement de la diviser du Nord. Donc dehors ! Une fois fait, il put rejoindre la générale et les autres officiers de Briggs qui les avait accompagnés, refermant avec soin derrière lui.

– Il y a de plus en plus de journalistes, venus des quatre coins du pays, grinça-t-il. Peut-on faire quelque chose pour apaiser les esprits ? On ne peut dire vraiment de quoi la région est menacée.

Ses collègues grimacèrent à leur tire, les mines graves et préoccupées. Ils faisaient cercle autour de la table, couverte de documents, photos et rapports, leur chef en bout, les bras croisés. Il y avait forcément quelques chose à faire, ça ne pouvait durer ainsi durant des jours, le travail de tout le QG pourrait en être ralenti.

– Si jamais ce monstre revient, nous ne pouvons véritablement faire face, aucune arme n'est assez forte pour le détruire.
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MessageSujet: Re: Un moment volé   Ven 18 Mar 2016 - 17:46

– Non, c'est vrai, ça ne se reproduira plus, générale. J'ai commis une erreur et je veillerai à ne plus jamais recommencer. J'étais simplement inquiet par ce qui se déroule actuellement et les menaces contre le fort.

Hum... Bon, passons, ils avaient autre chose à se soucier. Elle fronça les sourcils puis lui rendit ses lunettes noires, lui faisant signe de la suivre, à présent. Inutile de rester dans cet endroit, il y avait déjà perdu bien assez de temps. Repoussant la lourde porte, elle grimpa les escaliers pour remonter vers les parties plus usuelles, retenant un soupir exaspéré en voyant la horde de fouineurs dans les couloirs. Ce n'était pas possible, elle n'avait pas été suffisamment claire, la dernière fois ?! Laissant Miles se charger de cette affaire, elle repartit dans un autre bureau avec quelques officiers venus aussi du fort avec eux. Henseil était particulièrement énervé, ayant lui aussi été harcelé par les scribouillards sur l'attaque du train. Il avait horreur qu'on lui rappelle cet épisode et la façon dont il avait été mis hors-jeu. Il commença par faire un topo rapide de la mission qui lui avait été confiée, au QG, ajoutant qu'il attendait des nouvelles des patrouilles envoyées dans les montagnes. L'affaire Scar n'avançait pas. Il en terminait là-dessus lorsque miles arriva à son tour, refermant derrière lui avec soin. Olivier jeta un long regard sur la carte détaillée, les bras croisés, songeant qu'il y avait un très fort risque que le commandant Madless soit déjà mort. Il leur aura décidément tout fait, celui-là.

– Il y a de plus en plus de journalistes, venus des quatre coins du pays, grinça-t-il. Peut-on faire quelque chose pour apaiser les esprits ? On ne peut dire vraiment de quoi la région est menacée.

Non, même si cela en calmerait certains. Elle ne répondit pas, pensive, cherchant une solution à ce problème-là, au moins. Ils avaient déjà bien assez de problèmes à gérer pour devoir en plus y ajouter une telle bande de fouineurs, c'était on ne peut plus agaçant. Elle jeta un regard aux différents documents jonchant la table, se mordillant un peu les lèvres en réfléchissant à une stratégie. Ils pouvaient aussi prêcher le faux pour détourner l'attention... Même si personne ne pouvait venir au fort, les officiers et soldats du QG allaient être agacés durant des jours. Elle soupira un peu en jetant un regard au-dehors, par la fenêtre, voyant les scribouillards faire le pied de grue dehors, empêchés de rentrer une seconde fois par les gardes aux portes. Ce serait encore pire s'ils savaient qu'ils avaient échappé de peu à la guerre civile, ils en feraient de longs articles durant des mois et des mois, voire créer des émeutes.

– Si jamais ce monstre revient, nous ne pouvons véritablement faire face, aucune arme n'est assez forte pour le détruire.

– Ce truc ne reviendra pas, maintenant que le Nord est sous « contrôle », en quelque sorte. Je vais sans doute devoir passer plus de temps que de coutume à Central, j'en profiterai pour récupérer des informations, autant que possible. Pour les journalistes, il faut les occuper avec autre chose. Leur donner un os à ronger, qu'ils partent en enquête et laissent au moins un peu d'air au QG.

Heinsel proposa quelques idées pour les distraire, qu'elle fit rapidement noter à leur secrétaire. Pour le reste, qu'ils appliquent la procédure habituelle, il y avait beaucoup de façon de diffuser de fausses informations en s'arrangeant pour que cela donne l'impression qu'il s'agissait de vraies données qui avaient été volées. Cela passera dans les journaux et distraira l'opinion public. Une fois cela réglé, ils purent passer au reste des affaires courantes, pouvant travailler plus tranquillement. Les journalistes avaient allumé les ferveurs de quelques habitants du Nord,qui s'étaient réunis en une petite manifestation devant le QG. Olivier les ignora royalement, n'ayant pas de temps à perdre avec quelques agitateurs mécontents alors que des soucis bien plus graves menaçaient la sécurité du pays. Buccaneer vint les rejoindre plus tard, râlant lui aussi contre les gêneurs. Elle lui fit signe de savoir, signant un document qu'elle remit à un de ses subordonnés pour qu'il le classe. Tant pis pour les journalistes, ils feront avec le temps qu'ils « récupèrent » les informations qu'on allait leur jeter.

– Nous venons d'envoyer deux personnes à Drachma, pour trois mois. Les premiers éléments sont assez rassurants, le gouvernement de l'Empire ne compte pas prévoir d'autres attaques dans les semaines à venir. Ils prévoient des recherches et des tests pour améliorer leurs chars et canons actuels, tout comme nos propres ingénieurs. Faites renforcer les différentes patrouilles, capitaine Buccaneer. Faites-vous assister du sergent Karol pour la supervision de nos recherches, c'est un spécialiste en ingénierie qui vient d'être muté à Briggs. Il vient de l'Ouest et a déjà beaucoup travaillé sur différents modèles de canons.

Elle passa ensuite sur d'autres sujets, terminant d'abord les affaires en suspens et qui traînaient trop à son goût. Une fois faits, ils reprirent les voitures pour rentrer à Briggs. L'après-midi était déjà presque achevé, la nuit était tombée depuis un moment. Rentrer au fort fut un soulagement pour tout le monde, chacun était fatigué, les réunions de plus de cinq heures comme celle-là mettait les nerfs à vifs, même s'ils avançaient vite. Olivier s'étira puis prit l’ascenseur avec ses subordonnés, jetant un long regard à Miles pour voir s'il avait repris ses esprits. Au moins, le travail aidait un peu. Ils allèrent directement au réfectoire, comme il était dix-neuf heures, où quelques officiers étaient déjà arrivés.

– Tu viendras dans mon bureau après, Miles, dit-elle en s'asseyant à table avec les autres officiers. On doit discuter de ce qui s'est passé toute à l'heure.


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MessageSujet: Re: Un moment volé   Jeu 24 Mar 2016 - 18:38

– Ce truc ne reviendra pas, maintenant que le Nord est sous « contrôle », en quelque sorte. Je vais sans doute devoir passer plus de temps que de coutume à Central, j'en profiterai pour récupérer des informations, autant que possible. Pour les journalistes, il faut les occuper avec autre chose. Leur donner un os à ronger, qu'ils partent en enquête et laissent au moins un peu d'air au QG.

Si cela pouvait les occuper assez pour qu'ils laissent un moment le QG et Briggs en paix, ce sera déjà très bien. S'installant tous autour de la table, ils mirent en place la procédure pour occuper les journalistes puis purent passer aux affaires courantes. Buccaneer les rejoint un peu plus tard, pestant contre les journalistes qui s'étaient rassemblés en manifestation devant le QG. Il s'assit à côté de lui, Miles le briefant très rapidement sur ce qu'ils avaient déjà faits, prenant des notes sur une autre affaire dont il faudra s'occuper. La table s'était très vite retrouvée couverte de nombreux documents, de classeurs, dossiers, photos, rapports, comptes-rendus, ordre à signer... Une grosse partie administrative dont il fallait s'occuper régulièrement pour ne pas être envahi. Miles mordilla légèrement son crayon en lisant au diagonale le compte-rendu des récents incidents au village de Kalior. Il faudra sans doute envoyer d'autres patrouilles, le temps que la situation soit vraiment apaisé. Les agitateurs avaient été arrêtés la semaine précédente, leurs complices non encore arrêtés allaient resurgir très vite. Ils continuèrent sous d'autres affaires, buvant rapidement une tasse de café avant de poursuivre. L'agitation au-dehors s'était muée en un bruit de fond ne les dérangeant pas, maintenant qu'ils étaient lancés.

– Nous venons d'envoyer deux personnes à Drachma, pour trois mois. Les premiers éléments sont assez rassurants, le gouvernement de l'Empire ne compte pas prévoir d'autres attaques dans les semaines à venir. Ils prévoient des recherches et des tests pour améliorer leurs chars et canons actuels, tout comme nos propres ingénieurs. Faites renforcer les différentes patrouilles, capitaine Buccaneer. Faites-vous assister du sergent Karol pour la supervision de nos recherches, c'est un spécialiste en ingénierie qui vient d'être muté à Briggs. Il vient de l'Ouest et a déjà beaucoup travaillé sur différents modèles de canons.

Les derniers espions à Drachma n'avaient pas très bien terminés, tous comme ceux qu'on avait surpris à Briggs. Il n'existait sans doute rien de plus dangereux que d'être espion, c'était bien plus dur qu'être un soldat ordinaire, sur un champ de bataille. Un espion devait tout connaître du pays visé, ses habitudes, sa façon de s'habiller, toutes les coutumes possibles jusqu'aux plus anciennes, son histoire, sa langue, son accent, sa nourriture... Le moindre détail non contrôlé pouvait se transformer en piège mortel. La réunion se poursuivit encore tout l'après-midi, ils passaient d'un dossier à l'autre en tâchant d'évacuer les sujets plus anciens et qui traînaient. Lorsqu'ils en eurent terminés, Miles s'étira longuement, ramassant ses affaires puis descendit avec les autres, des dossiers plein les bras. Ils rentrèrent au fort, sans doute tous soulagés, ce genre de réunion interminable était toujours très contraignant, il était épuisé après ce genre de chose. La nuit était tombée en arrivant au fort, plus calme qu'à l'accoutumée. Déposant ses dossiers assez vite dans son bureau, il rejoignit ensuite les autres au réfectoire, comme la soirée avançait déjà.

Les hommes et les quelques femmes du fort étaient pour la plupart installés pour manger, dans une ambiance relativement plus détendue que ce qu'ils montraient habituellement. Ils prirent chacun un plateau et un repas, le cuisiner leur lançant un long regard puis remplissant les assiettes à ras-bord. Miles grimaça un peu, n'ayant pas vraiment très faim, n'osant cependant pas refuser. Il se frotta un peu la tempe en s'asseyant à table, près de Buccaneer et face à la générale. C'était plutôt pour elle que le cuisinier avait dû s'en faire, étant donné son teint, plus pâle que jamais.

– Tu viendras dans mon bureau après, Miles, dit-elle en s'asseyant à table avec les autres officiers. On doit discuter de ce qui s'est passé toute à l'heure.

– Très bien, madame.

Il ne dit pas grand-chose durant le repas, profitant de cette pause après cette longue journée. Même Henseil ne parlait que peu, échangeant parfois quelques mots avec la générale, assise à côté de lui. Il était le seul à oser lui répondre lorsqu'elle était en colère et défendre ses idées, lorsqu'il trouvait que quelques chose ne convenait pas. Souvent, ses observations étaient très pertinentes et permettaient d'avancer, il savait que leur chef avait beaucoup de respect pour lui. Il sourit un peu après une réflexion de Buccaneer, occupé à charrier gentiment un de leurs collègues. Après le repas, il suivit la générale jusqu'à son bureau, pensant à la soirée plus tranquille qui allait suivre ensuite, avant qu'ils ne s'y remettent dès le lendemain matin.

– Êtes-vous déçue ? demanda-t-il à la générale, au garde-à-vous.
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MessageSujet: Re: Un moment volé   Lun 11 Avr 2016 - 22:26

– Très bien, madame.

Elle reporta le regard sur son plateau, répondant rapidement à Henseil qui lui demandait où en était l'affaire de Lurkat, tout en buvant un peu d'eau. Il faudra sans doute refaire bientôt une réunion pour en finir avec d'autres dossiers... Dieu ce qu'elle détestait toute cette partie administrative, c'était fatiguant pour tout le monde et leur prenait du temps alors qu'ils avaient déjà bien des choses à régler. Parlant peu, mangeant du bout des lèvres, elle n'échangea que quelques mots avec ses confrères, au cours du repas, s'étirant un peu pour se détendre. Le capitaine Buccaneer devait être le seul à être parfaitement réveillé, dans le groupe, comme à son habitude. Elle-même était assez tendue et fatiguée, il était temps que la journée tire à sa fin. Une fois terminé de manger, elle rangea son plateau puis quitta le réfectoire avec Miles, dédaignant l’ascenseur pour prendre l'escalier. Le fort était plutôt calme, les hommes renouvelaient leur poste, certains allant vers les dortoirs, d'autres prenant leur quart, quelques uns se détendant ensemble autour d'une partie de cartes avant d'aller dormir. Elle répondit aux saluts sur son chemin sans s'attarder, poussant la porte de son bureau après avoir traversé le centre de commandement. Bien, ils étaient au calme. Miles avait refermé la porte et s'était mis au garde-à-vous, pendant qu'elle enlevait son manteau et le laissait sur le dossier de sa chaise.

– Êtes-vous déçue ? demanda-t-il à la générale, au garde-à-vous.

– Ecoute, soupira-t-elle, je suis fatiguée, alors attend demain matin si tu as d'autres questions comme celle-ci.

Elle s'assit sur le rebord de son bureau, se massant longuement la nuque avec une légère grimace. Après cette discussion, elle ira se reposer, la journée de demain sera tout aussi longue, ils avaient beaucoup de travail à faire. Lançant un regard à Miles, elle lui fit signe qu'il n'était pas obligé de rester ainsi dans cette position, inutile de faire de l'officiel maintenant, ils étaient seuls et le cadre n'était plus vraiment celui du travail. Enfin... Techniquement, si, bien entendu, mais elle ne voulait pas d'une discussion trop rigide. Le couvant du regard, elle se redressa puis lui lança qu'elle aimerait qu'il ne se  laisse plus aller comme il l'avait fait, car même lorsque les temps étaient plus durs, en tant qu'officiers de ce fort, aucun d'eux ne pouvait se permettre de se comporter au mieux comme un grand enfant, au pire comme un incapable et un incompétent. Ils devaient tous faire preuve de fermeté, comprenait-il cela ? La situation actuelle, plus encore, exigeait qu'ils puissent faire face sans se laisser démonter, quoi qu'il arrive, c'était primordial.

– Vous savez très bien, tous, que vous devrez m'abandonner à Central ou ailleurs s'il le faut, ce qui se passe entre nous ne doit pas remettre en cause cela, c'est clair ? La sécurité de ce pays passe avant nos envies personnelles.

Miles n'avait certainement pas oublié ce principe, selon elle, elle ne faisait que le redire en guise de piqûre de rappel légère, pensant qu'il ne pouvait pas avoir oublié ce genre de chose et encore moins le remettre en cause. Se relevant du bureau, elle se rapprocha de lui, le dévisageant pour savoir s'il avait bien recouvré tous ses esprits. Constatant que c'était bien le cas, elle lui fit signe que c'était bon, ils n'allaient plus revenir sur le sujet. Quittant le bureau avec lui, ils se dirigèrent vers l'aile des dortoirs et des chambres, Olivier s'arrêtant à la sienne, jetant un coup d'oeil à son subordonné.

– On dort ensemble cette nuit ?


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MessageSujet: Re: Un moment volé   Lun 9 Mai 2016 - 14:30

– Ecoute, soupira-t-elle, je suis fatiguée, alors attend demain matin si tu as d'autres questions comme celle-ci.

Elle n'avait pas précisé des questions "complètement stupides" mais le ton de sa voix parlait pour elle. Il rougit un peu, ce qui ne se voyait heureusement pas sur sa peau, se détendant lorsqu'elle fit signe et prit une position moins formelle, pendant qu'elle-même s'asseyait sur le rebord de son bureau. Olivier commença par lui dire qu'elle apprécierait qu'il ne se laisse plus aller de cette façon, que les temps soient plus durs ou non, d'autant plus qu'ils étaient officiers et avaient une conduite à respecter. Oui, c'est vrai, c'était une erreur qu'il ne commettra plus, quoi qu'il arrive, il en faisait le serment, ne comprenant pas ce qui lui avait pris. Se rapprochant un peu, il confirma qu'il veillera à ce que ça ne se reproduise plus afin de ne pas mettre en péril la sécurité du fort, par une attitude inappropriée. Certains pourraient trouver ça extrême, telle était pourtant la mentalité qu'ils adoptaient tous ici. La région était rude donc ceux qui y vivaient en permanence devaient le devenir aussi, par la force des choses. Il fallait vraiment le vivre pour le comprendre, c'était... Habiter et protéger ce fort était très différent que de travailler dans un camp ou dans des QG puis rentrer au dortoir ou chez soit, une fois le travail terminé. Au fort de Briggs, ils ne rentraient que rarement chez eux, pour ceux qui avaient une famille en-dehors, la forteresse était leur maison.

– Vous savez très bien, tous, que vous devrez m'abandonner à Central ou ailleurs s'il le faut, ce qui se passe entre nous ne doit pas remettre en cause cela, c'est clair ? La sécurité de ce pays passe avant nos envies personnelles.

Bien entendu, il n'avait pas oublié. Il hocha de nouveau la tête lorsqu'elle se releva, lui rendant son regard, puis un léger sourire effleura ses lèvres lorsqu'elle fit signe que le sujet était clos, sortant du bureau avec lui. Ils repartirent en direction des quartiers Ouest, là où étaient les dortoirs et les chambres, croisant un peu plus de monde à cette heure. Un ami sortait d'une des salles de bain en baillant à s'en décrocher la mâchoire, lui faisant un bref signe avant de rentrer dans son dortoir pour aller s'écrouler sur son lit. Il eut un petit rire, saluant aussi Trivia d'un hochement de tête, alors qu'elle passait dans le sens inverse, encore en tenue de travail. Elle comptait travailler encore une bonne partie de la nuit ? A moins qu'il n'y ait des personnes à veiller, cette nuit, à l'infirmerie, c'était possible aussi. Suivant la générale sans réfléchir, il ne réalisa que lorsqu'ils s'arrêtèrent qu'il avait dépassé son propre dortoir depuis un bon moment, il devait retourner à l'étage inférieur afin d'aller se coucher. Se tournant vers la jeune femme blonde, il se demanda s'il pouvait l'embrasser ici pour lui souhaiter bonne nuit ou s'ils devaient attendre qu'absolument personne ne risque de les voir. D'autres officiers hauts placés pouvaient passer et les surprendre, il tenait à ne rien dévoiler tant qu'elle ne le voudra pas, sachant qu'elle tenait à ce qu'on respecte sa vie privée.

– On dort ensemble cette nuit ?

– Oh. Oui, avec plaisir.

Il rentra avec elle après avoir vérifié qu'il n'y avait personne dans le couloir, refermant avec soin derrière eux. Cet étage était beaucoup plus calme que le niveau du dessous, avec tous les dortoirs, ils étaient au calme. Pendant qu'elle était dans la salle de bain, il ne put s'empêcher de regarder plus en détails l'endroit où il se trouvait. Les murs gris ne portaient aucune décoration, si ce n'est une carte d'Amestris avec quelques épingles dessus. Il y avait un lit dans un coin et une table de chevet, trois chaises près d'un porte-manteau et d'une commode en pin, un bureau avec des livres et quelques papiers, puis une autre porte menant à la salle de bain, avec un parquet en bois sombre. Très simple, très sobre, il n'avait pas imaginé autre chose. Enlevant sa veste d'uniforme puis ses bottes, il s'étira puis ôta aussi ses lunettes, étouffant un bâillement. C'est bon, la journée était terminée, enfin, il n'en pouvait plus. Lorsque Olivier sortit, en peignoir blanc et pieds nus, il alla dans la salle de bain à son tour, laissant entrouvert.

– Tu as déjà eu envie d'un enfant ? demanda-t-il en détachant ses cheveux, se passant de l'eau sur la figure.
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MessageSujet: Re: Un moment volé   Dim 10 Juil 2016 - 12:14

– Oh. Oui, avec plaisir.

Olivier poussa la porte de sa chambre, lui faisant signe d'entrer. Olivier ôta sa veste d'uniforme et l'accrocha au porte-manteau, enlevant aussi ses bottes qu'elle posa non loin. Sa chambre pouvait paraître bien sobre mais ce n'était pas comme si elle passait des heures dedans à se détendre, elle ne venait là que pour dormir, point final. Entrant dans la salle de bain, elle termina de se déshabiller, frottant un peu ses cheveux avant d'aller sous la douche. Elle se lava avec rapidité, fermant les yeux en laissant l'eau chaude ruisseler sur son visage, se détendant enfin après cette trop longue journée. Demain, ce sera de nouveau le branle-bas de combat, Bradley devait venir prochainement pour une inspection. Enfin, ça, c'était la version officielle. Officieusement, il venait surtout pour exercer de nouvelles menaces et imposer sa loi. Qu'il en profite tant qu'il le pouvait encore. Fermant le robinet, elle sortit de la douche et se sécha rapidement, enfilant un peignoir blanc pour se couvrir, serrant la ceinture à sa taille. Ressortant, Miles alla dans la salle de bain à son tour. Olivier s'assit sur le bord de son lit, s'étirant longuement, comme tous les soirs et tous les matins. Elle se demandait ce que Bradley trouvera, cette fois-ci, pour les menacer un peu plus, il avait déjà usé de pas mal d'atouts... Quoi sait, peut-être viendra-t-il avec son monstre de compagnie, celui avec les tentacules noirs ? S'il y avait moyen de provoquer un accident pour abattre le Président, ce sera une carte à jouer, ils devaient se préparer. Il ne se laissera sûrement pas détruire ainsi, soit, cependant, ils devaient au moins essayer. Le fort et ces montagnes étaient dangereux, tout le monde savait cela.

– Tu as déjà eu envie d'un enfant ? demanda-t-il en détachant ses cheveux, se passant de l'eau sur la figure.

– Non, répondit-elle en haussant les épaules. Jamais eu l'occasion d'y penser.

Olivier n'avait jamais vraiment pensé à autre chose que l'armée, en réalité. Même toute jeune, lorsqu'elle vivait encore avec sa famille, elle pensait déjà à ce qu'elle pourrait faire pour protéger son pays de tous ceux voulant l'envahir. Une fois à l'académie, elle avait pensé à se préparer et devenir une militaire compétente. Puis, arrivée au fort, ses pensées s'étaient focalisés sur la défense de la région et le renforcement de son unique défense, le fort de Briggs. Il n'y avait jamais eu la moindre petite place pour ses envies personnelles, dans le schéma, encore moins pour des projets de couple ou de maternité. Être enceinte à Briggs ? Elle ne pourrait plus participer au combat ou commander ses hommes, ce serait contre-productif. La défense du Nord était plus importante que la maternité, comment ferait-elle pour combattre en étant enceinte ? La maternité n'était pas, pour les quelques femmes vivant au fort, une des priorités absolues. Elles étaient six femmes en tout et aucune n'était mère, aucune n'avait même déjà songé à l'être. Depuis qu'elle avait pris la commande de la forteresse, Olivier n'avait jamais eu de demande de repos ou de congés pour raison maternelle. Leurs ingénieures et mécaniciennes, ainsi que Trivia, poursuivaient leurs routes et ne parlaient jamais d'avoir des enfants.

– Je ne pourrai plus combattre à partir d'un certain stade de la grossesse, grimaça-t-elle en posant une main sur son ventre. Laisser tomber mes hommes pour une envie personnelle ? Non, ça non. De toute manière, je n'y ai jamais pensé jusqu'à aujourd'hui, je ne sais pas si je pourrai faire une bonne mère. Et avoir un bébé ici, l'élever au fort ?

Elle haussa à nouveau les épaules, s'allongeant ensuite sur un côté du lit double, silencieuse. Ce n'était pas une bonne idée d'être enceinte à Briggs e encore moins d'élever un bébé ici, Drachma pourrait trouver une faille à n'importe quel instant et envahir le Fort. Ce n'était pas un endroit pour un bébé, point final. Briggs était une caserne, pas une petite maison de campagne.

– Il y a trop de problèmes à régler, en ce moment, reprit-elle d'une voix plus pensive. Il faut plutôt réfléchir à un moyen d'éliminer Bradley. On pensera aux enfants plus tard.


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